Afrique

L’identité au service de la croissance économique et sociale en Afrique

Posséder une identité légale est l’un des droits fondamentaux de tout individu. 1,1 milliard de personnes dans le monde n’ont aucune forme d’identité légale, physique ou digitale, reconnue par un État. Cette question touche de manière disproportionnée les femmes et les enfants des zones rurales pauvres d’Afrique, mais le continent change rapidement.
L’ONU souhaite attribuer à chaque être humain sur terre une identité légale d’ici 2030, et IDEMIA soutient les gouvernements dans la réalisation de cet objectif.

L’Afrique en pleine transition

Aujourd’hui, les pays africains désirent fournir une identité légale à tous leurs citoyens pour accélérer leur développement. De nombreuses initiatives ont tenté de répondre à ce défi de l’identité. Cependant, toutes se sont jusqu’à maintenant concentrées uniquement sur le développement de systèmes de registres indépendants et décolérés (civil, aides sociales ou électoral), qui ne permettent pas de profiter de synergies entre les systèmes.

Une identité pour tous, pour quoi faire ?

Derrière l’attribution d’une identité juridique aux citoyens, c’est également la possibilité d’instaurer un système administratif vertueux, au bénéfice des individus et des États, qui se fait jour.

Une personne régulièrement identifiée existe dès lors pour la société. Elle peut ainsi voter, prendre part aux systèmes éducatif et de santé, bénéficier de prestations sociales, mais également faciliter l’ouverture d’un compte en banque, la souscription à un abonnement mobile ou à un contrat d’assurance.

Pour les États, l’identité légale est donc bien un moyen d’inscrire le pays dans une dynamique de développement et de modernité. Connaître ses citoyens, à travers des données fiables et actualisées, ouvre la possibilité de mener des politiques publiques adaptées à la réalité du pays.

Une nouvelle vision pour l’identité : l’écosystème

Le défi de l’identité ne peut être adressé que par une approche holistique passant par des écosystèmes intégrés de gestion de l’identité. Il devient impératif de passer au-delà des solutions en silo et de concentrer nos efforts sur la gestion et la mise à jour de l’identité des individus depuis leur naissance jusqu’à leur mort, en connectant les registres fondateurs et les registres fonctionnels.

Une telle approche permettra de créer des synergies entre les registres et de faciliter la vie des citoyens. En effet, les diverses entités de l’Etat pourront, sous le contrôle du citoyen concerné, communiquer entre elles les informations dont elles ont besoin pour la bonne gestion des droits dudit citoyen.

IDEMIA a conçu la solution IDway, un écosystème de gestion de l’identité modulaire, pour répondre efficacement au besoin des gouvernements de fournir une identité légale à tous.

Jeune Afrique

Burundi: les jeunes filles bientôt privées d'école si elles tombent enceintes

Après l'interdiction de la mini-jupe, du défrisage des cheveux, du vernis à ongle dans les écoles, la ministre burundaise de l'Eduction s'attaque à un nouveau chantier dans le cadre de la moralisation de la société. Il y a une dizaine de jours, elle a sorti une circulaire qui interdit désormais aux jeunes filles enceintes de réintégrer leur école qu'elle soit publique ou privée (et du primaire au lycée) après la naissance de l'enfant. Une mesure qui suscite une levée de boucliers de la part de nombreuses ONG qui dénoncent un recul et une décision qui pénalise les victimes. Mais la directive serait venue, selon une information RFI, directement du chef de l'Etat.

L'injonction est venue du propre chef de cabinet du président burundais, selon une correspondance datée de fin mai et qui est parvenue à RFI. Il ordonne à la ministre de l'Education au nom du président Pierre Nkurunziza d'interdire désormais la réintégration dans les écoles publiques ou privées, primaire, collège ou lycée, d'une fille « victime de grossesse » « ou de la contraindre au mariage ». Cette mesure s'applique également « au garçon auteur de la grossesse ».

Seule possibilité qu'il leur est offerte pour assurer leur avenir : faire une école des métiers ou suivre une formation professionnelle. Message entendu, la ministre de l'Education Janvière Ndirahisha a repris quasi mot-à-mot il y a quelques jours l'injonction présidentielle dans une directive envoyée aux responsables de l'enseignement de toutes les provinces du pays pour qu'elle soit mise en application à la prochaine rentrée scolaire.

Mais la décision passe mal, d'autant plus que le sujet fait débat depuis des années au Burundi.

Les organisations de défense des enfants alertent depuis des années sur les chiffres « alarmants » de jeunes filles âgées de 12 à 18 ans du primaire et du secondaire qui tombent enceinte chaque année, environ 1700 rien que l'année passée. Le gouvernement s'en est même ému publiquement, à plusieurs reprises.
Plusieurs ONG locales sont donc montés au créneau pour demander au pouvoir burundais à revenir sur une mesure qui « sanctionne des victimes » et viole le droit international et national.

Mais silence radio du côté des autorités, la ministre de l'Education et son porte-parole refusent de s'exprimer sur le sujet.

RFI

RDC: l’ONU se penche sur les crimes commis dans le Kasaï

Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies s’est réuni mardi 3 juillet à Genève et parmi les dossiers examinés : la situation dans les Kasaï, en République Démocratique du Congo. Une réunion intervenue une semaine après la remise par des experts de l’ONU d’un rapport sur les crimes commis lors du cycle de violences et de répression entre 2016 et 2017, dont certains peuvent être qualifiés de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

Les experts des Nations unies le reconnaissent volontiers, leur rapport « n'est pas complet ». 5 mois d'enquête, 3 visites sur le terrain et quelque 500 témoins et victimes interrogés ne suffisent pas pour faire un tableau exhaustif des violences commises dans le Grand Kasaï pendant plus d'un an. L’objectif était seulement « de peindre de façon juste et neutre les phénomènes qui se sont produits, à grands traits », explique Luc Côté, l’un des auteurs du rapport.

Mais selon les experts, les crimes listés permettent de confirmer un niveau de violence extrêmement élevé dans le Kasaï et l'existence de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité commis par les forces armées de la République démocratique du Congo pour beaucoup, mais aussi par les milices, notamment les Kamuina Nsapu.

La volonté de nuire mais aussi un certain niveau d'organisation se retrouvent toutefois chez l'ensemble des auteurs de violence, affirment les experts. Ils citent pour exemple les opérations de porte-à-porte, véritable campagne de terreur, avec viols et pillages menés par l'armée. Et, du côté des Kamuina Nsapu, les centaines d'enfants recrutés de force, obligés de décapiter leurs victimes.

Des poursuites judiciaires qui se font attendre

Les experts disent avoir voulu constituer une base de données pour que le Congo puisse lancer des poursuites. Des poursuites qui tardent à se mettre en place, ont regretté de nombreux pays membres du Conseil des droits de l'homme aujourd'hui.

Les experts souhaitent à présent savoir « ce qui va être fait par les autorités congolaises pour améliorer l’efficacité, la capacité du système de justice en place, pour avoir des résultats ». Le Canadien Luc Côté, l'un des trois experts, espère donc que le Conseil des droits de l’homme de l’ONU se concentre sur la surveillance du suivi judiciaire au Congo, qu'il « regarde ce qui se passe au niveau de la justice ».

Car les poursuites tardent à se mettre en place, ont regretté de nombreux pays membres du conseil des droits de l'homme ce mardi.

Luc Côté, l'un des trois experts de l'ONU sur la situation dans la région du Kasaï
04-07-2018 - Par Léa-Lisa Westerhoff
00:00
02:27

Bacre Waly Ndiaye, le président de l'équipe d'experts internationaux signataires ud rapport, déplore lui aussi « le manque de progrès dans les procès judicaires en cours ». « Un problème d’impunité subsiste au regard de l’ampleur et de la gravité des crimes commis au Kasaï », juge-t-il. « Les informations recueillies par l’équipe montrent que les auteurs présumés des violations et crimes font rarement l’objet de poursuites judiciaires ».

C'est pourquoi les trois experts attribuent « une grande place aux recommandations judiciaires [...] pour que les auteurs et commanditaires des crimes odieux soient jugés ». Bacre Waly Ndiaye appelle également de ses vœux « un processus de justice transitionnelle visant à établie la vérité et à apporter réparation aux victimes afin d’assurer la réconciliation ».

« L’impunité est une pandémie en RDC »

Mais pour de nombreuses ONG, demander à la RDC d'entamer des poursuites est inutile. Jean-Mobert Nsenga, chercheur sur la RDC pour Amnesty International rappelle que « ce ne sont pas les premiers faits graves documentés en RDC ». Il juge que « l’impunité est une pandémie en RDC » et qu’en conséquence « répéter la même chanson » ne sert à rien, que « c’est quelque chose qu’on entend depuis vingt ans ».

Il demande à la communauté internationale de prendre ses responsabilités et de s’assurer que tous les auteurs de « violations graves des droits de l’Homme et les crimes internationaux, y compris au plus haut niveau de forces de sécurité et des autorités politiques, répondent de leurs actes ».

« Sur douze cas parmi les plus graves qui ont été documentés parmi les Nations unies, il y a eu seulement un début d’investigation et de procès dans deux cas. Et même dans ces deux cas, seulement des officiers de petit rang ont été condamnés. La Cour militaire n’a jamais regardé à travers la chaîne de commandement où se situaient d’éventuelles responsabilités », regrette le chercheur.

La ministre des droits de l’homme congolaise, Marie-Ange Mushobekwa, a reconnu la lenteur des procédures, notamment pour les deux experts de l’ONU tués, mais elle affirme que c’est pour mieux préparer le dossier d’instruction. D’après elle, la justice congolaise a besoin d’un peu de temps, mais elle promet que tous ceux qui se sont rendus coupables de crimes seront poursuivis.

Cette responsable politique a également demandé que le mandat des experts du Haut-commissariat aux droits de l’Homme soit prolongé d’un an, afin qu’ils puissent compléter leur enquête. Une résolution pour statuer sur cette demande doit être adoptée rapidement par les Etats membres.

RFI

Sécurité, culture et développement au cœur de la rencontre Buhari-Macron

Après son passage en Mauritanie, lors du 31e sommet de l'Union africaine, le président français Emmanuel Macron est arrivé ce mardi 3 juillet à Abuja, la capitale fédérale du Nigeria, où il a été reçu par son homologue nigérian Muhammadu Buhari. Puis il a surpris, en se rendant au night-club New Afrika Shrine, ouvert en 2000 par le fils du célèbre musicien Fela Kuti.

La longue discussion entre Muhammadu Buhari et Emmanuel Macron a été marquée par trois grands sujets. La lutte contre Boko Haram, d'abord. Dans la continuité de la politique menée par François Hollande, Emmanuel Macron va soutenir l'action de l'armée nigériane, notamment en matière de renseignement.

Ensuite, sur le plan du développement économique, l'Agence française de développement va engager 75 millions d'euros pour l'adduction d'eau à Kano, la grande ville du nord du pays. Elle va également engager 200 millions de dollars pour l'amélioration des transports urbains à Lagos, une mégalopole de 20 millions d'habitants.

Enfin, il a été question de développement culturel. A Lagos, Emmanuel Macron lancera l’organisation de la saison « Les Afrique/s en France », qui se tiendra dans l'Hexagone en 2020. Le Nigeria y sera à l'honneur avec ses musiciens, ses cinéastes ou encore ses créateurs de mode.« Une occasion pour retrouver des lieux qui m'ont beaucoup marqué »

Un choix affectif - c'est au Nigeria que M. Macron a effectué son stage de jeune énarque, il y a quinze ans -, mais surtout stratégique. Cela répond à l'agenda qu'il s'était fixé lors de son discours de Ouagadougou en novembre dernier. Pour rapprocher la France de l'Afrique, le président français déploie en effet une stratégie non seulement économique, mais également culturelle.

Mardi soir, à Lagos, Emmanuel Macron est monté sur la scène du Shrine, le temple musical de Fela Kuti, pour rendre hommage non seulement à la création musicale, mais aussi à l'industrie du cinéma, qui a créé quelque 300 000 emplois au Nigeria, soit presque autant que le pétrole. Et ainsi, illustrer sa stratégie.

« Je le dis sur le ton de la boutade, c'est une occasion pour retrouver des lieux qui m'ont beaucoup marqué. Ensuite, c'est aussi reconnaître pleinement le rôle que le Shrine a joué et joue dans l'histoire culturelle du Nigeria, mais aussi plus largement de l'Afrique », a confié le président français.« Ça n'a étonné personne quand je suis allé au Albert Hall »

« Le premier Shrine a été un lieu culturel, politique, extrêmement fort au moment de l'indépendance du Nigeria, et Fela Kuti a créé à lui seul un genre musical, mais a su créer aussi la présence et la vitalité d'une société civile contestataire », a rappelé Emmanuel Macron, y voyant « quelque chose d'assez unique en Afrique ».

« Le nouveau Shrine a été ensuite ouvert, un lieu de vitalité musicale, de créativité », a alors expliqué le chef de l'Etat français, visiblement ravi de retrouver les lieux qu'il avait fréquenté à ses 24 ans, en 2002, et s'amusant à exquiver la question d'une journaliste nigériane qui lui demandait des détails sur ses venues de l'époque. « Tout ce qui est arrivé au Shrine doit rester dans le Shrine », a-t-il plaisanté.

Nous, ça nous surprend qu'un président français aille au Shrine, mais ça n'a étonné personne quand je suis allé au Albert Hall, ou si j'allais au Met ou autre. Les grands lieux de la culture occidentale, ça n'étonne pas si un président y va, mais ça paraît absurde qu'on aille dans un lieu de grande culture africaine. C'est aussi ça que nous devons changer. »

■ Confidences sur le G5 Sahel

Lors de son étape à Abuja, M. Macron a tout de même parlé politique avec ses hôtes. Mais visiblement, ce n'était pas la priorité de sa visite. En revanche, plus tôt dans l'avion qui le menait de Nouakchott à Abuja, il s'est laissé aller à quelques confidences sur la stratégie à venir du G5 Sahel. La veille au soir, il avait rencontré les chefs des Etats de cette coalition contre le terrorisme au Sahel.

Après l'attentat mené vendredi dernier contre le quartier général du G5 Sahel à Sévaré, au centre du Mali, ces chefs d'Etat souhaitent provoquer un choc psychologique et remplacer tout le commandement de Sévaré. Selon Emmanuel Macron, le général Didier Dacko lui-même pourrait être remplacé.

Le président français a également dévoilé le calendrier opérationnel du G5 Sahel. Dans les trois mois qui viennent, la livraison des armes lourdes devrait être terminée d'ici la fin du mois d'août. Après la saison des pluies, en octobre, devraient commencer de nouvelles opérations antijihadistes, notamment sur le fuseau centre.

Par RFI

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