Ex-libris

TIDIANE N'DIAYE Le génocide voilé / Les Arabes ont razzié l'Afrique- Enquête historique

 

Ichrono.info donne une grande place aux grands penseurs, T NDIAYE est un de ceux-là et tente de soumettre à l'attention de nos fidèles et nombreux lecteurs tous ses écrits. Pape cissoko

TIDIANE N'DIAYE Le génocide voilé / Les Arabes ont razzié l'Afrique- Enquête historique
Collection Continents Noirs, Gallimard  Parution : 17-01-2008
«Les Arabes ont razzié l'Afrique subsaharienne pendant treize siècles sans interruption. La plupart des millions d'hommes qu'ils ont déportés ont disparu du fait des traitements inhumains.
Cette douloureuse page de l'histoire des peuples noirs n'est apparemment pas définitivement tournée. La traite négrière a commencé lorsque l'émir et général arabe Abdallah ben Saïd a imposé aux Soudanais un bakht (accord), conclu en 652, les obligeant à livrer annuellement des centaines d'esclaves. La majorité de ces hommes était prélevée sur les populations du Darfour. Et ce fut le point de départ d'une énorme ponction humaine qui devait s'arrêter officiellement au début du XXe siècle.»
Avec Tidiane N'Diaye, le génocide de la traite orientale dévoilé
Rédigé par Maria Magassa-Konaté in http://www.saphirnews.com
Tidiane N'Diaye jetait un pavé dans la mare en 2008 avec « Le Génocide voilé » (Gallimard). Dans ce livre, l'anthropologue franco-sénégalais aborde sans tabous le sujet de la traite orientale dont ont été victimes des milliers de Noirs africains durant 13 siècles. Alors que la France vient de célébrer, le 10 mai, la Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions qui donne un coup de projecteur sur la traite transatlantique organisée par les Occidentaux, Saphirnews revient avec lui sur un pan de l'histoire de l'esclavage occulté.
Saphirnews : Quelles ont été les caractéristiques de la traite orientale ?
Tidiane N'Diaye: Dès le VIIe siècle de notre ère, les Arabes avaient conquis l'Égypte. Ils allaient y asservir de nombreux peuples venant de la Nubie, de Somalie et du Mozambique ou d'ailleurs, au cours de la première expansion islamique. Les Nubiens avaient été durement secoués par les foudroyantes attaques des forces arabes. Ils se défendirent courageusement, mais plièrent devant une supériorité numérique et la détermination des soldats du Jihad (la guerre sainte contre les incroyants). Aussi, devant les assauts répétés des « jihadistes » arabes, les Nubiens préférèrent négocier la paix en concluant, en 652, un traité connu sous le nom de Bakht. C'est ainsi qu'une traite négrière en grand fut, pour la première fois, inventée par les Arabes, lorsque l'émir et général Abdallah ben Saïd imposa aux Nubiens la livraison annuelle et forcée de 360 esclaves. Le Bakht fut le point de départ d'une énorme ponction humaine, qui sera effectuée non seulement dans toute la bande soudanaise, mais aussi de l'océan Atlantique à la mer Rouge en passant par l'Afrique orientale.

Cette ponction se répartira soit localement, soit beaucoup plus loin que toutes les régions du monde musulman et ce, du VIIe au XXe siècle, avec son lot de massacres, pour ne pas dire génocide. Ces prédateurs, bien avant les Européens, allaient ainsi opérer une interminable guerre sainte, avec ses razzias sanglantes, ruiner les populations, pour la grande gloire des harems d'Orient.

Cette traite fournissait des enfants, des femmes et des hommes tirés de l'intérieur du continent noir. Les contrées qui profitaient le plus de cette infamie, étaient essentiellement la Turquie, l'Égypte, la Perse, l'Arabie, la Tunisie et le Maroc. Les Arabes avaient ainsi ouvert une voie balisée d'humiliations, de sang et de morts, qu'ils seront les derniers à refermer officiellement au XXe siècle, longtemps après les Occidentaux.

La demande d'esclaves du monde arabo-musulman entraînera la mise en route de deux courants de traite en provenance du continent noir. L'un, terrestre, conduisait les captifs du subcontinent au Nord, à travers le Sahara (traite transsaharienne). L'autre, maritime, acheminait les captifs des ports de la côte est de l'Afrique jusqu'en Orient (traite orientale).
Quel est le nombre de victimes de cette traite ? D'où viennent vos chiffres ?
Tidiane N'Diaye : Les rares données statistiques sur l'importance de cette entreprise homicide sont très fragmentaires, sans compter la mauvaise maîtrise des sources. Certains registres ont été falsifiés dans les archives des pays arabo-musulmans. Des fonds n'ont pas été inventoriés, quand il ne s'agit pas tout simplement de disparitions d'archives privées ou publiques.

Autrement dit, les sources statistiques de la traite arabo-musulmane restent « voilées ». Cette carence m'a conduit à travailler sur des hypothèses, des récits de griots, des recoupements et des témoignages directs ou indirects. Ces travaux ont souvent abouti à une évaluation approximative, mais qui dégage toujours un foisonnement de chiffres qui donnent le vertige.

Cependant, l'étude la plus crédible sur le sujet est celle de l'historien américain Ralph Austen. Les travaux de ce chercheur, qui est sans doute le meilleur spécialiste de la question, font autorité. Sans chercher à décharger le crime des Occidentaux, ses estimations ont été constamment affinées. D'après son étude, nous pouvons estimer à 7,4 millions le nombre d'Africains déportés au cours de la traite transsaharienne entre le VIIe et le début du XXe siècle. A quoi il faut ajouter 1,6 million de captifs décédés au cours du voyage et 372 000 autres demeurés en bordure du désert ou dans les oasis. Ce qui donne pour le Sahara, un chiffre de 9,3 millions captifs. Dans les régions proches de la mer Rouge et de l'Océan indien, 8 millions d'Africains environ auraient été transférés. On aboutit ainsi à un total de plus de 17 millions d'Africains.

A elle seule, cette traite serait à l'origine d'un peu plus de 40 % des 42 millions de captifs africains déportés. Ce chiffre serait même, selon certaines sources, vraisemblablement en deçà de la réalité. Il faudrait le traiter avec une marge d'erreur d'au moins 25 %, sur une période s'étalant du milieu du VIIe siècle au XXe siècle. Compte tenu du fait que pour un déporté « arrivé à bon port », trois ou quatre autres auraient péri, directement ou indirectement, des conséquences des « guerres saintes d'approvisionnement », de l'incendie des villages, des greniers, des famines et des épidémies ; on imagine aisément l'ampleur d'une telle tragédie à l'échelle d'un continent.
Comment des chefs arabes se sont servis de la religion musulmane pour justifier l'esclavage de Noirs ?
Tidiane N'Diaye : De nos jours, pour ce qui est de l'islamisation de peuples, dans la plupart des pays africains, la religion du Prophète Muhammad – avec son prestige social et intellectuel – a fait d'énormes concessions aux traditions ancestrales, en s'intégrant harmonieusement. Elle ne détruit plus les cultures et les langues. Mais il n'en a pas toujours été ainsi.

En ces temps obscurs, où les Lumières ne baignaient pas encore suffisamment l'esprit des hommes, les Arabes plongèrent les peuples noirs dans les ténèbres, ce n'était partout que « du mal absolu ». Plus que la traite transatlantique, les Arabes ont razzié l'Afrique subsaharienne pendant 13 siècles sans interruption. La plupart des millions d'hommes qu'ils ont déportés ont presque tous disparu du fait des traitements inhumains, de l'infanticide et de la castration généralisée, pour qu'ils ne fassent souche dans le monde arabo-musulman.

Sous l'avance arabe, la survie était un véritable défi pour les populations. Des millions d'Africains furent razziés, massacrés ou capturés, castrés et déportés vers le monde arabo-musulman. Cela dans des conditions inhumaines, par caravanes à travers le Sahara ou par mer, à partir des comptoirs de l'Afrique orientale. Telle était, en réalité, la première entreprise de la majorité des Arabes qui islamisaient les peuples africains, en se faisant passer pour des piliers de la foi, les modèles des croyants. Ils allaient souvent de contrée en contrée, le Coran d'une main, le couteau à eunuque de l'autre, menant hypocritement une pseudo-« vie de prière », ne prononçant pas une parole, sans invoquer Allah et les hadiths de son Prophète.

Beaux et nobles principes en vérité, mais que foulèrent au pied – avec quelle allégresse, quelle indignité, et quelle mauvaise foi ! – ces négriers arabes, qui mettaient l'Afrique à feu et à sang. Car derrière ce prétexte religieux, ils commettaient les crimes les plus révoltants et les cruautés les plus atroces.
Quelles sont les conséquences sociales et dans les mentalités de cette traite dans les pays d'Afrique du Nord et les pays du Golfe, où vit encore une population noire ?
Tidiane N'Diaye : Vous savez, au chapitre du mépris envers les Africains, l'historien Ibn Khaldum écrivait : « Les seuls peuples à accepter l'esclavage sont les nègres, en raison d'un degré inférieur d'humanité, leur place étant plus proche du stade animal. » Des chercheurs africains musulmans ont tenté une longue et délicate entreprise intellectuelle et religieuse, afin de déconnecter l'islam de la couleur de la peau. Cela pour mieux rapprocher les peuples noirs des Arabes et gommer une sombre page de leur Histoire commune.

Ce travail a littéralement été balayé par le réformisme musulman et le nationalisme arabe. Parce que ces deux mouvements, dans leur essence même, reposent avant tout sur le dualisme Noirs (sudan), inférieurs, Abd (esclaves) assimilés à idolâtres, d'où un subtil déni d'islam, et les autres musulmans, supérieurs, c'est-à-dire les Blancs (Beïdans). Cela eut au moins le mérite de clarifier certains non-dits lourds de sens.

Le plus surprenant est que subsiste encore la pratique de l'esclavage dans le monde arabo-musulman. Alors que le débat n'est pas encore franchement ouvert sur la genèse et les conséquences apocalyptiques du saignement séculaire de l'Afrique par les Arabes. Si, officiellement, le dernier marché aux esclaves a été fermé au Maroc en 1920, cette calamité se perpétuerait encore de nos jours, notamment aux Émirats du Golfe et dans certains pays du Moyen-Orient. En avril 1996, l'envoyé spécial des Nations unies pour le Soudan faisait état d'« une augmentation effrayante de l'esclavagisme, du commerce des esclaves et du travail forcé au Soudan ». En juin de la même année, deux journalistes du Baltimore Sun, qui s'étaient également introduits au Soudan, écrivaient dans un article intitulé « Deux témoins de l'esclavage » qu'ils avaient réussi à acheter deux jeunes filles esclaves, pour les affranchir.

Dans un autre pays « arabo-musulman » entretenant encore cette hideuse institution sociale sous diverses manifestations, la Mauritanie, un observateur note : « L'esclavage reste un sujet tabou. Ni les autorités traditionnelles ni les pouvoirs publics ne veulent être mis sur la sellette et désignés du doigt. Aussi, pour éviter l'accusation de complaisance sinon de complicité, les uns et les autres s'efforcent-ils d'étouffer toute tentative de poser le problème sur la place publique et d'en débattre. Faire silence sur les problèmes tiendrait lieu ainsi paradoxalement de solution. Or, cette politique du silence crée les conditions mêmes de la pérennité de l'esclavage. Derrière ce mutisme défensif se profile la crainte de voir les esclaves revendiquer une plus grande participation à l'exercice du pouvoir. »

Bien que partageant la même religion et « politiquement solidaires », en Libye, au Maroc comme en Algérie, les immigrés d'Afrique noire se sont toujours plaints d'être traités avec mépris, honteusement exploités et souvent violentés. La route transsaharienne de l'esclavage en Afrique du Nord est toujours opérationnelle. La seule différence est que, cette fois, ce sont les émigrés clandestins africains qui y transitent.
Comment expliquez-vous que ce passé sombre soit si occulté ?
Tidiane N'Diaye : Cette traite, qu'il est difficile de ne pas qualifier de génocide de peuples noirs par massacres, razzias sanglantes puis castration massive, chose curieuse, très nombreux sont ceux qui souhaiteraient la voir recouverte à jamais du voile de l'oubli, souvent au nom d'une certaine solidarité religieuse, voire idéologique.

C'est en fait un pacte virtuel scellé entre les descendants des victimes et ceux des bourreaux, qui aboutit à ce déni. Ce pacte est virtuel mais la conspiration est bien réelle. Parce que dans cette sorte de « syndrome de Stockholm à l'africaine », tout ce beau monde s'arrange sur le dos de l'Occident. Tout se passe comme si les descendants des victimes étaient devenus les obligés, .....

Ecrivain --Anthropologue- Economiste (docteur en Economie), Tidiane N'Diaye a mené une longue carrière de Chargé d'Etudes à l'I.N.S.E.E. (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques), Professeur d'économie descriptive et Directeur de Recherches à Sup de Co Caraïbes. Il est l'auteur de nombreuses études économiques et sociales sur les départements français d'Amérique. Egalement Anthropologue de réputation mondiale, Tidiane N'Diaye a publié de nombreux Essais sur des thèmes liés à l'histoire des civilisations négro-africaines et leurs diasporas qu'il tente de mieux faire connaître dans leurs dimensions historique et culturelle.
Tidiane N'Diaye est le premier chercheur africain dont les travaux (Traite négrière arabo-musulmane, Le génocide voilé, à propos de la traite arabe) ont été nominés au Prix Renaudot de l'essai en 2008. Il est membre du jury du prix littéraire La Mamounia.

Manuel de méthodologie et de rédaction bibliographique initiation à la recherche, à la rédaction et à la présentation des thèses, des mémoires, des rapports scientifiques et techniques, des articles et autres travaux académiques par le PR D.SAMB

 

Manuel de méthodologie et de rédaction bibliographique
initiation à la recherche, à la rédaction et à la présentation des thèses, des mémoires, des rapports scientifiques et techniques, des articles et autres travaux académiques
Auteur : Pr Djibril SAMB
Éditeur : L'Harmattan Tous les livres chez l'éditeur L'Harmattan , Paris, Paris
Collection : Ouverture philosophique Tous les livres dans la collection Ouverture philosophique
Résumé
Destiné notamment aux doctorants, aux chercheurs et aux professeurs, cet ouvrage initie aux techniques de recherche et aux normes de présentation des travaux académiques. Il aborde notamment : le choix d'un sujet et d'un directeur de thèse, l'objet d'une recherche scientifique, la définition d'une stratégie de recherche, l'élaboration du mémoire, la présentation des références bibliographiques.
Dans la 1ère partie, le cheminement intellectuel qui aboutit à la formulation et à la mise en oeuvre d'un projet de recherche a été précisé et développé, tandis que les principes du raisonnement logique ont été rappelés. En outre, la recherche documentaire sur Internet a été traitée un peu plus en détail pour que son intérêt et ses limites, voire ses risques, soient mieux mesurés. La seconde partie est consacrée aux problèmes de normalisation et plus spécialement à la rédaction bibliographique.
Quatrième de couverture
Le texte de la présente édition a été revu et complété sur plus d'un point. Dans la première partie, le cheminement intellectuel qui aboutit à la formulation et à la mise en oeuvre d'un projet de recherche a été précisé et développé, tandis que les principes du raisonnement logique ont été rappelés. En outre, la recherche documentaire sur l'Internet a été traitée un peu plus en détail pour que son intérêt et ses limites, voire ses risques, soient mieux mesurés. La seconde partie, consacrée aux problèmes de normalisation et, plus spécialement, de rédaction bibliographique, a été substantiellement amendée et élargie. Tout en restant dans le cadre des normes ISO et AFNOR, et des usages nationaux français, nous les avons constamment comparés aux normes et usages américains. Elle comporte également un exposé complet, à l'intention des historiens et des géographes, d'une part, sur la description archivistique, et d'autre part, sur la présentation des documents cartographiques. In fine sont décrites les formalités administratives, pédagogiques et scientifiques qui précèdent la soutenance, le déroulement même de la soutenance ainsi que ce qui se passe après la soutenance. Les textes réglementaires français relatifs à toutes ces questions, ainsi que d'autres documents utiles, sont rassemblés en Annexes (B). Au total, le public ciblé par ce Manuel couvre tous les étudiants de notre système d'enseignement supérieur en fin d'études (facultés, écoles normales, École nationale d'administration, École pratique des hautes études, École nationale des chartes, Collège de France, et autres instituts), les chercheurs, les enseignants de tous ordres, les essayistes, les écrivains, les fonctionnaires, les journalistes, les secrétaires, les logographes, les éditeurs, bref tous ceux qui, pour une raison ou une autre, peuvent être amenés à conduire une recherche plus ou moins étendue ou à réaliser un texte dactylographié, imprimé ou électronique.

PR D. Samb, professeur titulaire des universités de classe exceptionnelle, est
Grand Prix de la Ville de Toulon (1997), Prix La Bruyère/Médaille d'Argent de
l'Académie française (1998) pour son ouvrage intitulé Les Premiers Dialogues
de Platon : Structure dialectique et ligne doctrinale,

Le Professeur Djibril SAMB : le vocabulaire des philosophes africains Ed l’Harmattan

 

Le Professeur Djibril SAMB : le vocabulaire des philosophes africains
Ed l'Harmattan 2010
proposé par pape Bakary CISSOKO
Philosophe/Conférencier et Formateur en interculturalité Fr ance

Qui est-il ?
Réponse difficile mais disons que c'est l'un des plus brillants intellectuels noirs avec le Professeur Souleymane Béchir DIAGNE.
Allons vite pour présenter cet ouvrage qui est une somme, ie la compilation de 167 termes issus des langues africaines et 106 notices biographiques de cent six auteurs africains que l'on peut précisément situer de façon certaine.
Le Pr D SAMB est le Luc BRISSON africain. Luc BRISSON est un québécois né en le 10 mars 1946 à ST-ESPRIT vivant en France directeur de recherches au CNRS et spécialiste de Platon et des religions grecques.
Pourquoi cet ouvrage, y-avait-il un vide en la matière?
Oui la question de la philosophie africaine a fait couler beaucoup d'encre et c'est grâce à l'Université de Ouagadougou que le Professeur Djibril SAMB meilleur platonisant et platonicien d'Afrique noire s'est intéressé à cette question essentielle dans le choc des cultures, chaque « monde » s'appropriant la paternité de la chose tout en niant son existence chez les autres
Il faut se rappeler les noms de Tempels, Alassane NDAW, Kocc Barma, Hountondji, Kagame, Foté au sujet de l'existence ou non de la philosophie africaine ou de la pensée africaine. Les propos de Hegel sur l'Afrique ainsi que ceux de Gobineau etc ont conduit nos intellectuels à s'approprier un champ d'investigation laissé en friche.
Le Pr D SAMB historien de la philosophie a mis en place un outil scientifique à partir duquel tout chercheur sérieux peut s'arrimer pour construire son discours parce qu'il donne la substance, la fondation le roc qui permet aux chercheur de partir de Connaissance Vraie.
Revenons à l'ouvrage
Et disons que le but essentiel recherché dans cette œuvre « Le vocabulaire des philosophes africains » consiste à contribuer à jeter les bases d'une étude purement historique et scientifique de la philosophie africaine, sans jamais se mêler de prendre position dans ses débats internes-car l'historien de la Philosophie, comme tous les hommes de science, cherche d'abord à comprendre, mais hésite toujours à juger. Pour y arriver le Pr D SAMB a élaboré et mis en place quatre instruments devant servir cet objectif :
Je le disais tantôt le Pr D SAMB a défini un ensemble de 167 mots issus des langues africaines d'abord, ensuite des notices biographiques de cent six auteurs essentiellement africains et qu'on peut situer sans difficulté, ensuite de quoi il y a un tableau chronologique 1900-2008 qui permet de souligner les étapes de la philosophie africaine en mettant en regard des évènements majeurs de l'histoire et des cultures africaine et enfin une liste des périodiques philosophiques ou accueillant des travaux philosophiques édités en Afrique subsaharienne.
Ce polymathe, « rat » des bibliothèques infatigable chercheur me disait à propos de cet ouvrage révolutionnaire, que c'est un anoblissement de la philosophie africaine en cela qu'il ambitionne d'en faire l'objet d'une science stricte au même titre que la philosophie grecque, ni plus ni moins.
Pour vous donner envie de lire cet ouvrage j'ai décidé subjectivement d'exposer 3 concepts et je vous souhaite à tous d'oser posséder cet ouvrage pour comprendre la philosophie africaine à travers ses mots et ses auteurs et ce n'est qu'ainsi qu'on sera crédible.
Tout d'abord la théorie de l'âme, soul :
Le Pr D SAMB dit que dans la pensée occidentale l'âme est définie comme le principe même de la vie et qu'elle est distincte du corps par lequel il manifeste son activité...
Dans la philosophie africaine, on admet que l'homme est composé au moins d'une âme et d'un corps. GYEKE (1987) disait ceci « une personne est composée de deux éléments : l'un spirituel qui est complexe ..., l'autre physique, le corps. L'âme, okra, qui occupe la place la place centrale dans cet ensemble spirituel, est associée avec le principe de vie dans une personne et est considérée comme immortelle »
Chez le yoruba, emi , qui répond à l'okra akan, est aussi principe de vie, son retrait entraînant la mort. Kagame soulignera que du vivant de l'homme, le principe vital d'intelligence ne porte pas de nom, mais il en reçoit à sa mort. Il faut noter que tous les philosophes africains n'acceptent pas la notion, c'est le cas de WIREDU (1983).
Qu'en est-il de la notion de force, vital force : Dans la philosophie africaine ce concept est très utilisé depuis Tempels ( 1945A , 1949). Selon ce Père belge, toute l'ontologie bantu est centrée sur la notion de vie ou de force vitale, qui exprime la puissance vitale, cette réalité invisible constitutive de l'être.
Kagame se méfie se cette définition ( 1976) et se démarque ).
Terminons rapidement par le concept de communautarisme
Le communautarisme ou communalisme est employé par tous les africanistes, il se définit comme un trait particulier de l'être africain.
L'africain est par essence un « être social »cette expression se réfère à Aristote et même les stoïciens.
Deux valeurs définissent le communautarisme africain : d'abord le sens de communauté préside aussi bien aux relations interindividuelles qu'aux relations de l'individu avec le groupe, en second lieu, l'individu n'existe qu'à travers et pour le groupe, lequel a de ce fait primauté sur lui et le théologien et philosophe kenyan John MBITI traduit dans une belle formule : « je suis , parce que nous sommes ; et puisque nous sommes, je suis ».
Chez les Yoruba l'idée de comme différents communautarisme déroule l'idée de coopération et de solidarité entre individus.
Au total, cet ouvrage est une bible pour le chercheur, l'intellectuel honnête qui veut penser l'Afrique avec des mots exacts inscrits dans une logique de pensée cohérente, construite par des africains dans les langues africaines.
Le Pr Djibril SAMB a sauvé l'Institut Fondamental d'Afrique Noire IFAN, Ce site de recherche dirigé par Théodore MONOD puis Cheikh Anta DIOP en dépoussiérant le mammouth et en relançant les publications ou en les revitalisant. Beaucoup d'intellectuels et chercheurs et étudiants reconnaissent au Pr D SAMB de leur ouvrir un chemin avec des outils qu'il a fabriqué sur des bases scientifiques et solides et c'est pourquoi je vous invite à le suivre et à le lire.
Bibliographie sommaire du Pr Djibril SAMB
L'Afrique dans le temps du monde, l'Harmattan, 2010 DU Pr D SAMB
Etude du lexique des stoïciens, l'Harmattan 2009
L'interprétation des rêves en Afrique noire ( La Sénégambie) Prix NOMA NEAS 1998
Comprendre la laïcité, Dakar NEAS, 2005
Cheikh Anta DIOP, NEAS , Dakar 1992
Les premiers dialogues de Platon : Structure dialectique NEAS 1997

LA RATIONALITÉ DE LA MÉDECINE TRADITIONNELLE EN AFRIQUE : Simon-Pierre E. Mvone Ndong

 

LA RATIONALITÉ DE LA MÉDECINE TRADITIONNELLE EN AFRIQUE/Simon-Pierre E. Mvone Ndong

L'objet de cet ouvrage est, non seulement d'entrevoir un dialogue entre la médecine moderniste, scientiste et technoscientifique avec la médecine traditionnelle et ses représentations, mais surtout de parvenir à l'élaboration d'une médecine interculturelle qui présente un système de santé incorporant : médecine moderne et médecine traditionnelle africaine (la phytothérapie).
La rationalité de la médecine traditionnelle en Afrique
Nous poursuivons dans ce texte, notre étude de la rationalité médicale, entre médecine traditionnelle et médecine moderne, en Afrique, dans le contexte gabonais, notamment. L'objet est, non seulement d'entrevoir un dialogue entre la médecine moderniste,
scientiste et technoscientifique avec la médecine traditionnelle et ses représentations, mais surtout de parvenir à l'élaboration d'une médecine interculturelle qui présente un système de santé incorporant : médecine moderne et médecine traditionnelle africaine
(la phytothérapie).
Il est question d'un système qui se construit sur la symétrie des deux pôles dominants de la médecine gabonaise, l'un orienté vers la rationalité et l'autre vers la spiritualité.
Simon-Pierre Ezéchiel MVONE-NDONG est Diplômé d'Université "Philosophie du Vivant : connaître, soigner, transformer" (Éthique et épistémologie), docteur Nouveau
Régime en philosophie de l'Université Jean Moulin Lyon 3 et a obtenu des avis favorables pour sa soutenance d'une HDR en philosophie dans la même université. Chercheur à IRSH/CENAREST (Gabon),
Directeur du Centre Gabonais de Recherche en Ethique et Santé (CEGARES),
l'auteur est chercheur-invité à l'Institut de Recherches Philosophiques de Lyon (IrPhil), université Jean Moulin Lyon 3 et au Centre Interdisciplinaire d'Éthique (CIE) à l'Université Catholique de Lyon

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