La livraison des différentes autoroutes en construction (Thiès-Touba, AIDB-Thiès, Sindia-Mbour) est prévue en décembre 2018. Cette échéance est trop lointaine pour le Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, qui trouve même qu’avec l’ouverture prochaine de l’Aéroport International Blaise Diagne (AIDB) de Diass, les travaux devraient aller beaucoup plus vite. Il demande même l’ouverture de l’extension vers Mbour, en avril prochain. En compagnie du ministre des Infrastructures, des Transports Terrestres et du Désenclavement, Abdoulaye Daouda Diallo, il a visité les chantiers des autoroutes Thiès-Touba et AIDB-Thiès avant-hier, mardi 31 octobre.

L’ouverture, le 7 décembre prochain, de l’Aéroport International Blaise Diagne (AIDB) de Diass pousse les autorités à vouloir, vaille que vaille, l’achèvement des travaux des autoroutes, Mbour-Sindia, AIDB-Thiès et l’autoroute Ilaa-Touba. En visite sur les chantiers des autoroutes Thies-Touba et AIDB-Thies, avant-hier, mardi 31 octobre, le Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne a demandé aux différentes entreprises en charge de l’exécution des travaux de presser la pas.

«Le tronçon Sindia-Nguékhokh a commencé il y a de cela un an. Quand on est à Sindia, et on reprend la route nationale, tout le temps gagné on le perd à partir de Sindia-Mbour. Donc, le tronçon qui va sortir vers Ngaparou et Somone, il serait important de le livrer pour reprendre la route nationale à partir de Mbour. Au lieu d’attendre jusqu’à décembre 2018 pour aller à Mbour», a-t-il dit à l’équipe en charge de la réalisation de cette partie.

Pour se défendre, les responsables du projet ont insisté sur la difficulté de la traversée de Somone qui est une zone très marécageuse, disent-ils. Une difficulté qui les a poussés à faire recours à des travaux techniques.  Pis, ont-ils notifié au Premier ministre, la libération des emprises à Nguékhokh est une autre obstruction à lever pour la livraison rapide de l’ouvrage.

Pour lever ces écueils, Mahammed Boun Abdallah Dionne a dit que le décret est déjà signé et que les occupants illégaux seront déguerpis très prochainement. En dépit de ces problèmes signalés, le Premier ministre a demandé que les équipes soient multipliées, si nécessaire, pour que le tronçon soit livré en avril prochain, à la veille de la fête de l’indépendance. 

Mahammed Boun Abdallah Dionne a aussi insisté à ce que la partie de l’autoroute qui va jusqu’à Thiès soit livrée plus tôt que prévu. Il a trouvé trop long l’échéance fixée à 2018. «S’il y a un budget à mettre sur la table, il faut le signaler, a dit Mouhamad Boun Abdallah Dionne. Vous ne gérez pas des projets, mais une problématique, la mobilité», a-t-il dit. La livraison à court terme de cette partie de l’autoroute n’est pas possible à cause des mesures sécuritaires à prendre en compte et l’occupation des emprises sur cette voie, ont insisté l’Ageroute et la société chinoise en charge des travaux de ce tronçon.

LES 10 PREMIERS KILOMETRES DE ILAA TOUBA OUVERTS PENDANT LE MAGAL

Pour les besoins du Magal de Touba prévu le 8 novembre prochain, les 10 premiers kilomètres de l’autoroute Ilaa Touba seront ouverts au trafic pour les usagers, annonce le Premier ministre. L’ouverture se fera en un seul sens. Et les pèlerins qui quittent Dakar peuvent emprunter l’autoroute jusqu’au contournement de Thiès pour prendre la route nationale n°3. L’inverse sera fait au retour. 70 km de ce tronçon, long de 113 km, sont bitumés et 98% des terrassements ont été effectués. Au total, le taux d’exécution du projet est évalué à 58%.  Ilaa Touba, c’est 113 km d’autoroute à péage qui commence par la route Thies-Sindia. Elle se termine à Touba sur l’autoroute Ngabou-Touba. Elle est construite en 2 fois 2 voix extensibles à 2 fois 3 voies.

Sudonline

jeudi, 02 novembre 2017 18:20

Conférence de presse d'UN AUTRE AVENIR

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Les dirigeants d’UN AUTRE AVENIR accueillaient la Presse sénégalaise hier à Paris

Les dirigeants d’UN AUTRE AVENIR ont confirmé hier 1ernovembre à Paris la création de leur mouvement politique. Cela s’est passé dans un immeuble de l’avenue des Ternes en présence de plusieurs journalistes représentant la presse sénégalaise en France ainsi que divers dirigeants de l’opposition. L’objectif, ainsi qu’à tenu à le préciser le président Ibrahima Thiam, qui était entouré de plusieurs membres fondateurs appartenant au comité exécutif, « ne consiste pas à présenter le lancement officiel de notre mouvement qui se fera au cours du mois de janvier à Dakar car nous sommes un parti national et non celui de la diaspora.En revanche nous voulions, mes amis et moi, par un acte symbolique et médiatique prendre acte et date de notre existence au cœur de l’opposition ».Une trentaine de personnes avaient répondu présent à son invitation pour entendre un certain nombre d’explications.

Une opposition constructive

Ainsi à la question de savoir ce qu’UN AUTRE AVENIR entendait par l’expression « opposition éclairée », Ibrahima Wade le secrétaire général du mouvement a indiqué : « Nous ne voulons pas participer à une opposition stérile, négative qui consiste à critiquer systématiquement le pouvoir du président Macky Sall. Par ‘éclairée’ nous entendons une opposition constructive et pragmatique. Nous reconnaîtrons les bonnes décisions mais contesterons vigoureusement ce qui nous semblera mauvais au bon développement du Sénégal et à l’avenir des sénégalais ». En sa qualité de Vice-présidente du mouvement Fatoumata Chérif Dia a elle aussi insisté sur le fait que « A compter d’aujourd’hui nous serons une force de propositions, libre au président Macky Sall de retenir certaines de nos idées. Nous entendons être respectueux des institutions et crédibles aux yeux de nos compatriotes ».

Un mouvement de jeunesse : « Les Double A juniors »

Un peu plus tard Ibrahima Thiam à tracé les grandes lignes d’actions du mouvement dont il préside désormais aux destinées.« Nous entendons instaurer une démocratie participative dans notre pays, dans laquelle chacun aura sa place, son mot à dire. Nous souhaitons aussi associer étroitement la jeunesse au développement du Sénégal c’est pourquoi nous mettons une place une organisation qui lui soit spécialement dédiée : les « Double A juniors » où ils se reconnaîtrons et pourront partager leurs idées pour un avenir meilleur. Nous voulons également proposer au pays une nouvelle génération d’hommes et de femmes soucieux de servir le pays, tournant le dos aux pratiques claniques, à la corruption, au mauvais usage des fonds publics, aux nominations de complaisance. En cela nous restaurerons nos institutions par une moralisation de la vie politique. Nous avons devant nous un vaste chantier que j’appelle une révolution douce afin de faire entrer le Sénégal dans le 21esiècle et que celui-ci soit un modèle de gouvernance et un exemple sur le continent africain. Nous entendons apporter un nouveau souffle au pays ».

Une République exemplaire, des pratiques vertueuses

A la question d’un représentant de la presse sénégalaise : « Comment vous situez-vous par rapport à l’élection présidentielle de 2019 » les responsables d’UN AUTRE AVENIR ont été très clair : « Notre ambition première est ailleurs, elle est dans la rencontre, le rassemblement des sénégalais en dehors de tout clivage partisan, c’est d’ailleurs pourquoi nous sommes un mouvement et non un parti, même si juridiquement lorsque nous avons déposé les statuts au ministère de l’intérieur à Dakar nous avons dû officiellement le faire sous le couvert du mot « parti », l’Etat sénégalais ne reconnaissant légalement que cette appellation. Mais dans notre esprit il est clair que nous ne serons pas le 267èmeparti car nous voulons rompre radicalement avec les pratiques ancestrales de ceux-ci. Face à leur immobilisme nous opposerons le mouvement, face à leurs partisans nous opposerons le rassemblement des personnes de bonne volonté venant de tous horizons seulement préoccupées de servir leur pays et non de se servir de lui. Pour en revenir aux élections nous allons commencer par implanter des comités locaux, départementaux et régionaux dans tout le pays afin de réaliser un véritable maillage territorial de notre mouvement. Après viendra le temps des consultations électorales. Une chose est certaine, nous voulons tourner définitivement une page avec des comportements condamnables et mettre en avant des pratiques vertueuses, une République exemplaire. Les sénégalais sont prêts à cette transformation, les mentalités ont changé en profondeur et ils attendent seulement que leurs dirigeants soient des modèles, des exemples ».

Un pacte de confiance avec le peuple sénégalais

Et les trois principaux dirigeants présents, qui ont aussi profité de cette occasion pour présenter leur site internet www.autre-avenir.com, ont conclu leur intervention en demandant aux journalistes présents de leur accorder« le bénéfice du doute car si d’autres par le passé qui ont tenu parfois des propos comparables n’ont pas confirmé leur engagement nous entendons pour notre part démontrer que les promesses engagent non pas ceux qui les écoutent, comme on a trop tendance à le dire, mais ceux qui les énoncent. Nous prendrons nos responsabilités face au peuple sénégalais à qui nous présenterons un pacte de confiance et nous entendons être jugés sur nos actes et non pas nos paroles. Les mois qui viennent se chargeront de confirmer notre message d’aujourd’hui, à savoir que nous disons ce que nous ferons et que nous ferons ce que nous disons ».

UN AUTRE AVENIR

 

L'intellectuel a-t-il encore quelque chose à apporter au politicien? Mohamed Elarbi Nsiri

"Être intellectuel, c'était être un peu la conscience de tous" M Foucault


La question posée, semble appeler une réponse négative. "Non", peut déclarer tacitement les différents responsables politiques! Les causes de cette réponse négatives peuvent varier d'un parti à un autre, d'un dirigeant à un autre, d'un décideur à un autre mais elles trouvent leur origine dans la nature qui sépare le monde de l'intelligentsia du monde de la politique.
En effet, pour la plus part des activistes politiques, l'âge d'or des intellectuels ou le temps des idéologies et des "ismes" ; marxisme, socialismes, libéralisme, nationalisme, conservatisme ; est une page qui se tourne car la place se donne maintenant aux technocrates, aux gestionnaires et aux grand commis de l'appareil étatique. Engagés dans les aventures de la dialectique, les intellectuels dérangent, provoquent et défient les politiciens. Pour ces derniers, la politique moderne ne cherche pas les intellectuels et ne demande pas une réflexion épistémologique mais elle nécessite des gestionnaires avisés, des expertises éprouvées et une bonne stratégie de communication. La montée en puissance de technostructure ne fait que pousser les politiciens vers plus de pragmatisme culturel et cela veut dire vers un divorce avec le monde des intellectuels.


Au temps des opérations digitalisées et segmentées d'un haut niveau de technicité, à l'époque de la mondialisation de l'économie et du discours, quelle peut être la nécessité d'un discours compliqué et élitiste pour des politiciens qui cherchent un discours simple pour ne pas dire populiste ou semi-populiste?

Le pouvoir n'est-t-il pas le rêve caché de tous les politiciens habilités?

La majorité parlementaire n'est elle-pas le grand souci de tous les chefs des partis?

La survie politique n'est-elle pas l'objectif de tous les leaders battus dans des élections?

Mais contrairement aux politiciens, vivre n'est pas survivre pour les intellectuels. La vie humaine comporte toujours un rituel d'enterrement des souvenirs, mais, c'est un fait, on ne peut vivre sans idéal et sans idée.

La politique n'est pas seulement des chiffres, qui remplacent de plus en plus l'art de l'éloquence et la plume des érudits. Elle est aussi des principes, oh combien rares dans le monde politiciens. C'est pourquoi, politiciens, technocrates ou simples citoyens ont besoin d'un minimum de culture pour pouvoir avancer car le "cogito" accompagne toutes nos perceptions, comme Descartes et Kant l'avaient, en leur temps, remarqué. Et cela ne peut jamais être de "flatus vocis"!

À ce point, retournons la table et versons le problème: du dit, du on pense, du discours, comme disait Foucault, ou des micro-pensées, des petites perceptions comme disait Leibniz, ou de l'opinion, comme disaient Socrate et Platon, il y en a toujours. Nous vivons dans un halo, dans une haleine de discours. Si nous ne reprenons pas l'initiative d'interroger la politique et le politicien, si nous ne réfléchissons pas, et à haute voix, le sens de la politique, nous risquons de voir une politique sans éthique, ce que se produit exactement aujourd'hui.


L'homo politicus doit comprendre que le citoyen ne vit pas que de pain. Il est vrai que la stratégie du "panem et circenses" a très bien fonctionné dans l'Antiquité et chez les dictatures modernes et contemporaines mais elle ne peut pas survivre longtemps dans l'Âge des réseaux sociaux. Chaque politicien doit comprendre maintenant que la gestion des affaires courantes, les pseudos programmes partisans, est la reproduction de la vie quotidienne. Elle n'est pas innovation, ni invention. Or que voyons-nous et que lisons-nous dans les éditoriaux de nos quotidiens et de nos hebdomadaires, sinon un retour vers l'évènement politique sans soucis, sans préoccupations, sans penser à ce rôle tant capital de l'homo intellectus.


Michel Foucault à très bien compris cette équation en disant "Être intellectuel, c'était être un peu la conscience de tous". Oui, je pense, et nous pensons, qu'il y a toujours quelque chose à dire, qu'il y a des problèmes à élucider et qu'il y une vérité à rechercher. Or, s'il s'agit de répéter ad nauseam les anciennes problématiques, l'intellectuel doit passer la main à un autre plus jeune et laisser la parole à autre plus habilité parce que la réflexion intellectuelle doit suivre la réalité de sa société.


Autrement dit, la société en tant que corps vivant a besoin d'un temps de la réflexion qui, nécessairement, est intellectuel, même s'il doit être accompli, dans certains cas, non par quelques-uns, mais par un débat commun. Dans ce cas, les intellectuels peuvent dire beaucoup de chose aux politiciens: Nietzche l'a fait en Allemagne, Aron en France, Eco en Italie, Lewis aux États-Unis. Tous, ils ont enrichi, guidé, orienté, à leur manière, le débat publique dans leurs pays. Car ils ont compris que la modernité politique, ce que nous appelons avec beaucoup de facilité la démocratie, ne vient nullement des chambres fermées des décideurs. Elle trouve ses sources chez les penseurs de l'Âge classique, de la Renaissance et du siècle des Lumières. Descartes et Leibniz n'ont-ils pas réussi à définir mieux que tout autre politicien la modernité politique? La République et le droit politique républicain ne sont-ils pas le produit d'une intelligentsia bourgeoise?
La fausse démarche est d'estimer que tout vient des décideurs (Présidents, ministres, parlementaires...) comme si les intellectuels n'ont pas pris la parole pour protester et pour condamner une réalité stagnante. La "mezo voce" des politiciens n'est ainsi qu'une fausse fenêtre.


Une investigation philosophico-historique est nécessaire pour envisager de régler les problèmes qui nous sont posés. La Cité républicaine a besoin de respirer loin de l'hypocrisie parfois criminelle des politiciens. Le changement est-il possible? La Cité platonicienne est-elle réalisable? Sommes-nous prêts à comprendre que l'intellectuel ne fait pas partie de l'accessoire du débat politique? Beaucoup de questions qui attendent des réponses. Espérant qu'elles arrivent au bon moment!


http://www.huffpostmaghreb.com/

 

Ce grand Professeur était mon professeur qui m'estimait bien. Il suivait discrètement mes activités en dehors de l'université, notamment mes cafés-philo à Besançon, Belfort, et a travers le monde. Il me soutrenait et me disait Mr Cissoko je sais tout de vos activités pour notre discipline, bon courage, et il me laissait partir avec ce sourire qui va me manquer. P B CISSOKO

Le Professeur de Philosophie Robert DAMIEN est aussi entraineur et jouer de Rugby : à 68 ans il rejoint Naudé et Socrate

 

http://www.mezetulle.net/article-1413423.html
Sur le rugby (par Robert Damien)

Deux ou trois choses que je sais
à propos du Rugby
par Robert Damien1 (en ligne 17 déc. 2005)

Je remercie Robert Damien de me permettre de mettre en ligne ce texte où il expose le rugby de l'intérieur, dans ses contradictions vitales, dans sa grandeur et sa dérision. CK
Un "sport roi" : à Robert Damien par par Mezetulle
par Mezetulle


Je fais ce blog en pensant à toi, Robert, rude "intello" (ce que je m'efforce d'être aussi), et joueur-entraîneur de rugby (ce que je ne suis pas). Nous avons les mêmes goûts forts, du livre, de la bibliothèque, de la pensée. Et quand tu parles du rugby, tu sais vraiment de quoi tu parles. Moi je parle en spectatrice, en amateur, je ne le vis pas de l'intérieur, mais je l'aime...
Je t'emprunte parfois une idée en écrivant mes notes - notamment celle de la contrariété qui traverse le corps du joueur, celle de la nécessité du contact des corps.
Les lecteurs pourront se faire une petite idée en lisant cet extrait de l'article que tu as bien voulu publier sur mon autre blog - où tu parles du rugby comme d'un "sport roi" :

Il m'est demandé d'écrire sur le rugby. Proposition alléchante mais promesse inconsidérée d'y répondre, obligation inconfortable d'y faire face.


J'y ai, paraît-il quelques titres, de joueur et d'entraîneur, mais de petite noblesse car l'un et l'autre modestes et de plus excentrés, à Bourg en Bresse et à Lons le Saunier dans le Jura montagnard c'est-à-dire nulle part pour le tout venant du rugbyman.


Mais d'autant plus autorisé diront les optimistes que c'est dans ses marges que se comprend mieux un système et dans les exceptions culturelles que se révèle plus l'intensité d'une passion incongrue et déplacée par rapport à ce qui participe d'une banalité de l'habitude ou d'une manie triste dans certaines régions. Une passion d'expatrié donc mais dans le désert (sibérien, on s'en souvient) entre Saint-Claude, Pontarlier et Lons, croyez bien que certains dimanches sont d'anthologie et les émotions collectives et individuelles d'une densité indélébile. J'en sais quelques-unes qui me sont chères. On y éprouve des joies nobles, des tristesses accablantes et des anxiétés fiévreuses pour une incertaine palpitation des possibles.


Mais à cette excentration s'en ajoute une autre, plus surprenante encore et qui suscite ici plus qu'ailleurs méfiance et suspicion: un philosophe universitaire qui passe plus de vingt ans dans le milieu et à tous les postes occupés, la vanité m'oblige à le dire, avec un certain succès: un irrégulier clandestin donc sinon un agent double qui profite abusivement des avantages du double jeu. Vraiment dans les temps actuels, à fuir, par le rugbyman d'abord dont la (fausse) tradition d'épaisseur anti-intellectuelle est bien connue et quelque fois bien portée mais aussi par les universitaires qui méprisent cette activité triviale digne de l'opium du peuple et désormais de la foire aux bestiaux! et plus encore par les entrepreneurs de spectacles qui dirigent le marché actuel et dont la compétence bien connue de manager n'a vraiment rien à faire de ce genre de client folklorique, inutile et incertain disait l'autre...
La coupe est pleine...


Non pas, rajoutons une dernière incongruité qu'on s'en veut de devoir avouer tant le ridicule désormais la déconsidère: un bénévolat d'amoureux captif de ses chaînes et passablement écoeuré par la marchandisation présente car le libéralisme (quand on est bien élevé, il faut dire professionnalisme) transforme son investissement gratuit en naïveté navrante certes généreuse et dévouée comme on dit en ricanant mais tout à fait fossile, indiscutablement dépassée et encombrante par les temps qui courent. Mais enfin on a le militantisme qu'on peut et le bénévolat n'autorise pas l'incompétence et n'interdit pas le goût de la victoire ni le sens du combat...


Alors à quoi bon un énième discours sur le rude et rugueux sport et par un excentrique, nostalgique et piégé qui souhaite changer d'air parce que le rugby change d'ère? Ne comptez pas non plus sur moi pour exalter le sport, loisir sans compétition ou jeu sans enjeu ni le rugby des villages dont le côté chacun chez soi et la France aux français me répugne au plus haut point.
N'ayant aucun goût pour les confidences et encore moins d'attrait pour le lyrisme convenu des pénitents, je ne veux pas partager le désenchantement chagrin des dépités qui bénissent le révolu, mais je ne vais pas non plus infliger une analyse philosophique d'un sport roi.


Un mot pourtant. Pourquoi royal ?

parce qu'il contient tous les jeux et requiert l'alliance des contraires, impose l'union des extrêmes. Partant ce qui plaît dans ce jeu et fait sa rareté, c'est sa contradiction dans les termes, le multiple en un qui le rend insaisissable et saisissant, une chimère dialectique: tout le jeu consiste à la poursuivre dans la liberté des règles en exprimant ensemble et en même temps des dimensions partout ailleurs hétérogènes et séparées.
Sans en dire plus, je demeure sidéré par ce qui est exigé d'un joueur de rugby: d'être à la fois courageux et inventif, élégant et combatif, percutant et dynamique, intelligent et engagé, généreux et contrôlé, lucide et ludique, ardent et vigilant, vaillant et respectueux, explosif et concentré... Des réquisitions antagoniques pour une métamorphose exaltante qu'un certain philosophe appelait la joie! Qui ne l'a pas connue ne sait pas ce qu'est le bonheur...


Certains matches, justement mémorables, la réalisent et sont alors l'objet d'un récit interminé mais les matches ratés alimentent tout autant des narrations interminables: l'échec plus que le succès est porteur de l'histoire. Pourtant si nous avons tous vécu des « petites morts » en public, rien n'efface ces moments d'augmentation où tout nous semble accessible, le monde s'offre à notre puissance, nous ouvre les portes, nous accueille comme dans du beurre, tout tourne rond et baigne dans l'huile...
Certains joueurs se révèlent porteurs de cette seule grâce recevable. Les Dieux en sont dans les vestiaires et quelquefois sur les stades et on s'en voudrait d'en confier le secret d'autant que l'alchimie s'en révèle inconnaissable et la liturgie intransmissible... Laissons donc là ces mystères qui nous dépassent et par quoi nous nous dépassons dans les transcendances menues de nos dimanches rugbystiques, passionnels et dérisoires.


On le voit, tout incite au silence et recommande l'abstention. Nous le regrettons aussi mais nous devons nous y tenir.
Pour autant nous ne pouvons pas ne pas inviter à la réflexion sur la situation actuelle du jeu. Personne ne peut nier qu'il se transforme de part en part. Son organisation comme ses fins et ses enjeux, ses implantations et ses modalités, son public comme ses règles, ses joueurs comme ses arbitres subissent les mêmes métamorphoses que d'autres institutions qui lui sont contemporaines, c'est-à-dire l'Etat, la Nation, la République, l'Ecole ou la vie professionnelle sans parler des autres sports totalement modifiés par la télévisualisation.


La même énergie qui les travaille y est à l'oeuvre selon la même logique et la même force. On ne voit pas pourquoi le rugby échapperait plus que d'autres aux effets d'une même cause: la logique marchande de l'économie libérale. Les rugbymen n'ayant pas la science infuse auraient-ils le privilège d'une lucidité sur un processus qui s'opère partout dans un aveuglement redoutable et réduit toute alternative? Par ailleurs cette transformation peut indiscutablement se révéler positive en exploitant mieux le potentiel d'euphorie et de plénitude que recèle le jeu, en éliminant tout ce qui le paralyse et trop souvent le dénature. D'autant n'est-ce pas? que la liberté des échanges permet la promotion des meilleurs et promet un jeu spectaculaire de qualité enfin libéré des traditions « marronnes » et une hiérarchie des valeurs s'établira d'elle-même sans aucun contrôle extérieur ni loi supérieure pour réguler le marché car qui paie commande....
Je n'entrerai pas dans ce débat de fond qui visiblement n'intéresse personne car la question semble déjà résolue. A quoi bon un combat d'arrière-garde ? Il ne s'agit pas non plus d'entamer le lamento rancunier et de déplorer pour prétendre résister et conserver, mais modestement de comprendre.


Pour cela, une seule question mérite d'être posée et peut faire problème: la spécificité du rugby.

Qu'est-ce qui peut vraiment le différencier désormais?

Entre le rugby à sept (mobile), le rugby à treize (percussion dans les axes sans fixation) et le football américain (combinatoire et spécialisation), le rugby à quinze a-t-il encore sa place ? Ce qui fait sa propriété à savoir les mêlées et les touches ne devient-elle pas un obstacle à sa transformation en spectacle retransmis ? On le voit, c'est l'identité du jeu qui se trouve contestée. On comprend que l'on puisse s'interroger sur sa survie et sur notre participation...

1 - Robert Damien est entraîneur du CS Lons le Saunier (deuxième division). Professeur de philosophie à l'Université de Franche-Comté, il est l'auteur de plusieurs ouvrages, notamment : Bibliothèque et Etat: naissance d'une raison politique dans la France du XVIIe siècle(Paris : PUF, 1995) ; La grâce de l'auteur : essai sur la représentation d'une institution politique, l'exemple de la bibliothèque publique (La Versanne : Encre marine, 2001) ; Le conseiller du Prince de Machiavel à nos jours : genèse d'une matrice démocratique (Paris : PUF, 2003).

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Tariq Ramadan, Lettre ouverte par Fanny Bauer-Motti D Docteur en psychologie clinique et psychopathologie, psychologue clinicienne, psychanalyste et auteure.


Je n'aime pas prendre la parole en dehors de mon domaine: la psychologie. En effet, pour moi la psychologie est mon mode d'accès au monde. Je me suis structurée dans une famille où la psychologie est le centre de tout.

On écoute, on voit et on entend l'autre à travers cette donnée: ce qui se dit n'est pas forcement ce qui est, ce que tu vois n'est pas le tout, ce que tu vois est une perception. Le temps et la compréhension seulement t'amènent à la vérité. Je prends toujours mon temps pour parler, je pose d'abord des hypothèses, je fais très attention aux mots et je ne parle jamais sans certitude.

Aujourd'hui je sors de mon confortable silence pour moi aussi participer à ces regards qui témoignent du monde. Depuis vendredi, un lynchage médiatique concernant Tariq Ramadan inonde mon Facebook. Traité comme un coupable, déferlement de haine et spéculation en tout genre. Pourtant il y a quelque chose de fondamental et important qui unit les hommes et structure nos identités respectives: il s'agit de la loi.

La loi nous dit que nous sommes innocents jusqu'à preuve du contraire.

Ce principe de base est utile car nous sommes des êtres humains très complexes et nous passons notre temps à juger plutôt qu'à comprendre, à percevoir plutôt qu'à voir.

Par mesure de précaution donc, je ne m'avance jamais à pointer du doigt un coupable. J'ai tellement écouté l'âme de l'homme, je me suis tellement écoutée moi-même, j'ai tellement été formé à bonne école que je sais que la vérité prend du temps.

Le mensonge est parfois une construction auquel on croit. Parfois nous voyons l'autre comme notre opposé ou déformé par méconnaissance, névrose et autre complexité du psychisme. Si je ne connaissais pas Tariq Ramadan, j'attendrais avec patience d'avoir plus d'éléments. Mais là où le bât blesse, c'est que je connais le Professeur Tariq Ramadan. J'effectue une recherche à Oxford qu'il accompagne et il fait partit de ces amitiés que l'on sait éternelle. J'ai passé du temps avec lui, passé du temps avec d'autres chercheurs et étudiants(es) d'Oxford, j'ai échangé avec d'autres comme moi, qui travaillent et font de la recherche auprès de lui. Des hommes et des femmes de toutes les origines, de tous les genres et de multiples identités.

Empiriquement donc, je n'ai jamais vu Tariq Ramadan avoir des gestes ou mots déplacés ni avec moi ni avec d'autres étudiantes. Au contraire, contrairement à d'autres hommes et à mon expérience de femme sur le terrain, il fait partie de ces rencontres masculines paternelles, fraternelles qui respectent chaque être humain, femme ou homme sans abus de pouvoir, sans névrose, dans une simplicité aussi bien professorale qu'humaine. Celui ou celle qui connait Tariq Ramadan le sait, qui ne le connaît pas l'imagine. Et attention car l'imaginaire n'amène pas forcement à bon port.

Je suis antidogmatique, hors case, scientifique et j'ai un avis particulier sur le religieux. Pourtant, dans mes échanges avec Tariq Ramadan je n'ai jamais eu affaire à du prosélytisme. D'ailleurs, ici, en Angleterre Tariq Ramadan fait des conférences avec des personnes de confession catholique ou dans des confréries juives. Ici en Angleterre, il n'est pas diabolisé. Et les anglais ont la chance de l'entendre constamment dire "Nous" pour parler de nous tous, hommes et femmes de toutes les confessions. Double discours? Non. Le même en anglais et en français. J'entends que certain ont un autre avis pourtant moi qui le lie dans les deux langues je n'ai jamais vu ce double discours. Encore un mystère médiatique sans réponse. Cela fait donc beaucoup d'éléments qui contrastent à ce qui se dit à son sujet dans les médias à cet instant.

Tariq Ramadan a toute ma confiance, et je ne suis pas du côté des hypothèses mais des certitudes. Je sais qu'il n'a rien d'un violeur. Je le sais par mon métier, je le sais par expérience, je le sais pour l'avoir côtoyé de près et n'avoir jamais rien vu en lui de manipulateur ou autre déclinaison de la perversion et pourtant qui me connaît, sait ma méfiance et mon rapport à la parole. Qui me connait, sait ma rigueur dans l'analyse. Je ne dis que ce dont je suis sûre. Tariq Ramadan a tout mon crédit, mon estime et ma confiance. Vous comprenez donc aisément qu'aujourd'hui je sors de mon silence de précaution pour me positionner.

Cette lettre ouverte n'a pas pour but de convaincre, simplement de dire que nous devons nous méfier des apparences et des fausses informations. La vérité vous l'aurez par la vraie connaissance, pas celle des médias de masse ou d'opinion en opinion, représentations en représentations. Moi-même je suis une simple opinion. Mais une opinion qui parle par expérience, pragmatisme, analyse et sans aucun autre intérêt que la justice.

J'ai appris la puissance du silence, et l'importance de peser ces mots. Je retourne à présent dans mon silence mais reprendrai la parole s'il le faut. Je suis pour la justice et la justice prend du temps. L'autre côté de la barrière n'est jamais loin. Accusé ou accusant, personne n'est à l'abri du regard de l'autre.

 

LES MÉCANISMES DE LA ZONE CFA des pays en voix d' émergence peuvent-ils continuer à être sous tutelle monétaire ? L'une des clauses la plus importante de la coopération monétaire entre la France et la zone franc CFA est la libre convertibilité du franc CFA. La libre convertibilité de la monnaie de chaque sous-zone est garantie par le compte d'opération ouvert auprès du Trésor et sur lequel les banques centrales ont un droit de tirage illimité en cas d'épuisement de leurs réserves en devises. En contrepartie de ce droit de tirage, les banques centrales doivent déposer sur le compte d'opération au moins 65 % (50% pour les pays de l'UEMOA) de leurs avoirs extérieurs nets (réserves de change).

À l'intérieur de chaque sous-zone, et entre chaque sous-zone et la France, les transferts de capitaux sont en principe libres. Avec la zone euro, un compromis a été trouvé ; ce compromis européen confie également à la Banque de France le soin de la parité entre l'euro et le CFA, sachant que parité fixe ne signifie pas parité non révisable, comme l'a bien montré la dévaluation du CFA, en janvier 1994. Les changements éventuels de parité devront faire l'objet d'une information préalable des membres de l'euro 12. L'intégration d'un nouveau membre à la zone CFA ou un changement des règles du jeu au sein de la zone devront en revanche faire l'objet d'un accord avec les Européens. Les avantages présentés aux Africains sont quant à eux des plus artificiels : outre l'attrait des investissements directs à l'étranger (IDE), le franc CFA est censé épargner les risques de change avec la zone euro et donc faciliter l'accès au marché unique européen. DE QUOI S'AGIT-IL ?

Comme il n'y a pas de monnaie internationale, il faut organiser les échanges entre monnaies pour permettre les échanges de biens et services. Dans ce cas, on peut définir un système monétaire international (SMI) comme l'ensemble des règles, des mécanismes et des institutions visant à organiser et à contrôler les échanges monétaires entre pays. Au sein du SMI, les pays membres doivent assurer au préalable la convertibilité externe de leur monnaie. Cela revient à dire simplement que tout étranger détenteur de cette monnaie doit avoir la possibilité, à tout instant, de l'échanger librement contre d'autres monnaies ou contre de l'or. De plus, la convertibilité est souvent assimilée à la transférabilité.

Cette dernière permet de savoir si une monnaie peut se déplacer dans un espace autre que celui dans lequel elle a été créée ou émise. La convertibilité revêt plusieurs formes et on en distingue le plus souvent les degrés de convertibilité par rapport aux opérations, aux pays, et aux agents. Par rapport aux opérations, elle peut être générale ou limitée. Elle sera dite générale lorsque tout agent économique peut obtenir, à taux fixe, de l'or ou toute autre devise étrangère pour le règlement de ses transactions internationales, quelque soit l'opération. Cette opération peut concerner le compte courant (opérations commerciales courantes) ou sur le compte capital (mouvements des capitaux). Nonobstant, la convertibilité sera dite limitée lorsqu'elle n'est possible que pour les seules opérations courantes. Par rapport aux pays, on parlera de convertibilité générale en cas de multi latéralité parfaite des paiements internationaux. Elle est par contre limitée lorsqu'elle ne concerne que certains pays. Dans ce cas, on parle de convertibilité régionale(le cas des monnaies européennes avant l'euro vis-à-vis du dollar). S'agissant des agents, la convertibilité est dite générale quand tout agent (résident ou non) peut obtenir de l'or et des devises contre de la monnaie nationale. Elle sera limitée si cette possibilité n'est offerte qu'aux seuls agents non résidents. Dans le langage courant, on dit que la monnaie est convertible ou elle est non convertible ou limitée. Dans ce dernier cas, la convertibilité est partielle en ce sens que l'échange peut se faire jusqu'à une certaine somme, ou après contrôle de la nature de la transaction par un organisme public. LA CONVERTIBILITÉ D'UNE MONNAIE DÉPEND DE LA POLITIQUE ECONOMIQUE ET PARFOIS DES CIRCONSTANCES HISTORIQUES ! Dans la remuante histoire du franc français, l'échange de francs contre des devises n'était pas libre, mais réglementé. Cette convertibilité externe du franc, rétablie en 1958 pour les non-résidents, n'était pas totale pour les résidents. Par exemple, ceux-ci ne pouvaient pas sortir des capitaux hors des frontières sans autorisation administrative. La convertibilité d'une monnaie peut être limitée aux seules opérations courantes lorsque les mouvements spéculatifs de capitaux sont dangereux pour un pays, c'est-à-dire quand ils risquent d'épuiser les réserves de devises.

En période de guerre, de difficultés graves ou pour des motifs politiques, une monnaie peut être inconvertible et il serait alors impossible d'obtenir librement des devises en échange de cette monnaie. Au niveau de la zone franc, les transferts des capitaux entre les zones monétaires ont fait l'objet de quelques restrictions au cours des années 90, afin notamment de lutter contre les mouvements de capitaux illicites (suppression du rachat des billets entre zones). En Roumanie, par exemple, la dernière restriction sur la voie de la convertibilité totale du leu a été enlevée le 1er septembre 2006. La banque nationale roumaine permet aux étrangers, à partir de cette date, les transactions des titres d'Etat à court terme en leu, ce qui fera que la monnaie nationale devienne entièrement convertible, pour la première fois pendant les 60 dernières années. Depuis cette date, la monnaie roumaine peut être achetée par l'intermédiaire des banques de l'étranger également. On pourra citer de même l'exemple de la Tunisie avec son flottement administré. L'idée est de maintenir la stabilité du taux de change réel. Et, en effet, le taux de change effectif réel du dinar, c'est-à-dire le prix relatif (dans une même monnaie) des produits de consommation tunisiens par rapport à une moyenne pondérée des prix des partenaires commerciaux principaux de la Tunisie, est resté très stable depuis une quinzaine d'années. Cette politique s'appuie sur le maintien de contrôles des capitaux, c'est-à-dire sur une « convertibilité » partielle de la monnaie, certaines opérations sur les mouvements des capitaux avec l'extérieur restant soumises à restrictions.

Cela permet à la Banque centrale de conserver une certaine marge de manœuvre sur sa politique intérieure. Quant au géant chinois, la grande fragilité de son système bancaire étatique (créances douteuses) ne l'autorise pas aujourd'hui à libéraliser son marché des changes et à rendre sa monnaie librement convertible sous peine de faire peser des risques importants sur la croissance économique chinoise, celle des pays de la zone 'Asie' et au-delà sur celle des pays occidentaux. Depuis le 1er Janvier 1994, le yuan est ancré au dollar sur la base d'une parité fixée à 8,277 yuan pour un dollar avec une marge de fluctuation très étroite (+/- 0,3%). Depuis 1994, la monnaie est convertible mais pas pleinement. Les mesures de contrôle des changes sont extrêmement strictes et ne s'appliquent qu'à celles des entreprises chinoises dont les activités à l'international le justifient. Au niveau interne, la convertibilité (interne) d'une monnaie se résume à la défense de sa valeur, c'est-à-dire son pouvoir d'achat (M/P). Premièrement, il est évident que la France n'augmente pas la masse monétaire de la zone franc comme bon lui semble. La masse monétaire progresse en fonction seulement du développement réel de l'économie. C'est l'activité économique qui commande la progression de la masse monétaire. Deuxièmement, la baisse du niveau des prix n'est pas imputable à la France. L'inflation est aujourd'hui expliquée plus par les coûts que par un excès de demande sur l'offre. Le prix du piment baisse en Côte d'Ivoire à la suite d'une action française ?

Le prix de l'arachide baisse au Sénégal à la suite d'une inondation d'arachide en provenance de la France ? La convertibilité du franc CFA n'a rien à voir avec la France !! LA RÉALITÉ DES FAITS Pour Chouchane verdier, au sens de l'article VIII des statuts du FMI, seuls douze pays africains possédaient une monnaie convertible en 1995 . Selon le principe de la convertibilité au sein de la zone franc, les Etats africains devaient pouvoir s'approvisionner en devises sans limites au-delà de leurs propres possibilités. Si cela était vrai, les pays de la zone franc seraient moins exposés au risque d'illiquidité. Les mécanismes de la zone franc devraient permettre une ouverture sur l'extérieur, facilitant ainsi les importations et l'attrait des capitaux étrangers. Or, cet accès reste limité par les mesures de protectionnisme permises à l'Union européenne par les accords de l'OMC (aussi bien pour les produits manufacturés que pour les produits agricoles). En outre, les relations commerciales sont largement restreintes à l'exportation de matières premières, dont les prix sont à l'avantage des pays riches du Nord, avec d'ailleurs une demande léthargique (termes de l'échange). Ensuite, les relations commerciales de la zone CFA avec le reste de l'Afrique et du Tiers Monde se trouvent handicapées par la politique de monnaie forte imposée par l'Europe : le franc CFA étant surévalué par rapport aux autres monnaies du Sud, les produits libellés en FCFA deviennent trop chers pour ces pays.

L'Afrique de la zone CFA se retrouve ainsi coupée des marchés du Sud et condamnée à exporter des matières premières bon marché vers le Nord (l'objectif final de l'Europe étant évidemment la cotation des matières premières de la zone CFA en euro et donc l'élimination de tout risque de change pour son approvisionnement). Au niveau externe, la convertibilité du franc CFA permettait le rapatriement sans risque de change des bénéfices des entreprises européennes. La garantie de la convertibilité et de la libre transférabilité des capitaux dans la zone CFA a favorisé une sortie massive des capitaux. On peut noter les nombreux placements effectués en francs CFA à l'étranger, surtout en Europe, entre janvier 1990 et juin 1993, qui s'élevaient à 928,75 milliards de francs CFA. Si les banques centrales peuvent recourir sans limitation aux avances du Trésor français, cette faculté doit, dans l'esprit des accords, revêtir un caractère exceptionnel. En cas de découvert prolongé du compte d'opération, les banques centrales sont tenues de mettre en œuvre des mesures de redressement (relèvement des taux directeurs, réduction des montants de refinancement, plafonnement des crédits aux Etats, ratissage des devises). Depuis la mise en œuvre des accords de coopération monétaire actuels (1973), le compte d'opération n'a été débiteur temporairement qu'à cinq reprises depuis 1973, le solde étant créditeur de manière ininterrompue depuis janvier 1994.

Cette liberté aboutit à un rapatriement massif des bénéfices des investisseurs étrangers vers leur maison-mère et à un exode des revenus des ménages expatriés vers leur pays d'origine : entre 1970 et 1993, alors que les investissements étrangers s'élevaient à 1,7 milliards de dollars, le rapatriement des bénéfices et des revenus d'expatriés s'est élevé à 6,3 milliards. Les rapatriements ont donc été quatre fois supérieurs aux investissements (Agbohou, 1999, p. 87). Même la transférabilité interne a pris un coup depuis les années 90. Il y a une mesure de suspension de rachat des billets de banque CFA entrée en vigueur le 2 août 1993. Auparavant, et ce jusqu'au 1er août 1993, la convertibilité des billets était libre et illimitée aux guichets de la banque de France. En plus d'une mesure de suspension de rachat des billets CFA entre la zone UMOA et la zone CEMAC à compter de septembre 1993. Cela n'a pas empêché la détérioration des comptes dans les années 1990 et l'incapacité déclarée de la France à soutenir sans limites les budgets africains. Résultat : les deux francs CFA ont été dévalués de 50 % en janvier 1994 pour passer de 0,02 à 0,01 FF. Cette parité fixe ne changea pas avec le passage du FF à l'euro (1999). Elle s'est traduite automatiquement par le taux de 1 euro pour 655,957 F CFA. La libre convertibilité et la libre transférabilité sont limitées par le contrôle des changes (surtout depuis la suspension de la convertibilité des billets FCFA) et l'absence de marchés des FCFA (tous les flux passent par le filtre des banques centrale). Comme on vient de voir, la convertibilité illimitée est un vrai faux argument, donc un mythe. En réalité après les indépendances, la France a voulu, par cette coopération, conservé des relations commerciales et financières très développées avec ses anciennes colonies. EN FINIR AVEC LE FRANC CFA ?

Aujourd'hui, avec l'euro fort ,les pays de la zone franc conservent un change surévalué qui maintient des prix d'exportation à un niveau élevé alors que des pays comme la Chine sous-évalue leur taux de change pour accroître les biens exportés. Les pays de la zone franc subissent aujourd'hui des vagues d'optimisme et de pessimisme alternées. Ceux qui ont avancé l'avantage des IDE ont oublié que l'investissement direct procède avant tout de la recherche d'une meilleure rentabilité. Sans établir une coopération monétaire, on peut en général, retenir les motivations suivantes : le besoin de se procurer des importations, c'est le cas des investissements directs dans les pays en développement dans le seul dessein d'exploiter les matières premières nécessaires à la croissance économique de l'occident. Il y'a aussi le besoin d'éviter les frais de transport sur les exportations et la recherche d'une main-d'œuvre bon marché, qui incite les industriels occidentaux à investir directement dans les pays en développement. Les banques centrales des unions possèdent un statut aussi ambigu que complexe : relativement indépendante dans leur fonctionnement, elles maintiennent des mécanismes de décision dans lesquels les positions de la France sont déterminantes pour le choix de la politique à mettre en œuvre. En réalité, la banque de France est le prêteur en dernier ressort de l'ensemble du système financier des pays membres. Quant au trésor français, il est tenu de constater un déficit illimité sur les comptes d'opérations. Vous constater avec stupéfaction et étonnement, que ce sont les deux institutions françaises, à savoir la banque de France et le trésor français qui possèdent la souveraineté monétaire effective de l'ensemble de la zone, les États membres étant de la sorte dépourvus de ce pouvoir régalien. Le mécanisme du compte d'opération permet de déconnecter la politique monétaire et la politique de crédit menée en France de celle appliquée dans le reste de la zone franc. Toutefois, la politique économique des pays membres est fortement conditionnée par la politique monétaire et la politique de change menées en France (aujourd'hui de l'Europe). Le modus operandi des mécanismes du franc CFA reflète la volonté d'un seul pays, la France, d'assujettir et de mettre sous sa domination une quinzaine de pays. Peut-être que lorsqu'il a été crée, le franc CFA a obtenu un statut suivant generis dans des pays qui ne voulaient qu'accéder à l'indépendance. Dans notre orgueilleuse modestie, nous pouvons affirmer que ceci ne témoigne point d'une méditation attentive car la souveraineté politique est liée à la souveraineté monétaire. Et dire que certains gouvernants proclament de façon tonitruante leur souveraineté, tout en acceptant le franc CFA avec ses fourre-tout de mécanismes esclavagistes. Pourquoi cet attentisme sur le débat autour du franc CFA ? Le franc CFA est une pièce maîtresse du pacte colonial, par lequel la France se réserve les denrées de ses anciennes colonies et lui impose l'achat de ses produits manufacturés en lui interdisant tout développement industriel autonome. Les anciennes colonies n'ont aucune existence propre car leur économie est inféodée à celle de la métropole.

Pour commencer à exister, il faut l'émergence d'un bien qui cristallise tout le fait social, l'histoire et qui constitue le ferment, ou du moins le dénominateur commun d'une communauté de destin, c'est-à-dire la monnaie. Vous en conviendrez avec moi que ce qui a été exhibé comme la magna carta de cette coopération monétaire (la convertibilité illimitée du franc CFA), n'est en réalité qu'une fourberie. A ceux qui ont voulu qu'on s'assure du fait avant de s'inquiéter pour la cause, le temps est venu de s'inquiéter..

 

Sujet délicat cloué  dans le silence. Difficile de démontrer les faits. Notre compatriote nous propose des pistes. 2 cas sur 10 sont jugés faute "de preuves tangibles" alors que les victimes souffrent dans leur intimité. Il faut avancer, parler, circonsrire et protéger les victimes tout en condamnant les auteurs de ces actes odieux. Pape B CISSOKO

Le harcèlement sexuel peut être défini comme des avances sexuelles importunes et indésirables, les demandes de faveurs sexuelles et autre contact verbal ou physique de nature sexuelle qui crée un environnement hostile ou offensant. Il peut être vu également comme une forme de violence contre les femmes (et hommes, qui peuvent également être harcelées sexuellement) et comme un traitement discriminatoire. L'élément clé de la définition est le mot « importun ».


Le harcèlement sexuel peut prendre différentes formes. Il comprend à la fois les violences physiques et des formes plus subtiles de la violence telle que la contrainte – forcer quelqu'un à faire quelque chose qu'ils ne veulent pas. Il peut prendre une forme à long terme –« blagues » sexuelles répétées, invitations constante (indésirables) à aller dans une rencontre, ou flirt importun de nature sexuelle. Et il peut être un incident ponctuel – toucher ou caresser quelqu'un de façon inappropriée, ou même l'abus sexuel ou viol.


Le sexe d'une personne est –il directement lié à son harcèlement ?


Oui – le harcèlement sexuel est un comportement qui porte directement sur le sexe de la personne qui est l'objet de harcèlement. C'est pourquoi il peut être considéré comme discriminatoire.
Selon une étude menée par l'Organisation internationale du travail (OIT), ""le harcèlement sexuel est inextricablement lié au pouvoir et a souvent lieu dans les sociétés qui traitent les femmes comme des objets sexuels et citoyens de seconde classe. Un exemple courant de ceci est lorsque l'on demande aux femmes des faveurs sexuelles en échange d'obtenir un emploi ou une promotion ou une augmentation. Un autre exemple est le harcèlement de rue, qui peut varier de chat-appels et sifflement à travers un langage agressif et importun et également l'abus sexuel et le viol.


Considérablement, le harcèlement sexuel n'est pas la même chose qu'une relation ou flirt issu d'un accord mutuel. Il s'agit d'une action qui est importun, cause offense et l'embarras et peut, dans certaines situations, être dangereux physiquement et émotionnellement. La victime peut se sentir intimidée, mal à l'aise, gênée, ou menacée.


Qu'est-ce qui peut être qualifié de harcèlement sexuel ?


Il existe différentes définitions juridiques du harcèlement sexuel dans les différents pays et juridictions, mais les formes les plus courantes de harcèlement sexuel englobent : - Raconter des blagues sexuelles ou sales - Afficher ou distribuer des dessins ou photos sexuellement explicites - Lettres, notes, e-mails, appels téléphoniques ou objets de nature sexuelle - «Estimation» des gens sur leurs attributs physiques - Commentaires sexuels sur les vêtements d'une personne, anatomie ou regards - Sifflement ou chat-appel - Sons sexuellement suggestifs ou des gestes tels que l'aspiration des bruits, des clins d'œil ou poussées pelviennes - Menaces directes ou indirectes ou des pots de vin pour une activité sexuelle non désirée - Demander à plusieurs reprises une personne pour la rencontrer, ou avoir des relations sexuelles - Injures, comme garce, pute ou souillon - Regarder de façon offensante (regard insistant sur les seins d'une femme, ou les fesses d'un homme) - Des questions sur sa vie sexuelle - Les contacts corporels non souhaités, embrassades, baisers, caresses, toucher physiquement quelqu'un - Harcèlement d'une personne - Se toucher sexuellement pour se faire voir - Agressions sexuelles - Maltraitance - Viol.


Où a lieu le harcèlement sexuel?


Le harcèlement sexuel peut avoir lieu n'importe où – au travail, à l'Université, dans la rue, dans un magasin, dans un club, dans les transports en commun, dans un aéroport, et même dans la maison. Essentiellement, c'est l'attention sexuelle importune qui peut avoir lieu dans n'importe quel lieu public, ainsi que dans des espaces privés.


Est-ce que c'est seulement les hommes qui harcèlent les femmes ?


Non. Les femmes peuvent harceler sexuellement aussi bien les hommes, les hommes peuvent harceler sexuellement d'autres hommes et les femmes peuvent harceler sexuellement d'autres femmes. Il n'y a pas de parti pris sexiste pour les harceleurs.
Les harceleurs peuvent être l'employeur, un collègue de travail, un client, un acheteur, un étranger, un parent, un soi-disant « ami », une bande de personnes ou une personne entrain de vous interviewer pour un emploi. Il n'y a pas de « plan» qui décrit ce qu'est un harceleur, il y a beaucoup d' auteurs différents.

ECONOMISTE
ANCIEN DIRECTEUR DE PAHTFINDER FOUNDATION SIEGE DAKAR

Directeur Général, à c2r-conseil.com
A étudié à I.A.E de Clermont Ferrand
Études : administration pubique à Université Lumière Lyon 2
Habite à Paris
De Rufisque

Gère Coup De Pouce de la Diaspora Africaine de France Daf

 

Mohamed Mountaga SAGNA : LA MAITRISE DES MARCHÉS PUBLICS LOCAUX : ESSAI SUR LA LIBERTÉ CONTRACTUELLE DES COLLECTIVITÉS LOCALES AU SÉNÉGAL-thèse de Doctorat

Anrt Diffusion Atelier national de reproduction des thèses Thèse à la carte

Ichrono.info tentera de vous présenter des travaux universitaires de nos compatriotes. Nos jeunes ont du talent et je ne cesse de le dire et pourquoi ne sont-ils pas recrutés pour apporter leur expertise. Du gâchis comme on sait le faire dans nos pays où les ressources humaines sont nombreuses mais inutilisées hélas. Ce travail universitaire est au cœur de nos préoccupations et pourrait faire avancer les choses. Vous savez que notre ami seybani SOUGOU travaille sur ces questions et ichrono.info lui ouvre à chaque fois ses lignes.P B Cissoko

La consécration de la libre administration des collectivités locales par le législateur fut le vecteur principal de leur irruption dans la sphère contractuelle.
Longtemps cantonnées à faire usage de l'acte unilatéral, les collectivités locales ont en vain acquis depuis, la liberté de contracter.
Le présent ouvrage, en s'appuyant sur le Code des collectivités locales, les codes des marchés publics de 2002, 2007 puis 2011 et, les directives UEMOA,
s'emploie à démontrer l'effectivité de la liberté contractuelle des collectivités locales sénégalaises. Il y est rappelé les contraintes et souplesses qui
caractérisent la passation et l'exécution des marchés publics locaux. Y sont aussi analysés les trois grands principes qui gouvernent le droit des marchés publics à
savoir, la liberté d'accès à la commande publique ; l'égalité de traitement des candidats et ; l'efficacité des procédures et la transparence des dépenses
publiques.

Outil pratique et pédagogique, cet ouvrage se veut ainsi, porteur d'informations pour les professeurs d'universités, étudiants, agents publics et les différents
acteurs de la commande publique locale. Il présente aussi, en direction des acteurs privés, les différentes procédures de passation et d'exécution des
marchés publics, tout comme, l'organisation du contentieux inhérent à ces différentes phases. Il est in fine, évocateur d'un certain optimisme sur
l'irréversibilité de la décentralisation au Sénégal et vise à ce titre, à éclairer le lecteur sur les limites nécessaires de cette liberté contractuelle des collectivités locales, gage d'un Etat unitaire fiable.


Mohamed Mountaga SAGNA :  L'auteur est docteur en droit public de l'Université Panthéon Sorbonne, Paris I.
Ses domaines d'interventions sont le droit administratif en général et spécialement, le droit de la décentralisation, le droit des marchés publics locaux
et le droit international public.

 

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Le Kenya a vécu, jeudi 26 octobre, une nouvelle présidentielle après l'annulation du scrutin d'août dernier. Cela ne semble pas avoir ramené la sérénité dans le pays, puisque cette deuxième élection a été boycottée par le leader de l'opposition, Raila Odinga. Le vote est marqué par une forte abstention (33 % de participation selon la Commission électorale, l'IEBC), et des incidents ont émaillé la journée. Quatre personnes ont été tuées dans des affrontemements avec la police. Ce vendredi, les premiers chiffres tombent : les médias annoncent une victoire du président sortant.

Les médias kényans font les comptes au fur et à mesure que les formulaires de résultats sont mis en ligne par la Commission électorale. Selon la chaîne KTN, le président Uhuru Kenyatta obtiendrait près de 98 % des voix, contre moins de 2 % donc pour son adversaire, Raïla Odinga et quelques dizaines ou centaines de votes pour les autres candidats.

Ces chiffres sont encore provisoires. Seule l'IEBC peut donner les résultats définitifs. Mais ces chiffres sont tout sauf une surprise, puisque l’opposition s’est retirée et que ses supporters ont boycotté en masse, l’objectif étant notamment de délégitimer Uhuru Kenyatta, qu’il soit mal réélu, sachant que la coalition d'opposition NASA entend bien continuer la lutte, « la résistance » comme elle dit, pour un nouveau scrutin sous 90 jours

Un Kenya coupé en deux

Le pays est divisé, avec d’un côté, des électeurs souhaitant exercer leurs droits, en finir avec ce processus électoral interminable, et relancer une économie en souffrance. De l’autre côté, les partisans de l’opposition, fidèles à leur chef Raila Odinga, refusent catégoriquement de cautionner ce vote. Résultat, dans une partie des bureaux, le scrutin s’est déroulé dans le calme, mais sans grand enthousiasme.

Rien à voir avec la ferveur du mois d’août, où des centaines de personnes avaient parfois attendu toute la nuit pour voter. Cette fois, dans les bastions de la NASA, beaucoup ont boycotté et même bloqué l’accès aux bureaux, à l’aide de barricades, en soudant les portails, voire en y accrochant des animaux morts. Tout cela a entraîné des affrontements violents avec la police. Les forces de sécurité ont tenté de repousser les protestataires pour pouvoir ouvrir plusieurs bureaux.

Au final, dans ces secteurs, très peu de gens se sont risqués à aller mettre un bulletin dans l’urne, sous peine d’être pris à partie ou blessés dans les violences. Plus de 5 000 bureaux n’ont pas ouvert, selon la Commission électorale, qui a dû reporter à samedi l’élection dans les comtés de Kisumu, Migori, Homa Bay et Siaya. Tous ces endroits sont des places fortes de l’opposition.

Jeudi soir, l’IEBC a annoncé une participation de 48 %. Un chiffre rectifié un peu plus tard : 33 % de participation, soit bien loin des quelque 80 % du mois d’août. Un mauvais cadeau pour Uhuru Kenyatta, qui vient de fêter ses 56 ans.

Le conflit catalan est entré dans sa phase décisive. Après mille rebondissements de part et d’autre, le Sénat espagnol devrait, ce vendredi 27 octobre, entériner l’application de l’article 155 de la Constitution, qui suppose la mise sous tutelle d’une région rebelle. Sauf surprise de dernière minute, ou revirement des séparatistes (la convocation de législatives anticipées), ces mesures d’exception devraient être en vigueur en Catalogne dès samedi.

Avec notre correspondant à Madrid, François Musseau

Ce qui est en jeu ce vendredi, c'est ni plus ni moins que l’avenir de la Catalogne. Si réellement, l’article 155 de la Constitution s’appliquait, les conséquences pourraient être catastrophiques, estime notre correspondant à Madrid, François Musseau. Certains craignent qu'une telle situation occasionne de violentes altercations sur place.

L'article 155 stipule que « si une communauté autonome ne respecte pas les obligations qui lui sont imposées par la Constitution ou par d'autres lois, ou agit d'une manière qui porte gravement atteinte à l'intérêt général de l'Espagne, le gouvernement (...) pourra adopter les mesures nécessaires pour l'obliger à respecter les dites obligations, ou pour la protection de l'intérêt général ».

Il faut imaginer le pouvoir central prendre à Barcelone le commandement de la police catalane et de ses 17 000 agents, mais aussi de l’administration fiscale, du siège de l’exécutif avec la destitution de Carles Puigdemont et de ses ministres, des médias publics comme la télévision TV3, ou encore du centre des télécommunications. En somme, une complète mainmise sur les institutions catalanes, y compris le Parlement. Du jamais vu.

L'Espagne est un pays extrêmement décentralisé, et ses 17 régions dites Communautés autonomes tiennent à leurs pouvoirs étendus, en matière de santé et d'éducation par exemple. Pour une bonne majorité de Catalans, nationalistes, cette mise sous tutelle serait vécue comme une humiliation et un retour aux heures noires du franquisme (1939-1975), et il faudrait s’attendre à de vives résistances, à la fois des foules dans la rue comme de haut fonctionnaires catalans.

Ce scénario, le pire qui se puisse imaginer pour tous, est aujourd’hui le plus vraisemblable dans la péninsule ibérique. Mais on ne peut pas, toutefois, écarter la possibilité d’une main tendue de dernière minute, d'un revirement ou d'un énième coup de théâtre. Les autorités catalanes camperont-elles sur leur refus d'organiser des élections anticipées par exemple ? Une certitude seulement : la situation n’a jamais été aussi indécise, confuse, et dangereuse.

RFI

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