Ibrahima THIAM, pourquoi je suis candidat à l’élection présidentielle ?

Nous sommes honorés de publier cette semaine l’interview que nous a accordé le Président du mouvement « Autre Avenir », Ibrahima Thiam, candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle qui se déroulera au Sénégal en février prochain. Un entretien au cours duquel celui-ci nous révèle la sortie ces jours-ci d’un livre programme : « Un nouveau souffle pour le Sénégal ». Dans notre édito du mois d’août dernier, (lire ci-dessous) où nous dressions le portrait du candidat « idéal » susceptible de faire entrer le Sénégal dans le 21èmesiècle, nous ne pensions pas être à ce point prophétique car Ibrahima Thiam semble bien être cet homme capable de porter un « New Deal » Sénégalais, cet homme porteur d’une volonté, d’une ambition, d’une vision d’avenir pour les Sénégalais et les Sénégalaises, cet homme aussi incarnant une candidature de renouveau que nous appelions de nos vœux. L’interview d’aujourd’hui n’en a que plus d’intérêt, de sens et de force.

    

-      Question : Et pour commencer, à l’intention de ceux qui ne vous connaîtrez pas encore, qui êtes-vous Ibrahima Thiam ?

-      I.Thiam : Je suis né en 1965 à Kaolack, j’ai donc cinquante-trois ans. Ma mère, Katy Mbaye est Sénégalaise et mon père, Mamadou, Gambien. Mon enfance s’est déroulée au Sénégal ou je l’ai quitté pour me rendre en France afin de poursuivre mes études.

-      Question : Justement pouvez-vous nous présenter votre cursus universitaire ?

-      I. Thiam : Je suis titulaire d’un Deug de sociologie que j’ai obtenu à l’université de Nancy, d’un DUT de techniques de commercialisation auprès de Paris XII et d’une Maîtrise des sciences de gestion délivrée par l’université Paris Dauphine. Je ne suis donc pas un technocrate et ne suis pas passé par l’Ecole nationale d’administration. Mon parcours professionnel s’apparente davantage à ce qu’on appelle la société civile et j’en suis fier car j’ai le sentiment de ne pas appartenir à la caste de la haute administration et de n’avoir pas été formaté dans un moule comme tant d’autres dirigeants politiques. 

-      Question :D’accord, et donc quelle direction avez-vous prise au terme de vos études ?

-      I. Thiam : J’ai débuté ma première carrière professionnelle en tant que gestionnaire de patrimoine. En 1998, j’ai intégré comme Responsable du service budget de la Délégation Régionale Paris Ouest & Nord du CNRS (Centre National de Recherche Scientifique), un des plus grands instituts scientifiques de recherche dans le monde. Et en 2004, je suis devenu chargé de mission à l’INSERM qui est un des plus grands instituts de recherche médicale en Europe. Peu après j’ai intégré l’Institut Fédératif de Recherche en qualité de responsable administratif et financier avant de rejoindre en 2013 l’ICAN (Institute Cardiometabolism And Nutrition) où durant deux ans j’ai piloté la mise en place des plateformes scientifiques et cliniques durant deux, en 2015, j’ai à nouveau rejoint le centre de de recherche de Saint-Antoine de l’INSERM en qualité de secrétaire général. Changer d’entreprise plusieurs fois dans sa vie permet d’évoluer dans sa vie professionnelle, d’accumuler des expériences, s’enrichir au contact de nouvelles personnes, de milieux différents. Comme secrétaire général il me revient d’assumer la direction administrative et financière de l’établissement. Je suis aussi chargé de l’accompagnement, de la mise en œuvre et du suivi des projets scientifiques du centre de recherche. On pourrait résumer mon rôle en disant que je dois organiser, planifier et coordonner les différents acteurs et à ce poste on attend de moi une connaissance approfondie de la réglementation juridique, administrative et financière relative aux établissements publics. Cela nécessite également des qualités managériales car la plus grande richesse de l’entreprise est, d’abord et avant tout, humaine.

-      Question : Cette vie professionnelle en France, très prenante, vous a tenu éloigné du Sénégal, avez-vous pu néanmoins conserver une relation privilégiée avec le pays ?

Ibrahima Thiam :  J’ai un attachement viscéral avec mon pays et ma région d’origine et durant toutes ces années j’ai initié sur place diverses initiatives comme la création d’un incubateur de start-up (T4COM) et d’une exploitation agricole (SENAGRI). J’ai aussi contribué à l’équipement de douze bibliothèques à Kaolack avec la région Ile-de-France, le conseil général du Val-de-Marne et la ville d’Alfortville. J’ai également organisé des chantiers internationaux a travers des séjours de deux semaines à Kaolack avec des jeunes déshérités du département de Val-de-Marne, accompagné la scolarité pendant dix ans des jeunes enfants en décrochage scolaire et réalisé trois courts-métrages avec des collégiens en difficulté scolaire du collège Henri Barbusse. Pour moi l’engagement associatif, ou citoyen, est quelque chose d’essentiel, très enrichissant, très formateur et je suis fier de l’avoir fait au service de mon pays.

-      Question : Parallèlement à ces activités vous avez aussi milité dans le cadre politique en occupant même des responsabilités au sein de l’opposition sénégalaise en Europe ?

-      Ibrahima Thiam : En effet, car être loin des yeux ne signifie pas être loin du cœur et le sort de mes compatriotes au Sénégal ne m’a jamais laissé indifférent. Je m’inquiète de la situation de précarité dans laquelle se trouve beaucoup d’entre eux, pour ne pas dire de misère. Je m’inquiète de la gabegie financière et de l’usage des fonds publics pour des projets qui ne participent pas suffisamment au développement économique du pays et au niveau de vie des Sénégalais. Je suis scandalisé par le niveau de corruption atteint dans certains secteurs clés de notre économie alors que le Sénégal dispose de nombreux atouts pour en faire un modèle en Afrique. Même la démocratie, que l’on cite en exemple, subit des atteintes permanentes de la part d’un pouvoir autocratique, aujourd’hui à bout de souffle. La situation qui est faite à Karim Wade et à Kalifa Sall est de ce point de vue scandaleuse, en les empêchant de pouvoir se présenter aux élections de février prochain, et ce alors que l’ONU a contesté le bien fondé des poursuite entamées contre eux. Cela disqualifie le régime de Macky Sall, au niveau des instances internationales.C’est pour toutes ces raisons que voici un an j’ai créé le mouvement «Autre Avenir » afin de proposer un New-Deal aux Sénégalais et de redonner un nouveau souffle au pays. Aujourd’hui ce mouvement est présent à Dakar et dans chacun des quatorze départements du pays à travers des permanences animées par de nombreux militants. Nous sommes également présents aux côtés de la Diaspora, en France, mais aussi en Belgique, en Espagne, en Angleterre, en Italie et aux Etats-Unis, etc. Pour populariser notre mouvement on peut aussi consulter notre site : www.autre-avenir.com, qui se veut un outil de communication interactif destiné aux médias, aux sympathisants, aux militants et à toute personne désireuse de nous suivre, voire d’adhérer à notre cause. 

-      Question : Qu’est-ce qui a motivé votre décision de vous présenter à l’élection présidentielle ?

-      Ibrahima Thiam : Le désir d’offrir une alternative au pouvoir en place actuellement à Dakar. D’être une voie de recours après un septennat de Maky Sall qui s’est montré incapable de résoudre les difficultés quotidiennes de nos compatriotes. Il faut qu’une nouvelle génération accède aux pouvoirs, non pas en faisant de belles promesses qui n’engagent que ceux qui les entendent, ni même en venant avec de magnifiques projets qui plusieurs années après seront toujours dans les cartons. Ma démarche est différente et je l’explique dans un livre à paraître d’ici quelques jours « Un nouveau souffle pour le Sénégal ». A travers une vingtaine de chapitres je me suis efforcé d’analyser la situation au Sénégal, d’établir un diagnostic, un état des lieux en matière économique, sociale, dans les domaines de la santé, de l’enseignement et la formation, de la culture, de la justice, de la culture, de la pêche, du tourisme, de l’énergie, etc. Le but étant à partir de ce constat d’apporter les corrections nécessaires, mettre fin aux dysfonctionnements, aux inégalités criantes, faire que ce qui ne marche pas aujourd’hui fonctionne demain. J’attends énormément des jeunes et des femmes pour remettre le Sénégal sur la voie du développement et de l’amélioration des conditions de vie de nos compatriotes. Nous disposons sur place de ressources naturelles importantes, y compris le pétrole, nous pouvons aussi compter sur une élite intellectuelle capable de bâtir des projets entrepreneuriaux innovants. L’exil ne doit pas être une solution pour des jeunes inquiets de leur avenir et je veux qu’ils puissent trouver sur place un travail et des conditions de vie décente. Pour cela il nous faut soutenir et amplifier la croissance qui seule peut créer des nouveaux emplois, soutenir les jeunes créateurs d’entreprise, leur donner une chance de réussir et d’être fiers d’eux-mêmes. Les partis politiques traditionnels sénégalais sont épuisés, à court d’idées et de motivation. Essentiellement parce qu’ils sont dirigés par des caciques de la politique qui aspirent à obtenir des privilèges pour eux et à distribuer des avantages à leur entourage, à se servir de leur position, plutôt qu’à servir la nation. Ces mœurs sont d’un autre temps et sont condamnés par une grande partie de la population. Il est plus qu’urgent de procéder à un renouvellement des hommes et des idées, tel est le sens de ma candidature à l’élection présidentielle de février 2019. J’ajoute que je veux lui redonner ce qu’il m’a apporté en mettant au service du pays le fruit de mon expérience, de mes réflexions et de mon énergie. Le Sénégal à besoin de tourner une page et je l’invite à en écrire une nouvelle porteuse d’espoir et d’avenir.

Nous tenons à remercier Ibrahima Thiam de nous avoir accordé cet entretien et de nous avoir expliqué le sens de sa démarche et sa volonté d’être le représentant en février 2019 de millions de Sénégalais qui ne se reconnaissent pas dans la politique conduite depuis le début de son mandat par Macky Sall.

A noter qu’Ibrahima Thiam va être doublement en concurrence avec Macky Sall, en févier bien sûr mais aussi dès aujourd’hui en librairie car la sortie, ces jours-ci, de son livre « Un nouveau souffle pour le Sénégal » coïncide avec la mise en rayon d’un ouvrage du chef de l’Etat. Ouvrage dans lequel celui-ci glorifie son action depuis qu’il a été élu. Nous laisserons le soin aux Sénégalais de se prononcer sur cette démarche plus égocentrique que réaliste, plus passéiste que porteuse d’avenir. Mais peut-il y avoir meilleur éloge qu’écrit par soi-même ?  

Interview réalisée par le Directeur de la publication

Quand Maba Diakhou prend le dessus sur Pinet Laprade- Proposé par Majhmoute BA sur FB
152 ans après (30 Novembre 1865 – 30 Novembre 2018)

Pathé Badiane (Paoskoto) est un champ de bataille où les troupes coloniales françaises, conduites par le gouverneur du Sénégal, Pinet Laprade, sont défaites, le 30 novembre 1865, par les forces musulmanes de Maba Diakhou Bâ.

Paoskoto et Pathé Badiane. Ces deux lieux restent indissolublement liés dans la mémoire collective des Saloum-Saloum. Associés à des images de bataille sanglante, ils traduisent toute la fierté des populations du département de Nioro. Sur ces deux sites, il y eut, respectivement, la préparation militaire des troupes islamiques de Maba Diakhou Bâ et la bataille livrée contre les troupes coloniales. Des visages, ceux de Lat-Dior, de Maba Diakhou Bâ, des guerriers Goumba Guèye, Ndary Kany, Aly Khodia, Amath Khodia, Cheikh Kany, de Pinet Laprade...nous y apparaissent. Il y a surtout tous ces visages anonymes du Saloum, ces combattants intrépides qui refusent de voir leur province devenir, pour le colon français à l'appétit expansionniste, un pion stratégique et économique sur l'échiquier sénégalais. Cette bataille de Pathé Badiane, le 30 novembre 1865, est donc survenue il y a 145 ans. Mais, elle n'a pas fini de perpétuer une fierté. D'abord, à Paoskoto où la stratégie militaire a été pensée. Ensuite, à Pathé Badiane, un ravin où les troupes de Pinet Laprade ont été mises en déroute, l'énumération de ce combat d'une matinée arme les consciences et mobilise les populations dans l'union pour la défense de l'honneur.

C'est grâce à une ruse, élaborée à Paoskoto et consistant à placer des épouvantails à Pathé Badiane, que les forces musulmanes ont pris le dessus sur les troupes coloniales françaises.
C'est dans ce ravin que la marche des troupes coloniales vers Nioro a été stoppée.


Possédant des pièces d'artillerie, les troupes de Pinet Laprade croyaient facilement prendre Paoskoto, puis Nioro.
Les forces musulmanes ne les ont pas attendues à Paoskoto, préférant venir à leur rencontre, leur tendant un guet-apens à Pathé Badiane. L'armée coloniale comptait plus de 1.000 hommes de troupes régulières et 6.000 « volontaires » dont 2.000 cavaliers.


Maba Diakhou Bâ attira ses ennemis vers le Rip, à travers un pays encore aujourd'hui assez boisé et qui l'était beaucoup plus à l'époque. Ce terrain couvert obligeait la longue colonne à s'étirer, gênait le déploiement de la cavalerie et masquait les objectifs éventuels de l'artillerie.


A dix kilomètres au nord de Nioro, Maba Diakhou Bâ, conseillé par Lat-Dior, tendit une embuscade de part et d'autre du petit ravin de Paoskoto, appelé aussi Pathé Badiane. Tandis que la surprise désorganiserait le gros des forces françaises, Lat-Dior et ses cavaliers devaient amorcer un mouvement tournant, avec comme principal objectif le train d'artillerie, obusiers et munitions portés par des mulets. L'expédition commandée par le gouverneur Pinet Laprade en personne subit de lourdes pertes : 25 tués, 80 blessés, 06 disparus sans doute prisonniers. Pinet Laprade et plusieurs officiers avaient été blessés ; une partie des mulets d'artillerie capturés avec leurs charges.


Le Saloum est non seulement cette terre pleine de symboles et d'histoire, mais il donne plein de références et de repères et renseigne sur des Sénégalais de vertu et de foi morts à Pathé Badiane. Et sur place, un monument est érigé à la mémoire de tous les résistants morts pour la défense de la foi et de la liberté dans le Rip dont les Almamys ont joué un important rôle dans l'expansion de l'Islam et de la Tidjaniya, de leur enseignement au Sénégal et dans la sous-région ouest-africaine.

La famille de l'Almamy
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https://www.ucad.sn/files/Talla/Programme%20symposium%20Maba.pdf
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Le Gouverneur et sa gouvernante
D'après une correspondance franco-sénégalaise dans la seconde moitié du XIXe siècle
François Salvaing Jacques Carol

Émile Pinet-Laprade (1822-1869) est né à Mirepoix (Ariège), Marie Assar on ne sait où, au Sénégal. Lorsqu'ils se rencontrent à Gorée, en 1849, Émile, 27 ans, est capitaine du Génie dans l'armée française ; Marie, près de dix de moins, est une esclave fraîchement libérée par la loi Schœlcher. Leur liaison durera vingt ans, jusqu'à la mort, par le choléra, d'Émile devenu gouverneur de la colonie par la grâce de l'empereur Napoléon III.


Le Gouverneur et sa gouvernante, s'appuyant sur un demi-siècle de correspondance (plus de mille lettres échangées entre la France et le Sénégal), reconstitue l'évolution des pensées et de la carrière d'un officier dans ces premiers temps de la conquête coloniale, l'histoire du long amour entre un Blanc et une Noire, scandaleux pour l'époque. L'histoire aussi, encore plus improbable, d'une Africaine venue, après la mort de son compagnon, protester de ses droits devant un tribunal français au tout début de la IIIe République...
Né à Casablanca d'une mère antillo-calaisienne et d'un père ariégeois, François Salvaing a écrit une vingtaine de romans, dont Misayre ! Misayre !, prix du Livre Inter en 1988, et Parti, grand prix de la Société des Gens de lettres en 2000.


Jacques Carol, ancien consultant international, a longtemps vécu au Sénégal. Il s'est plongé avec passion dans la riche correspondance que lui ont confiée les héritiers d'Émile Pinet-Laprade, ce bâtisseur et visionnaire à l'origine de Dakar et de son port.

 

Quand DSK se lance dans le débat sur le franc CFA...
| Par Victor Bérenger jeuneafrique

Le franc CFA déchaîne les passions. © Adria Fruitos pour JA


Dans un document de 29 pages, Dominique Strauss-Kahn présente son analyse de la Zone franc et fait une série de proposition de réformes. L'ancien directeur du FMI plaide pour modifier en profondeur le fonctionnement du franc CFA, dont les inconvénients fragilisent selon lui les économies de la région.


Dominique Strauss-Kahn a publié vendredi 13 avril une note intitulée « Zone franc, pour une émancipation au bénéfice de tous », dans laquelle il expose ses propositions de réforme du franc CFA. L'ancien directeur-général du FMI – qui conseille dorénavant des gouvernements, et notamment le Congo-Brazzaville comme le révélait en août 2017 l'hebdomadaire français Challenges – souligne la bonne performance de la Zone franc au niveau macroéconomique, grâce à la garantie dont elle bénéficie. Mais il estime que « le problème politique devient de plus en plus sensible comme l'ont montré les protestations de l'été 2017 ».


Des limites de la Zone Franc


« Les choix monétaires ont une dimension technique incontournable. Mais ils procèdent toujours, par ailleurs, d'un choix politique », écrit DSK. « Le caractère inexprimé du lien politique ne peut que favoriser un doute identitaire au sein d'une Afrique dont le rapport au passé colonial est particulièrement complexe et difficile à expliquer. »
En plus de « certains aspects pratiques [qui] nourrissent en Afrique le soupçon de néo-colonialisme » – dénomination « franc », dépôt des réserves auprès du Trésor français -, la Zone franc présente plusieurs défauts « qui en limitent les potentiels bienfaits », note l'ancien directeur-général du FMI. Il pointe notamment la quasi-impossibilité de modifier la parité et l'absence de dissociation entre les régions d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale.


La France assume, seule, un risque financier non rémunéré, pour lequel l'opinion africaine ne lui accorde guère de crédit
De même, « la détention de réserves africains, [...] ne représente pas l'avantage que certains imaginent ». Ainsi « la France assume, seule, un risque financier non rémunéré, pour lequel l'opinion africaine ne lui accorde guère de crédit et dont le bénéfice commercial est partagé avec toute la zone euro », juge l'ancien ministre français de l'Économie. « L'avantage tiré de la parité fixe CFA-euro s'étend aux autres pays de la zone euro (qui ne participent à la couverture du risque », écrit-il encore.


Une autre limite de la Zone franc, selon DSK, est celle de la faiblesse de l'intégration régionale :« Le marché commun est encore inachevé en Afrique de l'Ouest (région dotée de traditions d'échanges) et il est demeuré en grande partie nominal en Afrique Centrale (régions de forêts aux échanges traditionnellement limité et, aujourd'hui, sous l'empire de la rentre pétrolière) », écrit-il.
Une réforme en profondeur du Franc CFA


DSK s'inquiète d'une réforme du franc CFA qui ne serai que cosmétique. « Les symboles du lien avec la France sont autant de sujets permettant de changer à peu de frais l'image du franc CFA », mais ces modifications laisseraient en l'état les faiblesses de la Zone franc et rendraient les modifications de la parité encore plus problématique, affaiblissant les petits pays.
En conséquence, Dominique Strauss-Khan recommande une réforme plus en profondeur de la Zone franc. Il propose notamment la réattribution des sièges de la France au sein des instances des banques centrales africaines à des administrateurs internationaux indépendants, l'ancrage à un panier de monnaie plutôt qu'à l'euro, une meilleure coordination économique des économies de la région et un processus d'élargissement de l'Uemoa, notamment au Ghana.


C'est aux termes des Traités l'Union européenne qui est compétente en matière d'accord de change


Pour mener à bien ces réformes, 3 conditions pour DSK : une amélioration du dialogue avec les autorités africaines, « une communication mettant l'accent sur le renforcement de la monnaie » et une meilleure association des partenaires européens ainsi qu'une promotion de la coopération entre la BCE et les banques centrales africaines, rappelant que « c'est aux termes des Traités l'Union européenne qui est compétente en matière d'accord de change, non point ses États-membres ».


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Afrique-France : DSK fait cavalier seul pour décrocher des contrats de conseil
Réservé aux abonnés | 13 août 2018 à 15h58 | Par Jeune Afrique

Dominique Strauss-Kahn, alors directeur général du FMI, avec Faure Gnassingbé, en 2008. © stephen jaffe/AFP


Ibrahim Boubacar Keïta au Mali, Denis Sassou Nguesso au Congo, Faure Gnassingbé au Togo... Dominique Strauss-Kahn multiplie désormais les contrats de conseil en son nom propre avec les chefs d'État.
Début août, Dominique Strauss-Kahn (DSK) s'est entretenu par téléphone avec Faure Gnassingbé, comme c'est régulièrement le cas depuis quelques mois. Après avoir intercédé en vain en faveur de la société suisse Sicpa auprès du chef de l'État togolais, l'ex-patron du FMI a finalement décroché un contrat de conseil portant sur la mise en œuvre de la convention « modernisation de la gestion des finances publiques » UE-FMI. Et ce pour le compte de sa société Parnasse International, sise à Casablanca.


Après avoir sillonné le continent pour Sicpa et pour la banque-conseil Arjil, que dirige son ami Wladimir Mollof – avec qui il demeure lié par un contrat non exclusif –, DSK prospecte désormais seul. Les 25 et 26 juin, l'ex-ministre de l'Économie de Lionel Jospin s'est discrètement rendu à Bamako, où Ibrahim Boubacar Keïta l'a reçu à sa demande (JA n° 2999).
Au Congo, il conseille Denis Sassou Nguesso sur la restructuration de la dette et les négociations avec le FMI, une mission indépendante de celle menée par la banque d'affaires Lazard de Matthieu Pigasse. Lorsqu'il se rend à Brazzaville, un bureau est mis à sa disposition au palais présidentiel.


L'ancien patron du Fonds monétaire international (FMI) conseille plusieurs pays africains, dont le Congo-Brazzaville qu'il aide notamment à restructurer sa dette auprès de la Chine.
À Brazzaville, en octobre, Dominique Strauss-Kahn (DSK) s'est entretenu avec Denis Sassou Nguesso, qu'il continue de conseiller en matière de restructuration de la dette et pour les négociations avec le FMI, dont il fut le patron. Pour cela, il travaille en étroite collaboration avec la banque d'affaires Lazard du Français Matthieu Pigasse.
DSK conseille également l'homme d'affaires mauritanien Mohamed Ould Bouamatou. Ce dernier avait investi 5 millions d'euros dans la société de gestion en produits financiers Leyne Strauss-Kahn & Partners (LSK), avant que celle-ci ne fasse faillite en 2014. Le patron de Bouamatou SA est tout de même resté fidèle à DSK. Ils possèdent des riads voisins à Marrakech et se tutoient.
DSK s'est tourné vers le Sénégal et le Burkina, sans succès. En Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara se passe de ses services. Pour gérer ses relations avec le FMI, le chef de l'État est notamment conseillé par Amadou Gon Coulibaly, le Premier ministre, Adama Koné, le ministre des Finances, et Moussa Sanogo, le secrétaire d'État au Budget. Contacté par JA, DSK n'a pas souhaité commenter ces informations au nom du « secret des affaires ».


Le Congo n'ayant pas encore restructuré sa dette avec certains de ses créanciers, dont la Chine, les discussions avec le FMI peinent à déboucher sur un accord. DSK fait jouer sa notoriété et mobilise ses contacts au plus haut niveau à Pékin pour trouver un terrain d'entente.

Franc CFA : Carlos Lopes et Abdourahmane Sarr réagissent aux propositions de DSK
Par Victor Bérenger
Jeuneafrique


Le Bissau-guinéen Carlos Lopes, ancien secrétaire de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique, et le Sénégalais Abdourahmane Sarr, ancien du FMI, réagissent pour Jeune Afrique aux propositions de Dominique Strauss-Khan sur la réforme du franc CFA.
Le 13 avril, Dominique Strauss-Kahn a publié une note dans laquelle il avance plusieurs propositions de réforme de la zone CFA. Parmi les pistes proposées par l'ancien directeur général du FMI, la réattribution des sièges de la France au sein des instances des banques centrales africaines à des administrateurs internationaux indépendants, l'ancrage à un panier de monnaie plutôt qu'à l'euro, une meilleure coordination économique des économies de la région et un processus d'élargissement de l'Uemoa, notamment au Ghana.
Carlos Lopes : politique monétaire et convergence


Pour Carlos Lopes, l'ancien secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique entre 2012 et 2016, les débats sur le franc CFA étaient jusqu'ici très « polarisés » entre les camps du maintient et ceux favorable à sa « suppression ».


« L'appropriation par la rue de cette question », et la montée d'une vision « populiste » parfois « faussée », a obligé ces deux positions opposées « à réfléchir sur des propositions de réforme », l'évolution du système devenant nécessaire, estime Carlos Lopes, qui enseigne désormais l'économie à l'université du Cap.


Les propositions récentes de Dominique Strauss-Kahn sont significatives, car elles émanent de quelqu'un qui était au cœur du dispositif lors de son passage au ministère français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie entre 1997 et 1999. Pour Lopes, elles témoignent donc d'une évolution du consensus sur ces questions.
Selon l'économiste Bissau-guinéen, une éventuelle réforme de la zone CFA doit intégrer trois composantes essentielles.


La première est celle de la monnaie de référence. Comme l'Europe n'est plus le principal partenaire commercial des zones BCEAO et BEAC, « l'ancrage du franc CFA devrait évoluer vers un panier de devise, reflétant davantage des échanges internationaux de la région, et notamment le poids accru de la Chine ».
Il n'y a pas, véritablement, de politique monétaire

 


Second « point important » : « la convergence économique », explique Carlos Lopes. Les critères de convergence sont différents entre les différentes organisations régionales – à l'image, par exemple, de l'Uemoa, de la Cedeao et de la Zmoa en Afrique de l'Ouest -, tandis que l'intégration économique réelle est très faible.
Enfin, « il n'y a pas, véritablement, de politique monétaire », à part celle de la BCE. Les banques centrales ne jouent pas un rôle pro-actif, ne participant pas suffisamment au financement et au développement des économies de la zone.
Carlos Lopes semble donc plutôt en ligne avec les propositions de réformes portées par Dominique Strauss-Kahn. La mise en œuvre de ces changements doit se faire de manière progressive, afin d'éviter une dévaluation brutale, telle que celle subie dans les années 1990, détaille ce spécialiste du développement international.


Ces changements doivent permettre in fine aux pays africains de reprendre le contrôle de leur monnaie afin qu'ils puissent l'utiliser comme un instrument de développement.
Abdourahmane Sarr : autonomie des banques centrales


La position d'Abdourahmane Sarr est plus critique par rapport aux réformes proposées par Dominique Strauss-Kahn. Ce spécialiste des questions monétaires a travaillé pendant 14 ans pour le FMI, notamment en tant que représentant résident au Bénin et au Togo, avant de fonder le Centre d'étude pour le financement du développement local, un think tank sénégalais.
« Toute personne raisonnable considère que modifier le fonctionnement de la zone CFA est nécessaire » s'exclame Abdourahmane Sarr. « Le plus important est l'autonomie d'objectif pour les banques centrales », détaille l'ancien économiste du FMI.


Elles doivent, selon lui, pouvoir réagir et ajuster le régime de change sans avoir à en référer aux politiques, comme le fait notamment la Banque centrale européenne. « Dans le cas de la Cemac, une dévaluation du franc CFA dès 2014 aurait pu aider les économies à s'ajuster à une baisse durable du prix du pétrole » explique-t-il.
Il faut responsabiliser les institutions et leur donner davantage d'autonomie


Cet économiste considère qu'il n'y a pas besoins d'experts internationaux dans les banques centrales de la zone CFA, comme le défend DSK. « Il faut responsabiliser les institutions et leur donner davantage d'autonomie » poursuit-il.


La proposition d'un ancrage du franc CFA à un panier de devise ne trouve pas davantage grâce à ses yeux. Pour, lui il faudrait « un régime de change stable ajustable, mais sans garantie extérieure aucune. La formule pourra conjoncturellement produire ce qu'un panier de monnaie aurait dicté », explique ce partisan de la fin de la garantie française.


« Avec un objectif de stabilité des prix clair et une autonomie d'objectif sur le taux de change, toutes les formules sont possibles dans une gestion dynamique et responsable », assure-t-il.
Enfin, il juge irréaliste la perspective d'une entrée du Ghana dans l'Uemoa : « Le Ghana a déjà mieux à faire pour stabiliser sa situation macroéconomique que d'entrer dans une zone monétaire où l'absence de convergence va exiger un régime de change relativement fixe et commun à tous, qui ne correspondrait pas à ses besoins du moment ».


Pour Abdourahmane Sarr, il faut également « renforcer la gouvernance et rendre la communication plus transparente, comme le fait la Banque centrale européenne, s'exprimant régulièrement sur ses décisions de politique monétaire ». Et de conclure : « L'arrangement monétaire qu'il nous faut doit être un arrangement qui favorise à la fois les investissements directs étrangers et les entreprises locales.

 

Par Jeune Afrique

Dominique Strauss-Kahn, lors de sa nomination à la tête du FMI, en 2007. © MICHEL EULER/AP/SIPA


Le rapport de Dominique Strauss Kahn sur le franc CFA continue de faire des vagues. L'économiste Kako Nubukpo, ancien ministre togolais de la Prospective et de l'Évaluation des politiques publiques, estime que l'argumentaire de l'ancien directeur du FMI, s'il est parfois pertinent, pêche par manque de cohérence.


Le rapport publié le 13 avril dernier sur le franc CFA par Dominique Strauss Kahn intitulé « Zone Franc : pour une émancipation au service de tous » est intéressant à plusieurs égards.
Pertinence et manque d'élégance


1. C'est la première fois depuis bien longtemps qu'un (ex) officiel français ayant exercé des responsabilités de premier plan dans les domaines monétaire et financier – ancien ministre de l'Économie et des Finances, ancien directeur général du Fonds monétaire international – accepte de sortir du tabou monétaire françafricain. Son rôle de plus en plus assumé de conseiller de plusieurs Chefs d'Etats africains a dû certainement contribuer à ce « passage à l'acte ».

2. Monsieur Strauss Kahn reconnaît la pertinence de l'essentiel des critiques portées à l'encontre de la Zone Franc, même s'il n'a guère l'élégance de rappeler dans le corps de son texte, long de quelque 29 pages, que les économistes africains se sont largement emparés, et ce depuis fort longtemps, du débat.


Seuls ont eu grâce sous sa plume des auteurs français – lesquels, au demeurant, se sont souvent nourris des travaux des économistes africains – ce qui, paradoxalement, affaiblit son argumentaire censé sortir la France d'une forme de provincialisme désuet.
On l'aura compris, pour ce qui concerne la « libation » intellectuelle, il faudra donc repasser. Les deux ouvrages (co) publiés par des auteurs africains mentionnés dans sa bibliographie, prouve cependant qu'il en avait bel et bien connaissance.


L'économiste et le politique


3. Sur le fond de l'argumentaire, Monsieur Strauss-Kahn s'est livré à un exercice impossible d'un point de vue intellectuel. À savoir, d'une part, essayer d'analyser la gouvernance et le fonctionnement de la zone Franc au prisme de la théorie des zones monétaires optimales, travail louable d'économiste universitaire.
Et, d'autre part, définir les modalités de sauvetage de l'influence française en Afrique sur le plan monétaire et financier, travail d'homme politique. Il en résulte une dialectique des contraires sous-jacente, « Docteur Strauss » contredisant régulièrement « Mister Kahn ».
4. Florilèges : alors même que son rapport s'intitule « Zone Franc, pour une émancipation au bénéfice de tous », il n'hésite pas à recommander la tenue annuelle d'un Sommet de chefs d'États de la Zone Franc, incluant le président de la République Française. Drôle d'émancipation qui se traduirait par la mise en place d'un Sommet Françafrique monétaire, près de soixante ans après les indépendances africaines !

Une telle recommandation semble d'autant plus paradoxale que l'auteur propose dans le même temps le remplacement des représentants de la France au sein du conseil d'administration des deux principales banques centrales de la Zone Franc (BCEAO et BEAC) par des administrateurs indépendants.


À la limite, il eut été plus logique que l'auteur proposât la tenue d'un Sommet annuel « Union européenne (Zone euro) /Afrique (Zone Franc) : en effet, « Docteur Strauss » se livre à un vibrant plaidoyer en faveur de l'Union européenne qui, dans les faits, devrait prendre toute la place que lui confère en droit la décision de son Conseil des ministres du 23 novembre 1998, notamment le droit de regard sur les décisions majeures en Zone Franc telles que la modification du régime de change et/ou du périmètre de la Zone.


Sauf que dans le même temps, n'étant décidément pas à une contradiction près, « Mister Kahn » estime que la composition du panier de monnaies devrait être une décision africaine prise « en concertation avec la France ». Cherchez l'erreur...
Fixité du change et question du Ghana


5. En revanche, le choix d'un panier de monnaies, comme ancre d'une union monétaire en lieu et place du seul euro, paraît de toute évidence une proposition intéressante, portée depuis de nombreuses années [1].
Comme le souligne Monsieur Strauss-Kahn, le système actuel de fixité du change avec l'euro engendre « une addition des incertitudes », dans la mesure où la spécialisation primaire des économies de la Zone Franc au sein du commerce international, les expose à des variations erratiques des termes de l'échange, conjuguées à celles du taux de change euro/dollar.
L'auteur prend comme exemple le cas du Dirham marocain, omettant au passage de donner sa position sur la demande d'entrée du Maroc dans la Cedeao, question d'actualité évacuée de manière allusive.


6. A propos du Ghana, « Docteur Strauss » explique que ce pays, au contraire de ceux de la Zone Franc, a « massivement utilisé l'arme budgétaire », ainsi que l'outil monétaire (possibilité de dépréciation du cedi) comme instruments de réponse aux chocs affectant son économie.


Il explique en outre qu'eu égard à la taille importante de l'économie ghanéenne (deuxième économie de la Cedeao, derrière le Nigeria), il ne serait pas raisonnable d'élargir à cette économie les accords de la Zone Franc, du fait d'un risque budgétaire important devant peser sur le Trésor français.
Dans le même temps, « Mister Kahn » estime que la Zone franc devrait absorber le Ghana, incluant explicitement ce pays dans le plan d'élargissement qu'il propose à l'ensemble des États de la Cedeao hormis le Nigeria.
Monétariste friedmanien et socialiste keynésien


7. Il paraît surprenant qu'un économiste aussi compétent que Dominique Strauss Kahn n'ait pas placé au cœur de son analyse, la question de la coordination optimale entre politique budgétaire et politique monétaire – le fameux « Policy-Mix » – comme clé de voûte d'une réforme de la Zone Franc qu'il appelle pourtant de ses vœux, tout autant que la capacité de ce « Policy-Mix » à jouer un rôle contracyclique, ce qu'on attend en théorie des politiques économiques.


En effet, c'est de la volonté des dirigeants de la Zone Franc d'utiliser de manière concertée et cohérente les deux leviers de la souveraineté économique (le budget et la monnaie) qu'on peut espérer à court terme promouvoir une croissance forte, inclusive et, à moyen terme, obtenir la transformation structurelle des économies de cette Zone.
Des propositions sur l'avenir de la monnaie CFA, déconnectées d'une réflexion préalable sur le rôle de la monnaie dans une économie (notamment la question de la neutralité), sont forcément frappées du sceau d'une normativité arbitraire. Monsieur Strauss-Kahn est donc en butte à cette critique légitime.


Mais à y regarder de plus près, il ne saurait en être autrement, car « Docteur Strauss », ancien directeur général du FMI et donc grand promoteur du monétarisme friedmanien, ne peut échapper à la contradiction qu'il entretient avec « Mister Kahn », ancien ministre socialiste français keynésien par définition, sinon par conviction.

8. En définitive, Monsieur Strauss-Kahn a eu le mérite d'avoir voulu procéder à une énième tentative de sauvetage théorique et pratique de la Zone Franc. Pour ce faire, il a mobilisé plusieurs registres disciplinaires (théories de la souveraineté, théories des zones monétaires optimales, approche monétaire de la balance des paiements, théories des régimes de change, sociologie politique, histoire, etc.).
Il n'empêche, il échoue à répondre à la seule question qui vaille en définitive, celle de savoir s'il est normal que près de soixante ans après les indépendances, les États africains de la Zone Franc continuent de sous-traiter à la France les instruments de leur souveraineté, notamment la défense, la sécurité et la monnaie.


Le premier constat logique de sa quête d'émancipation « au service de tous » eut été de ne pas la rechercher à la place des Africains eux-mêmes. Espérons néanmoins que pour la partie française, ce rapport aura pour effet de sortir du tabou entourant le franc CFA, monnaie dont le traitement apparaît de plus en plus proche de celui réservé aux derniers jours d'un condamné.
[1] Le Franc CFA, un frein à l'émergence des économies africaines ? – L'Economie Politique, N°68, 2015/4, PP.71-79. Kako Nubukpo (2015)


Jeuneafrique

 

«Poubelles» à Ousmane Sonko : exégèse externe d'un phénomène politique.


Fouiller dans la poubelle peut donner une image approximative de quelqu'un et c'est ce que je veux tenter ici.
Sonko candidat à l'élection présidentielle du Sénégal fait sa tournée européenne.


La diaspora européenne s'est donné rendez-vous à Paris pour écouter et entendre Sonko ; le nouvel espoir du Sénégal qui vacille et qui se retrouve sous tutelle étrangère.


Avant d'aller plus loin, je tiens à préciser que j'ai au lieu de lire son lire, j'ai délibérément pris le parti de passer par tout ce qui s'est dit dans la presse et il y en a des vertes et pas mures. C'est ce que j'appelle poubelle mais la poubelle sénégalaise est mauvaise tandis que la poubelle en Occident peut offrir des surprises. Une analyse des trouvailles dans la poubelle peut donner une figure approximative de la personne comme le dessinateur au tribunal.


Bref je rappelle que j'ai été formé par le Pr Djibril Samb spécialiste de Platon de l'UCAD et il est devenu un ami, sa méthode dans le corpus platonicum est l'exégèse interne du texte, ie que le texte n'est pas un prétexte mais la chose qu'il faut étudier. Qu'il m'excuse ici de déroger à la tradition puisque je vais passer par derrière, par la « merde » les mauvaises critiques, les bonnes critiques, tout ce qui s'est dit de bien ou du mal sur Sonko.
Pourquoi cette méthode, c'est parce que l'homme Sonko est un électron libre dans l'échiquier

politique sénégalais, il est singulier et atypique et je crois que c'est ce qui fait son charme comme l'a été Macron en France.


Le vendredi déjà à Sciences po Paris nous avons eu un panel de qualité Mme Fatoumata Ngom auteure du Silence des totems, l'excellent Amzat Boukari-YABARA, Ousmane Sonko le politique, et Etienne Smith spécialiste de la politique sénégalaise ?


Le sujet portait sur la souveraineté des Etats. Beau sujet pas facile quand on sait que la souveraineté exige la Liberté et implique que l'Etat qui est la concentration du pouvoir donné par le peuple et j'ajouterai comme Rousseau la Volonté générale. Sonko a insisté sur la souveraineté fiscale comme condition pour se dire et exister et se faire respecter.
On a parlé de panafricanisme, du patrimoine matériel et immatériel, d'identité culturelle, de liberté, d'ingérence

Dans les poubelles, les apostiches, mot que je ne connaissais pas; je n'ai rien trouvé qui puisse déstabiliser Sonko. J'ai feuilleté plus de 2000 pages et quelquefois la critique était très orientée et laisse froid l'intellectuel que je prétends être et qui n'aime pas ça ?

Ce garçon veut prendre des risques pour révolutionner les choses. Il mesure les richesses de l'Afrique et du Sénégal.

En laissant ce gouvernement jouer avec la constitution le Sénégal risque ce se retrouver avec un Macky Sall avec deux mandats et selon lui ce sera grave. Il mesure les difficultés du pays, la pauvreté, l'éducation en difficulté n et les enfants en difficultés. Pour Sonko lors de la rencontre avec la presse il dit que c'est à travers les plus faibles qu'on peut mesurer l'Etat d'un pays.


On l'a accusé de vouloir être protectionniste alors que non. Il faut comprendre ce qu'il veut. Qui ne veut pas son pays, qui n'aime pas en premier son pays. Il est conscient qu'un pays ne peut vivre en autarcie mais il faut que le pays se connaisse, se reconnaisse et soit fier pour traiter avec les autres d'égal à égal et il cite Kagamé et d'autres qui sont bien respectés.


Au sujet de la monnaie il veut que le CFA ne soit pas uniquement arrimée au FF ou à l'Euro et selon lui il faut revoir la question de la monnaie avec d'autres partenaires comme la Chine, le yuan etc. Il va renégocier tous les contrats et ne va pas refaire mais plutôt faire. Il s'agit de révolutionner le Sénégal avec tous les sénégalais de la diaspora qu'il invite à rentrer pour donner et participer à l'effort de contribution nationale.
La formation, l'éducation seront des leviers de développement.


Sur l'industrie il pense qu'il faut y accorder beaucoup, un pays quia des les personnes qualifiées les ressources nécessaires pourquoi ne pas faire, innover quitte à fédérer avec d'autres pays pour réussir. ?
Sonko veut que les choses soient claire s avec les confréries qui ont leurs places dans la société sénégalaise mais doit rester à sa place et laisser le politique libre.
Notre candidat atypique compte beaucoup sur la diaspora pour influer sur cette échéance et de descendre sur le terrain dans les villages pour organiser des thés débats et porter la bonne parole face aux dons que l'Etat offre aux démunis pendant un temps. Il appelle cela une sorte de corruption.


Sonko nous dit que sa législature sera celle des gens compétents mus par une volonté de bien faire et comme les pays nordiques tout sera sur la place publique pour que rien ne soit mis en doute. Ainsi les services publics seront les résultats des politiques fiscales réussies et chacun saura que son argent va dans un fonds public au service de tous.

 


Le Président doit avoir les conditions qu'il faut pour réussir.


Je n'ai pas compris comment la critique a jeté son dévolu sur cet homme modeste mais sûr de lui qui essaie de bâtir avec des jeunes à qui il tient un discours toujours franc.


Sa tournée européenne est un succès phénoménal, une fierté puisque la diaspora a tout pris en charge et c'est rare en politique sénégalaise. D'habitude ce sont les politiques qui paient tout de leur poche.
Pour financer sa campagne il souhaite que plus de citoyens s'investissent et ainsi personne ne dira qu'il a fait ceci ou cela comme on le voit ailleurs.

 


Les levées de fonds ne doivent pas être une honte et la politique ne doit pas enrichir il faut le savoir.
Dire que le livre de Sonko est un refuge de délire me paraît pour l'instant très osé. Les sénégalais ont plus besoin de pain que de livre, Sonko est une personne hautaine, prétentieuse arrogante.
J'ai suivi Sonko deux fois à Sciences po Paris et à St Denis lors de sa rencontre avec la presse, j'ai épluché plus de 2000 pages et je n'ai pas trouvé les critiques justifiées.
On l'aura accusé de salafiste, d'intégriste d'être financé par je ne sais qui, oui l'arène politique ne pardonne pas quand on si risque on risque d'entendre beaucoup et il faut avoir la peau rugueuse pour ne pas ressentir ces flèches décochées pour tuer ou stopper.
Je ne suis pas du Pastef mais je suis un citoyen averti qui essaie d'écouter pour comprendre, lire pour déceler les pertinences ou les failles.


Son inexpérience n'est pas un défaut quand on sait qu'un chef d'état s'entoure de gens capables et compétents avec une morale et une éthique.


Sonko le patron des solutions pour le Sénégal compte sur tous les citoyens pour l'aider à changer ce pays, il compte modifier radicalement l'homme sénégalais et la physionomie du pays qu'il mettra au travail.
Il insiste beaucoup sur le concept de patriotisme qui n'est pas antinomique et cette faculté donne de la motivation et une responsabilité citoyenne.


Sonko est entrain de façonner son programme il est allé rencontrer les citoyens réputés APR dans les foyers et autres lieux même si les gens voulaient qu'ils restent plus longtemps il faut savoir que le temps est compté.


A 44 ans Sonko affiche sa singularité, un vrai «pitbul» qui ne démord pas sur ses convictions. On dira de lui qu'il fait peur, il soulève des foules, des gens qui avaient rompu avec la politique puisque dégoutés et déçus.
Pour ma part jusqu'à ce jour je vois un jeune candidat qui prend la mesure de son charisme et le poids de la charge qu'on lui donne et qu'il veut porter tout en comptant sur le peuple.


Sonko galvanise les foules et les concitoyens le lui rendent bien, lui qui veut dépasser les querelles ethniques dans un Sénégal interculturel qui ne s'est jamais appesanti sur ces dérives que certains voudraient introduire dans le pays de la Teranga.


RAS Sonko peut continuer sa tournée à l'Etranger et à travers le Sénégal sans se méfier des critiques qui feront toujours présentent quand on est dans la société politique et je voudrai terminer par une belle pensée trouvée ; « Encourager ce qui est bien, indiquer ce qui est mieux, prévenir ce qui est mal, condamner ce qui est indigne et combattre ce qui est injuste, voila la mission que nous nous sommes assignés» je dirai que les militants du Pastef et leur leader peuvent s'approprier cette pensée.

Ps /Il faut s'atteler à respecter les horaires et ne pas faire comme au Sénégal où le  temps est suspendu.

-Sonko préfère 2 à 3 questions pour les quels ils répondra en long enlarge pour que son propos ne  soit pas entaché,mais la presse qui vient lui poser des questions mérite aussi de poser ses questions et c'est pourquoi je suis venu. 

_Péché de jeunesse, mais je suis convaincu qu'avec le  temps ces petits défauts seront vite corrigés pour donner une image encore plus conforme.
Pape B CISSOKO Paris France

L’actuel fichier qui a subi des corrections, suite aux recommandations des auditeurs après les dernières législatives, ne peut être «pire» que celui de 2017. C’est du moins la conviction du porte-parole du Comité de suivi des recommandations de la commission d’audit du fichier électoral, Issa Sall, qui confirme la fiabilité du fichier comme cela a été formulé par les auditeurs dans leurs conclusions. Dans l’ensemble, ledit Comité qui était en conférence de presse hier, vendredi 23 novembre, dit avoir fait l’essentiel pour renforcer la qualité du fichier.

Faudrait-il un audit supplémentaire du fichier électoral, comme le réclament les membres de l’opposition, avant d’aller à l’élection présidentielle prochaine ? La réponse semble couler de source pour les membres du Comité de suivi des recommandations de la commission d’audit du fichier électoral, qui disent avoir effectué des corrections, suite aux recommandations des auditeurs. En effet, en conférence de presse hier, vendredi, le porte-parole dudit comité, Issa Sall, renvoie aux conclusions des auditeurs indépendants. Dans lesdites conclusions qu’il a lui-même lues, les auditeurs disent clairement «qu’il a été constaté que, globalement, la chaine qui amène un pétitionnaire, c'est-à-dire celui qui veut se faire enrôler, depuis l’enrôlement jusqu’à la figuration de ce dernier comme électeur, est maitrisée et cohérente. Les moyens de contrôle mis en place par la Daf assurent cette cohérence qui permet de rectifier la grande majorité des erreurs humaines introduites lors des opérations, comme en atteste le faible taux d’anomalie constaté. Le fichier, bien que perfectible, est cohérent, de bonne qualité pour l’organisation des prochaines élections».

Cette dernière phrase sur la bonne qualité du fichier susceptible d’organiser les élections semble vouloir dire qu’il n’y a pas besoin d’un autre audit. Surtout que des correctifs y ont été apportés. En effet, de l’avis d’Issa Sall, ledit audit avait été fait après les législatives de 2017. Après 06 mois de travaux sur le fichier audité, il reste persuadé que «si le fichier avait ces problèmes-là avant les législatives, depuis avec les corrections, j’espère que le fichier ne peut être que meilleur». Mieux, poursuit-il, «je ne pense pas qu’il soit pire que ce qu’on avait en 2017». Donc, dès lors que les enquêteurs avaient trouvé qu’en dépit des erreurs notées, le fichier pouvait être utilisé pour une élection, aujourd’hui qu’il y a été apporté des corrections, il peut bien servir pour la prochaine présidentielle, semble-t-il laisser entendre. Pour autant, M. Sall a vite fait de préciser que la décision ou non d’auditer le fichier ne revient pas au comité, mais plutôt aux autorités.

CAS DIFFICILES A TRAITER

Par ailleurs, Issa Sall est revenu sur les problèmes complexes auxquels le Comité s’est confronté. Il informe ainsi que les membres avaient demandé que les distinctions entre «Sénégalais» et «Sénégalais naturalisé» sautent, car n’étant pas conformes avec ce qui se fait à l’international. Ce qui n’était pas pertinent, selon lui, car le Sénégal dispose d’un Code consensuel qui nécessite un consensus en cas de modification. L’autre recommandation difficile à suivre, c’est l’existence de 14 personnes qui ont les mêmes renseignements à l’Etat civil. A l’en croire, la Daf a laissé 7 sur les listes et les 7 autres en dehors, parce que cela aurait causé des doublons sur le fichier électoral. Ce que ne pouvaient accepter les auditeurs qui avaient recommandé le règlement de cette question. Sur ce point, M. Sall indique que le Comité est toujours au niveau de l’enquête, car les partis politiques tiennent à ce que ces 7 personnes exclus du fichier y soient.

A noter, par ailleurs, que 23 des 38 recommandations ont été étudiées par le Comité et que 20 parmi ces 23 sont exécutées totalement ou partiellement. Sur les résultats obtenus dans le suivi de l’application des recommandations formulées par l’équipe des d’auditeurs pour hausser la qualité du fichier électoral, le Comité informe que 14 des 19 recommandations à appliquer à court terme ont été étudiées, tout comme 7 des 15 recommandations à appliquer à moyen terme, sans oublier 3 sur les 4 demandes à exécuter à long terme. En définitive, Issa Sall et ses camarades du Comité pensent que «sur les urgences, l’essentiel a été fait pour renforcer la qualité du fichier».

SudOnline

A trois mois de la présidentielle, la société civile semble sous le viseur du président Macky Sall et de son régime. Après la virulente sortie du chef de l’Etat contre Seydi Gassama d’Amnesty, c’est le mouvement Y en a marre qui est pointé du doigt avec le retrait de l’agrément de l’Ong Lead Afrique francophone, supposé bailleur de Fadel Barro et cie. Prétexte pour revisiter les rapports qui s’électrisent de plus en plus, entre le pouvoir en place et la société civile, à quelques encablures du scrutin présidentiel.

A quelques trois mois de la présidentielle, le pouvoir du président Macky Sall est accusé par certains organisations non gouvernementales de vouloir affaiblir la société civile. C’est du moins ce qui ressort de leur rencontre avec la presse, mercredi dernier, rencontre au cours de laquelle ces organisations non gouvernementales assurent que les autorités « chercheraient à les affaiblir » avec le retrait, le 16 novembre de l’agrément de Lead Afrique francophone et la cessation immédiate de ses activités au Sénégal. L’Ong serait accusé par l’État du Sénégal d’être un bailleur du mouvement citoyen Y en a marre. En retirant à cette organisation son récépissé, le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, a ainsi justifié l’interdiction en accusant Y en a marre d’avoir reçu « des financements illégaux ». Mais, pour le coordonnateur de Y en a marre, Fadel Barro, en s’en prenant à son mouvement et à ses partenaires, l’État veut « affaiblir la société civile », comme il a tenu à marteler lors de la conférence de presse. Avant de rappeler que « l’enjeu est que la société civile, qui est équidistante des organisations politiques, joue un rôle pendant les élections ».

L’affaire Lead Afrique francophone n’est toutefois pas le premier couac entre le pouvoir en place et la société civile. Invité d’un média français, le président de la République lui-même s’en est pris, d’une manière virulente, à Seydi Gassama et à Amnesty international. Qui plus est, lors de la convention des cadres de la coalition Benno Bokk Yakkar mercredi dernier, l’ancienne Premier ministre, Aminata Touré, enfonçait le clou en ordonnant aux organisations non gouvernementales et à la société civile d’une manière générale, « d’être à équidistance des partis politiques et de ne pas s’immiscer dans le combat politique». 

L’OPPOSITION, A LA RESCOUSSE DE LA SOCIETE CIVILE

Pour l’opposition, avec ce bras de fer Etat-société civile, le pouvoir continue dans la dynamique de musèlement des différents acteurs du processus électoral. Mamadou Diop Decroix et Ànd-jëf/Pads diront ainsi de cet assaut du pouvoir contre la société civile : « Après les partis politiques régulièrement réprimés et dont les dirigeants et militants vont et viennent à longueur de journées, depuis bientôt 7 ans, entre les commissariats de police, les tribunaux et les prisons, voici venu le tour des organisations de la société civile d’être dans l'œil du cyclone».  Dans la même foulée, Diop Decroix et cie considèrent que cette tentative de bâillonner la société civile « est clairement perçue comme un grand danger dans la stratégie de confiscation des suffrages qui se met en place ». Pis encore, pour Aj,  l'interdiction d'activités de l’association Lead Afrique au Sénégal, entre dans la continuité de la « sortie au vitriol du Président de la République contre Amnesty International, les tentatives de musellement des mouvements citoyens comme Yen a marre, des réseaux sociaux et, d'une façon générale, tous les coups portés sournoisement contre les organisations qui s'occupent de transparence du processus électoral en sont des preuves irréfutables »

ECLAIRAGE DU JOURNALISTE ABDOULAYE NDIAYE : « Qu’elle soit critique ou dénonce des abus, la société civile ne doit pas se substituer aux gouvernants»

Interpellé sur la question à savoir si la posture actuelle de la société civile dans le jeu politique est en conformité avec la norme ou si elle est actrice de positions partisanes, le journaliste Abdoulaye Ndiaye apporte son éclairage. « Il est à regretter que nous soyons amenés à constater les rapports heurtés entre certains membres de la société civile et le pouvoir en place. Cette situation aurait pu être évitable. Les organisations de la société civile ont pour mission essentielle, dans nos jeunes démocraties, d’aider à élever le niveau de conscience des citoyens. Elles peuvent également assurer des rôles d’intermédiaires entre ces pouvoirs de gouvernance et ces mêmes citoyens. Qu’elles soient critiques ou qu’elles dénoncent des abus, cela peut se comprendre. Elles ne doivent pas pour autant se substituer aux gouvernants issus du suffrage des populations. Il est vrai que la pratique dans notre pays est de se proclamer société civile  pour se retrouver plus tard dans la société politique.

D’ailleurs, un homme de pensée comme l’Italien Antonio Gramsci a raison d’opposer société civile et politique. Pour lui, les membres de la société civile sont souvent dans l’antichambre des pouvoirs. Notre histoire récente a montré que ceux ou celles qui furent les plus virulents contre des régimes sont aujourd’hui sous les lambris dorés de la République et profitent des avantages que procure une position de pouvoir.  Ils confirment pour cela la réflexion de Gramsci évoquée plus haut. A cela s’ajoute un contexte politique de veille d’élection caractérisé par des confrontations de toutes sortes. Il faudra alors que chaque entité, qu’elle soit civile ou politique, sache demeurer à sa place et mener son combat distinct de celui de l’autre ».

SudOnline

 

Instrumentalisation de la mendicité des enfants : déni, indifférence, inconscience... ? par Cécile THIAKANE–Lanceuse d'alertes ; activiste sociale et citoyenne du monde.

J'ai croisé récemment un jeune garçon en plein centre-ville de Dakar...

C'était un jeune talibé... Il était relativement tôt. En discutant avec lui, je me rends compte qu'il ne connaissait pas son âge ! Il doit avoir entre 7 et 8 ans ! Il m'apprend qu'il vient d'un daara situé à Guédiawaye dans la grande banlieue Dakaroise. Tous les jours avec les autres garçons de son daara, ils sont conduits, à l'aube, en car au centre-ville ! Le soir venu ils refont le trajet inverse pour rentrer.


Ils passent leurs journées à errer dans les rues de Dakar ! Des journées entières passées à interpeller les passants, à quémander pour atteindre un objectif de recettes fixées par des adultes, leurs responsables de daara. Ils sont sévèrement punis quand ils n'atteignent pas le montant journalier fixé.


J'ai encore en mémoire ce douloureux souvenir, un échange avec de jeunes talibés, l'année dernière en pleine période des fêtes de fin d'année. Il était tard, il faisait un peu frais ce soir-là, les rues du centre-ville de Dakar étaient presque désertes. Ces jeunes talibés, eux, n'avaient pas la chance de rentrer dans leur daara le soir venu ! Ils restaient en ville, dormaient à même le sol sur des cartons. Ils étaient livrés à leurs tristes sorts, et à tous les dangers de la nuit. On sait qu'il y a déjà eu des cas d'abus sur de jeunes garçons qui ont été victimes de prédateurs sexuels...
Dernièrement, un samedi soir, en sortant d'un restaurant, aux Almadies, haut lieu de la nuit Dakaroise... Il était 1h30 du matin... Il y a foule notamment beaucoup de jeunes qui comme à leur habitude se donnent rendez-vous dans ce quartier le week-end pour se divertir ! Je remarque un bon nombre de personnes assises sur le trottoir entrain de mendier à une heure aussi tardive ! Quel visage de la vulnérabilité de certaines couches de la population sénégalaise !

Mon attention est vite attirée par une toute petite fille assise à côté d'une femme, elle ne semble pas avoir plus de 3 ans ! Tout à coup, elle se lève d'un pas alerte dès qu'elle me voit et me tend la main. Sa rapidité d'exécution, à une heure aussi tardive me sidère ! Je lui prends ses deux mains et m'accroupie en face d'elle pour lui parler. Elle se contente de me sourire, et quel sourire innocent ! Mais elle ne répond pas à mes questions. Je m'adresse à la femme assisse à côté d'elle, c'est sa maman. Elle me confirme que sa fille a 2 ans et demi. Je lui demande pourquoi elle est encore dehors à cette heure avec une fille aussi jeune. Cette petite fille devrait être en train de dormir lui dis-je ! Elle m'explique qu'elle est veuve et n'a pas d'autres choix. Elle elle est obligée, pour survivre, de faire la manche avec ses trois enfants : cette petite fille et ses deux frères jumeaux de 4 ans ! D'ailleurs, l'un des jumeaux est entrain de dormir à même le sol à côté de sa maman. Elle m'avoue, qu'ils quittent Keur Massar tous les vendredis et les samedis pour faire la manche à cet endroit. Ils passent toute la nuit dehors, espérant profiter de la générosité des passants.

Je note cependant que la majorité des passants, devenus certainement insensibles, car habitués à ces scènes, ne prêtent même pas grande attention à ces mendiants.
Quand je donne un billet à la petite fille son visage s'illumine comme un enfant qui a reçu son cadeau le plus désiré un matin de Noël ! Elle s'empresse de remettre l'argent à sa maman.

Ces différents exemples, loin d'être des cas isolés, illustrent l'étendue et la complexité de ce problème de mendicité des enfants dans les rues des grandes villes au Sénégal, surtout à Dakar.
En plus des talibés, il paraît que leur nombre serait de plus de 40.000 milles dans les rues de Dakar, on note de plus en plus de jeunes enfants accompagnés de femmes, certainement leurs mamans, qui mendient de jour comme de nuit. Je n'ai pas abordés le cas des enfants en situation d'handicap, mais il y en a aussi un nombre non négligeable faisant la manche dans la rue !

Je suis partie avec une pléthore de questions et un sentiment d'impuissance.


Est-il possible que cette petite fille de 2ans et demi ait si bien assimilé son rôle dans leur dispositif ? Est-elle l'atout « sensibilité » pour sa maman ? Comment résister à ce visage si innocent ? Comment ne pas lui donner une pièce ? A quel avenir peuvent prétendre tous ces enfants maltraités, privés de leur enfance et de leur dignité ? Qu'est-ce qui peut bien justifier que des parents, des adultes responsables de mineurs puissent instrumentaliser la mendicité des enfants ? Qui sont les coupables : Les parents, les chefs de Daara, les autorités gouvernementales, ceux qui continuent à leur donner l'aumône ? Quelles sont les pistes solutionnaires pour éradiquer durablement ce fléau et redonner à ces enfants leur dignité en respectant leurs droits primaires ? Pourquoi dans un pays comme le nôtre, où la population a soit-disant le culte de la solidarité, nous n'excellons pas dans la promotion de la justice sociale ? Comment réussir à créer des dynamiques d'inclusion qui vont au-delà de la sphère familiale mais servant toute la communauté ?

Parce que la misère entrave la dignité de l'homme partout où elle sévit, ces couches de la population, dans leur profonde vulnérabilité voient leur dignité s'effriter chaque jour davantage face aux poids de leurs urgences de survie ! Il est crucial d'œuvrer concrètement pour la justice sociale. Elle reste un des vecteurs de développement durable car réduisant les inégalités, mais aussi l'impécuniosité caractérisée, et favorisant le bien-être des populations.

La place de ces enfants n'est pas dans la rue, mais dans des endroits sécurisants et structurants pour leur donner une opportunité de forger leurs destins. Ils ont besoin et ont droit à prendre le meilleur départ possible pour commencer leur vie. Cela passe par la satisfaction de leurs besoins primaires, par l'éducation, la sécurité, la paix et le droit à l'enfance... Comme nous le savons lorsque l'enfant ne prend pas le meilleur départ possible dans la vie, cela a assez souvent un coût élevé à la fois pour lui et pour la société en général. Nul doute que nous aurons tous à payer cette addition et elle sera très salée pour l'ensemble de la nation. Ces enfants qui représentent l'avenir et subissant ces violations de leurs droits sous l'indifférence de la communauté, ont de fortes chances de grandir sans qualifications, sans repères et d'atterrir à la périphérie de la société. Peut-être que nous avons parmi eux de futurs génies, des créateurs, des scientifiques...


Depuis plus de quarante ans, des textes de lois ont été votés par les différents gouvernements pour interdire la mendicité de tout genre, mais leur mise en application n'est jamais effective.
Jusqu'à quand allons-nous continuer à signer des conventions, ratifier des traités internationaux sur les droits et la protection des enfants pour satisfaire aux ODD ou pour être éligible par rapport aux différents critères de financements des institutions internationales et autres bailleurs de fonds tout en sachant pertinemment que leur applicabilité sera problématique ; la source du problème n'étant pas solutionnée ! Sans considération de l'ensemble de la chaine de valeur pour mettre en œuvre les conditions économiques, sociales et culturelles idoines, nous aurons des solutions en silo. ...


Les enfants sont l'avenir, et pour avoir un bel avenir ils ont besoin d'être accompagnés. Nous avons le devoir et l'obligation de ne plus laisser une partie d'eux être privés de ses droits fondamentaux.
Pour éradiquer ce fléau de la mendicité infantile, les solutions seront endogènes et nécessiteront une mise en commun d'initiatives faisant intervenir toutes les parties prenantes : Etat, autorités religieuses, familles, société civile, ONG... Certaines comme celles citées ci-dessous peuvent adresser le problème dans sa globalité.

- La redynamisation des territoires ruraux pour éviter l'exode rural de familles entières qui se retrouvent en ville sans avoir les moyens d'y vivre de façon décente et qui peuvent venir augmenter les rangs des candidats à la mendicité. Il y a aussi tous ces jeunes garçons, venant de ces zones rurales qui subissent de plein fouet les profondes mutations du monde rural avec l'abandon de l'agriculture vivrière et de l'élevage. Ces garçons se retrouvent envoyés dans des daaras en zones urbaines.


- Certaines croyances culturelles et religieuses gagneraient à être questionnées. Informer, sensibiliser mais surtout conscientiser les familles sur l'urgence de la situation de leurs enfants et à quel point ce « modèle de daara » s'est éloigné du concept initial et peut représenter un sérieux handicap dans leur vie future.
- Une politique sociale inclusive pour améliorer le niveau de vie des couches les plus vulnérables et en finir avec les urgences de survie quotidiennes.
- Subventionner les daaras, pour les moderniser et les structurer. Cela permettrait de prendre en charge décemment les talibés et les accompagner de manière optimale dans leur apprentissage.
- Santé de la reproduction à promouvoir et à faire adopter davantage par les familles démunies qui continuent à enregistrer un fort taux de natalité sans pour autant avoir les moyens de subvenir aux besoins de leurs enfants.

Le 20 Novembre, journée mondiale des droits des enfants, reste un moment privilégié pour se rendre compte des nombreuses injustices que subissent encore les enfants dans le monde.

Stop à la mendicité ! Stop à la maltraitance ! Stop à toutes les formes d'injustice qui inhibent la croissance harmonieuse des enfants.
Nos enfants ont droit à l'amour, à l'éducation, à la santé, à une vie décente et aussi à l'enfance.

Une société qui ne protège pas ses enfants, une société qui n'éduque pas ses enfants, ne se ferme-t-elle pas les voies de l'émergence ?

Cécile Thiakane
Actrice du Développement social
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Il veut sortir les talibés des griffes des marabouts
Un Muriautin se bat depuis des mois pour faire connaître le sort des enfants talibés, de jeunes mendiants exploités par des marabouts à Dakar.
Marche sur les Champs
Au mois d'octobre de l'année dernière, à son retour en France, Cheikh Soumano dépose les statuts de son association « Les Etoiles Talibés » et décide de mener une action de communication choc. Il défile sur les Champs-Elysées pieds nus, comme les talibés avec une chaîne symbolisant l'esclavage dont les enfants sont victimes.

 

Journée mondiale des toilettes 19 novembre ONU :Wc, toilettes, sujets sérieux, humains et indices de développement.....

« Un problème majeur de santé publique. Nous mangeons, nous travaillons, nous téléphonons et ajoutez que nous allons aux toilettes et c'est tellement important que si nous ne le faisons pas nous tombons malades.


En plus l'absence de sanitaires conduit certaines personnes à aller loin dans la forêt ou dans des lieux improbables pour se cacher et satisfaire les instincts animaux aux risques de rencontrer un délinquant, un bandit, un animal, un serpent, etc .

La quête d'endroits pour faire ses besoins peut exposer les personnes à divers dangers soyons vigilants et sachons intégrer ce « détail » dans nos vies et nos maisons. On pourra lire ceci « Inde : des toilettes installées dans un village où les femmes déféquaient au péril de leur vie »


En mai, deux jeunes filles avaient été violées alors qu'elles se rendaient dans un champ pour faire leurs besoins. Un problème de sécurité, mais aussi de santé publique


« D'après la coalition eau, l'assainissement est encore trop rarement intégré aux logiques et programmes de développement bien qu'il soit communément admis que l'absence de services de base est un handicap important dans la voie du développement


Une lacune jugée inacceptable quand on sait que chaque jour dans le monde, 5 000 enfants de moins de 5 ans meurent de maladies liées aux conséquences du manque de toilettes. Moins grave


mais tout aussi préoccupant l'absentéisme scolaire considérable dont la défection de nombreuses filles en raison de cette absence d'infrastructure de base » https://grotius.fr/wp-content/uploads/2015/11/Probl%C3%A9matique-des-Toilettes-femmes-et-bidonvilles.pdf P B CISSOKO

Santé : le manque de toilettes en Afrique, une « pandémie » orpheline ?
| Par Mathieu Olivier

Nous sommes environ 7 milliards sur la planète. Quelque 6 milliards d'entre nous ont un téléphone portable, mais seulement 4,5 milliards d'être humains disposent de toilettes. Une situation dont plus de 2 000 enfants meurent chaque jour, en particulier en Afrique. Sans que les pouvoirs publics ne prennent vraiment le problème à bras-le-corps.


On le sait trop peu : sur notre continent, et en particulier en Afrique subsaharienne, il est plus courant de posséder un téléphone portable qu'un accès à des toilettes garantissant une bonne sécurité hygiénique. Au Soudan du Sud ou au Niger, plus des trois-quarts de la population ne disposent même pas de la moindre installation et défèquent tout simplement à l'air libre.


À l'occasion de la journée mondiale des toilettes, qui se tient chaque année le 19 novembre, Jeune Afrique fait le point sur la situation du continent. Où un enfant aurait, selon l'Unicef, environ 500 fois plus de chances de mourir de diarrhée qu'un de ses camarades nés en Europe ou aux États-Unis.


Pourquoi le manque de toilettes tue ?


L'Afrique répond-elle au défi de l'assainissement ?
L'Afrique est-elle vraiment le mauvais élève de la planète en terme d'assainissement ?
Quels pays progressent ? Stagnent ? Régressent ?
Pourquoi le manque de toilettes tue ?
Dans le monde en 2014, quelque 2,5 milliards de personnes sont privées de toilettes, selon le dernier rapport de l'Organisation mondiale de la santé et de l'Unicef. Un fait qui passe encore relativement inaperçu tant le sujet prête à sourire. Il n'y a pas pourtant pas de quoi.


En l'absence d'accès aux toilettes et de dispositifs d'évacuation efficaces (vers une fosse septique étanche, une fosse ventilée ou encore via un système de compost), un tiers de la population mondiale se rabat vers un "système D" dangereux : seaux, sacs plastiques, vulgaires trous, installations partagées ou publiques, latrines peu ou pas isolées ou tout simplement défécation à l'air libre...


Autant de système qui aboutissent à la création de stocks de déchets non-évacués, devenant rapidement des réservoirs de microbes, à la portée de tous et des sources de contamination pour les cours d'eau environnant. On estime que 375 000 tonnes de matières fécales sont directement déposées chaque jour dans la nature.


On estime que 375 000 tonnes de matières fécales sont directement déposées chaque jour dans la nature.


Or, le manque d'accès à l'assainissement est un des facteurs les plus aggravants de la propagation des maladies dites hydriques. Un gramme de matière fécale humaine peut abriter jusqu'à cent œufs de parasites, 10 000 virus (comme l'hépatite ou la polio) ou encore jusqu'à un million de bactéries, responsables de la dysenterie, du choléra ou de la diarrhée. Cette dernière provoquerait chaque année près de 760 000 décès d'enfants de moins de cinq ans, soit plus de 2 000 par jour, selon l'OMS. En comparaison, Ebola a fait environ 5 000 morts comptabilisés en 2014.
Depuis les choses n'ont pas avancé.
https://www.jeuneafrique.com/40163/politique/sant-le-manque-de-toilettes-en-afrique-une-pand-mie-orpheline/

Des enfants de l'école primaire Harry C. du village Mansourey, en Sierra Leone, nettoient les toilettes de l'école. Photo UNICEF/Kassaye
Une crise mondiale de l'assainissement qui persiste

Nous n'y pensons pas souvent, mais les toilettes sauvent des vies, car elles empêchent la propagation de maladies mortelles causées par les excréments humains. La Journée mondiale des toilettes vise à sensibiliser le public sur le rôle crucial qu'elles jouent pour les populations et à encourager des actions ciblées pour relever le défi de la crise mondiale de l'assainissement.


Le monde est encore loin d'atteindre l'objectif de développement durable n°6 (ODD 6), c'est-à-dire « garantir l'accès de tous à l'eau et à l'assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau ».
Aujourd'hui, 4,5 milliards de personnes vivent en effet sans toilettes et 892 millions de personnes pratiquent toujours la défécation à l'air libre.


L'impact d'une telle exposition aux matières fécales humaines a des effets dévastateurs sur la santé publique, les conditions de vie et de travail, la nutrition, l'éducation et la productivité économique dans le monde.
L'ODD 6 vise à garantir que tous disposent de toilettes et d'un bon assainissement et que personne ne pratique la défécation en plein air d'ici 2030. Si cet objectif n'est pas atteint, l'ensemble du Programme de développement durable à l'horizon 2030 est compromis.


La nature nous appelle


Cette année, la campagne pour la Journée mondiale des toilettes portera sur la nature, et sur la nécessité de construire des toilettes et des systèmes d'assainissement qui fonctionnent en harmonie avec nos écosystèmes.
Le thème, « Quand la nature nous appelle », s'inscrit dans l'idée que « nous sommes en train de transformer notre environnement en un égout à ciel ouvert. Nous avons besoin de davantage de solutions fondées sur la nature pour régler la crise mondiale de l'assainissement. »

Par exemple :
• des latrines à compost qui capturent et traitent les déchets humains sur le site, produisant gratuitement des engrais utiles à la culture.
• les zones humides et les roselières artificielles filtrent les eaux usées avant leur rejet dans les cours d'eau.
Faits et chiffres
Les données ci-dessous, publiées dans le rapport du Programme commun OMS-UNICEF de suivi de l'approvisionnement en eau et de l'assainissement intitulé « Progrès en matière d'eau, d'assainissement et d'hygiène : mise à jour 2017 et évaluation des ODD », donnent une idée de l'étendue de la crise mondiale de l'assainissement :
• Environ 60 % de la population mondiale – soit 4,5 milliards de personnes – n'ont pas de toilettes à la maison ou dispose de toilettes qui ne permettent pas une gestion hygiénique des excréments.
• 892 millions de personnes dans le monde pratiquent la défécation en plein air et sont privées de sanitaires - les matières fécales ne sont donc ni recueillies ni traitées.
• 1,8 milliard de personnes boivent de l'eau potable non améliorée sans protection contre la contamination par des matières fécales.
• Dans l'ensemble, 80 % des eaux usées résultant des activités humaines retournent dans l'écosystème sans avoir été traitées ou réutilisées.
• 1/3 des écoles dans le monde ne disposent pas de toilettes - un problème qui s'aggrave pour les filles pendant la période de menstruation.
• 900 millions d'écoliers dans le monde ne disposent pas d'installations pour le lavage des mains - ce qui favorise la propagation de maladies mortelles.
• INDE - Un reportage de la BBC a mis au jour le calvaire quotidien de nombreuses femmes qui se privent d'aller aux toilettes pour réduire les risques d'être victime d'une agression sexuelle. Une décision qui peut avoir des effets graves sur leur santé.


 - La rédaction de LCI


• Quand assouvir un besoin naturel devient une source d'angoisse. En Inde, des milliers de femmes choisissent de se priver d'eau et de nourriture afin d'éviter les agressions sexuelles. Des agressions qui constituent le lot quotidien des Indiennes dans un pays où environ 524 millions de personnes sont contraints de se soulager quotidiennement en plein air, faute de toilettes saines.

• C'est en tout cas ce que détaille un long format de la BBC. On apprend ainsi que des femmes se limitent à un unique passage par jour, afin de limiter les risques d'agressions. D'autres s'organisent pour y aller en groupe. Mais surtout, certaines renoncent à se nourrir et à boire. Une décision qui peut se révéler risquée en été :

"Elles se déshydratent intentionnellement - et cela peut avoir des effets graves s'il fait vraiment chaud ou s'il y a une vague de chaleur", a expliqué à la BBC le chercheur Gulrez Shah Azhar, qui a étudié les conséquences de la canicule de 2010 au nord-ouest de l'Inde.


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• Inde : 239.000 fillettes meurent chaque année à cause des discriminations sexistesInde : une adolescente violée et brûlée vive, le suspect principal arrêté
• Près de 70% des foyers indiens ne sont pas équipés de toilettes
• L'absence de sanitaires est un problème majeur de santé publique en Inde, et concerne près de 594 millions d'Indiens, soit quasiment la moitié du pays, selon l'Unicef. Près de 70% des foyers indiens n'en sont pas équipés. Par ailleurs, d'après une étude nationale récente, environ 60% des jeunes femmes de 16 à 24 ans n'ont pas accès aux serviettes hygiéniques, chiffre qui monte à 80% dans certains Etats pauvres du centre et de l'Est de l'Inde. A cette problématique sanitaire s'ajoute la longue liste des agressions sexuelles enregistrées en Inde : près de 110 viols sont rapportés chaque jour selon des chiffres officiels. Quelque 110.333 cas de viol ont été rapportés dans le pays entre 2014 et 2016.

• Le Premier ministre indien Narendra Modi a promis la construction de toilettes dans chaque foyer d'ici 2019. Selon lui, son gouvernement a construit plus de 20 millions de toilettes depuis 2014. Des observateurs estiment toutefois que le problème ne vient pas seulement de la pauvreté, mais également d'une croyance enracinée selon laquelle les toilettes intérieures sont impures.
https://www.lci.fr/international/en-inde-se-retenir-d-aller-aux-toilettes-au-quotidien-pour-eviter-une-agression-sexuelle-2094709.html

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