Contribution

Emmanuel Kant:Penser la pensée Par Louisa Yousfi-sciences humaines

 

Emmanuel Kant:Penser la pensée Par Louisa Yousfi-sciences humaines
Article issu du numéro

Grands Dossiers N° 34 - mars-avril-mai 2014
L'art de penser - 15 philosophes au banc d'essai - 


Avant de vouloir connaître le monde, il faut d'abord connaître 
la pensée, sa puissance et ses limites. Que puis-je connaître ? 
Avec cette question inaugurale, la philosophie se donne un rôle critique.
« La raison humaine a cette destinée particulière (...) d'être accablée de ques¬tions qu'elle ne peut écarter ; car elles lui sont pro¬posées par la na¬¬ture de la raison elle-même, mais elle ne peut non plus y répondre, car elles dépassent tout pouvoir de la raison humaine. » Ainsi Emmanuel Kant résume-t-il en quelques mots, en introduction de la Critique de la raison pure, toute l'ambition et les limites de la raison humaine. De par sa nature même, notre esprit ne peut s'empêcher de se poser certaines questions sur l'origine du monde et sa nature profonde ; mais de par sa même nature, notre esprit est incapable d'y répondre. Comment Kant est-il parvenu à cette conclusion pessimiste et qui semble ébranler dans ses fondements l'espoir d'une métaphysique ?

Une vie au service 
de la pensée
De celui qui naquit dans la ville de Königsberg (1), en Prusse, et qui devait y mourir sans jamais l'avoir quittée, on a coutume de garder l'image d'un homme à l'existence monotone.

Célèbre est la légende de ses promenades quotidiennes, réglées comme une horloge : ses voisins, dit-on, étaient capables d'indiquer, à la minute près, l'heure à laquelle Kant passait devant leur fenêtre. On dit aussi qu'il ne dérogea à ses rituels qu'à deux occasions dans sa vie : lors de la parution du Contrat social de Jean-Jacques Rousseau, en 1762, pour se précipiter chez son libraire, puis à l'annonce de la Révolution française, en 1789, pour se procurer le journal. La vie de Kant est tout entière vouée à l'enseignement et à la recherche et ne connaît d'autres événements marquants que la parution d'œuvres dont certaines ouvriront des voies nouvelles à la philosophie.
Mais autant est sans grand relief la vie quotidienne de Kant, autant est révolutionnaire sa pensée. Car, de la même façon que l'astronome Nicolas Copernic avait transformé notre rapport à l'univers, au début du XVIe siècle, en montrant que la Terre tourne autour du Soleil, Kant a révolutionné durablement la philosophie en lui donnant un tour « critique ». Sa « révolution copernicienne » à lui consiste à détourner le regard des choses et de leur « essence », pour s'intéresser à notre faculté de connaître, son pouvoir et ses limites. Ce changement de perspective est fondamentalement réflexif : la pensée doit se prendre elle-même pour objet. Avant de vouloir connaître le monde, il faut s'interroger sur notre capacité à le connaître. La première question de la philosophie est donc, selon Kant : « Que puis-je connaître ? »
La pensée de Kant s'inscrit, comme celle de tous les philosophes, dans une époque et un milieu intellectuel qui lui donnent sens et permettent de mieux la comprendre.


Né en 1724 en Prusse orientale, Kant est le quatrième d'une famille modeste de onze enfants. Son père est un honnête artisan sellier. Sa mère, une femme très intelligente aux dires mêmes de Kant, est adepte du piétisme, un courant protestant apparu en Prusse, qui prône une discipline morale très rigoureuse associée à une grande rigueur intellectuelle (les piétistes accordent beaucoup d'importance à l'argumentation rationnelle).


On ne pourra comprendre l'importance de la loi morale chez Kant, et son fameux impératif catégorique, son aversion pour le mensonge et la mauvaise foi, sans prendre en compte cette forte influence du piétisme.
Au cours de ses études, le jeune Kant va découvrir une autre forme de ri¬gueur intellectuelle : celle de la science. L'éducation religieuse lui était apparue comme un « esclavage de la jeunesse ». Sur les bancs de l'université, il s'enthousiasme pour les cours du professeur Martin Knutzen, qui tente de réconcilier le piétisme et le rationalisme philosophique. À cette époque, Kant découvre la physique d'Isaac Newton. Son premier mémoire, Pensées sur la véritable évaluation des forces vives (1746), relève de la physique.


L'une de ses premières publications est une Théorie du ciel dans lequel il envisage l'existence des galaxies (qu'il nomme des « univers-îles »). En 1746, son père décède et Kant doit subvenir à ses propres besoins. Il devient précepteur dans diverses familles de la ville, notamment chez la comtesse de Keyserling (il y découvrira le goût pour les conversations mondaines et les réceptions). En 1755, Kant entame sa carrière universitaire, qui va durer quarante ans.


Au cours de cette longue carrière, les disciplines qu'il va enseigner sont d'une étonnante diversité : logique, mathématiques, morale, anthropologie, théologie mais aussi géographie. Il s'intéresse même à la pyrotechnie ou à la théorie des fortifications ! À l'époque, la philosophie ne ressemble en rien à une discipline spécialisée, séparée des autres savoirs.


Kant publie beaucoup d'ouvrages de géographie, de morale, de métaphysique... mais cette partie de son œuvre est la moins connue. Elle apparaît après coup comme une période de maturation avant la publication des grandes œuvres qui vont faire sa renommée, et qui figurent aujourd'hui parmi les monuments de la philosophie : les trois « critiques ». Critique de la raison pure paraît pour la première fois en 1781 (Kant a alors 57 ans), suivi de Critique de la raison pratique, puis de Critique de la faculté de juger, en 1788 et en 1790.

Le projet de Critique 
de la raison pure


Le projet de la Critique de la raison pure est exposé en préface. Tout part d'une question simple : pourquoi la science progresse-t-elle et pas la philosophie ? Comment se fait-il que l'on parvienne en science à des conclusions unanimes et indiscutables (comme le sont à l'époque les lois newtoniennes) alors que la philosophie est un « champ de bataille », où derrière l'apparence de démonstrations rigoureuses se cachent des opinions diverses ?


Ces questions poussent à s'interroger sur les modes de connaissance respectifs de la science et de la philosophie, que Kant nomme « métaphysique ». Une première distinction entre science et métaphysique pourrait être que l'une étudie des objets concrets (les astres, le corps humain) alors que l'autre porte sur des notions qui échappent à l'expérience : Dieu, l'âme.


C'est effectivement un premier point de différence. Mais si Kant prend en compte l'empirisme – la lecture de David Hume l'a sorti de son « sommeil dogmatique » –, il ne se rallie pas pour autant à cette doctrine qui fait de l'expérience le fondement de la connaissance. Car Kant sait qu'il existe dans la science et dans toute connaissance une part qui échappe à l'expérience, ce que Kant l'appelle les jugements « a priori ». Quand je tiens une pierre dans la main, je l'observe sous toutes les coutures : son poids, sa forme, ses couleurs sont des connaissances empiriques, dérivées des sens.
Mais si la connaissance ne venait que des sens, en manipulant la pierre sous différents angles, je ne percevrais pas une pierre mais des images successives sans ordre. C'est mon esprit qui unifie ces images en un objet. La fusion du multiple en un objet « un » relève pour Kant du jugement a priori, qui dépend de mon esprit et non de l'expérience.


Le but essentiel de Critique de la raison pure consiste à dégager ce qui, dans l'esprit humain, relève de l'a priori. Kant va s'employer à dévoiler ce que sont les idées « transcendantales » c'est-à-dire qui échappent à l'expérience. Il en va ainsi de l'espace et du temps (encadré ci-dessous), de même que pour d'autres catégories : l'unité, la multiplicité, le tout...
Si la connaissance est en partie expérimentale, mais réassemblée dans des cadres a priori, cela signifie que notre accès à la réalité n'est pas direct. Nos connaissances ne dévoilent pas le monde tel qu'il est, mais tel que les cadres mentaux permettent de le voir. Dans le langage de Kant, nous ne pouvons avoir accès qu'aux « phénomènes » et non aux « choses en soi » (« noumènes »).


Si la science se distingue de la métaphysique, c'est en raison du fait qu'elle étudie des phénomènes extérieurs mais peut universaliser ces observations et expériences au moyen de l'outil mathématique (qui relève de jugements a priori). Kant a en tête la physique de Galilée et de Newton, qui a découvert le mouvement des astres en appliquant les mathématiques aux lois de la nature.

Les limites de la raison


En revanche, la métaphysique, elle, emploie les mêmes outils de la raison (démonstration) mais sur des objets qui ne sont pas accessibles par l'expérience : Dieu, l'âme, le cosmos.
Les démonstrations de l'existence de Dieu sont toutes défaillantes, car elles ne font qu'appliquer la raison à des chimères. Kant ne dit pas que Dieu n'existe pas, mais qu'il n'est pas connaissable. Il en va de même pour l'âme ou d'autres notions qui sortent du cadre de l'expérience.

L'argumentation de Critique de la raison pure revient donc à condamner toute métaphysique dite « dogmatique ». Cela conduit à définir les bornes de la raison. Notre connaissance du monde est toujours filtrée par la connaissance de ce qu'il est pour nous, c'est-à-dire à travers les cadres mentaux (les catégories ou les schèmes) que nous déployons pour saisir le monde. Les choses telles qu'elles sont « en soi » nous sont à jamais inaccessibles. Est-ce à dire que la raison doit se contenter de s'exercer dans le domaine de la seule science ?


Une fois que Kant pense avoir mis au jour les mirages de la métaphysique, il reste alors à connaître l'usage légitime de la raison. Pour Kant, sa destination véritable est dans l'action pratique. Tel est le point de départ de Critique de la raison pratique, ouvrage dans lequel il pose les bases d'une philosophie morale fondée sur des critères rationnels et une démonstration. Selon lui, la morale ne peut pas seulement être une série de préceptes sur lesquels régler son action. Elle doit être intérieure et rationnelle : la morale authentique est celle d'un sujet autonome qui fait des choix personnels et universalisables. Tel est le principe de l'impératif catégorique.


La première question de la philosophie kantienne était : « Que puis-je connaître ? » Elle correspondait au champ de la connaissance et au thème de Critique de la raison pure. Elle visait à établir les conditions de la connaissance et les limites de la raison.


La deuxième grande question de la philosophie – « Que dois-je faire ? » – ramène justement à la question de l'action et de la morale. C'est l'objet de Critique de la raison pratique mais également de Métaphysique des mœurs (1785).
La troisième grande question – « Que m'est-il permis d'espérer ? » – pose le problème du salut et donc de la foi. Sur ce thème délicat, Kant publia, en 1793, La Religion dans les limites de la simple raison, mais l'ouvrage fut censuré par le roi de Prusse Frédéric-Guillaume II. Kant lui ayant fait la promesse de plus traiter de religion dans ses écrits, il considéra ce serment rompu le jour de la mort du souverain.


Par la suite, Kant rajoutera une quatrième question – « Qu'est-ce que l'homme ? » – en précisant qu'elle intègre les trois précédentes, et ouvre un nouveau champ de connaissances : « l'anthropologie ». C'était appeler à la naissance des sciences humaines qui commençaient alors tout juste à germer.


Les failles de la raison pure


Toute personne ayant réfléchi un jour sur la structure de l'univers n'a pas manqué de se poser la question de 
ses limites. Or, lorsque l'on tente de concevoir l'univers 
dans son ensemble, on se heurte immanquablement à 
ce problème : si l'univers a des limites, la raison 
nous pousse à nous demander ce qu'il y a au-delà, car notre esprit est incapable de penser un univers limité avec « rien » à l'extérieur. Mais inversement, envisager l'univers comme infini est tout aussi impensable. Que l'on tourne la question dans tous les sens, l'idée d'infini, tout comme celle de limite de l'univers, échappe à notre entendement...
Pour Emmanuel Kant, cette impasse logique (qu'il nomme « aporie ») surgit lorsque nous cherchons à appliquer hors du champ de notre expérience courante une notion comme 
la notion d'espace, qui n'appartient pas à l'univers 
mais à la structure de notre esprit.
« L'espace n'est pas un concept empirique, qui ait été tiré d'expérience externe, (...) c'est une représentation nécessaire, a priori » (c'est-à-dire antérieure à l'expérience), notait Kant. Il en va de même pour le temps. 
Nous pensons le temps de façon linéaire, comme une ligne allant du passé au futur, que l'on découpe en séquences.


Mais dès que l'on cherche à transposer cette vision 
du temps à l'univers, on se heurte aussi à la question 
des limites. L'univers a-t-il un début (mais alors 
qu'y avait-il avant) ? Ou bien est-il éternel 
(mais un univers sans début est tout aussi impensable) ? Cette impasse du raisonnement vient de la transposition au cosmos de ce qui n'est en fait qu'un cadre mental, 
celui du temps linéaire.
Ce que nous croyons être des propriétés de la nature, comme l'espace en trois dimensions, le temps linéaire, sont en fait des « formes » ou « catégories » de 
notre pensée. Vouloir les transposer dans l'absolu pour penser la structure de l'univers conduit à des impasses. Ces impasses révèlent les failles de la « raison pure ».
Louisa Yousfi
À LIRE AUSSI
• Kant a-t-il inventé les sciences cognitives ?
L'art de penser - 15 philosophes au banc d'essai, Grands Dossiers n°34, mars-avril-mai 2014

Mohamed Iqbal, penseur d’un autre Islam :  Par Nicolas Hautemanière

 

Mohamed Iqbal, penseur d'un autre Islam
Article publié le 02/09/2014
Par Nicolas Hautemanière

C'est en lisant le Pr Souleymanne Bachir DIAGNE que je suis tombé sur ce philosophe. P B CISSOKO


Mohamed Iqbal (1877-1938) est un poète et philosophe musulman originaire des Indes britanniques. Bien qu'il soit considéré comme le père spirituel du Pakistan moderne, la fécondité de sa pensée politique et religieuse interdit de réduire son œuvre à celle d'un simple militant nationaliste de la décolonisation. Sa relecture radicale de l'Islam et la complexité de ses idéaux politiques en font l'un des grands penseurs musulmans du XXe siècle, dont la réception dépasse largement les frontières de son pays natal.


Parcours biographique


Né le 9 novembre 1877 à Sialkot, dans la région du Pendjab, Mohamed Iqbal grandit dans une famille musulmane religieuse et traditionnelle. Ses capacités intellectuelles lui permirent néanmoins très tôt de quitter ses terres d'origine : il se lia en effet d'amitié avec le philosophe britannique Thomas Arnold (1864-1930), qui l'encouragea à poursuivre ses études en Angleterre, au Trinity College de Cambridge, où il était lui-même professeur. Mohamed Iqbal y étudia la philosophie de 1905 à 1908 et y publia sa thèse de doctorat sur La Métaphysique en Perse, avant de retourner en Inde où lui était offert un poste de professeur au Government College de Lahore.


Appartenant aux élites occidentalisées de sa province, il entama naturellement une carrière juridique et politique. Il devint avocat en 1911, puis s'engagea dans le « Mouvement pour le califat » (Khilafat Movement), à l'heure où la jeune République Turque discutait de la réforme de cette institution autrefois liée au sultanat de l'Empire ottoman. La chute définitive du califat, qui survint en 1924, constitua une rupture dans son engagement politique. C'est en effet après l'échec d'une refondation de cette institution qu'il s'engagea dans la All-India Muslim League, dont il fut le président annuel en 1930. Il ne s'agissait plus pour Mohamed Iqbal de lutter pour l'union de l'intégralité des Musulmans sous l'égide d'un unique calife, mais d'obtenir des Britanniques l'autonomie des régions islamiques des Indes Britanniques.
Il mourut en 1938, dix ans avant que ne soit réalisée l'indépendance pakistanaise, à laquelle il avait fourni ses fondements théoriques.


Une nouvelle philosophie de l'Islam


La grande familiarité qu'acquit Mohamed Iqbal avec le mode de vie européen et la philosophie occidentale lors de son séjour à Cambridge est décisive pour comprendre la conception de l'Islam qu'il défendit tout au long de son existence.
Deux expériences marquèrent cette période de sa vie. La première est la prise de conscience de l'écart scientifique et technique séparant les mondes musulman et occidental à l'aube du XXe siècle. Bien qu'il récusât le matérialisme allant de pair avec le développement économique de l'Europe, il lui importait de comprendre les causes du décrochage des régions islamiques. Cette interrogation n'était d'ailleurs pas propre à Mohamed Iqbal mais marquait profondément les sphères intellectuelles musulmanes de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. On en trouve un écho tardif mais particulièrement éloquent dans la publication de l'essai du Syrien Sakib Arslan répondant au titre lapidaire de « Pourquoi les Musulmans sont-ils en retard alors que les autres sont en avance ? » en 1939. La seconde expérience qui marqua Iqbal durant son séjour en Europe fut la prise de contact avec la philosophie d'Henri Bergson. En 1907, ce dernier était au faîte de sa gloire : cette année-là, il publiait L'évolution créatrice, qui reçut un accueil triomphal et fut lue avec enthousiasme par le jeune Mohamed Iqbal. Il y défendait une philosophie de la vie, une pensée du mouvement et une conception « vitale » du réel, opposées à la tradition de philosophie contemplative héritée de la philosophie grecque.


C'est à partir de sa lecture de Bergson que Mohamed Iqbal entendait à la fois expliquer le « déclin » supposé du monde musulman et contribuer à un renouvellement complet de sa culture. Si les cultures islamiques étaient incapables de modernité, c'est qu'elles s'étaient figées depuis le XIIIe siècle. La vitalité de la pensée musulmane des premiers temps aurait alors était perdue. Le poids des autorités religieuses aurait fait de l'interprétation du Coran un simple exercice de mémorisation de gloses anciennes, condamnant toute nouveauté quant à l'exégèse des textes sacrés. L'avancée du temps historique n'aurait plus été perçue que de manière négative, comme un élément venant progressivement corrompre l'Islam « pur » des premiers siècles. Ainsi s'expliquerait, d'après Mohamed Iqbal, que le monde musulman contemporain se soit montré incapable de prendre sa part à la modernisation scientifique, économique et culturelle du XIXe siècle.


Face à ces pesanteurs, Mohamed Iqbal entendait « remettre l'Islam en mouvement », c'est-à-dire lui rendre sa vitalité et renouer avec la tradition interrompue au XIIIe siècle. Reprenant à Bergson l'idée que la culture, la religion et la Création toute entière sont des objets « vivants », il défendait la nécessité d'une relecture continuelle du Coran, devant sans cesse en faire renaître le sens dans un monde aux contours changeants. A ce principe, Iqbal donnait le nom d'ijtihad, que l'on pourrait traduire par « effort d'adaptation constant ». Pour l'expliquer, l'auteur aimait à citer une tradition prophétique relative à Muâd Ibn Jabal. Ce dernier était chargé par Mahomet de veiller au bon gouvernement de la population yéménite récemment convertie à l'Islam. Mahomet s'entretient avec son jeune protégé : « Ô Muhâd, lui demanda-t-il alors, que feras-tu lorsque l'on soumettra un cas à ton jugement ? Je jugerai conformément au livre de Dieu. Le prophète de reprendre : et si tu ne trouves aucune solution dans le livre de Dieu ? Muâd : Alors je jugerai conformément à la coutume de son Messager. Le prophète d'insister : et si tu ne la trouves pas dans la coutume du Messager ? Alors, dit Muâd, j'utiliserai le raisonnement en toute liberté (ijtihad) pour former ma propre opinion [1] ». Ainsi, Mahomet aurait confié à ses disciples la responsabilité de faire évoluer les règles religieuses aux nouvelles situations se présentant dans le monde. La nouveauté, loin d'être un facteur de dégradation de l'Islam, serait le gage de sa vitalité et de la poursuite de l'œuvre entamée par le Prophète. Réformé, l'Islam pourrait retrouver une nouvelle modernité et épouser les transformations du monde contemporain.


Nationalisme pakistanais ou universalisme islamique ?


La réflexion religieuse de Mohamed Iqbal avait des conséquences politiques très fortes, qu'il convient maintenant d'expliciter.
La modernisation qu'il appelait de ses vœux ne devait pas se traduire par une importation directe et irréfléchie des modèles politiques et sociaux de l'Occident. On l'aura compris, la réforme de l'Islam devait naître d'un mouvement interne au monde musulman. C'est l'Islam lui-même, qui, pour Iqbal, est porteur d'une certaine modernité, y compris politique. Aucune relecture du Coran ne devait être tributaire de principes politiques ou religieux imposés de l'extérieur, tels des corps étrangers s'immisçant dans un organisme vivant et autonome. Plus particulièrement, il était inadmissible que la communauté musulmane importât sans ciller les principes de l'Etat-nation et de la laïcité : « Est-il possible de garder l'islam comme idéal éthique et de le récuser comme communauté politique au profit de communautés nationales où la disposition religieuse n'est autorisée à jouer aucun rôle [2] ? ». Venant de la plume de celui qu'on considère comme le père du nationalisme pakistanais, ces paroles pourront sans doute étonner. Leur cohérence n'en est pas moins certaine.


Le partage d'une unique religion par l'ensemble de la communauté musulmane devait en effet pousser celle-ci à s'organiser en une unique entité politique, qui se donnerait pour but la réalisation des idéaux moraux portés par l'Islam. Par-là, il ne faut pas entendre une application littérale et non circonstanciée de la shari'a, mais une mise en œuvre raisonnée et pour ainsi dire « adaptative » de ses principes dans le monde contemporain. La laïcité est à exclure, puisqu'elle empêche la communauté de s'imposer à elle-même ses règles morales. Mais l'organisation nationale des Etats l'est également, puisqu'elle limite artificiellement le champ d'application de la loi musulmane et divise injustement la communauté de destin formée par la umma. Ici s'explique l'engagement d'Iqbal dans le mouvement pour la refondation du califat. Cette institution incarnait la possibilité d'une union politico-religieuse transcendant les frontières nationales. Son renouvellement aurait également permis de renouer avec la période de floraison et de vitalité de l'Islam tant regrettée par Iqbal : celle du califat abbasside du XIIIe siècle, détruit par les Mongols.


Dès lors, comment expliquer l'engagement politique d'Iqbal en faveur de l'indépendance pakistanaise ?

Il semble y avoir, à l'origine de ce choix, une certaine renonciation. Les négociations politiques pour le maintien du califat avaient échoué en 1924, et le réalisme imposait la constitution d'une entité politique musulmane aux dimensions réduites. Mais il faut surtout comprendre que le revirement politique de Mohamed Iqbal ne fut pas complet. Le célèbre discours qu'il prononça à l'occasion de l'ouverture de la 25e session annuelle de la All-India Muslim League en 1930 montre qu'il ne se rallia jamais au mode de pensée nationaliste des Occidentaux. C'est l'Islam qui devait constituer le lien essentiel au sein de la communauté pakistanaise à venir, et non un quelconque sentiment national. De même, la souveraineté et l'indépendance des régions musulmanes des Indes n'étaient pour lui pas essentielles.

L'autonomie de ces territoires devait suffire, puisque ce qui importait, c'était la capacité qu'auraient les populations de ces régions à se donner à elles-mêmes leurs propres lois, conformes à l'enseignement du Coran. Enfin, et c'est peut-être là le point essentiel, la fondation d'un Etat pakistanais n'était pas conçue comme un but en soi par Iqbal. A travers lui devait être fondé un espace propice à l'exercice de l'ijtihad. Les terres du Nord-Ouest des Indes auraient ainsi pu devenir un nouveau cœur du monde musulman, lui permettant de se « remettre en mouvement ». Pour reprendre les termes employés par S. B. Diagne, il s'agissait moins de créer un Etat islamique et national que de créer un « Etat des Musulmans », dans lesquels ceux-ci disposent d'un lieu d'expérimentation politique et religieuse devant les porter vers la modernité. Et c'est finalement à l'ensemble de la culture musulmane que devait servir la fondation d'un nouvel Etat au Pakistan, par-delà les frontières imposées par le réalisme politique.


De telles ambitions avaient sans doute quelque chose d'illusoire, et Mohamed Iqbal le confessait lui-même lorsqu'il écrivait dans ses carnets : « les nations naissent dans le cœur des poètes ; elles prospèrent et meurent entre les mains des politiciens [3] ». Sa pensée politique esquisse néanmoins le chemin vers une « troisième voie », entre le modèle de l'Etat laïc occidental et celui de l'Etat islamique caractérisé par l'application stricte de la shari'a. Ceci justifie sans doute le renouveau de l'intérêt porté à cette grande figure de l'Islam du XXe siècle, en particulier au sein de la recherche anglo-saxonne.

Vers un nouveau califat ? Une mise en perspective historique


Bibliographie :
• Diagne Souleymane Bachir, Bergson postcolonial. L'élan vital dans la pensée de Léopold Sédar Senghor et de Mohamed Iqbal, Paris, CNRS, coll. « Les conférences au Collège de France de la chaire d'histoire contemporaine du monde arabe », 2011.
• Iqbal Mohamed, Stray Reflections. The private Notebook of Muhammad Iqbal, Téhéran, Iqbal Academy Pakistan, 2008.
• Iqbal Mohamed, Reconstruire la pensée religieuse de l'islam, trad. De Eva Meyerovitch, Paris, Librairie d'Amérique et d'Orient Adrien-Maisonneuve, 1955.
• Leaman Olivier, « Muhammad Iqbal », in Leaman Olivier (ed.), Biographical Encyclopaedia of Islamic Philosophy, t. 1, 2006, pp. 333-335.
• Razzaqi Shahid Hussain (ed.), Discourses of Iqbal, Téhéran, Iqbal Academy Pakistan, 2008.
[1] Cité d'après Souleymane Bachir Diagne, Bergson postcolonial. L'élan vital dans la pensée de Léopold Sédar Senghor et de Mohamed Iqbal, Paris, CNRS, coll. « Les conférences au Collège de France de la chaire d'histoire contemporaine du monde arabe », 2011, p. 88.
[2] Mohamed Iqbal, Stray Reflections. The private Notebook of Muhammad Iqbal, Téhéran, Iqbal Academy Pakistan, 2008, p. 112.
[3] Mohamed Iqbal, Stray Reflections. The private Notebook of Muhammad Iqbal, Téhéran, Iqbal Academy Pakistan, 2008, p. 112.
https://www.lesclesdumoyenorient.com/Mohamed-Iqbal-penseur-d-un-autre.html

Multi partenariat sexuel : Une vie sentimentale mouvementée sous le voile du plaisir intense --Félicienne HOUESSOU (Coll.) & Sandric DIKPE (Stag

 

Multi partenariat sexuel : Une vie sentimentale mouvementée sous le voile du plaisir intense --Félicienne HOUESSOU (Coll.) & Sandric DIKPE (Stag


Beaucoup vivent aujourd'hui la sexualité de façon dispersée. Malgré les actions de sensibilisation sur les impacts négatifs de ce phénomène, il persiste, notamment au sein de la couche juvénile.

Les relations intimes autrefois étaient respectées, sacrées et protégées. Le constat actuel est le caractère banal qu'on attribue à la chose. La plupart des jeunes ne respectent plus les relations intimes qu'ils tiennent entre eux. Les expressions telles que : mon amour, ma chérie, je t'aime,... n'ont plus leur sens aujourd'hui. La vie intime est beaucoup plus basée sur du fantasme. A chacun ses raisons, l'important, c'est d'arriver au bout des intentions que sont dans la plupart des cas, le sexe, l'argent, le plaisir... le manque de considération à l'égard des relations intimes amène la couche juvénile à se lancer dans plusieurs relations à la fois, sans aucun remords. Pour Achille, apprenti tailleur, le sexe a été créé pour le plaisir et en tant que jeune, il faut en profiter. « C'est pour cela que Dieu a crée la femme pour l'homme. L'affaire de dignité est un faux problèmes », a-t-il affirmé. Pour Gaël, étudiant à l'Eneam « Les jeunes vont vers le multi partenariat sexuel, car en premier lieu, il constitue un plaisir pour eux. Aussi, il y a l'envie d'avoir plusieurs partenaires pour se jauger et acquérir de l'expérience avec les femmes », a-t-il déclaré.


A chacun ses raisons


Etant donné que le sexe est une libido et une pulsion, la sexualité est une force, un besoin de l'individu à un certain âge. Ainsi, la puberté peut constituer un phénomène qui conduit au multi partenariat sexuel. Le garçon, pour s'affirmer peut chercher à avoir plusieurs petites amies à la fois. Stéphane, un jeune de 19 ans vit dans un jeu de concurrence de fille avec ses camarades. « J'ai des amis qui ont plus de 5 copines, chaque semaine, il faut tout faire pour avoir une nouvelle copine, et si tu rates, les autres se moquent de toi et te traitent de gamin », a-t-il dit en ajoutant que l'autre défi, c'est de coucher avec cette nouvelle le plus tôt que possible. Le psychologue et psychothérapeute Ildevert Egué confirme : « chez certains garçons adolescents, c'est en collectant des filles qu'ils se sentent fiers et courageux. De cette même façon, il y a des filles qui multiplient les partenaires, juste parce qu'elles se sentent fières du fait qu'elles sont belles et plusieurs hommes les courtisent et les désirent ». Selon le père André Quenum, l'environnement a des répercussions sur certains jeunes. « C'est la loi de : ''c'est ce que tout le monde fait'' à travers les mauvaises compagnies, les feuilletons qui ne sont, en réalité, que des fictions », a-t-il décrié. Aussi, continue-t-il, lorsqu'on parle de relation amoureuse, pour le jeune, c'est directement le sexe, les mensonges et les trahisons. « Alors qu'il s'agit d'une union des âmes et il faut beaucoup plus de bonheur et de confiance », a-t-il dit.


L'amour du gain facile, les ambitions démesurées et la pauvreté sont également autant de stimulants pour la multiplication des partenaires chez les jeunes, surtout les filles. « Mes parents sont jusqu'à Dassa. Moi-même je sais qu'ils n'ont pas les moyens et ils fondent leurs espoirs sur moi pour survivre. Je dois en plus de tout, acheter des documents, faire des photocopies, sans oublier le manger », avoue Brigitte, étudiante en 3ème année de gestion qui difficilement a confié : « J'ai quatre partenaires sexuels.

Et, puisque j'ai eu la chance de rencontrer des hommes qui peuvent m'aider, je ne peux pas refuser et rentrer au village. On ne mange pas la dignité », a-t-elle déclaré. En effet, les conditions économiques difficiles amènent des femmes à multiplier le nombre de leurs partenaires en espérant recevoir des avantages de toute nature. Pour Alice, apprentie couturière, la jeune fille doit se servir de sa jeunesse pour profiter des hommes. « Lorsque je vais me marier, l'homme va commencer par me dire qu'avant c'était une compétition ; or, la jeunesse n'arrive qu'une seule fois dans la vie d'une femme », a-t-elle avancé. Elle continue en affirmant que la femme est synonyme d'argent parce qu'elle doit prendre soin de son corps. Pour la deuxième déléguée du Ceg Houéyiho, Samaké Yasminatou, « quand on envie sa copine qui s'habille mieux et qui a de l'argent, ça pousse à aller demander aux hommes de l'argent mais en retour, ces derniers demandent le sexe. Et comme on a besoin de l'argent, on cède ».


Le niveau d'instruction amplifie aussi le multi partenariat sexuel car, au fur et à mesure que le jeune évolue dans ses études, ce comportement devient plus récurrent. Dans la tranche d'âge de 20 à 24 ans, les jeunes hommes deviennent plus intéressés par le phénomène du multi partenariat sexuel. mais, chez certaines filles, lorsque l'âge augmente surtout dans la tranche de 20 à 24 ans, elles deviennent de plus en plus sérieuses. Car, il y a la hantise de devenir de vieilles demoiselles et de se retrouver au nombre de celles qui n'ont pas eu le bonheur de goûter aux délices du mariage qui les amène à prendre conscience du retard qu'elles accusent et du coup, mettre un terme au multi partenariat sexuel.


Evidentes répercussions


Selon les explications du docteur en fonction à la direction de la santé de la mère et de l'enfant, Mabou Ahokpossi, en adoptant le comportement de multi partenariat sexuel, l'intéressé s'expose aux risques de perdre le contrôle de sa sexualité, aux grossesses précoces et non désirées, à l'avortement et à la mortalité maternelle sans oublier les maladies sexuellement transmissibles telles que : la blennorragie, la gonococcie, le condylome, la syphilis, les hépatites, le Sida... Samuel, un jeune homme, après avoir fait son expérience dans le multi partenariat sexuel s'exprime : « Depuis le cours secondaire, moi j'ai toujours vécu dans un désordre sexuel. Je changeais de filles chaque semaine. Pendant les vacances après la classe de Tle, j'ai même enceinté deux filles. Aujourd'hui, poursuit-il, je souffre de la syphilis et je n'ai même pas les moyens de me traiter correctement ». « Les jeunes hommes qui se livrent à cette pratique se détruisent car, c'est de l'énergie qu'ils déploient. Dans certains cas, ils sont victimes de troubles mentaux », a expliqué le psychothérapeute Ildevert Egué.

Il continue en affirmant que le multi partenariat est l'un des facteurs qui poussent certains hommes à se laisser corrompre et à détourner. Ceci, puisqu'ils seront appelés de par leur comportement sexuel, à prendre en charge plusieurs femmes. Pour le père André Quenum, l'excès de sexe chez un jeune gêne la croissance normale de sa vie affective et crée des risques de dépréciation de soi. « Il est presque impossible pour le jeune qui s'est adonné à cela, qu'il soit homme ou femme de désapprendre et de rester dans un foyer avec fidélité », a-t-il affirmé. Selon ses dires, « une société a aussi besoin d'être psychologiquement saine et quelqu'un qui n'a pas appris à mettre de l'ordre dans sa vie ne peut pas avoir des projets porteurs pour son pays ».
Ildevert Egué Psychologue et psychothérapeute : je ne juge pas ces gens, même si j'ai mes appréhensions sur le phénomène


Il existe deux sortes de multi partenariat sexuel : la polygamie et la polyandrie (femme avec plusieurs hommes). La polyandrie existait dans l'ancien temps mais aujourd'hui, ce n'est plus accepté par la société. La sexualité, c'est aussi un besoin comme la faim et la soif. Le garçon adolescent, voulant s'affirmer pour montrer qu'il est audacieux et courageux cherche à avoir plusieurs filles à la fois. C'est la loi des 3T (Tout Trou est Trou), peu importe la qualité, il suffit juste qu'elle soit une femme. La névrose peut aussi conduire à un tel comportement ; Très souvent, les garçons sont à la recherche de leur mère à travers les filles et les filles à la recherche de leur père à travers les hommes. On dit souvent que l'enfant est à l'image de ses parents. Parce qu'il a vécu avec un père qui change régulièrement de femmes, le garçon peut vouloir l'imiter.

Les fondements peuvent être endogènes comme exogènes. Ainsi, ne trouvant pas ce réconfort, le jeune peut se livrer à l'hypersexualité, la toxicomanie, l'ambition... Moi je ne juge pas ces gens, même si j'ai mes appréhensions sur le phénomène. Au lieu de juger, mieux vaut chercher à connaître les motivations qui ont poussé la personne à avoir ce comportement. Lorsqu'un individu se lance dans le multi partenariat sexuel, il faut comprendre que c'est un message qu'il transmet à la société afin de dire : « j'ai des difficultés dans la vie, venez à mon aide ». Mais quand ça devient excessif, on parle de la nymphomanie. Certains sont à la recherche d'une satisfaction et lorsque l'objectif est atteint, leur comportement peut changer. Mais lorsque l'individu atteint l'étape de dépendance, il faut solliciter l'aide d'un spécialiste. Il y a des anti-dépressions pour limiter la réaction. D'où la nécessité des séances de psychothérapie pour permettre à l'individu de verbaliser ses problèmes. Si vous demandez à quelqu'un qui a des rapports sexuels tous les jours d'arrêter, il y aura un vide que le spécialiste ne pourrait combler.

Il faut trouver par quel comportement peut-on le remplacer.
Père André Quenum : ce n'est pas parce que j'ai des désirs sexuels que je dois l'assouvir n'importe comment et avec n'importe qui


Outre la polygamie, le multi partenariat sexuel est un désordre, une dérive qui blesse non seulement l'intéressé mais aussi sa victime. C'est un phénomène qu'il faut décrier. Certes, la vie affective est un don de Dieu, un désir positif. Mais ce n'est pas parce que j'ai des désirs sexuels que je dois l'assouvir n'importe comment et avec n'importe qui. Je dois vivre ma vie sexuelle pour mon bien et pour celui de ma partenaire. Comme Saint Paul l'a dit : « tout m'est permis mais tout ne m'est pas profitable ». Ce n'est pas parce que vous avez l'impression que tout le monde le fait que vous allez aussi le faire. J'ai besoin d'éduquer mon corps et de maîtriser ma sexualité. Sinon, je vais me nuire. Il faut aussi que les jeunes aillent vers leurs parents pour discuter de ces choses au lieu de se confier à des gens de leur âge car ces derniers ne leur diront que ce qu'ils veulent entendre. Le grand problème qu'il y a, c'est la question de la confiance en soi. On a l'impression que c'est en faisant cela qu'on est quelqu'un alors que ça peut détruire toute votre vie. Le jeune homme ou la jeune femme doit avoir des ambitions beaucoup plus grandes.


Docteur Mabou Ahokpossi : ..0nous avons des rapports sexuels tarifés


Le multi partenariat sexuel est le fait d'avoir connu au bout d'une année plus d'un ami intime. Depuis plusieurs années, ce mal prend de l'ampleur, surtout chez les jeunes. Il faut aussi dire que la pauvreté favorise cet état de choses. C'est pour cela qu'aujourd'hui, nous avons des rapports sexuels tarifés, c'est-à-dire basés sur des intérêts financiers. C'est un problème multisectoriel. Le ministère de la santé n'est pas le seul concerné car si la population est malade, c'est clair qu'on ne puisse pas parler de développement. Au ministère de la santé, beaucoup de choses se font dans ce sens. Il y a un programme national de lutte contre le Sida et les infections sexuellement transmissibles. Nous aidons les jeunes à prendre conscience de leurs potentialités et à mieux les gérer. L'approche consiste à aider les jeunes qui sont sexuellement actifs à éviter les maladies. Et aussi les jeunes qui n'ont pas encore connu le sexe à repousser le désir.

Il faut noter que nous accompagnons aussi tout ce qui se fait par nos partenaires, c'est-à-dire des campagnes de dépistage gratuit et de conseils, la campagne « Plus tard plus sûr », qui consiste à amener les jeunes à repousser leur date d'entre en activité sexuelle, les centres « amis pour jeunes » qui permettent aux jeunes d'avoir toutes les informations et les services cliniques. Les conditions de vie aujourd'hui font que le désir est de plus en plus grand, mais il vous est toujours possible de faire un choix et le bon choix, c'est « avoir une bonne santé de reproduction ».
Félicienne HOUESSOU (Coll.) & Sandric DIKPE (Stag)

Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient » Érasme : "On ne naît pas homme, on le devient"

 

Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient » Érasme : "On ne naît pas homme, on le devient"


En 1949, la philosophe publie « Le Deuxième Sexe », un coup de tonnerre qui fait scandale et servira de matrice aux études de genre.


Par Marie-Sandrine Sgherri

Simone de Beauvoir en 1945. © akg-images / Denise Bellon


Plus qu'une simple citation, cette phrase qui ouvre le 2e tome du Deuxième Sexe, publié en 1949, est devenue un slogan qui résume à lui seul le féminisme, soit la revendication par les femmes de l'égalité avec les hommes. À l'origine, elle s'inscrit dans le droit fil de l'existentialisme que Simone de Beauvoir (1908-1986) applique à la cause des femmes. Pour ce mouvement philosophique, l'être humain est libre. Il ne peut être soumis à un quelconque destin préétabli, mais doit s'inventer lui-même. Il en est de même pour la femme : Beauvoir récuse l'idée qu'il existe une « nature féminine...
Le.point.fr


Érasme : "On ne naît pas homme, on le devient"


Érasme n'est ni le premier ni le dernier à utiliser la célèbre formule. Tertullien l'utilisa avant lui et Beauvoir la déclinera au féminin. Explications.


Par Victoria Gairin | Le Point.fr

Portrait d'Érasme de Rotterdam (1468- 1536). Peinture de Hans Holbein le jeune (1497-1543). Galerie nazionale di Parma. © leemage/ Electa


D'où vient cet adage, dont la déclinaison féminine a été rendue célèbre par Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir   ? Point de machisme chez Érasme. Par «  homme  », il entend l'Homme au sens générique, avec une majuscule. Et pour le devenir, il faut «  faire ses humanités  », se cultiver. Il résume dans De pueris statim ac liberaliter instituendis (1529), traité consacré à l'éducation, ses idéaux pédagogiques et sa vision de l'homme dans le monde.
Ces principes seront à l'origine de la conception «  libérale  » de l'homme, forgé davantage par la culture que par la nature, ...

AUDIO

Les enfants ne sont pas
Epouses africaines
  https://youtu.be/bbus9GJ3OxA Ces femmes qui refusent de participer au budget familial ...
Rentrée Scolaire :
  VOICI LE LIEN https://youtu.be/V7rGqslDhOA ...
La chronique de Pape
https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc   https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc ...

Video galleries

logotwitterFacebook