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France: un braqueur récidiviste s'évade par hélicoptère d'une prison

Redoine Faïd, un braqueur récidiviste, s'est évadé ce dimanche 1er juillet au matin par hélicoptère de la prison de la région parisienne où il était incarcéré.

L'opération « de quelques minutes » n'a fait ni blessé ni otage, selon l'administration pénitentiaire.

Redoine Faïd était incarcéré à la maison centrale de Réau (région parisienne). Lors de son évasion, il a bénéficié de l'aide d'hommes « lourdement armés », a-t-on précisé de source proche de l'enquête. Redoine Faïd s'était déjà évadé de la prison de Lille-Séquedin (nord de la France) en 2013.

De source proche du dossier, on précise que l'évasion s'est faite « par hélicoptère, avec trois complices ». « L'hélicoptère a été retrouvé » à Gonesse, à une soixantaine de kilomètres de la prison, et « un dispositif de recherche a été activé dans toute l'île-de-France », a-t-on ajouté. Selon une source policière, l'hélicoptère, qui a été retrouvé brûlé, serait parti du Bourget, au nord de Paris.

Selon Nicole Belloubet, ministre de la Justice, les complices « avaient sans doute repéré les lieux par le biais de drones ». La police judiciaire a été saisie et « tous les moyens sont mobilisés pour localiser le fugitif », indique une source au ministère français de l'Intérieur. Les unités territoriales de la police et de la gendarmerie « ont été immédiatement alertées » et « des dispositifs coordonnées de contrôle et d'interception sont mis en place, qui tiennent compte de la dangerosité du fugitif et de ses possibles complices ».

Croquis d'audience qui montre Redoine Faïd devant la cour d'assises de Paris, le 2 mars 2016.BENOIT PEYRUCQ / AFP

Sa spécialité : l’évasion

La spécialité de Redoine Faïd c'est l'évasion. Durant l'évasion de la maison d'arrêt de Lille-Sequedin en 2013, il fait sauter cinq portes à l'explosif et prend quatre surveillants en otage. Après un mois et demi de cavale, il avait été rattrapé par la police dans un hôtel de la banlieue parisienne.

Son inspiration, Redoine Faïd l'a trouvé dans le cinéma. Il est notamment un grand fan du film Heat du réalisateur américain Michael Mann. Un film de 1995 dans lequel un policier incarné par Al Pacino pourchasse un braqueur à l'explosif.

Dans un livre qu'il a publié en 2010 et qui est intitulé Braqueur : des cités au grand banditisme, il confie qu'il a vu le film des dizaines de fois. C'est cela qui l'a poussé à se spécialiser dans le braquage de fourgons blindés de transport de fonds.

L'homme de 46 ans a été condamné en appel en avril à 25 ans de prison. Il avait organisé un braquage raté en région parisienne qui avait causé la mort en 2010 d'Aurélie Fouquet, une policière municipale.

« Un commando très bien renseigné »

Martial Delabroye est le secrétaire du syndicat Force ouvrière de la prison de Réau. Il est arrivé trente minutes après l'évasion de Redoine Faïd et de ses complices. Ses collègues lui ont parlé d'un commando « très bien renseigné, organisé et déterminé » : « Un hélicoptère s’est posé dans la cour d’honneur de l’établissement. C’est le seul endroit où il n’y a pas de filet antiaérien parce que à cet endroit-là, normalement il n’y a aucun détenu. Des individus lourdement armés de fusils d’assaut et de kalachnikovs sont descendus de l’hélicoptère, deux ou trois individus cagoulés. »

Quand ces individus sont descendus de l’hélicoptère, poursuit Martial Delabroye, ils ont « craqué des fumigènes de part et d’autre de la cour. Je pense que c’était pour créer un mouvement de panique. Ils ont disqué la première porte qui menait au parloir côté famille. Une fois arrivés au parloir, ils ont disqué les grilles palières pour accéder jusqu’au parloir de Redoine Faïd. Arrivés devant la porte du parloir, ils ont ouvert la porte, toujours à l’aide de la disqueuse, et l’ont fait sortir et l’ont extrait via l’hélicoptère. »

Une défaillance ?

La ministre française de la Justice a reconnu lundi sur Europe 1 qu'il y avait « peut-être » eu une défaillance à la prison d'où s'est évadé dimanche par hélicoptère le braqueur récidiviste Redoine Faïd, toujours en fuite. « J'ai demandé à ce qu'une mission d'inspection générale de la justice se rende sur place dès aujourd'hui et puisse voir comment les mesures de sécurité auraient été le cas échéant défaillantes pour que nous puissions y remédier », a encore déclaré la ministre.

Thomas SAMSON / AFP

Sommet de l'UE: accord au bout de la nuit sur les questions migratoires

A Bruxelles, les vingt-huit dirigeants de l'Union européenne ont trouvé un accord sur la question migratoire, vendredi 29 juin au petit matin, lors d'un sommet tendu, alors que les Italiens menaçaient de faire capoter la réunion faute d'engagements précis de ses partenaires européens concernant l'accueil des migrants.

« Les Vingt-Huit se sont accordés sur les conclusions du sommet, y compris la migration », a annoncé sur Twitter le président du Conseil européen, Donald Tusk, à 4h30 (2h30 TU), après des tractations marathon entamées la veille en début de soirée. Les détails de cet accord n'ont pas été précisés dans l'immédiat. « C'est la coopération européenne qui l'a emporté », s'est aussitôt félicité le président français Emmanuel Macron devant la presse, jugeant que « la solidarité que nous devons aux pays de première entrée a été actée ».

C'est « un très bon compromis », s'est réjoui de son côté le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki. « Il y a des déclarations sur des relocalisations (la répartition de demandeurs d'asile, NDLR) sur une base volontaire et elles sont basées sur le consensus », a-t-il ajouté. Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte s'est félicité d'un accord qui prévoit « une approche intégrée, comme nous l'avions demandé » avec « une Europe plus responsable et plus solidaire ». « C'était une longue négociation » mais « nous sommes satisfaits », a-t-il affirmé devant les journalistes.

Le président français Emmanuel Macron en discussion avec le président du Conseil, Donald Tusk. «L'Europe aura encore à vivre longtemps avec des pressions migratoires qui viendront de pays en crise, de pays pauvres», a souligné le président français.REUTERS/Francois Lenoir

« Qui arrive en Italie, arrive en Europe »

Parmi les points de satisfaction pour l'Italie, M. Conte a cité « le principe selon lequel qui arrive en Italie, arrive en Europe », « la possibilité de créer des plateformes de débarquement dans les pays tiers, sous l'autorité du Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) » et celle de « créer des centres (d'accueil) dans les Etats européens mais seulement sur une base volontaire, avec une gestion collective européenne ». De plus, le compromis « pose comme principe que tous les bateaux doivent respecter les lois, donc aussi les ONG, et ne pas interférer avec les opérations des garde-côtes libyens », a-t-il encore approuvé. Cette formulation répond aux critiques de Rome contre les ONG qui secourent des migrants près des côtes libyennes, comme l'ONG allemande qui opère le navire Lifeline, que l'Italie accuse de faire le jeu des passeurs.

Angela Merkel défiée par la CSU

Le sommet a également lieu sur fond de fragilité inédite de la chancelière allemande Angela Merkel, dont l'autorité est défiée sur la question migratoire par ses alliés de la CSU, l'aile droite de sa coalition. Son ministre de l'Intérieur menace de refouler aux frontières les migrants déjà enregistrés ailleurs, de manière unilatérale, faute de mesures européennes contre les déplacements de migrants dans l'UE, appelés « mouvements secondaires ». « L'Europe a beaucoup de défis mais celui lié à la question migratoire pourrait décider du destin de l'UE », a prévenu jeudi Mme Merkel, appelant à des solutions « multilatérales » et non « unilatérales ».

Si les dirigeants européens ne se mettent pas d'accord, ils vont fournir « un nombre croissant d'arguments » à des mouvements populistes, avait auparavant prévenu le président du Conseil européen, Donald Tusk. Et ce, même si les arrivées sur les côtes européennes ont chuté de manière spectaculaire comparé au pic enregistré à l'automne 2015.

Pays européens « volontaires »

Les propositions franco-italiennes qui ont alimenté les débats entre dirigeants européens portaient notamment sur la création de « centres contrôlés » dans des pays européens « volontaires », où seraient débarqués les migrants arrivant dans les eaux européennes. Les migrants éligibles à l'asile pourraient être répartis depuis ces lieux dans d'autres pays européens, eux-aussi volontaires, répondant ainsi au souhait italien d'une « responsabilité partagée » pour tous les migrants arrivant en Europe.

Une source gouvernementale italienne a salué la « contribution importante » de M. Macron, tout en relevant que quelques pays s'étaient opposés « avec force » à ces propositions, en laissant entendre qu'il s'agissait notamment de la Hongrie. « Ce qui est arrivé avec l'Aquarius est intéressant », a fait valoir cette même source en référence à ce navire avec 630 migrants à son bord, à qui l'Italie et Malte avaient refusé l'accostage début juin. « A son arrivée en Espagne, il y a eu un partage entre pays européens » de l'accueil des passagers, a observé cette source. Quant au Lifeline, un autre bateau humanitaire que Rome refusait d'accueillir, il a lui pu accoster mercredi à Malte après des jours d'incertitude.

Des centres hors de l'Union ?

Pour réduire au maximum le nombre de bateaux arrivant dans les eaux européennes, le président du Conseil européen Donald Tusk a de son côté proposé aux dirigeants des pays de l'UE de réfléchir à des « plateformes de débarquement hors de l'Europe » pour les migrants secourus en mer, qui « mettrait fin au modèle économique des passeurs ». Débarquer les migrants hors de l'UE épargnerait aux Européens de se quereller pour la prise en charge de navires. Mais les contours du projet restent encore très flous, et il suscite de nombreuses questions sur sa compatibilité avec le droit international.

Le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, a déjà fait savoir jeudi que son pays rejetait l'idée de tels centres d'accueil hos de l'Union européenne. Ce sommet du 28 juin devait initialement permettre de débloquer la réforme du régime d'asile européen, enlisée depuis deux ans. Mais cet objectif a été abandonné, les divergences étant trop fortes sur la réforme du Règlement de Dublin, qui confie aux pays de première entrée dans l'UE la responsabilité des demandes d'asile. La Commission propose de déroger à ce principe en période de crise, avec une répartition des demandeurs d'asile depuis leur lieu d'arrivée. Mais des pays comme la Hongrie et la Pologne, soutenus par l'Autriche, s'y opposent frontalement. L'Italie demande de son côté un système permanent de répartition, et l'abandon pur et simple du principe de la responsabilité du pays d'arrivée.

(avec AFP)

France: dix proches d'un groupe d'ultradroite mis en examen

Après quatre jours de garde à vue, dix personnes liées à l'ultradroite ont été mises en examen mercredi soir par un juge antiterroriste. Elles avaient été interpellées dans toute la France le week-end dernier, soupçonnées d'appartenir à un groupuscule violent. Parmi leurs cibles, des islamistes sortant de prison ou des mosquées radicales.

Agés de 32 à 69 ans, les suspects - neuf hommes et une femme - avaient été interpellés dans toute la France dans la nuit de samedi à dimanche, soupçonnés d'appartenir à un groupuscule dont les autorités craignaient « un passage à l'acte violent » aux contours encore « imprécis », selon le parquet de Paris.

Tous ont été mis en examen pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle », certains étant également mis en cause pour des infractions sur les armes et pour la fabrication et la détention d'engin explosif en relation avec une entreprise terroriste, a appris l'AFP jeudi de source judiciaire.

Lors des perquisitions, 36 armes à feu et des milliers de munitions ont été saisies, mais aussi des éléments entrant dans la fabrication d'explosif chimique de type TATP.

Nommé Action des forces opérationnelles, ce groupuscule proclamé son ambition de lutter contre le péril islamiste. Un groupe en pleine expansion, selon le parquet de Paris, qui indique que ces neuf hommes et une femme étaient dans le viseur de la justice depuis deux mois car ils tentaient de recruter de nouveaux membres et d'étendre leur maillage territorial.

Programmes de formation

Selon les premiers éléments de l'enquête, les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure ont rapidement identifié des programmes de formation au combat ainsi que des réunions pour définir des objectifs, mais surtout que des membres cherchaient à se procurer des armes et qu'ils avaient testé des explosifs et des grenades artisanales.

Considéré comme le chef de file de ce réseau, un retraité de la police nationale avait, selon l'enquête, la volonté de durcir l'action d'AFO parmi les inculpés figurent également un ancien militaire, un ex-professeur, un artisan et un employé de restaurant.

RFI

Sommet européen: les Vingt-Huit face au défi de la question migratoire

La question de la gestion des flux migratoires n’est certes pas le seul dossier de poids à l’ordre du jour bruxellois des vingt-huit chefs d’État et de gouvernement, mais elle écrase tous les autres thèmes, tant elle est à la fois grand-public et politiquement chargée. Angela Merkel, devant le Bundestag, a plaidé pour une solution européenne et des négociations avec les pays africains.

Avec notre bureau de Bruxelles,

Les positions antagonistes sont connues : les quatre pays d’Europe centrale ne veulent accueillir aucun migrant, pas même les réfugiés reconnus par les Nations-Unies et que les conventions internationales leur font obligation de protéger.

Ceci fait obstacle au système de répartition équitable des réfugiés, en particulier syriens, entre les vingt-huit pays de l’UE, pourtant régulièrement adopté par les ministres européens. C’est un camouflet sans précédent à deux principes fondamentaux de l’Union européenne : la solidarité entre pays-membres, et le respect des décisions prises en commun.

Renforcement de Frontex

Mais, paradoxalement, la tonitruante priorité donnée au contrôle des flux migratoires par les partis au pouvoir en Autriche, en Hongrie, en Italie (sans oublier la Bavière) devrait aboutir à consacrer la défense des frontières extérieures de l’UE, en premier lieu par le renforcement de la Force européenne de Garde-frontières et de Garde-côtes, dont les effectifs passeront à plus de 10 000 agents.

On n’est plus en période électorale, et plus personne ne soutient sérieusement que l’on peut se replier efficacement à l’intérieur de ses frontières nationales ; l’approche paneuropéenne s’impose donc tout naturellement.

Où établir les centres d'accueil ?

Mais il y a aussi l'épineuse question des centres d'accueil. L'Autriche soutient l’idée d’en établir à l'extérieur de l'Union, où les migrants pourraient déposer leurs demandes d’asile. La France comme l’Espagne plaident à l’inverse pour l’instauration de centres d’accueil fermés sur le sol européen. Ils seraient installés près des zones de débarquement des migrants, c’est-à-dire essentiellement en Italie et en Grèce.

Mais Rome n’en veut pas. Giuseppe Conte arrive lui aussi avec une série de propositions parmi lesquelles la création de centres pour les migrants dans les pays de transit en Afrique du nord.

Accords bilatéraux

Angela Merkel, sous la pression de son ministre de l’Intérieur qui veut des mesures pour empêcher les migrants de se déplacer librement d’un pays à l’autre de l’Union, tente, faute de mieux, de conclure des accords bilatéraux. C'était l'essence même de son discours, ce jeudi matin, devant le Bundestag : « Nous devons négocier avec les Etats africains si nous voulons que leurs concitoyens ne quittent plus leurs pays pour gagner l'Europe en mettant leur vie en danger, en payant beaucoup d'argent à des passeurs et en soutenant des structures criminelles. Ces migrants ont très peu de chance d'obtenir un droit de séjour en Europe et nous devons discuter avec les pays africains de leur rapatriement. »

« Mais il nous faut aussi trouver des moyens de dissuader ces migrants de mettre leur vie en danger en traversant le désert, poursuit la chancelière. Nous devons discuter d'égal à égal et non pas décider seuls pour les Africains. Comme avec la Turquie, nous devons trouver des accords qui profitent aussi à ces pays et qui prévoient une migration légale pour des étudiants ou à travers des offres d'emplois. En aucun cas, nous ne devons prendre des mesures seuls qui seraient condamnées à l'échec. »

Gerald Knaus, président fondateur de l'ONG European Stability Initiative et « père spirituel » de l'accord sur les migrants entre l'Union européenne et la Turquie explique quelles solutions pourraient être trouvées aujourd'hui :

Il faut un groupe d'Etats qui veulent une solution commune.
Gérald Knaus, président fondateur de l'ONG European Stability Initiative (ESI) 28/06/2018 - par Pascal Thibaut

REUTERS/Hani Amara

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