Art & Culture

La lucrative carrière posthume des stars de la musique

40 ans après la mort de Claude François le 11 mars 1978 , s'il y a bien un secteur qui ne connaît pas la crise dans l'industrie de la musique, c'est celui des carrières posthumes des stars de la chanson. Réussir sa carrière musicale de son vivant est une chose mais pour les ayants droits d'un artiste, faire perdurer et faire fructifier l'héritage d'un chanteur disparu est tout aussi important et peu s'avérer particulièrement lucratif.

La mort de Johnny Halliday le 6 décembre dernier a bouleversé la France, mais pas seulement. Elle a aussi complètement chamboulé le classement des meilleures ventes du site iTunes. Au lendemain de sa mort, les chansons du rockeur ont immédiatement trusté les 10 premières places du classement pendant plusieurs jours.

Le phénomène n’est pas nouveau. A la mort de Mickael Jackson en 2009, celle de David Bowie ou de Prince en 2016, leurs ventes d’albums ont explosé dans les jours qui ont suivi. Tant et si bien qu’aujourd’hui, la vie posthume des stars de la musique n’a jamais été aussi rentable.

Les artistes et leur entourage l’ont bien compris.Bien avant sa mort, Johnny Halliday avait par exemple plusieurs sociétés chargées de gérer les revenus artistiques de la star. Elyette Boudou, la grand-mère de Laeticia Halliday est ainsi en charge des entreprises Mamour SARL, Pimiento Music et Artistes et promotion qui gèrent les droits d’auteurs et les produits dérivés. Des sociétés qui devraient rapporter de l’argent au clan Halliday bien longtemps après la mort du chanteur. Un album posthume est d’ailleurs en préparation.

Elvis, un artiste plus rentable mort que vivant

Les premiers ayants droits à avoir flairé l’intérêt financier de continuer à utiliser l’image et l'œuvre d’un chanteur disparu sont ceux d’Elvis Presley. Après la mort du « King » en 1977, les droits d’auteurs rapportent gros, mais le merchandising et les produits à l’effigie de la star viennent encore s’ajouter à ces revenus. Les ayants droits créent la société Elvis Presley Enterprise et décident d’ouvrir au public Graceland, la résidence du chanteur à Memphis, qui devient un lieu de pèlerinage obligé pour les fans moyennant au minimum 40$ l’entrée. En 2017, tous revenus confondus, Elvis a permis à ses héritiers d’empocher 35 millions de dollars selon le magazine Forbes. Depuis sa mort, le chanteur a gagné beaucoup plus d’argent qu’il ne l’a fait de son vivant et ce juteux business lui a permis de dominer pendant plus de 30 ans le classement des personnalités décédées les mieux payées, jusqu’en 2009 et la mort d’un certain Michael Jackson.

A sa mort, le « Roi de la pop » laisse derrière lui 500 millions de dollars de dettes mais cela n’effraie pas les ayants droits de la star. L’une des premières initiatives de ses héritiers a été de lancerThis is it. Le film, qui réunit des images des dernières répétitions du spectacle du chanteur a rapporté 200 millions de dollars. Dans la foulée, les avocats des ayants droits du chanteur ont signé un autre contrat de 200 millions prévoyant la sortie de sept albums posthumes sur 10 ans incluant une soixantaine d’inédits. Depuis cinq ans, Mickael Jackson est également la célébrité décédée qui rapporte le plus d’argent à ses héritiers avec en moyenne 75 millions de dollars annuels. Largement suffisant pour éponger les dettes colossales du chanteur, d’autant que le dixième anniversaire de sa mort en 2019 devrait encore booster les revenus.

Claude François, un pionnier en France

En France, les ayants droits de Claude François ont été parmi les premiers à devoir gérer et faire fructifier l’héritage de leur père après son décès brutal en 1978, en s’inspirant de l’exemple d’Elvis. C’est Claude François Junior, le fils aîné du chanteur qui gère aujourd’hui le patrimoine musical de l’interprète d’Alexandrie, Alexandraavec l'aide du spécialiste de la chanson française Fabien Lecoeuvre qui conseille les ayants droits de Cloclo depuis 26 ans.

« C’est très particulier comme activité, on ne gère pas une carrière posthume comme on gère la carrière d’un artiste vivant,explique Fabien Lecoeuvre qui s'est également occupé de la carrière posthume de Joe Dassin pendant cinq ans. Il faut partir sur les bases de ce que l’artiste de son vivant a déjà imposé artistiquement. Il ne faut jamais trahir le sens premier de sa démarche artistique.ensuite, il faut avoir ce que l’on pourrait appeler de l’ADN à côté de soit. C’est à dire qu’il faut impérativement avoir un parent à ses côtés. Vis à vis du public, il faut obligatoirement avoir un "morceau d’ADN" parce que sinon vous n’avez pas réellement de légitimité ». 

« Faire du neuf avec du vieux »

« Ensuite il faut très bien connaître l'œuvre de l'artiste, son répertoire, pour pouvoir imaginer des événements tout au long de sa carrière posthume comme par exemple des téléfilms, un film, des timbres, sortir des intégrales, des best of... Une carrière posthume c’est toujours refaire avec du vieux du neuf », poursuit Fabien Lecoeuvre.

Faire du neuf avec du vieux peut en effet rapporter gros.La chansonMy Way, à elle seule, générerait un million d’euros de droits par an. Sans compter les ventes de disques, les passages à la radio ou les projets artistiques impliquant l’image de Cloclo qui pourraient d’après certaines estimations faire grimper les revenus à près de 10 millions d’euros les meilleures années.

Une somme colossale pour un chanteur français décédé il y a 40 ans que Claude François Junior se refuse toutefois de confirmer. « C’est un chiffre d’affaire à six zéros, plusieurs millions par an quand on compte tout : les ventes de disques, les droits d’exploitation, d’utilisation dans des films, des publicités, les reprises comme le disque de M. Pokora », a-t-il tout juste concédé dans une interview au journalLe Parisien.

Diversifier les revenus

Mais pour bâtir une solide carrière posthume à un artiste, se contenter de la vente de ses disques ne suffit pas. D’abord parce que le marché du CD est en perte de vitesse continue, mais surtout parce qu’il y a beaucoup d’autres domaines très lucratifs à explorer.

« Je donne l’autorisation d’utiliser son répertoire, son image, son histoire dans un film, une publicité, un spectacle, a expliqué Claude François Junior au Parisien.L’idée est de créer des événements ou de l’actualité, mais pas trop. S’il y a des choses tous les ans, vous êtes sûrs de planter un projet sur deux. Je cautionne un projet tous les cinq ans ». C’est ainsi que Claude François a beaucoup fait parler de lui dans les années 2000 grâce à deux films : la comédiePodiumde Yann Moix et le biopicCloclo de Florent Siri. Des projets particulièrement rentables pour les héritiers du chanteur.

Disparue en 1987, Dalida ne joue, financièrement, pas tout à fait dans la même cour mais, son frère et héritier, Orlando, en bon businessman se démène pour faire fructifier l’héritage de la chanteuse. Dans les vingt ans qui ont suivi la disparition de l’interprète de Bambino, 200 nouveaux produits ont vu le jour (rééditions d’albums, remix…). Orlando fait encore mieux en vendant à la société Pathé les droits l’autorisant à produire un film sur la vie de sa sœur. Sorti en salle en 2017, le film Dalida de Liza Azuelos a rapporté 4,6 millions d’euros au box-office.

Aller au-delà de la mort

Le revers de la médaille est évidemment d’en faire trop, de se lancer dans un projet qui fait un flop ou de tomber ans le mauvais goût. « Il faut une stratégie différente par artiste, détaille Fabien Lecoeuvre. Par exemple je ne peux pas appliquer la stratégie que j’applique pour Claude François à Joe Dassin. Joe Dassin est un immense vendeur de disques mais à l’inverse de Claude François, il ne vend pas d’image. Il n’est pas "collectionné" comme Johnny ou Cloclo, il n'y a qu'une dizaine de chanteurs en France qui sont "collectionnés". Ça dépend donc aussi du public. Il faut savoir qui on représente ».

« En 26 ans sur Claude François, on m’a proposé tout et rien. On m’a proposé des fois de mettre des bouteilles de vin avec la photo de Claude François, on m’a proposé des cigarettes ou à l’époque des Minitel rose, des sites de rencontre, énumère-t-il. Tout cela c’est refusé évidemment et à côté de cela beaucoup de choses, notamment des pubs sont acceptées ».En faire trop ne semble en tout cas pas effrayer Fabien Lecoeuvre pour qui « quand les choses sont faites pour les artistes de manières posthume, cela correspond toujours à une demande du public ».

La demande n'est cependant pas toujours au rendez-vous, et à force de vouloir s’évertuer à maintenir vivante la mémoire d’artistes disparus, certains ont fini par se dire qu’ils pouvaient carrément les ramener à la vie. En janvier 2017, le spectacle Hit Paradea voulu rassembler sur scène rien de moins que Dalida, Mike Brant, Sacha Distel et Claude François sous forme d’hologrammes. Un tour de force au succès plus que mitigé. Le public n’a pas répondu présent et le spectacle a connu plusieurs problèmes techniques. A tel point que la tournée dans toute la France prévue après les dates parisiennes qui se sont tenues au début de l’année 2017 ont finalement été purement et simplement annulées. Si les fans restent nostalgiques des meilleures années de leurs idoles, pas sûr pour autant qu’ils aient vraiment envie de les voir revenir à la vie.

L'hommage du rappeur Didier Awadi à l'écrivaine militante Aminata Traoré

Le rappeur sénégalais Didier Awadi est connu pour ses textes engagés et panafricanistes. Mais sa réflexion politique n'aurait sans doute pas connu la même évolution sans une rencontre déterminante: celle avec l'écrivaine militante malienne Aminata Traoré à qui il rend hommage.

C’est dans son studio, le studio Sankara, que Didier Awadi reçoit. En dessous vit sa maman, Marie Alice Sylva Evora. Bien évidemment, lorsqu’on a demandé au rappeur d’évoquer une femme qui marque sa vie, il a pensé à elle. Partout dans ses locaux, Awadi a accroché des portraits des militants et activistes du panafricanisme : Sankara, Lumumba, Cabral pour ne citer que ceux-là. La discussion s’engage sur ce terrain et un nom revient sans cesse, celui d’Aminata Dramane Traoré, la seconde maman du chanteur, sa maman « politique ».

« Aminata est généreuse, très généreuse », attaque Didier Awadi. « Elle n’a pas l’âge du hip-hop, mais elle a la curiosité, l’humilité. Et elle sait tendre la perche à des jeunes parce qu’elle croit en leurs idées ». Cette perche, l’écrivaine militante l’a justement tendue il y a plus de 20 ans au rappeur qui était alors au début de sa carrière, au début de sa découverte du panafricanisme : « Quand on me parle d’une femme activiste qui m’inspire chaque jour, je pense donc à Aminata Dramane Traoré ».

La rencontre

« On s’est rencontré à Bamako, en 1997. Aminata était alors ministre de la Culture », raconte Awadi. « Avec notre groupe, le Positive Black Soul, on a joué dans un festival, elle a demandé à nous rencontrer avec Duggy Tee ». Le rendez-vous est calé dans le restaurant d’Aminata Dramane Traoré. « On arrive, on se salue, il se passe quelque chose. Je vois cette dame très grande, élégante, dans sa tenue africaine. J’ai été impressionné, bluffé par le personnage ».

Didier Awadi et Aminata Dramane Traoré ne sont pas de la même génération, mais ils découvrent que leurs philosophies, leurs idéaux sont proches, la connexion est donc évidente, immédiate. Ce premier jour, la discussion s’engage ainsi sur le militantisme. Didier Awadi explique : « Habituellement, quand on veut nous voir, c’est pour nous tirer les oreilles. Aminata avait entendu notre chanson qui dit "l’Afrique n’est pas démunie mais seulement désunie". Elle demande qui a écrit ce texte. On répond presque timidement que c’est nous. Elle nous dit qu’elle aime beaucoup. Je pense qu’elle se retrouvait dans cette chanson, on avait mis des mots sur son combat. Et c’est comme ça que tout a démarré ».

Adopté

Si parfois le temps casse les liens, entre l’écrivaine et le rappeur, au contraire, les années n’ont fait que renforcer leur relation. « Depuis ce jour, elle m’a adopté, je l’ai adopté », explique le rappeur. « C’est une intellectuelle très rigoureuse, Sankara disait qu'il faut une formation politique et idéologique. Aminata a accéléré ma formation politique et idéologique, car elle est rigoureuse autant dans sa démarche littéraire, scientifique et économique ».

Cette formation sur le tas se concrétise dans des actes concrets. « C’est chez elle que j’ai préparé mon album "Un autre monde est possible", notamment le morceau "J’accuse" travaillé dans sa cour avec Toumani Diabaté à la kora ». Pour affiner ses textes, Awadi s’appuie sur les causeries avec l’écrivaine, mais aussi sur ses livres. « Je me suis beaucoup inspiré de ses écrits. Si tu cherches de l’inspiration, il faut lire "Le viol de l’imaginaire". "L’étau" aussi m’a beaucoup inspiré, qui parle de la dette des pays du tiers-monde ».

«Elle ne fuit pas son rôle»

Ces échanges permanents entre Bamako et Dakar poussent la militante à aller plus loin, à emmener Didier Awadi à la rencontre d’activistes, de chercheurs partout dans le monde. « C’est une personnalité qui n’arrête pas de chercher. Elle est en perpétuel questionnement, quitte à avoir des positions impopulaires, mais elle prend ce risque car c’est son rôle d’intellectuelle. Elle ne fuit pas son rôle ». Awadi se retrouve ainsi embarqué en Amérique du Sud. « C’est elle qui m’a emmené au premier forum social mondial à Porto Alegre puis à d’autres en Afrique. Elle m’a fait rencontrer des intellectuels, des économistes, des gens qui réfléchissent ». Dans le pas d’Aminata Traoré, le rappeur peut ainsi plonger dans des sujets qui l’intéressent. « C’est là que j’ai compris ce qui se passait avec les accords de partenariat économique. C’est en 2005 que je rencontre par exemple Nicolas Agbohou et d’autres intellectuels africains qui nous expliquent quels sont les vrais enjeux sur le franc CFA ».

Seconde maman

Didier Awadi a toujours maintenu les échanges. « Aminata lit mes textes, je lis les siens. Elle continue de m’accompagner et notre relation va plus loin ». Cette nouvelle étape, familiale cette fois, s’est déroulée le jour où Aminata a rencontré la mère du musicien. « Elle est venue à Dakar, elle a tenu à voir ma mère. Elle lui a dit "Madame, Didier n’est pas votre fils à vous tout seul, c’est mon fils aussi". Ma maman avait beaucoup entendu parler d’elle, elle lui a dit "franchement je suis d’accord avec vous". Maintenant officiellement je peux le dire, j’ai deux mamans ».

Militantisme et affection sont donc liés dans cette rencontre. « Aminata est humaine, elle n’est pas un prophète. Et on a besoin de femmes de cette trempe en Afrique. Quand les femmes assurent le leadership, les hommes suivent facilement. On a tellement essayé avec les hommes, ça n’a pas vraiment marché, il est temps que l’on fasse plus confiance aux femmes ».

RFI

Oxfam: le chanteur sénégalais Baaba Maal renonce

Le chanteur sénégalais Baaba Maal a annoncé sur la BBC sa démission de son rôle d'ambassadeur de l'ONG Oxfam, éclaboussée par un scandale sexuel, devenant la deuxième célébrité à claquer la porte après l'actrice britannique Minnie Driver.

"Ce qui s'est passé, sur le plan humain, est répugnant et déchirant", a-t-il déclaré mardi soir dans l'émission BBC Newsnight.

"C'est très triste. Les personnes vulnérables, particulièrement les enfants, devraient toujours être protégées", a-t-il ajouté. "De ce fait, je me dissocie immédiatement d'Oxfam".

L'ONG basée en Grande-Bretagne Oxfam est au centre d'un scandale après des révélations sur le recours à des prostituées et de potentiels abus sexuels commis par certains membres de son personnel en Haïti, au Tchad et au Soudan du Sud, mais aussi dans ses boutiques au Royaume-Uni.

Elle est aussi accusée de dysfonctionnements, n'ayant pas signalé les agissements de ces personnels, notamment ceux du Belge Roland Van Hauwermeiren, ancien directeur au Tchad et en Haïti, cible de plusieurs accusations. Ce dernier a estimé jeudi dans la presse belge que certains faits avaient été exagérés.

Mardi soir, l'actrice et chanteuse britannique Minnie Driver, nommée au Oscars, avait été la première célébrité à annoncer renoncer à son rôle d'"ambassadrice" d'Oxfam. Le scandale a aussi entraîné la démission lundi de la directrice générale adjointe d'Oxfam, Penny Lawrence.

La ministre britannique au Développement international, Penny Mordaunt, a réclamé mercredi un changement radical dans la façon de travailler des ONG, dont Oxfam, afin d'empêcher les abus sexuels, menaçant de leur couper l'aide gouvernementale.

Slate.Afrique

Les Histoires de Nafi et de Khadija: Bande dessinée! Aissatou CISSE

 

« Il faut parler de nos écrivaines et écrivains. Nous devons aider l'édition africaine mais les éditeurs doivent apprendre à marqueter. La diffusion est nulle et inefficace hélas. Quand on publie un auteur il faut faire une promotion d'envergure digne- Pour le respect des handicapés comme chiffre Absolu».P B C


• Publications produites par des organisations amies du WLUML
• Afrique de l'Ouest Sénégal Renforcer le pouvoir des femmes
Publication Author:
WLUML

Au Sénégal, les femmes et les fillettes en situation de handicap sont, tous les jours, confrontées à des violences physiques et sexuelles (sévices physiques, viols, mariages précoces et forcés, rejet ou viol par le conjoint,...) et des abus psychologiques (préjugés, mépris, insultes, rejet,...).

Leur handicap les expose quotidiennement à des préjugés culturels qui prennent diverses formes, tout au long de leur vie.


La stigmatisation en milieu scolaire des fillettes en situation de handicap par les élèves, qui prennent plaisir d'elles, est un frein à leur éducation, tandis que la surprotection par leurs parents empêche leur épanouissement personnel. Leur plus vive inquiétude face au handicap est d'être prises pour des incarnations surnaturelles : des enfants de jinn, qui, selon les croyances, peuvent apporter une forte opulence ou beaucoup de malheur.

Elles traînent une mauvaise image d'handicapée considérée comme source de malheur ou porte-bonheur destiné à améliorer, par un pouvoir mystique imaginaire, la situation financière et la position sociale de son mari. Elles s'entendent souvent dire : « si l'on est marié à une handicapée, les enfants naîtront aussi avec un handicap ». Les problèmes de santé, en général, et de santé de la reproduction, en particulier, des adolescentes et des femmes en situation de handicap sont des plus critiques. Elles ont d'abord des difficultés d'accès aux structures de santé.

En effet, la prise en charge spécifique dont elles ont besoin dans les hôpitaux, les maternités et les postes de santé n'existe pas ou peu. Les structures médicales sont totalement inadaptées à leurs conditions physiques et ne répondent pas à leurs demandes. Au niveau de la santé de la reproduction, elles ont peu accès aux services de planification familiale. Elles manquent, pour leur majorité, d'informations claires sur leur corps et leur santé reproductive. Elles sont peu initiées aux méthodes contraceptives. Elles sont également très vulnérables aux MSTIST. Elles subissent des mutilations génitales, propres à certaines cultures, qui ont des conséquences négatives importantes sur leur santé et leur sexualité, aussi bien que sur leur vie familiale, sociale et économique. Elles pratiquent l'avortement clandestin qui affecte leur santé. Le manque de formation du personnel soignant et le manque de tables gynécologiques rend leur maternité et leur accouchement extrêmement difficiles.


Aïssatou Cissé
Écrivaine

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