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Lassana Bathily, héros de la prise d'otages de Vincennes, il est musulman et malien

 

Lassana Bathily, employé d'Hyper Cacher

L'homme, salarié de l'épicerie, a sauvé plusieurs otages en les cachant dans une chambre froide.
Il s'appelle Lassana Bathily et c'est un héros. Depuis que son nom est connu, les hommages inondent les réseaux sociaux.
Lassana Bathily est d'origine malienne et musulman. Vendredi, à l'heure où Amedy Coulibaly rentre dans l'épicerie Hyper Casher de la Porte de Vincennes, il est en train de travailler, comme tous les jours.
Dans la panique, plusieurs clients du magasin cherchent où se cacher. Ils soulèvent alors une trappe et se précipitent au sous-sol de l'épicerie. L'employé leur ouvre alors le congélateur. Voici le récit qu'il a fait de la scène, à RTL :
Quand ils sont descendus en courant, j'ai ouvert la porte du congélateur. Il y a plusieurs personnes qui sont rentrées avec moi. J'ai éteint la lumière, j'ai éteint le congélateur. Quand j'ai éteint la chambre froide, je les ai mis dedans, j'ai fermé la porte, j'ai dit : vous restez calmes là, moi je vais sortir."
Quand il a pu s'échapper de l'épicerie il a été cueilli par les forces de l'ordre puis menotté pendant 1h.
Il n'avait pas peur pour lui, parce qu'il était sûr de lui. C'est lui qui a aidé la police à mieux cerner la configuration de l'épicerie, les plans, là où était le terroriste, les otages, etc, ne l'oublions pas.
Dans cette épicerie où il travaillait il n'y a jamais eu de problème pour sa religion. Il faisait ses prières dans un recoin de l'épicerie sans ce que cela soit un problème.
Vivent les relations inter religieuses.

A la Une: Saïd Kouachi se serait rendu au Yémen

Suspecté d'avoir commis l'attentat contre Charlie Hebdo, celui-ci se serait rendu au Yémen en 2011. C'est un responsable américain qui a donné cette information reprise d'ailleurs par toute la presse nord-américaine ce matin. Si aucune précision n'a été donnée concernant la période exacte durant laquelle Saïd Kouachi était au Yémen, on sait en revanche qu'il a été formé au maniement des armes par un membre d'AQPA, c'est à dire la branche d'al-Qaïda dans la péninsule arabique.

Selon le New York Times, Saïd Kouachi s'est rendu au Yémen, comme de nombreux autres jeunes Occidentaux, suite aux appels répétés d'un certain Anwar al-Awlaki, prédicateur américain d'ascendance yéménite qui appelait régulièrement à attaquer l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo. Cet imam américain, considéré comme l'idéologue en chef d'AQPA, a été tué par une frappe de drone en septembre 2011.

Selon un autre responsable américain qui ne souhaite pas être identifié, les frères Kouachi étaient « depuis des années » sur la liste noire américaine du terrorisme, ils étaient donc surveillés. Saïd et Chérif Kouachi étaient également sur la no fly list, c'est-à-dire la liste des personnes interdites de vols au départ ou à destination des Etats-Unis.

La presse américaine scrute la traque lancée contre les deux auteurs présumés de l'attentat de Charlie Hebdo

Il n'y a qu'à voir les Une des différents journaux. Toutes ont au moins une photo des événements qui secouent la France depuis plus de 48 heures maintenant. Le New York Times qui met en Une cette information concernant le voyage de Saïd Kouachi au Yémen, publie également une grande photo où l'on voit les membres du Raid, l'unité d'élite de la police nationale française, dans les rues de la petite localité de Corcy, dans le département de l'Aisne, où durant des heures hier et la nuit dernière, les forces de l'ordre ont minutieusement recherché les deux suspects.

L’autre grand quotidien national, le Washington Post, a également choisi cet angle et publie en médaillon les photos des deux frères Kouachi. Un autre journal, le Daily News, a choisi une photo choc. C’est le moins que l’on puisse dire. Une seule photo qui fait toute la Une de ce quotidien. On y voit un bureau dans les locaux de Charlie Hebdo, avec du sang un peu partout et cette précision : exclusivité mondiale. Une photo, que seul un tabloïd peut publier avec un titre également choc : « dans l’horreur sanglante du magazine parisien ».

Au Canada, là aussi on suit la traque en direct

Tous les sites des journaux canadiens, francophones ou anglophones, suivent l’évolution de la situation. Le quotidien francophone La Presse publie cette information sous ce titre : « Plusieurs sites internet français piratés ». Selon le journal, « les sites web de plusieurs municipalités et entreprises liées au département du Val-d'Oise, à une trentaine de kilomètres au nord de Paris, ont été piratés hier soir pour faire place à des pages visiblement liées au groupe État islamique (EI) ».

Une information confirmée par la suite puisque sur le site internet du conseiller régional d’Ile-de-France, Eric Coquerel, on peut en effet lire des messages du groupe Etat islamique. Le quotidien La Presse a également sa Une entièrement consacrée à la traque. Une grande photo sur fond noir : un policier du FIPN, la force d'intervention de la police nationale, agenouillé, avec un fusil à lunette bien calé entre ses mains et un titre : « La France sur le qui-vive ».

Dans le reste du continent, la presse est sur la même longueur d’onde

Toute la presse sud-américaine suit l'évolution de la situation sur place avec des réactualisations constantes. Par exemple le site internet du quotidien argentin Clarin consacre près de la moitié de sa page de garde à cette affaire avec un live sur l'avancée de la traque qui redirige l'internaute vers des sites français, la mise en ligne de nombreux témoignages, des encadrés sur les caricatures, sur les filières jihadistes. Bref une couverture très exhaustive.

On retrouve le même type de couverture sur les sites des quotidiens chiliens El Mercurio et La Tercera. En Colombie, le journal El Espectador a choisi de dresser les portraits des grands caricaturistes décédés lors de cet attentat. Là aussi, toute une série d'articles avec des portraits des cinq grands caricaturistes tués « victimes de l'anti-humour », selon El Espectador. Le journal revient également sur le parcours des deux frères Kouachi et le voyage de Saïd au Yémen, avant d'évoquer dans un autre article la suite pour l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, qui a annoncé qu'un numéro sortirait la semaine prochaine à un million d'exemplaires. Mexique, Brésil, Pérou et presque tous les pays non-mentionnés suivent ces événements et sont solidaires des médias français et de la France en général.

Robert Badinter : «Les terroristes nous tendent un piège politique» par  Laure BRETTON

 

 

Robert Badinter au Forum Libé de Rennes, en avril 2014. (Photo Adèle Brossard)

Après l'attentat, l'ancien garde des Sceaux de François Mitterrand en appelle à la justice.
Robert Badinter, ancien ministre socialiste de la Justice, réagit à l'attaque contre «Charlie Hebdo».
«Devant un tel crime, préparé et exécuté de sang-froid, c'est d'abord aux victimes que pense chacun d'entre nous. Policiers assumant le risque quotidien auquel les expose leur devoir, journalistes réunis pour accomplir leur mission d'information, sans laquelle la démocratie serait étouffée. Ces journalistes-là sont morts pour nous, pour nos libertés qu'ils ont toujours défendues. Sachons nous en souvenir. L'émotion nous saisit aussi à la pensée de leurs familles, de leurs proches, que le crime frappe au cœur par ricochet et qui vivront désormais comme des invalides, amputés de l'être humain qui était une part d'eux-mêmes.
«Au-delà du chagrin et de la pitié s'inscrit le devoir de justice. Nous sommes assurés que les pouvoirs publics mettront tout en œuvre pour identifier et arrêter les auteurs de ces crimes. A la justice de décider de leur sort, en toute indépendance et dans le respect de l'Etat de Droit. Ce n'est pas par des lois et des juridictions d'exception qu'on défend la liberté contre ses ennemis. Ce serait là un piège que l'histoire a déjà tendu aux démocraties. Celles qui y ont cédé n'ont rien gagné en efficacité répressive, mais beaucoup perdu en termes de liberté et parfois d'honneur.
«Enfin, pensons aussi en cette heure d'épreuve au piège politique que nous tendent les terroristes. Ceux qui crient "allahou akbar" au moment de tuer d'autres hommes, ceux-là trahissent par fanatisme l'idéal religieux dont ils se réclament. Ils espèrent aussi que la colère et l'indignation qui emportent la nation trouvera chez certains son expression dans un rejet et une hostilité à l'égard de tous les musulmans de France. Ainsi se creuserait le fossé qu'ils rêvent d'ouvrir entre les musulmans et les autres citoyens. Allumer la haine entre les Français, susciter par le crime la violence intercommunautaire, voilà leur dessein, au-delà de la pulsion de mort qui entraîne ces fanatiques qui tuent en invoquant Dieu. Refusons ce qui serait leur victoire. Et gardons-nous des amalgames injustes et des passions fratricides.»
Laure BRETTON www.liberation.fr/

Dessiner ce n’est pas gagner disait D. P ; charlie hebdo endeuillé !!!

 

La liberté est toujours menacée dans notre vie. Chacun essaie d'user de cette liberté comme il peut et comme il veut mais tout en pensant à l'autre, ma liberté s'arrête là où commence celle des autres.
Chacun essaie de faire au mieux, chacun joue une partition pour faire avec cet orchestre qu'est notre monde, un concert du vivre ensemble dans le respect de la différence et de la ressemblance.
De quoi veut-on parler, de ce qui s'est passé aujourd'hui à Paris dans un organe de presse ou le dessin, le crayon, le feutre exprime tout, nous parle. Le dessin, la caricature est une forme d'art et de langage qui soumet tout au crible de sa mine pour dénoncer, informer, indiquer et surtout secouer le joug. L'obscurantisme nous détourne de la vérité, le fanatisme et l'intégrisme nous aveuglent et nous déroutent de la Voie celle de l'Humanité dans sa différence plurielle.
L'art, la patte, les caricatures de l'organe de presse satirique « Charlie Hebdo » touchent les pans de la société sans distinction au nom des lumières. Faut-il se moquer de tout avec qui avec quoi ?
Je ne sais pas, mais ce dont je suis certain, c'est que derrière tout acte, toute caricature, tout dessin, il y a une part de vérité qu'il faut retrouver et comprendre.
Dessiner c'est aussi enseigner, résister, contre la pensée unique, c'est une arme redoutable difficile à emprisonner et pourquoi donc assassiner le rire, pour créer une tension dans un monde déjà en difficulté.
Charlie hebdo nous apporte chaque semaine, pour les uns une joie, pour d'autres une peine, mais a-t-on le droit de bâillonner cet autre qui ne fait que son job, pourquoi lui tirer dessus pour le taire à jamais.
Trop de violence au nom des religions alors que la religion c'est le lien. Quand on lit le Prophète Mohamed, on comprend sa douceur et sa gentillesse qui est saluée aujourd'hui par beaucoup de gens. Des groupuscules au lieu de laisser tranquilles les honnêtes citoyens sèment la terreur pour taire ou clouer la bouche des citoyens qui veulent vivre et rire dans le respect de l'altérité.
L'humour, le dessin, la peinture, etc, la liberté d'expression, l'union des républicains, les musulmans, les catholiques, les juifs et toutes les confessions ont le droit de vivre ensemble sous l'éclairage du soleil et des lumières.
Ce mercredi 7 janvier 2015 sera une date douloureuse pour la liberté de la pensée et nous n'oublierons pas.
La guerre de civilisation tant souhaitée, cette haine tant vomie, cette démocratie bafouée, n'aura jamais d'issue positive dans notre monde éduquée en constante mutations.
Je préfère vivre debout que de mourir assis, et je me battrai chaque jour pour repousser l'obscurantisme d'où qu'il vienne.
Je suis charlie, nous sommes tous pour le respect mutuel, le dialogue interculturel sain et l'invention de cette civilisation de l'universel tant recherchée par le président poête Léopold Sédar Senghor.
Pape Cissoko

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