Le coin de Pape CISSOKO

A l'écoute de Yaya Mouhamadou DIALLO franco-sénégalais : il siffle, il arbitre les matchs de foot, et il court partout, suivons-le si on a le fond nécessaire...

Nov 15, 2017 Hit: 203 Poster par 
A l'écoute de Yaya Mouhamadou DIALLO franco-sénégalais : il siffle, il arbitre les matchs de foot, et il court partout, suivons-le si on a le fond nécessaire...

 

A l'écoute de Yaya Mouhamadou DIALLO franco-sénégalais : il siffle, il arbitre les matchs de foot, et il court partout, suivons-le si on a le fond nécessaire...


Arrivé en France en février 2000...il s'inscrit à l'IUT de Reims en Génie civile en vue de devenir architecte mais après 3 mois de galère car étant en situation irrégulière et sans hébergement possible il était obligé de démissionner en décembre 2001 : un coup très dur mais il n'avait pas trop le choix...mais résiliant il a su entreprendre grâce à son flair et son intelligence et le voici salarié et père de famille.
Il affronte le marteau piqueur par courage puis il laisse tomber trop difficile et destructeur pour un jeune espoir, écoutons-le et prenons de la graine, la détermination et couplée à l'intelligence donne des résultats, chez Yaya la paresse, l'inactivité et l'absence de projets sont hors-jeu, jeu....


Nos jeunes savent se débrouiller, ils utilisent les rudiments de leurs différentes cultures pour innover, créer et s'en sortir. L'Afrique est une grande école de débrouillardise, avec rien on arrive à faire et par conséquent quand on possède on doit plus aisément faire. Yaya notre jeune du jour a un parcours qui a commencé avec un espoir ; réussir à s'inscrire en Faculté pour devenir architecte ; lui qui avait un bon niveau dans les sciences le voici avec la réalité responsable dans un service d'espace vert et il n'en n'est pas malheureux. Avec ça, notre franco-sénégalais touche à tout ; aide, écoute, accompagne les concitoyens qui font appel à lui. Il n'hésite pas à se mettre au service des gens ; mais prenez garde il sait tracer son chemin et il ne faut surtout pas abuser : c'est lui qui décide et c'est son mode de vie : gentil mais pas con. Suivons-le.


Mais pourquoi partir, un contexte difficile, un système éducatif défaillant et une crise économique ambiante, un espoir flou.


Il nous dit :


« J'ai décidé de quitter mon pays parce je ne croyais plus au système de l'époque l'avenir était incertain.
J'avais un niveau DUES 2 (deuxième année universitaire en physique chimie).à l'UCAD de Dakar, j'étais bien parti..Mais le contexte des grèves n'était pas enchanteur pour des jeunes qui en veulent ...
Il y avait chez moi comme la plupart de mes copains, une frustration de voir les autres s'en sortir alors qu'ils ne sont pas mieux que nous... Un sentiment d'être un oublié du système... Un système qui voulait perpétuer la réussite des élites et de de leurs héritiers.

Les débuts en France étaient très durs pour yaya qui n'est pas habitué à rester enfermé entre 4 murs dans un appartement. C'était devenu un quotidien or à Dakar aux parcelles Assainies on vit dehors les copains; le foot; le thé (shine), la mer ou la soirée dansante...


Quand je suis arrivé en France il faisait tellement froid que je voulais rentrer le lendemain à Dakar, et moi de dire que c'est le lot de beaucoup de gens qui vivaient au soleil : le choc thermique...
Yaya est intarissable sur ses débuts et il en parle à ses enfants aux jeunes qui arrivent pour leurs expliquer que rien n'est facile mais avec la volonté et le courage on peut y arriver écoutons –le -
« Après avoir décroché les études universitaires il fallait travailler et comme j'étais "sans-papiers" j'avais un objectif travailler et aider ma famille restée au pays... Le premier Job que j'ai fait c'était déménageur ou il fallait faire de la manutention; porter des charges lourdes et dès fois pas facile (monter ou démonter des meubles, bureaux... ) avec un souvenir d'avoir participé à déménager les mobiliers et archives de bureau d'une tour de 111 étages à la Défense», c'était impressionnant.


Yaya a fait beaucoup de jobs avant de trouver un CDI et c'est le lot quotidien de pratiquement tous les étrangers en France ou ailleurs ( 80% ne travaillent pas dans leur domaine de compétence et font un job alimentaire de nécessité). Courageux mais inconscient de la pénibilité de certains jobs dont un « être sur la route et creuse avec quoi : un marteau piqueur. Cet outil est redoutable la preuve ceux qui l'utilisent pendant plus de 20 ans marocains algériens décèdent aussitôt qu'ils sont à la retraite.


Je ne vais pas vous cacher que ce jeune homme est mon neveu et son courage m'a inspiré et je me suis dit il faut le mettre dans la lumière, c'est un modèle, vous verrez.
Au sujet de marteau piqueur je me suis dit ; est-ce que moi je le ferai, certainement oui si je suis en difficulté, est-ce que je le ferai longtemps ? Tout dépend : si j'ai quelque chose dans mon assiette.
Chaque fois que mon neveu venait me voir le week-end, parce que c'est chez moi qu'il venait se reposer, échanger sur la vie et les difficultés : Je lui donnais à chaque fois un médicament du « Guronson –un fortifiant efficace pour les courbatures» pour le soulager et finalement je lui ai demandé d'arrêter quitte à ce qu'on lui donne de l'argent. Le garçon est très intelligent, très courageux mais il y a des limites. Il a arrêté et a cherché mieux puis a trouvé.


Actuellement on peut dire que Yaya Mahamadou a tourné la page, il est passé à autre chose puisqu'il est l'heureux papa de 2 garçons et une jeune fille qui est aussi dynamique que le père. Il dit ceci «
Je suis marié en France et papa de 3 enfants 11; 6 et 4ans (une fille la plus grande qui sait danser le moulay tegguine ( rires) et deux garçons- le plus grand des garçons fait rires les adultes parce que quand il vous rencontre il vous salue et ajoute « mais ça fait longtemps que je ne t'ai pas vu « guedj na le djiss) ; j'ai aussi une soeur et deux frères qui sont sur le territoire. Bocar Diallo ex hôpital principal de Dakar ; et Tidiane Diallo "boy town-boy dakar-rires" ex chambre de commerce de Dakar et koudy Diallo.. Après,  comme tout bon sénégalais je vois et rencontre des cousins ; oncles et tantes... »

Yaya ne vit pas seul, il est entouré par sa propre famille mais aussi par la grande famille africaine puisque comme son père mon ami feu Kaw Demba Diallo ex-agent médical de l'Hôpital Principal de Dakar, il est d'une générosité sans faille, un sens du partage qui traduit son humanisme et sa reconnaissance. Chez lui à Dakar tous les gens du Boundou élisaient domicile dans la grande maison avant de prendre l'avion pour le monde ou pour se soigner dans les hôpitaux de la capitale.


Oui on continue sur le travail, et voici :


« Après un an d'intérim j'ai fini par trouver un CDI dans une boite d'espaces verts ou j'étais simple ouvrier et maintenant j'occupe le poste de Chef de chantier avec la responsabilité de trois équipes... J'ai passé des formations internes qui me sont proposées y compris le permis E(B)... J'y suis depuis 15ans.. »
Ses qualités intellectuelles et son niveau avaient surpris ses collègues et son chef». Un noir qui parle si bien, c'est qui, d'où vient-il ?
Quand un étranger parle bien, c'est suspect et inquiétant et celà remet en question tous les préjugés habituels : ce sont des réflexions en sourdine qui sont avancées .
Modestement mais sûrement Yaya, sait de quoi il parle, comment il doit parler, quand il faut parler et agir pour défendre les uns et les autres. Un médiateur. Un facilitateur.


Oui il a dévié et a mis son intelligence au profit de sa nouvelle activité.


Il court toujours et le voilà dans une autre sphère celle du ballon rond. Yaya a appris à faire l'arbitrage et j'ai eu le plaisir avant d'écrire cet article de le voir officier. Il y avait du vent, du bruit, des spectateurs excités et un arbitre central vigilant, ferme et qui n'hésite pas à sermonner les mauvais joueurs. Il nous dira ceci :
« Parallèlement je suis rentré dans l'arbitrage depuis 8 ans,  il fallait faire des tests théoriques et physiques toute l'année. Pour moi c'était des formalités, rien de complexe et je suis arrivé R3 à deux portes de la fédération, étant conscient de mon handicap de ne pouvoir devenir arbitre fédéral de par la limite d'âge, je me suis retourné à la base et j'ai intégré la CDA (commission départementale de l'arbitrage) ou j'occupe la vice-Présidence...


Aussi j'ai passé deux diplômes en arbitrage (initiateur en arbitrage et le 1er degré en formateur initiale donc formateur d'arbitre), je suis observateur d'arbitre régional et en charge de désigner tous les observateurs et leurs formations au niveau départemental...


Je continue à arbitrer tous les week-ends et c'est devenu une vraie passion... »


Quand Yaya est au centre du terrain, il est un autre homme, tout doit être carré ; le foot et l'arbitrage sont comme une science : il y a des choses à faire et à ne pas faire dans le match et celui qui ne respecte pas sera puni selon une échelle de sanctions bien définie par la fédération.
Certains joueurs essaient de le déboussoler, lui faire peur ; mais il reste impassible et maître du jeu.
Le WE quand il n'officie pas Yaya est souvent interpelé par ses collègues soit pour remplir la feuille de match, soit pour trouver une astuce quand l'informatique ne marche pas ou quand il y a eu arrêt du match pour diverses raisons. C'est dire qu'il connait ce domaine et y est bien remarqué et reconnu.


Il n'y a pas de sot métier et il faut saisir les opportunités et tout ceci pour remplir la vie.
Quand on n'a pas ce qu'on voulait on peut trouver des alternatives pour être heureux.
L'intelligence et l'esprit vif et alerte de Yaya lui ont permis de trouver des moyens ou des activités qui équilibrent son existence et l'épanouissent sans frustration.


« C'est vrai avec un bon niveau scientifique ça m'a beaucoup aidé dans tous les domaines de la vie et professionnel... »
Oui un oubli qu'il faut combler, Yaya sait monter et démonter les meubles, il vous refait votre cuisine «d'équerre» n'est-ce pas qu'il voulait être architecte, d'ailleurs rien n'est perdu, je suis certain que ce jeune pourra assouvir son désir en se formant en ligne. Il a son attirail du parfait bricoleur, perceuse dévisseuse, diverses clefs, clous, etc ; sa mallette est pleine de pièces (quincaillerie) récupérées lors des déménagements.


Il nous dit qu'il a compris une chose ; quand les gens jettent les meubles ils ne récupèrent pas ce qui est utiles ( la quincaillerie) alors que ces objets ' écrous, vices, etc, coûtent chers dans les magasins de bricolage, alors lui il les récupère et ça rend service. C'est ni plus ni moins une forme éco-citoyenne.
Depuis, sans vous le cacher j'ai moi-même acheté une petite visseuse et dévisseuse à moins de 10 euros et je collectionne ces petites pièces de quincaillerie au cas ou.


Yaya au service de la communauté


«Je suis aussi dans une association sénégalaise pour aider les 13000 familles adhérentes ou toute personne décédée sur le territoire d'être rapatriée sans problème... AIVE (association inter-villageois d'entre aide) existe depuis 31ans et tout adhérent doit s'acquitter d'un forfait de 30€ annuel.
Le décédé est rapatrié avec un billet aller-retour pour l'accompagnateur du corps et un montant de 300 à 500€ est remis en fonction des zones géographiques de la destination final du défunt pour l'acheminement du corps à partir de Dakar... »


Cette mesure est très développée dans les communautés haal poular, soninke, malienne, etc .
Certains n'intègre pas la mort alors que quand on est à l'étranger c'est une donnée à ne pas négliger pour ne pas mettre en difficulté les familles : le rapatriement du corps coûte cher il faut adhérer aux associations.


Le quotidien de Yaya


« Il faut souligner que j'ai été accueilli par des gens qui sont dans des foyers d'immigrés ou on s'entasse à 9 voire plus dans des chambres de 12m2 mais ils sont d'une générosité immense et la plupart illettrés ou analphabètes, j'ai été amené par le fait à les aider dans leurs démarches administratives et avec le temps j'ai acquis une expérience dans ce domaine (demande de régularisation, d'asile, de naturalisation, regroupement familial, recours, caf,...).


Je suis souvent sollicité pour des demandes de tout genre que je fais toujours avec grand plaisir et au nom de la solidarité... Je n'oublie jamais d'où je viens ».


Yaya aime transmettre, partager et servir...


« Mes enfants ont une double culture étant donné qu'ils sont français mais aussi j'ai la culture sénégalaise. Ils vont à l'école coranique en dehors de l'école et des activités périscolaires.. Foot pour les garçons et danse, tennis de table et karaté pour ma fille... Ils vont en vacances au Sénégal pour s'enraciner très important.... » des enfants qui sont ouverts, oui très ouverts, ils savent recevoir, accueillir et céder la place. Je le dis puisque comme vous le savez dans mes vidéos je parlais de ce jeune sénégalais qui ne voulait pas quitter le salon alors qu'il y avait des invités et lui devait suivre son film, ou qu'il refuse de céder sa place à un plus grand, etc ; Yaya et son épouse Mamy éduqués et formée à bonne école ont su transmettre les valeurs importantes à leurs enfants.

Quand il va dans une famille il est proche des enfants à qui il sait parler et dans chaque échange il rappelle les relations avec la famille et demandent aux enfants de ne jamais oublier de travailler, de « bouger-dans le bon sens». Oui vous savez que dans nos traditions le cousin ou l'oncle ou la tante–oncle joue un rôle dans l'éducation ou la formation des uns et des autres et c'est important de garder cela en tête.


Yaya Diallo : Oui j'ai appris le Coran comme tous mes frères et soeurs car mon père nous mettait à l'école coranique pendant les grandes vacances... J'ai de quoi faire mes prières et de ne pas rentrer dans le fanatisme...


Yaya n'oublie pas son pays d'origine et Il essaie d'aider comme il peut ses frères et sœurs et neveux ou nièces à entreprendre pour se faire un salaire ou un revenu source entre autre de dignité :
« Mes rapports avec mon pays d'origine sont restés intacts car mon but premier en venant en France était d'améliorer ma condition de vie et surtout celle de mes proches restés au Sénégal même si dès fois on a le sentiment qu'eux ne font pas des efforts pour s'en sortir et de tendre souvent la main... Du coup j'ai opté d'aider utile plutôt que d'envoyer tout le temps de l'argent...


L'exil c'est bien si on a une bonne prise en charge sur place ce qui n'est pas souvent évident. l'Afrique doit trouver les moyens pour que ses enfants restent sur le continent et les éviter de prendre les bateaux de la mort et quelle mort : humiliation, esclavage, brimade, et mort violente, ( voir sur les réseaux sociaux le sort réservé aux candidats à l'immigration clandestine dans les pays de transit le long de la méditérannée etc ... Je pense que l'exil peut changer de camp car on peut y arriver et nous sommes condamnés à la réussite.... L'Afrique doit se réveiller et se mettre en marche... Pour ma part je n'ai aucun regret de mon exil mais on peut y arriver si on reste chez soi ; nous avons le temps, le talent et l'expérience...nécessaire pour s'exprimer et créer.


Vivre sa passion et la vie de famille


Yaya est un passionné, un hyper actif et pour ça il faut que son épouse soit à ses côtés, l'aide à s'épanouir sans nuire à la famille. Les enfants comprennent que papa doit bouger mais ils savent aussi qu'il sait être présent.
Chacun joue un rôle, ils discutent et trouvent les bonnes formules. La vie de couple en Europe exige dialogue, échange, partage des tâches et mutualisations des forces et faiblesses-entraide. C'est l'occasion de dire que derrière ou à côté d'un grand homme il y a une grande dame et nous saluons ici Mamy Mme DIALLO et lui disons merci pour la complicité avec son mari qui ne perd jamais le Nord, il sait où mettre les pieds avec qui et pourquoi. De la prudence dans toute chose.


Notre jeune arbitre, hyper actif a des idées ou projets en tête . Outre l'architecture, Yaya souhaiterait visiter le japon et faire une croisière. Nous souhaitons qu'il puisse assouvir ces désirs et le connaissant organisé et pragmatique il y arrivera.

Dernière modification le samedi, 25 novembre 2017 21:53
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