Economie

SAMIR AMIN SUR LA PENSEE MARXISTE DU CAPITALISME : «COMPRENDRE LE CAPITALISME CONTEMPORAIN IMPLIQUE UN SURSAUT DU ‘’CAPITAL’’ MARXISTE»

L’économiste de politique du développement, le professeur Samir Amin, estime que le sous-développement n’est que la conséquence de l’ajustement des pays de la Périphérie aux besoins d’accumulation de ceux du Centre. Ce précepte est le fruit d’une théorie économique néoclassique. Il animait une conférence publique sur le 150e anniversaire de la publication du «Capital» de Karl Marx, samedi dernier, à Dakar, dans le cadre des activités mensuelles de l’Arcade.

Samir Amin, éminent penseur critique et un convaincu de l’idéologie du capitalisme marxiste s’est donné le privilège de revisiter l’œuvre de Karl Marx. Dans l’analyse de la pensée marxiste, ce brillant professeur économiste égyptien dira: «lire l’œuvre de Karl Marx, le «Capital» est essentiel et nécessaire pour comprendre ce qu’il y a de fondamental et d’essentiel dans le capitalisme, mais insuffisant pour dépasser les lectures ou les tentatives de compréhension des réalistes empiristes de la réalité capitaliste. Ce qui implique un sursaut de la lecture du ‘’Capital’’ pour lire et comprendre le capitalisme contemporain», indique l’agrégé en Sciences économiques vivant au Sénégal. C’était samedi dernier, à Dakar,  à l’occasion de la célébration du 150e anniversaire de la publication du ‘’Capital’’ de Karl Marx, vers le milieu de l’année 1867, l’un des tournants de l’histoire de l’Humanité. Une conférence publique qui rentre dans le cadre des débats économiques mensuels dénommés «Samedi de l’économie», organisés par l’Africaine de recherche et de coopération pour l’appui au développement endogène (Arcade), en partenariat avec la Fondation Rosa Luxembourg. 

«LE CAPITALISME CONTEMPORAIN EST D’ABORD ET AVANT TOUT UN CAPITALISME D’OLIGOPOLES»

Pour ce professeur d’économie politique du développement, l’un des éminents penseurs qui ont annoncé la fin du capitalisme depuis plus de 60 ans a été toujours aux avant-postes pour déconstruire les théories néoclassiques sur le développement. Lesquelles théories utilisent abondamment les mathématiques, rendant ainsi souvent difficile la compréhension et, surtout, l’évaluation de la portée économique. Déployé à l’échelle mondiale comme le seul et l’unique système capitaliste, Samir Amin réprouve et affirme que ce qu’on appelle  «sous-développement» n’est que la conséquence de l’ajustement des pays de la Périphérie aux besoins d’accumulation de ceux du Centre. Cette théorie économique néoclassique mondiale l’amena à la déconstruction et au discrédit de cette idéologie du développement. 

Selon le professeur, «le capitalisme contemporain est d’abord et avant tout un capitalisme d’oligopoles au sens plein du terme. En clair, ce qu’il n’était qu’en partie jusqu’ici. J’entends, par là, que les oligopoles commandent seuls la reproduction du système productif dans son ensemble. Ils sont ‘’financiarisés‘’ dans le sens qu’eux seuls ont accès au marché des capitaux. Cette financiarisation donne au marché monétaire et financier - leur marché, celui sur lequel ils se concurrencent entre eux - le statut de marché dominant, qui façonne et commande à son tour les marchés du travail et d’échange de produits», a-t-il dit.

VIOLENCE DE LA CONCURRENCE ENTRE PUISSANCES IMPERIALISTES OU «GUERRE DE TRENTE ANS»

Ainsi pour Samir Amin, «cette financiarisation mondialisée s’exprime par une transformation de la classe bourgeoise dirigeante, devenue ploutocratie rentière. Les oligarques ne sont pas russes seulement, comme on le dit trop souvent, mais bien davantage étatsuniens, européens et japonais. Le déclin de la démocratie est le produit inévitable de cette concentration du pouvoir au bénéfice exclusif des oligopoles», développe-t-il. Et de relever que «les monopoles qui émergent, en réponse à la première crise du taux de profit, se sont constitués sur des bases qui ont renforcé la violence de la concurrence entre les puissances impérialistes majeures de l’époque, et conduit au grand conflit armé amorcé en 1914 et poursuivi à travers la paix de Versailles puis la seconde guerre jusqu’en 1945. Ce que Arrighi, Frank, Wallerstein et moi même avons qualifié, dès les années 1970 de «guerre de trente ans», terme repris depuis par d’autres», a-t-il rappelé entre autres, questions abordés.

SudOnline

Les points noirs des économies africaines par Frédéric Maury- in jeuneafrique

 

Vue du centre ville de Kigali depuis Ruhango. © Vincent Fournier/JA


Frédéric Maury est responsable du pôle "économie" de Jeune Afrique. Spécialiste de la finance, il co-anime également "le grand invité de l'économie RFI-JA" et conseille l'émission "Réussite".

Malgré le ralentissement de ces dernières années, la longue décennie de croissance qu'a connue l'Afrique après le tournant du millénaire lui aura permis de rattraper une partie du retard des vingt années précédentes et peut-être même d'engranger quelques réelles avancées économiques.


Croissance : qu'avons-nous fait de nos quinze glorieuses
• Croissance : qu'avons-nous fait de nos quinze glorieuses ?


• D'indéniables progrès : le retour des stratégies de développement


Pour comprendre pourquoi elle n'a toutefois pas permis de changer radicalement la donne pour un continent qui continue d'héberger l'immense majorité de la pauvreté mondiale, deux éléments ne doivent pas être négligés. Le premier tient à la démographie. L'Afrique ne suit en effet pas à la lettre le schéma classique : si la mortalité infantile et maternelle a énormément chuté en vingt ans, la réduction de la fécondité – amorcée depuis un moment déjà – reste très lente.


Même en zone urbaine, où certains annoncent une inflexion, le taux d'enfants par femme reste deux à trois fois plus élevé qu'ailleurs. Comment s'étonner alors que la croissance, qui plus est relativement pauvre en emplois de masse, se soit révélée insuffisante pour réduire de manière considérable l'extrême pauvreté ?
L'autre élément frappant, et lui aussi insuffisamment commenté, est l'absence d'émergence de véritables locomotives économiques africaines, capables à la fois de sortir leurs populations de la pauvreté, d'entraîner les pays voisins dans leur sillage et de changer durablement le regard du reste du monde (notamment des investisseurs) sur le continent. Si l'influence de la Chine sur la croissance mondiale a largement été commentée, on oublie souvent l'impact direct de ce pays sur ses voisins régionaux. Des pays comme Taïwan, la Malaisie, le Vietnam, la Thaïlande ou la Corée du Sud ont ¬largement bénéficié de cet effet d'entraînement et de proximité. Sans parler des hubs régionaux comme Singapour...


En Afrique, le bilan est loin d'être satisfaisant. Les pays les plus dynamiques et les plus stratèges comme l'Éthiopie et le Rwanda, souvent cités en exemple, restent pauvres et économiquement marginaux.


Quant aux plus grandes économies du continent – le Maroc, l'Algérie, le Nigeria, l'Afrique du Sud, l'Égypte –, elles ont péché à plus d'un titre : certaines ont trop tardé à se diversifier, d'autres ont connu une croissance très insuffisante. Leurs difficultés économiques récentes doivent pour tous être un facteur supplémentaire d'inquiétude, car l'Afrique n'émergera pas sans au moins une puissance de stature mondiale par région...
Frédéric Maury

La start-up africaine de la semaine : une tablette électronique conçue pour les boutiquiers dakarois/Sénégal

 

Une petite boutique de la capitale sénégalaise. © Photo mise à disposition par Weebi.


À Dakar, Weebi ("simple" en pulaar) propose aux petits commerçants de remiser leur antique livre de compte au placard pour le remplacer par une tablette électronique. À la clé : la simplification de la gestion mais aussi la collecte des données sur les échanges réalisées quotidiennement dans la capitale sénégalaise.


Amadou est commerçant à Dakar et comme beaucoup de ses collègues, il fait crédit à ses clients avant de consigner minutieusement sur un gros livre de comptes les créances des uns et des autres. Jusqu'à ce que... catastrophe !
Une bouteille d'huile se renverse sur le livre de comptes, ruinant les ventes minutieusement recensées par Amadou depuis des années. C'est ici qu'intervient Weebi, une ardoise digitale — dans les faits une tablette — destinée aux petits commerçants de Dakar et conçue pour éviter ce genre d'écueil.
Voici pour l'elevator speech, ce discours simple et concis de l'entrepreneur dont la jeune société a fait un argument de vente. En stage en 2013 au département du Bureau international du travail à Dakar, Pierre Gancel, diplômé de Sciences Po Bordeaux, se rend compte de la rareté des données disponibles sur les habitudes d'achats de la capitale sénégalaise, tout particulièrement sur les cosmétiques ou les petits commerces alimentaires.


La data s'invite chez les boutiquiers


Un frein pour les investisseurs qui ne disposent pas de données suffisantes sur le marché. La faute à un antique système immémorial de livres de comptes. « On peine à s'en rendre compte en France, mais à Dakar tout repose sur la confiance, il est fréquent que des restaurants ou des boutiques fassent crédit », raconte ainsi Pierre Gancel.
Alors avec d'autres camarades, deux Sénégalais et un Togolais, il lance Weebi, « simple » ou « facile » en pulaar, la langue des commerçants peuls de Dakar, qui sont très souvent d'origine guinéenne. Un crédo qui sera bientôt complété par un slogan destiné à rassurer les commerçants : « Weebi na tidi », « simple et robuste ». Cheikh Sene le commercial, Kande Diaby le statisticien et Dadja Bassou le développeur formeront le reste du bataillon.

Après la création de la société en décembre 2015, les premiers prototypes voient le jour en juillet dernier. L'offre premium, la plus complète, qui comprend application, tablette et imprimante, court jusqu'à 149 000 francs CFA (230 euros). Mais le produit de base s'avère plus accessible pour le commerçant dakarois : 55 000 francs CFA pour l'application sur smartphone. Le tout fourni avec une imprimante thermique, c'est-à-dire sans encre. « Tout pour se débarrasser du stylo et du papier », explique Pierre Gancel.


Souvent, explique le jeune homme, les clients font le choix d'acheter une tablette attachée à socle antivol. Les associés peuvent compter sur les jeunes Sénégalais de Dakar très à l'aise avec les outils numériques et actifs sur les réseaux sociaux et plus enthousiastes devant une tablette que devant un livre de comptes. Jusqu'ici, une cinquantaine de commerçants se sont déjà laissés tenter. Les jeunes créateurs de Weebi visent désormais le palier des 300 boutiques clientes.


Collecte de données


S'ils se financent jusqu'ici sur leurs deniers personnels et leurs économies, la société se laisse un an pour valider la rentabilité de son modèle. En attendant, Weebi est déjà nommé dans plusieurs concours et regarde désormais du côté de l'USAID, l'agence de développement américaine, plutôt que vers les organismes français. Quoique récemment l'AFD a décidé d'investir 1,7 million d'euros dans les incubateurs de start-up en Afrique.
Derrière le besoin d'offrir un outil simple et accessible, Pierre Gancel ne perd pas de vue son objectif de départ : la collecte de données sur les habitudes d'achats et les commerçants, qu'il entend patiemment recueillir puis anonymiser. Avec l'ambition à terme de les mettre à disposition des chercheurs ou des investisseurs.


Julien Vallet

http://www.jeuneafrique.com/

Start-up : ce que le documentaire « Afropreneur » dit de l’entrepreneuriat en Afrique    Lors de l'avant-première du documentaire à Paris. © SND Pics / Avec l'autorisation de l'auteur Produit grâce à un financement participatif en 2015, le court-métr

 

Lors de l'avant-première du documentaire à Paris. © SND Pics / Avec l'autorisation de l'auteur


Produit grâce à un financement participatif en 2015, le court-métrage donne la parole à une cinquantaine d'entrepreneurs africains. Il viennent du Sénégal, de la Côte d'Ivoire, du Mali, du Togo, du Cameroun, du Bénin et du Congo-Brazza.


« Je connais des sociétés qui ont ouvert le lundi et fermé le vendredi », témoigne Christian Roland, le directeur d'Alpha Omega Services, un groupe de communication qu'il a fondé en Côte d'Ivoire après une première vie professionnelle sur le web.
Christian Roland est l'un des 50 entrepreneurs africains interrogés par les réalisateurs d'un documentaire paru sur le sujet en fin d'année. Ces « Afropreneurs » ont été interviewés aux quatre coins de l'Afrique de l'Ouest par un groupe de jeunes technophiles regroupés autour de Got'liebe Bataba, ingénieur IT et fondateur de TechOfAfrica, un site Internet créée mi-2013 pour présenter les différentes initiatives des acteurs africains du numérique.


Les mêmes difficultés


Dans ce documentaire, on retrouve des visages connus. Celui de Rebecca Enonchong par exemple, la directrice d'AppsTech, une société spécialisée dans les logiciels de gestion d'entreprise et présente dans une cinquantaine de pays sur trois continents. Ou ceux de Cina Lawson, la ministre des Postes et de l'Économie numérique du Togo, et d' Édith Brou, blogueuse ivoirienne.


De Dakar à Brazzaville, tous racontent les mêmes obstacles sur leur route. Les vicissitudes ne sont pas neuves, bien au contraire : le manque de compétences disponibles − par exemple celles très coûteuses des développeurs informatiques −, l'accès au crédit, le déficit d'infrastructures et d'énergie, la lourdeur des administrations...


L'optimisme et le sens des responsabilités dont témoignent néanmoins les « Afropreneurs » est visible tout au long du film, présenté en avant-première à Paris fin novembre. Tous croient dur comme aux vertus sociales de l'entrepreneuriat et à la possibilité de répliquer les booms nigérian et kényan en Afrique francophone.
Pari sur le leapfrogging africain
« Plus de personnes pourront se connecter, mieux ce sera », dit par exemple en substance Laurent Liautaud, le fondateur de la plateforme d'e-commerce Niokobok.

Sur le financement, la voie du capital-investissement n'est pas la seule à devoir être explorée, appuie Omar Cissé, pourtant le patron d'un des rares véhicules d'investissement existant en Afrique francophone : Teranga Capital. Il cible les jeunes sociétés encore peu développées.
Tous parient sur un leapfrogging africain — théorie économique qui veut que des pays en développement puissent sauter certaines étapes de développement connus par les pays riches — d'ici 2030.


Une projection rapatriée à Paris à la dernière minute


Le meilleur des exemples des obstacles à l'entrepreneuriat est sans doute la mésaventure qui est arrivée aux réalisateurs du film eux-mêmes. Ceux-ci ont réussi à produire leur film via un financement participatif bouclé en août 2015 − auquel Jeune Afrique avait apporté son soutien −. La première projection, qui devait initialement avoir lieu à Abidjan, a été rapatriée en dernière minute dans la capitale française, ce qui n'a pas manqué de susciter quelques critiques des spectateurs venus nombreux pour l'occasion. Le jour de la projection initiale, dans la capitale ivoirienne, la salle qui devait accueillir la séance n'avait pas été réservée et rien n'était prêt. La faute à un contact local peu fiable.


Benjamin Polle

http://www.jeuneafrique.com/

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