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International

La Cour suprême valide le décret migratoire très controversé de Trump

La Cour suprême a validé ce mardi 26 juin le décret de Donald Trump durcissant l'entrée aux Etats-Unis pour les ressortissants de six pays majoritairement musulmans. Cette décision de la plus haute juridiction américaine met fin à une longue saga judiciaire.

Par cinq voix contre quatre, les juges de la Cour suprême ont validé le très controversé décret migratoire de Donald Trump. Adopté le 27 janvier 2017, une semaine après l'entrée en fonction du président, il prévoit l'interdiction du territoire américain aux ressortissants de six pays, pour la plupart à majorité musulmane : Iran, Libye, Somalie, Syrie, Yémen et Corée du Nord. Le Tchad y figurait également avant d'en être retiré le 10 avril.

Dans son arrêt, la plus haute juridiction américaine estime que le président n'a fait qu'user de façon légitime de ses prérogatives en matière d'immigration. « L'Etat a mis en avant une justification suffisante en termes de sécurité nationale », précise le président de l’institution. Donald Trump a rapidement communiqué sa satisfaction. « La Cour suprême valide le travel ban : wahou ! », a-t-il écrit en lettres capitales sur Twitter dans les minutes qui ont suivi la publication de l’arrêt.

Dans un communiqué publié un peu plus tard, la Maison Blanche salue une « énorme victoire pour le peuple américain et la Constitution ». Cette décision intervient en effet après des mois de batailles judiciaires, rappelle notre correspondante à Washington, Anne Corpet.

Le texte validé a été modifié à trois reprises et à chaque fois la justice s’était interposée. Sans parler de la mobilisation populaire. La présidence américaine tacle au passage ses opposants, évoquant « des commentaires hystériques de la part des médias et des politiciens démocrates qui refusent de faire ce qu'il faut pour notre pays. »
Triomphant, l'hôte de la Maison Blanche en profite pour dénigrer au passage la politique de ses alliés européens : « L'Union européenne se réunit en ce moment pour renforcer sa politique migratoire parce qu'ils ont été débordés, débordés. Et franchement beaucoup de ces pays ne sont plus les mêmes aujourd'hui. Mais nous avons enregistré une immense victoire aujourd'hui et nous l'apprécions, le pays en avait besoin. C'est une grande victoire pour le pays. »

« Du vandalisme moral »

Bien que le président ait dû alléger sa formulation pour qu'il soit validé par la justice. Mais les démocrates restent consternés par le contenu du texte.  « Le président n'a pas pu faire ce qu'il voulait faire. Ce texte est en retrait par rapport à sa position initiale qui était d'interdire le territoire en fonction de la religion. Je suis toujours en désaccord avec le décret et sa validation mais nous ne devons pas oublier comment tout a commencé, quand notre président a dit qu'il voulait bannir du territoire les gens venus de pays musulmans. C'est du vandalisme moral et je ferai tout ce que je peux pour défendre nos valeurs », a ainsi réagi Corey Brooker, sénateur du New Jersey.

C’est la première décision majeure de la Cour suprême au sujet d’une politique décidée par Donald Trump. Il n'existe aucun recours après la décision de la plus haute autorité judiciaire du pays. Seule la Cour suprême peut elle-même revenir sur un arrêt qu'elle a rendu. Cela n'est envisageable qu'en cas de changement de majorité au sein d'une instance où les juges sont nommés à vie.

La décision de la Cour survient en plein débat sur la politique zéro menée aux frontières au sujet de laquelle Donald Trump a dû reculer pour mettre un terme à la séparation des familles. Le sort des enfants de migrants séparés de leurs parents continue d’ailleurs à alimenter la polémique puisque dix sept Etats se sont réunis et ont porté plainte contre l’administration fédérale pour la contraindre à réunir ces familles dispersées. La décision de la Cour suprême sur le Travel Ban est donc une victoire judiciaire qui ne pouvait donc pas mieux tomber pour la Maison Blanche qui bataille toujours avec le Congrès pour faire adopter sa loi sur l'immgration.

Mark Wilson/Getty Images/AFP

Les migrants, le sujet qui fâche entre le pape François et Emmanuel Macron ?

Placée entre deux réunions européennes consacrées à cet épineux dossier et à quelques heures d'une vive polémique opposant le nouveau ministre de l'Intérieur italien au président français, nul doute que la question des migrants sera au cœur de la discussion entre le pape François et Emmanuel Macron. D'ailleurs, le président français a pris soin de « déminer » le terrain puisqu'il a commencé sa journée à Rome par un petit déjeuner avec la communauté Sant'Egidio, ONG catholique de 60 000 membres, présente dans 70 pays et très en pointe sur le sujet. Son fondateur, l'historien Andrea Riccardi, est l'un des conseilleurs influents du pape François.

Lire aussi notre entretien avec Andrea Riccardi

François a été le premier leader à mettre le sujet des migrants sur la place publique, jalonnant son pontificat de gestes forts – déplacements à Lampedusa, à Ciudad Juárez, à Lesbos, accueil de réfugiés musulmans au Vatican... Dès 2014, à Strasbourg, ce pape qui se bat pour « construire des ponts » face à « ceux qui élèvent des murs » exhorte les parlementaires européens à ce que « la Méditerranée ne devienne pas un grand cimetière ». En 2015, dans son encyclique fondatrice Laudato si', dénonçant la « culture du déchet » qui caractérise nos sociétés prédatrices, il écrit : « Le manque de réaction face à ces drames de nos frères et sœurs est un signe de la perte de ce sens de responsabilité à l'égard de nos semblables, sur lequel se fonde toute société civile. »
« Accueillir, protéger, promouvoir, intégrer »

Le 15 août 2017, le souverain pontife interpelle le monde pour que la « sécurité personnelle » des migrants passe « avant la sécurité nationale », avant de tempérer le propos en s'en remettant à « la prudence » des gouvernants. François a de nouveau employé ce mot très récemment, le 21 juin, dans l'avion qui le ramenait de Genève, parlant aussi d'un « plan serein pour les réfugiés » en soulignant qu'« un pays doit accueillir autant de réfugiés qu'il le peut, qu'il peut intégrer et éduquer ». « Le pape François, rappelle Mgr Bruno-Marie Duffé, secrétaire du dicastère sur le développement humain intégral au Vatican, s'en tient à son texte publié le 1er janvier dernier pour la Journée mondiale de la paix et intitulé « Migrants, chercheurs de paix ». Pour lui, le rôle des États tient en quatre verbes : accueillir, protéger, promouvoir, intégrer.

Avec les discussions sur le projet de loi asile et immigration – actuellement devant le Sénat – et les pérégrinations médiatisées de l'Aquarius, Emmanuel Macron est mis sous pression sur ce dossier, en particulier de la part de l'épiscopat français, comme s'en est fait récemment l'écho dans nos colonnes Mgr Benoist de Sinety, vicaire général du diocèse de Paris. Le pape François, grand allié d'Angela Merkel, va-t-il « sermonner » le président français sur cette question ?
« Un messager »

« Le pape ne fait pas la leçon, il n'est pas dans cette posture, assure Mgr Duffé. Il dit tranquillement ses convictions, sa sensibilité profonde sur le sujet, notamment parce qu'il est lui-même petit-fils de migrants, mais surtout parce qu'il a la conviction depuis longtemps qu'il s'agit d'un enjeu majeur pour la planète. Il ne cesse de répéter aux gouvernants : Ne faites pas seulement des migrants des assistés, mais aussi des acteurs. Et il voit bien que les discussions politiques tournent plus à la restriction et au contrôle qu'à l'accueil. Le pape est très préoccupé par l'impossible consensus européen sur la question. »

Dans ce contexte, constate le prélat français, « vu les positions tranchées au sein de l'Union européenne » et « la situation politique italienne, comme allemande, qui ne simplifie pas les choses », Emmanuel Macron « peut devenir un interlocuteur privilégié, voire un messager pour le pape ». Voilà un positionnement qui serait on ne peut plus jésuite, puisqu'Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus, enjoignait à ses compagnons d'influencer les puissants… Las, sur ces questions, le spirituel, l'humanitaire et le politique, gestionnaire de son pays, comptable de l'ordre public et soumis aux mouvements de l'opinion publique, ont du mal à s'accorder.

Le Point.fr

Emmanuel Macron au Vatican: une visite lourde de symboles

Emmanuel Macron se rend à Rome pour une visite officielle au Vatican, mardi 26 juin. Le président de la République va rencontrer le pape François en audience privée. Mais il va aussi prendre possession de son titre de « premier et unique chanoine honoraire de l’archibasilique majeure de Saint-Jean-de-Latran », héritage d'une tradition historique.
Le titre de « premier et unique chanoine honoraire de l’archibasilique majeure de Saint-Jean-de-Latran » est avant tout honorifique. Il revient aux rois de France depuis Henri IV comme remerciement pour le don au Saint-Siège de l’abbaye de Clairac, dans le Lot-et-Garonne.

La tradition a perduré jusqu’à nos jours. Les présidents de la République française sont tous chanoines de Latran. Certains choisissent de venir prendre possession de leur titre, comme le général de Gaulle ou Jacques Chirac. D’autres, à l'instar de François Mitterrand ou François Hollande, ne le font pas.

Monseigneur Rougé, ancien directeur du service pastoral d’études politiques et prochain évêque des Hauts-de-Seine, se réjouit qu’Emmanuel Macron vienne recevoir ce titre. « Le fait de lerecevoir sobrement et simplement est une manière d’accueillir une histoire qui fait partie de la vie d’aujourd’hui où la France, comme le disait Emmanuel Macron aux Bernardins, a peut-être des racines mais aussi une sève chrétienne », estime-t-il.

Réparer le « lien abîmé »

Le président de la République a en effet prononcé un discours important devant la conférence des Evêques au Collège des Bernardins en avril dernier. S'adressant aux catholiques de France, il leur a dit : « Le lien entre l’Eglise et l’Etat s’est abîmé, il nous importe de le réparer. Pour cela, il n’est pas d’autre moyen qu’un dialogue en vérité. Ce dialogue est indispensable et si je devais résumer mon point de vue, je dirais qu’une Eglise prétendant se désintéresser des questions temporelles n’irait pas au bout de sa vocation et qu’un président de la République prétendant se désintéresser de l’Eglise et des catholiques manquerait à son devoir ».

Ces propos ont fait polémiques, car certains y ont vu une atteinte à la laïcité. Bruno Cautrès, politologue du centre de recherche politique de Science Po, explique pourquoi ce sujet est si sensible en France : « On peut voir qu’Emmanuel Macron prête beaucoup d’attention à montrer qu’il lui tient à cœur [d'avoir] des bonnes relations entre la France et l’Eglise catholique. Ca pose toujours la question de cette tension : peut-on être un chef d’un Etat laïc et en même temps entretenir des rapports avec les Eglises ? ».

Des convergences avec le pape ?

Dans l’entourage du chef de l’Etat, on assume totalement ce message aux catholiques et on explique qu’Emmanuel Macron a voulu réaffirmer l’importance de leur contribution dans la vie publique, les inviter à s’engager. La notion d’engagement, c’est un point de convergence avec le pape François. Les deux hommes ont une autre chose en commun : une éducation jésuite. Emmanuel Macron, qui a été baptisé à 12 ans à sa demande, a étudié au lycée La Providence à Amiens.

Quant au titre de chanoine de Latran, le président de la République n’a pas hésité à choisir de le recevoir. Pourtant, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, estime que cela ne va pas forcément de soi. « Pourquoi ni François Mitterrand, ni François Hollande n’ont pas été cherchés ce titre ? Tout simplement parce qu’ils avaient le souci de rappeler que nous sommes une République laïque et de ne pas donner le sentiment qu’il y a un lien particulier établi entre l’Eglise catholique et l’Etat français », explique-t-il.

La comparaison avec Nicolas Sarkozy

Emmanuel Macron doit donc prendre des précautions lors de cette visite. D’autant plus que le dernier président qui est allé recevoir son titre de chanoine de Latran, Nicolas Sarkozy, avait provoqué beaucoup de remous avec le discours prononcé à Rome. « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé même s’il est important qu’il s’en approche parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance », avait-il déclaré.

A l’Elysée, on s’attendait à la comparaison avec Nicolas Sarkozy et on explique que les deux démarches n’ont rien à voir. Emmanuel Macron a d’ailleurs choisi de ne pas prononcer pas de discours au Latran. Le meilleur moyen pour éviter de prêter le flanc aux critiques.

LUDOVIC MARIN / POOL / AFP

Migrants: les participants au mini-sommet se quittent sans conclusion commune

Les dirigeants de 16 pays de l'UE étaient réunis ce dimanche en mini-sommet à Bruxelles pour évoquer la question migratoire et tenter de trouver des solutions communes à un dossier qui provoque de vives tensions au sein de l'Union.

Les chefs d'Etat et de gouvernement réunis ce dimanche 24 juin à Bruxelles se sont quittés sans adopter de conclusions communes. Une déclaration formelle n'était de toute façon pas à attendre de cette simple réunion de travail, destinée simplement à préparer le Conseil européen des 28 et 29 juin prochains.

Selon le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez et la chancelière allemande Angela Merkel, cette réunion a surtout permis à chacun de faire preuve de bonne volonté et d'exposer ses propres préoccupations.Le président du Conseil italien Giuseppe Conte a fait part sur Twitter de sa satisfaction.

Le chef de l'Etat français Emmanuel Macron a quant à lui déclaré que ce mini-sommet a permis d'évacuer des solutions « qui n'étaient pas conformes à nos valeurs ».

Angela Merkel a d'ailleurs estimé lors de son départ que la solution la plus plausible serait la conclusion d'accords bilatéraux pour résoudre les crises au cas par cas. C'est là le contraire du principe de coopération européenne.

On sent bien que les positions sont toujours éloignées et que la solidarité européenne n'est pas prête à jouer, constate notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet. Or, c'est cette solidarité que réclament les pays du Sud, à savoir l'Espagne, la Grèce et surtout l'Italie. Pour l'instant, les pays d'Europe centrale ne veulent pas en faire preuve. La France et l'Allemagne préconisent toujours de leur côté le Règlement de Dublin, qui prévoit que les demandes d'asile des migrants sont traitées dans le premier pays où leurs empreintes ont été enregistrées.

L'idée de répartir les migrants par quotas n'avance pas non plus. D'un côté, les pays d'Europe centrale - représentés hier par l'Autriche - qui ont martelé que la répartition des migrants par quotas, même uniquement en cas de crise restait taboue. De l'autre côté, il y a les pays méditerranéens, en particulier l'Italie : ils déplorent le manque de solidarité et dénoncent le maintien du règlement de Dublin. Pour Emmanuel Macron, ce sont les questions de politique intérieure qui déstabilisent le débat européen : « Aujourd'hui, c'est un défi qui est lié à la pression politique dans certains Etats membres et à ce qu'on appelle l'émigration secondaire [...] Certains essaient d'instrumentaliser la situation de l'Europe pour créer une tension politique et jouer avec les peurs. » La solution qui semble pour l'instant se dessiner est celle d'une sous-traitance du dossier migratoire par des pays hors de l'UE.

Il y a malgré tout des résultats tangibles à ce sommet avec trois axes de travail sur lesquels les Européens se sont accordés : l'accélération des réformes internes, la protection des frontières et la recherche de coopération avec les pays des Balkans ou d'Afrique pour endiguer en amont la pression migratoire.

Geert Vanden Wijngaert/Pool via Reuters

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