Afrique

Niger: des arrestations après la marche de l'opposition interdite

Au Niger, les militants de l'opposition politique regroupée au sein de l'ARDR n'ont pas pu manifester dans les rues comme ils l'avaient prévu, en raison de l'interdiction décidée par les autorités. La manifestation a été dispersée et 90 manifestants ont été arrêtés.

C’est très tôt, dimanche matin, que les éléments du maintien de l’ordre ont pris position place Toumo, lieu de rendez-vous où devait débuter la marche suivie du meeting de l’opposition politique nigérienne. Les militants qui arrivaient en petits groupes ont vite compris que leur manifestation n’aura pas lieu ce week-end à Niamey, car aussitôt la police les a dispersés par jets de gaz lacrymogènes.

Après une première débâcle et une course dans tous les sens, les manifestants sont revenus avec l’arrivée des leaders de l’opposition, avec à leur tête Mahamane Ousmane, président de l’Alliance pour la réconciliation, la démocratie et la république, et Seyni Oumarou, chef de file de l’opposition. Mais rapidemment les forces de l’ordre sont revenues à la charge, obligeant les leaders de l’opposition à vite quitter les lieux et les militants à rentrer chez eux.

La marche interdite après les violentes manifestations anti-Charlie Hebdo

La veille, les autorités régionales avaient annoncé l’interdiction de cette manifestation de l’opposition. Cet appel à manifester avait pourtant été lancé de longue date. Mais compte tenu des violentes manifestations anti-Charlie Hebdo à Zinder et Niamey, le gouvernement avait interdit ce rassemblement. Mais pour Ali Sabo, le vice-président du MNSD (Mouvement national pour la société de développement), cette marche de l'opposition n'avait rien à voir avec les manifestaions violentes des deux derniers jours. Le MNSD accuse par ailleurs les forces de l'ordre d'être intervenues dans les locaux du parti.

Si le pouvoir était intelligent, il nous aurait laissé marcher et il aurait constater que c'était une manifestation démocratique.
Rfi

Mali: attaque terroriste contre la Minusma à Kidal

Ce samedi matin, des tirs ont été entendus à Kidal, dans le nord du Mali. Il s'agit d'une attaque terroriste contre la Minusma. Selon nos informations, un casque bleu de l’ONU, de nationalité tchadienne, a été tué, un autre blessé. Les assaillants ont été mis en déroute et compteraient aussi des victimes.

Tout a commencé très tôt ce samedi matin à Kidal. Un véhicule, un camion piégé, s’est lancé à très vive allure contre le camp de la Minusma, la mission de l’ONU, de Kidal.

Automatiquement après, une pluie d’obus, selon des témoins, a été entendue non loin de la base. Les forces onusiennes ont immédiatement réagi, et les assaillants ont été finalement mis en déroute. D'après une source travaillant à la Minusma, « c'est la première fois que les forces de la Minusma interviennent aussi énergiquement pour repousser une attaque. »

D’après nos informations, côté bilan, un casque bleu de l’ONU de nationalité tchadienne a été tué, un autre blessé. Les terroristes auraient également subi des pertes. Actuellement, un calme précaire règne dans la ville.

La Minusma, cible régulière d'attaques

La mission onusienne qui a pris le relais d'une force panafricaine en juillet 2013 pour contribuer à la stabilisation du Mali, est régulièrement attaquée dans le pays. La Minusma a perdu plusieurs casques bleus ces derniers mois.

Le 9 janvier, sept casques bleus sénégalais ont été blessés lors de l'explosion de leur véhicule sur un engin explosif à Kidal.

D'autres attaques la veille

Vendredi, la localité de Tenenkou, au centre de pays, avait déjà été attaquée. Au moins deux soldats maliens ont été tués, ainsi que six assaillants. D'autres ont été capturés. Bamako a annoncé l'envoi de renforts militaires dans la zone.

Enfin, la situation à Tabankor fait l'objet de vives inquiétudes. Cheick Ag Haoussa, le chef militaire du Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA), est sorti de sa réserve habituelle pour demander à la Minusma de faire en sorte que le cessez-le-feu soit respecté. La tension est actuellement très vive entre différents groupes armés, hostiles ou fidèles à Bamako

Bras de fer entre policiers et manifestants anti-Charlie Hebdo à Niamey

A Niamey, au moins un millier de jeunes s'étaient réunis, ce samedi matin, pour un rassemblement de protestation contre la nouvelle caricature du prophète Mahomet, publiée dans le dernier numéro du journal satirique Charlie Hebdo. Un rassemblement interdit par les autorités. Très vite, des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont éclaté, obligeant la police à utiliser des gaz lacrymogènes. L'ambassade de France à Niamey appelle ses ressortissants à « éviter toute sortie ».

Article mis à jour en fonction des évènements,

[ACTUALISATION : églises brûlées, consignes de l'ambassade de France]

Les évènements de Niamey ont vite dégénéré. Les manifestants réunis à la grande mosquée de Niamey, ce samedi, ont rapidement engagé un bras de fer avec la police anti-émeute. Aux cris de « Allahou Akhbar » et « A bas Charlie Hebdo », ils ont attaqué un groupe de policiers lourdement armés.

La police ayant eu le dessus dans un premier temps, des jeunes gens des quartiers alentours ont déferlé dans le grand marché de Niamey au centre-ville. Un peu partout, des pneus sont enflammés sur des carrefours.

A la hauteur du rond-point Eglise, toujours dans le centre-ville, se trouve la plus grande église protestante de Niamey. Très vite, l’abri de protection a été arraché et la paroisse mise à sac et brûlée. Au midi, l’église était toujours en feu. Une seconde église, située au rond-point Baré, vers le quartier de la Francophonie, a aussi été incendiée, tout comme le véhicule du pasteur. Au total, trois églises ont été brûlées.

Appel à la prudence

Les violences se sont étendues à plusieurs quartiers de la ville. Des jeunes munis de gourdins, de barres de fer ou de pioches ont défilé à travers la capitale. Une centaine de policiers anti-émeute, munis de casques et de boucliers, ont été déployés autour de la cathédrale de Niamey. Ils ont essuyé plusieurs jets de pierres de la part des manifestants.

L'ambassade de France à Niamey a recommandé à ses ressortissants « d'éviter toute sortie ». Sur son site internet, elle appelle à une « grande prudence ». Par ailleurs, plusieurs agences d'une entreprise française (PMU, Pari mutuel urbain) et des kiosques de l'opérateur français Orange ont été saccagés.

Un peu partout dans le centre-ville et dans la périphérie, ce sont en majorité des jeunes des quartiers qui manifestent. Très peu de marabouts et de fidèles radicaux sont visibles. Certains s’interrogent même : où sont passés ceux qui ont appelé à la manifestation ?

Déjà vendredi, une autre manifestation contre le journal satirique Charlie Hebdo avait dégénéré à Zinder, la deuxième ville du pays. Trois manifestants et un gendarme avaient été tués, et 45 autres personnes blessées. Le Centre culturel français avait également été incendié.

Lutte contre Boko Haram: le Tchad va envoyer des troupes au Cameroun

Le Tchad va envoyer des renforts au Cameroun, pour l'aider dans sa lutte contre Boko Haram. L'Assemblée nationale du pays a autorisé l'envoi des soldats tchadiens par un vote unanime de 155 voix pour et aucune voix contre, ce vendredi. La veille, l'annonce avait été faite dans un communiqué du président camerounais Paul Biya qui remerciait le chef de l'Etat tchadien pour ce geste. Depuis des mois, le Cameroun doit faire face à la multiplication des attaques du mouvement terroriste nigérian, dans le nord de son territoire. Cette aide est donc la bienvenue.

La secte nigériane Boko Haram multiplie des raids meurtriers dans l'extrême nord du Cameroun. Le pays se réjouit donc de l'annonce de l'arrivée d'un renfort tchadien pour l'aider dans sa lutte. Le ministre camerounais de la Communication Issa Tchiroma Bakary, qui se fait le porte-parole de la satisfaction du président et du pays, rappelle l'importance de l'allié tchadien dans ce combat : « C’est la manifestation concrète de la solidarité, de l’entente parfaite entre deux chefs d’Etat dont les peuples sont des peuples amis, en raison également de l’interdépendance économique des uns vis-vis des autres. »

Le Tchad a en effet pour débouché maritime le port camerounais de Douala. Désormais, la route stratégique Douala-Ndjamena est menacée de manière permanente par les attaques de Boko Haram.

Issa Tchiroma Bakary salue ce renfort militaire apprécié autant par le gouvernement que les Camerounais : « Le chef de l’Etat du Cameroun a salué ce geste fraternel, à manifester sa reconnaissance vis-à-vis du Tchad qui à ce moment précis de notre histoire se tient solidement au côté du Cameroun pour aider ces derniers à faire face à cette agression barbare. Et à travers ce communiqué, c’est toute la nation camerounaise qui se réjouit de la présence des armées du Tchad, des forces armées tchadiennes qui sont des forces armées que nous connaissons tous aguerries. »

Cette annonce tchadienne est intervenue quelques heures après l'accusation lancée par le secrétaire d'Etat américain à propos de Boko Haram. En évoquant l'attaque de début janvier, qui a été la plus destructrice depuis 2009, John Kerry a dénoncé « un crime contre l'humanité ». Selon l'organisation Amnesty international, durant la destruction de Baga, le carrefour commercial du nord-est du Nigeria au bord du lac Tchad, des centaines de personnes, « voire plus », ont été tuées..

Pour Issa Tchiroma Bakary, ministre de la Communication, il est urgent que les engagements pris par les pays africains et la communauté internationale soient honorés.Source : http://www.spm.gov.cm/

Si un renfort militaire tchadien est annoncé, le communiqué présidentiel ne précise pas les effectifs qui seront envoyés. Pour le ministre camerounais de la Communication, il ne s'agit que d'un détail : « Ce sont des questions techniques qui seront discutées au niveau des deux états-majors. Notre ministre de la Défense a eu le privilège d’être reçu par le chef de l’Etat du Tchad. Ce dernier lui a confié un message pour son frère et ami le président Biya. D’après moi, ils ont dû évoquer la question de l’organisation. C’est le temps qui nous dira exactement comment cela va se passer. »

Seul contre Boko Haram

Le Cameroun se sent abandonné, seul à faire face à Boko Haram. Alors, il rappelle les  autres pays dits « de la ligne de front » - ceux qui ont une frontière commune -, mais aussi la communauté internationale, à leurs engagements pris il y a près d'un an lors de la conférence de Paris.

Le ministre camerounais de la Communication Issa Tchiroma Bakary déplore ainsi l'inaction de certains pays : « Nous aurions bien aimé que tous les pays de la ligne de front, que chaque pays fasse le ménage chez lui. Vous avez bien vu ce que nos forces de défense et de sécurité font chaque fois. Nous avons fait l’objet d’une quarantaine d’agressions. Chaque fois, nos forces ont infligé une leçon inoubliable pour les insurgés. »

Saluant le travail effectué sur le terrain par les forces armées camerounaises et les résultats obtenus malgré « le caractère asymétrique de cette bataille », le ministre de la Communication ne peut oublier, lui non plus, les décisions annoncées en France : « A l’occasion du sommet de Paris, les grandes puissances, à commencer par la France pays hôte, l’Union européenne, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis d’Amérique, la Chine, l’Allemagne, tous ces pays donc s’étaient engagés à apporter leur soutien et assistance d’une manière ou d’une autre aux pays de la ligne de front. »

Pour Issa Tchiroma Bakary, il est urgent que les engagements soient honorés : « Evidemment, ce que nous souhaitons, c’est que toutes les puissances qui s’étaient portées volontaires pour aider les pays de la ligne de front, que ceux-là se manifestent de manière concrète. Et le président de la France avait pris le parti d’être le facilitateur, d’être le dénominateur commun qui permet la construction de cet ensemble. Nous souhaitons simplement voir la concrétisation de cette chose-là. »

Rfi

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