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Ex-libris (411)

Zygmunt Bauman, il avait vu la «société liquide» Par Robert Maggiori

Zygmunt Bauman, il avait vu la «société liquide» Par Robert Maggiori
Zygmunt Bauman, à Varsovie, 2010. Photo Jankowski.Sipa


Né en Pologne, il émigre en Angleterre, où il obtient une chaire de sociologie. Il est décédé lundi, à 91 ans, en laissant les outils théoriques et politiques aptes à saisir la spécificité de nos sociétés, passées de la minéralité à une liquidité insaisissable.


• Zygmunt Bauman, il avait vu la «société liquide»


Le théoricien anglo-polonais Zygmunt Bauman est mort lundi à Leeds. Il était l'un des plus grands sociologues du XXe siècle, et le grand témoin de ses horreurs, dont le nom restera toujours attaché à la notion de «société liquide», qui a suscité dans le monde des milliers de commentaires.
Né à Poznan le 19 novembre 1925, d'une famille juive, il se réfugie en 1939, après l'invasion de la Pologne par les nazis (sa femme Janina réchappera des camps de la mort), en URSS, et, alors marxiste convaincu, combat dans une unité militaire soviétique, puis occupe la fonction de commissaire politique. Revenu à Varsovie, il y enseigne la philosophie et la sociologie.


Société noix de coco


En mars 1968, à la suite de la campagne antisémite lancée par le régime communiste, il est forcé de quitter son pays et émigre en Israël, puis en Angleterre, où il devient citoyen britannique. L'université de Leeds l'accueille jusqu'en 1973 et lui confie la chaire de sociologie. Ses premiers travaux, sur le socialisme britannique, la stratification sociale ou les mouvements des travailleurs, ont un succès relatif, comme ceux qu'il consacre à la Shoah, au rapport entre modernité et totalitarisme, à la mondialisation. Ce n'est qu'au moment où il fait paraître ses études sur la disparition des «structures stables» et parvient, après avoir «dialogué» avec Marx, Gramsci, Simmel, puis Manuel Castells, Anthony Giddens, Robert Castel ou Pierre Bourdieu, à forger le concept de liquidité, qu'il devient un penseur de renommée internationale.
La notion de «société liquide» est aujourd'hui tombée dans le langage courant, en tout cas le langage médiatique, sans doute parce qu'elle est vraiment pertinente et permet d'indiquer en un seul mot les caractéristiques des sociétés contemporaines. Zygmunt Bauman l'emploie dans un sens précis. Une société est dite moderne-liquide si les situations dans lesquelles les hommes se trouvent et agissent se modifient avant même que leurs façons d'agir ne réussissent à se consolider en procédures et habitudes. Elle est apparue lorsque, à l'ère solide des producteurs, s'est substituée l'ère liquide des consommateurs, qui a fluidifié la vie elle-même, une vie frénétique, incertaine, précaire, rendant l'individu incapable de tirer un enseignement durable de ses propres expériences parce que le cadre et les conditions dans lesquelles elles se sont déroulées changent sans cesse.


Nos sociétés sont comme les nids de guêpes du Panama : non plus des «sociétés noix de coco», entourées de coque épaisse, qui correspondaient à la phase solide de la modernité, à la construction de la nation, à «l'enracinement et à la fortification du principe de souveraineté, exclusive et indivisible», à l'imperméabilité des frontières, mais des «sociétés avocat», prune ou kaki, à extériorité molle, qui correspondent à la modernité liquide, «changeante et kaléidoscopique», au multiculturalisme et au brassage des populations, à la «dévaluation irré pressible» des distances spatiales, aux interpénétrations et interconnexions en réseau, constantes mais modifiables sans cesse.


Si le concept de société liquide a fait la gloire du sociologue de Poznan, elle ne peut, à elle seule, résumer une œuvre considérable, attentive au moindre «changement» de nos sociétés mais également soucieuse, au nom de la morale et de la justice, de montrer les misères et les inégalités qu'elle secrète. Dans Les Riches font-ils le bonheur de tous ? par exemple, Bauman illustre cette thèse très simple : «La richesse amassée au sommet de la société n'a absolument pas "ruisselé" sur les niveaux inférieurs. Elle ne nous a pas rendus plus riches, ni plus heureux, ni plus sûrs, ni plus confiants dans notre avenir et l'avenir de nos enfants.» Depuis la «crise», les hommes les plus riches non seulement n'ont pas tenu leur prétendu rôle, qui est d'accroître le bien-être matériel (social, psychologique, moral) mais, par des choix économiques cyniques et irresponsables, ont provoqué la dégradation des classes moyennes en «précariat», et brûlé dans les chambres noires de la spéculation financière des milliards de dollars, dont le «manque» a été payé par les plus faibles.


«Dogme de l'injustice»


Comment est-ce possible que de telles blessures sociales infligées à la majorité des gens - qui se pense difficilement en «peuple» - soient supportées ? Bauman surligne, parmi d'autres explications, la persistance du «dogme de l'injustice», lequel repose sur «quelques présupposés implicites couramment considérés comme des "évidences"» . A savoir : la croissance économique, qui serait «la seule réponse possible aux défis posés par la cohabitation humaine» ; l'augmentation perpétuelle de la consommation, qui, par la «rotation accélérée des nouveaux objets», se pose et s'impose comme moyen de «satisfaire la recherche du bonheur» ; le caractère naturel des inégalités, présenté et accepté en tant que moteur performant de la machine sociale ; la rivalité, qui, dans ses deux aspects, «l'élévation du méritant et l'exclusion - dégradation du non-méritant», représente «la condition nécessaire et suffisante de la justice sociale». .


Il est impossible de citer tous les sujets sur lesquels Bauman a appliqué ses grilles d'analyse, des leçons à tirer du génocide nazi quant à l'interprétation de la modernité, jusqu'à la situation actuelle de l'Europe, du rôle des intellectuels à l'art, de la «vie pressée» à la pauvreté, à l'accueil des migrants, à l'identité. Cette dernière, du fait justement de la fluidité de la vie, de l'incessant changement de rôles, fonctions, statuts et objectifs, ne peut jamais être «finale» et est renégociée au coup par coup, dit-il. D'autant plus qu'elle ne peut se raccrocher à aucune structure stable, pas même les groupes d'appartenance, que le sociologue anglo-polonais dit avoir été remplacés par des essaims, des ensembles «d'unités autopropulsées reliées entre elles par la seule solidarité mécanique», n'assurant que la sécurité du nombre (de la même manière qu'un social network remplace l'amitié authentique par le «nombre d'amis») et jamais le partage de valeurs ni la coopération sociale ou politique.
De cette «non-irrévocabilité» de l'identité (laquelle, n'ayant plus de racines, ne peut même plus être déracinée, mais s'accorde à la métaphore «du jeter et du lever de l'ancre», de port en port, de cargo en cargo) naissent tensions et angoisses, encore accrues par le fait que la liberté individuelle entre en collision avec la peur de l'insécurité. La société liquide accorde la liberté à (presque) tous. Mais de manière perverse : elle donne aux individus la liberté et la responsabilité de résoudre des problèmes dont la solution ne peut pas être à la portée de la libre initiative individuelle.


Impuissance et frustration


De là une nouvelle source du sentiment d'impuissance et de frustration, qui fait qu'on finit, faute de réel exercice de la liberté, par préférer la sécurité, que les Etats modernes, s'auto-excluant de la tâche d'assurer la justice et l'égalité, se pressent de mettre en place, en provoquant cependant des divisions dans les essaims, des conduites irrationnelles, des affrontements, augmentant ainsi... l'insécurité.
De là, l'effort que, en s'ouvrant à la philosophie, à Emmanuel Levinas, aux positions de Freud ou à celles du théologien danois Knud Logstrup, fera Zygmunt Bauman pour fonder une nouvelle éthique sociale. Rarement un sociologue aura su si finement observer «ce qui se passe» réellement dans une société.
Robert Maggiori

http://www.liberation.fr/debats/
sociologue Zygmunt Bauman, théoricien de la "société liquide"


• Juliette Cerf


RencontreA quoi servent les intellectuels aujourd'hui ? Entretien avec le philosophe Zygmunt Bauman


Auteur d'une oeuvre consacrée aux inégalités sociales, le sociologue d'origine polonaise est mort dimanche à Leeds.
Son concept de modernité « liquide » l'a rendu célèbre dans le monde entier. Marqué par l'expérience fondatrice de l'exil, le sociologue anglo-polonais Zygmunt Bauman, a éprouvé une dernière fois l'instabilité de la vie, en s'éteignant dans sa maison à Leeds en Angleterre, le 9 janvier 2017, à l'âge de 91 ans. De 1925 à aujourd'hui, il aura pu voir le monde changer... Penseur très original, engagé dans son siècle, confronté aux totalitarismes aussi bien qu'à la futilité de son époque, Bauman a écrit autant sur la rationalité de la solution finale (Modernité et Holocauste) que sur la marchandisation du monde et du soi (S'acheter une vie).
Itinéraire inclassable


Attachée au départ à la philosophie, sa sociologie affiche une vaste ambition théorique, mais rétive à l'esprit de système et d'école. Ancêtre possible d'un Slavoj Zizek ou d'une Eva Illouz, volontiers narrative et attentive aux objets du quotidien, elle étonne et séduit par l'éclectisme de ses références : Karl Marx, Antonio Gramsci, Max Weber, Pierre Bourdieu, Hans Jonas, George Steiner ou Richard Sennett, et par la place de ses lectures littéraires, Jorge Luis Borgès et Italo Calvino en tête. Le parcours inclassable de Zygmunt Bauman fut d'ailleurs façonné par sa découverte de l'éthique d'Albert Camus, par « l'intériorisation du cogito de Camus " je me rebelle donc je suis" » selon ses propres mots : « j'ai appris comment se rebeller en étant armé d'outils sociologiques et comment faire de la vocation sociologique une vie de rébellion ». Fidèle à ses convictions, il épinglera ainsi le « coût humain de la mondialisation », titre d'un livre paru en 1999, et dénoncera les inégalités sociales : Les riches font-ils le bonheur de tous ?, demandait-il encore dans son dernier essai traduit en 2014.


Le monde à l'état liquide


Pour Zygmunt Bauman, l'exclusion est inhérente à la société liquide. A partir des années 1990, le sociologue montre en effet comment, à une ère solide de la modernité – celle des institutions et des producteurs –, a succédé une ère liquide – celle des individus et des consommateurs. La vie de ces derniers s'est fluidifiée au point de devenir précaire, incertaine, changeante. Le monde liquide est ainsi tout à la fois marqué par une extrême liberté mais aussi par une insécurité fondamentale, comme en témoignent les relations amoureuses, analysées par le sociologue (L'Amour liquide. De la fragilité des liens entre les hommes). Attentif au phénomène du speed-dating (et son pragmatique adage « S'ils ne vous plaisent pas, vous en êtes vite débarrassés »...), Bauman en synthétise la portée sociale : « La question de la mise au rebut est résolue avant même qu'elle ne soit posée »... Tout ce qui est liquide devient ainsi aisément rebut, miette, comme l'analysent avec force La Vie en miettes. Expérience postmoderne et moralité et Vies perdues. La modernité et ses exclus.


Sagesse désabusée


En inscrivant sa réflexion du côté des exclus, Zygmunt Bauman mêle en définitive sa théorie à sa vie. Celle, diasporique, d'un intellectuel juif confronté aux persécutions antisémites et aux soubresauts de l'histoire. Né en Pologne à Poznan, le 19 novembre 1925, il se réfugie en URSS avec sa famille en 1939, l'année où Hitler envahit la Pologne. Il s'engage dans l'armée polonaise exilée et participe en 1945 à la prise de Berlin, aux côtés de l'Armée rouge... Le jeune communiste retourne alors dans son pays natal à Varsovie où il enseigne un temps la sociologie. Mais victime du régime antisémite, il rend sa carte du Parti communiste en 1968, et fuit une seconde fois, rejoignant l'Angleterre après une halte en Israël à Tel Aviv. En 1971, il est nommé professeur à l'université de Leeds où il enseigne la sociologie jusqu'à sa retraite en 1990. En 1998, il reçoit le prestigieux prix Adorno.


Son style, profond et léger, désabusé mais jamais cynique, reste gravé dans cette leçon de sagesse matérialiste glanée dans Vies perdues : « Les jours comptent autant, et pas un de plus, que la satisfaction que l'on peut en prélever. La récompense que l'on peut espérer et pour laquelle travailler, en étant réaliste, est un jour différent, et non pas un lendemain meilleur. L'avenir est au-delà de votre portée (et en l'occurrence de celle de n'importe qui), donc il faut cesser de chercher le sac d'or au bout de l'arc-en-ciel. Les soucis du "long terme" sont pour les crédules et les imprévoyants. Comme le disent les Français : le temps passe vite, il faut profiter de la vie... Donc il faut essayer de profiter de la vie autant que possible dans les intervalles entre deux voyages aux tas d'ordures »... Message reçu.

MALADIES ET PRATIQUES MAGIQUES AU SÉNÉGAL par Raymond Sémédo-du Sénégal

 

Un intellectuel, un acteur social, un touche à tout. Un passionné qui mérite d'entrer dans nos universités africaines. P Cissoko

ANTHROPOLOGIE, ETHNOLOGIE, CIVILISATIONRELIGIONS SANTÉ, MÉDECINE AFRIQUE NOIRESénégal

Les représentations sociales de la maladie dépendent du contexte culturel de leur production. En effet, les nombreux êtres culturels qui peuplent l'univers visible ou invisible sont des agents non-microbiens de la maladie selon les croyances. Les croyances se sont adaptées à la société marchande-libérale et à son idéologie de compétuition et d'émulation sociale. La ville, les banlieues de Dakar, les régions du Sénégal, les campagnes ont été les terrains d'observation.


Les représentations sociales de la maladie dépendent du contexte culturel de leur production. En effet, les nombreux êtres culturels qui peuplent l'univers visible ou invisible sont des agents non-microbiens de la maladie selon les croyances. La rencontre de génies (Rap chez les Wolof-Lébou ou Pangol chez les Sérère, U-kai chez les Mancagne) entraîne des troubles comme la paralysie, l'aphasie, la folie... Aussi, les génies domptés protègent du malheur biologique ou social.

Chez les populations de la Casamance, Mancagne, Balante, Diola, Baïnuk, Manjak, les croyances aux fétiches sont restées intactes. Du fait de la vivacité des rites animistes, de nombreux bois sacrés et autels existent. Des cultes particuliers sont rendus à des êtres culturels intermédiaires ou à des génies puissants. Les Bassari du Sénégal oriental pérennisent des rites spéci¬fiques permettant de commercer avec des génies qui réclament des âmes humaines. Mais l'entité culturelle identi¬fée par toutes les ethnies comme dangereuse reste le sorcier anthropophage. Même les populations islamisées Malinké, Soninké, Wolof, Lébou, Toucouleur, Peul cherchent des protections ef¬ficaces contre la sorcellerie anthropophagique. D'autres entités culturelles venues avec l'Islam, telles que les djinnés ou les Seytanés, donnent des troubles physiques ou psychiques, des maux sociaux ou biologiques. Enfin, selon les croyances locales, le maraboutage (liggéey) et les khons (xons) malé¬ ques sont d'autres vecteurs de maladies, d'infortune sociale, d'échec économique, scolaire, familial. Le système de croyances attribue aux khons d'autres maux qui peuvent aller jusqu'à la mort.


Raymond Sémédo, Docteur en sociologie et diplômé en sciences de l'éducation, est chercheur, consultant et enseignant, et spécialiste de l'anthropologie des mentalités, des représentations sociales, des systèmes symboliques, des croyances, des religions, des mythes traditionnels, modernes, des rumeurs, des récits et légendes. Il scrute aussi le champ de l'imaginaire. Ses travaux actuels portent sur la maladie, la douleur, le corps, le sens du mal, le savoir, le pouvoir, les idéologies.

Tuer le cancer par la Pr Patrizia Paterlini Bréchot

 

Tuer le cancer par la Pr Patrizia Paterlini Bréchot

La science avance, les chiens qui reniflent la présence de gènes cancérigénes, un espoir pour l'Afrique. P CISSOKO

Pendant des années, au chevet de ses patients comme dans le secret de son laboratoire, le professeur Patrizia Paterlini-Bréchot s'est employé à décoder les stratégies de camouflage du cancer, ce tueur en série. Elle a passé des jours et des nuits à mettre au point des méthodes expérimentales pour prendre en filature les cellules tumorales qui circulent dans le sang bien avant que la maladie ne se signale. Et, avec le concours d'autres scientifiques, elle a trouvé.
Une simple prise de sang permet aujourd'hui de détecter, en amont, les prémisses d'un cancer. Cette technique pourrait, demain, sauver des millions de vies !
Patrizia Paterlini-Bréchot éclaire le chemin personnel qui l'a menée à cette découverte et expose les grandes avancées scientifiques qui ont contribué à forger des armes décisives dans la lutte contre le cancer.
Elle en est convaincue : c'est sur le diagnostic précoce que doivent porter les efforts. Et cette bataille-là est l'affaire de tous.

Un livre de combat et d'espoir porté par une femme exceptionnelle.

On pourra lire ceci
Patrizia Paterlini-Bréchot : "ma seule détermination, c'est de sauver les patients atteints de cancer"


Cette chercheuse française est à l'origine du test de dépistage du cancer du poumon dont tout le monde parle. Et pour cause : une équipe de chercheurs a montré son efficacité chez des patients à risque. Elle revient sur cette première mondiale, non sans cacher son impatience pour que la recherche avance et que les patients puissent en bénéficier, vite.

Faire avancer la recherche pour trouver des solutions applicables directement pour les patients... C'est ce qui motive au quotidien le docteur Patrizia Paterlini-Bréchot, chercheuse et Professeur en biologie cellulaire et oncologie à la faculté de médecine Necker-Enfants Malades de Paris. Depuis toujours en fait. Dès ses premières années de médecine en Italie, alors jeune interne, elle choisit de se spécialiser en oncologie. Plusieurs années plus tard, alors que la biologie moléculaire se développe, elle quitte tout et rejoint un laboratoire de recherche en France. Avec pour objectif de comprendre comment se forment les tumeurs. A la tête d'un groupe de recherche à la faculté de médecine Necker-Enfants malades, poste qu'elle occupe encore aujourd'hui, elle garde néanmoins un pied dans le recherche appliquée. Son travail aboutit en quelques années à la mise au point de la technique ISET (Isolation by Size of Epithelial Tumor/Trophoblastic Cells) qui permet d'isoler les cellules tumorales circulantes. C'est le test choisi par le Pr Paul Hofman et son équipe de l'Inserm à Nice pour mener une étude clinique sur des patients à risque et dont les résultats ont été publiés le 31 octobre dernier.


Pourquoi cet intérêt pour les cellules tumorales circulantes ?


Après avoir travaillé en Italie comme médecin oncologue, j'ai rejoint un laboratoire de recherche en France, mais je dois avouer que j'étais un peu triste et surtout frustrée de ne pas pouvoir faire quelque chose de concret pour les patients. Je me disais : "mais tu perds ton temps à essayer de comprendre pourquoi le cancer se forme alors que les patients ne meurent pas de la tumeur mais des métastases qui en découlent". Je sentais notamment qu'il y avait beaucoup de potentiel avec les cellules circulantes et que ça pouvait aider plus rapidement les patients. Alors pendant toutes ces années, mon équipe et moi y avons mis toute notre énergie. Nous étions très motivés et on y mettait du cœur parce que l'objectif était bien d'aider les patients. Je revenais à mon but initial !
Le chemin était long et vous n'étiez pas seule à vous y intéresser...


L'idée de départ, c'est qu'avant que des métastases ne se forment, il faut que des cellules se détachent de la tumeur et passent dans le sang. Dès 1995, plusieurs scientifiques avaient en effet avancé l'hypothèse que des cellules tumorales se trouvent dans le sang des années avant que les métastases ne se forment. Si on arrivait à détecter ces cellules circulantes, c'était donc une fenêtre pour empêcher la formation des métastases. Dans un premier temps, des méthodes pour isoler les cellules circulantes ont été mises en place chez l'animal. Puis, on a eu cette idée très novatrice à l'époque d'essayer d'isoler les cellules par filtration verticale du sang. Nous étions très motivés d'autant plus que nous avons obtenu rapidement une méthode d'une grande sensibilité (la technique ISET est mise au point en 2000) et basée sur une analyse morphologique des cellules. Puis en 2007, ça été un tournant. Plusieurs études avaient montré que les patients avaient des métastases avant que le cancer ne soit diagnostiqué par imagerie. Cela ouvrait donc des portes en matière de dépistage précoce.
C'était un défi mondial. Mais même si d'autres groupes de recherche travaillaient aussi sur les cellules tumorales circulantes, aucune n'avait réussi à obtenir la sensibilité et l'efficacité de notre test, ni les méthodes basées sur les anticorps, ni celles sur l'ADN plasmatique.


En quoi votre test est-il plus efficace ?


Vous savez ce n'est pas simple de filtrer du sang... Ce test peut isoler une cellule tumorale parmi des milliards de cellules sanguines, et surtout la garder intacte, ce qui laisse la possibilité d'évaluer les caractéristiques morphologiques de la cellule. Donc de savoir de quel organe elle vient ! Très vite, la méthode a suscité des enjeux économiques énormes. Après avoir essuyé pas mal d'ennuis avec une première compagnie qui ne répondait pas à mes attentes scientifiques et éthiques, j'ai fondé Rarecells Diagnostics, l'entreprise qui développe aujourd'hui les tests. Avec toujours un seul intérêt : ma détermination à aider les patients.
Et puis, il y a eu l'étude de l'équipe du Pr Hofman à Nice...
En effet, Paul Hofman a eu cette idée d'isoler les cellules circulantes chez des patients à risque, de manière précoce. Il a convaincu tout le monde, les radiologistes, les
pneumologues... pour faire cette étude. Et il a donc choisi d'utiliser notre test. Mais je
n'étais pas au courant qu'il faisait cette étude clinique. Je précise d'ailleurs qu'il a
trouvé lui même les financements pour son étude. La compagnie que j'ai fondée n'a rien financé. Je tiens vraiment à l'indépendance des études cliniques par rapport aux
compagnies qui développent les tests. C'est fondamental si on veut obtenir des études
cliniques dont la rigueur scientifiques est non contestable. Il m'a donc appelé quand il a terminé son étude. Et là je lui ai dit : "mais c'est extraordinaire, personne au monde n'a réussi à faire ça !" C'était au-delà de mes espérances...


Demain, dépister le cancer du poumon par une prise de sang, c'est donc envisageable ?


Oui, l'avenir c'est d'utiliser ce test pour diagnostiquer précocement le cancer. Car l'enjeu, c'est que plus on diagnostique tôt, plus l'espoir de guérison est grand. Ce test détecte les cellules tumorales sans se tromper. Mais, mieux, il pourrait permettre de dire de quel organe, elles viennent ! Il suffirait en effet de regarder quelles protéines sont contenues dans les cellules tumorales circulantes. Par exemple, si ce sont des PSA, c'est que c'est un cancer de la prostate, si c'est de l'albumine, c'est que ça vient du foie, et ainsi de suite. Cela on sait le faire en laboratoire, maintenant l'étape suivante c'est de faire des tests cliniques. Mais là c'est une question de moyens car pour transférer ce savoir-faire en test, il faut à la fois de l'argent pour développer le test, et de l'argent, de façon indépendante, pour mener les études cliniques. Il faut que la science avance, et en même temps, il ne faut pas que n'importe qui finance ces recherches. L'indépendance des chercheurs est indispensable.


Le test est déjà disponible pour les patients, pouvez-vous nous en dire plus ?


Il est en effet déjà disponible pour les patients qui ont un cancer (tout type de cancer
solide). Son prix est de 400 euros environ. Son intérêt c'est qu'il permet de prévoir, donc de prévenir d'éventuelles métastases et aussi de dire si le traitement en cours est efficace. C'est une sorte d'indicateur de l'efficacité du traitement. Mais il y a d'autres applications possibles et qui pourraient servir rapidement aux patients.
Paul Hofman n'a pas été contacté par des sources de financement et craint de ne pouvoir mener une étude clinique plus large. Partagez-vous son inquiétude ?
Il a raison, je le comprends. Son étude a duré 6 ans ! Le temps de trouver l'argent
financer l'étude, de bien faire les choses, tout cela prend du temps... Et on est pressé ! Les gens attendent... Il y a même des personnes qui veulent participer aux études cliniques, c'est frustrant... Nous souhaitons plus que tout faire des études à plus grande échelle et développer le test. On veut que ça aille vite. Et au-delà de ça, il faut savoir que le test qui existe déjà pour les patients malades à un coût car il est de haute qualité technique mais qu'il n'est pas remboursé. Une aide financière nous permettrait d'aider plus de patients rapidement. Mais comment faire bouger les choses ? C'est quand même une première mondiale, et elle est française ! Je ne sais pas si ça va bouger.... On fait tout pour, en tout cas.


Comment expliquez-vous le manque de réaction institutionnelle ?


Cette histoire me fait penser à une autre histoire : celle du test du dépistage du cancer du col de l'utérus. C'est un scientifique grec, qui en est à l'origine, Georgious Papanicolaou. Imaginez-vous que ce test ( Pap test ou " frottis ") qui sauve le plus de vies du cancer dans le monde, et grâce auquel 9 femmes sur 10 sont sauvées, donc qui est LE test par excellence, a mis des années pour être reconnu. Quand ce médecin a présenté son travail sur la possibilité du diagnostic du cancer du col utérin au moyen d'un frottis vaginal, à l'occasion d'un colloque, on lui a ri au nez ! Personne n'a compris à quoi ça pouvait servir. Et ce n'est que près de 20 plus tard qu'il a finalement publié les résultats d'une étude, qui cette fois-ci a fait l'effet d'une bombe et qui a connu immédiatement des développements. Donc pour en revenir à notre test, quand je pense à cette histoire, je me dis que ce n'est pas si étrange, il y a certains blocages, des jalousies... Vous savez dans le milieu de la recherche, on parle maintenant de "blood Pap test" ! Quand une femme fait un frottis, on regarde si elle a des cellules cancéreuses. C'est finalement le même principe : chercher des cellules cancéreuses mais cette fois-ci dans le sang. Et potentiellement, on est capable de le faire pour tout type de cancer. Donc l'impact est potentiellement énorme.


Avez-vous pensé à d'autres moyens de financement ?


Oui, des personnes autour de notre équipe ont crée une association qui récolte les dons pour aider à financer les études cliniques qui seront organisées par le Pr Hofman, l'association SafeTestForLife (STL). Tous ceux qui veulent peuvent apporter leur pierre à l'édifice. Mais ce n'est pas évident de pousser les gens à donner, il nous faudrait un ambassadeur pour nous aider ! En tout cas, le don à STL permettra d'avoir plus vite ces tests de diagnostic précoce à disposition de tout le monde. Les patients de l'étude du Pr Hofman ont été opérés très tôt et n'ont plus aucun signe de cancer !
Patrizia Paterlini-Bréchot : "ma seule détermination, c'est de sauver les patients atteints de cancer"


Cette chercheuse française est à l'origine du test de dépistage du cancer du poumon dont tout le monde parle. Et pour cause : une équipe de chercheurs a montré son efficacité chez des patients à risque. Elle revient sur cette première mondiale, non sans cacher son impatience pour que la recherche avance et que les patients puissent en bénéficier, vite.


Faire avancer la recherche pour trouver des solutions applicables directement pour les patients... C'est ce qui motive au quotidien le docteur Patrizia Paterlini-Bréchot, chercheuse et Professeur en biologie cellulaire et oncologie à la faculté de médecine Necker-Enfants Malades de Paris. Depuis toujours en fait. Dès ses premières années de médecine en Italie, alors jeune interne, elle choisit de se spécialiser en oncologie. Plusieurs années plus tard, alors que la biologie moléculaire se développe, elle quitte tout et rejoint un laboratoire de recherche en France. Avec pour objectif de comprendre comment se forment les tumeurs. A la tête d'un groupe de recherche à la faculté de médecine Necker-Enfants malades, poste qu'elle occupe encore aujourd'hui, elle garde néanmoins un pied dans le recherche appliquée. Son travail aboutit en quelques années à la mise au point de la technique ISET (Isolation by Size of Epithelial Tumor/Trophoblastic Cells) qui permet d'isoler les cellules tumorales circulantes. C'est le test choisi par le Pr Paul Hofman et son équipe de l'Inserm à Nice pour mener une étude clinique sur des patients à risque et dont les résultats ont été publiés le 31 octobre dernier



http://sante.journaldesfemmes.com/magazine/depistage-precoce-cancer-pou

Marcel Conche, le paysan philosophe ou la philosophie comme pratique de la sagesse


A 92 ans, ce professeur émérite à la Sorbonne raconte son quotidien avec "Epicure en Corrèze". Une leçon de savoir-vivre.
Jérôme Garcin et Laure Adler


A la fin des années 1940, dans une salle de la Sorbonne, Marcel Conche se trouve assis à côté de Jean d'Ormesson, qui prépare comme lui l'agrégation de philo. Le premier a les mains brunies par le brou des noix qu'il vient de ramasser en Corrèze, le second a le visage tanné par le soleil des sports d'hiver.


Le futur auteur de «Pyrrhon ou l'apparence» découvre, ce jour-là, que la différence des classes peut aussi se mesurer à une légère nuance de marron et qu'on ne bronze pas de la même manière selon qu'on courbe

le dos vers le sol ou que, le dos droit, on glisse sur la neige. Pour autant, Marcel Conche dit n'avoir jamais été jaloux ni envieux de son voisin à particule. Au contraire.
Ce fils de paysan limousin est fier d'avoir, en sabots, gardé les vaches, sarmenté la vigne, retourné les foins, arraché les pommes de terre et grandi dans la pauvreté. Il en a tiré une disposition naturelle à la compassion et à la solidarité, une détestation viscérale du capitalisme, et la conviction que la recherche de la vérité universelle est plus importante que celle du bonheur individuel.


A 92 ans, l'héritier des présocratiques, professeur émérite à la Sorbonne, retrace une fois encore sa vie, qu'il a si bien exposée dans les cinq volumes de son «Journal étrange».


Son enfance aux champs et aux chais, dans l'ombre portée d'une mère morte, à 28 ans, en le mettant au monde ; sa rencontre, à Tulle, en 1942, avec une enseignante de quinze ans son aînée, Marie-Thérèse, alias «Mimi», qu'il allait épouser; son départ pour Paris, où l'élève de l'école d'instituteurs devient agrégé de philosophie; ses longues années d'enseignement et de publications (il écrit sur Montaigne et Lucrèce, traduit Héraclite et Anaximandre, met Nietzsche face au bouddhisme, se passionne pour Lao-tseu, signe «le Fondement de la morale» et «Présence de la nature»); sa retraite, qui n'en est pas une, à Treffort-Cuisiat (Ain); enfin, à 86 ans, son embarquement pour la Corse, où il va rejoindre une jolie bergère corse à laquelle il a appris à lire le grec et auprès de laquelle il voudrait mourir.
Un rêve passe. Car il décide soudain de revenir habiter, plus philosophe que jamais, sa maison natale d'Altillac, en 2009.

Désormais, il y écoute le vent, qui toque, tel un ami, à la porte de sa solitude. Il condamne l'idéalisme et se tourne vers le naturalisme. Il vit sans Dieu, mais croit aux dieux païens. Il dialogue avec les Grecs et reçoit tous les jours la visite d'Epicure, qui est le meilleur conseiller pour la vieillesse (pour la jeunesse, il préconise plutôt les stoïciens). Il répète que le seul scandale universel est la souffrance des enfants martyrisés. Il mange peu et sans sel. Il travaille toujours avec le même plaisir.


Après quoi, il se rend au cimetière qui jouxte l'église - «je m'y plais beaucoup» -, où son père, sa mère, sa femme sont enterrés sous des croix chrétiennes. Mais sur sa tombe, qui est prête, «il n'y aura rien». Rien, sauf les livres de lui, ses traités de bien-vivre, qu'on y déposera, avec gratitude.
Jérôme Garcin


Epicure en Corrèze, par Marcel Conche,


Marcel Conche ou la philosophie comme pratique de la sagesse à écouter sur france inter 


Laure Adler et Marcel Conche• Marcel Conche est l'un des philosophes vivants les plus importants tant par son œuvre que par son rayonnement. Et pourtant il reste discret, voire secret. Détestant être mis en lumière, publiant souvent chez des "petits éditeurs", son travail irrigue notre pensée et le lire c'est nous permettre d'envisager l'existence autrement. Tous les trois mois environ, « Hors champs » consacre une semaine à une personnalité qui a carte blanche pour inviter celles et ceux qu'elle aime. Après Christian Lacroix et Juliette Gréco, c'est avec Marcel Conche que nous passerons toute cette semaine nos soirées dans la maison maternelle de Marcel au milieu des bois, à quelques mètres de la Dordogne, là où il a vécu son enfance et où il nous a reçu avec son sens de l'hospitalité et son humour ravageur. L'auteur d'une cinquantaine de livres dont Quelle philosophie pour demain ? , Ma vie antérieure , Montaigne et la philosophie , l'auteur du journal Confession intime , de son Journal de pensée et d'aventures spirituelles et amoureuses qui publiera en mai son tome V, le paysan madré qui révolutionna l'enseignement de la philosophie et découvrit sur le tard le bouddhisme a accepté de parler de son amour pour la sagesse et de son éthique, de l'art de vieillir. 1er épisode : Comment garder les vaches peut conduire à l'interrogation sur sa propre existence ?


• Laure Adler Marcel Conche : Philosophe

LE TEMPS DE LA PARESSE Roman par le Pr Ibrahima Sow-Ifan -Sénégal


Harmattan Sénégal

« Une écriture fine et belle, une pensée profonde et dense. Le Pr SOW est à l'image de Platon qui « coupe et cautérise » ie qu'il va chercher très loin pour mieux comprendre et expliquer. Chez lui il ne faut pas laisser la place au chaînon manquant, il faut combler le vide par la pensée.
L'imaginaire, la superstition, la sorcellerie, etc, s'ancre dans une représentation culturelle. L'auteur est un des meilleurs penseurs de la politique sénégalaise. Je vous invite à lire son corpus pour vous faire une bonne idée sur cet intellectuel, ce citoyen acteur social qui veut bousculer les codes établis pour émanciper les esprits les plus bornés ». Pape CISSOKO

LITTÉRATURE ROMANS, NOUVELLES AFRIQUE NOIRESénégal

"Le Temps régit tout", répète souvent Amadou qui aime dire en une formule hermétique et provocante : "Le Temps m'effraie, c'est pourquoi j'adore la paresse". A la fois antisocial et antireligieux, signe d'échec de mauvaises gouvernances, insulte à la dignité spirituelle de l'homme et à son destin métaphysique, Le temps de la paresse demeure l'éternel ennemi, la sourde et constante menace, le mal absolu. Il peut, cependant, de loin en loin, quelquefois, inciter à la création, quand on sait et arrive à le combler d'une présence active qui en informe la négativité.

« Le Temps régit tout », répète souvent Amadou qui aime aussi dire en une formule fort hermétique et provocante : « Le Temps m'effraie, c'est pourquoi j'adore la paresse » pour opposer l'impensable temps où tout s'abîme à l'inefficiente paresse qui s'abîme en tout, comme s'il voyait, dans cette paresse, une possibilité de tromper l'angoisse liée au Temps en la niant, et de se divertir d'elle ou, peut-être même, de la pervertir.
Le temps de la paresse s'ancre dans l'ennui, la répétition, le désœuvrement, la médisance et la mort, rarement dans la créativité.

À la fois antisocial et antireligieux, signe d'échec de mauvaises gouvernances, insulte à la dignité spirituelle de l'homme et à son destin métaphysique.
Le temps de la paresse demeure l'éternel ennemi, la sourde et constante menace, le mal absolu. Il peut, cependant, de loin en loin, quelquefois, inciter à la création, quand on sait et arrive à le combler d'une présence active qui en informe la négativité.
Le temps ? La paresse ? Comment Amadou peut-il adorer la paresse, s'il abhorre le temps de la paresse? Il ne saurait dire avec clarté pourquoi. Il constate simplement cette contradiction qui le met mal à l'aise. Serait-il plus enclin à la régression ? À la négation ?
Amadou pourtant n'imagine et ne conçoit le temps que lié à ce qu'il appelle la destinée spirituelle de l'homme et celle-ci est un éternel combat contre toutes formes de paresse.

Docteur en philosophie, Ibrahima Sow est chercheur à l'IFAN Ch. A. Diop (UCAD), Maître de recherche et ancien rédacteur en Chef du Bulletin B de l'IFAN (BIFAN). Directeur du Laboratoire de l'imaginaire,
il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont :

La symbolique de l'imaginaire (2008),
Divination marabout et destin (2009),
La Philosophie africaine. Du pourquoi au comment '2010)

CERVANTES, DON QUICHOTTE, RESUME, PREMIERE PARTIE : un ouvrage à relire pour comprendre ce monde

 


Don Quichotte de la Manche est un personnage imaginaire tout droit sorti du roman à succès de Miguel de Cervantès : El Ingenioso Hidalgo Don Quijote de la Mancha. Ce roman a été publié en deux volumes, le premier en 1605 et le second en 1615.
Ce roman retrace les voyages et les aventures de Don Quichotte et Sancho Panza. Don Quichotte est un Hidalgo (gentilhomme de la noblesse) obsédé par la chevalerie et Sancho Panza, un paysan obsédé par la nourriture, est son écuyer. Le premier est un chevalier errant et illuminé qui part combattre le mal à travers l'Espagne sur son cheval : Rossinante. Le second, tout en se remplissant la panse, sait que son maître est fou mais décide de l'aider à protéger les opprimés et à retrouver sa Dulcinée.
Auberges-châteaux, paysannes-princesses, moulins-tyrans, amour-envoûtement, galériens, inquisition : le roman ne manque pas de péripéties, mais Don Quichotte reste fidèle à lui-même et ne cède pas. Sauf à la fin, où vaincu, il rentre chez lui, malgré les suppliques de Sancho Panza. Il abandonne ses lectures chevaleresques, retrouve la raison et meurt entouré et aimé des siens.
Don Quichotte est considéré par certains comme le premier roman moderne, en rupture avec la tradition médiévale. Les nombreux personnages du roman délivrent une étude sociologique de l'Espagne du siècle d'or. Considéré comme un roman comique à sa première publication il est rangé de nos jours dans les classiques littéraires. Accueilli avec succès dés sa première parution, Don Quichotte est considéré comme un chef d'œuvre et c'est un des livres les plus lus au monde.

Prologue: Cervantès hésite car il lui est très difficile de présenter son œuvre, puisque selon lui il manque de culture. Un ami lui conseille de citer les plus connus, tels Horace, Ésope, César... Mais il ajoute que le plus important est que, puisque le Don Quichotte va dénoncer les chevaliers et les romans de chevalerie, il faut que l'auteur fasse surtout attention à divertir le lecteur, tout en l'instruisant. Cervantès dit que ce fut un si bon avis, qu'il en fit son prologue, tant il résume à merveille les principes de son œuvre.

Chapitre 1: Hidalgo, fils de quelque chose, noble, gentilhomme.
Il décrit le quotidien oisif de cet hidalgo, qui passe son temps à lire des livres de chevalerie et adore Bélianis. Tant et si bien qu'il s'en dessèche le cerveau et qu'il décide de devenir un chevalier errant en quête d'aventures. Il récupère une vieille armure de ses ailleux, mais comme il manque une partie au heaume, il fabrique un casque à visière avec une salade. Il baptise son cheval Rossinante (latin rocin, âne et ante, avant). Puis il se nomme Don Quichotte de la Manche (Quesada, fromage, quixote, cuissard, armure de la cuisse, otte est un préfixe ridicule). Puis il choisit une paysanne dont il avait été amoureux, sans qu'elle ne le sût jamais, et la nomme Dulcinée du Toboso.

II: Il s'en va sur la plaine de Montiel, et comme il n'a pas été adoubé, il se promet que le premier venu le fera, puis il déclame ses louanges, imitant le style de ses romans préférés. Le soir, il prend une hôtellerie pour un château et des filles de joie, pour des demoiselles. Il ne peut enlever son casque retenu par des rubans verts, il mange et boit avec, aidé de ces dames et du châtelain (l'aubergiste).

III: Il demande à l'hôtelier de l'armer chevalier. Celui-ci, matois et roublard, accepte mais en lui faisant remarquer qu'il devrait avoir de l'argent sur lui. Don Quichotte s'apprête à veiller toute la nuit dans la basse-cour. Un muletier, voulant faire boire sa mule, dut ôter les armes de DQ de dessus l'auge, DQ l'assomme d'un coup de lance. Puis un autre, une bagarre va arriver, mais l'hôtelier calme tout le monde et arme très cérémonieusement DQ chevalier.

IV: Retourne chez lui pour aller chercher de l'argent et un écuyer. En chemin, il sauve André, le valet des mains du laboureur, mais celui-ci reprend sa correction de plus belle dès que DQ est parti. Puis il rencontre des marchands de Tolède qui refuseront de dire que Dulcinée est la plus belle. Il court sur eux pour les combattre, mais Rossinante trébuche, les muletiers qui accompagnaient leurs maîtres, le rouent de coups.

V: Il ne peut se relever et se lamente, un laboureur de son village le reconnaît et le ramène. DQ est complètement fou et ne le reconnaît pas. Pedro Perez, le curé, maître Nicolas le barbier et la nièce de DQ sont très inquiets.

VI: Le barbier Nicolas et le curé Pedro Perez décident de brûler tous les livres dangereux de la bibliothèque de DQ. Le curé n lit les titres et décide si oui ou non il faut les brûler.

VII: DQ se prend pour Renaud de Montauban (cf. Rolland). Ils lui disent qu'un enchanteur a emporté tous ses livres. Il reste tranquille pendant quinze jours, durant lesquels il prend Sancho Panza comme écuyer, lui promettant la gouvernance de quelque île. Puis ils partent un matin sans rien dire à personne.

VIII: Épisode des moulins à vent que DQ prend pour des géants, contre l'avis avisé de SP. Le vent souffle dans une des ailes d'un moulin et jette DQ à terre. SP lui demande si les écuyers ont le droit de se plaindre. DQ sourit et lui répond que oui. Alors, SP se plaint de la faim, il mange donc sur son âne, tout heureux de cette nouvelle vie. Ils passent la nuit sous un massif d'arbres et DQ sa fait une lance d'une branche de chêne. DQ ne dort pas de la nuit, au contraire de SP. Au matin, ils se rendent à Port-Lapice. DQ lui dit qu'il lui sera interdit de le secourir s'il est attaqué par des chevaliers, mais il pourra le faire s'il s'agit de gens de rien. SP dit qu'il ne se fera pas prier.
Ils rencontrent alors deux moines et un carrosse de voyageurs, que DQ prend pour des enchanteurs emportant une femme ensorcelée. Il met en fuite les moines en les battant, SP est roué de coups par les valets du carrosse et un biscayen s'en prend à DQ qui ne veut pas laisser aller le carrosse. Le biscayen se protège avec un coussin. DQ se rue sur lui, mais le récit est interrompu car le manuscrit du premier auteur n'en fait point état. Heureusement que le second auteur a découvert la suite de cette aventure...

IX: L'auteur raconte comment, un jour à Tolède, il vit un enfant qui vendait des morceaux de papier. Il en prit un, c'était en arabe. Il trouve un morisque espagnolisé qui lui révèle qu'il s'agit de l'Histoire de DQ de la Manche, écrite par Cid Hamed Ben-Engeli, historien arabe. Il l'achète donc et le fait traduire au more en six semaines. Il nous la présente et reprend au combat. DQ terrasse le biscayen, dont la grâce est demandée par les dames, que DQ accorde à condition qu'il se rende à sa Dulcinée.

X: Sancho soigne l'oreille de DQ et lui dit qu'il est vraiment un vaillant chevalier. Mais DQ se lamente d'avoir brisé sa salade et fait le serment de dormir tout vêtu tant qu'il n'en aura pas pris une autre à un chevalier. Ils mangent un oignon et du pain et ne rencontrant pas de château, ils dorment dans des huttes de chevriers. SP est dégoûté, DQ ravi, car il croit remplir un acte noble.

XI: Les chevriers les prient de se joindre à eux. Ils dévorent et boivent beaucoup. DQ l'invite à s'asseoir parmi eux, mais SP préfère rester debout, mais libre de manger sans manières. DQ l'assoit de force, puis, à la vue de préfère resté debout, mais libre de manger sans manières. DQ l'assoit de force, puis à la vue de glands, il fait l'éloge de l'âge d'or. Un jeune homme nommé Antonio arrive et chante accompagné de sa viole. Un des checksums soigne l'oreille de DQ avec du romarin et tous s'endorment.

XII: Le lendemain, un autre compagnon arrive et leur raconte la mort de Chrysotome, amoureux fou de l'orpheline Marcelle. Cette dernière est si belle (élevée par son oncle et très riche) que tous les hommes qui la voient en tombent amoureux. Un jour, elle prend les habits des bergère et mène son troupeau dans les champs (pastorale).
Chrysotome et son ami de toujours, Ambroise, lui-aussi « étudiant, font de même. Mais elle ne veut rien savoir et les dénigre tous. La troupe décide d'aller aux funérailles du jeune homme qui sera inhumé en plein champ, selon ses volontés, là où il a rencontré Marcelle pour la première fois.


XIII: En chemin, ils rencontrent des hidalgo, dont Vivaldo qui discute avec DQ sur sa profession de chevalier errant. Celui-ci compare son métier à celui des moines. Puis, interrogé par Vivaldo qui s'amuse beaucoup, DQ lui explique que tout chevalier a sa dame, et il lui décrit sa Dulcinée. Tous le prennent pour le fou qu'il est, sauf SP... Puis ils rencontrent une vingtaine de bergers, dont Ambroise, qui portent le brancard où gît Chrysotome. Ambroise, comme le lui a demandé Chrysotome avant de se suicider, veut brûler tous ses écrits. Vivaldo tente de l'en dissuader, il attrape une feuille, qu'il va lire à tous.

XIV: Ce sont des vers désespérés. Stances de seize vers en hendécasyllabe. Marcelle vient proclamer son innocence en démontrant que ce n'est pas de sa faute si elle est si belle et que ce n'est pas pour autant qu'elle se doive d'aimer en retour. Des bergers veulent la suivre, DQ les en empêche. Chrysotome est enterré et tout le monde se quitte.

XV: Ils se reposent, Rossinante veut folâtrer avec des juments, leur maître, des Yangois, le battent, SP et DQ viennent s'interposer, les vingt hommes les terrassent et s'enfuient. DQ dit que c'est parce qu'il s'agissait non de chevaliers, mais de la racaille et à l'avenir, ce devra être SP qui s'en chargera, SP n'est pas du tout de cet avis. Ils discourent sur leur dernière aventure puis décide de trouver un lieu où dormir. Ils arrivent à une hôtellerie que DQ, au grand dam de SP, prend pour un château.

XVI: L'hôtelière, charitable, soigne DQ. Il y a aussi une servante Asturienne très laide, Maritorne. Elles couchent DQ sur un misérable grabat, dans la même chambre qu'un muletier. SP raconte qu'il est tombé et explique à sa sauce ce qu'est un chevalier errant. Il dit qu'ils sont partis depuis un mois, alors que cela ne fait que trois jours. La nuit venue, Malatorne vint rejoindre le muletier. Mais DQ croit qu'elle vient pour lui, et s'imaginant que c'est une damoiselle il la retient de force tout en lui disant qu'il ne pouvait pas lui donner ce qu'elle voulait, acr il était fidèle à Dulcinée. Le muletier vient la sauver, l'hôtelier, attiré par le bruit, vient, Malatorne se réfugie dans le lit de SP, qui la frappe de toutes ses forces, croyant vivre un cauchemar, et Malatorne de le lui rendre. S'ensuit une bataille où l'hôtelier frappe Malatorne, qui frappe SP, qui est frappé par le muletier. Un gendarme croit qu'ils ont tué DQ, et arrêtent tout cela.

XVII: DQ dit à SP que le château est enchanté et qu'un géant l'a attaqué pendant que la fille du seigneur avait voulu le séduire. DQ concocte le fierabras. Le baume le fait vomir, ainsi que Sancho, qui en tombe malade. Mais peu importe, DQ se trouvant mieux, croit qu'il a trouvé le remède miraculeux et décide de se remettre en route. Mais il refuse de payer son écot à l'l'hot line, des marchands font voler SP dans une couverture DQ ne parvint pas à sauter le mur pour aller l'aider... L'hôtelier garde le bissac en paiement.

XVIII: Dialoguent sur leurs aventures. SP lui fait remarquer qu'ils n'ont connu que des échecs, à part le biscayen. DQ lui conseille de garder patience. DQ voit de gros nuages de poussières, qu'il prend pour des armées, il s'agit en vérité de troupeaux de moutons. SP finit par le croire aussi. Ils montent sur une colline et DQ lui décrit tous les vaillants chevaliers qu'il croit voir. Puis il lui nomme les peuples et un grand nombre de provinces. SP ne voit que des moutons et des agneaux. DQ les attaque, les pâtres défendent leurs bêtes à coup de frondes. DQ, après avoir tué six à huit bêtes, tombe sur le sol, et les pâtres s'enfuient. DQ avait tan bu de la burette, qu'il en vomit sur SP qui inspectait sa gorge. Il veut prendre de quoi s'essuyer dans son bissac et est au désespoir quand il s'aperçoit qu'il ne l'a plus.


XIX: SP dit que c'est parce que DQ n'a pas tenu sa promesse de ne pas manger sur nappe... qu'il leur est arrivé tous ces malheurs. La nuit venue, ils rencontrent une procession de moines vêtus de blancs manteaux et portant des torches. Ils tirent un brancard où gît un cadavre. DQ les prend pour des fantômes, et comme ils refusèrent de dire ce qu'ils faisaient, ils les attaquent et les met en fuite. Un des licenciés, Alonzo Lopez, qui eut la jambe cassée et ne put s'enfuir, leur raconte qu'ils mènent le cadavre, mort de la fièvre, à sa famille, à Ségovie. SP en profite pour voler leurs provisions. SP nomme son maître le chevalier à la triste figure, tant sa figure est triste, car elle manque de dents.
Ils mangent, puis cherchent une source.


XX: Ils entendent de violents fracas, DQ veut aller voir, mais SP, qui a essayé de l'en dissuader sans succès, attache les jambes de Rossinante au licou de son âne. DQ, voyant que Rossinante ne voulait pas bouger, décide d'attendre sur sa selle, SP pendu et cramponné à son pied. Sur la demande de son maître, il lui raconte l'histoire du berger amoureux de la bergère. Mais elle lui fait tant de tracasseries, qu'il finit par la haïr de jalousie et finit par s'en aller. Ce départ exacerbe l'amour de la bergère qui décide de le suivre. Arrivé à une rivière, le berger demande à un pécheur de faire passer ses 300 bêtes de l'autre côté. Sa barque ne peut en contenir qu'une seule!! Il les passe une par une. DQ impatient, lui dit d'aller plus vite, mais SP en perd le fil et arrête là son histoire... Pris d'une grosse envie, SP défèque juste à côté de DQ, tant la peur du bruit l'empêche de s'éloigner. A l'aube, il détache discrètement Rossinante. La cause de tout ce vacarme n'était que des marteaux d'une vielle usine. SP ne peut s'empêcher de rire, DQ le frappe et lui demande de faire preuve de plus de respect envers son maître, ce que promet SP.

XXI: DQ voit un barbier avec un plat à barbe sur la tête qu'il prend pour un armet de Mambrin. Il l'attaque, l'autre fuit en abandonnant son plat. SP rit de ce drôle d'armet, mais se reprend bien vite par peur des coups. Dq accepte que SP échange son âne contre l'autre, plus vaillant. Tout en cheminant, SP lui fait remarquer qu'il devrait plutôt servir un empereur pour que ses faits et ses exploits soient bien récompensés et mis par écrit. DQ lui dit d'être patient et il lui rappelle toutes les aventures D' Amadis de Gaule.

XXII: Puis il permet aux galériens de se libérer, en attaquant leurs grades, tant les fautes qui leur sont reprochées paraissent au naïf DQ trop peu dignes de châtiments. Parmi eux, Ginès de Passamont, grand criminel. Puis il leur demande de se rendre à sa dulcinée, mais ils refusent, DQ veut les attaquer, les malfrats lui jettent des pierres, le dévalisent et lui volent ses habits, ainsi que ceux de SP.


XXIII: Ils vont dans la Sierra-Morena, où ils retrouvent Ginès de Passamont qui vole l'âne de SP durant la nuit. Pour calmer son désespoir, DQ lui promet de lui donner trois de ses ânons. Puis ils trouvent un valise pourrie contenant du linge fin et des écus d'or. Ils trouvent également un sonnet et une lettre en prose qui parle d'amour et d'amant rebuté. Ils voient un homme barbu et à demi nu, ils le suivent et rencontrent un chevrier qui leur raconte l'histoire de ce riche jeune homme devenu vagabond et pris parfois de violents accès de fureur. D'ailleurs celui-ci arrive et accepte de raconter son histoire après avoir mangé.
XXIV: Il insiste sur le fait que personne ne doit l'interrompre sous peine de stopper aussitôt son récit. Il s'appelle Cardénio, il aime Luscinde, qui l'aime aussi. Il veut l'épouser, le père de la jeune fille y consent, mais le père de Cardénio l'envoie auprès du fils aîné du duc Ricardo, dont il sera le compagnon, en Andalousie. Il demande au père de Luscinde d'attendre son retour. Il se lie d'amitié avec le frère cadet, don Fernand, à qui il raconte tout. Don Fernand séduit une paysanne en lui faisant croire qu'il l'épousera et propose à Cardénio de retourner chez lui quelques mois, en fait pour se cacher, ce qu'ignore Cardénio. Dès que DF voit L, il en tomba amoureux. C commence à s'en défier et un jour que Luscinde lui avait recommandé de lire l'Amadis de Gaule...
A ces mots, DQ ne peut s'empêcher de l'interrompre, faisant un glorieux éloge d'une demoiselle ayant de telles lectures. Mais Cardénio demeure pensif puis déclare que le chirurgien d'Amadis vivait en concubinage avec la reine Madasime, ce que ne peut tolérer DQ. Cardénio lui lance une pierre, SP se jette sur lui, le chevrier veut l'aider, C s'enfuit, le chevrier et SP se querellent, DQ les sépare et veut retrouver C.
XXV: SP, après lui avoir demandé la permission de parler, lui fait remarquer que tout est de sa faute. DQ lui raconte la vérité sur les aventures du chirurgien, puis il lui explique qu'il désire se réfugier dans ces bois, nu et mangeant des herbes et des fruits, pour honorer sa Dulcinée. Il ajoute que peu importe qui est véritablement Dulcinée, pour peu que pour lui elle soit belle et loyale. SP devra se rendre auprès d'elle avec une lettre écrite par DQ, et une lettre de change pour les trois ânons promis. Après avoir vu son maître faire quelques cascades folles, SP se met en route.

XXVI: En haut d'un rocher, DQ se demande s'il choisira la folie dévastatrice de Roland, ou la folie mélancolique d'Amadis. Mais il se dit qu'il n'a aucune raison d'être jaloux de Dulcinée (comme Roland, sa bien-aimée l'ayant trompé avec un More), et que Dulcinée ne l'a pas non plus dédaigné. Il décide d'écrire des vers en l'honneur de sa bien-aimée, mais seulement trois strophes ont été conservées. Quant à SP, il retrouve le curé et le barbier du village à l'hôtellerie où il avait été berné. Il finit par tout leur raconter. Mais S a oublié la lettre! Il tente de s'en souvenir de mémoire... Le curé et le barbier se rendent compte qu'il est devenu aussi fou que son maître. Le curé a l'idée de se déguiser en jeune demoiselle et d'aller demander à DQ de la suivre pour la venger d'un outrage qu'un chevalier félon lui a fait.

XXVII: Le curé change d'avis et veut échanger les rôles avec le barbier, qui accepte. L'hôtelière les aide, SP rit de les voir ainsi déguisés, le curé avec sa fausse barbe, et le barbier en femme. Ils envoient SP à DQ, il doit essayer de le convaincre de retourner chez lui en lui faisant croire que c'est ce qu'a demandé Dulcinée.
Pendant qu'ils attendent son retour, ils entendent Cardénio chanter des vers, puis le voient. Celui-ci leur propose de leur raconter son histoire, pour qu'ils comprennent mieux sa tristesse. Ils acceptent. On reprend le fils où on en était: la lettre de Luscinde. Elle lui recommande de faire mander sa main par son père. DF se propose de lui en parler et envoie C à son frère, sous prétexte de lui demander de l'argent pour payer des chevaux. DF demande sa main, elle ne se tue pas, comme elle l'avait dit à C, mais dit oui et s'évanouit. C se réfugie dans la forêt où il devient à moitié fou de douleur.


XXVIII: Ils entendirent des cris, c'était une jeune fille fort belle déguisée en paysan, elle se nomme Dorothée et a été séduite par DF, qui lui a promis le mariage. Puis, il a disparu jusqu'à ce qu'elle apprenne qu'il s'était marié avec Luscinde. C promet de l'aider.

XIX: Ils retrouvent tous SP et DQ, Luscinde se fait passer pour l'héritière de Micomicon auprès d'eux. Elle demande à DQ de la suivre pour la venger d'un traître qui a usurpé son royaume. Nicolas perd sa barbe en montant sur l'âne, le curé fait mine de dire une prière en la lui remettant, DQ est très surpris d'un tel prodige.


XXX: Puis la princesse Micomicona raconte son histoire, en s'embrouillant quelque peu et aidé par le curé. Son père, magicien, sachant qu'il allait mourir, ainsi que sa femme, et sachant qu'un géant attaquerait son royaume, demanda à sa fille d'aller requérir l'aide du fameux DQ. SP dit à DQ de se marier avec elle, pour obtenir le royaume, DQ le bat, avait-il oublié Dulcinée? La princesse leur promet que point n'est besoin d'en arriver là, puisqu'elle fera gouverneur SP. Le curé et Cardénio s'étonnent de la folie et de la raison de DQ tout ensemble mêlées.

XXXI: DQ interroge SP sur son entrevue avec Dulcinée. Celui-ci invente une histoire et ne cesse de la décrire comme une paysanne, alors que DQ le reprend et la décrit comme une princesse. Puis ils rencontrent André qui raconte que l'intervention de DQ n'a fait qu'empirer la situation. Il demande à DQ, la prochaine fois qu'il le rencontre de ne pas se mêler de ses affaires, Dq va pour le frapper, André s'enfuit.
XXXII: Ils arrivent à l'hôtellerie. Le curé et l'hôtellerie line se disputent sur des livres que ce dernier veut brûler. Ils trouvent une nouvelle, le curé va la lire à tous.


XXXIII: Histoire du Curieux Malavisé. Anselme, marié à Camille, demande à son meilleur ami Lothaire de séduire sa femme pour voir si elle est vertueuse. Mais Lothaire tombe amoureux de Camille. Celle-ci en prévient Anselme.


XXXIV: Mais celui-ci croyant que son ami jouait son jeu, dit à sa femme de rester où elle était. Camille se donne, Lothaire ment à Anselme. Léonella, servante de Camille, lui apprend qu'elle a un amant et lui fait du chantage. Lothaire surprend cet amant et croit qu'il vient voir Camille. Pour se venger, il conseille à Anselme de se cacher dans le placard. Mais rongé par le remord, il dit tout à Camille qui lui apprend la vérité et lui dit qu'elle va tout arranger. Elle fait venir Lothaire chez elle et sachant qu'Anselme entend tout, elle repousse Lothaire en lui disant qu'elle aime trop son mari pour le trahir. Elle veut même le tuer ou se tuer elle-même. D'ailleurs, elle s'enfonce l'épée dans son épaule.

XXXV: SP arrive en hurlant que DQ est en train de tuer le géant. En fait, il rêve et se bat avec des outres de vin. SP dit que cette auberge est enchantée, il est encore plus fou éveillé que DQ endormi, le promesses de DQ lui avaient troublé la cervelle. L'hôtelier est furieux, le curé promet de tout rembourser, et Dorothée promet un comté à SP et lui assure qu'elle ne doute pas que ce fût le géant que DQ avait tué. Puis le curé reprend la lecture de la nouvelle.
Anselme voit un homme sortir par une fenêtre, il attrape Léonella qui lui promet de tout lui raconter le lendemain. Il l'enferme donc à double tour et va raconter cette étrange histoire à Camille. Celle-ci sait bien que Léonella va tout dire, elle s'enfuit chez Lothaire qui l'emmène dans un couvent, chez sa sœur. Anselme comprend tout. Il en meurt de douleur. Camille reste au couvent et Lothaire est tué lors d'une bataille. Camille se fait alors religieuse. Le curé aime bien cette nouvelle, même si l'idée du mari lui paraît invraisemblable.

XXXVI: Des cavaliers arrivent avec une dame voilée, c'est en fait Don Fernand et Luscinde. Luscinde est rendue à Cardénio et Dorothée retrouve Don Fernand. Celui-ci raconte comment Luscinde s'était réfugiée dans un couvent d'où il l'enlève. Juste après, ils arrivaient à l'auberge.

XXXVII: Tout le monde est heureux, sauf SP qui voit le comté lui échapper, puisque la princesse Micomicona s'est transformée en Dorothée. Il va tout raconter à DQ, mais Dorothée continue le subterfuge et dit à DQ que rien n'a changé. Puis arrivent la Moresque et le captif. Elle se nomme Lella Zoraïda, mais elle veut être appelée Maria. Ils s'attablent tous, DQ fait un long discours sur les bienfaits des métiers d'armes, sur les lettrés.
XXXVIII: Puis il fait compare les deux, concluant que les armes sont supérieures au métier d'étudiant, mais terriblement risquées. Puis l'assistance prie le captif de raconter son histoire.

XXXIX: Son père, trop dépensier, décide de diviser sa fortune en quatre, trois pour ses trois fils et une pour lui, à condition que l'un suivît les lettres, l'autre le négoce et le dernier Roi dans ses armées. Le captif, en tant qu'aîné, parle en premier et choisit les armes, le second, le négoce et le troisième, l'église. Il part à Alicante. Il ne les a jamais revu depuis 22 ans. Il sert le grand Duc d'Albe. Il participe à la fameuse journée de Lépante (Turcs contre Espagnols, qui l'emportent). Il saute sur une galère ennemie, ses compagnons ne peuvent pas le suivre, il est fait prisonnier et amené à Constantinople (Partie autobiographique). Il raconte toutes les batailles. Il a d'ailleurs connu le frère de Don Fernand, Don Pédro et apprend qu'il est retourné chez lui avec tous les honneurs.
XL: Sonnets de Don Pedro; Puis il continue son histoire, il est en prison, d'une fenêtre, il est désigné pour recevoir de l'argent dans un mouchoir. Puis il reçoit un billet disant qu'elle veut aller en pays chrétien et qu'elle veut bien se marier avec lui. Elle donne assez d'argent pour qu'il se rachète lui et ses hommes.

XLI: Ils viennent avec une barque chercher Zoraïde, mais elle fait du bruit, ils sont obligés d'amener le père. En pleine mer vers Oran, le père comprend tout et se jette à l'eau, mais ils parviennent à le sauver. Ils le laissent à terre avec ses hommes et repartent. Puis ils sont faits prisonniers par un navire français qui les dépouillent de tout ce qu'ils ont. Puis ils leur rendent leur liberté. Ils arrivent en Espagne où ils tombent sur l'oncle d'un des compagnons. Ils se séparent, lui veut conduire Zoraïde dans sa ville natale, où il espère avoir des nouvelles de son père et de ses frères.


XLII: Don Fernand loue ce récit. Puis arrivent un auditeur et sa fille, que le captif reconnaît être son frère. Il se fait reconnaître par le biais du curé qui devait vérifier si ce frère accepterait un parent pauvre. Bien sûr, l'auditeur fut ravi de retrouver son frère. La nuit, ils entendent quelqu'un chanter.

XLIII: un jeune homme s'adresses à Clara, la fille de l'auditeur, qu'il aime. Elle raconte à Dorothée qu'il est fils d'un gentilhomme, et qu'il l'a suivie quand ils sont partis, mais qu'elle n'ose pas avouer son amour à son père. De plus, elle pense qu'elle n'est pas assez riche pour lui. Pendant ce temps, maritornes et la fille de l'hôtelier joue un mauvais tour à DQ. La fille se fait passer pour une demoiselle et vient demander à DQ de lui tendre la main, à travers la lucarne. Celui-ci la tend, Maritornes l'attache au licou de l'âne de SP, DQ reste ainsi jusqu'à l'aube, se croyant enchanté.
XLIV: Il crie au matin, car Rossinante, voulant flairer un autre animal, a fait tomber son maître. Maritornes le détache juste avant que les autres n'accourent. Des hommes cherchent le jeune homme déguisé en muletier. Son père veut qu'il revienne, mais Don Luis refuse. Il avoue tout au père de Clara qui demande à réfléchir. Pendant ce temps, de ôtes veulent partir sans payer, l'hôtelier leur court après, s'ensuit une bagarre, DQ a la permission de la princesse Micomicona de l'aider, supplié par la fille de l'hôtelier, mais il se rappelle qu'il ne peu combattre des gens de bas étage, il envoie donc SP. Mais celui-ci rencontre le barbier qui reconnut son plat à barbe. Il le réclame, DQ veut le garder...
XLV: DQ dit que c'est un armet, le barbier, un plat à barbe. Maître Nicolas et le curé s'en mêlent, pour pousser jusqu'au bout la plaisanterie, ils assurent au barbier qu'il s'agit bien d'un armet. S'ensuit une bagarre générale.


XLVI: Les archers mettent tout le monde d'accord et le curé paye le plat à barbe au barbier. Tout redevient calme, DQ dit à la princesse qu'il est grand temps de se mettre en route. Mais SP qui a vu Dorothée embrasser Don Fernand à maintes reprises, fait dire à DQ qu'elle n'était pas du tout ce qu'elle prétendait. DQ rentre dans une terrible colère, Dorothée le calme en disant que ce devait être à cause d'un enchantement si fréquent en ce château. Le curé et Nicolas attachent DQ pendant qu'il dort et le mettent dans une charrette à bœufs, pour le ramener dans son village et éviter ainsi à Dorothée et à Don Fernand de faire le voyage. DQ se croit la victime de fantômes et enchanté. Le curé contrefaisant sa voix, lui prédit qu'il parviendra à sauver le royaume de la princesse, DQ est rassuré.

XLVII: Ils prennent congé de tous, l'hôtelier donne d'autres manuscrits au curé. Ils partent. Un chanoine arrive, le curé et lui parlent de DQ et de la mauvaise influence des livres de chevalerie.

XLVIII: Suite de leur entretien. SP en profite pour essayer de prouver à DQ qu'il n'est pas enchanté; Il lui demande s'il a envie de déféquer, DQ y répond par l'affirmative.


XLIX: Les autres acceptent qu'il sorte un peu. Le chanoine, dans un long discours, lui laisse entendre qu'il n'y a jamais eu de chevaliers errants. DQ mélange vérités et mensonges et stupéfie le chanoine


L: Suite de leur entretien, DQ loue les chevaliers. Puis arrive un chevrier.


LI: Celui-ci leur raconte l'histoire de ce laboureur qui aimait tant sa fille. Sa beauté est grande, tous sont amoureux d'elle, y compris celui qui raconte et son ami Anselme. Elle tombe amoureuse d'un soldat, Vincent de la Roca, plus menteur que jamais et s'enfuit avec lui. Il la vole (elle s'appelle Léandra) et l'abandonne. Son père l'enferme chez lui. Ayant perdu de vue leur muse, les jeunes hommes se font chevriers et chantent la beauté de leur belle parmi les champs.


LII: DQ lui propose son aide, le chevrier lui dit ou qu'il se moque de lui ou qu'il est fou, DQ se jette sur lui. Grosse bataille. Puis DQ voit une procession de pénitents vêtus de blanc et portant une sainte image, qu'il prend pour des félons ayant fait prisonnière une gente dame; Il se rue au combat, mais un des porteurs l'assomme d'un coup de fourche. SP le croit mort. A ses cris DQ se réveille. SP lui demande de retourner à leur village pour préparer une troisième sortie, DQ accepte. SP retrouve sa femme, personnage haut en couleurs. Sur la suite des aventures de DQ, rien, à part des vers écrits en l'honneur de DQ, SP et Dulcinée et des épitaphes, écrits par des académiciens espagnols.


FIN PREMIERE PARTIE, 


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Nathalie LECLERCQ

Cornel West: "En Amérique, le nihilisme est roi"

 

Darrell Nance [CC BY-SA 4.0], via Wikimedia Commons

Il est lagrande voix philosophique de l'Amérique noire. Ce professeur à Princeton associe l'héritage des penseurs pragmatiques et la ferveur du prêcheur.
Disciple de Martin Luther King se définissant comme "chrétien révolutionnaire", il a soutenu Obama il y a quatre ans, avant de déchanter bruyamment. Activiste proche du mouvement Occupy Wall Street, c'est aussi un penseur exigeant dont les arguments frappent comme une mélopée free-jazz.

Cornel West États-Unis,


Élection, Racisme, christianisme, Marxisme, Cornel West : Il est la grande voix philosophique de l'Amérique noire. Ce professeur à Princeton associe l'héritage des penseurs pragmatiques et la ferveur du prêcheur.
Disciple de Martin Luther King se définissant comme "chrétien révolutionnaire", il a soutenu Obama il y a quatre ans, avant de déchanter bruyamment. Activiste proche du mouvement Occupy Wall Street, c'est aussi un penseur exigeant dont les arguments frappent comme une mélopée free-jazz.

Un big hug [« accolade »] en forme de salut à peine franchie la porte de son bureau de la prestigieuse université de Princeton : Cornel West a une façon bien à lui de vous accueillir, les bras (grands) ouverts. Philosophe invité régulier de shows radio et télé où il fait entendre sa voix singulière et son rire éclatant, amateur de jazz et de blues... Cornel West n'est pas un universitaire comme les autres.

On le retrouve même à l'écran dans Matrix


Reloaded et Matrix Revolutions, où il joue son propre personnage, Dr West.
Un éclectisme et une exposition médiatique qui lui valent la célébrité aux États-Unis, mais aussi de violentes attaques émanant du milieu universitaire et intellectuel. Héritier des pratiques religieuses de la communauté noire ainsi que de la tradition pragmatique et démocratique de la philosophie américaine, Cornel West se définit comme un chrétien révolutionnaire, grand admirateur de Marx, lecteur de Sartre, mais aussi de Tchekhov, qui l'a amené à entamer une..

GESTION, MAÎTRISE ET AMÉNAGEMENT DES RESSOURCES NATURELLES EN AFRIQUE DE L'OUEST ET DU CENTR-Lambert Mossoa

GESTION, MAÎTRISE ET AMÉNAGEMENT DES RESSOURCES NATURELLES EN AFRIQUE DE L'OUEST ET DU CENTR-Lambert Mossoa

Études africaines
ENVIRONNEMENT, NATURE, ÉCOLOGIE GÉOGRAPHIE MONDE RURAL, AGRICULTURE AFRIQUE NOIRE


Voici plusieurs exemples de stratégies traditionnelles concernant la gestion des ressources naturelles. Ils sont pris dans l'ensemble géographique de l'Afrique occidentale et centrale, la zone sahélo-nord-soudanienne, la zone sud-soudanienne, la zone forestière et pré-forestière. Dans l'Afrique moderne, comme dans l'Afrique traditionnelle, les exemples sont nombreux de groupes qui s'entremêlent sur le terrain et appliquent chacun sa stratégie propre. Celles-ci peuvent alors se trouver en compétition ou être complémentaires.


Le présent ouvrage rassemble plusieurs exemples de stratégies traditionnelles et d'opérations découlant d'une prise de décision moderne concernant la gestion des ressources naturelles. Ils sont pris dans l'ensemble géographique de l'Afrique occidentale et centrale, qui englobe plusieurs zones, dont on a conservé la distinction classique : zone sahélonord-soudanienne, zone sud-soudanienne, zones forestière et préforestière. Le sens général du mot « stratégie » est celui des moyens articulés en vue d'un résultat optimal. L'idée de stratégie des ressources naturelles pose un problème par rapport à l'espace, dans la mesure où un même espace peut être le champ d'application de plus d'une stratégie. Dans l'Afrique moderne, comme dans l'Afrique traditionnelle, les exemples sont nombreux de groupes qui s'entremêlent sur le terrain et appliquent, à une même étendue, chacun sa stratégie propre. Ces stratégies peuvent se trouver en compétition ou être complémentaires.


Lambert MOSSOA, né le 16 septembre 1955 à Bangassou (RCA), est diplômé des universités françaises d'AixMarseille-2 et de Bordeaux-3. Titulaire d'un doctorat puis d'un diplôme d'habilitation à diriger des recherches (HDR) en géographie et aménagement, il est professeur titulaire et dirige depuis quelques années l'École doctorale de l'Université de Bangui, en Centrafrique.

 

Ouvrez les portes de nos universités sénégalaises à nos intellectuels Compétents comme Lamine SAGNA. P B CISSOKO

Au moment où le nihilisme et les violences raciales et religieuses font d'énormes ravages dans le monde, Mahamadou Lamine Sagna nous invite à découvrir les analyses d'un auteur singulier : Cornel West.


La pensée de cet auteur majeur et iconoclaste voyage dans ces sujets très actuels avec une passionnante singularité, qui prend souvent à contrepied les vulgates dominantes. C'est cette pensée que Mahamadou Lamine Sagna explore et décortique, nous invitant à saisir de nombreux enjeux contemporains, à la lumière de l'œuvre de Cornel West. Philosophe, critique littéraire, universitaire, commentateur politique, un temps ami de Obama avec qui il prend progressivement ses distances, la pensée de Cornel West est féconde et imprévisible.

Comment la rendre accessible, témoigner de son caractère décisif ? C'est l'objectif de ce livre. A partir de la tension entre douleur et espoir, Mahamadou Lamine Sagna apporte des éclairages profonds sur les dogmes religieux qui conduisent aux différentes formes de nihilisme, à l'intégrisme de l'économie de marché, au militarisme agressif, et à l'autoritarisme en Amérique et dans le reste du monde.
L'auteur nous montre à travers la pensée de Cornel West comment les musiques afro-américaines, notamment le Blues et le Jazz, ont permis de lutter et de dépasser la violence structurelle et idéologique en Amérique. Dans le sillage des grandes voix politiques et musicales afro-américaines qui ont fait l'histoire, Cornel West joue sa propre musique. Capter ces notes et en analyser les significations, voici le pari tenu du livre de SAGNA.

Dans africultures on lira ceci par Tor A. Benjamins


Que pouvons-nous entendre de ce qui nous arrive d'Amérique ? Au moment où le nihilisme et les violences raciales et religieuses font d'énormes ravages dans le monde, Mahamadou Lamine Sagna nous invite à découvrir les analyses d'un auteur singulier : Cornel West. Ce philosophe afro-américain qui dit être « imprégné de Jazz et saturé de Blues », nous montre comment les musiques afro-américaines, notamment le Blues et le Jazz ont permis de lutter et de dépasser la violence structurelle et idéologique en Amérique. Pour lui, le Blues qui a irrigué les messages prophétiques de Martin Luther King est non seulement un appel de l'espérance dans le chant des souffrances, mais également est un site d'expérimentation démocratique. Et si le Blues d'Amérique est une ouverture vers un autre temps et à une autre manière d'habiter le monde ?

Le Blues permet de supporter la douleur et de transformer la tragédie en espoir. « Quand j'ai le Blues, je chante le Blues ». C'est à partir de rythme tension douleur et espoir que Mahamadou Lamine Sagna apporte des éclairages profonds et originaux sur les dogmes religieux qui conduisent aux différentes formes de nihilismes, à l'intégrisme de l'économie de marché, au militarisme agressif, et à l'autoritarisme en Amérique et dans le reste du monde.

Docteur en Sociologie, diplômé d'école de commerce et d'ethnopsychiatrie, Mahamadou Lamine Sagna a enseigné une dizaine d'années aux Etats Unis, notamment à l'Université de Princeton. Il effectue des recherches et anime des conférences sur les questions structurelles de l'exclusion et de la pauvreté.

Mahamadou Lamine Sagna, Docteur en sociologie, a enseigné une douzaine d'années aux États-Unis, notamment à l'Université de Princeton. Il effectue des recherches et des conférences sur la question de la pauvreté et des liens financiers. Il est l'auteur du livre Monnaie et Sociétés, publié chez l'Harmattan en 2001.

FORMER LES PERSONNELS SOIGNANTS EN AFRIQUE-De l'utilité d'enseigner les sciences humaines et sociales de la santé dans les programmes de formation-Sous la Direction de Rodrigue Tézi

 

FORMER LES PERSONNELS SOIGNANTS EN AFRIQUE-De l'utilité d'enseigner les sciences humaines et sociales de la santé dans les programmes de formation-Sous la Direction de Rodrigue Tézi
Préface du Pr. Fidèle Pierre Nze-Nguema
Études africaines
EDUCATION FORMATION SANTÉ, MÉDECINE AFRIQUE NOIRE


Les sciences humaines de la santé (anthropologie de la santé, économie de la santé, éthique médicale, démographie médicale, droit de la santé, histoire de la médecine, géographie de la santé, linguistique médicale, sociologie de la santé) sont guère enseignées aux agents de santé en Afrique malgré leur importance et leur incidence sur la pratique. Cet ouvrage concerne les infirmiers, les sages femmes et les médecins).
Cet ouvrage réunit une pluralité de spécialistes des sciences humaines de la santé (anthropologie de la santé, économie de la santé, éthique médicale, démographie médicale, épistémologie médicale, droit de la santé, histoire de la médecine, géographie de la santé, linguistique médicale, philosophie de la santé, sociologie de la santé et psychologie médicale) qui font le constat que leurs disciplines sont peu ou pas enseignées à la faculté de médecine et dans les instituts de formation des agents de santé au Gabon. Partant de là, ils s'interrogent sur la nécessité de les dispenser aux personnels soignants en montrant leur utilité dans leur formation, mais surtout dans leur pratique médicale, pour non seulement leur donner des conceptions opératoires, enrichir leur conception médicale de la santé et de la maladie mais aussi humaniser les relations souvent conflictuelles entre soignants et soignés en milieu hospitalier. Ces disciplines leur permettront également de comprendre que les patients ont des droits et des devoirs à faire valoir et que la médecine a une histoire et un code déontologique. Cet ouvrage s'adresse à tous les spécialistes de la santé (infirmiers, sages-femmes et médecins).


Maître-assistant CAMES en sociologie et anthropologie de la santé, Rodrigue TÉZI est Docteur en anthropologie sociale et ethnologie de l'EHESS de Paris. Enseignant permanent à l'Université Omar Bongo de Libreville et vacataire à la faculté de médecine de l'Université des Sciences de la Santé (USS) à Owendo, ses recherches portent sur la santé maternelle et infantile, l'accès des malades aux structures de soins, les carrières et la construction des identités médicales et les rapports entre sciences humaines et médecine.
Ont collaboré à cet ouvrage : Modeste Abagha Asséko, Aurélie Ayéni, Maryse Maloughou Mangama, Innocent M'badouma, Mouanda Mouanda, Jean Bruno Mpendi Mpendi, Jean-Aimé Safou et Jacques Tounga.

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