Art & Culture

«Nos patriotes», un hommage au résistant Addi Bâ, tirailleur sénégalais

Le cinéaste français Gabriel Le Bomin fait revivre une figure méconnue de notre histoire. Dans « Nos patriotes », son troisième long-métrage, le réalisateur dresse le portrait d'Addi Bâ, un héros de la Résistance qui a fait la guerre dans le corps des tirailleurs sénégalais avant de prendre la tête d'un maquis en 1940.

Il a la France chevillée au corps et au cœur, Addi Bâ. Guinéen, né en 1916, arrivé en France au milieu des années 1930, hébergé par une famille de Français républicains, ce jeune homme de 25 ans sert au début de la Seconde Guerre mondiale dans le bataillon des tirailleurs sénégalais envoyés combattre les Allemands en première ligne dans les Ardennes et sur la Meuse. Fait prisonnier dans les Vosges, il s'échappe et aide à créer l’un des premiers maquis, avant de devenir une figure importante de la Résistance.

Marc Zinga incarne le héros imparfait

Qu'ils soient fonctionnaires, institutrice, fermière, paysan... ceux qui vont aider et accompagner Addi Bâ ne s'appellent pas encore des résistants, mais des patriotes. L'acteur belge Marc Zinga incarne avec justesse ce personnage de héros imparfait, volage, imprudent, en butte au racisme idéologique des nazis, mais aussi à celui, ordinaire, de Français découvrant un ressortissant de l'empire colonial.

La vie pour la patrie

Addi Bâ a payé de sa vie son engagement pour la France. Fusillé en 1943, à l'âge de 27 ans, il obtiendra la médaille de la Résistance française en 2003, à titre posthume.

RFI

Afrique: le cinéaste et ethnologue Jean Rouch aurait eu 100 ans aujourd'hui

Il était né le 31 mai 1917 à Paris. Cinéaste et ethnologue français, ancien ingénieur des ponts et chaussées amoureux de l’Afrique, Jean Rouch a laissé derrière lui une œuvre-fleuve, plus de « 140 films qui s’enchaînent ». On commémore ce mercredi les cent ans de sa naissance.

Jean Rouch avait attrapé le virus de cinéma sur un chantier au Niger, dans les années 1940, en assistant à un rituel pour Dongo, le génie du tonnerre qui venait de foudroyer dix ouvriers. Avec une caméra légère, l’ingénieur - occidental et rationaliste - se met alors à parcourir l’Afrique dans tous les sens.

C'est le début d’une filmographie qui va chroniquer tous les changements survenus en Afrique de l’Ouest, de la colonisation aux Indépendances, et débusquer derrière l’histoire factuelle une mythologie vivante : rites de possession, magie et surnaturel, comme dansAu pays des mages noirs,Bataille sur le grand fleuve, ou encoreLes Maîtres fous, qui fait scandale en 1952.

Rendre le cinéma à ceux qu’on filme

Jean Rouch filme comme il respire, tourne avec les moyens du bord, entouré de ses copains, complices et co-réalisateurs Damouré, Lam et Tallou, que l’on retrouve dans Moi, un Noir, en 1958. Car pour Jean Rouch, faire du cinéma est d’abord et avant tout rendre le cinéma à ceux qu’on filme.

L'ethnologue et cinéaste français meurt finalement le 18 février 2004, des suites d’un accident de voiture dans ce pays qu’il adorait, le Niger, à l'âge de 86 ans. Il aura inspiré des centaines de cinéastes dans le monde, et surtout en Afrique. Ci-dessous, voici le témoignage de deux d'entre eux, recueilli par Radio France Internationale.

RFI

«I Am Not a Witch» de R. Nyoni: «Les camps de sorcières existent en Afrique»

Il fallait oser le faire, une comédie sur un camp de sorcières en Zambie, petit pays de 15 millions d’habitants en Afrique australe. Avec son premier long-métrage, la Zambienne Rungano Nyoni a charmé le public et les critiques au Festival de Cannes. Présenté dans la Quinzaine des réalisateurs, I Am Not a Witch (« Je ne suis pas une sorcière ») raconte l’histoire d’une fille de 9 ans, Shula, envoyée dans un camp de sorcières parce qu’on l’accuse d’en être une. Entretien avec sa réalisatrice.

RFI : Pourquoi était-il si important pour vous de raconter cette histoire,I Am Not a Witch ?

Rungano Nyoni :Il y a beaucoup de raisons à cela. Ce film réunit tous les thèmes dont je voulais parler : la question de la liberté, quel prix doit-on être prêt à payer pour être libre ? Je voulais aussi parler des choses que la société vous impose, mais dont des règles sont complètement absurdes.

Ces camps de sorcières existent-ils réellement ?

Oui, cela existe dans la vraie vie. Mon film est une exagération de ce qui se passe réellement. Donc, vous trouvez des choses réelles dans le film, d’autres sont agrandies. Ces camps de sorcières existent sous différentes formes dans différents pays en Afrique. Au Ghana se situe l’un des plus anciens camps de sorcières. C’est là que j’ai fait ma recherche. En Zambie, il y a un camp de sorcières informel.

Comment les gens sur place ont-ils réagi par rapport au tournage de votre film ?

Malheureusement, ils n’ont pas la chance de voir le film. Ils savent que je présente mon film à Cannes et que le sujet est sur la situation de ces femmes. Ils comprennent l’idée du film et que c’est une sorte de fable et pas un documentaire. Ce film est le résultat de mon imagination.

Le fait de ridiculiser ces camps de sorcières pourrait-il poser des problèmes ?

Je ne pense pas ridiculiser l’idée de ces camps de sorcières. Je n’ai rien contre les croyances des gens et il y a beaucoup de choses que je ne peux pas expliquer. Mais je suis complètement contre des choses qui sont dirigées contre une partie de la population au nom d’une race ou d’un sexe. C’est ça qui rend l’idée de camp de sorcières absurde : ce sont uniquement des femmes, qui sont accusées d'être des « sorcières » - surtout des femmes âgées. Je suis complètement contre cette pratique. De là, il n’y a pas de problème pour moi avec l'idée de me moquer de cette pratique, parce qu’il s’agit d’une pratique idiote et horrible.

Vous montrez dans votre film que beaucoup de choses sont impactées par l’existence de ce système de sorcières : la santé, l’économie, la justice, la politique, le tourisme… Pour le reste de la population, le système semble fonctionner. Alors, comment changer le système ?

L'une des choses que je voulais faire avec ce film, c'était parler d’un sujet grave, mais d’utiliser la forme de la comédie pour faire entrer les gens dans l’histoire. Pour cela, j’utilise aussi des absurdités. Mon film n’est pas un drame réaliste, mais les absurdités sont basées sur des choses réelles. J’essaie d’obtenir l’engagement du public d’une manière différente. Il y a des documentaires qui existent pour parler de la vraie vie de la sorcellerie. Dans une fiction, on peut manipuler le monde comme on veut, selon ses désirs. C’est une autre manière de parler du sujet. Comme je parle aujourd’hui avec vous ici à Cannes des camps de sorcières, dont beaucoup de gens ignoraient l’existence. Pour cela, il y a une certaine confusion : les choses sont-elles réelles ou pas ? Parce que c’est la première fois qu’on parle des camps de sorcières et pourtant ils existent depuis très longtemps. Donc, mon film est certainement une bonne chose.

Vous êtes née à Lusaka, en Zambie. Où avez-vous appris à faire du cinéma ?

Je suis zambienne, mais je suis partie au Pays de Galles à l’âge de 9 ans. C’est là où j’ai grandi. Je n’ai jamais appris le cinéma avec quelqu’un, je l’ai appris en autodidacte en faisant des films. Je suis aussi comédienne pour le théâtre. De là vient ma relation avec le cinéma. Sinon, j’ai appris le cinéma en regardant des films, en faisant des courts-métrages, des stages, et en allant à beaucoup de festivals.

Vous allez hors de Zambie pour y tourner des films sur la Zambie. Quelle est aujourd’hui la situation en Zambie pour un réalisateur ?

Je me rends régulièrement en Zambie, parfois deux fois par an. Aujourd’hui, je connais la situation sur place beaucoup mieux qu’à l’époque où je faisais mon court-métrage [Mwansa the Great, 2011, primé dans beaucoup de festivals, ndlr]. A l’époque, c’était très difficile de trouver l’équipement pour tourner le film. Aujourd’hui, c’est devenu beaucoup plus facile. Il y a une télévision qui produit des films, des fictions. Il y a une très petite industrie qui se développe. Il est très difficile de trouver des acteurs professionnels, donc j’étais obligée de tourner avec des amateurs. Nous n’avons pas une véritable école de cinéma, mais il y a une école fondée avec des fonds européens pour des jeunes en difficultés. Cela existe depuis deux ans. Sinon, les gens font comme moi, ils sortent et tournent des films.

Samedi 24 juin 2017 à Ivry-Sur–Seine-Conférence musicale : Kémi Bassene nous prolonge le greffage Islam-Russie-Afrique-question d'influence-avec la présence de Wassis DIOP

 

Samedi 24 juin 2017 à Ivry-Sur–Seine-Conférence musicale : Kémi Bassene nous prolonge le greffage Islam-Russie-Afrique-question d'influence-avec la présence de Wassis DIOP

Né à Dakar, Kemi Bassène est musicologue. Egalement artiste et photographe, son travail est actuellement visible à la Biennale de Dakar.

 Samedi 24 juin à 16h - Conférence musicale 2/2 par Kemi Bassène, accompagné de Wasis Diop, musicien.


Gratuit


Réservation indispensable : 01 49 60 25 06 /
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www.credac.fr

M° ligne 7, Mairie d'Ivry / RER C, Ivry-sur-Seine

L'islam et la Russie, le spirituel et la résistance comme structures des musiques noires.
Conférence musicale par Kemi Bassène


À travers sa littérature (Tolstoï en particulier) et son idéologie socio-économique, la Russie a influencé les luttes d'indépendance en Afrique par une résistance non violente (avec Ahmadou Bamba au Sénégal et Gandhi en Afrique du Sud) puis par une lutte armée avec un intermédiaire désigné : Cuba. La musique grégorienne russe a également influencé la musique gouvernementale révolutionnaire cubaine qui a son tour retrouvera une nouvelle rythmique en Afrique.
L'islam a quant à lui infiltré l'Afrique noire dès le 8e siècle, a voyagé comme esthétique immatérielle avec la traite transatlantique et inspiré par sa puissance syllabique toutes les musiques noires américaines


Seconde conférence musicale le 24 juin à 16h accompagnée par Wasis Diop, musicien.
de 16h-18h
CREDAC 3 eme étage
25-29 RUE RASPAIL
94200 IVRY SUR SEINE réservation 0149602506


Son ordinateur posé sur la table, la grande veste noire dans un corps frêle, les cheveux, les chaussettes multicolores sous un pantalon replié, c'est Kémi BASSENE, un genre, un artiste assumé.


Il nous reçoit avec un bonjour agréable.


Chacun se dit mais qu'est-ce qu'il va nous dire, nous apprendre. Kemi se lance, il nous dit que sa conférence est musicale et il va parler du greffage musical ; c'est quoi ?
C'est-à-dire qu'il va tenter de montrer et démontrer l'influence de la culture russe dans divers domaines en Afrique surtout dans la musique. Pour nouer des relations entre l'URSS et l'Afrique, les communistes sont passés par la médiation de CUBA avec Fidel Castro qui a passé la main à Ché JEWARA qui est lui est descendu jusqu'en GUINEE.


Beaucoup de pays africains avaient pris le tournant révolutionnaire pour accéder à la liberté, à l'indépendance, ils ont voulu la décolonisation en choisissant aussi des partenaires forts puissants comme les communistes.
Beaucoup de figures ont été marquées par cette influence, Ghandi en Afrique du Sud, Cheikh Amadou Bamba au Sénégal, Nasser en Egypte. Un auteur comme Tolstoï y est pour quelque chose.


L'Egypte, le Mozambique, le Congo, la Guinée Conakry, le Ghana, le Cap vert, le Mali, le Sénégal, etc, tous ont adopté l'idéologie communiste et ont intégré les sonorités russes dans leur musique. Il suffira d'écouter Franco et ces rythmes cubains-africains et russes.
Fella, Ndiaga Mbaye etc, on pourra ajouter les Amazones ainsi que le Bembeya jazz national qui ont su intégrer une rythmique révolutionnaire.
Des musiciens fonctionnaires qui font de la musique révolutionnaire pour accompagner l'idéologie politique en vigueur.
Kemi nous invite à visiter les relations entre la musique et l'islam ou le disco.


Aux USA dans les années 1975 le disco était perçu par les chrétiens comme le diable qui adoucit les cœurs et désoriente la foi (fornication), donc les fidèles invitaient les coreligionnaires à se retrouver au stade avec leurs disques pour les brûler.
Pour les croyants la musique est sexuée, elle est même femme et c'est pourquoi beaucoup ( islam et catholiques intégristes) refuse la musique.


En Mauritanie les hommes pouvaient faire de la musique mais dans les arrières cours.


Les immigrés turcs pour passer du bon temps devaient se mettre dans la peau de femme pour se défouler.


La musique sénégalaise à travers le rapp, mais surtout les anciens musiciens comme Ndiaga MBAYE ont avec l'instrument le xalam su introduire des sonorités étrangères et chanté la résistance « Gnani gbagne na, nieti abdou, etc ».
Kemi nous apprend même que le mot musique n'est pas défini dans les langues africaines pour la nommer les gens passent par l'instrument ( le xalam, le tabal, le riti, etc).
Kemi en sa qualité de chercheur s'est posé la question de la musique pure ou la musique halal, il réfléchit sur les langues comme support de culture et de musique quand on sait que l'Afrique n'a su garder que 1500 langues sur 5000 qui existaient avant.
Il nous a parlé des khassaïdes, de la musique high life de ces femmes qui chantent à présent et qui sont tolérées au Sénégal. Le Baay fall grand chanteur qui chante tout le temps des khassaïdes pour faire louange au chef spirituel

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La seconde partie de ce cycle de conférences sera le samedi 24 juin 2017 à Ivry sur Seine de 16hà 18H.


Il y aura la présence du grand musicien WASSIS DIOP, il faudra y aller non seulement pour soutenir ce chercheur qui nous montre le non visible ou qui nous initie à mieux écouter pour retrouver les influences si lointaines des sonorités africaines.

AUDIO

Epouses africaines
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Rentrée Scolaire :
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La chronique de Pape
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