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Europe: l'enjeu des données mobiles des migrants

Les téléphones portables sont de véritables lignes de vie pour les migrants. Outils de documentation, systèmes de navigation, mais aussi et surtout moyens de communication, ils leur permettent d’établir un contact régulier avec leurs proches, les passeurs, et toute autre personne susceptible de les aider dans leur périple. Mais justement parce qu’ils leur permettent de rester connectés, les téléphones portables exposent aussi les migrants à de véritables risques. Parmi eux, l’exploitation de leurs données mobiles par les autorités de certains pays européens, qui peut permettre de retracer leur parcours ou vérifier leur identité.

 

Lorsqu’ils sont contraints de quitter leur pays d’origine, des milliers de migrants laissent derrière eux leurs foyers avec pour seuls bagages quelques billets, et un téléphone portable. Juste de quoi leur permettre d’atteindre l’Europe. Être connecté est un point essentiel dans une situation de migration forcée, pour rester en contact avec ses proches, mais aussi pour pouvoir joindre les secours.

 

Pour des questions de mobilité, de localisation et de sécurité, les téléphones sont donc des outils indispensables aux migrants, mais pas seulement. Selon Wired UK, la déclinaison britannique du mensuel américain Wired, certains gouvernements européens utilisent les téléphones portables des migrants et en extraient les données mobiles de géolocalisation et de messagerie.

 

Des entreprises spécialisées dans l'extraction de données

 

« Ça ne me surprendrait pas, affirme Carleen Maitland, professeur associée à l’université des sciences de l’information et technologie de Pennstate. Il y a 20 ans déjà, si quelqu’un faisait une demande d’asile, les agents de l’immigration demandaient des preuves pour vérifier les propos des demandeurs. C’est extrêmement inquiétant, et décevant pour des gens qui ont déjà tout perdu de devoir perdre, en plus, leurs souvenirs numériques ».

Un acte rendu possible par la recrudescence d’entreprises spécialisées dans ce domaine, comme par exemple au Royaume-Uni. Là-bas, plusieurs entreprises possèdent même des contrats avec les forces de police britanniques, comme le révèle un rapport de Privacy International, une organisation non gouvernementale basée à Londres, militant pour le droit à la vie privée.

 

Selon l'une de ces sociétés, MSAB, 97% des forces de police britanniques utiliseraient le logiciel XRY, donnant même un accès aux données supprimées des appareils mobiles, qu’il s’agisse de smartphones, de modem 3G, de GPS ou encore de tablettes.

Manque de transparence

 

Aujourd’hui, Privacy International n’a pas la preuve que les forces de police ont recours à ce type de pratique envers les migrants, et ce malgré les révélations du journalThe Guardian en 2016, statuant que le Home office, le ministère de l’Intérieur britannique, pouvait bel et bien avoir accès aux données mobiles des téléphones des migrants soupçonnés d’avoir commis un crime. Mais sur quels critères ? Le problème pour Privacy International : un manque de transparence sur cette question, régulée par une loi, selon eux, obsolète -  la loi sur la police et les preuves pénales, datant de 1984. Elle accorde à la police le pouvoir d’exiger « n’importe quelle information stockée sous toute forme électronique ».

 

« Nous craignons que les données mobiles des migrants soient extraites de leurs téléphones portables quand ils sont détenus dans des centres de rétention, ou lorsqu’ils passent d’un centre à un autre (au Royaume-Uni), sans que personne ne le sache vraiment », s’inquiète Millie Graham Wood, avocate au sein de Privacy International. « La loi sur laquelle ils disent s’appuyer est inadéquate et inapplicable aux nouvelles technologies », ajoute-t-elle.

 

Un volume d'informations important

 

Une inquiétude d’autant plus légitime lorsque l’on sait à quelles informations peuvent accéder les services de police britanniques quand ils ont recours à la technologie de Cellebrite : les numéros de chacun des contacts enregistrés dans le téléphone, le journal d’appel, les messages textes et images envoyés, toutes les vidéos et images ainsi que leur date et heure de création (parfois même accompagnées de leur géolocalisation), les fichiers audio, les e-mails, les informations de navigation, les données GPS, les messages et contacts des applications de réseaux sociaux, tous les réseaux bluetooth auxquels a été connecté le téléphone, les codes de déverrouillages (qu’il s’agisse de chiffres ou de schémas), et même les données supprimées.

 

« Ils n’ont aucune idée du volume d’informations qui peut leur être pris, et comment cela pourrait être utilisé contre eux dans le futur », explique Millie Graham Wood. D’autant que les informations trouvées dans le téléphone ne sont pas forcément précises et fiables à 100%. « Avec ce manque de transparence autour de la question de la provenance des données des migrants et de leur utilisation, il y a un risque d’erreur judiciaire, qui pourrait conduire à des expulsions à cause de ce qu’on a trouvé sur les téléphones et qui pourrait s’avérer incorrect. »

 

Mais le Royaume-Uni n’est pas le seul pays d’Europe où les données mobiles peuvent se retourner contre les migrants. En Allemagne, la loi est plus claire : depuis le 18 mai 2017, les autorités peuvent examiner les métadonnées des migrants potentiels et déterminer dans quels pays ils ont été, et à quel moment - vérifier, donc, leurs témoignages lors de leur demande d’asile en cas de doute.

 

Selon Wired, les autorités allemandes ont recours à un logiciel informatique appelé Atos, qui utilise les technologies de deux entreprises spécialisées dans l’analyse forensique des téléphones, T3K... et MSAB. Une combinaison d’outils qui permet d’accéder aux métadonnées contenues dans les téléphones portables.

Des politiques différentes en Europe

 

En Allemagne, la loi sur la surveillance des téléphones ne peut s’appliquer que dans le cas où l’identité ou la nationalité d’un demandeur d’asile ne peut pas être prouvée, et s’appuie sur la section 15a de l’Asylum Act, selon Annegret Korff, porte-parole de l'Office allemand des migrations (BAMF), interrogée par confrères du site Infomigrants. Seul le BAMF peut ensuite traiter ces données.

 

En 2017, la Belgique s’est aussi inspirée de son voisin allemand ; au mois de novembre, la Chambre a adopté la réforme du droit d'asile du secrétaire d'Etat Theo Francken. Un texte qui donne aux autorités la possibilité d’inspecter les téléphones portables des demandeurs d’asile, mais aussi d’éplucher leurs profils sur les réseaux sociaux afin de vérifier le récit du candidat quant à son parcours. L’objectif est aussi de contrôler leur identité s’ils ne possèdent pas de documents pouvant la prouver. En cas de refus de rendre accessible son téléphone portable et ses réseaux sociaux, le demandeur d’asile peut être enfermé.

 

Même chose en Turquie. Là-bas aussi, les autorités se penchent sur les profils des migrants, dès leur passage à la frontière avec la Syrie. C’est ce que l’on peut lire dans un article de Marie Gillespie, professeur de sociologie à l’Open University du Royaume-Uni, et Souad Osseiran, anthropologiste spécialisée sur les questions de migrations et réfugiés en Turquie, ainsi que Margie Cheesman, de l’université d’Oxford au Royaume-Uni. Ils ont interrogé Saleem, qui témoigne : « quand je suis arrivé à la frontière en Turquie, le garde a pris mon téléphone et m’a demandé mon mot de passe Facebook. Au début, je ne voulais pas lui donner parce que j’avais peur, mais ils m’ont mis en prison pendant 15 jours, et m’ont frappé. Ils avaient pris mon téléphone, et j’étais coincé. »

 

Dans l’article, on apprend aussi que la surveillance en ligne peut continuer une fois les frontières européennes passées, puisque les autorités demandent aux demandeurs d’asile des informations à propos de leur compte Facebook, les incitant à « nettoyer » leurs profils.

 

La France adopte, elle, une position différente de ses voisins : les autorités ne peuvent surveiller les données mobiles des migrants pour des procédures administratives telles que des demandes d’asile, sauf dans le cadre de la lutte contre le terrorisme - où n’importe quelle personne suspectée peut être mise sur écoute.

 

Mais alors pourquoi de telles différences de pratiques entre les pays européens ? Interrogé par Infomigrants en mars 2018, le Bureau des migrations et des affaires intérieures de la Commission européenne a répondu que le droit européen ne réglementait pas cette question. Chaque Etat-membre est donc en mesure de décider si oui ou non les demandeurs d’asile doivent remettre leur téléphone portable aux autorités, et s’ils font appel à des entreprises comme MSAB. La firme résume d’ailleurs bien quelles sont ses possibilités en matière d’exploitation des données : « si vous avez accès à une carte SIM, vous avez accès à la vie entière d’une personne ».

 

RFI

Canicule: 18 départements français placés en «vigilance orange»

Suite à de fortes chaleurs avoisinant les 35 degrés, le plan canicule est déclenché depuis mercredi 25 au soir en région parisienne. Au total, 18 départements ont été placés en « vigilance orange » par Météo-France. Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, se sont rendus dans une maison de retraite à Issy-les-Moulineaux, près de Paris.

Le Premier ministre et la ministre des Solidarités et de la santé se sont rendus mercredi à la maison de retraite Lasserre, un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) des Hauts-de-Seine.

Dès qu'on passe le seuil de cet établissement, on sent la climatisation. Ce quinquagénaire venu rendre visite à sa mère, âgée de 95 ans, apprécie : « Ici, c’est bien, c’est climatisé. Les chambres aussi sont climatisées et les personnes s’en occupent énormément. Ils les font boire, ils s’occupent d’eux. Des fois, il peut y avoir des perfusions s’ils sont un petit peu en difficulté. C’est parfait. »

18 départements en vigilance orange

Des consignes sont affichées un peu partout invitant les résidents à s'hydrater régulièrement. Bernard, 84 ans, essaie de les respecter. « Mon thé le matin, un verre de vin le midi, un jus de pomme l’après-midi et puis un verre de vin le soir. Ils ont dit qu’il fallait boire, qu’il fallait se rafraichir avec la canicule, explique-t-il. Mais ça, je connais. Si j’en ai besoin, je bois. Mais autrement en ce moment, je n’ai pas soif. Je viens de manger une glace, mais ce n’est pas tous les jours. »

A Paris, un dispositif d'accompagnement est mis en place pour les personnes âgées isolées. Les agents municipaux peuvent les contacter par téléphone et alerter les services médicaux si besoin.

Des salles où venir se rafraîchir sont également ouvertes entre 14h et 18h, dans des mairies d'arrondissement ou des centres d'action sociale. L'application Extrema Paris recense pour sa part des îlots de fraîcheur, comme les parcs ou les églises.

Pic de pollution

Au total, Météo-France a placé mercredi 18 départements en « vigilance orange » canicule, soit le double de la veille, dans une diagonale allant du Nord et du Pas-de-Calais à la Drôme et l'Ardèche, en passant par la région parisienne.

Conséquence de ces fortes chaleurs, couplées au trafic routier et aux activités industrielles, l'Ile-de-France connaît un pic de pollution à l'ozone, prévu pour durer au moins jusqu'à jeudi. Ce gaz corrosif favorise l'asthme et peut aggraver des troubles cardio-vasculaires ou respiratoires.

AFP

Etats-Unis: le gouvernement peine à réunir les familles de migrants séparées

Aux Etats-Unis, le délai imposé par la justice américaine à l'administration Trump pour réunir les familles de migrants séparées à la frontière mexicaine expire ce jeudi. Plus de 2 500 enfants ont été séparés de leurs parents en traversant illégalement la frontière mexicaine, mais à la veille de l’expiration du délai, l'administration américaine était toujours à la recherche de plusieurs centaines de parents.

Avec notre correspondant à San Francisco,Eric de Salves

Au nom de la politique de tolérance zéro de Donald Trump, son administration a séparé entre mai et juin plus de 2 500 enfants de leurs parents entrés clandestinement aux Etats-Unis. Face au tollé suscité par les images de bambins arrachés des bras de leurs mères par les douanes américaines, Donald Trump a finalement fait marche arrière et suspendu cette mesure très contestée par un décret du 20 juin.

Six jours plus tard, après une plainte d'ACLU, une puissante association de défense des libertés, un juge de San Diego donnait 30 jours à son gouvernement pour réunir ces familles avec leurs enfants âgés de plus de 5 ans et un peu moins pour les enfants de moins de 5 ans. Un délai que les autorités ne semblent aujourd'hui pas en mesure de tenir.

ACLU dénonce un « processus de réunification chaotique ». Une semaine avant expiration, à peine 350 des 2 500 familles de migrants séparés à la frontière mexicaine avaient en effet été réunies. Mardi, l'administration Trump assurait en avoir réuni plus d'un millier et 600 autres d'ici ce jeudi 26 juillet.

Le problème, c’est que les autorités expliquent avoir perdu la trace d'au moins 500 parents qui auraient été expulsés des Etats-Unis sans leur enfant. Mardi, le tribunal de San Diego qualifiait cette incapacité du gouvernement américain à retrouver des familles qu'il a lui-même séparées de leurs enfants de « profondément préoccupante ».

REUTERS

Affaire Benalla: Emmanuel Macron change de stratégie

Une semaine après le déclenchement de l'affaire Benalla, Emmanuel Macron s'est de nouveau exprimé ce mercredi 25 juillet pour tenter de désamorcer la crise.

Emmanuel Macron poursuit son opération de reconquête. « Vous avez dit ces derniers jours beaucoup de bêtises », a-t-il lancé ce mercredi aux médias, en marge d'un bain de foule à Bagnères-de-Bigorre, dans le sud-ouest de la France. Evoquant les avantages dont aurait bénéficié son ex-collaborateur Alexandre Benalla, le chef de l'Etat l'affirme : « Tout cela était faux. »

« J'ai vu ces derniers jours beaucoup de gens perdre la raison avec des réactions disproportionnées et avec une violence.... », a regretté Emmanuel Macron, fustigeant le recherche d'« un procès politique sur la base d'une affaire qui est triste mais qui est l'affaire d'un homme ». « Je suis fier de l'avoir embauché à l'Elysée parce que c'était quelqu'un qui était dévoué et qui avait un parcours différent », a-t-il encore affirmé aux journalistes de BFMTV et CNEWS, seuls présents dans cette étape qui n'était pas prévue à son agenda.

Calmer les esprits

Après cinq jours de silence suite aux révélations du Monde sur les violences commises par son ex-collaborateur lors des manifestations du 1er-Mai, Emmanuel Macron tente de reprendre la main. Son but : essayer de désamorcer lui-même les critiques dont il fait l'objet afin de calmer les esprits. Sa tactique : assumer toutes les décisions prises par ses collaborateurs pour sanctionner Alexandre Benalla dont il condamne les actes violents qualifiés de « choquants », tout en ne reniant pas les qualités dont il avait fait preuve auparavant et qui l'avaient incité à l'embaucher.

Alexandre Benalla « a fait une faute réelle, grave, que j'ai vécue comme une trahison. Il a été sanctionné pour cette faute. Il a ensuite repris son travail conformément à cette sanction. Quand il a fait une deuxième faute, il a été sanctionné plus durement, par un licenciement », a rappelé le chef de l'Etat. Emmanuel Macron assume, mais admet néanmoins qu'il n'est pas « infaillible ». Il cherche ainsi à faire comprendre que la recherche de l'exemplarité n'empêche pas de faire des erreurs.

Remobiliser la majorité

La riposte a commencé hier après-midi lors de la séance des questions au gouvernement au Palais Bourbon. Dans une ambiance électrique, le Premier ministre Edouard Philippe a répondu au feu roulant des critiques des députés. Avec déjà les mêmes arguments que ceux avancés depuis par Emmanuel Macron. L'affaire Benalla n'est pas « une affaire d'Etat », mais « une affaire individuelle », a ainsi martelé le chef du gouvernement. L'opération s'est poursuivie avec l'audition du directeur de cabinet de l'Elysée Patrick Strzoda devant la commission des Lois de l'Assemblée nationale, qui a assumé les sanctions prises contre Alexandre Benalla. Puis avec une prise de parole du président lui-même qui a remobilisé sa majorité.

Devant des ministres et des élus LREM-MoDem réunis à la Maison de l'Amérique latine à Paris pour arroser la fin de la session parlementaire, le chef de l'Etat s'est affirmé comme « le seul responsable » de l'affaire. « Qu'ils viennent me chercher », a-t-il lancé, bravache.

Si le défi s'adressait à l'opposition, celle-ci ne demande que ça, réclamant, au moins pour une partie d'entre elle, que le président de la République vienne répondre aux questions des commissions parlementaires et s'exprime devant l'ensemble des Français, plutôt que de ne parler qu'à son camp. Mais le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux rejette l'hypothèse d'une audition d'Emmanuel Macron par les députés, au nom du principe de la séparation des pouvoirs. Quant à s'adresser aux Français, il n'en est pas non plus question pour le moment. Le président reste le « maître des horloges », assure Benjamin Griveaux.

L'Assemblée se déchire sur la liste des auditions

Mais pendant que la majorité peaufine sa stratégie de communication, les commissions d'enquête parlementaire poursuivent leur travail. Le directeur de cabinet du président Patrick Strzoda était ainsi auditionné ce mercredi par la commission des Lois du Sénat qui l'a interrogé notamment sur la sanction infligée à Alexandre Benalla. Alors que le porte-parole de l'Elysée Bruno Roger-Petit avait indiqué que l'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron avait fait l'objet d'une mise à pied de 15 jours avec retenue sur salaire, Patrick Strzoda a livré ce mercredi une version un peu différente. D'après lui, M. Benalla a touché l'intégralité de son salaire en mai et la retenue sur ses jours de congés. Voilà qui devrait nourrir à nouveau le feu des critiques de l'opposition.

A la commission des Lois de l'Assemblée, en revanche, la séance du jour a été houleuse, les députés se déchirant sur la suite des auditions. Alors que la majorité LREM jugeait « inutile » d'auditionner d'autres membres de l'Elysée et du gouvernement, les oppositions ont dénoncé « une mascarade ». Il a finalement été décidé à la suite d'un vote que le préfet de police de Paris et le directeur de l'ordre public et de la circulation seraient de nouveau entendus, et d'ajouter le responsable de la compagnie de CRS présente sur les lieux où Alexandre Benalla a molesté deux manifestants.

Parallèlement, une perquisition du bureau d'Alexandre Benalla à l'Elysée a été menée aujourd'hui, dans le cadre de l'enquête judiciaire ouverte après les révélations du Monde. Débutée en milieu d'après-midi, elle s'est achevée vers 20h, en présence de l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron, mis en examen dimanche notamment pour « violences en réunion ».

ludovic MARIN / AFP

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