Si l'agent spécial Dale Cooper (Twin Peaks) prenait la plume, voici le livre qu'il pourrait écrire. Car, à l'image du personnage de David Lynch dont le rapport au monde est bouleversé, Timothy Morton propose une philosophie radicale et troublante.


Le réchauffement climatique, phénomène irréversible dû à l'activité humaine, a déclenché la sixième extinction de masse.

Le constat est simple : nous manquons d'outils conceptuels pour penser cette ère de l'Anthropocène. Et si nous nous affranchissions du concept de Nature ?

Si, enfin, nous pensions grand (global plutôt que local) ?

Et que dire du maillage, de l'interconnectivité de tout avec tout ?


Avec intelligence et humour, Timothy Morton nous libère des discours bien-pensants : adieu écologie verte, économie circulaire et développement durable. Tous ces petits pas pour un monde plus « vert » servent trop souvent à soulager les consciences et verdir les programmes électoraux. Il nous faut changer profondément notre manière de penser, notre manière d'être au monde. De Charles Darwin à Emmanuel Levinas, de William Wordsworth à Percy Shelley, Timothy Morton illustre ses bases théoriques d'exemples aussi concrets que l'art contemporain ou le cinéma de science-fiction – à l'image de Blade Runner ou Solaris. Voici un texte radical qui change notre regard sur le monde, à la fois très accessible et totalement nouveau dans le champ de la philosophie contemporaine.

À propos de l'auteur

Philosophe internationalement reconnu, traduit en une dizaine de langues, Timothy Morton est né à Londres en 1968. Il occupe la prestigieuse chaire Rita Shea Guffey à Rice University (Texas). Mêlant volontiers art et écologie, proche de la philosophie de Bruno Latour, il est sans doute le philosophe contemporain le plus lu par les artistes et plasticiens, de Björk à Julian Charrière Olafur Eliasson.
Timothy Morton a publié huit essais très remarqués. Après Ecology Without Nature (2007), The Ecological Thought est paru en 2010 chez Harvard University Press. Being Ecological vient de paraître chez Penguin UK / MIT Press.

Portrait de Timothy Morton paru dans Le Guardian

Lire le portrait du Guardian consacré à Timothy Morton, traduit de l'anglais par Cécile Wajsbrot.

Living in the Future's Past : un film produit par Jeff Bridges

L'acteur fétiche des frères Cohen (The Big Lebowsky) présente un film documentaire réalisé par Susan Kucera : Living in the Future's Past. Dans cet état des lieux de notre planète interviennent de nombreux scientifiques. Timothy Morton y développe longuement plusieurs de ses concepts. Le film, sur les écrans américains depuis le 9 octobre 2019, a reçu plus de quinze distinctions dans des festivals internationaux.

Les hyperobjets : notion fondamentale de Timothy Morton exposée au Centre d'art Ballroom à Marfa

À Marfa, ville du Texas célèbre pour ses liens avec l'art contemporain, Timothy Morton co-organise une exposition fascinante dédiée à l'un de ses concepts fondamentaux : les hyperobjets.

« L'auteur attire notre attention sur des matières créées par les hommes comme le plastique, le glyphosate ou les radiations nucléaires, dont la longévité et donc la capacité de nuisance peuvent atteindre des dizaines, voire des centaines, de milliers d'années. Autant de monstres qui poussent le philosophe à nous ouvrir à une conscience écologique éveillée aux hyperobjets, sujet de l'exposition du Ballroom.»

Un article de Franck Bauchard qui permet d'appréhender pleinement la philosophie de Timothy Morton... À découvrir en détail sur le site Arts Hebdo Medias...

Dans la presse...

« Dans ce texte radical (mais aussi plein d'humour) mêlant art et écologie, ce proche de la philosophie de Bruno Latour nous invite à revoir nos outils conceptuels pour comprendre la crise écologique à laquelle nous sommes confrontés. » David Doucet, Les Inrockuptibles

« Cet essai stimulant rompt avec le discours habituel de l'écologie politique. Entrer en écologie ne se résume pas, pour Morton, à devenir un protecteur de l'environnement mais implique de changer de regard. Il s'agit de comprendre que nous sommes traversés, reliés à d'autres entités vivantes, qu'il s'agisse des bactéries dont nous sommes les hôtes ou des effets de notre action sur la biosphère. Penser écologiquement, c'est se saisir comme faisant partie de ces interactions, de ce maillage, c'est donc l'occasion d'un immense vertige. » Alexandre Lacroix, Philosophie magazine

« En trois chapitres menés tambour battant, cette pensée écologique invite à moins de nature pour plus de conscience. » Laurent Lemire, Livres Hebdo

Sur le web...

« "Quoi ? C'est un livre de philo ? OK : on lâche...". Sauf qu'on aurait bien tort, tant l'écriture est fluide et prenante. Il y a bien quelques concepts, comme on le verra par la suite, mais le tout se lit fort bien et très facilement [...] on s'aperçoit vite que sa démonstration est très structurée, très solide, et on retrouve ses repères, sans exclure l'humour. » Frédéric Stévenot, La Cliothèque

Pour Toute la culture, l'essai de Timothy Morton, La Pensée écologique, traduit par Cécile Wajsbrot, fait partie des meilleures traduction de la rentrée littéraire de l'hiver 2019 !

Points de vue de libraires

« C'est une approche étonnante que nous offre le philosophe américain Timothy Morton : l'écologie sans la nature. Plus qu'un manifeste sur le réchauffement climatique et ses enjeux politiques, l'auteur engage les principes de coexistence et de réciprocité. L'avenir repose sur notre capacité à dépasser notre pensée. » Bérénice Bernal, librairie Payot (Fribourg).

Actualités et rencontres avec Timothy Morton

                                                                                                                                 Zulma essais – Tout un monde d'idées


Parce que nous avons besoin de comprendre les changements du monde, besoin d'analyses et d'alternatives audacieuses, Zulma ouvre son catalogue aux essais du monde entier, avec des auteurs internationalement reconnus qui proposent des outils de pensée structurants, originaux et puissants. Une collection dirigée par Néhémy Pierre-Dahomey.
Lancement le 7 février 2019 avec La Pensée écologique, de Timothy Morton, traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Cécile Wajsbrot.

Les rencontres passées avec Timothy Morton

 

Harmattan Côte-d'Ivoire
SCIENCES POLITIQUES AFRIQUE SUBSAHARIENNE

Dans ce livre, l'auteur analyse les politiques africaines et le développement des pays du continent depuis les indépendances et dresse un constat plutôt négatif. La manière dont les pays sont dirigés semble confuse.

Mais pour autant, est-il impossible de suivre ou de comprendre les causes de cette confusion ? L'objectif principal de cet ouvrage est de déterminer quelques repères quant à la compréhension globale de la politique en Afrique noire, tout en explorant des voies et moyens qui permettraient une projection salutaire vers le développement futur de l'Afrique. Il s'agit d'entrer dans la modernité sans reniement culturel.

Christophe Yahot est né à Dimbokro en Côte d'Ivoire. Professeur titulaire de philosophie à l'université Alassane-Ouattara de Bouaké, il est spécialiste de métaphysique - éthique.


• Grasset 13 Février 2019

"Cet ouvrage est une philosophie de vie. P B Cissoko

Jusqu'à sa disparition en 2010, maître Isogushi enseignait au dojo d'Ishen dans le sud du Japon. Son enseignement comportait deux disciplines inséparables : pour le corps et pour le mental, la transmission de l'ensemble des arts martiaux traditionnels ; pour l'âme et pour l'esprit, un guide nouveau pour la conduite de la vie. On ignore combien d'élèves forma maître Isogushi, venus des cinq continents, et il ne reste de cet enseignement que les notes de cours prises par mon vieil ami Emiliano Zapoga dit « le Mexicain », ici rassemblées. Le maître a voulu que ses propos soit autonomes, tout en formant un modèle éthique complet, utilisable de manière concrète par n'importe quel homme ou femme. A quoi j'ajoute jeune adulte qui cherche une conduite à sa vie ».

Ainsi commence cet extraordinaire ouvrage de Patrice Franceschi : une « éthique » personnelle, forgée au fil des années par l'auteur, entre ses études approfondies de philosophie à la Sorbonne, sa passion pour les stoïciens ; et sa pratique des arts martiaux, de l'engagement et de la lutte, depuis l'Afghanistan jusqu'au kurdistan syrien... Ce « petit manuel de combat » rassemble 327 courts chapitres, mélodieux, philosophiques, universels. Ici une brève parabole ; là un aphorisme surprenant ; ici encore, un paradoxe. Chaque ligne étonne, secoue, oblige. C'est à la fois une éthique ; un manuel de haute tenue pour une époque où rien ne semble tenir, et nous tenir. Et la recherche d'une voie, à l'évidence humaniste, poétique - à la manière d'un Kipling écrivant à son fils. Romancier, explorateur, baroudeur, Patrice Franceschi est aussi un passionné de sagesse, une sagesse active, vive, enthousiaste - il nous offre ici le plus beau des traités, dans une langue nette et forgée par le temps.


On pourra lire ceci sur l'auteur si solitaire ....


« Écrivain, aviateur, marin, cinéaste... à l'opposé de nombre d'aventuriers solitaires, Patrice Franceschi, président de la Société des explorateurs français, est un voyageur solidaire, toujours engagé dans un « juste combat » dans un coin ou l'autre de la planète (ces temps-ci, au Kurdistan). Rencontre avec un penseur hyperactif, qui a fait sien
L'Écho touristique : Écrivain, aviateur, marin, cinéaste... vous multipliez les modes d'exploration comme les moyens d'expression. Poussé par quel appétit, quelle quête ?
Patrice Franceschi : La vie, tout simplement. En France, où l'on aime les cases, on me reproche ma multiplicité. Mais, à mes yeux, c'est se limiter à un morceau de vie qui n'est pas raisonnable. Tout appréhender, voilà mon but, répondre aux trois questions fondamentales :

« 1) Le monde, comment ça marche ? 2) La vie, qu'est-ce que c'est ? Et 3) Les autres, c'est qui ? » Nos existences ne sont qu'une lente maturation durant laquelle on cherche à comprendre ce que l'on vit. Mais, pour moi, cette exploration du monde afin de le comprendre n'a de sens qu'à la condition d'être féconde, que si l'on fait soi-même quelque chose des réponses que l'on trouve. Dans mon cas, ce sont des livres. Vivre pour simplement expérimenter, ressentir, être ému... ne m'intéresse absolument pas. Ce qui m'intéresse, c'est d'analyser et de comprendre. Car c'est cette dimension-là uniquement, celle de la raison, qui fait de nous des êtres humains authentiques.


Loin d'être un loup solitaire, vous êtes un voyageur solidaire, engagé successivement aux côtés de tribus indigènes, de la résistance afghane, des Kurdes. Vous avez été président de Solidarités International et à l'initiative de nombreuses campagnes humanitaires. Qu'est-ce qui rend les hommes si attachants à vos yeux ?
C'est la troisième question fondamentale à laquelle j'essaie de répondre et que je vous ai citée : rien de ce qui est humain ne m'est étranger. Je ne me fais pas d'illusion sur la nature humaine, mais il faut pourtant, au moyen de la raison, dépasser les travers humains, l'intérêt, les passions... Je me place clairement dans la vieille filiation stoïcienne ayant donné le jour à l'humanisme, un humanisme aujourd'hui attaqué de toutes parts. Aussi, je défends toujours la cause des hommes et ne voyage jamais là où il n'y en a pas. Cela ne m'intéresse pas. J'ai assisté à tant de tragédies que ne pas s'engager aux côtés des hommes me serait impossible. Agir est la seule chose qui m'intéresse et nous pouvons tous le faire !


Vous avez mené vos explorations du monde de mille façons. Mais depuis une quinzaine d'années, vous avez élu domicile à bord de ce navire sur lequel nous sommes, La Boudeuse. Pourquoi avoir choisi un tel bateau ?


Je ne suis attaché à rien de matériel ; je suis un nomade qui se pose en Corse, sur ce bateau, ou encore chez les Kurdes. Je nourris une vraie passion pour la mer et ce genre de navires traditionnels, qui sont un sommet d'exigence. Ce trois-mâts permet de voyager partout dans des conditions de romantisme et de poésie inégalables, une forme de liberté et d'aventure oubliées à l'heure où le contrôle et la sécurité deviennent les (terribles !) règles communes. Or, c'est la fable du chien et du loup : plus vous avez de sécurité, moins vous avez de liberté. C'est mathématique et il faut choisir ! Ce bateau est un peu l'expression d'une certaine liberté, qui agonise et sera bientôt oubliée.


Quels voyageurs vous ont, vous, inspiré et poussé à étendre le champ d'action de votre existence à la planète entière ?
Aucun pur voyageur – très peu sont intéressants. Ce qui n'est pas le cas des écrivains-voyageurs : Kessel, Hemingway, Buzzati... tous nous parlent, d'abord, de la condition humaine et de la façon dont chacun peut sortir de l'étroitesse de celle-ci, surtout lorsque l'on va dans des endroits où les choses ne se passent pas spécialement bien. Se rendre compte, réaliser, témoigner, agir pour changer les choses, voilà ce qui m'intéresse : trouver des réponses aux trois questions fondamentales du début et y ajouter la fécondité, l'action fructueuse.


Quel regard portez-vous sur le tourisme ?


Il existe un tourisme de masse extrêmement réducteur et destructeur. Je reviens des îles Vanuatu où il a détruit une tradition millénaire, le saut du gol (l'ancêre du saut à l'élastique – NDLR), transformant les hommes en bouffons pour touristes australiens. Et c'est vrai partout. C'est le contraire même du voyage, qui est toujours apprentissage, initiation. Voyager, c'est prendre un minimum de risques et de responsabilité, seule manière d'apprendre. Il faut certes pousser les gens à voyager, mais pas en leur imposant un mode de voyage vidé de son sens. Oui à l'aide technique pour s'occuper des billets, des transports, etc. mais pas pour trimbaler de grands groupes entièrement pris en charge. Comme toute chose, le tourisme a des aspects positifs et d'autres négatifs. J'ai étudié les TO et regardé comment ils travaillaient. Pour comprendre, comme toujours. Je suis allé récemment en République dominicaine, 15 jours, à l'hôtel, en famille. Je n'ai pas bougé. J'ai bouquiné, profité, rechargé mes batteries. J'étais venu pour cela, c'était parfait. Merci. Juste après cela, dans la vallée de l'Omo (en Éthiopie – NDLR), les cars redémarraient et un local, qui venait de singer ses ancêtres, démaquillait son visage peinturluré pour repartir à mobylette. « Pourquoi faites-vous cela ? » lui ai-je demandé. Grand sourire : « Pour la tune ! » L'argent fausse tous les rapports humains et, de plus, on montre aux touristes quelque chose qui n'existe pas. C'est une mise en scène, le contraire de la réalité. C'est cette imposture destructrice créée au nom du profit par un certain tourisme que je ne supporte pas. Avec les Bateaux-Mouches, en revanche, aucune duperie : on voit les choses sous un autre angle, on redécouvre Paris, c'est génial. Une part de lumière, une part d'obscurité, comme tout !


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Justement : l'industrie des voyages est devenue la première au monde. Chacun, de nos jours, se rend partout, même en Antarctique ! Quelle place reste-t-il pour les voyages d'exploration et les explorateurs ? Vont-ils disparaître ? Évoluer ?
Ils vont disparaître, oui. Si ce n'est déjà fait. Aujourd'hui, on se fait poser en hélico au pôle Nord et au Cap Horn, où on veut. Les gens disent : « J'ai fait le Cap Horn. » Sur un bateau de 50 m avec 5 000 passagers à bord... Ils n'ont rien fait du tout ! Rien, en tout cas, de ce qui fait de ces lieux des mythes : leur inaccessibilité. Cependant, on va bientôt m'interdire de passer ce même Cap Horn sur mon voilier pour « mise en danger de la vie humaine » ! Il faut arrêter de promettre le monde sauvage, il n'existe plus et ce qui en reste deviendra de moins en moins accessible à chacun, au nom de la sécurité.%%HORSTEXTE:2%%
Alors, peut-on voyager partout ? Doit-on, au contraire, "préserver" (d'urgence) certains lieux et populations (animales comme humaines) du flot touristique ?
Dans notre société du divertissement et du profit, il convient, parfois, d'être intolérant. On a parlé des aspects "rouleau compresseur" du tourisme. En Amazonie, certaines zones ne sont plus accessibles, sauf en se procurant des autorisations. Et c'est bien. Idem en Guyane française depuis longtemps. Tout aussi indispensable. En ce moment même, certains politiques et financiers mettent tout en oeuvre pour faire sauter les clauses qui protègent l'Antarctique. S'ils y parviennent, ce sera la catastrophe. Face à la multiplication des tragédies, il faut parfois limiter, voire interdire, les accès à certains milieux naturels et humains devenus rares.
Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui aspirent de nos jours à vivifier leur esprit d'aventure ? Comment et où engager ses pas pour s'enrichir, à votre image, d'une vie dont chaque seconde semble porteuse d'un souffle conscient ?
L'esprit d'aventure, ce sont quatre vertus : la capacité au risque, le non-conformisme, le goût de la liberté et le désir d'apprendre. Si vous disposez de cela – qui est libre et gratuit, rien de plus démocratique ! – vous avez tout... Alors, partez, voyagez (seul), mais en conscience et avec cette volonté d'en faire quelque chose, d'être fécond. Vous tirerez un constat pessimiste du monde (pas des hommes), mais vous vous forgerez une vie active, passionnée et pleine d'optimisme. Vous allez vous dépouiller de tout et découvrir la vraie richesse, intérieure. « Tout, toujours » n'est qu'une affaire d'intention manifestée, puis de lucidité.
Changement climatique, pollutions, épuisement des ressources d'un côté. Étonnant génie humain, coeurs vaillants et hommes de bonne volonté de l'autre. Qui va emporter le grand combat qui s'annonce, selon vous ?
Je ne suis ma......
https://www.lechotouristique.com/article/patrice-franceschi-cet-ecrivain-qui-voyage-en-solidaire,85238


( exposé au Sénégal 16 avril-27 mai 1973, Musée dynamique, Dakar / exposition )

Mon ami le Pr Babacar Mbaye DIOP Université Cheikh Anta Diop de Dakar-FLSH
Département de Philosophie Directeur de l'Institut Supérieur des Arts et des Cultures (ISAC) ; me demande de lui rechercher un ouvrage introuvable au Sénégal et je tombe sur cet auteur épatant et c'est pourquoi je partage ma petite trouvaille. P B CISSOKO

Biographie de Friedensreich Hundertwasser


Friedrich Stowasser (15 décembre 1928 – 19 février 2000), mieux connu sous son pseudonyme Friedensreich Regentag Dunkelbunt Hundertwasser, était un artiste et architecte né en Autriche, (ayant acquis plus tard la nationalité néo-zélandaise) et travaillant également dans le domaine de la protection de l'environnement.


Hundertwasser s'est distingué comme un opposant à « une ligne droite » et à toute standardisation, exprimant ce concept dans le domaine de la conception des bâtiments. Son œuvre la plus connue est la Hundertwasserhaus de Vienne, en Autriche, qui est devenue un lieu d'intérêt notable dans la capitale autrichienne, caractérisé par sa vitalité imaginative et son caractère unique.
La Seconde Guerre mondiale a été une période très difficile pour Hundertwasser et sa mère Elsa, qui étaient juifs. Ils ont évité la persécution en se faisant passer pour des chrétiens, une ruse crédible puisque le père de Hundertwasser était catholique. Hundertwasser a été baptisé catholique en 1935. Pour rester discret, Hundertwasser a également rejoint les Jeunesses hitlériennes.
Hundertwasser a développé très tôt des compétences artistiques. Après la guerre, il passe trois mois à l'Académie des Beaux-Arts de Vienne. À ce moment-là, il a commencé à signer son art comme Hundertwasser au lieu de Stowasser. Il est parti en voyage en utilisant un petit ensemble de peintures qu'il portait en tout temps pour dessiner tout ce qui attirait son regard. A Florence, il rencontre le jeune peintre français René Brô pour la première fois et ils deviennent des amis pour la vie. Le premier succès commercial de Hundertwasser dans le domaine de la peinture remonte à 1952-1953 avec une exposition à Vienne.


Au début des années 1950, il entre dans le domaine de l'architecture. Hundertwasser a également travaillé dans le domaine des arts appliqués, créant des drapeaux, des timbres, des pièces de monnaie et des affiches. Son drapeau le plus célèbre est son drapeau koru, ainsi que plusieurs timbres-poste pour la poste autrichienne. Il a également conçu des timbres pour le Cap-Vert et pour l'administration postale des Nations Unies à Genève à l'occasion du 35e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme.
En 1957, Hundertwasser acquiert une ferme aux portes de la Normandie. Hundertwasser épousa Herta Leitner en 1958, mais ils divorcèrent deux ans plus tard. Il se remarie en 1962 avec l'artiste japonaise Yuko Ikewada mais elle divorce en 1966. Il avait acquis une réputation populaire à cette époque pour son art.
En 1964, Hundertwasser achète « Hahnsäge », une ancienne scierie, dans le Waldviertel de Basse-Autriche, une région peu peuplée. Là, loin de l'agitation et de l'agitation et entouré par la nature, il s'est installé dans une nouvelle maison.


En 1972, Hundertwasser a fondé en Suisse la société « Grüner Janura AG », qui a été rebaptisée « Namida AG » en 2008. C'est par l'intermédiaire de cette société anonyme que Hundertwasser gérait ses droits de propriété intellectuelle.


Dans les années 1970, Hundertwasser a acquis plusieurs propriétés dans la baie des Îles en Nouvelle-Zélande, qui couvrent une superficie totale d'environ 372 ha sur l'ensemble de la vallée de la « Kaurinui ». C'est là qu'il réalise son rêve de vivre et de travailler en étroite relation avec la nature. A côté d'autres projets, il y a conçu la « Maison de la Bouteille« . Il pourrait vivre en grande partie de façon autonome grâce à l'utilisation de panneaux solaires, d'une roue hydraulique et d'une station d'épuration biologique de l'eau. C'est également ici qu'a eu lieu sa première expérience sur les toits d'herbe.

En 1979, Hundertwasser acheta le vaste jardin historique Giardino Eden, y compris le Palazzo Villa delle Rose, à Alexandra en Yougoslavie par l'intermédiaire de sa société suisse.
En 1980, Hundertwasser s'est rendu à Washington D.C. pour soutenir les efforts du militant Ralph Nader contre la prolifération nucléaire. Hundertwasser a planté des arbres sur la place Judiciary Square et a défendu les intérêts d'un propriétaire de coopérative qui a été condamné à une amende pour avoir conçu sa propre fenêtre. La mairesse Marion Barry a déclaré le 18 novembre Journée Hundertwasser.


En 1982, le seul enfant de Hundertwasser, sa fille Heidi Trimmel, est née.


Hundertwasser a été inhumé en Nouvelle-Zélande après sa mort en mer sur le RMS Queen Elizabeth 2 en 2000 à l'âge de 71 ans.


Ses opinions politiques


En 1959, Hundertwasser s'est impliqué pour aider le Dalaï Lama à fuir le Tibet en faisant campagne pour le chef religieux tibétain dans le magazine Panderma de Carl Laszlo. Plus tard, alors qu'il était déjà un artiste connu, Friedensreich Hundertwasser est devenu un militant écologiste et, plus récemment, il a agi comme un opposant plus important de l'Union européenne, prônant la préservation des particularismes régionaux.


Parmi les facettes moins connues de la personnalité de Hundertwasser figure son engagement envers la monarchie constitutionnelle.
Son style artistique


La vision artistique originale et indisciplinée de Hundertwasser s'est exprimée dans l'art pictural, l'environnementalisme, la philosophie et la conception des façades, des timbres-poste, des drapeaux et des vêtements (parmi d'autres domaines). Les thèmes communs de son travail étaient les couleurs vives, les formes organiques, la réconciliation de l'homme avec la nature et un fort individualisme, rejetant les lignes droites.


Son œuvre architecturale est comparable à Antoni Gaudí (1852-1926) dans son utilisation des formes biomorphiques et l'utilisation de la tuile. Il s'inspire également de l'art de la Sécession viennoise, des peintres autrichiens Egon Schiele (1890-1918) et Gustav Klimt (1862-1918).


Il était fasciné par les spirales, et appelait les lignes droites « impie et immorale » et « quelque chose de lâchement dessiné avec une règle, sans pensée ni sentiment ». Il a appelé sa théorie de l'art « transautomatisme », se concentrant sur l'expérience du spectateur plutôt que sur celle de l'artiste. Cela a été résumé par son dessin d'un nouveau drapeau pour la Nouvelle-Zélande, qui incorporait l'image du Koru en forme de spirale basée sur l'image d'une nouvelle fougère d'argent déployée et symbolisant une nouvelle vie, croissance, force et paix selon le peuple Māori


Même si Hundertwasser s'est d'abord fait connaître pour ses peintures aux couleurs vives, il est plus largement connu pour ses conceptions architecturales individuelles. Ces conceptions utilisent des formes irrégulières et intègrent les caractéristiques naturelles du paysage. L'immeuble Hundertwasserhaus de Vienne a des sols ondulés (« un sol inégal est une mélodie aux pieds »), un toit recouvert de terre et d'herbe, et de grands arbres poussant de l'intérieur des pièces, avec des branches s'étendant depuis les fenêtres. Il n'a pris aucun paiement pour la conception de la Hundertwasserhaus, déclarant qu'il valait la peine d'investir pour « éviter que quelque chose de laid ne monte à sa place ».


Dès le début des années 1950, il s'est de plus en plus concentré sur l'architecture, prônant des bâtiments plus respectueux de l'homme et de l'environnement. Cela a commencé par des manifestes, des essais et des manifestations. C'est ainsi qu'en 1958, à l'occasion d'une manifestation artistique et architecturale au monastère de Seckau, il a lu son « Manifeste contre le rationalisme de l'architecture ». Il a rejeté la ligne droite et l'architecture fonctionnelle. En 1967, à Munich, il a donné une conférence intitulée « Speech in Nude for the Right to a Third Skin ». Sa conférence « Loose from Loos, A Law Permitting Individual Buildings Alterations or Architecture-Boycott Manifesto », a été donnée au Concordia Press Club à Vienne en 1968.
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Dans le Manifeste de la moisissure, il a d'abord revendiqué le « droit à la fenêtre » : « Une personne dans un appartement loué doit pouvoir se pencher par la fenêtre et gratter la maçonnerie à portée de main. Et il doit être autorisé à prendre un long pinceau et à peindre tout ce qui se trouve à l'extérieur à portée de main. Pour qu'il soit visible de loin pour tout le monde dans la rue que quelqu'un y vit qui est différent de l'homme emprisonné, réduit en esclavage, standardisé qui vit à côté de chez nous. » Dans ses discours nus de 1967 et 1968, Hundertwasser condamne l'asservissement de l'homme par le système de grille stérile de l'architecture conventionnelle et par le rendement de la production industrielle mécanisée. Il a rejeté le rationalisme, la ligne droite et l'architecture fonctionnelle.


Pour Hundertwasser, la misère humaine est le résultat d'une architecture rationnelle, stérile et monotone, construite selon la tradition de l'architecte autrichien Adolf Loos, auteur du manifeste moderniste Ornament and crime (1908). Il a appelé à un boycott de ce type d'architecture, et a demandé à la place la liberté créative de construction, et le droit de créer des structures individuelles. En 1972, il a publié le manifeste Your window right – your tree duty. La plantation d'arbres en milieu urbain allait devenir obligatoire : « Si l'homme marche au milieu de la nature, alors il est l'invité de la nature et doit apprendre à se comporter comme un invité bien élevé. » Hundertwasser a propagé un type d'architecture en harmonie avec la nature est son engagement écologique. Il a fait campagne pour la préservation de l'habitat naturel et a exigé une vie conforme aux lois de la nature. Il a rédigé de nombreux manifestes, donné des conférences et conçu des affiches en faveur de la protection de la nature, y compris contre l'énergie nucléaire, pour sauver les océans et les baleines et pour protéger la forêt tropicale. Il était également un partisan des toilettes à compostage et du principe des zones humides construites. Il percevait les excréments non pas comme des nausées, mais comme faisant partie du cycle de la nature. Ses croyances sont attestées par son manifeste The Holy Shit et son guide de bricolage pour la construction d'une toilette à compostage.


Dans les années 1970, Hundertwasser fait construire ses premieres maquettes d'architecture Les maquettes de l'émission de télévision Eurovision « Wünsch Dir was » (Fais un vœu) en 1972 illustrent ses idées sur les toits boisés, les locataires des arbres et la droite des fenêtres. Dans ces modèles et d'autres similaires, il a développé de nouvelles formes architecturales, telles que la maison en spirale, la maison fendue, la maison en terrasse et la maison de prairie en hauteur. En 1974, Peter Manhardt réalise pour lui des maquettes de la maison en fosse, de la maison au toit en gazon et de la station-service verte – ainsi que son idée de l'autoroute verte invisible et inaudible.


Au début des années 1980, Hundertwasser a remodelé l'usine de Rosenthal à Selb et le silo à grains de Mierka à Krems. Ces projets lui ont donné l'occasion d'agir comme ce qu'il appelait un « docteur en architecture ».


Dans les projets architecturaux qui ont suivi, il a mis en place des locataires de fenêtres droites et d'arbres, des planchers inégaux, du bois sur le toit et de la végétation spontanée. Les travaux de cette période comprennent : des complexes résidentiels en Allemagne ; une église à Bärnbach, en Autriche ; une centrale de chauffage urbain à Vienne ; une usine de combustion et un centre à boues à Osaka au Japon ; une gare ferroviaire à Uelzen ; une cave dans la Napa Valley et les toilettes Hundertwater à Kawakawa.
En 1999, Hundertwasser a commencé son dernier projet, Die Grüne Zitadelle von Magdeburg (en allemand). Bien qu'il n'ait jamais terminé ces travaux, le bâtiment a été construit quelques années plus tard à Magdebourg, une ville de l'est de l'Allemagne, et a ouvert ses portes le 3 octobre 2005.
https://fondarch.lu/friedensreich-hundertwasser/

 

Friedensreich Hundertwasser, artiste écologiste engagé
Posted on juin 7, 2015 by Sylvia Ladic
Friedensreich Hundertwasser, artiste écologiste engagé

Ne cherchons pas à enfermer Hundertwasser dans une technique artistique ou un courant quelconque. Même si son style est bien reconnaissable et ne s'assimile à personne d'autre, il demeure un artiste aux multiples casquettes qui érige l'art comme un lien entre l'homme et la nature.
Voici un panorama du parcours de cet artiste qui voulait apporter de la joie et du bien-être aux hommes, sans perdre son lien à la nature. La fin de l'article vous proposera aussi des piste de comparaison avec d'autres artistes et leurs oeuvres.

Biographie


Friedensreich Hundertwasser (1928 – 2000), de son véritable nom Friedrich STOWASSER, est un artiste autrichien né à Vienne. Ayant perdu très jeune son père (1928), il est élevé par sa mère. Ses premiers dessins datent de 1934, il a 6 ans. Ceux-ci s'annoncent déjà très prometteurs.


Sa mère l'oriente vers des études classiques que la seconde guerre mondiale interrompt.


En 1943, 69 membres juifs de sa famille maternelle, parmi lesquels sa tante et sa grand-mère, sont déportés et tués.
En 1948, il entre à l'académie des Beaux-Arts de Vienne pour y apprendre les techniques de base du dessin. Il y reviendra en tant que professeur en 1981.
Ses innombrables voyages à travers le monde lui permettent de découvrir les tendances très diverses de l'art moderne et contemporain, pourtant on ne peut pas vraiment le rattacher à aucun groupe ou un courant. Même s'il débute comme peintre, on décèle dès le départ, dans ses tableaux son attrait pour l'architecture.
Le peintre
En tant que peintre, en plus des techniques classiques de l'aquarelle, il travaille souvent les techniques mixtes mais aussi la gravure, la lithographie, la sérigraphie, la linographie, l'eau-forte...
Son œuvre picturale est caractérisée par un bouillonnement de formes organiques, les couleurs sont brillantes, parfois même fluorescentes.

 


Dans sa peinture, Hundertwasser utilise des pigments, du sable, du charbon de bois, de la brique pilée, de l'or, de l'aluminium. Pour lui, le peintre est un chercheur qui expérimente des techniques différentes sur des supports variés. S'inspirant des maîtres anciens. Par exemple, il fera de la peinture à l'œuf, dite a tempera (technique longtemps utilisée par les peintres primitifs). Il utilise dans ses toiles des couleurs chatoyantes, gardant les couleurs fluorescentes pour son œuvre gravée (lithographies, gravures sur bois...). Il isole des formes, des motifs (larmes, gouttes de pluie, fenêtres) qu'il magnifie en utilisant des feuilles d'or ou d'argent.

Les arts appliqués à la vie et arts graphiques


Ses domaines de recherches sont nombreux : affiches d'exposition, affiches des jeux- olympiques, projets pour des timbres, pour des drapeaux...


L'architecte


En tant qu'architecte, son travail est en quelque sorte une application directe de ses toiles dans la réalité, on retrouve dans ses constructions les plus importants de ses principes: dominance de la nature, l'importance de la couleur, le refus de la conformité, de l'uniformité. Il dénonce la « sinistre » architecture classique et se déclare ennemi de la ligne droite qu'il refuse d'employer.
Il a dit : « Les maisons sont notre 3ème peau...Les maisons aussi pleurent et saignent...La maison est miroir de l'homme...Chaque maison même laide et malade peut être guérie... C'est vers 40 ans qu'Hundertwasser commence à construire et guérir des bâtiments, pour que les gens y vivent plus heureux. Pour lui, les maisons sont malades, blessées et il veut les guérir. Pour cela il conjugue, art, écologie, architecture.


« La ligne droite est un danger créé par l'homme car elle est étrangère à la nature de l'homme, de la vie, de toute création ... » affirme-t-il.

Hundertwasser est décédé en 2000 au cours de la phase de planification de la structure et la tour a été achevée après sa mort sous la direction de Leonhard Salleck, propriétaire de la brasserie, avec l'architecte Peter Pelikan construction qui supervise.

 

Ce qui caractérise l'architecture d'Hundertwasser c'est l'écologie bien sûr, mais aussi la couleur, la diversité des formes et une certaine idée de l'homme comme fondamentalement expressif.
Il pousse ses conceptions de la vie et du bonheur recherchant une harmonie entre la nature et l'homme. A ce titre, son travail d'architecte est particulièrement intéressant car il ôte le tabou d'une certaine forme d'interdit qui consiste à ne pas avoir le droit de s'approprier son habitat. Il évoque ici l'interdit de décorer l'extérieur des portes et fenêtres des maisons ou appartements. L'œuvre « Ton droit à la fenêtre » est un thème clef. Il propose que les habitant puissent intervenir sur les façades et environnements de vie jusqu'à la longueur d'un bras.

 

C'est en Allemagne et en Autriche que son œuvre a pris racine. Sa fameuse tour qui devait abriter un observatoire, un cinéma, des artisans et des salles d'exposition a été construite, 10 ans après sa mort. Il a imaginé le lycée Martin-Luther avec un toit paysager, où l'on pourrait se promener comme dans une forêt boisée. Mais il reste surtout célèbre pour les bâtiments dont il a re-colorié les façades : la transformation de la Maison Ronald Mac Donald, centre destiné aux parents des enfants malades, et de celle de l'Eglise Santa Barbara restent des modèles du genre inimitable, estampillés Hundertwasser.

« L'homme à trois peaux. Il naît avec la première, la deuxième est son vêtement et la troisième est la façade de sa maison. 


Probablement un de ces chefs d'oeuvre, la Hundetwasserhaus, est un logement HLM réalisé par Hundertwasser à Vienne en 1986. Des centaines d'arbres et de plantes traversent les fenêtres et coiffent l'inhabituelle habitation. Les fenêtres hétéroclites, les sols ondulés, les colonnes bigarrées en font un lieu de vie exceptionnel. Ce bâtiment, le plus visité de Vienne est un véritable bijou architectural. Véritable pied de nez à la rationalité économique, il convient de dire que ce logement social a certes couté deux fois plus qu'un immeuble classique, mais que le bénéfice en terme de mieux vivre, de retombées touristiques, de valorisation de la ville de Vienne est à mon humble avis bien supérieur à ce cout initial. Nous nuancerons aussi en tenant compte du coût des imprévus dus à l'enracinement des arbres qui fait bouger la structure et nécessite des adaptations. Un ouvrier aurait montré trop de créativité... Notons aussi que le nettoyage des vitres ne peut se faire que de nuit en bloquant la circulation de la route. Bref, quelques impératifs à la survie du bâtiment.


Hundertwasser s'est inspiré des œuvres d'Antoni Gaudi, du Facteur Cheval (« Palais idéal »), Simon Rodia (Watts Towers), mais également des jardins ouvriers et des livres de contes. Cette maison héberge 52 logements et 4 cafés-restaurants, ainsi que 16 terrasses privées et 3 terrasses communes sur son toit.

La Hundertwasserhaus (ci-dessus) : 50 appartements HLM réalisés entre 1983 et 1985. Hundertwasser a imaginé de confronter les masses de couleurs, les décrochements d'étages, les éléments végétaux, les surfaces en béton et en céramique, les fenêtres de toutes les formes et dont aucune n'est au même niveau.


La Maison Hundertwasser est avant tout un espace convivial au service de ses habitants et de la cause environnementale, les uns étant intimement liés à la seconde dans l'esprit du concepteur de ce lieu expérimental. Tout y est conçu pour le confort des habitants et leur qualité de vie, à l'image des parties communes, trop souvent négligées dans les habitats locatifs traditionnels. Ici, elles sont au contraire particulièrement soignées et attractives comme le montrent non seulement les couloirs décorés de mosaïques végétales ou animalières, mais aussi l'accueillant jardin d'hiver, la « salle d'aventure » au sol bombé, et la salle de jeu des enfants. Les locataires de la Maison Hundertwasser vivent au cœur d'une œuvre d'art. Majoritairement artistes ou intellectuels eux-mêmes, ils en ont pleinement conscience, ne serait-ce qu'au spectacle de ces lions sculptés et de ces piliers en forme de quilles bombées multicolores qui rappellent que nous sommes là au croisement de la Löwenstrasse (rue des lions) et de la Kegelgasse (rue des quilles).


Avec la Maison Hundertwasser, pas question de musée, mais d'un véritable lieu de vie composé de logements locatifs sociaux, à l'image de la Cité radieuse, construite par Le Corbusier à Marseille à l'aube des années cinquante.

Plan pour l'arbre locataire


Il crée des immeubles avec des arbres aux fenêtres, des toits recouverts de verdure et de végétaux, des sols à niveaux inégaux et encourage les ouvriers à être créatifs en apportant leur touche.
Marqué par un immense amour de la nature il est l'un des grands pionniers d'une architecture humaniste, écologique.
Le designer
Hundertwasser a été un des premiers défenseurs des toilettes sèches ! Il a promu les toilettes sèches, comme mode écologique de traitement des déchets domestiques pour alimenter les arbres intégrés à l'architecture.
Plus qu'une simple révolution technique, c'est un exemple concret de son esprit de cycle, que l'on retrouve dans ses peintures (voir Le grand chemin plus bas) et de l'écologie dans les deux sens du terme, c'est à dire acte politique et conscience des fondements des écosystèmes.

 

Le transautomatisme


En 1954, il développe une théorie plastique dérivée du surréalisme qu'il nomme « transautomatisme ». Elle se base sur la lutte contre l'automatisme généré par la ligne droite et l'angle droit. La spirale se révèle être la forma parfaite.
Un artiste engagé
Artiste engagé, il est remarqué par ses performances, ses manifestes écologiques, artistiques et architecturaux.

Voici une photographie montrant le grand peintre Hundertwasser présent lors de la lutte à Hainburg. Sur l'affiche on lit: « la nature libre est notre liberté ». Or, le gouvernement autrichien entendait y construire une centrale électrique (en Autriche le nucléaire est interdit constitutionnellement). Cela signifiait la destruction de l'endroit. La décision fut prise en décembre 1983.

Ses manifestes


· Manifeste de la moisissure contre le rationalisme dans l'architecture (1958/1959/1964) : voir le manifeste traduit de l'allemand au français ici.
· La Dictature des fenêtres et le droit de fenêtre : voir ici.
· La nature est irréprochable C'est l'homme qui a des défauts : voir ici.

 


Il aimait à souligner les traductions slaves, allemandes ou japonaises de son nom et prénom, le traduisant comme « Le royaume de la paix (aux) cent eaux ».
Bien qu'il soit né et ait grandi en Autriche, la patrie de choix de Hundertwasser était la Nouvelle-Zélande, et sa principale maison le navireRegentag (jour de pluie), un ancien navire de commerce réorganisé.


La spirale


Dans les images de Hundertwasser la forme d'une spirale est très souvent présente.
En 1953, il peint sa première spirale : Le Grand Chemin. Pour lui, la ligne droite n'existe pas dans la nature, elle est le fruit de l'éducation. « La spirale signifie à la fois la mort et la vie. En partant du centre de la toile, on va de la naissance à la mort qui se trouve aux extrémités du tableau et inversement. » Dans « le Grand Chemin », la spirale représente un ruban, un chemin qui serpente et se replie sur lui-même, nous obligeant à le suivre des yeux de manière hypnotique.

Le grand chemin (1955) de Friedensreich Hundertwasser


Cette grande spirale entraîne le spectateur dans un tourbillon. Semblable aux flots de l'eau, la spirale ne peut s'arrêter, « un début doit mener plus loin ». La spirale évoquerait les ondes provoquées par la chute d'une pierre dans l'eau ; ses couleurs emportées par le courant traduisent l'huile flottant à la surface. C'est une promenade à la fois champêtre et initiatique à laquelle nous convie Hundertwasser, un labyrinthe sur lequel notre regard glisse plutôt que d'être entraîné vers la profondeur. Des petites choses nous amarrent à la surface contre un courant qui pourrait nous emporter.
Friedensreich Hundertwasser disait :
« La spirale est exactement là où la matière inanimée se transforme en vie.


Je suis convaincu que l'acte de création s'est fait sous forme de spirale.


Notre terre décrit le déroulement de la spirale. Nous tournons dans un cercle, mais nous ne revenons jamais au même point, le cercle ne se ferme pas, nous venons seulement à proximité de l'endroit où nous avons été. Ceci est typique pour la spirale qui apparemment est un cercle qui ne se ferme pas.


La vraie et équitable spirale n'est pas géométrique, mais végétative, elle a des renflements, parfois plus mince et parfois plus épaisse et coule autour des barrières qui se dressent sur son chemin.
La spirale signifie la vie et la mort dans toutes les dimensions. À l'extérieur elle se dirige vers la naissance, vers la vie et puis par une dissolution apparente dans le surdimensionné, dans l'extraterrestre, dans des zones non mesurables.


Vers l'intérieur, elle se condense par concentration vers la vie et devient par après dans des petites régions infinies, ce que nous appelons la mort, car ceci dépasse notre perception qui tente à mesurer.
La spirale pousse et meurt végétative, c'est-à-dire que les lignes spiroïdales se déroulent tels que les méandres des fleuves et suivent loi de la croissance des plantes. Elle n'oblige en aucune façon le déroulement, mais elle se laisse diriger. En conséquence, il lui est impossible de faire des erreurs. »
Ses influences


Grand voyageur, différentes cultures ont jalonné sa vie et son œuvre. Nous pourrions noter l'influence des peintures de villes et de paysages d'Egon Schiele et les œuvres de Gustav Klimt. La tradition viennoise de l'Art Nouveau est très présente sur ses affiches, les textiles et dans la typographie. Puis encore l'abstraction, le surréalisme (transautomatisme), ...
En 1991 s'ouvre le musée Hundertwasser à Vienne.
Friedensreich Hundertwasser meurt d'une crise cardiaque le 19 février 2000, à bord du Queen-Elisabeth-II qui le ramenait de Nouvelle Zélande où il résidait une partie de l'année.
De nombreuses créations de Friedensreich Hundertwasser sont visibles en Autriche, mais aussi en Allemagne, en Suisse, au Japon, et jusqu'en Nouvelle-Zélande où le peintre-architecte s'était installé et où il a été enterré. Parmi les plus spectaculaires figurent :


• · L'Église St. Barbara à Bärnbach (Autriche) – 1987-1988
• · L'Ensemble résidentiel de Bad Soden am Taunus (Allemagne) – 1990-1993
• · L'Établissement thermal Rogner de Bad Blumau (Autriche) – 1993-1997
• · Le Kids Plaza d'Osaka (Japon) – 1996-1997
• · Le Lycée Martin Luther de Wittenberg (Allemagne) – 1997-1999
• · Le Maishima Incineration Plant d'Osaka (Japon) – 1997-2000
• · Le Marché couvert d'Altenrhein (Suisse) – 1998-2000
• · La Waldspirale de Darmstadt (Allemagne) – 1998-2000
• · La Citadelle verte Magdebourg (Allemagne) – 1999-2000
• · La Maison Ronald McDonald pour les enfants malades à Essen (Allemagne) – 2004-2005

Conclusion


Artiste, peintre, penseur et un architecte Hundertwasser se présente comme un médecin de l'architecture.
Quelques mots pour résumer :
• · Refus de la symétrie
• · Intégration spatiale des arbres, toits-terrasses
• · Alignement irrégulier des fenêtres
• · Clochers-bulbes et colonnes bombées de cylindres polychromes
• · Primauté aux couleurs naturelles (ocres, brique, chaux, etc.)


Il nous propose une réappropriation de l'espace urbain par ses habitants. Ses architectures avancent un environnement joyeux, aux lignes naturelles en rupture avec la ligne droite et aux couleurs prononcées.
Inspirée des formes de la nature, profondément vitaliste, amoureux de l'artisanat et de la démocratisation du beau, elle fut sacrifiée sur l'autel du rationalisme, de l'industrialisation et du projet de la modernité. Né après cette mise à mort, Friedensreich Hundertwasser a repris le flambeau de la lutte contre les lignes droites, de l'efficacité froide. Écologiste avant-gardiste, il fustige très tôt l'art de se complaire dans les eaux glacées du calcul égoïste où les artistes satisfont bien plus l'esthétisme géométrique et étriqué des élites que les aspirations chaleureuses des hommes à l'écoute d'eux-mêmes.
« Si quelqu'un rêve seul, ce n'est qu'un rêve. Si plusieurs personnes rêvent ensemble, c'est le début d'une réalité ! »
Hundertwasser choisit de représenter le monde tel qu'il devrait être, un monde dans lequel les humains vivent en harmonie avec la nature.


« Tout est infiniment simple, tout est infiniment beau ».

Portrait du Christ, gravure de Claude Mellan, 1649
A première vue, aucun lien entre Hundertwasser et cette gravure représentant le visage du Christ réalisée en 1649 par le français Claude Mellan. Mais, à y regarder de plus près, on y trouve la réponse au bout du nez !
L'oeuvre de Claude Mellan est constituée d'une seule et même ligne ! Gravée en spirale, à partir du divin nez, cette ligne unique se développe avec régularité sans jamais s'interrompre. Les détails et les volumes sont suggérés par l'artiste en faisant seulement varier l'épaisseur du trait.
Sources
· http://www.edunet.ch/activite/peintres/galerie/hundertwasser.html
• · http://fr.wikipedia.org/wiki/Friedensreich_Hundertwasser
• · https://jardinons.wordpress.com/2009/01/18/hundertwasser/
• · http://www5.ac-lille.fr/~ienarras4/IMG/pdf/No077desOeuvresauxMaitres_Hundertwasser_1.pdf
• · http://artips.fr/?f=5e767edab8
• · http://fr.wikipedia.org/wiki/Hundertwasserhaus
• · http://www.hundertwasser.at/francais/werk/malerei/malerei.php
• · http://www.mchampetier.com/oeuvres-vendues-de-Friedensreich-Hundertwasser-2215-0-art-et-estampes.html
• · http://www.passion-estampes.com/deco2/hundertwasser-vangogh-59×84.html
• · http://laterredabord.fr/?p=18145
• · http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs/hundertwasser-ou-larchitecture-conviviale-2/
http://e-cours-arts-plastiques.com/friedensreich-hundertwasser-artiste-ecologiste-engage/

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