Filtrer les éléments par date : lundi, 18 juin 2018

Aux Etats-Unis, le Congrès doit se pencher cette semaine sur deux textes de loi concernant la politique migratoire. Depuis l’élection de Donald Trump, le pays applique une politique beaucoup plus sévère envers ceux qui passent la frontière clandestinement. La police de l’immigration est encore plus stricte depuis qu’une « tolérance zéro » a été décrétée le mois dernier. Mais les images d’enfants séparés de leur famille pour être placés dans des centres d’accueils, et les chiffres éloquents confirmant le phénomène choquent une partie de l’opinion. Ce dimanche 17 juin, même la première dame, Melania Trump est entrée dans le débat en disant elle aussi « détester » cette situation.

Avec notre correspondant à New York,Grégoire Pourtier

L’intrusion de Melania Trump dans le débat public sur l’immigration a surpris car la première dame ne s’était encore jamais positionnée ainsi, et surtout pas pour dénoncer, même a minima, une politique vantée par le président. Est-ce une prise de distance morale avec son mari, avec qui elle ne partagerait déjà plus beaucoup de temps ?

Cela pourrait tout aussi bien être une opération de communication pour convaincre que, comme elle le souhaite, la Maison Blanche gouverne finalement « avec cœur », et que c’est plutôt le Congrès qui est à blâmer. Melania Trump espère ainsi que les « élus des deux camps pourront enfin tomber d’accord pour faire aboutir une réforme réussie de l’immigration ».

C’est aussi ce que dit Kelyanne Conway. Montée au front ce dimanche, la fidèle conseillère du président a une nouvelle fois manié l’ambiguïté qui, là encore pourrait traduire une forme de malaise à la Maison Blanche autant qu’une stratégie élaborée. « En tant que mère, en tant que catholique, en tant que personne qui a une conscience, je peux vous dire que personne n’aime cette politique. Vous avez vu le président à la télévision, il veut y mettre fin, a-t-elle déclaré. Mais il existe une loi depuis longtemps, qui dit que c’est un crime d’entrer illégalement dans ce pays. Alors s’ils n’aiment pas cette loi, il faut la changer. »

Ne serait-ce pas là le cœur de la stratégie de la Maison Blanche ? Rendre la situation insupportable pour forcer les républicains modérés sur la question à voter dès cette semaine un texte dur sur l’immigration. En échange de la fin des séparations forcées et systématiques entre les jeunes migrants et leurs proches, certains pourraient en effet se résoudre à limiter les conditions du regroupement familial ou à financer la construction d’un mur à la frontière.

REUTERS/Carlos Barria

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Ancien entraîneur notamment au Maroc, en Tunisie et sélectionneur de la RDC, de la Guinée et de la Mauritanie, le technicien français Patrice Neveu jette un œil aiguisé sur le Mondial 2018 en Russie. Il explique pour RFI les enjeux et le rôle du capitaine.

Un leader naturel qui se dégage de l’équipe: c’est selon moi la définition du capitaine. Ce n’est pas forcément un joueur supérieur aux autres comme l’était Zinédine Zidane pour la France.

Le capitaine, c’est avant tout celui qui comprend les consignes et qui est capable de les transmettre. Il doit aussi être très rigoureux. Quand il y a 70 000 personnes dans les tribunes, le coach n’arrive pas forcément à être entendu, le capitaine est là pour orchestrer. Il a une relation privilégiée avec toi. Il est forcément fidèle à tes idées, même si les discussions sont possibles. Mais à aucun moment il ne peut aller dans un autre sens. C’est primordial.

Le capitaine est aussi le leader dans la vie commune de l’équipe, hors du terrain. Souvent, on discute en tête à tête avec lui pour savoir comment les choses se passent dans le groupe. Son rôle est aussi d’être source de proposition sur des choix, même si c’est toujours le coach qui décide. Il peut avancer des propositions sur les choix tactiques et la composition de l’équipe car il est à l’intérieur du groupe. Il perçoit parfois certaines choses qui peuvent t’échapper. Il est capable d’indiquer et d’analyser le ressenti, l’état de fatigue du groupe, à l’issue d’une rencontre. Tout cela dans la confidence. Cristiano Ronaldo m’épate comme joueur, mais encore  plus comme capitaine avec le Portugal. Il est impliqué d’une façon incroyable. On voit qu’il ne le fait pas uniquement avec le ballon, mais aussi avec la parole. Il inscrit un triplé et il remercie le collectif. S'il est déterminant comme joueur, il est aussi très à cheval sur le collectif. Il pousse son groupe.

En Afrique, un capitaine doit être d’une fidélité irréprochable. Tout le monde sait que les pressions extérieures à l’équipe sont fortes. Il ne doit pas se laisser influencer ou intimider. Dans le choix, cela doit être un homme intègre et crédible.

Le capitaine est aussi là pour temporiser en cas de tension entre un joueur et le coach. Son rôle est extrêmement important. Il n’est pas choisi par les partenaires mais uniquement par le coach. La France a été championne du monde en 1998 et elle le doit en partie grâce à son capitaine exemplaire Didier Deschamps.  

RFI

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Il a fait partie de la belle épopée du Sénégal à la Coupe du monde 2002, avec un parcours historique jusqu’en quarts de finale. Aujourd’hui, Ferdinand Coly, latéral droit titulaire lors de ce Mondial, revient sur ses souvenirs de 2002 avec notamment le match d’ouverture contre la France et parle de la nouvelle génération de Lions guidée par Sadio Mané.

RFI: Ferdinand Coly, 16 ans après ce 31 mai 2002 où le Sénégal bat la France (1-0) en match d’ouverture de la Coupe du monde, que reste--til de cette journée ?

Ferdinand Coly: Il reste énormément de souvenirs. Jouer un match de Coupe du monde, en match d’ouverture, contre le champion du monde et champion d’Europe, la France, c’est beaucoup de symboles en même temps. Et forcément quand tu gagnes, c’est incroyable et inoubliable. On connaît l’histoire de la France avec l’Afrique et particulièrement le Sénégal, il y avait tellement de symboles qui nous liaient, et qui nous lient, que ce match, clin d’œil à l’histoire, restera un souvenir à vie.

Si vous ne devez garder qu'une seule image de ce match, ce serait laquelle ?

Il y en a tellement que c’est difficile d’en choisir une en particulier. Je me rappelle d’une chose hallucinante quand même : sur le coup d’envoi du match, quand l’arbitre a sifflé, il y a eu un nombre impressionnant de flashs d’appareils photo dans tout le stade. Tous ces crépitements dans ce stade magnifique, c’était magique. C’est une image qui reste.

Qu’est-ce qui faisait la force de votre génération ?

Cette génération a eu un déclic avant la Coupe du monde. Il y a eu la campagne de qualification à la CAN 2002 et au Mondial où l'on a eu le temps d’avoir des certitudes sur nos capacités techniques, physiques et surtout mentales. On a joué une finale de Coupe d’Afrique, la seule de l’histoire du Sénégal, qu’on perd face au Cameroun aux tirs au but (0-0), ça forge le mental. On élimine des équipes comme l’Egypte, l’Algérie et le Maroc en éliminatoires de la Coupe du monde, ça nous rassurait et cela nous a permis de parfaire notre cohésion avant d’arriver au Mondial, même si le niveau était tout autre, on était sûr de notre force.

Aujourd’hui, une deuxième génération s'est qualifiée pour une deuxième Coupe du monde, est-ce que vous voyez des similitudes avec la vôtre ?

Je ne veux pas me lancer dans des comparaisons. Ce n’est pas pareil. Seize ans après, le football a évolué et, eux, ils ont créé leur propre histoire. Nous, nous avons la nôtre. L’essentiel, c’est que cette génération a réussi à qualifier le Sénégal pour une deuxième Coupe du monde, c’est aussi exceptionnel, c’est ce qu’il faut retenir.

« Mané, c’est le joueur majeur. Il est là pour tirer l’équipe vers le haut »

C’est Aliou Cissé, l’ancien capitaine de votre génération, qui a qualifié, en tant que sélectionneur, le Sénégal à son deuxième Mondial. C’est tout sauf un hasard…

C’est sûr que ce n’est pas un hasard. Aliou Cissé est entouré de trois autres joueurs de la génération 2002 (Ndlr : Omar Daf, adjoint, Tony Silva, entraîneur des gardiens, et Lamine Diatta, coordinateur). Ils connaissent l’exigence du haut niveau et les réalités africaines. En plus, le tirage était plutôt clément avec le Burkina, le Cap-Vert et l’Afrique du Sud. Oui, c’est un clin d’œil, l’histoire qui se répète avec l’apport de la génération 2002 dans cette qualification.

Vous pensez que cette génération est bien armée pour faire aussi bien, sinon mieux, que vous ?

Mieux ? On parle d’une demi-finale de Coupe du monde quand même. Jamais une équipe africaine ne l’a fait. Je pense qu’il ne faut pas se mettre la pression, mais il ne faut pas non plus manquer d’ambition. Il faut y aller avec certaines valeurs d’engagement, de détermination et essayer d’abord de franchir le premier tour. Après, tout est possible, à condition de jouer, de combattre et d’évoluer en groupe.

En 2002, vous aviez El Hadji Diouf qui cristallisait un peu les espoirs du Sénégal. Vous voyez Sadio Mané comme le « Diouf » de cette génération ?

Forcément, Mané, c’est le joueur majeur de l’équipe. Il est là pour tirer l’équipe vers le haut. Il a la lourde charge d’amener ce petit plus de génie qui fera la différence, mais il ne faut pas lui mettre trop de pression. C’est un talent qui devra être au service du groupe.

RFI Ndiasse Sambe

 

 

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Le président de la République, Macky Sall, a pris la décision d’ouvrir le Comité orientation stratégie du Pétrole et du Gaz (Cos-Petrogaz) à des forces nouvelles, dont la société civile. Une ouverture qui doit, toutefois, s’adosser à la mise en place de garde-fous, à savoir un Code d’éthique, afin d’éviter que certaines choses se retrouvent malencontreusement sur la place publique, selon le chef de l’Etat. Cependant, si certains membres de la société civile, en l’occurrence Ababacar Fall du Gradec, Babacar Ba du Forum du justiciable, ou encore Birahim Seck du Forum civil, applaudissent la mesure d’intégrer ses représentants dans cet organe de pilotage stratégique, il n’en demeure pas moins qu’ils posent des préalables, ou même, émettent des réserves sur cette décision de poser un code de conduite pour les membres de cette entité.
 

BABACAR BA, PRÉSIDENT DU FORUM DU JUSTICIABLE : «Le Code d’éthique limite  la liberté de ton des membres de la société civile»

Nous saluons cette décision du président de la République d’ouvrir le Cos-Petrogaz à la société civile. Nous avons toujours estimé que la société civile devait intégrer cette structure. C’est une vieille doléance de la société civile. Nous félicitons donc le président de la République qui a formulé ce souhait. Cependant, le seul problème qui nous dérange, dans cette annonce du chef de l’Etat, c’est qu’il a posé une condition selon laquelle les représentants de la société civile seront soumis à un code d’éthique. Moi, je pense que cette condition limiterait la liberté de ton des membres de la société civile qui seront appelés à siéger au sein de cette structure. C’est comme si on cherchait à réduire la société civile à sa plus simple expression. Le rôle de la société civile, c’est de dénoncer et ça ne sert à rien qu’on ait au sein du Cos-Petrogaz des représentants de la société civile qui ne puissent pas garder leur liberté de ton ou encore ne soient pas libres de tous leurs mouvements.

La condition du chef de l’Etat est inutile et constitue une raison valable pour que la société civile refuse d’intégrer le Cos-Petrogaz. Tant que le président de la République n’a pas levé cette condition, la société civile doit donc refuser d’intégrer Cos-Petrogaz pour ne pas être de simples figurants appelés à cautionner toutes les décisions qui seront prises au sein de cette structure. Si la société civile doit intégrer le Cos-Petrogaz, il est important que le peuple sénégalais sache demain de quelle société civile il s’agit. Est-ce que c’est une société civile dont la liberté a été réduite ou une société civile qui est libre qui sait dire non quand il faut et qui va régulièrement informer le peuple sénégalais de tout ce qui se passera au sein de Cos-Petrogaz. Nous dénoncions donc avec la plus grande fermeté la condition posée par le chef de l’Etat».

ABABACAR FALL DU GRADEC : «La présence de  la société civile doit  se faire de manière démocratique»

La société civile ne peut que se féliciter d’une telle décision du président de la République car nous estimons que, sur toutes les questions relatives à la gouvernance de manière générale, qu’elle soit politique, économique ou sociale, la société civile doit être au cœur du débat, afin de prévenir les dérives ou la politisation. Sous ce rapport, l’exploitation et la répartition de ces importantes richesses qui appartiennent au peuple et qui concernent les générations actuelles et futures doivent être traitées dans la plus grande transparence surtout que, depuis l’annonce de leurs découvertes, le pays bruit de toutes sortes de rumeurs sur l’attribution des licences d’exploitation ou la signature des contrats pétroliers.

La présence de la société civile en tant que sentinelle devant jouer un rôle de veille et d’alerte doit être une évidence; elle est déjà présente au niveau de l’ITIE. Maintenant, il faut qu’elle se fasse de manière démocratique car tout le monde aime se réclamer de la société civile alors même qu’à ce niveau, il y a lieu de se poser des questions. Il faudra laisser à la société civile, à travers ses cadres d’organisation, le soin de choisir ses représentants. Je pense que, même les centrales syndicales des travailleurs et du patronat qui participent à la création des richesses doivent y être associés si ce n’est pas le cas».

BIRAHIM SECK, FORUM CIVIL : «La nécessité, c’est la présence de la société civile sur toute la chaine de contractualisation»

Pour moi, l’enjeu n’est pas uniquement la présence de la société civile au sein du Cos-Petrogaz. L’enjeu se situe d’abord au niveau de la qualité de la représentation, mais aussi au positionnement des organisations de la société civile dans les structures étatiques chargées de la gestion du pétrole. Il y a pas mal d’organisations de la société civile qui représentent les citoyens au sein des structures étatiques qui se comportent d’ailleurs comme des fonctionnaires, prétextant mener le combat à l’intérieur. Alors qu’ils oublient que leur présence au sein de ces structures est justifiée par une obligation de rendre compte, voire, de donner l’information au peuple sénégalais.

Deuxièmement, la participation de la société civile dans les instances étatiques pour le contrôle des ressources pétrolières et gazières ne saurait être partielle. Du moment où les ressources naturelles appartiennent au peuple, la participation de la société civile doit se sentir sur toute la chaine de contractualisation. Il s’agit là des bases d’un consensus fort, garantissant la cohésion et la paix sociale.

Troisièmement, le principe de l’acceptation de la participation des organisations de la société civile au sein du Cos-Petrogaz ne saurait absoudre le gouvernement dans ses obligations constitutionnelles de transparence, devant faire la lumière sur les conditions d’octroi des blocs précédents, et de la dé-classification du rapport de l’Ige sur Petro Tim.

Enfin, l’idée émise par le chef de l’Etat de disposer d’un Code de conduite doit être accompagnée d’une Charte de la représentation des organisations de la société civile avec une obligation d’informer périodiquement les citoyens sur les activités menées par l’Etat sur la chaine de contractualisation, pas seulement au sein du Cos-Petrogaz. C’est-à-dire les instances qui sont habilitées à recevoir les offres, à les analyser, les instances de négociation. Donc, l’octroi des contrats ne doit plus être l’apanage du président de la République. C’est pourquoi la participation des organisations de la société civile au sein du Cos-Petrogaz ne peut pas se résumer au niveau d’une seule instance, mais sur toute la chaine de contractualisation. Pour moi, la nécessité, c’est la présence de la société civile sur toute la chaine de contractualisation».

«INTERROGATOIRE» DU MINISTRE MAME MBAYE NIANG PAR LE PRÉSIDENT MACKY SALL : Le gouvernement dément

Alors que le débat sur la démission inattendue de l’ex-ministre du Tourisme Mame Mbaye Niang continue de faire rage dans la presse, le gouvernement a rendu public hier, mercredi 13 juin, un communiqué non pas pour éclairer les Sénégalais sur cette démission mais pour démentir. Dans ce document signé par le Secrétaire général du Gouvernement, le ministre Seydou Guèye, porte-parole du gouvernement réfute les informations diffusées dans la presse relativement à l’interpellation du ministre Mame Mbaye Niang par le président Macky Sall, lors de la réunion du Conseil des ministres de lundi.

Indiquant qu’il «il a été rapporté, dans certains sites d’information, que le Président de la République aurait, à l’occasion d’un Conseil des ministres, soumis le Ministre Mame Mbaye Niang, à un «interrogatoire» à propos du Rapport de l’Igf sur la gestion du Prodac, le porte-parole du gouvernement botte en touche en précisant qu’«une telle information est totalement fausse». «Il n’a jamais été question, à un quelconque Conseil des ministres, d’un tel type d’échange entre le Chef de l’Etat et le Ministre Mame Mbaye Niang», a dit sans ambages le ministre Seydou Gueye, porte-parole du gouvernement.

Sudquotidien

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