Art & Culture

Conférence musicale originale par Kemi Bassene franco-sénégalais-L’islam et la Russie, le spirituel et la résistance comme structures des musiques noires et portrait

samedi 20 mai 2017  c'est gratuit et c'est un sujedt original  ....

Conférence musicale originale par Kemi Bassene


L'islam et la Russie, le spirituel et la résistance comme structure à suivre des musiques noires et portrait


À travers sa littérature (Tolstoï en particulier) et son idéologie socio-économique, la Russie a influencé les luttes d'indépendance en Afrique par une résistance non violente (avec Ahmadou Bamba au Sénégal et Gandhi en Afrique du Sud) puis par une lutte armée avec un intermédiaire désigné : Cuba. La musique grégorienne russe a également influencé la musique gouvernementale révolutionnaire cubaine qui a son tour retrouvera une nouvelle rythmique en Afrique. L'islam a quant à lui infiltré l'Afrique noire dès le 8e siècle, a voyagé comme esthétique immatérielle avec la traite transatlantique et inspiré par sa puissance syllabique toutes les musiques noires américaines.


Seconde conférence musicale le 24 juin à 16h accompagnée par Wasis Diop, musicien.


Conférence gratuite le Samedi 20 mai 2017

de 16h-18h
CREDAC 3 eme étage
25-29 RUE RASPAIL
94200 IVRY SUR SEINE réservation 0149602506

Les racines musulmanes de la Russie
Olivier Tallès,


CHEZ LES PETITS PEUPLES DE RUSSIE (3/5) Avec près de 20 millions de fidèles, la Russie est le premier pays musulman d'Europe.
Les Tatars aiment le rappeler aux étrangers : sur les bords de la Volga, l'islam ne s'est pas imposé par le sabre mais par le travail de missionnaires qui ont pénétré le territoire de l'actuel Russie dès la fin du VIIe siècle. Avant la christianisation des Russes à la fin du Xe siècle, les Bulgares de la Volga embrassent la religion du prophète en 922. Un choix qui sera renforcé trois siècles plus tard par la conversion à l'islam des conquérants mongols de la Horde d'or.
Aujourd'hui, la Russie compte entre 15 et 20 millions de musulmans dispersés dans le Caucase du Nord, le long de la Volga et de l'Oural. Reconnu comme « religion traditionnelle », l'islam occupe la deuxième place après le christianisme orthodoxe. Moscou qui revendique une relation privilégiée avec le monde arabe a obtenu le statut de membre observateur au sein de l'Organisation de la coopération islamique.


Les trois tendances de l'islam de Russie


Le renouveau des années 1990 a fait émerger trois grandes tendances chez les musulmans de Russie. L'islam des aïeux d'abord. Populaire et rural, représenté par les confréries soufies au Caucase du Nord, il se rencontre surtout chez les personnes âgées. Les « modernistes » ensuite. « Ils sont souvent issus de ce courant. Plutôt urbains, ils privilégient le modèle laïc », observe Xavier Le Torrivellec, chercheur associé à l'École des hautes études en sciences sociales.
Ces deux tendances entrent en concurrence avec un islam urbain, plus identitaire et parfois radical, dans lequel on peut retrouver l'influence wahhabite. Les salafistes attirent notamment les jeunes déboussolés du Caucase du Nord. Seize ans après la fin officielle de la deuxième guerre de Tchétchénie, des combattants islamistes radicaux continuent d'attaquer les confréries soufies, de harceler les forces de l'ordre, voire de poser des bombes.
Olivier Tallès


http://www.la-croix.com/Monde/Les-racines-musulmanes-Russie-2016-08-03-1200779831
Kemi Bassene, l'art décolonisé


Par Sabine Cessou RFI


L'artiste Kemi Bassene se propose de décoloniser en décloisonnant tout, aussi bien les disciplines que les expériences. ©KemiBassene
Artiste photographe, commissaire et critique d'art basé à Paris, Kemi Bassene, 44 ans, n'est pas seulement le petit-fils de Mama Casset, précurseur de la photographie au Sénégal. Il se propose de décoloniser en décloisonnant tout, aussi bien les disciplines que les expériences. Voilà pourquoi il va représenter l'Inde, lors d'un événement artistique qui se déroulera en octobre en Corée du Sud.


Habillé de noir, il n'est pas seulement Parisien. Avec son bonnet diola, il n'est pas strictement Casamançais. Ses trois prénoms déclinent une façon multiple d'être Sénégalais : l'un musulman, Mouhamadou, lui vient du versant wolof et saint-louisien de sa famille maternelle. L'autre chrétien, Alain, lui a été donné par son père, un Diola. Le troisième, casamançais, Eukemi – transformé en Kemi – l'ancre dans une culture et un territoire.
Son principal héritage n'en est pas moins celui de son grand-père maternel, Mama Casset, qui l'a élevé à Dakar. Photographe, comme les Maliens Malick Sidibé et Seydou Keïta, plus connus que lui par la suite, son studio de la Médina ayant brûlé en 1978, Mama Casset, auquel la Revue noire a consacré un ouvrage en 1994, était aussi un militaire, expert en cartographie aérienne.


« Il m'a mis à la photo vers l'âge de 6 ans, à un régime militaire à 7 ans, m'a initié au maniement des armes vers 10 ans et m'a confié des responsabilités avant cet âge, comme l'argent pour les fournitures du studio. Je prenais les photos d'identité de nos clients. Il m'offrait chaque année soit un appareil photo, soit un perroquet, qu'il allait acheter au marché Kermel. »


Kemi Bassene, qui fait aussi de la musique, partage les passions de sa grand-mère – couture et cuisine. Après le lycée « Van Vo » à Dakar, il pense monter une entreprise culturelle qui regrouperait toutes ces disciplines. Il passe une licence de droit à Evreux, étudie l'art et la politique à Newark, dans le New Jersey, puis fait une école de commerce à Rouen, s'inscrit en musicologie et à l'école de jazz Arpège à Paris. Il alterne les métiers, chef de rayon, théâtre, compositeur, et travaille dix ans pour le ministère de l'Agriculture sur des logiciels pointus de cartographie, avant de rencontrer Bruno Le Maire. Cet homme politique de droite, nommé ministre de l'Agriculture en 2009, l'emploie comme assistant pendant deux ans.


Tracer non pas sa route, mais son carrefour


Intéressé par les « intersections culturelles et architecturales », il pratique tout en même temps. Pense photo quand il écrit et littérature lorsqu'il sculpte. « J'ai une volonté farouche de tout décloisonner moi-même, sans nier une harmonie compatible avec cette grande communauté de gens culturellement soumis à laquelle j'appartiens. Mais je refuse ce retard qu'on prête à l'Africain et que lui-même entretient, se négligeant au point de suivre les chemins qu'on lui trace. »


La pièce qu'il a présentée lors de la dernière Biennale des arts de Dakar était intitulée « Intersectionnalité ». Sous forme d'une table servant d'échiquier, il a voulu mesurer la distance parcourue depuis l'invention de ce jeu en Inde. Sa reine n'est autre que Victoria, le roi un ordinateur et le fou, un éléphant... « Comment tordre le cou à cette idée du choc des civilisations ?, questionne-t-il. Le monde ne se présente pas en rangs serrés de civilisations qui se côtoient. Les choses ne se sont jamais passées comme ça : il y a toujours eu des carrefours où les populations se sont mélangées, croisées, regardées ».


En Corée du Sud, il installera en octobre une mosquée dans les airs, une œuvre intitulée Suspended Place : « Dans les limbes de la connaissance, portes closes, la mosquée ne touche pas le sol, déconnectée de ses fidèles. Je réfléchis sur l'espace actuel de l'islam, à la fois digitalisé, rêvé, physique et territorial - impliquant un long et coûteux voyage... » Cette œuvre sera exposée à Séoul dans le cadre d'une rencontre annuelle de l'Asian Arts Space Network, un réseau dans lequel il représente... l'Inde, au nom d'un collectif auquel il participe.


Le versant africain de l'Inde


Sa rencontre avec l'un des co-fondateurs de la Clark House Initiative à Bombay a marqué une bifurcation essentielle dans sa vie. Il est sur la même longueur d'onde que cette plate-forme curatoriale indienne, qui l'invite à réfléchir à la « décolonisation de l'art contemporain ». Il y monte sa première exposition solo en 2013, intitulée Nine – une série de neuf portraits rouges comme la lumière d'une chambre noire, évoquant l'exil et la psychologie du migrant.
Il compare l'Inde et l'Afrique à l'infini. « L'Inde s'oublie comme colonie, elle ne cultive pas cette mémoire. L'Afrique, au contraire, l'entretient. Gandhi, qui a découvert son esprit de lutte en Afrique du Sud, sans être l'ami des Africains, a réussi à construire un Etat-nation. Mais l'Inde dravidienne (non blanche) des Intouchables n'y a jamais eu sa place. Elle s'est inspirée des luttes africaines pour s'ériger contre la domination blanche et hindouiste. L'Inde a toujours été la terre du million de religions, la plus aboutie étant le bouddhisme, qui rappelle l'Afrique du bois sacré dans ses préceptes, ses principes ».


Mobile et insaisissable, grave et drôle, léger et érudit, Kemi Bassene est aussi global et sahélien. Il ne se réfère pas au passé et ne conserve pas d'archives. « Le passé, pour moi, est fini. J'ai dit passé, et non histoire », souligne-t-il. L'histoire, il passe de longs moments à la méditer, pour en tirer ses propres conclusions. « On peut tout déléguer, sauf ses propres responsabilités, dit-il. La critique de cet impérialisme dans lequel l'Afrique de l'Ouest se complaît viendra forcément de l'intérieur. Quand on regarde bien, même la valeur de l'art fonctionne comme le franc CFA. Elle reste fixée à l'extérieur... » Admirateur du philosophe français Jacques Derrida, il se revendique comme lui « ouvert et libre ». Mais sa grande référence reste Alioune Diop, fondateur de la revue Présence africaine, qu'il décrit comme « le premier Africain à vouloir fédérer les pensées des peuples soumis dans une dimension culturelle, voire artistique ».


http://www.rfi.fr/hebdo/20170217-portrait-kemi-bassene-art-photographie-sculpture-litterature-pensee

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I’m not your négro –Je ne suis pas votre nègre--Emission spéciale avec Raoul Peck, ½- La Grande table  par Olivia Gesbert–arte   ’Amérique de James Baldwin à Raoul Peck. A l'occasion de la diffusion de son documentaire, le cinéaste haïtien Raoul Peck

I'm not your négro –Je ne suis pas votre nègre--Emission spéciale avec Raoul Peck, ½- La Grande table par Olivia Gesbert–arte

'Amérique de James Baldwin à Raoul Peck. A l'occasion de la diffusion de son documentaire, le cinéaste haïtien Raoul Peck revisite les luttes sociales et politiques des Afroaméricains au cours de ces dernières décennies, à travers les propos et les écrits de l'écrivain noir américain James Baldwin


Un réalisateur politiquement incorrect, traversé par l'exil, les luttes, la mémoire. Documentariste haïtien, ancien ministre de la culture à Port-au-Prince, président de la femis à Paris... Raoul Peck signe aujourd'hui I am not your Negro : un retour aux fondamentaux, diffusé en avant-première ce soir sur Arte, et au cinéma le 10 mai, après un carton dans les salles américaines.


Ce documentaire – déjà multiprimé, ce week-end à Los Angeles après les festivals de Berlin, Toronto, et nominé pour l'Oscar du meilleur film en février dernier – revisite les luttes sociales et politiques des Afro-Américains à travers les mots et la figure de l'écrivain James Baldwin. Sans être une histoire de la question noire mais une histoire de l'Amérique.


Né en 24, mort en 87, James Baldwin est un écrivain profondément américain, chroniqueur de son pays natal, qui raconte dans ses textes, romans, essais, poésies, l'Amérique sous toutes ses formes, les tensions sociales, raciales, qui agitent son Siècle.


"Le manuscrit de Baldwin m'a ouvert une porte d'entrée, pour raconter l'histoire que j'attendais."


"Je cherchais une voix atypique, de rébellion, inattendue. Mon choix s'est arrêté sur Samuel Jackson. En ce qui concerne la version française, j'avais l'impression d'avoir moins de choix... Joey Starr s'est imposé."


"Au-delà de l'exemple des Noirs aux Etats-Unis, James Baldwin dénonce la civilisation occidentale dans son ensemble et son traitement de l'autre"
"Baldwin est dans la position du passeur, du sage, de celui qui interprète et transmet les grandes voix qui l'ont précédé."
"Lire Baldwin m'a permis d'ordonner et de structurer les contradictions auxquelles j'ai toujours été confronté."


In France inter on lira ceci


Raoul Peck : "Il y a une réalité du racisme dans la vie de tous les jours à laquelle vous ne pouvez échapper" par Patrick Cohen France inter
Son documentaire "I am not your negro" a été nommé aux Oscars cette année, et salué par la critique aux Etats-Unis: le cinéaste haïtien Raoul Peck est l'invité de Patrick Cohen.

L'état de nos démocraties face au racisme, aux populismes, à la radicalisation, à travers le regard de l'artiste engagé Raoul Peck, qui met à nu les fractures de la société contemporaine.
Suite de notre émission grand témoin, avec le cinéaste et réalisateur haïtien Raoul Peck, à l'occasion de la diffusion de I am not your Negro, ce soir sur Arte, le 10 mai au cinéma.
I am not your Negro : tout est dans le titre, ne pas laisser l'autre vous définir, décider de ce qui constitue une identité... Les questions sont posées d'emblée : à quel point dans nos sociétés, l'identité est une question politique, instrumentalisée, exacerbée, au cœur des rapports de domination et des inégalités économiques ?
"Il est temps de nous mettre face à face et de commencer à parler, de cesser d'occulter des parts d'une histoire commune."
"Chair de l'accumulation du capital sur le sol américain, l'esclavage illustre cette relation entre pouvoir et profit."
"Les armes démocratiques sont aujourd'hui insuffisantes pour combattre les problèmes auxquels ns faisons face : il reste les êtres"
"Mon identité est mienne, toujours en mouvement, définissable uniquement par moi. Je refuse les amalgames réducteurs."
Raoul Peck, La Grande Table
Il y adapte les écrits et les propos de l'écrivain noir américain James Baldwin, autour des luttes pour l'émancipation des Afro-Américains depuis plusieurs décennies.
Pour Raoul Peck, "c'est une histoire qui est totalement urgente aujourd'hui", dans une période où le racisme est encore très présent dans les sociétés occidentales. Il a constitué son film à partir du propos de Baldwin, bien sûr, mais aussi d'images et de documents d'archives. Des documents inédits mais aussi des documents connus, qu'il a présentés autrement, "des documents auxquels les gens se sont habitués. Ils ont oublié comment les voir. Baldwin parle des images, du poids des images, de ce que les images portent comme idéologie".
Raoul Peck y dénonce le racisme latent dans la société. "Quand on prend les critères de logement, d'éducation, de santé, il n'y a pas eu de changements fondamentaux. Ce qui est dur, ce n'est pas le racisme violent qu'on voit à la télévision. C'est que ça ne s'arrête jamais. Même dans un milieu privilégié, il y a une réalité de la vie de tous les jours à laquelle vous ne pouvez échapper."
L'élection d'Obama a-t-elle amélioré les choses ? "Baldwin disait : la vraie question c'est pas d'avoir un président noir, c'est de quel pays il sera le président. Il avait raison : aujourd'hui on voit que c'est ce même pays qui a élu Donald Trump. Les problèmes sont des problèmes de société qui ne peuvent pas être résolus par une femme ou un homme." Pour lui, les vraies questions sont des questions de société profonde, sur son fonctionnement : "Le blanc, c'est une métaphore du pouvoir", résume-t-il. "Si les richesses étaient mieux réparties, le débat serait totalement différent." Tout en rappelant que "les États-Unis ont une histoire particulière de violence, c'est un pays qui s'est construit sur deux génocides : celui des Indiens puis l'esclavage."

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Jo ouakam alias ISSA SAMB mort à 72 ans, florilèges en mémoire; le Sénégal en Deuil

Jo ouakam alias ISSA SAMB mort à 72 ans (25/04/2017), florilèges pour mémoire ; le Sénégal en Deuil


On connait mal cet homme si singulier et si attachant, voilà une façon posthume de le rencontrer.
Oh un grand monsieur qui va souffert les derniers temps à cause de sa cour vendue à des étrangers. Ce haut lieu d'expression culturelle au cœur de Dakar.
Je l'avais rencontré il y plus de 35 ans lors d'une expo chez lui en définitive, sous la houlette du poète Sall et il me parlait d'un de ses nombreux manuscrits : poussières de cendres. Dernièrement il était acteur dans un film sur Dakar et mon ami l'architecte Gamelin Diop m'avait transmis l'info mais je n'ai pas pu voir le film.
Un dandy, un coquet, il ne passait jamais inaperçu, il avait un style, une personnalité une prestance et un écolo avant tout le monde. Il avait un vie saine , on pourrait dire d'Hermite mais ce serait faux parce qu'il allait à la rencontre des gens. Un homme de retenue, un penseur éclectique, un sage qui n'était pas indifférent aux évènements mais qui prenait de la distance pour mieux cerner et comprendre.
Un géant est parti, il fumera la pipe tranquillement dans cet Hadès sans penser au temps limité celui dans lequel il est invité est Eternel.
Pape B CISSOKO

Si pour certains les passages éclair de Jo Ouakam déclamant sous son écran de fumées quelques vers de Senghor, de Hamidou Dia ou encore de Birago Diop ont été les plus fortes images du film de Florence Arrigoni Neri, pour d'autres, ce documentaire est plaisant et instructif sous différents angles. A peine sorti de la salle de cinéma, une spectatrice confie : «J'ai beaucoup aimé le discours de Thierno le poète, je pense que c'est lui qui est le plus censé de tous.»
Joe Ouakam, de son vrai nom Issa Samb, est un artiste atypique qui a marqué les arts plastiques au Sénégal. Son image s'impose à tous, sa frêle silhouette fait déjà partie du quotidien des sénégalais. Issa Samb est un vrai gardien des traditions ancestrales. Ce fils d'un dignitaire lébou, élevé par son grand-père, est bercé dès sa tendre enfance dans un environnement de symboles où se sont côtoyés les ombres des arbres et les lumières du soleil. Joe Ouakam était ainsi prédestiné à sa carrière exceptionnelle d'artiste de renommée internationale qui n'est pas comme mes autres.


Grand observateur, Joe Ouakam a très tôt pris le goût de lire le sens des symboles. « Toute ma vie, dit-il, je me suis battu avec l'idée et le temps ». Ce qui explique peut-être son « mariage » avec le temps. « En tout temps, j'explore l'âme, ce puits profond », soutient-il pour expliquer le véritable sens de son mutisme parfois déconcertant. Joe Ouakam a fait ses classes d'arts à l'école nationale des arts. Il a aussi fait des études en Droit et en Philosophie à l'université de Dakar. Il est à la fois peintre, sculpteur et dramaturge. Une petite visite dans sa cour sise à Ouakam, nous renseigne sur le caractère mystique de l'homme qui vit au milieu de ses œuvres.
Dans cette cour, où se côtoient toutes sortes d'objets depuis plus de 40 ans, c'est une exposition permanente qui varie au fil du temps qu'on peut considérer comme un compagnon de l'artiste. Sur le sable, des feuilles d'arbres, des pierres, des objets de nature différente sont bercés par le souffle des airs. Des silhouettes habillées de haillons, des piles de journaux, des tableaux, des œuvres d'arts meublent cette demeure. Des témoignages ont révélé que Joe Ouakam a aussi tenté le théâtre de rue comme auteur, metteur en scène et acteur. Il avait, dit-on, son propre style, une particularité qui faisait que ses pièces dans lesquelles il abordait les choses de la vie publique étaient très prisées.


« Ce genre très innovant, avait lieu dans les rues de Dakar où chaque spectateur présent pouvait à son gré, monter sur scène pour jouer sa propre partition », nous apprend le journaliste Alassane Cissé, ami de l'artiste. Selon lui, Joe Ouakam a mené cette expérience pendant plusieurs années. « C'était un moyen pour lui de sensibiliser le commun des mortels aux différents problèmes que pouvaient rencontrer la société sénégalaise », explique-t-il.


Malgré son talent incontestable, Joe Ouakam n'a jamais cherché à participer à des expositions, préférant toujours accrocher ses nombreuses œuvres dans sa cour, pour échapper au conformisme des galeries d'exposition. Toutefois, il lui est arrivé de faire des expositions personnelles à la suite de quelques sollicitations. Ce fut le cas en 1981 à Hazare au Zimbabwe et à Dakar, en 1992 à la Galerie des quatre vents à Dakar, en 1997 à « Gouy gui », son atelier.


Joe Ouakam a aussi participé à des expositions collectives au village des arts de 1981 à 1984. En 1985, il avait exposé au centre culturel français de Dakar. Il avait participé en 1995 à l'exposition « Africa 95 » à la galerie de la Chapelle blanche à Londres. Joe Ouakam a aussi rendu un hommage à Paolo Paolocci en 1998 à Dakar. Dans le cadre du 3e festival mondial des arts nègres tenu à Dakar du 10 au 31 décembre 2010, Joe Ouakam a vu ses œuvres exposées à la galerie nationale d'arts avec le thème « Rétrospectives ». Le chanteur Wasis Diop avait aussi organisé une grande exposition intitulée « La cour de Joe Ouakam » dans les ateliers de l'artiste.
Joe Ouakam a aussi suscité la curiosité de quelques réalisateurs qui lui ont consacré des reportages ou des séquences dans leurs films. Ce sont Jean Michel Bruyère dans « La fête silencieuse » en 1999, « Les 4 trous du langage » en 2000 et « La double lumière », une vidéo de 54 minutes produite en 2001. Joe Ouakam a aussi participé en 1992 au film « Hyènes » de Djibril Diop Mambety. Il a participé récemment en 2010 dans « Lumière sur Ndar », un film documentaire de Mansour Kébé.
sudonline.sn


http://xalimasn.com/joe-ouakam-


https://vimeo.com › FK Prod › Videos


Issa Samb également connu sous le nom de Joe Ouakam, du nom de son quartier d'origine est né le 31 décembre 1945 à Dakar (Ouakam) et mort ce 25 avril 2017. Il était sculpteur, peintre, acteur, critique, auteur, poète, dramaturge et philosophe. Jo est une figure emblématique du mouvement Agit-Art, créé au début des années 1970 avec le réalisateur Djibril Diop Mambéty et un collectif d'artistes, d'écrivains et de cinéastes.
Il est l'un des premiers à critiquer ouvertement l'idéologie de la Négritude promue par Senghor, dénonce la tournure politique prise par les arts au Sénégal et, comme El Hadj Sy, souligne la nécessité pour les artistes de créer des structures indépendantes, des associations, en se détachant de la ligne politique. À travers une œuvre plus sombre et inquiétante, il prend ses distances envers l'École de Dakar.


Son image s'impose à tous, sa frêle silhouette fait déjà partie du quotidien des sénégalais. Issa Samb est un vrai gardien des traditions ancestrales. Ce fils d'un dignitaire lébou, élevé par son grand-père, est bercé dès sa tendre enfance dans un environnement de symboles où se sont côtoyés les ombres des arbres et les lumières du soleil. Joe Ouakam était ainsi prédestiné à sa carrière exceptionnelle d'artiste de renommée internationale qui n'est pas comme mes autres.
Grand observateur, Joe Ouakam a très tôt pris le goût de lire le sens des symboles. « Toute ma vie, dit-il, je me suis battu avec l'idée et le temps ». Ce qui explique peut-être son « mariage » avec le temps. « En tout temps, j'explore l'âme, ce puit profond », soutient-il pour expliquer le véritable sens de son mutisme parfois déconcertant. Joe Ouakam a fait ses classes d'arts à l'école nationale des arts. Il a aussi fait des études en Droit et en Philosophie à l'université de Dakar.


http://kingfm.sn/index.php/2017/04/25/


Macky offre 5 millions à Joe Ouakam


Joe Ouakam, qui lutte pour garder le site où il loge depuis 40 ans au centre-ville, a reçu la visite de Me Oumar Youm, directeur de cabinet du chef de l'État. Ce dernier était à la tête d'une délégation envoyée par le Président Macky Sall.
Me Youm a demandé des éclairages sur le litige foncier qui oppose l'artiste à l'acquéreur du terrain en question. Aussi, il lui a remis la somme de 5 millions de francs CFA au nom du chef de l'État.


Après avoir remercié le président de la République, Joe Ouakam a tenu à préciser : « Dites au Président qu'il ne s'agit pas de moi, mais du site. Moi, je vais mourir, c'est sûr. Donc, il faut préserver ce site pour l'avenir. »
http://www.seneweb.com/news/Culture/macky-


La vente de la Cour de Joe Ouakam affole la toile


«Le laboratoire AGIT ART, espace de création de récréation de médiation pour la définition des productions positives humaines, dont le lieu principal se trouve à la rue JULES FERRY de DAKAR communément appelé ESPACE DE JOE OUAKAM est menacé de destruction par les nouveaux magnats du béton au Sénégal», informe Abdou BA du Laboratoire AGIT ART. «Cet endroit qui a vu naitre oh combien de projets artistiques dont la biennale de DAKAR, idée qui avait germée lors des rencontres des compagnons des premiers jours dans un projet nommé MECEN ART89, nous étions au siècle dernier. Devenu un passage obligé des amateurs d'arts, des collectionneurs et autres instituts de formation ou de recherche en art dans le monde depuis 1973, cet endroit disais-je risque de mourir de sa plus affreuse mort si nous n'intervenons pas maintenant», poursuit ce dernier. L'appel ainsi lancé ce jeudi, aux « amis et compagnons » pour «se mobiliser et agir pour la préservation de ce lieu », il faut dire que la publication ne laisse pas insensible et affole la toile. «J'adhère fermement à ce projet et prêt pour porter le plaidoyer devant qui de droit. Joe mérite plus que cet espace, il est présent dans tous les combats culturels, il a soutenu, aidé beaucoup de jeunes talents qui font le bonheur culturel du Sénégal. Sauver sa cour devient une mission pour ceux qui croient en la culture. Cet homme est une fierté pour le pays. Mobilisons-nous pour lui rendre ce qu'il mérite », réagit Assane Ndoye. Gilles Eric Foadey adhère aussi au combat.


Issa (Joe Ouakam) Samb


« Tout le monde culturel dakarois, ou presque, connaît Joe Ouakam. Mais paradoxalement, c'est pour mieux saisir sa personnalité qu'il y avait foule chez lui. L'homme est tout à la fois connu et mystérieux. L'idée de Wasis Diop, soutenue par la ville de Dakar et des acteurs culturels, était la bienvenue.
Chez Joe, artiste fascinant, le moindre élément a son importance. Au sol, sur des tables, accrochés à des fils ou à des branches, les morceaux de bois, feuilles d'arbres, chaussures désaffectées, enveloppes, cartons d'invitation, coupures de journaux, bouts de conférence, affiches publicitaires forment un tout conscient.
Dans cette galerie à ciel ouvert, on retrouve la personnalité du maître des lieux, personnage tout en couleurs, apparemment détaché de la réalité qui l'entoure, mais si profondément ancré dans ce qui fait l'âme de sa société. Il y est si attaché que « presque rien ne lui échappe. Joe c'est notre mémoire », résume un fonctionnaire du ministère de la Culture.


https://legrenierdekibili.wordpress.com/tag/agitart/

Joe Ouakam

Né en 1945, Issa Samb vit et travaille à Dakar en tant que peintre, sculpteur, dramaturge, comédien, auteur d'installations et de spectacles vivants, et shaman. Il est le cofondateur de la galerie TENQ, du Village des arts, ainsi que du Laboratoire Agit-Art de Dakar.

EXPOSITIONS PERSONNELLES

- 1981 : Hazare, Zimbabwe
- 1981 : Dadje, Dakar Sénégal
- 1992 : Galerie des Quatre Vents, Dakar
- 1997 : Gouy gui, son atelier
- 2010 : Une grande exposition intitulée : La cour de Joe Ouakam organisée par Wasis DIOP dans l'atelier de L'artiste.
- 2010 : Rétrospective à la Galerie Nationale, Dakar.

EXPOSITIONS COLLECTIVES

- 1981 à 1984 : Galerie Tenq : Village des arts
- 1982 : "Combar" : Premier village des arts
- 1985 : Galerie 39, CCF
- 1993 : Galerie des Quatres Vents avec Viyé Diba, Dakar
- 1995 : "Africa 95" Whitechapel, Gallery, Londres
- 1998 : Hommage à Paolo Paolocci, Galerie Witeef-Vema, Dakar

Filmographie

2012, LA COUR DE JOE OUAKAM / DER HOF, de Dieter Reifarth / Viktoria Schmidt-Linsenhoff. Documentaire, Vidéo. 85mn, couleurs. HD. Avec Issa Samb.
Rôle : son propre rôle / Himself

2011, BLISSI NDIAYE OU LA VISITE DE LA DAME de Nicolas Sawalo Cissé, Court métrage fiction, Sénégal, avec Joe Ouakam et Marie Madeleine Diallo. production : Niciss Productions, Dakar. Sélection FESPACO 2011, Cinémas d'Afrique d'Angers 2011 (France), Festival de Cinéma Image et Vie 2011 (Sénégal), Ecrans Noirs 2011 (Cameroun), Luxor African Film Festival - LAFF 2012 (Égypte)
Rôle : Le libraire pieux

2010, JOE OUAKAM, de Wasis Diop. Vidéo. 25mn, couleurs. HD. Avec Issa Samb, Wasis Diop. Production DDM. Prix du Meilleur Documentaire à CinéSud 2011 (Cozes, France) et à Ecrans Noirs 2011 (Yaoundé, Cameroun). Film de clôture du Festival Image et Vie 2011 (Dakar, Sénégal).
Rôle : son propre rôle / Himself

2010, LUMIÈRE SUR NDAR Portrait du Père Jean Vast (1921-2005). Un film de documentaire de Mansour Kébé. Sont apparus : Abdel Aziz Guillet Mbodji, Abdoul Aziz Cissé, Joe Ouakam.
Rôle : son propre rôle / Himself

2001, LA DOUBLE LUMIÈRE, de Jean Michel Bruyère. Vidéo. 54mn, couleurs. Beta digital. Avec Issa Samb. Coproduction ZKM, CICV, Epidemic, LFK-lafabriks
Rôle : son propre rôle / Himself

2000, LES 4 TROUS DU LANGAGE, de Jean Michel Bruyère. Vidéo. 60 mn, N&B et couleurs. DVcam. Avec Anouk Grinberg, Issa Samb, Thierry Arredondo, Jean Michel Bruyère. Coproduction CICV, LFK-lafabriks.
Rôle : son propre rôle / Himself

1999, LA FÊTE SILENCIEUSE, de Jean Michel Bruyère. Vidéo. 26mn, N&B. DV. Avec Issa Samb. Coproduction CICV, LFK-lafabriks, Laboratoire Agit'art.
Rôle : son propre rôle / Himself

1999, ELEMENTS OF A NAKED CHASE, de Jean Michel Bruyère. Cinéma. 57mn, N&B et couleurs. DVcam. Avec Anouk Grinberg et Issa Samb. Coproduction CICV, LFK-lafabriks
Rôle : son propre rôle / Himself

1995, IMPRESSIONS, de Jean Michel Bruyère. Vidéo. 15mn, couleurs. Hi8. Avec Issa Samb. Production FDM©dropper.
Rôle : son propre rôle / Himself

1992, HYENES, de Djibril DIOP Mambéty.. 1992, Senegal, France, Suisse, 110min. Wolof sous-titré français. Une coproduction sénégalo-franco-suisse: ADR Productions / Thelma Film AG/ Maag Daan.
Rôle : Le Professeur de Colobane.

1990 : AN ALÉ. Docu-fiction de Irène Lichtenstein. 1990, Suisse/Sénégal/France, 1h10
Dist: Collectif 2004 Images / KS VISIONS.
Rôle : son propre rôle / Himself

Livres


- 2004 : POTO-POTO BLUES, de Issa Joe Ramangelissa SAMB. Les Editions Feu de Brousse.
- 2009 : Les criquets (Théâtre). Les Editions Feu de Brousse.

Source: 10ème Biennale de l'art africain contemporain, Dak'art 2012
www.biennaledakar.org/2012/spip.php?article66&id_document=435#documents_portfolio
Anglais
Also known as
Joe Ramangelissa Samb
Joe Ouakam
http://rdc.spla.pro/fr/fiche.personne.issa-joe-ouakam-samb.10595.html

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Décès de Joe Ouakam: le Sénégal rend hommage à un artiste multifaces

Son vrai nom était Issa Samb, mais il avait choisi le pseudo de Joe Ouakam du nom de son quartier d'origine à Dakar. Le monde de l'art sénégalais rend hommage à cet artiste singulier décédé mardi 25 avril, à l'âge de 72 ans, et inhumé ce mercredi.

Avec sa pipe, ses petites lunettes et son look d'artiste, Joe Ouakam était un personnage taciturne, qui aimait observer et analyser le sens des symboles. Plus jeune, il avait étudié le droit et la philosophie à l'université de Dakar.

Joe Ouakam était un artiste transversal : il était à la fois poète, dramaturge, sculpteur et peintre. Il a joué dans de nombreux films. Il a notamment fait une prestation remarquée dans Hyènes, de Djibril Diop Mambéty, figure du cinéma sénégalais.

Son dernier combat, c'était de préserver sa cour, un des derniers îlots de verdure au centre-ville de Dakar, menacée d'être détruite pour laisser place à la construction d'un immeuble. Sa cour abrite un arbre centenaire. C'est un lieu de mémoire. C'est aussi un laboratoire de création : l'atelier Agit Art. Joe Ouakam y accrochait de nombreuses oeuvres.

Et ce laboratoire était aussi ouvert aux autres artistes à la recherche d'échanges, comme l'explique le conteur Massamba Gueye. « Joe Ouakam avait créé un cadre où tout le monde pouvait venir créer son spectacle, s’inspirer, tourner son clip, venir manger quand on n’avait rien à manger, raconte-t-il. C’était un lieu de référence. Par exemple, pour créer un décor pour un spectacle de conte ou bien un spectacle de théâtre. Si on était en cours d’inspiration, il fallait y aller. C’est pourquoi pour moi, c’est un héritage, un patrimoine qu’il faut conserver. »

RFI

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