Ex-libris

L'islam, un recours pour les jeunes Broché de Nathalie Kakpo (Auteur)

 

Alors que j'étais chargé d'animer une causerie sur les cultures et les questions d'intercultutralité ce samedi 19/01/2019 à Ivry sur Seine en France et j'avais comme auditoire entre autres, d'éminents intellectuels et c'est à la fin qu'ils se sont présentés pour apprécier mon modeste propos. Je découvre une chercheuse en sociologie et qui me dit merci pour votre travail. Et à mon tour de lui demander qui elle était, elle se présente et me voici à chercher ses publications et j'ai trouvé ceci. Nathalie KAKPO est brillante et elle a un esprit fin qui guette le non-dit pour l'exploiter. P B CISSOKO


Présentation de l'éditeur


L'islam des jeunes fait peur. Tantôt perçu comme un dangereux repli communautaire favorisant un machisme rétrograde, tantôt comme l'antichambre du terrorisme, son retour serait lié à la situation internationale et à la présence d'imams recruteurs en banlieue. Mais que sait-on vraiment des moteurs de cette demande d'islam par les jeunes ? Au terme d'une longue enquête, Nathalie Kakpo montre la diversité des trajectoires individuelles au sein de la société française et donne en portrait des jeunes loin des préoccupations du Moyen-Orient: garçons et filles recourent différemment à l'islam, selon leurs expériences familiales, scolaires, leurs échecs ou réussites malaisées, leurs rapports aux institutions locales et aux discriminations. Revers de la démocratisation de l'enseignement et du défaut d'intégration sociale et professionnelle, l'islam est utilisé comme tentative de requalification symbolique, dynamique d'apprentissage valorisante et inscription dans une généalogie prestigieuse; mais aussi comme réarrangement de rapports déstabilisés entre sexes, ou argument identitaire lors de difficultés avec des collègues et de négociations avec les institutions locales.
L'auteure montre des élus et des travailleurs sociaux empêtrés dans les grilles de lecture postcoloniales, souvent sourds à ces demandes de reconnaissance sociale, face à des jeunes qui souffrent de la stigmatisation et renversent le stigmate par l'affirmation de la religion musulmane.
Biographie de l'auteur


Nathalie Kakpo est docteure en sociologie et chercheuse associée au laboratoire Cultures et sociétés urbaines (CNRS). Elle poursuit actuellement des recherches sur la diversité des cultures musulmanes à Paris et plus particulièrement sur les offres d'islam dans la capitale.

 

L'ouvrage de Nathalie Kakpo s'inscrit dans une série de publications récentes qui ont pour objet le rapport à la religion des jeunes musulmans français. Après les travaux de Nancy Venel dans le nord de la France ou de Nikola Tietze à Strasbourg [1][1]N. Venel, Musulmans et citoyens, Paris, PUF, 2004 ; N. Tietze,..., ce livre participe à la réorientation des recherches sur l'islam en France. Les premières enquêtes, qui avaient accompagné dès le début des années 1980 l'émergence de l'islam sur la scène publique, s'étaient en effet concentrées sur les travailleurs immigrés et les processus de « transplantation [2][2]F. Dassetto et A. Bastenier, L'islam transplanté, Bruxelles,... » des pratiques issues des pays d'origine. La décennie suivante a vu les observations se déplacer progressivement vers la « deuxième génération ». Le développement d'une pratique religieuse soutenue chez des enfants scolarisés, rendu visible par la succession des « affaires » de jeunes filles voilées, a profondément transformé le regard porté sur les musulmans de France. Pour répondre à une nouvelle demande sociale, les enquêtes de terrain sur les jeunes pratiquants se sont alors multipliées. S'inscrivant dans le sillage de l'ouvrage pionnier de Farhad Khosrokhavar [3][3]F. Khosrokhavar, L'islam des jeunes, Paris, Flammarion 1997., les sociologues ont construit leurs grilles d'observation à partir d'une question simple : pourquoi des enfants nés et élevés en France s'investissent-ils dans l'islam ?


2Le premier mérite de ces travaux a été de rompre le lien souvent perçu comme évident entre islam et immigration. La religion des jeunes n'est, en effet, ni une importation de traditions maghrébines, ni un « retour » à une quelconque culture d'origine, mais une construction originale qui ne peut se comprendre qu'en suivant de près les acteurs qui l'élaborent. L'approche qualitative est alors devenue le moyen privilégié pour « observer l'islam des jeunes en train de se faire » (p. 18).

Cette perspective pragmatique et compréhensive a focalisé l'étude de la religiosité sur les interactions ordinaires dans lesquelles elle trouve sa source. Le renouvellement des méthodes et des chercheurs a permis d'élargir un domaine de recherche qui a longtemps souffert de la surpolitisation des débats concernant l'islam. À rebours des polémiques récurrentes sur les dangers du Coran pour la démocratie ou sur la montée du communautarisme, ces observations donnent à voir la religion telle qu'elle se vit et se pratique au quotidien. C'est cet objectif que se fixe explicitement l'ouvrage de Nathalie Kakpo : il se veut un contre-pied des représentations qui mettent en scène « l'islam comme un tout homogène et le musulman tout entier tendu vers la pratique et la sauvegarde de l'islam » (p. 18). Le grand mérite de cette enquête ethnographique est, en effet, de montrer que l'islam est d'abord pour les jeunes une ressource disponible, susceptible d'utilisations très diverses en fonction des situations.


3L'enquête témoigne d'une double originalité méthodologique. Originalité du terrain d'abord, puisque loin des banlieues de grandes agglomérations, c'est une ville moyenne de 30 000 habitants voisine de la Suisse (baptisée Moligny par l'auteur), qui sert de décor au travail ethnographique. Originalité du point de vue ensuite, car la chercheuse a été pendant six ans conseillère municipale de la commune et, à ce titre, actrice privilégiée des relations entre musulmans et autorités locales. Si Moligny a un « niveau de revenu supérieur à la moyenne nationale » (p. 25) (qu'elle doit à une élite locale employée de l'autre côté de la frontière), il s'agit aussi d'une ville à tradition industrielle qui cache de fortes disparités. Les ouvriers doivent faire face depuis deux décennies à la fermeture des usines d'horlogerie de la région et au déclin de son activité essentielle, le « décolletage ».

Un chômage endémique s'est peu à peu installé, qui touche le tiers des habitants du quartier du Pressin, zone où se concentrent les familles turques et algériennes de la ville. Un quart des familles a un revenu inférieur à 760 euros (p. 29). Ici comme ailleurs, nombre de jeunes sont confrontés à l'échec scolaire, à la montée de la délinquance et à la rareté de l'emploi. C'est à travers les parcours de ces « enfants d'immigrés », nés dans les années 1970 et 1980, que l'auteur tente de comprendre les déterminants et les modalités de « l'être musulman », en prenant soin de mettre l'accent sur la diversité des usages de l'islam.


4-Nathalie Kakpo consacre un premier chapitre à l'analyse du rôle que jouent les injonctions scolaires dans la religiosité des jeunes. Dès l'enfance, les jeunes intériorisent l'idée que la réussite scolaire est le moyen le plus sûr de promotion sociale. De ce fait, l'orientation vers des filières professionnelles courtes, réservée aux mauvais élèves, est vécue comme un marqueur d'échec social. Les classes préprofessionnelles de niveau (CPPN) sont rebaptisées « classes préparatoires pour les ânes » (p. 49), les BEP et les Bac pro souffrent d'un discrédit qui affecte l'ensemble des métiers manuels. Confrontés à ces situations dévalorisantes, certains jeunes se tournent vers des voies alternatives pour conserver des chances de promotion économique (le « bizness ») ou intellectuelle. Dans le deuxième cas, l'investissement spirituel peut être un instrument précieux d'accumulation de savoir et de compétences.

L'engouement de nombreux jeunes déscolarisés du quartier pour les séminaires que tiennent les frères Ramadan (Tariq et Hani) à Genève témoigne du besoin de compenser leurs lacunes culturelles. Au contact de ces intellectuels qu'ils perçoivent comme plus proches d'eux, certains jeunes découvrent la lecture et la philosophie, se ménageant ainsi un premier accès à des éléments de culture légitime. Brillants orateurs, les frères Ramadan dispensent, à grand renfort de références, des cours de qualité sur la grandeur de la civilisation islamique, où les participants trouvent un moyen privilégié de réhabilitation symbolique. L'islam qui y est enseigné leur permet, en effet, de redéfinir et de réévaluer leurs origines en les inscrivant dans une filiation historique prestigieuse, qui fait d'eux les héritiers d'Averroès ou d'Ibn Khaldoun. L'apprentissage de la religion se double d'une ascension intellectuelle qui compense les stigmates scolaires.

L'affirmation de la foi permet alors de réduire le fossé qui sépare leurs aspirations de leur position réelle. De ce point de vue, l'engagement religieux serait, comme l'était selon Bourdieu l'engagement politique des étudiants de 1968, la conséquence du « déclassement » social [4][4]P.

Bourdieu, Homo Academicus, Paris, Minuit, 1984.. Au terme d'une démonstration convaincante, l'auteur montre le poids des frustrations engendrées par les verdicts scolaires, qui s'étendent jusqu'à la fraction des jeunes du quartier qui parviennent à accéder aux études supérieures. Apparaît ainsi un « islam des déçus de l'Université » (p. 68) dans lequel s'engagent des musulmans diplômés. Ainsi, Hassan, fils d'ouvrier algérien, après un parcours universitaire réussi, mais retardé à cause du manque d'informations sur les orientations dont souffrent les enfants de classes populaires, aujourd'hui marginalisé en DEA avec un directeur qui « n'est pas dans les réseaux » (p. 83), donc hors course pour les allocations doctorales, s'investit intensément dans la défense intellectuelle de la « communauté musulmane de France » : ainsi peut-il se reconstruire, en dépit des difficultés, une identité valorisante. L'auteur multiplie les exemples de jeunes mis à l'écart à tel ou tel moment de leur scolarité. On peut se demander toutefois si une analyse de la pratique religieuse comme compensation ne concentre pas trop exclusivement l'attention sur les frustrations et les déceptions au détriment d'autres facteurs, comme les réseaux locaux de sociabilité ou la concurrence interne propre au monde des cités. Si l'on en croit Gérard Mauger, l'investissement religieux des jeunes qui détiennent un minimum de capital scolaire permet aussi de se démarquer des pratiques déviantes qui caractérisent la « culture de rue » dans les quartiers sensibles [5][5]G. Mauger, Les bandes, le milieu et la bohème populaire, Paris,....


5Alors que la vision dominante dans le quartier fait univoquement de l'école un lieu de relégation, certaines filles du Pressin accumulent les bons résultats, se ménageant ainsi des perspectives d'avenir qui redistribuent les rôles à l'intérieur des familles immigrées (chapitre iii). Si la socialisation familiale prépare généralement les filles à assumer les tâches domestiques, elle les prédispose paradoxalement à une meilleure réussite à l'école, où « l'apprentissage de la docilité et de la conformité à la règle » (p. 106) est un atout indiscutable. Les bons résultats scolaires leur permettent alors d'envisager une carrière professionnelle. Pour certaines d'entre elles, le port du voile et la pratique soutenue des prescriptions rituelles sont alors un moyen d'étendre leur autonomie : en donnant à leurs parents des gages de sérieux et de respect de la tradition, elles obtiennent en contrepartie une plus grande liberté. D'autres trouvent dans leur investissement religieux une voie légitime d'opposition aux projets parentaux. C'est le cas de Nassima, lycéenne qui découvre l'islam en classe de première, après une adolescence marquée par la « culture de rue ».

Son appropriation personnelle de la religion musulmane l'aide à relativiser les strictes prescriptions familiales. Elle lui permet de vivre son adolescence, de « faire des bêtises » (p. 103) et de fréquenter « l'homme de sa vie » (p. 103) en mettant de côté l'avis de ses frères et de ses parents. « Plus la jeune fille s'estime proche de Dieu, plus elle se sent sûre d'elle-même pour résister aux sermons qui lui sont adressés » (p. 104), affirme l'auteur à son propos. Les jeunes nés en France qui embrassent l'islam peuvent facilement faire valoir un « capital religieux » supérieur à celui de leurs parents et utiliser, dans les conflits générationnels, une meilleure connaissance du licite et de l'illicite. Jocelyne Césari a montré ainsi comment la socialisation religieuse de la « deuxième génération », basée sur la connaissance des textes, rompt avec l'islam « populaire » et « rituel » des immigrants [6][6]J. Césari, Musulmans et républicains, Paris, Éditions Complexe,....

Au sein des familles, la religion apparaît aux jeunes comme un recours, une ressource identitaire, susceptibles d'être déployés selon une large gamme de possibles pour faire face aux situations quotidiennes. L'islam est un enjeu de pouvoir qui s'installe jusqu'au sein des fratries. C'est ainsi que, confrontés à la supériorité scolaire et sociale de leurs sœurs, certains garçons du quartier se réclament eux aussi du Coran, pour tenter tant bien que mal de faire valoir l'autorité naturelle des hommes au sein des fratries et pour lutter contre une tendance perçue comme une atteinte à leur virilité. Les familles sont donc le théâtre de luttes qui donnent lieu à des usages différenciés voire contradictoires de l'islam, chacun s'employant à y trouver une légitimation symbolique de ses requêtes. L'autorité morale que garde la religion fait alors des capacités de bricolage et des attributs de la piété (voile, prière, sobriété) des atouts majeurs dans la compétition.


6Élue conseillère aux élections municipales de 1995, l'auteur conclut son livre par l'analyse des interactions qui se nouent à l'échelon communal entre les musulmans et l'autorité publique. S'intéressant à la fois aux revendications formulées par les pratiquants (chapitre iv) et à leur réception par les pouvoirs locaux (chapitre v), elle montre l'emprise qu'exerce sur les agents municipaux une grille de lecture du monde social, teintée d'une forte réticence à l'égard de l'islam. Les demandes émanant d'associations musulmanes sont toujours l'objet de craintes exprimées dans « la peur du communautarisme ». Face à la suspicion générale et aux obstacles mis par la municipalité, les musulmans de Moligny déploient des attitudes variables en fonction de la position des protagonistes. Certains animateurs de centres sociaux de quartier mobilisent ainsi l'islam dans leur opposition récurrente aux élus.

Souvent recrutés par la mairie parce que « Maghrébins du Pressin », ils reprochent aujourd'hui aux autorités de les cantonner dans un rôle d'assistés privés de toute marge de manœuvre. Leur insistance à réclamer la venue en ville d'Hani Ramadan, prédicateur perçu comme tenant d'un islam « dur », s'inscrit dans ce rapport de force permanent qui caractérise leurs relations difficiles avec les pouvoirs publics. D'autres jeunes musulmans tentent au contraire d'offrir leurs services aux élus, en profitant de leur souci de « pacifier » le quartier et de faire émerger des leaders musulmans « convenables ». Les fidèles qui aspirent aux postes de relais entre les jeunes et la mairie mettent alors en avant un islam « citoyen », porteur de paix et d'intégration. Cet ensemble d'attitudes disparates observées à Moligny invite une fois encore à rompre avec une vision monolithique de l'islam, pour reconsidérer ses usages à partir des propriétés des différents protagonistes.


7L'ouvrage de Nathalie Kakpo démontre efficacement les vertus de l'enquête ethnographique pour appréhender la religiosité. Elle permet de comprendre l'islam et ses modalités d'expression en mettant de côté les considérations de philosophie politique ou de géopolitique moyen-orientale. L'enquête met ainsi en évidence la faiblesse de l'encadrement religieux et de la prégnance des structures organisées sur les musulmans de Moligny. Contre la représentation des quartiers sensibles qui s'est peu à peu banalisée, Nathalie Kakpo réinscrit les enfants du Pressin dans leur statut d'élèves, insistant sur l'importance de l'échec scolaire dans la socialisation des jeunes. Son exploration des cellules familiales et la prise en compte des conflits de pouvoir qui s'y accumulent lui permettent, par ailleurs, d'éviter les explications psychologiques courantes sur la « double culture » et les tiraillements identitaires des enfants d'immigrés. On peut regretter que l'enquête n'ait pas été étendue à la diffusion locale de l'islam.

Quand et comment a-t-il atteint Moligny ?

Qui sont les entrepreneurs, les leaders charismatiques qui prêchent la conversion et assurent la transmission des connaissances islamiques ? L'islam que donne à voir l'observation s'apparente, en effet, à une forme de capital, une ressource qui suppose un effort d'acquisition. On aimerait dès lors en savoir un peu plus sur les promoteurs de cet apprentissage, sur leur influence et les réseaux qui se tissent autour d'eux. On peut également reprocher à l'auteur un déficit d'indicateurs sur l'impact réel de la religion dans le quartier du Pressin. Quelle proportion de jeunes est réellement concernée ?
8L'enquête demeure, malgré tout, un apport précieux à la connaissance de l'islam. Sans verser dans les travers de l'interactionnisme, la description minutieuse de la vie locale met en évidence la diversité des constructions sociales des identités religieuses. Elle met à mal les visions totalisantes de l'islam, y compris par Max Weber (cf. ses travaux sur l'ethos islamique), qui en font une religion prescriptive omniprésente dont les fidèles ne pourraient pas sortir. Elle ouvre des pistes de recherche multiples, notamment sur les liens entre les mutations familiales et l'engagement religieux. L'enquête ethnographique permet enfin de rectifier une représentation des musulmans trop souvent appréhendés comme n'obéissant qu'à des contraintes externes, que ce soit celles des pères, des maris, d'Allah ou de la « communauté ».

 

Le Savoir Africain: Essai sur la théorie avancée de la connaissance Broché –Mbog Bassong (Auteur)

 

Le Savoir Africain représente un parcours initiatique dans la maîtrise de l'Être africain sans doute vécu de façon intuitive par certains d'entre nous, donc du dedans, mais incontrôlé du dehors, sur le plan rationnel, c'est-à-dire philosophique et scientifique.


L'Africain moderne n'a pas conscience que son modèle de création est, en toute chose, conforme à la loi du cosmos et qu'en fait, il demeure un maître de l'Univers malgré la régression de sa pensée et de sa science traditionnelles. Avec l'ordre cartésien-capitaliste du savoir et de l'avoir, nous avons cessé d'être nous-mêmes. Cette coupure entre l'Être du dedans et l'Être du dehors explique à bien d'égards, nos errances spirituelles, morales, religieuses, culturelles et scientifiques, avec leurs cortèges de comportements paradoxaux. Une analyse des représentations scientifiques de la réalité laisse entrevoir la façon dont les sages d'Afrique ont pensé l'Univers et rendu sa complexité intelligible pour tous.


Ce faisant, elle nous permet d'évaluer la portée fondamentale des mythes à partir desquels ont été édifiées la connaissance rationnelle (la science, la philosophie) et l'expérience de cette connaissance (la spiritualité, la religion, l'âme, la conscience, l'initiation). Notre constat est clair : la Connaissance rationnelle n'a jamais quitté la terre africaine. Ce qui a fait défaut à son essor, ce sont les contradictions engendrées par la greffe, contre nature, des modèles religieux, sociaux et culturels exogènes, naguère incapables d'en décrypter la Valeur (Maât, axiologie). En faisant écho à un Principe d'Ordre universel indépassable par la rationalité humaine, la pensée africaine formalise un mode d'accès à ce qui est (ontologie), sur le plan de l'organisation des phénomènes de création physique, chimique, biologique, humaine et sociale. Nous refondons, sur cette base, la Science de la science ou encore la théorie de la connaissance (épistémologie) appelée à s'imposer pour le salut de l'Afrique et de l'Humanité.


Mbog Bassong est en service au Ministère de la Culture (Yaoundé-Cameroun). Géologue de formation et Planétologue, il approfondit la réflexion sur les rapports entre les sciences de l'univers et la régulation des sociétés humaines. Il est en outre Mbombog initié dans l'ordre ancestral du Mbog chez les Bassa du Cameroun.

La pensée Africaine : Essai sur l'Universisme philosophique Broché de Mbog Bassong


Partout en Afrique noire, le modèle de l'Etat-nation montre ses limites : le néocolonialisme, la corruption, la pauvreté, le chômage, la traite des enfants, les déviances sexuelles, les conflits fratricides, les guerres civiles, les génocides, les élections truquées, la ruse constitutionnelle, les putschs militaires, le pillage des ressources, etc., nous fondent à penser autrement l'Etat de droit.

L'idée qui émerge de ce constat d'échec est celle d'une indispensable réhabilitation politique du pouvoir africain authentique.

Nous formalisons sur cette base la théorie de l'Universisme ; l'enjeu est de conjurer le chaos engendré par le modèle de l'Etat-nation et sa démocratie libérale, présumée à tort, légitime et universelle. Il apparaît urgent de restructurer les normes et valeurs de l'Afrique « profonde ». Nous risquerions, dans le cas contraire, d'hypothéquer les chances de survie des jeunes générations en renonçant à la pensée africaine, seule susceptible de faire écran au modèle dominant qui aliène, depuis bientôt cinq siècles, les intérêts matériels et immatériels du Monde noir.

Mbog Bassong est en service au Ministère de la Culture (Yaoundé-Cameroun). Géologue de formation et Planétologue, il approfondit la réflexion sur les rapports entre les sciences de l'univers et la régulation des sociétés humaines. Il est en outre Mbombog initié dans l'ordre ancestral du Mbog chez les Bassa du Cameroun.

La crise du Muntu: Authenticité africaine et philosophie : essai Broché de Fabien Eboussi-Boulaga

 

La crise du Muntu: Authenticité africaine et philosophie : essai Broché de Fabien Eboussi-Boulaga (Auteur)

Comment un discours philosophique peut aujourd'hui s'instaurer en Afrique Noire, dépassant les obstacles qui oblitèrent encore son avènement : soit, celui de la rhétorique ethnophilosophique que supporte, dans l'oubli de l'aliénation subie, la nostalgie d'une authenticité perdue ; soit, celui du renoncement à soi en posant comme instance de tout discours légitime, la " Philosophie ", produit prestigieux de l'omniprésent pouvoir occidental. Telle est l'intention de cet ouvrage important. F. Eboussi-Boulaga, au-delà de tout abandon et échappatoire, entreprend de fonder en toute rigueur un discours philosophique qui assume le devenir pour-soi de l'homme africain dans la totalité de ses déterminations et de ses exigences

Cameroun : Fabien Eboussi Boulaga, le penseur camerounais quitte la scène Par Emmanuel Batamag
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Fabien Eboussi Boulaga, philosophe camerounais de renom, a rendu l'âme le samedi13 octobre 2018 à l'âge de 84 ans après avoir passé deux semaines à la clinique Jourdain de Yaoundé.
Né le 17 janvier 1934 à Bafia, Fabien Eboussi Boulaga a fait ses études secondaires au petit séminaire d'Akono dans le Sud du Cameroun, avant d'entrer dans la Compagnie de Jésus (les Jésuites) en 1955. Il est ordonné prêtre en 1969 et est définitivement incorporé dans la compagnie de Jésus en 1973.

Il se fait remarquer par ses prises de positions notamment dans la publication du Bantou problématique en 1968, et par ses prises de position théologiques, notamment dans La démission en 1974 qui provoqua un tollé dans les milieux ecclésiastiques ; en effet, le document appelait au départ organisé des missionnaires. Trois ans plus tard, il publie La Crise du Muntu qui se penche sur les questions d'authenticité et de tradition très en vogue dans les années 1970. En 1980, il décide de quitter les Jésuites et demande son retour à l'état laïc ; ce départ de la vie sacerdotale et religieuse vient à la suite d'une réflexion bien murie et nourrie : en effet Eboussi affirme avoir « perdu la foi » dès 1969. Il publie une année plus tard Christianisme sans fétiche.

C'est une critique des prétentions dogmatiques et métaphysiques du catholicisme en contexte colonial. Titulaire d'une licence de théologie obtenue à l'Université de Lyon, docteur en philosophie puis en lettres, il fut enseignant à Abidjan, puis professeur à l'Université de Yaoundé.
Il s'engage dans les années 1980 dans des associations de défense des droits de l'homme. Il publie des ouvrages, d'abord sur la théologie, puis sur la politique. Depuis 1994, il est professeur de l'Institut catholique de Yaoundé.


– Ses Œuvres :


La crise du Muntu, Authenticité africaine et philosophie, Présence africaine, Paris, 1977 et 1997.
Christianisme sans fétiche, Présence africaine, Paris, 1981.
A contretemps, L'enjeu de Dieu en Afrique, Karthala, Paris 1992.
Les conférences nationales en Afrique, Une affaire à suivre, Karthala, Paris, 1993.
La démocratie de transit au Cameroun, L'Harmattan, Paris, 1997.
Lignes de résistance, Éditions CLE, Yaoundé, 1999.
Christianity without fetishes, Orbis, New York , 1985.
Christianity without fetishes, Lit Verlag, Germany , 2002
Le génocide rwandais – Les interrogations des intellectuels africains, (Sous dir.), Éditions CLE, Yaoundé, 2006.
La dialectique de la foi et de la raison (Sous la direction), éditions terroirs, Yaoundé, 319 pages, 2007.
L'Affaire de la philosophie africaine. Au-delà des querelles, Karthala-éditions terroirs, Paris-Yaoundé, 2011.


https://www.afrik.com/cameroun-fabien-eboussi-boulaga-le-penseur-camerounais-quitte-la-scene

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