Afrique

Ban Ki-moon veut 3000 hommes supplémentaires en Centrafrique
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon demande un renfort de 3 000 hommes en Centrafrique. Il estime que les troupes françaises et africaines déjà sur place ne sont pas suffisantes. Il a présenté devant le Conseil de sécurité un plan d’urgence pour la Centrafrique.
 
Avec notre correspondant à New York,Karim Lebhour
 
Tenir le terrain en attendant l’arrivée des casques bleus, tel est l’objectif du plan présenté par Ban Ki-moon. Le secrétaire général de l’ONU propose que toutes les forces en présence, françaises, africaines ou européennes, soient placées sous un seul commandement avec pour tâche d’empêcher les massacres de civils. Ban Ki-moon a appelé toutes les capitales européennes pour leur demander de faire un effort supplémentaire, en hommes et en matériel.
 
Ce plan a aussi pour but de vaincre les réticences de l’Union africaine à ce que la Misca cède la place le plus rapidement possible à une force de l’ONU. Le secrétaire général propose un « paquet » financier de 40 millions de dollars pour les soldats africains. La priorité doit être d’aider la Misca, dit l’ambassadeur tchadien Mahamat Zene Chérif.
 
« Je pense qu’il est bon qu’on puisse donner le leadership aux Africains dans la mesure où, malgré leurs moyens limités, les Africains essaient quand même de se prendre en charge. Et je pense qu’il n’y a pas de contradiction entre ce que propose l’Union africaine et ce que pensent faire les Nations unies. Les efforts sont complémentaires », considère Mahamat Zene Chérif.
 
L’ONU propose également de payer les policiers, juges et gardiens de prison qui reprendront le travail, pour rétablir les services de base de l’État centrafricain.
 
Le patron de Sangaris en visite à Bouar
 
Le général Soriano est arrivé à Bouar ce jeudi accompagné d’une délégation centrafricaine. Avec la ministre du Commerce Gertrude Zouta, il s’est ensuite rendu à Beloko, à la frontière camerounaise, où Sangaris est arrivée 48 heures plus tôt pour sécuriser la route. Il est ensuite revenu à Bouar pour rencontrer les autorités locales, les forces vives de la ville, et répondre à leurs interrogations. À la question « Vous êtes là pour combien de temps ? », le général Soriano répond : « On reste le temps nécessaire. Par exemple, à Bossangoa, nous avions décidé d’y rester une quinzaine de jours. On y est restés deux mois. »
 
Désarmer, sécuriser l’axe Cameroun-Bangui et protéger les populations musulmanes, telles sont les priorités de la force Sangaris dans l’ouest du pays où elle poursuit son déploiement. Elle est aidée pour cela de la Misca. Mais la mise en place des nouvelles forces de défense et de sécurité de Centrafrique se fait attendre. « Les nouveaux policiers et gendarmes ne sont pas arrivés à leurs postes et cela je le dis également pour les militaires qui aujourd’hui refusent de se regrouper parce que leurs chefs de corps ne sont pas encore à leurs postes alors que les nominations ont été faites depuis un bon moment », rouspète le préfet, Augustin Yangana Yahote.
 
Faut-il aussi armer les douaniers ? Comment empêcher les incursions de groupes armés étrangers en RCA ? Peut-on instaurer un couvre-feu à Bouar comme c’est le cas à Bangui ? « De manière générale, tout est à reconstruire dans ce pays. Il faut qu’on y aille avec méthode et puis on va continuer », répond le général Soriano.

Rfi

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