Nous poursuivons aujourd’hui l’entretien que nous a accordé la semaine dernière à l’ambassade du Sénégal à Paris, avenue Robert Schuman, son excellence M. Bassirou SENE.

Q - M. l’ambassadeur, sur l’important dossier de l’immigration, quelles solutions entrevoyez-vous lorsqu’on sait que 340 millions d’africains vivent avec moins d’un dollar par jour, que l’espérance de vie est de seulement cinquante-quatre ans et que le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans est de 140/1000 ? Comment stopper, freiner la tentation à l’exode dans de telles conditions ?

B.S – La migration est dans l’ADN de l’homme depuis notre création. Il y a même eu par le passé des flux migratoires beaucoup plus importants que ce que nous connaissons actuellement. Aujourd’hui on pointe du doigt les migrants africains mais il y a quelques années c’était en sens inverse. Dans beaucoup de régions du monde si les migrants regagnaient aujourd’hui leur pays d’origine l’économie locale s’effondrerait du fait que beaucoup de professions, de métiers sont exercés par eux. Par ailleurs en raison de la pyramide des âges, près de 60% de la population de nombreux pays occidentaux a une moyenne d’âge supérieure à cinquante ans grâce à l’espérance de vie qui est plus grande en raison des découvertes scientifiques, des progrès médicaux et d’une meilleure alimentation et hygiène de vie. Par suite de leur vieillissement ces peuples ne peuvent plus être des opérateurs économiques. Ils ont donc besoin des migrants pour faire un travail, qu’au demeurant leurs nationaux n’acceptent pas le plus souvent. Il ne faut pas se voiler la face, or c’est cette situation bien réelle, concrète que l’on veut occulter. La migration est utile dans les deux sens, d’un côté pour l’Europe qui n’a plus les capacités humaines suffisantes pour faire face à son développement et de l’autre pour l’Afrique car l’apport en argent des migrants en direction de leurs pays d’origine représente une manne financière supérieure à l’aide publique au développement en Afrique. Pour le cas spécifique du Sénégal nous faisons en sorte de pouvoir retenir nos compatriotes qui veulent rester et vivre décemment au pays. Mais vous n’empêcherez jamais de partir des individus qui veulent explorer d’autres horizons, en dehors de tout besoin économique et social, d’aller à la rencontre d’autres milieux, d’autres communautés. Grâce à Dieu le Sénégal est un pays stable, où nous avons une nation sénégalaise, où il n’y a pas de tensions religieuses entre musulmans et chrétiens et où la démocratie fonctionne. Nous ne connaissons pas les problèmes politiques, religieux, sociaux, environnementaux qu’on voit ailleurs chez certains de nos voisins qui expliquent que les populations quittent ces pays. Nous sommes pour notre part épargnés par ce fléau.

Q - Dans ces conditions, comment interprétez-vous les signaux qui sont envoyés par certains pays européens qui entendent fermer leurs frontières aux nouveaux migrants ? 

B.S - Cela s’explique par la montée des populismes qui sont en mal de programme et qui jouent sur la corde sensible, sur la peur des populations à qui on présente les migrants comme des gens dangereux, qui apportent des maladies et nuisent à leur bien-être. Ce sont là des programmes de parti, mais pas un programme politique.

Q. - Redoutez-vous qu’un jour en France un mouvement de ce type puisse exister ?

B.S – Mais cela existe déjà ! Il y a ici des partis politiques qui professent le mépris de l’autre. Cette réaction est essentiellement le fait de pays développés qui possèdent 80 % des ressources alors qu’ils représentent à peine plus de 5% de la population. Dès lors ils ont une réaction de repli sur soi, de méfiance,voire d’hostilité pour l’autre, qu’on soupçonne de vouloir prendre ce que vous possédez. Or ces autres cherchent seulement à obtenir leur dû et il ne faut pas oublier que ces « autres » en question, qu’on chasse aujourd’hui, étaient hier colonisés, esclavagisés et privés de toutes leurs ressources, leurs biens, leurs enfants. Penser que la richesse d’aujourd’hui a été travaillée par ceux qui en bénéficient est une erreur.

Q – La Chine est de plus en plus présente économiquement sur le continent africain, le président Macky Sall a accueilli il y a peu le président chinois, cela signifie-t-il que le Sénégal entend faire de l’Empire du milieu un partenaire privilégié ?

B.S – Mon pays est ouvert à tous les partenaires potentiels, nous avons d’excellentes relations avec la Chine en effet, mais aussi avec l’Inde, le Brésil, l’Arabie Saoudite ou encore le Maroc, mais je le répète la France est notre premier partenaire en ce qui concerne notre développement et elle assure les subventions les plus importantes pour le Sénégal.

Q – J’en reviens à la Chine, pardonnez-moi, on l’accuse souvent de piller les ressources du continent africain, comme hier, vous le rappeliez à l’instant, les colonisateurs européens ont pu le faire.  C’est vrai pour les forêts, le bois, des terres mais aussi le sable dont ils ont besoin pour alimenter les cimenteries et faire face à leurs besoins énormes en matière de construction, etc.

B.S – A la différence du passé, aujourd’hui nous signons des marchés, des accords avec la Chine alors que du temps de la colonisation il n’y avait rien de cela. C’est la différence entre piller et commercialiser. En 2018 les dirigeants qui s’engagent dans ces partenariats économiques ont été démocratiquement élus par leur peuple et sont légitimes pour contracter ces marchés, dans l’intérêt de chacune des parties. 

Q – Vous ne redoutez donc pas de voir demain les chinois comme de nouveaux colonisateurs ?

B.S – L’Afrique à trop souffert de ce genre de situation dans l’histoire pour l’accepter aujourd’hui. La Chine met actuellement soixante milliards à la disposition de l’Afrique sur trois ans, vingt milliards par an, qui va refuser cela ? Nous avons des déficits d’infrastructures, il y a des pays où entre la capitale et les autres villes il n’y a pas de connexion, pas de ponts, il n’y a pas de ports, pas d’eau, pas d’électricité, comment voulez-vous que nous refusions cette main tendue.

Q – S’agissant des Etats-Unis, dont l’actuel président a eu des mots très durs, presque injurieux à l’égard des africains, quelle est votre position ?

B.S – Le président du Sénégal à réagi en son temps à cette attitude de D. Trump. Le plus important est qu’au-delà de tels propos le Sénégal entretient d’excellentes relations avec l’Amérique, d’Etat à Etat. Nous avons en commun plusieurs programmes, économiques mais aussi sur la santé, en particulier pour lutter contre le sida et ceux-ci fonctionnent bien.

Q – Dans sept mois, monsieur l’ambassadeur, des élections présidentielles vont avoir lieu au Sénégal. Aujourd’hui on est à plus de quatre-vingt candidats à la candidature (qui devront satisfaire au paiement d’une caution et à la réunion de milliers de parrainages avant d’être officiellement déclarés), face à un chiffre aussi pléthorique faut-il voir là un signe de vitalité ou plutôt caricatural de la démocratie ?

B.S – Nous pensons que c’est plutôt le signe de la pertinence, de la sagesse de notre président qui a fait du Sénégal un pays stable, où il fait bon vivre, où il y a des opportunités. D’ici 2021 nous serons peut-être le cinquième producteur de pétrole et de gaz, alors inévitablement cela nourrit quelques appétits. Quant au prochain président c’est Dieu qui en décidera, car le pouvoir sur les hommes est un prolongement du pouvoir divin. Peut-être aussi qu’en France aux prochaines élections il y aura une avalanche de candidats inconnus. Le système de parrainage que nous avons mis en place permettra cependant de filtrer les candidatures pour ne retenir que les plus représentatives.

suite et fin de notre interview de l’ambassadeur du Sénégal en France, Monsieur Bassirou SENE. 

Voici quelques jours son excellence Bassirou Sene, ambassadeur du Sénégal en France nous recevait dans ses bureaux de l’avenue Robert Schuman à Paris et nous accordait une interview exclusive. Cet homme, affable, avec qui notre directeur d’ Ichrono a pour point commun d’avoir été auditeur à l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (IHEDN), n’a refusé aucune de nos questions, acceptant même de répondre à certaines malgré leur caractère légèrement provocateur. Ce dont la rédaction d’ Ichrono le remercie.

C’est le résultat de cet entretien, qui couvre aussi bien l’état des relations diplomatiques entre le Sénégal et la France, l’immigration, les accords économiques entre le Sénégal et la Chine que les prochaines élections présidentielles de février 2019, que nous publions à partir d’aujourd’hui.

Q. – Quel est, monsieur l’ambassadeur, l’état actuel des relations diplomatiques entre le Sénégal et la France ?

B.S – Comme vous le savez nos deux pays entretiennent des relations particulières compte-tenu de l’histoire qui lie le Sénégal et la France mais aussi du dynamisme des deux chefs d’Etat qui gouvernent actuellement. Il y a une communauté de vues et une orientation partagée pour le développement, les questions de paix et de démocratie, celles relatives à la façon d’endiguer les problèmes du terrorisme. Sur tous ces aspects nos chefs d’Etat sont sur la même longueur d’ondes. Comme vous le savez en 2016 et en 2018 il y a eu deux visites de chefs d’Etat, le président Macky Sall est venu ici en décembre 2016 et en février 2018 le président Macron s’est rendu au Sénégal. C’est dire l’importance de nos rapports sans parler des séminaires inter-gouvernementaux qui existent entre nos deux gouvernements et qui sont présidés de part et d’autre par les Premiers ministres. Nous en avons déjà tenu deux, un à Paris et un à Dakar avec Manuel Valls et chaque séminaire à son propre thème, son ordre du jour. Généralement il s’agit de questions d’actualité où l’enseignement est en pôle position, les questions d’éducation, de formation, de paix et de sécurité.

Q. – On se souvient par le passé des rapports, parfois agréables, parfois tumultueux, sur le mode « je t’aime moi non plus, » entre Chirac - Abdou Diouf, Sarkozy - Wade, quelle est aujourd’hui la nature des relations entre les présidents Macky Sall et Emmanuel Macron ?

B.S – Ce sont des relations solides, très suivies, amicales et fraternelles. Je les ai vus ensemble, je les ai entendus discuter de questions importantes, mais je les ai vus aussi en privé et à chaque fois c’était dans un climat fraternel et amical. 

Q. – En dépit de ce climat chaleureux entre les deux chefs d’Etat existe-t-il néanmoins des dossiers épineux, des sources de conflits entre les deux pays ?

B.S – Si je peux me permettre un trait d’humour je dirai qu’entre le Sénégal et la France la difficulté c’est qu’il n’y a pas de difficultés. Je pense en particulier à l’éducation où nous avons une vision commune par rapport à la nécessité d’apporter un maximum de savoir et de capacité professionnelle à nos populations. Cela passe par des outils nécessaires pour faire face au défi du développement du monde. En ce sens l’Agence française de développement joue un rôle essentiel dans le cadre du programme d’appui au développement de la diaspora. Et ce programme aujourd’hui joue un rôle important dans la construction de collèges à travers le Sénégal, afin de remédier à ce que nous appelons des « abris provisoires », autrement dit des classes dans une situation précaire. Nos enseignants viennent aussi en France pour renforcer leur formation, des bourses sont également accordés à nos étudiants pour augmenter leur capacité, au niveau du doctorat par exemple, avant de retourner au pays. Cette collaboration, très suivie, permet au système universitaire sénégalais d’être le plus performant possible en s’appuyant sur l’expertise française qui est avérée.

Q. – Malgré cela, 24% des diplômés sénégalais de l’enseignement supérieur quittent le Sénégal pour l’étranger. Comment pensez-vous enrayer cet exode des élites intellectuelles ?

B.S – La liberté de mouvement est un élément du développement. Je ne suis pas de ceux qui pensent qu’il faudrait le restreindre, les déplacements des uns et des autres sont un facteur d’enrichissement, de consolidation des acquits en bénéficiant de l’apport des autres. A propos des diplômés auxquels vous faites allusion je ne suis pas certain que ce soit une mauvaise chose pour le Sénégal. Par ailleurs le Président prend toutes les dispositions pour permettre aux étudiants diplômés sénégalais de pouvoir s’épanouir au pays grâces à des mécanismes qui sont mis en place. Si vous n’êtes pas salarié, vous pouvez créer votre propre entreprise avec un soutien de l’Etat avec différents d’aide. Nous avons des secteurs porteurs, l’agriculture, trois mille heures de soleil pour l’énergie, nous avons besoin de quinze mille logements par an et nous avons donc besoin d’expertise dans ces différents domaines.

Q. - Aujourd’hui la France est-elle pour le Sénégal le partenaire européen privilégié au sein de l’Union européenne, ou un partenaire comme les autres ? 

B.S – La France est notre premier partenaire, notre premier bailleur financier, sa place est indiscutable, du fait de l’histoire mais aussi de la réalité économique de nos pays.

Q. - Quelle idée vous faites-vous du rôle d’ambassadeur aujourd’hui, à un moment ou les bureaux économiques, commerciaux jouent un rôle de plus en plus important dans les relations internationales. Est-ce que cela ne bouleverse pas un peu le rôle traditionnel du diplomate que vous êtes ?

B.S – La diplomatie du développement n’est pas nouvelle. Elle a été professée du temps de Boutros Boutros Ghali *. Nous pensons que la vocation des diplomates n’est pas d’être en nœud papillon pour fréquenter les salons. Nous sommes des acteurs du développement et devons apporter notre contribution pour un maximum d’investissements dans notre pays, le rendre le plus intéressant pour les industriels et attractif pour les touristes. C’est la vocation première d’une mission diplomatique. Le Quai d’Orsay lui-même s’occupe désormais du commerce et du tourisme. Ici, à l’ambassade j’ai un bureau économique avec un staff important qui a vocation à négocier et à assumer cette dimension et quant il le faut je suis là pour porter la parole, ouvrir le débat, et montrer fortement notre présence dans les grandes manifestations, les salons, etc.

Q. - Ce n’est donc pas une mutation de la fonction d’ambassadeur à laquelle nous assisterions aujourd’hui ?

B.S – En tant que diplomate de carrière je ne le pense pas. Je vous rappelle qu’au cours de la formation à l’ENA nous avons des cours d’économie politique, de stratégie, de négociation, etc. ce qui fait de nous des fonctionnaires pluridisciplinaires, si j’ose dire multi sectoriels. Nous sommes formés au droit, à la politique et à l’économie.

Deuxième partie

Troisème partie

Entretien réalisé par Jean-Yves Duval, directeur de publication

 

*   Universitaire, juriste, politologue, né en Egypte, il fut diplomate, le sixième secrétaire général de l’ONU et le premier secrétaire général de la Francophonie. Il est décédé le 16 février 2016 à l’âge de 93 ans.

 

 

 

Au Burkina Faso, Biobag fabrique artisanalement des sacs en papier. © Photo bio bag, tous droits réservés


Lancée en 2015, la start-up burkinabè spécialisée dans la confection artisanale d'emballages en papier affirme avoir permis de remplacer au moins 150 000 sachets plastiques. L'entreprise compte désormais franchir un nouveau palier : étendre son rayon de distribution au Mali et au Niger.
Pour lutter contre la prolifération des sachets plastiques jugés polluants pour l'environnement, Aissa Traoré, 34 ans, a fondé Biobag Burkina Faso, une entreprise dédiée à la fabrication artisanale d'emballages en papier au Burkina.

Installée dans un modeste local au quartier Cissin, situé au sud de Ouagadougou, la start-up se targue d'avoir permis en deux ans d'activité de remplacer plus de 150 000 sachets plastiques alors que la loi interdisant l'usage de ces derniers peine à entrer en vigueur. « Nous fabriquons des emballages écologiques et esthétiques pour lutter contre les sachets plastiques qui causent des inondations et mettent entre 100 à 400 ans pour se dégrader dans la nature », explique la fondatrice de la jeune pousse qui indique avoir écoulé plus de 50 000 emballages en 2017, principalement auprès des boulangeries, des alimentations et des boutiques de prêt à porter.
Prolifération des sacs plastiques en Afrique de l'Ouest : faut-il les interdire ?


Si le projet de Biobag suscite un certain enthousiasme, l'entreprise doit faire face au frein de taille que constitue le prix de ses produits : alors que les sachets plastiques se monnayent de 10 à 50 francs CFA (1,5 à 7,8 centimes d'euros), les prix des sachets que la start-up propose aux grossistes vont de 12,5 à 300 francs CFA, en fonction du format et du grammage du papier. Les sachets de luxe, conçus en numérique à base de papier cartonné, peuvent même atteindre 2 000 à 2 500 F CFA.
Un chiffre d'affaires qui pourrait doubler en 2018


Mais Aissa Traoré, qui a commencé modestement son affaire – elle a investi 50 000 francs CFA pour fabriquer ses premiers sachets depuis son salon – n'en poursuit pas moins son aventure. « L'idée de créer Biobag m'est venue après un voyage en Europe de mon époux qui en a ramené des échantillons d'emballages en papier. Étant à l'époque employée alors dans une imprimerie, j'ai décidé de me former pour reproduire ces modèles », détaille la jeune femme, diplômée d'un brevet d'études professionnel en secrétariat.


« Je crée et conçois le design en fonction des besoins exprimés par le client. Chaque modèle unique est validé par lui avant que nous lançons sa production à grande échelle », assure Aissa Traoré. Avec une capacité de production mensuelle de 150 000 sacs, son entreprise emploie une dizaine d'agents formés aux techniques de pliage et de tissage. Le chiffre d'affaire, de 5 millions de F CFA en 2017, devrait doubler en 2018. Et sa fondatrice vise désormais l'ensemble de la région, avec une première étape au Mali et au Niger en 2019. « Nous sommes en négociations avec des distributeurs dans ces pays », précise-t-elle.


Montée en gamme et baisse de prix


L'entreprise s'est développée jusqu'ici sur fonds propres, mais vient de rejoindre la Fabrique, l'incubateur burkinabè des entrepreneurs sociaux, qui devrait l'aider à passer à la vitesse supérieure, avec notamment un projet de recyclage du papier. « L'expérience de Biobag est intéressante, car sa fondatrice sait ce qu'elle veut et où elle veut aller, mais sait aussi se nourrir de conseils pour tester de nouvelles idées », souligne Julie Van der Smissen, chargée d'accompagnement à La Fabrique.
Aissa Traoré a également candidaté à l'appel à projets financé par l'Institut de recherches pour le développement (IRD) visant à connecter des scientifiques et des entrepreneurs pour apporter des solutions techniques à des problématiques entrepreneuriales. Avec son partenaire la Fabrique, elle entend mobiliser des ressources pour l'acquisition d'équipements de production automatisés pour d'une part accélérer la cadence et d'autre part hisser les standards de qualité des produits.


« C'est un gros projet qui nécessite à la fois de l'expertise technique et un financement important », explique Mme Van der Smissen. Ce chantier une fois mis en branle va permettre à Biobag de s'émanciper des craintes de ruptures de stock auprès des fournisseurs comme ImpriColor ou Chez Toni et d'offrir des emballages meilleur marché.

 

Fonds pour l'éducation Digitale en Afrique-Cécile THIAKANE et Moussa SARR Impliqués

C'est avec une grande fierté et une profonde humilité que nous annonçons le lancement de notre Fonds pour l'éducation digitale en Afrique !

Le numérique, particulièrement un accès à internet, à un coût abordable, une priorité des ODD adoptés en 2015 par l'ONU pour éradiquer la pauvreté et lutter contre les inégalités dans le monde.


L'éducation au numérique est indéniablement un levier de croissance et d'inclusion.


Cependant, selon une étude des Nations Unies, le fossé numérique reste important entre le monde développé et celui en développement, avec 3,9 milliards d'habitants sans accès à internet. Cette fracture numérique touche particulièrement l'Afrique avec un taux de 18% en 2017, contre 84% pour l'Europe par exemple.
Il est urgent de réduire cette fracture numérique et d'aller au-delà des infrastructures via la promotion des infostructures et de la littératie numérique. En intégrant ces nouvelles valeurs dans les classes, les lieux d'apprentissage ainsi que dans les programmes d'étude, elles peuvent faire émerger une « citoyenneté numérique » opératoire et indispensable à l'émergence de l'Afrique.

C'est pour toutes ces raisons que nous avons lancé ce fonds, qui est une initiative de la Fondation KBF Canada, Lachine Lab – l'Auberge Numérique, PME – Montréal, un certain nombre de membres de la diaspora notamment Cécile Thiakane (Paris) et Dr. Moussa Sarr (Montréal) et des partenaires locaux (Maurice Diouf, Djibril Diop, Issa Tine).
Le Fonds fait appel à la philanthropie et à la solidarité de l'ensemble des membres de la diaspora africaine et des amis de l'Afrique.

Le Fonds aura comme porte-parole (pour le volet diaspora) Karl Miville De Chêne de Contact Monde (CCM) qui développe actuellement le SITIC Afrique Canada 2018 (Forum sur le potentiel numérique africain au Canada).

La mission principale du fonds consiste à contribuer à la création de ressources qui appuient les projets d'éducation des populations africaines à l'acquisition des outils de participation au développement de l'économie numérique en premier lieu au Sénégal et avec un accent spécifique mis sur les femmes.

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Rôle-clé de la diaspora
Quelques personnes de la diaspora sénégalaise sont très étroitement associées au projet.
Cécile Thiakane et Moussa Sarr notamment, apportent à la fois leur expertise technique et leurs connaissance culturelles, facteurs clés de réussite du projet.
Objectifs
• Transférer le concept de Living Lab, centre d'éducation au digital, au Sénégal à Diamniadio, à proximité de Dakar en créant le Diamniadio Lab ;
• Organiser des sessions de formation au digital pour des formateurs locaux en contact avec les citoyens ;
• Encadrer et coacher les formations qui se développent sur place;
• Mettre un accent spécifique sur les femmes.
La diaspora africaine est impliquée de près dans le transfert de connaissances et le coaching des projets sur place. Arche Innovation accompagnera également le projet; Arche innovation accompagne les processus d'optimisation des stratégies d'innovation ouverte et de transfert de connaissances aussi bien à l'interne qu'à l'externe.
Indicateurs de succès
• Nombre de séances de formations organisées
• Nombre de personnes touchées
• Structure locale mise en place de façon durable et prête à continuer le projet de façon autonome


Comment soutenir ce projet ?


Par carte de crédit : En haut à droite de cette page, indiquez le montant que vous souhaitez donner, et effectuez le don en ligne par carte de crédit. Simple et rapide !
Pour les dons par chèques : Adressez le chèque à la Fondation KBF CANADA, mentionnez 'Projet C304 : Fonds Education digitale au Sénégal' dans la section 'Pour' et envoyez-le à : Fondation KBF CANADA, 1 Place Ville Marie, Suite 1670, MONTREAL, QC, H3B 2B6 – CANADA.
Pour les dépôts directs : Envoyez un courriel à la Fondation KBF CANADA Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou téléphonez au +1 514.481.2000.

Tous les dons donnent droit à un reçu aux fins d'impôts au Canada.

Les projets sont gérés avec le plus grand soin et professionnalisme.

http://www.kbfcanada.ca/fr/projets/fonds-pour-leducation-digitale-au-senegal/

Mini bio Cécile Thiakane


Panafricaniste, activiste du développement social, passionnée de nouvelles technologies, de Green Tech, du digital, est une fervente militante de l'afro-responsabilité. Titulaire d'un Msc Marcom, elle est une spécialiste de l'analyse des comportements des consommateurs, décrypteuse des faits sociaux et experte en déploiement de big data. Elle a occupé plusieur postes de Directrice commerciale et marketing à Paris dans des agences conseils en communication et de société spécialisées business Intelligence et en Intelligence artificielle. Elle publie beaucoup d'articles sur le développement social et l'inclusion. Leader d'opinion, elle est aussi très présente sur les réseaux sociaux et médias traditionnels et est membre de plusieurs Think Tank, ONG et associations œuvrant dans le co-développement.
Détails du contact : Cécile Thiakane : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Un Enseignant c'est une Tête ( la formation) mais aussi un Cœur sinon il échoue dans sa transmission....et les enfants aussi

Astou DIONGUE Professeure des écoles à MBOUR au Sénégal me confie ce texte riche d'enseignements à méditer, ce texte peut être transposé partout dans diverses situations

Un professeur, un instituteur, un passeur, un médiateur, tous ceux qui transmettent doivent être capable d'observer, d'écouter pour mieux répondre aux angoisses et préoccupations sourdes des bénéficiaires.


Si on n'écoute pas si on ne pense qu'à son programme ( important) on peut passer à côté de quelque chose.
Une classe est un ensemble de diverses personnes ( j'ai connu des classes avec 22 nationalités –classes de primo arrivants –interculturelle) et le professeur , seul doit gérer cette diversité, ce qui n'est pas facile mais un challenge qu'on peut réussir si on sait sentir ou ressentir.


A l'occasion d'une exposition à Besançon sur les objets ramenés par les anciens coopérants, j'ai reçu une classe de 22 nationalités et l'enseignante vient me voir pour me prévenir qu'il y a un jeune des pays de l'Est qui est réfractaire à tout.. Je reçois toute la classe et je leur explique pourquoi cette exposition. Puis je dis à la classe que nous sommes certes différents mais il y a plus de ressemblances entre nous que de différences et il suffit de vouloir retrouver chez l'autre cette similitude. Puis je demande aux élèves de visiter l'exposition et de revenir vers moi s'ils le veulent pour échanger.

Le jeune qui était réfractaire avait déjà changé de posture en m'entendant. Avec sa professeure expérimentée et très attentive nous nous faisons signe : ça bouge. Le garçon est resté longtemps devant un objet , et c'est l'occasion pour moi d'aller vers lui pour lui demander s'il y a dans l'exposition quelque chose qui lui rappelle son pays , il pointe du doigt et me dit ça il y en a chez nous mais on le fabrique autrement. La professeure s'approche de nous et entre dans l'échange, les copains qui ne voyaient jamais le garçon parler nous rejoignent et le garçon s'exprime, explique et tout le monde l'écouter. C'était le beau moment que le professeur a saisi pour continuer le travail avec ce jeune homme perdu qui avait subi des traumatisme et la violence de l'exil. Avec attention et tact on peut sauver un élève et le sortir de sa situation difficile qui est le reflet d'une expérience de vie mal vécue non assimilée. Un coup de pouce, une écoute, une attention, un regard, un toucher, peuvent faire beaucoup pour changer une personne.


P B CISSOKO

À lire et à méditer !!!

 

EXCLU EUROPE 1 - De plus en plus d'enfants exposés aux écrans bien avant l'âge de trois ans

ÉTUDE - Malgré les recommandations des pédiatres, les parents seraient nombreux à mettre leurs enfants devant l'écran d'une télévision, d'un smartphone où d'une tablette dès la première année, selon une enquête de l'Inserm/Ined consultée par Europe 1.
EXCLUSIF


À quel âge nos tout-petits sont-ils réellement exposés aux écrans ? Alors que de nombreux spécialistes préconisent ne pas les exposer à des écrans avant l'âge de trois ans, une étude de l'Inserm/Ined*, consultée en exclusivité par Europe 1, révèlent que dès deux ans - et même pour certains dès 18 mois -, les enfants sont déjà confrontés aux téléviseurs, smartphones et autres tablettes.


Des écrans pour occuper les enfants... et soulager les parents


Premier constat à la lecture de cette étude : à l'âge de deux ans, l'écran le plus utilisé reste celui de la télévision. Deux-tiers des tout-petits la regardent même tous les jours, et parfois dès la première année. "À Douze mois... avec de petits dessins animés adaptés à leur âge", reconnaît ainsi auprès d'Europe 1 Elena, mère de deux jeunes garçons. "Si c'est vraiment utilisé à petite dose, ce n'est pas un problème. Ça peut être un film ou YouTube Kids. Ça rend service et tout le monde est content", argue-t-elle.


En ce qui concerne les ordinateurs et les tablettes, même si l'enquête montre qu'à deux ans une majorité d'enfants n'y touche pas, 20% les utilise tout de même au moins une fois par semaine. Ainsi Corinne, qui a trois enfants, avoue sans ambages qu'avec le petit dernier, la tablette lui a souvent rendu service. "Il devait avoir entre dix-huit mois et deux ans, il passait des nuits à se réveiller et pendant une heure et demi, voire deux heures, il restait complètement éveillé, du coup on le calait entre mon mari et moi, au milieu du lit, et il regardait Petit Ours brun ou Tchoupi", raconte-t-elle.


Et cet usage des tablettes et des smartphones très jeune serait particulièrement fréquent dans les familles nombreuses, selon Jonathan Bernard, chercheur à l'Inserm. "Les enfants qui ont au moins deux frères ou sœurs ont tendance à jouer moins aux jeux vidéo, mais à utiliser plus souvent des smartphones", précise-t-il.
Enfin, il faut savoir que si pratiquement tous les enfants de deux ans sont exposés à la télévision, la durée d'utilisation reste faible : moins de 30 minutes par jour pour la moitié d'entre-eux.


*Les chercheurs, qui présentent officiellement leurs résultats mardi après-midi, ont utilisé les données fournis par l'étude ELFE, une étude unique en son genre qui suit depuis leur naissance, et jusqu'à leur 18 ans, plus de 18.000 enfants nés en 2011 en France.


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• Comment aider son enfant à lutter contre la dyslexie ou le déficit d'attention

Par Mélanie Gomez, édité par Romain David
La myopie en augmentation chez les écoliers


L'écran en lui-même pose-t-il problème ? Ou est-ce le fait de ne pas regarder au loin ou de manquer de lumière naturelle ?
Ce n'est effectivement pas l'écran en lui-même qui pose problème, mais l'utilisation intensive dans de mauvaises conditions, avec un manque de luminosité, de contrastes ou une faible résolution.


Cette utilisation entraîne cette myopie comportementale qui va s'aggraver. Mais ce n'est pas la seule cause : si un enfant regarde tout le temps de près - qu'il lise ou qu'il joue - une myopie peut également arriver.

Par Dr Marcel ICHOU

 

Islam : ce que dit le rapport qui veut réformer la deuxième religion de France-Institut Montaigne par Hakim El Karoui


Paris  septembre 2018


En publiant un nouveau rapport pour l'Institut Montaigne, un groupe de réflexion libéral, l'essayiste Hakim El Karoui reformule plusieurs propositions pour réorganiser l'islam de France face à l'islamisme. Des pistes qui pourraient inspirer Emmanuel Macron ces prochaines semaines.

Hakim El Karoui, membre associé de l'Institut Montaigne, défend la réorganisation d'un "islam français". (Capture d'écran Europe 1)
"Il faut agir, il faut se lever, il faut reprendre la main sur la religion musulmane." Lundi sur Europe 1, l'essayiste et chercheur Hakim El Karoui a appelé les "musulmans modérés et silencieux [à] se réapproprier l'islam". L'homme vient de signer un rapport pour l'institut Montaigne, qui sera remis à Emmanuel Macron au moment où celui-ci attend un "cadre" pour que cette religion - la deuxième de France - "s'exerce de manière conforme aux lois de la République", dixit le chef de l'Etat.


Il s'agit du "troisième rapport" en trois ans d'Hakim El Karoui, précise sur son site l'institut, un groupe de réflexion réputé libéral, qui a mis en ligne dimanche ce document de 617 pages. Mais celui-ci est non pas consacré "à l'islam mais à l'islamisme", peut-on lire. Ses propositions concernent pourtant bien les musulmans français, en interrogeant leur relation à la République, d'un côté, et au salafisme, de l'autre. Les solutions évoquées - qui ne sont pas forcément nouvelles - font en tout cas déjà parler, et plus encore si l'exécutif venait à en faire les siennes.


Quel est le propos de ce rapport?


Hakim El Karoui le répète au fil de ses interventions médiatiques. Il veut "dépassionner" le débat sur l'islam, l'évoquer "sans fantasme" dit-il, mais ne surtout pas "l'occulter" et cesser "la politique de l'autruche". "Quand il y a un problème, il faut le traiter", a-t-il insisté sur Europe 1. Et le problème, selon lui, "c'est la progression de l'idéologie islamiste chez les musulmans de France", comme il l'a dit également dimanche soir sur RTL. Le rapport en question s'intitule ainsi "La fabrique de l'islamisme".


Pour cela, le rapporteur répète ce chiffre choc : "à peu près un quart" de ces musulmans seraient "hostiles" aux valeurs républicaines, notamment les plus jeunes. Un résultat qui se rapproche du 28% "d'ultras musulmans" comptabilisés dans un sondage Ifop en 2016 et que l'auteur soutient cette fois grâce à une "analyse quantitative des réseaux sociaux", terrain sur lequel prolifèrent les thèses islamistes et en particulier le salafisme. L'étude s'attarde ainsi longuement sur les "usines de production de l'islamisme" (Frères musulmans en Egypte, wahhabisme en Arabie Saoudite, "turco-islamisme en Turquie"...) et souligne "l'incroyable" influence de ces réseaux sociaux dans son expansion.


Mais le travail d'Hakim El Karoui ne fait pas forcément l'unanimité. Les représentants du Conseil français pour le culte musulman (CFCM), instance élue considérée comme représentative par les pouvoirs publics mais régulièrement critiquée pour son manque d'efficacité, soulignent par exemple le manque de légitimité du chercheur ou le caractère anxiogène de ce travail. En outre, "c'est aux musulmans de s'occuper de leur religion, ce n'est pas à l'Etat de l'organiser", a redit lundi à l'AFP le délégué général du CFCM, Abdallah Zekri.


Quelles sont ses propositions?


Pour Hakim El Karoui, l'enjeu est donc de réformer l'islam en France pour contrer cette influence de l'islamisme qui prendrait le pas. "Comme on a des militants d'un côté, et qu'en face personne ne dit autre chose, ils ont une influence très au-delà de leurs sympathisants", assure l'essayiste sur Europe 1. Le coeur de son projet est donc de créer une nouvelle structure indépendante "chargée d'organiser et de financer le culte musulman". Fini donc le CFCM et plus encore l'UOIF, que l'homme combat, place à ce qui serait "l'Association musulmane pour l'islam de France" (Amif).


Cette nouvelle institution qui poserait les bases "d'un islam français" pourrait ainsi s'occuper de réformes que l'institut Montaigne porte depuis plusieurs années déjà - en particulier depuis un précédent rapport de 2016, telles que :


• La mise en place d'une "taxe halal", une mesure sur laquelle ne s'attarde pas en soi le nouveau rapport mais qui est toujours défendue par son auteur. Il ne s'agirait pas d'un impôt prélevé par l'Etat mais d'un prélèvement géré par l'association et s'inspirerait de la "taxe de cacherout" de la communauté juive, gérée par les rabbinats et qui permet de certifier les produits "casher".


• La réorganisation des pèlerinages pour La Mecque, en Arabie Saoudite. Aujourd'hui, les voyagistes pour effectuer le hajj - qui constitue l'un des cinq piliers de l'islam - sont en situation de "monopole" et le pèlerinage, en y ajoutant les intermédiaires, s'avère de plus en plus coûteux, exposait lundi Hakim El Karoui.


• Avec ses recettes prélevées notamment sur le marché du halal, l'association pourrait ensuite investir "dans la formation de cadres religieux, la construction pourquoi pas de certaines mosquées". Elle rendrait aussi un "service utile aux fidèles" en se posant comme "régulateur" des flux financiers, parfois "opaques" dans la communauté musulmane.


• Le rapport en appelle surtout à la "mobilisation du ministère de l'Education nationale", qui passerait par une meilleure formation des enseignants sur la question de la laïcité. Mais également de "relancer l'apprentissage de la langue arabe" à l'école, pour faire face aux "cours d'arabes dans les mosquées [qui] sont devenus pour les islamistes le meilleur moyen d'attirer des jeunes dans leurs mosquées et écoles". "Le nombre d'élèves qui apprennent l'arabe au collège et au lycée a été divisé par deux", appuie Hakim El Karou, alors qu'il a "été multiplié par dix dans les mosquées".
• Le document propose plus globalement de réinventer "la promotion du discours républicain", notamment sur les réseaux sociaux. "L'État se doit d'améliorer la connaissance des tenants idéologiques et des aboutissants politiques et sociaux de l'islamisme, il doit aider ceux qui veulent financer des initiatives de contre-discours en français", est-il écrit.

En insistant sur l'enjeu diplomatique de ce sujet : la France, et plus globalement l'Europe, doit davantage coopérer avec le Maghreb et les pays du Golfe, demande l'institut Montaigne, meilleur moyen selon lui de sortir des logiques de financement de l'islam depuis l'étranger et des discours les plus radicaux, comme ceux portés en Arabie Saoudite.


Ce rapport va-t-il être repris par Emmanuel Macron?


La publication de ce nouveau rapport, qui est donc avant tout une piqûre de rappel des propositions déjà avancées par l'institut Montaigne, vient à point nommé. Sont en effet organisées jusqu'à la mi-septembre des "assises territoriales de l'islam de France" dans chaque département, sous l'égide des préfets, pour faire émerger des propositions inédites. Cette concertation répond à la demande d'Emmanuel Macron, qui avait déclaré devant le Congrès en juillet dernier, vouloir poser à l'islam de France "un cadre et des règles" et ce, "dès l'automne" prochain.


Il s'agit donc ici pour le think tank libéral d'entrer dans ce débat et pourquoi pas de convaincre le chef de l'Etat sur la pertinence de son projet. Hakim El Karoui arrivera-t-il à se faire entendre? "Peut-être... sans doute, j'espère", a-t-il répondu sur Europe 1.

Cet intellectuel, autrefois conseiller de Jean-Pierre Raffarin à Matignon a pour lui de bien connaître déjà Emmanuel Macron, les deux hommes ayant été tous les deux collègues au sein de la banque d'affaires Rothschild. El Karoui est donc souvent présenté comme ayant "l'oreille" du Président, même s'il assure lui-même ne pas être un intime.


Plus globalement, l'institut Montaigne est réputé proche d'Emmanuel Macron, puisque son directeur Laurent Bigorgne est un ami de longue date depuis leurs études à Sciences Po et l'aurait conseillé pendant la campagne présidentielle sur les questions d'éducation. Pour l'heure, on ne sait pas encore si le chef de l'Etat va reprendre ces idées mais les priorités qu'il a déjà affichées sur ce sujet sont en tout cas loin d'être incompatibles avec celles-ci. Dans une première réaction officielle, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a en tout cas "salué" dans un communiqué ce "travail très approfondi" et pris note de "propositions très intéressantes (...) qui appellent à un rassemblement et une mobilisation des musulmans républicains en France".

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Grande conférence Religieuse Mamine Aidara et Tafsir Gaye : El Abdoul Aziz SY -Modèle de régulateur social-ce Vendredi 14/09/2018 à Paris 13 éme

Venez nombreux, c'est gratuit. La foi au service de l'humanité du vivre ensemble et la parole juste.

"Mes deux amis Tafsir GAYE et son compère Mamine AIDARA Deux érudits de la théologie musulmane viennent nous reparler de cet autre très grand penseur, ce maître de la pensée islamique et du franc parler : Sérigne Abdoul Aziz SY.


Le « social control », la régulation sociale et le pouvoir un vrai problème éthique que notre feu khalife, Abdou Aziz SY savait faire sans encombres. Ses sorties étaient la manifestation des tensions sociales des déséquilibres qui frappent le pays. Après ses sorties il retournait se consacrer à la pensée religieuse sous diverses formes.


C'était une vraie personnalité sociale, il y a chez lui une Identité de l'individu correspondant à l'ensemble de ses représentations issues de son groupe social donc de la culture de son groupe social et de ses pairs : les êtres humains


Beaucoup de ma génération reconnaissent son calme, son érudition mais son sens de la Vérité et de la Médiation. A l'époque quand les deux chefs religieux du tidjianisme et du mouridisme se levaient c'est que le pays dérivait vers la pire et grâce à leurs paroles rares la barque qui s'enlisait se remettait d'aplomb.. Il est des chefs religieux qui étaient doublés de pédagogue et savaient prendre la parole quand il faut pour parler au peuple comme dans un Ndeup collectif.
Lors des grèves il n'hésitait pas à parler à tous et les choses revenaient à la norme. Un vrai régulateur social, un médiateur. Le Prophète avait dans son parcours agit comme ça pour gérer les affaires quotidienne de la société. Le franc parler corrige un peuple qui s'égare qui se perd et qui perd le nord. Dire vraie est la chose rare à cause de la « corruption « des gens. Les sages se moquent tel Diogène le Cynique des biens d'ici-bas alors ils n'ont pas de contrainte ni de crainte ils s'expriment au Nom de la Vérité.


Une parole entendue et qui tape dans le mil. Le penseur qui nous préoccupera ce Vendredi ne parlait qu'à l'être humain, la personne sans penser à sa position son statut. Il n'était pas trop mêlé à la chose publique mais en tant que régulateur social, il sentait le pouls du pays et le moment venu avant qu'il ne soit trop assis là où il est, il parle à ceux qui sont débout et se fourvoient dans la haine, la division et la corruption.
L'homme spirituel ne se « moque » du temporel mais il sait grâce aux lumières saisir le moment pour communiquer et prêcher la parole France.
C'est aussi en cela que le président Senghor le respectait et c'est pourquoi aujourd'hui on le célèbre ses paroles nous éclairent telle ce soleil unique qui éclaire la diversité". Pape B CISSOKO


On pourra lire ceci :


Toute société vit à coups de « réglages » entre les différentes composantes de la vie sociale, de l'économie, de la politique, de la culture, mais aussi à coup « d'arbitrages » entre l'intégration et l'exclusion, entre l'État protecteur et le marché destructeur ou encore à coups de « compromis » entre les décisions prises « en haut » et leur mise en œuvre « en bas », entre la subordination et la volonté d'y déroger par affirmation de son autonomie. Vivre en société et transformer les organisations repose sur des interactions qui créent des règles : ces règles permettent la communication et l'échange social, la collaboration et le conflit, l'arbitrage et le compromis. Selon Jean-Daniel Reynaud (1997, 1999), la vie des règles, leur élaboration et leur renouvellement constituent une régulation sociale qui est l'objet même de la Théorie de la Régulation Sociale qu'il élabore tout au long de son parcours; cette théorie permet de comprendre les modalités de construction d'obligations sociales auxquelles les individus se soumettent, du fait que ces règles sociales sont le produit endogène de leurs relations. Si elle a pour point de départ le domaine des relations professionnelles, elle s'en éloigne ensuite pour devenir une théorie générale de l'échange social. Gilbert de Terssac


J'ai trouvé ce bel article


Il était une fois Dabakh, cet infatigable régulateur social- in senenews.
Fils de El Hadj Malick Sy, pionnier du tidjanisme au Sénégal, et de Sokhna Safiyatou Niang, Serigne Abdou Aziz Sy est né en 1904 à Tivaouane et reste, jusqu'au jour d'aujourd'hui, l'une des figures emblématiques de la sphère religieuse sénégalaise. Ses enseignements résonnent comme un perpétuel rappel à l'essence même de la vie, de l'humain.


Dans sa jeunesse, il fit de longues études islamiques apprenant notamment le Coran et son exégèse, le droit islamique Malikite, la langue arabe, la théologie Ash'arite, le Soufisme et les relations humaines.


Il accéda au titre de khalife de la Tidjanya au Sénégal le 29 mars 1957, après la mort de ses frères aînés Seydi Ababacar Sy et El Hadj Mouhamadou Mansour Sy, eux-mêmes khalifes, et tous deux décédés quasi simultanément. Son surnom Dabakh (il est généreux en Wolof) est dû à sa grande générosité et à son ouverture.

Durant son califat, il fit de nombreux voyages, notamment au Maroc, en Arabie saoudite, aux États-Unis, en France, en Mauritanie, suite aux nombreuses sollicitations qu'il reçut, en rapport avec la haute maîtrise qu'il avait du savoir islamique. Son discours à la Mecque en 1965, au congrès islamique, où il fut remarqué, non seulement pour sa maîtrise de la langue arabe mais aussi pour la pertinence et la haute portée de son discours, reste encore dans la mémoire du tidjanisme en Afrique.
Au Sénégal, il œuvra beaucoup dans le domaine agricole et reçut en 1965 une médaille dans ce domaine. C'était aussi un grand commerçant.
Doué en chant et en poésie, il mena plusieurs fois, avec sa voix caractéristique, les chœurs religieux lors de la nuit du Mawlid, fête de la naissance du prophète Muhammad. Il lutta aussi pour une meilleure cohésion entre les différentes confréries musulmanes du pays.


Serigne Abdou Aziz Sy mourut le 14 septembre 1997 et son neveu Serigne Mansour Sy lui succédait ainsi dans ses fonctions de Khalife des Tidianes.

vendredi, 07 septembre 2018 11:08

Bernard Dadié, cent ans de négritude

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Bernard Dadié, cent ans de négritude


Notre chroniqueur rend hommage à l'auteur ivoirien d'« Un Nègre à Paris », toujours bien vivant, et qui vient de fêter son siècle de combats littéraires et politiques.
Par Bernard Magnier (chroniqueur Le Monde Afrique)


LE MONDE


Au Japon, il serait sans doute un trésor vivant. En Côte d'ivoire, son nom vient d'être donné à une rue d'Abidjan. Le poète, conteur, romancier et dramaturge ivoirien Bernard Dadié a eu cent ans en 2016.


Né en 1916 à Assinie, au sud-est de la Côte d'Ivoire, sa carrière littéraire a commencé très tôt. Sa première pièce, Les Villes, jouée par les élèves de l'Ecole primaire supérieure lors de la Fête de l'enfance à Abidjan en 1934, permet de considérer le jeune étudiant de 18 ans comme le premier dramaturge africain d'expression française. Ecrite à l'occasion du transfert de la capitale de Bingerville à Abidjan, Les Villes est un dialogue entre les deux anciennes capitales et la nouvelle. En 1937, sa deuxième pièce, Assémien Dehylé, roi du Sanwi est jouée à Paris au Théâtre des Champs-Elysées. On pourrait imaginer débuts plus obscurs et plus laborieux.


Vagabondages d'un faux naïf


Il faudra pourtant attendre trois décennies pour une nouvelle reconnaissance internationale et non des moindres. Quatre de ses pièces, Monsieur Thogo-Gnini, Béatrice du Congo, Les Voix dans le vent, Iles de tempête seront jouées à l'occasion de manifestations culturelles de grande envergure, au Théâtre des nations à Paris (aujourd'hui Théâtre de la Ville), au Festival panafricain d'Alger en 1969, au Festival d'Avignon en 1971 ou encore au Festival de la jeunesse francophone à Montréal en 1974.
Entre-temps, présent lors de la création de la revue Présence africaine en 1947, il a collaboré au premier numéro et privilégié la poésie avec un premier recueil, Afrique debout !, publié en 1950 par Pierre Seghers, dans lequel il dénonce l'oppression coloniale et suggère des lendemains plus... indépendants ; puis un deuxième recueil La Ronde des jours avec son poème demeuré célèbre, « Je vous remercie mon Dieu de m'avoir créé Noir »....


En 1956, Climbié voit le jour, un roman en large partie autobiographique, trois ans après son alter ego romanesque guinéen, L'Enfant noir, de Camara Laye. Il y retrace son enfance aux côtés de son père planteur et de son oncle, sa découverte de l'école, de la langue française et des méthodes brutales des enseignants, mais n'en oublie pas pour autant le plaisir des premières lectures. Puis la nouvelle retient son attention avec Les Jambes du fils de Dieu et Commandant Taureault et ses nègres... Autant de livres dont les extraits n'ont cessé depuis de figurer en bonne place dans les anthologies et manuels d'enseignement des collèges et lycées du continent africain.
Poète, romancier, nouvelliste, dramaturge, Bernard Dadié est aussi l'auteur d'une savoureuse trilogie (Un Nègre à Paris, Patron de New York, La Ville où nul ne meurt), des chroniques pleines d'humour rapportant les observations faussement naïves d'un jeune Africain confronté aux métropoles occidentales. Trois vagabondages et trois regards à la manière d'un ancestral « touriste persan ».


Avec « les mots de tous les jours »


Sans doute l'œuvre littéraire de Bernard Dadié aurait-elle été plus abondante encore s'il ne s'était aussi pleinement engagé dans le militantisme syndical et politique. Ses responsabilités au sein du Rassemblement démocratique africain (RDA) et du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) créé par Houphouët-Boigny, et ses articles et prises de position lui valant d'être condamné à la prison. Publiés sans retouche en 1981, ses Carnets de prison sont un témoignage brut sur les seize mois de son incarcération et les conditions réservées aux prisonniers par l'administration coloniale.


L'indépendance venue, il poursuit sa route politique et militante en occupant des fonctions administratives et politiques dans divers cabinets et ministères, en particulier celle de directeur des services de l'information, puis des affaires culturelles et, de 1977 à 1986, celle de ministre de la culture.
Si, plus récemment, certaines de ses prises de position en faveur de l'« ivoirité » ont légitimement suscité le débat, il convient de retenir de l'homme son combat pour les libertés, son enracinement local, lui qui n'a jamais quitté son pays, et la simplicité de l'œuvre de ce pionnier des lettres, récemment salué par l'Unesco pour « son action en faveur de la culture africaine ». Diffusés et disponibles pour l'essentiel en format de poche, étudiés et lus dans les pays francophones, ses livres constituent une œuvre accessible à tous, traduite dans de nombreuses langues, écrite « avec les mots amis, mots de tous les jours, mots de tous les hommes, mots intimes,mots fraternels ».
Bernard Magnier dirige la collection « Lettres africaines » aux éditions Actes Sud. Il est aussi conseiller littéraire au Tarmac, scène internationale francophone, à Paris, et programmateur du festival Littératures métisses d'Angoulême.


Le monde.fr


http://www.100pour100culture.com/evenement/centenaire-de-bernard-dadie-les-academiciens-scrutent-lhomme-durant-deux-jours/

Centenaire de Bernard Dadié: Les académiciens scrutent l'homme durant deux jours
Binso Binso


Deux jours (22 et 23 septembre 2016), c'est le temps qu'il a fallu aux membres de l'Académie des Sciences des Arts, des cultures d'Afrique et des Diasporas africaines (Ascad) pour analyser et disséquer l'œuvre du célébrissime écrivain Ivoirien Bernard Dadié. Un temps qui à l'unanimité reste court surtout lorsqu'il s'agit d'une icône comme le père de la littérature ivoirienne.


Cependant force est de reconnaitre que ces 48h n'ont pas empêché les intellectuels réunis au sein de la société savante de nous présenter les multiples facettes de Dadié. Le père, l'époux, l'écrivain, le combattant, et enfin l'intellectuel. Le professeur Sery Bailly président du comité scientifique n'a eu de cesse de rappeler que l'objectif visé à travers cette commémoration du centenaire de Dadié était d'identifier la conception de la préservation, et la sauvegarde de l'image de Dadié par les intellectuels et les politiques toutes tendances confondues. Surtout de révéler le fil conducteur permettant d'explorer au mieux l'apport de cet homme multidimensionnel au développement socioculturel de la Côte d'Ivoire, et au-delà du monde.


La plate-forme de réflexion dont le thème était « Bernard Dadié : Hier, Aujourd'hui, Demain » a en effet permis d'établir la nature de la richesse de l'héritage de l'homme. « Notre satisfaction est d'avoir pu partager avec le public qui nombreux a effectué le déplacement les différentes dimensions du combat de Bernard Dadié, ses œuvres, leur caractères multidisciplinaires et leurs implications sociales. Et enfin identifier la contribution de ce sachant dans le développement de la pensée scientifique, culturelle et politique », indique le professeur Sery Bailly. Puis de préciser que les différentes communications faites ont bel et bien offert l'opportunité de faire ou de refaire connaissance avec l'illustre homme.


Il ressort de ces journées de réflexion que Bernard Dadié est un intellectuel sans pareil, qui dès ses premiers vagissements a placé la littérature ivoirienne à une échelle aussi haute. Contraignant les autres écrivains à écrire et à penser grand. Une grande référence dans le processus du savoir et des connaissances. Porte voix des sans voix, instruit le professeur Aidara (président de l'Ascad), Dadié à offert des lettres de stimulations qui nourrissent le corps et l'âme Nicole Vincileonie spécialiste de Bernard Dadié affirme à son tour qu'honorer Bernard Dadié, c'est honorer une haute figure des belles lettres de la vie politique africaine.


Cet hommage reçu de son vivant, Dadié le perçoit comme un appel la conscientisation des jeunes africains sur leur devoir pour l'acquisition des libertés. « Le statut d'écrivain n'était guère reconnu en Afrique quand j'ai commencé à écrire il y a plus de 80 ans. Une époque où le colonisateur voulait à tout prix nous conformer à sa civilisation nous dérobant ainsi notre histoire, par la violation de notre culture, la négation de notre condition d'homme. L'histoire qu'on nous volait malgré les obstacles dressés sur notre route, nous nous en ressaisissons sans cesse.

Derrière des hommes et des femmes d'exception au destin tragique cette histoire a été tissée de doute, de chute, de relèvement et de pardon. Car même après l'horreur de la traite et l'abjection de la colonisation, nous avons su bannir l'esprit de vengeance et avons refusé d'être des hommes de ressentiments pour laisser place aux solidarités nécessaires, afin de faire entendre toujours le langage de la fraternité. Dans le dérèglement général de la planète, de notre continent une question existentielle subsiste encore en ce jour. En sommes nous encore capable ? Surtout en cette période où l'appauvrissement de notre environnement nous appel à une conscience plus ardue de notre condition d'homme et des valeurs portées par notre culture. Notre histoire nous apprend que le lègue du passé et les apports de la modernité doivent être sans cesse analysés », instruit l'icone.


Il note par ailleurs que, c'est après avoir découvert dans la lecture et l'écriture la possibilité d'ouvrir un espace à ces rêves, le moyen de canaliser sa révolte et une forme de consolation, que l'envie lui est venue d'utiliser la plume comme canal de diffusion de sa pensée. Pour cet éminent intellectuel la littérature et l'art en général n'auraient pas été si elles n'étaient pas toutes sous tendues par le désir de connaissance et donc par essence révolutionnaire et redoutable pour toutes les formes de falsifications. « Écrire pour moi signifie désire d'abattre les forages, désire de capter les ténèbres, de montrer la lumière d'imposer sa pensée. De s'ouvrir et d'ouvrir à chacun des fenêtres du savoir », éclaire Bernard Dadié. Tout en conseillant aux jeunes générations de s'ériger en homme et femme de l'Être et non de l'avoir

Binso Binso

 

LA REVOCATION DU MAIRE DE DAKAR EST ILLEGALE-Par Seybani SOUGOU cadre franco-sénégalais


Depuis 48 heures, des membres du gouvernement y compris le Ministre de la Justice, s'épanchent dans les médias pour justifier laborieusement la légalité du décret n°2018-1701 du 31 Aout 2018 pris par Macky SALL, portant révocation du Maire de la Ville de Dakar ; se fondant sur les articles 135 et 140 de la loi organique 2013-10 du 28 décembre 2013 portant Code général des collectivités territoriales. Qu'un régime qui depuis 2012 (6 ans), viole la Constitution, le Droit, les lois et règlements, les traités et les conventions internationales en vienne à brandir la notion de légalité qui lui est totalement étrangère, est d'une absurdité confondante. A croire que le ridicule ne tue plus. Passons....Pour démontrer le caractère illégal du décret portant révocation du Maire de Dakar, il convient d'avoir une lecture à un double niveau :


1. Du pouvoir du Président de la République de révoquer le Maire de Dakar


Sur ce 1er point, il n'y a pas de débat. Tous les juristes s'accordent sur la capacité « juridique » du Président à révoquer le Maire par décret. L'article 135 de la Loi n° 2013-10 du 28 décembre 2013 portant Code général des Collectivités locales est on ne peut plus clair « Lorsque le maire ou tout autre conseiller municipal est condamné pour crime, sa révocation est de droit..... Ils ne peuvent être révoqués que par décret ». Mieux, l'article 140 dudit code énumère (liste non limitative) 8 fautes qui peuvent entraîner l'application des dispositions de l'article 135 et conclut « que dans les 7 premiers cas, la sanction administrative ne fait pas obstacle aux poursuites judiciaires ». Tels des « chacals affamés », les partisans du régime se sont engouffrés dans ce qui est supposé être une brèche pour porter l'estocade au Maire de Dakar. Une analyse juridique poussée prouve que le décret pris par Macky Sall, le 31 aout 2018 n'a aucune base légale, car il est totalement vicié.


2. De l'illégalité du décret n°2018-1701 portant révocation du Maire de Dakar


Primo, en Droit, un acte légal ne peut en aucun cas, couvrir une illégalité. Or, toute l'affaire Khalifa Sall est construite sur de graves illégalités manifestes (du jugement de Malick LAMOTTE en date du 30 mars 2018, à la confirmation de la condamnation du Député- Maire par Demba KANDJI, le 30 aout 2018). Le réquisitoire cinglant des juges de la Cour de justice de la CEDEAO en date du 29 juin 2018 qui dévoile un banditisme d'Etat sans nom, met à nu des pratiques policières infâmes, et pointe les dérives du Procureur de la République, Bassirou Gueye et du magistrat instructeur, déconstruit à tous les niveaux le décret n°2018-1701 du 31 Aout 2018 portant révocation du Maire de Dakar.

Toutes les décisions administratives et judiciaires rendues dans le cadre de cette affaire sont nulles, non avenues et frappées du sceau d'illégalité. Il faut rétablir les choses à l'endroit : au moment où on épilogue sur la pseudo légalité du décret de Macky Sall, le Maire Khalifa SALL devrait jouir de sa liberté d'homme. C'est parce que le Sénégal sous le magistère de Macky Sall se comporte comme un « Etat voyou » que le sieur Demba KANDJI a abusé de sa fonction et violé littéralement l'article 55 du code de procédure pénale et le règlement n°05/CM de l'UEMOA. Dans un Etat de Droit, ce pseudo magistrat serait révoqué sur le champ et traduit en Justice.

Sur ce point le Forum du Justiciable doit être cohérent et refuser de tomber dans le piège du régime. On ne peut un jour déclarer que le code de procédure pénale ne sert plus à rien, admettant qu'il faut le déchirer, et un autre, affirmer que le décret de révocation du Maire de Dakar est légal. A partir du moment ou les droits fondamentaux du Maire ont été violés dès l'entame « Droit à l'assistance d'un conseil dès l'interpellation, le droit à la présomption d'innocence et à un procès équitable de Khalifa SALL », toutes les décisions ultérieures prises dans le cadre de cette affaire ne peuvent avoir, en aucun cas, un fondement légal. Avant de disserter sur la légalité du décret n°2018-1701 portant révocation du Maire, il faut au préalable appliquer la loi et tirer les conclusions de l'article 55 du code de procédure pénale et du règlement n°05/CM de l'UEMOA (libération de Khalifa Sall).

Le décret a été pris parce qu'une forfaiture a validé la procédure initiée à l'encontre de Maire. Accorder une quelconque valeur au décret de Macky Sall révoquant le Maire de Dakar, c'est accorder un crédit au jugement de Malik LAMOTTE et à l'arrêt de Demba Kandji, et considérer que l'Etat de Droit existe au Sénégal. Or, tout le monde sait que depuis le 30 aout 2018, la Justice s'est effondrée comme un château de cartes au Sénégal ; l'anarchie et les pratiques déviantes d'un homme atteint du syndrome d'HUBRIS (maladie du pouvoir) Macky Sall se substituant à la loi. Ce n'est pas parce que des Juges aux ordres rendent des décisions qu'elles revêtent un caractère légal. En réalité, le décret révoquant le Maire de Dakar est une diversion du régime pour « couvrir et légaliser la forfaiture à l'encontre de Khalifa SALL».
Secundo, des « spécialistes » soutiennent la thèse selon laquelle « la décision de révocation indépendamment des poursuites judiciaires, pouvait intervenir depuis le rapport de l'Inspection générale d'Etat ».

Cet argument est faux, pour une raison simple : l'article 135 de la Loi n° 2013-10 du 28 décembre 2013 portant Code général des Collectivités locales dispose « Lorsque le maire ou tout autre conseiller municipal est condamné pour crime, sa révocation est de droit. Les Maires et adjoints, après avoir été entendus ou invités à fournir des explications écrites sur les faits qui leur sont reprochés, peuvent être suspendus par un arrêté du Ministre chargé des Collectivités locales pour un temps qui n'excède pas un mois et qui ne peut être porté à trois mois que par décret ». Le pouvoir de révocation n'est pas une prime à l'arbitraire. Il est strictement encadré. S'il suffisait de commander des rapports à l'IGE et sur cette seule base révoquer des Maires, le potentat Macky Sall, ne se priverait pas pour jeter en prison des dizaines de Maires. Comme le précise l'article 135, « les mis en cause doivent être préalablement entendus ou invités à fournir des explications écrites sur les faits qui leur sont reprochés ». C'est une obligation substantielle et légale. Khalifa Sall n'a pas été invité à fournir des explications aux autorités administratives. En transmettant le rapport de l'IGE au Procureur de la République, Macky Sall a clairement opté pour la judiciarisation du dossier.

Le support de la décision de révocation du Maire de Dakar, n'est pas le rapport de l'Inspection Générale D'Etat (qui est certes une pièce maîtresse du dossier), mais bel et bien 2 décisions de Justice illégales (le jugement en première instance de Malik Lamotte et la confirmation de la condamnation par l'arrêt de la pseudo Cour d'appel de Dakar du 30 aout 2018). Le Député-Maire ayant été privé du Droit à un procès équitable, toute la procédure s'effondre. A fortiori, un décret couronnant la forfaiture. Reconnaître que le Député-Maire a été détenu arbitrairement et qu'il n'a pas eu droit à présomption d'innocence pour ensuite venir dire que le décret le révoquant est légal, c'est franchement prendre les sénégalais pour des demeurés !


3. Les partisans du régime font une lecture biaisée des articles 135 et 140 du CGCT


Incontestablement, il y a une lecture biaisée (mauvaise foi) par les partisans du régime des articles 135 et 140 la loi N° 2013-10 du 28 décembre 2013 portant Code général des collectivités territoriales. Avant d'évoquer l'article 140, il convient de lire les dispositions de l'article 135 précisant que le Maire a droit à ce que « sa cause soit entendue, dans le cadre d'un procès équitable ». Ce qui n'a jamais été le cas tout au long de la procédure, vidant l'article 140 du CGCT de sa substance. En conclusion, le décret portant révocation du Maire de Dakar est illégal, car le fondement est illégal (article 135). En matière de légalité, ce régime doit faire profil bas. La liste des forfaitures sous le magistère de Macky Sall dépasse l'imagination : modification d'un Avis du Conseil Constitutionnel en Décision en 2016, fraude électorale en 2017, privation du Droit de vote de millions de sénégalais, violation de la Constitution avec la loi sur le parrainage Intégral, vol de deniers publics avec l'affaire PRODAC, népotisme avec la nomination de son frère Aliou SALL à la tête de la Caisse des dépôts et Consignations, etc...En 6 ans, Macky Sall et ses sbires (délinquants au pouvoir) qui ont saccagé l'Etat de Droit et détruit les fondements de la Démocratie devraient raser les murs.


Seybani SOUGOU – E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

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