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Art & Culture

Livre : « La mémoire effacée d’Abigail » Un roman de notre directeur de la publication

Notre directeur de la publication, Jean-Yves Duval, vient de sortir chez « Ella éditions » un nouveau roman historique : « La mémoire effacée d’Abigail ». Il s’agit de son septième ouvrage, après la parution en 2000 d’une biographie d’un maréchal de France sous Louis XV et Louis XVI : « Le prix du sang bleu ».

Quand la fiction rejoint la réalité

Ce dernier opus est le deuxième d’une série, après la sortie de « Trois divas et un divan » qui raconte l’histoire romanesque du retour à la vie de la célèbre couturière Coco Chanel et de l’espionne Mata-Hari. Pourquoi et comment ? C’est là tout l’intérêt de l’intrigue. Il s’agit cette fois d’une princesse disparue tragiquement dans un accident de la route voici près d’une vingtaine d’années. S’agit-il réellement d’un accident ou plutôt d’un complot ? Là, est la question et certains lecteurs trouveront peut-être une coïncidence avec une célébrité décédée à Paris à la même époque. Rappelons cependant que le livre de Jean-Yves Duval est une fiction, sortie directement de son imagination, même si certains faits peuvent paraître troublants.

Un roman d’espionnage pour la fin de l’année

Interrogé, l’auteur nous a indiqué avoir en préparation un troisième volet où il s’inspire, là encore, d’une célébrité décédée voici quelques décennies dans des circonstances mystérieuses et à ce jour non élucidées. Avec à la clé, des révélations ? Ce sera à découvrir l’année prochaine, car pour l’heure Jean-Yves Duval nous indique « la parution, vraisemblablement, pour la fin de l’année, d’un roman d’espionnage ayant pour champ d’action le Moyen-Orient et ses enjeux géopolitiques et stratégiques », un univers que connaît bien ce journaliste, auditeur à l’Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale (IHEDN) qui a parcouru le globe durant une quinzaine d’années pour la radio et la presse écrite, en particulier sur les différents théâtre d’opération militaire (Bosnie, Somalie, Cambodge, Côte-d’Ivoire, etc.)  

« La mémoire effacée d’Abigail » - Ella éditions, 307 pages, 20 €

Qui est N’Goné Fall, commissaire générale de la Saison Afrique 2020?

Elle vient d’être nommée mardi 3 juillet commissaire générale dans le cadre de la Saison des cultures africaines, la Saison Afrique 2020, une initiative lancée par le président français Emmanuel Macron. La Sénégalaise N’Goné Fall, 51 ans, architecte, commissaire d’expositions, intellectuelle et cofondatrice d’une plateforme dans les nouveaux médias et les arts visuels, devient ainsi une figure incontournable de la scène culturelle internationale. Portrait.

C’est elle qui aura la tâche aussi réjouissante que difficile de « permettre de faire découvrir en France, l’image d’une Afrique en mouvement et en pleine mutation », selon le communiqué publié par la ministre de la Culture française, Françoise Nyssen, la tutelle avec le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères de l'initiative Saison Afrique 2020 qui sera mise en oeuvre par l'Institut Français courant 2020.

Les initiés connaissent et apprécient N’Goné Fall depuis longtemps. Déjà en 2001, elle était commissaire invitée aux Rencontres de la photographie africaine de Bamako. En 2016, elle présidait le jury de la Biennale de Dakar, et dans la même année, elle a concocté une exposition au Danemark à majorité féminine sur les voix critiques d’artistes activistes, When Things Fall Aparat. Critical Voices on the Radars.

La défense des artistes en Afrique

Née en 1967 à Dakar, diplômée à l’âge de 26 ans en architecture par l’École spéciale d’architecture à Paris, N’Goné Fall s’engage rapidement auprès de la Revue noire avant de devenir à son tour entre 1994 et 2001 directrice de cette rédaction pionnière et très engagée dans la reconnaissance des artistes africains dans le milieu de l’art international. Sa nomination en tant que commissaire générale de la Saison Afrique permettra à N’Goné Fall de devenir une figure centrale pour la défense des artistes en Afrique, un rôle incarné depuis longtemps par Simon Njami, écrivain et essayiste né à Lausanne de parents camerounais, cofondateur de la Revue noire et commissaire d’expositions mythiques comme Africa remix.

Quant à N’Goné Fall, elle a codirigé plusieurs anthologies ayant fait date : l’Anthologie de la photographie africaine et de l’océan Indien en 1998 et puis, en 2001, l’Anthologie de l’art africain du XXe siècle, publiée par les prestigieuses éditions Revue noire. C’était le fruit de longues années de recherche et un coup d’épée dans la scène internationale de l’art qui longtemps ignorait cette autre histoire de l’art.

Les artistes femmes du continent africain

Dans le cadre de ses recherches scientifiques, elle n’a pas cessé de faire découvrir des artistes femmes du continent africain. Lors de l’exposition sur l’art féministe dans le monde, Global Feminisme, en 2007, au Brooklyn Museum, à New York, elle a notamment rédigé dans le catalogue la partie sur la contribution de l’art africain. Du jour au lendemain, elle s’est retrouvée dans le rôle d’une pionnière concernant la recherche sur la production des femmes artistes en Afrique.

Enfin, et ce n’est peut-être pas le fait le moins important dans sa nomination, N’Goné Fall est aussi cofondatrice du collectif Gaw-Lab de Dakar, une plateforme dédiée à la recherche et la production dans le domaine de l'art numérique pour interroger « l'interdépendance entre la réalité numérique et l'espace public et social ». Relier les cultures et les continents à l’ère numérique, tout un programme pour sa nouvelle fonction au sein de la Saison Afrique 2020.

Institut Français

Dessin : Enam Bosokah, est une artiste ghanéen-stylé stylo-stylo BIC.


C'est tout au stylo BIC
Les portraits du jeune Ghanéen

Enam Bosokah font frissonner le Net. Travaillant avec un simple Bic, il porte le dessin à un niveau rarement atteint.


Un éclat lumineux dans une pupille. Une perle de sueur. Un simple reflet sur une joue. Dans les dessins hyperréalistes d'Enam Bosokah, le plus infime détail hypnotise. L'artiste Ghanéen, à seulement 27 ans, crée des illusions azurées, des portraits crayonnés avec une telle maîtrise qu'ils ressemblent à des photos. Ses armes sont pourtant les plus humbles – et les moins chères – qui soient : des stylos à bille Bic cristal et du papier à dessin 224 grammes.


Né dans une famille de sept enfants dans la ville de Tefle, dans l'est du Ghana, Enam n'a jamais pris de cours de dessin étant petit, mais il observait avec envie son père crayonner en amateur. Le petit garçon a très tôt pris conscience de son talent. Un jour, à l'école primaire, on demande à toute sa classe de dessiner un animal. L'institutrice jette un oeil par-dessus l'épaule d'Enam, et, stupéfaite, demande à ses camarades de venir admirer sa création. Par la suite, elle l'invitera à venir régulièrement dessiner au tableau pour que les autres élèves copient ses esquisses.


En grandissant, Enam est bien décidé à accrocher son rêve. Il étudie l'art à l'université Kwame-Nkrumah, à Kumasi, dans le centre du pays. Après sa licence, le jeune homme décide de faire une pause de deux ans pour vivre de ses créations. Il tente de s'imposer comme sculpteur, mais se trouve bientôt dans une impasse pour financer ses projets personnels ("la résine et la fibre de verre sont très chères"). C'est alors qu'il décide d'utiliser le matériel le moins coûteux qui soit, et généralement snobé par les artistes contemporains : feuille blanche et stylo Bic.


Aujourd'hui, la modestie des moyens lui permet également de transmettre un message presque philosophique à travers ses oeuvres. "Le stylo est un outil très simple, mais puissant, dit-il. Il a fait naître de grands hommes... scientifiques, avocats, politiciens. La plupart du temps, nous sous-estimons les petites choses, nous ne tentons pas de tirer le meilleur de chaque opportunité. Voilà la métaphore qui se cache derrière mes dessins."


Un gros travail d'observation


Le crack du Bic dessine en soirée ou dans la nuit. "Durant ces moments de solitude, je suis plus serein, plus concentré", explique-t-il. Il travaille plusieurs heures, sans interruption, multipliant les lignes par centaines, les croisant pour préciser un volume, le moiré d'une étoffe, un grain de peau. Aucun sujet ne lui fait peur. Il fait apparaître des paysages, des natures mortes, des animaux.
Mais il se concentre aujourd'hui sur des portraits, essentiellement d'Africains – anonymes ou célèbres, comme Nelson Mandela ou Bob Marley -, tentant de pousser suffisamment loin son travail d'observation pour percer la personnalité de celle ou de celui qu'il représente et la restituer.

Il réalise également des portraits sur commande : 300 dollars pour un format A3 et 250 dollars pour un A4 (environ 260 et 220 euros).


Artiste tout juste émergent, Enam rêve d'un succès à l'international. Il a déjà bluffé les réseaux sociaux et compte une grosse dizaine de milliers de fans sur Facebook. Il prévoit plusieurs expositions cette année, dont une le 28 septembre dans la ville de Dodowa, dans la région d'Accra. Souvent, pourtant, il hésite à vendre ses oeuvres, qui, comme il l'explique "racontent chacune une histoire". Sans compter qu'un seul dessin lui demande en moyenne plus de deux semaines de travail intensif... et une semaine de repos.


Pour contacter Enam : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


http://www.jeuneafrique.com/32805/culture/diaporama-dessin-enam-bosokah-sty


C'est tout au stylo BIC. Enam Bosokah est une artiste ghanéen qui réalise des portraits ultra-réalistes et incroyables uniquement avec un simple stylo. On est très loin de nos « oeuvres » gribouillées sur le coin de la table de colle.


Comme Enam Bosokah l'explique sur son Behance, elle est obsédée par le plaisir de dessiner sans s'arrêter, sans gommer les traits ou impressions indésirables. Elle prend le contrôle total de chacun de ses dessins et les réalise d'une seule traite. Elle maîtrise à la perfection l'encre de son stylo BIC pour aller à l'essentiel de son portrait. Des portraits d'homme et de femme qu'elle croise ou encore de personnalité comme Nelson Mandela ou Bob Marley.


Dans les dessins de Enam Bosokah, chaque portrait est constitué de nombreuses couches de stylo. Où les lignes se croisent et s'entrecroisent dans un mouvement répétitif afin de provoquer cette sensation de réel. Des portraits ultra-détaillés où le dessin prend des allures de photographie. C'est impressionnant de voir ce que Enam Bosokah est capable de réaliser avec ce simple outil de tous les jours.


Suivez Enam Bosokah sur Facebook et Behance.

Le Sénégalais Mohamed Mbougar Sarr lauréat du prix Littérature-monde 2018

Un jeune écrivain sénégalais, Mohamed Mbougar Sarr, s'est vu décerner le prix Littérature-monde 2018 pour son ouvrage "Silence du choeur", publié chez Présence Africaine, à l'occasion du festival Etonnants Voyageurs qui se tient ce week-end à Saint-Malo (ouest de la France). 

Dans ce livre, l’écrivain né en 1990plante le décor dans un village sicilien où se retrouvent assignés à résidence 72 jeunes gens, migrants ou réfugiés, dont l’arrivée va bousculer la vie de la commune et susciter la multiplication des interactions entre habitants et nouveaux venus.

Le prix Littérature-monde étranger est attribué à l’écrivain islandais Einar Mar Gudmundsson pour « Les rois d’Islande », paru chez Zulma, qui conte la saga d’une famille islandaise.

Dotés de 3.000 euros, ces deux prix seront remis dimanche dans le cadre du festival.

Ces prix ont été créés en 2014, à l’initiative du festival et de l’Agence Française de Développement (AFD), une institution financière publique, créée en 1941 par le général de Gaulle et qui intervient dans le monde entier.

Parmi les autres prix remis à Saint-Malo, le prix des « gens de mer », doté de 3.000 euros, a distingué David Fauquemberg pour son roman « Bluff », publié aux éditions Stock, un roman de mer et d’aventure en Nouvelle-Zélande.

Présidé cette année par la navigatrice Isabelle Autissier, le jury du prix « Gens de Mer » est composé de personnalités du monde littéraire et maritime.

Le prix Compagnie des Pêches 2018, doté de 1.500 euros, va à Michel Moutot, journaliste à l’AFP, pour son roman « Séquoias », publié au Seuil, une histoire de baleiniers et de chercheurs d’or dans l’Amérique du XIXè siècle.

Enfin, le prix du Beau Livre/Thermes Marins 2018, doté de 1.500 euros, est attribué à Daphné Buiron et Stéphane Dugast pour leur ouvrage « L’Astrolabe, le passeur de l’Antactique » publié aux éditions EPA/Hachette Livre. Cet ouvrage illustré retrace l’histoire du célèbre brise-glace français qui a permis pendant près de 30 ans aux scientifiques de rallier la base scientifique de Dumont-d’Urville, en Terre Adélie.

Dès son premier roman, Terre ceinte, Mohamed Mbougar Sarr frappait fort en obtenantle prix Ahmadou-Kourouma. Dans son nouveau livre, Silence du chœur, il s’inspire du drame des migrants en Sicile. 

Il attend sagement dans la librairie Présence africaine, à quelques pas de la Sorbonne (Paris). Mohamed Mbougar Sarr a un côté bon élève. Sûrement des restes de son passage par le Prytanée militaire de Saint-Louis.

À 27 ans, il publie son deuxième roman, Silence du chœur. Un pavé de plus de 400 pages qui raconte l’arrivée dans un petit village sicilien d’un groupe de migrants venus d’Afrique subsaharienne. Sarr déplie son long corps fin et propose de s’installer à la terrasse d’un café. Il détache ses mots avec application, et son vocabulaire est précieux. Il sourit, se détend et lâche avec un naturel dévoilant un certain sens de l’autodérision : « Désolé, parfois on se met à jouer son propre rôle. Dans mon cas, celui du jeune auteur. »

Les portes de la librairie Présence africaine, où se nichent les éditions du même nom, il les a poussées en 2014, un manuscrit à la main. Celui de Terre ceinte, son premier roman. « C’était un rêve prétentieux et risqué. » Quand il rencontre « Madame Diop », la veuve d’Alioune Diop, le fondateur de la maison, il se sent pris d’un vertige. La femme incarne ce qui le travaille alors depuis déjà quelques années : les lettres.

Mon père est médecin. Je suis le fils d’un littéraire contrarié

Né à Dakar en 1990, élevé à Diourbel, il est habité par la littérature. « Il y a eu tous ces très mauvais poèmes griffonnés pendant le Prytanée », détaille-t‑il. Vers 17 ans, il collabore avec le journal de son école. À partir de 2010, ses valises posées en France pour entrer en hypokhâgne, il lit frénétiquement. Il cherche, les yeux dans le vide, ce qui a bien pu le pousser à l’écriture. « Mon père est médecin. Je suis le fils d’un littéraire contrarié », lâche-t‑il sur un ton peu assuré.

Présence africaine accepte Terre ceinte « après quelques mois d’attente assez éprouvants ». Depuis la parution de ce premier roman, Sarr passe beaucoup de temps à en faire la promotion. « Une facette méconnue du travail d’auteur, grisante au début, un peu fatigante parfois… »

Une médaille de bronze en Côte d’Ivoire

À l’heure où nous le rencontrons, Sarr, qui vit entre autres d’une bourse d’État sénégalaise entre Paris et Beauvais avec sa petite amie, une « lectrice pointue » française, revient de Côte d’Ivoire, où il a participé à un concours de nouvelles en présentant Ndënd, courte histoire d’un musicien, qui lui a valu une médaille de bronze.

Il s’apprête à partir en Bretagne pour animer un atelier d’écriture avec les employés d’une grande entreprise française. Il trouve tout de même du temps pour écrire. La nuit – « au stylo et au papier pour les premières pages », sur son ordinateur ensuite –, dans le silence.

Je veux, je dois garder un pied dans la théorie. C’est ce savoir qui enrichit la fiction

Terre ceinte a reçu un succès critique et le prix Ahmadou-Kourouma. Le ministère de l’Éducation nationale sénégalais en a passé commande. Sarr ne cache pas sa satisfaction, mais ne feint pas le talent inné du démiurge. « Écrire, c’est beaucoup de travail. »

Il tient un blog, écrit des nouvelles. L’une d’elle, La Cale, lui a valu le prix Stéphane-Hessel en 2014. Il rédige aussi une thèse, dans laquelle il étudie la parution concomitante, autour de l’année 1968, d’ouvrages majeurs de la littérature ouest-africaine de Yambo Ouologuem, Ahmadou Kourouma et Malick Fall.

Le jeune auteur a déjà soutenu un mémoire, sur Léopold Sédar Senghor. « Le socialisme africain, quand tu es un jeune Sénégalais, tu ne peux pas ne pas y réfléchir, lâche-t‑il en tirant sur son bracelet de petites perles en bois. Étudier, notamment la sociologie, c’est important pour moi. Je veux, je dois garder un pied dans la théorie. C’est ce savoir qui enrichit la fiction. »

Une conscience du monde

En parlant, il mime une mise en boîte avec des gestes saccadés. Ses études le ramènent aussi à son pays natal et lui permettent de mieux comprendre les relations entre l’ancienne puissance coloniale et le continent. Une relation dont il sait que son travail est tributaire.

Sans se dire engagé, Sarr concède : « Oui, mes romans sont traversés par des questions, disons… politiques. » Ils portent une conscience du monde, jouent avec les codes du réalisme et de la fiction.

 Broderie autour du conflit malien

Terre ceinte, qui recelait encore les hésitations d’un premier roman, se déroulait dans une ville imaginaire que Sarr a appelée Kalep, contraction de Kidal et d’Alep. Des jeunes gens y entrent en résistance contre des jihadistes imposant un ordre terrible et brutal. Le roman, broderie autour du douloureux conflit malien, est aussi l’éloge d’une subversion où quête du bonheur et pratique politique ne font qu’un.

Silence du chœur, dont il a commencé la rédaction dès 2015, n’est pas une suite, mais a quelque chose de la réplique. En abordant la question de la fuite et du déplacement vers le Nord, il évoque bien entendu le problème des guerres du Sud.

« L’idée d’écrire Silence du chœur m’est venue en Sicile. J’y ai rejoint un ami dans une région où beaucoup de migrants débarquent. Je voulais voir cela de mes yeux, sans être certain que cela finirait par donner un livre. J’ai passé une quinzaine de jours là-bas à observer la situation, à rencontrer des gens. »

Un humanisme aux allures de sédition politique

Dans ce deuxième roman, le narrateur s’efface. Non pas derrière un héros, mais derrière une multiplicité de personnages : habitants du village sicilien et nouveaux arrivants. Fiction à plus d’un titre – il n’y a que le nom « Sicile » qui renvoie à la réalité, et si le nom du village, Altino, existe bien, c’est sur le continent et non sur l’île –, le roman garde quelque chose de l’étude raisonnée des rapports sociaux.

Comme Terre ceinte, il est baigné d’une lumière optimiste. Celle de la solidarité qui ressurgit dans les moments les plus durs, celle d’un humanisme quasi instinctif qui prend des allures de sédition politique.

Si ses livres résonnent avec l’actualité, le terme suscite chez Sarr une petite grimace. « Tout ce flot d’informations, cette vitesse, ce bruit… Les annonces se suivent, et on oublie ce qui s’est passé la veille… On ne s’arrête plus. » L’écrivain a besoin des informations, il ne le cache pas : « C’est dans des articles, sur des blogs que j’ai pu me renseigner sur les actions de résistance à Kidal, qui m’ont inspiré pour mon livre. »

Quand j’ai terminé ma première version, le livre faisait pas loin de 800 pages. Il ne fallait pas affiner, il fallait élaguer !

Mais il veut prendre le temps de s’arrêter, de sonder son sujet en profondeur, de s’offrir l’espace nécessaire à sa compréhension. « Quand j’ai terminé ma première version, le livre faisait pas loin de 800 pages. Il ne fallait pas affiner, il fallait élaguer ! J’ai profité d’une résidence d’écriture, en 2016, pour trancher et polir. » Il poursuit : « Il faut bien des incises. C’est là, dans les incises, qu’on crée le mythe. »

Animé par les mythes, il est persuadé que notre monde en manque. Même s’il cultive une certaine modestie, il n’en est pas moins ambitieux. Il entend bien participer à la connaissance de notre monde.

Extrait

«Pourquoi es-tu parti de chez toi ? » C’est pour un réfugié une question difficile. On ne la lui épargnera donc jamais. Tout le monde la lui pose. Il l’entend lorsqu’il passe ses commissions. Les personnes émues par sa présence la lui adressent. Celles qui lui sont hostiles aussi. Ces trois différents interlocuteurs lui posent cette même question dans laquelle, tout dissemblables qu’ils puissent être, ils se retrouvent pourtant.

Prenons l’exemple des deux premiers types d’interlocuteurs, à savoir : le représentant d’une commission et la personne bienveillante émue par le réfugié. Devant eux, ce dernier dispose de deux types de réponses : les réponses qui commencent par « parce que » ou « à cause de » d’une part, et celles qui commencent par « pour » ou « afin » de l’autre.

Devant la commission ou devant la personne bienveillante assoiffée d’émotion, le migrant peut insister sur la cause de son départ ou sur son but, sur le motif ou le mobile, sur la raison ou l’objectif. Selon l’option qu’il choisira, il ne sera pas vraiment le même type d’immigré.

 

Jeune Afrique

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