Afrique

Thembi Kunene-Msimang, nouvelle responsable de l'image de marque de l'Afrique du Sud

 

Thembi Kunene-Msimang, nouvelle responsable de l'image de marque de l'Afrique du Sud


« Le tourisme peut apporter beaucoup à qui sait utiliser certains atouts et astuces. Vendre une destination ne s'improvise pas au nom de « dieu est grand comme il est souvent dit au Sénégal pour Tout. La destination Sénégal, peut en raison de sa position géographique, attirer des investisseurs,et autres ».P B Cissoko

Thembi Kunene-Msimang, nouvelle responsable de l'image de marque de l'Afrique du Sud


Thembi Kunene-Msimang, Nouvelle Responsable De L'image De Marque De L'Afrique Du Sud

L'experte en marketing touristique a été nommée CEO de Brand South Africa, organe créé en août 2002 pour vendre une image de marque positive et convaincante de l'Afrique du Sud et attirer le tourisme et les investissements, en coordonnant les initiatives de marketing pour les rendre plus efficaces.

Sa nomination par le Conseil d'administration a été annoncée ce vendredi 17 août et a pris effet depuis le 13 août. Thembi Kunene-Msimang est actuellement administratrice non exécutive chez Brand South Africa. En 1997, au début de la démocratie en Afrique du Sud, elle a été la première personnalité noire et femme en Afrique du Sud à diriger un aéroport, à savoir l'aéroport de George, pour le compte de Airports Company South Africa (ACSA).

Diplômée en Communication de l'université de Fort Hare, en Afrique du Sud, Thembi Kunene a plus de 18 ans d'expérience en gestion dans les domaines du tourisme, de la communication, du marketing et siège dans divers autres conseils d'administration dont celui du Nelson Mandela Children Fund.

Elle a été CEO par intérim de l'Organisation régionale du tourisme de l'Afrique australe (RETOSA), qui est responsable du marketing des destinations touristiques dans 14 pays de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC). Bien avant, Thembi Kunene-Msimang était responsable des services touristiques à Cape Town Tourism.

Auparavant, elle était CEO et responsable de l'assurance qualité du « Tourism Grading Council of South Africa (TGCSA). A ce poste, elle a contribué à asseoir l'avantage concurrentiel de l'Afrique du Sud en tant que destination touristique en introduisant de nouveaux critères de classement et en fondant le prix du tourisme Lilizela.

https://africanshapers.com/

Décès de l’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan: réactions et émotion

L’ancien secrétaire général de l’ONU et prix Nobel de la paix, le Ghanéen Kofi Annan, est décédé, ce samedi 18 août, à l’âge de 80 ans, après « une courte maladie », a annoncé à Genève la Fondation Kofi Annan dans un communiqué. Les réactions, en Afrique et dans le reste du monde, lui rendant hommage, se multiplient. L'actuel secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a salué « une force qui guidait vers le bien ».

L’ancien secrétaire général de l’ONU et prix Nobel de la paix, le Ghanéen Kofi Annan, est décédé, ce samedi 18 août, à l’âge de 80 ans, après « une courte maladie », a annoncé à Genève la Fondation Kofi Annan dans un communiqué. Les réactions, en Afrique et dans le reste du monde, lui rendant hommage, se multiplient. L'actuel secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a salué « une force qui guidait vers le bien ».

« De bien des manières, Kofi Annan incarnait les Nations unies. Il est sorti des rangs pour diriger l’organisation vers le nouveau millénaire avec dignité et une détermination sans égales », a souligné le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

« Kofi Annan était un internationaliste qui ne voyait aucune contradiction entre ses origines africaines et son personnage comme citoyen du monde, explique sur RFI Bijane Farnudi, porte-parole de Kofi Annan et de la fondation qui porte son nom. Il voyait le monde comme un endroit où la paix, le développement et les droits humains étaient fondamentaux pour qu’une société puisse exister de manière paisible et en harmonie. C’est quelqu’un qui a ouvert l’organisation aux citoyens. Il interprétait la charte des Nations unies comme "Nous, le peuple" et pas comme "Nous, les Etats", et a donc engagé la société civile mais aussi le secteur privé en discussion. Il les a intégrés au cœur de cette organisation et c’est d’ailleurs, entre autres, pour cela qu’il a reçu le prix Nobel de la paix en 2001. »

« C’était notre voix »

Joint par RFI, le Camerounais Sammy Kum Buo et ancien directeur Afrique de l'ONU, désormais retraité, est très ému. Lui et Kofi Annan ont fait carrière, côte à côte, durant près de 40 ans.

« C'est quelqu'un que je connaissais bien. Quand j'ai rejoint l'ONU, j'avais 22 ans, et mon premier contact au travail c'était lui, raconte-t-il sur RFI. Je l'ai connu tout au long des 38 années de ma carrière. C'était plus que mon patron, c'était mon grand frère, nous étions tous deux africains. C'est une grande perte parce que même depuis sa retraite de l'ONU, il était actif, il défendait les grandes valeurs et, par-dessus tout, c'était notre voix sur ce continent et maintenant elle est réduite au silence. Je ne sais pas qui a cette influence… Mandela est parti, il est parti, Boutros-Ghali aussi. C'étaient les leaders qui nous ont donné une place de haut niveau à l'échelle internationale. »

Emotion au sein de la SADC, réunie en sommet à Windhoek

L’annonce de la mort de Kofi Annan a mis brutalement un terme à la conférence de presse finale du 38e sommet de la SADC, le Communauté de développement de l'Afrique australe. Le président namibien, Hage Geingob, président en exercice de l’organisation, a bien connu Kofi Annan puisque lui aussi a fait une partie de sa carrière aux Nations unies. Il ne cache pas son émotion :

« Je suis vraiment choqué, je suis terriblement choqué. On devait se voir à Lagos et il n’a pas pu venir. On était ensemble aux Nations unies. C’est une perte pour moi. Il a bien travaillé pour l’Afrique et le monde. Pour moi, en tant qu’Africain, en tant que secrétaire général de l’ONU, il a réussi à faire son travail et à finir son mandat avec beaucoup de dignité. Alors, il a eu quelques petits problèmes avec son fils, mais il a bien servi l’Afrique, il a bien servi le monde. Et puis, vraiment, ses capacités intellectuelles aussi... tout ce qu’il a fait aux Nations unies ! Je suis vraiment désolé. Il va me manquer », a réagi le chef de l’Etat namibien.

C’est une nouvelle très choquante, c'est très triste pour notre région et pour le monde. Kofi Annan a beaucoup fait et on espérait qu'on pourrait continuer à faire appel à lui dans différentes situations politiques ou sur des questions de paix et de sécurité. Je veux juste prier pour que son âme repose en paix, mais c’est très choquant, très triste. Ce qu’on peut retenir de lui, c’est qu’il a été là pour notre région. Il a été présent sur la scène internationale. On se souviendra de lui sur tellement de questions, il a beaucoup contribué pour le Kenya. On se souviendra de tout ce qu’il a fait pour la région et pour le continent.

Docteur Tax Stergomena Lawrence, secrétaire exécutive de la SADC

« Ce que le Ghana avait de meilleur à offrir »

Pour Fritz Baffour, journaliste, homme politique et ancien ministre ghanéen de l’Information, Kofi Annan était ce que le Ghana avait de meilleur à offrir.

« Le Ghana a toujours été surnommé l'étoile noire de l'Afrique et était une des avant-gardes du continent. Et Kofi Annan a représenté le Ghana à un si haut niveau de responsabilité ! Malgré sa retraite, il restait très actif dans des causes importantes pour le pays et restait, dans tous les cas, un très bon conseiller pour les forces politiques du pays », a réagi Fritz Baffour.

La gratitude de la France

Dans un communiqué, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a salué l’engagement constant de l’ancien secrétaire général des Nations unies, sur tous les continents.

« De Genève à New York, en passant par Addis-Abeba, Kofi Annan a été un acteur engagé sur tous les continents et pendant plus d’un demi-siècle, au service des plus grandes causes et à l’assaut des grands défis de l’ère contemporaine : la paix, le développement, la promotion des droits de l’homme, la lutte contre la pauvreté et les discriminations. Au tournant de ce siècle, Kofi Annan a permis à l’ONU de se moderniser pour mieux faire face aux bouleversements d’un monde divisé qu’il a toujours essayé de rassembler.Je rends hommage à sa mémoire et souhaite exprimer la gratitude de la France pour son a

Hubert Védrine a été ministre des Affaires étrangères de la France entre 1997 et 2002, à l'époque du premier mandat de Kofi Annan à l'ONU. Très ému au micro de RFI, il se souvient d'un homme « si distingué, si fin, si subtile, si agréable, si souriant, si intelligent dans le contact ».

Un homme respecté de Moscou à Washington

Vladimir Poutine a déclaré samedi avoir « sincèrement admiré la sagesse et le courage » de Kofo Annan, dans un message adressé à Antonio Guterres et rendu public par le Kremlin. « Son souvenir restera à jamais dans le coeur des Russes », a ajouté le président russe, saluant « sa capacité à prendre des décisions réfléchies, même dans les situations les plus complexes et critiques ».

La Première ministre britannique Theresa May a rendu hommage à « un grand leader et réformateur de l'ONU », tandis que la chancelière allemande Angela Merkel a, elle, insisté sur la « voix de Kofi Annan » qui « va beaucoup nous manquer à une époque où la recherche en commun de solutions aux problèmes mondiaux est plus urgente que jamais ».

L'ex-président américain Barack Obama a pour sa part salué « son intégrité, sa détermination, son optimisme et son sens de notre humanité partagée » et souligné que l'ancien secrétaire général des Nations unies avait contribué à « motiver et inspirer » la « prochaine génération de leaders ». L'ambassadrice américaine à l'ONU a, elle, salué la mémoire de Kofi Annan, louant un diplomate ayant « oeuvré inlassablement pour nous unir ». « Kofi Annan a voué sa vie à faire du monde un endroit plus pacifique », a ajouté Nikki Haley sur Twitter, précisant qu'il n'avait « jamais cessé de se battre pour la dignité de chacun ».

RFI

« De bien des manières, Kofi Annan incarnait les Nations unies. Il est sorti des rangs pour diriger l’organisation vers le nouveau millénaire avec dignité et une détermination sans égales », a souligné le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

« Kofi Annan était un internationaliste qui ne voyait aucune contradiction entre ses origines africaines et son personnage comme citoyen du monde, explique sur RFI Bijane Farnudi, porte-parole de Kofi Annan et de la fondation qui porte son nom. Il voyait le monde comme un endroit où la paix, le développement et les droits humains étaient fondamentaux pour qu’une société puisse exister de manière paisible et en harmonie. C’est quelqu’un qui a ouvert l’organisation aux citoyens. Il interprétait la charte des Nations unies comme "Nous, le peuple" et pas comme "Nous, les Etats", et a donc engagé la société civile mais aussi le secteur privé en discussion. Il les a intégrés au cœur de cette organisation et c’est d’ailleurs, entre autres, pour cela quil a reçu le prix Nobel de la paix en 2001. »

« C’était notre voix »

Joint par RFI, le Camerounais Sammy Kum Buo et ancien directeur Afrique de l'ONU, désormais retraité, est très ému. Lui et Kofi Annan ont fait carrière, côte à côte, durant près de 40 ans.

« C'est quelqu'un que je connaissais bien. Quand j'ai rejoint l'ONU, j'avais 22 ans, et mon premier contact au travail c'était lui, raconte-t-il sur RFI. Je l'ai connu tout au long des 38 années de ma carrière. C'était plus que mon patron, c'était mon grand frère, nous étions tous deux africains. C'est une grande perte parce que même depuis sa retraite de l'ONU, il était actif, il défendait les grandes valeurs et, par-dessus tout, c'était notre voix sur ce continent et maintenant elle est réduite au silence. Je ne sais pas qui a cette influence… Mandela est parti, il est parti, Boutros-Ghali aussi. C'étaient les leaders qui nous ont donné une place de haut niveau à l'échelle internationale. »

Emotion au sein de la SADC, réunie en sommet à Windhoek

L’annonce de la mort de Kofi Annan a mis brutalement un terme à la conférence de presse finale du 38e sommet de la SADC, le Communauté de développement de l'Afrique australe. Le président namibien, Hage Geingob, président en exercice de l’organisation, a bien connu Kofi Annan puisque lui aussi a fait une partie de sa carrière aux Nations unies. Il ne cache pas son émotion :

« Je suis vraiment choqué, je suis terriblement choqué. On devait se voir à Lagos et il n’a pas pu venir. On était ensemble aux Nations unies. C’est une perte pour moi. Il a bien travaillé pour l’Afrique et le monde. Pour moi, en tant qu’Africain, en tant que secrétaire général de l’ONU, il a réussi à faire son travail et à finir son mandat avec beaucoup de dignité. Alors, il a eu quelques petits problèmes avec son fils, mais il a bien servi l’Afrique, il a bien servi le monde. Et puis, vraiment, ses capacités intellectuelles aussi... tout ce qu’il a fait aux Nations unies ! Je suis vraiment désolé. Il va me manquer », a réagi le chef de l’Etat namibien.

C’est une nouvelle très choquante, c'est très triste pour notre région et pour le monde. Kofi Annan a beaucoup fait et on espérait qu'on pourrait continuer à faire appel à lui dans différentes situations politiques ou sur des questions de paix et de sécurité. Je veux juste prier pour que son âme repose en paix, mais c’est très choquant, très triste. Ce qu’on peut retenir de lui, c’est qu’il a été là pour notre région. Il a été présent sur la scène internationale. On se souviendra de lui sur tellement de questions, il a beaucoup contribué pour le Kenya. On se souviendra de tout ce qu’il a fait pour la région et pour le continent.

Docteur Tax Stergomena Lawrence, secrétaire exécutive de la SADC

« Ce que le Ghana avait de meilleur à offrir »

Pour Fritz Baffour, journaliste, homme politique et ancien ministre ghanéen de l’Information, Kofi Annan était ce que le Ghana avait de meilleur à offrir.

« Le Ghana a toujours été surnommé l'étoile noire de l'Afrique et était une des avant-gardes du continent. Et Kofi Annan a représenté le Ghana à un si haut niveau de responsabilité ! Malgré sa retraite, il restait très actif dans des causes importantes pour le pays et restait, dans tous les cas, un très bon conseiller pour les forces politiques du pays », a réagi Fritz Baffour.

La gratitude de la France

Dans un communiqué, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a salué l’engagement constant de l’ancien secrétaire général des Nations unies, sur tous les continents.

« De Genève à New York, en passant par Addis-Abeba, Kofi Annan a été un acteur engagé sur tous les continents et pendant plus d’un demi-siècle, au service des plus grandes causes et à l’assaut des grands défis de l’ère contemporaine : la paix, le développement, la promotion des droits de l’homme, la lutte contre la pauvreté et les discriminations. Au tournant de ce siècle, Kofi Annan a permis à l’ONU de se moderniser pour mieux faire face aux bouleversements d’un monde divisé qu’il a toujours essayé de rassembler.Je rends hommage à sa mémoire et souhaite exprimer la gratitude de la France pour son a

Hubert Védrine a été ministre des Affaires étrangères de la France entre 1997 et 2002, à l'époque du premier mandat de Kofi Annan à l'ONU. Très ému au micro de RFI, il se souvient d'un homme « si distingué, si fin, si subtile, si agréable, si souriant, si intelligent dans le contact ».

Un homme respecté de Moscou à Washington

Vladimir Poutine a déclaré samedi avoir « sincèrement admiré la sagesse et le courage » de Kofo Annan, dans un message adressé à Antonio Guterres et rendu public par le Kremlin. « Son souvenir restera à jamais dans le coeur des Russes », a ajouté le président russe, saluant « sa capacité à prendre des décisions réfléchies, même dans les situations les plus complexes et critiques ».

La Première ministre britannique Theresa May a rendu hommage à « un grand leader et réformateur de l'ONU », tandis que la chancelière allemande Angela Merkel a, elle, insisté sur la « voix de Kofi Annan » qui « va beaucoup nous manquer à une époque où la recherche en commun de solutions aux problèmes mondiaux est plus urgente que jamais ».

L'ex-président américain Barack Obama a pour sa part salué « son intégrité, sa détermination, son optimisme et son sens de notre humanité partagée » et souligné que l'ancien secrétaire général des Nations unies avait contribué à « motiver et inspirer » la « prochaine génération de leaders ». L'ambassadrice américaine à l'ONU a, elle, salué la mémoire de Kofi Annan, louant un diplomate ayant « oeuvré inlassablement pour nous unir ». « Kofi Annan a voué sa vie à faire du monde un endroit plus pacifique », a ajouté Nikki Haley sur Twitter, précisant qu'il n'avait « jamais cessé de se battre pour la dignité de chacun ».

 

RFI

Kofi Annan, «le meilleur secrétaire général de l’histoire des Nations unies»

Kofi Annan, septième secrétaire général des Nations unies (1997-2006), est mort, a-t-on appris ce samedi 18 août 2018. Il avait 80 ans. Très respecté, Kofi Annan a été le premier homme noir à diriger l’Organisation des Nations unies (ONU), dont il connaissait tous les rouages après y avoir travaillé pendant plus de 40 ans. Unanimement reconnu comme un homme de paix, il a obtenu conjointement avec l'ONU le prestigieux prix Nobel de la paix en 2001, « pour leur travail en faveur d’un monde mieux organisé et plus pacifique ».

Kofi Annan, septième secrétaire général des Nations unies de 1997 à 2006, a été « l’un des dirigeants les plus visionnaires et plus démocratiques du monde », pour reprendre les mots de l’ancien directeur de l’office des Nations unies à Genève, Vladimir Petrovsky.

Pour Thobjorn Jagland, ministre norvégien des Affaires étrangères (2000-2001), ancien Premier ministre et secrétaire général du Conseil de l’Europe, il était un dirigeant « intelligent et courageux ». « Quand il entre dans une pièce, une onde de sérénité se propage. On dirait le pape », déclare un ancien ministre européen.

Kofi Annan a ainsi su s’attirer les éloges des diplomates du monde entier. L’ancien ambassadeur américain à l’ONU, Richard Holbrooke, le considère comme « le meilleur secrétaire général de l’histoire des Nations unies, sans exception ».

Par son habileté, son opiniâtreté et son intégrité, le Ghanéen disparu le 18 août a su être un interlocuteur accepté aussi bien par les Chinois que par les Américains, les musulmans, les Occidentaux, les Arabes, les Israéliens, le Nord et le Sud. Il a dirigé l’ONU dans un monde où la guerre froide était terminée, mais où d’autres conflits faisaient rage, comme en Yougoslavie, en Tchétchénie ou au Congo. Dans un monde aussi où le XXIe siècle s’ouvrait, traumatisé par les attentats du 11 septembre 2001.

Agir avec courage et avec cœur pour résoudre les conflits

Visionnaire, Kofi Annan a contribué à remettre les Nations unies au cœur du règlement des conflits. Il est parvenu à résoudre plusieurs oppositions épineuses, avec un mélange inédit de douceur, de charme et de franc-parler. Ses interventions ont été capitales à la frontière israélo-libanaise en 2000, ou lors de l’escalade américano-irakienne en 1998, année où il a obtenu la signature d’un accord sur le contrôle des sites militaires irakiens.

Son action au sein de l’ONU s’est concentrée sur la réorganisation interne des Nations unies, le développement de la lutte contre le sida, la poursuite des efforts de paix au Proche-Orient et le développement économique et social.

En manager hors pair, Kofi Annan a toujours su impressionner ses interlocuteurs par son élégance et sa courtoisie jamais prises à défaut. Calme et toujours à l’écoute, Kofi Annan était également capable d’humour vache. La France s’opposait à sa candidature pour succéder à l’Egyptien Boutros Boutros-Ghali comme secrétaire général, car elle voulait un vrai francophone à la tête de l’ONU. Il avait ridiculisé l’argument en parlant anglais avec un accent français.

Docteur honoris causa de plusieurs universités (Dresde, Princeton, Gand, Neuchâtel, etc.), Kofi Annan a remporté de nombreux prix et récompenses pour son action au sein de l’ONU, dont le prestigieux prix Nobel de la paix, en 2001, avec l’ONU, « pour leur travail en faveur d’un monde mieux organisé et plus pacifique ». Il avait jugé « presque indécent » de se voir attribuer un tel prix en pleine guerre d’Afghanistan et en plein conflit au Proche-Orient. Le dernier et le seul autre secrétaire général des Nations unies à avoir reçu le Nobel de la paix était le Suédois Dag Hammarskjoeld, en 1961, à titre posthume.

« On l’a beaucoup critiqué comme étant l’homme des Etats-Unis, mais il est l’homme de la communauté mondiale », a déclaré Geir Lundestad, directeur de l’Institut Nobel, ajoutant : « Cela s’est confirmé lors de sa réélection le 27 juin 2001. […] Annan a reçu le soutien de l’Afrique, bien sûr, mais aussi de l’Asie et de toutes les grandes puissances même si la Chine a un peu traîné les pieds. » Sa réélection pour un mandat de cinq ans a été votée de façon unanime par les 189 Etats membres de l’ONU.

« Homme des Etats-Unis », avant la brouille de la guerre « illégale » en Irak

Lui qui est le premier secrétaire général à sortir des rangs du personnel de l’organisation a toujours eu une grande volonté de la réformer. Son image assez docile, d’« homme des Etats-Unis », qu’il avait au début de son mandat, s’explique par le fait qu’il a été élu secrétaire général de l’ONU en 1996 avec le soutien de Washington. En 2001, il a déclaré « approuver les raids américano-britanniques en Afghanistan appelant toutefois à tout faire pour épargner la population civile ».

Mais les relations entre Kofi Annan et la Maison Blanche se sont gâtées en 2003, avec l’invasion américaine de l’Irak. En 2004, il qualifie cette guerre d’« illégale », une opinion qu’il confirme tout au long de sa vie. Le secrétaire général a perdu un de ses proches à cause de la guerre, Sergio Vieira de Mello. Tué par un attentat-suicide à Bagdad le 19 août 2003, Sergio Vieira de Mello était, depuis mai 2003, le représentant de Kofi Annan en Irak, une mission qui était censée durer quatre mois. Il était perçu comme un successeur potentiel de Kofi Annan à la tête des Nations unies.

Lors du dernier discours qu’il a tenu devant un public américain en tant que secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan s’est montré sévère envers le président des Etats-Unis George W. Bush et sa politique. Dans la bibliothèque Harry Truman à Independence, dans le Missouri, Kofi Annan a rappelé l’héritage de ce même Harry Truman, un des fondateurs des Nations unies, qui disait : « La responsabilité des grands Etats est de servir les peuples du monde, pas de les dominer. »

Sans jamais prononcer le nom de George W. Bush, il a, en filigrane, critiqué sa politique : « Par le passé, l’Amérique a été à l’avant-garde du mouvement mondial pour les droits de l’homme. Mais, pour ce pays, la seule manière de rester en tête sera de se montrer fidèle à ses principes, jusque dans la lutte contre le terrorisme. » A l’époque, ces déclarations ont choqué les conservateurs américains.

Plus de 40 ans dans le système onusien

Né le 8 avril 1938 à Kumasi au Ghana, Kofi Annan, qui a une sœur jumelle, est issu d’une famille aristocratique de négociants. Il a étudié à l’Université scientifique et technologique à Kumasi. En 1961, il obtient sa licence d’économie au Macalester College, à Saint Paul, dans le Minnesota (Etats-Unis). En 1961-1962, il effectue des études de troisième cycle en économie à l’Institut universitaire des hautes études internationales à Genève (Suisse). En 1971-1972, il obtient son diplôme de maîtrise en sciences de gestion au Massachusetts Institute of Technology.

Kofi Annan entre à l’ONU en 1962 comme fonctionnaire d’administration et du budget auprès de l’Organisation mondiale de la santé à Genève. Il a travaillé plus de 40 ans dans le système onusien. Il a été en poste à la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, à Addis-Abeba (Ethiopie), à la Force d’urgence des Nations unies, à Ismaïlia (Egypte), au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés à Genève.

Puis, au siège des Nations unies, à New York, il a été sous-secrétaire général à la gestion des ressources humaines et coordonnateur des Nations unies pour les questions de sécurité, puis sous-secrétaire général à la planification des programmes, au budget et à la comptabilité, puis contrôleur et enfin secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix.

Après l’ONU, il a créé la Fondation Kofi-Annan, dont l’objectif est de « mobilise[r] la volonté politique pour vaincre les menaces pesant sur la paix, le développement et les droits de l’homme ». Il est également nommé président de l’ONG Global Elders, un groupe de « sages universels » qui œuvre pour la paix et les droits de l’homme dans le monde. Parmi eux, figurent notamment Desmond Tutu, Jimmy Carter et Nelson Mandela, jusqu’à sa mort.

n 2006, il a créé, avec le dessinateur français Plantu, Cartooning for Peace, une association de caricaturistes de presse engagés contre l’intolérance et pour le « respect des cultures et des libertés ». Le 23 février 2012, il est nommé envoyé spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue arabe pour la crise syrienne. Mais il démissionne de ce poste moins de six mois plus tard, le 2 août.

Père de trois enfants, Kofi Annan a d’abord été marié à une Nigériane dont il a eu un fils et une fille. Il a ensuite été marié à Nane Lagergren, juriste et artiste suédoise, nièce du diplomate Raoul Wallenberg, qui a sauvé des milliers de juifs en Hongrie pendant la Seconde Guerre mondiale.

Un homme sujet à la critique et aux erreurs

Un de ses regrets à l’ONU a été de ne pas avoir pu réformer le Conseil de sécurité, pour qu’il reflète mieux le monde du XXIe siècle, et non plus celui « de 1945 ». Les opérations onusiennes ont été « désastre[uses] » au Darfour et en Somalie pendant ses deux mandats, selon cet homme qui n’a jamais hésité à reconnaître ses échecs.

Kofi Annan a dit « accepter la critique » lorsqu’un rapport indépendant l’a jugé responsable « d’erreurs de gestion substantielles » dans l’affaire Pétrole contre nourriture. Ce programme onusien devait permettre au régime irakien de Saddam Hussein de vendre du brut en échange de biens de consommation, pour atténuer les effets de l’embargo sur les civils. Mais Saddam Hussein s’est livré à de la contrebande en surchargeant les pétroliers et aurait, selon une enquête indépendante, détourné près de 1,8 milliard de dollars.

Dans ce dossier, Kofi Annan a été lavé des accusations les plus graves. Il n’a pas été jugé coupable d’entorses à l’éthique ni de corruption, notamment car rien n’indique qu’il ait su que la Cotecna, une entreprise suisse qui employait son fils Kojo Annan, tentait d’obtenir un contrat onusien, qu’elle a remporté. Kofi Annan a simplement été « négligent », selon les enquêteurs et partage les torts avec un Conseil de sécurité divisé, une organisation trop bureaucratique, certains responsables corrompus et un régime irakien manipulateur.

Enfin, à l’époque du génocide anti-tutsi du printemps 1994 au Rwanda, Kofi Annan était secrétaire général de l’ONU chargé des opérations de maintien de la paix. Certains reprochent à l’organisation internationale de ne pas avoir réagi à temps aux massacres. Kofi Annan s’est excusé au nom des Nations unies, exigeant plusieurs rapports internes sur les dysfonctionnements dans l’organisation sur le Rwanda, mais aussi sur la Bosnie.

 

RFI

 

 

Au Mali, l’opposition rejette par avance les résultats de la présidentielle

Soumaïla Cissé, l’opposant qui a accusé le gouvernement de fraude électorale lors du premier tour, a renouvelé ses allégations.

Le candidat de l’opposition au Mali, Soumaïla Cissé, a rejeté à l’avance, lundi 13 août, les résultats du second tour de la présidentielle, appelant le pays à se lever face à « la dictature de la fraude », à la suite d’un scrutin qui s’était pourtant déroulé dans de meilleures conditions sécuritaires qu’au premier tour.

Les résultats du duel entre le président sortant et favori Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) et l’opposant Soumaïla Cissé doivent être proclamés en milieu de semaine par la Cour constitutionnelle, mais « d’ores et déjà, nous [les] rejetons », a lancé à ses partisans M. Cissé, du balcon de son siège de campagne.

La mission d’observation de l’Union européenne doit présenter son rapport préliminaire sur le déroulement du scrutin du second tour mardi matin. M. Keïta devrait ensuite s’exprimer depuis son siège de campagne en début d’après-midi. Relancer l’accord de paix

Le vainqueur entrera en fonction au début de septembre, avec la lourde tâche de relancer l’accord de paix conclu en 2015 avec l’ex-rébellion à dominante touareg, accord dont l’application est sans cesse retardée, dans ce vaste pays du Sahel toujours confronté à la menace djihadiste malgré cinq années d’interventions militaires internationales.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaida, en grande partie chassés ou dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement. Malgré l’accord de paix, les violences ont persisté et ont progressé vers le centre et le sud du pays, puis au Burkina Faso et au Niger voisins.

Interrogé début juin par l’AFP, M. Cissé avait estimé qu’il faudrait « absolument éviter une crise électorale ». Mais alors qu’en 2013 il avait reconnu sa défaite, déjà face à M. Keïta, avant même l’annonce des résultats, il n’a cessé cette fois d’accuser le camp d’« IBK » de profiter de l’insécurité qui règne dans le centre et le nord du pays pour truquer le scrutin.

Lire aussi :   Au Mali, le président sortant largement favori du second tour

« La dictature de la fraude »

« J’en appelle à tous les Maliens à se lever (…) Nous n’accepterons pas la dictature de la fraude », a lancé lundi à ses militants M. Cissé, ancien ministre des finances de 68 ans, accusant le pouvoir d’avoir « attaqué » et mis hors d’usage le système de comptabilisation électorale de l’opposition dans la nuit de dimanche à lundi, alors qu’il était crédité selon lui de 51,93 % des suffrages contre 47,53 % pour le président sortant. M. Cissé a averti :

   « La responsabilité de ce qui va arriver dans le pays est dans le camp du président de la République. »

Il a, en outre, déploré la brève arrestation dimanche de six membres de son équipe de communication, dont quatre Français, par les services de renseignement maliens, qui ont saisi leurs ordinateurs et téléphones.

« Pourquoi, si ce n’est pour cacher quelque chose ? », a demandé M. Cissé. Cinq hommes ont été libérés sans charges au bout de deux heures, mais l’opposition est toujours, vingt-quatre heures plus tard, « sans nouvelles » du sixième, un Ivoirien. « Ça n’a rien à voir avec le candidat Cissé, absolument rien à voir. L’élection se fait, mais le travail de sécurité se fait aussi », a fait valoir le ministre de la sécurité publique, le général Salif Traoré. Une enquête a été ouverte.

Baisse des incidents

Le second tour s’était pourtant déroulé dans un climat plus apaisé que celui du premier. Seuls 490 bureaux de vote – sur 23 000 – n’ont pu ouvrir, soit moitié moins que le 29 juillet, a indiqué le général Traoré. « Nous avions un peu plus de 3,7 % des bureaux qui n’avaient pas fonctionné normalement » lors du premier tour, dont M. Keïta était sorti largement en tête, avec près de 42 % des voix, pour 17,78 % à son concurrent, a noté le général Traoré.

Il a estimé à 2,1 % le nombre de bureaux restés fermés dimanche. Il a attribué ce succès à la « montée en puissance » de l’armée, qui avait déployé 36 000 hommes, 6 000 de plus qu’au premier tour.

La grande majorité des bureaux restés fermés (440 sur 490) étaient de nouveau situés dans la région de Mopti (centre), en proie à des violences ethniques attisées par des groupes djihadistes. Les autres se trouvent dans le Nord, dont 23 dans la région de Tombouctou, où l’Etat est peu ou pas présent et où un président de bureau de vote a été tué par six djihadistes présumés lors du plus grave acte de violence de la journée.

Avenir du Sahel

Le scrutin, déterminant pour l’avenir du Sahel, s’est déroulé dans la relative indifférence de la population, due à une météo pluvieuse, aux risques de violences et à l’absence de suspense.

L’Union européenne a appelé à la « transparence » dans chaque étape de la compilation des résultats. Selon le camp de M. Cissé, des bulletins de vote « circulaient » ces derniers jours, preuve que des bourrages d’urnes étaient en préparation.

Des journalistes de l’AFP ont constaté que dans au moins six bureaux de vote de Bamako, les procès-verbaux électoraux avaient été préremplis et signés avant même la fin du vote. Ibrahim Boubacar Keïta a répliqué aux accusations en dénonçant des « manœuvres » de l’opposition. Notant que les deux camps se sont accusés de « fraude ou de tentatives de fraude », la mission d’observation de l’Union africaine a indiqué lundi, « à ce stade », ne détenir « aucun élément tangible » démontrant de quelconques irrégularités.

Le Monde.fr

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