Ex-libris

Le Professeur Djibril SAMB : le vocabulaire des philosophes africains Ed l’Harmattan

 

Le Professeur Djibril SAMB : le vocabulaire des philosophes africains
Ed l'Harmattan 2010
proposé par pape Bakary CISSOKO
Philosophe/Conférencier et Formateur en interculturalité Fr ance

Qui est-il ?
Réponse difficile mais disons que c'est l'un des plus brillants intellectuels noirs avec le Professeur Souleymane Béchir DIAGNE.
Allons vite pour présenter cet ouvrage qui est une somme, ie la compilation de 167 termes issus des langues africaines et 106 notices biographiques de cent six auteurs africains que l'on peut précisément situer de façon certaine.
Le Pr D SAMB est le Luc BRISSON africain. Luc BRISSON est un québécois né en le 10 mars 1946 à ST-ESPRIT vivant en France directeur de recherches au CNRS et spécialiste de Platon et des religions grecques.
Pourquoi cet ouvrage, y-avait-il un vide en la matière?
Oui la question de la philosophie africaine a fait couler beaucoup d'encre et c'est grâce à l'Université de Ouagadougou que le Professeur Djibril SAMB meilleur platonisant et platonicien d'Afrique noire s'est intéressé à cette question essentielle dans le choc des cultures, chaque « monde » s'appropriant la paternité de la chose tout en niant son existence chez les autres
Il faut se rappeler les noms de Tempels, Alassane NDAW, Kocc Barma, Hountondji, Kagame, Foté au sujet de l'existence ou non de la philosophie africaine ou de la pensée africaine. Les propos de Hegel sur l'Afrique ainsi que ceux de Gobineau etc ont conduit nos intellectuels à s'approprier un champ d'investigation laissé en friche.
Le Pr D SAMB historien de la philosophie a mis en place un outil scientifique à partir duquel tout chercheur sérieux peut s'arrimer pour construire son discours parce qu'il donne la substance, la fondation le roc qui permet aux chercheur de partir de Connaissance Vraie.
Revenons à l'ouvrage
Et disons que le but essentiel recherché dans cette œuvre « Le vocabulaire des philosophes africains » consiste à contribuer à jeter les bases d'une étude purement historique et scientifique de la philosophie africaine, sans jamais se mêler de prendre position dans ses débats internes-car l'historien de la Philosophie, comme tous les hommes de science, cherche d'abord à comprendre, mais hésite toujours à juger. Pour y arriver le Pr D SAMB a élaboré et mis en place quatre instruments devant servir cet objectif :
Je le disais tantôt le Pr D SAMB a défini un ensemble de 167 mots issus des langues africaines d'abord, ensuite des notices biographiques de cent six auteurs essentiellement africains et qu'on peut situer sans difficulté, ensuite de quoi il y a un tableau chronologique 1900-2008 qui permet de souligner les étapes de la philosophie africaine en mettant en regard des évènements majeurs de l'histoire et des cultures africaine et enfin une liste des périodiques philosophiques ou accueillant des travaux philosophiques édités en Afrique subsaharienne.
Ce polymathe, « rat » des bibliothèques infatigable chercheur me disait à propos de cet ouvrage révolutionnaire, que c'est un anoblissement de la philosophie africaine en cela qu'il ambitionne d'en faire l'objet d'une science stricte au même titre que la philosophie grecque, ni plus ni moins.
Pour vous donner envie de lire cet ouvrage j'ai décidé subjectivement d'exposer 3 concepts et je vous souhaite à tous d'oser posséder cet ouvrage pour comprendre la philosophie africaine à travers ses mots et ses auteurs et ce n'est qu'ainsi qu'on sera crédible.
Tout d'abord la théorie de l'âme, soul :
Le Pr D SAMB dit que dans la pensée occidentale l'âme est définie comme le principe même de la vie et qu'elle est distincte du corps par lequel il manifeste son activité...
Dans la philosophie africaine, on admet que l'homme est composé au moins d'une âme et d'un corps. GYEKE (1987) disait ceci « une personne est composée de deux éléments : l'un spirituel qui est complexe ..., l'autre physique, le corps. L'âme, okra, qui occupe la place la place centrale dans cet ensemble spirituel, est associée avec le principe de vie dans une personne et est considérée comme immortelle »
Chez le yoruba, emi , qui répond à l'okra akan, est aussi principe de vie, son retrait entraînant la mort. Kagame soulignera que du vivant de l'homme, le principe vital d'intelligence ne porte pas de nom, mais il en reçoit à sa mort. Il faut noter que tous les philosophes africains n'acceptent pas la notion, c'est le cas de WIREDU (1983).
Qu'en est-il de la notion de force, vital force : Dans la philosophie africaine ce concept est très utilisé depuis Tempels ( 1945A , 1949). Selon ce Père belge, toute l'ontologie bantu est centrée sur la notion de vie ou de force vitale, qui exprime la puissance vitale, cette réalité invisible constitutive de l'être.
Kagame se méfie se cette définition ( 1976) et se démarque ).
Terminons rapidement par le concept de communautarisme
Le communautarisme ou communalisme est employé par tous les africanistes, il se définit comme un trait particulier de l'être africain.
L'africain est par essence un « être social »cette expression se réfère à Aristote et même les stoïciens.
Deux valeurs définissent le communautarisme africain : d'abord le sens de communauté préside aussi bien aux relations interindividuelles qu'aux relations de l'individu avec le groupe, en second lieu, l'individu n'existe qu'à travers et pour le groupe, lequel a de ce fait primauté sur lui et le théologien et philosophe kenyan John MBITI traduit dans une belle formule : « je suis , parce que nous sommes ; et puisque nous sommes, je suis ».
Chez les Yoruba l'idée de comme différents communautarisme déroule l'idée de coopération et de solidarité entre individus.
Au total, cet ouvrage est une bible pour le chercheur, l'intellectuel honnête qui veut penser l'Afrique avec des mots exacts inscrits dans une logique de pensée cohérente, construite par des africains dans les langues africaines.
Le Pr Djibril SAMB a sauvé l'Institut Fondamental d'Afrique Noire IFAN, Ce site de recherche dirigé par Théodore MONOD puis Cheikh Anta DIOP en dépoussiérant le mammouth et en relançant les publications ou en les revitalisant. Beaucoup d'intellectuels et chercheurs et étudiants reconnaissent au Pr D SAMB de leur ouvrir un chemin avec des outils qu'il a fabriqué sur des bases scientifiques et solides et c'est pourquoi je vous invite à le suivre et à le lire.
Bibliographie sommaire du Pr Djibril SAMB
L'Afrique dans le temps du monde, l'Harmattan, 2010 DU Pr D SAMB
Etude du lexique des stoïciens, l'Harmattan 2009
L'interprétation des rêves en Afrique noire ( La Sénégambie) Prix NOMA NEAS 1998
Comprendre la laïcité, Dakar NEAS, 2005
Cheikh Anta DIOP, NEAS , Dakar 1992
Les premiers dialogues de Platon : Structure dialectique NEAS 1997

LA RATIONALITÉ DE LA MÉDECINE TRADITIONNELLE EN AFRIQUE : Simon-Pierre E. Mvone Ndong

 

LA RATIONALITÉ DE LA MÉDECINE TRADITIONNELLE EN AFRIQUE/Simon-Pierre E. Mvone Ndong

L'objet de cet ouvrage est, non seulement d'entrevoir un dialogue entre la médecine moderniste, scientiste et technoscientifique avec la médecine traditionnelle et ses représentations, mais surtout de parvenir à l'élaboration d'une médecine interculturelle qui présente un système de santé incorporant : médecine moderne et médecine traditionnelle africaine (la phytothérapie).
La rationalité de la médecine traditionnelle en Afrique
Nous poursuivons dans ce texte, notre étude de la rationalité médicale, entre médecine traditionnelle et médecine moderne, en Afrique, dans le contexte gabonais, notamment. L'objet est, non seulement d'entrevoir un dialogue entre la médecine moderniste,
scientiste et technoscientifique avec la médecine traditionnelle et ses représentations, mais surtout de parvenir à l'élaboration d'une médecine interculturelle qui présente un système de santé incorporant : médecine moderne et médecine traditionnelle africaine
(la phytothérapie).
Il est question d'un système qui se construit sur la symétrie des deux pôles dominants de la médecine gabonaise, l'un orienté vers la rationalité et l'autre vers la spiritualité.
Simon-Pierre Ezéchiel MVONE-NDONG est Diplômé d'Université "Philosophie du Vivant : connaître, soigner, transformer" (Éthique et épistémologie), docteur Nouveau
Régime en philosophie de l'Université Jean Moulin Lyon 3 et a obtenu des avis favorables pour sa soutenance d'une HDR en philosophie dans la même université. Chercheur à IRSH/CENAREST (Gabon),
Directeur du Centre Gabonais de Recherche en Ethique et Santé (CEGARES),
l'auteur est chercheur-invité à l'Institut de Recherches Philosophiques de Lyon (IrPhil), université Jean Moulin Lyon 3 et au Centre Interdisciplinaire d'Éthique (CIE) à l'Université Catholique de Lyon

MÉDECINE TRADITIONNELLE ET MÉDECINE SCIENTIFIQUE : Simon-Pierre E. Mvone Ndong

 

MÉDECINE TRADITIONNELLE ET MÉDECINE SCIENTIFIQUE : Simon-Pierre E. Mvone Ndong

Pour une médecine interculturelle en Afrique

Voici une confrontation entre une médecine occidentale scientifique et un ensemble de pratiques de soins dites médecine traditionnelle. Comment envisager un système de soins dans lequel collaborent deux traditions médicales, occidentales et africaines : quelles sont les conditions permettant d'établir une collaboration entre toutes ces pratiques soignantes pour avoir un système de soins qui tienne compte de l'histoire sociale et culturelle des peuples d'Afrique ?
Ces travaux rendent compte de la confrontation entre deux médecines : une médecine occidentale scientifique et un ensemble de pratiques de soins ayant la prétention d'être une médecine. Ces travaux ont pour objet de créer un cadre d'échanges entre les pratiques de la médecine moderne et celles de cette médecine dite traditionnelle.
Il est par conséquent question d'envisager un système de soins dans lequel collaborent deux traditions médicales, occidentales et africaines : quelles en sont les conditions épistémologiques, voire éthiques permettant d'établir une collaboration entre toutes ces pratiques soignantes pour avoir un système de soins qui tienne compte de l'histoire sociale et culturelle des peuples d'Afrique ?
Simon-Pierre Ezéchiel MVONE-NDONG est Diplômé d'Université
"Philosophie du Vivant : connaître, soigner, transformer" (Éthique et épistémologie), docteur Nouveau Régime en philosophie de l'Université Jean Moulin Lyon 3 et a obtenu des avis favorables pour sa soutenance d'une HDR en philosophie dans la même université.
Chercheur à IRSH/CENAREST (Gabon),
Directeur du Centre Gabonais de Recherche en Ethique et Santé (CEGARES),
l'auteur est chercheur-invité à l'Institut de Recherches Philosophiques de Lyon (IrPhil), université Jean Moulin Lyon 3 et au Centre Interdisciplinaire d'Éthique (CIE) à l'Université Catholique de Lyon

PENSER LA LAÏCITÉ DANS LES PAYS ARABES Belkacem Benzenine

 

Penser le temps présent

De la Renaissance arabe à nos jours PHILOSOPHIE RELIGION MAGHREB, MOYEN ORIENT

L'élaboration de l'idée de laïcité est une démarche pour dépasser l'Histoire et s'ouvrir à l'époque présente. Telle est la conception des penseurs arabes libéraux du principe de la séparation entre le politique et le religieux. En posant la question de la laïcité à partir d'une réflexion philosophique et non religieuse, les penseurs arabes ont voulu sortir de la clôture qu'impose la pensée classique.

La question de la laïcité ne s'épuise pas dans une histoire abstraite des sociétés arabes ou dans les diférentes tendances politiques qui s'affrontent depuis plus d'un siècle. L'élaboration de l'idée de laïcité est, en elle-même, une démarche pour dépasser l'Histoire et s'ouvrir à l'époque présente. Telle est la conception des penseurs arabes libéraux du principe de la séparation entre le politique et le religieux.
La question de la laïcité a bien été conçue et formulée en interrogeant tout d'abord les conditions internes des sociétés arabes.
En cela réside l'avantage de la pensée libérale. En posant la question de la laïcité à partir d'une réflexion philosophique et non religieuse, dont le but était de dépasser les interprétations scolastiques, dogmatiques ou moralistes, les penseurs arabes ont voulu sortir de la clôture qu'impose la pensée classique.
Belkacem BENZENINE est né en 1977 à Tlemcen (Algérie). Docteur en philosophie politique (Université Charles-de-Gaulle, Lille III) il est chercheur au Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC) à Oran. En 2014-2015, il est Fulbright Visiting Researcher au département de science politique de Fordham University (New York). Ses travaux portent sur la place des femmes dans les sphères politique et religieuse dans les pays arabes. Illustration de couverture : photo de «Laïque pride », une marche organisée au Liban pour revendiquer la laïcité. Tirée de la page Campus du journal libanais d'expression française
L'Orient Le Jour (www.lorientlejour.com/campus)

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