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« Lettre à Adama », le témoignage militant d'une sœur de Assa TRAORE et Elsa VIGOUREUX

Mai 19, 2017 Hit: 226 Poster par 
« Lettre à Adama », le témoignage militant d'une sœur de Assa TRAORE et Elsa VIGOUREUX



Assa Traoré, la sœur du jeune homme mort lors de son interpellation en juillet dernier, publie « Lettre à Adama », témoignage du combat de sa famille pour la vérité.
 

C'est l'histoire d'une famille qui a basculé dans le deuil puis la colère lorsqu'un de ses enfants, Adama Traoré, 24 ans, est mort lors de son interpellation par les gendarmes. C'est l'histoire d'une sœur, elle-même mère de trois enfants et éducatrice dans un quartier populaire de la banlieue parisienne, devenue à plein-temps la porte-parole médiatique de tout un clan se battant pour la vérité.


« Je sais comment tu as vécu, Adama. Nous voulons savoir comment tu es mort », écrit-elle dans « Lettre à Adama », un témoignage publié jeudi 16 mai et écrit avec la journaliste de « L'Obs », Elsa Vigoureux.


Une mort suspecte


Le 19 juillet 2016, le jour de l'anniversaire d'Adama Traoré, les gendarmes cherchent à interpeller son frère, Bagui. Quand ils l'aperçoivent, dans le quartier de Boyenval à Beaumont-sur-Oise, les deux discutent ensemble. Bagui se laisse arrêter, mais son frère, qui n'a pas sa carte d'identité sur lui, s'enfuit.

Un peu plus tard, il est finalement interpellé par trois gendarmes. Il mourra quelques heures plus tard, le décès étant constaté par les pompiers et le Samu en début de soirée. Voilà pour les faits.
Pour le reste, les versions divergent : quand précisément ce jeune homme en bonne santé est-il mort et pourquoi ?

Les gendarmes ont-ils fait un usage « proportionné » de la force pour l'interpeller ? Ont-ils utilisé des techniques légales et adaptées ? C'est ce que l'enquête devra établir.


Une famille malmenée


Sous la forme d'un journal de bord presque quotidien, Assa Traoré donne sa vision des faits et son vécu du drame : la famille, qui apprend la nouvelle par la rumeur du quartier puis interroge un gendarme qui répond que le fils va bien – alors qu'il est mort deux heures plus tôt ; l'annonce abrupte du décès, le défunt que la gendarmerie ne veut pas leur montrer, l'explosion des violences dans le quartier.


Enfin, arrive le compte rendu parcellaire du procureur de Pontoise, qui insiste sur une supposée infection et des problèmes cardiaques du jeune homme pourtant en bonne santé selon tous ses proches et omet de mentionner devant les journalistes le « syndrome asphyxique » relevé dès la première autopsie.


Combat judiciaire


Dès lors, le parcours du combattant commence. La famille se trouve un avocat combatif (Yassine Bouzrou), demande une contre autopsie puis le dépaysement de l'affaire. Car Assa Traoré en est convaincu : son frère est mort étouffé sous le poids des trois gendarmes qui se sont mis sur son dos pour l'interpeller et le procureur ne veut pas l'admettre. La contre-autopsie va en tout cas dans ce sens.


D'autres zones d'ombre sont aussi troublantes, comme le fait que les pompiers assurent avoir trouvé le jeune homme face contre sol et non en position latérale de sécurité, comme l'assurent les gendarmes. L'affaire sera finalement dépaysée à Paris, en octobre.


Dans streetpress on lira ceci


Notre force c'est le groupe »


« Ça a toujours été une deuxième maman pour nous, Assa. Elle nous a toujours protégés », sourit Ysouffe. Son ami d'enfance, Mohammed, ajoute à sa gauche : « C'est une combattante depuis toujours. J'étais avec elle en 5e ou en 6e, je ne sais plus. Elle a toujours été comme ça. » Du côté de Boyenval, le quartier de Beaumont d'où viennent les Traoré, Lotfi, Adel et Rédouane rigolent quand on leur parle du tempérament Assa :


« C'est une Black Panthers ! Une guerrière ! C'est la force du groupe. » Adel et Rédouan posés à Boyenval.


« Quand Assa a proposé de faire ce livre, on l'a évidemment tous suivis », raconte Lotfi, qui explique que la grande sœur ne prendrait pas d'initiative sans en discuter avec le reste du comité, Vérité et Justice pour Adama. « On prend les décisions ensemble. Elle est devant et nous sommes tous les petites mains derrière. Quand il y a besoin, elle nous appelle. On sera là ! »


« Ce n'est pas moi, ou la famille Traoré, qui porte ce combat. C'est Beaumont et les quartiers limitrophes », explique Assa, en attrapant ses clés. Il est l'heure de filer. Dans l'ascenseur, elle confie :


« Nous sommes vraiment bien entourés. Notre force c'est le groupe. C'est pour ça qu'on continue à avancer. On se soutient, on se pousse mutuellement. Et quand on voit que notre combat s'internationalise, ça ne peut nous faire que du bien. »


"On est ensemble, il n'y a pas d'individuel", Lotfi /


Le combat continue


Il y a quelques jours, le groupe était reçu à Milan, en Italie, pour un festival sur les Droits de l'Homme. Les médias européens et internationaux suivent les avancées des différents procès. Et le livre devrait être traduit dans plusieurs langues. Assa :


« Ce livre, c'est une façon de donner notre vérité et d'extérioriser. Mais c'est également des fonds pour continuer de se battre. »


Les frais de justice liés au procès autour d'Adama, mais également de Yssoufe, Bagui, Yacouba, et d'autres amis visés par les mêmes chefs d'accusation que les frères Traoré, sont importants selon la famille. Tous les bénéfices du livre seront donc reversés au comité. « Cet argent est nécessaire pour continuer le combat. » Assa conclut, avant de partir définitivement pour le tribunal :


« Notre état d'esprit est intact, comme au premier jour. Nous sommes déterminés. Ensemble, nous sommes fort. »

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