Le coin de Pape CISSOKO

La mentalité sénégalaise et l’incapacité de bien choisir pour bien décider et se conduire dans l’espace public : Quand la personne prime sur l’individu, la neutralité s’étiole et bonjour l’arbitraire.

Sep 16, 2016 Hit: 1182 Écrit par 
La mentalité sénégalaise et l’incapacité de bien choisir pour bien décider et se conduire dans l’espace public : Quand la personne prime sur l’individu, la neutralité s’étiole et bonjour l’arbitraire.

Socrate cité par le Pr D SAMB : «Les connaissances de certains se limitent à ce qu'ils croient savoir, ce qui est, comme le dit Socrate, la pire des ignorances » et l'ignorance est mère de tous les vices et de tous les faux jugements ou des jugements orientés.


Le jugement sénégalais corrompu par la préséance de la personne sur l'individu.


Un regard critique sur notre société nous permet de dire comme Elgas et autres intellectuels rigoureux que la coutume, la tradition, l'habitus, nous ont plongé dans une façon de penser et d'agir qui orientent nos choix.

Le Sénégal est cette chose qui appartient au peuple et non au citoyen singleton, il est comme l'espace public qui est à la disposition de tous sans être la propriété de personne.
Le sénégalais s'improvise chef, décideur, etc, mais de quel droit, à ce rythme on tombera dans l'anarchie et la République va s'effondrer ?


Oui on est le fruit de son environnement mais on peut au nom de la rigueur quitter cette posture pour penser logiquement sans encombre. Tout obstacle épistémologique pourrait être réfuté pour laisser la place à ce qui est clair et qui peut s'énoncer judicieusement.


Le Sénégal un monde de confusion, d'amalgame ; et une absence de discernement.


Le Ndiguel, est un ordre qui viendrait d'un supérieur qui oblige, impose, somme l'individu de s'exécuter et dès lors comment peut-on parler d'objectivité dans le choix ou le jugement.
La conséquence, c'est l'absence de décision, ou une décision orientée, un choix mimétique ou familial.
Le jugement est erroné et le discernement en vacances et on dit qu'on est au Sénégal, ie cette façon propre au sénégalais d'agir et de penser selon un modèle corrompu.
Que faire, il faudra faire intervenir Descartes et il nous invite à nous dépouiller pour nous découvrir comme être singulier pensant : le cogito
Bersgon lui nous invitera à renoncer dans l'acte de décision ou de choisir, de nous extirper des obstacles qui aveuglent notre lucidité.


Vous ne voyez pas où je veux en venir, c'est normal, l'actualité du pays nous enseigne et nous interpelle et les populations sont perdues entre le citoyen, le fonctionnaire et l'homme politique. Qui croire, qui écouter?


Notre pays se meut dans des actes illégaux, on renvoie, on met au ban, on limoge, on arrête arbitrairement et au nom des Droits de l'homme et de l'éthique il faut se réveiller et dire non.
Voici quelques faits sur les situations qui minent le pays et qui divisent les concitoyens


« Le document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP), publié sur le site du ministère de l'Économie :
- confirme que l'Assemblée nationale doit bien près de 2,7 milliards de Francs CFA au Trésor public et
- atteste que l'information divulguée par l'Inspecteur des Impôts et Domaines, O. Sonko, n'avait rien de confidentiel.
-En accédant à la liste complète des institutions, qui ne payent pas des impôts au Sénégal, au travers du tableau en annexe de ce document, on s'aperçoit que l'Assemblée nationale ne constitue que l'arbre qui cache la grande forêt des sociétés nationales, agences et établissements publics qui ne se sont pas acquittés de leur devoir fiscal.
-Le ministère de l'Économie, des Finances et du Plan estime à près de 85 milliards de Francs CFA, la somme que 86 structures et entreprises publiques doivent au fisc.

Dans ce lot, on retrouve pèle mêle,


-Le Conseil Économique, social et environnemental (CESE), les ICS avec 9 milliards d'impôts non payés, le Méridien président, devenu aujourd'hui hôtel King Fahd Palace avec une ardoise de 2,2 milliards de Francs CFA... »
Il est bon de revenir sur l'acte de décision, les conditions de la décision et du choix pour demander à nos compatriotes de regarder en âme et conscience la réalité, les faits sans arrières pensées et préjugés pour juger de façon objectif et impartiale.
Incapacité de choisir
Avez-vous observé l'abeille pour retrouver l'air libre, après qu'elle s'est fourvoyée dans la pièce ? Infatigable, opiniâtre, courageuse, elle escalade sans relâche la vitre, si proche de la liberté qui lui apparaît par transparence et, en même temps, si loin du vent et des feuillages qui sont là, à portée de regard-inaccessible. Il semble même qu'elle va renoncer, par moments : elle retombe, lasse, découragée, elle recommence, sans cesse, l'inutile trajet, minuscule Sisyphe aux efforts dérisoires.
Pour vous, l'observateur de ce ménage, qui regardez trimer l'abeille, il est évident qu'elle s'obstine sur une voie étroite : comment peut-elle ignorer que l'autre battant de la fenêtre qui est resté largement ouvert, et qu'il suffirait d'un écart de trois pas pour retrouver l'air libre ? Une abeille hors de sa ruche possède très peu d'intelligence et en dehors aura besoin de votre main secourable pour l'orienter alors qu'elle a tout pour y parvenir seule.


J'ai eu une discussion avec un ami très brillant sur la situation du pays et on n'est pas tombé d'accord, mais nous avons échangé et chacun a donné ses arguments.

Echanges honnêtes sans passion, chacun a avancé ses arguments sans se convaincre.


Mais j'ai constaté que le jugement en général au Sénégal est très sophistiqué et pollué par les préjugés.


Un homme hautement qualifié, qui est citoyen de son pays et patriote est au courant des malversations sur le fonctionnement des institutions réputées neutres de son pays.
Il se tait mais pourrait-il se taire toujours quand il voit le pays et les concitoyens souffrir alors qu'une portion profite des deniers et biens publics.
Non, non, au nom de la morale, au nom de l'éthique, il ne peut plus se taire. Certains diront qu'il aurait pu démissionner et parler ensuite. Mais quand les informations sont connues et livrées à la sagacité de tous, où est la dérive ?


La mauvaise foi de l'élite et sa complicité d'avec la religion soi-disante protectrice et dogmatique, plonge ce citoyen dans la cécité volontaire au détriment de la raison et d'une faculté de juger claire et lucide. Le fanatisme et la spiritualité de façade prennent le dessus au Sénégal sans qu'on s'en rende compte et ce sont ces manquements qui aliènent les esprits dans les faits et gestes du quotidien. Tout ceci fragilise un pilier de notre République à savoir la laïcité. Religion, tradition, coutumes, habitudes, transhumance, corruption sont les maux qui affectent nos pays émergents et les intellectuels souvent éclairés se refuse d'agir, d'alerter pour préserver leurs acquis et gare à celui qui ose lever le voile, gare au lanceur d'alerte, il sera châtié et chartré par le peuple qui ne comprend pas.
Nos élites sont complices de l'aveuglement du jugement et de la société, elle favorise l'obscurantisme créant ainsi un gap entre les intellectuels et les autres pour mieux les asservir et les plonger dans des chemins biscornus.


Un problème de conscience tr de mentalité.


Il y a trop de nouveaux murs sociaux comme le dit Elgas au Sénégal, trop d'inégalité, trop d'injustice et ce n'est pas normal.
On achète facilement la conscience la voix des citoyens pauvres.


La décision en politique est à l'image du goût qui est une donnée culturelle engendrée par l'habitus. L'habitus au Sénégal généré des pratiques sociales et culturelles. Selon M. WEBER les religions produisent des éthos, ie des systèmes de dispositions qui impriment une orientation à l'action. Cette conduite est loin de la rationalité.

Par exemple le thiébou diem doit être très rouge avec la tomate, très riche en huile, très assaisonné djumbo –cube, etc; si ces ingrédients manquent ce n'est pas du thieb.
Le Sénégalais doit accepter de changer de fusil d'épaule, accepter de porter une nouvelle mentalité et juger seul de la conduite à tenir on ne doit pas l'obliger.
Il faut apprendre comme en science prendre du recul et refuser qu'autrui décide à notre place, choisir seul sans préjugés c'est faire de l'individu un citoyen responsable
Il faut repenser l'éthique dans notre pays et c'est là où le bât blesse.
On pille l'argent sans penser aux générations futures.


On se referera ici à l'éthique selon Emmanuel Kant.

Il entend cette notion en un sens plus large, c'est une manière d'exister, une manière d'être en tant que sujet libre, une manière d'inscrire son existence dans le temps d'une liberté, de travailler à produire et à promouvoir le souverain Bien dans le monde. Kant dira fiat justitia pereat mundis ie que règne la justice, dussent tous les fripons de la terre être anéantis à cause d'elle, elle oblige les puissants à ne pas nier ou restreindre le droit de quiconque Rien selon Kant n'est plus sacré que l'exigence morale, juridique et politique de justice C'est une exigence qui s'impose inconditionnellement au pouvoir politique
Le devoir de la vraie politique est de placer de tout cette prunelle des yeux qu'est le droit des hommes, ce que Dieu a de plus sacré sur terre Il invite à couper court à tous les chemins tortueux que perfidie ou violence ont traces


Au Sénégal et ailleurs le souci du monde n'est pas au cœur de l'exigence morale et éthique, il faut penser la totalité des citoyens et être juste sans partis pris donc décider ou juger de façon rigoureuse et non partisane.


Sénégal debout avant que la tempête ne balaye le pays.

Apprendre à décider seul.


La décision est un processus, qui permet de mettre en forme et de donner du sens. Dans la décision on met un cadre, d'abord on perçoit ensuite ce qu'on en comprend et enfin ce que je peux faire avec les moyens à ma disposition. Il est important d'avoir, le plus possible, présents à l'esprit les critères de référence : les valeurs qui sont importantes pour chaque personne. Ce sont elles qui permettent la prise de décision quand une occasion se présente : penser en amont permet de « saisir la balle au bond ». Il est bon quand on a choisi d'assumer ses choix
Décider c'est vivre dans le monde réel et non dans la fantasmagorie, le rêve.


Il faut lutter contre les obstacles à l'acte de décider de façon efficace : quand vous entendez fais plaisir, sois fort, sois parfait, fais des efforts, et dépêche-toi, ces choses affectent notre lucidité.
On doit voir dans l'acte de décision de la cohérence et de la consistance qui ne souffre d'aucune partialité et c'est ce qui nous manque en général au Sénégal, en Afrique quand il s'agit de juger puis de donner son opinion.
On dira ici que les insensés méprisent la sagesse et l'instruction et l'intelligent va acquérir l'art de se conduire.

De l'espace public au Sénégal.


Cette notion est confuse au Sénégal et en cause la tradition les habitudes qui nous affectent tant.


C'est quoi l'espace public ; C'est Habermas qui reprenant cette notion chez E. KANT et voici ce qu'il dit : c'est la sphère intermédiaire qui s'est constitué historiquement, au moment des LUMIERES ?
L'Etat, c'est le lieu accessible à tous les citoyens. On ajoutera ici que l'espace public est une construction et par conséquent y il ne décrète pas.
Quand on parle d'espace public on ne peut occulter la notion de société civile.
Cette notion est tout aussi ambiguë. Elle a connu dans son histoire un renversement complet de sens Les terme civitas societas civilis ou encore res publica étaient synonyme. Ce n'est qu'après la Révolution française que l'Etat nation décline la notion de société civile qui se distingue de l'Etat.


Qu'est-ce qu'être juste ou neutre ?


C'est un idéal universel et c'est aussi une vertu personnelle- on parle à la fois de justices et des justes. Kant nous dira en effet que l'impératif catégorique qui prescrit d'agir de telle manière que la maxime de l'action soit universalisable, ne se base de telle manière que la maxime de l'action soit universalisable, ne se base pas sur un assentiment subjectif avec les actes des autres personnes mais seulement sur le devoir qu'a tout être humain, sur une règle universelle, valable pour tous qui a pour fondement une action qui ne fasse tort à personne.


 Le service public doit être fondé sur l'égalité des citoyens, la continuité du service, l'adaptabilité ou la mutabilité qui permet à chacun de se retrouver sans porter atteinte à l'objet, l'accessibilité en ce sens qu'il est tourné vers tous les usagers et citoyens, la neutralité la charte des services publics introduit un principe de neutralité, celle-ci garantit le libre accès de tous aux services publics sans discrimination. L'Etat républicain garantit son rôle de gardien des valeurs républicaines, la neutralité doit s'inscrire dans l'activité quotidienne des services publics Elle implique la laïcité de l'Etat, l'impartialité des agents des services publics et une excellente moralité Elle interdit toute discrimination fondée sur les convictions politiques, philosophiques, religieuses, syndicales ou tenant à l'origine sociale, au sexe, à l'Etat de santé, au handicap ou à l'origine, n'oublions pas la transparence et la responsabilité qui permettent aux citoyens de voir clair de s'assurer du bon fonctionnement des choses publiques.


L'Afrique et le Sénégal doivent émigrer de certaines certitudes pour s'engouffrer vers la lumière de là Vérité qui ne s'embarrasse pas de préjugés. Nous devons sélectionner dans la transmission les bonnes choses et réfuter les mauvaises pour devenir citoyen et individu. L'individu doit coexister avec la personne sans que l'un ou l'autre prenne le dessus et il faut choisir les ordres : le temporel c'est l'individu avec sa raison libre et le spirituel convoquera le cœur.
La citoyenneté est une construction, c'est d'abord un animal sauvage puis un être qui se socialise pour devenir un homme politique voire un citoyen, ie un sujet libre, capable de penser seul mais aussi pour son peuple.


On ne doit pas rester confiner dans ces traditions et pratiques obsolètes, en France les femmes ont eu la carte bleue, le droit de vote, leur compte bancaire leur autonomie, toute société évolue en engrangeant les bonnes pratiques, en respectant les bonnes choses héritées de la tradition, mais le citoyen doit agir de façon éthique et l'Etat ne doit pas être en reste.
Il faut stopper la corruption, le primat de l'argent et des religions, les conflits d'intérêts pour agir droitement pour que notre pays aille de l'avant et que tous les citoyens soient traités de la même façon.
On n'est pas contre les religions tant qu'elles n'interfèrent pas pour orienter les choix des citoyens. Je ne suis pas contre les coutumes et la tradition si elles incitent les gens à plus de vigilance et de clarté dans l'intérêt du collectif.


Le Sénégal se meut dans des voies brouillonnes et «mafieuses» qu'il faut stopper pour protéger le citoyen, lui donner du travail et agir sans esprit partisan. Il faut la patrie avant le parti, les citoyens avant les coreligionnaires.


Notre pays est merveilleux même si les choix sont viciés, il faut reprendre la main et écouter la société civile, les lanceurs d'alertes et favoriser la concertation directe.


Pape CISSOKO

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