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Le coin de Pape CISSOKO

Penser le Sénégal pour le Panser : un pays à la dérive qu'il faut sauver ensemble.

Jui 07, 2018
Penser le Sénégal pour le Panser : un pays à la dérive qu'il faut sauver ensemble.

Penser le Sénégal pour le panser : un pays à la dérive qu'il faut sauver ensemble.

Penser le Sénégal par une redéfinition du rôle de l'intellectuel critique et constructif.

Titre de l'œuvre : Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences ( 1637 ) => Idée qu'il faut bien une méthode pour conduire sa raison et par la suite rechercher efficacement les vérités ()

Passions, imagination, intuition, illusion => Vont à l'encontre de la raison, la méthode permet de gérer la raison à partir d'elle-même et s'opposer à ces éléments.
Essentiel chez Descartes = Clarté, ordre, méthode, plus encore que la vérité elle-même.

« Nous vivons dans une société de trop plein : peur de rater quelque chose, peur de la pauvreté, peur de la destruction, peur du déchet nous conduisent à construire toujours plus, quand les bases s'effondrent, à détruire les friches et les terres cultivables, en pensant simplement construire, et finalement certains pensent que l'évolution de nos sociétés est une fatalité, qui nous privera pourtant toujours plus de notre pouvoir de décision et de notre capacité d'avoir un métier et de travailler ».


Descartes devait répondre à un prêtre assez malveillant et de mauvaise foi, Descartes utilise dans les 7es réponses aux objections faites à son ouvrage une parabole, une sorte de pièce de théâtre mettant en scène un architecte, et un maçon qui cherche à se faire valoir en se croyant très malin, en bref un mauvais maçon qui terminera selon Descartes chez les fous.

Cette parabole a un intérêt concernant l'œuvre de Descartes, mais il me semble qu'elle nous parle aussi à tous par sa force symbolique concernant le travail que nous avons à faire sur nous-mêmes et concernant la nécessité parfois de véritables révolutions dans le monde, quand en particulier le trop-plein de la production en vue de la consommation peut conduire à la destruction de la vie sur terre. En cette année 2017 Descartes commence (p.504 de l'édition GF de 2011) en disant qu'il s'est souvent inspiré du comportement des architectes. Pourquoi un philosophe se sent-il tellement inspiré par le métier des architectes ?


C'est qu'il ne faut pas confondre l'architecture avec une simple construction.
On dit souvent : « Sois constructif », ou « Fais des remarques constructives.


Que constate Descartes en observant les architectes ?


Ceux-ci, « pour élever de solides édifices aux lieux où le roc, l'argile et la terre ferme sont couverts de sable, creusent tout d'abord de profondes fosses, et rejettent de là non seulement le sable mais tout ce qui se trouve appuyé sur lui, ou ce qui y est mêlé, afin de poser par après leurs fondements sur la terre ferme. »
Les architectes sont aussi des destructeurs, et quand ils construisent c'est avec un projet qui peut passer par une première phase où il faut creuser la terre et déblayer des matériaux. Et plus l'édifice prévu sera haut, plus il est à prévoir que le trou sera profond.


A la lumière de ce que pense Descartes que pouvons-nous dire du SENEGAL ?


Notre pays est rempli d'intellectuels, d'hommes de savoirs mais hélas pas de politiques pragmatiques efficaces avec une vision cohérente et constructive.
Les intellectuels sont inféodés et au lieu de conseiller de façon pragmatique ils restent dans la flatterie et la défense du système. Pendant qu'ils profitent, le peuple souffre.
Comme je l'ai toujours dit il ne suffit pas de regarder loin, il faut juste faire un petit tour pour regarder, observer et comprendre les murs sociaux qui façonnent notre pays nos sociétés.


Depuis un moment le pays est englué dans des crises que l'Etat tente de panser avec du sparadrap mais cela ne suffit pas tel un mauvais maçon qui essaye de colmater un édifice instable prêt à s'effondre.


Il faut diagnostiquer, faire un état des lieux et proposer.


Mais proposer à qui ? Nos hommes politiques ne savent plus écouter, ils ne savent qu'applaudir les incohérences pour préserver leurs acquis et pourtant il me semble que le Président Macky SALL dans une sortie remarquée avait duit à ses conseillers d'arrêter de lui parler de ce qui va mais plutôt de ce qui ne va pas
Pour remettre un pays sur ses pieds il faut du bon sens et du pragmatisme et pour moi Descartes nous ouvre les yeux avec sa prétention de Penser le Vrai absolu grâce à sa méthode. Certes une prétention mais qui peut cacher certains aspects positifs.

Si le pays est comme un bâtiment.

« La démarche première pour construire un édifice, si l'on veut vraiment qu'il soit solide, est de ne pas le construire flottant sur du sable, à moins qu'on ait l'intention...de faire un bateau, comme Noé se préparant au déluge. Donc il faut d'abord, pour construire, détruire, et creuser de façon à pouvoir fonder, nous disent les vrais et bons architectes. »
Notre pays devra revoir la sécurité, lutter contre les indisciplines dans tous les secteurs. Les forces de l'ordre doivent considérer citoyens comme des partenaires qu'ils doivent protéger et non tuer. Qu'est-ce qu'une police qui tire sur son peuple ? Quand la police tire et tue il faut comprendre que le pays est entré dans une instabilité criarde et il faut trouver des solutions idoines pour y remédier.


L'éducation la formation sont des leviers de développement pourquoi ne rien faire pour. Pourquoi laisser pourrir une crise pour ensuite donner des carottes.
Le Sénégal veut plus briller en construisant des universités, des institutions, des (Aéroport- autoroute) infrastructures pour paraître. Non tout ce qui est fait doit avoir un contenu bon pour le pays.


Ce pays est assis sur des maux qu'il faut nommer ; la condition des enfants de la rue ; des talibés, l'insécurité, l'indiscipline, les écoles de brousse, la violence, les biens mal acquis, l'éducation et la formation en crises absolues. Ajoutons un domaine souvent oublié l'environnement, l'écologie. On pense que l'Afrique sera le poumon vert du monde mais si on ne fait pas attention, si nos actions manquent de moralité et d'éthique nous n'y parviendrons pas. Et ce sera pire.


Déjà la santé de la population à cause de la pollution non maitrisée crée des maladies respiratoires comme l'asthme ; le laxisme autour du trafic des médicaments illicites et dangereux (xessal, faux médicaments, médicament périmés ou interdit).


Combien de fois j'entends ici et là l'absence de professionnalisme dans certain corps dédiés à venir en aide à la population (médecins, corps médical, municipalités fonction publiques etc.).


Le mauvais citoyen et le mauvais homme politique regardent les choses se faire sans tenir la barque pour lui intimer une direction....


On oublie que le citoyen est acteur. L'homme politique peut impulser une dynamique et qu'en est–il ?


Nada et pourtant des concitoyens rencontrés sur les réseaux sociaux ne cessent d'alerter, de proposer en vain. Au moins le peuple les entend et ces concitoyens ne sont pas dans l'attitude stérile du spectateur ce qui nuit beaucoup et conduit certain à une certaine acceptation de l'état des choses.

Non non on peut bousculer le quotidien et penser l'avenir.


Par honnêteté intellectuelle je me dois de citer ces concitoyens pour que vous alliez relire leurs articles et pensées qui vont dans le bon sens ; Cécile THIAKANE, Abdou NDUKKUR ( gros travail de fonds), Sakku XAM XAM, Amadou Demba DIALLO, Mariama BAAmadou T NIANE ( écologie, environnement et éthique) ? Ndack Kane, l'association qui lutte contre les indisciplines, la société civile avec Moriba CISSOKHO, Chérif salif SY ; Ibrahima MBODJI qui vient de contribuer dans le secteur médical à Thies, Mohadi DIALLO, Khadim NDIAYE, Mouhamadou Moustapha DIOP, Amadou Sylla de SOS Casamance et beaucoup d'autres.


Le citoyen se promène dans le monde et gagne en expérience. Il découvre des choses enrichissantes (RWANDA-KIGALI) mais cela ne lui permet pas d'éclaircir les choses, il devra faire le tri pour prendre ce qui peut convenir à son pays. Pas de transfert abusif mais tout transfert doit être adaptée et nécessaire....
Le Citoyen ainsi préparé entre dans un cercle de tolérance ( Cf – Montaigne ), il renonce à ces préjugés et prend conscience de certaines choses, ce qui lui permet de se forger des bases et de comprendre comment avancer dans sa quête de la clarté et de la vérité pour reconstruire son pays avec tous les citoyens mus par la Patrie unique et indivisible.


Que veut le peuple ?


Il veut simplement jouir des richesses du pays, il veut apporter son génie, sa force, son enthousiasme à la construction du pays constitués des sénégalais différents et mus par le bien commun.
Le peuple veut arrêter les usurpations des biens publics et mettre tout le monde au travail, à la construction du pays sur des valeurs éthiques.
Il veut que le pays comme l'architecte visionne avec un plan bien pensé la clé de voute, la pierre :
« L'architecte a enfin trouvé la pierre ou le gros rocher qui servira à arrimer solidement l'édifice futur. La pierre cachée est justement ce pour quoi on a creusé dans un premier temps, en détruisant ce qui existait en surface. Nous avons eu peur justement de devenir aveugles, de ne plus jamais voir la lumière. Mais c'est la lumière intérieure que nous sommes ainsi conduits à chercher : celle sur laquelle nous pourrons tabler, comme on dit. »

Notre leader, notre président avec son équipe comme l'architecte doivent examiner les matériaux qu'il faudra utiliser pour construire l'édifice nouveau.
Pour cela il faut une bonne théorie, et une bonne société. Le véritable maçon, le véritable architecte, sait récupérer la pierre que l'homme vulgaire croit devoir rejeter définitivement, et avec ces pierres-là l'architecte fait un nouvel édifice inouï de beauté et d'ampleur et de force.
L'architecte et son mandataire doivent s'harmoniser, parler s'écouter pour se comprendre et agir de concert, le Président, son équipe et le peuple ne doivent pas être divisés sur l'essentiel.


L'accomplissement d'un projet appelle le Tout et n'exclut personne. La surdité politique est la plaie qui ravage les Etats africains.


La diaspora, le bon sens, la société civile ont une expertise à considérer, mais les considérer comme des inutilités est l'erreur à ne pas faire.


Que faire ? Pour refondre ce pays, construire sur du roc ?


Le défaut de notre pays c'est que chaque citoyen s'improvise spécialiste et cela est dangereux et voyez au niveau des constructions, les immeubles s'effondre et la mort s'en suit. Il faut pour être spécialisé ; pour exercer certaines fonctions. Il faut aussi reconnaître que la spécialisation de chacun n'est pas possible, il est des gens qui se mobiliseront en esprit et d'autre par la force, chacun apportera ses compétences et ses moyens pour construire ensemble les fondations de ce pays qui doit réussir.


Les temps passés on a vu les Etats africains jouer avec la constitution et ce n'est pas juste. Comment torpiller la constitution pour vouloir pérenniser le pouvoir ou faire en sorte que la progéniture hérite du pouvoir : dévolution du pouvoir. Le monde ou toute construction a besoin d'être pensée puis exécutée selon des règles et procédures.
Comme l'architecte pour réussir un projet hérité d'une nébuleuse bancale et mal faite :


« Il vaut mieux tout casser, tout mettre à la poubelle, et tout reconstruire à neuf, pour obtenir quelque chose de solide »


Une méthode organisée est nécessaire, indispensable à la construction d'un Etat, d'un gouvernement actif, efficace, juste, solide, qui ne doit pas résulter du mélange des bricolages anciens, il nous faut penser à un plan général... Tout doit être pensé sérieusement et logiquement, que ce soit en politique, ou dans la vie

« Le monde va changer de base, nous ne sommes rien, soyons tout. » Chaque pays a ses spécificités sur lesquelles il faut se poser se baser pour pouvoir construire. On ne peut pas vivre dans la dépendance perpétuelle et les approximations ou éventualités.


Il y va du respect attendu et c'est pourquoi Donald TRUMP ne s'y trompe pas il se moque de l'Afrique, il n'attend rien de ce continent.


Nos ressources sont là et malgré cela nous ne contribuons qu'à un faible pourcentage des échanges mondiaux. Notre poids est de plume alors que nous sommes paradoxalement riches. On sait tous pourquoi, la détérioration des termes de l'échange, le manque de vision, la conservation du pouvoir et le l'absence de transparence dans les gestions des biens publics. Nous nous agrippons à nos coutumes, nos habitudes, alors que le monde innove, prend des risques écoute ses talents L'Afrique tue, vit dans la nébuleuse et ne cherche pas à révolutionner les mentalités.


Le Sénégal s'enlise dans la frustration, la violence, chacun veut guider ce pays, chacun veut être entraîneur à la place du chef.
La modestie et l'humilité doivent guider nos actions. Accepter l'esprit critique, ne pas occulter le débat constructif.


Tout peut être soumis à la sagacité des citoyens pourvu que cela nous fasse comprendre pour progresser.

Nous devons lutter contre l'assistanat et la fatalité et nous inscrire dans l'action, le sens de l'effort.


Il est temps que la jeunesse prenne le pouvoir, il est temps de secouer le cocotier et d'aller changer les opinions politiques en expliquant clairement la situation de ce beau pays qui s'égare et divise les populations traditionnellement si sont solidaires.


Il est temps de changer ce pays avec de nouvelles personnes et une éthique. Tout est possible aux acteurs qui veulent changer l'ordre des choses.
Organisés, unis, pragmatiques le Sénégal peut gagner la pole position et faire que tous les citoyens œuvrent ensemble.

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