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Zimbabwe : octobre 1980, la première interview de Robert Mugabe à Jeune Afrique / jeuneafrique
Par Kadiatou Sakho

Le Président Robert Mugabe a finalement cédé à la pression de l'armée, de la rue et de son parti. Il a remis ce mardi sa démission après 37 ans au pouvoir. Sa première interview à un journal francophone, en 1980, il l'avait accordée à Jeune Afrique, alors qu'il était encore Premier ministre.
« Le Zimbabwe ne s'alignera sur aucun des deux blocs et choisira ses amis en fonction de ses propres intérêts et de ses propres besoins, quel que soit le camp auquel ils appartiennent. L'Est ou l'Ouest ». Ces mots, ce sont ceux de Robert Mugabe, alors Premier ministre du Zimbabwe. Nous sommes le 29 octobre 1980, et jeune Afrique publie la première interview de celui qui deviendra près de quatre décennies plus tard le plus vieux dirigeants au monde. A l'époque, il n'est encore « que » Premier ministre.


La rencontre a lieu à Milton House, la bâtisse de Salisbury qui abritait quelques mois plus tôt Ian Smith... Le 18 avril 1980, la Rhodésie devient indépendante et prend le nom de Zimbabwe, après 90 ans de colonisation britannique. La guerre d'indépendance qui opposait les autorités de Salisbury et les nationalistes noirs, entre 1972 et 1979, a fait 27 000 morts.


A la suite des accords de Lancaster House, Robert Mugabe, chef de l'Union nationale africaine du Zimbabwe (ZANU), est nommé Premier ministre du Zimbabwe après la victoire de son parti lors des premières élections multiraciales du pays. En tant que Premier ministre, Robert Mugabe avait pour lourdes responsabilités de réconcilier le peuple du Zimbabwe et de relancer l'économie du pays. C'est dans ce contexte postindépendance, porteur d'espoir pour les Zimbabwéens que Robert Mugabe a accepté de se confier à François Soudan.


Le Zimbabwe ne s'alignera sur aucun des deux blocs


L'armée, la lutte des classes et la France


Robert Mugabe explique alors qu'après la guerre de 1972-1979 « seuls 7 000 combattants ont demandé à être démobilisés et cela a été fait sans heurts » et que les autres veulent « être intégrés au sein de la nouvelle armée nationale ». 37 ans plus tard, les vétérans défileront dans les rues d'Harare pour réclamer son départ.
Il évoque également les aspects idéologiques du régime qui se met en place. « La classe ouvrière est très minoritaire ; ce n'est pas à elle qui a lutté et souffert le plus pendant la lutte armée : c'est donc à la paysannerie que doit revenir le rôle de groupe social moteur, d'avant-garde dans notre société », explique-t-il.Et dans le contexte de guerre froide, il affirme que « le Zimbabwe ne s'alignera sur aucun des deux blocs et choisira ses amis en fonction de ses propres intérêts et de ses propres besoins, quel que soit le camp auquel ils appartiennent. L'Est ou l'Ouest ».


L'Afrique francophone s'est peu souciée de nous. Peut-être faut-il y voir l'influence de la France


Déjà, il se fait le héraut de la lutte contre le néocolonialisme, et attaque la France de front. Le pays a certes « accordé quelques bourses universitaires » à plusieurs étudiants du pays, mais il a surtout « mis le plus d'obstacles » à l'adhésion du Zimbabwe à la Convention de Lomé, accuse le Premier ministre.
Surtout, il note que « peu de pays » ont soutenu le Zimbabwe dans sa lutte pour l'indépendance. « Mais l'Afrique francophone, tout particulièrement, s'est peu souciée de nous. Pourquoi ? Peut-être faut-il y voir l'influence de la France et le fait que ces pays tiennent compte, dans leur analyse, des orientations de la politique étrangère française. »

Le départ de Mugabe au Zimbabwe, nouvelle étape dans les transitions démocratiques en Afrique ?


Le dirigeant au pouvoir dans le pays depuis 1980 a démissionné de son poste, mardi. Quelle forme pourra prendre la transition ?


Par Laura Motet, Madjid Zerrouky, Maxime Vaudano et Aline Leclerc


Trente-sept ans après avoir accédé au pouvoir pour la première fois et après vingt-neuf ans de présidence, Robert Mugabe, ancien chef du mouvement de libération nationale en Rhodésie du Sud, a annoncé sa démission, mardi 21 novembre. Un départ qui n'était pas, à l'origine, dans les plans du tenace président du Zimbabwe : renversé par l'armée, exclu de son propre parti, Robert Mugabe, 93 ans, refusait encore, dimanche, de présenter sa démission. L'amorce d'une procédure de destitution a, cependant, eu raison de sa volonté, jusqu'alors affichée, de rester au pouvoir jusqu'à ses 100 ans.


Le cas du Zimbawbe est à bien des égards singulier, mais sur le continent, sa situation est suivie avec intérêt par ceux qui tiennent les clés des palais présidentiels et par ceux qui voudraient les en déloger. D'autant que les événements qui se sont produits à Harare trouvent une résonance dans plusieurs Etats africains.
Petits et grands arrangements avec la Constitution


En 2010, au Niger, le président Mamadou Tandja, au pouvoir depuis onze ans, avait été renversé par un coup d'Etat militaire après avoir dissous le Parlement et la Cour constitutionnelle et fait adopter par référendum une réforme de la Constitution lui permettant de se maintenir au pouvoir trois ans au-delà de la limite de son mandat.
Au Bénin, à la suite de manifestations, le président Thomas Boni Yayi a juré qu'il ne toucherait pas à la Constitution. Une promesse qu'il a tenue, puisqu'il n'a pas cherché à briguer de troisième mandat, laissant sa place en 2016 à Patrice Talon.


En revanche, nombreux sont les autres chefs d'Etat africains qui ont choisi, à l'instar de l'ancien dirigeant burkinabé Blaise Compaoré, de se maintenir au pouvoir grâce à des modifications d'ampleur ou à de simples petits arrangements avec les règles constitutionnelles :


• Joseph Kabila en République démocratique du Congo ;
• Paul Kagamé au Rwanda ;
• Pierre Nkurunziza au Burundi ;
• Denis Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville.


Il faut dire que la manœuvre a fonctionné. Ainsi, 8 des 54 chefs d'Etat africains actuellement au pouvoir ont réussi à s'y maintenir à la faveur d'une modification de la Constitution.


Joseph Kabila a, lui, choisi pour l'heure une autre option pour rester au pouvoir sans avoir à se présenter une troisième fois : son mandat, qui devait se terminer en décembre 2016, est finalement prolongé jusqu'en avril 2018, des « difficultés financières » empêchant, selon la Cour constitutionnelle, la tenue de nouvelles élections.
Certains dirigeants, au pouvoir depuis longtemps, ont modifié la Constitution pour pouvoir briguer un nouveau mandat.


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Source : Les Décodeurs


C'est notamment le cas au Cameroun, au Tchad, en Ouganda ou en Algérie. En 2008, par un vote à main levée, le Parlement algérien a ainsi abrogé la loi limitant à deux le nombre de mandats, permettant au président algérien, Abdelaziz Bouteflika, élu en 1999 et réélu en 2004, d'être encore candidat en 2009 et, pour la quatrième fois, en avril 2014, lors d'un scrutin qualifié de « supercherie » par l'opposition. Depuis, M. Bouteflika a lancé une révision de la Constitution pour rétablir la limite à deux mandats, un engagement pris en 2011 pour calmer les premiers remous du « printemps arabe » en Algérie.


Un régime qui s'achève en coup d'Etat


Qu'un coup d'Etat précipite un changement de régime est également fréquent sur le continent : c'est de cette façon que les chefs d'Etat antérieurs ont quitté le pouvoir dans onze pays africains, alors que dix-neuf seulement sont allés normalement au bout de leur mandat. Neuf autres sont morts au pouvoir. Et deux ont été renversés par une révolte populaire, tous lors du « printemps arabe » en 2011 : le président Hosni Moubarak en Egypte et le colonel Mouammar Kadhafi en Libye.


Comment s'est terminé le régime précédent ?


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Si certains de ces coups d'Etat remontent aux années 1980 et que leurs auteurs se sont depuis maintenus au pouvoir – souvent après des simulacres d'élections, comme Teodoro Obiang Nguema, qui règne sur la Guinée équatoriale depuis 1979 –, d'autres sont beaucoup plus récents : ce fut le cas en République centrafricaine en 2013, au Mali et en Guinée-Bissau en 2012, au Niger en 2010, en Mauritanie et en Guinée en 2008.
Des élections démocratiques après un coup d'Etat ?


A la fin d'octobre 2014, des manifestations historiques contre le projet du président Blaise Compaoré de modifier la Constitution pour pouvoir briguer un 5e mandat dégénèrent. Le chef d'Etat-major des armées annonce la dissolution du Parlement et la mise en place d'un gouvernement de transition. Le lieutenant-colonel Isaac Zida s'autoproclame chef de la transition. Blaise Compaoré quitte le pays. Lui-même était arrivé au pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat, vingt-sept ans plus tôt, et n'avait été réélu que lors d'élections contestées. Entre 2014 et 2015, c'est Michel Kafando qui assure la transition, organisant l'élection de décembre 2015 qui a placé Roch Marc Christian Kaboré à la tête du pays.
Si la situation au Burkina Faso ne peut être assimilée stricto sensu à un coup d'Etat, l'histoire récente de plusieurs pays africains rappelle qu'un putsch est parfois suivi d'élections libres et transparentes.
Au Mali, par exemple. En 2012, l'armée renversait le président Amadou Toumani Touré, au pouvoir depuis dix ans. Mais la junte a, finalement, cédé à la pression internationale et rendu le pouvoir à un président par intérim jusqu'à la tenue de nouvelles élections en 2013. Les Maliens ont alors élu président Ibrahim Boubacar Keïta « dans le calme et la sécurité », selon les termes du ministre des affaires étrangères français, lors d'un scrutin dont « les Maliens doivent se féliciter », à en croire le représentant spécial de l'ONU au Mali.


De la même façon, en Guinée, les militaires qui avaient succédé à Lansana Conté, président depuis vingt-quatre ans, ont finalement laissé la place en 2010 à un opposant historique, Alpha Condé, à l'issue du premier scrutin considéré comme « libre et démocratique » de l'histoire du pays. En 2015, il est d'ailleurs réélu. De même, au Niger, le déroulement du scrutin de janvier 2011 qui a porté Mahamadou Issoufou au pouvoir, un an après le coup d'Etat mené par Salou Djibo contre Mamadou Tandja, a également été salué par la communauté internationale.


(Sont considérées comme « élections démocratiques » sur cette carte celles jugées « libres et équitables » par les observateurs internationaux. Sont considérées comme « contestées » celles dont le résultat a été mis en cause et par l'opposition et par les observateurs internationaux.)
Comment sont-ils arrivés / restés au pouvoir ?


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Elections démocratiquesElections contestéesCoup d'EtatCoup d'Etat puis élections contestéesDésignationDésignation puis élections contestéesDésignation puis élections démocratiquesSuccessionTransition
Si les élections peuvent être un indice de la santé démocratique d'un pays, elles peuvent également être utilisées par les régimes les plus autoritaires pour légitimer leur pouvoir.


Dans un tiers des cas où un scrutin présidentiel est organisé, la validité de son résultat est mise en cause par les opposants comme par les observateurs internationaux. C'est souvent en raison de fraudes, parfois à cause de violences ou d'entraves faites à l'opposition.
En 2011, à Djibouti, l'opposition a boycotté le scrutin après avoir dénoncé la répression violente de manifestations demandant le départ du « dictateur » Ismaël Omar Guelleh. Ce dernier avait, juste avant le scrutin, obtenu, par une modification de la Constitution, la possibilité de se présenter pour un troisième mandat, à 67 ans.
Certains au pouvoir depuis parfois plus de trente ans


40 % des dirigeants africains dépassent les 70 ans. Si le plus vieux, Béji Caïd Essebsi, n'est arrivé au pouvoir qu'en 2014 en Tunisie, au terme d'élections démocratiques, ce n'est pas le cas de la plupart des « vieux » dirigeants. Robert Mugabe, l'ancien président du Zimbabwe, souhaitait toujours, jusqu'au 21 novembre, occuper le pouvoir du haut de ses 93 ans.
Quel âge ont les dirigeants ?


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 46 - 54 ans 54 - 58 ans 58 - 59 ans 59 - 63 ans 63 - 66 ans 66 - 73 ans 73 - 74 ans 74 - 77 ans 77 - 90 ans Age du dirigeant :


Elu à la présidence en 1987, Robert Mugabe n'atteindra sans doute pas la longévité au pouvoir de ses cadets Paul Biya au Cameroun, arrivé en 1982, et Teodoro Obiang en Guinée équatoriale, qui, à 75 ans, gouverne déjà depuis trente-huit ans.

mercredi, 22 novembre 2017 12:49

Ligue des champions: Monaco sombre face à Leipzig

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L’AS Monaco s’est inclinée 4-1 face au RB Leipzig ce mardi 21 novembre. Les Monégasques devaient pourtant absolument l’emporter pour pouvoir espérer arracher leur qualification le 6 décembre prochain face à Porto. Avec deux points en cinq matches le club du Rocher est finalement éliminé de toute compétition européenne.

Il y a des matches comme cela où tout va de travers. La soirée n’a pourtant pas si mal commencé pour les Monégasques. Peu avant d’affronter Leipzig, le Besiktas et le FC Porto s’étaient quittés sur un match nul 1-1 qui laissait encore un espoir à Monaco d’accrocher la deuxième place du groupe G. En cas de victoire de Porto, les hommes de Leonardo auraient été quoiqu’il arrive éliminés.

Ce match face à Leipzig avait donc de l’enjeu mais le suspense a été de courte durée. Dès la 5e minute de jeu, le Brésilien Jemerson s’est fait surprendre par un centre qu’il a détourné dans son propre but. Trois minutes plus tard, c’est Timo Werner, la nouvelle pépite du football allemand qui s’est frayé un chemin dans une défense monégasque aux abonnés absents pour aller tromper Subasic.

Début de match cauchemardesque

2-0 en à peine huit minutes de jeu, le début de match pouvait difficilement être plus cauchemardesque pour Monaco qui n’avait pas le droit à l’erreur pour espérer voir les huitièmes de finale. Pourtant, les Monégasques ont réussi à aggraver leur cas à la demi-heure de jeu en concédant un penalty transformé par Werner.

Juste avant la mi-temps, les joueurs de Leonardo Jardim ont réduit la marque sur une tête du Colombien Radamel Falcao, ce qui laissa pendant quelques secondes entrevoir la possibilité d’une « remontada » dont le Monaco de la saison 2016-2017, demi-finaliste de la Ligue des champions, aurait probablement été capable.

Un match plié dès la mi-temps

Malheureusement pour les Monégasques, rien de tout cela ne s’est produit. Pis, à peine deux minutes après la réduction du score de Falcao, le Guinéen Naby Keita a alourdi la marque en se jouant d’une défense étonnamment passive.

A 4-1 à la mi-temps, le match était plié et les Allemands se sont contentés de gérer leur avance en seconde période. Après leur épopée incroyable en Ligue des champions la saison dernière, les Monégasques s’arrêtent cette année dès la phase de poule et sont d’ores et déjà éliminé de toute compétition européenne.

LES AUTRES RESULTATS DE LA SOIREE

Monaco - Leipzig (1-4)

Besiktas - Porto (0-0)

Spartak Moscou - Maribor (1-1)

FC Séville - Liverpool (3-3)

Naples - Chakhtior Donetsk (3-0)

Manchester City - Feyenoord (1-0)

APOEL Nicosie - Real Madrid (0-6)

Borussia Dortmund - Tottenham (1-2)

RFI

Le député-maire de Dakar, en prison depuis mars dernier, soupçonné de détournements de deniers publics, est convoqué ce mercredi 22 novembre devant la commission de l’Assemblée nationale sénégalaise qui doit statuer sur la levée de son immunité parlementaire. Une convocation envoyée sous forme de lettre à la prison de Rebeuss qui n’a aucun sens, estiment les défenseurs de Khalifa Sall.

Cette lettre-convocation que RFI a pu consulter est datée du lundi 20 novembre et a été remise à Khalifa Sall le même jour. Elle est signée par Aymerou Gningue, le président de la commission de l’Assemblée nationale chargée de statuer sur l’immunité du député-maire de la capitale sénégalaise.

La commission « doit vous entendre le mercredi 22 novembre à 17 heures sur la demande de levée de votre immunité formulée par Monsieur le Procureur de la République ».

Le dernier paragraphe laisse également entendre que la commission pourrait statuer en l’absence de Khalifa Sall : « Conformément à l’article 52 de notre règlement intérieur, vous avez la possibilité de choisir, comme défenseur, un de vos collègues ».

Une lettre qui a provoqué la colère des avocats de Khalifa Sall qui ont répondu au président de la commission en indiquant : « Cette lettre semblant tenir lieu de convocation est irrégulière, nulle et non avenue ». Ils ont par ailleurs demandé, une fois de plus, sa libération immédiate.

Sur le compte Twitter de Khalifa Sall également, la lettre de convocation est publiée et une réponse est apportée à la commission ad hoc : « Je suis présentement dans les liens de la détention. Je ne suis donc pas libre de mes mouvements et je n'ai pas le droit de répondre à la convocation d'une autre personne autre qu'un juge ».

RFI

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Après la démission de Robert Mugabe, le porte-parole de la Zanu-PF a indiqué que l’ancien vice-président zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa, serait nommé ce mercredi 22 novembre président par intérim par le Parlement. Une fonction qu'il occupera pour 90 jours.

Celui qui a fait tomber Robert Mugabe a quitté l'Afrique du Sud ce mercredi matin. Selon des proches, Emmerson Mnangagwa devrait arriver tôt ce mercredi dans la journée à Harare, la capitale zimbabwéenne, à bord d'un jet privé.

En exil depuis son limogeage, il avait pourtant assuré mardi matin qu'il ne rentrerait pas, craignant pour sa sécurité.

Et pourtant, selon le porte-parole de la Zanu-PF, sa nomination devrait être officialisée ce mercredi par le président du Parlement. Une prestation de serment pourrait avoir lieu dans les 48 heures.

Un ex-fidèle de Mugabe pour changer le pays

Bombardé dimanche président du parti au pouvoir et candidat à l'élection présidentielle de 2018, Emmerson Mnangagwa sera président par intérim pour une période de 90 jours jusqu'à ce que la Zanu-PF organise des élections en interne.

Un des défis auquel il va devoir faire face sera de prouver que malgré ces 50 ans passés aux côtés de Robert Mugabe, il peut apporter du changement.

En attendant, Emmerson Mnangagwa endosse déjà les habits de chef de l'Etat, fût-il par intérim. Dans un communiqué relayé par l'agence Reuters, il a dès ce mardi soir indiqué qu'il aspirait à rassembler tous les Zimbabwéens pour la reconstruction du pays. Ce n'est pas, dit-il, la mission de la seule Zanu-PF, le parti au pouvoir, mais celle de l'ensemble de la population.

Un « Crocodile » impitoyable

Agé de 75 ans, il a été l'un des très proches de Robert Mugabe. C'est un homme fortement lié aux militaires également. Il a fini par se faire surnommer « le Crocodile », un animal réputé rapide, discret et d'un caractère impitoyable.

Il faut dire que cet homme a sa part d'ombre. Au milieu des années 1980, il était chargé de la sécurité intérieure lors des massacres de l'ethnie Ndebele. Selon les organisations de défense des droits de l'homme, 20 000 civils ont alors été tués.

Peter Godwin, journaliste et auteur zimbabwéen, a publié en 2011 un livre-enquête intitulé « La Peur », sur la répression au Zimbabwe. Pour lui, « Emmerson Mnangagwa est quelqu'un d'horrible, il baigne dans le sang, affirme-t-il. C'est lui qui a mis en œuvre la politique répressive de Robert Mugabe. Il est bien clair qu'il est aussi moralement responsable de ce qui s'est passé au Zimbabwe que son ancien patron. Mais je pense que ce qu'il va essayer de faire maintenant, c'est de se présenter comme un réformiste, un homme capable de rassembler, un technocrate. Comme d'ailleurs la Zanu-PF qui, je pense, va essayer de se présenter comme la Zanu-PF 2.0. »

En 2008, les fonctions qu'il a occupées auprès du président zimbabwéen pour sa réélection ont accéléré son parcours. Il a fini par devenir le vice-président de Mugabe et son dauphin présumé. C'est la remise en cause de cette situation du fait des ambitions politiques de la première dame, Grace Mugabe, qui a conduit à la chute du vieux président. Tout s'est en effet précipité après le 6 novembre dernier, quand Robert Mugabe a limogé Mnangagwa.

Rfi

 

Les mathématiques, la discipline la plus dangereuse du monde 

Rabelais disait: «La sagesse ne peut pas entrer dans un esprit méchant, et science sans conscience n'est que ruine de l'âme." Cette pensée peut aussi être considérée comme l'amorce de la bioéthique, cette discipline cherchant à réconcilier les capacités scientifiques et leur acceptabilité morale. ( Source : http://la-philosophie.com/science-sans-conscience ).

Je n'irais pas jusque-là car, malheureusement, il n'est pas nécessaire d'être méchant pour faire beaucoup de mal. Notre société a généré des monstres gentils qui sont capables, par aveuglement et bêtise de faire disparaître toutes les mauvaises herbes de la planète ou assimilées. Le drame, c'est que derrière ces prétendues mauvaises herbes il y a aussi, selon eux, une mauvaise humanité. Comment cela est-il possible ? Tout simplement par la croyance immodérée à la vérité des chiffres, à la loi intangible de la logique mathématique.

Formatés dès l'enfance (comme beaucoup d'entre nous), ces capitaines d'industrie, ces financiers de haute volée, ces hommes politiques puissants, sont devenus des grands spécialistes, la race humaine la plus exécrable.

Et je vais vous expliquer pourquoi.


Il ne vous a pas échappé que, dès le secondaire, l'instituteur humain et pluridisciplinaire, est remplacé par de nombreux professeurs spécialisés, de mathématique, de littérature, de physique-chimie, de langue, de sciences naturelles, de musique, de gymnastique, d'histoire, de philosophie, etc. Mais plus de généralistes, plus d'approche globale du Monde, plus de liens entre ces disciplines.

Alors que la vie est un tout, alors que notre Terre sphérique est sans-doute le meilleur symbole de cohérence, d'équilibre, d'harmonie et d'unité, tout se passe comme si notre planète et le cerveau de nos enfants étaient constitués de cellules indépendantes et séparées. Ainsi commence le monde des spécialistes, très souvent ignorant ou même méprisant les autres disciplines. Ainsi commence subrepticement l'aveuglement de ces hommes qui, ayant des œillères, deviennent ignorant des réalités du Monde. Vous aurez également remarqué la place prépondérante des mathématiques dans tous les prestigieux diplômes qui permettent d'atteindre les sommets. Dès la puberté, nos enfants sont formés (on devrait dire : « formatés ») par des spécialistes, un tout petit peu étriqués.


Alors quoi, me direz-vous, où est le problème ? Le problème c'est que, pour aimer le Monde, il faut le comprendre. Et pour le comprendre, il faut ouvrir les yeux et les oreilles. Il n'est pas nécessaire d'être un spécialiste en tout mais avoir une vue globale de ce monde complexe. Pour le comprendre un tant soit peu il faut avoir balayé (même rapidement et superficiellement) toutes ses composantes, ce que peu de « spécialistes » peuvent ou veulent faire. Le plus souvent, les spécialistes s'engouffrent dans le monde des mathématiques qui leur permet de « modéliser » presque tout, pensent-ils, qui les séduit par sa logique implacable mais qui finit par leur faire oublier tout le reste. J'en veux pour preuve cette effarante affirmation d'un Prix Nobel de physique, l'Américain Steven WEINBERG : « Il est remarquable qu'on puisse dire ce qu'était l'univers à la fin de la première seconde, ...

La satisfaction du physicien vient de ce qu'il peut traiter les problèmes numériquement ... Il est vrai que nous n'avons pas de certitudes absolues, mais il est excitant de penser que nous pouvons maintenant parler de ces questions, avec une certaine assurance ». Autrement dit, notre physicien admet que malgré les résultats séduisant de ses calculs mathématiques, il ne dispose d'aucune certitude. Mais le plus grave, c'est qu'il admet que cette pseudo-découverte scientifique « l'excite » au point de présenter une hypothèse comme une vérité. Or, « La nature ne parle pas le langage mathématique » nous dit le physicien Jean-Jack MICALEF (1) Comme le faisait l'honnête homme du 17ème siècle, la sagesse s'obtient, en ayant un peu de lumière sur tout.


Se tromper sur la réalité du big-bang, c'est très surprenant de la part d'un Prix Nobel, mais finalement, cela n'a pas beaucoup d'influence sur la vie et le bonheur de l'humanité.


Il en va tout autrement de la part des puissants et des décideurs, tout aussi englués que notre Prix Nobel, dans les méandres de la logique mathématique ou comptable. On pourrait sans-doute résumer leur philosophie un peu simpliste de la façon suivante : « Hors du rendement du capital, point de salut ». Or, précisément, c'est cette logique aveugle, mathématique et binaire qui est en train de tuer l'humanité ... parce que, tout simplement, elle excite beaucoup les puissants.

François-Michel MAUGIS, économiste.
http://assee.free.fr

(1) En savoir plus sur http://www.alterinfo.net/Interview-de-Jean-Jack-Micalef_a39133.html#QABUCzem6s3F2LKM.99


La nature ne parle pas le langage mathématique, disons qu'elle ânonne un salmigondis de chiffres que nous devons analyser. Croire que la mathématique est un langage « en soi » qu'elle retient un secret auquel la raison ne pourra jamais accéder est une sorte de Pythagorisme tardif qui est très en vogue en physique. Cela nous donne un nombre infernal de théories toutes plus complexes et mathématiques les unes que les autres, mais quand il s'agit de demander : au juste, vos équations recouvrent quels phénomènes du réel, de quel objet physique parlez-vous ? , on s'arrange pour déserter la réponse.

L'Etat du Sénégal a un objectif affiché : aboutir rapidement à l'autosuffisance alimentaire. Cette année, les rendements annoncés dans les principaux secteurs agricoles s'annoncent records mais dans le même temps, dans le nord du pays, les rudes conditions climatiques pourraient particulièrement impacter les acteurs du secteur.

Plus 20% pour la production céréalière, 2,5 millions de tonnes sont annoncées. Plus 7% pour le riz, 1 million de tonnes prévues. Plus 37% pour le mil avec 900 000 tonnes attendues. Selon une étude conjointe des autorités et du PAM, le Programme alimentaire mondial, les objectifs fixés par le gouvernement ont été atteints.

Macky Sall en avait fait une promesse de campagne électorale, année après année depuis 2012, le pari du chef de l'état est en train d'être gagné. La hausse la plus forte annoncée, plus 42%, pourrait être atteinte dans le crucial secteur de l'arachide. Des résultats positifs pour tenter d'atteindre l'autosuffisance alimentaire même si la population sénégalaise a parfois du mal, l'exemple du riz est flagrant, à consommer local.

Pour expliquer ses excellents rendements, le ministère de l'Agriculture met en avant la bonne pluviométrie dans le sud du Sénégal et la mécanisation en cours du secteur. Des résultats positifs mais qui peuvent rapidement être fragilisés par les aléas climatiques. Le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux, vient de tirer la sonnette d'alarme pour le nord du Sénégal, zone aride, sahélienne où les pluies ont été très faibles cette année.

Le CNCR veut à tout prix éviter une crise d'insécurité alimentaire : « Une longue période de soudure est à prévoir : l'absence de pâturage due à l'inexistence du tapis herbacé crée un manque de nourriture pour le bétail et la productivité des cultures des décrues est affectée par le manque d'eau ». Conséquence directe : le bétail est bradé, les prix des produits agricoles au contraire explosent sur les marchés.

L'agriculture sénégalaise en plein développement, qui cherche à atteindre l'autosuffisance alimentaire est donc directement impactée par les bouleversements climatiques et reste donc fragile.

RFI

L'Etat du Sénégal a un objectif affiché : aboutir rapidement à l'autosuffisance alimentaire. Cette année, les rendements annoncés dans les principaux secteurs agricoles s'annoncent records mais dans le même temps, dans le nord du pays, les rudes conditions climatiques pourraient particulièrement impacter les acteurs du secteur.

Plus 20% pour la production céréalière, 2,5 millions de tonnes sont annoncées. Plus 7% pour le riz, 1 million de tonnes prévues. Plus 37% pour le mil avec 900 000 tonnes attendues. Selon une étude conjointe des autorités et du PAM, le Programme alimentaire mondial, les objectifs fixés par le gouvernement ont été atteints.

Macky Sall en avait fait une promesse de campagne électorale, année après année depuis 2012, le pari du chef de l'état est en train d'être gagné. La hausse la plus forte annoncée, plus 42%, pourrait être atteinte dans le crucial secteur de l'arachide. Des résultats positifs pour tenter d'atteindre l'autosuffisance alimentaire même si la population sénégalaise a parfois du mal, l'exemple du riz est flagrant, à consommer local.

Pour expliquer ses excellents rendements, le ministère de l'Agriculture met en avant la bonne pluviométrie dans le sud du Sénégal et la mécanisation en cours du secteur. Des résultats positifs mais qui peuvent rapidement être fragilisés par les aléas climatiques. Le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux, vient de tirer la sonnette d'alarme pour le nord du Sénégal, zone aride, sahélienne où les pluies ont été très faibles cette année.

Le CNCR veut à tout prix éviter une crise d'insécurité alimentaire : « Une longue période de soudure est à prévoir : l'absence de pâturage due à l'inexistence du tapis herbacé crée un manque de nourriture pour le bétail et la productivité des cultures des décrues est affectée par le manque d'eau ». Conséquence directe : le bétail est bradé, les prix des produits agricoles au contraire explosent sur les marchés.

L'agriculture sénégalaise en plein développement, qui cherche à atteindre l'autosuffisance alimentaire est donc directement impactée par les bouleversements climatiques et reste donc fragile.

RFI

L’affaire fait du bruit au Sénégal,  notamment la Une des journaux. Cheikh Tidiane Gadio, l’ancien ministre des Affaires étrangères sous la présidence d'Abdoulaye Wade, candidat à la présidentielle de 2012, a été interpellé vendredi dernier aux Etats-Unis. Il est soupçonné d’avoir aidé à l’obtention des concessions pétrolières au Tchad et en Ouganda en échange du versement de pots-de-vin.

L’inculpation est lourde. Les autorités judiciaires américaines ont arrêté Cheikh Tidiane Gadio et l’homme d’affaires chinois Chi Ping Patrick Ho pour des faits de corruption. Cette affaire débute en 2014 quand, à la tête de l’entreprise The Energy Company, monsieur Ho souhaite décrocher des contrats pétroliers au Tchad.

D’après les enquêteurs du FBI, Gadio aurait joué un rôle de lobbyiste. « The Energy Company a versé un pot-de-vin de deux millions de dollars au président tchadien en échange de sa bienveillance envers les intérêts de l’entreprise », indique le document publié par la justice américaine. L’ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères aurait en personne amené la somme au président Déby et encaissé à titre personnel 400 000 dollars.

Cheikh Tidiane Gadio n’est pas cité dans le second dossier. Son co-inculpé, Chi Ping Patrick Ho aurait versé un demi-million de dollars à Sam Kutesa, ministre ougandais des Affaires étrangères, pour obtenir là encore des contrats pétroliers. Aux Etats-Unis, ce type de faits de corruption est passible de 20 ans de prison.

Rfi

 

mardi, 21 novembre 2017 18:34

Zimbabwe: le président Robert Mugabe a démissionné

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Le président zimbabwéen Robert Mugabe a remis une lettre de démission au Parlement, a annoncé Jacob Mudenda, président de l'Assemblée nationale, ce mardi 21 novembre. Le chef de l'Etat, qui est âgé de 93 ans, était en résidence surveillée depuis l'intervention de l'armée, mercredi dernier, mais refusait de céder le pouvoir qu'il exerçait depuis l'indépendance, en 1980.

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Le président du Parlement zimbabwéen Jacob Mudenda a annoncé la démission de Robert Mugabe. L'annonce a été faite peu avant 17h ce mardi, dans le bâtiment où étaient rassemblés tous les parlementaires zimbabwéens, qui devaient voter pour ou contre le dépôt d'une motion de défiance contre le chef d'Etat.

Alors que l'audience est en cours, le président de l'Assemblée nationale reçoit un courrier et le lit devant tous les députés, annonçant la démission de Robert Mugabe : « Moi, Robert Gabriel Mugabe [...] remets formellement ma démission de président de la République du Zimbabwe avec effet immédiat », indique-t-il dans le communiqué.

Des centaines de personnes descendent alors dans les rues pour crier leur joie sous les sifflets et les klaxons. Toute la ville d'Harare résonne de clameurs de joie, rapporte notre envoyée spéciale dans la capitale zimbabwéenne, Valentine Rioux. Après les deux jours de torpeur qui ont suivi l'apparition décevante de Robert Mugabe à la télévision dimanche soir, les Zimbabwéens crient maintenant leur bonheur et leur désir de liberté.

Une semaine de chaos

Pour rappel, l'armée du Zimbabwe a pris le contrôle du pays dans la nuit du 14 au 15 novembre. Au départ, mercredi dernier, on voit quelques chars dans les principales artères d'Harare. Le flou règne pendant plusieurs heures. Des troupes contrôlent les voies d'accès aux principaux ministères, au Parlement et aux tribunaux, mais la vie suit son cours dans les rues de la capitale.

A l'aube, le général Sibu Siso Moyo annonce à la télévision nationale qu'il ne s'agit pas d'un coup d'Etat. L'armée, se contente d'éliminer les « criminels dans l'entourage de Robert Mugabe ». C'est par la voix du président sud-africain Jacob Zuma que l'on apprend le lendemain que Robert Mugabe est en résidence surveillée.

C'est alors que s'engage un bras de fer qui va durer sept jours. Des négociations se mettent en place entre Robert Mugabe qui refuse catégoriquement de quitter le pouvoir et les militaires qui souhaitent se débarrasser du héros de l'indépendance en douceur, ou plutôt « dans la dignité » comme ils aiment à le dire.

Pour accélérer le mouvement, la Zanu-PF organise des consultations dans les provinces du pays le week-end dernier. Dimanche, le haut comité se réunit pour destituer le président Mugabe de ses fonctions de président du parti. C'est le premier mouvement d'une stratégie qui doit mener à l'impeachment au Parlement, c'est-à-dire une procédure de destitution. L'annonce de la démission du président Mugabe est finalement annoncée au Parlement sous les applaudissements tonitruants de l'hémicycle.

Les présidents sud-africain Jacob Zuma et angolais João Lourenço doivent arriver ce mercredi à Harare pour tenter de trouver une issue à la crise politique au Zimbabwe.

A l'étranger, Theresa May a été la première à réagir à cette annonce. « La démission de Robert Mugabe offre au Zimbabwe l'opportunité de se forger une nouvelle voie libre de l'oppression qui a caractérisé son pouvoir », a estimé la Première ministre britannique dans un communiqué, à propos de cette ancienne colonie britannique.

Suivez en direct sur notre antenne les réactions à la démission de Robert Mugabe avec l'édition spéciale de RFI, à partir de 18h TU (19h heure de Paris).

RFi

 

Le Noir dans l'inconscient conscient de l'arabe ( merci à Sitapha Diédhiou)

Ici nous souhaitons faire connaître pour comprendre, nullement fourbir la haine. Il faut s'armer, s'informer pour comprendre et bien agir. P B CISSOKO


En vérité, l'Arabe a toujours considéré le Noir comme esclave

Pour comprendre la situation des Noirs dans les pays arabes, et particulièrement en Libye, il convient d'aller au-delà de l'actualité. Il faut voir comment le Noir est perçu dans ces société.

En remontant dans le passé commun des deux peuples, l'Arabe a toujours vu le Noir sous le sceau de préjugés raciaux. Ibn Khaldum, pourtant grand savant, désignait les Noirs par le terme "wahsiyyin" qui veut dire sauvage. Il avait même pensé comme Hegel l'a fait plusieurs siècles après lui que les Noirs sont dépourvus de toute humanité. Dans sa troisième Muquaddima, il écrit: "leurs moeurs sont très proches du comportement des animaux". Le Noir est donc chosifié dans cette culture.

Aujourd'hui, dans aucun pays arabe, on n'a rompu avec cette image d'homme servile collée au Noir. Pour désigner le Noir, on utilise toujours, l'expression "abd" qui veut dire "esclave". Si on voit dans les prenoms cette expression, c'est parce que l'Arabe se considère comme "esclave d'Allah". Dans le cas du noir, on ne parle pas d'esclave d'Allah, mais d'esclaves d'autres humains. Le Noir est resté associé à une catégorie inférieure dans la hiérarchie sociale et par conséquent ne doit être soumis qu'aux activités dures. Dans le discours officiel, ce qui vient de l'Afrique est rapporté à l'esclave. Dans le Munjid, un dictionnaire contemporain, les arachides cultivées en Afrique subsaharienne sont désignées par l'expression "fustuq al-'abid", qui veut dire "pistaches d'esclave".
L'Arabe fait un lien entre la couleur noire de la peau des Noirs et le diable. Quand vous avez une crise d'épilepsie, les Arabes disent: "jaat'hou l'gnawa taâ l'wusfân", ce qui veut dire : les esprits des Noirs viennent encore le posseder", cela est rapporté par Bakary Sambé.

L'adoption de la religion musulmane n'a pas permis de diminuer cette considération. Bakary Sambé dans un article très intéressant rapporte que des Pèlerins sénégalais qui faisaient le hadj avaient demandé à un Saoudien de leur indiquer la tombe de Bilal (le muezzin du Prophète Mahomet) afin qu'ils puissent s'y recueillir. Le Saoudien refusa en disant: "quelque soit le statut religieux d'un Noir, il demeurait "mamlûk", la possession d'un maître.

Le noir dans les pays arabes est dans une misère sociale. C'est cet imaginaire entretenu depuis longtemps dans les pays arabes qui a favorisé la "vente aux enchères" des Noirs dans les marchés aux esclaves. Si cette pratique indigne les Africains noirs, elle ne dit rien aux Arabes et à leurs dirigeants qui ont toujours pensé que le Noir est inférieur et n'a pas forcément droit à être traité humainement.

Les dirigeants libyens qui promettent des enquêtes sont bien informés de la pratique et savent qui sont les dirigeants des marchés aux esclaves. C'est cet imaginaire qu'il faut déconstruire. La déconstruction de cette pensée doit aller de pair avec la "décolonisation" mentale de l'Africain qui est prêt à renier son propre être pour montrer aux autres qu'il est civilisé. Si l'Africain est traité ainsi, c'est aussi parce qu'il n'est pas fier d'être lui-même. Il est laudateur de ce que les autres sont. Sans ce travail préalable, nos indignations seront vaines. Sous la pression des populations, les chefs d'État font faire des déclarations pour condamner. Mais passé le temps de l'indignation, des Noirs seront encore vendus dans les pays arabes sous les yeux des dirigeants arabes.

 

C'est aux africains de prendre leurs responsabilités et se faire respecter. Les hommes politiques doivent se mettre au travail pour produire et fournir du travail aux citoyens. PB C

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