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«Être multiple-s», Salia Sanou aux Francophonies en Limousin

Sep 29, 2018
«Être multiple-s», Salia Sanou aux Francophonies en Limousin

Ses yeux brillent quand il parle de ces deux femmes. Le chorégraphe Salia Sanou les admire et il avait beaucoup envie de partager avec elles une expérience sur scène autour des identités multiples. Déjà avant « Multiple-s », créée aux Francophonies en Limousin, son œuvre était intensément imprégnée de l’art littéraire de l’écrivaine franco-canadienne Nancy Huston (« aujourd’hui, j’ai cinq ou six identités ») et de la danse de la Franco-Sénégalaise (« et allemande par mariage ») Germaine Acogny, 74 ans.Une icône de la danse contemporaine que Salia Sanou nomme tout simplement sa « maman Germaine ». Une transmission artistique profonde et poétique, subtile et émouvante. Entretien avec le danseur et chorégraphe burkinabè travaillant entre Ouagadougou et Montpellier, entre la France et le Burkina Faso, entre l’Afrique et l’Europe.

RFI : Vous avez crééMultiple-s. Quel sont vos « multiples » ?

Salia Sanou :Mes multiples, ce sont tout ce qu’on traverse et tout ce qu’on reçoit quand on part d’un territoire à un autre, quand on se déplace, voyage, découvre. On part de quelque chose et on arrive aussi avec quelque chose. On est multiple. On est riche de tout cela, des couleurs, odeurs et visions. C’est ce que j’appelle être « multiple-s ».

Dans votre pièce, on entend cette phrase : « quand on arrive quelque part on ne raconte pas ce qu’on est et quand on retourne au pays, on ne raconte pas ce qu’on fait ». Est-ce votre vécu ?

C’est mon expérience : partir. Cela veut dire aussi partir avec ce qu’on a. Quand on arrive quelque part, c’est aussi d’accepter de vivre où l’on dépose sa valise et qu’on reçoit quelque chose de là-bas. En partant, on arrive toujours avec une richesse. Je crois vraiment à cette rencontre, à cet échange, à ce croisement, à cette multiple identité qui est finalement en nous. On part d’une identité et on s’enrichit toujours d’une autre identité et on devient multiple.

Le spectacle commence avec des mouvements des mains, sortant d’une sorte d’espalier de gym mobile lumineux. Pour vous, tout commence par la main ?

Oui, le geste de la main est très important. Il y a des moments quand on n’a plus la parole, quand le mot ne peut plus sortir, il y a les mains qui peuvent dire, raconter, décrire des gestes. La main nous montre où aller. Moi, je pense que c’est très signifiant. Donc, ce spectacle commence avec ce jeu de mains qui appelle l’Autre, qui a envie de voir l’Autre, de rencontrer l’Autre. Et ce sont aussi ces gestes de mains qui disent à l’Autre : je suis là. Donc, comme on dit : donnons-nous la main.

RFI

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