Art & Culture

Sénégal: le saxophoniste de l'Orchestra Baobab Issa Cissokho est décédé

Flamboyant, puissant, drôle également, au Sénégal le musicien Issa Cissokho est mort ce dimanche 24 mars. Un temps chef d’orchestre mais surtout saxophoniste de l'Orchestra Baobab. En 50 ans de carrière, Issa Cissokho a traversé les époques en marquant le public tant son charisme était grand. Comme lui, Mohamed Lotfi Benjelloun est l’un des fondateurs de l’orchestre Baobab, il a rendu hommage à son ami au micro de RFI.

Issa est un homme d'une intelligence rare. C'était un peu, le fou, le guignol mais c'était un artiste vrai, un artiste dans l'arme. Quelqu'un qui possédait son instrument et qui possédait réellement des valeurs de vie que beaucoup de gens n'ont plus.

Fespaco 2019: la voix du cinéma africain fête ses 50 ans; 26 eme édition 160 films

 

Par Siegfried Forster 

Etre à la fois fier du passé et tourné vers l'avenir. Le Fespaco, le plus grand festival de cinéma africain, créé en février 1969, fête ses 50 ans. La cérémonie d'ouverture aura lieu ce samedi 23 février au stade municipal de Ouagadougou, qui se transforme en capitale du cinéma en Afrique. Pour sa 26e édition, le festival présente plus de 160 films de tout le continent mais aussi de la diaspora. Le cinquantenaire, consacré au thème « Mémoire et avenir des cinémas africains », sera également l'occasion rêvée d'honorer les plus grands cinéastes africains et de projeter tous les films lauréats depuis un demi-siècle.

Le Fespaco ? Oui, ça se passe en Afrique, mais c'est unique au monde. Et cela commence dès l'ouverture avec le spectacle fulgurant des cavaliers et le cheval cabré devant la tribune officielle, à l'image de l'Etalon de Yennenga, le trophée légendaire du Fespaco, inspiré par la princesse guerrière du mythe fondateur de l'empire des Mossis. Cette « Palme d'or africaine » est devenue l'un des symboles de l'identité culturelle africaine.


Rwanda, pays invité d'honneur


Le film d'ouverture, The Mercy of the Jungle, du cinéaste Joel Karekezi, du Rwanda, pays invité d'honneur de cette édition cinquantenaire où dansera aussi le ballet national du Rwanda, sera projeté au Ciné Burkina, salle célèbre pour son accueil des festivaliers, aux rythmes burkinabè, par des musiciens locaux « chauffant » la salle avant chaque séance. Dans la chaleur de la capitale, on peut parfois assister à de véritables scènes de liesse dans les salles, avec un public acclamant son cinéaste comme une rock star, dansant, chantant, jusqu'à ce que la séance suivante mette fin à l'euphorie.
Ce rendez-vous cinématographique hors norme, avec ses 450 projections prévues et ses 5 000 professionnels du cinéma et des médias, ainsi que 100 000 spectateurs attendus pendant les huit jours de l'édition 2019, représente la fierté de tout un pays. En 1969, tout commence avec une « petite » semaine du cinéma africain, lancée par les fervents cinéphiles du ciné-club franco-voltaïque qui partent d'un constat simple : à l'époque, les Africains ne peuvent pas voir de films africains.

« Des images de l'Afrique, par l'Afrique et pour l'Afrique »


Dès le premier festival, en février 1969, avec ses 20 films (dont 14 africains) et ses 10 000 festivaliers, le grand cinéaste sénégalais Ousmane Sembène soutient l'idée d'installer un rendez-vous cinématographique dans ce pays qui s'appelait encore à l'époque la Haute-Volta et ne disposait pas de structure de cinéma. Dans un précieux enregistrement lors de la clôture de la première édition, conservé par l'INA, on entend Sembène se demander si cette manifestation devait avoir lieu à chaque fois dans un Etat africain différent « ou si ce n'est pas mieux qu'un point fixe soit nommé par tout le monde, désigné pour être le lieu de rencontres. Ce point, bien entendu, ne se détermine pas, parce que ce point a des réalisateurs ou n'a pas de réalisateurs, ce point doit être un point de rencontres. »


Avec sa devise sacrée, « des images de l'Afrique, par l'Afrique et pour l'Afrique », le Fespaco a depuis entrepris la « décolonisation » de l'image et remis la plus haute distinction du cinéma africain à des géants comme le Malien Souleymane Cissé, l'Algérien Brahim Tsaki, le Burkinabè Idrissa Ouédraogo, le Mauritanien Abderrahmane Sissako, l'Ethiopien Haïlé Guérima ou le Sénégalais Alain Gomis, l'un des rares à avoir remporté deux fois l'Etalon de Yennenga avec Tey (2013) et Félicité (2017).


Le Fespaco a transcendé le cinéma africain


En 50 ans, le festival a transformé la ville de Ouagadougou et transcendé le cinéma africain, longtemps éparpillé et mal considéré. Aujourd'hui, se dresse au cœur de la capitale le Monument des cinéastes rendant hommage aux cinéastes africains : une sculpture géante érigée en 1987 et composée de bobines de film et objectifs de caméra. Sans parler des statues en bronze, à taille humaine, consacrées depuis 2009 aux lauréats de l'Etalon de Yennenga sur l'avenue Mgr Thévenoud.


Au-delà de la ville, le Fespaco a changé profondément le rôle du cinéma et de la société. Lors de la présentation de l'édition 2019 à l'Unesco, Alimata Salembere, membre fondatrice du Fespaco et première présidente du festival, rappelait que, en 1969, « Nous avions que deux salles à Ouaga, exploitées surtout par des étrangers et qui programmaient des westerns et des films étrangers ». Elle a gardé aussi le souvenir d'une époque où les femmes étaient mal vues dans les salles de cinéma, d'où l'initiative du président Aboubacar Sangoulé Lamizana de montrer l'exemple et d'emmener son épouse pour voir le film d'ouverture. Ou la rage historique de Thomas Sankara, président cinéphile du Conseil national de la révolution, quand il a vu des bobines traînées par terre, provoquant ainsi une salutaire prise de conscience pour préserver les archives du cinéma au nom de la conquête culturelle au service de la Révolution.


Alimata Salembéré, membre fondatrice du Fespaco et première présidente du Festival. Siegfried Forster / RFI


La « libération des peuples » et le sous-financement du cinéma


En 50 ans, les différents thèmes des éditions ont marqué l'esprit d'engagement et la volonté de changement inhérents au Fespaco : on y débattait de « l'éveil d'une conscience de civilisation noire », du « cinéaste africain du futur », de la « libération des peuples », de « cinéma et identité culturelle », de la « diversité culturelle ». Mais, malgré des chartes et des manifestes et la Déclaration solennelle de Ouagadougou, proclamée en 2013, le cinéma africain n'a pas réussi à résoudre le problème éternel du sous-financement ni à sortir du cercle vicieux où l'absence de salles empêche la production - et l'absence de production qui empêche, elle, la création de salles.


Colin Dupré, historien de cinéma et auteur du livre Le Fespaco, une affaire d'État(s), met au profit du festival « une amorce de décolonisation des écrans. Jusqu'au milieu des années 1970, les écrans africains ne montraient aucun film africain, parce que les sociétés de distribution étaient des sociétés françaises qui se servaient de copies usagées qui avaient déjà tourné, pour les passer ensuite en Afrique. La principale tâche du festival a été alors de décoloniser les écrans. La deuxième tâche était de fédérer les cinéastes dans un endroit au sud du Sahara. Il y avait déjà les Journées cinématographiques de Carthage (JCC), mais le Fespaco a fédéré les cinéastes et cela a participé à un mouvement culturel en Afrique. La deuxième tâche très importante du Fespaco était de participer au mouvement et à l'ébullition culturelle des années 1970 et 1980. »


« Notre tasse de thé, c'est le Fespaco »


Depuis, le Burkina Faso a réussi – avec des hauts et des bas, des moments d'exaltation et d'instrumentalisation politique – à maintenir et à cultiver le plus grand rendez-vous cinématographique en Afrique. Aujourd'hui, on est loin des 400 000 festivaliers affichés en 1987 ou du boycott des manifestations officielles du festival en 1989, lorsque de nombreux cinéastes protestaient contre l'assassinat de Thomas Sankara et la prise du pouvoir par Blaise Compaoré. Après la chute de ce dernier, lors de la révolution d'octobre 2014, des films sur Thomas Sankara ont droit de cité dans les salles et, depuis 2015, existe même un prix au nom du capitaine.


Le Fespaco est (re)devenu plus libre, nous confiait lors de l'édition 2017 le réalisateur burkinabè Tahirou Ouédraogo : « Avant le départ du président [Blaise Compaoré, ndlr] qui avait fait vingt-sept ans de pouvoir, c'était compliqué. Quand tu écrivais ton scénario, tu devais faire attention à ce que tu disais. » En même temps, le festival garde sa spécificité : « Le Festival de Cannes est une autre dimension, mais cela ne veut pas dire que Cannes est mieux que le Fespaco. Le Fespaco est panafricain. Notre tasse de thé, c'est le Fespaco. »
Le siège du Fespaco à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Siegfried Forster / RFI


L'actuel directeur général du Fespaco, Ardiouma Soma, souhaite surtout « mieux implanter encore le Fespaco et permettre aussi de repositionner le Fespaco pour les 50 prochaines années. » Avec des projections dans les marchés, les écoles et devant les maisons des jeunes dans les villages et communes rurales, le Fespaco exprime sa volonté de rester populaire. De l'autre côté, la sélection des longs métrages en lice pour l'Etalon d'or 2019 révèle une ambition de s'ouvrir encore plus à l'international, avec vingt films de 16 pays africains, dont trois Burkinabè.
« Beaucoup d'amour »


Dans la compétition règne aussi une forte présence du Maghreb (quatre films) et de l'Afrique anglophone (six films). L'Afrique lusophone sera de la partie avec Joao Luis Sol de Carvalho du Mozambique. L'apparition de beaucoup de noms inconnus au niveau international prouve une forte envie de renouvellement. Et, pour la première fois, un Etalon d'or sera décerné dans la catégorie documentaires. Sans oublier la sélection Panorama avec une entrée en force de jeunes cinéastes.


« On s'est rendu compte que la jeunesse africaine s'est véritablement emparée de l'outil numérique pour s'exprimer et cela présage vraiment un bel avenir, déclare Ardiouma Soma, le délégué général. On a reçu plus de 1 000 films. Le Fespaco sera la vitrine du cinéma africain. » Et même au-delà, avec une sélection intitulée « Films du monde ». « Vous allez y trouver des films faits par des non-Africains sur l'Afrique, des personnes qui s'emparent des Africains et qui montrent l'Afrique différemment, avec beaucoup d'amour », dit Ardiouma Soma.


Que la fête commence... en sécurité


En attendant l'ouverture, la question de la sécurité s'est invitée au festival. Lors de sa visite à Paris, Abdoul Karim Sango, le ministre de la Culture burkinabè, voulait rassurer les festivaliers en dépit d'une situation devenue préoccupante, avec des attaques récurrentes ayant eu lieu dans plusieurs régions du pays. « Le gouvernement du Burkina Faso a pris toutes les mesures pour assurer la sécurité des festivaliers, qui viendront en sécurité et qui repartiront en sécurité », a déclaré le ministre/


Le festival panafricain du cinéma se retrouve donc plus que jamais dans le rôle d'un défenseur de la liberté avec, à ses côtés, tous les amoureux du Fespaco qui n'attendent qu'une chose : que la fête commence !
► Fespaco 2019 : La liste des films africains en lice pour l'Etalon de Yennenga


► Fespaco 2019 : Qu'attendez-vous du cinquantenaire ?
► Le programme officiel du Fespaco 2019 => http://tinyurl.com/y536xjjd


Jihan El-Tahri et le Fespaco "Nous les cinéastes de la diapsora..."

.

A mon premier Fespaco, il y avait une espèce de cassure : la jeunesse avait décidé de créer la Guilde des cinéastes africains. C'était très animé. Pour moi, c'était un peu la révolution et j'adore les révolutions. Donc, j'étais tout excitée et je voulais participer ; je lève la main et, là, quelqu'un me dit " Non, on parle des Africains ". Et je dis : " Mais je suis Africaine ". " Non, tu es blanche. " Je proteste : " Mais ça ne va pas ! ". Et ça a été mon premier clash, à propos de cette cassure entre Nord et Sud. Et maintenant, quasiment tous mes films traitent de cette question-là. C'est aussi au Fespaco que j'ai vu le film " Rage " [de Newton Aduaka] qui m'a bouleversé. C'était un film d'une grande puissance, qui parlait d'une histoire de métissage et en même temps, cela traitait de notre histoire à tous, surtout nous, les cinéastes de la diaspora.

Notre cœur appartient à l'endroit d'où l'on vient mais celui qui part perd sa place. Quand on revient chez nous, on nous regarde comme des invités. Donc, ce besoin d'appartenance, on le retrouve entre nous. Et, donc, Newton et son film " Rage ", avec cette déchirure chez cet enfant métis qui n'arrive pas à trouver sa place, ça me touchait personnellement. Je suis consciente qu'au Fespaco, il y a tellement de gens, il y a tellement de films et c'est un festival tellement énorme que c'est difficile... Mais l'organisation doit être un peu plus disciplinée. Ce n'est pas possible qu'il y ait des films importants pour l'époque, visuellement novateurs et que l'on réclame partout, et que ces films-là soient écartés du Fespaco. Il faut que l'on soit rigoureux et que l'on soit à la hauteur de l'importance de ce festival.

Propos recueillis par Balufu Bakupa-Kanyinda (entretien Cinékap)
KAD
Enjeux Groupe
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Friedensreich Hundertwasser, sa vie et son œuvre : artiste écologiste engagé


( exposé au Sénégal 16 avril-27 mai 1973, Musée dynamique, Dakar / exposition )

Mon ami le Pr Babacar Mbaye DIOP Université Cheikh Anta Diop de Dakar-FLSH
Département de Philosophie Directeur de l'Institut Supérieur des Arts et des Cultures (ISAC) ; me demande de lui rechercher un ouvrage introuvable au Sénégal et je tombe sur cet auteur épatant et c'est pourquoi je partage ma petite trouvaille. P B CISSOKO

Biographie de Friedensreich Hundertwasser


Friedrich Stowasser (15 décembre 1928 – 19 février 2000), mieux connu sous son pseudonyme Friedensreich Regentag Dunkelbunt Hundertwasser, était un artiste et architecte né en Autriche, (ayant acquis plus tard la nationalité néo-zélandaise) et travaillant également dans le domaine de la protection de l'environnement.


Hundertwasser s'est distingué comme un opposant à « une ligne droite » et à toute standardisation, exprimant ce concept dans le domaine de la conception des bâtiments. Son œuvre la plus connue est la Hundertwasserhaus de Vienne, en Autriche, qui est devenue un lieu d'intérêt notable dans la capitale autrichienne, caractérisé par sa vitalité imaginative et son caractère unique.
La Seconde Guerre mondiale a été une période très difficile pour Hundertwasser et sa mère Elsa, qui étaient juifs. Ils ont évité la persécution en se faisant passer pour des chrétiens, une ruse crédible puisque le père de Hundertwasser était catholique. Hundertwasser a été baptisé catholique en 1935. Pour rester discret, Hundertwasser a également rejoint les Jeunesses hitlériennes.
Hundertwasser a développé très tôt des compétences artistiques. Après la guerre, il passe trois mois à l'Académie des Beaux-Arts de Vienne. À ce moment-là, il a commencé à signer son art comme Hundertwasser au lieu de Stowasser. Il est parti en voyage en utilisant un petit ensemble de peintures qu'il portait en tout temps pour dessiner tout ce qui attirait son regard. A Florence, il rencontre le jeune peintre français René Brô pour la première fois et ils deviennent des amis pour la vie. Le premier succès commercial de Hundertwasser dans le domaine de la peinture remonte à 1952-1953 avec une exposition à Vienne.


Au début des années 1950, il entre dans le domaine de l'architecture. Hundertwasser a également travaillé dans le domaine des arts appliqués, créant des drapeaux, des timbres, des pièces de monnaie et des affiches. Son drapeau le plus célèbre est son drapeau koru, ainsi que plusieurs timbres-poste pour la poste autrichienne. Il a également conçu des timbres pour le Cap-Vert et pour l'administration postale des Nations Unies à Genève à l'occasion du 35e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme.
En 1957, Hundertwasser acquiert une ferme aux portes de la Normandie. Hundertwasser épousa Herta Leitner en 1958, mais ils divorcèrent deux ans plus tard. Il se remarie en 1962 avec l'artiste japonaise Yuko Ikewada mais elle divorce en 1966. Il avait acquis une réputation populaire à cette époque pour son art.
En 1964, Hundertwasser achète « Hahnsäge », une ancienne scierie, dans le Waldviertel de Basse-Autriche, une région peu peuplée. Là, loin de l'agitation et de l'agitation et entouré par la nature, il s'est installé dans une nouvelle maison.


En 1972, Hundertwasser a fondé en Suisse la société « Grüner Janura AG », qui a été rebaptisée « Namida AG » en 2008. C'est par l'intermédiaire de cette société anonyme que Hundertwasser gérait ses droits de propriété intellectuelle.


Dans les années 1970, Hundertwasser a acquis plusieurs propriétés dans la baie des Îles en Nouvelle-Zélande, qui couvrent une superficie totale d'environ 372 ha sur l'ensemble de la vallée de la « Kaurinui ». C'est là qu'il réalise son rêve de vivre et de travailler en étroite relation avec la nature. A côté d'autres projets, il y a conçu la « Maison de la Bouteille« . Il pourrait vivre en grande partie de façon autonome grâce à l'utilisation de panneaux solaires, d'une roue hydraulique et d'une station d'épuration biologique de l'eau. C'est également ici qu'a eu lieu sa première expérience sur les toits d'herbe.

En 1979, Hundertwasser acheta le vaste jardin historique Giardino Eden, y compris le Palazzo Villa delle Rose, à Alexandra en Yougoslavie par l'intermédiaire de sa société suisse.
En 1980, Hundertwasser s'est rendu à Washington D.C. pour soutenir les efforts du militant Ralph Nader contre la prolifération nucléaire. Hundertwasser a planté des arbres sur la place Judiciary Square et a défendu les intérêts d'un propriétaire de coopérative qui a été condamné à une amende pour avoir conçu sa propre fenêtre. La mairesse Marion Barry a déclaré le 18 novembre Journée Hundertwasser.


En 1982, le seul enfant de Hundertwasser, sa fille Heidi Trimmel, est née.


Hundertwasser a été inhumé en Nouvelle-Zélande après sa mort en mer sur le RMS Queen Elizabeth 2 en 2000 à l'âge de 71 ans.


Ses opinions politiques


En 1959, Hundertwasser s'est impliqué pour aider le Dalaï Lama à fuir le Tibet en faisant campagne pour le chef religieux tibétain dans le magazine Panderma de Carl Laszlo. Plus tard, alors qu'il était déjà un artiste connu, Friedensreich Hundertwasser est devenu un militant écologiste et, plus récemment, il a agi comme un opposant plus important de l'Union européenne, prônant la préservation des particularismes régionaux.


Parmi les facettes moins connues de la personnalité de Hundertwasser figure son engagement envers la monarchie constitutionnelle.
Son style artistique


La vision artistique originale et indisciplinée de Hundertwasser s'est exprimée dans l'art pictural, l'environnementalisme, la philosophie et la conception des façades, des timbres-poste, des drapeaux et des vêtements (parmi d'autres domaines). Les thèmes communs de son travail étaient les couleurs vives, les formes organiques, la réconciliation de l'homme avec la nature et un fort individualisme, rejetant les lignes droites.


Son œuvre architecturale est comparable à Antoni Gaudí (1852-1926) dans son utilisation des formes biomorphiques et l'utilisation de la tuile. Il s'inspire également de l'art de la Sécession viennoise, des peintres autrichiens Egon Schiele (1890-1918) et Gustav Klimt (1862-1918).


Il était fasciné par les spirales, et appelait les lignes droites « impie et immorale » et « quelque chose de lâchement dessiné avec une règle, sans pensée ni sentiment ». Il a appelé sa théorie de l'art « transautomatisme », se concentrant sur l'expérience du spectateur plutôt que sur celle de l'artiste. Cela a été résumé par son dessin d'un nouveau drapeau pour la Nouvelle-Zélande, qui incorporait l'image du Koru en forme de spirale basée sur l'image d'une nouvelle fougère d'argent déployée et symbolisant une nouvelle vie, croissance, force et paix selon le peuple Māori


Même si Hundertwasser s'est d'abord fait connaître pour ses peintures aux couleurs vives, il est plus largement connu pour ses conceptions architecturales individuelles. Ces conceptions utilisent des formes irrégulières et intègrent les caractéristiques naturelles du paysage. L'immeuble Hundertwasserhaus de Vienne a des sols ondulés (« un sol inégal est une mélodie aux pieds »), un toit recouvert de terre et d'herbe, et de grands arbres poussant de l'intérieur des pièces, avec des branches s'étendant depuis les fenêtres. Il n'a pris aucun paiement pour la conception de la Hundertwasserhaus, déclarant qu'il valait la peine d'investir pour « éviter que quelque chose de laid ne monte à sa place ».


Dès le début des années 1950, il s'est de plus en plus concentré sur l'architecture, prônant des bâtiments plus respectueux de l'homme et de l'environnement. Cela a commencé par des manifestes, des essais et des manifestations. C'est ainsi qu'en 1958, à l'occasion d'une manifestation artistique et architecturale au monastère de Seckau, il a lu son « Manifeste contre le rationalisme de l'architecture ». Il a rejeté la ligne droite et l'architecture fonctionnelle. En 1967, à Munich, il a donné une conférence intitulée « Speech in Nude for the Right to a Third Skin ». Sa conférence « Loose from Loos, A Law Permitting Individual Buildings Alterations or Architecture-Boycott Manifesto », a été donnée au Concordia Press Club à Vienne en 1968.
bavaria


Dans le Manifeste de la moisissure, il a d'abord revendiqué le « droit à la fenêtre » : « Une personne dans un appartement loué doit pouvoir se pencher par la fenêtre et gratter la maçonnerie à portée de main. Et il doit être autorisé à prendre un long pinceau et à peindre tout ce qui se trouve à l'extérieur à portée de main. Pour qu'il soit visible de loin pour tout le monde dans la rue que quelqu'un y vit qui est différent de l'homme emprisonné, réduit en esclavage, standardisé qui vit à côté de chez nous. » Dans ses discours nus de 1967 et 1968, Hundertwasser condamne l'asservissement de l'homme par le système de grille stérile de l'architecture conventionnelle et par le rendement de la production industrielle mécanisée. Il a rejeté le rationalisme, la ligne droite et l'architecture fonctionnelle.


Pour Hundertwasser, la misère humaine est le résultat d'une architecture rationnelle, stérile et monotone, construite selon la tradition de l'architecte autrichien Adolf Loos, auteur du manifeste moderniste Ornament and crime (1908). Il a appelé à un boycott de ce type d'architecture, et a demandé à la place la liberté créative de construction, et le droit de créer des structures individuelles. En 1972, il a publié le manifeste Your window right – your tree duty. La plantation d'arbres en milieu urbain allait devenir obligatoire : « Si l'homme marche au milieu de la nature, alors il est l'invité de la nature et doit apprendre à se comporter comme un invité bien élevé. » Hundertwasser a propagé un type d'architecture en harmonie avec la nature est son engagement écologique. Il a fait campagne pour la préservation de l'habitat naturel et a exigé une vie conforme aux lois de la nature. Il a rédigé de nombreux manifestes, donné des conférences et conçu des affiches en faveur de la protection de la nature, y compris contre l'énergie nucléaire, pour sauver les océans et les baleines et pour protéger la forêt tropicale. Il était également un partisan des toilettes à compostage et du principe des zones humides construites. Il percevait les excréments non pas comme des nausées, mais comme faisant partie du cycle de la nature. Ses croyances sont attestées par son manifeste The Holy Shit et son guide de bricolage pour la construction d'une toilette à compostage.


Dans les années 1970, Hundertwasser fait construire ses premieres maquettes d'architecture Les maquettes de l'émission de télévision Eurovision « Wünsch Dir was » (Fais un vœu) en 1972 illustrent ses idées sur les toits boisés, les locataires des arbres et la droite des fenêtres. Dans ces modèles et d'autres similaires, il a développé de nouvelles formes architecturales, telles que la maison en spirale, la maison fendue, la maison en terrasse et la maison de prairie en hauteur. En 1974, Peter Manhardt réalise pour lui des maquettes de la maison en fosse, de la maison au toit en gazon et de la station-service verte – ainsi que son idée de l'autoroute verte invisible et inaudible.


Au début des années 1980, Hundertwasser a remodelé l'usine de Rosenthal à Selb et le silo à grains de Mierka à Krems. Ces projets lui ont donné l'occasion d'agir comme ce qu'il appelait un « docteur en architecture ».


Dans les projets architecturaux qui ont suivi, il a mis en place des locataires de fenêtres droites et d'arbres, des planchers inégaux, du bois sur le toit et de la végétation spontanée. Les travaux de cette période comprennent : des complexes résidentiels en Allemagne ; une église à Bärnbach, en Autriche ; une centrale de chauffage urbain à Vienne ; une usine de combustion et un centre à boues à Osaka au Japon ; une gare ferroviaire à Uelzen ; une cave dans la Napa Valley et les toilettes Hundertwater à Kawakawa.
En 1999, Hundertwasser a commencé son dernier projet, Die Grüne Zitadelle von Magdeburg (en allemand). Bien qu'il n'ait jamais terminé ces travaux, le bâtiment a été construit quelques années plus tard à Magdebourg, une ville de l'est de l'Allemagne, et a ouvert ses portes le 3 octobre 2005.
https://fondarch.lu/friedensreich-hundertwasser/

 

Friedensreich Hundertwasser, artiste écologiste engagé
Posted on juin 7, 2015 by Sylvia Ladic
Friedensreich Hundertwasser, artiste écologiste engagé

Ne cherchons pas à enfermer Hundertwasser dans une technique artistique ou un courant quelconque. Même si son style est bien reconnaissable et ne s'assimile à personne d'autre, il demeure un artiste aux multiples casquettes qui érige l'art comme un lien entre l'homme et la nature.
Voici un panorama du parcours de cet artiste qui voulait apporter de la joie et du bien-être aux hommes, sans perdre son lien à la nature. La fin de l'article vous proposera aussi des piste de comparaison avec d'autres artistes et leurs oeuvres.

Biographie


Friedensreich Hundertwasser (1928 – 2000), de son véritable nom Friedrich STOWASSER, est un artiste autrichien né à Vienne. Ayant perdu très jeune son père (1928), il est élevé par sa mère. Ses premiers dessins datent de 1934, il a 6 ans. Ceux-ci s'annoncent déjà très prometteurs.


Sa mère l'oriente vers des études classiques que la seconde guerre mondiale interrompt.


En 1943, 69 membres juifs de sa famille maternelle, parmi lesquels sa tante et sa grand-mère, sont déportés et tués.
En 1948, il entre à l'académie des Beaux-Arts de Vienne pour y apprendre les techniques de base du dessin. Il y reviendra en tant que professeur en 1981.
Ses innombrables voyages à travers le monde lui permettent de découvrir les tendances très diverses de l'art moderne et contemporain, pourtant on ne peut pas vraiment le rattacher à aucun groupe ou un courant. Même s'il débute comme peintre, on décèle dès le départ, dans ses tableaux son attrait pour l'architecture.
Le peintre
En tant que peintre, en plus des techniques classiques de l'aquarelle, il travaille souvent les techniques mixtes mais aussi la gravure, la lithographie, la sérigraphie, la linographie, l'eau-forte...
Son œuvre picturale est caractérisée par un bouillonnement de formes organiques, les couleurs sont brillantes, parfois même fluorescentes.

 


Dans sa peinture, Hundertwasser utilise des pigments, du sable, du charbon de bois, de la brique pilée, de l'or, de l'aluminium. Pour lui, le peintre est un chercheur qui expérimente des techniques différentes sur des supports variés. S'inspirant des maîtres anciens. Par exemple, il fera de la peinture à l'œuf, dite a tempera (technique longtemps utilisée par les peintres primitifs). Il utilise dans ses toiles des couleurs chatoyantes, gardant les couleurs fluorescentes pour son œuvre gravée (lithographies, gravures sur bois...). Il isole des formes, des motifs (larmes, gouttes de pluie, fenêtres) qu'il magnifie en utilisant des feuilles d'or ou d'argent.

Les arts appliqués à la vie et arts graphiques


Ses domaines de recherches sont nombreux : affiches d'exposition, affiches des jeux- olympiques, projets pour des timbres, pour des drapeaux...


L'architecte


En tant qu'architecte, son travail est en quelque sorte une application directe de ses toiles dans la réalité, on retrouve dans ses constructions les plus importants de ses principes: dominance de la nature, l'importance de la couleur, le refus de la conformité, de l'uniformité. Il dénonce la « sinistre » architecture classique et se déclare ennemi de la ligne droite qu'il refuse d'employer.
Il a dit : « Les maisons sont notre 3ème peau...Les maisons aussi pleurent et saignent...La maison est miroir de l'homme...Chaque maison même laide et malade peut être guérie... C'est vers 40 ans qu'Hundertwasser commence à construire et guérir des bâtiments, pour que les gens y vivent plus heureux. Pour lui, les maisons sont malades, blessées et il veut les guérir. Pour cela il conjugue, art, écologie, architecture.


« La ligne droite est un danger créé par l'homme car elle est étrangère à la nature de l'homme, de la vie, de toute création ... » affirme-t-il.

Hundertwasser est décédé en 2000 au cours de la phase de planification de la structure et la tour a été achevée après sa mort sous la direction de Leonhard Salleck, propriétaire de la brasserie, avec l'architecte Peter Pelikan construction qui supervise.

 

Ce qui caractérise l'architecture d'Hundertwasser c'est l'écologie bien sûr, mais aussi la couleur, la diversité des formes et une certaine idée de l'homme comme fondamentalement expressif.
Il pousse ses conceptions de la vie et du bonheur recherchant une harmonie entre la nature et l'homme. A ce titre, son travail d'architecte est particulièrement intéressant car il ôte le tabou d'une certaine forme d'interdit qui consiste à ne pas avoir le droit de s'approprier son habitat. Il évoque ici l'interdit de décorer l'extérieur des portes et fenêtres des maisons ou appartements. L'œuvre « Ton droit à la fenêtre » est un thème clef. Il propose que les habitant puissent intervenir sur les façades et environnements de vie jusqu'à la longueur d'un bras.

 

C'est en Allemagne et en Autriche que son œuvre a pris racine. Sa fameuse tour qui devait abriter un observatoire, un cinéma, des artisans et des salles d'exposition a été construite, 10 ans après sa mort. Il a imaginé le lycée Martin-Luther avec un toit paysager, où l'on pourrait se promener comme dans une forêt boisée. Mais il reste surtout célèbre pour les bâtiments dont il a re-colorié les façades : la transformation de la Maison Ronald Mac Donald, centre destiné aux parents des enfants malades, et de celle de l'Eglise Santa Barbara restent des modèles du genre inimitable, estampillés Hundertwasser.

« L'homme à trois peaux. Il naît avec la première, la deuxième est son vêtement et la troisième est la façade de sa maison. 


Probablement un de ces chefs d'oeuvre, la Hundetwasserhaus, est un logement HLM réalisé par Hundertwasser à Vienne en 1986. Des centaines d'arbres et de plantes traversent les fenêtres et coiffent l'inhabituelle habitation. Les fenêtres hétéroclites, les sols ondulés, les colonnes bigarrées en font un lieu de vie exceptionnel. Ce bâtiment, le plus visité de Vienne est un véritable bijou architectural. Véritable pied de nez à la rationalité économique, il convient de dire que ce logement social a certes couté deux fois plus qu'un immeuble classique, mais que le bénéfice en terme de mieux vivre, de retombées touristiques, de valorisation de la ville de Vienne est à mon humble avis bien supérieur à ce cout initial. Nous nuancerons aussi en tenant compte du coût des imprévus dus à l'enracinement des arbres qui fait bouger la structure et nécessite des adaptations. Un ouvrier aurait montré trop de créativité... Notons aussi que le nettoyage des vitres ne peut se faire que de nuit en bloquant la circulation de la route. Bref, quelques impératifs à la survie du bâtiment.


Hundertwasser s'est inspiré des œuvres d'Antoni Gaudi, du Facteur Cheval (« Palais idéal »), Simon Rodia (Watts Towers), mais également des jardins ouvriers et des livres de contes. Cette maison héberge 52 logements et 4 cafés-restaurants, ainsi que 16 terrasses privées et 3 terrasses communes sur son toit.

La Hundertwasserhaus (ci-dessus) : 50 appartements HLM réalisés entre 1983 et 1985. Hundertwasser a imaginé de confronter les masses de couleurs, les décrochements d'étages, les éléments végétaux, les surfaces en béton et en céramique, les fenêtres de toutes les formes et dont aucune n'est au même niveau.


La Maison Hundertwasser est avant tout un espace convivial au service de ses habitants et de la cause environnementale, les uns étant intimement liés à la seconde dans l'esprit du concepteur de ce lieu expérimental. Tout y est conçu pour le confort des habitants et leur qualité de vie, à l'image des parties communes, trop souvent négligées dans les habitats locatifs traditionnels. Ici, elles sont au contraire particulièrement soignées et attractives comme le montrent non seulement les couloirs décorés de mosaïques végétales ou animalières, mais aussi l'accueillant jardin d'hiver, la « salle d'aventure » au sol bombé, et la salle de jeu des enfants. Les locataires de la Maison Hundertwasser vivent au cœur d'une œuvre d'art. Majoritairement artistes ou intellectuels eux-mêmes, ils en ont pleinement conscience, ne serait-ce qu'au spectacle de ces lions sculptés et de ces piliers en forme de quilles bombées multicolores qui rappellent que nous sommes là au croisement de la Löwenstrasse (rue des lions) et de la Kegelgasse (rue des quilles).


Avec la Maison Hundertwasser, pas question de musée, mais d'un véritable lieu de vie composé de logements locatifs sociaux, à l'image de la Cité radieuse, construite par Le Corbusier à Marseille à l'aube des années cinquante.

Plan pour l'arbre locataire


Il crée des immeubles avec des arbres aux fenêtres, des toits recouverts de verdure et de végétaux, des sols à niveaux inégaux et encourage les ouvriers à être créatifs en apportant leur touche.
Marqué par un immense amour de la nature il est l'un des grands pionniers d'une architecture humaniste, écologique.
Le designer
Hundertwasser a été un des premiers défenseurs des toilettes sèches ! Il a promu les toilettes sèches, comme mode écologique de traitement des déchets domestiques pour alimenter les arbres intégrés à l'architecture.
Plus qu'une simple révolution technique, c'est un exemple concret de son esprit de cycle, que l'on retrouve dans ses peintures (voir Le grand chemin plus bas) et de l'écologie dans les deux sens du terme, c'est à dire acte politique et conscience des fondements des écosystèmes.

 

Le transautomatisme


En 1954, il développe une théorie plastique dérivée du surréalisme qu'il nomme « transautomatisme ». Elle se base sur la lutte contre l'automatisme généré par la ligne droite et l'angle droit. La spirale se révèle être la forma parfaite.
Un artiste engagé
Artiste engagé, il est remarqué par ses performances, ses manifestes écologiques, artistiques et architecturaux.

Voici une photographie montrant le grand peintre Hundertwasser présent lors de la lutte à Hainburg. Sur l'affiche on lit: « la nature libre est notre liberté ». Or, le gouvernement autrichien entendait y construire une centrale électrique (en Autriche le nucléaire est interdit constitutionnellement). Cela signifiait la destruction de l'endroit. La décision fut prise en décembre 1983.

Ses manifestes


· Manifeste de la moisissure contre le rationalisme dans l'architecture (1958/1959/1964) : voir le manifeste traduit de l'allemand au français ici.
· La Dictature des fenêtres et le droit de fenêtre : voir ici.
· La nature est irréprochable C'est l'homme qui a des défauts : voir ici.

 


Il aimait à souligner les traductions slaves, allemandes ou japonaises de son nom et prénom, le traduisant comme « Le royaume de la paix (aux) cent eaux ».
Bien qu'il soit né et ait grandi en Autriche, la patrie de choix de Hundertwasser était la Nouvelle-Zélande, et sa principale maison le navireRegentag (jour de pluie), un ancien navire de commerce réorganisé.


La spirale


Dans les images de Hundertwasser la forme d'une spirale est très souvent présente.
En 1953, il peint sa première spirale : Le Grand Chemin. Pour lui, la ligne droite n'existe pas dans la nature, elle est le fruit de l'éducation. « La spirale signifie à la fois la mort et la vie. En partant du centre de la toile, on va de la naissance à la mort qui se trouve aux extrémités du tableau et inversement. » Dans « le Grand Chemin », la spirale représente un ruban, un chemin qui serpente et se replie sur lui-même, nous obligeant à le suivre des yeux de manière hypnotique.

Le grand chemin (1955) de Friedensreich Hundertwasser


Cette grande spirale entraîne le spectateur dans un tourbillon. Semblable aux flots de l'eau, la spirale ne peut s'arrêter, « un début doit mener plus loin ». La spirale évoquerait les ondes provoquées par la chute d'une pierre dans l'eau ; ses couleurs emportées par le courant traduisent l'huile flottant à la surface. C'est une promenade à la fois champêtre et initiatique à laquelle nous convie Hundertwasser, un labyrinthe sur lequel notre regard glisse plutôt que d'être entraîné vers la profondeur. Des petites choses nous amarrent à la surface contre un courant qui pourrait nous emporter.
Friedensreich Hundertwasser disait :
« La spirale est exactement là où la matière inanimée se transforme en vie.


Je suis convaincu que l'acte de création s'est fait sous forme de spirale.


Notre terre décrit le déroulement de la spirale. Nous tournons dans un cercle, mais nous ne revenons jamais au même point, le cercle ne se ferme pas, nous venons seulement à proximité de l'endroit où nous avons été. Ceci est typique pour la spirale qui apparemment est un cercle qui ne se ferme pas.


La vraie et équitable spirale n'est pas géométrique, mais végétative, elle a des renflements, parfois plus mince et parfois plus épaisse et coule autour des barrières qui se dressent sur son chemin.
La spirale signifie la vie et la mort dans toutes les dimensions. À l'extérieur elle se dirige vers la naissance, vers la vie et puis par une dissolution apparente dans le surdimensionné, dans l'extraterrestre, dans des zones non mesurables.


Vers l'intérieur, elle se condense par concentration vers la vie et devient par après dans des petites régions infinies, ce que nous appelons la mort, car ceci dépasse notre perception qui tente à mesurer.
La spirale pousse et meurt végétative, c'est-à-dire que les lignes spiroïdales se déroulent tels que les méandres des fleuves et suivent loi de la croissance des plantes. Elle n'oblige en aucune façon le déroulement, mais elle se laisse diriger. En conséquence, il lui est impossible de faire des erreurs. »
Ses influences


Grand voyageur, différentes cultures ont jalonné sa vie et son œuvre. Nous pourrions noter l'influence des peintures de villes et de paysages d'Egon Schiele et les œuvres de Gustav Klimt. La tradition viennoise de l'Art Nouveau est très présente sur ses affiches, les textiles et dans la typographie. Puis encore l'abstraction, le surréalisme (transautomatisme), ...
En 1991 s'ouvre le musée Hundertwasser à Vienne.
Friedensreich Hundertwasser meurt d'une crise cardiaque le 19 février 2000, à bord du Queen-Elisabeth-II qui le ramenait de Nouvelle Zélande où il résidait une partie de l'année.
De nombreuses créations de Friedensreich Hundertwasser sont visibles en Autriche, mais aussi en Allemagne, en Suisse, au Japon, et jusqu'en Nouvelle-Zélande où le peintre-architecte s'était installé et où il a été enterré. Parmi les plus spectaculaires figurent :


• · L'Église St. Barbara à Bärnbach (Autriche) – 1987-1988
• · L'Ensemble résidentiel de Bad Soden am Taunus (Allemagne) – 1990-1993
• · L'Établissement thermal Rogner de Bad Blumau (Autriche) – 1993-1997
• · Le Kids Plaza d'Osaka (Japon) – 1996-1997
• · Le Lycée Martin Luther de Wittenberg (Allemagne) – 1997-1999
• · Le Maishima Incineration Plant d'Osaka (Japon) – 1997-2000
• · Le Marché couvert d'Altenrhein (Suisse) – 1998-2000
• · La Waldspirale de Darmstadt (Allemagne) – 1998-2000
• · La Citadelle verte Magdebourg (Allemagne) – 1999-2000
• · La Maison Ronald McDonald pour les enfants malades à Essen (Allemagne) – 2004-2005

Conclusion


Artiste, peintre, penseur et un architecte Hundertwasser se présente comme un médecin de l'architecture.
Quelques mots pour résumer :
• · Refus de la symétrie
• · Intégration spatiale des arbres, toits-terrasses
• · Alignement irrégulier des fenêtres
• · Clochers-bulbes et colonnes bombées de cylindres polychromes
• · Primauté aux couleurs naturelles (ocres, brique, chaux, etc.)


Il nous propose une réappropriation de l'espace urbain par ses habitants. Ses architectures avancent un environnement joyeux, aux lignes naturelles en rupture avec la ligne droite et aux couleurs prononcées.
Inspirée des formes de la nature, profondément vitaliste, amoureux de l'artisanat et de la démocratisation du beau, elle fut sacrifiée sur l'autel du rationalisme, de l'industrialisation et du projet de la modernité. Né après cette mise à mort, Friedensreich Hundertwasser a repris le flambeau de la lutte contre les lignes droites, de l'efficacité froide. Écologiste avant-gardiste, il fustige très tôt l'art de se complaire dans les eaux glacées du calcul égoïste où les artistes satisfont bien plus l'esthétisme géométrique et étriqué des élites que les aspirations chaleureuses des hommes à l'écoute d'eux-mêmes.
« Si quelqu'un rêve seul, ce n'est qu'un rêve. Si plusieurs personnes rêvent ensemble, c'est le début d'une réalité ! »
Hundertwasser choisit de représenter le monde tel qu'il devrait être, un monde dans lequel les humains vivent en harmonie avec la nature.


« Tout est infiniment simple, tout est infiniment beau ».

Portrait du Christ, gravure de Claude Mellan, 1649
A première vue, aucun lien entre Hundertwasser et cette gravure représentant le visage du Christ réalisée en 1649 par le français Claude Mellan. Mais, à y regarder de plus près, on y trouve la réponse au bout du nez !
L'oeuvre de Claude Mellan est constituée d'une seule et même ligne ! Gravée en spirale, à partir du divin nez, cette ligne unique se développe avec régularité sans jamais s'interrompre. Les détails et les volumes sont suggérés par l'artiste en faisant seulement varier l'épaisseur du trait.
Sources
· http://www.edunet.ch/activite/peintres/galerie/hundertwasser.html
• · http://fr.wikipedia.org/wiki/Friedensreich_Hundertwasser
• · https://jardinons.wordpress.com/2009/01/18/hundertwasser/
• · http://www5.ac-lille.fr/~ienarras4/IMG/pdf/No077desOeuvresauxMaitres_Hundertwasser_1.pdf
• · http://artips.fr/?f=5e767edab8
• · http://fr.wikipedia.org/wiki/Hundertwasserhaus
• · http://www.hundertwasser.at/francais/werk/malerei/malerei.php
• · http://www.mchampetier.com/oeuvres-vendues-de-Friedensreich-Hundertwasser-2215-0-art-et-estampes.html
• · http://www.passion-estampes.com/deco2/hundertwasser-vangogh-59×84.html
• · http://laterredabord.fr/?p=18145
• · http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs/hundertwasser-ou-larchitecture-conviviale-2/
http://e-cours-arts-plastiques.com/friedensreich-hundertwasser-artiste-ecologiste-engage/

Ce professeur et chercheur UCAD Babacar Mbaye DIOP,vient de publier un nouveau calendrier 100% sénégalais- Les prénoms typiques Par: Khady Cisse

 

Ce professeur et chercheur UCAD Babacar Mbaye DIOP,vient de publier un nouveau calendrier 100% sénégalais- Les prénoms typiques Par: Khady Cisse

« Une nouvelle génération d'intellectuels productive et qui ne veut que découvrir et transmettre. Rien ne doit les polluer ; ils refusent de se compromettre. Tout reste dans le cœur de la science productive. Notre patrimoine a des choses à dire, il faut savoir enquêter et donner des réponses plutôt que de se lancer dans une certaine politique qui ne fait que corrompre les intelligences » P B CISSOKO

Le Pr. Babacar Mbaye Diop tenant le calendrier sénégalais, fruit de 12 années de recherche.


Correction : Cet article publié le mercredi 11 avril à 18h15 a été modifié et corrigé. En effet, notre rédaction a eu écho de la publication antérieure de deux autres calendriers sénégalais, dans les années 80 et en 2016, ce qui implique que le professeur Babacar Mbaye Diop n'est pas le premier à avoir eu cette idée. Ainsi, le titre de l'article est donc passé de « Ce professeur vient de créer le tout premier calendrier 100% sénégalais » à « Ce professeur vient de publier un nouveau calendrier 100% sénégalais ». Le corps du texte a également fait l'objet de quelques modifications, notamment la mention des calendriers antérieurs et de leurs initiateurs. Nous nous excusons auprès de nos lecteurs pour cette publication erronée et veillerons à ce que ce type d'erreur ne se reproduise plus.


Docteur en philosophie de l'art et Directeur de l'Institut Supérieur des Arts et de la Culture (ISAC), le professeur Babacar Mbaye Diop a récemment publié une nouvelle version du calendrier sénégalais, d'autres versions ayant été ultérieurement lancées, respectivement par trois jeunes concepteurs réunis en le collectif FayDiaFal, en 2016, et dans les années 80, par le défunt professeur Albert Thioungal Faye.
Tout commence en 2006. Cette année-là, le professeur Babacar Mbaye Diop et son épouse accueillent leur deuxième enfant, une petite fille. Las de se plier à la coutume sénégalaise qui veut que les nouveaux-nés portent le nom d'un membre de la famille, d'un ami proche ou d'une personnalité religieuse (musulmane ou chrétienne le plus souvent), ils décident de donner un nom typiquement africain à leur fille, sans connotation religieuse ni homonymie complaisante. Ainsi, l'enfant s'appelle Ndiambo Ayana et porte donc deux prénoms, respectivement d'origines sérère et swahili.

« Nous nous sommes dit que si nous ne le faisions pas, nos enfants oublieraient complètement que nous avions des prénoms africains avant de devenir musulmans ou chrétiens ». – Pr. Babacar Mbaye Diop
Cette anecdote familiale eu vite fait de se convertir en projet de recherche. Par conséquent, plutôt que de rédiger un article scientifique –qui aurait probablement pris la poussière dans une bibliothèque et profité à une petite portion de la population, le professeur de philosophie à l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD) a décidé de créer un calendrier gratuit et uniquement composé de prénoms issus des différentes ethnies présentes au Sénégal, notamment les Wolofs, les Peuls, les Séréres, les Manjaques, les Diolas, etc. Sans impulser un rapport confrontationnel entre culture et religion, cette initiative vise à promouvoir et préserver les prénoms africains, une partie intrinsèque de la transmission culturelle à travers les générations.


« On peut être musulman, chrétien, ce qu'on veut, mais il faut garder sa culture, ce que nous sommes réellement. On nous a fait croire que nous n'avIons pas de culture, que nos religions étaient des religions païennes, Et nous y avons cru. C'est là que se situe mon combat ». – PR Babacar Mbaye Diop


Au cours des dernières années, le Pr Diop, par ailleurs ancien Directeur de la Biennale des Arts (2012-2014), a pu répertorier plusieurs pépites linguistiques. Par exemple, en wolof, il suffit de rajouter le préfixe Ma à un prénom féminin pour que celui-ci devienne masculin. En l'occurrence, les prénoms Coura, Penda ou Yacine, régulièrement portés par des femmes, se transforment en Macoura, Mapenda et Mayacine pour les hommes. Autre exercice fréquent, placé devant un nom de famille, le préfixe Ma compose un prénom. Ainsi, Diop, Cissé ou Ndiaye étant des noms de familles, deviennent Madiop, Macissé et Mandiaye.


« Il y a une richesse extraordinaire dans les prénoms africains ». – Pr Babacar Mbaye Diop


Seul regret, il n'a jusqu'ici pas pu renseigner les noms de mois et de jours en wolof, sachant que ceux qui sont couramment utilisés sont, en réalité, des adaptations de la langue arabe et font référence à des évènements religieux (Tabaski, Korité, Koor, Tamkharit...). De fait, pour la prochaine impression, prévue en fin avril, le chercheur prévoit de mentionner les mois et jours en pulaar, s'il ne trouve pas les versions en wolof. En effet, il se trouve qu'au Sénégal, les Peuls font partie des quelques ethnies qui ont su préserver l'authenticité de leur langue. Pour lui, si leur influence se fait autant ressentir, c'est certainement parce que les Wolofs ont très tôt été en contact avec l'Occident et l'Orient.


Se réclamant disciple du professeur Cheikh Anta Diop et grand admirateur de l'ancien président Léopold Sédar Senghor, ces deux personnages historiques dépeints comme de farouches adversaires idéologiques, quitte à paraître ambigu, Babacar Mbaye Diop considère que leurs idées atteignaient parfois une phase de convergence. Il fait notamment référence à l'art africain et le rôle primordial de l'Egypte dans l'élaboration de la civilisation humaine.


Concernant les autres chantiers culturels qui devraient être soutenus davantage, le chercheur cite le projet Histoire du Sénégal des origines à nos jours, du Pr Iba Der Thiam, mais aussi la nécessité de diffuser plus de programmes locaux à la télévision et moins de séries hindoues, de telenovelas et de programmes américains.
« Si, au Sénégal, on préfère regarder un film américain plutot qu'un film de Sembène Ousmane, il y a un problème. Le développement, c'est d'abord un état d'esprit ». – Pr Babacar Mbaye Diop
Soulignant que la force de puissances économiques telles que les Etats-Unis ou la Chine est sans nul doute la culture, il souhaite que les Africains reprennent eux aussi possession de leurs identités et se débarrassent d'un quelconque sentiment d'infériorité. Musulman mais indiquant préférer les noms ceddo (traduit en le terme païens, en français), ce spécialiste en arts et culture considère qu'un individu ne peut et ne doit pas se départir d'une partie de lui-même.
« La pire des colonisations n'est ni politique ni économique, elle est culturelle parce qu'elle nous arrache notre identité ». – Pr. Babacar Mbaye diop
La première impression de 1 000 exemplaires ayant été financée par la Direction du patrimoine du ministère sénégalais de la Culture, le professeur Diop est en attente d'un autre financement pour distribuer gratuitement 10 000 autres calendriers, tout particulièrement dans les centres culturels régionaux. Le cas échéant, il affirme être prêt à financer cette seconde impression par ses propres moyens. Pour le moment, les recherches et l'éveil des consciences continuent. Dans le futur, à l'instar de sa jeune fille, Babacar Mbaye Diop souhaite que plus d'enfants portent fièrement des noms qui reflètent fidèlement leur héritage culturel.
« Je lance un appel à tous les Africains, toutes confessions confondues, afin qu'ils préservent leur identité, ce qui les distingue des autres. Avec la mondialisation, on peut s'ouvrir, mais avant cela, il faut s'enraciner, comme le disait le président Senghor ». – Pr Babacar Mbaye Diop
Si vous souhaitez vous procurer le calendrier, vous pouvez vous rendre à l'Institut supérieur des Arts et Cultures (ISAC), situé à l'intérieur du Musée Théodore Monod, à Dakar. Il est gratuit et destiné à être partagé dans un large réseau.
https://happyinafrica.com/reussite/ce-professeur-vient-de-creer-le-tout-premier-calendrier-100-senegalais


Quelques prénoms sénégalais


Sabi (garçon bassari)
Keeba (chef de famille en manding)
Maciya (prénom féminin bassari)
Pennda (3e fille)
Felwin
Goora (brave homme)
Wopaa (Ken Bigul en pular)
Sedar
Koode (étoiles en pular)
Daba (message)
Yero (4e garçon)
Mati (celle qui est juste)
Yumma (lait nourricier venant du NIl)
Ceerno (le savant)
Paate (2e fils en pular)
Musu (fille en socé)

AUDIO

Les enfants ne sont pas
Epouses africaines
  https://youtu.be/bbus9GJ3OxA Ces femmes qui refusent de participer au budget familial ...
Rentrée Scolaire :
  VOICI LE LIEN https://youtu.be/V7rGqslDhOA ...

Video galleries

logotwitterFacebook