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Histoire cachéé : Haiti terre d'accueil des Juifs pendant la 2 ème guerre mondiale

Avr 11, 2017 Hit: 489 Écrit par 
Histoire cachéé : Haiti terre d'accueil des Juifs pendant la 2 ème guerre mondiale

Histoire cachéé : Haiti terre d'accueil des Juifs pendant la 2 ème guerre mondiale
Haïti, les Juifs et Israël
Yerouchalmi


Un terrible séisme vient de faire des dizaines de milliers de morts et des centaines de milliers de sans abris affamés et assoifés. Israël a de suite dépêché des centaines de soldats et secouristes (soit des milliers à l'échelle de la France !) y compris dans un contingent jordano-israélien (qui montre une voix bien prometteuse pour la paix régionale) monté par notre ami Guy Senbel il y a de nombreuses années et qui fait la fierté des juifs du monde.


Nous n'oublierons jamais que pendant la Shoah, Haïti délivrait sans compter des passeports haïtiens aux Juifs qui fuyaient l'Europe Nazie.


Quid des relations entre Haiti, les juifs et Israël ?


Premiers Juifs en Haïti


Haïti recevait les Juifs qui fuyaient l'Inquisition comme probablement Christophe Colomb et la majorité de son équipage et le 1er juif est ainsi Luis de Torres, l'interprète de Colomb en 1492. Après sa conquête par la France en 1633, elle voit affluer bien des juifs hollandais du Brésil venus développer les plantations de sucre de canne et dont beaucoup sont d'ex-marranes d'Espagne.
Malgré les édits de 1615, 1683 et 1685 ordonnant de chasser les juifs des Iles françaises d'Amérique, des juifs, commerçants et industriels, y résident encore à la faveur de « lettres de naturalité » et par intérêt économique. Au milieu du 18è siècle, les juifs sont de retour mais, dès 1804, la révolte d'esclaves menée par Toussaint L'Ouverture les en expluse à nouveau.


Les belles années des Juifs en Haïti


* A partir de 1830, des juifs fuyant les pogroms polonais et bien d'autres (Liban, Syrie, Egyte) y trouvent refuge. Ils s'installent près des ports pour travailler surtout dans le commerce. On a découvert les ruines d'une synagogue clandestine dans la ville de Jeremie et de pierres tombales juives à Cap Haitien et Jacmel.
* En 1915, on compte 200 familles juives en Haiti, nombre qui baissera avec l'occupation américaine et leur départ vers les Amériques.
* Dès 1937, Haïti délivre généreusement visas et passeports aux émigrés européens fuyant le nazisme et l'Ile atteint les 300 familles qui y resteront jusqu'aux années 60.
* Les années 60, temps de la richesse et des espoirs de grand développement ultérieur d'Haïti ! On y rencontrait de nombreux noms Juifs : Cohen, Khan, Weiner, Dreyfus, Hilel, Cardozo, Pereira, Goldman, Monsanto, Alvarez, Hakim, Silveira, dont, hélas, la majorité avaient oublié leurs origines ethno-religieuses. Ils partiront progressivement, devant la crise persistante et pour favoriser les mariages de leurs enfants entre juifs.


* Ceux qui restent la quitteront pour Panama ou les USA, au début des années 2000, du fait des vagues de violence. Il reste aujourd'hui moins d'une centaine de juifs en Haïti sur 8,5 millions d'habitants, dont les Weiners (exportateurs de café) et les Salzmanns (réfugiés d'Autriche).


* Gilbert Bigio, un homme d'affaires en retraite de Pétionville (Port au Prince) , dirige la Communauté, arborant un beau drapeau d'Israël dans son jardin, et y a marié sa fille il y a 10 ans. Les coordonnées de la Communauté sont : « Jewish Community of Haiti » P.O. Box 687. Port-au-Prince. Tel. : code local puis 509-1-20-638


Haïti et les Juifs : un destin commun !


Les Haïtiens ont toujours montré un grand respect pour la religion juive et une grande amitié pour les juifs. Les juifs fils de déportés se sentent en affinité avec cette république fondée par d'anciens déportés, avec comme une complicité imaginaire entre le destin juif et le destin haïtien.
Juifs et Haïtiens, qui ont connu chacun la tragédie de l'esclavage, ont produit au cours de leur histoire des mythes presque comparables. Comme le zombi haïtien, le mythe du Golem incarne le fantasme de l'homme transformé en automate, asservi à un maître. Comme les juifs de Prague, de Russie ou de Pologne survivaient autrefois dans le shtetl avec l'énergie du désespoir et la force de la tradition, les paysans haïtiens aujourd'hui s'élèvent au-dessus des pesanteurs du quotidien par l'imaginaire. Ils s'entourent de miracles et de mythes surprenants. A l'instar du dibbouk juif, l'esprit du vaudou haïtien plane sur la vie de tous les jours comme une ombre portée.


Haïti avait, après moultes atermoiements, voté en faveur de la crétaion d'Israël en 1947 à l'ONU. Israël et Haïti ont des liens diplomatiques solides et l'ambassade est localisée au Panama pour des raisons de synergie.


Source : yerouchalmi.web.officelive.com
http://www.desinfos.com/spip.php?page=article&id_article=16680

Comment Haïti a lutté contre le nazisme par Thélyson Orélien


Dès l'arrivée d'Adolf Hitler à la tête de l'Allemagne, la majorité des intellectuels haïtiens, parmi lesquels Dantès Bellegarde et Jacques Roumain, condamnèrent le nazisme. L'État haïtien ne se contenta pas de désavouer l'Allemagne, mais définit des lignes d'actions beaucoup plus concrètes face au péril affronté par les Juifs.


En vue de faciliter leur immigration, le gouvernement haïtien accepta ces Juifs comme réfugiés politiques, puis les fit naturaliser dans les consulats haïtiens en vertu d'un décret-loi de naturalisation. Donc, Haïti, ce pays aujourd'hui très appauvri, était encore au temps de son prestige, et elle pouvait rester dans son rôle de terre de liberté et de libération. Un temps qui manque bien aux Haïtiens.
Sténio Vincent, alors président d'Haïti, a publié son décret spécial, adopté en vertu d'une habilitation législative le 29 mai 1939, octroyant la nationalité par contumace et la citoyenneté haïtienne in absentia aux réfugiés juifs d'Haïti. Il proposa d'établir un refuge pour 50 000 d'entre eux en Haïti, pour qu'ils s'échappent de l'Europe, notamment de l'Allemagne nazie.


L'État haïtien avait même proposé de mettre à la disposition des Juifs l'Île de la Gonâve (689,62 km2), à peine moins grande que l'île de la Martinique (1 128 km2). Mais le secrétaire d'État américain d'alors s'y opposa. Il se disait même prêt à accueillir un peu plus de Juifs allemands: mais le secrétaire d'État américain Cordell Hull, prix Nobel de la paix en 1945, ne voulut pas en entendre parler, pour des raisons qui restent encore aujourd'hui mystérieuses.


Les documents historiques sont désormais accessibles. Pour apprendre plus sur le sujet, je vous recommande le livre du docteur Joseph Junior Bernard, ce travailleur infatigable, passionné des relations d'Haïti avec les autres nations. Il avait pris le temps de faire paraître sous les presses de l'imprimerie Deschamps son essai intitulé « Histoire juive d'Haïti », au mois d'avril 2013.
Aussi, il y a ce recueil de textes d'étudiants juifs montréalais et haïtiens titré « L'un pour l'autre », écrit au lendemain du tremblement de terre dévastateur de 2010. Il rend hommage à ces deux peuples qui, chacun à sa façon, ont fait preuve d'humanité.


Il a été publié sous la direction de Maurice Chalom, par Les Éditions du CIDIHCA (Centre International de Documentation et d'Information Haïtienne Caribéenne et Afro-canadienne) situé au Québec et dirigé par Frantz Voltaire, en collaboration avec la ville de Montréal, le gouvernement du Canada et le Conseil des Arts du Canada.
Crédits image: CIDIHCA. Et Informations: Frantz Voltaire, Roland Paret, Dr. Joseph Junior Bernard, Radio Canada International RCI
Thélyson Orélien Le Huffington Post Québec

Ce fameux jour où... Haïti accueille des juifs d'Europe persécutés par Anne Bocandé | Document


1939, Hitler étend son idéologie nazie en Europe. Les mesures d'exclusion, et peu à peu d'extermination, de certaines populations se diffusent. Les juifs sont en première ligne. Dans ce contexte, le président haïtien décide d'accueillir et d'offrir la nationalité haïtienne aux juifs persécutés. Louis-Philippe Dalembert raconte avec brio cet accueil à contrecourant en filigrane de son dernier roman.
29 mai 1939 : le président haïtien, Sténio Joseph Vincent, adopte un décret-législatif octroyant la nationalité par contumace et la citoyenneté haïtienne in abstentia aux réfugiés juifs d'Haïti. Il propose d'en accueillir 50000 pour qu'ils échappent aux persécutions et aux politiques d'extermination de l'Allemagne nazie. Dès 1937, durant le Congrès des écrivains pour la défense de la culture, l'auteur et militant politique haïtien, Jacques Roumain, alors qu'il séjournait en Europe, interpelle les intellectuels sur la menace du régime hitlérien et de ses idéologies racistes. En 1941, la République d'Haïti, sous l'égide du président Elie Lescot, déclare la guerre au IIIe Reich.

« Premier pays de l'histoire contemporaine à avoir aboli les armes à la main l'esclavage sur son sol, le tout jeune État avait décidé lors, pour en finir une bonne fois avec la notion ridicule de race, que les êtres humains étaient tous des nègres, foutre ! ». Dans cet extrait du prologue de son dernier roman Avant que les ombres s'effacent(1), Louis-Philippe Dalembert dévoile la trame de son récit fictionnel s'appuyant sur l'accueil en terre haïtienne d'une communauté menacée. Le roman, qui « n'est pas un livre d'histoire » martèle l'écrivain, est une oeuvre à tiroirs, où la réalité rencontre l'imagination, à chaque page. « Je voulais rendre hommage à ces gens qui ont fait la petite histoire dans la grande histoire ».

Ses personnages sont d'autant plus vraisemblables pour certains, qu'ils s'appellent Ida Faubert, écrivaine et militante féministe haïtienne installée à Paris dans l'entre-deux guerre, mais aussi Roussan Camille. Et l'oeuvre est toute entière dédiée à l'intellectuel du XIXe siècle, Anténor Firmin. Son livre De l'égalité des races humaines, publié en 1885 en réponse aux théories racistes de Gobineau, apparait comme le fil rouge du roman de Dalembert. Déposé au berceau du personnage principal, Ruben Schwartzberg, dans une petite ville polonaise, l'ouvrage accompagne l'épopée de cette famille juive, dans une Europe en guerre depuis la fin du XIXe siècle. Alors que certains membres de la famille fuient aux États-Unis, et d'autres vers la Palestine pour la construction de ce qui deviendra Israël, Ruben est emprisonné à Buchenwald.


« Aux réfugiés d'hier et d'aujourd'hui »


Et là encore, la fiction nous en dit long sur des pans de l'histoire de cette période méconnue, puisque Ruben fait le fameux voyage du Saint-Louis direction Cuba. Le 13 mai 1939, ce paquebot allemand, quitte Hambourg, avec 937 passagers, majoritairement juifs fuyant le Troisième Reich. Or, les politiques cubains reviennent sur leur décision d'accueillir ces réfugiés, sous la pression d'hostilité croissante à l'intérieur même du pays envers les immigrants. « C'est l'histoire de centaines de réfugiés dont personne n'a voulu, ni les Britanniques, ni le Canada, ni Cuba. Le Saint-Louis devait alors revenir en Allemagne. Finalement, grâce à la bataille médiatique, un certain nombre de pays ont accueilli ces juifs. Mais personne n'en voulait. Et déjà à l'époque, il y avait cette crainte, que parmi les réfugiés se cachaient des espions ou des combattants de l'armée allemande. Comme aujourd'hui avec la crainte de combattants de Daech. Et tout le monde se renvoyait la balle : " Moi j'en ai pris assez ", " moi j'en ai trop ". Pour vous dire que le problème existait déjà à l'époque et ça a été l'un des moteurs de ce roman : montrer que quelque part l'histoire se répète, qu'il y a comme un bégaiement ».


C'est dans ce contexte qu'Haïti, petit pays outre-Atlantique, décréta l'accueil et la naturalisation de milliers de juifs persécutés. « Je voulais rendre hommage à Haïti qui n'avait pas grand-chose mais qui était prêt à partager ce pas grand-chose » poursuit Louis-Philippe Dalembert. Avant que les ombres s'effacent, oeuvre fictionnelle qui plonge également dans la complexité de la société haïtienne, est de ce roman qui éclaire, de ces mots « qui résist[ent]et ne se rend[ent]pas à la vulgarité de l'époque »(2).


1. Publié aux Éditions Sabine Wespieser. Mars 2017.
2. Extrait du poème « Il y a quelque chose » de Marc Alexandre Oho Bambe. Africultures .com. 2 mars 2017
http://africultures.com/ce-fameux-jour-ou-haiti-accueille-des-juifs-deurope-persecutes-13999/

Haïti, un Pays fier de ses Juifs
http://israelmagazine.co.il/communaute/haiti-pays-fier-juifs/


Haïti est fort connue pour les plaies en tous genres qui affectent son histoire récente ; elle l'est malheureusement moins pour son passé exemplaire, à bien des égards, envers la communauté juive. Haïti a en effet été l'un des rares pays à avoir ouvert ses frontières aux Juifs fuyant le nazisme pendant la Deuxième guerre mondiale. Bien avant déjà, pendant l'Inquisition, Haïti avait aussi su accueillir les Juifs persécutés. Tour d'horizon historique, et photos d'Irina Razafim-Bahini, photographe israélienne qui livre en exclusivité, pour illustrer cet article, quelques clichés de ce pays atypique.


Par Nathalie Szerman – Irina Razafim-Bahini.


Les Haïtiens se découvrent un intérêt nouveau pour leur communauté juive. Le site de la Maison d'Haïti publie une enquête sur les Juifs d'Haïti, une communauté ancienne qui vit dans l'une des régions les plus difficiles du monde. Tremblements de terre, sida, choléra, pauvreté endémique, ce pays aux paysages pourtant magnifiques, ceux des Caraïbes, a connu tous les fléaux. Qui sont donc ces Juifs d'Haïti ?
Les Juifs accueillis pendant l'Inquisition
Haïti a accueilli, pendant l'Inquisition, les Juifs fuyant l'Espagne. Après avoir été conquise par la France en 1633, Haïti voit arriver sur son sol un grand nombre de Juifs de Hollande (beaucoup sont des anciens marranes d'Espagne), et du Brésil. De nombreux Juifs chassés du Brésil par la conquête des Portugais (1654) ont remonté la côte pour se réfugier dans les îles Caraïbes (Jamaïque, Curaçao, Barbade et Saint Domingue).


Le site de la Maison d'Haïti nous apprend que « malgré les édits de 1615, 1683 et 1685 ordonnant de chasser les Juifs des îles françaises d'Amérique, des Juifs, commerçants et industriels, y résident encore à la faveur de 'lettres de naturalité' et par intérêt économique. »


Les Juifs de Saint Domingue (Haïti) et la mauvaise période des "Lumières"


Le 18ème siècle, dit "des Lumières", représente une période plus difficile pour la communauté juive, à la fois courtisée et spoliée : La romancière Mme Maurouard livre un document sur l'histoire d'Haïti, "du temps colonial où les Blancs étaient maîtres incontestés de l'île". Ce fut une période à la fois prospère et difficile pour les Juifs : Dans les îles, où l'on manquait de main d'œuvre, la "Traite des nègres" était pratiquée, pour travailler les cultures de canne et lancer l'industrie du sucre et du rhum. « Opération tellement rentable que la France n'hésita pas (...) à lâcher ses colonies du Canada et de Louisiane pour conserver ses îles à sucre (Martinique, Guadeloupe, Saint Domin¬gue). Mais ces îles avaient aussi besoin de structures commerciales auxquelles les colons ne connaissaient pas grand-chose. » La France fait alors appel aux Juifs pour organiser avec l'Hexagone le commerce à grande échelle de ces denrées lucratives.


Après avoir brièvement rappelé la condition des Juifs à Saint Domingue, où ils étaient "tolérés", vu que la colonie prospérait et enrichissait les villes françaises, Madame Maurouard s'arrête aux années 1764 (soit près d'un siècle plus tard), au moment où le Comte d'Estaing est nommé gouverneur général des Colonies. Le comte d'Estaing arrive à Saint Domingue muni de grands projets de "développement". L'île lui paraît sous-équipée et mal administrée. L'Etat est riche en main d'œuvre (grâce aux esclaves) mais il faut de l'argent. « Le Gouverneur va donc le prendre où il se trouve, et d'abord chez les gros commerçants, les Juifs et quelques colons très fortunés. »


On ne chasse pas les Juifs mais on saisit ici et là leurs héritages. « Ainsi, selon les différents ministres de Paris, et les gouverneurs exerçant dans les Caraïbes françaises, les Juifs furent tour à tour menacés, désignés comme 'sans patrie', spéculateurs, dangereux pour la société nationale, concurrents des Français ; ou au contraire utiles au commerce, enrichissant le pays où ils travaillent, pacifiques voisins qu'il faut fréquenter sans fanatisme. »


Au 19ème siècle, ce sont des Juifs d'Europe de l'Est et du Moyen-Orient qui vont chercher refuge en Haïti : au début du siècle, des Juifs de Pologne, mais aussi du Liban, de Syrie et d'Egypte font partie des nouveaux arrivants. Ils deviennent pour la plupart commerçants. De cet épisode historique, il reste les vestiges d'une synagogue dans la ville de Jeremie et de pierres tombales juives à Cap Haitien et Jacmel.
Dès 1937, Haïti délivre généreusement visas et passeports aux émigrés européens fuyant le nazisme, et l'île atteint les 300 familles qui y resteront jusqu'aux années 60. Les années 60 sont fructueuses pour la communauté juive et pour le pays dans son ensemble. Les familles juives recensées portent les noms de Cohen, Khan, Weiner, Dreyfus, Hillel, Cardozo, Pereira, Goldman, Monsanto, Alvarez, Hakim. Ils partiront progressivement, devant la crise persistante et « pour favoriser les mariages de leurs enfants entre juifs », précise le site. Beaucoup vont en Amérique.


Ceux qui restent finiront par partir pour le Panama ou les USA, au début des années 2000, du fait des vagues de violence et de la situation générale critique du pays. Il resterait aujourd'hui moins d'une centaine de Juifs en Haïti, sur 8,5 millions d'habitants, dont les Weiner (exportateurs de café) et les Salzmann (originaires d'Autriche).


L'amitié affichée de la Maison d'Haïti envers la communauté juive internationale


On constate que le site de la Maison d'Haïti, qui a aussi une page facebook colorée et régulièrement mise à jour sur l'actualité du pays, Planète Haïti, opte pour l'amitié avec le peuple juif en traçant un parallèle entre Shoah et esclavage. On ne peut s'empêcher de penser à Dieudonné qui, lui, a fait le choix de mettre en compétition ces deux histoires malheureuses...


« Juifs et Haïtiens, qui ont connu chacun la tragédie de l'esclavage, ont produit au cours de leur histoire des mythes presque comparables. Comme le zombi haïtien, le mythe du Golem incarne le fantasme de l'homme transformé en automate, asservi à un maître », peut-on lire sur le site de la Maison d'Haïti. La comparaison entre les destins juif et haïtien va plus loin encore, puisant, non sans poésie, aussi bien dans l'histoire des deux peuples que dans leurs rites religieux : « Comme les Juifs de Prague, de Russie ou de Pologne survivaient autrefois dans le shtetl avec l'énergie du désespoir et la force de la tradition, les paysans haïtiens aujourd'hui s'élèvent au-dessus des pesanteurs du quotidien par l'imaginaire. Ils s'entourent de miracles et de mythes surprenants. À l'instar du dibbouk juif, l'esprit du vaudou haïtien plane sur la vie de tous les jours comme une ombre portée. »


Et pour le cas où cette déclaration d'amitié ne serait pas assez explicite (on ne se compare qu'à ceux que l'on aime), le site ajoute : « Les Haïtiens ont toujours montré un grand respect pour la religion juive et une grande amitié pour les Juifs. » C'est donc avec fierté que l'article, mis en ligne en 2013 sur le site haïtien, rapporte que « beaucoup de grandes familles juives (...) ont transité ici. »
1947 : Haïti vote en faveur de la création de l'Etat d'Israël


L'épreuve de l'amitié arrive en 1947 : Haïti vote en faveur de la création de l'Etat 'Israël à l'ONU. Israël et Haïti ont aujourd'hui des liens diplomatiques solides et l'ambassade est localisée au Panama pour des raisons de synergie. Lors du tremblement de terre qui a ravagé le pays il y a quelques années, des témoins sur place dans le pays ont rapporté à Israël Magazine que le grand hôpital israélien installé sous une tente dans le pays avait été le plus efficace de tous les hôpitaux provisoires importés de l'étranger. Des liens d'amitié et de confiance s'étaient en outre établis et c'est avec beaucoup de regret que les Haïtiens avaient vu les Israéliens rentrer chez eux.


Pour ceux qui veulent en savoir plus sur la communauté et entrer en contact avec les Juifs d'Haïti, le site de la Maison d'Haïti communique un contact à Port au Prince : « Gilbert Bigio, homme d'affaires à la retraite de Pétionville (Port au Prince), dirige la communauté, arborant un beau drapeau d'Israël dans son jardin. Les coordonnées de la communauté sont : "Jewish Community of Haiti" P.O. Box 687. Port-au-Prince. Tél. : code local puis 509-1-20-638. »

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