Vainqueur de son premier match de la Coupe du monde 2018 face à la Pologne (2-1), le Sénégal a été tenu en échec par le Japon (2-2), également victorieux lors de sa première sortie devant la Colombie (2-1). Les Lions peuvent nourrir des regrets après avoir mené deux fois au score. Il leur faudra ne pas perdre face à la Colombie pour leur dernière sortie pour valider leur qualification en huitièmes de finale.

Quand le latéral droit Moussa Wagué s’est mué en un improbable sauveur en inscrivant le deuxième but du Sénégal (71e), les Lions ont certainement cru avoir fait le plus dur face à un Japon très accrocheur. Mais le Sénégal n’y a cru que 7 minutes, le temps pour Keisuke Honda (78e) d’égaliser en profitant d’une sortie mal maîtrisée du gardien Khadim Ndiaye. C’était la deuxième fois de la soirée que les hommes de Cissé se faisaient rejoindre au score dans cette rencontre. Les Lions avaient mené dès la 11e minute par Sadio Mané qui a marqué grâce à Kawashima, sur un ballon maladroitement repoussé sur lui après une frappe de Sabaly. Entreprenants dans les premières minutes du match, les Lions ont commencé à reculer après le but de Mané. Mal leur en prit puisqu’à force d’insister, les Japonais égalisent grâce à un superbe but d’Inui (34e).

Dans cette rencontre, Aliou Cissé avait décidé de changer son système de jeu en troquant le 4-4-2, aligné devant les Polonais, avec un 4-3-3 censé contenir les Japonais plus vifs et plus techniques. L’attaquant Mame Biram Diouf laisse donc sa place à Pape Alioune Ndiaye, milieu de terrain, pour renforcer l’entrejeu et permettre à Alfred Ndiaye d’évoluer en sentinelle afin de limiter l’influence du maître à jouer nippon, Kagawa.

Les supporters sénégalais à Dakar pendant la rencontre Japon-Sénégal, le 24 juin 2018.RFI/ Guillaume Thibault
 
Cissé trop gestionnaire ?

Le Sénégal a eu les opportunités pour prendre les six points notamment grâce à Mbaye Niang. Buteur contre la Pologne, le joueur de Torino (Serie A, Italie) a été une nouvelle fois très remuant sur le front de l’attaque et a beaucoup pesé par sa vitesse et son physique. Niang a insisté devant et a été dangereux plusieurs fois avec notamment cinq tirs au but, le record du match.

C’est un match nul qui n’arrange aucune des deux équipes, même si elles restent toutes les deux en tête de la poule H. L’équipe d’Aliou Cissé a sans doute payé une tactique assez gestionnaire et calculatrice en changeant systématiquement d’approche dès qu’elle a mené au score. L’attitude a été de conserver son but d’avance plutôt que d’aller chercher à faire le break d’où certainement les entrées des milieux de terrain Cheikhou Kouyaté et Cheikh Ndoye alors que les attaquants Diao Baldé Keïta et Moussa Sow sont restés sur le banc comme lors du premier match. L’esprit offensif a été plus incarné par les latéraux Youssouf Sabaly et Moussa Wagué. Le premier est à l’origine des deux buts du Sénégal, le second est devenu le plus jeune buteur africain de l’histoire de la Coupe du monde à 19 ans et 8 mois avec sa réalisation à la 71e minute.

Avec ce match nul, le Sénégal reste leader du groupe H avec le Japon (4 points), il lui faudra prendre un point face à la Colombie jeudi 28 juin pour assurer sa qualification pour les huitièmes de finale. Ce n’est pas encore gagné…

RFI/ Guillaume Thibault

Moussa Wagué est devenu le plus jeune buteur africain de l’histoire en phase finale de Coupe du monde, en marquant face au Japon (2-2), ce 24 juin à Ekaterinbourg. Le latéral droit sénégalais, titulaire-surprise durant ce Mondial 2018, vit un rêve éveillé avec les « Lions de la Téranga », à 19 ans.

Moussa Wagué a quitté le Stade central d’Ekaterinbourg après un nul 2-2 face au Japon avec le même air stoïque qu’après la victoire 2-1 du Sénégal face à la Pologne le 19 juin. Le latéral droit ne le savait alors pas encore, mais ce 24 juin 2018, à l’âge de 19 ans et 236 jours, il est devenu le plus jeune buteur africain de l’histoire de la Coupe du monde. Sa frappe surpuissante à la 71e minute lui a en effet permis d’effacer des tablettes le Ghanéen Draman Haminu, scoreur face aux Etats-Unis en 2006, à l’âge de 20 ans.

« Franchement, c’était un énorme plaisir pour moi de marquer mon premier but en Coupe du monde et pour mon pays, lâche Moussa Wagué, timidement. J’ai d’abord pensé à mes deux parents qui sont vraiment très content pour moi et à tout le peuple sénégalais ».

Titulaire surprise durant ce Mondial 2018

Moussa Wagué, qui ne compte qu’une douzaine de sélections en équipe du Sénégal est en outre la surprise chez les « Lions de la Téranga ». Aliou Cissé, le coach sénégalais l’a préféré à l’expérimenté Lamine Gassama. « Déjà, participer à une Coupe du monde en étant si jeune, c’est un rêve pour moi, explique Wagué. Et, en plus, être titulaire, c’est vraiment énorme… Je suis en train de vivre un rêve ».

Sadio Mané, le joueur-vedette des « Lions », lui aussi buteur face au Japon, jette un regard bienveillant sur son cadet. « C’est un très bon joueur et il fait du bien à l’équipe, assure le milieu offensif. Tant mieux pour nous et pour lui. On va en tout cas essayer de l’aider encore plus pour qu’il soit au top ».

Même son de cloche du côté du milieu défensif, Alfred Ndiaye : « Je suis très content pour lui. Il n’a même pas 20 ans et il marque en Coupe du monde ! C’est une très bonne chose pour lui. C’est un joueur travailleur. Il mérite ce qui lui arrive. Il faut qu’il continue comme ça. Il n’en est qu’au début de sa carrière. J’espère qu’il pourra aller très loin. »

« Tout est allé très vite… »

Pas totalement à son aise face à la Pologne puis face au Japon, le natif de Bignona en Casamance sait qu’il a encore beaucoup de travail à fournir. Mais il se souvient aussi du chemin parcouru depuis son passage par l’Académie Aspire, fondée par le Qatar. « Quand j’étais à Aspire, j’imaginais des choses mais je ne pensais pas que ça allait se passer comme ça, concède celui qui porte désormais les couleurs du club belge KAS Eupen. Tout est allé très vite… Je remercie d’ailleurs Aspire et mon école de football à Bignona ».

Moussa Wagué poursuit donc sa belle ascension après avoir fini 4e de la Coupe du monde des moins de 20 ans en 2015…

Un sort enviable durant cette Coupe du monde 2018 qu’il partage avec son ex-camarade de promotion à Aspire, le gardien de but nigérian Francis Uzoho, lui aussi titulaire, avec les « Super Eagles ». « Ça fait très plaisir de le voir jouer, comme moi, sourit enfin Moussa Wagué. On s’appelle tout le temps pour s’encourager. C’est une surprise pour lui aussi et je suis très content pour lui ».

REUTERS/Carlos Garcia Rawlins

Un coup de filet antiterroriste dans les milieux de l’ultradroite radicale a été mené dans la nuit de samedi à dimanche a-t-on appris dimanche soir. Les individus arrêtés par les policiers de la DGSI, Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), une dizaine, sont soupçonnés d’avoir projeté des actions violentes contre des cibles musulmanes
Les interpellations ont eu lieu en Corse, en région parisienne, et dans les départements de la Vienne et de la Charente-Maritime, dans l’ouest de la France. Dix personnes ont été arrêtées dont le chef présumé de ce réseau, un retraité de la police nationale, selon des sources proches de l’enquête, rapporte l’Agence France presse. Guy S, c'est l'initiale de son nom de famille, a été arrêté en Charente-Maritime dans la nuit de samedi à dimanche.

Les suspects gravitaient autour d'un groupuscule lié à l'ultradroite baptisé AFO pour «Action des Forces Opérationnelles», structure clandestine en sommeil et réactivée récemment par Guy S. Selon les services de la sécurité intérieure, ils «étaient organisés et en lien pour éventuellement commettre des actions violentes contre des cibles présumées en lien avec l'islam radical» comme des imams, des mosquées ou encore des détenus radicalisés sortant de prison, selon certaines sources.

Des armes ont été trouvées lors des premières perquisitions et le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». Les dix militants interpellés peuvent rester jusqu'à 96 heures en garde à vue.

Résurgence d'une mouvance d'extrême-droite radicalisée

Cette mouvance de l'ultradroite, composée de groupuscules, qui a ressurgi à la faveur des attentats terroristes sur le sol français, est sous la surveillance de la DGSI.

En octobre 2017 déjà, les services antiterroristes avaient démantelé un petit groupe ultra gravitant autour de Logan Nisin, ex-militant du mouvement royaliste Action Française, arrêté lui en juin 2017. Celui-ci avait reconnu avoir fondé un groupuscule baptisé «OAS», du nom de l'organisation politico-militaire clandestine responsable d'une campagne sanglante contre l'indépendance de l'Algérie dans les années 1960, dans le but d'«enclencher une re-migration basée sur la terreur». « Rebeus, blacks, dealers, migrants, racailles, djihadistes, si toi aussi tu rêves de tous les tuer, nous en avons fait le vœu, rejoins-nous ! », pouvait-on lire sur un document trouvé dans son ordinateur.

RFI

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Pr Jean Ramdé Université Laval/Quebec-ce Burkinabe au parcours de combattant - la bougeotte et l'envie de voyager.


« Intérêts de recherche-Attachement père-enfant, développement international, intervention interculturelle, processus d'adaptation des immigrants, validation transculturelle d'instruments de mesure »

Professeur agrégé Département des fondements et pratiques en éducation

Faculté des sciences de l'éducation
Département des fondements et pratiques en éducation
Pavillon des Sciences de l'éducation, local 754
2320, rue des Bibliothèques
Québec (Québec) G1V 0A6


« Je remercie le Centre Minkowska de Paris d'avoir permis à ce Pr Chercheur J RAMDE  à assister en tant qu'observateur à mon cours ce vendredi 22/JUIN 2018- Compétence culturelle dans les pratiques cliniques et sociales »- Représentation de « la Culture africaine » aux professionnels qui reçoivent des enfants avec des troubles du comportement, handicap; la notion décentrage, idées reçues et préjugés, la posture du professionnelle et sa position, le regard, le langage, comment associer la famille aux soins, la question interculturelle, la visite à domicile et comment la préparer, le souci d'intrusion, faciliter la relation professionnels et parents, la question du déni ; rigueur et bienveillance, etc. « pape B CISSOKO


PAR MALIKA SCHNEIDER


Burkinabé d'origine, mais né en Côte d'Ivoire, Jean Ramdé est à présent québécois, professeur à l'Université Laval. Dès son plus jeune âge, il avait déjà la bougeotte et l'envie de voyager.


VERS LE QUÉBEC


Après son enfance ivoirienne, Jean Ramdé vécut près de quatre ans au Burkina Faso et deux ans au Togo où il commença des études de psychologie et de sciences de l'éducation. Comme il souhaitait continuer sa formation dans une université d'un pays du Nord, il se mit à chercher des universités convenant à ses très faibles moyens financiers.

Il découvrit alors qu'en Allemagne, les frais de scolarité seraient gratuits pour lui. C'est donc dans ce pays qu'il partit, à l'âge de 24 ans, pour étudier afin de devenir psychologue.


La barrière de la langue fut le premier défi de taille à relever. Il dut suivre des cours de langue allemande avant de poursuivre ses études. C'est au cours de cette période qu'il entendit parler du Québec. Le Canada avait toujours été un pays qui l'attirait, mais les frais de scolarité universitaires canadiens lui étaient toujours apparus trop élevés pour sa propre situation financière : « C'est un rêve qui ne va jamais se réaliser, donc je ne peux pas me lancer là-dedans », se disait-il.


Après ses études en Allemagne, il décida d'émigrer au Québec en tant que travailleur qualifié, en tant que psychologue. Il lui fallut tout de même près de deux ans pour finaliser tous les papiers et les entrevues. C'est en se projetant avec optimisme dans l'avenir et en se rappelant que le Canada est un pays démocratique doté d'une belle nature qu'il arriva le 5 mars 2002 au Québec, à l'âge de 33 ans. Ce fut à ce moment précis que le parcours du combattant débuta.


UN PARCOURS DE COMBATTANT


Au moment de son arrivée au Québec, M. Ramdé se sentait bien. Il avait aperçu plusieurs policiers noirs à l'aéroport, ce qu'il n'avait jamais vu en Allemagne et qui le rassura pour la suite. Le Québec allait lui apporter la sécurité qu'il n'avait pas connue en Allemagne.


La désillusion apparut quelques semaines après son arrivée. L'accent local, le langage et les modes de communication se révélèrent des défis importants. Le simple achat d'une maison souleva des difficultés importantes, car il n'avait aucun historique de crédit, ni références. Il convient aujourd'hui qu'il avait la chance, à l'époque, d'être seul, car au moins il n'avait pas à se « préoccuper » des autres membres de sa famille. Cependant, une autre difficulté majeure apparut, qui traumatisa grandement Jean : l'absence de reconnaissance de son diplôme de psychologue obtenu en Allemagne.


C'est perdre son identité professionnelle. Quand j'ai terminé mes études en Allemagne, tout le monde m'appelait le psychologue. Au Québec, je n'avais même pas le droit de porter ce titre-là. Ça, c'est ce qui a été le plus difficile.


TRAVAILLER ET S'ADAPTER


Il commença donc à travailler au Québec dans des entreprises comme Transcontinental, avec des horaires variables, mais toujours de nuit, et ce, au salaire minimum. Après quelques conseils judicieux de la part d'une personne africaine qui avait vécu la même expérience, il tenta de sortir de cet emploi épuisant et obtint un contrat dans une maison de jeunes, au salaire minimum malgré sa maîtrise. « Ma boss avait à peine terminé son secondaire 5 », ironise-t-il aujourd'hui.


Cette expérience lui permit tout de même de découvrir la culture et la jeunesse québécoises. Elle lui donna l'opportunité de pouvoir travailler dans au Centre jeunesse de Montréal comme éducateur. C'est à ce moment précis que Jean Ramdé décida de continuer ses études au doctorat à l'Université de Montréal, tout en travaillant en tant qu'auxiliaire de recherche et éducateur.


À la fin de sa scolarité de doctorat, il souhaita obtenir plus d'expérience en enseignement et en recherche. Il postula alors sur tous les postes ouverts à travers le Québec et le Canada. Il réussit à obtenir un poste de chargé de cours à l'Université d'Alberta. Ce fut reparti pour une aventure de près de deux ans dans cette province canadienne. Toujours dans le but de devenir professeur d'université, il continua de postuler dans d'autres établissements au Québec. Il aboutit alors à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. Finalement, il postula à l'Université Laval. Depuis 2012, il y œuvre en tant que professeur de psychoéducation.


UNE ADAPTATION FAMILIALE


Selon le professeur, les relations familiales font partie « des éléments qui peuvent accentuer la détresse qu'on peut ressentir » quand on arrive dans un environnement totalement étranger. La famille qui est restée sur place a de grandes attentes concernant le partage des biens financiers. « Même si tu n'as pas forcément de revenus, la famille pense que tu as de l'argent, mais que tu ne veux pas en donner », explique Jean.
Au niveau individuel, il existe une pression personnelle qu'on appelle la piété filiale et qui consiste à vouloir absolument aider les autres. C'est une charge très lourde.


On se torture avec cette exigence qui n'est pourtant pas obligée. Je regrette seulement [ma décision de partir] quand j'essaie d'expliquer aux gens qui sont restés dans mon pays que je n'ai pas autant de ressources financières qu'ils le pensent.


Dès son arrivée au Québec, Jean Ramdé a parrainé celle qui devint plus tard son épouse et qui était restée au Burkina Faso. Quelque temps plus tard, la voici arrivée en terre québécoise. « Son adaptation a été difficile, parce que nous n'avions pas le même niveau d'acculturation. Cela faisait longtemps que j'avais quitté l'Afrique de l'Ouest par rapport à elle. Au début, c'était difficile », avoue-t-il.


Sa petite fille lui demande toujours : « Papa, je ne comprends pas pourquoi à la télévision, quand on montre l'Afrique, c'est soit les animaux ou soit les guerres. » Il lui explique donc que la vie normale n'émeut personne dans les reportages ou les médias étrangers.


CONSEILS D'UN AFRICAIN AU CANADA


Le professeur de l'Université Laval convient qu'aujourd'hui, les nouveaux arrivants africains ont plus de facilité en raison du nombre importants d'Africains qui ont immigré au Québec et au Canada depuis les dernières années.


Les Africains qui immigrent à présent vont moins vers l'adaptation. Je ne sais pas si c'est une bonne chose. Quand on arrive dans un pays, le mieux c'est de s'adapter. S'adapter, ça demande de l'énergie, de la tolérance, de l'acceptation et ça demande de laisser passer certaines parties de soi pour réussir.
Personnellement, il n'a pas eu le choix, lors de son arrivée en Allemagne, de « s'obliger à s'adapter » en raison de la différence langagière. Il insiste notamment sur le fait que ça demande du courage d'expérimenter de nouvelles choses. Et souvent, il a l'impression qu'il y a en a beaucoup qui n'ont pas ce courage.


Pour ma part, j'ai dit à ma fille qu'il était important de toujours avoir des amis nés au Québec et des amis nés ailleurs aussi. Ça permet de trouver un certain équilibre pour soi-même.


Il faut avoir conscience en immigrant dans un pays que l'adaptation est un cheminement qui est long. Il est nécessaire de passer plusieurs années dans un nouveau pays et une nouvelle région avant d'être totalement intégré. Les nouveaux immigrants africains doivent aussi avoir conscience que leur niveau de vie va se retrouver modifié au Québec et au Canada durant les premières années après leur arriver.
Il insiste sur le fait qu'il faut faire énormément d'efforts pour s'adapter et enfin se sentir québécois ou canadien.

https://scienceetbiencommun.pressbooks.pub/quebecafricaine/chapter/jean-ramde/
Jean Ramdé by Malika Schneider
En savoir plus sur ce battant au cœur doux et à l'esprit rigoureux. Il veut savoir pour comprendre et proposer des schémas des stratégies. Le fait social établi ne suffit pas il faut aller loin


programme


En route vers un mode de vie plus sain


Vous êtes soucieux de votre santé et vous aimeriez revoir vos habitudes de vie de façon plus globale, le microprogramme sur les saines habitudes de vie saura certainement répondre à vos attentes.


Microprogramme de deuxième cycle en PRÉVENTION DE LA VIOLENCE EN MILIEU SCOLAIRE

Ce microprogramme vous permettra d'acquérir des connaissances sur le lien entre l'adoption de saines habitudes de vie, la santé et le développement durable. L'objectif de cette formation est de vous outiller afin que vous puissiez prendre soin de votre santé en développant de nouvelles stratégies durables qui permettront la modification de comportement vers un mode de vie plus sain. Vous pourriez même devenir des agents de changements dans votre milieu personnel ou professionnel.
Projets de recherche actifs en date du 2018-06-22 auxquels le chercheur participe
-Bien-être et développement des enfants vulnérables et de leur famille : besoins et services.
-Centre de recherche sur l'adaptation des jeunes et des familles à risque
-CIUSSS - CN - Centre de recherche universitaire sur les jeunes et les familles (CRUJeF)
-« Soasga ziiga », plateforme d'implication des usagers dans la recherche pour l'amélioration de la santé maternelle et infantile au Burkina Faso
Enseignement
PSE 1005 Intervention psychosociale
Département des fondements et pratiques en éducation

Description
Initiation aux principes de l'intervention psychosociale. Présentation générale de la philosophie particulière de l'approche, des différences et ressemblances avec d'autres approches à l'intervention. Explication théorique des principaux concepts utilisés et exercices pratiques visant la maîtrise de ces concepts.
Jean RAMDE est un chercheur prolixe
'L'engagement paternel en contexte migratoire
Revue Alterstice
* * *
Published on Tuesday, May 27, 2014 by Rémi Boivin
SUMMARY
Malgré les bienfaits de l'engagement paternel, très peu d'études et de publications portent sur cet engagement en contexte migratoire, surtout dans l'espace francophone. Ce numéro thématique de la revue Alterstice a comme objectif de commencer à combler cette lacune, en offrant un espace de réflexion et de partage des connaissances théoriques, cliniques et empiriques autours de l'engagement paternel en contexte migratoire


Argumentaire


La plupart des études concernant la famille et l'immigration se sont intéressées aux changements provoqués dans la relation mère-enfant (Moro, 2004; Nathan 1986; Rabain-Jamin & Wornham, 1990), aux conflits intergénérationnels ou encore à la santé mentale (Beiser et al., 1998; Berry, 1990). Très peu sont les études qui font le lien entre le vécu migratoire et l'engagement paternel, c'est-à-dire à la redéfinition de l'identité paternelle suite à la migration (Battaglini et al., 2002; Dyke & Saucier, 2000; Jain & Belsky, 1997; Strier & Roer-Strier, 2005).
Lamb (1981) définit l'engagement paternel comme étant :
• le temps consacré par le père aux interactions directes avec l'enfant, de nature ludique, affective et sociale;
• la disponibilité du père à l'enfant et
• enfin la responsabilité assumée par le père dans le soin et l'éducation des enfants et dans le partage des tâches parentales.


Cet engagement paternel a des effets sur le développement cognitif et socio-affectif de l'enfant. Sur le plan cognitif, les effets de l'engagement paternel sont perceptibles dès l'âge de six mois. Par exemple, plus l'engagement paternel est important, plus le jeune enfant obtient un score élevé aux échelles du développement et de fonctionnement cognitif.

La scolarité des enfants dont le père est engagé serait plus linéaire, les garçons auraient également une meilleure carrière professionnelle car leur désir de réussite ne serait pas entravé par trop de fermeture (autoritarisme) ou par trop d'ouverture (coopératisme).
Au niveau socio-affectif, l'engagement paternel permet aux enfants d'être plus confiants dans leurs capacités, plus responsables et d'échanger plus facilement avec les adultes et les pairs dès l'âge préscolaire.

L'engagement paternel a aussi été associé à une satisfaction globale dans la vie chez l'enfant et à une diminution des risques de dépression, de détresse émotionnelle, d'expression d'émotions négatives comme la peur et le sentiment de culpabilité, de problèmes comportementaux et de détresse psychologique.
Pour toutes ces raisons, de plus en plus de programmes sont initiés dans le but de favoriser l'engagement paternel. C'est le cas par exemple de l'Initiative amis des pères du Centre d'études et de recherche en intervention familiale à Gatineau, et du projet de soutien à l'engagement paternel ProSPère duGroupe de recherche et d'action sur la victimisation des enfants et Alliance de recherche en développement des enfants dans leur communauté (GRAVE-ARDEC) à Montréal.


Malgré les bienfaits de l'engagement paternel décrits ci-haut, très peu d'études et de publications portent sur l'engagement paternel en contexte migratoire, surtout dans l'espace francophone. Ce numéro thématique de la revue Alterstice a comme objectif de commencer à combler cette lacune, en offrant un espace de réflexion et de partage des connaissances théoriques, cliniques et empiriques autours de l'engagement paternel en contexte migratoire.

Le peu d'études disponibles (Battaglini et al., 2002; Chuang & Moreno; Dyke & Saucier, 2000; Jain & Belsky, 1997; Mirandé, 2010; Pleck, 2010; Strier & Roer-Strier, 2005, Strier & Roer-Strier, 2010) tentent de répondre aux questions suivantes : qu'est-ce qui motive les pères en contexte migratoire à s'engager auprès de leurs enfants?

L'engagement paternel est-il lié au profil d'acculturation ?

L'emploi occupé par le père influence-t-il son engagement auprès de ses enfants?

Quelles activités préfèrent les pères, quand ils sont en interaction avec leurs enfants ?

Quelles conditions facilitent l'engagement paternel ?

.... La revue invite donc chercheurs et praticiens à partager leurs expériences autour de quatre axes principaux :
• les facteurs qui influencent l'engagement paternel en contexte migratoire ou transnational;
• les types d'engagement paternel;
• trajectoire migratoire, acculturation et engagement paternel;
• conséquences de l'engagement paternel des migrants.


En accord avec les orientations de la revue qui a comme objectif principal de diffuser largement les résultats de recherches et les réflexions qui prennent la « culture au sérieux » dans la compréhension des phénomènes humains, l'appel s'adresse aux chercheurs et praticiens toutes disciplines confondues. La revue encourage la soumission d'article employant des méthodes de recherche innovantes ou originales, aussi bien qualitatives, quantitatives que mixtes.

Un grand nombre de photos et vidéos ont circulé sur internet depuis que Donald Trump a mis en place sa politique de tolérance zéro face à l’immigration illégale. Notamment des photos illustrant la séparation de plus de 2 300 enfants de leurs parents à la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Certaines de ces images sont fausses ou sorties de leur contexte et détournées. L'Agence France presse a mené l'enquête.

Après plusieurs semaines, Donald Trump a signé un décret mercredi 20 juin marquant son revirement vis-à-vis de cette politique de séparation. Mais le doute demeure sur le temps que mettront ces mineurs à retrouver leurs familles, ainsi que sur les images devenues symboles de la « tolérance zéro » de Washington.

Plusieurs images ont été largement partagées sur les réseaux sociaux or, comme indique une enquête de l’AFP, au moins trois d’entre elles n’illustrent pas les situations vécues par les 2 342 enfants détenus en raison de leur statut migratoire irrégulier.

C'est le cas de la photo emblématique de cette crise, celle de la fillette hondurienne, Yanela Varela, en larmes. Sur Twitter ou Facebook, elle est vite devenue un symbole de la douleur provoquée par la séparation des familles et de l'injustice du sort fait aux enfants. Au point queTime Magazineen a fait sa Une, dans un photomontage sur fond rouge où la petite fille fait face à un Donald Trump imposant, avec la simple légende : « Bienvenue en Amérique ».

La photo, qui a même contribué à déclencher des donations d'un total de plus de 18 millions de dollars à une association texane d'aide aux migrants appelée RAICES, a été prise dans la ville de McAllen, au Texas, par John Moore, un photographe qui a obtenu le prix Pulitzer et travaille pour l'agence Getty Images. Initialement, un article en ligne publié par le célèbre magazine américain affirmait que la petite fille avait été séparée de sa mère. Mais l’article a ensuite été corrigé : « La petite fille n'a pas été emmenée en larmes par des agents de la police frontalière des États-Unis, sa mère est venue la chercher et elles ont été emmenées ensemble ».

Malgré les attaques de sa Une jugée trompeuse, Time maintient la publication 

Au Honduras, la responsable de la Direction de protection des migrants au ministère des Affaires étrangères, Lisa Medrano, a affirmé à l’AFP que « la fillette, qui va avoir deux ans, n'a pas été séparée » de ses parents. Le père de l'enfant, Denis Varela, a également confirmé au quotidienWashington Post que sa femme Sandra Sanchez, 32 ans, n'avait pas été séparée de Yanela et que les deux étaient actuellement retenues dans un centre pour migrants de McAllen.

Malgré les attaques pour sa couverture, jugée trompeuse y compris par la Maison Blanche,Time a déclaré qu'il maintenait sa décision de la publier. «La photographie du 12 juin de la petite Hondurienne de 2 ans est devenue le symbole le plus visible du débat sur l'immigration en cours aux États-Unis et il y a une raison pour cela,a affirmé dans un communiqué aux médias américains le rédacteur en chef de Time, Edward Felsenthal. Notre couverture et notre reportage saisissent les enjeux de ce moment. »

Derrière une grille, des enfants... palestiniens dans une photo datant de 2010

Un autre cliché montre une vingtaine d’enfants derrière une grille, certains d'entre eux tentant d'y grimper. Il a circulé comme une supposée photo de centres de détention pour mineurs à la frontière mexicaine. Mais l’image a en réalité été prise en août 2010 par Abed Al Ashlamoun, photographe de l'agence EPA. Elle représente en réalité des enfants palestiniens attendant la distribution de nourriture pendant le ramadan à Hébron, en Cisjordanie.

Enfin, une troisième image est celle d'un enfant en train de pleurer dans ce qui semble être une cage, et qui remporte un grand succès sur Twitter : elle a été partagée au moins 25 000 fois sur le compte @joseiswriting.

Il s'agit en réalité d'un extrait d'une photo prise pendant une manifestation mettant en scène des arrestations d'enfants lors d'une manifestation contre la politique migratoire américaine. Il ne s’agit donc pas d’une preuve des conditions de vie dans les centres de détention de mineurs clandestins. Elle a été publiée le 11 juin dernier sur le compte Facebook de Brown Berets de Cemanahuac, un groupe de défense des droits de l’Homme et de la communauté latino aux États-Unis.

(Avec AFP)

Le sort des migrants fait l’actualité des deux côtés de l’Atlantique. Dimanche, un mini-sommet se tiendra à Bruxelles afin de réfléchir à des solutions européennes 16 pays ont d'ores et déjà indiqué qu'ils avaient l'intention d'y participer. L'Italie sera bien présente mais le nouveau gouvernement en poste à Rome maintient sa ligne dure à l'encontre des ONG qui viennent en aide aux migrants en Méditerranée. Après l'Aquarius, la semaine passée, un autre navire se voit aujourd'hui refuser l'accès à un port italien. Le Lifeline, affrété par une ONG allemande, transporte 224 hommes, femmes et enfants sauvés de la noyade. Le bateau attend actuellement une solution diplomatique dans les eaux internationales, à mi chemin entre Malte et l'Italie. Il a été refoulé par l'Italie, comme l'Aquarius la semaine passée, dont les rescapés avaient finalement été pris en charge dans le port espagnol de Valence, et par Malte.

Le navire, qui bat pavillon néerlandais, est soupçonné par les autorités italiennes d'avoir pris à son bord des migrants alors que les garde-côtes libyens étaient en train d'intervenir, en contravention donc du droit international. L'ONG allemande Lifeline, qui affrète le navire assure elle être venue en aide à des naufragés en perdition: environ 230 personnes dont 14 femmes et 4 enfants.

Par ailleurs les autorités italiennes assurent douter du pavillon néerlandais du bateau. Bateau pirate le Lifeline ? «Tous nos documents sont en ordre, tout est légal», a déclaré M. Steier, confirmant le pavillon néerlandais du navire et assurant ne pas «comprendre» ces accusations, rapporte l'AFP.

 En Italie le ton monte contre les ONG venant en aide aux migrants

Les migrants, un enjeu diplomatique

Plus au nord, en Sicile, devant le port de Pozzallo, l'Alexander Maersk, le bateau d'une ONG danoise, est aussi bloqué depuis vendredi, rapporte notre correspondante à Rome, Anne Tréca. Il transporte 110 migrants secourus et a été ravitaillé en vivres et produits de première nécessité. Mais l'équipage attend toujours l'autorisation d'entrer dans le port.

En fait Matteo Salvini, le ministre italien de l'Interieur, a fait de la guerre aux humanitaires étrangers opérant en Méditerranée une priorité, pour - dit-il «casser les affaires des trafiquants et des mafieux». Et de préciser : « L'Aquarius des français et l'Open Arms espagnole, actuellement en route vers la zone de secours, peuvent oublier l'Italie ». Avec ces coups de force, Rome veut obtenir une redistribution de l'accueil des migrants en Europe. Les hommes, les femmes et les enfants secourus en mer sont devenus les otages d'un jeu diplomatique.

Danilo CAMPAILLA / Mission Lifeline e. V. / AFP

Les organisations des médias dont l'Association des médias en ligne de la RDC, l'Union nationale de la presse du Congo, Journaliste en danger et d'autres experts juristes se sont réunis à Kinshasa pour analyser l'arrêté du ministère congolais de la Communication et des médias sur les médias en ligne. Un arrêté qui inquiète la profession.
Les conséquences de l’application de cet arrêté risquent d’étouffer ces médias en ligne et de restreindre davantage des espaces d’expression et de liberté que constituent ces médias aujourd’hui. Les médias en ligne constituent les principales sources d’information et des espaces d’expression parce qu’ils abordent toute sorte d’information pour le public et ils accordent aussi du temps et de l’espace pour les acteurs politiques qui ont besoin de s’exprimer aujourd’hui, surtout que nous, nous approchons des échéances politiques qui sont majeures.

vendredi, 22 juin 2018 12:03

Election en Turquie: Erdogan peut-il perdre?

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En Turquie, un peu plus de 56 millions d’électeurs sont appelés ce dimanche 24 juin aux urnes, pour des législatives à un seul tour, et le premier tour de la présidentielle. Un vote avancé de 16 mois et une campagne à l’image du pays : sous contrôle et sous tension. Depuis la tentative manquée de coup d’Etat en juillet 2016, le pays est secoué par de vastes purges, des milliers d’arrestations et de détention.

De notre envoyée spéciale à Istanbul,

Stands et camions avec musique à fonds, meetings parfois 5 fois par jours, la campagne électotale turque sature tout l'espace public. Un seul candidat surtout : lampadaires, balcons, panneaux publicitaires son visage s’étale à tous les coins de rues et à la télévision aussi où l’écrasant essentiel du temps d’antenne lui est consacré. Bref, Recep Tayip Erdogan est partout. Mais aux commandes du pays depuis 16 ans, le président est fatigué. Il se répète dans ses discours, tourne en rond. Une panne de prompteur lors d’un discours et c’est le silence : impossible désormais pour lui d’improviser.

Le président qui était le seul jusqu’ici à électriser les foules affronte aussi parmi tous ses adversaires, et c’est la première fois, une figure capable de lui tenir tête et de le défier dans la joute oratoire. Tout le pays suit désormais son ping pong verbal à distance avec Muharrem Ince, et c’est souvent musclé. « pauvre type » attaque un jour le président, réponse du candidat du vieux parti kémaliste : « il vaut mieux être un pauvre type qu’un corrompu ». Tabou levé dans un pays où l’insulte au président peut conduire à la prison.

Le visage de Recep Tayyip Erdogan s’étale à tous les coins de rues.REUTERS/Stoyan Nenov

Les électeurs peu diserts

Violence verbale chez les candidats, tension chez les électeurs : une société si polarisée désormais que l’échange entre pro et anti Erdogan se résume de plus en plus à des menaces. Mais ce qui résonne le plus fort dans le pays, c’est le silence des électeurs. Suivre un candidat de l’opposition en campagne, c’est enchaîner les serrages de main et les distributions de tracts et attendre que la discussion s’engage, le plus souvent sans succès. Certes, on peut sans grande difficulté évoquer avec les passants la crise économique qui fait sentir ses premiers effets et qui a motivé, disent les observateurs, l’avancement de la date des élections de près d’un an et demi. Le chômage augmente, environ 10% désormais, la livre turque bat des records à la baisse, l’inflation à deux chiffres ampute le pouvoir d’achat et ralentit l’activité des entreprises et des petits commerces. Mais de là à conclure que la réussite économique qui avait tant porté le président Erdogan lui coûtera des points dans les urnes.. difficile à dire. C’est un critère de vote, mais c’est loin d’être le seul.

Au fonds de sa boutique un commerçant du centre d’Istanbul accepte de livrer ce qui le préoccupe : « le gouvernement actuel s’est bien débrouillé au début, l’économie est revenue sur les rails, le pouvoir a su investir dans les services publics comme les hôpitaux, mais la moitié du pays en ce moment n’est pas contente du tout. Bien sûr la stabilité politique, la plupart du temps, ça veut dire stabilité économique. Mais je suis sûr que si on levait l’état d’urgence (ndlr : renouvelé 7 fois depuis avril), ça améliorerait l’état de l’économie. Moi, je suis un citoyen banal, l’état d’urgence ne m’impacte pas et quoiqu’il arrive je m’en sors à la fin du mois. La crise ne m’a pas affecté. Mais quand j’ai réfléchi aux élections, à mon bulletin de vote, j’ai pensé au bien de mon pays, à son avenir. Le fait est qu’il n y a plus aucune confiance dans la justice, et que quand on sort de chez soi, quand on prend le métro ou le bus, on ne voit plus aucun sourire sur les visages.  Ca me rend très triste, très malheureux et c’est ça qui va motiver mon vote. Je vais voter pour la personne qui mettra l’argent au service du pays, et aussi pour quelqu’un qui ne va pas étouffer le peuple ». Un réquisitoire sévère contre le pouvoir mais à l’abri des oreilles indiscrètes et des passants qui flanent dans le climat moite, chaud et orageux de ce début de vacances scolaires.

Une chape de plomb sur la Turquie

Pour Kadri Gürsel, journaliste à éditorialiste critique du pouvoir au quotidien Cumhuriyet (il a déjà fait 11 mois de prison), depuis la répression qui a suivi la tentative ratée de coup d’état en juillet 2016, le pays vit désormais sous une chape de plomb : « il y a une spirale de la peur dans la société, c’est une tendance bien établie. Les gens ont peur de s’exprimer, seuls un quart des turcs déclarent avoir le courage ou l’intention de s’exprimer sur les réseaux sociaux. L’environnement où les gens se sentent le plus libre, c’est en famille. Les gens se referment. Il y a une paranoïa qui augmente. Est-ce qu’ils ont peur de l’opposition ? Est-ce que ça vous paraît logique ? non, ça ne me paraît pas logique ».

Le pari risqué de Recep Tayip Erdogan

« Pas logique » : ça l’est en tout cas pour la partie de la société opposée au président. Car il y a aussi dans le pays encore une adhésion à la personnalité et à la politique du président Erdogan. Un soutien qui va bien au-delà des militants de l’AKP qui applaudissent quand le président-candidat qualifie l’alliance des partis d’opposition de « terroristes » ou les électeurs qui pourraient se détourner de lui de lui de « mécréants ». Une partie de la classe moyenne à la fois conservatrice sur les questions de religion et demandeuse de stabilité s’interroge mais n'a pas forcément décidé, dit l’universitaire Ali Bayramoglu, de retirer son soutien au pouvoir : « si Recep Tayip Erdogan gagne depuis si longtemps les élections, c’est qu’il a ouvert les places dans le système aux croyants. Ils ont eu le droit de faire des études universitaires avec le voile, d’être fonctionnaires. Il y a eu partage du pouvoir politique et économique. Les électeurs vont voter sur ce contexte : pour les séculaires, contre l'autoritarisme, la personnalisation du pouvoir, pour les conservateurs le motif le plus important c’est : 'même si je n’aime pas Erdogan, s’il perd, moi aussi je perds' ».

Le soutien à l’homme fort de la Turquie depuis 16 ans se fissure, mais impossible de savoir à quel point et surtout dans quelle mesure cela se traduira dans le vote dimanche. Reste qu’aujourd’hui personne dans ce pays soumis à une forte pression et à une polarisation exacerbée n’imagine Recp Tayip Erdogan perdre totalement le pouvoir. Etre contraint à un second tour et perdre la majorité à l’assemblée serait déjà perçu comme une très grande défaite. Surtout que dans cette toute dernière ligne droite, les rumeurs les plus folles au sujet de l’organisation d’une fraude électorale circulent. Au fond tout se passe comme si l’enjeu de ce double scrutin était surtout d’évaluer le niveau d’influence perdu par le président.

RFI

Ce 22 juin 2018, le Palais des Congrès de Paris accueille la toute première édition du Forum des Diasporas africaines. Organisée par des clubs de réflexion et des associations africains, en collaboration avec l’Institut de Prospective économique du Monde méditerranéen (Ipemed) et le magazine du commerce international Classe Export, cette rencontre invite les participants venus du monde économique et politique à réfléchir sur le rôle central que les diasporas africaines seront appelées à jouer dans le partenariat économique euro-africain renouvelé.

« Avec 8,5 millions de personnes réparties dans toute l’Europe, dont 3,5 millions en France, nous représentons un potentiel humain et économique hors du commun. Parce que nous avons grandi un pied ici, un pied là-bas, nous sommes empreints d’une double culture qui caractérise nos appartenances identitaires multiples, européennes et africaines : un atout pour relier nos deux mondes et mettre en commun des représentations de valeur solidaire… »

Ainsi commence la tribune publiée dans le quotidien Le Monde par le collectif d’associations franco-africaines qui organise, ce 22 juin 2018, un Forum inédit des diasporas africaines, à Paris. Longtemps reléguées à l’invisibilité et l’insignifiance, les diasporas africaines de France et d’Europe se proposent désormais de s’organiser, mobiliser et compter dans la vie publique pour, comme elles l’écrivent, « accélérer l’intégration des deux continents ». « Le moment est venu de mettre les diasporas au cœur du co-développement euro-africain », affirme Jean-Louis Guigou de l’association Ipemed qui pilote le Forum des diasporas africaines en collaboration avec Classe Export, le bimestriel francophone du commerce international.

« Depuis le 21 novembre dernier, lorsque l’Elysée a confirmé son parrainage pour cet événement, nous travaillons d’arrache-pied pour rapprocher les points de vue des membres du conseil d’orientation du Forum des diasporas, explique pour sa part Marc Hoffmeister, éditeur de Classe Export. Ce dernier ne tarit pas d’éloges sur la créativité et le dynamisme de la jeune génération de Franco-Africains avec lesquels ils ont monté le projet. « Leurs compétences seront un atout, ajoute-t-il, pour la mise en œuvre de la nouvelle vision du partenariat économique entre l’Afrique et la France que les dirigeants français veulent promouvoir depuis l’élection à la présidence d’Emmanuel Macron. »

De l’arrimage au « mariage »

Une vision que partage à 100% Jean-Louis Guigou, initiateur du projet du Forum des diasporas africaines et fondateur de l’Ipemed, un think-tank qui œuvre pour le rapprochement des pays de l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe. L’homme cite de mémoire les propos tenus par le président Macron, le 29 août 2017, devant les ambassadeurs de France : «  la stratégie que je veux mettre en œuvre consiste à créer un axe intégré entre l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe… Nous devons arrimer ensemble, enfin, les continents européen et africain, à travers la Méditerranée, le Maghreb restera pour cela une priorité centrale pour la France… C’est en Afrique que se joue largement l’avenir du monde  ».

Jean-Louis Guigou va plus loin. Il n'hésite pas de parler de « mariage  » entre les deux continents pour mieux faire face aux défis des ensembles géo-économico-politiques en train de se mettre en place à travers le monde. « Je suis, confie-t-il, un militant forcené de la régionalisation de la mondialisation. C’est d’ailleurs ce qui est en train de se passer d’une part en Asie avec la Chine et autres dragons et tigres de la sous-région et avec les deux Amériques d’autre part. Sans la mise en place d’un axe Afrique-Méditerranée-Europe fort, l’Europe sera étouffée par le G2 sino-américain. Il y va de notre indépendance économique et de notre survie en tant que civilisation ». Pour Guigou, il n’y a pas de doute, «  ce sont les diasporas africaines qui seront les acteurs privilégiés de l’intégration euro-africaine » qu’il appelle de tous ses vœux. « Avec un pied au Nord et l’autre au Sud, ils sont plus à même que n’importe qui d’autre, croit-il, de susciter un désir d’Europe en Afrique et un désir d’Afrique en Europe, en réconciliant les anciens colonisés avec leurs anciens colonisateurs ».

La tribune que le fondateur de l’Ipemed a signé avec 18 autres personnalités dont la plupart des binationaux, ne dit pas autre chose lorsqu’elle affirme : « Les diasporas africaines sont créatrices de valeurs au Nord mais aussi au Sud. Au-delà du soutien économique à leurs pays d’origine, elles représentent un énorme potentiel pour les pays d’accueil en offrant des horizons nouveaux en termes de modes de production, de consommation et d’échange, de nouveaux marchés, en ressources humaines et en brassage des cultures favorisant la cohésion sociale ».

De l’invisibilité à l’émergence

Or la diaspora africaine n’a pas toujours eu bonne presse. Les Africains sont arrivés en France à la faveur de la colonisation, d’abord en tant que tirailleurs pour combattre les ennemis de la « mère-patrie » durant les grandes guerres, puis en tant qu’étudiants, enfin en tant que travailleurs pendant les premières décennies postcoloniales. Ils ont été ouvriers à la chaîne que la France des Trente Glorieuses était allée chercher aux fins fonds du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne pour faire tourner ses usines. Ils ont aussi été - et beaucoup le sont encore - balayeurs, éboueurs, préposés à des tâches subalternes. A ce titre, ils font partie d’une communauté noire invisible, victime de l’arrogance de leur société d’accueil. Bien qu’elles soient essentiellement composées de descendants de ces premiers arrivants, les diasporas africaines en Europe aujourd’hui ont gagné en visibilité à cause du haut niveau d’études et de compétences des nouvelles générations, formées en Occident, qui sont arrivées sur le devant de la scène.

Le Forum des diasporas africaines de France le 22 juin 2018 au Palais des Congrès à Paris. © DR

Combien sont-elles ? Selon l’Union africaine qui qualifie les diasporas africaines comme la « sixième région du continent », celles-ci se répartissent de la manière suivante : 112,65 millions de personnes en Amérique latine, 39,16 millions en Amérique du Nord, 13,65 millions aux Caraïbes et 3,51 millions en Europe. Les principaux pays d’accueil en Europe sont la France (à hauteur de 55%), le Royaume-Uni et l’Italie, suivis de l’Allemagne, la Belgique, le Portugal et les Pays-Bas.

Au poids démographique des diasporas africaines, s’ajoute le poids économique grandissant, comme en témoignent les transferts de fonds effectués par les migrants et les binationaux africains vers leurs pays d’origine. Selon l’African Institute for Remittances, ce montant s’élevait à 65 milliards de dollars pour l’ensemble du continent en 2017 contre 44,3 milliards en 2007. Qui plus est, cette somme dépasse l’aide publique au développement versée par les pays développés à l’Afrique, mettant en exergue le rôle fondamental désormais des diasporas africaines dans le développement du continent. Les experts soulignent toutefois que ces transferts de fond sont généralement affectés aux besoins quotidiens tels que soins, santé, scolarité, logements. Elles ne sont pas investies dans l’économie à travers la création d’entreprises ou encore le financement d’infrastructures.

Un autre problème que soulève la question de transferts de fonds par des particuliers vers le continent est celle des frais d’envoi qui restent plus importants en Afrique que dans le reste du monde puisqu’ils s’élèvent en moyenne à 10% de la somme envoyée. Ce chiffre atteint 14,6% en Afrique australe.

La grammaire du co-développement

Comment la manne financière des diasporas peut être mieux orientée pour que les économies africaines puissent en profiter ? Comment contraindre les deux grosses multinationales de transfert d’argent, à savoir le groupe Western Union et  Money Gram, via lesquelles l’essentiel des opérations de transfert d’argent vers l’Afrique sont effectuées, à pratiquer des taux plus justes sur le continent ? Telles sont quelques-unes des questions qui seront évoquées pendant les deux conférences et les quatre tables rondes qui ponctueront le premier Forum des Diasporas africaines qu’accueillera Paris ce 22 juin.

Au cœur des débats, rappelle Jean-Louis Guigou, « le nouveau rôle des diasporas africaines dans un paysage politique et économique remodelé par la mondialisation ». « Tout au long de cette journée, prévient l'organisateur, notre objectif sera de trouver les modalités d’un co-développement partagé entre la France et l’Afrique et au-delà entre l’Europe et l’Afrique, dont seul les familiers des deux régions, comme le sont les binationaux des deux continents, connaissent la grammaire  ».

RFI

Des supporters sénégalais se sont distingués après la victoire face à la Pologne en nettoyant leurs tribunes, au Stade du Spartak Moscou. Mais lors du prochain match, le 24 juin à Ekaterinbourg, ils feront face aux fans japonais, champions du monde en la matière…

De notre envoyé spécial à Moscou et à Kalouga,

Si les footballeurs sénégalais ont séduit en battant la Pologne 2-1, dans le groupe H de la Coupe du monde 2018, leurs supporters se sont aussi taillé une jolie réputation, le 19 juin dernier. Dans une vidéo devenue virale, on voit en effet certains d’entre eux nettoyer les tribunes du stade du Spartak Moscou. Un geste assez rare dans le monde du ballon rond où les spectateurs (et les journalistes…) sont plutôt habitués à laisser des monceaux de déchets derrière eux.

« Nous avons accueilli avec beaucoup de satisfaction et beaucoup de fierté cette action parce qu’elle n’est pas commune au Sénégal, souligne Saer Seck, le premier vice-président de la Fédération sénégalaise de football. Les supporters sénégalais savent parfaitement qu’ils sont à la Coupe du monde, qu’ils sont les porte-drapeaux et les ambassadeurs du Sénégal, et ce qu’ils se trouvent dans les stades ou dans les rues ».

« Une image que l’on n'a pas l’habitude de voir dans nos stades »

Youssouph Bodian, journaliste pour la radio RFM, a, lui aussi, été surpris lorsqu’il a visionné la scène. « Ce n’est pas une image que l’on a l’habitude de voir dans nos stades, explique-t-il. Chez nous, ils sont nettoyés par le personnel. Les gens sont plutôt habitués à laisser leurs ordures sur place. C’est une première pour nous de voir des supporters sénégalais se préoccuper de leur environnement ».

Youssouph Bodian salue en tout cas également l’initiative : « C’est peut-être le début de quelque chose. Peut-être qu’ils vont le refaire lors du deuxième et du troisième match et y prendre goût. Et lorsqu’ils rentreront au Sénégal, peut-être que d’autres vont suivre. »

Une habitude du football japonais

Novices dans cette nouvelle discipline, les supporters sénégalais sont par ailleurs loin de partir favoris face à leurs homologues japonais, le 24 juin prochain à Ekaterinbourg. Les fans des « Samurai Blue » se prêtent en effet avec grâce et abnégation à cet exercice depuis la première Coupe du monde du Japon, en 1998.

Rien d’étonnant dans un pays où les écoliers nettoient souvent eux-mêmes leurs salles de classe. Mais c’est devenu quasiment systématique, si l’on en croit Yuya Kozaki, journaliste pour la chaîne NTV Japan. « ça fait à peu près dix ans que les fans de l’équipe nationale nettoient leurs places. Ceux qui assistent aux matches de J-League [la première division japonaise, Ndlr] le font aussi, explique-t-il. J’ai l’impression que c’est quelque chose qui concerne surtout le football. Après les matches de rugby aussi, ça se passe de cette manière-là, même si on voit surtout ça dans le foot ».

« Les Japonais sont assez forts, en matière de nettoyage »

Yuya Kozaki émet une hypothèse sur l'origine du phénomène : « Lors d’un match de Coupe du monde, les Japonais ont laissé un stade pas très propre. Ça a fait des vagues au Japon. On en a parlé dans les médias pour souligner que ce n’était pas bien. Du coup, les supporters ont pris ces critiques au sérieux et maintenant ils se comportent bien ! »

Ils seront même imbattables en matière de propreté, assure Yuya Kozaki. « Les Japonais sont assez forts, en matière de nettoyage, rit-il. Ils ne vont pas nettoyer que leurs propres places au stade, mais aussi celles des autres spectateurs autour d’eux. Je suis sûr qu'ils vont battre les supporters sénégalais ! »

REUTERS/Christian Hartmann

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