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Claire Levenson slate.fr

Le scandale de l'eau contaminée au plomb à Flint, dans le Michigan, montre encore une fois l'indifférence des autorités devant l'exposition des minorités pauvres à des conditions environnementales dangereuses.

L'homme avec le masque

Hubert Roberson, habitant de Flint, dans le Michigan, pour souligner lors d'une marche organisée par le révérend Jesse Jackson la nécessité d'une eau non contaminée, à Flint, le 19 février 2016 | BILL PUGLIANO/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP


Pendant dix-huit mois à Flint, dans le Michigan, les habitants de la ville ont bu une eau contaminée au plomb car les autorités locales ont voulu économiser de l'argent en utilisant l'eau de la rivière locale pour alimenter les robinets. Cela faisait plusieurs mois que la population se plaignait de l'eau jaunâtre et de symptômes inquiétants, comme la perte de cheveux et les vomissements. Sans parler du fait que le plomb affecte le développement du cerveau des enfants sur le long terme.
Pour cette eau toxique, les habitants payaient un des prix les plus élevés du pays, soit près de 100 dollars par mois. Les résidents et les associations avaient commencé à dénoncer la situation depuis avril 2014 mais la réaction des autorités s'est fait attendre, jusqu'à ce que le président Barack Obama déclare l'état d'urgence le 16 janvier 2016. Puis que la candidate à l'investiture démocrate Hillary Clinton dise deux jours après:

«Nous serions scandalisés si cela arrivait à des enfants blancs, et nous devrions être scandalisés que cela arrive en ce moment à des enfants noirs.»


Le 6 mars, Hillary Clinton et son rival Bernie Sanders se sont affrontés dans un débat organisé à Flint et les deux candidats ont appelé à la démission du gouverneur de l'État, Rick Snyder, qui a mis trop de temps à réagir face à ces problèmes.

Des bénévoles chargent des packs d'eau d'un centre de distribution gratuite dans des voitures à Flint, dans le Michigan, le 5 mars 2016 | Geoff Robins/AFP
Ce désastre, loin d'être une anomalie, est un type d'incident familier aux États-Unis: les habitants d'une ville pauvre –à majorité noire et latino, près de 60% dans le cas de Flint– sont exposés à des conditions environnementales dangereuses, dans l'indifférence des autorités.


Ce scénario s'est tant répété par le passé que, dans les années 1980, un concept a été créé pour le décrire: le racisme environnemental, soit l'idée que les Afro-Américains (et autres minorités ethniques) se retrouvent de manière disproportionnée à vivre dans des endroits où l'eau, l'air et la terre sont tellement pollués que cela représente un danger sanitaire.


«Violence étatique»


En 2014, une étude de l'université du Minnesota a montré qu'aux États-Unis les membres des minorités ethniques étaient en moyenne exposés à des taux de dioxyde d'azote 38% plus élevés que les blancs. Ce polluant produit en partie par les voitures et certaines usines a été lié à l'asthme et aux crises cardiaques.
L'injustice environnementale touche en majorité les populations pauvres, quelle que soit leur couleur de peau, mais aux États-Unis les populations pauvres sont bien souvent des populations noires et latino. Et une étude de 1987 a montré que, même à salaires égaux, les noirs avaient plus tendance à vivre dans des zones polluées. Selon une étude de 2007 de l'université du Michigan, les minorités ethniques représentent 69% de la population dans les quartiers américains qui ont des décharges de déchets toxiques.

Les jeunes afro-américains victimes de la crise


Pour le sociologue Robert Bullard, qui écrit sur ces questions depuis trente ans, Flint n'est pas une surprise:
«Ma première réaction, c'était de dire: rien de nouveau, a-t-il déclaré au site Alternet. Ce qu'il se passe à Flint est un cas typique de racisme environnemental...Cela indique que l'État du Michigan pense que les résidents de Flint ne méritent pas d'être protégés comme les autres. Ils ne méritent pas les protections qui auraient été mises en place s'ils n'avaient pas été pauvres et majoritairement afro-américains.»


Aux États-Unis, en 2014, les membres des minorités ethniques étaient en moyenne exposés à des taux de dioxyde d'azote 38% plus élevés que les blancs
«La crise à Flint n'est pas un incident isolé. L'eau contaminée ou le manque d'accès à de l'eau potable sont des formes de violence étatique fréquentes dans les villes et les quartiers noirs.»
Dan Kildee, le représentant au Congrès du district dont fait partie Flint, a ainsi décrit le type de discrimination à l'œuvre:
«Ce n'est peut-être pas intentionnel mais il y a un préjugé implicite contre les vieilles villes industrielles avec beaucoup de pauvreté et une majorité d'habitants issus des minorités. C'est difficile pour moi d'imaginer la même indifférence si cela s'était passé dans une ville plus riche.»
Déchets toxiques
Parmi les autres lieux symboliques de cette forme de discrimination, il y a l'allée du cancer en Louisiane (Cancer Alley), avec une concentration de 150 usines et raffineries dans un corridor de 135 kilomètres entre La Nouvelle-Orléans et Bâton-Rouge. Dans une petite ville comme Norco, où la majorité de la population est noire, de nombreuses personnes ont développé des maladies respiratoires et des cancers et un tiers des enfants de la ville souffrent d'asthme et de bronchites chroniques. Il a fallu la détermination d'une militante locale, Margie Richard, qui a grandi à moins de dix mètres d'une usine chimique, pour que la compagnie pétrolière Shell dédommage les résidents vivant à proximité et paye des frais de relogement.
Même type de scénario à Dickson, dans le Tennessee, où, depuis les années 1970, des déchets toxiques contenant du trichloréthylène, une produit cancérigène, avaient contaminé l'eau d'un quartier noir, où les taux de cancers étaient anormalement élevés. En 2002, la résidente Sheila Holt-Orsted a commencé à enquêter et s'est rendu compte que, dans les années 1990, les autorités avaient alerté des familles blanches des problèmes de qualité de l'eau mais pas les noirs. Après neuf ans de batailles judiciaires contre la ville et le comté, Sheila Holt-Orsted a fini par obtenir des dommages et intérêts pour sa famille, ainsi que l'assurance que les résidents du quartier auraient accès à de l'eau municipale propre.
Plus récemment, en août 2015, une résidente d'Uniontown, en Alabama, a porté plainte pour discrimination auprès de l'EPA, l'agence pour la protection de l'environnement. En 2008, environ 4 millions de tonnes de cendres de charbon, qui contiennent de l'arsenic, du plomb et du mercure, ont été déversées dans une décharge à ciel ouvert dans cette ville où 90% des habitants sont noirs.

XyNazia Skinner, 7 ans, brandit un panneau pour réclamer un accès à une eau potable propre, à Flint, dans le Michigan, le 19 février 2016 | BILL PUGLIANO/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP
De même, si le taux de plomb dans le sang des enfants de Flint a fait la une des journaux, ce n'est pas un cas isolé. Dans onze villes du New Jersey, le pourcentage de jeunes affecté par ce problème est encore plus élevé. La composition démographique de ces villes illustre bien la notion de racisme environnemental: à Irvington, où 8,7% des enfants ont des taux de plomb considérés comme élevés (contre 7% à Flint), la population est noire et latino à 95% et, à Atlantic City, où 10% des enfants sont affectés, 68% de la population est noire ou latino.
La réaction du gouverneur républicain de l'État –Chris Christie, un ancien candidat à la présidentielle qui soutient désormais la campagne de Donald Trump– est également typique de ce genre de cas: il a mis son veto à une loi qui aurait débloqué de l'argent pour enlever la peinture au plomb des logements en question.
Dans une trentaine d'écoles publiques de Newark, dans le New Jersey, où 88% de la population est noire et latino, les autorités viennent de fermer les fontaines à eau après que des taux élevés de plomb ont été détectés.
Droits civiques
La lutte environnementale contre ce type de problème est devenue une continuation du combat des droits civiques des noirs aux États-Unis. Par exemple, l'organisation de défense des droits des Afro-Américains, la NAACP, qui a été créée en 1909, a depuis 2009 une équipe spécialisée dans la justice environnementale. En 2008, elle a lancé une campagne pour faire fermer des usines à charbon situées proches de quartiers résidentiels.
Les tentatives de résistance contre la pollution de certains quartiers et villes ont débuté dans les années 1960 mais le mouvement pour la justice environnementale est réellement né en Caroline du Nord au début des années 1980, lorsque 55.000 tonnes de déchets toxiques ont été déversés à Afton, une petite ville pauvre de Caroline du Nord à majorité noire. Inquiets de l'impact de cette décharge, les résidents ont organisé plusieurs semaines de manifestations contre l'arrivée des camions. Pour la première fois de l'histoire américaine, environ cinq-cents personnes ont été arrêtées pour avoir résisté à la création d'une décharge toxique.
À l'époque, un journal avait décrit ces manifestations comme «le plus grand mouvement de désobéissance civile dans le Sud depuis que Martin Luther King Jr. a organisé des marches de protestation en Alabama».
Au bout du compte, les résidents ont perdu leur combat –la décharge n'a pas été relocalisée et le site n'a été nettoyé qu'en 2004– mais leurs actions ont attiré l'attention des médias nationaux. Et des militants des droits civiques se sont joints à leur cause, faisant de la lutte environnementale un prolongement des luttes antiracistes.
Plus de trente ans après, à Flint, on retrouve la même convergence entre lutte antiraciste et lutte environnementale. La NAACP pousse pour qu'il y ait une enquête du ministère de la justice afin de déterminer si les droits civiques des habitants de Flint ont été baffoués. Et les militants de l'association ont également menacé des actions de désobéissance civile si le gouverneur ne faisait pas rapidement changer les tuyaux d'alimentation d'eau. Pour l'instant, les habitants continuent d'utiliser de l'eau en bouteille pour faire la cuisine, boire et se laver.

Claire Levenson (
Journaliste

 

Tivaoune, une ville sainte à découvrir durant le mois béni du Ramadan par Marie Joseph de jumia

Pour bon nombre de Sénégalais musulmans, le mois béni du Ramadan est aussi une occasion unique pour partir à la découverte des lieux Saints parmi lesquelles Tivaoune (la cité Tijaniyya), une localité située à moins de deux heures de route de Dakar. Un déplacement nécessaire pour se ressourcer en cette période de bénédictions.

Surnommée aussi le « Remède », Tivaoune est l'une des plus importantes villes religieuses au Sénégal. Chaque année la ville Sainte, accueille des pèlerins de nationalité et d'ethnie diverses, à la rencontre des enseignements de l'Islam. Les enseignements que reçoivent les fidèles qui font le déplacement sont souvent dispensés par les marabouts eux même, ce qui souvent donne le caractère d'une grande université populaire.

Le Ramadan est une période très instructive pour les pèlerins. « Nous recevons beaucoup d'appels pour des renseignements à destination de Tivaoune, et les autres villes religieuses comme Touba depuis le début du Ramadan. On ne peut pas parler véritablement de tourisme religieux, mais il y a un vrai engouement », explique Ismael Cabral Kambell, de la plateforme de voyage Jumia Travel.


Entre jeûne et enseignements, sans oublier la chaleur qui bat son plein, autant dire qu'il faut être endurant pour le supporter tout au long de la journée. Mais la motivation est grande pour les croyants qui se retrouvent dans la ville Sainte, car le Ramadan est une période intense sur le plan spirituel, loin de l'agitation des grandes villes comme Dakar. Une fois le soleil couché, la ville s'anime, un peu partout des coupures de jeûne (N'dogou) gratuits. L'idéal est que tous les habitants rompent le jeûne ensemble et en même temps.

La Tijaniyya trouve son origine vers 1781 lorsque Cheikh Ahmed At-Tijani, à 46 ans, pendant une retraite spirituelle à Boussemghoun (Algérie), a eu une vision. Le Prophète Mohamad (PSL) lui ordonne d'abandonner toutes ses affiliations précédentes. Son ordre prend rapidement une expansion importante sur la région, ce qui provoque l'inquiétude des autorités du royaume d'Alger. Il prépara donc son exil vers le Royaume de Maroc suite aux inquiétudes du Dey d'Alger. Le 22 juillet 1799 (18 Safar 1214 de l'Hégire), Ahmed reçoit le statut de Pôle caché.

Mais c'est du Maroc, à Fez précisément, où il s'installa définitivement et mourut. Au Sénégal, la Tijaniyya se propagea grâce à El Hadj Omar Foutiyou Tall (1764 et 1864). Lors du pèlerinage qu'il effectua à la Mecque en 1827, le vénéré Cheikhou Omar avait fait la connaissance de Cheikh Muhammed El Ghali, un des disciples directs du fondateur de la Tijaniyya qui, impressionné par les qualités intellectuelles, morales et spirituelles du Sénégalais, l'initia à la doctrine tijane, avec pour mission de diffuser celle-ci en Afrique au Sud du Sahara.

Marie Joseph/ Jumia Travel

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Le président américain Donald Trump a annoncé le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris. Une des conséquences immédiatement mesurable de ce retrait, c'est un déficit de deux milliards de dollars du « fond vert » qui doit permettre aux pays les plus vulnérables de mettre en place des projets pour combattre les effets des changements climatiques.

A ce jour, seul un des trois milliards de dollars promis par Barack Obama a déjà été versé au « fond vert ». Les deux milliards devraient donc manquer pour les initiatives des pays les plus vulnérables.

Pour Seyni Nafo, président du groupe des négociateurs africains sur le climat, et ambassadeur climat pour le Mali, les répercussions négatives ne sont pas que financières : « Ceci n’est pas une surprise, mais c’est un coup dur pour au moins trois raisons. La première déjà, c’est quand même un coup dur pour la science et la communauté scientifique de manière générale. Le dérèglement du climat est une réalité et c’est une réalité qui concerne le monde et la planète. Deuxièmement, c’est un coup dur pour le multilatéralisme et la communauté internationale puisque c’est sur la base de cette première réalité du dérèglement climatique en tant que phénomène global que la communauté internationale s’est mobilisée pour négocier et signer l’Accord à Paris, le ratifier dans des délais sans précédent. Troisièmement, c’est un coup dur pour les pays vulnérables que nous représentons qui n’ont pas créé ce phénomène, qui doivent faire face à d’autres défis tels que la lutte contre la pauvreté et l’accès au développement durable. Donc, c’est un coup dur pour au moins ces trois raisons. C’est une gifle en fait ».

Même sentiment d’inquiétude pour Haïdar el-Ali. Pour l’ancien ministre de l'Environnement et secrétaire général de la Fédération démocratique des écologistes du Sénégal (FDES), le retrait des Etats-Unis signe probablement l'arrêt de mort de l'Accord de Paris : « En Afrique, on a très peu été soutenus pour l’environnement. Moi, j’avais dit au président Obama, quand il m’a serré la main, que seul un plan Marshall pour l’environnement en Afrique, j’aurais été séduit si cette question capitale était prise en compte. Mais voilà que Trump sort de l’Accord. Vingt ans de négociations pour rien parce que, s’il sort de l’Accord, tout le monde le suit pour sortir parce que les Accords de Paris, c’est une contrainte pour les pays qui veulent les suivre, une contrainte économique. Cela veut dire que les Etats-Unis s’ils en sortent seront plus concurrentiels économiquement que les autres puisqu’ils n’auront pas ces contraintes. Cela veut dire que les Russes, les Chinois, ils ne vont pas comprendre d’être tout seuls à vouloir suivre les Accords contraignants financièrement alors que les Etats-Unis pollueurs ne suivent pas. Je suis désolé, mais moi je pense que tout cela va se casser la gueule. On va se retrouver à la COP 100, tous les scientifiques seront autour d’un seul arbre qui reste. Ils vont dire alors on le coupe maintenant ou on attend la COP 101. C’est tout ce qui va se passer. Pour, moi c’est la mort de l’Accord de Paris ».

Et pour l’ancien ministre, cette sortie n’est pas une surprise, mais il est très amer après l'annonce de ce retrait américain : « On a mis une vingtaine d’années pour trouver un accord. Et voilà qu’en cinq minutes, le président américain veut en sortir. C’est inquiétant parce que la planète souffre des dérives de notre société dans sa surconsommation, surproduction. L’Afrique, le continent pauvre, paie les pots cassés de ce réchauffement climatique. Et voilà que l’entreprise américaine, parce qu’en fait il s’agit d’une grosse entreprise multinationale qui s’en fout un peu de la planète, elle l’a longtemps prouvé. Elle n’est pas dans la CPI [Cour pénale internationale]. Les Etats-Unis c’est le plus grand pollueur avec les Chinois bien sûr maintenant. Donc on est inquiets. Maintenant que faire ? C’est dommage pour la planète, c’est dommage pour l’humanité. Cela va surtout causer que, du fait que nos pays sont pillés par des multinationales, pillés par des mafieux chinois et autres, au niveau halieutique, au niveau minier, au niveau forestier. Nos enfants n’ont plus le choix que de prendre la pirogue pour aller vous rejoindre là-bas dans vos soi-disant eldorados. Donc ça va donner que les pirogues vont augmenter, le ventre de l’Atlantique va se nourrir et nos enfants vont en souffrir encore ».

RFI

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Au Sénégal, les législatives se tiendront dans deux mois. Avec le retour sur le devant de la scène d'Abdoulaye Wade, l'ex-président n'a pas réussi à conserver la large coalition de l'opposition mise en place en mars. Khalifa Sall qui était au sein de cette alliance sera, comme l'ex-président, tête de liste. Une opposition divisée donc face à une majorité qui bouillonne et que le président Macky Sall cherche à contenir.

Macky Sall a-t-il étudié de près la méthode Emmanuel Macron ? En cultivant par exemple comme son homologue français, le secret. Le chef de l'Etat se fait rare dans les médias et rien ou presque n'a fuité sur les listes des candidats-députés de la coalition qu'il préside.

Les seuls noms divulgués montrent l'exigence du chef de l'Etat à l'encontre de son gouvernement. Le Premier ministre, Mahamad Boun Abdallah Dione, est tête de liste nationale. Le ministre des Finances, Amadou Ba, sera responsable de la bataille de Dakar face au maire en prison Khalifa Sall. En cas d'échec, le gouvernement, qui va devoir présenter son bilan, pourrait servir de fusible.

Autre point commun entre les présidents français et sénégalais : la soif ou la promesse d'un renouveau politique. Ce n'est pas officiel et Macky Sall s'attend à une fronde, mais le chef de l'Etat a visiblement décidé que de nombreux députés de la majorité qui siègent depuis quatre ans à l'Assemblée ne seront pas candidats à un nouveau mandat en juillet prochain. Le but de cette stratégie du président : secouer ses troupes, obliger tout le monde à travailler d'arrache-pied et rappeler que Macky Sall est bien le patron de la majorité.

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Le champion d'Angleterre Chelsea a reçu une prime record de 172 millions d'euros, a annoncé vendredi la richissime Premier League qui a redistribué 2,7 milliards d'euros à ses 20 pensionnaires au terme de la saison 2016-2017, la 1re depuis l'entrée en vigueur des nouveaux droits TV.

Les "Blues" ont ainsi touché près de 70 M EUR de plus que ce qu'avait obtenu Leicester l'an dernier pour son titre surprise. Les inconnus Foxes avaient ainsi reçu "seulement" 106 M EUR en 2016. Un an plus tard, ils ont touché 133,5 M EUR en n'étant que 12es du championnat.

Les droits TV constituent la majeure partie des primes redistribuées aux clubs de Premier League. Conséquence de leur explosion, la lanterne rouge 2017 Sunderland a reçu autant (106 M EUR) que le champion en 2016.

Tottenham, le dauphin de Chelsea, s'est lui vu octroyer 166 M EUR après sa belle saison. Une somme toutefois légèrement inférieure à celles reçues par Manchester City (168,5 M EUR) et Liverpool (167,5), qui suivent pourtant les Spurs au classement mais qui ont bénéficié d'une meilleure exposition médiatique.

Le nouvel accord de répartition des droits TV pour les clubs de l'élite anglaise, valorisé à hauteur de 7 milliards d'euros pour la période 2016-19, est entré en vigueur l'été dernier.

RFI

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Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, a annoncé ce vendredi 2 juin la mise en place d’un congé maternité unique pour toutes les femmes. C’est une mesure promise par Emmanuel Macron pendant sa campagne.

La mesure annoncée devrait concerner toutes les femmes, indépendamment de leur statut. Actuellement, seules les femmes salariées ont un congé maternité correctement rémunéré. Celles qui sont pigistes, auto-entrepreneurs ou intermittents du spectacle, ont des congés maternité beaucoup plus courts et moins bien rémunérés.

L’idée est donc d’offrir les mêmes garanties à toutes les jeunes mères. Hélène Périvier, chercheuse à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), approuve : « Il est vrai qu’aujourd’hui le congé maternité est accessible sous certaines conditions, d’ancienneté notamment. Il faut avoir plus d’un an d’ancienneté chez son employeur, et puis de cotisations. C’est vrai que certaines femmes n’ont pas accès à ce congé maternité qui est de 16 semaines rémunérées en fonction du salaire. Donc cette idée de pouvoir élargir l’action congé maternité à l’ensemble des femmes qui travaillent est effectivement une bonne mesure, qui permet de protéger les femmes pendant cette période très spécifique qui est la grossesse », explique-t-elle.

Une petite réserve toutefois : « Ce qu’il ne faudrait pas oublier, c’est qu’à côté du congé maternité, il y a le congé paternité qui est extrêmement court puisqu’il n’est que de 11 jours consécutifs et que dans une optique d’égalité femmes-hommes, il convient d’accroitre également les droits des pères à pouvoir et à devoir consacré du temps au moment de l’arrivée de l’enfant. En fait, il faudrait essayer de redéfinir un congé parental qui soit bien rémunéré, partagé entre les deux parents, à prendre de façon alternative. C’est sur ces questions-là qu’on attend la nouvelle équipe pour essayer de produire des politiques publiques qui soient plus favorables à l’égalité des femmes et des hommes », conclut-elle.

Le congé maternité unique pour toutes les femmes quelle que soit leur situation professionnelle pourrait être mis en place après les élections législatives, donc dès cet été .

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La consternation est générale ce vendredi 2 juin au matin dans le monde, après l'annonce faite hier soir par Donald Trump. Le président américain retire les Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat adopté en 2015 pour limiter le réchauffement climatique. Les Etats-Unis, deuxième plus gros pollueur de la planète derrière la Chine se désolidarisent des engagements pris par près de 200 pays, il y a un an et demi. Consternation donc, notamment, de l'Union européenne : « décision gravement erronée », dit le président de la Commission Jean-Claude Juncker. En France, Emmanuel Macron estime que Donald Trump « commet une faute pour l'avenir de la planète ». La décision américaine signe-t-elle la mort des accords de Paris ?

 C’est une mauvaise nouvelle : 195 pays ont signé ce traité historique. On se souvient de l’émotion des délégués qui s’embrassaient, certains pleuraient même au Bourget en banlieue parisienne au moment de la signature de l’accord après des mois de négociations en coulisses. On se souvient aussi que ce traité n’aurait pu exister sans la signature des gros pollueurs (autrement dit des pays responsables de 55% des émissions de gaz à effet de serre) et parmi eux évidemment : les Etats-Unis (2e pollueur de la planète, responsable de 15% des émissions).

Même si on savait Donald Trump peu enclin à défendre l’environnement, c’est un coup dur notamment pour les pays les plus pauvres. Trump dit vouloir mettre fin à la contribution au « fond vert ». Trop cher dit le président américain. Or, les Etats-Unis n’ont versé qu’un milliard des 3 milliards de dollars promis à ce fond de l’ONU pour le climat. Cela dit, tout n’est pas perdu. En revenant sur l’engagement des Etats-Unis, Donald Trump a surtout réussi à se mettre la planète à dos.

La Chine prend le leadership

C’est peut-être l’occasion d’une redistribution du leadership. Pékin a pris la tête de la bataille contre le réchauffement, écrit ce matin l’éditorialiste du South China Morning Post. Sans compter qu’on ne quitte pas un traité international d’un claquement de doigts : 3 ans et un préavis d’un an sont prévus dans l’accord pour les pays qui souhaitent le dénoncer, même si Donald Trump entend renégocier avant cela.

Il semble bien que dans l’esprit de Donald Trump, ce soit une décision définitive, et à effet immédiat, puisqu’il a par exemple annoncé la suspension directe de financements tels que le fonds vert pour lequel son pays s’était engagé à payer 3 milliards de dollars. Mais comme il en a déjà fait l’amère expérience en politique intérieure, le président américain n’a pas semblé prendre la mesure des contraintes juridiques, en tout cas il ne s’est pas étendu dessus, rapporte notre correspondant à New York, Grégoire Pourtier.

Comme le retrait prendra près de quatre ans, on arrivera en fait en novembre 2020, soit très exactement au moment de la prochaine élection présidentielle américaine. Pour tout dire, le président semblait surtout soucieux de clamer sa volonté de défendre les emplois américains sans s’embarrasser de discours de la méthode. De la même manière, il a répété plusieurs fois qu’il voulait renégocier l’accord, mais il n’a donné aucune piste sur ce qu’il comptait proposer.

Certains milieux économiques lâchent Trump

Dans le secteur économique, les communiqués se sont multipliés, et Trump a même été lâché par certains qui travaillaient directement avec lui puisque deux PDG importants, dont celui de Disney, se sont immédiatement retirés du Conseil économique de la Maison Blanche. Parmi les nombreuses réactions, on peut noter celle du grand patron de la banque Goldman Sachs, qui a inauguré un compte Twitter pour dénoncer la décision de Trump.

Et puis il faut signaler que de nombreux élus ont aussi réagi dès jeudi soir. A circulé, par exemple, une tribune signée par 75 maires de grandes villes américaines, représentant 38 millions de personnes, tribune dans laquelle ils assurent qu’ils continueront à promouvoir les engagements pris dans l’Accord de Paris. De même, trois gouverneurs démocrates veulent lancer une alliance entre Etats respectant l’accord de Paris, et ce n’est pas anodin puisqu’à eux seuls, ces trois Etats représentent déjà presque 1/5e de la population américaine.

En revenant sur la parole d’Obama, son successeur fracture un peu plus le pays. Les emplois plutôt que le climat, la formule est applaudie par les républicains, elle fait hurler les démocrates. Des villes et des Etats démocrates, New York, Washington, la Californie ont d'ores et déjà annoncé qu’elles continueraient à appliquer l’accord. « Je prends mes décisions à Pittsburg et non à Paris », a déclaré le président américain, et pourtant le maire de Pittsburg assure lui aussi qu’il va tenir, qu’il maintiendra ses engagements pour la planète. Sachant que de toute façon il n’ya pas de renégociation possible, « pas de plan B car il n’existe pas de planète B » a martelé le président français Emmanuel Macron. Les Etats-Unis se retrouvent donc seuls aux cotés des pays non signataires, la Syrie et le Nicaragua.

RFI

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Le président Macky Sall a donné trois directives au secrétariat exécutif national de l’Alliance pour la République pour obtenir une majorité confortable aux élections législatives de 30 juin 2017 et gagner, au premier tour, la présidentielle de 2019. Il invite les militants à «raffermir l’unité, renforcer la discipline du parti et rester mobilisés ».

Au lendemain de l’élection des hauts conseillers des collectivités territoriales, Macky Sall avait décliné deux grands défis devant le Secrétariat exécutif national de l’Alliance pour la République pour accentuer les changements en cours et accélérer la réalisation du projet d’émergence du Sénégal.  Il s’agissait bien évidemment, selon lui, d’obtenir une majorité confortable aux élections législatives de juin 2017 et gagner, au premier tour, la présidentielle de 2019. En relevant ces deux défis, il est question, dit-il, de conforter l’option de cohérence et d’efficacité de nos institutions soutenue par le peuple sénégalais à l’occasion des différents scrutins depuis 2012.

Pour ce faire, le président de la République invite les militants et responsables du Parti et de la Coalition Benno Bokk Yaakaar, de «raffermir l’unité, de la solidifier davantage, de conforter la discipline de parti et de rester mobilisés pour les batailles à venir et de nouvelles victoires ». Ainsi, le président de l’Apr donnait le tempo en perspective des élections législatives du 30 juillet 2017. Car l’enjeu principal, selon lui, est de « conquérir ou de conserver le Pouvoir. La conquête acquise, il reste à pérenniser son unité, renforcer sa capacité à gérer cette diversité en mettant en avant le projet collectif et l’intérêt général».

« L’unité nous renforce dans un espace de compétition qui laisse peu de place à la concession, la compromission et les polémiques stériles. Nos adversaires veulent nous affaiblir et nous, nous voulons nous renforcer. Nos divisions nous affaiblissent, donc elles renforcent nos adversaires. De la même manière, notre unité nous renforce, donc elle les affaiblit nos adversaires », persiste le président de l’Apr.

Si l’unité nous a permis de gagner toutes les batailles électorales depuis 2012, il n’en demeure pas moins qu’elle n’est, insiste Macky Sall, cependant jamais acquise définitivement, elle est un combat.

«Chaque militant doit avoir la claire conscience que la construction et la sauvegarde de l’unité du parti lui incombent au premier chef. C’est dans l’unité que nous pouvons faire efficacement face à l’adversité », a t-il déclaré devant le Secrétariat exécutif.

Développer l’esprit de solidarité et renforcer la discipline

Poursuivant son discours, le président de la République prône aussi le développement de l’esprit de solidarité qui doit, selon lui, guider notre action collective lorsque le consensus est trouvé ou lorsque la règle du jeu est appliquée. En plus de cela, Macky Sall préconise « la discipline qui cimente le parti et lui donne la force et la cohérence qu’il faut pour entreprendre des actions collectives. Déplorant certains comportements de ses responsables, Macky Sall s’est indigné de la latitude de certains «prompts à se répandre dans la presse tandis que d’autres se livrent à des chantages inadmissibles dans le parti ».

« On assiste également à des pratiques qui n’honorent personne, encore moins leurs auteurs. Comment comprendre que des militants de haut niveau prennent sur eux la responsabilité de divulguer les délibérations du parti à usage strictement interne? Et que d’autres étalent sur la place publique les minutes de réunions d’instance? », avait fustigé le Président Sall. Non sans inviter les militants à maintenir cette grande tradition de dynamisme, du sens de l’initiative et de la solidarité.

Des réalisations brandies

Dans le domaine du social, Macky Sall rappelle la baisse substantielle des prix des denrées de première nécessité, la revalorisation des pensions de retraite, la baisse de l’impôt sur les salaires, la bourses de sécurité familiale, le renforcement du transport public urbain. Il ajoute : « la couverture maladie universelle, la gratuité des soins de santé pour les enfants de 0 à 5 ans ainsi que pour les femmes qui doivent subir la césarienne ou encore les insuffisants pénaux, la carte d’égalité des chances, les initiatives hardies pour apporter l’eau potable et l’électricité aux populations rurales, représentation des Sénégalais de l’extérieur à l’Assemblée nationale, entre autres mesures en faveur de la diaspora.

Sur le plan économique, Macky Sall a fait savoir que le « pays présente une signature crédible sur tous les marchés financiers. Une véritable révolution s’opère en faveur des paysans avec la mécanisation de l’agriculture, la maîtrise de l’eau. Notre objectif d’autosuffisance alimentaire, en riz en particulier, est à portée de main ».

Revenant sur les programmes d’urgence mis en œuvre pour améliorer les conditions et le cadre de vie des populations, Macky Sall avait cité en exemple le «Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc), du Programme d’urgence de modernisation des axes frontaliers (Puma) et de Promovilles (Promotion des Villes) ».

Sudonline

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Au musée du quai Branly

Georges Léon Émile Balandier, a été l'un des plus grands sociologues et anthropologues africanistes français du XXe siècle. Enseignant charismatique et brillant pédagogue, en 1952 il a assuré à l'Institut d'études politiques de Paris les premiers cours sur les pays dits « en voie de développement » (c'est là qu'avec Alfred Sauvy, il inventa le concept de « tiers-monde »).


Par la suite, il a inauguré le cours de sociologie de l'Afrique noire et fondé le Centre d'études africaines (CEAF) à l'École Pratique des Hautes Études (EPHE). Puis, en 1962, il a occupé à la Sorbonne la première chaire de sociologie africaine où il avait été élu professeur. Il a été aussi fondateur des Cahiers d'études africaines, et directeur des Cahiers internationaux de sociologie ainsi que de la collection Bibliothèque de sociologie contemporaine aux Presses universitaires de France. Georges Balandier est décédé le 5 octobre 2016 à l'âge de 95 ans.


Son dernier ouvrage Du social par temps incertain, est paru en 2013 chez PUF.

À propos du conférencier


François Gaulme, docteur d'État ès Lettres et docteur en Ethnologie, est africaniste de formation, spécialisé en anthropologie politique dans la longue durée. Á l'issue de plus de deux décennies d'activité éditoriale sur les problèmes contemporaines du continent africain,
il a intégré la direction de la stratégie de l'AFD (Agence française de développement) en 2002, puis le MAE (Ministère des affaires étrangères) de 2007 à 2010, en se concentrant sur la problématique des situations de conflit et de fragilité. Il a rejoint fin 2012 le Département de la Recherche, où il est en charge des travaux et études conduites sur la thématique de la gouvernance des institutions publiques, avec une approche socio-anthropologique tant des partenaires extérieurs de l'aide de l'AFD que de l'outre-mer français. Il travaille également sur les thèmes de la « résilience » sociale

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Réalisateur et auteur : Bernard Surugue Conseiller scientifique :
Gil Mahé Production : IRDMali, 2015, 52'

jeudi 1er juin 2017, 18h00 musée du quai Branly à Paris

Les « vieux qui savent » racontent le mythe d'origine du monde, et l'arrivée de l'eau sur la terre avec la naissance du fleuve Niger qui, long de 4200 km, dépend aujourd'hui de 9 pays d'Afrique de l'Ouest.

Le changement climatique durable perturbe l'équilibre de cette merveille de la nature et inquiète les populations riveraines. Des aménagements du Fleuve pourront-ils préserver cette ressource vitale pour le Mali et les
Bernard Surugue rencontre Jean Rouch en 1966. Ensemble, village après village, avec caméra et Nagra ils étudient les représentations du Mali et des pays limitrophes.


rituelles de la mythologie songhay-zarma. Depuis cette « initiation », Bernard Surugue utilise le cinéma pour promouvoir le développement social, économique et culturel des populations les plus démunies. Directeur de Recherche honoraire à l'IRD, il a réalisé une soixantaine de films, et enseigne le cinéma documentaire de l'Université Panthéon-Sorbonne.

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