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APPEL À CANDIDATURE RÉSIDENCES D’ARTISTES À LA FONDATION FIMINCO / ROMAINVILLE Fondation FIMINCO

 

APPEL À CANDIDATURE RÉSIDENCES D'ARTISTES À LA FONDATION FIMINCO / ROMAINVILLE-France-Fondation FIMINCO
43 rue de la Commune de Paris – 93230 Romainville
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Facebook : Fondation Fiminco
Instagram @fondationfiminco
twitter : ffiminco
www.fondationfiminco.com
Durée : 11 mois


Date limite de l'envoi du dossier de candidature : 31 mai 2019
Annonce des candidatures sélectionnées : Juillet 2019
Entrée en résidence : Janvier et juin 2020


Les artistes devront adresser leur candidature en format PDF uniquement par email avant le 31 mai 2019 à : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
La Fondation FIMINCO lance un appel à candidature à destination d'artistes plasticiens et visuels pluridisciplinaires issus du monde entier, sans limite d'âge, en vue d'une résidence de recherche, de création et de production basée sur le territoire de Romainville (Seine-Saint-Denis).


La Fondation FIMINCO est dédiée à la création contemporaine pluridisciplinaire internationale à travers un programme de résidences, d'expositions, de performances, de rencontres, et d'ateliers.
Elle ouvrira ses portes à l'automne 2019, à Romainville, dans l'est parisien, au coeur d'un site qui réunira de nombreux acteurs culturels, aussi bien publics que privés : cinq galeries d'art contemporain (Air de Paris, Imane Farès, In Situ, Jocelyn Wolff, Vincent Sator), les Réserves du FRAC Île-de-France et l'association Jeune Création. La Fondation disposera également d'un espace d'expositions de 1 200 m2, La Chaufferie, où seront programmées les expositions et interventions des artistes résidents, des artistes invités et d'institutions partenaires.


Les artistes sélectionnés auront à leur disposition des ateliers de travail (vidéo/son, prise de vue photo, sérigraphie, taille douce, graphique, construction, pratique mixte, studios de danse), un logement et des espaces de vie collectifs et bénéficieront d'un accompagnement artistique et technique selon leurs besoins et en intelligence avec le projet qu'ils souhaitent développer. Afin de financer la recherche et le projet, un accompagnement pour la recherche de financements complémentaires sera également proposé en complément d'un budget de production alloué par la Fondation.

La
Fondation FIMINCO soutiendra aussi les artistes dans leur mise en réseau et la promotion de leur travail.
La scène artistique contemporaine internationale connaît depuis plusieurs décennies une profonde transformation qui redessine à travers le monde de nouvelles géographies de l'art et des formes artistiques aux approches et aux sources pluridisciplinaires. C'est depuis cette grande diversité artistique en constante mutation que la Fondation FIMINCO entend soutenir et accompagner les artistes émergents ou confirmés issus de tous les continents.
Il s'agit ainsi de créer des ponts entre les différentes scènes de l'art et d'offrir aux artistes l'opportunité de confronter leur travail à d'autres contextes culturels, politiques et sociaux afin d'enrichir leur pratique et de favoriser les échanges de points de vue.
Les projets impliquant un travail en relation avec le territoire (entendu au sens le plus large : projet en relation avec des institutions, associations, communautés, chercheurs basés en Seine-Saint-Denis et à Paris) et les publics seront encouragés.
REJOIGNEZ-NOUS !
Les artistes sont sélectionnés sur dossier par un comité de sélection constitué de professionnels du monde de l'art, ainsi que par des représentants de la Fondation FIMINCO.
Neuf artistes seront sélectionnés en vue d'une première session de résidence qui démarrera en janvier 2020 et neuf autres pour une deuxième session démarrant en juin 2020. La durée des résidences pour chacune des sessions est de 11 mois.


- 31 mai 2019 : date limite du dépôt du dossier de candidature.
- Juin 2019 : entretien avec les candidats présélectionnés leur permettant de présenter leur démarche artistique et culturelle.
- Juillet 2019 : annonce des candidatures sélectionnées pour la première et la deuxième session de résidence
- Janvier 2020 : début de la première session des résidences à Romainville (neuf artistes)
- Juin 2020 : début de la deuxième session de résidences à Romainville (neuf artistes).
Pièces à fournir pour le dossier :


La sélection s'appuiera sur un dossier de candidature rédigé en français ou en anglais en format PDF uniquement et comprenant : 


3- Un dossier artistique présentant un ensemble d'oeuvres récentes représentatif de la démarche de l'artiste (20 pages maximum)
- Un CV dans lequel les artistes mentionneront leur formation et leur parcours artistique, ainsi que des lettres de recommandation (3 maximum)
- Une note d'intention expliquant les directions de recherches que l'artiste souhaite explorer pendant les 11 mois de résidence (maximum 2 pages). L'artiste est invité à préciser s'il a des préférences pour démarrer la résidence en janvier ou en juin 2020.


- Si l'artiste a participé à des conférences ou symposiums, joindre des liens internet
- La candidature pourra être accompagnée d'une courte vidéo (5 minutes maximum) dans laquelle l'artiste présente librement son parcours et son travail
Le dossier pourra contenir des publications, des vidéos, des maquettes sonores et tout document que l'artiste jugera utile de communiquer au comité de sélection à transmettre par des liens internet.

Après l'attentat de Christchurch, Facebook veut lutter contre le suprématisme blanc en bannissant également l'apologie du "nationalisme" ou du "séparatisme" blancs

 

ATTENTAT ISLAMOPHOBE EN NOUVELLE-ZÉLANDE

LUTTE - Régulièrement critiqué pour la gestion de ses contenus, Facebook va interdire davantage de publications ayant trait au "suprématisme blanc", en bannissant également l'apologie du "nationalisme" ou du "séparatisme" blancs.


Ce sont des thèses qui promeuvent une séparation physique entre "races". Le naturalisme et le séparatisme vont être plus durement condamnés et interdits par Facebook, quelques jours après la polémique que le réseau social a dû essuyer. Le jour de l'attentat de Christchurch (Nouvelle-Zélande), le terroriste a diffusé en direct la scène, qui est restée de longues minutes en ligne.

Très souvent accusé de ne pas expurger vite les publications problématiques ou choquantes, Facebook a décidé de réagir. "Facebook faisait déjà la chasse à l'apologie des thèses dites 'suprématistes' mais n'avait pas appliqué le même raisonnement au 'nationalisme blanc' et au 'séparatisme blanc', parce que (nous) pensions à des concepts plus larges de nationalisme ou de séparatisme, comme la fierté (d'être) américain et le séparatisme basque, aussi appelé indépendantisme en français, qui sont des parties très importantes de l'identité des gens", explique le réseau social dans un communiqué. L'interdiction, également valable sur Instagram, propriété de Facebook, débutera la semaine prochaine.


Décision trop tardive ?


Ces trois concepts - suprématisme, séparatisme et nationalisme - "se chevauchent", dit encore le groupe, qui a en conséquence décidé de traiter de la même façon les publications faisant l'apologie de ces trois thèses racistes. "Désormais, les gens auront toujours le droit de montrer leur fierté de leur héritage ethnique, mais nous ne tolérerons plus l'apologie ou le soutien au nationalisme blanc et au séparatisme blanc", tient encore à préciser Facebook.

En outre, le groupe indique que les usagers cherchant des termes liés au "suprématisme blanc" seront automatiquement dirigés vers une organisation appelée Life After Hate ("la vie après la haine") fondée par "d'anciens extrémistes violents" qui se consacrent désormais à la prévention de ce type de violences.
Cette décision de Facebook "aurait dû intervenir depuis longtemps", a réagi dans un communiqué l'association de consommateurs SumOfUs, promettant de surveiller de près comment le réseau social s'attachera à faire respecter sa nouvelle politique.

Facebook, comme les autres plateformes, est en permanence pris dans un dilemme dont il semble avoir du mal à se sortir : laisser les opinions s'exprimer sur leurs réseaux au nom de la libre expression tout en devant expurger les messages choquants et haineux. Résultat, la plateforme est régulièrement accusée de censure ou, à l'inverse, de ne pas agir assez efficacement contre les publications litigieuses.
https://www.lci.fr/international/apres-l-attentat-de-christchurch-nouvelle-zelande-facebook-veut-lutter-contre-le-suprematisme-blanc-2116750.html
Endiguer la diffusion de la haine sur les réseaux sociaux


Le Monde


Editorial. Après la diffusion en direct de la vidéo du massacre de Christchurch en Nouvelle-Zélande, il est urgent de responsabiliser les plates-formes du Web afin qu'elles ne servent pas de caisse de résonances aux propos haineux.
Editorial du « Monde ». La mort en direct. C'est le spectacle nauséeux que des centaines de milliers de personnes ont partagé sur Internet, le 15 mars. Le terroriste d'extrême droite Brenton Tarrant, qui a massacré 50 personnes dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, avait en effet pris la cynique initiative de filmer et de diffuser en temps réel son acte sur Facebook pour lui donner encore plus de résonance.


Le réseau social a mis près d'une demi-heure pour réagir, le temps qu'un premier internaute signale le contenu de la vidéo. Trop tard. Grâce à la viralité du Web, l'ignominie s'est répandue comme une traînée de poudre après avoir été partagée sur Facebook, YouTube et différentes plates-formes alternatives.


Ce scandale montre les limites du contrôle des contenus diffusés par les réseaux sociaux et les plates-formes de partage de vidéos. Le groupe de Mark Zuckerberg affirme avoir supprimé 1,5 million de copies de la vidéo de l'attaque, dont 1,2 million avant le chargement sur la plate-forme. Nécessaire, mais pas suffisant. Outre les centaines de milliers qui ont été effectivement visionnées, des sites de téléchargement à la réputation plus ou moins recommandable ont eu tout le loisir de dupliquer et de partager le contenu incriminé.


Le problème ne se limite pas à l'incitation à un voyeurisme extrêmement malsain. Il participe d'un prosélytisme des plus dangereux. Quelques heures seulement après la tuerie, sympathisants de l'alt-right américains, néonazis et extrémistes de droite partageaient massivement la vidéo pour célébrer leur nouveau « héros », certains appelant à s'inspirer de son acte.


Eradiquer l'écosystème extrémiste


Sous le couvert du respect de la liberté d'expression, principe fondateur du Web et valeur cardinale aux Etats-Unis, d'où sont issues la plupart de ces grandes plates-formes, celles-ci contribuent, à leur corps défendant, à la diffusion des discours de haine.


Après des années d'irresponsabilité, les géants de l'Internet se sont attelés au renforcement de la modération avec plus ou moins de succès. Le filtrage automatique pour lutter contre la pédophilie en ligne fonctionne globalement bien. Depuis 2016, ce procédé a été adapté aux contenus terroristes.

Le drame de Christchurch montre qu'on est encore loin du compte.


La difficulté est que cette dérive est intrinsèque du fonctionnement de ces grandes plates-formes. Il s'agit de faire appel à l'émotion, à l'indignation permanente pour augmenter sa visibilité, susciter le plus de réactions possible, pour le meilleur, mais trop souvent pour le pire. Les communautés, organisées en silo, deviennent le royaume de l'entre-soi, ce qui incite à échanger avec ceux qui vous ressemblent et finit par lever les inhibitions en encourageant une parole libérée de toute contradiction.

Force est de constater que ces outils de viralité sont plus efficaces pour diffuser les idées extrémistes que les positions modérées.


Il sera très compliqué d'éradiquer l'écosystème extrémiste en ligne qui prospère sur les forums ou les messageries cryptées où islamistes radicaux et militants d'extrême droite ont tout loisir de disséminer leur paranoïa mortifère au nom d'un choc des civilisations. L'urgence consiste à empêcher que les grandes plates-formes ne leur servent de caisse de résonance. Celles-ci doivent consacrer leur puissance technologique à endiguer le phénomène. Quant aux dirigeants politiques, ils doivent les responsabiliser au travers d'une législation suffisamment dissuasive pour qu'un drame comme Christchurch ne soit jamais plus utilisé ni instrumentalisé.


LEMONDE.FR

L'Afrique à travers le prisme de la Pyramide de  Maslow : recourir aux modèles fondamentaux pour repenser et rebâtir le futur africain

 


Auteur : Ishmael A. Ngu (27/03/2017)


https://www.linkedin.com/pulse/africa-maslows-hierarchy-using-basic-models-rethink-buildasaba
Traduit librement de l'anglais par : V. Allouche et S. Sow


Il est temps pour les Africains et leurs dirigeants d'employer des concepts et des modèles
fondamentaux pour gouverner et rendre autonome le citoyen et les communautés.
La hiérarchie des besoins de Maslow (Pyramide de Maslow) existe depuis longtemps et
elle peut expliquer l'état d'esprit des Africains à bien des niveaux. Je suis africain et fils de
la terre moi-même et j'essaie dans cet article, par le biais de mon expérience et de mes
observations, d'utiliser la théorie de Maslow pour positionner la majeure partie de l'Afrique
et une majorité d'Africains selon cette hiérarchie des besoins.


Je propose également ma réflexion sur des idées et des meilleures pratiques pour susciter
la prise de conscience et la compréhension du potentiel qui pourraient être générés par
l'application de cette théorie fondamentale.


Avec le bon niveau de compréhension, l'objectif est de trouver des occasions d'inspirer le
développement et d'encourager le partage et le réseautage au profit des hommes, des
femmes et des jeunes africains de la nature, du désert ou du safari.
La hiérarchie des besoins de Maslow : la Pyramide de base


Si vous êtes étudiant ou avez étudié la gestion, la comptabilité, les sciences sociales, le
comportement humain et organisationnel, vous connaissez sans doute déjà cette
modélisation.
© 2019 Page

Par le mouvement BDS France Saint-Étienne, les héroïnes, la JC Loire et le CRAAP de Lyon, la projection du film de Hassane Mezine Fanon : hier, aujourd'hui

 

Organisée vendredi 16 novembre 2018  par le mouvement BDS France Saint-Étienne, les héroïnes, la JC Loire et le CRAAP de Lyon, la projection du film de Hassane Mezine Fanon : hier, aujourd'hui a attiré du monde. Le film est dédié à la vie de ce militant décolonial consacrée aux peuples colonisés et qui est l'auteur des célèbres « Les damnés de la terre » et « Peau noire, masques blancs ».

Frantz Fanon, artisan infatigable des luttes décoloniales, est mort d'une leucémie à 36 ans en 1961, il ne connaîtra pas l'indépendance de l'Algérie pour laquelle il a tant œuvré. En France, malgré son rôle crucial dans la lutte contre la colonisation et en dépit de ses ouvrages majeurs, Fanon va rapidement tomber dans l'oubli, comme si une chape de plomb était venue recouvrir l'histoire coloniale française. Une chape de plomb peut-être liée à la disparition précoce de Fanon, mais sans doute plus sûrement la conséquence d'une certaine lâcheté : il fallait ne pas questionner cette civilisation occidentale tant vantée et qui a tant asservi, il fallait ne pas froisser les plus réactionnaires de nos concitoyens et autres nostalgiques de l'Algérie française, et surtout il fallait ne pas condamner leurs crimes alors même que la responsabilité de l'entreprise coloniale était collectivement partagée. Fort heureusement, les nouvelles générations plus ouvertes sont davantage disposées à remettre en cause l'entreprise de domination raciale que fut la colonisation occidentale.


Colonisation : violence, déstructuration sociétale et racisme


Quittons cette Europe qui n'en finit pas de parler de l'homme tout en le massacrant partout où elle le rencontre, à tous les coins de ses propres rues, à tous les coins du monde - Fanon - Les damnées de la terre
Lire Fanon, c'est l'assurance de ressentir un profond malaise. La colonisation s'est faite au nom d'une conception occidentale de la civilisation : c'est donc au nom d'une certaine vision du progrès et des droits de l'homme occidentaux qu'ont été asservis des hommes et des femmes à un niveau mondial.

C'est au nom de ces idées qu'ont été massacrés ceux qui s'y sont opposés, au nom de ces idées qu'un système généralisé de torture d'êtres humains a été institué, en Algérie notamment. C'est un dévoiement, des mots et des valeurs. Une honte pour toute personne éprise d'un humanisme véritablement universel. Mais Fanon n'a pas fait que mettre en exergue la violence brute de la colonisation, il a aussi mis en évidence ses dimensions insidieuses :
 Le pouvoir colonial a exacerbé les divisions tribales. Diviser pour mieux régner. Se faisant, il a créé des catégories sociales de collaborateurs et de résistants et donc des haines tenaces au sein des anciennes colonies. Il a engendré de multiples dissensions au sein des jeunes nations indépendantes, qui sont autant de défis aux nécessaires réconciliations nationales.
 Le pouvoir colonial a engendré une bourgeoisie nationale.

Une caste qui a profité de la colonisation, qui a peu participé aux luttes décoloniales et qui s'est octroyée les postes des colons à leur départ. C'est une caste de parvenus, aussi arrogante qu'incompétente et corrompue, qui va dévoyer les luttes décoloniales et livrer les jeunes nations indépendantes aux intérêts des anciennes nations coloniales.
 Le pouvoir colonial a orchestré la haine de soi. En s'octroyant les valeurs civilisationnelles, le pouvoir, les valeurs de la réussite, les colonisateurs ont fait de l'homme blanc le dépositaire de ces valeurs et les ont mécaniquement confisqués aux peuples colonisés. De surcroît, pendant des décennies, le pouvoir colonial va se servir de la science pour justifier sa domination et la hiérarchisation des races. En Algérie, c'est le professeur Porot qui va se charger de ce travail, arguant que la paresse au travail et la violence des algériens est congénitale. C'est le primitivisme : « l'indigène ne se sert pas de ces lobes frontaux », une théorie qui sera enseignée à la faculté d'Alger.


Fanon, une vie à combattre, à analyser et à déconstruire la domination coloniale


De son expérience du racisme lors de ces engagements militaires et fort de son expérience de psychiatre, Fanon a su percevoir le racisme inhérent à l'entreprise coloniale européenne. Il a su expliquer que la violence du colonisé est légitime, libératrice, et n'est jamais qu'une réponse à la violence du système colonial, il a méthodiquement démonté les théories raciales enseignées à l'époque, il a sévèrement critiqué les bourgeoisies nationales, il a réalisé une analyse rationnelle de la société algérienne pour cerner les positionnements des différentes classes, il a tenté de définir ce que devrait être une culture nationale pendant les luttes décoloniales et au lendemain des indépendances. Il a analysé la situation économique, sociale et politique quasi-désespérée des jeunes états indépendants et il comprend qu'il leur faudra des siècles pour déconstruire l'influence néfaste de la colonisation sur les peuples qui l'ont subie et il réclame alors justice aux occidentaux : octroyer l'indépendance ne suffit pas, il faut réparer. Fanon a réalisé un travail colossal. Et loin d'être habité par la haine des colonisateurs, il leur propose de prendre en compte la critique de la colonisation pour réparer leur vision biaisée de l'homme.


Pour l'Europe, pour nous-même et pour l'humanité, camarades, il faut faire peau neuve, développer une pensée neuve, tenter de mettre sur pied un homme neuf - Fanon - Les damnées de la terre


Conséquences actuelles de la colonisation, positionnement occidental


60 ans plus tard, quel bilan tirer des luttes décoloniales ?

Force est de constater que non seulement Fanon avait vu juste au sujet de cette bourgeoisie nationale coupée du peuple, s'accrochant au pouvoir, et qui s'est accaparée les richesses en livrant les ressources des jeunes états indépendants aux anciens pays colonisateurs et en dévoyant les luttes décoloniales.

Coté occidental, les descendants des immigrés sont toujours victimes d'un racisme structurel, ils sont sur-représentés dans les classes défavorisées et premières victimes des répressions policières. Mais d'autres questions brûlent les lèvres. Où en sont les pays occidentaux dans leur introspection de leur histoire coloniale, dans la remise en cause du racisme structurel qui en découle et dans la juste réparation qui est due aux anciennes colonies ? Quels sont les hommes politiques, militaires et intellectuels qui ont soutenu activement la colonisation et qui sont aujourd'hui frappés d'opprobre et d'indignité nationale ? Devant quelle cour pénale internationale les responsables français et occidentaux coupables des crimes coloniaux ont-ils été traduits ? On peut répondre en trois mots : c'est le néant.


Alors que les extrême-droites populistes s'élèvent partout dans le monde, avec leurs idées simples et des solutions aux inégalités économiques dont l'axe d'action se résume à accuser l'autre surtout s'il est d'origine étrangère ; alors que des situations coloniales perdurent dans le monde et notamment en Palestine avec une colonisation insolente dans le cadre d'une domination ethnico-religieuse, il est temps que les forces progressistes cessent d'adopter une attitude ambivalente ou passive sur les sujets cruciaux que sont la colonisation et les luttes décoloniales. Non, les quelques hôpitaux et les routes abandonnés par les colons - et construits pour eux - ne forment pas une juste compensation.

L'absence de condamnation ferme du colonialisme est une porte d'entrée par laquelle s'engouffrent les idées réactionnaires, il faut la fermer d'urgence. Avec ce film sur Fanon, Hassane redonne vie à cet homme d'engagement et de cœur. Il fait un lien entre le passé et le présent, entre le constat de ce que fut la colonisation, les luttes pour l'indépendance et les luttes décoloniales actuelles. À notre époque où ressurgissent les idées brunes, redécouvrir la lecture fanonienne du monde est une priorité.


Le travail de Hassane y contribue avec brio, merci à lui.

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