Un architecte qui pose les Fondations du nouveau Sénégal : Atépa GOUDIABY est la troisième voie !


Sénégal rek


Ben, Fanny LOPEZ et autres ont après avoir conduit Atépa dans les rues du 18 ème à la rencontre des travailleurs sénégalais de la diaspora. Boutiques de tresses, tailleurs, bouchers, poissonniers, etc., Atépa est entré dans ces lieux pour se présenter et présenter son projet politique Innover, créer, compter sur tous les sénégalais, ainsi qu'il veut initier une troisième voie, un mouvement pour asseoir le Sénégal sur le durable.
Atépa est venu en politique suite à la demande de 18000 étudiants du Sénégal, de France ainsi que la diaspora au Canada pour lui demander de descendre dans l'arène politique.


A l'entame Atépa annonce la couleur, il faut changer l'homo senegalensis, il faut refaçonner ses mentalités conditions pour évoluer.


Il a parlé de l'éducation, des mines de fer et des contradictions du gouvernement comment peut on confier la gestion des ces mines aux Turcs pour une modique somme alors que nous sénégalais pouvons gérer cette exploitation.


Idem pour la gestion de l'aéroport confié à d'autres alors que nos concitoyens à l'exemple de Cheikh Fall de Air Afrique sauront le faire.


Atépa a expliqué comment le Sénégal peut créer du travail en exploitant de façon efficace nos ressources. Ce travail produira des résultats et personne ne voudra aller ailleurs ou se suicider dans les mers pour fuir la pauvreté etc.


Tous les enfants seront scolarisés à 5 ans et pour les zones d'exception il y aura des discussions au cas par cas.


Atépa propose de redessiner la géographie du pays, pour des pôles régionaux dignes.
L'activité industrielle sera mise en œuvre avec une agriculture efficiente quand on sait que notre pays regorges de produits bio de grande qualité.

Le Sénégal est un petit pays mais il faut changer et mettre en place une fondation solide pour l'Avenir.
Sur sa bi-nationalité Atepa dit qu'il a une carte verte, il a fait ses études aux USA et toute sa famille est rentrée au pays.


Le débat a permis de mesure les idées novatrices de Atépa il veut que les architectes soient au cœur des villes nouvelles pour soulager la diaspora qui peine à se bâtir une maison sans tracasseries. La Diaspora pourra confier son projet immobilier à un cabinet d'architecture qui via un appstore/logiciel de gestion montrera en temps réel l'évolution du projet immobilier.
Fini l'oncle ou le parent qui « bouffe » ton argent pour ta maison que tu veux pour ta retraite.
Atépa nous surprend avec son projet de satellite, il veut créer une université du numérique au Sénégal pour l'Afrique
Le combat sera rude parce que l'équipe en place à des astuces et méthodes peu orthodoxes.
En toute simplicité mais avec une conviction sans faille, il avance que tout ce qu'il dit est possible à l'instar de ce qu'il fait comme chef d'entreprise qui a laissé de côté ces multiples projets internationaux pour se lancer dans la bataille du changement révolutionnaire. Il promet à 71 ans un mandat unique comme l'avait suggéré mon ami feu le Pr Ibrahima Sow de l'IFAN.


Ah Libasse un musicien sénégalais a invité Atépa à ne pas oublier la culture. Combien de musiciens sombrent dans la pauvreté alors qu'ils ont donné de la joie au peuple. Atépa a parlé d'une industrie culturelle importante, de la ville du future, mais aussi d'une école innovante et efficace avec l'anglais comme seconde langue au Sénégal pour éclater la coopération libre et souveraine.


Un architecte utilise divers matériaux pour édifier un bâtiment solide et durable, c'est ainsi qu'il veut tout au moins poser une fondation béton qui pourra être le socle qui favorisera le décollage. Comment créer sur du faux, de la corruption, du sable mouvant ? Comme Descartes il faut asseoir sur du roc en vue de tracer les voies du développement tant attendues et tous les citoyens seront au travail avec comme seul leitmotiv la volonté et le mérite.


Du beau monde, une certaine tension au début mais c'est l'expression de la passion et chacun a joué le jeu, écouté, posé les questions qui fâchent pour se faire une idée précise et on pourra dire ici que cet examen est une réussite pour Atépa Goudiaby. Bravo à l'association Bol D'or au 32 Rue LAGHOUAT 75018 Paris Metro Château Rouge, un lieu de passage qui préfigure ce que la diaspora attend depuis /la maison du Sénégal. Atépa déclaré membre d'honneur comme tous les candidats qui voudront y venir pour exposer les visions et projets politiques pour le Sénégal de 2019.


Je n'oublie pas Ben BENGELOUM, Fanny LOPEZ, qui constituent le comité de Atépa2019 GOUDIABY à Paris.
On aura entendu Atépa s'exprimer dans un anglais parfait et un wolof maitrisé un « vrai boy town » qui se veut une troisième voie pour un Sénégal en route. Il finance sa campagne avec ses ressources propres. Il n'a jamais profité du système au contraire, il ne voudra pas de salaire, il veut d'abord être cette lumière qui éclaire le Sénégal. Sénégal rek
A suivre

 

Lors de la 5e édition dudu Festival international soninké (FISO) à Dakar, le 21 février 2018. © DR / Lionel Mandeix


Après Kayes au Mali et Nouakchott en Mauritanie, Dakar est devenue le temps d'une semaine de festivités la capitale des communautés soninkés venues de toute l'Afrique de l'Ouest et au-delà.


Dakar s'est transformé, du 21 au 25 février, en capitale de la culture soninké. Cette ethnie a l'âme voyageuse a vu sa diaspora régionale, continentale et même mondiale rallier la presqu'île du Cap-Vert pour la 5e édition du Festival international soninké (FISO). La liste – non exhaustive – des pays représentés lors de ce FISO parle d'elle-même : Mali, Mauritanie, Sénégal, Gambie, Guinée Bissau et Conakry, Côte d'Ivoire, RDC, Angola, Égypte, France, Espagne, États-Unis...

Un héritage à protéger


Pour les initiateurs de l'événement, il s'agissait de rappeler la grande histoire, si souvent méconnue, de cette communauté qui a fondé et dirigé les premiers empires ouest-africains, du Wagadou, l'autre nom de l'Empire du Ghana.


La langue est la colonne vertébrale de la culture


C'était d'ailleurs le thème central de cette édition : « Le Wagadou, premier empire africain, hier, aujourd'hui, demain ». Les conférenciers ont mis en évidence le rayonnement de ces organisations politiques sur une bonne partie de l'Afrique de l'Ouest, ainsi que l'héritage culturel qui a imprégné toute les sociétés ouest-africaines, tels que l'apparition des corps de métier, l'organisation militaire ou encore le cousinage à plaisanterie.
La préservation de la langue soninké a également été au centre d'ateliers qui ont ponctué les trois journées du festival. Un aspect « extrêmement important pour nous », insiste Idrissa Diabira, président du Wagadou Jiida (« Renaissance du Wagadou »), l'Association de la communauté soninké au Sénégal créée en 1985 et maître d'œuvre du FISO 2018. « Chaque année, selon l'Unesco, une dizaine de langues disparaissent. Or, la langue est la colonne vertébrale de la culture », martèle-t-il. La manifestation culturelle a d'ailleurs coïncidé avec la Journée internationale des langues maternelles instituée par l'Unesco.


Soumaïla Cissé présent

C'est la Gambie qui accueillera, dans deux ans, la 6e édition du FISO


Défilés du millier de festivaliers provenant des douzaine de délégations, ballets équestres de haute facture, chants et danses de femmes drapées dans leurs grands boubous indigo – une spécialité vestimentaire soninké -, ont rythmé cette 5e édition du FISO ouverte par le président Macky Sall.
On notera également la représentation du spectacle sons et lumières Une journée ordinaire à Koumbi Saleh, du dramaturge sénégalais Seiba Lamine Traoré, qui retrace la vie de cet empire.


Plusieurs personnalités soninkés ont participé à cette 5e édition du FISO, dont Diocounda Traoré, ancien président de transition du Mali ou encore Soumaïla Cissé, opposant malien et ex-président de la Commission de l'UEMOA.


Adama Barrow, chef de l'État gambien, n'était par contre pas présent. Mais il pourra profiter du FISO à Banjul : c'est la Gambie qui accueillera, dans deux ans, la 6e édition du FISO, après Kayes au Mali en 2011 et Nouakchott en Mauritanie, qui furent les premières villes hôtes de cette manifestation bisannuelle initiée par l'Association pour la promotion de la langue et la culture soninké en France (APLCSF), aujourd'hui présidée par le Franco-Malien Diadjé Soumaré.

Soninkés et dynamiques d'émigration

Les membres de la diaspora soninké soutiennent à bout-de-bras les régions dont elles sont originaires


Au Sénégal, les principaux foyers de peuplement soninkés sont notamment situés dans la vallée du fleuve Sénégal, à Bakel (correspondant à la province du Gadiaga), au Fouta (le Haïré), dans le Boundou (entre Tambacounda et la Gambie) et à Vélingara, en Casamance. Ils sont essentiellement établis dans la région de Kayes, à l'ouest du Mali. Cette région constitue, avec une petite partie du sud-ouest mauritanien, le Guidimakha.
Ces différents foyers alimentent depuis la fin de la première moitié du vingtième siècle les dynamiques d'émigration soninkés en direction de l'Afrique centrale (vers les deux Congo) et, surtout, vers la France, à partir des années 1950.


Réputés pour leur attachement aux valeurs fondatrices de leur culture – discrétion, solidarité, respect des anciens, etc. -, les membres de la diaspora soninké soutiennent à bout-de-bras les régions dont elles sont originaires, souvent laissées pour compte par les pouvoirs centraux.


https://www.jeuneafrique.com/537257/societe/a-dakar-les-soninkes-rappellent-leur-passe-glorieux-et-la-richesse-de-leurs-cultures/

 

De gauche à droite : Adama Barrow, président gambien, Macky Sall, président sénégalais, Florance Parly, ministre françaises aux Armées, lors de l'ouverture du Forum sur la Paix à Dakar, le 5 novembre 2018. © DR / Dakar Forum


05 novembre 2018 à 20h33 | Par Manon Laplace - à Dakar


Le cinquième Forum international de Dakar sur la Paix et la Sécurité en Afrique s'est ouvert lundi 5 novembre à Dakar, en présence notamment du président Macky Sall, de la ministre française des Armées, Florence Parly, et en l'absence remarquée de chefs d'État, en dehors du président gambien, Adama Barrow.
Les sujets du développement et de la sécurité étaient au cœur des débats, lundi 5 novembre, au Centre international de Conférences Abdou Diouf de Diamniadio, près de Dakar. « Il s'agit cette année de mettre l'accent sur les sujets du développement et de l'intervention militaire, car tout l'enjeu est de les rendre compatibles et de les articuler et d'aboutir à une stratégie efficace de mise en œuvre », explique Hugo Sada, organisateur du Forum.


Malgré les efforts de l'ONU, malgré la présence de Barkhane, on voit qu'il y a un problème d'articulation et d'efficience


Cette journée d'ouverture a notamment été marquée par le discours introductif de Macky Sall, qui a souhaité « remettre en cause la philosophie même de la mission de maintien de la paix » et « lever les tabous », en dénonçant notamment le manque d'efficacité de certaines missions onusiennes.
« Malgré les efforts de l'ONU, malgré la présence de Barkhane, on voit qu'il y a un problème d'articulation et d'efficience. Lorsque les troupes des Nations unies sont réduites à rester dans le camp, en attente que les ordres viennent de New York ou d'ailleurs, pendant que les malfaiteurs s'en donnent à cœur joie, il faut revoir la nature de la mission. C'est une question simplement de bon sens », a pointé le président sénégalais, devant Bintou Keita, sous-secrétaire générale aux opérations de maintien de la Paix à l'ONU, venue représenter l'organisation.


« Nous avons plus de 10 000 Casques bleus au Mali, il n'est pas possible qu'avec 10 000 Casques bleus, avec la force Barkhane, il continue d'y avoir des forces qui perturbent le pays. Ce n'est pas logique. Il y a des choses qu'il faudrait corriger », a-t-il insisté, citant également les exemples de la Centrafrique et de la RDC. « Depuis 1960, l'ONU est au Congo. Il y a un problème. Cela fait 70 ans ! »


Absences remarquées


Cérémonie d'ouverture de la 5ème édition du @DakarForum en présence du président sénégalais @Macky_Sall , de son homologue le président gambien @BarrowPresident et de la ministre française des Armées @florence_parly

 

La fatigue, un nouveau champ scientifique-Entretien avec Philippe Zawieja-Propos recueillis par Jean-François Marmion

 

Mensuel N° 308 - novembre 2018
La motivation au travail -sciencehumaines.com

Le burnout, forme la plus aiguë d'épuisement au travail, cache bien d'autres formes de fatigue – physique, psychique, émotionnelle. D'où l'essor d'un nouveau champ d'étude : les « fatigue studies ».


Comment définissez-vous la fatigue ?


Comme le dictionnaire, c'est-à-dire comme l'impossibilité de poursuivre un effort entamé. Une action est engagée, mais ne peut être menée plus loin malgré notre volonté. Cette définition englobe une notion, primordiale, de subjectivité, chacun réagissant différemment en fonction de la situation, de son histoire personnelle, ou encore de son état physiologique. La vanité des efforts nous entraîne du côté de la démotivation et de l'impuissance, en tout cas pour ce qui relève de la « mauvaise fatigue ». Tandis qu'une « bonne fatigue », qu'on trouve dans le sport par exemple, peut correspondre à un plaisir immense.


Quelles sont les causes principales de cette « mauvaise fatigue » ?


Pour être vulgaire, c'est souvent le sentiment de ras-le-bol, d'« aquoibonisme » comme disait Gainsbourg, lié à une tâche imposée de l'extérieur, dont on ne perçoit pas le sens ni l'utilité. D'où un vrai problème de motivation intrinsèque, alors que le psychisme se concentre sur les mauvais côtés de la tâche, avec une lutte permanente pour parvenir au résultat visé, en un effort vain et déplaisant. La fatigue est la marque d'un conflit intrapsychique sur fond d'absurdité.
La fatigue peut se ressentir à différents niveaux : physiologie, cognitif, émotionnel... Quel domaine vous semble le plus important ?
La fatigue physique se trouve souvent à la base de tout. Le premier conseil que je donne aux gens fatigués, c'est donc de mieux veiller à leur hygiène corporelle : se rafraîchir avant de dormir pendant une période de chaleur, ne pas faire de sport trop tard en soirée, fuir la lumière bleue des écrans en fin de journée... Défatigué, le corps nous aide à mieux affronter la fatigue psychique, cognitive ou émotionnelle. C'est un prérequis.
Peut-on considérer qu'il existe différentes intensités de fatigue, de la lassitude à l'épuisement ?
La lassitude est un concept assez neutre : son intensité relativement modérée s'appliquerait plutôt à la sphère corporelle, ou à l'ennui, la monotonie. Ce qui n'est pas forcément déplaisant puisqu'on se trouve alors dans une fatigue douce, qui peut justifier un repos réparateur. À l'autre extrémité du continuum, on éprouve une déplétion totale de l'énergie.
Dans le domaine professionnel, on trouverait donc, à une extrémité du spectre, le boreout, caractérisé par l'ennui, et, à l'autre pôle, le burn-out avec son épuisement ?
Les mécanismes n'étant pas les mêmes, je ne placerai pas le boreout et le burnout aux deux extrémités, même si le premier peut mimer le deuxième. Mais la fatigue est bien leur dénominateur commun, que ce soit par sous-stimulation ou par surcharge.


La fatigue se manifeste-t-elle plus particulièrement dans certaines sphères professionnelles ?


Dans les études sur le burnout, les professionnels de la relation d'aide ont longtemps été présentés comme extrêmement fatigués sur tous les plans, ce qui est vrai pour de multiples raisons... mais ils n'ont pas l'apanage de la fatigue : des cols blancs ou des managers la subissent tout autant. Il est donc difficile de dire que certaines professions seraient plus fatiguées que d'autres, d'autant qu'on manque considérablement de statistiques. À supposer que les statistiques mesurent bien la même chose à chaque fois ! De nombreuses études sont en effet disponibles sur le stress ou le burnout, mais ne sont pas facilement comparables : il y a des discussions infinies sur les instruments de mesure, par exemple. Quand les gens expliquent à un enquêteur qu'ils sont fatigués, ils disent simplement qu'ils n'ont plus envie de continuer comme cela. Mais chacun a ses propres définitions, ses propres raisons, ses propres façons de manifester sa fatigue. C'est bien pour cela que je suis un grand défenseur d'une approche subjective et qualitative, et non pas de cette tentation rationaliste, voire positiviste, d'absolument tout quantifier sur un sujet pareil.


Il faudrait donc des enquêtes basées sur des témoignages ?


Oui, comme on le fait dans les études sur le handicap, avec une approche presque phénoménologique, pour savoir comment les gens sont fatigués au moment où ils le sont, comment ils le vivent dans leur quotidien, et ce qui les éloigne du fonctionnement supposé optimal d'une personne non fatiguée. Et après tout, nous arrive-t-il vraiment de ne pas être fatigués ?


Serait-il souhaitable de ne jamais l'être, d'ailleurs ?


Absolument pas ! La fatigue est un signal d'alarme que nous envoie notre corps ou notre psychisme pour nous dire qu'il faut lever le pied. Il est hors de question de considérer que la fatigue soit une mauvaise chose, même s'il y a une mauvaise fatigue. Ça n'est pas une pathologie, et il ne s'agit pas de la surpsychologiser ou de la surmédicaliser.
S'il manque des études pour savoir comment chacun vit sa fatigue, il en faudrait d'autres pour chercher comment remédier au problème ?
On a déjà du mal à définir ce qu'est le problème, ou plus exactement l'ampleur du phénomène ! Entre les sphères professionnelles ou extraprofessionnelles (on parle beaucoup du burnout maternel, en ce moment), plusieurs fatigues affectent spécifiquement nos rôles sociaux de parent, d'enfant, de conjoint... On a en effet besoin d'études pour savoir comment aménager notre environnement extérieur pour en tenir compte, de même qu'on s'efforce de prendre en considération les différentes formes de handicap. Un énorme champ scientifique s'ouvre !


Mais pourquoi, après le burnout déjà difficile à cerner, s'attaquer aujourd'hui au problème si général de la fatigue ?


La fatigue est un angle de lecture de la réalité beaucoup plus en surplomb que le burnout, entité de fatigue attribuée spécifiquement au travail. La fatigue peut être lue sous un angle individuel ou collectif. On parle par exemple de fatigue culturelle ou civilisationnelle. La permanence du même terme pour englober des niveaux d'analyse aussi variés m'interroge beaucoup. Pourquoi parle-t-on de la fatigue d'une société, des électeurs... ?

Et le terme n'est pas propre aux Français.
Justement, peut-on parler de « fatigue studies » au niveau international ?


Le corps médical se penche sur la fatigue en tant que symptôme non spécifique, et extrêmement banal puisqu'elle constitue la première cause de consultation de médecine générale ; des psychologues et sociologues travaillent sur la fatigue professionnelle avec la vogue du burnout ; des équipes de littérature comparée s'y intéressent aussi... Énormément de chercheurs travaillent donc sur la fatigue, mais sans avoir conscience d'appartenir à un champ unifié. L'approche des studies anglo-saxonnes veut bien dire qu'on utilise tous les courants disciplinaires, et c'est précisément ce qu'il faudrait faire pour étudier la fatigue. À condition toutefois d'intégrer l'expérience des gens fatigués. Et comme nous sommes tous concernés, nous sommes tous des producteurs de science en puissance...


Philippe Zawieja Psychologue social et chercheur associé au Centre de recherche sur les risques et les crises de Mines-ParisTech, il a notamment coordonné un Dictionnaire des risques psychosociaux (avec Franck Guarnieri, Seuil, 2014) et un Dictionnaire de la fatigue (Droz, 2016).

Le Sommet Mondial des Défenseurs des droits de l’Homme a réuni à Paris les 29, 30 et 31 octobre plus de 150 défenseurs de 105 pays, pour faire le point après la Déclaration qui avait été adoptée en 1998. Le constat est amer : en 2017, au moins 312 défenseurs ont été assassinés, en toute impunité. Ce Sommet a pour but d’échanger sur les stratégies de protection, et de réorganiser le travail pour faire avancer les droits humains auprès des gouvernements, des entreprises et des populations, alors que les Etats se replient sur eux-mêmes.

Bochra Belhaj Hmida lutte pour la liberté des Tunisiens

Bochra Belhaj Hmida est députée en Tunisie, avocate et présidente de la Commission des libertés individuelles et de l’égalité (Colibe) qui a rendu son rapport en juin dernier : ses propositions pour améliorer les libertés et les droits des Tunisiens ont provoqué la colère de certaines franges de la population, au point de dénigrer et de menacer la députée ainsi que d’autres membres de la Commission.

Au Mexique, Gustavo Castro contre l'impunité des crimes contre les défenseurs des droits de l'Homme

Gustavo Castro est mexicain, de l’organisation pour la défense de l’environnement Otros Mundos dans l’Etat du Chiapas. Il travaillait aussi en Amérique Centrale et se trouvait chez Berta Cáceres de l’ONG COPIN, qui luttait contre la construction d’un barrage, lorsque des tueurs l’ont assassinée le 2 mars 2016. Seul témoin de cet assassinat, Gustavo Castro est depuis empêché de témoigner par les autorités honduriennes et se bat contre l’impunité des crimes contre les défenseurs des droits de l’Homme.

Sally Bilaly Sow permet aux Guinéens de demander des comptes aux autorités

Sally Bilaly Sow, blogueur guinéen, a lancé « Villageois 2.0 », une plateforme citoyenne virtuelle pour permettre aux jeunes de s’exprimer et de demander des comptes aux autorités sur la gestion de l’argent public. Cet espace permet aussi de vérifier des fausses informations qui circulent sur des événements.

Mamadou Lamine Diallo, le député de Tekki et candidat à la présidentielle, n’a pas mis du temps pour répondre à la réplique du pouvoir en place après sa sortie, à Touba, sur  la signature de la convention entre l’Etat du Sénégal et la société turque Tosyali, pour l’exploitation du fer de la Falémé. Un business qui tournerait selon lui, autour de 50 milliards de dollars, soit plus de 27.000 milliards de F CFA. 

Dans la question économique qu’il anime tous les mardis, dénommée la Ques Tekki, le parlementaire ne s’est fait tendre à l’endroit du régime en place, particulièrement de son porte-flambeau, le président Macky Sall. Aussi Mamadou Lamine Diallo s’est-il posé une question très simple : « Pourquoi Macky Sall devrait-il décider seul de notre avenir minéralier en 2018, quand bien même il aurait été élu à 65% en 2012? ».

Pour le député de Tekki, « Telle est la vraie question que soulève l’Affaire Tosyali pour le fer de Kédougou. Il y a dans ce pays une société civile, des universitaires spécialisés dans les ressources minérales, des syndicats de travailleurs et des entrepreneurs, tout ce monde devrait avoir son mot à dire ». Qui plus est, dira-t-il, «Me concernant, toute modestie mise de côté, j’ai obtenu mon diplôme d’ingénieur des mines à l’Ecole des Mines de Paris en 1982, c’est prouvé et vérifiable. Les ministres d’Abdoulaye Wade qui ont confié notre fer à Kumba puis à Mitttal ne sont pas plus qualifiés que moi dans les affaires minières ».

De suite et sur un ton assez acerbe, il relève : «Je soutiens que  Macky Sall n’est pas aussi plus qualifié que moi pour traiter ce dossier, n’en déplaisent à ces nouveaux convertis au maquillage, embusqués à la Primature de Boun Dionne, et qui nous demandent de prier pour que cette nouvelle forfaiture aboutisse ! C’est triste pour la République !

En tout état de cause, on ne peut pas maintenir dans la Constitution votée en 2016 que les ressources naturelles appartiennent au peuple, et puis écrire dans le code minier que les ressources minières appartiennent à l’Etat, pour poursuivre une gestion autocratique par le Président de la République et ses affidés ». Se disant dans la foulée « surpris et indigné par le silence coupable et complice de notre constitutionnaliste en chef  chargé de garder les sceaux de la République», Mamadou Lamine Diallo dira en conclusion qu’ «On ne  peut plus faire confiance au jugement de Macky Sall après les échecs des  ICS bradées aux Indiens et de Necotrans au Port de Dakar. Nous disons Halte et Non à Tosyali. Notre pays a besoin d’une charte de gouvernance des ressources minérales, sinon il va sombrer dans la malédiction des matières premières ».

 

Sudonline

mercredi, 31 octobre 2018 10:19

Ligue 1: grâce à Mbappé, le PSG fait plier l’OM

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Le « Classique » du championnat de France a tourné en faveur du Paris Saint-Germain dimanche 28 octobre. Les Parisiens se sont imposés sur le terrain de l’Olympique de Marseille (0-2) en clôture de la 11e journée de Ligue 1. Sanctionné pour un retard, Kylian Mbappé est entré en jeu en seconde période et a mis son équipe sur la voie d’un historique 11e succès consécutif.

Thomas Tuchel a surpris son monde pour son premier « Classique » en tant qu’entraîneur du PSG. Ce dimanche 28 octobre, l’Allemand a aligné une équipe remodelée au Vélodrome face à l’Olympique de Marseille, match de clôture de la 11e journée. Edinson Cavani, l’attaquant uruguayen qui a souvent brillé face aux Marseillais et qui avait arraché à la dernière minute l’égalisation la saison dernière dans ce même stade, était absent sur blessure.

Plus surprenant : Tuchel avait décidé de laisser sur le banc des remplaçants au coup d’envoi Adrien Rabiot et surtout Kylian Mbappé. C’est Eric Choupo-Moting qui était titularisé avec Neymar en attaque à la place du jeune champion du monde. A l’arrivée, cela a quand même fait victoire pour Paris (0-2). Un succès qui porte la griffe de… Mbappé.

Mbappé, puni mais indispensable

Incapable de battre son vieux rival depuis 2011, l’OM a chèrement défendu sa peau. Les Olympiens ont même bousculé leurs adversaires par moment et ont montré beaucoup d’envie. Mais tout a basculé à l’heure de jeu. Sans surprise, face au manque de mordant de son équipe, Thomas Tuchel a sorti Kylian Mbappé du banc pour le lancer dans le bain.

L’absence du champion du monde dans le onze de départ était une sanction décidée par l’entraîneur. Mécontent de voir Rabiot et Mbappé en retard à sa causerie d’avant-match, l’ex-coach de Mayence et de Dortmund a sévi en les sortant de son équipe prévue. Une décision qui a piqué l’attaquant. Le n°7 avait le visage fermé durant tout le temps qu’il a passé au bord de la pelouse. Le choix était risqué, mais le scénario a donné raison à Tuchel : quand Paris a eu besoin de se réveiller au niveau offensif, le joker Mbappé a fait la différence.

L'OM a fini par céder, le PSG égale Tottenham

Entré en jeu à la 62e minute à la place d’un Choupo-Moting inefficace, Mbappé a refroidi le Vélodrome. Lancé en profondeur par Angel Di Maria, l’international français a accéléré pour se défaire de Brice Kamara et aller battre Steve Mandanda. On jouait alors la 65e minute et l’ex-Monégasque venait de toucher son deuxième ballon… C’est allé très vite, mais cela a suffi pour mettre l’OM à terre.

Marseille n’a pas baissé les bras malgré ce coup dur et l’énergie dépensée jusqu’alors. Les Phocéens égaliseront même par Kostas Mitroglou (85e), mais l’arbitre, M. Benoît Bastien, l’a refusé pour une faute a priori inexistante de Kevin Strootman sur Marquinhos. La fureur des Marseillais n’y changera rien. L’entraîneur Rudi Garcia, excédé, sera expulsé. Dans un Vélodrome déçu, Julian Draxler enterrera tout suspense après un tir de Neymar (90+5e), sur une action lancée par… Kylian Mbappé, meilleur buteur de Ligue 1 (10 buts).

« Une grande équipe se repose sur des leaders. Il faut qu'ils sachent faire la différence dans les moments clés. Je peux assumer ce rôle », expliquera le buteur à Canal +, sans s’exprimer toutefois sur ce que Thomas Tuchel qualifie de « sanction disciplinaire ». Le PSG signe ainsi  sa 11e victoire consécutive en Ligue 1, ce qui lui permet de conforter sa position de leader et d’égaler le record des Anglais de Tottenham (saison 1960-1961).

Jean-Paul Pelissier/Reutersa

Une réunion sur le sujet s'est tenue mardi 30 octobre à Dakar. Les mines antipersonnel ont été posées par l’armée sénégalaise comme par le Front pour l’indépendance de la Casamance, le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) jusqu’en 1999, date de la signature de la convention anti-mines. Le conflit n’est pas terminé et les bombes ont fait plus d’un millier de victimes. Aujourd’hui, un tiers de la région n’est toujours pas déminé. Un défi pour l'Etat, des attentes pour les populations.

 

Sarany Diatta a sauté sur une mine antipersonnel en 1998, dans la cour de son école. L'homme dirige aujourd'hui l'association sénégalaise des victimes de mines. Pour lui, les blessés ont besoin d'être mieux pris en charge par l'Etat : « on s’aperçoit en tout cas que 98% de ces personnes victimes de mines sont dans des situations de plus en plus précaires, qui souffrent, en tout cas qui ont des problèmes pour accéder à des soins de qualité, pour accéder même à des soins post-hospitaliers ou des soins continus ou par rapport à l’acquisition même des prothèses qui leur permettraient de vaquer librement à leurs préoccupations. Ça pose énormément de problèmes à ce niveau. »

 

Parfois c'est toute une commune qui est encore victime des mines. Bakary Bodian est chef d'un village : Darsalam au sud de Ziguinchor. Darsalam dont une zone est abandonnée, un terrain présumé miné : « Il ne faut pas y aller. C’est pourquoi on voudrait que toute cette zone-là soit déminée. Une fois mon jeune frère était parti au champ pour cultiver, quand il a retourné la terre, il a trouvé une mine. Le deuxième jour, il est reparti et il a trouvé une deuxième mine. On a interpellé l’armée pour venir constater. Et c’est l’armée qui a fait exploser ces deux mines-là. Cela nous empêche de travailler la terre, c’est un retard pour les populations. »

 

Des terrains comme à Darsalam, il en existe des centaines en Casamance. Dans toute la région, il faudrait déminer plus d'un million de kilomètres carrés.

 

L'insécurité, premier obstacle au déminage

 

Durant la réunion, l'Etat sénégalais a été critiqué pour son manque d'efficacité par certains acteurs. Mais d’après plusieurs participants, le déminage n’a pas eu lieu car il est impossible dans certaines régions. Les restes du MFDC, les rebelles indépendantistes de Casamance, entravent les opérations.

 

Le manque de sécurité serait donc la raison de l’arrêt du déminage. C’est l’avis d’Isidor Marcel Sene, conseiller au gouvernement sénégalais, spécialiste du désarmement : « On est dans une période ni de guerre, ni de paix. Pour avoir accès à certaines zones, il faut rétablir la sécurité. Et cela passe par l’implication de tout un chacun. Je pense qu’il y va de l’intérêt de tout le monde, des populations locales car c’est les populations qui en souffrent davantage quoi qu’on dise. »

 

Les fonds manquent

 

L’Etat du Sénégal s’est donc engagé : il devra débarrasser les terres de toutes les mines d’ici 2021. Pour atteindre cet objectif, sans cesse repoussé depuis 1999, il faut des moyens et une volonté politique. « Notre objectif, c’est de dépolluer, c’est surtout de remettre à ces populations ces terres pour leur permettre de reprendre une activité économique qui est essentielle pour eux et pour le développement de la Casamance », explique Catherine Gillet, directrice régionale d’Handicap International.

 

Le dialogue autour du déminage de la Casamance s'est achevé ce mardi à Dakar. Prochaine réunion sur le sujet dans six mois sur le terrain à Ziguinchor. D'ici là les financements du programme se font toujours attendre. L'Union européenne et les Etats-Unis se sont engagés à aider le Sénégal. Relancer le programme nécessite près de quatre milliards de francs CFA. Seuls 200 millions ont été trouvés.

 

RFI

Le conseil de sécurité de l’ONU a adopté mardi 30 octobre à l’unanimité une résolution appelant à intensifier la lutte contre l’épidémie Ebola qui sévit dans l’est de la RDC. A quelques semaines des élections qui doivent se tenir normalement le 23 décembre prochain, l’ONU demande aux groupes armés de cesser leurs activités pour permettre à l’aide humanitaire et sanitaire de parvenir aux populations civiles dans les zones touchées par l’épidémie. Soucieux de ménager Kinshasa, le texte souligne aussi la nécessité pour la Monusco et l’OMS de se coordonner avec le gouvernement congolais.

 

Avec notre correspondante à New York, Marie Bourreau

 

Le texte, porté par l’Ethiopie et la Suède, mais parrainé par l’ensemble des membres du Conseil de sécurité, s’inquiète de l’entrave posée aux personnels soignants pour venir en aide aux populations. C’est le cas, par exemple, dans la région de Béni dans l’est des Kivu, où des opérations sanitaires ont dû être stoppées faute de conditions de sécurité suffisantes selon l’ambassadeur éthiopien.

 

Les diplomates demandent donc à tous les groupes armés rebelles, et en particulier les forces alliées démocratiques (ADF) de cesser leurs activités hostiles pour permettre la livraison rapide et sans entrave d’aide. Les hôpitaux et les personnels soignants doivent être protégés. L’ONU craint que faute de soins, l’épidémie s’étende à d’autres pays de la région tels que le Burundi, le Rwanda, l’Ouganda ou encore le Soudan du Sud.

 

Reste à savoir quel sera l’impact d’un tel texte sur des groupes armés sur lesquels l’ONU ou le gouvernement congolais ont peu d’influence, et dans une région dont les casques bleus ont commencé à se retirer au profit des centres urbains dans la perspective des élections de décembre prochain.

 

RFI

 


« Il y a une sorte d'apartheid y compris dans les écoles. Aux USA on connaît le racisme scolaire » PB CISSOKO

5 juil. 2018 Par Ibra Khady Ndiaye


Blog : Le blog de Ibra Khady Ndiaye mediapart


«Parfois certains parents nous disent: on vous en supplie, mettez nous des blancs dans la classe de nos enfants». Vous l'aurez déjà compris, ici il est question de mixité. Nous sommes pourtant à l'école Brancion située dans le 15ème arrondissement de Paris. Ici, les enfants français blancs ne se comptent pas. Ils n'existent presque pas.


A -Parfois certains parents nous disent: on vous en supplie, mettez nous des blancs dans la classe de nos enfants" .Vous l'aurez déjà compris, ici il est question de mixité. Nous sommes pourtant à l'école Brancion située dans le 15ème arrondissement de Paris.
Ici, les enfants français blancs ne se comptent pas. Ils n'existent presque pas. On trouve des parents blancs pour les enfants métisses. Sur un total de 145 élèves de la maternelle, seulement quelques enfants de la République sont des enfants de couples blancs.

A noter tout de même que les présents sont entre autres un enfant de la Directrice de l'école et un autre d'une maîtresse qui enseigne dans l'école. L'immense majorité des élèves pour ne pas dire la totalité dans chaque classe est composée de français d'origine africaine (Afrique sub saharienne ou Maghreb) et d'origine asiatique. Certains parents ne comprennent pas l'absence des autres français qui composent la majorité de la population française.


Il existe plus de français blancs dans n'importe quelle école française à l'étranger qu'à l'école Brancion. En effet, c'est simple, si dans une classe de 25 élèves, vous n'avez aucun enfant blanc, cela devient problématique ou en tout cas, cela suscite des interrogations.

Lors d'une sortie de classe à l'Institut du Judo, plusieurs parents accompagnaient les élèves pour donner un coup de main aux professeurs. Il y avait deux classes de maternelle et là aussi à vue d'œil, on s'est vite rendu compte de l'absence totale des enfants d'une partie de la population française, ce qui interroge naturellement les parents.
Des enfants de la maternelle de l'école Brancion


Au début, cette réalité ne me choquait guère et il a fallu un déclic pour me faire prendre conscience de cette absurdité. Oui être en France et n'avoir dans la classe de son enfant aucun français blanc, ce n'est pas normal... J'ai commencé à m'interroger et à me poser des questions lorsqu' une dame blanche, venue chez nous pour acheter des vêtements de nos filles que mon épouse française originaire de Bourgogne vend sur le boncoin, semblait être très inquiète sur le fait que son enfant allait être dans cette école. Elle nous posait des questions sur l'école comme si nous étions à Bagdad ou à Kaboul.

Elle venait d'arriver dans le quartier et nous a posé des questions sur l'école pour se rassurer. Même si je suis noir et étais présent dans le salon, elle ne cachait pas ses nombreux aprioris sur le fait de voir son enfant aller dans l'école composée en majorité de population noire, métisse ou maghrébine. Sans doute mis à l'aise par le fait de s'adresser à une blanche, elle n'a pas cessé ce jour de nous mitrailler de questions sur ces enfants qui sont pourtant français avec des parents nés sur le sol français pour l'immense majorité des élèves. Certains parents d'élèves, d'ailleurs, ne ménagent aucun effort pour mettre leurs enfants dans une autre école. Et c'est exactement ce qui s'est passé avec le seul enfant blanc qui était l'année dernière dans la classe de ma fille. En effet, lorsque certains élèves atterrissent dans l'établissement par « accident » après un déménagement tardif dans le quartier qui n'a pas permis aux parents de choisir l'école, ils mettent leurs enfants avec les autres mais n'hésitent pas à partir dès qu'ils le peuvent. Plusieurs raisons expliqueraient cette absence de mixité dans les classes.


La faute aux préjugés et aux complexes de supériorité de certains français blancs


L'école Brancion est une école de la République comme toutes les autres avec une équipe pédagogique que je trouve en toute objectivité formidable. Personnellement, je n'ai rien à leur reprocher. Les maîtresses et toutes les équipes sont, je précise, des personnes qui adorent leur métier et qui se donnent corps et âmes à ce qu'elles font chaque jour. Donc sur le contenu de l'enseignement, on ne peut rien reprocher à l'établissement. Le seul problème qui expliquerait le fait que les familles de couples blancs ne mettent pas leurs enfants serait donc la présence importante d'enfants de la république d'origines diverses (noirs, maghrébins ou asiatiques).


Dans cette école, les parents se comportent comme tous les autres parents de France. On trouve chez les parents beaucoup de solidarité. Si un parent doit avoir un retard à cause de son travail, il peut compter sur l'aide des autres pour récupérer son enfant, le temps de finir. Les anniversaires des enfants se fêtent en invitant les camarades de classes. Bref si une partie de la population française d'origine est victime de son image, des fantasmes qui font que les autres ne souhaitent pas mettre leurs enfants avec les nôtres, c'est simplement dû aux préjugés. Pour les parents des enfants de l'école, le fléau est très grave. Ils déplorent la situation et pensent que c'est le résultat d'un mépris ou d'un racisme qui ne dit pas son nom. Ils n'acceptent pas cette mise à l'écart de leurs progénitures. Une maman de l'école s'exprime à ce sujet : «je trouve dommage que dés la maternelle nos enfants ont à subir déjà une sorte de discrimination sociale. Ce qui me dérange c'est que ça ne reflète pas la France, et que déjà nos enfants sont mis à l'écart à cause de leurs noms, de leurs origines et de leurs couleurs de peau.

J'ai déjà évoqué le sujet avec la Directrice qui se trouve elle-même démunie face à cette situation. L'école est l'avenir de nos enfants ». Cela dérange une autre maman qui a peur que l'école devienne trop communautaire :« Je n'ai pas envie que ma fille se sente exclue de la société et pense ne pas avoir ses chances dans la vie car elle est d'origine marocaine et donc mise déjà dans une case. J'ai déjà fait part de mes inquiétudes au corps enseignant ainsi qu'à l'équipe du centre qui me confirment qu'effectivement la mixité sociale existe de moins en moins voir plus du tout. Il est évident que les autres écoles de l'arrondissement n'ont pas assez de problèmes de mixité sociale. Et je suis l'un des parents qui décide justement pour le bien être de ses enfants de m'expatrier à l'étranger où, ce qui peut être surprenant, on dispose de plus de mixité qu'ici. » Pour la directrice, « il suffit de voir les photos de classes à travers les années pour voir que l'absence de mixité est un problème au fur et à mesure des années. Nous faisons beaucoup d'efforts mais les parents blancs partent car ils voient lors des sorties scolaires le type de population présent dans l'école ou lorsque les parents viennent chercher leurs enfants. Ils fuient l'école aussi car certains parents demandent le nombre d'élèves par classe. Ici, il y a 25 élèves par classe au lieu de 30 dans les autres écoles.

Et avec le nombre de 25, ils se rendent compte que nous sommes en REP (réseau d'éducation prioritaire).L'école est passée en 2015 en réseau éducation prioritaire ». Selon la directrice de l'école, les parents demandent des dérogations mais ils ne donnent pas les vraies raisons. Une mère blanche qui a décidé de dépasser les préjugés et mettre ses enfants dans cette école reconnaît ce manque de mixité et regrette d'être une minorité dans un lieu qui mérite pourtant d'être découvert. Elle comprend que ce manque de mixité puisse effrayer certains.

Selon elle, « il faut redonner la belle image que mérite cette école et faire le pas de dépasser ses préjugés pour découvrir un endroit solidaire, ouvert et riche de diverses cultures. » Selon Chantal Rolgen, adjointe chargée de l'éducation, « l'école souffre de la stigmatisation »: on le sait l'absence de mixité dans l'attribution des logements sociaux est en partie à l'origine de ce problème de diversité. Pour une dame qui travaille à la mairie et habite depuis plus de 30 ans à Brancion, elle a vu l'évolution du quartier : « cela fait plusieurs années qu'on tire sur la sonnette d'alarme. » Elle est revenue largement sur le sujet en son propre nom en tant qu'habitante du quartier nous précise t-elle à plusieurs reprises car c'est un sujet sensible et elle ne peut pas parler au nom de la Mairie. Les clichés nuisent la cohésion sociale et le vivre ensemble. Cependant pour les autorités notamment la mairie d'autres raisons expliqueraient cette réalité.
La carte scolaire est à l'origine de l'absence de mixité sociale dans l'école


Les autorités notamment la mairie soutiennent que la carte scolaire est à l'origine de cette absence de population dite blanche.

Le quartier a un nombre élevé de logements sociaux avec une absence de mixité sociale dans l'attribution des logements sociaux. Pour l'attribution, la mairie a la main sur 20% des logements sociaux, la préfecture est chargée de distribuer les80%. « On choisit au départ pour chaque logement 3 personnes et ce sont les bailleurs sociaux qui ont le dernier mot dans l'attribution. Si une personne refuse le logement qu'on lui attribue, elle est bloquée pendant 3 ans.» selon Chantal Rogen, chargé de l'éducation à la mairie. En effet, il suffit de se rendre à quelques pas dans une école proche et la population à l'inverse est très blanche. La Mairie regrouperait les enfants des logements sociaux dans cette école alors que ces derniers sont plus proches des écoles avec une meilleure réputation. L'immeuble des Péricheaux par exemple est plus proche de l'école située vers le parc Georges Brassens mais ils les affectent dans l'école Brancion alors que cela n'arrange pas les parents vu le trajet à effectuer. Peut être ont il peur de mélanger les populations? Nous avons l'exemple de ce couple d'ami « blanc » qui, lors de l'inscription de leur enfant, a été alerté selon eux par un agent de la mairie leur conseillant d'éviter l'école Brancion.

Ils avaient malgré tout mis leur enfant à l'école Brancion et sa scolarité s'était passée à merveille jusqu'à leur déménagement pour un logement plus grand ailleurs. Pour une mère d'élève : « je pense qu'ils devraient arrêter d'entasser les minorités ensemble, et créer plus de diversité dans les logements sociaux . »Ils dénoncent l'absence de mixité sociale dans les logements sociaux. Une mère réplique à ce sujet :« je pense et j'ai remarqué qu'il y a une mixité d'enfants mélangés de toutes origines ce qui est super. Le souci de cette école est qu'elle commence a avoir une mauvaise réputation depuis quelques années, j'ai eu des échos même avant que mon fils aille dans cette école. » Toutefois ce prétexte de carte scolaire est pointé du doigt et la Directrice de l'école a pu nous donner un indice de taille pour mesurer la mixité dans le quartier : le bureau de vote.


Des éléments qui contredisent cette répartition ; La carte scolaire un prétexte ?


- Les bureaux de vote lors de chaque élection


L'école Brancion est pour chaque élection un lieu de vote. Et ce sont les habitants du quartier qui s'y rendent pour remplir leur devoir de citoyen. Il est donc très facile de se rendre compte s'il y a un déséquilibre au niveau de la composition de la population. Or pour avoir voté à chaque élection dans ce lieu depuis plusieurs années, je peux confirmer que le quartier a une population tout a fait mélangée et diverse à la différence de l'école.


- Le centre d'animation de Brancion : un autre outil pour mesurer la mixité sociale
Des parents du quartier faisant la queue le 25 juin 2018 pour s'inscrire au centre d'animation de Brancion. © Ibra Khady Ndiaye


Nous sommes le 25 juin 2018 et comme chaque année, le centre d'animation de Brancion ouvre ses inscriptions pour les parents et les enfants qui souhaitent faire des activités culturelles ou sportives. Pour la première fois, j'ai vu des personnes que je n'ai jamais vu dans le quartier. Une chose est sûre, l'immense majorité est composée des français blancs et aucun n'a son enfant dans l'école située en face du centre d'animation. J'avoue que certains peuvent venir d'un endroit plus éloigné pour bénéficier des avantages du centre, le centre n'a pas non plus des restrictions de la carte scolaire.

Ce constat montre encore une fois qu'à Brancion, il y a aussi des français blancs qu'on trouve dans les commerces lorsqu'on fait ses courses, dans les fêtes de quartier, à l'occasion des élections, dans les transports publics et à la crèche mais au niveau de l'école leurs enfants sont absents. Et c'est complètement absurde de vouloir mettre tout sur le dos de la carte scolaire ou des logements sociaux. Chacun est libre de mettre son enfant aussi bien dans l'école privé que dans le public.


La mixité une réalité dans chaque crèche du quartier


Comment se fait-il qu'on explique le manque de mixité dans l'école maternelle en raison de l'attribution des logements sociaux alors que dans les crèches, on trouve une mixité sociale et une diversité irréprochable. Nous avons sollicité deux directrices de crèches dans le quartier. Elles ont fait appel à leur hiérarchie pour pouvoir nous répondre officiellement mais elles n'ont pas eu de retour. Toutefois pour avoir eu deux filles qui ont fréquenté deux crèches différentes, nous confirmons que ces établissements bénéficient à ce niveau d'une mixité sociale exemplaire qui ne présente aucun déséquilibre et c'est souvent ce que tous les parents apprécient et recherchent. Comment se fait il que les progénitures des couples blancs nombreux dans les crèches se volatilisent à la maternelle ?

La diversité qui existe dans les crèches disparaît dès la maternelle.
Une mixité à prôner et à valoriser


Une équipe éducative impliquée déplore l'absence de mixité sociale qui est source d'enrichissement mutuel pour les enfants. Selon une enseignante, « cela est regrettable parce que mixité signifie richesse, échange, découverte de l'autre différent socialement et culturellement. Parce que je pense que l'école est un lieu où l'enfant apprend beaucoup des autres enfants et pas seulement de l'enseignant. La mixité de la société française doit se refléter dans l'école et dans le quartier. Parce que l'école ce n'est pas que l'enseignement, il y a les recréations, la cantine, le centre de loisir, les copains que l'on invite à la maison. A l'intérieur des moments de classe il y a beaucoup d'interactions entre les élèves et la mixité profiterait aux enfants de milieux sociaux culturels défavorisés. Pour moi cela passe par une politique du logement dans le quartier différente. La mixité du quartier devrait entrainer la mixité à l'école.

Il faut corriger la carte scolaire » ; Pour une autre enseignante de l'établissement, l'une des missions de l'école de la République est de former des citoyens ouverts d'esprit ; «Ce manque de mixité n'est hélas pas inhabituel, je l'ai déjà constaté dans de précédentes écoles. Les parents ont raison d'être dérangé par ce phénomène, car l'enseignement même le plus exigeant et ouvert ne sera pas le même selon le nombre d'enfants en difficulté qui se trouvent dans une classe. La question est : pourquoi penser qu'il y a ici plus qu'ailleurs des élèves en difficultés? La mixité est une richesse et demande l'adaptation des enseignants, une ouverture, mais trop d'élèves d'une même catégorie est préjudiciable à cette catégorie. L'entre soit ne permet pas de s'ouvrir et c'est une des missions de l'école. A ce titre, l'absence de mixité est une perte de richesse pour nos élèves.

Je n'ai pas senti, les quelques fois où je me suis promenée dans le quartier qu'il y ait tant de mixité dans la rue. Le manque vient des habitants. Il me semble que tant que les logements ne seront pas habités par une population mixte, l'école ne le sera pas non plus. Je me demande s'il y a une "fuite " de certaines familles en maternelle, en élémentaire et dans quelle proportion. Aurions-nous le moyen d'avoir des chiffres? Pourquoi certaines familles ont un à priori négatif envers l'école?

C'est un phénomène que j'ai rencontré dans l'école où j'étais dans le 14ème, elle avait mauvaise réputation (pour la partie huppée du quartier), mais elle était bien considérée pour une partie des élèves qui venait d'une partie plus périphérique... On est toujours le moins bien fréquentable de quelqu'un! Lutter activement pour les familles et les enseignants est long et fatiguant, il faut essayer sans pour autant attendre forcément de retours positifs, c'est fragile! ». Une autre enseignante a même fait le choix de mettre ses propres enfants dans l'école.

Elle est quand à elle rassurée car elle fait partie de l'équipe éducative et sait que ce manque de mixité n'est pas pénalisant pour ses enfants ; Selon elle, « Je ne me rends pas forcément compte du manque de mixité sociale, donc j'ai du mal à avoir un avis. Les parents ont peur pour leurs enfants : des fréquentations qu'ils pourraient avoir, que leur enfant soit victime des autres. Mais de mon point de vue, cela est une peur que chaque parent peut avoir quelque soit l'établissement.

J'ai cette peur alors que mon fils est dans un collège du 15ème avec une grande mixité. Je pense que l'Education Nationale apporte une certaine réponse par le placement du groupe scolaire en éducation prioritaire. En revanche, dans le quartier, il n'y a presque que des logements sociaux. Donc il faudrait proposer des logements sociaux mais avec des ressources plus élevées. Le soucis c'est que dans cette configuration il n y a pas d'assurance que les enfants dans une situation plus favorisée s'inscrivent à l'école. Je viens du 14ème et tous les matins, je croise des parents qui envoient leurs enfants (plus favorisés) à l'école privée près de la porte de Vanves.

J'ai l'impression que c'est le regard qu'on porte sur l'école qui doit changer. Un collectif de parents (voulant plus de mixité pour l'école Brancion) qui organiserait des réunions, des discussions sans le regard des directrices ou des enseignants me paraît être une bonne solution. La mixité est dans le quartier mais le souci c'est la fuite de certains. Mes enfants sont scolarisés dans école. Mon aîné qui est en 6ème est entré en milieu de ce1 à Brancion suite à un déménagement. Il a beaucoup pris confiance en lui : a beaucoup plus participé à l'oral. Mon cadet est depuis la ps à Brancion. Il a beaucoup de copains et copines. Ses camarades ont un bon niveau scolaire comme mon fils. Ma dernière est à la maternelle. Je ne remarque pas particulièrement de problème du au manque de mixité. Je ne suis donc pas très inquiète et au contraire assez satisfaite que mes enfants aient plein de copains qui n ont pas forcément les mêmes origines, le même milieu qu'eux.

J'entends les appréhensions des parents, mais je ne les comprends pas. Faire confiance en son enfant, en l'école... c est ce qui va permettre à un enfant d'être épanoui dans le lieu où il apprend. »La diversité est un atout pour certains parents qui ne prêtent pas attention à l'absence d'enfants blancs. Selon l'une d'entre eux, « nous devons garder confiance en l'école publique républicaine. Cette école suit les mêmes programmes que toutes les autres et nous devons croire aux enseignants pour la valoriser. Cette diversité les aidera à appréhender le monde qui les entoure en ayant conscience des différences de chacun. L'école républicaine rassemble ces enfants et les aide à se construire avec des belles valeurs de cohésion collective».
Gouverner c'est prévoir...


Personnellement, je ne suis pas convaincu par l'explication officielle qui met tout sur le dos de la carte scolaire et de l'attribution des logements sociaux. Aussi bien la composition des enfants dans les crèches que le centre d'animation Brancion, les fêtes du quartier Brancion, le parc Georges Brassens où vont tous les enfants et la population présente lors de chaque scrutin montrent qu'il y a aussi bien des couples blancs de tout âge avec des enfants. J'ai d'ailleurs retrouvé lors de fête de quartier des parents qui ont fait le choix de scolariser leurs enfants dans le privé pour échapper à ce regroupement et empêchent ainsi cette mixité d'avoir lieu. Si la carte scolaire et l'attribution des logements sociaux sont les causes de cette non mixité de l'école, force est de constater qu'il y a dans tous les cas un véritable problème.

Élus et pouvoir publics qui prennent les décisions devraient dans tous les cas anticiper et éviter cette situation. Nos enfants sont biens dans cette école et ne se rendent même pas en compte de cette mise à l'écart qu'ils subissent déjà à cet âge là. Sachant que ce sont les mêmes élèves de la maternelle qui vont passer au CP, le même problème d'absence de mixité va se répéter. Une crainte que m'a confirmée la directrice de l'école primaire. La cohésion nationale et le vivre ensemble sont une nécessité pour une nation. Toutefois cet idéal peut-il devenir une réalité si les autres évitent que leurs progénitures aillent dans les mêmes écoles que les nôtres dés la maternelle. On parle ici d'enfants innocents âgés de moins de 6 ans. Dans nos banlieues, nous avons les mêmes populations qui sont victimes des préjugés qui leur portent préjudice.


Je pensais innocemment que les collèges et lycées publiques échapperaient à ce fléau. Ma surprise est grande lorsque je suis tombé sur cet article de l'Obs intitulé Collèges "ghettos" : comment Paris est devenue une ville d'apartheid:


"C'est l'apartheid social dans les collèges parisiens. Mais on peut y remédier" © L'Obs
Une enquête qui montre au delà des discours politiques l'étendu de ce gravissime problème de l'Éducation nationale et de notre société qui s'accentue et divise la population. Certes, on ne peut pas forcer les gens à se mélanger aux autres, mais un républicain digne du nom peut-il prôner d'une part ses valeurs humanistes et d'autres parts poser au quotidien des actes contradictoires à l'esprit des lumières qui font de la France un pays qui rayonne au delà de ses frontières. Liberté, Égalité, Fraternité. Cette même fraternité devrait permettre au rêve de Martin Luther King de devenir une réalité dans l'école républicaine de Brancion et pas seulement.


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L'auteur Ibra Khady Ndiaye  Journaliste Paris - France


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