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Christine ANGOT doit retourner 7 fois sa langue avant de se prononcer sur une histoire douloureuse qu'elle ignore-esclavage. Les répliques sont aussi féroces et justifiées. Taubira-Babette et Ayrault.

 

La vague d'indignation internationale est à la hauteur de la méprise et de la grossièreté, être écrivain ou animateur n'autorise pas certains écarts". Pape B CISSOKO

Lors de l'émission de grande écoute « On n'est pas couché » coproduite (avec Catherine Barma) et animée par Laurent Ruquier, enregistrée au studio Gabriel le 30 mai 2019 et diffusée sur la chaîne publique France 2 le samedi 1er juin 2019, l'une des chroniqueuses de l'émission, la romancière Christine Angot, a implicitement accusé d'antisémitisme les descendants d'esclaves soucieux d'honorer la mémoire de leurs ancêtres en les accusant de provoquer une concurrence des mémoires). Par la suite, elle a tenu, à propos de l'esclavage et de la déportation des Africains, dans une séquence destinée à faire la promotion d'un ouvrage du journaliste Franz-Olivier Giesbert, des propos qui ont provoqué un énorme scandale :


« Les juifs, pendant la guerre, ça a bien été de les exterminer, c'est-à-dire de les tuer. Et ça introduit par exemple une différence fondamentale, alors que l'on veut confondre, avec par exemple l'esclavage, l'esclavage des noirs, envoyés aux États-Unis, etc, ou ailleurs... C'était exactement le contraire : l'idée c'était au contraire qu'ils soient en pleine forme...
[Franz-Olivier Giesbert (hochant la tête pour approuver) : Qu'ils soient en bonne santé, bien sûr !]
...qu'ils soient en bonne santé pour pouvoir...


[Franz-Olivier Giesbert : Travailler au maximum, ouais !]


... pour pouvoir les vendre et qu'ils soient commercialisables. Donc non, ce n'est pas vrai que les traumatismes sont les mêmes, que les souffrances infligées aux peuples sont les mêmes. »


Comme on le voit dans l'extrait de l'émission ci-dessous, l'invité, Franz-Olivier Giesbert, dont Christine Angot faisait la promotion du livre, approuve totalement, en hochant la tête, les propos tenus par la chroniqueuse sur l'esclavage. Bien plus, il lui sert de souffleur, comme si elle n'en disait pas assez.


Il convient de rappeler que Franz-Olivier Giesbert a été condamné en janvier 2014 pour « diffamation publique envers un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur nationalité chinoise », ce qui l'a conduit à démissionner de son poste de directeur de la publication de l'hebdomadaire Le Point.
L'animateur de l'émission, Laurent Ruquier, n'intervient pas.


L'émission ayant été préenregistrée, l'animateur-producteur a maintenu au montage la séquence problématique, qui a été approuvée par le diffuseur -France Télévisions- après visionnage.
Les propos de Christine Angot ont provoqué un torrent de réactions indignées, dont 1000 signalements au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).


L'un des signalements a été fait par Annick Girardin, ministre des Outre-mer.


Le 5 juin, l'association des amis du général Dumas, présidée par l'écrivain Claude Ribbe, qui organise la commémoration du 10 mai, depuis 2009 à Paris et depuis 2014 à Villers-Cotterêts (les deux manifestations étant placées, depuis 2018, sous le haut patronage du Président de la République) a transmis une plainte au Procureur de la République de Paris pour apologie du crime de réduction en esclavage (article 24 de la loi de 1881).


De son côté, Olivier Serva, député de la Guadeloupe et président de la délégation Outre-mer de l'Assemblée nationale, avait signalé les faits au parquet.
La cuisinière Babette de Rozières, conseillère régionale d'Ile-de-France, a exprimé sa vive réprobation le 5 juin sur TV5 Monde.
La présidente de France-Télévisions, Delphine Ernotte, n'a, pour sa part, pas réagi.


Dans un post mis en ligne le 6 juin, Claude Ribbe s'était étonné du silence et de l'inaction du président du GIP pour la mémoire de l'esclavage.
En réaction, Jean-Marc Ayrault a adressé le 7 juin une lettre ouverte à Delphine Ernotte la mettant directement en cause, de même que Laurent Ruquier puisqu'elle précise que les propos de Christine Angot n'auraient pas dû être diffusés.


De leur côté, Laurent Ruquier et Franz-Olivier Giesbert ont soutenu les propos de Christine Angot en déclarant que le tollé qu'ils ont provoqué n'était qu'une polémique « inutile » pour l'un, « lamentable » pour l'autre.


Laurent Ruquier a vainement tenté d'étouffer l'affaire et d'éviter tout dépôt de plainte en invitant, à l'émission diffusée le 8 juin, pour un « droit de réponse » réconciliateur, en présence de Christine Angot, Frédéric Régent, le président du comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage (CNMHE) nommé en 2016 par François Hollande , Serge Romana, qui – prônant une « mémoire apaisée »- se présente comme étant à l'initiative de la fondation « esclavage et réconciliation« , financée par des Békés de la Martinique représentant les principales familles qui furent esclavagistes et détiennent aujourd'hui de puissants leviers économiques et Dominique Sopo, président de SOS Racisme.
Cependant, des appels à boycotter l'émission ONPC (ne pas y participer et surtout ne plus la regarder) et à s'en tenir à une réponse judiciaire ont circulé sur les réseaux sociaux.
Comme on pouvait s'y attendre, la séquence – surtout destinée à donner un droit de réponse à Christine Angot et à tenter de faire jouer aux trois invités, un rôle complaisant de faire-valoir- a été diffusée en fin d'émission, à une heure de faible audience, et n'a rien changé à l'affaire.
Christine Angot, sous la pression, avait présenté des excuses le 4 juin, regrettant de n'avoir pas su « trouver les mots » pour se faire comprendre, sans pour autant remettre en question sa vision hiérarchique des souffrances et des crimes contre l'humanité.
L'appendice à l'émission du 8 juin n'était qu'une occasion de lui permettre de réitérer ses excuses précédentes.
« J'ai voulu rapprocher les deux crimes contre l'humanité que sont l'esclavage et la Shoah, tout en prenant soin de de spécifier la différence fondamentale de méthode dans la déshumanisation, d'un côté exterminer les personnes, de l'autre leur retirer leur humanité pour en faire des objets de commerce qu'on achète et qu'on vend. L'expression 'en bonne santé' était cependant absurde. Je suis bien consciente que de nombreux esclaves ont été tués et que le propriétaire exerçait sur eux un droit de vie et de mort. Indifférencier les souffrances infligées par ces crimes me paraît dangereux. L'indifférenciation pouvant conduire à l'indifférence. Je n'ai pas su trouver les mots. Je le regrette. Mon travail est de me faire comprendre. Je m'excuse d'y avoir échoué. Il me tenait à

coeur d'éloigner la concurrence victimaire dont certains jouent. «


– Christine Angot, communiqué de presse, 4 juin 2019.


Elle n'est pas revenue sur l'idée que l'esclavage, tel qu'il fut pratiqué à l'encontre des Africains, était « exactement le contraire » d'une mise à mort de masse.
Pourtant, les historiens estiment que pour un esclave arrivant aux colonies, cinq Africains trouvaient la mort an cours des opérations de traite et de déportation.
Les chiffres retenues pour la traite atlantique oscillant autour de 12 millions d'esclaves débarqués, on arrive à la conclusion que l'esclavage a fait plus de 30 millions de morts en Afrique sur le seul critère du racisme.


En outre, l'espérance de vie d'un esclave aux colonies était d'environ 5 ans, comme le rappelle Alexandre Dumas dans un texte particulièrement détaillé.
Si la finalité de l'esclavage n'était pas de tuer l'esclave sans le faire travailler, n'était-elle pas de le tuer au travail ?
Sans parler, lors de la tentative de rétablissement de l'esclavage par Napoléon, de l'extermination d'une partie de la population haïtienne en 1803-1804 – y compris par gazage – sous le seul critère de la couleur de peau.


Quoi qu'il en soit, il ne peut y avoir d'esclavage de masse visant une population donnée sans tuerie au moins collatérale de masse. En ce sens, l'esclavage visant les Africains est bien évidemment inséparable du génocide qui l'accompagna nécessairement.
En 2015, la chanteuse Joëlle Ursull avait fait à François Hollande les mêmes reproches que ceux qui ont été adressés en 2019 à Christine Angot. Mais comme l'intéressé était Président de la République, beaucoup de gens avaient fait semblant de ne pas avoir entendu. Certains membres du gouvernement avaient pris la défense du Président avec des arguments analogues à ceux de Christine Angot, ce qui démontre bien que le mal est prohttp://www.une-autre-histoire.org/laffaire-angot/fondément enraciné

La Guyane commémorait ce week-end l'abolition de l'esclavage du 10 juin 1848, en présence de Christiane Taubira, qui est revenue sur les récents propos tenus par Christine Angot, avec la verve qu'on lui connaît :*

« Je sais que vous avez été nombreux à être émus par des propos inqualifiables, qui ont été tenus récemment, sur une télévision publique [...] Moi je dis que nous avons là une circonstance intéressante, pour tester notre placidité, notre impavidité, notre aptitude à faire front, notre capacité à résister à ces inepties blessantes et injurieuses. Parce qu'il faut quand même un esprit sacrément tordu pour vouloir comparer les tragédies humaines entres elles. Il faut être particulièrement inculte pour penser que l'esclavage a pu être cela à n'importe quelle période et en particulier en cette longue période spécifique où l'esclavage a été organiquement lié à la traite, c'est-à-dire en clair au commerce d'êtres humains, à la vente et à l'achat de femmes, d'hommes, d'enfants, au point qu'il leur fallu inventer des théories raciales, racialistes et racistes, pour justifier leur commerce. Et montrer de la désinvolture, face à une réalité humaine aussi massive et aussi douloureuse, est une marque d'immaturité et l'attitude est obscène. Et puis quand même, il faut une dose extraordinaire d'imbécilité pour s'habiller, sortir de chez soi, passer au maquillage, entrer sur le plateau d'une télévision publique et déblatérer en proférant des énormités archaïques et odieuses, autant qu'elles sont invraisemblables. Vous voyez que nous n'avons pas à nous en faire, il y a des gens à qui nous n'avons rien à dire, parce qu'il n'y pas entre nous le minimum essentiel : la conviction de l'unité de l'espèce humaine, la certitude que dénier sa dignité à une seule personne au monde met en péril l'espèce toute entière. Nous n'avons rien à dire à des personnes qui ne savent pas qui nous sommes : survivants obstinés, résilients magnifiques, voilà ce que nous sommes. »

_(Source : FRANCE GUYANE, 11 juin 2019, er)_

La polémique ayant fait suite aux paroles de Christine Angot lors de l'émission « On n'est pas couché » ne retombe pas. C'est désormais au tour de l'ancien Premier ministre de déplorer le manque de réaction de France Télévision.


Jean-Marc Ayrault, président de la mission de préfiguration de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage, a regretté vendredi que les propos polémiques de la romancière Christine Angot sur l'esclavage aient pu être diffusés dans l'émission « On n'est pas couché » sans être rectifiés.


Plusieurs représentants de l'Outre-mer avaient déjà saisi le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA) en début de semaine.


Christine Angot a déclaré samedi dernier lors de l'émission diffusée sur France 2 que « le but avec les Juifs pendant la guerre, cela a bien été de les exterminer », alors que « avec l'esclavage des Noirs [...] L'idée c'était au contraire qu'ils soient en pleine forme, qu'ils soient en bonne santé, pour pouvoir les vendre et qu'ils soient commercialisables ».
Elle a ajouté que ce n'était « pas vrai que les traumatismes sont les mêmes, que les souffrances infligées aux peuples sont les mêmes ».
Souci d'exactitude


Dans un courrier à Delphine Ernotte, présidente du groupe France Télévision, Jean-Marc Ayrault s'est étonné « qu'aucune des personnes présentes sur le plateau n'ait jugé nécessaire de rectifier sur le champ de telles contre-vérités, et que, alors que l'émission n'était pas en direct, ce passage ait pu ensuite être diffusé en l'état ».
« Si l'on attend en toutes circonstances du service public le souci de l'exactitude dans l'évocation des faits historiques, cela est encore plus vrai lorsqu'il est question des pages les plus sombres de notre histoire », a-t-il ajouté.


Pour lui « hiérarchiser deux crimes contre l'humanité, reconnus et condamnés comme tels, n'a aucun sens et ne fait qu'alimenter cette + concurrence des mémoires + qu'il s'agissait pourtant de dénoncer ».


« Quant à l'évocation de la réalité de l'esclavage, elle est simplement aberrante », juge-t-il, voyant là « le signe de l'ignorance qui persiste dans notre pays sur ces pages de notre passé, y compris dans les milieux supposément les mieux informés ».


Les regrets d'Angot


De nombreux élus et personnalités, notamment d'outre-mer, se sont offusqués des propos de la romancière, qui a ensuite dit regretter « de ne pas avoir réussi » à se faire comprendre, de n'avoir « pas su trouver les mots », et « d'avoir blessé » par ses propos.
L'historien Claude Ribbe, président de l'association Les amis du général Dumas (né esclave et père d'Alexandre Dumas), a annoncé avoir déposé plainte contre X pour apologie du crime de réduction en esclavage.


La Fondation pour la mémoire de l'esclavage doit être installée « dans les tout prochains mois », dans l'hôtel de la Marine place de la Concorde, a promis Emmanuel Macron en mai dernier.


https://www.ouest-france.fr/medias/france-2/selon-ayrault-les-propos-polemiques-de-angot-sur-l-esclavage-n-auraient-pas-du-etre-diffuses-6387659

Christine Angot: ses propos sur l'esclavage n'auraient pas dû être diffusés selon Jean-Marc Ayraul
• Par Le TVMag.com AFP agence


L'ancien Premier ministre de François Hollande et actuel président de la mission de préfiguration de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage a regretté que les paroles de la chroniqueuse de l'émission On n'est pas couché n'aient pas été rectifiées au montage avant leur diffusion samedi dernier.


Jean-Marc Ayrault, président de la mission de préfiguration de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage, a regretté vendredi que les propos polémiques de la romancière Christine Angot sur l'esclavage aient pu être diffusés dans l'émission On n'est pas couché sans être rectifiés.


La chroniqueuse a déclaré samedi dernier lors de l'émission diffusée sur France 2 que «le but avec les Juifs pendant la guerre, cela a bien été de les exterminer», alors qu'«avec l'esclavage des Noirs (...) L'idée c'était au contraire qu'ils soient en pleine forme, qu'ils soient en bonne santé, pour pouvoir les vendre et qu'ils soient commercialisables». Elle a ajouté que ce n'était «pas vrai que les traumatismes sont les mêmes, que les souffrances infligées aux peuples sont les mêmes».


» LIRE AUSSI - On n'est pas couché: trois raisons de ne pas regretter le duo Christine Angot-Charles Consigny


Dans un courrier à Delphine Ernotte, présidente du groupe France Télévision, dont l'AFP a eu copie, Jean-Marc Ayrault s'est étonné «qu'aucune des personnes présentes sur le plateau n'ait jugé nécessaire de rectifier sur le champ de telles contre-vérités, et que, alors que l'émission n'était pas en direct, ce passage ait pu ensuite être diffusé en l'état». «Si l'on attend en toutes circonstances du service public le souci de l'exactitude dans l'évocation des faits historiques, cela est encore plus vrai lorsqu'il est question des pages les plus sombres de notre histoire», a-t-il ajouté.
«Ignorance chez les mieux informés»


Pour lui «hiérarchiser deux crimes contre l'humanité, reconnus et condamnés comme tels, n'a aucun sens et ne fait qu'alimenter cette "concurrence des mémoires" qu'il s'agissait pourtant de dénoncer». «Quant à l'évocation de la réalité de l'esclavage, elle est simplement aberrante», juge-t-il, voyant là «le signe de l'ignorance qui persiste dans notre pays sur ces pages de notre passé, y compris dans les milieux supposément les mieux informés».


De nombreux élus et personnalités, notamment d'outre-mer, se sont offusqués des propos de la romancière, qui a ensuite dit regretter «de ne pas avoir réussi» à se faire comprendre, de n'avoir «pas su trouver les mots», et «d'avoir blessé» par ses propos.


L'historien Claude Ribbe, président de l'association Les amis du général Dumas (né esclave et père d'Alexandre Dumas), a annoncé avoir déposé plainte contre X pour apologie du crime de réduction en esclavage. La Fondation pour la mémoire de l'esclavage doit être installée «dans les tout prochains mois», dans l'hôtel de la Marine place de la Concorde, a promis Emmanuel Macron en mai dernier.

La sexualité dans l'univers arabe- Kamel Daoud nous éclaire et nous oblige à nous repenser et à panser nos cultures

 


L'écrivain algérien Kamel Daoud contre-attaque


Dissident courageux pour les uns, traître à sa communauté pour les autres, l'écrivain algérien persiste à dénoncer « la folie qui lie l'islamiste au corps de la femme », et participe le 7 octobre au Monde Festival.
Par Virginie Larousse Publié le 01 octobre 2018 à 09h15 - Mis à jour le 01 octobre 2018 à 09h15


L'écrivain et journaliste algérien Kamel Daoud pose à Paris, le 14 avril 2016, après avoir reçu le prix Jean-Luc Lagardère du journaliste de l'année. JOËL SAGET / AFP
« L'Autre vient de ce vaste univers douloureux et affreux que sont la misère sexuelle dans le monde arabo-musulman, le rapport malade à la femme, au corps et au désir. (...) Le sexe est la plus grande misère du "monde d'Allah" », écrivait Kamel Daoud dans Le Monde du 5 février 2016, au lendemain des agressions sexuelles qui s'étaient déroulées à Cologne, le soir de la Saint-Sylvestre, impliquant de jeunes migrants.
En pleine crise des réfugiés, les propos de l'écrivain, Prix Goncourt du premier roman pour Meursault, contre-enquête (Actes Sud, 2014), avaient déchaîné les réactions indignées d'un collectif d'universitaires français – entre autres – qui l'avaient taxé d'islamophobie.


L'affaire avait débordé bien au-delà des milieux intellectuels, entraînant des passes d'armes d'une rare violence entre les pro et les anti-Daoud, et qui ont fini par pousser l'écrivain algérien à annoncer, quelques semaines plus tard, qu'il renonçait au journalisme pour se consacrer à la fiction.


Rendez-vous au Monde Festival : L'islam doit-il faire sa révolution sexuelle ?


Le texte et le sexe


Mais Daoud – qui, de son propre aveu, se nourrit « de l'adversité » – ne s'est pas tu bien longtemps. Lui qui a pour « [sa] terre l'affection du désenchanté. Un amour secret et fort. Une passion » n'a pu se résoudre au retrait. Le journaliste a repris la plume, dénonçant tous azimuts les dictatures arabes, la montée de l'islamisme, « les scandalisés de la vertu », « la folie qui lie l'islamiste au corps de la femme », au mépris de la fatwa de condamnation à mort émise contre lui par un imam salafiste en 2014. Son nouveau livre, Le Peintre dévorant la femme (Stock, 140 p., 17 euros), est d'ailleurs consacré au corps féminin.
Dans cet essai écrit après avoir passé une nuit au Musée Picasso, à Paris, l'auteur confronte deux visions antinomiques. La vision du peintre espagnol, pour qui « la femme est une dévoration, un corps entier que l'on ne peut saisir que dans l'étreinte, l'immédiateté érotique, le désir, la dévoration cannibale ». Et celle du djihadiste, pour qui la femme érotisée est « une anticipation scandaleuse de la femme rêvée dans le paradis, pour après la mort ».


« Tant que les religieux auront le monopole du discours sur le sexe, nous ne guérirons pas. »


Aux yeux du peintre, « il s'agit de mourir de désir » ; dans l'optique du combattant de l'organisation Etat islamique, « il s'agit de faire mourir le désir ou de mourir pour pouvoir le combler » en compagnie des houris, ces vierges censées attendre les martyrs de la foi au paradis. Et Daoud de s'insurger contre ce rapport « monstrueux et pathologique » au corps féminin, et contre l'hypocrisie des terroristes qui tuent les mécréants au motif qu'ils boivent du vin et forniquent, tout en espérant gagner le paradis d'Allah, où ces djihadistes feront de même...
Lire aussi Kamel Daoud : « L'orgasme n'est pas un complot occidental »
De fait, la sexualité occupe une place éminente dans sa réflexion. A ceux qui y voient un sujet racoleur ou anecdotique, Daoud souligne au contraire le caractère « essentiel » de cette question. « Quand on réfléchit à ce qui se passe dans le monde "arabe" ou musulman, analyse-t-il, on en revient toujours à la question du texte et du sexe, à la représentation de la femme. Si nous avons un lien pathologique avec l'être aimé, cela signifie que nous avons un lien pathologique avec l'altérité, avec les différences, avec le reste du monde. (...) Tant que les religieux auront le monopole du discours sur le sexe, nous ne guérirons pas. »
Certains diront que l'auteur de Zabor ou les psaumes (Actes Sud, 2017) « essentialise » l'islam et le monde arabe. Une accusation qui l'irrite d'autant qu'il ne réserve pas ses critiques au seul monde arabe. Il ne nie pas que l'Occident a lui aussi un rapport biaisé à la sexualité et aux femmes, et se montre solidaire du mouvement #metoo. En pointant un paradoxe : alors que, de l'autre côté de la Méditerranée, le corps de la femme est voilé, la femme occidentale est, elle, « voilée par son corps », « chosifiée ».


Un lien entre misère sexuelle et radicalisme religieux


Mais l'enjeu est d'autant plus important dans le monde arabe que le chroniqueur au Quotidien d'Oran et au Point voit un lien direct entre la misère sexuelle et la montée du radicalisme religieux, qui fonctionnent comme des vases communicants. « Lorsqu'il faut mourir pour rencontrer la femme au paradis, que l'on est contraint de mettre en sursis son propre désir, l'équation est très simple. Je ne pense pas qu'un homme qui a été aimé à 14 ans se fasse kamikaze à 16 ans. »


«L'orgasme n'est pas une traîtrise, il n'est pas un concept de l'Occident, c'est un droit universel.»


A 48 ans, l'écrivain sait d'autant mieux de quoi il parle qu'il a lui-même été attiré, dans sa jeunesse, par l'islamisme, avant de s'en détourner pour « vivre librement ». Quitte à sacrifier au confort, si l'on peut dire, d'une vie entièrement régie par les règles religieuses. « Je veux croire qu'il y a plus de dignité à vivre cette angoisse existentielle qu'à vivre le confort de la soumission. »


Et de fait, son existence n'est pas des plus confortables.

Il vit à Oran en semi-clandestinité. Incarnant tantôt la figure du dissident courageux, tantôt celle du traître à sa communauté, l'écrivain continue de tenir tête aux cheikhs qui se permettent de légiférer sur le corps des autres – et en premier lieu sur celui des femmes. Il réclame le droit pour chacun et chacune de disposer de son corps, et ce qu'il nomme le « droit à l'orgasme. (...) L'orgasme n'est pas une traîtrise, il n'est pas un concept de l'Occident, c'est un droit universel ».


https://www.lemonde.fr/festival/article/2018/10/01/l-ecrivain-algerien-kamel-daoud-contre-attaque_5362607_4415198.html

La misère sexuelle du monde arabe (Add) Par Marie Bethanie fermés


Depuis quelques jours, les médias répètent en choeur que les séries de viols en Allemagne et ailleurs en Europe ne sont pas le fait des seuls migrants syriens (ils seraient même très minoritaires), mais plutôt de demandeurs d'asile en provenance de pays du Maghreb, Tunisie, Maroc et Algérie, sans jamais mettre en avant le dénominateur commun entre la quasi totalité de ces agresseurs sexuels, qui est la pratique de l'islam.
Kamel Daoud, chroniqueur au Quotidien d'Oran, et auteur de "Meursault, contre-enquête", rebondit sur ces évènements récents et n'hésite pas à mettre le doigt sur ce qui fait si mal aux médias occidentaux : le monde arabe est malade de l'islam et de son rapport pathologique avec la femme :


"[L]'une des grandes misères d'une bonne partie du monde dit "arabe", et du monde musulman en général, est son rapport maladif à la femme. Dans certains endroits, on la voile, on la lapide, on la tue ; au minimum, on lui reproche de semer le désordre dans la société idéale. En réponse, certains pays européens en sont venus à produire des guides de bonne conduite pour réfugiés et migrants.
Le sexe est un tabou complexe. Dans des pays comme l'Algérie, la Tunisie, la Syrie ou le Yémen, il est le produit de la culture patriarcale du conservatisme ambiant, des nouveaux codes rigoristes des islamistes et des puritanismes discrets des divers socialismes de la région. Un bon mélange pour bloquer le désir, le culpabiliser et le pousser aux marges et à la clandestinité. On est très loin de la délicieuse licence des écrits de l'âge d'or musulman, comme "Le Jardin Parfumé" de Cheikh Nefzaoui, qui traitaient sans complexe d'érotisme et du Kamasutra.
Aujourd'hui le sexe est un énorme paradoxe dans de nombreux pays arabes :

On fait comme s'il n'existait pas, mais il conditionne tous les non-dits. Nié, il pèse par son occultation. La femme a beau être voilée, elle est au centre de tous nos liens, tous nos échanges, toutes nos préoccupations.


La femme revient dans les discours quotidiens comme enjeu de virilité, d'honneur et de valeurs familiales. Dans certains pays, elle n'a accès à l'espace public que quand elle abdique son corps. La dévoiler serait dévoiler l'envie que l'islamiste, le conservateur et le jeune désoeuvré ressentent et veulent nier. Perçue comme source de déséquilibre — jupe courte, risque de séisme — elle n'est respectée que lorsque définie dans un rapport de propriété, comme épouse de X ou fille de Y.


Ces contradictions créent des tensions insupportables : le désir n'a pas d'issue ; le couple n'est plus un espace d'intimité, mais une préoccupation du groupe. Il en résulte une misère sexuelle qui mène à l'absurde ou l'hystérique. Ici aussi on espère vivre une histoire d'amour, mais on empêche la mécanique de la rencontre, de la séduction et du flirt en surveillant les femmes, en surinvestissant la question de leur virginité et en donnant des pouvoirs à la police des moeurs. On va même payer des chirurgiens pour réparer les hymens.


Dans certaines terres d'Allah, la guerre à la femme et au couple prend des airs d'inquisition. L'été, en Algérie, des brigades de salafistes et de jeunes de quartier, enrôlés grâce au discours d'imams radicaux et de télé-islamistes, surveillent les corps, surtout ceux des baigneuses en maillot. Dans les espaces publics, la police harcèle les couples, y compris les mariés. Les jardins sont interdits aux promenades d'amoureux. Les bancs sont coupés en deux afin d'empêcher qu'on ne s'y assoit côte à côte.


Résultat : on fantasme ailleurs, soit sur l'impudeur et la luxure de l'Occident, soit sur le paradis musulman et ses vierges.[...]
L'Occident s'est longtemps conforté dans l'exotisme ; celui-ci disculpe les différences. L'Orientalisme rend un peu normales les variations culturelles et excuse les dérives : Shéhérazade, le harem et la danse du voile ont dispensé certains de s'interroger sur les droits de la femme musulmane. Mais aujourd'hui, avec les derniers flux d'immigrés du Moyen-Orient et d'Afrique, le rapport pathologique que certains pays du monde arabe entretiennent avec la femme fait irruption en Europe.


Ce qui avait été le spectacle dépaysant de terres lointaines prend les allures d'une confrontation culturelle sur le sol même de l'Occident. Une différence autrefois désamorcée par la distance et une impression de supériorité est devenue une menace immédiate. Le grand public en Occident découvre, dans la peur et l'agitation, que dans le monde musulman le sexe est malade et que cette maladie est en train de gagner ses propres terres."


Pour approfondir le thème, cet article de Dreuz Info


Add : Un musulman (article en anglais) répond à Kamel Daoud en répliquant que l'Occident aussi a un rapport pathologique à la femme, en en faisant un objet, à travers la publicité, le féminisme, la mode "sexy" depuis le plus jeune âge, la pornographie, la séparation volontaire entre sexualité et maternité, le divorce, l'hypersexualisation de la société jusque dans les écoles. Il n'a pas tort globalement, même s'il ne voit pas que ce qui est un dérèglement dans nos sociétés occidentales appartient à la structure même de l'islam, et que ce qui est une excroissance, une maladie chez nous (une maladie, on peut en guérir), l'islam ne s'en guérira pas faute de ne plus être l'islam. Chez nous c'est un virus, dans l'islam c'est génétique
Autre

Kamel Daoud lauréat du prix de la Revue des Deux Mondes 2019
Heulard Mégane - 23.05.2019
Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Kamel Daoud - prix de la Revue des Deux Mondes - Stock

Kamel Daoud remporte le prix de la Revue des Deux Mondes pour son ouvrage Le peintre dévorant la femme, paru chez Stock. Un titre influencé par l'exposition « Picasso 1932, année érotique », qui explore la vision du corps, entre érotisme et art, entre Orient et Occident.

Créé en 2008, le prix de la Revue des Deux Mondes distingue, chaque année, un ouvrage en langue française paru dans l'année. Il récompense un essai reconnu pour ses qualités littéraires, pour la pertinence de son sujet dans le débat d'idées contemporain et pour le regard qu'il porte sur la relation du passé au présent.

Kamel Daoud est écrivain algérien, journaliste, chroniqueur au Quotidien d'Oran et à l'hebdomadaire Le Point. Il est cette année titulaire de la nouvelle chaire d'écrivains en résidence de Sciences Po, où il participe pendant six mois à des discussions sur la création littéraire.

Kamel Daoud, écrivain au carrefour de deux civilisations, a été salué par le jury, présidé par Valérie Toranian, à la fois pour ses réflexions philosophiques et poétiques. Ainsi qu'à son engagement pour la vérité et la liberté, et ses combats contre le fondamentalisme et les idéologies. Kamel Daoud a d'ailleurs été victime d'une fatwa en 2014, après avoir critiqué le rapport des musulmans à la religion.

Il est notamment l'auteur de Meursault contre-enquête, pour lequel il a reçu le prix Goncourt du premier roman et le prix François Mauriac. Mais également pour son œuvre, Zabor ou les Psaumes, qui a été maintes fois récompensé : par le prix Méditerranée, le prix des cinq continents de la francophonie, le prix Jean-Luc Lagardère du Journaliste de l'année et le prix mondial Cino Del Duca pour l'ensemble de son œuvre.

Un résumé de l'ouvrage lauréat, Le peintre dévorant la femme :

Je suis un "Arabe" invité à passer une nuit dans le musée Picasso à Paris, un octobre au ciel mauvais pour le Méditerranéen que je suis. Une nuit, seul, en enfant gâté mais en témoin d'une confrontation possible, désirée, concoctée. J'appréhendais l'ennui cependant, ou l'impuissance.
Pour comprendre Picasso, il faut être un enfant du vers, pas du verset. Venir de cette culture-là, sous la pierre de ce palais du sel, dans ce musée, pas d'une autre. Pourtant la nuit fut pleine de révélations : sur le meurtre qui peut être au coeur de l'amour, sur ce cannibalisme passionné auquel l'orgasme sursoit, sur les miens face à l'image et le temps, sur l'attentat absolu, sur Picasso et son désespoir érotique.

Rappelons que l'année dernière c'est Stephen Smith qui avait remporté ce prix, pour son titre La Ruée vers l'Europe — la jeune Afrique en route pour le Vieux Continent publié chez Grasset.

Kamel Daoud — Le peintre dévorant la femme — Stock — 9782234083738
https://www.actualitte.com/article/culture-arts-lettres/kamel-daoud-laureat-du-prix-de-la-revue-des-deux-mondes-2019/94940

Lettre ouverte à Martine et à tous les enfants du Monde. François MICHEL, grand père de 78 ans,-Citoyen du Monde

 

(ou : Saurons-nous un jour élever nos enfants ?)

Ma chère Martine, mes chers enfants, on vous le dit quelquefois mais vous n'y croyez pas trop : « La vie n'est pas un long fleuve tranquille ». Comment en effet croire à la violence et à la dureté de la vie, nous, les enfants, toujours prêts à rire, à s'amuser, nous les enfants innocents, nous les enfants encore bercés, protégés par l'amour d'une mère et par un tout petit peu de tolérance qu'accorde encore le monde des adultes à l'enfance.

Oui, mais voilà, c'est une réalité bien triste mais une réalité dont il faut que je vous parle.

Malheureusement, la violence à laquelle vous assistez sur vos consoles, n'est pas un jeu.

Dans la vraie vie, cette violence paroxysmique est encore rare, Dieu merci mais elle existe.

Ce que vous devez savoir aussi, c'est qu'il existe une autre violence à laquelle vous allez bientôt être confronté : la violence du monde du travail, la jalousie, l'ambition démesurée de certains qui peut empoisonner l'existence de tous ceux qui les fréquentent. Oui, le monde des adultes est un monde dur qui fait plus de brimades que de cadeaux. Oui, le monde des adultes est triste. Pour s'en convaincre, arrête-toi un instant et observe la foule. Les enfants bougent, s'agitent et rient. Les adultes avancent à pas lent, sont ternes et tristes à côté de ces enfants toujours joueurs. Il y a un Monde, un fossé, que dis-je, un précipice entre le monde de l'enfance et celui des adultes.

Et les tensions croissantes du Monde ne semblent pas arranger les choses. Alors, mon enfant, remercie le ciel d'avoir des parents un peu moins « bisounours » que ce que tu pourrais souhaiter. Il n'est pas question ici de violence. La violence et la cruauté envers un enfant est un crime.

Mais des parents trop protecteurs qui ne te prépareraient pas à la vie, seraient presque aussi coupables. Remercie le ciel si ta maman te demande de faire la vaisselle, tu n'auras peut-être pas, plus tard les moyens de te payer une machine à laver ou une femme de ménage. Remercie le ciel si elle t'apprend à faire la cuisine et te demande de l'aider à préparer le repas. Remercie le ciel si ton papa t'emmène avec lui travailler aux champs, à l'usine ou ailleurs et t'initie à la vraie vie.

Remercie tes parents de bien vouloir te faire entrevoir le monde dur des adultes. Ce n'est pas toujours rose mais, tel un sportif qui s'entraîne, tu te prépareras ainsi, mieux à la vraie vie et tes chances de nager correctement dans le monde dur des adultes, seront augmentées. Crois-moi, c'est une chance pour toi. Alors, remercie Papa et Maman d'avoir été quelquefois un peu dur avec toi. Ce n'est pas toujours drôle mais cela te protègera le jour où tu seras lâché seul dans le Monde.

François MICHEL, grand père de 78 ans,
Citoyen du Monde

La BHS tend les bras à la Diaspora : la diaspora au service de l'immobilier au Sénégal

Une épargne avec un  taux à 6,25% pendant 5 ans de 2019 à 2024.

«Banque de l'habitat du Sénégal (Bhs) table ronde sur l'économie de la Diaspora et mise en place de système de financement comme la Diaspora Bond l'immobilier le foncier notre implantation ici et au Sénégal ». Raymond Sémédo anthropologue, géopoliticien intellectuel franco sénégalais robuste et entrepreneur immobilier.


Nous sommes invités à cette rencontre dans un beau cadre la Villa Massaï dans le 2 ème arrondissement de Paris. Le ton est donné, Raymond avait demandé que les invité soient là à compter de 19 heures pile, horaire difficilement tenu mais à 18h48 j'étais déjà là malgré la distance , ouf paris gagné pour moi.


Les professionnels venus nous présenter le produit phare en direction de la diaspora sont des gens qualifiés et attentifs à nos interrogations. Très à l'écoute et c'est une denrée rare en Afrique. Je voulais ici remercie Mr Kassé de la BHS paris, Mme Khady D Diouf directrice de Everest (Dauphine et USA) et son collègue formé au Canada Cheikh Yakhoub Niang, Mme Marie Odile Séné KANTOUSSAN directrice de de CGF l'une des doyennes et formée en Afrique en Tunisie avec une expertise aiguisée.

Je n'oublie pas celui qui est passé par mon université et ma ville d'adoption Besançon; Ousseynou NDIAYE qui a aussi une expérience canadienne. On notera aussi les interventions hautement qualifiées de K DIALLO DG de CGF Gestion sur l'épargne islamique. Que ne pas dire de M. Ababacar Diaw (Dauphine et Usa ) est expert en Ingénierie Financière qui a dans un discours posé et très pédagogique a su me tenir en haleine et je n'étais pas seul à écouter religieusement la maitrise fine et intelligente de l'économie. De quoi s'agit-il ?
Il s'agit au lieu de garder votre épargne de thésauriser ou de consommer gratuitement de mettre à disposition cette manne financière pour contribuer à la création immobilière.


Comme le dit Mr Kassé, chacun doit pouvoir se dire en étant au Sénégal ou ailleurs qu'il a contribué à façonner le visage de l'immobilier au Sénégal en y injectant son épargne.


L'offre d'achat des parts (15,24 euros soit 10000f cfa) sera lancée à partir du 16 mai 2019 en guichet ou en ligne. Il faut préciser puisque le l'offre concerne les 8 pays de l'UEMOA chacun membre de la diaspora de ces états pourra souscrire et comme c'est au Sénégal la diaspora sénégalaise pourra démontrer par son investissement son ambition et sa capacité à mobiliser 20.000.000.000 CFA voir 30 et le projet sera sur 5 ans. La mise de départ sera fixe et l'épargne générée pourra servir à investir dans d'autres domaines.


Oui, Ce qui est intéressant dans cette opération c'est le niveau de sécurité quand on sait que les tribunaux sénégalais croulent sous les dossiers des litiges fonciers. Dans la diaspora on a vu des couples se briser, des suicides, de situations difficiles voire tragiques. Du coup le soupçon et l'inquiétude méfiante prennent le dessus et polluent.
Digression sur le concept du risque et risque mesuré.


-«La notion de risque implique la combinaison d'un aléa et d'un enjeu : Aléa : événement, phénomène, danger ou probabilité d'un événement qui peut affecter ..


-Le statut du risque se révèle intrinsèquement ambigu, tant au niveau ontologique qu'au niveau épistémologique. L'objectif de cette contribution consiste à le clarifier, à travers une analyse des diverses conceptions du risque véhiculées par la littérature. Plus précisément, l'examen des conceptions réalistes et représentationnelles du risque conduit à privilégier ces dernières. Nous montrons que les différentes conceptions représentationnelles – quantitative et constructiviste – gagnent à être envisagées dans leur complémentarité. Pour en rendre compte, nous proposons l'adoption d'une définition multidimensionnelle du risque fondée sur deux composantes, l'une quantitative, l'autre qualitative. Cette définition du risque est ouverte et contextuelle, capable de prendre en compte la complexité et la spécificité de chaque type de risque dans le contexte où il se développe. L'intérêt d'une telle définition réside dans la réhabilitation des valeurs et des critères qualitatifs dans un cadre d'analyse plus global, qui rend justice au pluralisme social, dont une gestion éthique du risque ne peut plus faire l'économie.

Céline Kermisch https://journals.openedition.org/

Oui cette opération semble au vue des informations, de la conformité des standards, Doubaï, Paris, Usa, et autres sans oublier les qualités remarquables de la BHS une des meilleures banques fiables du Sénégal. Il est vrai qu'étant étudiant j'avais un petit compte à la BHS ouvert par un chef de quartier et jusqu'à ce jour il est impossible de savoir où en est mon dossier et voici plus de 30 ans. Je n'incrimine pas la BHS mais elle aurait pu trouver trace de mes versements et me donner une information précise.


A Ndiass j'avais aussi un terrain que j'ai perdu du fait que mon terrain était placé au mauvais endroit et puisque je n'ai pas répondu à l'appel pour que la communauté me réaffecte un autre terrain j'ai perdu mon bien toujours avec mes épargnes d'étudiants. (on a besoin de parler de ses expériences pour valider une information avec des documents signés et cachet faisant foi).
L'inquiétude et la méfiance vis avis des banques et tout le système économique au Sénégal.

La diaspora veut investir mais a peur et pourtant il faudra le faire et voici une belle expérience à saluer : «Pour répondre à la demande des émigrés, mais aussi et surtout pour leur éviter les mauvaises surprises que confèrent les canaux informels, trois jeunes sénégalais résidant à Paris ont décidé d'unir leur savoir-faire pour organiser le premier Salon de l'immobilier du Sénégal dans l'Hexagone. Ils sont déjà au four et au moulin pour cet évènement qui a lieu les 12 et 13 mars à l'Espace Champerret.


Obtenir une maison dans son pays. Voilà un rêve de tout africain de la diaspora, les Sénégalais notamment. Mais, malheureusement, c'est un rêve qui peut très vite virer au cauchemar, une fois qu'on tente de le réaliser. En effet, ils sont nombreux ces Sénégalais à se faire avoir par des intermédiaires véreux, parfois des proches parents ; en se faisant vendre par exemple un terrain déjà vendu à une tierce personne.
Nombreux également sont ceux qui, échaudés par les appréhensions, les « on dit », les agissements de promoteurs véreux et autres scandales dans l'immobilier qui font les choux gras de la presse locale, ne savent par quel canal sûr passer pour obtenir un terrain, une maison...en toute sécurité.


Une première pour le Sénégal en France


Sur la base de ces constats, mais aussi à cause de l'importance de la demande, trois jeunes sénégalais de la diaspora ont alors décidé de prendre le taureau par les cornes. Ils ont en effet décidé de faire de l'intermédiation en organisant un Salon de l'immobilier à Paris. Le Salon a lieu à l'Espace Champerret, les 12 et 13 mars 2016. Et c'est une première du genre pour le Sénégal en France, assurent les organisateurs, qui se sont inspiré du Maroc et de la Tunisie.
»
Après les exposés la diaspora a pris la parole pour donner ses sentiments et poser des questions sur l'offre.


Ousseynou Seck, Raymond Sémedo, Pape Cissoko, ont bousculé les panélistes en les interrogeant sur des sujets pointus et vrais–la fiabilité, les insécurités, l'épargne et l'islam, les mentalités sénégalaises, la confiance, etc.


A dire vrai on a été conquis et rassuré mais la prudence sera toujours de mise quand on traite avec des sénégalais si brillants soient-ils et c'est à cette jeune génération qualifiée qui devra laver ces inquiétudes cette méfiance vis-à-vis de l'argent de l'économie en somme.


Selon notre ami Raymond toujours pertinent ; et c'est l'occasion de le remercier puisqu'il nous a réuni autour de ce concept alors qu'il n'y est pour rien (on le taxe de VRP de la BHS lors que non) oui quand il faut soutenir un projet plausible notre compatriote fonce sans manquer de poser des écueils pour mieux attirer l'attention ; il faut penser à présent économie. Il dit aussi que nos enfants vivent sur les sols de la diaspora il faudra penser aussi à y investir ce qui n'empêche pas de le faire dans le pays d'origine. Notre ami Oumar Kane courtier en immobilier travaille dans ce sens et il faut lui faire confiance.
Certains pays africains ont adopté des stratégies en matière d'économie et pourquoi pas le Sénégal. On fait tout et n'importe quoi de façon inorganisée et pensée alors que les afro-américains ont compris que la puissance était du côté de l'économie et qu'il fallait s'organiser dans ce sens.


Il faut rappeler que les spécialistes des sciences sociales ont toujours pensé l'économie il est temps d'investir de façon cohérente ce champ pour faire avancer notre pays.
Marx, fourrier, Engels, Keynes, Mill, Hayek, Condorcet, Smith, Napoléoni, Maw Weber, Proudhon, Comte, Richard THALER, Daniel KAHNEMAN, etc, ont pensé et livré leurs conceptions de l'économie et en Afrique on se bat à sectoriser ce champ qui interpelle l''interdisciplinarité. Le PR F OSWALD philosophe a initié au CNAM de Paris la notion de Risque et ouvert la porte des DRH à ces sciences.


Pour revenir à cette appel de l'épargne de la diaspora il faut y aller et ne pas hésiter ce pays nous appartient et nous ne devons pas le laisser aux hommes qui tiennent le pouvoir. Pour réussir il faut cultiver la valeur travail et se mouiller en étant rigoureux sur la gestion du temps, le calcul prudentiel du risque, enlever tous les freins issus de nos mentalités ou comportements. Ce n'est pas parce qu'on a les standards occidentaux qu'on se base sur ceux-ci ; l'environnement peut affecter voire corrompre nos manières de faire et il faut être très vigilants là-dessus.
Pape Bakary Cissoko diaspora Sénégal à paris.


Ps : La Banque de l'Habitat du Sénégal (BHS) est une société anonyme avec conseil d'administration, au capital de 10 milliards de francs CFA. Créée en 1979, elle a démarré ses activités en mars 1980.

Son domaine d'activité principal est le financement de l'immobilier, en accession à la propriété, avec une priorité pour le logement social.
En 37 ans d'existence, la BHS s'ouvre aussi, de plus en plus, aux autres secteurs d'activités pour offrir aux particuliers une gamme complète de produits et services répondant à leurs besoins.
La BHS vient d'initier un processus de démarche RSE pour contribuer à la protection de l'environnement par le Développement Durable.

La Banque de l'Habitat du Sénégal (BHS) vient d'obtenir le visa du Conseil Régional de l'Epargne Publique et des Marchés Financiers (CREPMF) pour l'émission de sa diaspora bond. Il s'agit d'une toute première sur le marché financier de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Ce procédé permet à la banque leader dans le financement de l'habitat en zone UEMOA de solliciter l'épargne des populations de la diaspora pour la réalisation des projets structurants. De tels placements bien rémunérés et adossés à un programme de logements offrent à cette catégorie un moyen sûr de sécuriser son épargne.
Par cette émission obligataire, la BHS laissera une empreinte indélébile dans l'histoire financière du Continent. En effet, il s'agira du premier «Diaspora bond» émis par une Institution Financière en zone CFA. Pour les observateurs, cette innovation majeure est à mettre à l'actif de la BHS, de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) et de l'ensemble du Marché Financier Régional.
De 2010 à 2017, les flux financiers provenant de la Diaspora ont constitué la première source de financement de l'Afrique avec une moyenne de 62,9 milliards de dollars US, devant les Investissements Directs Etrangers – IDE (52,5 milliards USD) et l'Aide Publique au Développement – APD (51,8 milliards USD).
Source: Financial Afrik

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