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International

Affaire Benalla: Emmanuel Macron change de stratégie

Une semaine après le déclenchement de l'affaire Benalla, Emmanuel Macron s'est de nouveau exprimé ce mercredi 25 juillet pour tenter de désamorcer la crise.

Emmanuel Macron poursuit son opération de reconquête. « Vous avez dit ces derniers jours beaucoup de bêtises », a-t-il lancé ce mercredi aux médias, en marge d'un bain de foule à Bagnères-de-Bigorre, dans le sud-ouest de la France. Evoquant les avantages dont aurait bénéficié son ex-collaborateur Alexandre Benalla, le chef de l'Etat l'affirme : « Tout cela était faux. »

« J'ai vu ces derniers jours beaucoup de gens perdre la raison avec des réactions disproportionnées et avec une violence.... », a regretté Emmanuel Macron, fustigeant le recherche d'« un procès politique sur la base d'une affaire qui est triste mais qui est l'affaire d'un homme ». « Je suis fier de l'avoir embauché à l'Elysée parce que c'était quelqu'un qui était dévoué et qui avait un parcours différent », a-t-il encore affirmé aux journalistes de BFMTV et CNEWS, seuls présents dans cette étape qui n'était pas prévue à son agenda.

Calmer les esprits

Après cinq jours de silence suite aux révélations du Monde sur les violences commises par son ex-collaborateur lors des manifestations du 1er-Mai, Emmanuel Macron tente de reprendre la main. Son but : essayer de désamorcer lui-même les critiques dont il fait l'objet afin de calmer les esprits. Sa tactique : assumer toutes les décisions prises par ses collaborateurs pour sanctionner Alexandre Benalla dont il condamne les actes violents qualifiés de « choquants », tout en ne reniant pas les qualités dont il avait fait preuve auparavant et qui l'avaient incité à l'embaucher.

Alexandre Benalla « a fait une faute réelle, grave, que j'ai vécue comme une trahison. Il a été sanctionné pour cette faute. Il a ensuite repris son travail conformément à cette sanction. Quand il a fait une deuxième faute, il a été sanctionné plus durement, par un licenciement », a rappelé le chef de l'Etat. Emmanuel Macron assume, mais admet néanmoins qu'il n'est pas « infaillible ». Il cherche ainsi à faire comprendre que la recherche de l'exemplarité n'empêche pas de faire des erreurs.

Remobiliser la majorité

La riposte a commencé hier après-midi lors de la séance des questions au gouvernement au Palais Bourbon. Dans une ambiance électrique, le Premier ministre Edouard Philippe a répondu au feu roulant des critiques des députés. Avec déjà les mêmes arguments que ceux avancés depuis par Emmanuel Macron. L'affaire Benalla n'est pas « une affaire d'Etat », mais « une affaire individuelle », a ainsi martelé le chef du gouvernement. L'opération s'est poursuivie avec l'audition du directeur de cabinet de l'Elysée Patrick Strzoda devant la commission des Lois de l'Assemblée nationale, qui a assumé les sanctions prises contre Alexandre Benalla. Puis avec une prise de parole du président lui-même qui a remobilisé sa majorité.

Devant des ministres et des élus LREM-MoDem réunis à la Maison de l'Amérique latine à Paris pour arroser la fin de la session parlementaire, le chef de l'Etat s'est affirmé comme « le seul responsable » de l'affaire. « Qu'ils viennent me chercher », a-t-il lancé, bravache.

Si le défi s'adressait à l'opposition, celle-ci ne demande que ça, réclamant, au moins pour une partie d'entre elle, que le président de la République vienne répondre aux questions des commissions parlementaires et s'exprime devant l'ensemble des Français, plutôt que de ne parler qu'à son camp. Mais le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux rejette l'hypothèse d'une audition d'Emmanuel Macron par les députés, au nom du principe de la séparation des pouvoirs. Quant à s'adresser aux Français, il n'en est pas non plus question pour le moment. Le président reste le « maître des horloges », assure Benjamin Griveaux.

L'Assemblée se déchire sur la liste des auditions

Mais pendant que la majorité peaufine sa stratégie de communication, les commissions d'enquête parlementaire poursuivent leur travail. Le directeur de cabinet du président Patrick Strzoda était ainsi auditionné ce mercredi par la commission des Lois du Sénat qui l'a interrogé notamment sur la sanction infligée à Alexandre Benalla. Alors que le porte-parole de l'Elysée Bruno Roger-Petit avait indiqué que l'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron avait fait l'objet d'une mise à pied de 15 jours avec retenue sur salaire, Patrick Strzoda a livré ce mercredi une version un peu différente. D'après lui, M. Benalla a touché l'intégralité de son salaire en mai et la retenue sur ses jours de congés. Voilà qui devrait nourrir à nouveau le feu des critiques de l'opposition.

A la commission des Lois de l'Assemblée, en revanche, la séance du jour a été houleuse, les députés se déchirant sur la suite des auditions. Alors que la majorité LREM jugeait « inutile » d'auditionner d'autres membres de l'Elysée et du gouvernement, les oppositions ont dénoncé « une mascarade ». Il a finalement été décidé à la suite d'un vote que le préfet de police de Paris et le directeur de l'ordre public et de la circulation seraient de nouveau entendus, et d'ajouter le responsable de la compagnie de CRS présente sur les lieux où Alexandre Benalla a molesté deux manifestants.

Parallèlement, une perquisition du bureau d'Alexandre Benalla à l'Elysée a été menée aujourd'hui, dans le cadre de l'enquête judiciaire ouverte après les révélations du Monde. Débutée en milieu d'après-midi, elle s'est achevée vers 20h, en présence de l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron, mis en examen dimanche notamment pour « violences en réunion ».

ludovic MARIN / AFP

Emmanuel Macron sur l'affaire Benalla: «Le seul responsable, c'est moi»

Alors qu'il ne s'est toujours pas exprimé publiquement depuis le début de l'affaire Benalla, Emmanuel Macron a pris la parole ce mardi 24 juillet devant des élus de la majorité LREM-MoDem et plusieurs membres du gouvernement réunis à la Maison de l'Amérique latine, à Paris. Près d'une semaine après l'éclatement de l'affaire Benalla, Emmanuel Macron est venu regonfler le moral des troupes, sans la présence de la presse.

Selon des propos rapportés par des députés présents, Emmanuel Macron dit avoir ressenti les « actes du 1er-Mai » d'Alexandre Benalla comme « une trahison ».

Mais alors que quelques heures plus tôt, devant l'Assemblée nationale, son directeur de cabinet Patrick Strzoda et le Premier ministre Edouard Philippe l'exonéraient, le chef de l'Etat revendique sa responsabilité. « Ça n'est pas la République des fusibles, la République de la haine. On ne peut pas être chef par beau temps et vouloir s'y soustraire lorsque le temps est difficile. S'ils veulent un responsable, il est devant vous. Qu'ils viennent le chercher. Je réponds au peuple français », a-t-il déclaré, sans qu'on sache qui ce « ils » désignait.

« La République exemplaire n'empêche pas les erreurs. S'ils cherchent un responsable, le seul responsable, c'est moi et moi seul. C'est moi qui ai fait confiance à Alexandre Benalla. C'est moi qui ai confirmé la sanction », a poursuivi le président, toujours selon des propos rapportés. Devant la commission des Lois ce mardi après-midi, Patrick Strzoda avait affirmé avoir pris la décision de suspendre M. Benalla lui-même sans en référer au président de la République, en déplacement en Australie.

« Personne dans mon cabinet n'a jamais été soustrait aux lois de la République. Jamais », a aussi assuré Emmanuel Macron, qui s'est exprimé pendant « une bonne demi-heure » devant « beaucoup » de monde, selon un élu. Le chef de l'Etat intervenait à la Maison de l'Amérique latine devant des élus et membres du gouvernement, dont le Premier ministre Edouard Philippe, réunis pour un pot de fin de session parlementaire des députés de la majorité LREM-MoDem.

Alexandre Benalla n'a jamais détenu de codes nucléaires. Alexandre Benalla n'a jamais occupé un 300 m² à l'Alma. Alexandre Benalla n'a jamais gagné 10 000 euros. Alexandre Benalla lui non plus n'a jamais été mon amant, ces choses qu'on a entendues ces derniers jours...
Emmanuel Macron évoque le personnage Alexandre Benalla 25/07/2018 - par BFM
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Puis, toujours aux côtés des membres du gouvernement, et après l'avoir salué pour son « engagement », Emmanuel Macron a lâché Alexandre Benalla, qui était l'un de ses proches depuis sa campagne présidentielle victorieuse : « Ce qui s'est passé le 1er mai a été pour moi une trahison » a déclaré le président.

Selon un sondage publié ce mardi, 75 % des Français souhaitent que le président de la République sorte publiquement de son silence au sujet de l'affaire Benalla, du nom de son collaborateur filmé en train de molester des manifestants lors de la fête du Travail à Paris. « Emmanuel Macron parle à Emmanuel Macron. La République de l'entre-soi », a réagi le chef de file des sénateurs Les Républicains Bruno Retailleau, en échos à Eric Ciotti pour qui le chef de l'Etat « préfère s'expliquer dans l'entre-soi de sa petite caste plutôt que de donner les explications qu'attendent les Français ».

GONZALO FUENTES / POOL / AFP

Affaire Benalla: ce proche de Macron a-t-il interféré avec le GSPR?

Le Groupe de sécurité du président de la République, court-circuité par un personnage sulfureux ? Adjoint au chef de cabinet du président de la République, Alexandre Benalla, actuellement dans l'œil du cyclone pour sa bavure lors du défilé du 1er-Mai, et pour son rôle obscur à l'Elysée, semble s'être mêlé de la sécurité d'Emmanuel Macron depuis son élection. Une prérogative des hommes du GSPR.

Depuis l'ascension d'Emmanuel Macron, Alexandre Benalla était adjoint au chef de cabinet du président. Mais son rôle exact à l'Elysée reste flou. Pas plus tard que le 16 juillet dernier, deux mois après sa bavure à la fête du Travail, il était encore photographié dans le bus de l'équipe de France, de retour de Russie, juste devant Didier Deschamps. Certains ont évoqué un rôle prépondérant dans la sécurité du chef de l'Etat. Un rôle, une proximité, perceptibles lors de certains déplacements.

« Sa proximité avec le président n’était pas forcément liée non plus à sécurité, précise Alain Le Caro, qui a fondé le GSPR en 1982 sous Mitterrand. Elle pouvait être liée au rôle qu’il jouait officiellement au sein de l’Elysée, adjoint au chef de cabinet, sans pour autant entrer dans le champ d’intervention du GSPR. Et j’ose espérer qu’il en était ainsi. Car ce serait une faute grave, à mon avis, que de laisser plusieurs origines différentes de sécurité autour d’un même président. »

S'occuper de la sécurité du chef de l'Etat, « ça n’a rien à voir »

C'est au service d'ordre du PS que M. Benalla s'est formé aux métiers de la sécurité. Outre Montebourg et Aubry, il a notamment fait partie du service d'ordre du candidat Hollande en 2012. Sauf que protéger un candidat, ce n'est pas protéger un président. C'est l'avis du fondateur du GSPR. « Ce n’est pas là qu’on apprend la sécurité présidentielle. On fait du service d’ordre, mais on ne fait pas de sécurité présidentielle », considère Alain Le Caro, interrogé par RFI.

S'occuper de la sécurité du chef de l'Etat, « ça n’a rien à voir, c'est quelque chose de plus profond », estime l'auteur de Les mousquetaires du président. « Ce sont des techniques qui s’apprennent, on met des années pour cela et il y a, au sein du service, différentes spécialités, différentes spécialisations, qui permettent d’assurer une sécurité totale et qui nécessitent pour celui qui la commande, d’être investi de toutes ces connaissances. Ce que n’a pas M. Benalla, a priori. »

Aux yeux d'Alain Le Caro, le GSPR est l'unité chargée de protéger Emmanuel Macron, point. Toute interférence est potentiellement dangereuse. « Ça ne peut pas fonctionner. Ça ne peut pas fonctionner sur le plan de la sécurité, au niveau de l’efficacité. Si on a plusieurs responsables et si on a plusieurs services qui se superposent, en cas d’intervention, c'est contreproductif. Ça peut même attirer des incidents », estime l'ancien commandant de la sécurité de François Mitterrand.

Le préfet assume le port d'arme, parce que l'Elysée l'a demandé

Lors de son audition, lundi, le préfet de police Delpuech a dit avoir croisé M. Benalla lors de plusieurs déplacements présidentiels. Comme au Salon de l'agriculture. Il déclare lui avoir remis une autorisation de port d'arme en octobre 2017, à la demande de l'Elysée, pour ses « fonctions liées à la sécurité » : « Dès lors que l'Elysée avait relayé auprès de moi cette demande, sans faire pression, en me laissant le soin d'apprécier et d'apprécier seul, j'assume cette responsabilité. »

Lors de la campagne 2017, en marge d'une visite à l’usine Whirl­pool d'Amiens, Emmanuel Macron avait exprimé son besoin de ne pas se sentir prisonnier d'un système de sécurité trop lourd : « Les mecs de la sécu­rité, ce n’est pas eux qu’il faut écou­ter (…) Il faut prendre des risques, aller au cœur de la bête à chaque fois. Parce que si vous écou­tez les mecs de la sécu­rité, vous finis­sez comme François Hollande. Peut-être que vous êtes en sécu­rité, mais vous êtes morts. »

REUTERS/Pascal Rossignol

Affaire Benalla: l'étau se resserre autour de l'Elysée

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb et le préfet de police de Paris Michel Delpuech ont répondu ce lundi 23 juillet aux questions des députés de la commission des Lois de l'Assemblée nationale chargée de faire la lumière sur l'affaire Benalla.

Gérard Collomb et Michel Delpuech se défendent de tout manquement. Pas question pour eux de servir de fusible dans une affaire qui, d'après eux, ne les concerne pas.

Chacun leur tour, le ministre de l'Intérieur et le préfet de police de Paris ont été passés sur le gril des députés de la commission des Lois qui cherchent à comprendre comment Alexandre Benalla, ce proche collaborateur d'Emmanuel Macron, s'est retrouvé à frapper des manifestants aux côtés des CRS lors de la fête du Travail. Et surtout pourquoi personne n'a saisi la justice après avoir eu connaissance des faits. Car l'article 40 du Code de procédure pénal est clair : tout fonctionnaire ayant connaissance d'un délit doit en informer le procureur de la République.

Collomb et Delpuech se dédouanent

Premier à être interrogé, Gérard Collomb a d'abord affirmé ne pas avoir été prévenu par avance de la présence de M. Benalla comme observateur avec la police lors des manifestations du 1er-Mai, et avoir été informé des faits de violence dès le lendemain. Aussitôt, a-t-il déclaré sous serment, il s'est assuré que la préfecture de police et le cabinet de la présidence de la République avaient été destinataires de l'information. C'était à eux d'agir, a estimé le ministre. « C'est la règle pour tous les manquements », a-t-il assuré.

→ (RE)LIRE : Affaire Benalla: Gérard Collomb charge le préfet de police et l'Elysée

Deux heures plus tard, assis à la même place, le préfet de police s'est à son tour dédouané. Après avoir appris l'existence d'une vidéo attestant du dérapage du proche du président, Michel Delpuech dit avoir contacté le ministère de l'Intérieur, qui lui aurait répondu être « déjà en liaison » avec la présidence de la République. Dès lors « il était établi pour moi que le sujet Benalla était traité par l'autorité hiérarchique dont il dépendait », a-t-il indiqué.

Michel Delpuech s'est également défendu d'avoir lui-même autorisé la présence de Benalla aux côtés des forces de l'ordre ce 1er mai. « Je n'ai jamais été sollicité par qui que ce soit dans ce sens », a-t-il assuré. Selon lui, c'est là encore l'Elysée qui aurait décidé d'intégrer Alexandre Benalla en demandant directement à la division qui gérait la sécurité de la manifestation, sans passer par lui. Pour lui, ces liens entre certains collaborateurs de l'Elysée et des gradés des forces de l'ordre relèvent du « copinage malsain ».

→ (RE)LIRE : Affaire Benalla: le préfet de police de Paris dénonce un «copinage malsain»

La version du pouvoir un peu plus malmenée

Troisième à être interrogé ce lundi par la commission d'enquête, le directeur de l'ordre public et de la circulation (DOPC), Alain Gibelin, est allé dans le même sens que son supérieur. « Alexandre Benalla ne bénéficiait d'aucune autorisation de la préfecture de police pour être sur cette manifestation » en tant qu'« observateur », a-t-il répété. Ce haut-gradé, chargé notamment de la gestion des opérations de maintien de l'ordre lors des grandes manifestations, contredit ainsi la version livrée par le porte-parole de l'Élysée Bruno Roger-Petit qui, jeudi, affirmait que M. Benalla bénéficiait d'une autorisation en tant qu'« observateur ».

L'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron a également assuré ce lundi, dans un communiqué de ses avocats, avoir « été invité » par la préfecture de police de Paris. Mais d'après Alain Gibelin, cette invitation avait été accordée, sans en référer à sa hiérarchie, par l'un des trois cadres de la police soupçonnés d'avoir transmis à Alexandre Benalla des images de vidéosurveillance tournées au moment des faits et mis en examen dimanche.

Questionné par la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, M. Gibelin a également reconnu qu'Alexandre Benalla était présent à des réunions entre ses services et l'Elysée entre le 4 et le 19 mai, période pendant laquelle l'adjoint au chef de cabinet d'Emmanuel Macron était censé être sous le coup d'une mise à pied de quinze jours.

Les regards braqués vers l'Elysée

Tous les regards se tournent désormais vers le sommet de l'Etat. Le directeur de cabinet de la présidence Patrick Strzoda, celui qui, précisément, était censé avoir sanctionné Alexandre Benalla, doit à son tour être entendu ce mardi. Le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler est prévu jeudi. Mais pour certains élus de l'opposition, Emmanuel Macron doit lui-même être convoqué par la commission d'enquête de l'Assemblée.« Je pense que Collomb est démissionné d'office. Il ne peut plus être cru par personne. Ni par les policiers qui comme vous l'avez vu ont très mal pris cette espèce d'inversion des responsabilités, ni par le président de la République qui vient de se rendre compte que M. Collomb était prêt à le lâcher en audition ni par nous, parlementaires, qu'il a refusé de rencontrer plus tôt », a déclaré plus tard sur LCI le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon.

L'ancien candidat à la présidentielle et fondateur du mouvement Génération-s Benoît Hamon a de son côté posté sur Twitter une vidéo où il demande que les commissions d'enquête de l'Assemblée et du Sénat convoquent « le président de la République ». « Parce que c'est bien autour de lui que tout se joue », estime-t-il.

« Depuis le début, c'est un peu la course à l'échalote, a réagi la députée En Marche Naïma Moutchou. Après avoir demandé la convocation, séance tenante, du ministre de l'Intérieur, du Premier ministre, la constitution d'une commission d'enquête, la motion de censure, la destitution du président de la République, on entend tout. »

Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a quant à lui qualifié de « tribunal politique » la commission d'enquête parlementaire de l'Assemblée nationale. « Quand vous avez dès ce matin, avant même que les auditions ne se soient déroulées, le co-rapporteur, Guillaume Larrivé, qui explique qu'on a affaire à une milice parallèle, à une organisation souterraine, et que c'est une affaire d'Etat, moi je m'interroge sur la déontologie de cette commission », a-t-il déclaré sur LCI.

Quelles options pour Macron ?

Depuis les révélations du Monde mercredi 18 juillet, le chef de l'Etat reste quant à lui muet. Il s'est contenté de faire savoir dimanche via son entourage, à l'issue d'une réunion à l'Elysée, qu'il considérait les faits reprochés à son ex-collaborateur « inacceptables » et qu'il n'y aurait « pas d'impunité ». Le président a par ailleurs annoncé qu'il n'assisterait pas à une étape du Tour de France mercredi dans les Pyrénées. « Rien à voir » avec l'affaire Benalla, a affirmé son entourage.

On peut cependant en douter. En pleine crise, Emmanuel Macron ne pouvait pas donner l'impression de ne pas prendre la mesure des événements en se rendant sur les routes ensoleillées du Tour comme si de rien n'était.

Les propos tenus en privé dimanche soir par le chef de l'Etat et rapportés par son entourage, selon lesquels il serait déterminé « à établir la vérité », ne pourront suffire à calmer les esprits et à lui permettre de se dégager de toute responsabilité aux yeux des Français. Emmanuel Macron va devoir aller plus loin. En s'exprimant publiquement ? Certainement. Il a fait savoir qu'il le ferait en temps utile. Mais peut-être pas avant d'avoir pris des décisions concrètes et trouvé un fusible. Reste à savoir qui.

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