Art & Culture

Kemi Bassene invite Wasis Diop et Filip Kantinol / : L'islam et la Russie, le spirituel et la résistance comme structures des musiques noires.

 

Kemi Bassene invite Wasis Diop et Filip Kantinol / : L'islam et la Russie, le spirituel et la résistance comme structures des musiques noires.

Samedi 24 juin 2017 16:00 → 18:30
La Manufacture des Œillets, 1 Place Pierre Gosnat
94200 Ivry s/ Seine T. 01 49 60 25 06 www.credac.fr ligne 7 Mairie d'Ivry

Conférence 2/2 : L'islam et la Russie, le spirituel et la résistance comme structures des musiques noires.


Dans ce second volet, le questionnement du triptyque : Afrique, Russie et islam continue à travers la musique.


Après l'art soufi, la dimension de la femme dans l'islam et le principe de non-violence emprunté à la littérature russe influencée elle également par ce même islam, le regard sera porté cette fois-ci depuis les luttes armées et leurs esthétiques musicales.
Introduite par Kemi Bassene, la conférence performée se poursuit par une déambulation dans les salles de l'exposition avec le musicien Wasis Diop et le conteur Filip Kantinol.


Filip Kantinol est un chanteur, conteur musicien instrumentiste martiniquais qui représente une oralité, "la Pawol kréyol". Il fait exister ses textes à travers gestuelles et chants, questionnant les réalités et les songes selon le rituel du conteur. Il a commencé à jouer du chacha dans les fêtes familiales, puis a développé l'instrument à l'École de Bélè de Paris pour finalement l'inscrire dans une authentique tradition créole.


Wasis Diop est un musicien sénégalais et français né à Dakar. il se met très tôt à la guitare, bien que n'étant pas issu d'une famille de griots. Il quitte le Sénégal pour la France au début des années 70 pour y poursuivre sa carrière artistique.


Né à Dakar, Kemi Bassene est musicologue. Également artiste et photographe, son travail était récemment visible à la Biennale de Dakar et à Bétonsalon (Groupe Mobile, 2016). Petit-fils de Mama Casset, précurseur de la photographie au Sénégal, il se propose de décoloniser en décloisonnant tout, aussi bien les disciplines que les expériences.

À travers sa littérature (Tolstoï en particulier) et son idéologie socio-économique, la Russie a influencé les luttes d'indépendance en Afrique par une résistance non violente (avec Ahmadou Bamba au Sénégal et Gandhi en Afrique du Sud) puis par une lutte armée avec un intermédiaire désigné : Cuba. La musique grégorienne russe a également influencé la musique gouvernementale révolutionnaire cubaine qui a son tour retrouvera une nouvelle rythmique en Afrique. L'islam a quant à lui infiltré l'Afrique noire dès le 8e siècle, a voyagé comme esthétique immatérielle avec la traite transatlantique et inspiré par sa puissance syllabique toutes les musiques noires américaines.
Deux conférences dans le cadre de la programmation anniversaire des 30 ans du Crédac / une programmation soutenue par la Fondation d'entreprise Ricard, la Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques, l'ADAGP et la copie privée.
Gratuit, sur réservation : contact[at]credac.fr / 0149602506
http://slash-paris.com/fr/evenements/kemi-bassene- -noires

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«Nos patriotes», un hommage au résistant Addi Bâ, tirailleur sénégalais

Le cinéaste français Gabriel Le Bomin fait revivre une figure méconnue de notre histoire. Dans « Nos patriotes », son troisième long-métrage, le réalisateur dresse le portrait d'Addi Bâ, un héros de la Résistance qui a fait la guerre dans le corps des tirailleurs sénégalais avant de prendre la tête d'un maquis en 1940.

Il a la France chevillée au corps et au cœur, Addi Bâ. Guinéen, né en 1916, arrivé en France au milieu des années 1930, hébergé par une famille de Français républicains, ce jeune homme de 25 ans sert au début de la Seconde Guerre mondiale dans le bataillon des tirailleurs sénégalais envoyés combattre les Allemands en première ligne dans les Ardennes et sur la Meuse. Fait prisonnier dans les Vosges, il s'échappe et aide à créer l’un des premiers maquis, avant de devenir une figure importante de la Résistance.

Marc Zinga incarne le héros imparfait

Qu'ils soient fonctionnaires, institutrice, fermière, paysan... ceux qui vont aider et accompagner Addi Bâ ne s'appellent pas encore des résistants, mais des patriotes. L'acteur belge Marc Zinga incarne avec justesse ce personnage de héros imparfait, volage, imprudent, en butte au racisme idéologique des nazis, mais aussi à celui, ordinaire, de Français découvrant un ressortissant de l'empire colonial.

La vie pour la patrie

Addi Bâ a payé de sa vie son engagement pour la France. Fusillé en 1943, à l'âge de 27 ans, il obtiendra la médaille de la Résistance française en 2003, à titre posthume.

RFI

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Afrique: le cinéaste et ethnologue Jean Rouch aurait eu 100 ans aujourd'hui

Il était né le 31 mai 1917 à Paris. Cinéaste et ethnologue français, ancien ingénieur des ponts et chaussées amoureux de l’Afrique, Jean Rouch a laissé derrière lui une œuvre-fleuve, plus de « 140 films qui s’enchaînent ». On commémore ce mercredi les cent ans de sa naissance.

Jean Rouch avait attrapé le virus de cinéma sur un chantier au Niger, dans les années 1940, en assistant à un rituel pour Dongo, le génie du tonnerre qui venait de foudroyer dix ouvriers. Avec une caméra légère, l’ingénieur - occidental et rationaliste - se met alors à parcourir l’Afrique dans tous les sens.

C'est le début d’une filmographie qui va chroniquer tous les changements survenus en Afrique de l’Ouest, de la colonisation aux Indépendances, et débusquer derrière l’histoire factuelle une mythologie vivante : rites de possession, magie et surnaturel, comme dansAu pays des mages noirs,Bataille sur le grand fleuve, ou encoreLes Maîtres fous, qui fait scandale en 1952.

Rendre le cinéma à ceux qu’on filme

Jean Rouch filme comme il respire, tourne avec les moyens du bord, entouré de ses copains, complices et co-réalisateurs Damouré, Lam et Tallou, que l’on retrouve dans Moi, un Noir, en 1958. Car pour Jean Rouch, faire du cinéma est d’abord et avant tout rendre le cinéma à ceux qu’on filme.

L'ethnologue et cinéaste français meurt finalement le 18 février 2004, des suites d’un accident de voiture dans ce pays qu’il adorait, le Niger, à l'âge de 86 ans. Il aura inspiré des centaines de cinéastes dans le monde, et surtout en Afrique. Ci-dessous, voici le témoignage de deux d'entre eux, recueilli par Radio France Internationale.

RFI

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«I Am Not a Witch» de R. Nyoni: «Les camps de sorcières existent en Afrique»

Il fallait oser le faire, une comédie sur un camp de sorcières en Zambie, petit pays de 15 millions d’habitants en Afrique australe. Avec son premier long-métrage, la Zambienne Rungano Nyoni a charmé le public et les critiques au Festival de Cannes. Présenté dans la Quinzaine des réalisateurs, I Am Not a Witch (« Je ne suis pas une sorcière ») raconte l’histoire d’une fille de 9 ans, Shula, envoyée dans un camp de sorcières parce qu’on l’accuse d’en être une. Entretien avec sa réalisatrice.

RFI : Pourquoi était-il si important pour vous de raconter cette histoire,I Am Not a Witch ?

Rungano Nyoni :Il y a beaucoup de raisons à cela. Ce film réunit tous les thèmes dont je voulais parler : la question de la liberté, quel prix doit-on être prêt à payer pour être libre ? Je voulais aussi parler des choses que la société vous impose, mais dont des règles sont complètement absurdes.

Ces camps de sorcières existent-ils réellement ?

Oui, cela existe dans la vraie vie. Mon film est une exagération de ce qui se passe réellement. Donc, vous trouvez des choses réelles dans le film, d’autres sont agrandies. Ces camps de sorcières existent sous différentes formes dans différents pays en Afrique. Au Ghana se situe l’un des plus anciens camps de sorcières. C’est là que j’ai fait ma recherche. En Zambie, il y a un camp de sorcières informel.

Comment les gens sur place ont-ils réagi par rapport au tournage de votre film ?

Malheureusement, ils n’ont pas la chance de voir le film. Ils savent que je présente mon film à Cannes et que le sujet est sur la situation de ces femmes. Ils comprennent l’idée du film et que c’est une sorte de fable et pas un documentaire. Ce film est le résultat de mon imagination.

Le fait de ridiculiser ces camps de sorcières pourrait-il poser des problèmes ?

Je ne pense pas ridiculiser l’idée de ces camps de sorcières. Je n’ai rien contre les croyances des gens et il y a beaucoup de choses que je ne peux pas expliquer. Mais je suis complètement contre des choses qui sont dirigées contre une partie de la population au nom d’une race ou d’un sexe. C’est ça qui rend l’idée de camp de sorcières absurde : ce sont uniquement des femmes, qui sont accusées d'être des « sorcières » - surtout des femmes âgées. Je suis complètement contre cette pratique. De là, il n’y a pas de problème pour moi avec l'idée de me moquer de cette pratique, parce qu’il s’agit d’une pratique idiote et horrible.

Vous montrez dans votre film que beaucoup de choses sont impactées par l’existence de ce système de sorcières : la santé, l’économie, la justice, la politique, le tourisme… Pour le reste de la population, le système semble fonctionner. Alors, comment changer le système ?

L'une des choses que je voulais faire avec ce film, c'était parler d’un sujet grave, mais d’utiliser la forme de la comédie pour faire entrer les gens dans l’histoire. Pour cela, j’utilise aussi des absurdités. Mon film n’est pas un drame réaliste, mais les absurdités sont basées sur des choses réelles. J’essaie d’obtenir l’engagement du public d’une manière différente. Il y a des documentaires qui existent pour parler de la vraie vie de la sorcellerie. Dans une fiction, on peut manipuler le monde comme on veut, selon ses désirs. C’est une autre manière de parler du sujet. Comme je parle aujourd’hui avec vous ici à Cannes des camps de sorcières, dont beaucoup de gens ignoraient l’existence. Pour cela, il y a une certaine confusion : les choses sont-elles réelles ou pas ? Parce que c’est la première fois qu’on parle des camps de sorcières et pourtant ils existent depuis très longtemps. Donc, mon film est certainement une bonne chose.

Vous êtes née à Lusaka, en Zambie. Où avez-vous appris à faire du cinéma ?

Je suis zambienne, mais je suis partie au Pays de Galles à l’âge de 9 ans. C’est là où j’ai grandi. Je n’ai jamais appris le cinéma avec quelqu’un, je l’ai appris en autodidacte en faisant des films. Je suis aussi comédienne pour le théâtre. De là vient ma relation avec le cinéma. Sinon, j’ai appris le cinéma en regardant des films, en faisant des courts-métrages, des stages, et en allant à beaucoup de festivals.

Vous allez hors de Zambie pour y tourner des films sur la Zambie. Quelle est aujourd’hui la situation en Zambie pour un réalisateur ?

Je me rends régulièrement en Zambie, parfois deux fois par an. Aujourd’hui, je connais la situation sur place beaucoup mieux qu’à l’époque où je faisais mon court-métrage [Mwansa the Great, 2011, primé dans beaucoup de festivals, ndlr]. A l’époque, c’était très difficile de trouver l’équipement pour tourner le film. Aujourd’hui, c’est devenu beaucoup plus facile. Il y a une télévision qui produit des films, des fictions. Il y a une très petite industrie qui se développe. Il est très difficile de trouver des acteurs professionnels, donc j’étais obligée de tourner avec des amateurs. Nous n’avons pas une véritable école de cinéma, mais il y a une école fondée avec des fonds européens pour des jeunes en difficultés. Cela existe depuis deux ans. Sinon, les gens font comme moi, ils sortent et tournent des films.

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