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Reportage-découverte de la commune de Keur samba Gueye : Une zone a fort potentiel agricole

Mai 12, 2018
Reportage-découverte de la commune de Keur samba Gueye : Une zone a fort potentiel agricole

Située dans l’arrondissement de Toubacouta (département de Foundiougne, région de Fatick), la commune de Keur Samba Guèye regorge d’un énorme potentiel agricole. L’activité principale de cette zone qui a une forte pluviométrie est l’agriculture et le maraichage. C’est pour cette raison d’ailleurs  que le Projet d’appui à réduction de l’émigration rurale (Parerba) en partenariat avec l’Agence nationale de conseil agricole et rural (Ancar), avec l’appui des autorités locales, a pris l’initiative d’exploiter ce potentiel en installant dans la commune deux périmètres irrigués de 4 ha chacun. L’exploitation de ces sites a participé considérablement à la réduction de l’émigration rurale à laquelle s’adonnaient beaucoup de jeunes de la localité grâce à l’implantation des champs-école paysan.

Avec une population qui tourne autour de 28 mille habitants, la commune de Keur Samba Guèye qui se trouve dans l’arrondissement de Toubacouta, département de Foundiougne (Région de Fatick), regroupe 43 villages. Cette zone qui a beaucoup de similitudes avec la région naturelle de la   Casamance  est  à 4 kilomètres de la frontière avec la Gambie. L’activité principale de cette localité qui a une forte pluviométrie est l’agriculture et le maraichage irrigué.

« Keur Samba Guèye est une collectivité qui longe sur 50 Km la frontière avec la Gambie. Avec une forte pluviométrie. Nous pratiquons l’agriculture hivernale  et toutes les espèces se cultivent ici. Parfois, nous avons 1000 à 1300 Mm de pluies. Toute culture est possible au niveau de cette commune. Tout ce qui se fait en Casamance peut se réaliser ici  sur le plan agricole. Nous faisons l’agriculture, le maraichage. Nous produisons également de l’anacarde », a fait savoir le maire de la commune de Keur Samba Guèye, Abdoulaye Ndiaye qui s’exprimait mercredi dernier lors d’une visite de presse au niveau du département de Toubacouta. Toutefois, il relève que la filière  anacarde est confrontée à  un certain nombre de difficultés dans cette zone.

« Les Chinois et les Indiens  qui viennent pour acheter notre  production passent  par la Gambie. Ce qui  fait qu’il y a un manque à gagner énorme. Cela est peut être lié aux taxes au niveau du port de Dakar. S’il y avait une  possibilité qu’ils passent par Dakar et que le label soit sénégalais, ce serait bénéfique pour nous qui disposons des milliers d’hectares d’anacarde », soutient le maire. Et d’ajouter : « D’autres difficultés sont liées à la conservation des produits maraichers notamment l’oignon. En effet, après les récoltes, les prix connaissent une  baisse et s’il y avait une possibilité de conserver la production pendant deux ou trois mois, ce serait une bonne chose. Pour pouvoir payer leurs dettes aux banques de la place, il serait bon que les producteurs  vendent à des prix raisonnables ».

SITE DE FASS THIEKENE : 4 HA AMENAGES POUR LE MARAICHAGE

A Fass Thiékène toujours dans la commune de Keur Samba Guèye, un périmètre de 4 ha de superficie est destiné à la culture de l’oignon, du piment, de l’aubergine entre autres. En effet, l’association des usagers de l’eau productive, avec l’activité de renforcement de capacité  du Cadre d’appui au développement local (Cadl) et du Projet d’appui à la réduction de l’émigration rurale dans le bassin arachidier (Parerba), a  attribué aux populations de cette zone  202 parcelles de 150 m2  chacune. 42  bassins de type Gandiolais, remplis à partir des systèmes d’exhaure  solaires  sont implantés dans chaque parcelle. Ici, les producteurs travaillent grâce au système d’irrigation  et d’aménagement de la terre irriguée qui a été mis en place par le projet Parerba. « C’est un total de 169 producteurs dont 68 jeunes avec 39 hommes et 130 femmes », informe Alessio Salvadori, responsable national du projet Parerba.

Au sein de ce périmètre de 4 hectares destiné à l’horticulture, le Parerba en partenariat avec l’Agence nationale de conseil agricole et rural (ancar) a implanté un champ école paysan de 600 m2  destiné aux jeunes de la localité. C’est un  dispositif  de vulgarisation technique du conseil agricole et rural dont l’objectif  est d’introduire et de vulgariser  les nouvelles techniques agricoles. « On  a mis en place une digue pour la rétention de l’eau pluviale. Ce qui va permettre de recharger les nappes avec des pompes solaires. L’objectif visé par le projet, c’est de réduire l’immigration rurale. C’est pour cette raison que nous avons impliqué les jeunes dans ce projet, à travers les champs école paysan.  On apprend aux jeunes les bonnes manières agricoles. Ce n’est pas une formation théorique mais pratique. Grace aux champs écoles, nous avons noté des améliorations », explique  Mansour Diop, assistant technique national de développement agricole et filière du projet Parerba.

CHAMP ECOLE PAYSAN : Pour freiner l’immigration rurale

Selon Ndèye Amy Cissé, présidente  du champ école paysan de Fass Thiéckene, ce projet est venu à son heure. « Avant, nos parents creusaient  la terre pour trouver des morceaux de bois qu’ils vont transformer en clôture pour les champs. Ce qui était  pénible pour eux. N’empêche qu’à tout moment, les vaches entraient dans le périmètre et mangeaient tout sur leur passage. Aujourd’hui, grâce au projet, tous les périmètres sont bien clôturés. Donc, maintenant, on rend grâce à Dieu », se réjouit-elle.  Tout comme Ndéye Amy Cissé, Katim Touré  fait partie des jeunes qui ont été formés  grâce aux champs-école.  Ce  jeune homme de 30 ans qui avait emprunté en vain les chemins de l’immigration clandestine gagne aujourd’hui sa vie à partir des revenus tirés de l’agriculture irriguée. « J’étais parti en Mauritanie en 2008 pour passer au Maroc et aller en Espagne. Nous avons été arrêtés, une fois au Maroc,  et refoulés en Mauritanie. Par la suite, j’ai décidé de rentrer au village. Je voulais y retourner quelques temps après, mais le projet Parrerba est venu dans notre localité et nous a convaincus de rester pour  travailler ici. Maintenant, nous nourrissons beaucoup d’espoir avec ce projet », a-t-il indiqué. Suivant le responsable national du projet, le champ école paysans va être transformé en une véritable coopérative formelle qui entend devenir l’entreprise coopérative modèle  avec  toute l’exploitation horticole qui tourne autour. « Son rôle sera de passer à l’échelle en ce qui concerne la gestion d’entreprise, notamment le marketing et les relations avec les communautés  et les fournisseurs. En particulier, ils seront progressivement transformés en une entreprise qui donnera des revenus  et des emplois aux jeunes », a-t-il conclu.

ALESSIO SALVADORI, RESPONSABLE NATIONAL DU  PROJET PARERBA : «Nous attendons un rendement qui dépasse les 30 tonnes/ha»

«Le rendement et la qualité de l’exploitation sont satisfaisants. Keur Samba Guèye est une zone du Sénégal qui n’est pas traditionnellement engagée dans le maraichage, particulièrement celui de contre saison. Nous sommes en train de favoriser l’émergence d’une activité économique nouvelle. Nous attendons à l’état actuel un rendement moyen qui dépasse les 30 tonnes à l’hectare. D’après le diagnostic fait sur le terrain pour l’ensemble du marché d’écoulement potentiel,  d’ici un mois, nous allons avoir la récolte. Il n’y aura pas de problème d’écoulement sur le marché parce que nous avons  mené des études claires d’absorption de l’ensemble du marché hebdomadaire et permanent de toute la région. Nous allons accompagner les producteurs à écouler leur production sur le marché. Pour le moment, la commune de Keur Samba Guèye fera l’objet d’une première grande vague d’investissement en aménagement de la terre et en infrastructures d’irrigation qui amèneront la population locale à avoir au moins 210 ha de terre irriguée. Pour toute cette zone, notre objectif est de dépasser les 2000 ha de terre irriguée et aménagée pour créer  de l’emploi avec un revenu stable pour une grande partie de la population et faire du Diombato le grenier de cette partie Sud du Sénégal».

 

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