Exilé au Qatar depuis deux ans, Karim Wade voit les obstacles se multiplier sur la route de sa candidature à l’élection présidentielle, en février 2019. De la modification du code électoral à la question de sa supposée nationalité française, passage en revue des principales difficultés susceptibles de l’empêcher de concourir à la magistrature suprême.

« Ma détermination est intacte pour affronter [Macky Sall] dans des élections qu’il essaie déjà de vous voler en espérant pouvoir choisir les candidats qui pourront l’affronter », déclarait Karim Wade, le 15 juin, dans un communiqué au vitriol diffusé à l’occasion de la Korité. Une « détermination intacte » mais des obstacles juridiques bien réels, depuis la condamnation de l’ancien ministre à une peine de six ans de prison pour enrichissement illicite, en mars 2015.
PUBLICITÉ
inRead invented by Teads

En témoignent les déclarations du ministre de la Justice Ismaïla Madior Fall, le 10 juin, sur les ondes de la TFM, à propos d’une candidature de Karim Wade : « La loi prévoit que si un citoyen est condamné à cinq ans d’emprisonnement au moins, il perd ses droits civils et politiques. » En d’autres termes, la condamnation de l’intéressé par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) l’empêcherait d’être candidat.
Modification du code électoral

Le garde des Sceaux a-t-il dit vrai ? Dans le code électoral sénégalais figure effectivement l’article L. 31, qui interdit de s’inscrire sur les listes électorales, pendant une durée de cinq ans, toute personne condamnée « pour l’un des délits passibles d’une peine supérieure à cinq ans d’emprisonnement » – ce qui pourrait donc être le cas de Karim Wade. Mais rien n’indique pour autant que cela empêcherait ladite personne de se porter candidat à un scrutin présidentiel.

La donne a changé avec l’adoption par le Parlement, ce 18 juin, d’un projet de loi portant modification du code électoral. Ce texte oblige en effet tout candidat à être inscrit au préalable sur les listes électorales. Une position défendue par Aymérou Gningue, le chef du groupe parlementaire de la coalition Benno Bokk Yakaar (BBY) : « Comment pourrait-on être candidat sans être électeur ? Je suis moi-même maire d’une commune, et il me paraît normal que l’édile y soit aussi électeur. »

Dans une vidéo diffusée le 16 avril dernier, Karim Wade avait mis en scène sa demande d’inscription sur les listes électorales à l’ambassade du Sénégal au Koweït. Souriant, il y exhibait le récépissé signé par le président de la commission administrative. « Sa demande est actuellement examinée à Dakar », indique à Jeune Afrique une source à l’ambassade de Koweït City. En l’occurrence, cet examen dépend de la Direction de l’autonomisation des fichiers, au ministère de l’Intérieur, qui est chargée de l’actualisation du fichier électoral.
Karim Wade figurera-t-il sur les listes électorales ?

Cité par l’Agence de presse africaine (APA), le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye a fait référence à l’opposant, ce 18 juin, alors qu’il défendait devant les députés le projet de loi portant révision du code électoral. « Quand on a sa carte d’électeur, c’est qu’on est inscrit sur les listes électorales, a-t-il déclaré. Mais Karim [Wade] ne s’est pas inscrit sur les listes. Il a juste fait la demande pour y figurer. »

Son nom y figurera-t-il ? À en croire Doudou Ndir, président de la Commission électorale nationale autonome (Cena), l’heure de vérité approche. « Les listes électorales provisoires doivent être publiées très prochainement, peut-être début juillet, explique-t-il. Il y aura ensuite une phase contentieuse avant la consolidation et la publication de la liste définitive. »
« Débusquer les traîtres »

Dans un communiqué diffusé le 12 juin, le Parti démocratique sénégalais (PDS, opposition) estimait quant à lui que « rien, ni dans la Constitution ni dans aucune autre loi, n’interdit à notre candidat de se présenter à la prochaine élection présidentielle, et encore moins un jugement prononcé par Macky Sall [celui de la CREI] qui viole l’ordre public international. »

« Toute tentative de priver le peuple [du droit de choisir son prochain président] sera considérée comme une trahison et le PDS se réservera le droit de débusquer les traîtres pour leur réserver le sort qu’ils méritent », assénait le parti d’Abdoulaye Wade.

Autre difficulté en travers de la candidature du fils de l’ancien président sénégalais, que ne manque pas de soulever le camp au pouvoir : l’amende de 138 milliards de francs CFA (soit 215 millions d’euros) infligée par la CREI dans son jugement de mars 2015.

Gracié par le président Macky Sall en juin 2016, libéré de la prison de Rebeuss et exilé depuis au Qatar, Karim Wade est cependant toujours redevable de cette somme à l’État sénégalais. « Les sanctions financières contenues dans la décision de justice du 23 mars 2015 et la procédure de recouvrement déjà engagée demeurent », précisait ainsi le décret de grâce signé par Macky Sall.
« Une forme de marchandage »

Que se passerait-il en cas de retour de Karim Wade sur le sol sénégalais ? Comme le soulignait Jeune Afrique dans son numéro daté du 11 juin, le président Macky Sall a une idée très précise quant au sort qui serait réservé au candidat déclaré du PDS. « Si Karim Wade ne paie pas son amende, on exécutera la contrainte par corps », a-t-il ainsi affirmé à l’un de ses proches. En d’autres termes, l’opposant en sera quitte pour un nouveau séjour derrière les barreaux en cas de non paiement. Une position déjà exprimée publiquement par Seydou Guèye, le porte-parole du gouvernement, qui assurait récemment que Karim Wade ne bénéficierait d’aucun traitement de faveur.

« On pourrait résumer leur position ainsi : si Karim Wade les laisse en paix, il n’aura pas à craindre la prison, estime Babacar Gaye, le porte-parole du PDS. Il y a une forme de marchandage de la part du pouvoir.  »
Quid de sa nationalité française ?

Face au mutisme du principal intéressé, difficile de dire si Karim Wade a répudié sa nationalité française. C’est pourtant l’une des conditions de sa participation à l’élection présidentielle au Sénégal – la Constitution dispose en effet que « tout candidat à la présidence de la République doit être exclusivement de nationalité sénégalaise ».

Pour se défaire de sa nationalité française, le demandeur doit faire jouer l’article 23-4 du Code civil français, qui permet la « libération des liens d’allégeance envers la France ». La demande est alors transmise pour examen à la sous-direction de l’accès à la nationalité française (SDANF), qui dépend du ministère de l’Intérieur.

Sur le site du ministère, une note précise « qu’en moyenne annuelle, calculée sur la période comprise entre 2012 et 2014, 156 demandes de libération des liens d’allégeance ont été déposées et ont donné lieu, dans 90 % des cas, à une décision favorable ».

D’après un juriste au fait de ces questions, « le gouvernement, au cours de l’instruction, s’attachera à vérifier que Karim Wade manifeste une volonté d’expatriation, ce qui peut poser problème si l’intéressé possède des propriétés et une résidence en France ».

« Quoi qu’il en soit, le gouvernement dispose d’un pouvoir de décision discrétionnaire. Mais s’il rejette la demande de perte de la nationalité française, sa décision doit être motivée », ajoute-t-il.

Jeune Afrique

Le Conseil constitutionnel est habilité à effectuer le contrôle des signatures des parrains des différents candidats à la prochaine présidentielle, conformément aux dispositions de la loi Constitutionnelle en son article L29, tout comme du Code électoral aux articles L115 et L116. Ces éclairages sont des experts électoraux, en l’occurrence Ndiaga Sylla et Valdiodio Ndiaye, qui ont néanmoins formulé des craintes quant aux moyens techniques dont dispose ladite Institution juridique pour effectuer cette tâche, non sans lancer des appels aux différents acteurs.
 
Le débat juridique soulevé sur la constitutionnalité du contrôle des listes des parrains des candidats à la prochaine présidentielle par le Conseil constitutionnel, ne s’estompe toujours pas, dès lors que l’opposition regroupée autour du Front démocratique et social de résistance nationale (Fdsrn) compte déposer un recours auprès cette juridiction. Cette fois-ci, ce sont les experts électoraux, notamment Ndiaga Sylla et Valdiodio Ndiaye qui ont apporté leur contribution à ce débat. Interrogé par la rédaction, Ndiaga Sylla précise d’emblée que les dispositions de la Constitution et celles du Code électoral permettent au Conseil constitutionnel de recevoir et de contrôler les listes des parrains des candidats. A son avis, l’article 29 de la Constitution, repris par les articles L115 et L116 du Code électoral, disposent clairement que «les candidatures à l’élection présidentielle sont déposées auprès du greffe du Conseil constitutionnel». Poursuivant, M. Sylla renseigne que les articles précités du Code électoral indiquent que «maintenant, la liste des parrains est un élément du dossier de candidature». Donc, étant entendu que la liste des parrains fait partie des éléments du dossier à déposer auprès du greffe, il en conclut «qu’il doit revenir au Conseil d’examiner ces signatures». Même s’il dit comprendre les inquiétudes de l’opposition, il reste formel qu’en vertu des dispositions de la Constitution concernant la présidentielle, les partis politiques, tout comme la Cena, ne peuvent pas siéger au niveau de la commission en charge de contrôler les signatures au Conseil constitutionnel. Pour cause, il indique que ladite institution est «une juridiction», contrairement à la commission mise en place par le ministère de l’Intérieur, concernant la réception des listes pour la députation.   


Un avis que semble corroborer son collègue, Valdiodio Ndiaye, membre du Collectif des organisations de la société civile pour les élections (Cosce). Faisant la genèse des nombreuses initiatives des membres de la société civile dans la recherche de consensus sur le processus électoral, M. Ndiaye rappelle que des propositions ont été faites allant dans le sens de créer une commission qui regrouperait l’ensemble des représentants des candidats, avec des moyens technologiques plus ou moins avancés, pour procéder au contrôle du parrainage. Une demande qui s’est vu apposer par les dispositions constitutionnelles présentes dans le Code électoral qui disent que «seul le Conseil constitutionnel est habilité à recevoir les dossiers de candidature». Cela, dans la mesure où le parrainage fait partie des éléments du dossier.


Toutefois, il signale qu’en l’état, «le Conseil constitutionnel n’a pas les aptitudes techniques pour contrôler le parrainage». D’où, à son avis, la nécessité de «donner les moyens au Conseil constitutionnel d’avoir un dispositif interne de contrôle du parrainage». De son côté, Ndiaga Sylla trouve une autre formule, notamment celle de confier la réception et le traitement des listes des parrains au ministère de l’Intérieur. Ledit ministère allait pouvoir créer une commission qui regrouperait tous les représentants des candidats et pourrait délivrer une attestation aux candidats. Ce qui supposerait que, parmi les éléments du dossier à déposer auprès du greffe, il n’y aurait pas la liste des parrains, mais plutôt l’attestation fournie par le ministère de l’Intérieur. A titre d’exemple, il cite le dépôt des cautions au niveau de la banque à la présidentielle, suivi d’une quittance délivrée par la Caisse des dépôts et consignations.


Les experts électoraux appellent, tout de même, au consensus de tous les acteurs autour de ces questions de processus électoral. Valdiodio Ndiaye lance pour autant un «appel, et à l’opposition et à la majorité, avec une insistance particulière au président de la République qui a le devoir de rassurer les acteurs pour un dialogue inclusif». Il pense qu’il faut aller au-delà des contingences politiques pour se parler, afin d’éviter les situations conflictuelles. C’est pour cela qu’il préconise que les uns et les autres mettent de côté l’analyse juridique pour une analyse politique de la question.

Sudonline

Le style difficile à définir de la sélection de l’équipe de France répond peut-être aux caractéristiques de ses joueurs et au pragmatisme de Didier Deschamps.
Ils n’ont pas quatre heures devant eux pour plancher sur un plan en trois parties, mais en cette période de baccalauréat les Bleus ne coupent pas à la question du moment en conférence de presse : « Quelle est l’identité de jeu de cette équipe de France ? » Vaste sujet, après la bouillie servie en ouverture du Mondial face à l’Australie (2-1), samedi 16 juin, et avant d’affronter le Pérou, jeudi à Ekaterinburg. En élèves disciplinés, les joueurs ne citent pas Charles Sanders Peirce, sémiologue américain à l’origine du concept de pragmatisme au XIXe siècle, mais plutôt son lointain disciple basque : Didier Deschamps. « On joue en gagnant, plaide Benjamin Mendy. C’est ça, notre façon de faire. » « Cela dépend beaucoup de l’adversaire », évacue N’Golo Kanté. Plus sincère, Steven Nzonzi admet qu’il « est difficile de caractériser notre style de jeu ». Ce qui n’est pas faux.

A l’interrogation sur l’identité de jeu, son sélectionneur répond par une autre question : « Combien d’équipes disputant le Mondial peuvent se prévaloir d’un style constant ? Une. L’Espagne. » Ces derniers mois, le patron des Bleus papillonne d’un schéma à l’autre, du 4-2-3-1 au 4-3-3 de France-Australie en passant par le 4-4-2 en losange lors des matchs de préparation. L’équipe de France apparaît un organisme en perpétuelle évolution, capable de muer d’un style à l’autre avec plus ou moins de bonheur. N’Golo Kanté récitait d’ailleurs sa leçon au lendemain de la victoire contre l’Australie : « On peut avoir la possession, mais aussi être plus bas et partir en contre. On s’adapte. » Bref, choisir de ne pas choisir. « Deschamps se revendique du pragmatisme, et c’est par définition l’inverse de la recherche d’une identité », remarque l’ancien entraîneur du FC Lorient et du Stade rennais Christian Gourcuff.

Mais une identité de jeu est-elle un préalable indispensable pour remporter une Coupe du monde ? L’Espagne a bien dominé la planète foot de 2008 à 2012 avec son très reconnaissable « tiki-taka » (jeu court et possession de balle accentuée) et figure encore comme l’épouvantail de ce Mondial russe. Mais les contre-exemples existent. Le Brésil, vainqueur en 2002, se définissait surtout par ses talents, comme la France vice-championne du monde en 2006. Selon Franck Lebœuf, l’équipe championne du monde en 1998, référence du football français, n’avait pas davantage de plan que celle de 2018 : « En 1998, on est bien champion du monde sans identité (…). On était en quelque sorte les “bâtards” de l’Europe », osait-il sur SFR Sport en 2017.
Une évolution générale avec la mondialisation

Si Christian Gourcuff veut croire qu’« une identité de jeu est la seule façon d’obtenir des résultats durables », le technicien observe « une perte de ces identités propres à chaque pays avec la mondialisation ». Quid de celle de la France ? « Quand on parle de culture de jeu à la française, on pense à l’équipe de Michel Hidalgo dans les années 80, à un football tourné vers l’offensive avec deux ou trois meneurs de jeu », note l’ancien sélectionneur Gérard Houllier, chroniqueur pour Le Monde pendant ce Mondial russe. Ce romantisme a pris un coup de vieux avec le sacre de 1998. Au risque de contredire Franck Lebœuf, son équipe avait bien une identité. Mais elle était surtout défensive et devait beaucoup à l’influence du championnat d’Italie, dans lequel jouaient une majorité des cadres de l’équipe.

Les héritiers de 2018 forment, eux, un ensemble beaucoup plus hétérogène. Quand le FC Barcelone donnait une base de joueurs à l’Espagne du temps de son règne sans partage, les onze Français alignés contre l’Australie se répartissent dans neuf clubs et quatre championnats différents. Pas facile, dès lors, de créer un ADN commun. « L’Espagne garde un style très marqué grâce à l’influence de ses clubs, appuie Christian Gourcuff. En Allemagne, c’est la fédération qui avait donné des principes clairs et une organisation bien définie au début des années 2000. Même si je trouve que les Allemands s’en sont un peu éloigné depuis deux ans. »

Reste que Joachim Löw – sélectionneur de la Mannschaft depuis août 2006 – s’est appuyé sur un groupe stable, se permettant par le passé de mettre de côté un des meilleurs buteurs de Bundesliga, Stefan Kiessling, tout en faisant une confiance absolue à Lukas Podolski malgré des performances banales en club. Le groupe et les principes passent avant les individus. Didier Deschamps, qui a changé 14 de ses 23 sélectionnés par rapport à l’Euro 2016, semble répondre à une autre logique. Celle de l’homme en forme ou de la tentation du moment, comme le laisse indiquer la titularisation surprise d’Ousmane Dembélé contre l’Australie au détriment d’Olivier Giroud. Comme si l’instinct du sélectionneur le poussait à miser sur l’instinct de ses jeunes et sur leur potentiel à rendre jaloux la concurrence.
« Je crois à un style Deschamps »

Pourtant, Giroud devrait retrouver sa place de titulaire contre le Pérou, comme Blaise Matuidi au détriment de Corentin Tolisso, qui est sorti du lot lors des matchs de préparation. Une nouvelle preuve de tâtonnement ? Gérard Houllier ne le croit pas. « Didier Deschamps cherche à exploiter les qualités de ses joueurs. Et cette équipe de France est très forte dans l’explosion collective vers l’avant, dans la phase de transition. » Tel le Monsieur Jourdain de Molière, qui pérorait en prose sans le savoir, Didier Deschamps aurait-il un projet de jeu malgré lui ? « Je crois à un style Deschamps, assure même l’ancienne plaque tournante de l’Espagne championne du monde, Xavi, dans un entretien au Journal du dimanche. Simplement, lui ou Simeone [l’entraîneur de l’Atletico de Madrid] sont d’une autre école que Löw, Lopetegui [Real Madrid] ou Guardiola [Manchester City]. (…) Deschamps n’a pas changé d’idée en devenant coach : il se base sur la solidité défensive et la contre-attaque », analyse celui qui était le garant du tiki-taka avec le FC Barcelone ou la Roja.

Dans la torpeur de Kazan à l’heure du déjeuner, ce style n’a pas sauté aux yeux face aux Australiens. Les Bleus ont peiné dans la transition vers l’avant et peu rassuré sur les rares excursions des Socceroos. Didier Deschamps a admis que la copie était brouillonne mais rappelé que l’essentiel « était là avec la victoire ». Dans son esprit, le reste n’était déjà plus que philosophie.

Le Monde.fr

jeudi, 21 juin 2018 07:37

RCA: le faux passeport diplomatique de Boris Becker

Poster par

Poursuivi par la justice britannique, le champion de tennis Boris Becker a  invoqué la semaine dernière l'immunité diplomatique pour tenter de mettre fin à la procédure de faillite. Depuis avril, l’ancienne star mondiale du tennis affirme avoir été nommée « attaché diplomatique de la RCA auprès de l'Union européenne » par le président Touadéra en personne. Et brandit un passeport diplomatique. Problème : les autorités centrafricaines démentent cette version.  

Tout part d'une photo publiée par Boris Becker sur Twitter le 27 avril. On y voit l’ancienne gloire du tennis mondiale poser avec Faustin Archange Touadéra, et cette mention « S.E. le Président Faustin Archange Touadéra me nommant son attaché pour les affaires culturelles, humanitaires et sportives auprès de l'Union européenne ». L'affaire prend de l'ampleur quand les avocats de l’ancien numéro 1 mondial criblé de dettes invoquent devant la justice britannique le 14 juin dernier son statut de diplomate et son éventuelle immunité, afin d’échapper à des poursuites pour non-paiement de plusieurs millions d'euros de créances.

Tout part d'une photo publiée par Boris Becker sur Twitter le 27 avril. © dr

A Bangui toutefois, personne ne reconnaît sa prétendue nomination comme attaché. « Il n’existe aucun document pouvant attester que Boris Becker a été nommé à un quelconque titre que ce soit par le président de la République Faustin Archange Touadéra, dément Albert Yaloké Mokpeme, le porte-parole de la présidence centrafricaine. Le président de la République a rencontré Boris Becker deux fois. Quand je dis rencontrer, c’est que quand il s’est déplacé à Bruxelles et à Paris, on lui a introduit lors de ses audiences Boris Becker qu’on lui a présenté comme un grand sportif de renommée mondiale, intéressé par notre pays et qui pourrait faire beaucoup de choses pour le sport en République centrafricaine. Et à la fin Boris Becker a demandé à faire une photo, et le président comme à son habitude s’y est prêté, raconte le porte-parole. Il l’a rencontré dix minutes, un quart d’heure. Beaucoup de gens rencontrent le chef de l’Etat, saluent le chef de l’Etat, demandent à faire des selfies avec le chef de l’Etat, ça ne leur donne pas le droit de prétendre à quoi que ce soit. »

Pour justifier de son statut de diplomate, Boris Becker brandit un passeport diplomatique centrafricain établi le 19 mars dernier. © DR

Pour justifier de son statut de diplomate, Boris Becker brandit un passeport diplomatique centrafricain établi le 19 mars dernier. Mais ce passeport est un faux, martèle le ministre des Affaires étrangères Charles Armel Doubane, supposé signer personnellement ces documents particuliers. « La signature qui est apposée sur ce passeport n’est pas la signature du ministre des Affaires étrangères que je suis, encore moins le cachet imprimé en mon nom, ni le timbre du ministère. Tous ces éléments ne sont pas bons », clame le ministre.

«La signature qui est apposée sur ce passeport n’est pas la signature du ministre des Affaires étrangères que je suis». © DR

Autres éléments à charge, le numéro de série du passeport. Il appartient à un lot d’une centaine de passeports diplomatiques vierges volés en 2014 à Bangui. Par ailleurs en date du 19 mars le ministère n’a émis que deux passeports diplomatiques. Aucun au nom de Becker Boris. Enfin, ce genre de passeport obéit à des règles de fabrication simples. Le demandeur doit se rendre dans un centre à Paris ou à Bangui pour que ses données biométriques, empreintes digitales ou fond d’œil soient recueillis. Des centres où jamais Boris Becker ne se serait rendu, selon le ministère.

Par ailleurs en date du 19 mars le ministère n’a émis que deux passeports diplomatiques. Aucun au nom de Becker Boris. © DR

« Pour qu'une nomination soit faite, ajoute le chef de la diplomatie centrafricaine, il faut que je sois instruit par le président de la République qui m’autorise à prendre un acte administratif de nomination. C’est cet acte administratif qui confère le grade ou le titre du poste à occuper et c’est ce titre ou cet acte administratif qui permettra la délivrance effective d’un passeport diplomatique à l’intéressé », explique à RFI Charles Armel Doubane.

Face au tollé, Boris Becker a donné mardi 19 juin une interview au journal allemand Top Magazin Frankfurt. Dans cet entretien, l’ancien champion maintient sa version. « En avril dernier, j’ai été nommé par Son Excellence le président Touadéra comme attaché pour le sport, la culture et les affaires humanitaires, en présence de l’ambassadeur. Je suis très honoré de cette tâche que l’on m’a confiée », déclare Boris Becker qui promet de prendre ses fonctions prochainement. Quand le journaliste Christian Hiller von Gaertringen lui demande si la fonction l’aurait intéressé s’il n’avait pas d’ennuis judiciaires, Boris Becker reconnaît quelques avantages : « L’un n’a rien à voir avec l’autre (…) Il est vrai que mon statut de diplomate me confère certains privilèges, comme l’immunité dans certains cas. Il faudra vérifier. Mais ce n’est pas ce qui m’importe le plus. Ceci dit, c’est une réalité, un fait : je suis aujourd’hui diplomate de Centrafrique (…) J’ai reçu personnellement le passeport de l’ambassadeur [Daniel Emery] Dede à Bruxelles, au mois d’avril. Je ne peux rien dire d'autre. »

Daniel Emery Dede, ambassadeur de Centrafrique à Bruxelles depuis 2014, ancien ministre, est en effet au cœur de l’affaire. Sur l’antenne de nos confrères de la Deutsche Welle le 18 juin, il confirmait le « recrutement » du sextuple vainqueur en Grand Chelem. « Je confirme qu'il a un passeport diplomatique. Je confirme aussi qu'il a été recruté à ses frais puisque nous n'avons pas d'argent pour le payer pour être notre mobilisant pour les moyens sportifs, des équipements sociaux et tout ce qui est du domaine humanitaire, rattaché ici à l'ambassade. »

Qui a donc fabriqué ou fait fabriquer ce faux passeport ? Sous quelles conditions a-t-il été octroyé à Boris Becker ? Contacté ce mercredi, l'ambassadeur Daniel Emery Dede n'était pas joignable pour répondre aux questions de RFI. De son côté le ministre centrafricain des Affaires étrangères dit avoir saisi son collègue de la Justice pour que des poursuites soient engagées.

Par Pierre Pinto Edouard Dropsy

L’Uruguay s’est qualifiée sans panache pour les 8e de finale de la Coupe du monde en battant l’Arabie saoudite (1-0). Alors que les Saoudiens sont d’ores et déjà éliminés, les Uruguayens peuvent encore espérer terminer premiers du groupe A devant la Russie.

Il y a des sélections qui cravachent dur pour se hisser en 8e de finale d’une grande compétition, et il y a l’Uruguay. La Celeste disputait ce mercredi 20 juin à Rostov-sur-le-Don son deuxième match de la Coupe du monde 2018 et a remporté une deuxième victoire synonyme de qualification pour le tour suivant. Comme lors de son entrée en lice face à l’Egypte (1-0), la formation sud-américaine a joué petit pied mais s‘est imposée.

Etait-elle la plus forte ? La question ne vaut pas la peine d’être posée. Dans le football moderne, seul compte le résultat. Et à ce jeu-là, l’Uruguay fait parfaitement oublier le grand absent de ce Mondial, l’Italie spécialiste des victoires étriquées devant l’éternel !

Face à l’Uruguay, l’Arabie saoudite voulait de son côté éviter une seconde défaite qui la renverrait prématurément à la maison. Par rapport à leur entrée en lice aussi catastrophique que transparente face à la Russie (0-5), les Saoudiens se montrent plus entreprenants en début de match. La Celeste, elle, gère comme un épicier en rupture de stock. Ses attaquants vedettes, Edinson Cavani et Luis Suarez, jouent la discrétion. Et quand Cavani reprend un centre de Caceres, l’attaquant du PSG met le ballon nettement au-dessus (13e).

Après le premier quart d’heure, la bonne volonté saoudienne s’éteint lentement. Au point de se trouver dans l’obscurité. Le gardien Al-Owais se troue sur un corner uruguayen, laissant le ballon filer sur le pied gauche de Suarez, qui conclut à bout portant (1-0, 24e).

Le gardien saoudien Mohammed Al-Owais se troue et offre un but à l'Uruguay. REUTERS/Marcos Brindicci

Avec un but d’avance, il ne fallait pas demander aux Uruguayens d’emballer le match. Malgré la double réaction de Hatan Bahbri, qui oblige Muslera à une claquette sur un tir cadré (27e), puis manque le cadre sur une reprise au second poteau (29e), les Saoudiens manquent d’impact offensif.

A la 50e minute, Suarez, sur un coup franc dévié, rate le doublé. Cette fois, le gardien saoudien faisait bonne garde. Dix minutes plus tard, une tête de Carlos Sanchez, seul devant la cage adverse, manque le cadre sur un caviar de Cavani. Les Saoudiens sont cuits et malgré l'étroitesse de la marque, ils ne donnent jamais l'impression de croire en leurs chances. Dans la dernière demi-heure, l’Uruguay joue enfin à sa main mais ne parvient pas à concrétiser. A la 86e minute, Cavani, seul aux dix-huit mètres, bute sur le gardien saoudien bien sorti.

C’est de cette fluidité retrouvée en fin de match, l'efficacité en plus, dont l’Uruguay devra faire preuve, lundi 25 juin, face à une Russie à l’appétit féroce. La Celeste devra l’emporter pour éviter de retrouver sur sa route le vainqueur du groupe B, qui pourrait bien être l’Espagne, un adversaire hors de sa portée sur ce qu’elle a montré dans ses deux premiers matchs de ce Mondial 2018.

Par RFI Jean-Damien Lesay

Dans un spectaculaire retournement, le président américain Donald Trump a signé mercredi un décret pour éviter la séparation des familles de migrants ayant franchi illégalement la frontière avec le Mexique. L'administration américaine était sous le feu des critiques, tant au niveau national qu'international, alors que plus de 2 300 mineurs ont été séparés de leurs parents en cinq semaines.

Le président et son équipe répètent depuis plusieurs jours qu'ils ne font qu'appliquer la loi et que seule une modification de cette dernière par le Congrès permettrait de mettre fin aux séparations très critiquées, aux Etats-Unis mais aussi à travers le monde. Face aux images d'enfants séparés de leurs parents à la frontière qui ont bouleversé l'Amérique et le monde, Donald Trump s'est longtemps arc-bouté. Puis face au malaise politique grandissant dans son propre camp, il a soudain fait volte-face.

Le président américain a annoncé mercredi qu'il allait signer un texte pour éviter la séparation des familles de migrants ayant franchi illégalement la frontière avec le Mexique. « Cela me tient particulièrement à coeur [...] Nous voulons que les familles restent ensemble. C'est très important », a affirmé Donald Trump en signant le décret dans le Bureau ovale, quelques heures après avoir annoncé qu'il allait mettre fin à cette pratique qui lui a valu une avalanche de critiques, y compris au sein de son propre camp.

De leur côté, les démocrates n’entendent pas voter le projet de loi sur l’immigration qu’exige le président américain, rapporte Anne Corpet, envoyée spéciale permanente de RFI à Washington. C'est ce qu'explique Joaqim Castro, représentant démocrate du Texas : « On veut résoudre ce problème mais on ne veut pas que le président utilise ces abus comme un levier pour obtenir de notre part un mur à la frontière ou pour expulser les immigrés sans procédé légal. Donc oui, nous sommes tout à fait d’accord pour résoudre ce problème mais nous n’allons pas troquer la fin du traumatisme de ces gens contre un mur à la frontière. ».

Pour continuer à pouvoir incarcérer 100 % des migrants qui entrent clandestinement dans le pays, le décret de Donald Trump prévoit d’abroger le texte qui limite à vingt jours la détention de famille de migrants. Les associations de défense des droits de l’homme entendent porter l’affaire en justice.

De plus, ce décret ne résout pas la crise humanitaire aux frontières. Près de 2 300 enfants ont été séparés de leurs familles et il ne sera pas facile de retrouver leurs parents rapidement.

REUTERS/Jose Luis Gonzalez

mercredi, 20 juin 2018 07:36

RDC: à quand la réouverture de la Maison Schengen?

Poster par

Toujours pas de réouverture en vue en RDC pour la Maison Schengen, sorte de consulat européen géré par la Belgique et qui délivrait l’essentiel des visas pour l’Union européenne. Elle a fermé brutalement ses portes le 1er février dernier sur décision des autorités congolaises, dans le cadre d’une énième crise diplomatique entre Kinshasa et Bruxelles. Sur RFI dimanche 17 juin, le ministre congolais des Affaires étrangères Léonard She Okitundu a estimé que c’était à la Belgique de faire le premier pas avant d’envisager une réouverture. Où en sont les négociations ? Que réclame Kinshasa ? En attendant, des milliers de Congolais se trouvent ainsi privés de la possibilité de voyager en Europe. Par « solidarité » avec la Belgique et faute de moyens pratiques aussi, les pays de l’Union européenne ont décidé de ne pas se substituer à la Maison Schengen. Seuls les visas étudiants longs séjours, les visas diplomatiques et les visas pour urgence humanitaire continuent à être délivrés par les différents consulats comme c’était déjà le cas auparavant.

Kinshasa a d’abord tenté de convaincre plusieurs pays européens de gérer la Maison Schengen à la place des Belges. Mais l’Union européenne s’y est opposée, de peur que le cas congolais ne crée un dangereux précédent.

Depuis, la RDC a mis un nouvel élément dans la balance et tente en échange de la réouverture de la Maison Schengen d’obtenir la levée des sanctions européennes qui visent 16 officiels Congolais : gel des avoirs et interdiction de visa pour l’Europe. Kinshasa accuse les Belges d’en être les initiateurs.

Afin que le message soit bien clair, c’est d’ailleurs l’un de ces officiels sous sanction, le patron des renseignements Kalev Mutondo, que Kinshasa a tenté d’envoyer à Bruxelles pour un round de négociations prévu en avril. Faute de visa, il n’a pas eu lieu. « Les élections sont bonne voie, le contexte a changé », plaide un diplomate congolais. « Les sanctions sont liées à un contexte politique et il n’y a pas eu d’évolution notable », répond-on de l’autre côté.

Bref c’est l’impasse. Kinshasa veut croire en une évolution positive et met en avant ce coup de fil, il y a quelques semaines, entre son ministre des Affaires étrangères et la représentante de l’Union européenne Fédérica Mogherini. « Il s’agit seulement de contacts très informels, pas d’une négociation », tempère-t-on côté européen. Quant à une éventuelle rencontre à Bruxelles entre les deux diplomates, elle est envisagée. Mais aucune date n’a été fixée.

RFI

Ce mardi, le projet de loi asile-immigration était présenté au Sénat. Un texte qui doit durcir les conditions d'accueil des réfugiés en France et favoriser les reconduites aux frontières. Au même moment, ils étaient plusieurs centaines à protester devant l'entrée du bâtiment. Principale revendication : le retrait de ce projet de loi.

Un chant - « Etrangers, réfugiés, bienvenue dans nos contrées » - pour souhaiter la bienvenue aux migrants résonne devant le Sénat. A l'intérieur, au même moment, il est plutôt question de renforcer les frontières.

Mathilde Mas de l'assocation Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat), explique l'une des nombreuses conséquences que ce projet de loi pourrait avoir, comme par exemple la fin du regroupement familial pour les frères et sœurs d'un réfugié mineur : « Cela veut dire qu’aujourd’hui les parents d’un réfugié mineur, isolé, qui arrivent en France, qui est reconnu réfugié, les parents sont obligés de choisir entre rester au pays avec leurs autres enfants ou rejoindre leur enfant qui est en France. Et les sénateurs ont souhaité maintenir ça pour le moment, c’est très inquiétant. »

A quelques pas, Claude Bernard a les mains recouvertes de peinture rouge. Tout un symbole : « Dans peu de temps, les sénateurs et les députés, s’ils votent cette loi, ils auront du sang sur les mains. »

Justement, comme une lueur d'espoir, Jean-Pierre Sueur, sénateur socialiste, sort avec un mégaphone à la main. Il assure qu'il défendra leur point de vue devant le Sénat : « Ces associations ont beaucoup de mérite et je leur ai dit que je parlerai tout à l’heure en pensant à elles. »

La preuve pour ces manifestants que leur mobilisation sert à quelque chose.  Leur voix sera entendue pendant toute la durée des débats.

STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Mbaye Niang est devenu le premier buteur sénégalais en Coupe du monde, depuis 2002. L’attaquant a ainsi contribué à la victoire 2-1 face à la Pologne, ce 19 juin 2018 à Moscou. Parfois contesté par la presse locale, l’ex-grand espoir du football français a sans doute fait taire ses détracteurs au Sénégal.

De notre envoyé spécial à Moscou,

Buteur décisif et attaquant inlassable face à la Pologne, Mbaye Niang quitte le Stade du Spartak Moscou, sans grande effusion, avec le trophée d’homme du match sous un bras. Comme s’il était normal que l’avant-centre de 23 ans, né en France, ait été le principal artisan du retour victorieux des « Lions de la Téranga » en Coupe du monde, après 16 années d’absence.

« C’est une satisfaction, commente sobrement le pensionnaire du Torino (Italie), après un succès 2-1 ce 19 juin, dans le groupe H. Ce prix-là sera pour toute l’équipe parce que ça a été un grand match. On avait à cœur de rentrer dans cette Coupe du monde, avec une victoire. Je suis très heureux ce soir ».

« C’est un grand attaquant »

Et Mbaye Niang n'est sans doute pas mécontent d’avoir fait taire tous ceux qui avaient critiqué ses hésitations à défendre les couleurs du Sénégal. La presse locale a en effet rappelé à plusieurs reprises à quel point l’ex-grand espoir du football français n’avait pas toujours tenu un discours clair sur ses intentions, que ce soit à la Fédération sénégalaise de football ou aux prédécesseurs du sélectionneur Aliou Cissé.

« Peut-être qu’il a été critiqué pour vous, mais nous nous savons que Mbaye est un super joueur, rétorque le défenseur central Kalidou Koulibaly, lui aussi binational. S’il s’intègre à 100% au plan de jeu, dans l’équipe, on voit le joueur qu’il est. Il a fait un super match. Je suis très content pour lui parce qu’il le mérite. C’est quelqu’un qui est amené à jouer au haut niveau. Il l’a montré aujourd’hui face à la Pologne. Et j’espère qu’il va continuer à le faire tout au long de la compétition ».

Mame Biram Diouf, le compère d’attaque de Mbaye Niang, sourit. « Je ne suis pas surpris, parce qu’on connaît Mbaye, lâche le joueur de Stoke City (Angleterre). On sait bien qu’il est un grand attaquant. Quand il a l’envie de jouer, il est là. Il s’est montré présent ».

« Mbaye est fait pour jouer dans un grand club européen »

Déjà, avant la Coupe du monde, Aliou Cissé espérait que le débat autour de son protégé avait pris fin. « On est heureux de l’avoir avec nous, racontait le coach, qui a réussi à convaincre Mbaye Niang de franchir le cap, en septembre 2017. Pour moi, Mbaye est LE footballeur, c’est la classe, le charisme et un caractère. C’est un garçon qui peut faire énormément de choses. Je pense qu’il fait partie des joueurs les plus talentueux de cette équipe-là ».

Du talent, Mbaye Niang en a toujours eu beaucoup, à en croire ceux qui l’ont couvé ou côtoyé. Pourtant, il ne l’a pas vraiment exploité, au fil d’erreurs et de mauvais choix de carrière. Le fait d'avoir été trop ambitieux en passant directement de son club formateur, Caen (France), au grand AC Milan (Italie) en 2012, a notamment plombé son parcours. Son expérience milanaise a ainsi été entrecoupée de prêts dans plusieurs clubs de second rang comme Montpellier (France), le Genoa (Italie), Watford (Angleterre) et enfin le Torino. « J’espère vraiment que cette Coupe du monde-là lui servira de tremplin pour rattraper les six années qu’il a perdu. C’est vraiment un gâchis. Mbaye est fait pour jouer dans un grand club européen », conclut Aliou Cissé.

Reuters/GRIGORY DUKOR

Les représentants des églises, d’anciens procureurs américains et des élus de tous bords protestent contre le maintien d’enfants dans des centres d’accueil surpeuplés, loin de leurs parents. Mais la Maison Blanche ne fléchit pas. Donald Trump est allé rencontrer hier soir les élus républicains au Congrès, sans résultat tangible.

Avec notre correspondante à Washington, Anne Corpet

Le président américain campe sur sa ligne dure. Donald Trump a reconnu que la diffusion de ces images d’enfants séparés de leurs parents n’étaient pas bonnes sur le plan politique, mais il s’est montré inflexible : il ne veut régler cette question que dans le cadre d’un vaste projet de loi qui comprendrait le financement d’un mur à la frontière sud et des mesures de restriction à l’immigration légale.

Une approche contestée par quelques élus républicains et par la totalité des démocrates. « Il y a tant d’obstacles au passage d’une loi, le président pourrait régler cela d’un trait de plume, cela n’a aucun sens », a ainsi déclaré le chef de la minorité démocrate au Sénat.

Et c’est vrai que le processus législatif risque de prendre du temps, au minimum plusieurs jours pendant lesquels de nombreux enfants continueront d’être arrachés à leurs parents. Contre toute évidence, Donald Trump continue de faire porter la responsabilité de ces séparations familiales au parti de l’opposition.

Il l’a répété sur Twitter mardi, « les démocrates sont le problème ». « Ils se fichent de la criminalité et veulent que les immigrés illégaux déferlent et infestent le pays. »

« Infester », le verbe choque dans l’opinion. Il est habituellement réservé aux espèces animales nuisibles.

Ainsi, de plus en plus d’élus dont de hauts responsables du parti républicain se déclarent hostile à cette politique de tolérance zéro lancée fin avril par le ministre de la Justice. Douze sénateurs ont écrit à Jeff Sessions ce mardi pour lui demander de mettre un terme aux séparations familiales le temps qu’une loi soit votée.

 → A (RE)LIRE : Enfants séparés de leurs parents migrants: la polémique enfle aux Etats-Unis

Deux gouverneurs républicains ont aussi annoncé qu’ils refuseraient de déployer la garde nationale à la frontière tant que le problème ne serait pas résolu. Et six cents membres de l’Eglise méthodiste ont signé un communiqué dans lequel ils qualifient les séparations familiales de « maltraitance à l’encontre des enfants ».

La politique de Donald Trump est également mise en cause sur le plan légal : le gouverneur de New York a annoncé que son Etat allait attaquer l’administration fédérale pour violation des droits des enfants de migrants.

RFI

Page 8 sur 237

logotwitterFacebook