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Acculés en Irak et en Syrie, les jihadistes du groupe Etat islamique redoublent de violence avec des attentats meurtriers en Egypte. Deux attaques ont ciblé ce week-end des églises de la communauté chrétienne copte dans ce pays. En Egypte, le groupe Etat islamique représente entre 1 000 et 1 500 hommes.

La branche du groupe Etat islamique en Egypte, Wilayat Sayna ou « Province du Sinaï », tire son nom de la région qu’elle contrôle. Un territoire désertique en forme de triangle sur l’axe el-Arich, Sheikh Zuweid et jusqu’à Rafah, à la frontière avec la bande de Gaza.

Comme en Irak et en Syrie, les jihadistes sont de différentes nationalités. Beaucoup de ressortissants de pays arabes, une minorité d’Occidentaux mais aussi et surtout des Egyptiens.

Il y a trois ans, Wilayat Sayna s’appelait Ansar Bait al-Maqdis et était affilié à al-Qaïda. La répression violente contre les Frères musulmans en Egypte a poussé les membres les plus radicaux de la confrérie dans les bras de ce groupe. En 2014, changement de nom et d’allégeance. Le groupe se proclame de l’organisation Etat islamique.

Failles sécuritaires

En Egypte, beaucoup d’experts le reconnaissent, il y a eu des failles sécuritaires importantes ces dernières années. Mais le changement actuel de stratégie des jihadistes, le recours désormais aux attentats suicides, prouve que la lutte antiterroriste fonctionne.

Cela peut paraitre paradoxal, mais selon eux, seul un groupe jihadiste affaibli passe dans la clandestinité et s’en prend à des cibles faciles, des cibles civiles. Jusque-là, Wilayat Sayna s’attaquait principalement aux forces de sécurité égyptiennes. Des casernes de l’armée ont été régulièrement prises pour cible.

RFI

lundi, 10 avril 2017 16:16

Présidentielle française: la campagne officielle

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Le premier tour de l'élection présidentielle en France se tiendra le dimanche 23 avril. Du lundi 10 au samedi 15 avril puis du lundi 17 au vendredi 21 avril, vous trouverez sur cette page la camapagne officielle des onze candidats à la magistrature suprême.

RFI

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Les législatives qui se profilent à l’horizon suscitent beaucoup de convoitises et de discordes, tant au sein de l’opposition que du pouvoir. En conférence de presse organisée avant-hier, samedi 08 avril, à la permanence du parti Convergence Démocratique et Libérale/Bokk Gis Gis de Pape Diop, le porte-parole dudit parti, Moussa Diakhaté, et la responsable de Bokk Gis Gis dans la commune de Fatick,  Mme Yaye Mane Halbis sont revenus tour à tour sur les enjeux des législatives,  la détention de Khalifa Sall et Cie mais aussi sur la « cohabitation » à l’Assemblée nationale.

En effet, le porte-parole de Bokk Gis Gis Moussa Diakhaté, revenant  sur l’objet de cette rencontre  à la permanence de la Convergence libérale et démocratique/Bokk Gis Gis, a laissé entendre que « Nous sommes réunis ici pour apprécier la situation nationale et jeter les bases des perspectives pour les législatives mais aussi faire la revue de troupes pour nous préparer à ces joutes électorales ».

 Egalement conscients des  multiples enjeux des législatives, Moussa Diakhaté et ses sympathisants ne comptent pas faire cavalier seuls. POur autant, ils osent espérer une large coalition de l’opposition car, pour eux, «la seule et unique voie de salut, c’est de réussir une large coalition au sein de l’opposition et de mettre l’intérêt général, l’intérêt du grand groupe au détriment de l’intérêt crypto-personnel ».Revenant par ailleurs sur la détention du maire de Dakar Khalifa Sall et Cie, placés sous mandat de dépôt, depuis le 07 mars, Moussa Diakhaté a assuré que « la Convergence libérale et démocratique leur marque toute sa solidarité par rapport à ce que nous appelons la politisation de la justice à des fins d’éliminer de potentiels candidats ou adversaires ».

Quant à la responsable de Bokk Gis Gis dans la commune de Fatick, Madame Yaye Mane Halbis, elle a plaidé pour une cohabitation qui, selon elle, constitue la seule alternative pour sortir le Sénégal de cette impasse. « J’aimerais attirer votre attention sur le fait que contrairement à ce l’on dit, la cohabitation ne crée pas des malentendus. Bien au contraire, elle apporte des solutions », rassure-t-elle. Dans la foulée, elle a également salué la forte mobilisation de Y’en marre à la Place de la Nation qui constitue une ligne de démarcation marquant les limites à ne pas franchir. «Je salue la forte mobilisation du Mouvement Y’en a marre qui constitue un signal fort pour le président Sall et sa politique qui n’augure rien de bon pour le Sénégal », a-t-elle conclu.

SudOnline

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Au lendemain du méga rassemblement piloté à la Place de la Nation ex-Obélisque, vendredi dernier, par le Mouvement Y’en a marre, le parti au pouvoir n’a pas manqué de lever les boucliers contre Fadel Barro et cie. Moult responsables de l’Alliance pour la République (Apr) ont profité de sorties publiques au cours du week-end pour fustiger la démarche et tirer à boulets rouges sur le mouvement citoyen. A l’image de Moustapha Cissé Lô, vice-président de l’Assemblée nationale, Matar Bâ, ministre des Sports et maire de Fatick ou autre Mor Ngom, ministre conseiller et maire de Ndangalma.

Le retour du mouvement Y’en a marre sur le terrain de la mobilisation citoyenne contre les dérives du pouvoir en place, après plus de quatre années de relative apathie, n’est pas du goût des responsables du parti présidentiel, en l’occurrence l’Alliance pour la République. Surtout au lendemain du grand rassemblement piloté à la Place de la Nation ex-Obélisque, vendredi dernier, par le Mouvement Y’en a marre qui a réussi la prouesse de fédérer des milliers de citoyens autour de sa dynamique de contestation du mode de gouvernance Macky Sall. Toute chose que l’opposition classique sénégalaise avait du mal à réaliser depuis l’avènement de l’actuel chef de l’Etat à la magistrature suprême.

Dans la foulée des volets de bois verts balancés par mal des responsables apéristes contre le Mouvement Y’en a marre en route vers son rassemblement du 07 avril dernier, les critiques ont été aussi acerbes contre Fadel Barro et cie, après la manifestation à la Place de l’Obélisque. Moult responsables de l’Alliance pour la République (Apr) ont profité ainsi de sorties publiques au cours du week-end pour fustiger la démarche et tirer à boulets rouges sur le mouvement citoyen.

A l’image du ministre des Sports et maire de Fatick, Matar Bâ qui présidait une manifestation politique à Paos-Koto (Nioro). Pour Matar Bâ, «il n’y a eu à Dakar que des discours politiciens sans grande importance». Allant plus loin dans sa critique, le maire apériste de Fatick  a affirmé sans ambages que «Y’en a marre a donné un prétexte à l’opposition qui refuse de  prendre ses responsabilités ».

Dans la même mouvance, il  a fustigé l’attitude de ces hommes politiques qui, selon lui, « se cantonnent à Dakar pour distiller leurs discours. Il faut qu’ils sortent de Dakar qui n’est pas le meilleur baromètre, et qu’ils aillent parcourir les villages les plus reculés à l’écoute des populations ». De la manifestation de Y’en a marre organisée à la Place de Nation, vendredi, le ministre Matar Bâ a dit dès lors ne retenir qu’une chose. «  Il s’agit de leaders politiques sans arguments majeurs qui se sont engouffrés dans une manifestation pour sortir péniblement leurs têtes de l’eau ».

Le ministre-conseiller Mor Ngom qui présidait un meeting de rentrée politique, samedi 08 Avril, à Bambey,  n’a pas manqué lui aussi d’apporter (Voir par ailleurs). En porte-à-faux avec les déclarations du mouvement Y’en a marre selon lesquelles il  y aurait au Sénégal un recul  démocratique, économique et de la liberté de la presse  entre autres, le maire de Ndangalma s’est évertué à démonter le discours servi à la Place de l’Obélisque sur l’état de la démocratie comme sur la situation économique du Sénégal.

De toutes ces lectures faites du rassemblement du mouvement Y’en a marre, celle de Moustapha Cissé Lô, le deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, est certainement la plus directe, pour ne pas dire la plus attentatoire. Lors d’un meeting de l’Alliance pour la République (Apr) tenu samedi, à Diamniadio, Moustapha Cissé Lô a estimé tout simplement que Y’en a marre est financé par l’opposition. «Y’en a marre est avec des politiciens et des bailleurs qui ont pris de l’argent. Ils ont tenu nuitamment une réunion, et ils se sont partagés de l’argent, chacun 3 millions de F Cfa. Je leur demande de dresser une liste électorale et d’aller en compétition pour les législatives au lieu de déranger les gens », a affirmé  M. Lô selon le site en ligne Pressafrik.com. Moustapha Cissé Lô qui a été rejoint dans la critique par Maël Thiam, administrateur de l’Apr et vice-président du Hcct, et autre Souleymane Ndoye, maire de Diamniadio, n’a pas en vérité raté Fadel Barro et compagnie qu’il a fini par traiter tout simplement de «marchands d’illusion». Comme pour dire que l’Apr n’est pas prête à céder du terrain dans le champ du débat politique, même si çà vole au ras des pâquerettes !

SudOnline

 

Lansana Gagny SAKHO expert en développement en 2014 disait ceci : 'Un programme Sénégal émergent, c'est un peu trop''

"Les gens qui ne connaissent point la sagesse et la vertu, qui sont toujours dans les festins et les plaisirs, ils s'empiffrent de pâture, se saillissent les uns les autres, et, disputant à celui qui aura le plus de ces jouissances, ils ruent, se cossent et se tuent avec des cornes et des sabots pour satisfaire leur insatiable cupidité". Trouvé ici
http://gagnysakho.blogspot.fr/2011/04/piloter-efficacement-une-gestion-de.html"      C
ette pensée est puissante et forte : à méditer. P B C

Un regard Critique ou critique du regard. Chacun donne sa partition et en mutualisant les critiques et les forces d'où qu'elles viennent, le Sénégal décollera. P B CISSOKO

LANSANA GAGNY SAKHO, EXPERT EN DEVELOPPEMENT, DG EXPERTS VISION

Expert en développement et Directeur général de Expert Vision, Lansana Gagny Sakho jette dans cette interview un regard critique sur le Plan Sénégal émergent. Il passe en revue les grands projets du PSE et dit ce qu'il considère comme une contrainte pour le bon déroulement de ce programme.

Le Sénégal vient d'obtenir à Paris des engagements de financement à hauteur de 3729 milliards pour le Plan Sénégal émergent. Quelle appréciation avez-vous de ce PSE ?


Vous avez parfaitement raison parce que ce sont des engagements. Maintenant, ce qu'il faut, c'est lever les fonds. Mais, je pense qu'il faut revenir d'abord sur les principes et définitions de ce qu'on appelle pays émergent. Un pays émergent est un pays dont le Produit intérieur brut (PIB) est inférieur à celui des pays développés, mais qui vit une croissance rapide et dont le niveau des infrastructures convergent vers ceux des pays développés.


C'est ça qu'on appelle un pays émergent. Après ça, il y a les pays pré-émergents, comme l'Afrique du Sud, le Maroc. Donc, il faut être pré-émergent avant d'être émergent. Le problème de fond est : est-ce qu'on peut parler d'un Sénégal émergent ? Si c'est dans le cadre d'une vision, on peut dire un Sénégal émergent pour l'avenir, mais un programme Sénégal émergent, c'est un peu trop.
Mais il faut savoir qu'il faut des plans très ambitieux pour redresser ce pays. On a un taux d'alphabétisation de 49,2%. En termes de croissance du PIB, dans l'UEMOA, le Sénégal est avant-dernier en 2013, seulement devant la Guinée-Bissau. Sur le dernier Doing Business, on a un classement très mauvais, 178 sur 189. Tout cela montre qu'il y a énormément de travail à faire. Si c'est dans le cadre d'une vision, on peut dire Sénégal émergent, mais dire Sénégal émergent en 2035, c'est un peu trop.


Vous avez parlé de pays émergents et de pays pré-émergents. Où se situe le niveau de développement du Sénégal actuel ?


Je pense qu'on n'est même pas dans une phase de pré-émergence. Nous sommes, comme l'ensemble des pays de la sous-région, un pays très (il répète le terme) pauvre. Maintenant, ce qu'il nous faut, c'est de travailler pour aller dans la phase de pré-émergence.


Donc, si on n'est pas encore dans la phase de pré-émergence, est-ce qu'on peut parler d'émergence en 2035 ?


En termes de titres, le projet est très ambitieux, mais quand on entre dans les faits, on se rend compte qu'il n'est pas du tout ambitieux. Tous ceux qui ont analysé le document, je n'en ai pas vu un qui soit parti de la cohérence des programmes.
Ils sont tous partis dans les analyses des chiffres. Le PIB de la Côte d'Ivoire, c'est 13.885 milliards en 2013 et ils ont fait un taux de croissance de 9%. Le PIB du Sénégal en 2013, c'est 7718 milliards. Dans le PSE, ce que nous visons en 2018, c'est 11.000 milliards, moins que le PIB de la Côte d'Ivoire en 2013.
En plus, il y a le Burkina Faso qui a 6000 milliards en 2013 et avec un taux de croissance de 4% et nous, on avait 4% en 2013. Les chiffres ne sont pas ambitieux du tout. Est-ce que c'est par prudence, parce que le Président connaît son pays, ou bien c'est un manque d'ambition ? Je n'ai pas la bonne réponse. Ce qui est certain est que les chiffres tels qu'ils sont avancés ne reflètent pas une vision très ambitieuse.
L'autre point qui pose problème, c'est la vision. Dans la vision, ils disent : ''un Sénégal émergent à l'horizon 2035, avec une société solidaire dans un État de droit''. Une vision, on ne met pas de date dessus. On n'aurait pu dire simplement, un Sénégal émergent avec une société solidaire.
Une vision combinée à l'action, c'est ça qui fait avancer les choses. Mais, une vision sans action ne fait que passer le temps. Et le gros problème est : est-ce que nous avons les hommes ?

Le président de la République avait tous les leviers pour impulser le changement dans le choix des hommes. Le problème est : est-ce qu'avec l'équipe actuelle, le président de la République a les hommes qu'il faut pour bien exécuter ce plan ?

Est-ce que ce n'est pas pour ça qu'il a nommé hier (jeudi), Mahammed Abdallah Dionne, coordonnateur du PSE, avec rang de ministre ?


J'ai vu qu'il vient de nommer M. Dionne, un homme que je connais, un homme reconnu par ces compétences. C'est déjà un bon signe. Mais quand il nomme M. Dionne, je me demande aujourd'hui à quoi sert le ministère du Plan ? Dans toute l'architecture, on n'a pas parlé du ministère du Plan.


Le PSE a comme objectif une croissance de 7% à l'horizon 2018, est-ce que cette croissance à un chiffre peut permettre d'atteindre l'émergence ?


Il faut qu'on fasse attention avec les taux de croissance. La Côte d'Ivoire a fait un taux de croissance de 9% parce qu'ils ont dix ans de guerre. Ce qui est important dans les taux de croissance, c'est la valeur absolue et c'est sur la durée qu'on mesure l'efficacité des taux de croissance.
Avec notre PIB actuel, un taux de croissance de 7%, ce n'est vraiment pas du tout ambitieux. Mais, je préfère qu'on s'engage avec des chiffres réalistes que d'annoncer des chiffres qu'on n'est pas en mesure d'atteindre. Il faut qu'on soit réaliste. Un taux d croissance à deux chiffres, ça sera très difficile d'y arriver.


Après l'obtention de ces engagements, quelles sont les contraintes que le Sénégal doit lever pour mieux faciliter les investissements ?


Je pense qu'il faut avoir d'abord des programmes bancables. Les investisseurs ne vont pas venir nous jeter l'argent, ils vont regarder la cohérence des programmes. Quand vous regardez dans les infrastructures, il y a des choses que je ne comprends pas. Dans les infrastructures, ils veulent faire du Sénégal un hub logistique industriel régional et mettre les atouts géographiques dans leur position comme point d'éclatement des produits industriels. C'est mal connaître la géographie.


Notre pays est très mal situé pour être le point d'éclatement des produits industriels en Afrique de l'Ouest.

La Côte d'Ivoire est beaucoup plus centrale et à plus d'atouts géographiques. L'autre chose, c'est le Mali.

On fait beaucoup de commerce avec le Mali. Mais qu'est-ce que nous vendons au Mali ?

Nous vendons au Mali du ciment, du pétrole et le Port de Dakar. C'est les 3 choses que nous faisons avec le Mali.
Nos industries ne sont pas capables d'exporter au Mali comme le font les industries ivoiriennes. L'année prochaine, peut-être qu'on ne va plus exporter du ciment au Mali puisqu'il y a les indiens qui y investissent. Donc le commerce de ciment entre le Sénégal et le Mali va disparaître. Le document a été fait mais on n'a pas analysé l'environnement externe du Sénégal quand on le faisait.
Tout est priorité chez nous, mais qu'est-ce qui est plus important entre faire une autoroute entre Thiès-Touba et faire une route de production entre Rosso-Sénégal et Saint-Louis ? Je pense que cette zone est prioritaire. Retaper la route entre Kaolack jusqu'à la frontière malienne est plus important que tout ça, si on veut faire un axe prioritaire. Dans les infrastructures, ils veulent faire un chemin de fer entre Dakar et Bamako.


Pour transporter qui ? Et combien de personnes ? Les types de train que les gens prennent pour aller à l'aéroport, ce sont les trains modernes. Je pense que ce qu'il faut faire, c'est de redynamiser le Petit train bleu. Au niveau des infrastructures, il y a de grosses incohérences qu'il faudrait lever. Peut-être que ceux qui ont fait le document, soit, ils ne connaissent pas notre pays, soit ils ne connaissent pas la sous-région.


Et pourquoi le secteur de l'agriculture qui est une priorité pour Macky Sall ne bénéficie que de 7,8 des investissements du PSE ?


Je ne pense pas qu'il y ait une dichotomie. Les sommes ne sont pas très importantes. Vous avez besoin beaucoup plus d'argent dans les infrastructures que dans l'agriculture. Mais dans ce secteur, il y a des incohérences qu'il faut noter. D'abord sur l'arachide. Quand on n'a pas d'unités de transformation industrielle pour l'arachide, je pense qu'il faut changer de paradigme. Il y a aussi la question du riz, un sujet qui fâche.
Pour le riz, on a un riz qui nous vient de l'Inde et un autre de la production locale. Quand le gouvernement dit que nous baissons les prix des denrées de première nécessité, ça veut dire qu'il n'y a pas de droits de douane, il y a la TVA. En ne mettant pas le droit de douane, le riz indien coûte à peu près 11.500F le sac et celui qui produit dans la vallée du fleuve Sénégal va vendre à 14.000F minimum le sac de 50kg.
Nous ne sommes pas compétitifs. Les producteurs de la vallée n'ont pas les moyens pour faire un riz qui réponde aux besoins des marchés urbains. Le riz indien arrive ici tout blanc alors que le riz de la vallée, à cause des problèmes de maîtrise des processus, quand il arrive ici, il n'est pas propre à la consommation, mais c'est un riz de qualité. Il faut encourager ce processus, mais il faut régler l'accès à la terre. On ne sera jamais une agriculture industrielle avec l'agriculture familiale. La houe et la daba, c'est fini.


Pour revenir à l'environnement des affaires, le ministre de la Promotion des Investissements et des Partenariats, Diène Farba Sarr, a annoncé que le gouvernement travaille à faire revenir l'impôt sur les sociétés de 30 à 25%. N'est-ce pas là une manière d'attirer les investisseurs ?


C'est une décision pour attirer les investisseurs. Mais, ce qu'il faut savoir est que dans la sous-région, nous sommes dans un environnement concurrentiel. Ce n'est pas faire revenir de 30 à 25% le taux d'imposition, qui va faire que les gens vont venir chez nous. Est-ce que nous travaillons assez, quels sont les nombreux de jours fériés que nous avons ?

La pression syndicale qu'il y a ?

C'est un ensemble de facteurs qui font que les gens préfèrent allez ailleurs que de venir ici.
Je ne pense pas que c'est faciliter la création d'entreprises qui va être la clé.

C'est avoir d'abord un marché intérieur important, des facilités pour les investisseurs.

Il faut revoir le plan, voir les priorités, voir les choses faisables et s'engager dessus.

On ne peut pas gagner la bataille de l'émergence si nous ne réussissons pas à gagner la bataille en Afrique de l'Ouest. Je pense que c'est par là qu'il faut commencer.


ALIOU NGAMBY NDIAYE   http://www.enqueteplus.com/content/lansana-gagny-sakho-expert-en-developpement-dg-experts-vision-un-programme

 

«Chacun voit l'Universel à sa porte» Nuit de la philo à l'institut Culturel Français de St-Louis le 20 mai 2017 avec la participation de Pape. B. CISSOKO depuis Paris via Skype


Un soir, un lieu, un sujet et divers invités pour la 7 ème nuit de la philo à l'Institut Culturel Français de St-Louis le 20/05/2017 de 21h à 6h00 du matin

Intervenants-Alpha SY  (présentatateur, modérateur, homme de la synthèse), Pape B CISSOKO( Paris), T DESSOLAS, Gabriel NDOUR, Amadou DIALLO, etc...

V. Ségolen- Le dedans vous attend dehors-

           E. Balibar- L'Universel ne rassemble pas, il divise...


Ils viennent de tous les lycées de la région de St-Louis et des environs. Plus de 500 élèves de terminales accompagnés de leurs professeurs pour deviser et apprendre des professionnels éclectiques sous la houlette du maître de séance le Pr Apha SY (Professeur de Philo, formateur et animateur de Café philo et écrivain, etc.) et de l'organisateur T. DESSOLAS et son équipe aguerrie à cette exercice tant attendue.


Tous ces élèves convergeront à ST-LOUIS en cars, bus, etc. Pendant ce temps les techniciens s'affaireront pour que le dispositif soit au top : c'est via Skype que le philosophe Pape. B. CISSOKO interviendra à nouveau pour donner ses contributions.

La soiété civile et des amoureux de la philosophie aussi assistent à ce rendez-vous annuel du partage du savoir, des militaires, des retraités, tous laissent au vestiaire-dehors leurs statuts pour se mettre en route. Un grand moment en perspective. Les souvenirs, les nouvelles acquisitions du savoir philosophique seront mobilisés dans cet agora pour l'occasion sous le regard vigilants des intervenants.


Ce n'est pas la nuit des Idées mais celle de la Philo.


L'institut français de Saint-Louis, ayant à cœur d'accompagner les candidats au bac, va infléchir le Café philo en le transformant en un échanges à bâtons rompus. ... de penser au renforcement de acquis, et surtout de mettre en confiance les singuliers « invités » du 20 mai 2017 ... NUIT DE LA PHILOSOPHIE,...
Nous devons tous mettre la main à la pâte et aider nos jeunes à mieux affronter cet examen.
La crise de l'éducation, de la formation, incitent les uns et les autres à prendre des initiatives pour donner le savoir, le partager de façon conviviale comme dans un banquet, le banquet du savoir, à manger à boire mais à fournir de la pensée.


Les NTIC, Skype notamment permettra à des intellectuels résidants loin d'intervenir.


Voici les sujets débattus par le passé :


2015: Les media : vecteur du pluralisme ou nouveaux instruments de pouvoir ?
2016 De la neutralité dans l'espace publique
2014-: Science, philosophie et Religion : Conflit de compétence ou complémentarité ?
Prenant la parole, à la suite du Directeur de l'Institut français, le modérateur rappellera les règles du jeu dont l'enjeu est de contribuer à la promotion de l'esprit de libre examen et à l'exercice de l'usage public de la parole. Campant la problématique du jour, il rafraîchira les mémoires en observant que la science est accusée « d'avoir fait de nous des dieux avant que nous ne nous méritions d'être des hommes ». Au sujet de la philosophie, en plus d'être jugée subversive, il est reproché à ses partisans de « ne savoir ni ce qu'elle est ni ce qu'elle vaut ». Concernant la religion, elle cultiverait un dogmatisme inhibiteur, tout en servant « d'opium au peuple ».

2013-Pour sa deuxième édition, la Nuit de la philo vous propose à nouveau un dialogue entre art et philosophie, image et pensée, sensations et réflexions, en prenant cette année pour thème central la question de notre lien aux images, de leur place centrale dans notre rapport au réel.

Ici ou la-bas nous pouvons agir pour donner un coup de pouce à ceux qui en ont besoin.

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L'organisation séparatiste basque ETA a « fourni aux autorités françaises une liste de caches d'armes », a confirmé ce samedi, lors d'une conférence de presse à Bayonne, la Commission internationale de vérification (CIV), une structure indépendante. Cette annonce intervient dans le cadre de son « désarmement total ».

Lors d'une conférence de presse à Bayonne samedi matin, la Commission internationale de vérification (CIV), une structure indépendante, a confirmé que lETA a « fourni aux autorités françaises une liste de caches d'armes ».

La remise a été effectuée par l'intermédiaire d' « artisans de la paix » de la société civile française et de la CIV, a indiqué son porte-parole, le Srilankais Ram Manikkalingam, professeur en sciences politiques à l'Université d'Amsterdam (Pays-Bas).

Depuis des années, la CIV œuvre à la solution du conflit basque mais n'est reconnue ni par Madrid, ni par Paris. Ces caches d'armes et d'explosifs, qui constitueraient ce qu'il reste de l'arsenal d'ETA, seraient au nombre de huit, et seraient situées dans le Sud-Ouest de la France. Selon des experts de la lutte anti-terroriste, l'arsenal d'ETA comprendrait environ 130 armes de poing et deux tonnes d'explosifs disséminés dans plusieurs caches.

Un jour historique

Cette remise aux autorités françaises est « un grand pas », est « un jour incontestablement important », a déclaré le ministre de l'Intérieur Matthias Fekl. « Cette étape de neutralisation d'un arsenal d'armes et d'explosifs est un grand pas », un « jour incontestablement important », a-t-il affirmé.

L'organisation séparatiste basque espagnole ETA, qui avait mis fin en 2011 à quatre décennies de lutte armée, a promis de procéder ce samedi à son « désarmement total ». « Nous entrons dans une situation irréversible, la violence ne sera plus utilisée pour obtenir l'autodétermination et l'indépendance », a assuré vendredi Arnaldo Otegi, dirigeant du parti indépendantiste basque espagnol EH Bildu.

(Avec agences) RFI

samedi, 08 avril 2017 14:30

Macron en Corse: «Je ne suis pas le Père Noël»

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Emmanuel Macron, le candidat à la présidentielle d’En marche, s'est rendu ce vendredi 7 avril en Corse pour une visite d'une journée. Juste le temps de délivrer quelques messages à deux semaines du premier tour de la présidentielle.

Emmanuel Macron est en pleine discussion avec des enfants : « On est heureux en Corse alors ? » « Oui », répondent ces derniers. Comme souvent, ce sont des enfants qui sont d’abord venus à la rencontre d’Emmanuel Macron lorsqu’il est arrivé à Vescovato, un petit village corse accroché à la montagne.

Ambiance joyeuse et soleil radieux pour l’escapade dans l’île de Beauté du candidat qui a déjeuné en plein air au milieu des habitants, après avoir dit quelques mots : « Dans presque deux semaines, nous serons au premier tour de cette élection présidentielle. Je voulais en effet entamer cette dernière phase de campagne en me rendant ici. »

Et c’est à Vescovato qu’il a rencontré Jean-Guy Talamoni, le président indépendantiste de l’Assemblée de Corse, qui a fait une mise au point : « Je ne vais pas faire appel pour voter pour qui que ce soit. » Il s'agissait d'une simple prise de contact comme le confirme Emmanuel Macron : « On peut parler, même quand on ne partage pas les mêmes visions des choses. »

« Vous n'êtes pas des enfants »

Même s’il est campagne, Emmanuel Macron n’est pas venu en Corse les bras chargés de cadeaux électoralistes. Lors d’une petite réunion publique devant des centaines de personnes à Furiani, à côté de Bastia, il s’en est expliqué : « Je ne suis pas le Père Noël, et vous n’êtes pas des enfants. »

Un déplacement sans promesse mais avec un message : « Je ne veux pas d’une Corse sous perfusion. Je veux l’émancipation. » Une formule de circonstance qui ressemble un peu à une incantation.

RFI

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Le Mouvement “Y’en a marre“ réclame son droit de tirer la sonnette d’alarme lorsque constat est fait d’une justice sélective, du non-respect des promesses tenues, voire de l’emprisonnement tous azimuts d’adversaires politiques,  etc. Face à une foule nombreuse acquise à sa cause hier, vendredi 07 avril, à la Place de la Nation (ex-Obélisque), Fadel Barro a invité les jeunes à s’inscrire massivement sur les listes électorales pour récupérer leur pays et ainsi permettre que le rêve sénégalais ne soit pas vain.

Le mouvement “Y’en a marre“ a repris du service. Ou du moins, il est passé à la vitesse supérieure depuis hier, vendredi 7 avril. En effet, Fadel Barro, Fou Malade et compagnie ne se limitent plus à dénoncer les pratiques et autres comportements du régime en place, mais plutôt veulent tout simplement le changement. C’est en tout cas l’invite lancée à la jeunesse venue nombreuse répondre à l’appel au rassemblement lancé par ledit mouvement. Prenant la parole au nom de son mouvement, Fadel Barro a invité les jeunes à aller s’inscrire massivement sur les listes électorales. Pour le rappeur «activiste», cette jeunesse ne peut pas «continuer à regarder ses dirigeants qui sont là depuis Senghor, qui ont les mêmes pratiques depuis Senghor, et qui ne laissent pas l’espace aux jeunes». A son avis, cette jeunesse doit être présente pour «récupérer son bien qui est le Sénégal». Elle doit se battre, pour lui, afin que «ce rêve sénégalais ne soit pas vain».

Sur les raisons de cette radicalisation, le coordonnateur de “Y’en a marre“ a estimé qu’ils ont le droit de tirer la sonnette d’alarme lorsqu’ils constatent certaines anomalies dans ce pays. Fadel Barro a ainsi fustigé qu’au Sénégal, un procureur se permet d’interdire aux Sénégalais d’exprimer leur opinion sur la marche de sa justice. Tirant à boulets rouges sur le régime de Macky Sall, il a trouvé anormal que des jeunes continuent de prendre des pirogues pour se rendre en Europe. Toujours d’attaque, Fadel Barro a dit normal que le mouvement alerte quand il constate que la «justice est sélective» et que «des adversaires politiques sont emprisonnés tous azimuts». Qui plus est, il a réclamé le droit d’alerter quand les promesses faites aux ménages, pour l’amélioration de leurs conditions de vie, ne sont pas respectées. Toujours dans sa diatribe contre le régime actuel, Fadel Barro trouve anormal que le pouvoir se targue d’avoir atteint un taux de croissance de 6% sans pour autant entretenir les Sénégalais sur le niveau d’endettement et le déficit du pays. Il s’est aussi offusqué qu’un financement de plusieurs milliards soit fait pour le TER, au moment où la Sar dit ne pas être à mesure de raffiner les quantités de pétrole attendues. 

Pour autant de dysfonctionnements dans ce pays, Fadel Barro pense qu’il est temps que le régime se ressaisisse pour prendre en charge les préoccupations des Sénégalais. D’autant plus que, trouve-t-il, «nous avons le droit d’avoir un rêve sénégalais, d’y croire et de se battre pour ce rêve».

Dans la foulée, le coordonnateur du mouvement “Y’en a marre“ a tant soit peut répondu à ceux qui soutiennent que ledit mouvement ne s’agite qu’à la veille des élections. En effet, Fadel Barro a rappelé que le mouvement a organisé une manifestation, un an après l’arrivée de Macky Sall au pouvoir, pour lui dire que «la promesse est une dette». Mieux, il a indiqué que le mouvement a initié le programme «wax ak sa député», «wax ak sa maire», etc. Dans la même dynamique, il rappellera que Y’en a marre était là avec Niani Bagne Na, lors du référendum.

A noter que la quasi-totalité des partis politiques de l’opposition ont répondu présent à la manifestation. Cependant, il convient de préciser que presque tous les leaders politiques des grands partis se sont faits représenter, comme c’est le cas pour le Rewmi représenté par Déthié Fall et Thierno Bocoum, le Pds par son porte-parole Babacar Gaye, le Grand parti par Bamba Ndiaye. A noter aussi la présence d’Ousmane Sonko du Pastef, du professeur Malick Ndiaye, d’Abdourahmane Sow du Cos/M23, tout comme du Premier adjoint au maire de Dakar, non moins membre de la Ld, Cheikh Guèye, etc. Ils ont tous pris la parole pour tirer à boulets rouges sur le régime de Macky Sall, non sans inviter les populations à imposer une cohabitation à Macky Sall, dès 2017. 

ESQUISSES DE POLITISATION  DU RASSEMBLEMENT  DE Y’EN A MARRE :  Fou Malade joue au gendarme

Même si les leaders de l’opposition ou leurs représentants à la manifestation de Y’en a marre d’hier, vendredi 7 avril, ont eu droit à la parole, il n’en demeure pas moins que le mouvement a veillé au grain pour qu’il n’y ait pas de récupération politique. En tout cas, tous ceux qui ont essayé de manifester leur appartenance politique, ou leur soutien à une quelconque personnalité politique ont vite été rappelés à l’ordre. Et c’était Fou Malade qui a mené la barque de la veille.

En effet, le rappeur «activiste» n’a pas hésité à rappeler à l’ordre les jeunes qui ont brandi des plancardes contenant les photos du maire de la Médina, Bamba Fall. Du haut du podium, il a invité ces derniers à attendre qu’ils soient à une manifestation politique pour montrer leur appartenance. Il les a ainsi invités à baisser leur pancartes, non sans rappeler que le rassemblement du jour est à inscrire sur le nom de Y’en a marre.

Dans la même dynamique, il a sommé les accompagnants du maire de Mermoz Sacré Cœur, Barthélémy Dias de passer par derrière, où il est ouvert une porte pour accéder au podium, constatant un mouvement devant le podium à l’arrivée de “Barth“. Pour les rappeler à l’ordre, il leur a indiqué qu’une maison a toujours une porte et qu’il faut y entrer pour ne pas être considéré comme un voleur. Cependant, Barthélémy Dias a expliqué qu’il n’était là que comme simple spectateur.  Au final, Fou Malade a tenu à préciser que les paroles tenues lors de la manifestation par les différents intervenants n’engagent que ceux qui les ont proférées. Pour lui, seul le discours de leur coordonateur, Fadel Barro, engage le mouvement Y’en a marre.

PLACE DE LA NATION, EX-OBELISQUE : Un important dispositif sécuritaire mis en place

Pour manifester leur désaccord contre ce qu’elle qualifie d’oppression ou de confiscation des libertés, de promesses non-tenues ou encore de dérives du pouvoir en place, la bande à Fadel Barro en l’occurrence Yen a marre, a drainé hier, vendredi 07 avril, à la Place de la Nation ex-Place de l’Obélisque une foule de personnes tout de noir vêtues. C’est aux environs de 16h et sur une note de l’hymne national  du Sénégal que démarre la cérémonie. Etaient présentes à la rencontre de nombreuses personnalités parmi lesquelles les membres de l’opposition, à l’image de Babacar Gaye (Pds), des partisans des maires de Dakar et de la Medina emprisonnés, Déthié Fall et Thierno Bocoum(Rewmi), Bamba Ndiaye (Grand Parti), Barthélémy Dias (Ps). Mais on notait aussi la présence d’organismes pour la défense des droits de l’homme tels qu’Amnesty International, Forum du Justiciable ou encore de medias internationaux, à savoir RFI et AFP (Agence France Presse). Le peuple avait également répondu à l’appel. Toutes les tranches d’âge s’y retrouvaient : jeunes, vieux et femmes brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire les slogans « Lu euppe Tuuru », « Libérez Khalifa/Bamba » ou encore « Je regrette d’avoir voté Macky en 2012 ». Même les vendeurs de sifflets, de brassards et banderoles à l’effigie des couleurs verte, jaune et rouge, et du coup s’ajoutant à la longue liste des manifestants, y trouvaient leur compte. Pour contenir les manifestants et prévenir tout risque de débordement, un important dispositif sécuritaire à été déployé, constitué pour l’essentiel d’agents de la police nationale et de la gendarmerie massés le long du boulevard De Gaulle jusqu’à la route qui mène vers Colobane. A ce dispositif s’ajoutaient aussi des policiers en civil infiltrés dans la foule. Le rassemblement aura duré 02 tours d’horloge avant que Thiat et compagnie ne déclarent la fin de la cérémonie de contestation.        

REACTIONS… REACTIONS…REACTIONS…

LA CLASSE POLITIQUE SE PRONONCE SUR LE RASSEMBLEMENT

OUSMANE SONKO, LEADER DE PASTEF : « Le peuple est en train de subir des agressions d’un pouvoir autocratique…»

Nous venons apporter notre soutien à Y’en a marre. Mais, au delà du mouvement, à tout le peuple sénégalais qui, depuis 4 ans et de manière continue et progressive, est en train de subir des agressions d’un pouvoir autocratique qui tend à confisquer les libertés, à s’attaquer à toute opinion contraire à sa façon de voir et de penser. Et de surcroit, qui gère le pays de manière scandaleuse au plan de la gouvernance économique. Autant de choses qui doivent interpeller tous les Sénégalais, parce que c’est notre avenir qui est en jeu. Je crois que beaucoup de combats et de luttes ont été menés dans ce pays pour en arriver là. Ce serait dommage qu’après 56 ans de lutte et de conquête, le pouvoir du président Macky Sall veuille nous ramener à l’époque coloniale ou même à la période de la traite négrière. C’est pourquoi nous sommes là aujourd’hui, comme ces milliers de Sénégalais

Y’en a marre est un mouvement citoyen qui mène un combat citoyen. Ce n’est pas un mouvement politique que je sache. Nous, nous sommes un parti politique. Mais, j’ai toujours dit qu’il n’y a pas de frontière étanche entre les mouvements citoyens et les partis politiques parce qu’il s’agit de mener un combat citoyen. La seule différence qui existe entre les partis politiques et les mouvements citoyens, c’est que les premiers ont pour vocation de conquérir le pouvoir, et les seconds ne vont pas jusque là. Mais, nous partageons le même espace. Nous nous préoccupons tous de la gouvernance, des acquis démocratiques. Sur ces questions, tous les Sénégalais, quel que soit leur bord, doivent pouvoir se retrouver de temps en temps. On a voulu nous embrouiller en disant qu’on doit voir, d’un coté, les mouvements citoyens et, de l’autre, les partis politiques. Moi je ne crois pas à cela, car je pense que le pays ne peut pas être construit uniquement par les mouvements citoyens ou par les partis politiques.

BABACAR GAYE PORTE-PAROLE DU PDS : «Etre-là d’abord parce que je suis un citoyen sénégalais…»

Il fallait être là d’abord parce que je suis un citoyen sénégalais, démocrate dans le sang, et avoir participé à l’édification de cette Nation démocratique, de cette République que je chérie tant. Je suis là en tant que porte-parole du Secrétaire national du Parti démocratique sénégalais qui m’a demandé de venir le représenter à cette manifestation pour exprimer la solidarité du Pds au mouvement Y’en a marre, mais aussi notre soutien vaillant à cette jeunesse qui a compris qu’il faut se battre pour libérer ce peuple en otage par Macky Sall et son gouvernement.

Je suis d’autant à l’aise que les questions qui sont en jeu aujourd’hui, tournant autour des libertés publiques, de la séparation des pouvoirs, de l’instrumentalisation de la justice contre des citoyens sénégalais, de la gabegie, d’une gestion monarchique du système font de telle sorte que tous les Sénégalais devaient se mobiliser pour répondre à cette manifestation qui a été organisée sous l’égide de Y’en a marre, mais qui n’est pas leur apanage, leur propriété. C’est l’histoire qui fonctionne comme ça. C’est la dynamique des rapports sociaux qui nous oblige d’être avec ceux qui nous combattaient hier, sans que nous n’ayons aucun sentiment de regret. Car, c’est légitime de mener un combat contre Abdoulaye Wade, comme c’est tout à fait légitime de mener un combat contre le gouvernement du président Macky Sall. En dehors de cela, on devient des garçons de porteurs de valise comme ceux qui étaient de la société civile et qui sont aujourd’hui au pouvoir. Je ne pense pas que le mouvement Y’en a marre a accepté de gérer le pouvoir parce que ce n’est pas sa vocation en réalité.

DETHIE FALL, VICE PRESIDENT DE REWMI : «Je pense que Macky Sall parviendra à lire et à interpréter ce message»

Depuis que Macky Sall est arrivé au pouvoir, les libertés sont gravement menacées. Tous les leaders politiques d’une certaine envergure, capables de le remplacer sont soit attaqués, soit injuriés, soit emprisonnés. Donc, il est temps que tous les Sénégalais épris de démocratie, de justice et de paix se lèvent et viennent combattre ces dérives qui ne cessent de se multiplier et se consolider. Elles sont extrêmement dangereuses pour notre démocratie, vu la modernité qu’on veut lui donner. C’est pour cela qu’on est là.

C’est heureux de voir que les populations sont venues répondre massivement. Je pense que le président Macky Sall parviendra à lire et à interpréter ce message et par conséquent à dévier de son chemin pour revenir sur l’axe républicain par lequel il a été élu et par lequel il doit gouverner de manière exclusive.

Ce n’est pas de récupération. La ligne de Rewmi a toujours été connue. C’est une ligne pour les libertés, les démocraties, pour le renforcement des acquis obtenues après plusieurs années de lutte. De ce point de vue, notre présence doit être facile à comprendre et tous ceux qui sont là ne peuvent l’assimiler à de la récupération politique. Nous répondons présent à tous ceux qui nous invitent pour la démocratie, pour les libertés. Avec le régime de Macky Sall, les libertés sont gravement menacées. 

Jean Michel DIATTA et PAPA ALIOUNE DIENG (STAGIAIRE) Sudonline

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A un mois du premier tour de l'élection présidentielle française, RFI donne la parole à tous les candidats et à leurs équipes : quelles sont les propositions des prétendants à l'Elysée concernant l'Afrique ? Panorama.

Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), 47 ans

Pour Lutte ouvrière, « les travailleurs africains et français partagent les mêmes combats », car « ce sont bien souvent les mêmes exploiteurs que l'on trouve de part et d'autres de la Méditerranée. » L’objectif du mouvement est de permettre l’union des travailleurs autour d’une condition commune plutôt qu’autour d’une langue ou d’une nationalité, avec pour objectif de « mettre fin au capitalisme et à sa forme de domination actuelle : l’impérialisme », explique le responsable de l'équipe de campagne de Nathalie Arthaud, Pierre Royan.

Un impérialisme « qui prend pournom hypocrite la francophonie », explique-t-on à Lutte ouvrière. Un impérialisme qui compte parmi ses instruments le franc CFA, une « monnaie de dominés [...] contrôlée par la bourgeoisie française », selon Nathalie Arthaud. Si elle juge la suppression du franc CFA souhaitable, elle estime toutefois que cela ne suffira pas à libérer les Africains de leur exploitation.

Selon Lutte ouvrière, il faut stopper toutes les interventions militaires françaises en Afrique. « Chaque intervention suscite un chaos », et le terrorisme est le « fruit pourri » qu’elles ont produit, affirme Pierre Royan. Le mouvement de Nathalie Arthaud a aussi pour ambition de mettre fin au « pillage » du continent par les grandes entreprises françaises. Lutte ouvrière ne veut apporter « aucun soutien aux gouvernements africains qui ont été au service de la bourgeoisie française », et soutient « toutes les expropriations des capitalistes français présents en Afrique par les travailleurs d’Afrique. » Pierre Royan déplore que « la richesse des sous-sols de l’Afrique [fasse] sa pauvreté », et affirme qu’il faut redonner aux travailleurs africains les moyens de leur développement.

François Asselineau (Union populaire républicaine), 59 ans

S’il explique vouloir mettre fin à la Françafrique et permettre le développement d’une « ère de coopération égalitaire avec les pays d’Afrique », François Asselineau concède  que ces questions ne sont pas au centre de son programme. Et ce même si c’est « un continent qui lui est cher et qu’il aimerait connaître plus », souffle-t-on à l’UPR. Evoquant les « drames de la colonisation », le candidat souverainiste affirme vouloir mettre un terme à ces relations de type néocolonial, « où certains dirigeants africains sont traités par Paris […] comme des vassaux ». Si des pays veulent sortir du franc CFA, la France pourra les aider, promet François Asselineau.

Le candidat du Frexit déplore que la participation de la France dans l’Union européenne et sa proximité avec les Etats-Unis l’éloignent de l’Afrique. « Plus on construit l’Europe, plus on détruit la France. Mais plus on détruit aussi les liens d’amitié, de coopération qu’on avait avec l’Afrique. » Le patron de l’UPR mise gros sur la francophonie. Au point 165 de son programme, il dit vouloir créer un Parlement des Etats francophones, qui siègerait à Paris. « Si les Etats africains sont d’accord, on pourrait créer un parlement qui pourrait nous permettre de définir une position commune des Etats de la francophonie sur les grands sujets internationaux, par exemple sur le système financier international, sur les échanges Nord-Sud, sur le système monétaire international... »

Concernant les interventions françaises, à l’UPR, on explique qu’il faut qu’elles se déroulent « dans le cadre de la légalité internationale », c’est-à-dire uniquement si elles sont demandées par les pays eux-mêmes ou réalisées avec l’aval des Nations unies. Enfin à propos des entreprises françaises présentes en Afrique, l’Union populaire républicaine préfère voir des grands groupes tricolores que l’ « Américafrique » ou la « Chinafrique », même si cela ne doit pas empêcher d’œuvrer à « un meilleur partage des richesses ». 

Jacques Cheminade (Solidarité et progrès), 75 ans

« Libérer l’Afrique de l’occupation financière, et permettre le codéveloppement. » Tels sont les maîtres mots du programme de Solidarité et progrès pour le continent, selon Sébastien Périmony, président et responsable Afrique du parti. Si Jacques Cheminade était élu, il créerait « un ministère de la Coopération, du Codéveloppement et de l’Intégration », notamment tourné vers le continent. Autres objectifs : mettre fin à la « curatelle financière » et sortir du CFA (dans la foulée de la France, qui sortirait de l’euro) ; s’éloigner du Fonds monétaire international (FMI), de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), et des traités avec l’Union européenne ; créer des banques nationales, annuler les dettes « illégitimes »...

Jacques Cheminade prévoit de « jeter la Françafrique à la rivière ». Pour lui, la France, en coopérant notamment avec la Chine, doit permettre aux pays africains de « regagner leur souveraineté », explique Sébastien Périmony. Par exemple en lançant de « grands projets d’infrastructure à l’échelle panafricaine » (revivification du lac Tchad, achèvement du canal de Jonglei, au Soudan…). Ou encore en se dotant de « centrales nucléaires de 4e génération », développe le président de Solidarité et progrès.

Pour mener à bien ces objectifs, « les armées africaines, avec l’aide de nos soldats et de nos ingénieurs civils et militaires, devront être mobilisées pour construire des voies ferrées, des routes, des ponts et des ports », détaille le programme de Jacques Cheminade. Son monsieur Afrique précise que ce recours à l’armée serait transitoire, et qu’il dépendrait d’abord de la pacification des régions. L’intervention militaire française ? « Pour faire face au terrorisme, oui, quand c’est utile », conclut Sébastien Périmony avec pragmatisme. 

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France !), 57 ans

Sur son site, le candidat place en quatrième position l’idée d’un « grand partenariat entre la France et l’Afrique ». Idée phare : créer une organisation des pays exportateurs de denrées agricoles, pour réduire l’instabilité des prix de ces matières premières, sur le modèle de l’Opep. Le patron de Debout la France ! veut aussi soutenir les marchés communs comme l’UEMOA et la Cemac en permettant aux pays qui en sont membres de protéger leurs économies. Selon lui, le franc CFA doit changer de nom, mais rester sous le contrôle du Trésor français. Sous l’égide de l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Nicolas Dupont-Aignan souhaite lancer un « plan Marshall pour stimuler les investissements agricoles. »

Le responsable des questions africaines du candidat de Debout la France !, Henri Temple, place le « codéveloppement » au centre de la stratégie de Nicolas Dupont-Aignan. Premier objectif : permettre aux pays africains de transformer les matières premières qu’ils produisent. « Sauver le secteur primaire, pour créer ensuite un secteur secondaire [...] Le reste viendra progressivement », explique Henri Temple. Ayant travaillé 35 ans en Afrique, il estime que le continent « a droit à une certaine énergie nucléaire, et puis à un développement du solaire ». Le problème ? La taille de l’Afrique : « Il faudra trouver des formes d’énergies avec un rayon d’action local. »

Par ailleurs, « il doit y avoir un maintien des troupes françaises en Afrique, tant qu’on n’a pas mis en place les conditions d’une paix durable », explique Henri Temple. Les pays francophones sont les premiers concernés par les projets africains de Debout la France ! « On est dans le même fuseau horaire, on parle la même langue, on a la même culture. On a fait un bout de chemin ensemble, de 1890 à 1960. Il y a des mariages interraciaux en quantité. Il y a des Africains en France, il y a des Français en Afrique », poursuit Henri Temple. « C’est ce que j’appelle une petite communauté de destin, nous sommes liés. » Et de résumer le propos : « On est passé du colonialisme au paternalisme, il faut maintenant aller vers le fraternalisme. » 

François Fillon (Les Républicains), 63 ans

La Françafrique ? « C’est un peu un fantasme aujourd’hui », affirme François Fillon à RFI. Si le candidat du parti de droite Les Républicains (LR) accable François Hollande sur sa politique russe ou syrienne, il l’épargne sur sa politique africaine et ne lui reproche pas de faire ou défaire les régimes d’Afrique francophone. Est-ce parce qu’à l’époque où il était Premier ministre, entre mai 2007 et mai 2012, François Fillon a cautionné des pratiques plus ou moins avouables ? Est-ce ainsi parce qu’en août-septembre 2009, son gouvernement, sous l’impulsion du président Nicolas Sarkozy, a soutenu ouvertement la première élection très controversée d’Ali Bongo à la présidence du Gabon ? En tout cas, aujourd’hui, le candidat Fillon veut tourner la page. Dès septembre dernier, au lendemain de la réélection très décriée d’Ali Bongo, il a déclaré : « Le sentiment qu’on a, c’est que le président Bongo n’a pas gagné cette élection. » Et aujourd’hui, sur RFI, le candidat de LR récidive en ajoutant : « La France ne doit pas soutenir des pratiques antidémocratiques et venir au secours de dirigeants africains qui manipulent les élections. »

Mais tout de même, le candidat de LR ne se compromet-il pas avec de grandes figures de la Françafrique en acceptant des costumes de luxe offerts par l’avocat Robert Bourgi ? « On attribue à ce pauvre Robert Bourgi des pouvoirs qu’il n’a pas, réplique l’ancien Premier ministre français sur RFI. C’est un monsieur d’un certain âge qui a reçu la légion d’honneur sur la proposition d’un des plus ardents soutiens aujourd’hui d’Emmanuel Macron, l’ancien ministre [de Jacques Chirac] Renaud Dutreil. » Une pique contre le candidat Macron ! François Fillon parle des « pouvoirs [que] n’a pas » Robert Bourgi, mais il aurait pu parler des pouvoirs « que n’a plus » l’avocat. Longtemps, maître Bourgi a été le très influent conseiller d’Omar Bongo. Depuis qu’Ali Bongo a succédé à son père, il est vrai que l’avocat parisien natif de Dakar n’est plus en cour à Libreville et qu’il soutient l’opposition gabonaise. D’ailleurs, c’est par l’entremise de maître Bourgi que François Fillon a déjeuné, en juillet dernier près de son fief de Sablé-sur-Sarthe, avec Jean Ping, le n°1 de l’opposition gabonaise.

Le gaulliste François Fillon reste-t-il attaché au franc CFA, l’un des totems de la Françafrique ? Apparemment, non. « C’est une question qui doit être traitée par les Africains, affirme l’ancien Premier ministre sur RFI. La France ne tire aucun avantage de cette affaire du CFA. La question qui est posée, c’est : "Est-ce que c’est un élément de stabilité qui protège les économies des pays africains, ou non ?" C’est une discussion qui doit s’engager avec les pays africains et, pour ma part, je suis ouvert à toutes les solutions. » Pas de tabou sur le franc CFA ? « Non, aucun. »

En clair, le candidat de LR bouge sur la Françafrique. En revanche, il ne change pas d’avis sur la question coloniale. Aux antipodes d’Emmanuel Macron, François Fillon affirme sur RFI : « Je suis contre toutes ces manifestations de repentance qui font croire que la France aurait une responsabilité unique par rapport à la colonisation, alors que toutes les civilisations ont pratiqué la colonisation depuis le début de l’histoire. » En mai 2009, lors d’une visite officielle à Yaoundé, le Premier ministre François Fillon avait affirmé que les crimes coloniaux attribués à l’armée française au Cameroun étaient une « pure invention ». Ces dernières années, plusieurs livres-enquêtes, notamment La guerre du Cameroun (1), ont montré au contraire qu’il existait des preuves accablantes contre l’armée française. « Que les historiens fassent leur travail », concède aujourd’hui François Fillon sur RFI. Mais le candidat de LR ajoute : « Je n’accepte pas qu’on fasse porter à la France d’aujourd’hui des responsabilités qui ne sont pas les siennes, car le résultat de tout cela, c’est qu’on donne à la jeunesse française une image détestable de l’histoire de son pays. Et un peuple qui ne s’aime pas est un peuple qui ne peut pas avoir d’avenir. »

Benoît Hamon (Parti socialiste), 49 ans

« Je remercie mes parents et l’Afrique de m’avoir appris que la fraternité peut être aussi simple que les jeux d’enfants que nous avions à l’école », a lancé Benoît Hamon, qui a grandi à Dakar, lors de son discours de Bercy. Lui, qui promet dans son programme que « la France accompagnera les transitions avec nos partenaires d’Afrique, en Méditerranée et au Sahel », veut porter les subventions pour l’aide au développement à un milliard d’euros en 2020 (soit 0,7% du revenu national brut, deux fois plus qu’actuellement).

Benoît Hamon décrit la nécessité d’appuyer les interventions militaires françaises sur « les partenaires européens et régionaux concernés ». Dans un entretien au journal Libération, Pouria Amirshahi, le responsable des questions internationales de l'équipe Hamon, précise que ces interventions peuvent se justifier « jusqu’à ce que les armées africaines soient en situation d’assurer elles-mêmes leur propre sécurité. » Le député Amirshahi ajoute que « La France n’est pas le gendarme de l’Afrique ». Dans le programme de Benoît Hamon on peut aussi lire que « au-delà des interventions, notre diplomatie déploiera une action politique et civile déterminée et efficace ».

En janvier, dans un entretien à RFI, le député des Yvelines a noté que les conflits que fuient les populations migrantes « ne sont pas étrangers à des choix politiques qui sont ceux de l’Occident », d’où sa volonté d’instaurer un « visa humanitaire » pour les populations fuyant la guerre. Autre facilité que souhaite créer Benoît Hamon, un « visa francophone pour les étudiants, les chercheurs, les chefs d’entreprise et les artistes », qui permettrait selon lui de « cultiver le sentiment d’appartenance à la francophonie ».

Jean Lassalle (Resistons !), 61 ans

L’objectif du député pyrénéen est de conclure avec les pays africains des traités « équilibrés », qui « excluront le pillage et le détournement » des ressources. Selon son programme, Jean Lassalle souhaite aussi « mettre fin à la supervision du franc CFA par le Trésor ». Déplorant que l’Afrique ait été « sacrifiée sur l’autel des ventes d’armes et du pétrole », il regrette, dans une note consacrée aux relations entre la France et le continent, que « le malheur pousse sur les routes de l’exil des millions d’hommes, de femmes et d’enfants. Comme jadis nos montagnes se vidaient de leurs forces vives pour grossir le prolétariat des villes. »

Pour permettre le développement du continent, le fils de berger explique, dans une interview au journal Ouest-France, qu'il faut privilégier les énergies renouvelables : « Sauver l’Afrique, c’est aider cette population à apprivoiser le soleil. » Parmi les autres infrastructures à développer en priorité, il y a, selon lui, les télécommunications, afin de faciliter les relations culturelles et économiques entre les pays.

Le président de l’Association des populations des montagnes du monde (APMM) place la francophonie au cœur de son projet, car il estime que le français doit permettre de « remettre notre diplomatie au premier plan ». Jean Lassalle rappelle aussi que « notre langue, partagée avec les pays francophones, entretient un cousinage culturel précieux. Nous devons demain redevenir des partenaires et des alliés, dans un même dessein enfin appaisé. »

Marine Le Pen (Front national), 48 ans

A priori, le programme de Marine Le Pen n’est pas très séduisant pour les partenaires africains de la France. Le Front national (FN) souhaite abolir la binationalité pour les Africains (et pas pour les Européens). Il veut aussi interdire toute régularisation des sans-papiers et, en attendant leur expulsion, entend mettre fin à l’école gratuite pour leurs enfants. A un pays comme le Mali, qui, pour l’instant, ne veut pas signer avec l’Union européenne un accord de réadmission des migrants en situation irrégulière, Louis Aliot, le vice-président du FN, adresse un message musclé : « Sans l’opération Serval, il n’y aurait plus de Mali aujourd’hui. L’aide militaire de la France, c’est donnant donnant. Les Maliens ne peuvent pas avoir le beurre et l’argent du beurre. »

Pourtant, depuis quelques semaines, la candidate du FN tente une offensive de charme sur le continent africain. Le 21 mars, elle a été reçue par le président Idriss Déby dans sa résidence privée d’Amdjarass, dans le nord-est du Tchad. Jamais encore, elle n’avait été invitée sur le continent par un chef d’Etat. A l’issue de cette rencontre, la fille du fondateur du FN a ironisé sur les gens qui la croient « raciste, xénophobe et islamophobe », et a remercié le président tchadien d’avoir « brisé les barrières de l’ignorance et de la stigmatisation médiatique dont [elle] fait l’objet, bien au-delà de la France ». Puis, dans un discours devant plusieurs députés tchadiens, elle a lancé : « S’il vous plaît, comprenez-moi. Le refus de l’immigration massive n’est pas le rejet et la haine de l’autre. C’est au contraire une gestion rigoureuse, partagée et équilibrée des flux migratoires entre nos deux continents. » La candidate française a promis que, si elle était élue, l’Afrique serait « la première des priorités internationales de la France ». Faisant de l’aide au développement une « question de sécurité nationale », elle s’est engagée à y consacrer plus de 16 milliards d’euros, soit 0,7% de la richesse nationale, d’ici la fin du quinquennat, et à recréer un ministère de la Coopération de plein exercice.

Pour plaire à ses interlocuteurs africains, Marine Le Pen fait souvent le procès de la Françafrique, qui est constituée, selon elle, de « réseaux de corruption criminels et néocolonialistes ». D’ailleurs, en sortant de son audience chez Idriss Déby, elle a lancé : « Je lui ai dit tout le mal que je pensais de la Françafrique. » Comme son père en son temps, la présidente du FN se veut l’avocate du courant afro-nationaliste et plaide pour le « chacun chez soi ». Elle pourfend la Cour pénale internationale et toute forme d’ingérence occidentale sur le continent. Et elle milite contre le franc CFA. En 2015, elle n’hésitait pas à dire que cette monnaie était « un drame pour les économies africaines ». Est-ce à cause de ses dernières rencontres en Afrique ? Aujourd’hui, elle modère son discours et déclare : « L’Afrique doit avoir sa propre monnaie. Pour ceux qui ont le franc CFA, c’est un inconvénient économique. » 


Emmanuel Macron (En Marche !), 39 ans

En février dernier, lors d’un déplacement à Alger, Emmanuel Macron a fait le buzz en qualifiant la colonisation française de « barbarie » et de « crime contre l’humanité ». Jamais un homme politique français n’avait utilisé des termes aussi forts au sujet du passé colonial de la France. Réaction immédiate de François Fillon : «  C’est indigne d’un candidat à la présidence. » Quant à Marine Le Pen, elle a déclaré : « Le crime, c’est Emmanuel Macron qui vient de le commettre. » Au vu de ces réactions, et surtout de celles de la communauté des rapatriés d’Algérie et des harkis, le candidat d’En Marche ! a fait… marche arrière. Quelques jours plus tard, lors d’un meeting à Toulon, l’ancien ministre de l’Economie a gommé le terme « crime contre l’humanité » au profit du terme « crime contre l’humain ». Puis il a passé de longues minutes à demander « pardon » à ceux qui se sentaient visés. « Je suis désolé de vous avoir blessé, fait mal. Je ne voulais pas vous offenser », a-t-il lancé. Bref, en parlant de « crime contre l’humanité », Emmanuel Macron a commis une « maladresse », comme le concèdent ses porte-parole. Mais sur le fond, le candidat d’En Marche ! continue de vouloir regarder le passé de la France avec « lucidité » et n’hésite pas à s’engager sur le terrain miné de la repentance.

Est-ce à dire que le candidat « ni gauche ni droite » rejoint les courants de la gauche française qui ont une forte sensibilité anticolonialiste ? Pas si simple. Contrairement à ces mouvements de gauche, Emmanuel Macron ne souhaite pas qu’au nom de cette repentance coloniale, la France ouvre ses frontières à tous les migrants venus d’Afrique. « Je veux que nous ayons une stratégie française et européenne ambitieuse en terme d’aide publique au développement, déclare-t-il sur RFI, mais dans le cadre d’un dialogue exigeant avec les responsables africains. [...] Nous devons avoir une demande de réciprocité sur le plan des réadmissions [des migrants en situation irrégulière]. » Dans une allusion claire au Mali, le candidat d’En Marche ! ajoute, toujours sur RFI : « On ne peut pas expliquer aujourd’hui à notre population [française] que [d’un côté] on est en train de stabiliser sur le plan militaire un pays, qu’on est en train de l’aider à développer ses propres infrastructures, que d’ailleurs il est bon pour lui que les gens reviennent et n’en partent pas, et que [de l’autre côté] on ne sait pas signer un accord de reconduite à la frontière et que, quand quelqu’un n’a pas de titre de séjour, il n’est pas réadmis sur le territoire [de son pays d’origine]. Cela, c’est un jeu de dupes dans lequel nous sommes depuis des années. »

Est-ce à cause de son jeune âge ? Emmanuel Macron aime dénoncer les « rémanences de la Françafrique ». Mais pour autant, il ne veut pas renverser la table. Faut-il supprimer le franc CFA ? « C’est un débat que les pays de la zone franc doivent conduire dans les deux zones concernées. Je n’ai pas à me prononcer pour eux. C’est un élément de stabilité que nous garantissons. Ce qui est vrai, c’est que cela crée de l’hétérogénéité, en particulier au sein de la Cedeao, où vous avez plusieurs cohabitations. En même temps, je pense que le choix leur est laissé », déclare sur RFI l’ancien ministre de l’Economie qui, une fois de plus, emploie la formule « en même temps » – ses adversaires politiques le surnomment « Monsieur en même temps » ou « l’homme qui veut ménager la chèvre et le chou ».

François Hollande a-t-il eu tort de rester silencieux après la réélection très controversée d’Ali Bongo au Gabon, en août dernier ? « Je ne suis pas là pour distribuer les bons et les mauvais points. Le président Hollande a-t-il eu une autre politique africaine durant ce quinquennat ? J’ai plutôt ce sentiment par rapport à ses prédécesseurs. Il me semble que l’élection de monsieur Bongo est pleine d’incertitudes et d’inconnues qui justifient un jugement circonstancié », affirme encore celui qui, il y a quinze ans, a fait un stage ENA de six mois à l’ambassade de France au Nigeria, sous la houlette de Jean-Marc Simon. A 39 ans, Emmanuel Macron semble connaitre tout l’art du langage diplomatique.

Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), 65 ans

C’est au point 59 de son programme que sont posées les grandes lignes de sa politique africaine. Pour « lutter contre les causes des migrations », il faut « arrêter les guerres, les accords commerciaux qui détruisent les économies locales, et affronter le changement climatique. » Les interventions françaises en Afrique ? « Nos armées doivent avoir un rôle de maintien de la paix sous mandat de l’Onu », répond un responsable de la France insoumise au site Mondafrique.

Jean-Luc Mélenchon écrit dans son programme sa volonté d’ « en finir avec la Françafrique ». Outre sa volonté affichée - c’était déjà le cas en 2012 - de supprimer le franc CFA, l’ancien sénateur dit vouloir « respecter l'indépendance des États africains et la souveraineté des peuples en s'interdisant de se mêler des élections, et en réprimant les corrupteurs. »

En janvier 2016, Jean-Luc Mélenchon a promis que, s’il devenait président, il « [irait] chercher » le prisonnier Laurent Gbagbo pour le soustraire à la Cour pénale internationale (CPI). En novembre, le candidat de la France insoumise s’est aussi fait remarquer au Parlement européen en prenant le parti de l’opposant gabonais Jean Ping, suite à l’élection controversée d’Ali Bongo à la présidence : « Nous mettrions sur le même plan les tricheurs et ceux qui font l’objet de ces tricheries, et qui en sont victimes ? Nous appellerions à la paix alors que les violences sont le fait exclusif du gouvernement en place contre les partisans de Jean Ping ? », a-t-il demandé. Avant d’ajouter : « Mieux vaudrait que monsieur Gbagbo soit libéré et monsieur Bongo jugulé. »

Jean-Luc Mélenchon estime que la présence des entreprises françaises peut servir à faire pression sur les gouvernements. Le conseiller Afrique de Jean-Luc Mélenchon, Patrice Finel prend justement l’exemple du gouvernement d’Ali Bongo : « Il y a des sanctions économiques à l’échelle internationale qui sont plutôt faciles à prendre. Au Gabon, il y a le pétrole. Total étant une entreprise française, nous pouvons agir à l’aide de ce levier. » Une manière aussi de réduire « la puissance hégémonique des groupes ayant des comportements néocoloniaux », affirme Patrice Finel à nos confrères de Mondafrique.

Jean-Luc Mélenchon explique également vouloir « passer à la francophonie politique », c’est-à-dire « réorganiser les institutions de la francophonie en agissant pour son recentrage sur la défense, le rayonnement de la langue et son usage commun. » Le candidat de la France insoumise a plus largement à cœur de lutter contre la désertification du Sahel, ou d’aider à revivifier le bassin du lac Tchad pour tarir les flux migratoires. Selon lui, agir contre le dérèglement climatique nécessite un « transfert de technologies et une aide financière et matérielle à la transition dans les pays les plus vulnérables. »

Philippe Poutou (Nouveau Parti anticapitaliste), 50 ans

Première mesure phare du candidat d’extrême-gauche, le retrait total des troupes françaises présentes en Afrique. « Si on fait le bilan des interventions armées deux ou trois ans après, il n’y a pas de stabilité dans les pays où l’on est intervenu », déplore Léon Crémieux, en charge des questions internationales dans l’équipe de campagne de Philippe Poutou. « Nous refusons l’idée d’un rôle civilisateur de l’Europe en Afrique : ce ne sont pas des petits frères et nous ne sommes pas des grands frères. »

Pour rompre avec la politique africaine de la France « issue du colonialisme », le NPA envisage aussi de mettre un terme aux contrats des grandes entreprises françaises avec les Etats africains. Selon Léon Crémieux, ces accords sont illégaux et dépossèdent les pays de leurs richesses naturelles. Objectif de Philippe Poutou : nationaliser ces entreprises, et restituer aux Etats où elles étaient implantées les infrastructures qu’elles possédaient. « Paradoxalement, l’Afrique est le continent le plus riche du monde, du point de vue de ses ressources minières et pétrolières. Mais pour se développer, elle a besoin d’une indépendance économique réelle », estime Léon Crémieux.

Pour atteindre cette indépendance, le NPA veut annuler totalement la dette souveraine des pays africains auprès des banques françaises. Autre modalité d’action : une émancipation vis-à-vis du franc CFA, « entièrement dépendant de l’Union européenne », selon Léon Crémieux. Il explique que « si des régimes démocratiques demandent de l’aide, des partenariats, on ira. Mais d’abord il faut couper les liens néocoloniaux, qui sont une catastrophe humaine, économique, politique. » Et quant à l’idée de privilégier l’Afrique francophone, il conclut : « On ne veut pas faire table rase des cultures communes, de la langue. Mais on ne veut pas cultiver la francophonie comme un reste de l’empire colonial français. »

(1) La guerre du Cameroun, L’invention de la Françafrique, Thomas Deltombe, Manuel Domergue, Jacob Tatsita, Editions La Découverte, novembre 2016

RFI

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