Economie

Déclassification des rapports des organes de contrôle : Un impératif de transparence

Acteurs culturels, politiques et de la société civile bien que largement favorables à la déclassification des rapports des organes de contrôle, ils sont nombreux à estimer insuffisants tous les efforts de l’arsenal juridique de contrôle. Par conséquent, ils appellent la justice à s’autosaisir pour mettre fin au pillage de deniers publics destinés à régler les questions de santé, d’éducation, d’emploi, et d’infrastructures, entre autres. Et par la même occasion, ils invitent le chef de l’Etat à ne pas mettre sous le coude certains rapports accablants ses protégés.

MANDIAYE GAYE, CHRONIQUEUR-ECRIVAIN : «Toutes les malversations doivent être dénoncées»

Le peuple sénégalais a le droit de savoir comment le bien commun est géré par ceux et celles qui en sont les dépositaires. Par conséquent, nul administrateur n’a le droit de s’y soustraire. Telle est la conviction du chroniqueur et écrivain Mandiaye Gaye.

Le chroniqueur et écrivain Mandiaye Gaye trouve normal que tous les présumés coupables d’une malversation de deniers publics puissent être dénoncés. De son point de vue, «lorsque les organes de contrôle aux agents assermentés décèlent des malversations dans la gestion des deniers publics d’une quelconque entité ou institution de la République, cela doit être dénoncé pour que nul n’en ignore. Parce qu’il s’agit du bien public. Et par conséquent, on doit rendre compte aux ayants droit». Avant d’ajouter qu’«il n’est pas acceptable, sous quelque statut (niveau de responsabilité étatique), que l’on mette sous le coude tel ou tel autre rapport, sur quelque prétexte que ce soit. Dans un pays de droit où les populations aspirent au mieux-être, les dépositaires (pouvoirs publics) doivent être des exemples pour impulser et matérialiser les espoirs des populations. Et donc, rendre compte doit être une règle et non une exception». Se voulant convaincant de la nécessité de devoir rendre compte aux Sénégalais, il convoque la bonne pratique du secteur privé. «Dans le secteur privé, dès qu’on découvre une mauvaise gestion quelque part, systématiquement l’agent (le responsable) est suspendu en attendant de tirer au clair l’affaire. Donc, pourquoi pas ne pas en faire autant dans le public. Dans le privé, tous les agents savent qu’ils ont l’obligation d’être transparents, faute de quoi la sanction va tomber», fait-t-il valoir.

M. Gaye d’ajouter : «Tous ceux qui sont indexés dans les rapports des organes de contrôle pour mauvaise gestion doivent être dénoncés et sanctionnés». Avant de conclure: «Il nous faut des gens qui pensent pour ce pays et qui agissent pour tous les Sénégalais».

ALLA KANE, ANCIEN INSPECTEUR DES IMPOTS ET DOMAINES : «Je suis favorable à la publication immédiate des rapports»

Le devoir de rendre compte de la gestion des deniers publics s’impose à toute autorité publique. Toutes les malversations relevées par les organes de contrôle doivent faire l’objet d’une publication immédiate afin que nul n’en ignore. C’est ce que soutient Alla Kane, ancien inspecteur des impôts et domaines.

L’ancien inspecteur des impôts et domaines Alla Kane est catégorique sur l’impératif de déclassifier les rapports des organes de contrôle. Sous ce rapport, il soutient mordicus ceci: «Dès que le rapport d’un organe de contrôle de l’Etat est disponible, celui-ci doit être publié immédiatement pour que nul n’en ignore sur comment le dernier public sous administration d’un quelconque agent de l’Etat a été géré. Parce qu’en définitive, cet argent appartient aux Sénégalais pour l’amélioration de leurs conditions de vie, à savoir la santé, l’éducation, les infrastructures routières, l’emploi des jeunes…».

A l’en croire, «lorsqu’on choisit de servir son pays au niveau étatique, on se fait l’obligation de devoir rendre compte de sa gestion des deniers publics sous sa responsabilité. L’agent à qui on a confié des derniers publics pour un objectif bien précis doit faire en sorte que tout soit transparent. Mais ici, on a l’habitude de voir des gens prendre le patrimoine national pour en faire une propriété privée. Ceci n’est pas normal ! C’est inacceptable !».

Légitimant la mise en place des corps et organes de contrôle, il a laissé entendre que «Si l’Etat a pensé mettre en place des organes de contrôle, comme la Cour des comptes, l’Inspection général d’Etat (Ige), la Centif, la Crei, l’Armp, l’Ofnac... ce n’est pas fortuit. Et très souvent ces organes découvrent des malversations. Donc, un mauvais comportement des responsables. Et sous ce rapport, je suis pour la publication immédiate des rapports. En ce sens que ça informe de la bonne ou mauvaise gestion des ressources budgétisées et allouées à tel ou tel autre objectif. Ceci montre à ceux qui sont en train de gérer qu’ils doivent être irréprochables». Par conséquent, ajoute-t-il: «Je suis largement favorable à la déclassification à la présidence, à l’assemblée nationale, à la société civile, aux partis politiques, pour qu’on sache comment nos ressources ont été gérées».

L’approche politicienne et partisane anéantit tous les efforts

«Aujourd’hui, ceux qui se battent pour que le président de la République ne soit plus chef de parti ont raison. Parce que quand le président de la République est chef de parti, nécessairement, il couvre ses partisans. Donc, le fait de rendre compte n’est pas un mal en soi, mais une preuve de responsabilité et surtout un honneur pour sa famille», a-t-il fait valoir.

ELIMANE HABY KANE, ACTEUR DE LA SOCIETE CIVILE : «L’arsenal juridique de contrôle est souvent utilisé comme vitrine»

Déçu de la finalité des rapports des organes de contrôle, Elimane Haby Kane de Legs-Africa: (Leadership, Ethique, Gouvernance, Stratégies pour l’Afrique), a déclaré qu’: «il ne sert à rien d’avoir des citoyens les mieux informés au monde sur les pratiques de malversations des deniers publics de leurs Etats si eux-mêmes n’ont aucune emprise sur la sanction, à part le vote lors d’une élection».

M. Kane de regretter l’absence de volonté tangible des pouvoirs politiques à mettre en branle le dispositif juridique implacable pour mettre fin à l’impunité grandissante sur les deniers publics. «Le Sénégal s’est doté d’un arsenal juridique impressionnant en matière de contrôle. Et ceci est souvent utilisé comme vitrine pour cette volonté de transparence du pays. Mais, malheureusement, cette vitrine ne reflète pas la réalité objective des pratiques. Parce que les rapports qui sont produits de façon périodique, parfois avec des retards regrettables, restent des lettres mortes par rapport à l’issue qu’on devrait leur donner».

Poursuivant son propos, il souligne : «au niveau exécutif, certains rapports qui sont directement déposés sur la table du président de la République, doivent faire l’objet d’un suivi. Mais également au niveau du pouvoir judiciaire, lequel peut s’autosaisir sur certains rapports et aller au-delà pour en finir avec l’impunité». Mais, regrette-t-il encore: «Malheureusement, c’est à ces deux niveaux, qu’on note des pratiques de rétention, de rupture avec la loi et le principe de transparence et de redevabilité. Parce qu’aucune suite n’est donnée à des rapports accablants dont certains se retrouvent sur la place publique».

Et d’ajouter: «ça c’est regrettable! Nous sommes en droit de demander que ces rapports soient déclassifiés et publiés. Ceci démontrerait d’une réelle volonté d’en découdre avec les pratiques de malversations de deniers publics, mais aussi d’une réelle volonté de transparence. Et ceci nous ramène au cadre juridique surtout sur le code de transparence des finances publiques qui demande à ce que l’Etat clarifie les types d’engagements et le respect des principes d’intégrité. C’est-à-dire à ce que les pratiques soient conséquentes».

Par JEAN PIERRE MALOU

Sud Quotidien

Pr Macky Sall met en garde les bénéficiaires du premier décaissement de 10 milliards de la DER : «Tachez d’honorer vos engagements de prêts, sinon ce sera le procureur»

Le président de la République, Macky Sall, a procédé, hier lundi à Diamniadio, la cérémonie de remise officielle d’un décaissement de 10 milliards de francs CFA pour le financement des projets portés par des femmes et des jeunes des 45 départements du Sénégal. C’est dans le cadre de la Délégation générale à l’entreprenariat rapide des femmes et jeunes (DER) dotée d’un fonds de 30 milliards de francs CFA.

En procédant, hier lundi, à la remise officielle du premier décaissement d’un montant de 10 milliards de francs CFA pour l’auto-emploi, une orientation de la Délégation générale à l’entreprenariat rapide des femmes et jeunes (DER), le chef de l’Etat Macky Sall n’a pas manqué de mettre en garde les bénéficiaires contre le non respect de leur engagement. «Avec un taux de remboursement de 5%, vous devez vous démêler pour payer et ainsi pérenniser cet outil extrêmement important pour la création de la richesse et de l’emploi. Si vous ne le faites pas, ce sera la Police, le Procureur… Et ceci n’est pas souhaitable», a ainsi prévenu le président Macky Sall. Et donc, poursuit-il, «tâchez d’honorez vos engagements de prêts pour consolider l’outil et le renforcer. Vous êtes les pionniers et donc, faites tout pour rembourser et permettre aux autres de saisir la même opportunité qui vous est offerte».

LA DER EST UN OUTIL AU SERVICE DE TOUS LES SENEGALAIS

Apparemment très satisfait de l’efficacité de cet outil de financement qui, en un temps record, semble être pragmatique, le président Sall a légitimé la pertinence de cette initiative qui, à ces yeux, relève simplement de l’efficacité. «Aux femmes transformatrices, aux jeunes Jakarta mens, aux éleveurs mareyeurs, tisserands, artisans, cordonniers, mécaniciens, voilà pourquoi la DER a été créée sans discrimination, sans coloration politique. Et c’est pourquoi, je tiens à rendre un hommage mérité aux gouverneurs, préfets, sous-préfets, bref toute l’administration d’avoir participé à la matérialisation de cette idée, de façon transparente, sans parti pris, qui pour certains au début n’était que du bluff». Mais, ajoute-il: «à l’éprouve du temps on se rend compte que cette DER est une véritable cible de l’entreprenariat. L’entreprenariat social, nous l’avons mis en œuvre avec des procédures transparentes. Et c’est pourquoi, je suis très fier du travail fait par le délégué général», s’est ainsi réjoui le chef de l’Etat.

Et de révéler que les 20 milliards restant seront remis d’ici décembre. D’ailleurs, se voulant rassurant, le chef de l’Etat a laissé entendre que les reste de l’argent sera bientôt disponible notamment «d’ici septembre, voire octobre, la deuxième tranche du financement et vers la fin de l’année la troisième tranche.» Macky Sall de poursuivre: «la DER répond à l’impératif de développer l’auto-emploi et l’insertion des jeunes et femmes à travers la promotion de l’entreprenariat». Pour le chef de l’Etat, «la DER, innovation économique et sociale arrimée au Plan Sénégal Emergent (PSE), se nourrit de mon ambition de promouvoir l’inclusion financière et sociale à travers l’autonomisation des jeunes et des femmes, en cohérence avec les objectifs de développement durable».

sud Quotidien

Xi Jinping au Sénégal: accueil en grande pompe et signature d’accords

Le dirigeant chinois Xi Jinping est arrivé à Dakar samedi 21 juillet, en milieu d'après-midi, pour une visite d'Etat de deux jours. Il a été accueilli sur le tarmac de l'aéroport militaire par son homologue Macky Sall, accompagné pour l'occasion du gouvernement sénégalais au grand complet. Avant une séance de travail entre les deux chefs d’Etat à la présidence, qui a débouché sur plusieurs accords.

C’est précédé de l’escadron monté de la gendarmerie sénégalaise et acclamé par la foule massée sur le bas-côté, que le cortège de Xi Jinping arrive au Palais présidentiel, à Dakar.

Au programme de la rencontre avec son homologue Macky Sall qui l’accueille samedi en fin d'après-midi : un entretien à huis clos et la signature d’accords dans des domaines allant de la justice aux infrastructures, en passant par l’aviation civile.

A la sortie de la séance de travail, devant la presse, le président sénégalais affiche sa satisfaction : « En plus de cette coopération officielle, nous allons aussi promouvoir les investissements directs entre nos deux pays en facilitant la collaboration entre les secteurs privés chinois et sénégalais ».

Xi Jinping, qui se déplace avec une importante délégation d’hommes d’affaires a redit tout son intérêt pour le continent africain. « Chaque fois que je viens en Afrique, je peux pleinement mesurer le grand dynamisme de ce continent et je peux sentir profondément l’aspiration du peuple africain à une vie meilleure », affirme le secrétaire général du Parti communiste chinois. « J’ai le vif sentiment que ce continent recèle un énorme potentiel de développement et qu’il est promis à un avenir radieux. »

C’est la première visite du président chinois en Afrique de l’Ouest et au Sénégal, où la Chine finance déjà pas moins d’une quarantaine de programmes, et notamment le plus important projet routier du pays.

Les Dakarois attendent près du palais présidentiel l'arrivée du présidnet chinos Xi Jinping, le 21 juillet 2018. © REUTERS/Mikal McAllister
REUTERS/Mikal McAllister
CONSULATATION SUR LA ZONE DE LIBRE ECHANGE CONTINENTALE : LES REGLES D’ORIGINE SUR LES MARCHANDISES AU CENTRE DE LA REFLEXION

Dans le cadre des négociations sur la zone de libre échange continentale en Afrique (Zlecaf), le ministère du commerce a jugé nécessaire de mener des consultations sur les secteurs  de services à libéraliser et le commerce des marchandises. Ainsi, la première journée de consultation avec les différentes parties prenantes s’est déroulée hier, mardi 17 juillet. Les règles d’origines sur les marchandises ont été au cœur des préoccupations des différents acteurs.

 
Dans le cadre de la poursuite des négociations sur la zone de libre échange continentale en Afrique (Zlecaf), la direction du commerce extérieur a tenu hier, mardi 17 juillet  des concertations avec le secteur privé. Selon Makhtar Lakh,  secrétaire général du ministère du commerce  qui présidait cette rencontre, il sera déterminant  de s’accorder  sur les règles qui tiennent compte de la nécessité de créer de la valeur pour le continent tout en assurant un véritable développement pour les pays.

«Ces consultations permettront à vous, chefs d’entreprises et techniciens des douanes et de l’industrie, d’examiner les règles proposées pour chaque chapitre et de parvenir à une solution concertée. Les règles d’origine sont extrémement importantes  dans la libéralisation des échanges. Ils vont déterminer les conditions dans lesquelles les produits peuvent bénéficier des tarifs préférentiels. Pour certains produits, ces règles d’origine vont  exiger que cela soit des produits totalement obtenus  à partir de la région. C'est-à-dire qu’on ne permettra pas qu’il ait des intrants  qui viennent hors zone. Pour d’autres sur lesquels nous n’avons pas des intrants, nous allons déterminer avec les industriels  concernés quels sont les types de règles  qu’il faut mettre  en place », a-t-il laissé entendre.

Puis, ajoute-t-il, les règles d’origine vont également permettre de favoriser  le développement des chaines de valeur régionale. «Pour certains produits, nous pouvons les avoir à partir du Sénégal, peut-être pour d’autres, ce sont des intrants qui viendront d’autres pays de la région Afrique. Il ne faut pas oublier que le Sénégal  exporte prés de 50% de ses produits dans la région Afrique. Ce qui est un point à souligner parce que nous avons constaté ses réorientations  de nos exportations  ces dix dernières années», fait-il remarquer.
Fallou Mbow Fall, directeur adjoint du commerce extérieur est revenu sur les défis auxquels le Sénégal doit relever pour réussir son entrée dans cette zone de libre échange en Afrique.

Pour lui, le premier défi, c’est la mise à niveau des entreprises. Parce que le Sénégal  n’a  pas une expérience en matière des règles d’origine spécifiques. Le deuxième  défi, souligne-t-il, «c’est  de s’adapter et de se conformer  à cette nouvelle donne sur les règles d’origine». Et  enfin, le troisième  défi concerne la compréhension. « Il faut que les industriels comprennent ces règles d’origine pour mieux commercer. Nous avons  un grand intérêt à la zone de libre échange continentale, parce que l’Afrique constitue notre premier marché de destination des produits que nous exportons. Nous sommes pour un marché ouvert pour conquérir d’autres marchés», soutient-il.

Sudonline

AUDIO

Les enfants ne sont pas
Epouses africaines
  https://youtu.be/bbus9GJ3OxA Ces femmes qui refusent de participer au budget familial ...
Rentrée Scolaire :
  VOICI LE LIEN https://youtu.be/V7rGqslDhOA ...
La chronique de Pape
https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc   https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc ...

Calendrier

« Août 2018 »
Lun Mar Mer Jeu Mer Sam Dim
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    

Video galleries

logotwitterFacebook