Ex-libris

Le Pr Babacar Mbaye DIOP Philosophe et chercheur UCAD Sénégal : LA CONSCIENCE HISTORIQUE AFRICAINE(C. A. DIOP)-(Diop et Dieng)-Revue africaine

 

Le Pr Babacar Mbaye DIOP Philosophe et chercheur UCAD Sénégal : LA CONSCIENCE HISTORIQUE AFRICAINE( C A DIOP)-(Diop et Dieng)-Revue africaine

"Comme je vous l'ai souvent dit et comme les jeunes africains issus de parents africains me le demandent ; ils veulent connaître nos intellectuels et je fais tout pour.
A chaque fois que je suis au courant du séjour d'un intellectuel, artistes africains et qui veut se plier à l'exercice, je le rencontre et on échange.


Mr le Pr Babacar Mbaye DIOP, était invité à Tunis et au Maroc pour des colloques et il a fait un détour de 48 h à Paris et comme nous avions l'occasion d'échanger, il m'a informé de son programme et hier enfin sous la fontaine de St Michel à Paris non loin du quartier latin, enfin la Rencontre temps attendue.


Puis nous allons prendre un verre pour soulager ses jambes qui avaient trainé dans les librairies parisiennes et non les magasins de fringues comme l'auraient fait certains.
L'homme est rigoureux, il cherche les livres et j'en ai profité pour lui offrir plus de 5 kg de livres de qualité. Il avait trouvé un livre rare « art et mathématiques »
Je rappelle que ce n'est qu'hier que nous nous sommes rencontrés alors qu'on se connaissait depuis 1998 à travers des articles sur l'esthétique dans sa revue.


L'homme est recruté depuis 2010 à l'UCAD, a dirigé une grande institution des arts au Sénégal puis a décidé de retourner à l'Université poursuivre ses enseignements et ses recherches plus inspirantes.
J'ai voulu vous le présenter à travers ses ouvrages et je reviendrai plus sur cet intellectuel qui va révolutionner certaines sphères au Sénégal : ils veulent bien faire et mieux transmettre c'est pourquoi ils n'aiment pas se compromettre dans un Sénégal plus ou moins compromis.

Ses thèmes de recherche : Esthétique et Philosophie de l'art - les arts de l'Afrique noire - L'esthétique négro-africaine - les concepts de mondialisation, d'identité, de diversité de culturelle, de négritude. P B CISSOKO

LA CONSCIENCE HISTORIQUE AFRICAINE


Les auteurs : Bwemba Bong, Momar Mbaye, Bernard Zongo, Cheikh M'Backé Diop, Babacar Sall, Babacar Mbaye Diop, Doudou Dieng, Aboubacry Moussa Lam, Jean Paul Mbelek, Cheikh Moctar Ba, Théophile Obenga


Études africaines


HISTOIRE PHILOSOPHIE AFRIQUE SUBSAHARIENNE Sénégal


Cet ouvrage se veut un hommage au 50è anniversaire de la parution du grand ouvrage de Cheikh Anta Diop : Nations nègres et culture. Le parcours exceptionnel de l'homme est retracé et des thèmes très chers à Cheikh Anta Diop comme L'Afrique et l'Occident, les sources égyptiennes de la civilisation africaine et l'apport de la communauté noire et de l'Egypte à la civilisation constituent les différentes parties de cet ouvrage.

LA CONSCIENCE HISTORIQUE AFRICAINE
de Babacar Mbaye Diop (Auteur), Doudou Dieng

Comment peut-on s'assurer de la pérennité de la parole dans l'histoire ?Comment s'opère le travail d'archivage des faits anciens ? Peut-on parler de l'universalité des textes oraux ? Autant de questions que ce numéro tente de résoudre en examinant la valeur de la tradition orale, dans la recherche scientifique, philosophique, littéraire, linguistique... Il traite également de la piraterie en Somalie, de l'Afrique et la mondialisation ou de Nelson Mandela.

Babacar Mbaye DIOP
Maître de Conférences
Université Cheikh Anta DIOP de Dakar

• Docteur en Philosophie : Critique de la notion d'art africain. Université de Rouen/Équipe de Recherche Interdisciplinaire sur les Aires Culturelles (ERIAC)/Soutenue le 24 octobre 2008

• D.E.A de philosophie : Étude sur les rapports entre l'art et la religion chez Hegel/Université de Rouen/ Équipe de Recherche Interdisciplinaire sur les Aires Culturelles (ERAC)

• Maîtrise de philosophie : Étude sur les jugements esthétiques et les significations de l'œuvre d'art /Université de Rouen/ Équipe de Recherche sur les Aires Culturelles (ERAC)

• Licence de Philosophie, Université de Rouen. 1998-1999

• Duel de Philosophie, Université Cheikh Anta Diop de Dakar. 1996-1997


Esthétique, philosophie de l'art et de la culture
Publications
Ouvrages scientifiques
2016. La question de l'art, manuel de Philosophie pour les élèves de Terminale et étudiants en première année de Philosophie (en cours de publication)

2016. Omar Pène. Un destin en musique, éditions Fikira, Rouen, 224 pages

2014. Braïma Injaï. Peindre, c'est avoir des choses à dire, art-culture-France, Caen 2014

2011, Critique de la notion d'art africain. Approches historiques, ethno-esthétiques et philosophiques (Préface d'Yves Michaud), Essai, éditions Connaissances et Savoirs, Paris, revue et corrigée en 2012
Coordination d'ouvrages collectifs
2009, Le destin de la Négritude (dir,), Éditions de La Lune, Paris

2008, La conscience historique africaine (co-dir.), L'Harmattan, Paris
Publications dans des revues à comité de lecture
2015. « Le Kumpo et sa famille de masques en pays diola », in revue Plastir, HS, Paris.
2015. « La réception de l'art au Sénégal », in Revue Recherches en Esthétique, n°21, La réception de l'art, Paris, L'Harmattan.

2015. « La théorie du rythme dans l'esthétique négro-africaine de Léopold Sédar Senghor », in Revue d'Études africaines n°2, Dakar.

2014. « De l'interprétation psychanalytique de l'art », revue de Sociologie, d'Anthropologie et de Psychologie, n°04-05, Presses universitaires de Dakar, 2013-2014.

2014. «La Négritude senghorienne : une philosophie du métissage », Annales de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, n°42/B, 2014

2013, « Réflexions sur deux théories de l'art africain : la Négritude (Senghor) et la Traversée (Bidima) », in Revue africaine n°6, Fikira-L'Harmattan, Paris, 2013

2012, « Mutations sémantiques des différentes appelations des arts plastiques de l'Afrique noire : de l'art nègre à l'art contemporain,in Revue Plastir n°27, Paris

2012, « L'Afrique dans les musées occidentaux », revue Éthiopiques n°89.

2010, « Dak'Art : un espace de promotion et de légitimation de la création artistique contemporaine », in Catalogue 9éme Biennale de l'Art contemporain de Dakar Ministère de la culture

2009, « Iba Ndiaye Diadji ou l'esthétique africaine de la plasticité », in Revue Éthiopiques numéro 81

2007, « L'art africain de la «traversée» et des «marges». Réflexions sur l'esthétique de Jean-Godefroy Bidima », in Revue Africaine, numéro 2, mai 2007, p.27-41

2006, « Approches des arts africains », in Revue Éthiopiques numéro 76, p.375-401
Chapitres dans des ouvrages collectifs
2016. « Art africain et monde globalisé », codesria.

2016. « Origine et symbolique de l'indigo en Afrique de l'Ouest », éditions Adventice, Suisse.

2014. « Le problème de l'origine et de l'invention des arts de l'Afrique noire. Réflexions sur une universalité des cultures », in Myriam-Odile Blin (dir.), Arts et Cultures d'Afrique. Vers une anthropologie solidaire, Presses Universitaires de Rouen et du Havre, Rouen, 2014, pp.1983-194
Comptes-rendus
2009. De coulpe et de peine, roman, Jets d'Encre, Paris.
Communications
Colloques et séminaires

• Le 08 juin 2011, « Le Même et l'Autre : entre enracinement et ouverture », Colloque de l'ERIAC, Université de Rouen (France)

• Le 20 août 2009, « Arts africains contemporains et cultures globalisées », Université de Moncton (Canada), colloque Des apories de l'universalisme aux promesses de l'universel, GRICC.

• Le 25 janvier 2008, « Le problème de l'origine et de l'invention des arts de l'Afrique noire. Réflexions sur une universalité des cultures », communication au colloque Arts et cultures africains : vers une anthropologie solidaire?, Université de Rouen/GRIS (en cours de publication).

• Le 11 novembre 2007, « De l'anthropologie à l'esthétique anthropologique des arts plastiques traditionnels de l'Afrique noire », communication au colloque Anthropologie des cultures globalisées. Terrains complexes et enjeux disciplinaires, du 8 au 11 novembre, Université de Laval/Québec.

Conférences ou séminaires à titre d'invité
26 mars 2015. Conférence sur la notion d'art africain, Ecole Nationale Supérieure d'Art de Bourges (ENSAB), France.

08 Novembre 2006. « L'art africain contemporain : sa place, son public et sa diffusion dans le marché international de l'art », Université Marc Bloch de Strasbourg II, Séminaire Art et Mondialisation.
Responsabilités éditoriales et scientifiques

• Directeur de la Collection Art et Esthétique des éditions Connaissances et Savoirs à Paris : http://www.connaissances-savoirs.com/

• Fondateur et Co-Rédacteur en Chef de la Revue Africaine de Lettres, Arts, Sciences Humaines et Sociales de Rouen depuis 2005 /www.revueafricaine.com

• Membre du Comité de rédaction de la revue Ethiopiques

• Membre du comité de rédaction de la Revue sénégalaise de Philosophie

Enseignements

• Enseignant/chercheur en Philosophie, Université Cheikh Anta Diop de Dakar depuis 2009

• Enseignant à l'ISAC (Institut Supérieur des Arts et de la Culture) de l'Ucad depuis octobre 2010

• Vacataire, Master professionnelle de Géographie culturelle, Université de Rouen, 2008-2009

• Professeur de Philosophie au Lycée Jeanne d'Arc de Sainte Adresse (76) près du Havre de septembre 2003 à juillet 2009. Et au lycée Raymond Queneau d'Yvetot près de Rouen de septembre 2008 à juillet 2009

• 2018- Colloques Maroc et Tunisie à suivre

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Ancien Directeur de la Biennale de l'Art africain contemporain de Dakar.

Le nouvel âge de la désobéissance civile par Sandra Laugier - science humaines

 

Le nouvel âge de la désobéissance civile par Sandra Laugier - science humaines

Refuser d'obéir à la loi pour montrer à tous son iniquité : tel est le principe de la désobéissance civile, théorisée par David Thoreau (1817-1861). Elle irrigue les nouveaux courants contestataires, des Anonymous aux zadistes.


La désobéissance civile reprend de la vigueur depuis une dizaine d'années. Parmi les exemples récents : l'aide apportée par les membres du réseau Éducation sans frontières aux enfants des sans-papiers menacés d'expulsion, l'occupation du terrain du projet d'aéroport Notre-Dame-des-Landes, ou encore les raids informatiques opérés par les « hacktivistes » d'Anonymous. La désobéissance pourrait pourtant être tenue pour une forme d'action politique désuète et inadéquate. C'est que, en démocratie, les libertés de vote, d'expression, de manifestation, de grève, de conscience sont apparemment garanties ; des mécanismes de dialogue semblent institués, dans le travail parlementaire ou les négociations collectives ; la défense des droits fondamentaux est une réalité juridique que l'on peut faire jouer.
Refuser la loi commune


Pour comprendre son succès, il faut définir ce qu'est la désobéissance : le refus volontaire et ostensible d'appliquer un texte réglementaire. Il ne faut donc pas imaginer que désobéir est un acte qui recouvre toutes les résistances et toutes les révoltes.

Plus précisément, il s'agit de refuser, de façon non violente, collective et publique, de remplir une obligation légale ou réglementaire au motif qu'elle viole un principe supérieur, et ce, afin de se faire sanctionner pour que la légitimité de cette obligation soit appréciée à l'occasion d'un appel en justice. La désobéissance civile se fonde sur un principe moral, la confiance en soi, qui encourage l'individu à refuser la loi commune et acceptée, en se fondant sur sa propre conviction. Le but de l'action de désobéissance est de se faire sanctionner et de faire apparaître l'iniquité de la loi. Comme celles et ceux qui en 1965 à Selma, autour de Martin Luther King, décidèrent de braver l'interdiction de manifester pour la mise en œuvre du droit de vote et furent violemment tabassés par la police – sous les yeux de journalistes qui, en diffusant ces images de brutalité, ont créé l'indignation nécessaire au changement.


Le penseur américain Henry David Thoreau, grand inspirateur de tous les désobéisseurs, s'installe au bord du lac de Walden un 4 juillet, anniversaire de la déclaration d'indépendance américaine – et décide qu'il vivra « seul, au milieu des bois », dans la cabane qu'il bâtit de ses propres mains.


L'esprit de Walden (1854), c'est donc aussi celui de l'installation, de l'indépendance, de la réappropriation du sol et de l'espace. C'est tout l'esprit du zadisme. Une zad est officiellement une zone d'aménagement différé, que les activistes ont rebaptisé : zone à défendre. Les désobéissants de la zad Notre-Dame-des-Landes se mettent en rupture avec la loi, et attirent la brutalité des forces de l'ordre parce qu'ils défendent une terre, leur maison, et non eux-mêmes. La désobéissance, comme chez Thoreau, prend la forme de l'occupation, de la réappropriation d'une terre à soi.
C'est aussi tout l'esprit des « mouvements » des années 2010. Rassemblements et occupations de places, mobilisations globales, insurrections civiles, activisme informatique, ces mouvements expriment un sentiment d'injustice, mais aussi la volonté des citoyens de s'organiser pour exercer directement leur contrôle sur ce que font les dirigeants. La désobéissance prend ici une nouvelle dimension et vient rappeler aux professionnels de la politique, mais aussi de l'analyse politique, que jamais les gouvernés n'abandonnent l'idée d'exiger le droit et la liberté de s'occuper de la manière dont les questions qui relèvent du bien commun, et de leur situation particulière, sont prises en charge. Cette extension du domaine de la désobéissance se traduit par la revendication de « démocratie réelle » .


Pourquoi désobéir en démocratie ?


Justement : on ne désobéit qu'en démocratie – lorsque le gouvernement agit contre ses propres principes et détruit ce pour quoi il a eu notre consentement, notre voix.


Pour ses promoteurs, le paradigme de la désobéissance permet de renouveler la démocratie en rendant public et visible le sentiment d'iniquité, d'inexpressivité, de dépossession. En donnant à voir, ces contestations donnent aussi à discuter, à débattre des problèmes mis de côté. Ces mouvements renvoient à l'exigence de démocratisation de la démocratie. Beaucoup de citoyens, lassés des rituels électoraux, demandent plus de transparence et une participation réelle aux choix collectifs. Ils soupçonnent une confiscation du pouvoir par quelques-uns.


Le lien entre ces formes nouvelles d'action politique se trouve donc dans l'expression d'une revendication de démocratie, un rapport plus exigeant des citoyens au politique. L'une des tâches de la pensée politique est de comprendre ce qui change dans la manière de concevoir le politique lorsque des formes de vie et d'action collective prennent la démocratie pour principe en vue de non pas abstraitement de « changer de société » mais de transformer les pratiques de la politique et, avec elles, la société.


La lutte pour l'extension des droits et de l'autonomie des citoyens suscite, de façon quasi mécanique, une réaction violente des milieux conservateurs, qui a trouvé un écho chez certains intellectuels médiatiques. Elle conduit inévitablement à poser de nouveau la question de définition de la désobéissance, face à ceux qui s'opposent à l'extension des droits. Le collectif Anonymous porte jusqu'au bout la logique de la défense des libertés et de la circulation de l'information tout en actant le fait que l'espace public gouverné par les États ne donne pas la possibilité de la libre expression. Désobéir, en ce sens, c'est aussi échapper à la surveillance. D'où le caractère caché et anonyme de ses actions, en rupture avec la tradition démocratique et le caractère ostentatoirement non violent des actions classiques de désobéissance. Anonymous justifie ses nouvelles formes d'actions – divulgations d'informations « classifiées » ou personnelles, attaques de sites officiels – par la violence de l'État. Selon le collectif, la lutte est inégale dans l'espace public, si bien que la désobéissance civile doit désormais emprunter des méthodes plus radicales.


Cette troisième extension, hors du domaine public, est-elle moralement défendable ? Qu'on l'approuve ou non, elle invite à questionner notre morale avec notre politique, et à nous rappeler que les délinquants d'un jour sont parfois les héros du lendemain : Martin Luther King et ses amis étaient aussi considérés comme des voyous.


Sandra Laugier Professeure de philosophie à l'université Paris-I et membre de l'Institut universitaire de France. Elle est notamment l'auteure, avec Albert Ogien, de Pourquoi désobéir en démocratie ?, La Découverte, 2010, et de Le Principe démocratie. Enquête sur les nouvelles formes du politique, La Découverte, 2014.
https://www.scienceshumaines.com/le-nouvel-age-de-la-desobeissance-civile_fr_36178.html

Amzat Boukari-Yabara, Africa Unite ! Une histoire du panafricanisme

 

Amzat Boukari-Yabara, Africa Unite ! Une histoire du panafricanisme


« Je suis rarement impressionné par mon milieu intellectuel, mais j'avoue que ce garçon est dense et pragmatique.je l'ai rencontré et écouté lors d'une conférence à laquelle était aussi incité Ousmane Sonko de pastef, candidat à la présidence de la république de 2019 au Sénégal. Ce garçon connait fort bien la géopolitique du Sénégal. Lisons-le avec attention ...P B CISSOKO »


Sommes-nous africains ? Qu'est-ce que l'Afrique ? De cette double interrogation, née au XVIIIe siècle dans la diaspora africaine déportée aux Amériques, a émergé un vaste mouvement intellectuel, politique et culturel qui a pris le nom de panafricanisme au tournant du XXe siècle. Ce mouvement a constitué, pour les Africains des deux rives de l'Atlantique, un espace privilégié de rencontres et de mobilisations.
De la révolution haïtienne de 1791 à l'élection du premier président noir des États-Unis en 2008 en passant par les indépendances des États africains, Amzat Boukari-Yabara retrace, dans cette ambitieuse fresque historique, l'itinéraire singulier de ces personnalités qui, à l'image de W.E.B. Du Bois, Marcus Garvey, George Padmore, C.L.R. James, Kwame Nkrumah ou Cheikh Anta Diop, ont mis leur vie au service de la libération de l'Afrique et de l'émancipation des Noirs à travers le monde. Mêlant les voix de ces acteurs de premier plan, bientôt rejoints par quantité d'artistes, d'écrivains et de musiciens, comme Bob Marley ou Miriam Makeba, la polyphonie panafricaine s'est mise à résonner aux quatre coins du « monde noir », de New York à Monrovia, de Londres à Accra, de Kingston à Addis-Abeba.
Les mots d'ordre popularisés par les militants panafricains n'ont pas tous porté les fruits espérés. Mais, à l'heure où l'Afrique est confrontée à de nouveaux défis, le panafricanisme reste un chantier d'avenir, insiste Amzat Boukari-Yabara. Tôt ou tard, les Africains briseront les frontières géographiques et mentales qui brident encore leur liberté.

On lira ici et là ceci ....


Eddy Banaré Publication commentée | Amzat Boukari-Yabara,


1Imaginons-nous dans une librairie ; ce livre passe difficilement inaperçu : sur la couverture, l'Afrique est représentée dans un cercle, peut-être une peau de tambour ou un disque solaire ; la gamme chromatique – noir, rouge, jaune et verte – évoque tour à tour le rastafarisme, le reggae et les drapeaux du continent. Le titre – Africa Unite ! – fait référence à l'un des morceaux phares de l'album Survival1 de Bob Marley enregistré en 1979. La pochette célébrait, dans une perspective grandiose, le martyr historique de la traite transatlantique et l'éclat des indépendances africaines : le titre Survival apparait, en effet, en surimpression d'une coupe d'un navire négrier du XVIIe, donnant à voir l'entassement d'hommes et de femmes enchainés en route vers les Amériques, la bannière se trouvant au-dessus d'une mosaïque de drapeaux des nouvelles nations africaines indépendantes.

Les basses puissantes de ce classique du reggae nous reviennent en mémoire ; dans le premier couplet d'Africa Unite2, Marley chantait : « How good and how pleasant it would be / Before God and men / To see the unification of all Africans »3. Les Africains que Marley appelle à s'unir sont ceux de la diaspora (créée tant par la traite que par les migrations). Revenant au livre, nous découvrons que nous avons à faire à « Une histoire du panafricanisme » que l'auteur, l'historien Amzat Boukari-Yabara, se propose d'aborder comme « une énigme historique [dont la] date et [le] lieu diffèrent selon les critères retenus pour le définir » (p. 5). Déjà auteur d'ouvrages sur le Nigéria4 et le Mali5, Boukari-Yabara travaille à renouveler le regard sur le continent africain. La traversée proposée dans Africa Unite ! s'annonce stimulante et mouvementée ; elle emprunte les voies de la traite transatlantique puis explore la violence des colonisations et les utopies grandioses des décolonisations.


• 6 Lara Oruno D., La naissance du Panafricanisme. Les racines caraïbes, américaines et africaines du m (...)
• 7 Ndiaye Pap, La condition noire : essai sur une minorité française, Paris, Calmann Levy, 2008. On pe (...)
• 8 Bouamama Said, Figures de la révolution africaine. De Kenyatta à Sankara, Paris, Zones, 2014. Lire (...)
• 9 Mbembe Achille, Critique de la raison nègre, Paris, La Découverte, coll. « Cahiers libres », 2013. (...)
2La nouveauté de l'approche de Boukari-Yabara réside dans le fait de prendre cette « énigme historique » c

omme point de départ où le panafricanisme tient à la fois de « concept philosophique » et de « mouvement sociopolitique » dont les actes de naissance respectifs seraient les « mouvements émancipateurs et abolitionnistes de la seconde moitié du XVIIIe » et une confluence de discours politiques anticoloniaux développés depuis l'Afrique, les Amériques et les Antilles « entre la fin du XIXe et la fin de la Seconde Guerre Mondiale » (p. 5). La lecture d' Africa Unite ! suggère que le panafricanisme est tout cela à la fois ; ce qu'Amzat Boukari-Yabara s'attache à montrer ici est un puissant mouvement en rhizome impossible à circonscrire tant historiquement que conceptuellement. On peut dire que ce livre vient combler une lacune de l'historiographie française en rappelant les contributions intellectuelles de personnalités francophones à une réalité qui a déjà été largement explorée dans les départements d'African Studies nord-américains. D'un autre point de vue, Africa Unite ! se situe dans le sillage de travaux pionniers en français : ceux des historiens Oruno D. Lara6 et Pap Ndiaye7, du sociologue Said Bouamama8 et, plus récemment, d'Achille Mbembe avec sa Critique de la raison nègre9.


• 10 L'intégralité du discours peut être lue sur : http://www.afrik.com/article12199.html. Ce discours a (...)
3L'approche de Boukari-Yabara est frondeuse et incisive : « pas d'histoire africaine sans histoire européenne pensait-on encore en 1960. Mais il faut aujourd'hui se rendre à l'évidence : entre Amériques, Europe et Afrique, il n'y a pas d'histoire universelle sans histoire du panafricanisme » (p. 6). On peut également trouver une dimension politique à ce travail en considérant qu'il se situe dans l'onde de choc provoquée en 2007 par le discours de Dakar dans lequel Nicolas Sarkozy, alors président, affirmait avec arrogance et sérénité que « l'homme africain n'était pas assez rentré dans l'histoire »10. Aussi, le récit historique que recompose Boukari-Yabara est-il plein de ferveur, travaillé par l'énergie du blues, du funk, du reggae et de l'afrobeat. Il permet de suivre des trajectoires individuelles et collectives, l'auteur insistant sur le fait que le panafricanisme est, avant tout, une « circulation des hommes, [une] circulation des idées [et une] une circulation des luttes » (p. 245). Trois grands chapitres structurent Africa Unite !, dont les titres reprennent les slogans qui ont scandé l'histoire du panafricanisme, donnant à voir son évolution et sa complexification du XIXe à nos jours.


4Dans ce premier chapitre, Boukari-Yabara décrit les détails d'une prise de conscience historique et transcontinentale face à la colonisation et à la traite. À partir de la fin du XVIIIe siècle, il devient évident à des groupes d'hommes que venir d'Afrique les prédestine à des rôles particuliers dans le monde : ceux d'esclave et de colonisé. Rôles qui ont précisément été créés par une Europe alors en pleine expansion coloniale dont il faut se sortir. Le chapitre couvre les débuts de l'abolitionnisme en Europe et dans les Amériques jusqu'aux mouvements pour le retour en Afrique du début des années 1930. L'historien fait se croiser les figures de Toussaint Louverture, Anténor Firmin, W.E.B. Dubois, Alioune Diop ou encore Marcus Garvey ; le panafricanisme apparait comme une accumulation de questionnements et de mises en tension.

La force du travail de Boukari-Yabara vient précisément du fait qu'il s'attache à dévoiler le panafricanisme en termes de flux de discours, de rencontres, d'alliances et de conflits. En bref, il ne cherche pas à en faire un objet monolithique, mais bien un magma d'idées et d'initiatives à la fois politiques, philosophiques et esthétiques. Le panafricanisme apparait donc à la fois comme une lente maturation et comme l'épopée d'une vaste prise de conscience qui débute dans les Amériques après les abolitions. La prise de conscience d'avoir été enlevé à une terre précède directement celle du retour en Afrique.

La question, nous montre Boukari-Yabara, gagne en intensité après l'indépendance du Libéria en 1847. Acquises en 1822 par The American Colonization Society– société philanthropique prônant le retour en Afrique – les terres du Libéria devaient permettre le retour d'esclaves affranchis sur leur continent d'origine. Le paradoxe était que ce retour en Afrique était fondé sur la doctrine coloniale, doctrine contre laquelle se sont élevées les mouvances panafricanistes de la seconde moitié du XIXe siècle. Les initiatives se multiplient, mais le retour n'a rien d'une délivrance idyllique ; il s'apparente plutôt d'une série de mises en tension que l'auteur expose sans donner dans le romantisme.


5Les chapitres consacrés à la négritude de Senghor et Césaire, puis à Frantz Fanon, sont peut-être les contributions historiographiques les plus précieuses. Boukari-Yabara rappelle en effet que le mouvement de la négritude « a fondé la contestation de la domination blanche et occidentale, et il a apporté à l'intelligentsia noire une nouvelle conscience de son rôle dans l'histoire » (p. 98). Ainsi, ce mouvement autant loué que critiqué, a joué le rôle de machine critique, il a créé une vigilance nouvelle face aux discours de domination. La profusion de publication (revues, poèmes, essais, etc.) rappelle que l'impact de la négritude est d'avoir efficacement et durablement investi le terrain intellectuel à partir des années 1930, posant ainsi les bases de projets politiques pour les indépendances africaines et d'un progrès social en Guyane, Martinique, Guadeloupe et à la Réunion.
6Le troisième chapitre de l'ouvrage est hautement politique et musical. Boukari-Yabara décrit notamment l'influence de compositeurs qui, de la Caraïbe à l'Afrique, ont chanté le panafricanisme et enrichi l'esthétique musicale de nouveaux genres comme le reggae et l'afrobeat. « Le reggae est probablement la musique qui a le plus diffusé la pensée panafricaine », observe l'auteur (p. 243). Le statut d'icône mondiale de Bob Marley lui donne raison. Sur le continent africain, des artistes comme le Nigérian Fela Kuti et la Sud-Africaine Miriam Makeba ont également participé à cette diffusion. Le premier, créateur de l'afrobeat, multiplie les attaques contre les gouvernements corrompus au point de faire l'objet de menaces et d'intimidations tout le long de sa carrière. Dans l'Afrique du Sud de l'apartheid, Miriam Makeba, en prenant la parole à la tribune de l'ONU en 1963, devient l'une des voix les plus respectées du panafricanisme. Sa dénonciation de la violence de l'apartheid et son appel à faire pression sur le régime lui valent le soutien de la plupart des leaders nationalistes africains. La description de la trajectoire de Thomas Sankara est un bel exemple d'une historiographie engagée et critique. Rappelant « [la] fougue et [la] lucidité étonnante » du révolutionnaire (p. 252), l'écriture de Boukari-Yabara se fait plus ardente et dénonciatrice. La traversée s'achève sur une description critique des forces en présence et pose des questions cruciales comme celle de la « recolonisation » de l'Afrique par la voie de l'ingérence occidentale dans les conflits internes et par les enjeux de contrôle sur les ressources naturelles.
7Africa Unite ! est donc une fresque impressionnante, ambitieuse et lucide qui marque un nouveau seuil dans l'historiographie française. Il met en évidence autant les singularités que les points de convergence d'initiatives politiques, esthétiques et philosophiques générées par la résistance à la traite, à la colonisation et au racisme. Mais en dévoilant la constellation de textes qui ont fait et font encore le panafricanisme (Africa Unite ! peut être considéré comme un texte panafricain), Boukari-Yabara montre également que l'humanité s'est trouvée armée d'utopies et de vigilances face aux injustices qui tissent encore notre époque.
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Notes
1 Lire cette présentation de l'album par le critique musical Lindsay Planer sur Allmusic.com : http://www.allmusic.com/album/survival-mw0000194795.
2 On peut visionner l'interprétation en live de ce titre en 1979 à Santa Barbara en Californie : https://www.youtube.com/watch?v=bZrNoFT7OTY.
3 Marley Bob, « Africa Unite », Survival, Kingston, Island/Tuff Gong, 2001, [1979].
4 Boukari-Yabara, Amzat, Nigeria, Bruxelles, De Boeck, 2013.
5 Boukari-Yabara, Amzat, Mali, Louvain-la-Neuve, De Boeck, 2014.
6 Lara Oruno D., La naissance du Panafricanisme. Les racines caraïbes, américaines et africaines du mouvement au XIXe siècle, Paris, Maisonneuve et Larose, 1999.
7 Ndiaye Pap, La condition noire : essai sur une minorité française, Paris, Calmann Levy, 2008. On peut en lire une recension dans la revue Gradhiva : Dominic Thomas, « Pap Ndiaye, La Condition noire. Essai sur une minorité française », Gradhiva, n° 10, 2009, disponible en ligne : http://gradhiva.revues.org/1594.
8 Bouamama Said, Figures de la révolution africaine. De Kenyatta à Sankara, Paris, Zones, 2014.


9 Mbembe Achille, Critique de la raison nègre, Paris, La Découverte, coll. « Cahirs libres », 2013. Lire le compte rendu sur Nonfiction : Justine Cannone. « Le devenir-nègre du monde », Nonfiction, en ligne :

http://www.nonfiction.fr/article-6949-le_devenir_negre_du_monde.htm.
10 L'intégralité du discours peut être lue sur : http://www.afrik.com/article12199.html. Ce discours a suscité de nombreuses réactions dans la presse, mais surtout l'écriture de deux ouvrages collectifs : Gassama Makhily (dir.), L'Afrique répond à Sarkozy : contre le discours de Dakar, Paris, Philippe Rey, 2008. Lire la critique de l'ouvrage par Philippe Bernard dans Le Monde : « Des intellectuels africains en colère », Le Monde, 28/02/2008, disponible en ligne : http://www.lemonde.fr/livres/article/2008/02/28/l-afrique-repond-a-sarkozy-des-intellectuels-africains-en-colere_1016843_3260.html ; Konaré Adama Ba (dir.), Petit précis de remise à niveau sur l'histoire africaine à l'usage du président Sarkozy, Paris, La Découverte, Essais, 2009.


Eddy Banaré, « Amzat Boukari-Yabara, Africa Unite ! Une histoire du panafricanisme », Lectures [En ligne], Les comptes rendus, 2014, mis en ligne le 11 décembre 2014, consulté le 27 novembre 2018. URL : http://journals.openedition.org/lectures/16406


On pourra lire ceci dans l'huma


Amzat Boukari-Yabara : « Le panafricanisme est un projet d'émancipation, une vision du monde »
Rosa Moussaoui


L'aspiration panafricaine connaît aujourd'hui un nouvel élan. L'historien, qui a signé en 2014 Africa Unite ! Une histoire du panafricanisme (la Découverte), en est partie prenante. Pour lui, l'unité politique du continent africain, en connexion avec ses diasporas, est la condition de son émancipation.


Comment définir le panafricanisme ? Est-ce un projet politique, un fait historique, un courant culturel ?


Amzat Boukari-Yabara Le panafricanisme est un projet politique qui s'inscrit dans un mouvement historique. C'est un projet global de libération, d'abord anti-esclavagiste, puis anticolonialiste, anticapitaliste, qui concerne spécifiquement l'Afrique et les populations de ce continent déportées vers les mondes occidentaux. C'est un projet politique qui s'enracine dans une histoire longue.
Paradoxalement, le panafricanisme n'est pas né sur le continent africain. Comment l'expliquez-vous ?


Amzat Boukari-Yabara Il a d'abord pris corps dans la diaspora, parmi les Africains déportés comme esclaves vers les Amériques. Si ce projet politique est né ailleurs, c'est qu'il est étroitement lié à une rupture dans l'histoire de l'Afrique, divisée entre ceux qui sont restés sur le continent et ceux qui ont été coupés de son histoire. C'est ce qui explique la dimension globale du panafricanisme, le fait qu'il ne soit pas ancré dans une territorialité. Ce projet politique dépasse les limites géographiques de l'Afrique, il traduit une vision du monde.


Ce projet politique et cette vision du monde se sont pourtant ancrés en Afrique, au lendemain des indépendances. Quel fut, dans ce mouvement, le rôle de personnalités comme Kwame Nkrumah, le premier président du Ghana ?


Amzat Boukari-Yabara Premier chef d'État d'une nation indépendante au sud du Sahara, Kwame Nkrumah avait étudié durant dix ans aux États-Unis. De ce fait, il était considéré par les Africains-Américains comme l'un des leurs. De retour en Gold Coast (nom colonial du Ghana – NDLR), il a fait de la libération de son pays une étape pionnière de l'émergence des « États africains unis », qu'il appelait de ses vœux. Il était convaincu que les futurs États indépendants devaient se fédérer et même constituer un gouvernement continental. Il incluait, bien sûr, dans ce projet, l'Afrique du Nord, les espaces insulaires et la diaspora. Dans le combat de libération et ensuite pendant dix ans, à travers son expérience à la tête du Ghana, Kwame Nkrumah fut le premier à déployer une politique panafricaine. À l'échelle continentale mais aussi mondiale, puisqu'il a fait du Ghana une base pour les militants Africains-Américains et pour les peuples engagés dans des luttes d'indépendance. Il a porté ce désir d'unité continentale en même temps que ce soutien aux diasporas et aux mouvements de libération.


Comment l'idéal panafricain s'est-il articulé aux tentatives des pays du Sud d'organiser entre eux des solidarités ?
Amzat Boukari-Yabara À Bandoeng, en 1955, Kwame Nkrumah n'était pas personnellement présent puisque la Gold Coast n'était pas encore indépendante et qu'il entendait ménager, sur le plan diplomatique, les Britanniques et les Américains. Mais il envoie une délégation d'observateurs associés à cette conférence réunissant pour la première fois les représentants de vingt-neuf pays africains et asiatiques. Dans la façon dont...

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Si la danse est l'art accompli du mouvement, inhérente à l'humain, elle est une voie privilégiée pour réaliser la réconciliation entre le corps et l'esprit, la reliance entre l'intime et l'universel. C'est en cette réconciliation, qui accueille et invite nos émotions à se danser, que s'affirment l'harmonie et la beauté du vivre. C'est un cheminement à la fois artistique et thérapeutique qui nous est proposé dans cet ouvrage. Chacun à notre façon, en réapprenant à nous laisser danser par la vie, par le coeur, nous pouvons contribuer à faire de notre existence une belle création.

Patrick Ehrhard est chorégraphe, professeur de danse contemporaine, sophrologue RNCP et peintre. Il est spécialiste en sophrologie du sport, sophro-créativité et art-thérapie (sophromouvement). Sur son chemin, chorégraphier, enseigner et accompagner forment un tout indissociable vers l'épanouissement

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