Art & Culture

L'hommage du rappeur Didier Awadi à l'écrivaine militante Aminata Traoré

Le rappeur sénégalais Didier Awadi est connu pour ses textes engagés et panafricanistes. Mais sa réflexion politique n'aurait sans doute pas connu la même évolution sans une rencontre déterminante: celle avec l'écrivaine militante malienne Aminata Traoré à qui il rend hommage.

C’est dans son studio, le studio Sankara, que Didier Awadi reçoit. En dessous vit sa maman, Marie Alice Sylva Evora. Bien évidemment, lorsqu’on a demandé au rappeur d’évoquer une femme qui marque sa vie, il a pensé à elle. Partout dans ses locaux, Awadi a accroché des portraits des militants et activistes du panafricanisme : Sankara, Lumumba, Cabral pour ne citer que ceux-là. La discussion s’engage sur ce terrain et un nom revient sans cesse, celui d’Aminata Dramane Traoré, la seconde maman du chanteur, sa maman « politique ».

« Aminata est généreuse, très généreuse », attaque Didier Awadi. « Elle n’a pas l’âge du hip-hop, mais elle a la curiosité, l’humilité. Et elle sait tendre la perche à des jeunes parce qu’elle croit en leurs idées ». Cette perche, l’écrivaine militante l’a justement tendue il y a plus de 20 ans au rappeur qui était alors au début de sa carrière, au début de sa découverte du panafricanisme : « Quand on me parle d’une femme activiste qui m’inspire chaque jour, je pense donc à Aminata Dramane Traoré ».

La rencontre

« On s’est rencontré à Bamako, en 1997. Aminata était alors ministre de la Culture », raconte Awadi. « Avec notre groupe, le Positive Black Soul, on a joué dans un festival, elle a demandé à nous rencontrer avec Duggy Tee ». Le rendez-vous est calé dans le restaurant d’Aminata Dramane Traoré. « On arrive, on se salue, il se passe quelque chose. Je vois cette dame très grande, élégante, dans sa tenue africaine. J’ai été impressionné, bluffé par le personnage ».

Didier Awadi et Aminata Dramane Traoré ne sont pas de la même génération, mais ils découvrent que leurs philosophies, leurs idéaux sont proches, la connexion est donc évidente, immédiate. Ce premier jour, la discussion s’engage ainsi sur le militantisme. Didier Awadi explique : « Habituellement, quand on veut nous voir, c’est pour nous tirer les oreilles. Aminata avait entendu notre chanson qui dit "l’Afrique n’est pas démunie mais seulement désunie". Elle demande qui a écrit ce texte. On répond presque timidement que c’est nous. Elle nous dit qu’elle aime beaucoup. Je pense qu’elle se retrouvait dans cette chanson, on avait mis des mots sur son combat. Et c’est comme ça que tout a démarré ».

Adopté

Si parfois le temps casse les liens, entre l’écrivaine et le rappeur, au contraire, les années n’ont fait que renforcer leur relation. « Depuis ce jour, elle m’a adopté, je l’ai adopté », explique le rappeur. « C’est une intellectuelle très rigoureuse, Sankara disait qu'il faut une formation politique et idéologique. Aminata a accéléré ma formation politique et idéologique, car elle est rigoureuse autant dans sa démarche littéraire, scientifique et économique ».

Cette formation sur le tas se concrétise dans des actes concrets. « C’est chez elle que j’ai préparé mon album "Un autre monde est possible", notamment le morceau "J’accuse" travaillé dans sa cour avec Toumani Diabaté à la kora ». Pour affiner ses textes, Awadi s’appuie sur les causeries avec l’écrivaine, mais aussi sur ses livres. « Je me suis beaucoup inspiré de ses écrits. Si tu cherches de l’inspiration, il faut lire "Le viol de l’imaginaire". "L’étau" aussi m’a beaucoup inspiré, qui parle de la dette des pays du tiers-monde ».

«Elle ne fuit pas son rôle»

Ces échanges permanents entre Bamako et Dakar poussent la militante à aller plus loin, à emmener Didier Awadi à la rencontre d’activistes, de chercheurs partout dans le monde. « C’est une personnalité qui n’arrête pas de chercher. Elle est en perpétuel questionnement, quitte à avoir des positions impopulaires, mais elle prend ce risque car c’est son rôle d’intellectuelle. Elle ne fuit pas son rôle ». Awadi se retrouve ainsi embarqué en Amérique du Sud. « C’est elle qui m’a emmené au premier forum social mondial à Porto Alegre puis à d’autres en Afrique. Elle m’a fait rencontrer des intellectuels, des économistes, des gens qui réfléchissent ». Dans le pas d’Aminata Traoré, le rappeur peut ainsi plonger dans des sujets qui l’intéressent. « C’est là que j’ai compris ce qui se passait avec les accords de partenariat économique. C’est en 2005 que je rencontre par exemple Nicolas Agbohou et d’autres intellectuels africains qui nous expliquent quels sont les vrais enjeux sur le franc CFA ».

Seconde maman

Didier Awadi a toujours maintenu les échanges. « Aminata lit mes textes, je lis les siens. Elle continue de m’accompagner et notre relation va plus loin ». Cette nouvelle étape, familiale cette fois, s’est déroulée le jour où Aminata a rencontré la mère du musicien. « Elle est venue à Dakar, elle a tenu à voir ma mère. Elle lui a dit "Madame, Didier n’est pas votre fils à vous tout seul, c’est mon fils aussi". Ma maman avait beaucoup entendu parler d’elle, elle lui a dit "franchement je suis d’accord avec vous". Maintenant officiellement je peux le dire, j’ai deux mamans ».

Militantisme et affection sont donc liés dans cette rencontre. « Aminata est humaine, elle n’est pas un prophète. Et on a besoin de femmes de cette trempe en Afrique. Quand les femmes assurent le leadership, les hommes suivent facilement. On a tellement essayé avec les hommes, ça n’a pas vraiment marché, il est temps que l’on fasse plus confiance aux femmes ».

RFI

Oxfam: le chanteur sénégalais Baaba Maal renonce

Le chanteur sénégalais Baaba Maal a annoncé sur la BBC sa démission de son rôle d'ambassadeur de l'ONG Oxfam, éclaboussée par un scandale sexuel, devenant la deuxième célébrité à claquer la porte après l'actrice britannique Minnie Driver.

"Ce qui s'est passé, sur le plan humain, est répugnant et déchirant", a-t-il déclaré mardi soir dans l'émission BBC Newsnight.

"C'est très triste. Les personnes vulnérables, particulièrement les enfants, devraient toujours être protégées", a-t-il ajouté. "De ce fait, je me dissocie immédiatement d'Oxfam".

L'ONG basée en Grande-Bretagne Oxfam est au centre d'un scandale après des révélations sur le recours à des prostituées et de potentiels abus sexuels commis par certains membres de son personnel en Haïti, au Tchad et au Soudan du Sud, mais aussi dans ses boutiques au Royaume-Uni.

Elle est aussi accusée de dysfonctionnements, n'ayant pas signalé les agissements de ces personnels, notamment ceux du Belge Roland Van Hauwermeiren, ancien directeur au Tchad et en Haïti, cible de plusieurs accusations. Ce dernier a estimé jeudi dans la presse belge que certains faits avaient été exagérés.

Mardi soir, l'actrice et chanteuse britannique Minnie Driver, nommée au Oscars, avait été la première célébrité à annoncer renoncer à son rôle d'"ambassadrice" d'Oxfam. Le scandale a aussi entraîné la démission lundi de la directrice générale adjointe d'Oxfam, Penny Lawrence.

La ministre britannique au Développement international, Penny Mordaunt, a réclamé mercredi un changement radical dans la façon de travailler des ONG, dont Oxfam, afin d'empêcher les abus sexuels, menaçant de leur couper l'aide gouvernementale.

Slate.Afrique

Les Histoires de Nafi et de Khadija: Bande dessinée! Aissatou CISSE

 

« Il faut parler de nos écrivaines et écrivains. Nous devons aider l'édition africaine mais les éditeurs doivent apprendre à marqueter. La diffusion est nulle et inefficace hélas. Quand on publie un auteur il faut faire une promotion d'envergure digne- Pour le respect des handicapés comme chiffre Absolu».P B C


• Publications produites par des organisations amies du WLUML
• Afrique de l'Ouest Sénégal Renforcer le pouvoir des femmes
Publication Author:
WLUML

Au Sénégal, les femmes et les fillettes en situation de handicap sont, tous les jours, confrontées à des violences physiques et sexuelles (sévices physiques, viols, mariages précoces et forcés, rejet ou viol par le conjoint,...) et des abus psychologiques (préjugés, mépris, insultes, rejet,...).

Leur handicap les expose quotidiennement à des préjugés culturels qui prennent diverses formes, tout au long de leur vie.


La stigmatisation en milieu scolaire des fillettes en situation de handicap par les élèves, qui prennent plaisir d'elles, est un frein à leur éducation, tandis que la surprotection par leurs parents empêche leur épanouissement personnel. Leur plus vive inquiétude face au handicap est d'être prises pour des incarnations surnaturelles : des enfants de jinn, qui, selon les croyances, peuvent apporter une forte opulence ou beaucoup de malheur.

Elles traînent une mauvaise image d'handicapée considérée comme source de malheur ou porte-bonheur destiné à améliorer, par un pouvoir mystique imaginaire, la situation financière et la position sociale de son mari. Elles s'entendent souvent dire : « si l'on est marié à une handicapée, les enfants naîtront aussi avec un handicap ». Les problèmes de santé, en général, et de santé de la reproduction, en particulier, des adolescentes et des femmes en situation de handicap sont des plus critiques. Elles ont d'abord des difficultés d'accès aux structures de santé.

En effet, la prise en charge spécifique dont elles ont besoin dans les hôpitaux, les maternités et les postes de santé n'existe pas ou peu. Les structures médicales sont totalement inadaptées à leurs conditions physiques et ne répondent pas à leurs demandes. Au niveau de la santé de la reproduction, elles ont peu accès aux services de planification familiale. Elles manquent, pour leur majorité, d'informations claires sur leur corps et leur santé reproductive. Elles sont peu initiées aux méthodes contraceptives. Elles sont également très vulnérables aux MSTIST. Elles subissent des mutilations génitales, propres à certaines cultures, qui ont des conséquences négatives importantes sur leur santé et leur sexualité, aussi bien que sur leur vie familiale, sociale et économique. Elles pratiquent l'avortement clandestin qui affecte leur santé. Le manque de formation du personnel soignant et le manque de tables gynécologiques rend leur maternité et leur accouchement extrêmement difficiles.


Aïssatou Cissé
Écrivaine

Le Hénné, un art des entours-une gerbe de séduction-Soninkara et seneweb

 

Le Hénné, un art des entours-une gerbe de séduction-Soninkara et seneweb

"L'art des entours est tout ce qui a trait à l'esthétique du corps et de la maisonnée pour l'hygiène et la beauté : la conscience esthétique. C'est mon professeur d'esthétique à l'UCAD il y plus de 30 ans  Mr Abou SYLLA enseignant chercheur à l'IFAN, qui m'a ouvert les yeux sur nos arts. Le corps et les instruments de musiques, ceux du quotidien et les constructions ont été façonnés par les africains avec goût. Ici nous parlerons du hénné sujet initié par notre ami Amadou Demba DIALLO que nous remercions beaucoup pour la diversité des ses sujets soumis à notre sagacité". P B C


Ndeye Fatou Seck, Maria Dominica Thiam Diedhiou et PAPA,
Il faut faire attention aux pieds et aux mains : art de la séduction ,,,,,, à travers les cultures
http://www.soninkara.org/culture-soninke/

Les mains, les pieds et les cheveux sont les symboles même de la féminité, les hommes eux-mêmes l'avouent.

Ces parties du corps, lorsqu'elles sont douces et soignées, sont aussi érotiques que les creux des reins ou la courbe des hanches ! Forcément on se jette sur les produits de manucure, de pédicure ou capillaire. Alors, pourquoi ne pas mettre un peu d'exotisme dans nos soins de beauté en empruntant aux éblouissantes de là-bas leurs recettes, telles que le henné. Pour une beauté saine et naturelle, à lui seul il remplit plusieurs fonctions. Chevauchant le temps, le henné subsiste toujours et résiste bien au temps et à la modernité.
Il est difficile de dire, avec certitude, d'où vient le henné. On dit qu'il aurait voyagé au gré des conquêtes musulmanes, mais on le retrouve dans la plupart des civilisations, bien avant l'apparition de l'Islam. Le henné serait originaire d'une région située entre le sud de l'Iran et le Béloutchistan. C'est de là qu'il aurait ensuite gagné, dès l'Antiquité, le nord de l'Inde, la Syrie, la Palestine et l'Egypte. Le henné est employé depuis la plus Haute Antiquité.


La plante


Le henné se caractérise par des feuilles d'un vert plus intense que celles de l'olivier. La graine est noire comme les grains du sureau. La fleur blanche odorante est pareille à la mousse. Il soigne, fortifie, embellit et teint les cheveux et les mains. Plus particulièrement, le henné gaine les écailles du cheveu, apporte volume et tonus aux cheveux fins et mous. Il reste très apprécié des cheveux gras car permettant de réguler le sébum. Vous trouverez, dans le commerce, du henné neutre qui apportera vigueur et brillance aux cheveux ternes et du henné coloré pour teinter votre chevelure. Le henné a été de tout temps le cosmétique le plus employé. Les qualités de cette plante, que les musulmans disent venir du Paradis, sont nombreuses et son usage millénaire.


Les tatoueurs sont là !


On utilise ses feuilles pour les vertus colorantes, cosmétiques et thérapeutiques; ses fleurs pour leur parfum suave; ses racines pour les propriétés médicinales. Il est aussi utilisé pour colorer les cheveux et leur donner des reflets dont l'intensité dépendra du temps de pose. L'histoire du henné est à l'image de nombreux produits traditionnels. Elle porte en elle des siècles, voire des millénaires d'interactions culturelles, d'invasion et d'échange commerciaux. Il est donc fort probable que le henné et ses différents usages soient le fruit de ces interactions et qu'il n'y a pas une origine du henné, mais plusieurs.

Aujourd'hui, le tatouage temporaire au henné se lance à la conquête des pays occidentaux où il est devenu un véritable phénomène de mode. Au Sénégal, comme ailleurs, les tatoueurs au henné ont, de plus en plus, pignon sur rue. Nombreuses sont les stars sénégalaises, comme américaines, qui arborent des tatouages ethniques.
Le henné neutre
Le henné est aussi célèbre pour ses propriétés cosmétiques. On sait qu'il est excellent pour la peau et les cheveux. Il gomme aussi les impuretés et adoucit la peau en lui donnant un léger hâle. Astringent, il resserre les pores et unifie le teint. En plus, son action anti- bactérienne en fait un excellent déodorant. Il est, bien entendu, un produit naturel de teinture idéal. Du henné -médicament au henné- sortilège, en passant par l'atout séduction, la petite plante odoriférante s'est révélée être un pilier des cultures juive et musulmane au Maroc. Il n'y a pas de cérémonies ni de fêtes religieuses sans henné. Vif, séché ou broyé, il est utilisé dans différentes manifestations. Le henné neutre fait partie intégrante de l'attirail de beauté des femmes et parfois des hommes. Du Maghreb au Moyen-Orient. Faites en bon usage. Toutefois, il faut savoir que certaines peaux y sont allergiques.


À CHEVAL ENTRE TRADITION ET MODERNITÉ : Le charme de la vétusté ou l'art de la plume


Pourquoi souffrir le martyre avec des aiguilles ? Pourquoi dépenser des sommes folles pour faire enlever un tatouage permanent qu'on a fait faire sur un coup de tête ? Le tatouage au henné se fait au pinceau, à la seringue, en surface sans pénétration de l'épiderme.

Il est sécuritaire, temporaire, sans douleur. C'est un plaisir. Avec un maillot de bain, ou un décolleté estival, le tatouage prend un air taquin.


Profondément ancré dans les us et les coutumes, le henné tient une place de choix dans la vie quotidienne. Les femmes font un usage courant du henné pour teindre leurs cheveux, leurs mains et leurs pieds et appliquent elles-mêmes la pâte. Dans ce dessein, elles achètent de la colle, sous forme de sparadrap, qu'elles recollent sur leurs mains ou leurs talons avant d'appliquer le henné précédemment mélangé à du «bissap». Pour le rendre plus coloré. Ensuite, elles enveloppent la partie préalablement enduite de henné dans un sachet pendant une ou une demi- journée. En vue de rendre la coloration plus foncée et assurer ainsi sa longue tenue.


Mais, pour des applications élaborées, elles recourent aux services d'hommes appelés « tatoueurs », véritables artistes. Jadis, elles utilisaient un bâtonnet effilé pour ébaucher de fines lignes. Aujourd'hui, elles ont recours à des seringues de calibre différent. Le savoir-faire des tatoueurs modernes s'est adapté à la demande des jeunes générations. Bref, c'est l'ère des bonnes affaires pour les tatoueurs. Mais si certains le font pour préserver leurs valeurs, d'autres s'adonnent à ce «rituel» par souci de coller à la mode. Ce dernier aspect gagne de plus en plus du terrain au Sénégal. Selon Pape Samb, un tatoueur basé au centre commercial Elizabeth Diouf sis au marché Hlm, «le tatouage est très prisé par les jeunes, surtout du côté de la gent féminine.


Et les jeunes filles le font sous forme de dessins représentatifs par souci de modernité. Cela ne veut pas dire pour autant que les hommes sont en reste». Eh oui, les hommes veulent paraître «in» et redonner du tonus à leurs muscles. Et dans ce cas, un petit tatouage au henné serait la bienvenue. Également pour les grandes dames, les tatouages au henné constituent un allié de taille, pour les grandes cérémonies. Pour ceux qui rechignent à faire un tatouage définitif, le henné constitue donc un excellent supplétif. Et pour les prix, ils varient entre 2500 et 3000 Fcfa pour les mains et pour les pieds de 3000 à 7500 Fcfa. « En fait, le prix dépend du motif et de sa taille», nous explique-t-il. Ce tatouage, certes temporaire, peut durer 25 jours ou un mois, tout au plus. De couleur rouge, noire ou marron, il est réalisé à base de henné mélangé à un produit provenant de l'Arabie Saoudite.


Le henné est aussi un talisman


Le henné est utilisé dans les différents rites qui régissent les traditions. On dit qu'il est signe de bonne chance. Une tache de henné dans le creux de la main droite est particulièrement efficace contre le mauvais oeil. Certains rituels ont, peu à peu, disparu ou sont moins pratiqués par la nouvelle génération.

Tandis que d'autres demeurent immuables à l'occasion des fiançailles, du mariage, de la circoncision et du Ramadan. Puisque le henné constitue un ornement décoratif, il n'est pas appliqué pendant la durée du deuil. Au septième ou au quarantième jour, le henné, mis en pâte, circule dans l'assemblée, afin que l'on puisse le toucher, signe de l'autorisation à l'utiliser à nouveau. Un autre interdit est imposé pendant la période du Ramadan, car c'est le moment où l'être humain se purifie et renonce à tout apport étranger à son corps.
La veille du 27ème jour, on procède au tatouage pour éloigner toute influence négative pour le jeûne à venir. La mariée est coiffée le jour du mariage par une femme heureuse, n'ayant pas de rivale. Après avoir reçu une application de henné, les cheveux sont tressés, enserrés dans un anneau d'argent, symbole de la pureté. La «hennayat» (celle qui met le henné) casse un oeuf sur sa tête, symbole de la fécondité, en nouant les cheveux, elle y introduit deux dattes enduites de miel, symbole du bonheur. Ses mains et ses pieds font l'objet de dessins complexes et deviennent de véritables oeuvres d'art. La plante de henné fait partie aussi des cadeaux traditionnels. La cérémonie du henné se perpétue aussi dans la coutume de la circoncision.


Les vertus du henné


Le henné n'est pas seulement utilisé pour embellir les mains, les pieds, les cheveux, etc. Les qualités de cette plante sont nombreuses et son usage millénaire.?On utilise ses feuilles pour les vertus colorantes, cosmétiques et thérapeutiques ; ses fleurs pour leur parfum suave ; ses racines pour ses propriétés médicinales. En effet, il peut être exploité à d'autres fins, notamment pour des soins thérapeutiques. Il peut être préparé sous trois formes différentes : en pâte ou dissout dans de l'eau ou du lait, en décoction ou en infusion de racines. On remarque qu'il y a trois grands domaines d'application du henné en ce qui concerne les soins thérapeutiques : la peau, l'organisme et les muscles.


Traiter les maladies de peau


Ce sont les traitements cutanés qui sont de loin les plus connus et les plus répandus. Des analyses récentes ont montré que le henné possède des vertus antibactériennes, diurétiques et anti-diarrhéiques. Les brûlures bénignes sont soignées à l'aide d'emplâtres de henné. Celui-ci permet à la nouvelle peau qui se forme de s'épaissir et de s'endurcir. La varicelle est soignée par application de henné en poudre mélangé avec du lait de brebis sur tous les boutons dès leur apparition. Ils sèchent alors sans noircir, ni laisser de cicatrices. Les boutons de chaleur subissent le même traitement : soit on douche le corps avec de l'eau teintée de henné, soit on saupoudre les boutons de henné et l'on attend que la sueur sèche.


Purger l'organisme


Ce genre de traitement est surtout utilisé pour les nourrissons et les personnes âgées. En fait, le henné a une action régulatrice et purificatrice du fonctionnement intestinal. Le nourrisson est parfois affecté par des verres intestinaux. Pour le soigner, on lui fait prendre une petite quantité de lait dans lequel on aura fait tremper des feuilles de henné. Ce liquide purge l'enfant. Si l'affection n'est pas traitée de cette façon, cela peut conduire à une maladie du sang. Les coliques et les diarrhées sont traitées par des lavements avec de l'eau dans laquelle ont macéré des feuilles de henné, puis chauffée et filtrée. D'une façon générale, les populations qui utilisent le henné comme soin thérapeutique perçoivent leurs corps comme un organisme perpétuellement encombré de scories empêchant son bon fonctionnement et dont il faut se débarrasser.


Relaxer les muscles


On enduit de henné les parties paralysées d'un corps, à condition que celle-ci ne soit pas causée par une fracture mais par une contracture d'un tendon ou d'un muscle. Le henné est saupoudré dans du beurre fondu que l'on chauffe, on étend cette préparation sur le corps que l'on masse plusieurs jours durant. Le beurre permet de faciliter le massage et permet ainsi une meilleure pénétration du henné dans la peau. La guérison s'obtient en quelques jours. Les mêmes soins sont prodigués après résorption d'une fracture. Le membre blessé est massé dans le sens de la longueur.


Cette douceur enivrante des paumes qui ...


«Femme noire. Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l'éternel. Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie». Dixit Léo le Poète. Comme la couleur noire renvoie à beaucoup de choses, dont le henné, l'on ne saurait passer sous silence ce produit dont les vertus coiffent celles de la pédicure et de la manucure.


Femme nue, femme noire, vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté ! J'ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains bandait mes yeux. (...) Délices des jeux de l'esprit, les reflets de l'or rouge sur ta peau qui se moire...» in «Chants d'Ombre» de feu Léopold Sédar Senghor. En écrivant ces vers d'une rare beauté, le président- poète ne faisait pas que sublimer la grâce naturelle de la femme noire. Noire. Comme la couleur que laisse, si tant est qu'il est bien fait, le henné. «Foudeun» comme diraient les wolofs authentiques.


Tout un cérémonial avant d'en arriver à ce résultat qui faisait, naguère, le charme de nos charmantes femmes. Sans artifices, sans paillettes, sans maquillage, rien d'extravagant, pour dire le moins, la femme africaine, sénégalaise en particulier, avait un petit «quelque chose» qui la différenciait, et continue de faire sa particularité, des autres femmes. Bref, son raffinement n'a d'égal que sa grâce naturelle qui la distingue, ici et ailleurs, de ses autres sœurs. Aussi, tout, ou presque, était prétexte pour se teindre les pieds et les paumes. Et dans une moindre mesure les cheveux. Et il faut dire que le henné fait partie de cet attirail explosif qui constitue la force de frappe de la gent féminine sous nos chaudes latitudes. Rien, ni personne, ne les fera bouger d'un iota. Elles se démènent, en effet, comme de belles diablesses pour aggraver ce qui, aux yeux de beaucoup d'hommes, est un cocktail détonant. Vous avez deviné cette faculté congénitale qu'ont ces nymphes de vous lisser la peau, comme un bébé, pour vous endormir.


Pour ne pas dire vous transporter au Paradis dont le henné, selon une certaine historiographie, serait originaire. Aussi, il n était pas rare, « ba adouna daan baax », comprenez avant que la « civilisation » nous éloigne de la plupart de nos us et coutumes, de voir les dames parées de leurs «Louis d'or », drapées dans des tissus « soie ou tapis », chaussant des « marakiss », « foudeun bamou nioul » (les paumes et les pieds bien teints au henné) déambuler majestueusement pour aller honorer une de ces rencontres mondaines qui font, quelque part, sans aucune connotation péjorative, notre originalité. Et les puristes ne nous démentiront pas qui persistent à croire que « diongoma amatoul si miim reew ». Autrement dit, il n'y a plus de « Grande Dame », au sens figuré bien entendu, dans ce pays. En langage décrypté, cela veut dire tout simplement que les femmes sont tellement « dominées » par la modernité qu'elles en ont perdu de leur superbe. Voire de leur feeling. Tout cela pour dire que nos « Diongoma » et autres « Linguére » ont fait place nette à des « driyankés » d'un genre nouveau qui, en lieu et place du henné, préfèrent quelque chose qui semble être une sorte de clonage qui ne dit pas son nom : le tatouage. Fait à base de produit chimique, il produit le même résultat que le henné. Avec le naturel en moins.


Dès lors, on ne plus penser, comme le chantait l'enfant de Joal, «Femme noire, femme obscure, huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l'athlète, aux flancs des princes du Mali, gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau. Délices des jeux de l'Esprit, les reflets de l'or rouge sur ta peau qui se moire. À l'ombre de ta chevelure, s'éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux ». Il est vrai qu'en cette période, la beauté de la femme noire était encore capable, « au coeur de l'Eté et de Midi, du haut d'un col calciné », de foudroyer en plein coeur, comme l'éclair d'un aigle, le plus détaché des mollahs. David Diop ne s'y était pas trompé qui déclamait, majestueux, « Saute, saute, belle jigéen, c'est le tam-tam des arènes qui t'appelle ce soir ». L'auteur n'avait pas besoin d'ajouter que Koumba, l'éblouissante Reine, qui en était la Guest Star, «day foudeunou bouy nieuw ». Nostalgie quand tu nous tiens !
Ndeye Fatou Seck, Maria Dominica Thiam Diedhiou et PAPA,

posté par Fatou, une Soninké

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