Edito

Le pds a raison de demander la démission du ministre de l’intérieur

Le ministre de l’intérieur organisateur des élections au Sénégal a dit publiquement qu’il fera tout pour que les électeurs potentiels du président Macky Sall, soient tous inscrits sur les listes électorales, qu’il veillera à ce qu’ils reçoivent tous leurs cartes d’électeurs et qu’il mettra les moyens qu’il faut afin qu’ils exercent tous leur vote dans les meilleures conditions. Cela veut dire que tous ceux qui sont catalogués potentiellement opposants n’auront pas la même attention pour s’inscrire, pour récupérer leurs cartes d’électeurs et pour voter. Est-ce que le ministre de l’intérieur connait bien son rôle définit par la loi électorale en son Article L.2. « Le Ministère chargé des Elections assure la gestion des listes électorales et du fichier général des électeurs », et ceci pour tous les citoyens sans aucune distinction ou discrimination. L’Article L.3, clarifie encore son rôle et dit « Sous l’autorité du Ministre chargé des Elections, les services centraux en relation avec les Autorités Administratives assurent la mise en œuvre des prérogatives indiquées dans les articles premier ».

L’Article L.76 nous dit que « Le scrutin est secret », pourtant le ministre de l’intérieur veut lui connaître le vote de chaque citoyen qui s’inscrit sur les listes électorales avant même le jour du scrutin. Donc ce ministre de l’intérieur a malmené au moins 3 articles fondamentaux de la loi électorale et ceci est impardonnable surtout pour celui qui est du début à la fin de tout le processus.

Si le PDS et aujourd’hui beaucoup de partis d’opposition réclament sa démission eh bien, ils sont dans leur droit et l’Article L.6 nous dit que « En cas de non-respect des dispositions législatives et règlementaires relatives aux élections ou référendums par une autorité administrative, la C.E.N.A, après une mise en demeure, peut prendre des décisions immédiatement exécutoires d’injonction, de rectification, de dessaisissement, de substitution d’action dans le cadre des opérations électorales et référendaires, nonobstant son pouvoir de saisine des juridictions compétentes ».

Ce que le ministre de l’intérieur oublie et qui est défini dans l’Article L.53, est que « La carte d’électeur est couplée à la carte d’identité biométrique CEDEAO. Celle-ci fait office de carte d’électeur ». Tout citoyen doit disposer de sa carte d’identité pour ses démarches administratives et pour des raisons évidentes de sécurité. Le PDS a raison de réclamer des sanctions contre le ministre de l’intérieur car l’Article L.108 dit que « Quiconque, en vue d’influencer le vote d’un corps ou collège électoral ou d’une fraction de ce corps ou collège, a fait des dons ou des libéralités de promesses ou des faveurs administratives, soit à une commune, soit à une collectivité quelconque de citoyens sera puni d’un emprisonnement de trois (03) mois à deux (02) ans et d’une amende de 20.000 à 200.000 FCFA ». Le ministre de l’intérieur dans sa déclaration devant les caméras de la 2STV, compte accorder des « faveurs administratives » aux électeurs potentiels du président Macky Sall. Pour toutes ces raisons, le mouvement Un Autre Avenir est en phase avec le PDS et toute l’opposition qui réclament la démission du ministre de l’intérieur et la nomination d’une personnalité indépendante pouvant garantir des élections libres et transparentes.

S’il est naturel pour une opposition de mener le combat politique, aujourd’hui il y a suffisamment de preuves de violation de notre loi électorale par le ministre de l’intérieur, pour nous pousser à mener le débat au niveau judiciaire afin d’écarter définitivement ce ministre qui clame haut et fort que son objectif est d’élire le président Macky Sall dès le premier. Si nous ne faisons rien, nous n’aurons que nos yeux pour pleurer au soir du 24 mars 2019, lorsque le ministère de l’intérieur nous sortira des résultats avec 60% en faveur du BBY. Nous avons été abusés aux dernières élections législatives de 2017, nous devons nous préparer en conséquence pour ne pas être désabusés une nouvelle fois en 2019.

Ibrahima Wade, secrétaire général Un Autre Avenir

LETTRE OUVERTE AU PREMIER MINISTRE DU SÉNÉGAL

Monsieur le Premier Ministre,
A Gossas vous avez interpellé les « opposants qui passent leur temps sur Instagram, Facebook et Twitter ». Permettez à un de ces néo-opposants internet, de vous écrire avec respect et considération pour vos hautes fonctions, pour vous dire pourquoi nous sommes obligés d’être actifs sur les réseaux sociaux.
Dans sa préambule la Constitution du Sénégal proclame « l’égal accès de tous les citoyens aux services publics ». Pensez-vous que les opposants ont les mêmes chances d’accès à la RTS et au journal Le Soleil qui sont des services publics, autant que l’APR ou la coalition BBY ? Est-ce que votre gouvernement respecte ce droit constitutionnel qui pourrait permettre aux opposants de faire connaître leurs profils comme vous l’avez fait pour votre candidat à la présidentielle de 2019 à travers les médias publics ?
Monsieur le Premier Ministre, en 2005 à Dakar, le gouvernement du Sénégal en partenariat avec l’UNESCO avait organisé une conférence sur le thème « les médias et la bonne gouvernance" vu l'importance du rôle des médias dans la promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance. Les médias avaient explicitement été reconnus comme
« indispensables pour garantir la transparence, la responsabilité et la participation, qui sont des aspects fondamentaux de la bonne gouvernance et du développement fondé sur les droits de l'homme » Le directeur de l’UNESCO à l’époque, Mr Koïchiro Matsuura disait que « les médias indépendants, libres et pluralistes jouent un rôle crucial dans la bonne gouvernance des sociétés démocratiques, en assurant la transparence et le respect des principes de responsabilité, en promouvant la participation et l'état de droit et en contribuant à la lutte contre la pauvreté ».
Monsieur le Premier Ministre pensez-vous que nos médias publics satisfassent à ces critères qui permettraient à votre opposition de s’exprimer en dehors des médias sociaux ?
Et puis dans ce monde de la « tectonique » comme le dit un célèbre journaliste sénégalais nul ne peut ignorer la puissance de ces médias. Sans Facebook Barack Obama serait-il devenu le premier président noir aux USA, lui qui n’était pas assez bien soutenu par les caciques de son propre parti lors des primaires contre Hilary Clinton ? Le président Trump communique plus à travers Twitter que par la voix de ses porte-paroles. Sans internet, il serait difficile pour Mr Mélenchon d’avoir la troisième force politique en France.
Monsieur le Premier Ministre, la presse privée qui devrait donner un espace de liberté d’expression à l’opposition et palier aux failles de la presse publique, est quasiment aux ordres et est devenue une presse de collaboration et de propagande. D’ailleurs plusieurs organes de presse appartiennent à des membres de votre gouvernement ou à des personnes très proche de la coalition BBY.
Les médias sociaux sont devenus des espaces démocratiques, incontrôlables par des Etats qui auraient tendance à imposer une pensée unique à ses populations pour en faire de simples porteurs de voix lors d’élections souvent truquées. Les réseaux sociaux sont ainsi les seuls canaux dont disposent les citoyens pour faire entendre leurs opinions ; et le bon sens commanderait à nos dirigeants de bien décrypter les messages qui y circulent, au lieu de mépriser ceux qui n’ont que ce moyen pour faire connaître leur « profil ».
Monsieur le Premier Ministre, il faudrait écouter les « opposants du net », comprendre leurs critiques souvent positives, et essayer de résoudre les problèmes posés sans filtres, au lieu d’ignorer le tsunami qui pourrait venir des réseaux sociaux et vous surprendre lors des élections présidentielles de 2019. Il se dit que les informaticiens russes ont contribué à la victoire de Trump, alors que la CIA réputée être le service de contre-espionnage le plus performant au monde, n’a vu que du feu.
Monsieur le Premier Ministre, pour toutes ces raisons et d’autres, les opposants que nous sommes, devrons continuer à squatter les réseaux sociaux pour faire entendre notre voix et vendre notre profil aux Sénégalais qui sont les seuls aptes à dire celui qui correspond à leurs attentes et voteront pour lui lors des élections présidentielles de 2019.
Espérant que la présente lettre ouverte retiendra votre attention nous vous prions de recevoir, Monsieur le Premier Ministre, l’assurance de notre plus haute considération.

Ibrahima Wade, secrétaire général Un Autre Avenir

Ne faudrait-il pas enfin se passer de la culture de l’arachide au Sénégal ?

La campagne arachidière dans la région de Kaffrine se déroule actuellement avec des difficultés liées notamment au retard noté dans le financement qui ne vient pas …pour faciliter l’écoulement des arachides qui sont entre les mains des producteurs…" dixit le gouverneur de la région de Kafrine. Cette situation est quasi la même dans toutes les zones de production et elle se répéte à chaque campagne de commercialisation de l’arachide.

Par le passé, le Sénégal était le 4ème pays producteur d’arachide au monde après les Etats-Unis, le Nigéria et la Chine. La production et la commercialisation de l’arachide occupent plus de 4 millions de Sénégalais. C’est un secteur qui bénéficie de subventions conséquentes de la part des tous les gouvernements depuis les indépendances. Et malgré l’existence d’une industrie d’huileries, une consommation locale très importante et une exportation assez soutenue, les producteurs d’arachide sont les plus pauvres parmi les agriculteurs sénégalais. Lorsque la production frôle des records comme cette saison, au lieu de permettre aux producteurs d’engranger des gains substantiels, les prix chutes et en plus, écouler la production devient difficile par manque de débouchés et de financements.

Ne devrait-on pas repenser notre modèle d’agriculture basé sur la monoculture de l’arachide et se lancer dans la diversité, entre des cultures pour une autosuffisance alimentaire d’une part et d’autre part des cultures de rente pouvant assurer des gains aux producteurs ? L’expérience réussie de la culture de riz dans la vallée du fleuve Sénégal nous prouve qu’il est possible de développer d’autres filières qui cadrent avec les besoins de notre pays.

Cette expérience sur le riz, nous pourrions la tenter avec des cultures comme le blé que nous importons à hauteur de 600.000 tonnes par an, et certaines cultures expérimentées avec succès par exemple en Ethiopie tels que les fleurs de roses et le raisin. La science permet maintenant d’adapter n’importe quelle culture à n’importe quelle condition climatique. Le problème de manque de pâturage pour nos éleveurs devrait nous pousser aussi à penser cultiver l’herbe, comme c’est pratiqué par les éleveurs en Europe.

Laisser 30% de la population sénégalaise s’adonner à une agriculture qui est dans des difficultés chroniques insolubles dans toutes les réformes ou subventions étatiques, n’est pas une solution pour lutter contre la pauvreté en milieu rural. Il faudrait de manière responsable poser le débat de l’arachide entre pouvoirs publics, spécialistes de la question, producteurs etc.

Lorsque l’on se balade dans les campagnes européennes, tout espace qui n’est pas affecté à l’agriculture, se transforme en champs de panneaux solaires. Peut-être devrions-nous faire de nos espaces inexploités, des champs photovoltaïques, surtout que nous avons du soleil 365 jours par an.

Historiquement, le colon qui voulait spécialiser ses colonies pour assurer l’approvisionnement de la métropole, avait imposé au Sénégal la production de l’arachide. Cette culture est devenue ainsi par la force des choses un levier socio-politique, subventionnée à coup de milliards par tous les gouvernements pour s’assurer la paix sociale et l’adhésion des populations à leur régime. D’ailleurs l’inefficacité des politiques découlent des interventions politiciennes de l’Etat dans ce secteur. La monoculture de l’arachide a appauvrit aussi toutes les terres et pourtant, l’horticulture se développe sans aucune aide substantielle de l’Etat.

En attendant de prendre les décisions idoines, il faut de la régulation dans la production de l’arachide, car qui connait bien le marché capitaliste doit savoir par cœur qu’il fonctionne selon l’offre et la demande. Au Sénégal, lorsqu’il y a des records de récoltes en arachide on chante ça sous tous les toits, alors que cette surproduction peut être néfaste aux producteurs qui sont confrontés à des baisses de prix. L’Etat subventionne alors pour éviter l’asphyxie du secteur, mais souvent ces subventions vont vers les huiliers ou les spéculateurs, la preuve, le président Macky Sall a supprimé la taxe à l’exportation sur l’arachide pour attirer les Chinois, mais cela ne profite nullement aux producteurs qui peinent à vendre son arachide au prix fixé par l’Etat.

Ibrahima Wade, secrétaire général Un Autre Avenir

 

CE QUE LE MOUVEMENT UN AUTRE AVENIR A BEAUCOUP APPRIS DES SENEGALAIS DE BRESCIA ( PAR IBRAHIM A WADE)

Nous avons appris que la motivation de leur exil dont l’unique but était d’offrir une vie meilleure à leurs familles et de participer au développement du Sénégal est restée intacte. Leur attachement aux traditions religieuses, leur sens d’hospitalité et de solidarité n’ont pas soufferts de l’éloignement de la mère patrie. Nous avons constaté que leurs préoccupations quotidiennes demeurent toujours la recherche de la satisfaction des besoins de leurs familles, la téranga est dans tous les foyers que nous avons visité. Nous pouvons vous témoigner aussi qu’ils sont à cheval sur les enseignements de nos vénérés guides comme Serigne Touba et qu’ils s’associent pour prendre en charge de manière solidaire leur problème dans le pays d’accueil, et fédèrent leurs moyens pour soutenir des projets de développement au Sénégal.

Nous avons appris qu’ils ont une conscience claire des enjeux politiques et économiques du pays d’accueil qu’est l’Italie, mais également ceux du Sénégal ; ils y réfléchissent et ils ont des solutions pour améliorer leurs conditions de migrants et continuer à participer dans le développement du Sénégal.

Nous avons appris d’eux qu’ils veulent désormais s’engager de manière active dans tout ce qui intéresse le développement politico-économique du Sénégal. Ils sont conscients que, la diaspora doit être plus présente dans le cœur du système pour faire profiter à notre pays toute cette expérience glanée dans la vie de migrant, surtout que leur apport socio-économique n’est plus à démontrer.

Nous avons appris que les migrants sont prêts aujourd’hui à traverser les barrières des partis politiques qui nous dressent les uns contre les autres, alors que l’intérêt du Sénégal devrait nous pousser à nous mettre ensemble au-delà de tout clivage, pour travailler dans le développement de notre nation. C’est ainsi que l’idée de Un Autre Avenir consistant à fédérer toutes les bonnes volontés qui ne s’intéressent qu’au Sénégal, a séduit plus d’un à Brescia. La quasi-totalité des partis de l’opposition était présente à notre rencontre, des citoyens apolitiques y étaient et tous sont dans de bonnes dispositions pour une collaboration avec nous, afin de créer les conditions pouvant nous permettre de porter ensemble des projets dans l’intérêt du Sénégal.

Nous avons appris que les femmes de la diaspora sont de véritables actrices de développement ; travailleuses déjà dans le pays d’accueil, elles sont toutes derrière des projets économiques au Sénégal et souvent dans le but de faire travailler d’autres femmes de leurs villages ou de leurs familles. Ce sont des femmes qu’il faut soutenir et accompagner car leur réussite participe à l’éradication de la pauvreté de la frange féminine très impactée par le chômage au Sénégal.

Toutes ces leçons apprises de nos compatriotes sénégalais de Brescia participent à la perfection de notre projet économique, car nous sommes convaincus que les solutions pour développer notre pays, sont à chercher auprès des populations qui subissent certes ces difficultés, mais qui portent en elles aussi les solutions pour les surmonter. Ce qui manque souvent, c’est le soutien de nos dirigeants politiques qui par méconnaissance ou pour des raisons politiciennes, privilégient la satisfaction de sa clientèle politique à la place de mettre les hommes et les femmes qu’il faut à la place qu’il faut. Dans notre mouvement, la moitié des membres fondateurs est issue de la diaspora, donc les problèmes des migrants nous les connaissons et nous y avons réfléchis. Nous sommes sûrs que beaucoup de ces problèmes peuvent être solutionnés sans rien coûter à l’Etat du Sénégal et tout le bénéfice est pour le développement de notre pays. Cette expérience réussie à Brescia nous encourage à dupliquer l’initiative partout à travers la diaspora, pour in-fine, faire la jonction entre cette diaspora consciente et dynamique avec les acteurs engagés sur tous les fronts, mais restés au Sénégal.

Ibrahima Wade, secrétaire général Un Autre Avenir

logotwitterFacebook