top

Ex-libris (401)

ARTS, NÉGRITUDES & MÉTAMORPHOSES IDENTITAIRES-Thomas Cepitelli, Thierno Ibrahima Dia, Daniela Ricci

 

ARTS, NÉGRITUDES & MÉTAMORPHOSES IDENTITAIRES-Thomas Cepitelli, Thierno Ibrahima Dia, Daniela Ricci

Coordonnés par :Éthiques de la création


ARTS, ESTHÉTIQUE, VIE CULTURELLE BEAUX ARTS QUESTIONS DE GENRE AFRIQUE NOIRE EUROPE


Les arts révèlent des métamorphoses identitaires qui interrogent les représentations sociétales dominantes. Cet ouvrage interdisciplinaire nourri d'exemples contemporains issus du théâtre et du cinéma, renouvelle les études postcoloniales, culturelles, gender, ainsi que les théories queers, au-delà des appartenances culturelles, raciales ou de genre.
Avec les articles de : Amzat Boukari Yabara, Thomas Cepitelli, Sylvie Chalaye, Sylvie Dallet, Claude Forest, Béatrice Fracchiolla, Dani Kouyaté, Raphaëlle Moine, Jean Odoutan, Daniela Ricci, Boukary Sawadogo, Mélissa Thackway.


Collection ÉTHIQUES DE LA CRÉATION


La capacité de création est sans doute l'une des facultés les plus spécifi ques de l'espèce humaine. Parce que le propre de la création est d'irriguer en même temps des espaces divers, la collection « Éthiques de la Création » de l'Institut Charles Cros (en coédition avec L'Harmattan), s'attache à valoriser ce lien complexe, tant dans les domaines de la rationalité, des sciences humaines ou des sciences de la nature, que dans ses productions proprement artistiques, spirituelles et imaginaires.


Préface : Mahamadou Lamine Sagna Introduction de Béatrice Fracchiolla

PHILOSOPHIE ET DROIT-Cahiers de l'IREA N°8-2016

 

PHILOSOPHIE ET DROIT-Cahiers de l'IREA N°8-2016


Vincent Davy Kacou Oi Kacou/Joseph Wouako Tchaleu/Patrice Jean Ake/Claude Garrier/Pascal Kolesnore

Cahiers de l'IREA -DROIT, JUSTICE PHILOSOPHIE AFRIQUE NOIRE
Au sommaire de ce numéro : « Historicité poétique africaine dans la trame historique universelle »,

« Philosophie de l'Histoire et Négritude », « Qu'est-ce que la vertu ? La réponse du Ménon de Platon », « 300 millions de dollars. Lutte anti-blanchiment et État de droit » et « L'éthique kantienne : crises et ruptures consécutives au mal radical ».

Historicité poétique africaine dans la trame historique universelle .13
Vincent Davy KACOU OI KACOU
Philosophie de l'Histoire et Négritude ..................................45
Joseph WOUAKO TCHALEU
Qu'est-ce que la vertu ? La réponse du Ménon de Platon 125
Patrice Jean AKE
300 millions de dollars. Lutte anti-blanchiment et État de droit 147
Claude GARRIER
L'éthique kantienne : crises et ruptures consécutives au mal radical 195
Pascal KOLESNORE

JOURNAL D'UNE ANNÉE SUR LES RIVES DE LA SEINE-Souvenirs d'un Guinéen stagiaire à Paris-Jean-Marie Toure

JOURNAL D'UNE ANNÉE SUR LES RIVES DE LA SEINE-Souvenirs d'un Guinéen stagiaire à Paris-Jean-Marie Toure

Harmattan Guinée
TÉMOIGNAGE, AUTOBIOGRAPHIE, RÉCIT AFRIQUE NOIRE EUROPE France Guinée Conakry

Un stage de français langue étrangère au Centre international d'études pédagogiques (CIEP) de Sèvres permet à l'auteur de ce récit de découvrir Paris, sa tour Eiffel, sn Arc de triomphe, son métro, l'avenue des Champs-Élysées, la chapelle de la Médaille miraculeuse de la rue du Bac, la basilique du Sacré-Cœur, Notre-Dame, le RER, les bateaux-mouches, et "Galpi", le supermarché de la licence et du sexe. D'autres Guinéens, une Dominicaine, une Libanaise, deux Léonaises et des Vietnamiens sont ses compagnons de stage.

Un stage de français langue étrangère au Centre international d'études pédagogiques (CIEP) de Sèvres permet à l'auteur de ce récit de découvrir Paris, sa tour Eiffel, son Arc de triomphe, son métro, l'avenue des Champs-Élysées, la chapelle de la Médaille miraculeuse de la rue du Bac, la basilique du Sacré-Cœur, Notre-Dame, le RER, les bateaux-mouches, et « Galpi », le supermarché de la licence et du sexe. D'autres Guinéens, une Dominicaine, une Libanaise, deux Léonaises et des Vietnamiens sont ses compagnons de stage. Animé par un personnel à la hauteur, celui-ci les tiendra en haleine d'octobre à juillet, agrémenté, de temps en temps, de sorties, pendant lesquelles l'auteur va découvrir la Normandie, la Gironde, et la Bretagne...

Des Baconnets à Denfert-Rochereau, s'offrent à ses yeux des villas coquettes à travers cette banlieue devenue carrément tentaculaire. Dans ses contacts avec certains de ses amis de la diaspora, il se rend compte que Fama et son régime ne sont pas en odeur de sainteté. Mais d'autres amis sauront se rendre agréables... Et, à Massy, il va faire la connaissance de personnes hautes en couleur : Fory Gilbert, Mame, Tangar...


Jean-Marie TOURÉ est né en 1955 à Marara (Boffa), dans la région de Boké, en Guinée. Après une maîtrise de lettres à l'université de Conakry, il passe un DEA de lettres modernes à Lille (France) en 1988. En 1997, il obtient un doctorat de lettres à l'université de Cergy-Pontoise, sur le thème « théâtre et liberté en Afrique noire francophone de 1930 à 1985 ». Après avoir été vicerecteur chargé des études à l'université Gamal-Abdel-Nasser de Conakry de 1991 à 2002, il est actuellement professeur de lettres à l'université Général Conté-de-Sonfonia, dans la banlieue de Conakry. Il écrit des contes, romans et poèmes.

MARIE-JOSEPH BONNAT-L'aventurier-(1844-1881) par Patrick Schneckenburger

 

MARIE-JOSEPH BONNAT-L'aventurier-(1844-1881) par Patrick Schneckenburger

Biographies - XIXe siècle
HISTOIRE MÉMOIRES, RÉCIT HISTORIQUE AFRIQUE NOIRE

Au cours de l'année 1874, en lisant les journaux d'exploration, les Français découvrent l'extraordinaire aventure de Marie-Joseph Bonnat. Cette année-là, ce Bressan avide de contrées lointaines revenait d'un long voyage en Afrique occidentale durant lequel il a connu de terribles tourments et a assisté aux pires atrocités. Pendant presque cinq ans, il a été le prisonnier des Ashanti. Mais dès 1875, nullement découragé, par tant d'horreur, il part retrouver ces Ashanti qu'il avait fini par admirer. C'est ce destin hors du commun que ce livre propose de brosser à partir des lettres et des journaux de l'aventurier.

A u cours de l'année 1874, en lisant les journaux d'exploration, en vogue à cette époque, les Français découvrent, impressionnés, l'extraordinaire aventure de Marie-Joseph Bonnat. Cette année-là, ce Bressan avide de contrées lointaines revenait d'un long voyage en Afrique occidentale durant lequel il avait connu de terribles tourments et avait assisté aux pires atrocités. Non seulement il avait passé deux ans dans un dénuement complet au cœur des marécages infects du delta du Niger, mais, surtout, pendant presque cinq ans, il avait été le prisonnier des Ashanti, un peuple dont la sophistication des mœurs et le raffinement artistique n'avaient d'égal que son goût pour la guerre et les macabres sacrifices humains.

Cet épisode de la vie de Bonnat qui commença par le massacre de ses compagnons allait s'achever par les exactions de l'armée anglaise dirigée par le général Wolseley. Mais dès 1875, nullement découragé par tant d'horreur, bien loin d'en vouloir à ses anciens gardiens, Bonnat partit retrouver ces Ashanti qu'il avait fi ni par admirer. Il repartait pour vivre d'autres innombrables aventures. C'est ce destin hors du commun que ce livre se propose de brosser à partir des lettres

Portant un grand intérêt à l'histoire coloniale de l'Afrique occidentale, Patrick Schneckenburger, autodidacte passionné, est également l'auteur de L'histoire retrouvée d'un missionnaire alsacien dont Marie-Joseph Bonnat, l'Aventurier est une prélogie. Illustration de couverture : Marie-Joseph Bonnat

LA PÉDAGOGIE POSTCOLONIALE par Esoh Elamé


Harmattan Cameroun
DÉVELOPPEMENT DURABLE EDUCATION PÉDAGOGIEAFRIQUE NOIRE

Cet essai est une réflexion critique sur la relation entre mission civilisatrice et pédagogie. La réflexion de l'auteur l'a amené à montrer l'existence d'une pédagogie coloniale, dé-coloniale et néocoloniale, legs de la mission civilisatrice. Il propose une définition de la pédagogie postcoloniale comme « un courant pédagogique » visant à « déconstruire dans le discours les méthodes et pratiques pédagogiques, l'ensemble des préjugés, stéréotypes (...) issus du legs colonial, dé-colonial et néocolonial », à « produire un savoir métissé inter-civilisationnel », et donc une solution pour repenser la pédagogie.

Cet essai est une réflexion critique sur la relation entre mission civilisatrice et pédagogie. La réflexion de l'auteur l'a amené à montrer l'existence d'une pédagogie coloniale, dé-coloniale et néocoloniale, legs de la mission civilisatrice. Il propose une définition de la pédagogie postcoloniale comme « un courant pédagogique visant, d'une part, à déconstruire dans le discours les méthodes et pratiques pédagogiques, l'ensemble des préjugés, stéréotypes, idées reçues, issus du legs colonial, dé-colonial et néocolonial et, d'autre part, à produire un savoir métissé inter-civilisationnel », et donc une solution pour repenser la pédagogie.


Esoh ELAMÉ est pédagogue, géographe, géologue, environnementaliste. Actuellement enseignant-chercheur à l'université de Padoue (Italie) au département de génie civil, architectural et environnemental, ses principaux champs de recherche concernent la pédagogie du développement durable, la pédagogie postcoloniale, la géographie postcoloniale, l'ingénierie territoriale du développement durable (planification stratégique, ville durable interculturelle, rudologie négro-africaine), et le management environnemental (RSE, SMQ, SME, labels, achats durables, mobilité durable et marketing territorial).

L'AFRICAINE BLANCHE AU CŒUR DE LA CENTRAFRIQUE/Récit-Gertrude Dallot-Béfio-petite fille d'esclave.

L'AFRICAINE BLANCHE AU CŒUR DE LA CENTRAFRIQUE/Récit-Gertrude Dallot-Béfio-petite fille d'esclave.
Écrire l'Afrique
TÉMOIGNAGE, AUTOBIOGRAPHIE, RÉCIT AFRIQUE NOIRE République centrafricaine

Gertrude Dallot-Béfio vient d'éditer le livre de ses mémoires centrafricaines. C'est dans une tranche de l'histoire de la République Centrafricaine, au vingtième siècle qu'elle inscrit les difficultés au sein d'un couple aux prises avec des différences culturelles.

Dans le tumulte que traverse perpétuellement la République centrafricaine, victime de multiples coups d'état et de rébellions, un couple mixte cherche son chemin. Lui, Centrafricain, elle, Hollandaise, ils se sont mariés pour le meilleur et aussi pour le pire. À travers son histoire, la femme blanche a voulu témoigner de ce que le mariage mixte est possible au prix de beaucoup d'eforts d'adaptation, de compréhension mutuelle et de bonne volonté. C'est dans une tranche d'histoire de la République centrafricaine, au vingtième siècle, qu'elle inscrit les diicultés qui peuvent exister au sein d'un couple aux prises avec des différences culturelles. L'Africaine blanche est une histoire vécue qui peut servir de source d'inspiration à d'autres couples mixtes qui tiennent à réussir leur union.

Gertrude DALLOT-BÉFIO, née Dijkstra en 1929, est originaire d'Amsterdam, capitale des Pays-Bas. Descendant par son père d'une esclave en Guyane hollandaise, elle s'est juré de consacrer sa vie à la race noire pour réparer le mal que les Blancs lui ont fait subir. C'est en République centrafricaine qu'elle a pu réaliser cette vocation.

PENSER L'ÉTAT, PENSER LA JEUNESSE-Quelle gouvernance des politiques de jeunesse dans les États d'Afrique francophone ?par  Tiefing Sissoko

PENSER L'ÉTAT, PENSER LA JEUNESSE-Quelle gouvernance des politiques de jeunesse dans les États d'Afrique francophone ?? sous la direction de Tiefing Sissoko
Études africaines
SCIENCES POLITIQUES SOCIOLOGIE ETUDES SUR LA JEUNESSE AFRIQUE NOIRE

L'examen des modalités d'exercice du pouvoir politique passe par l'analyse des trois fléaux qui gangrènent la gestion de la « chose publique » en Afrique francophone : la mauvaise gouvernance, la corruption et le népotisme. Le combat engagé contre ces éléments constitue pour les États le premier défi. Le deuxième défi, lui, concerne la réflexion sur l'adaptation des modèles occidentaux à l'évolution de la société africaine. Or, la question des politiques développées par ces États pour relever ces défis et repenser, entre autres, les conditions de vie des jeunes se pose avec acuité. C'est tout le propos de cet ouvrage.

L'examen des modalités d'exercice du pouvoir politique ne peut se faire sans que ne soient soulignés les trois fléaux qui gangrènent la gestion de la « chose publique » en Afrique francophone : la mauvaise gouvernance, la corruption et le népotisme. Le combat engagé contre ces éléments constitue pour les États le premier défi à relever. Le deuxième défi concerne la réflexion à conduire afi n de concilier deux conceptions de l'État : celle fondée sur la tradition et celle qui relève de la rencontre avec l'occident. Le bon sens invite à se demander comment les systèmes politiques des États africains assurent l'incorporation de la greffe tout en s'adaptant à l'évolution de la société africaine afin de proposer des mesures qui ne soient pas le calque des modèles occidentaux. Face aux désastres des conditions de vie des jeunes en Afrique francophone, la question des politiques développées par ces États pour penser leur jeunesse se pose avec acuité. Cet ouvrage s'intéresse à la gouvernance de ces politiques.


Tiefing SISSOKO est docteur en Sciences de l'éducation, enseignant dans plusieurs universités, dont l'université Paris-Est Créteil. Ses recherches s'inscrivent dans les champs de la socialisation universitaire et professionnelle. Il est consultant international en « Education, Formation, Emploi ». Membre fondateur et président de l'APUMAF depuis 2015.

"DOYEN" AMADY ALY DIENG, LE TRANSMETTEUR INTÉGRAL (1932-2015)-Sénégal

"DOYEN" AMADY ALY DIENG, LE TRANSMETTEUR INTÉGRAL (1932-2015)
Économie biographique ou sémio-Histoire/Abdarahmane Ngaïdé

Harmattan Sénégal
ETUDES LITTÉRAIRES, CRITIQUES HISTOIREMÉMOIRES, RÉCIT HISTORIQUE AFRIQUE NOIRESénégal

Amady Ali Dieng nous a quitté il y a un an. Pour lui rendre hommage et s'en rappeler les enseignements, l'auteur de cet ouvrage a décidé de compiler ses nombreux écrits ou interventions. Les quatorze textes qui composent cette anthologie sont représentatifs et significatifs de la personnalité, du style et des préoccupations d'Amady Ali Dieng. On y retrouve son style, son humour et son esprit critique.

« Un intellectuel doit être «dangereux» en révélant la «vérité». La vérité est explosive, révolutionnaire. C'est pourquoi les gens ne sont pas mobilisés pour l'affronter, car on y perd plus qu'on y gagne. Les intellectuels (doivent) écrire, laisser un témoignage écrit que tout le monde peut lire, voir. C'est une pensée qui voyage. Quand vous écrivez des ouvrages, vous n'êtes jamais mort. Vous restez parmi les contemporains. Même si vous êtes dans la tombe, votre pensée est là écrite sur... dans un livre. C'est l'une des raisons pour lesquelles ma génération avait le culte du livre. Le culte du livre qui donne le Savoir. »


(Amady Aly Dieng). Abdarahmane NGAÏDÉ est historien, enseignant-chercheur à l'UCAD. Il est auteur de plusieurs ouvrages et articles parus dans des revues spécialisées. Il tient une chronique bimensuelle, sur l'Afrique de l'Ouest francophone, dans le magazine en langue portugaise África 21. Sa dernière chronique porte sur La démocratie en temps de globalisation de la violence.

« Nous enfants de la tradition » Gaston Paul EFFA/Philosophe, cuisinier, etc

 

« Nous enfants de la tradition » est un livre osé, qui touchera tous les africains, tous les travailleurs sociaux occidentaux, tout le monde. Ecrire pour exposer une situation (l'argent/ la Famille), c'est participer au décloisonnement de certaines mentalités. C'est aussi une autre façon de raconter l'Afrique ce beau continent riche et mystérieux.

« À douze ans, j'avais été élu aîné de ma famille » : cette phrase constitue le cœur du nouveau récit de Gaston-Paul Effa. Une petite douzaine de mots qui à eux seuls racontent l'histoire d'une dépossession. Celle qui conduit à la perte des êtres aimés mais d'abord et surtout à la dépossession de soi. Car qu'est-ce que signifie être aîné au Cameroun ? D'un point de vue français, comme le résume Hélène, l'épouse excédée, « Être l'aîné d'une famille africaine, respecter la tradition signifie pour toi faire vivre ta propre famille dans la misère. » (p. 12).

Et l'on comprend ses propos, puisqu'indéfectiblement, le salaire mensuel de l'aîné s'en va nourrir la famille en Afrique pendant qu'en France, on ne parvient que difficilement à boucler les fins de mois et à acheter des paires de bottes aux enfants. Mais du point de vue de « l'enfant de la tradition », c'est rester « saisi d'angoisse à la pensée que l'aîné de la famille pouvait être en état de péché mortel s'il n'assumait pas sa tribu africaine » (p. 36). Ce qui se fait jour tout au long du texte, c'est donc le poids d'un statut qui, effaçant l'individu, fait de l'aîné le soutien de famille, l'homme qui doit nourrir son clan, l'homme redevable qui, chaque fois que résonnent les appels téléphoniques maternels et leurs injonctions à envoyer de l'argent, se doit de plier sous l... Nathalie Carré

Né au Cameroun et résidant en Lorraine, Gaston-Paul Effa, est un écrivain, cuisinier-un restaurateur, un philosophe, un intellectuel, créateur de plusieurs associations, animateur, un polymathe et un citoyen pas comme les autres : un acteur. Bien que vivant en Lorraine, il contribue depuis plus dix ans au développement de son pays natal : ouverture d'un lycée privé pour jeunes filles puis construction d'une bibliothèque à Yaoundé. Son restaurant de Strasbourg lui permet en partie de financer ses projets humanistes et citoyens.

Voici un intellectuel engagé pour le monde qui ne cesse d'investir malgré tout pour la mère Afrique au Cameroun. Son livre "Nous enfants de la tradition" est un livre osé, qui touchera tous les africains, tous les travailleurs sociaux occidentaux, tout le monde. Ecrire pour exposer une situation (l'argent/ la Famille), c'est participer au décloisonnement de certaines mentalités. C'est aussi une autre façon de raconter l'Afrique ce beau continent riche et mystérieux.

Quitter le continent africain est assimilé à la réussite, à l'argent et il faut donner, encore donner jusqu'à donner ce qu'on n'a pas ou disons perdre son âme. Les rapports entre les immigrés et la famille en Afrique doivent être clairs : même si on aime sa famille ; même s'il est plus "facile" de vivre en Occident qu'en Afrique, il faut avouer à l'autre de façon péremptoire, dogmatique et ferme qu'on ne ramasse pas l'argent le long de sa route.


Un homme qui souffre n'est pas lucide sur les causes de sa douleur et il est prêt à accuser tout le monde, y compris la tradition qui l'a porté. N'oublions pas qu'un fils d'animiste a sous sa peau les fils invisibles qui le lient à la tradition et il n'est pas si facile que cela de s'en défaire. C'est d'autant plus difficile que sa famille joue de ce poids pour lui faire un chantage affectif.
La tradition aurait dû éclairer le personnage en l'aidant à vivre mais la douleur a obscurci son jugement. Il est donc comme ces prisonniers de l'allégorie platonicienne qui préfèreraient se crever les yeux plutôt que de se laisser éblouir par la lumière de la vérité. Il a donc fallu du temps, beaucoup de temps, des événements traumatisants pour se rendre à l'évidence : être libre c'est d'abord apprendre à être soi pour espérer être un passeur pour les autres.


L'intelligence conceptuelle n'a jamais aidé personne à vivre ! Il y a un entêtement de la raison à nier l'évidence. C'est peut-être ce que Sartre appelle la mauvaise foi...
Peut-être l'âne, celui qui porte toutes les charges sur son dos, avait-il besoin de se décharger de sa monture pour se délivrer et accéder à lui-même. Lui qui toute sa vie n'a su dire que "il", "nous", apprend enfin à être intelligent, c'est-à-dire littéralement à engager une lecture intérieure sur lui-même.
Votre question est pertinente. La tradition, l'animisme en particulier, c'est le retour à la nature, à l'élémentaire. On apprend à renouer le lien avec le vent, la feuille, l'herbe, tout ce qui ici-bas nous rappelle que l'autre est aussi dans l'invisible et dans les choses chues. Si l'animiste a un lien privilégié avec la famille, c'est que ce lien concerne toute chose du monde et tout être. Le péché de la modernité c'est l'oubli de la nature qui est aussi oubli de l'autre.


S'il suffisait d'expliquer aux gens pour qu'ils comprennent, le monde serait plus simple et plus beau. Malheureusement, chacun ne voit le monde que de son point de vue, à partir de son intérêt propre, sans envisager l'existence de l'autre. Le point de vue de la mère du narrateur est qu'il vit beaucoup mieux qu'elle, dans un monde riche, et qu'il est normal qu'il partage.
Ce n'est pas toute personne âgée qui est une vedette. Souvenez-vous des mots d'Hampaté Bâ qui dit qu'un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle, à quoi le personnage de Mabanckou dans "Verre Cassé" rétorque : c'est pas vrai, et ça dépend du vieillard. La sagesse ne dépend pas seulement du poids de l'âge. Le hasard est objectif qui a voulu que la grand-mère d'Osele incarne, par sa bienveillance, le visage de l'humanité.


La méconnaissance de la tradition, la perte de repères, comme le dit Tobie Nathan, induit surtout des souffrances, des angoisses qui provoquent des comportements déviants ou des maladies psychosomatiques. Cela peut se retourner contre soi ou contre les autres. Nous avons donc un devoir de transmission. N'oublions que la tradition avance masquée, qu'il y a un autre monde caché dans celui-ci et cela nécessite une mise sur la voie. C'est ce que l'on appelle la transmission. Le peuple juif l'a bien compris et c'est cela qui l'a sauvé de l'exil en conservant l'élément essentiel de la survie qui est la langue.


Il faut savoir tirer sa force de sa faiblesse. Ce qui pourrait paraître comme un handicap, la vie en groupe, la dépendance mutuelle, mourir pour les autres, peut tout à fait coexister avec d'autres valeurs dites occidentales, la liberté, l'autonomie. Il faudrait parvenir à rassembler ce qui est épars : être avec les autres et apprendre à être soi-même. Il ne s'agit pas de tuer la tradition mais de sauver en elle ce qui participe au progrès de l'humanité.
Il ne faut pas croire non plus que l'occident soit si bien parti que cela : la crise que nous traversons montre l'éclipse, la décadence par le culte du moi, l'oubli de l'autre.
Votre allusion à Hegel qui pense que l'Afrique n'est pas rentrée dans l'histoire nous fait garder en ligne de mire le discours de Sarkozy à Dakar. Il n'y a pas de décret pour entrer dans l'histoire. Ceux qui croient en être ne sont pas forcément ceux qui le sont. Mais ce discours a quelque chose de positif, c'est qu'il provoque la réaction et donne à penser. Vous savez que le sommeil ressemble à la mort, et à force de jouer celui qui dort comme le fait souvent le continent africain, on peut finir par ne plus jamais se réveiller.
Oui, c'est une révolution intérieure. Connaissez-vous l'image hégélienne de la chouette de Minerve ? C'est un peu cela. L'oiseau de Hegel prend son envol pour faire le tour de la question au moment où les autres s'assoupissent. C'est donc un veilleur qui attend son heure...


Le cœur de l'Afrique bat en moi depuis que je l'ai quittée. Il faut s'absenter des choses pour qu'elles reprennent leur droit. Je suis profondément africain, et le passage chez les Jésuites m'a permis d'approfondir davantage ces racines. Par l'écriture, j'essaye de redessiner le visage d'une Afrique aimée, de réinventer son corps. J'espère, comme Sisyphe espérait, mais l'espoir n'apaise pas, il déchire.
Il y a des métamorphoses et des révolutions qui ont besoin de temps. Zarathoustra a renversé les tables de la loi et je pense que par moments un peu de tempête remet les choses en ordre. Et en même temps, je suis lecteur des stoïciens qui nous disent que la violence est fille aînée de la faiblesse. Il faut donc trouver un juste équilibre. Mon livre est davantage un cantique d'espérance, moi qui suis un travailleur au noir, j'essaie simplement de tirer l'humain au clair.

Merci Gaston-Paul EFFA , longue et bonne route. Votre livre dit de belle manière ce que tous nous savons, mais que nous refusons de voir...pape B CISSOKO


Bibliographie


QUAND LE CIEL SE RETIRE, Gaston-Paul Effa -
"Yaoundé instantanés" de Gaston Paul Effa - Tertium Editions
LA SAVEUR DE L'OMBRE, Gaston-Paul Effa -
Rendez-vous avec l'heure qui blesse - Gaston-Paul Effa –
Tout ce bleu | Editions Grasset

Le ventre de l'Atlantique  de Fatou Diome    Salie vit en France. Son frère, Madické, rêve de l'y rejoindre et compte sur elle. Mais comment lui expliquer la face cachée de l'immigration, lui qui voit la France comme une terre promise où réussissent

 

Le ventre de l'Atlantique de Fatou Diome

Salie vit en France. Son frère, Madické, rêve de l'y rejoindre et compte sur elle. Mais comment lui expliquer la face cachée de l'immigration, lui qui voit la France comme une terre promise où réussissent les footballeurs sénégalais, où vont se réfugier ceux qui, comme Sankèle, fuient leur destin tragique ? Comment empêcher Madické et ses camarades de laisser courir leur imagination, quand l'homme de Barbès, de retour au pays, gagne en notabilité, escamote sa véritable vie d'émigré et les abreuve de récits où la France passe pour la mythique Arcadie ? Les relations entre Madické et Salie nous dévoilent l'inconfortable situation des " venus de France ", écrasés par les attentes démesurées de ceux qui sont restés au pays et confrontés à la difficulté d'être l'autre partout. Distillant leurre et espoir, Le Ventre de l'Atlantique charrie entre l'Europe et l'Afrique des destins contrastés, saisis dans le tourbillon des sentiments contraires, suscités par l'irrésistible appel de l'Ailleurs. Car, même si la souffrance de ceux qui restent est indicible, il s'agit de partir, voguer, libre comme une algue de l'Atlantique. Ce premier roman, sans concession, est servi par une écriture pleine de souffle et d'humour.


Bibliographie


Inassouvies, nos vies - Fatou Diome -


Le dernier roman de Fatou Diome file une métaphore maritime pour mener une réflexion parallèle sur la vie et l'écriture, mais l'auteure n'est-elle pas fille d'une île ouverte sur l'Atlantique ? Et de nous embarquer sur l'océan...
Comment vivre , murmure le coquillage porté à notre oreille : Rester au port ou se laisser dériver, accepter le tangage et ramer à contre-courant vers des horizons sans cesse repoussés ?
Betty, la narratrice, cherche anxieusement la réponse dans le mystère des personnages qui l'entourent. Mais, pour y accéder, elle devra passer par trois étapes de l'écriture.
Le livre de Fatou Diome est, n'en doutons pas, un roman initiatique.

L'histoire commence à terre (sans doute au cours d'une longue escale après la traversée ), quand la coque retournée de sa barque «tutoie les astres» et emprisonne Betty de son «couvercle».
Bien arrimée dans sa «tanière» obscure, cette dernière observe ses voisins dont les silhouettes se découpent sur les fenêtres éclairées de l'immeuble d'en face. Devenir «loupe», «zoomer» sur la vie des autres...
«Rendue fébrile par l'attente de détails qui ne viennent pas», l'héroïne décide alors de «se muer en brodeuse.» L'infini du ciel ne peut-il s'imaginer d'une étroite lucarne ? Et l'immensité de l'océan d'un simple verre d'eau ?
Elle file «le coton brut» pour «tisser de quoi habiller les vies» qu'elle subodore et, «à défaut de tout comprendre d'elle-même», «la vie des autres» lui sert «de puzzle géant qu'elle complète de jour en jour.»

Betty voudrait «éviter les temps morts». C'est sans compter avec Félicité, la doyenne, morte-vivante figée sur son passé qui l'entraînera à sa suite dans le «mouroir» où ses neveux l'ont enfermée.
Au fil des visites, la jeune solitaire et la vieille esseulée, aux chemins opposés, vont «se bâtir des souvenirs communs» et nouer une amitié «à l'intersection de leurs vies».
Les quelques vieux de la maison de retraite, épargnés par l'Alzheimer, évoquent leurs souvenirs marqués par la guerre : la «vérité historique» retrouve «sa chair».
Bientôt, écouter ne suffit plus à Betty : munie de son calepin, elle s'emploie à «écrire les drames, fixer les peurs, les chagrins, les révoltes et les colères sur des mots pylônes», à «retracer des pistes» «avant que le temps ne les emporte avec les feuilles mortes».
Et les émotions d'autrui «prélèvent leur tribut» : elle «saigne à sa façon des plaies de la guerre», mais elle peut «boire à la source de cette parole», «comme une outre de lait au milieu du désert.»

Mais par un jour ensoleillé, Félicité s'éclipse, laissant Betty désemparée sur le quai, avec pour adieu un seul message : «Il faut vivre!»
Dès lors, dans sa chambre noire, Betty développera ses propres cauchemars.
Remettant son bateau à l'endroit elle osera «affronter toutes les tempêtes (...) avec l'horizon en ligne de mire.» Car vivre, c'est tracer hardiment son sillage en plongeant dans les creux et surfant sur les lames, «c'est vaciller en permanence, entre le vide et le plein, le fuyant et le saisissable, le doute et l'espoir».
Pour se délivrer de «cette liane folle» qui envahit son esprit, , pour «contenir ce qui vacille en elle», elle «plonge dans l'encre de sa plume».«Rivée à son bureau, son coeur rythme les marées de ses émotions.»Tanguant «du présent au passé», passant «d'une rive à l'autre, livrée à la brise comme à la houle», elle écrit, sachant qu'on ne peut «dessiner les pleins qu'en tenant compte des vides».

L'écriture, comme la vie, trouve en soi sa propre justification.Une fois lâché sur l'océan, il faut vivre, il faut écrire, pour ne pas se laisser engloutir.

Et la langue de Fatou Diome se fait musique océane : elle est bercement d'un clapotis mélancolique ou roulis de houle qui malmène le coeur, elle est fracas exubérant des vagues qui se brisent en éclaboussant du sel de leurs embruns ou écume poétique miroitant à la surface de l'eau, toujours ponctuée du refrain lancinant du ressac.
«Ouïr le vacarme du vivant en soi» : Fatou Diome accueille cette mélodie «comme on accueille un hôte invisible». Egrénant ses mots sur les cordes d'une kora, elle chante une musique «qui soulage le coeur» des humains, en portant «jusqu'aux oreilles des dieux» les peines de ces pauvres mortels aux désirs inassouvis.

La préférence nationale et autres nouvelles - Fatou Diome ..

.
De son Île natale au sol français, de ses premiers émois à ses récentes déceptions, c'est à un voyage géographique social et mental, que nous convie la narratrice de ce recueil. Usant d'une langue incisive et colorée, la jeune romancière et poétesse sénégalaise y dépéint tant la brutalité des sociétés traditionnelles que la calme violence de nos sociétés d'exclusion.


Celles qui attendent - Fatou Diome -


Arame et Bougna, mères, respectivement, de Lamine et Issa, deux émigrés clandestins. Elles ne comptaient plus leurs printemps, mais chacune était la sentinelle vouée et dévouée à la sauvegarde des siens, le pilier qui devait tenir la demeure sur les galeries creusées par l'absence. Mais comment
dépeindre la peine d'une mère qui attend son enfant, sans jamais être certaine de le revoir ? Coumba et Daba, quant à elles, humaient leurs premières roses : jeunes, belles, elles rêvaient d'un destin autre que celui de leurs aînées du village. Assoiffées d'amour, d'avenir et de modernité, elles
s'étaient lancées, sans réserve, sur une piste du bonheur devenue peu à peu leur chemin de croix.
Mariées, respectivement à Issa et Lamine, l'Europe est leur plus grande rivale. Esseulées, elles peuvent rester fidèles à leur chambre vide ou succomber à la tentation. Mais la vie n'attend pas les absents, derrière les émigrés, les amours varient, les secrets de famille affleurent ; les petites et grandes trahisons vont alimenter la chronique sociale du village et déterminer la nature des retrouvailles. Le visage qu'on retrouve n'est pas forcément celui qu'on attendait.

Page 1 sur 29

AUDIO

-Habiter ici et vivre
Habiter ici et Vivre la-bas au Bled : immigration en questions. La chaine YOUTUBE de pape Cissoko ...
TFM-Sénégal-Questions
Télévision Questions Directes reçoit Pape Bakary Cissoko, Philosophe - conferencier - 23 Avril ...

Video galleries