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International

Fonds pour l'éducation Digitale en Afrique-Cécile THIAKANE et Moussa SARR Impliqués

 

Fonds pour l'éducation Digitale en Afrique-Cécile THIAKANE et Moussa SARR Impliqués

C'est avec une grande fierté et une profonde humilité que nous annonçons le lancement de notre Fonds pour l'éducation digitale en Afrique !

Le numérique, particulièrement un accès à internet, à un coût abordable, une priorité des ODD adoptés en 2015 par l'ONU pour éradiquer la pauvreté et lutter contre les inégalités dans le monde.


L'éducation au numérique est indéniablement un levier de croissance et d'inclusion.


Cependant, selon une étude des Nations Unies, le fossé numérique reste important entre le monde développé et celui en développement, avec 3,9 milliards d'habitants sans accès à internet. Cette fracture numérique touche particulièrement l'Afrique avec un taux de 18% en 2017, contre 84% pour l'Europe par exemple.
Il est urgent de réduire cette fracture numérique et d'aller au-delà des infrastructures via la promotion des infostructures et de la littératie numérique. En intégrant ces nouvelles valeurs dans les classes, les lieux d'apprentissage ainsi que dans les programmes d'étude, elles peuvent faire émerger une « citoyenneté numérique » opératoire et indispensable à l'émergence de l'Afrique.

C'est pour toutes ces raisons que nous avons lancé ce fonds, qui est une initiative de la Fondation KBF Canada, Lachine Lab – l'Auberge Numérique, PME – Montréal, un certain nombre de membres de la diaspora notamment Cécile Thiakane (Paris) et Dr. Moussa Sarr (Montréal) et des partenaires locaux (Maurice Diouf, Djibril Diop, Issa Tine).
Le Fonds fait appel à la philanthropie et à la solidarité de l'ensemble des membres de la diaspora africaine et des amis de l'Afrique.

Le Fonds aura comme porte-parole (pour le volet diaspora) Karl Miville De Chêne de Contact Monde (CCM) qui développe actuellement le SITIC Afrique Canada 2018 (Forum sur le potentiel numérique africain au Canada).

La mission principale du fonds consiste à contribuer à la création de ressources qui appuient les projets d'éducation des populations africaines à l'acquisition des outils de participation au développement de l'économie numérique en premier lieu au Sénégal et avec un accent spécifique mis sur les femmes.

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Rôle-clé de la diaspora
Quelques personnes de la diaspora sénégalaise sont très étroitement associées au projet.
Cécile Thiakane et Moussa Sarr notamment, apportent à la fois leur expertise technique et leurs connaissance culturelles, facteurs clés de réussite du projet.
Objectifs
• Transférer le concept de Living Lab, centre d'éducation au digital, au Sénégal à Diamniadio, à proximité de Dakar en créant le Diamniadio Lab ;
• Organiser des sessions de formation au digital pour des formateurs locaux en contact avec les citoyens ;
• Encadrer et coacher les formations qui se développent sur place;
• Mettre un accent spécifique sur les femmes.
La diaspora africaine est impliquée de près dans le transfert de connaissances et le coaching des projets sur place. Arche Innovation accompagnera également le projet; Arche innovation accompagne les processus d'optimisation des stratégies d'innovation ouverte et de transfert de connaissances aussi bien à l'interne qu'à l'externe.
Indicateurs de succès
• Nombre de séances de formations organisées
• Nombre de personnes touchées
• Structure locale mise en place de façon durable et prête à continuer le projet de façon autonome


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Pour les dons par chèques : Adressez le chèque à la Fondation KBF CANADA, mentionnez 'Projet C304 : Fonds Education digitale au Sénégal' dans la section 'Pour' et envoyez-le à : Fondation KBF CANADA, 1 Place Ville Marie, Suite 1670, MONTREAL, QC, H3B 2B6 – CANADA.
Pour les dépôts directs : Envoyez un courriel à la Fondation KBF CANADA Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou téléphonez au +1 514.481.2000.

Tous les dons donnent droit à un reçu aux fins d'impôts au Canada.

Les projets sont gérés avec le plus grand soin et professionnalisme.

http://www.kbfcanada.ca/fr/projets/fonds-pour-leducation-digitale-au-senegal/

Mini bio Cécile Thiakane


Panafricaniste, activiste du développement social, passionnée de nouvelles technologies, de Green Tech, du digital, est une fervente militante de l'afro-responsabilité. Titulaire d'un Msc Marcom, elle est une spécialiste de l'analyse des comportements des consommateurs, décrypteuse des faits sociaux et experte en déploiement de big data. Elle a occupé plusieur postes de Directrice commerciale et marketing à Paris dans des agences conseils en communication et de société spécialisées business Intelligence et en Intelligence artificielle. Elle publie beaucoup d'articles sur le développement social et l'inclusion. Leader d'opinion, elle est aussi très présente sur les réseaux sociaux et médias traditionnels et est membre de plusieurs Think Tank, ONG et associations œuvrant dans le co-développement.
Détails du contact : Cécile Thiakane : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Islam : ce que dit le rapport qui veut réformer la deuxième religion de France-Institut Montaigne par Hakim El Karoui

 

Islam : ce que dit le rapport qui veut réformer la deuxième religion de France-Institut Montaigne par Hakim El Karoui


Paris  septembre 2018


En publiant un nouveau rapport pour l'Institut Montaigne, un groupe de réflexion libéral, l'essayiste Hakim El Karoui reformule plusieurs propositions pour réorganiser l'islam de France face à l'islamisme. Des pistes qui pourraient inspirer Emmanuel Macron ces prochaines semaines.

Hakim El Karoui, membre associé de l'Institut Montaigne, défend la réorganisation d'un "islam français". (Capture d'écran Europe 1)
"Il faut agir, il faut se lever, il faut reprendre la main sur la religion musulmane." Lundi sur Europe 1, l'essayiste et chercheur Hakim El Karoui a appelé les "musulmans modérés et silencieux [à] se réapproprier l'islam". L'homme vient de signer un rapport pour l'institut Montaigne, qui sera remis à Emmanuel Macron au moment où celui-ci attend un "cadre" pour que cette religion - la deuxième de France - "s'exerce de manière conforme aux lois de la République", dixit le chef de l'Etat.


Il s'agit du "troisième rapport" en trois ans d'Hakim El Karoui, précise sur son site l'institut, un groupe de réflexion réputé libéral, qui a mis en ligne dimanche ce document de 617 pages. Mais celui-ci est non pas consacré "à l'islam mais à l'islamisme", peut-on lire. Ses propositions concernent pourtant bien les musulmans français, en interrogeant leur relation à la République, d'un côté, et au salafisme, de l'autre. Les solutions évoquées - qui ne sont pas forcément nouvelles - font en tout cas déjà parler, et plus encore si l'exécutif venait à en faire les siennes.


Quel est le propos de ce rapport?


Hakim El Karoui le répète au fil de ses interventions médiatiques. Il veut "dépassionner" le débat sur l'islam, l'évoquer "sans fantasme" dit-il, mais ne surtout pas "l'occulter" et cesser "la politique de l'autruche". "Quand il y a un problème, il faut le traiter", a-t-il insisté sur Europe 1. Et le problème, selon lui, "c'est la progression de l'idéologie islamiste chez les musulmans de France", comme il l'a dit également dimanche soir sur RTL. Le rapport en question s'intitule ainsi "La fabrique de l'islamisme".


Pour cela, le rapporteur répète ce chiffre choc : "à peu près un quart" de ces musulmans seraient "hostiles" aux valeurs républicaines, notamment les plus jeunes. Un résultat qui se rapproche du 28% "d'ultras musulmans" comptabilisés dans un sondage Ifop en 2016 et que l'auteur soutient cette fois grâce à une "analyse quantitative des réseaux sociaux", terrain sur lequel prolifèrent les thèses islamistes et en particulier le salafisme. L'étude s'attarde ainsi longuement sur les "usines de production de l'islamisme" (Frères musulmans en Egypte, wahhabisme en Arabie Saoudite, "turco-islamisme en Turquie"...) et souligne "l'incroyable" influence de ces réseaux sociaux dans son expansion.


Mais le travail d'Hakim El Karoui ne fait pas forcément l'unanimité. Les représentants du Conseil français pour le culte musulman (CFCM), instance élue considérée comme représentative par les pouvoirs publics mais régulièrement critiquée pour son manque d'efficacité, soulignent par exemple le manque de légitimité du chercheur ou le caractère anxiogène de ce travail. En outre, "c'est aux musulmans de s'occuper de leur religion, ce n'est pas à l'Etat de l'organiser", a redit lundi à l'AFP le délégué général du CFCM, Abdallah Zekri.


Quelles sont ses propositions?


Pour Hakim El Karoui, l'enjeu est donc de réformer l'islam en France pour contrer cette influence de l'islamisme qui prendrait le pas. "Comme on a des militants d'un côté, et qu'en face personne ne dit autre chose, ils ont une influence très au-delà de leurs sympathisants", assure l'essayiste sur Europe 1. Le coeur de son projet est donc de créer une nouvelle structure indépendante "chargée d'organiser et de financer le culte musulman". Fini donc le CFCM et plus encore l'UOIF, que l'homme combat, place à ce qui serait "l'Association musulmane pour l'islam de France" (Amif).


Cette nouvelle institution qui poserait les bases "d'un islam français" pourrait ainsi s'occuper de réformes que l'institut Montaigne porte depuis plusieurs années déjà - en particulier depuis un précédent rapport de 2016, telles que :


• La mise en place d'une "taxe halal", une mesure sur laquelle ne s'attarde pas en soi le nouveau rapport mais qui est toujours défendue par son auteur. Il ne s'agirait pas d'un impôt prélevé par l'Etat mais d'un prélèvement géré par l'association et s'inspirerait de la "taxe de cacherout" de la communauté juive, gérée par les rabbinats et qui permet de certifier les produits "casher".


• La réorganisation des pèlerinages pour La Mecque, en Arabie Saoudite. Aujourd'hui, les voyagistes pour effectuer le hajj - qui constitue l'un des cinq piliers de l'islam - sont en situation de "monopole" et le pèlerinage, en y ajoutant les intermédiaires, s'avère de plus en plus coûteux, exposait lundi Hakim El Karoui.


• Avec ses recettes prélevées notamment sur le marché du halal, l'association pourrait ensuite investir "dans la formation de cadres religieux, la construction pourquoi pas de certaines mosquées". Elle rendrait aussi un "service utile aux fidèles" en se posant comme "régulateur" des flux financiers, parfois "opaques" dans la communauté musulmane.


• Le rapport en appelle surtout à la "mobilisation du ministère de l'Education nationale", qui passerait par une meilleure formation des enseignants sur la question de la laïcité. Mais également de "relancer l'apprentissage de la langue arabe" à l'école, pour faire face aux "cours d'arabes dans les mosquées [qui] sont devenus pour les islamistes le meilleur moyen d'attirer des jeunes dans leurs mosquées et écoles". "Le nombre d'élèves qui apprennent l'arabe au collège et au lycée a été divisé par deux", appuie Hakim El Karou, alors qu'il a "été multiplié par dix dans les mosquées".
• Le document propose plus globalement de réinventer "la promotion du discours républicain", notamment sur les réseaux sociaux. "L'État se doit d'améliorer la connaissance des tenants idéologiques et des aboutissants politiques et sociaux de l'islamisme, il doit aider ceux qui veulent financer des initiatives de contre-discours en français", est-il écrit.

En insistant sur l'enjeu diplomatique de ce sujet : la France, et plus globalement l'Europe, doit davantage coopérer avec le Maghreb et les pays du Golfe, demande l'institut Montaigne, meilleur moyen selon lui de sortir des logiques de financement de l'islam depuis l'étranger et des discours les plus radicaux, comme ceux portés en Arabie Saoudite.


Ce rapport va-t-il être repris par Emmanuel Macron?


La publication de ce nouveau rapport, qui est donc avant tout une piqûre de rappel des propositions déjà avancées par l'institut Montaigne, vient à point nommé. Sont en effet organisées jusqu'à la mi-septembre des "assises territoriales de l'islam de France" dans chaque département, sous l'égide des préfets, pour faire émerger des propositions inédites. Cette concertation répond à la demande d'Emmanuel Macron, qui avait déclaré devant le Congrès en juillet dernier, vouloir poser à l'islam de France "un cadre et des règles" et ce, "dès l'automne" prochain.


Il s'agit donc ici pour le think tank libéral d'entrer dans ce débat et pourquoi pas de convaincre le chef de l'Etat sur la pertinence de son projet. Hakim El Karoui arrivera-t-il à se faire entendre? "Peut-être... sans doute, j'espère", a-t-il répondu sur Europe 1.

Cet intellectuel, autrefois conseiller de Jean-Pierre Raffarin à Matignon a pour lui de bien connaître déjà Emmanuel Macron, les deux hommes ayant été tous les deux collègues au sein de la banque d'affaires Rothschild. El Karoui est donc souvent présenté comme ayant "l'oreille" du Président, même s'il assure lui-même ne pas être un intime.


Plus globalement, l'institut Montaigne est réputé proche d'Emmanuel Macron, puisque son directeur Laurent Bigorgne est un ami de longue date depuis leurs études à Sciences Po et l'aurait conseillé pendant la campagne présidentielle sur les questions d'éducation. Pour l'heure, on ne sait pas encore si le chef de l'Etat va reprendre ces idées mais les priorités qu'il a déjà affichées sur ce sujet sont en tout cas loin d'être incompatibles avec celles-ci. Dans une première réaction officielle, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a en tout cas "salué" dans un communiqué ce "travail très approfondi" et pris note de "propositions très intéressantes (...) qui appellent à un rassemblement et une mobilisation des musulmans républicains en France".

Etats-Unis: l'ex-avocat de Donald Trump plaide coupable et implique le président

Le président des Etats-Unis Donald Trump a essuyé mardi 21 août un double coup dur judiciaire, avec de spectaculaires rebondissements dans deux affaires qui le touchent de près. Paul Manafort, son ex-directeur de campagne a été jugé coupable mardi de fraudes fiscale et bancaire pour huit des 18 chefs d'inculpation qui le visaient. Plus grave pour la Maison Blanche, au cours de la même journée, Michael Cohen, l'ancien avocat personnel de Donald Trump a plaidé coupable pour huit chefs d'inculpation, six pour fraudes fiscale et bancaire et deux pour financement illégal de campagne électorale. Pire, L'ancien avocat du président a assuré devant la justice avoir violé la loi à la demande du président.

 Avec notre correspondante à Washington, Anne Corpet

C'est un coup très rude pour le président américain et il vient de l'homme en qui il a placé toute sa confiance pendant plus d'une décennie. Michael Cohen se présentait comme « le pitbull » de Donald Trump, il a occupé pendant dix ans un bureau dans la Trump tower, à New York. Il expliquait être là pour régler ses problèmes. Mais l'ancien avocat personnel du président risque désormais de devenir la source des plus importants ennuis de l'hôte de la Maison Blanche.

Devant le juge fédéral, Michael Cohen a affirmé avoir versé 130 000 et 150 000 dollars à deux femmes pour acheter leur silence sur des liaisons avec Donald Trump à la demande de celui-ci et dans l'intention d'influencer les élections.

Une déclaration qui sous-entend que le président a commis un délit. Michael Avenatti, l'avocat deStormy Daniels, l'une de ces deux femmes, souligne la responsabilité de Donald Trump dans ce dossier. « Le président avait déclaré à bord d'Air Force One qu'il ignorait tout du paiement de ces 130 000 dollars mais nous savons désormais la vérité grâce à Michael Cohen et nous pouvons affirmer que le président des Etats-Unis a menti au peuple américain alors qu'il se trouvait à bord de l'avion du peuple. »

« Un message fort » et « une rude leçon »

De ces paiements résultent deux chefs d'inculpation pour financement illégal de la campagne. A la sortie du tribunal mardi soir, le procureur de New York a eu des mots rudes pour l'ancien avocat de Donald Trump.

« Ce sont des inculpations très sérieuses qui reflètent une tendance au mensonge et à la malhonnêteté sur une longue période. Elles sont significatives en soi, mais en particulier parce que ces infractions ont été commises par un avocat. Un avocat qui par sa formation et la tradition de sa profession sait ce que veut dire le respect de la loi. Monsieur Cohen a renié sa formation et a décidé qu'il se plaçait au-dessus des lois. Pour cela il va payer un prix très élevé », a commenté Robert Khuzami.

« Les lois sur le financement des campagnes sont conçues pour empêcher l'utilisation illégale d'argent au cours des élections et pour maintenir l'intégrité de ces scrutins. Monsieur Cohen a plaidé coupable pour ces violations de la loi. C'est un message fort aujourd'hui et nous ne craindrons pas de poursuivre d'autres violations à la loi sur le financement des campagnes électorales. La loi s'applique. Nous sommes un pays de droit et la loi s'applique à tous. C'est une leçon que monsieur Cohen a apprise aujourd'hui et elle est rude. »

Une coopération avec la justice ?

Michael Cohen pourrait être tenté de coopérer pleinement avec la justice pour réduire les peines de prison qui le menacent. Il s'est résolu à « dire la vérité au sujet de Donald Trump », a assuré son avocat avant d'interroger : « Si ces versements constituent un crime pour Michael Cohen, pourquoi ne constitueraient-ils pas un crime pour Donald Trump ? ».

Et comme si cela ne suffisait pas, un autre tribunal a le même jour reconnu l'ancien directeur de campagne de Donald Trump coupable de huit chefs d'accusation, pour fraude bancaire et fiscale. Paul Manafort risque de passer le reste de ses jours en prison. S'il a observé un prudent silence après les déclarations de son ancien avocat, Donald Trump a réagi à cette condamnation « je me sens très triste pour lui, c'est un homme bien » a déclaré le président.

RFI

Comment les frondeurs d'Emmanuel Macron s'organisent

Chaque mercredi, les députés du « pôle social » de La République en marche se réunissent au salon Mansart, à l'Assemblée. Mais que concoctent-ils ? Enquête.

Ce matin-là d'hiver, quelques minutes avant 8 heures, une petite nouvelle de l'Assemblée nationale traverse à la hâte le rez-de-chaussée du 101, rue de l'Université. Il s'agit de ne pas arriver en retard au salon Mansart. En effet, c'est une première pour elle. Elle ose enfin s'inviter dans la petite réunion de ceux que l'on nomme déjà « les frondeurs d'Emmanuel Macron » après les discussions sur la loi asile et immigration. Elle ose tisser des liens avec cette aile gauche que Richard Ferrand, président du groupe de La République en marche, « ne peut pas piffrer », d'après un député MoDem. Elle s'approche timidement de ce petit groupe d'habitués qui ont – c'est une habitude hebdomadaire – apporté quelques croissants et pains au chocolat pour accompagner le café. Elle se lance : « Bonjour... Est-ce qu'il y a un mot de passe pour entrer ? » Sonia Krimi, première parlementaire à s'être levée haut et fort contre le texte de Gérard Collomb, taulière de ce rassemblement du mercredi matin, lui chuchote grossièrement, à deux doigts de se gausser : « Oui, le mot de passe c'est Richard... » Tout le monde en crache son petit-déjeuner. La nouvelle recrue, aussi.

« We are social »

« Elle », on ne connaîtra jamais son nom. Ni d'ailleurs celui d'une grande partie de la quinzaine de participants réguliers qui forment la « jambe gauche » des députés La République en marche, et qui poursuivent leurs débats hors des murs de l'Assemblée dans une boucle Télégram sobrement intitulé « We Are Social ». Sonia Krimi, Brigitte Bourguignon, Jean-Michel Clément, Yves Daniel, Jean-Louis Touraine, Richard Ramos et – plus rarement – François-Michel Lambert... Voilà pour ceux qui assument. Dans les rangs de la majorité, on est vite mal vu si l'on traîne au salon Mansart. Par solidarité et esprit de camaraderie, aucun des déclarés ne brisera l'anonymat. « S'ils ne souhaitent pas le faire savoir, on n'a pas a le faire pour eux, justifie Sonia Krimi. Comme pour ceux qui n'osent pas venir, de peur de se faire taper sur les doigts, de ne pas obtenir de rapport, de place, de lumière au milieu des 300 députés du groupe. »

L'idée de cette coterie émerge dès septembre, quatre mois seulement après l'élection d'Emmanuel Macron et la razzia En marche ! dans l'hémicycle. Un après-midi, Sonia Krimi, remontée, envoie un SMS à Brigitte Bourguignon, ex-membre du Parti socialiste, réélue sous bannière macroniste : « Brigitte, je n'en peux plus, on est beaucoup à être jeunes en politique et ça nous dégoûte, ce sont constamment les mêmes qui parlent en réunion, les mêmes qui ont des responsabilités, les mêmes que l'on écoute. » Brigitte Bourguignon monte alors un petit-déjeuner à L'Assemblée, un restaurant à une encablure du Palais-Bourbon. Ils sont déjà une douzaine, mais les places se font rares à mesure que le groupe s'élargit. Le salon Mansart, d'une capacité de 30 personnes, proche des bureaux des députés, apparaît comme la solution idéale. Ici, il n'y a ni tableau, ni tapisserie, ni lustre clinquant. Entre ses quatre murs blancs, le salon, qui n'est en réalité qu'une simple salle de travail sans artifices, ne comporte que huit tables beiges collées les unes aux autres et quelques micros. Le triumvirat Bourguignon, Clément, Krimi fait définitivement migrer la joyeuse bande là-bas. Richard Ferrand goûte peu à la manœuvre, mais ne pipe mot. « Il nous laisse faire... Ce qui les embête, c'est quand on porte la parole dans les médias, mais tant qu'on reste entre nous, on n'a pas de problèmes. Mais si un jour on ouvre à la presse, ou qu'on fait des communiqués, ils changeront peut-être d'avis ! » glisse l'un des participants.

Jacques Attali et Benjamin Stora conviés

On y vient aussi pour prendre une bouffée d'air politique. Question de bien-être. « Qu'est-ce que ça fait du bien de se retrouver là, confie Sonia Krimi dans un soupir de soulagement. Ça n'a rien d'un lieu où se prépare une fronde, mais d'un endroit où on peut faire des débats sans jugements, sans être sifflé, sans se faire insulter. Il n'y a pas d'ayatollah de la pensée unique, pas de rappel à l'ordre pendant une heure. » La députée de la Manche se souvient encore d'un collègue lui demandant « de la boucler » en pleine réunion de groupe. Ou encore de son patron, Richard Ferrand, le 21 juillet en pleine affaire Benalla, lui envoyant au cœur de l'hémicycle : « Je sais pas ce que tu fous encore dans le groupe, toi ! » Difficile à oublier. Difficile à digérer.

Surtout – et c'est là le message que les contestataires cherchent en priorité à faire passer –, la réunion du salon Mansart est un espace de travail. L'improvisation n'y a pas vraiment sa place : le mardi soir, les organisateurs couchent sur papier un ordre du jour, puis des sujets à traiter. « Du débat, mais pas blablas », assure l'un d'entre eux. On y discute des amendements que le « pôle social » pourrait proposer pour modifier les projets de loi du groupe LREM et de l'opposition. On écoute religieusement les députés spécialistes qui apportent leur valeur ajoutée à certains débats, comme Jean-Louis Touraine, professeur de médecine, au sujet des lois bioéthiques. On y invite même syndicalistes, analystes, membres du Conseil économique, social et environnemental, universitaires... Bref, des corps intermédiaires capables d'apporter leur expertise et de proposer des alternatives les plus crédibles possible. L'historien Benjamin Stora et Jacques Attali y ont passé une tête lors des débats sur la loi asile et immigration, tout comme le secrétaire général de l'Union nationale des syndicats autonomes Luc Bérille en mai dernier.

« Il faut que tout ça s'incarne »

« Ça me rappelle les réunions En marche ! du début, la version alpha du macronisme, où l'on était bienveillants les uns envers les autres. Ça a pas mal changé... » regrette une participante. Du « sérieux », encore du « sérieux » ! Derrière l'assurance de séances de travail rondement menées, comment ne pas y voir, au fond, une légère névrose, conséquence des invectives et des procès en amateurisme que certains caciques de La République en marche leur font. « Nos collègues nous dépeignent comme des humanistes qui ne comprennent rien. Mais on n'est pas humanistes, on est pragmatiques ! » conclut Krimi.

Lire aussi - Paul Molac : « Je ne suis pas toujours à l'aise dans cette majorité »

Dans deux semaines, l'Assemblée nationale rouvrira ses portes, et le salon Mansart du 101 continuera à accueillir ces « nouveaux frondeurs » tous les mercredis, à 8 heures du matin. Dans quel but ? Continuer à se retrouver pour se rassurer, sans pour autant peser ? Ou passer à la vitesse supérieure ? « À un moment donné, il faut que tout ça s'incarne, on ne peut pas continuer à faire des réunions qui ne sont pas perceptibles à l'extérieur, martèle l'écologiste François-Michel Lambert. Il faut une traduction politique, aboutir à quelque chose ! » Au cœur de cet été, alors que d'autres profitent des vacances, le député des Bouches-du-Rhône annonce ici et là qu'il se bat pour créer un nouveau groupe parlementaire, plus à gauche, plus écolo... Quoi de mieux qu'un salon qui porte le nom de l'un des plus grands architectes français pour en poser les fondations ? « Ce n'est pas une mauvaise idée, mais ce n'est pas tout à fait le même groupe, souligne Sonia Krimi. Me concernant, ce n'est pas à l'ordre du jour, mais je ne m'interdis rien ». Comme la plupart des cabochards du salon Mansart.

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