Art & Culture

Une présence sur scène pendant 40 ans : Cheikh Ndiguel LO est un grand de la musique sénégalaise et Badou est son batteur

 

Badou le batteur dans l'ombre et C Lo et ses invités

Cheikh Ndiguel Lo fêtait ses 40 ans de musique hier. Un évènement auquel Youssou Ndour a tenu a participé, faisant au passage un duo d'enfer avec le Baye Fall de la musique Sénégalaise. On a aussi noté la présence sur scène de Maréma, Ismael Lo et Omar Pène et de le ministre de la Culture avec une forte délégation.
Il joue et pratique la musique sans tympaniser nos oreilles, tout est recherche harmonieuse. Le geste est approprié, à 60 ans il esquisse des pas de danses attendues et on soupçonne sa sportivité. Avec mes amis Philipe M et Carole nous nous rendons au just 4 for you pour voir jouer Badou le batteur du groupe. On y retrouve le frère Sadio Keita impatient de voir le groupe. Comme mise en bouche nous avons eu droit à la belle proposition musicale du « groupe Takeifa crée une association d'assistance aux albinos carealbinos.org- ». Puis vient le groupe de cheikh Lo et Carole de me faire une confidence ; c'est le groupe que j'apprécie le plus au Sénégal, mais je me pose toujours la question sur les longs cheveux. Ecoutons parler cheinkh lô. Il joue et chante dans plusieurs langues ce qui est une invitation au voyage. P B CISSOKO

Comment vous définissez vous ?


« Je me définis comme un simple Baye Fall, appelait Cheikh Ndiguel Lo. Un Baye Fall qui a trimbalé sa bosse un peu partout, avec sa petite guitare...Un genre de troubadour. Je suis un artiste ! »
C'est la musique qui vous a choisi ou l'inverse ?
« A bas âge j'étais attiré par la musique. Tout le monde savait dans la famille que tôt ou tard ce jeune-là serait un musicien. Je peux dire que la musique m'a accueilli à bras ouvert. Cette année je fête mes 40 ans de musique. On va les fêter en 2016, le 30 Avril. Ca coïncide d'ailleurs avec l'anniversaire de mon fils.
Le 12 Septembre pour la première fois, je fête mon anniversaire, mes 60 ans. Je les fêterais au Just 4 U et avec la sortie internationale du disque Balbalou, on compte offrir pour l'occasion quelques albums. »


Justement parlez-moi de Balbalou ?


« Cet album est pour moi, la consécration de 40 années de carrière écoulées. J'ai travaillé avec un nouveau label, qui a produit cet album. On a eu quelques idées. Ils m'ont proposé une collaboration avec Flavia Coelho, une artiste brésilienne et Fixi, l'accordéoniste pour le titre Degg Gui, Oumou Sangaré, sur le titre Doyal Naniou, et Ibrahim Maalouf, le jazzman qui a fait la trompette sur le titre éponyme Balbalou. On a fait l'enregistrement à Stockholm, chez un bassiste qui a participé à 3 des titres de l'album. Il a aussi fait toutes les prises de son et le mixe de l'album.
On a passé une semaine là-bas. Ce qui est assez étonnant, c'est qu'on a réalisé l'album en 5 jours, pas plus ni moins, les dix titres ! En générale on travail des mois sur un morceau. Mais là ; on a avait déjà fait la maquette à Dakar. Les musiciens connaissaient leurs partitions. On a enregistré en live et sans le clic du métronome. On partait avec un décompte comme sur scène.


Le disque fait son chemin. Il est sorti le 01 juin en France, le 08 en Angleterre et il y'a deux semaines au Brésil. Là, je rentre d'un concert du Japon, il y est également disponible. On a sorti Balbalou en format digitale, Cd et 33 Tour. En Juillet, le disque rentrait dans le top 10 et occupait la première place. En Aout, on nous a signalé que le Womex (World Music Expo) me nommer Meilleur Artiste de l'année 2015. Je dois d'ailleurs jouer le 25 Octobre à Budapest.
Donc en deux mois, il y'a eu toutes cette consécration. L'album Balbalou a rempli les attentes que j'avais. Maintenant on le laisse faire son chemin. On essaye de bien exposer tous ce qu'on a faits. Voilà le fruit de 40 années de travail. »


http://www.wakhart.com/cheikh-ndiguel-lo/

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L'art de la récupération au Sénégal : lutter contre la pauvreté en redonnant une seconde vie aux objets destinés à la déchetterie

 

Jacques Bugnicourt, fondateur et secrétaire-éxécutif d'Enda. Sa vie a été un acte de foi dans l'Afrique. On ne peut parler de récupération sans citer cet homme généreux, ce l'abbé Pierre du Sénégal et de l'Afrique.
Il a su donner de l'énergie, des idées pour insérer les jeunes pauvres. Eduquer, former, accompagner, les pauvres c'est aider au décollage du pays, c'est aussi redonner une dignité aux gens.
Tout ce que la société consomme puis (re)jette, les artistes et artisans dakarois le récupèrent. Très vite, le déchet se transforme en objet d'art. C'est beau et ça fonctionne : ça change. Donner une seconde vie est un acte ethique et citoyen.


Pape B CISSOKO

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Mort de Zaha Hadid, la lionne faite architecte : une autre vision de l’architecture innovante  Morte à 65 ans d’une crise cardiaque   Statut de popstar Née en 1950 à Bagdad, en Irak, son éducation aurait d’abord été confiée à des religieuses français

 

Mort de Zaha Hadid, la lionne faite architecte : son architecture est dite organique , elle ose bousculer les codes et les regards.PBC
Morte à 65 ans d'une crise cardiaque

Statut de popstar


Née en 1950 à Bagdad, en Irak, son éducation aurait d'abord été confiée à des religieuses françaises, ce qui ne transparaissait guère, ni dans son usage de la langue de Molière, ni dans la carrière fantasque et fantastique de cette femme au statut de popstar, au physique fellinien, à la voix sombre et chaude. En 1960, son père, Muhammad Hadid, riche industriel et politicien libéral, l'envoie en Suisse avec ses deux frères. D'où elle repart bientôt pour commencer des études de mathématiques à Beyrouth. Comment imaginer alors qu'une femme puisse devenir architecte ? L'idée n'est pas incongrue à la prestigieuse école de l'Architectural Association (AA), à Londres, « l'Académie des Frankenstein », pour le prince Charles, défenseur d'une très classique urbanité. En 1972, Zaha Hadid s'y choisit comme professeur et maître à penser Rem Koolhaas, qui, lorsqu'elle obtiendra son diplôme en 1977, parlera d'elle comme d'une « planète à l'inimitable orbite ». Il dira plus tard de son travail : « Ce qu'il y a d'unique dans son œuvre, c'est la combinaison d'une énergie énorme, et d'une infinie délicatesse. » Elle-même définit ainsi son mouvement spatial : « Je me suis sentie limitée par la pauvreté du traditionnel principe de dessin architectural et j'ai recherché de nouveaux moyens de représentation.»

Parallèlement à sa carrière d'architecte, Zaha Hadid avait enseigné dans les plus prestigieuses institutions internationales, dispensant son savoir à l'AA, à l'Ecole supérieure de design de l'université Harvard, à l'Ecole d'architecture de Chicago, ou à l'université des Arts appliqués de Vienne... Se faisant alors théoricienne, elle se montrait peut-être moins laconique. On retiendra d'elle des sentences comme :

« L'architecture est d'avant-garde lorsqu'elle est tournée vers les usagers, qui sont trop souvent oubliés. » Ou : « Une architecture d'avant-garde transforme l'espace public en espace civique. »


Artiste conceptuelle


Du nouveau musée d'art contemporain de Rome (le MAXXI), ouvert en 2010, à l'opéra de Canton, inauguré le 25 février 2011 ; de Cardiff – encore un opéra – à l'usine BMW de Leipzig ; de Cincinnati (encore un centre d'art) à Manchester (une salle de concert), Zaha Hadid, dont les volumes suscitaient inquiétude ou horreur jusqu'à la fin du XXe siècle, a imposé sa vision de l'architecture à peu près partout, même en Angleterre, sa seconde patrie, qui avait commencé à l'accepter longtemps après Bâle, Strasbourg, Pékin, Séoul, Taïwan, Naples, Milan, Barcelone, Rabat, et, en France, Montpellier (centre administratif Pierresvives) et Marseille (tour CMA-CGM). Paris l'ignorait – à l'exception du pavillon Chanel, venu de Londres et remonté au pied de l'Institut du monde arabe –, ce qui n'a pas empêché l'inévitable éclosion de quelques sous-produits, plus ou moins inspirés des galbes de Zaha Hadid, machines molles parfois réunies par la critique sous l'appellation d'« école Zorglub », d'après le personnage de BD joliment décrit par Wikipédia comme une « délirante modernisation du classique savant fou ». Zaha Hadid était un peu délirante, sûrement moderne, certainement pas folle.

En vérité, ses dessins, éclatés, déchirés, rassemblés, colorés sur fond noir font d'elle une artiste conceptuelle, petite fille énervée des suprématistes russes, qu'on imagine mal passer des murs d'une galerie aux trois dimensions de l'architecture.
Si l'on avait pu faire d'elle une des principales figures du déconstructivisme, un courant qui refuse l'ordre linéaire de l'architecture moderne, son style reposait très librement sur l'utilisation de lignes tendues et de courbes forcées, de formes pointues et de plans superposés qui donnaient à ses créations complexité et légèreté.


Caractère terrible


Illustre provocateur lui-même, maître à penser de la scène urbaine internationale, visionnaire adulé des uns et détestés des autres, grand découvreur de talents susceptibles de lui être confrontés, Koolhaas avait fait d'elle une des collaborateurs de l'OMA, l'Office for Metropolitan Architecture, l'agence qu'il a fondée avec Elia Zenghelis en 1975 à Rotterdam. Mais Zaha Hadid devait se séparer de son mentor dès 1979 pour créer sa propre agence. Et apprendre à manger de la vache enragée qu'elle faisait partager à un entourage principalement mâle, et soumis.
La femme ressemblait à son œuvre : un physique improbable, tripartite, comme on dit des colonnes ou des gratte-ciel de l'entre-deux-guerres, et qu'elle assumait superbement. Deux jambes sous-dimensionnées par rapport à un buste taurin, posées sur des chaussures volontiers fantaisistes. Le tout était surmonté d'une tête empruntée à quelque déesse d'Asie mineure. Chevelure abondante, visage étonnamment expressif, encadrant des yeux aussi propres à jeter des éclairs qu'à prodiguer passion, humour et une forme de tendresse pour les lions des arènes. Surtout lorsqu'ils s'étaient éloignés d'elle, ses collaborateurs (ils sont désormais plus de quatre cents dans l'agence), lui prêtaient un caractère terrible qui ne supportait pas les ratés. Ses clients apprenaient vite à accepter son intransigeance, et à supporter ses caprices. La presse, elle, poireautait des heures durant en attendant un entretien pourtant soigneusement fixé. A bien y regarder cependant, ce comportement dilatoire par rapport aux mots semble relever d'une forme de timidité, qu'on retrouve aussi chez Koolhaas : comment éviter d'exprimer des pensées, qui seront gravées dans le marbre, quand vos idées sont par essence changeantes et profondément liées aux intuitions du dessin, de la main ?


Une gestuelle sensible et sensuelle


Depuis 1988, Zaha Hadid était parvenue à contourner le problème : elle avait pris comme principal partenaire de l'agence qui porte son nom, l'architecte, professeur et théoricien Patrik Schumacher. Son discours est l'un des plus austères, auprès duquel les pensées de Schopenhauer ou de Derrida semblent d'aimables bavardages. Grand inventeur de néologisme, il a récemment épaté la biennale de Venise avec le concept de « parametricime », nouveau style architectural, propre à définir celui de Zaha Hadid. « Après le modernisme, le post-modernisme et de déconstructivisme », il « vise à créer des champs permettant d'exprimer la complexité, un urbanisme polycentrique et une architecture dont les couches soient à la fois denses et continuellement différenciées ». Schumacher a également enseigné à l'Architectural Association. En fait de style, il s'agit d'abord de faire avaler aux ordinateurs des paramètres, formels, techniques, humains, qui leur sont peu familiers, pour recueillir à la sortie des modèles constructifs bien éloignés des canons de l'Antiquité.


Peut-être est-cela, Zaha Hadid, mais au-delà des mots, son aventure architecturale semble plus proche d'une gestuelle sensible et sensuelle que d'un programme théorique, si subtil soit-il.
Cette aventure avait commencé étrangement sur les marches orientales de la France. Après deux essais décoratifs à Londres et à Sapporo, elle construit en 1994 la caserne de pompiers des usines de meubles Vitra à Weil am Rhein, en Allemagne. Spectaculaire, l'édifice commandé par Rolf Fehlbaum, PDG de Vitra et grand collectionneur d'architecture, donnait cependant le mal de mer aux soldats du feu, et avait été converti depuis en présentoir à meubles et en bureaux. A Strasbourg, en 2001, elle dessine le terminus de tramway de Hoenheim, à la fois édifice et occupation urbaine, dont les pieds déjantés, comme ceux de Vitra, ont d'abord inquiété le public qui, ici comme ailleurs, s'y est finalement fait. Le vocabulaire plastique de Hadid était peu à peu entré dans les images tolérées, puis acceptées, aimées enfin comme le sont ceux de Frank Gehry, autre Pritzker Prize, et de tous les architectes « formalistes ». Avec le Pritzker en 2004, les commandes ont afflué selon une courbe exponentielle. A l'instar des grands noms de la mode et du cinéma, Zaha Hadid était désormais traitée en star. On l'appelait aussi la « diva », ce qui avait le don de l'exaspérer. Ses fans le savaient, qui l'ont accueillie un jour avec des T-shirts portant l'inscription « Me traiterait-on de diva si j'étais un mec ? »


Hadid aura appartenu à un moment particulier de l'architecture qui permet à la construction d'échapper, au moins en apparence, à la tyrannie de la pesanteur et aux impératifs de l'angle droit. L'informatique, autant que les nouveaux matériaux, ont rendu possibles des projets et des formes qui seraient naguère passés pour des insultes à la raison. Les formes que l'architecte anglo-irakienne imaginait ont ainsi pu passer du rêve à la réalité grâce aux travaux d'ingénieurs tels que Cédric Price (1934 – 2003), rencontré au début de sa carrière, ou à ceux de l'agence Arup. En 1955, après le Poème de l'angle droit, suite de lithographies publiée en 1955 par Le Corbusier, voici donc advenu, avec Zaha Hadid et quelques autres architectes, le temps des poètes de l'espace courbe, dans le droit fil, après tout, des théories d'Einstein.

Frédéric Edelmann Journaliste au Monde http://www.lemonde.fr/architecture/

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Restauration terminée : La Vénus du Pardo va-t-elle voler la vedette à une autre vedette du Louvre. Verdict à partir du 30/03/2016.

 

Cette représentation, qui semble illustrer l'histoire d'Antiope racontée par Ovide (Métamorphoses, VI, 110-111), est la première des grandes mythologies peintes par Titien pour Philippe II d'Espagne. Elle était destinée au château du Pardo, lieu de loisir royal près de Madrid. L'analyse stylistique du tableau révèle que Titien a modifié une bacchanale commencée plus tôt dans sa carrière en complétant le paysage et en ajoutant des scènes de vénerie, afin de créer une évocation poétique des plaisirs de la campagne, la chasse et le repos.


Collection de Louis XIV, acquis des héritiers de Mazarin en 1661
Département des Peintures

UNE « POÉSIE PEINTE »


Rien de tout cela, en revanche, pour La Vénus du Pardo, le plus grand tableau mythologique de Titien (près de 2 m sur 1,4 m), une « poésie peinte », selon les termes du spécialiste de la peinture italienne du XVIe au Louvre, le conservateur Vincent Delieuvin. L'œuvre est en si mauvais état qu'une réflexion de près de dix ans s'est imposée avant que la moindre opération soit même envisagée : « De toute ma carrière au Louvre, je n'ai jamais vu une restauration aussi compliquée », avoue Vincent Pomarède.


PREMIÈRE PHASE DÉBUTÉE EN 2010


La première phase de restauration a débuté en juin 2010. La toile a été débarrassée de ses vernis oxydés et superposés en couches épaisses et de ses repeints – depuis les plus récents (1993) jusqu'à ceux du XIXe –, dans le laboratoire du Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF). Une affaire complexe et minutieuse, tant l'œuvre a souffert et est endommagée. Face au tableau, posé sur un chevalet en pleine lumière naturelle dans le laboratoire du C2RMF, Vincent Pomarède, directeur du département des peintures du Louvre, se réjouit : « A 95 %, l'image finale du Titien a été retrouvée avec la pureté du visage de Vénus. Il n'y a plus d'état d'âme sur son attribution. Titien était jeune. »
Vraisemblablement initiée en 1520, la scène mythologique représentant Jupiter et Antiope aurait eu un premier commanditaire italien avant d'être offerte à Philippe II d'Espagne en 1552 pour sa résidence de chasse du Pardo. Puis, donnée en 1623, par Philippe IV au futur Charles Ierd'Angleterre. Enfin acquise par Mazarin après l'exécution de ce roi en 1649, elle fut remise, en 1661 à Louis XIV par les héritiers du cardinal. Avant d'être brinquebalé en charrette jusqu'en Espagne puis malmené sur l'Atlantique, et pendant la traversée de la Manche, le tableau resta trente ans dans l'atelier du Titien, à Venise.


L'ARTISTE SUPRIME UN VILLAGE, AJOUTE UN ARBRE


Sans cesse, l'artiste en reprend l'iconographie et la composition, directement à la peinture, sans passer par le dessin. Aucun témoignage ne subsiste des différentes étapes. Pas de copies de ses élèves, comme il en existe pour la Sainte Anne de « Léonard », restée vingt ans dans son atelier.
Ce sont les récentes analyses et la « réflectographie » à l'infrarouge qui ont livré les secrets du tableau jusqu'au pinceau de Titien. Le Vénitien supprime un groupe de cavaliers, un village, une baigneuse assise, dont on devine la jambe et la courbe du dos ; il ajoute un arbre dans lequel il met en scène Cupidon. Et rallonge la toile de 70 cm, sur la gauche, pour représenter des chiens de chasse.


TRÈS MAUVAIS ÉTAT

"Jupiter et Antiope", dit "La Vénus du Pardo", de Titien, en cours de restauration (huile sur toile 196 x 385 cm) : après nettoyage et vernissage intermédiaire et avant retouche de la couche picturale. C2RMF/JEAN-LOUIS BELLEC
Le « nettoyage » atteste du très mauvais état de la toile avec ses accidents, lacunes, tâches laissées par des mastics de toutes couleurs. Il met aussi en évidence la fragile grâce de Vénus en Antiope séduite par Jupiter sous le masque du satyre, de la main du maître – et non pas de celle d'Antoine Coypel, peintre de Louis XIV, comme certains le laissaient entendre.
La complexe compréhension du tableau s'explique par la dizaine de restaurations subies avant même d'entrer dans les collections françaises à la fin du XVIIe siècle. Dès 1688, il est une première fois ré-entoilé et Coypel intervient pour réparer les dégâts d'un restaurateur négligent. Depuis cette date, toutes les opérations seront documentées. Comme la transposition de la couche picturale, redoutable procédure réalisée en 1829-1831 qui conduisit à la suppression des repeints antérieurs.


RETOUR EN 2015


Aujourd'hui, les couleurs du Titien ont retrouvé de la transparence. L'aiguière est réapparue, elle était totalement masquée par les couches jaunâtres de vernis. Comme la peau de lynx sur laquelle Vénus est étendue. Patricia Vergès et Franciziska Hourrière, les deux restauratrices, avouentprocéder « comme des commissaires sur le lieu d'un crime, à la recherche de traces matérielles pour comprendre le tableau », précise Mme Vergès. Reste à réaliser les retouches pour combler les lacunes.

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