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Cameroun: l'épilogue d'une élection particulièrement commentée-Le président camerounais Paul Biya, rempile pour la 7 eme fois -35 ans au pouvoir- et Macky et l'Afrique Tchiiip

Jan 25, 2019
Cameroun: l'épilogue d'une élection particulièrement commentée-Le président camerounais Paul Biya, rempile pour la 7 eme fois -35 ans au pouvoir- et Macky et l'Afrique Tchiiip

 

Cameroun: cinq candidats accusent les médias publics de favoriser Paul Biya


a campagne officielle pour l'élection présidentielle du 7 octobre prochain démarre ce samedi au Cameroun. Et déjà cinq candidats d'opposition dénoncent dans un communiqué conjoint un « traitement biaisé et volontairement déséquilibré (... ) des activités des personnalités en course pour la présidentielle » par la CRTV, la Radio Télévision du Cameroun.


C'est une note interne de la CRTV datée du 12 septembre 2018 qui a fait déborder le vase. Selon le texte que RFI a pu consulter, le directeur de l'audiovisuel public camerounais a affecté treize équipes de reportage pour suivre les neuf candidats à l'élection présidentielle.


Chacun des huit candidats d'opposition a droit à une équipe contre cinq pour le président sortant et sa formation de campagne.


« Habituellement ils biaisent le temps d'antenne de chaque candidat, mais cette fois ils ont exagéré, s'insurge Jean-Robert Wafo, porte-parole de Joshua Osih, le candidat du Social Democratic Front (SDF). Un seul candidat a cinq équipes : une équipe qui lui est dédiée, une équipe qui est dédiée à sa majorité présidentielle, une équipe qui est dédiée à son directeur de campagne, une équipe qui est dédiée au président du Sénat qui lui est acquis et au candidat de l'Assemblée nationale qui lui est acquis. On n'a jamais vu ça au Cameroun ! »


Pour les cinq candidats d'opposition signataires du communiqué conjoint de protestation, cette partialité est « outrancière ».


« Nous demandons à la CRTV de redresser l'équilibre au niveau du traitement de l'information, que tout le monde soit logé à la même enseigne, qu'il soit affecté au candidat du RDPC une équipe de reportage avec le même nombre de reporters que pour tous les autres candidats, explique Paul Mahel, porte-parole d'Akere Muna, candidat du Mouvement Now !. Nous demandons que le temps d'antenne sur la télévision à capitaux publics soit le même pour tout le monde, que les tranches d'antenne qui sont consacrées aux candidats le soient pour tous les candidats au même niveau, faute de quoi nous allons non seulement boycotter la CRTV, mais nous allons également récuser les équipes de campagne qu'ils mettront à notre disposition. »
Selon une étude d'audience Médiamétrie, la CRTV et la chaîne privée Canal 2 sont les deux chaînes les plus regardées du Cameroun.
Joint par RFI, le directeur de la CRTV, Charles Ndongo, n'a pas donné suite à nos appels.
Lisons ceci au sujet du principal opposant
«Présidentielle au Cameroun: Joshua Osih, candidat du Social Democratic Front (SDF)
Par Christophe Boisbouvier
Diffusion : mercredi 19 septembre 2018

Joshua Osih, le nouveau candidat du SDF. Joshua Osih/Wikimedia/CC
Il est l'un des favoris à la présidentielle du 7 octobre au Cameroun. Logique, Joshua Osih est le candidat du Social Democratic Front, SDF, le premier parti d'opposition à l'Assemblée nationale. Joshua Osih, 49 ans, reprend le flambeau laissé par l'opposant historique John Fru Ndi et annonce que, s'il est élu, le salaire minimum sera multiplié par cinq. N'est ce pas une promesse démagogique ? En ligne de Yaoundé, le député Joshua Osih est notre invité.


Vous êtes neuf candidats à cette élection, pourquoi pensez-vous être le mieux placé ?
Je suis issu d'une formation politique, qui a une certaine expérience, je suis passé par des primaires et un congrès électif. Il n'y a que deux candidats qui ont une expérience élective et politique dans cette élection, c'est le président sortant Paul Biya et moi-même et je pense que mon expérience au niveau de l'Assemblée nationale, au niveau communal et en entreprise me permet de penser que je suis le mieux placé ou le mieux outillé pour diriger le Cameroun après cette élection.
»

La suite logique à méditer

Par RFI Publié le 23-10-2018 Modifié le 23-10-2018 à 19:27
Paul Biya, 85 ans, a été officiellement réélu pour un septième mandat au Cameroun lundi 22 octobre. Depuis hier, la victoire du président octogénaire est officielle. Les scores - 71% des voix pour le président, 14% pour le premier opposant Maurice Kamto, 6% pour Cabral Libii, 3% pour Joshua Osih - sont définitifs. Revue de presse camerounaise et réactions internationales.


L'Anecdote, un journal proche du pouvoir, présente à sa Une Paul Biya sous son meilleur jour et le qualifie comme un « indomptable », en référence à l'équipe fanion de football du Cameroun.
La Voix du Centre constate qu'avec cette victoire, Paul Biya sera au pouvoir jusqu'à ses 92 ans et culminera 43 ans de règne sans discontinuer, tout simplement inédit.


Le quotidien Mutations relève, pour sa part, que malgré un pourcentage plus que confortable de plus de 111 %, Paul Biya perd dans la région du Littoral, dans la grande cité portuaire de Douala et s'en tire de peu dans la capitale Yaoundé. Le confrère souligne surtout que près de la moitié du corps électoral n'a pas voté. Conclusion pour Mutations : cette victoire a un goût de défaite.
Le Messager, un quotidien très critique vis-à-vis du pouvoir, estime qu'on est reparti pour un septennat où prospéreront la corruption, l'enfumage et la politique des slogans creux face à un peuple impuissant.
« Maurice Kamto, moi ou le chaos », annonce pour sa part l'hebdomadaire Politica, qui juge le candidat du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de mégalomaniaque.
La presse anglophone analyse, quant à elle, les codes de l'échec du SDF dont le candidat Joshua Osih n'a pu faire mieux que quatrième, alors que ce parti depuis sa création a toujours été leader de l'opposition camerounaise.
→ RELIRE : Fred Eboko (IRD): «Le système politique est verrouillé» au Cameroun


Des débats enflammés sur Internet


L'une des nouveautés de cette présidentielle au Cameroun, c'est cette dynamique sur les réseaux sociaux. Ils ont été très utilisés pendant la campagne et même après l'annonce des résultats.
Le débat est même très enflammé sur Internet. Sur sa page Facebook, l'écrivain Eric Essono Tsimi raille assez durement la vidéo de Maurice Kamto diffusée hier sur les réseaux sociaux. Un « baroud d'honneur ridicule », estime-t-il, ou encore « l'énergie du désespoir ». Et osant une comparaison avec un pays voisin, le Gabon, l'écrivain relève que « Jean Ping avait eu bien plus de succès internationaux » et que malgré tout il n'est arrivé à rien.


Un chef d'entreprise ayant pignon sur rue à Douala dénonce selon ses termes « l'arrogance régnante et exultante » et invite à « ne jamais insulter l'avenir ». Thierry Gervais Gango, un journaliste, prend le contre-pied de l'écrivain Eric Essono Tsimi et estime que son texte « souffre de trop de passion et s'acharne de manière inutile sur une figure de l'opposition dont le travail devrait consister par toutes les saisons à essayer d'être en contre-pouvoir ».


Autre sortie qui est abondamment commentée sur les réseaux sociaux, c'est celle de Cabral Libii sur une radio internationale, où il a laissé entendre qu'il n'était a priori pas contre l'idée de travailler avec le vainqueur déclaré de ces élections, en l'occurrence le président Biya. Beaucoup estiment qu'il fait acte de trahison envers le peuple, ce qui a obligé Cabral Libii à repréciser le sens de cette sortie, indiquant que les confrères n'avaient pas diffusé tout son propos et avaient délibérément détourné la compréhension de son message.
Mais de manière plus globale, beaucoup d'intervenants estiment qu'il est temps de tourner la page, que cette élection présidentielle aura été très tendue et aura autant passionné que divisé l'opinion comme jamais auparavant.


→ RELIRE : Elections au Cameroun : les leçons du scrutin
Il manquait dans les réactions d'après-résultats celle du candidat du SDF, Joshua Osih. Il dit « prendre acte » de la proclamation des résultats de la présidentielle malgré, écrit-il, « toutes les preuves d'irrégularités ». Joshua Ossi dénonce également « une volonté manifeste de marginaliser les populations des régions du nord-ouest et du sud-ouest » ; il promet de s'engager pour aider à trouver une issue à la guerre en zone anglophone. « Nous avons, poursuit-il, une honte nationale à effacer ».
Chers ami(es),


À la suite de la proclamation des résultats de l'élection présidentielle du 7 octobre, retrouvez ici mon sentiment profond quant à ce scrutin et l'avenir de notre pays. #Etoudi2018 #Cameroon #Cameroun pic.twitter.com/OheJ0x8SuZ


Joshua Osih (@JoshuaOsih) 23 octobre 2018
Réactions internationales


Paris salue une élection qui s'est, selon les mots du Quai d'Orsay, « globalement déroulée dans le calme ». La France dit néanmoins regretter que « de nombreux Camerounais n'aient pu exprimer leur choix, notamment dans le nord-ouest et le sud-ouest du pays ».
#Cameroun


Le Conseil constitutionnel camerounais a proclamé la réélection du Président @PR_Paul_Biya lors du scrutin présidentiel du 7 octobre dernier. La France adresse ses vœux de réussite au Président Biya pour ce nouveau mandat.


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