Un Enseignant c'est une Tête ( la formation) mais aussi un Cœur sinon il échoue dans sa transmission....et les enfants aussi

Astou DIONGUE Professeure des écoles à MBOUR au Sénégal me confie ce texte riche d'enseignements à méditer, ce texte peut être transposé partout dans diverses situations

Un professeur, un instituteur, un passeur, un médiateur, tous ceux qui transmettent doivent être capable d'observer, d'écouter pour mieux répondre aux angoisses et préoccupations sourdes des bénéficiaires.


Si on n'écoute pas si on ne pense qu'à son programme ( important) on peut passer à côté de quelque chose.
Une classe est un ensemble de diverses personnes ( j'ai connu des classes avec 22 nationalités –classes de primo arrivants –interculturelle) et le professeur , seul doit gérer cette diversité, ce qui n'est pas facile mais un challenge qu'on peut réussir si on sait sentir ou ressentir.


A l'occasion d'une exposition à Besançon sur les objets ramenés par les anciens coopérants, j'ai reçu une classe de 22 nationalités et l'enseignante vient me voir pour me prévenir qu'il y a un jeune des pays de l'Est qui est réfractaire à tout.. Je reçois toute la classe et je leur explique pourquoi cette exposition. Puis je dis à la classe que nous sommes certes différents mais il y a plus de ressemblances entre nous que de différences et il suffit de vouloir retrouver chez l'autre cette similitude. Puis je demande aux élèves de visiter l'exposition et de revenir vers moi s'ils le veulent pour échanger.

Le jeune qui était réfractaire avait déjà changé de posture en m'entendant. Avec sa professeure expérimentée et très attentive nous nous faisons signe : ça bouge. Le garçon est resté longtemps devant un objet , et c'est l'occasion pour moi d'aller vers lui pour lui demander s'il y a dans l'exposition quelque chose qui lui rappelle son pays , il pointe du doigt et me dit ça il y en a chez nous mais on le fabrique autrement. La professeure s'approche de nous et entre dans l'échange, les copains qui ne voyaient jamais le garçon parler nous rejoignent et le garçon s'exprime, explique et tout le monde l'écouter. C'était le beau moment que le professeur a saisi pour continuer le travail avec ce jeune homme perdu qui avait subi des traumatisme et la violence de l'exil. Avec attention et tact on peut sauver un élève et le sortir de sa situation difficile qui est le reflet d'une expérience de vie mal vécue non assimilée. Un coup de pouce, une écoute, une attention, un regard, un toucher, peuvent faire beaucoup pour changer une personne.


P B CISSOKO

À lire et à méditer !!!

 

EXCLU EUROPE 1 - De plus en plus d'enfants exposés aux écrans bien avant l'âge de trois ans

ÉTUDE - Malgré les recommandations des pédiatres, les parents seraient nombreux à mettre leurs enfants devant l'écran d'une télévision, d'un smartphone où d'une tablette dès la première année, selon une enquête de l'Inserm/Ined consultée par Europe 1.
EXCLUSIF


À quel âge nos tout-petits sont-ils réellement exposés aux écrans ? Alors que de nombreux spécialistes préconisent ne pas les exposer à des écrans avant l'âge de trois ans, une étude de l'Inserm/Ined*, consultée en exclusivité par Europe 1, révèlent que dès deux ans - et même pour certains dès 18 mois -, les enfants sont déjà confrontés aux téléviseurs, smartphones et autres tablettes.


Des écrans pour occuper les enfants... et soulager les parents


Premier constat à la lecture de cette étude : à l'âge de deux ans, l'écran le plus utilisé reste celui de la télévision. Deux-tiers des tout-petits la regardent même tous les jours, et parfois dès la première année. "À Douze mois... avec de petits dessins animés adaptés à leur âge", reconnaît ainsi auprès d'Europe 1 Elena, mère de deux jeunes garçons. "Si c'est vraiment utilisé à petite dose, ce n'est pas un problème. Ça peut être un film ou YouTube Kids. Ça rend service et tout le monde est content", argue-t-elle.


En ce qui concerne les ordinateurs et les tablettes, même si l'enquête montre qu'à deux ans une majorité d'enfants n'y touche pas, 20% les utilise tout de même au moins une fois par semaine. Ainsi Corinne, qui a trois enfants, avoue sans ambages qu'avec le petit dernier, la tablette lui a souvent rendu service. "Il devait avoir entre dix-huit mois et deux ans, il passait des nuits à se réveiller et pendant une heure et demi, voire deux heures, il restait complètement éveillé, du coup on le calait entre mon mari et moi, au milieu du lit, et il regardait Petit Ours brun ou Tchoupi", raconte-t-elle.


Et cet usage des tablettes et des smartphones très jeune serait particulièrement fréquent dans les familles nombreuses, selon Jonathan Bernard, chercheur à l'Inserm. "Les enfants qui ont au moins deux frères ou sœurs ont tendance à jouer moins aux jeux vidéo, mais à utiliser plus souvent des smartphones", précise-t-il.
Enfin, il faut savoir que si pratiquement tous les enfants de deux ans sont exposés à la télévision, la durée d'utilisation reste faible : moins de 30 minutes par jour pour la moitié d'entre-eux.


*Les chercheurs, qui présentent officiellement leurs résultats mardi après-midi, ont utilisé les données fournis par l'étude ELFE, une étude unique en son genre qui suit depuis leur naissance, et jusqu'à leur 18 ans, plus de 18.000 enfants nés en 2011 en France.


Sur le même sujet :


• Comment aider son enfant à lutter contre la dyslexie ou le déficit d'attention

Par Mélanie Gomez, édité par Romain David
La myopie en augmentation chez les écoliers


L'écran en lui-même pose-t-il problème ? Ou est-ce le fait de ne pas regarder au loin ou de manquer de lumière naturelle ?
Ce n'est effectivement pas l'écran en lui-même qui pose problème, mais l'utilisation intensive dans de mauvaises conditions, avec un manque de luminosité, de contrastes ou une faible résolution.


Cette utilisation entraîne cette myopie comportementale qui va s'aggraver. Mais ce n'est pas la seule cause : si un enfant regarde tout le temps de près - qu'il lise ou qu'il joue - une myopie peut également arriver.

Par Dr Marcel ICHOU

 

Islam : ce que dit le rapport qui veut réformer la deuxième religion de France-Institut Montaigne par Hakim El Karoui


Paris  septembre 2018


En publiant un nouveau rapport pour l'Institut Montaigne, un groupe de réflexion libéral, l'essayiste Hakim El Karoui reformule plusieurs propositions pour réorganiser l'islam de France face à l'islamisme. Des pistes qui pourraient inspirer Emmanuel Macron ces prochaines semaines.

Hakim El Karoui, membre associé de l'Institut Montaigne, défend la réorganisation d'un "islam français". (Capture d'écran Europe 1)
"Il faut agir, il faut se lever, il faut reprendre la main sur la religion musulmane." Lundi sur Europe 1, l'essayiste et chercheur Hakim El Karoui a appelé les "musulmans modérés et silencieux [à] se réapproprier l'islam". L'homme vient de signer un rapport pour l'institut Montaigne, qui sera remis à Emmanuel Macron au moment où celui-ci attend un "cadre" pour que cette religion - la deuxième de France - "s'exerce de manière conforme aux lois de la République", dixit le chef de l'Etat.


Il s'agit du "troisième rapport" en trois ans d'Hakim El Karoui, précise sur son site l'institut, un groupe de réflexion réputé libéral, qui a mis en ligne dimanche ce document de 617 pages. Mais celui-ci est non pas consacré "à l'islam mais à l'islamisme", peut-on lire. Ses propositions concernent pourtant bien les musulmans français, en interrogeant leur relation à la République, d'un côté, et au salafisme, de l'autre. Les solutions évoquées - qui ne sont pas forcément nouvelles - font en tout cas déjà parler, et plus encore si l'exécutif venait à en faire les siennes.


Quel est le propos de ce rapport?


Hakim El Karoui le répète au fil de ses interventions médiatiques. Il veut "dépassionner" le débat sur l'islam, l'évoquer "sans fantasme" dit-il, mais ne surtout pas "l'occulter" et cesser "la politique de l'autruche". "Quand il y a un problème, il faut le traiter", a-t-il insisté sur Europe 1. Et le problème, selon lui, "c'est la progression de l'idéologie islamiste chez les musulmans de France", comme il l'a dit également dimanche soir sur RTL. Le rapport en question s'intitule ainsi "La fabrique de l'islamisme".


Pour cela, le rapporteur répète ce chiffre choc : "à peu près un quart" de ces musulmans seraient "hostiles" aux valeurs républicaines, notamment les plus jeunes. Un résultat qui se rapproche du 28% "d'ultras musulmans" comptabilisés dans un sondage Ifop en 2016 et que l'auteur soutient cette fois grâce à une "analyse quantitative des réseaux sociaux", terrain sur lequel prolifèrent les thèses islamistes et en particulier le salafisme. L'étude s'attarde ainsi longuement sur les "usines de production de l'islamisme" (Frères musulmans en Egypte, wahhabisme en Arabie Saoudite, "turco-islamisme en Turquie"...) et souligne "l'incroyable" influence de ces réseaux sociaux dans son expansion.


Mais le travail d'Hakim El Karoui ne fait pas forcément l'unanimité. Les représentants du Conseil français pour le culte musulman (CFCM), instance élue considérée comme représentative par les pouvoirs publics mais régulièrement critiquée pour son manque d'efficacité, soulignent par exemple le manque de légitimité du chercheur ou le caractère anxiogène de ce travail. En outre, "c'est aux musulmans de s'occuper de leur religion, ce n'est pas à l'Etat de l'organiser", a redit lundi à l'AFP le délégué général du CFCM, Abdallah Zekri.


Quelles sont ses propositions?


Pour Hakim El Karoui, l'enjeu est donc de réformer l'islam en France pour contrer cette influence de l'islamisme qui prendrait le pas. "Comme on a des militants d'un côté, et qu'en face personne ne dit autre chose, ils ont une influence très au-delà de leurs sympathisants", assure l'essayiste sur Europe 1. Le coeur de son projet est donc de créer une nouvelle structure indépendante "chargée d'organiser et de financer le culte musulman". Fini donc le CFCM et plus encore l'UOIF, que l'homme combat, place à ce qui serait "l'Association musulmane pour l'islam de France" (Amif).


Cette nouvelle institution qui poserait les bases "d'un islam français" pourrait ainsi s'occuper de réformes que l'institut Montaigne porte depuis plusieurs années déjà - en particulier depuis un précédent rapport de 2016, telles que :


• La mise en place d'une "taxe halal", une mesure sur laquelle ne s'attarde pas en soi le nouveau rapport mais qui est toujours défendue par son auteur. Il ne s'agirait pas d'un impôt prélevé par l'Etat mais d'un prélèvement géré par l'association et s'inspirerait de la "taxe de cacherout" de la communauté juive, gérée par les rabbinats et qui permet de certifier les produits "casher".


• La réorganisation des pèlerinages pour La Mecque, en Arabie Saoudite. Aujourd'hui, les voyagistes pour effectuer le hajj - qui constitue l'un des cinq piliers de l'islam - sont en situation de "monopole" et le pèlerinage, en y ajoutant les intermédiaires, s'avère de plus en plus coûteux, exposait lundi Hakim El Karoui.


• Avec ses recettes prélevées notamment sur le marché du halal, l'association pourrait ensuite investir "dans la formation de cadres religieux, la construction pourquoi pas de certaines mosquées". Elle rendrait aussi un "service utile aux fidèles" en se posant comme "régulateur" des flux financiers, parfois "opaques" dans la communauté musulmane.


• Le rapport en appelle surtout à la "mobilisation du ministère de l'Education nationale", qui passerait par une meilleure formation des enseignants sur la question de la laïcité. Mais également de "relancer l'apprentissage de la langue arabe" à l'école, pour faire face aux "cours d'arabes dans les mosquées [qui] sont devenus pour les islamistes le meilleur moyen d'attirer des jeunes dans leurs mosquées et écoles". "Le nombre d'élèves qui apprennent l'arabe au collège et au lycée a été divisé par deux", appuie Hakim El Karou, alors qu'il a "été multiplié par dix dans les mosquées".
• Le document propose plus globalement de réinventer "la promotion du discours républicain", notamment sur les réseaux sociaux. "L'État se doit d'améliorer la connaissance des tenants idéologiques et des aboutissants politiques et sociaux de l'islamisme, il doit aider ceux qui veulent financer des initiatives de contre-discours en français", est-il écrit.

En insistant sur l'enjeu diplomatique de ce sujet : la France, et plus globalement l'Europe, doit davantage coopérer avec le Maghreb et les pays du Golfe, demande l'institut Montaigne, meilleur moyen selon lui de sortir des logiques de financement de l'islam depuis l'étranger et des discours les plus radicaux, comme ceux portés en Arabie Saoudite.


Ce rapport va-t-il être repris par Emmanuel Macron?


La publication de ce nouveau rapport, qui est donc avant tout une piqûre de rappel des propositions déjà avancées par l'institut Montaigne, vient à point nommé. Sont en effet organisées jusqu'à la mi-septembre des "assises territoriales de l'islam de France" dans chaque département, sous l'égide des préfets, pour faire émerger des propositions inédites. Cette concertation répond à la demande d'Emmanuel Macron, qui avait déclaré devant le Congrès en juillet dernier, vouloir poser à l'islam de France "un cadre et des règles" et ce, "dès l'automne" prochain.


Il s'agit donc ici pour le think tank libéral d'entrer dans ce débat et pourquoi pas de convaincre le chef de l'Etat sur la pertinence de son projet. Hakim El Karoui arrivera-t-il à se faire entendre? "Peut-être... sans doute, j'espère", a-t-il répondu sur Europe 1.

Cet intellectuel, autrefois conseiller de Jean-Pierre Raffarin à Matignon a pour lui de bien connaître déjà Emmanuel Macron, les deux hommes ayant été tous les deux collègues au sein de la banque d'affaires Rothschild. El Karoui est donc souvent présenté comme ayant "l'oreille" du Président, même s'il assure lui-même ne pas être un intime.


Plus globalement, l'institut Montaigne est réputé proche d'Emmanuel Macron, puisque son directeur Laurent Bigorgne est un ami de longue date depuis leurs études à Sciences Po et l'aurait conseillé pendant la campagne présidentielle sur les questions d'éducation. Pour l'heure, on ne sait pas encore si le chef de l'Etat va reprendre ces idées mais les priorités qu'il a déjà affichées sur ce sujet sont en tout cas loin d'être incompatibles avec celles-ci. Dans une première réaction officielle, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a en tout cas "salué" dans un communiqué ce "travail très approfondi" et pris note de "propositions très intéressantes (...) qui appellent à un rassemblement et une mobilisation des musulmans républicains en France".

Salle MAS 

10 Rue des TERRES au CURE 75013

Metro ligne 14 arrêt Olympiades

 

Grande conférence Religieuse Mamine Aidara et Tafsir Gaye : El Abdoul Aziz SY -Modèle de régulateur social-ce Vendredi 14/09/2018 à Paris 13 éme

Venez nombreux, c'est gratuit. La foi au service de l'humanité du vivre ensemble et la parole juste.

"Mes deux amis Tafsir GAYE et son compère Mamine AIDARA Deux érudits de la théologie musulmane viennent nous reparler de cet autre très grand penseur, ce maître de la pensée islamique et du franc parler : Sérigne Abdoul Aziz SY.


Le « social control », la régulation sociale et le pouvoir un vrai problème éthique que notre feu khalife, Abdou Aziz SY savait faire sans encombres. Ses sorties étaient la manifestation des tensions sociales des déséquilibres qui frappent le pays. Après ses sorties il retournait se consacrer à la pensée religieuse sous diverses formes.


C'était une vraie personnalité sociale, il y a chez lui une Identité de l'individu correspondant à l'ensemble de ses représentations issues de son groupe social donc de la culture de son groupe social et de ses pairs : les êtres humains


Beaucoup de ma génération reconnaissent son calme, son érudition mais son sens de la Vérité et de la Médiation. A l'époque quand les deux chefs religieux du tidjianisme et du mouridisme se levaient c'est que le pays dérivait vers la pire et grâce à leurs paroles rares la barque qui s'enlisait se remettait d'aplomb.. Il est des chefs religieux qui étaient doublés de pédagogue et savaient prendre la parole quand il faut pour parler au peuple comme dans un Ndeup collectif.
Lors des grèves il n'hésitait pas à parler à tous et les choses revenaient à la norme. Un vrai régulateur social, un médiateur. Le Prophète avait dans son parcours agit comme ça pour gérer les affaires quotidienne de la société. Le franc parler corrige un peuple qui s'égare qui se perd et qui perd le nord. Dire vraie est la chose rare à cause de la « corruption « des gens. Les sages se moquent tel Diogène le Cynique des biens d'ici-bas alors ils n'ont pas de contrainte ni de crainte ils s'expriment au Nom de la Vérité.


Une parole entendue et qui tape dans le mil. Le penseur qui nous préoccupera ce Vendredi ne parlait qu'à l'être humain, la personne sans penser à sa position son statut. Il n'était pas trop mêlé à la chose publique mais en tant que régulateur social, il sentait le pouls du pays et le moment venu avant qu'il ne soit trop assis là où il est, il parle à ceux qui sont débout et se fourvoient dans la haine, la division et la corruption.
L'homme spirituel ne se « moque » du temporel mais il sait grâce aux lumières saisir le moment pour communiquer et prêcher la parole France.
C'est aussi en cela que le président Senghor le respectait et c'est pourquoi aujourd'hui on le célèbre ses paroles nous éclairent telle ce soleil unique qui éclaire la diversité". Pape B CISSOKO


On pourra lire ceci :


Toute société vit à coups de « réglages » entre les différentes composantes de la vie sociale, de l'économie, de la politique, de la culture, mais aussi à coup « d'arbitrages » entre l'intégration et l'exclusion, entre l'État protecteur et le marché destructeur ou encore à coups de « compromis » entre les décisions prises « en haut » et leur mise en œuvre « en bas », entre la subordination et la volonté d'y déroger par affirmation de son autonomie. Vivre en société et transformer les organisations repose sur des interactions qui créent des règles : ces règles permettent la communication et l'échange social, la collaboration et le conflit, l'arbitrage et le compromis. Selon Jean-Daniel Reynaud (1997, 1999), la vie des règles, leur élaboration et leur renouvellement constituent une régulation sociale qui est l'objet même de la Théorie de la Régulation Sociale qu'il élabore tout au long de son parcours; cette théorie permet de comprendre les modalités de construction d'obligations sociales auxquelles les individus se soumettent, du fait que ces règles sociales sont le produit endogène de leurs relations. Si elle a pour point de départ le domaine des relations professionnelles, elle s'en éloigne ensuite pour devenir une théorie générale de l'échange social. Gilbert de Terssac


J'ai trouvé ce bel article


Il était une fois Dabakh, cet infatigable régulateur social- in senenews.
Fils de El Hadj Malick Sy, pionnier du tidjanisme au Sénégal, et de Sokhna Safiyatou Niang, Serigne Abdou Aziz Sy est né en 1904 à Tivaouane et reste, jusqu'au jour d'aujourd'hui, l'une des figures emblématiques de la sphère religieuse sénégalaise. Ses enseignements résonnent comme un perpétuel rappel à l'essence même de la vie, de l'humain.


Dans sa jeunesse, il fit de longues études islamiques apprenant notamment le Coran et son exégèse, le droit islamique Malikite, la langue arabe, la théologie Ash'arite, le Soufisme et les relations humaines.


Il accéda au titre de khalife de la Tidjanya au Sénégal le 29 mars 1957, après la mort de ses frères aînés Seydi Ababacar Sy et El Hadj Mouhamadou Mansour Sy, eux-mêmes khalifes, et tous deux décédés quasi simultanément. Son surnom Dabakh (il est généreux en Wolof) est dû à sa grande générosité et à son ouverture.

Durant son califat, il fit de nombreux voyages, notamment au Maroc, en Arabie saoudite, aux États-Unis, en France, en Mauritanie, suite aux nombreuses sollicitations qu'il reçut, en rapport avec la haute maîtrise qu'il avait du savoir islamique. Son discours à la Mecque en 1965, au congrès islamique, où il fut remarqué, non seulement pour sa maîtrise de la langue arabe mais aussi pour la pertinence et la haute portée de son discours, reste encore dans la mémoire du tidjanisme en Afrique.
Au Sénégal, il œuvra beaucoup dans le domaine agricole et reçut en 1965 une médaille dans ce domaine. C'était aussi un grand commerçant.
Doué en chant et en poésie, il mena plusieurs fois, avec sa voix caractéristique, les chœurs religieux lors de la nuit du Mawlid, fête de la naissance du prophète Muhammad. Il lutta aussi pour une meilleure cohésion entre les différentes confréries musulmanes du pays.


Serigne Abdou Aziz Sy mourut le 14 septembre 1997 et son neveu Serigne Mansour Sy lui succédait ainsi dans ses fonctions de Khalife des Tidianes.

vendredi, 07 septembre 2018 11:08

Bernard Dadié, cent ans de négritude

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Bernard Dadié, cent ans de négritude


Notre chroniqueur rend hommage à l'auteur ivoirien d'« Un Nègre à Paris », toujours bien vivant, et qui vient de fêter son siècle de combats littéraires et politiques.
Par Bernard Magnier (chroniqueur Le Monde Afrique)


LE MONDE


Au Japon, il serait sans doute un trésor vivant. En Côte d'ivoire, son nom vient d'être donné à une rue d'Abidjan. Le poète, conteur, romancier et dramaturge ivoirien Bernard Dadié a eu cent ans en 2016.


Né en 1916 à Assinie, au sud-est de la Côte d'Ivoire, sa carrière littéraire a commencé très tôt. Sa première pièce, Les Villes, jouée par les élèves de l'Ecole primaire supérieure lors de la Fête de l'enfance à Abidjan en 1934, permet de considérer le jeune étudiant de 18 ans comme le premier dramaturge africain d'expression française. Ecrite à l'occasion du transfert de la capitale de Bingerville à Abidjan, Les Villes est un dialogue entre les deux anciennes capitales et la nouvelle. En 1937, sa deuxième pièce, Assémien Dehylé, roi du Sanwi est jouée à Paris au Théâtre des Champs-Elysées. On pourrait imaginer débuts plus obscurs et plus laborieux.


Vagabondages d'un faux naïf


Il faudra pourtant attendre trois décennies pour une nouvelle reconnaissance internationale et non des moindres. Quatre de ses pièces, Monsieur Thogo-Gnini, Béatrice du Congo, Les Voix dans le vent, Iles de tempête seront jouées à l'occasion de manifestations culturelles de grande envergure, au Théâtre des nations à Paris (aujourd'hui Théâtre de la Ville), au Festival panafricain d'Alger en 1969, au Festival d'Avignon en 1971 ou encore au Festival de la jeunesse francophone à Montréal en 1974.
Entre-temps, présent lors de la création de la revue Présence africaine en 1947, il a collaboré au premier numéro et privilégié la poésie avec un premier recueil, Afrique debout !, publié en 1950 par Pierre Seghers, dans lequel il dénonce l'oppression coloniale et suggère des lendemains plus... indépendants ; puis un deuxième recueil La Ronde des jours avec son poème demeuré célèbre, « Je vous remercie mon Dieu de m'avoir créé Noir »....


En 1956, Climbié voit le jour, un roman en large partie autobiographique, trois ans après son alter ego romanesque guinéen, L'Enfant noir, de Camara Laye. Il y retrace son enfance aux côtés de son père planteur et de son oncle, sa découverte de l'école, de la langue française et des méthodes brutales des enseignants, mais n'en oublie pas pour autant le plaisir des premières lectures. Puis la nouvelle retient son attention avec Les Jambes du fils de Dieu et Commandant Taureault et ses nègres... Autant de livres dont les extraits n'ont cessé depuis de figurer en bonne place dans les anthologies et manuels d'enseignement des collèges et lycées du continent africain.
Poète, romancier, nouvelliste, dramaturge, Bernard Dadié est aussi l'auteur d'une savoureuse trilogie (Un Nègre à Paris, Patron de New York, La Ville où nul ne meurt), des chroniques pleines d'humour rapportant les observations faussement naïves d'un jeune Africain confronté aux métropoles occidentales. Trois vagabondages et trois regards à la manière d'un ancestral « touriste persan ».


Avec « les mots de tous les jours »


Sans doute l'œuvre littéraire de Bernard Dadié aurait-elle été plus abondante encore s'il ne s'était aussi pleinement engagé dans le militantisme syndical et politique. Ses responsabilités au sein du Rassemblement démocratique africain (RDA) et du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) créé par Houphouët-Boigny, et ses articles et prises de position lui valant d'être condamné à la prison. Publiés sans retouche en 1981, ses Carnets de prison sont un témoignage brut sur les seize mois de son incarcération et les conditions réservées aux prisonniers par l'administration coloniale.


L'indépendance venue, il poursuit sa route politique et militante en occupant des fonctions administratives et politiques dans divers cabinets et ministères, en particulier celle de directeur des services de l'information, puis des affaires culturelles et, de 1977 à 1986, celle de ministre de la culture.
Si, plus récemment, certaines de ses prises de position en faveur de l'« ivoirité » ont légitimement suscité le débat, il convient de retenir de l'homme son combat pour les libertés, son enracinement local, lui qui n'a jamais quitté son pays, et la simplicité de l'œuvre de ce pionnier des lettres, récemment salué par l'Unesco pour « son action en faveur de la culture africaine ». Diffusés et disponibles pour l'essentiel en format de poche, étudiés et lus dans les pays francophones, ses livres constituent une œuvre accessible à tous, traduite dans de nombreuses langues, écrite « avec les mots amis, mots de tous les jours, mots de tous les hommes, mots intimes,mots fraternels ».
Bernard Magnier dirige la collection « Lettres africaines » aux éditions Actes Sud. Il est aussi conseiller littéraire au Tarmac, scène internationale francophone, à Paris, et programmateur du festival Littératures métisses d'Angoulême.


Le monde.fr


http://www.100pour100culture.com/evenement/centenaire-de-bernard-dadie-les-academiciens-scrutent-lhomme-durant-deux-jours/

Centenaire de Bernard Dadié: Les académiciens scrutent l'homme durant deux jours
Binso Binso


Deux jours (22 et 23 septembre 2016), c'est le temps qu'il a fallu aux membres de l'Académie des Sciences des Arts, des cultures d'Afrique et des Diasporas africaines (Ascad) pour analyser et disséquer l'œuvre du célébrissime écrivain Ivoirien Bernard Dadié. Un temps qui à l'unanimité reste court surtout lorsqu'il s'agit d'une icône comme le père de la littérature ivoirienne.


Cependant force est de reconnaitre que ces 48h n'ont pas empêché les intellectuels réunis au sein de la société savante de nous présenter les multiples facettes de Dadié. Le père, l'époux, l'écrivain, le combattant, et enfin l'intellectuel. Le professeur Sery Bailly président du comité scientifique n'a eu de cesse de rappeler que l'objectif visé à travers cette commémoration du centenaire de Dadié était d'identifier la conception de la préservation, et la sauvegarde de l'image de Dadié par les intellectuels et les politiques toutes tendances confondues. Surtout de révéler le fil conducteur permettant d'explorer au mieux l'apport de cet homme multidimensionnel au développement socioculturel de la Côte d'Ivoire, et au-delà du monde.


La plate-forme de réflexion dont le thème était « Bernard Dadié : Hier, Aujourd'hui, Demain » a en effet permis d'établir la nature de la richesse de l'héritage de l'homme. « Notre satisfaction est d'avoir pu partager avec le public qui nombreux a effectué le déplacement les différentes dimensions du combat de Bernard Dadié, ses œuvres, leur caractères multidisciplinaires et leurs implications sociales. Et enfin identifier la contribution de ce sachant dans le développement de la pensée scientifique, culturelle et politique », indique le professeur Sery Bailly. Puis de préciser que les différentes communications faites ont bel et bien offert l'opportunité de faire ou de refaire connaissance avec l'illustre homme.


Il ressort de ces journées de réflexion que Bernard Dadié est un intellectuel sans pareil, qui dès ses premiers vagissements a placé la littérature ivoirienne à une échelle aussi haute. Contraignant les autres écrivains à écrire et à penser grand. Une grande référence dans le processus du savoir et des connaissances. Porte voix des sans voix, instruit le professeur Aidara (président de l'Ascad), Dadié à offert des lettres de stimulations qui nourrissent le corps et l'âme Nicole Vincileonie spécialiste de Bernard Dadié affirme à son tour qu'honorer Bernard Dadié, c'est honorer une haute figure des belles lettres de la vie politique africaine.


Cet hommage reçu de son vivant, Dadié le perçoit comme un appel la conscientisation des jeunes africains sur leur devoir pour l'acquisition des libertés. « Le statut d'écrivain n'était guère reconnu en Afrique quand j'ai commencé à écrire il y a plus de 80 ans. Une époque où le colonisateur voulait à tout prix nous conformer à sa civilisation nous dérobant ainsi notre histoire, par la violation de notre culture, la négation de notre condition d'homme. L'histoire qu'on nous volait malgré les obstacles dressés sur notre route, nous nous en ressaisissons sans cesse.

Derrière des hommes et des femmes d'exception au destin tragique cette histoire a été tissée de doute, de chute, de relèvement et de pardon. Car même après l'horreur de la traite et l'abjection de la colonisation, nous avons su bannir l'esprit de vengeance et avons refusé d'être des hommes de ressentiments pour laisser place aux solidarités nécessaires, afin de faire entendre toujours le langage de la fraternité. Dans le dérèglement général de la planète, de notre continent une question existentielle subsiste encore en ce jour. En sommes nous encore capable ? Surtout en cette période où l'appauvrissement de notre environnement nous appel à une conscience plus ardue de notre condition d'homme et des valeurs portées par notre culture. Notre histoire nous apprend que le lègue du passé et les apports de la modernité doivent être sans cesse analysés », instruit l'icone.


Il note par ailleurs que, c'est après avoir découvert dans la lecture et l'écriture la possibilité d'ouvrir un espace à ces rêves, le moyen de canaliser sa révolte et une forme de consolation, que l'envie lui est venue d'utiliser la plume comme canal de diffusion de sa pensée. Pour cet éminent intellectuel la littérature et l'art en général n'auraient pas été si elles n'étaient pas toutes sous tendues par le désir de connaissance et donc par essence révolutionnaire et redoutable pour toutes les formes de falsifications. « Écrire pour moi signifie désire d'abattre les forages, désire de capter les ténèbres, de montrer la lumière d'imposer sa pensée. De s'ouvrir et d'ouvrir à chacun des fenêtres du savoir », éclaire Bernard Dadié. Tout en conseillant aux jeunes générations de s'ériger en homme et femme de l'Être et non de l'avoir

Binso Binso

 

LA REVOCATION DU MAIRE DE DAKAR EST ILLEGALE-Par Seybani SOUGOU cadre franco-sénégalais


Depuis 48 heures, des membres du gouvernement y compris le Ministre de la Justice, s'épanchent dans les médias pour justifier laborieusement la légalité du décret n°2018-1701 du 31 Aout 2018 pris par Macky SALL, portant révocation du Maire de la Ville de Dakar ; se fondant sur les articles 135 et 140 de la loi organique 2013-10 du 28 décembre 2013 portant Code général des collectivités territoriales. Qu'un régime qui depuis 2012 (6 ans), viole la Constitution, le Droit, les lois et règlements, les traités et les conventions internationales en vienne à brandir la notion de légalité qui lui est totalement étrangère, est d'une absurdité confondante. A croire que le ridicule ne tue plus. Passons....Pour démontrer le caractère illégal du décret portant révocation du Maire de Dakar, il convient d'avoir une lecture à un double niveau :


1. Du pouvoir du Président de la République de révoquer le Maire de Dakar


Sur ce 1er point, il n'y a pas de débat. Tous les juristes s'accordent sur la capacité « juridique » du Président à révoquer le Maire par décret. L'article 135 de la Loi n° 2013-10 du 28 décembre 2013 portant Code général des Collectivités locales est on ne peut plus clair « Lorsque le maire ou tout autre conseiller municipal est condamné pour crime, sa révocation est de droit..... Ils ne peuvent être révoqués que par décret ». Mieux, l'article 140 dudit code énumère (liste non limitative) 8 fautes qui peuvent entraîner l'application des dispositions de l'article 135 et conclut « que dans les 7 premiers cas, la sanction administrative ne fait pas obstacle aux poursuites judiciaires ». Tels des « chacals affamés », les partisans du régime se sont engouffrés dans ce qui est supposé être une brèche pour porter l'estocade au Maire de Dakar. Une analyse juridique poussée prouve que le décret pris par Macky Sall, le 31 aout 2018 n'a aucune base légale, car il est totalement vicié.


2. De l'illégalité du décret n°2018-1701 portant révocation du Maire de Dakar


Primo, en Droit, un acte légal ne peut en aucun cas, couvrir une illégalité. Or, toute l'affaire Khalifa Sall est construite sur de graves illégalités manifestes (du jugement de Malick LAMOTTE en date du 30 mars 2018, à la confirmation de la condamnation du Député- Maire par Demba KANDJI, le 30 aout 2018). Le réquisitoire cinglant des juges de la Cour de justice de la CEDEAO en date du 29 juin 2018 qui dévoile un banditisme d'Etat sans nom, met à nu des pratiques policières infâmes, et pointe les dérives du Procureur de la République, Bassirou Gueye et du magistrat instructeur, déconstruit à tous les niveaux le décret n°2018-1701 du 31 Aout 2018 portant révocation du Maire de Dakar.

Toutes les décisions administratives et judiciaires rendues dans le cadre de cette affaire sont nulles, non avenues et frappées du sceau d'illégalité. Il faut rétablir les choses à l'endroit : au moment où on épilogue sur la pseudo légalité du décret de Macky Sall, le Maire Khalifa SALL devrait jouir de sa liberté d'homme. C'est parce que le Sénégal sous le magistère de Macky Sall se comporte comme un « Etat voyou » que le sieur Demba KANDJI a abusé de sa fonction et violé littéralement l'article 55 du code de procédure pénale et le règlement n°05/CM de l'UEMOA. Dans un Etat de Droit, ce pseudo magistrat serait révoqué sur le champ et traduit en Justice.

Sur ce point le Forum du Justiciable doit être cohérent et refuser de tomber dans le piège du régime. On ne peut un jour déclarer que le code de procédure pénale ne sert plus à rien, admettant qu'il faut le déchirer, et un autre, affirmer que le décret de révocation du Maire de Dakar est légal. A partir du moment ou les droits fondamentaux du Maire ont été violés dès l'entame « Droit à l'assistance d'un conseil dès l'interpellation, le droit à la présomption d'innocence et à un procès équitable de Khalifa SALL », toutes les décisions ultérieures prises dans le cadre de cette affaire ne peuvent avoir, en aucun cas, un fondement légal. Avant de disserter sur la légalité du décret n°2018-1701 portant révocation du Maire, il faut au préalable appliquer la loi et tirer les conclusions de l'article 55 du code de procédure pénale et du règlement n°05/CM de l'UEMOA (libération de Khalifa Sall).

Le décret a été pris parce qu'une forfaiture a validé la procédure initiée à l'encontre de Maire. Accorder une quelconque valeur au décret de Macky Sall révoquant le Maire de Dakar, c'est accorder un crédit au jugement de Malik LAMOTTE et à l'arrêt de Demba Kandji, et considérer que l'Etat de Droit existe au Sénégal. Or, tout le monde sait que depuis le 30 aout 2018, la Justice s'est effondrée comme un château de cartes au Sénégal ; l'anarchie et les pratiques déviantes d'un homme atteint du syndrome d'HUBRIS (maladie du pouvoir) Macky Sall se substituant à la loi. Ce n'est pas parce que des Juges aux ordres rendent des décisions qu'elles revêtent un caractère légal. En réalité, le décret révoquant le Maire de Dakar est une diversion du régime pour « couvrir et légaliser la forfaiture à l'encontre de Khalifa SALL».
Secundo, des « spécialistes » soutiennent la thèse selon laquelle « la décision de révocation indépendamment des poursuites judiciaires, pouvait intervenir depuis le rapport de l'Inspection générale d'Etat ».

Cet argument est faux, pour une raison simple : l'article 135 de la Loi n° 2013-10 du 28 décembre 2013 portant Code général des Collectivités locales dispose « Lorsque le maire ou tout autre conseiller municipal est condamné pour crime, sa révocation est de droit. Les Maires et adjoints, après avoir été entendus ou invités à fournir des explications écrites sur les faits qui leur sont reprochés, peuvent être suspendus par un arrêté du Ministre chargé des Collectivités locales pour un temps qui n'excède pas un mois et qui ne peut être porté à trois mois que par décret ». Le pouvoir de révocation n'est pas une prime à l'arbitraire. Il est strictement encadré. S'il suffisait de commander des rapports à l'IGE et sur cette seule base révoquer des Maires, le potentat Macky Sall, ne se priverait pas pour jeter en prison des dizaines de Maires. Comme le précise l'article 135, « les mis en cause doivent être préalablement entendus ou invités à fournir des explications écrites sur les faits qui leur sont reprochés ». C'est une obligation substantielle et légale. Khalifa Sall n'a pas été invité à fournir des explications aux autorités administratives. En transmettant le rapport de l'IGE au Procureur de la République, Macky Sall a clairement opté pour la judiciarisation du dossier.

Le support de la décision de révocation du Maire de Dakar, n'est pas le rapport de l'Inspection Générale D'Etat (qui est certes une pièce maîtresse du dossier), mais bel et bien 2 décisions de Justice illégales (le jugement en première instance de Malik Lamotte et la confirmation de la condamnation par l'arrêt de la pseudo Cour d'appel de Dakar du 30 aout 2018). Le Député-Maire ayant été privé du Droit à un procès équitable, toute la procédure s'effondre. A fortiori, un décret couronnant la forfaiture. Reconnaître que le Député-Maire a été détenu arbitrairement et qu'il n'a pas eu droit à présomption d'innocence pour ensuite venir dire que le décret le révoquant est légal, c'est franchement prendre les sénégalais pour des demeurés !


3. Les partisans du régime font une lecture biaisée des articles 135 et 140 du CGCT


Incontestablement, il y a une lecture biaisée (mauvaise foi) par les partisans du régime des articles 135 et 140 la loi N° 2013-10 du 28 décembre 2013 portant Code général des collectivités territoriales. Avant d'évoquer l'article 140, il convient de lire les dispositions de l'article 135 précisant que le Maire a droit à ce que « sa cause soit entendue, dans le cadre d'un procès équitable ». Ce qui n'a jamais été le cas tout au long de la procédure, vidant l'article 140 du CGCT de sa substance. En conclusion, le décret portant révocation du Maire de Dakar est illégal, car le fondement est illégal (article 135). En matière de légalité, ce régime doit faire profil bas. La liste des forfaitures sous le magistère de Macky Sall dépasse l'imagination : modification d'un Avis du Conseil Constitutionnel en Décision en 2016, fraude électorale en 2017, privation du Droit de vote de millions de sénégalais, violation de la Constitution avec la loi sur le parrainage Intégral, vol de deniers publics avec l'affaire PRODAC, népotisme avec la nomination de son frère Aliou SALL à la tête de la Caisse des dépôts et Consignations, etc...En 6 ans, Macky Sall et ses sbires (délinquants au pouvoir) qui ont saccagé l'Etat de Droit et détruit les fondements de la Démocratie devraient raser les murs.


Seybani SOUGOU – E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Réflexions matinales de l'ami Guillaume ENG du Cameroun: un africaniste convaincu et actif


Cet entrepreneur ,cet éducateur, ce coach, ce professeur de judo et de gym, cet écrivain, cet homme qui fait et sait beaucoup nous livre des pensées simples mais efficientes. P B  CISSOKO

Tout ce que nous touchons nous y laissons des empreintes.


Si nous touchons la vie d'autres personnes, nous laissons notre identité en eux.
La vie est bonne quand on est heureux mais elle est encore meilleure quand d'autres sont heureux à cause de nous.
Sois fidèle en touchant le coeur des autres. Sois pour eux une inspiration.
Rien dans la nature ne vit pour soi même.


- Les rivières ne boivent pas de leurs eaux.
- Les arbres ne mangentpas leurs fruits.
- Le soleil ne brille pas pour lui même.
- Les fleurs ne répandent pas leur odeur sur elles mêmes.

Vivre pour les autres est une règle de la nature.
Nous sommes tous nés pour nous aider les uns les autres.
Quelle que soit la situation face à laquelle tu te trouves, continue à être une bénédiction pour les autres.


Si quelqu'un *se moque* de ta vie, sache qu'il peut *te trahir*
s'il *te vole...il peut te tuer*
S'il *te ment...il peut t'empoisoner*
s'il *te conseille...il t'aime*
S'il *te raisonne...il te considère*
s'il *te réprimande...il veut ton bien*;
s'il *t'enseigne...il veut ton succès*
s'il *te fait des blagues, c'est que t'es spéciale pour lui*
S'il *se soucie de toi...il t'admire*
S'il *t'écrit...il pense à toi*
S''il *te salut...il te respecte*


*Saches désormais comment et avec qui vivre*


Penser du jour!!!

Lorsque les frères de Joseph l'ont vendu, ils ont cru que c'était fini pour lui. Mais, ils l'ont retrouvé en habits de gouverneur en Egypte!
Te concernant, tes ennemis pensent t'avoir anéanti. Mais DIEU utilise leurs actions pour t'élever!
Je t'annonce que malgré leurs attaques, tu seras une source de bénédictions.Alors à toi de jouer.
Car tu es né(e) pour être un sujet de gloire!!!

Pour la plus grande des victoires!!!

vendredi, 31 août 2018 10:28

Le pouvoir des images-Jean-François Dortier

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Le pouvoir des images-Jean-François Dortier
Septembre-octobre-novembre 2018

 

Grands Dossiers N° 52 - septembre-octobre-novembre 2018
Le pouvoir des images -


Les enfants adorent les images. Donnez un crayon à un enfant et voilà l'artiste en herbe qui se met à dessiner : d'abord quelques gribouillis, puis des bonshommes, des maisons, des soleils, des animaux. Le même enfant sera fasciné un peu plus tard par les albums de contes. Les images du loup, de la Lune et de petites cabanes vont peupler ses rêves.


Les enfants adorent les images. Les adultes aussi : photo, films, vidéos, images de magazines, notre monde est saturé d'images. Ce numéro explore ce monde des images : leur histoire, leur usage, leur signification.
L'histoire des images débute au fond des cavernes, dans des grottes ornées de grands animaux et se poursuit sur les murs des monuments, sur les parchemins, puis sur des feuilles de papier, enfin des écrans. Les images se sont animées et se sont mises à parler.


Leur usage est multiple : elles ont servi de support aux religions, aux pouvoirs et aux savoirs. Elles accompagnent les récits ; elles servent à mémoriser, à informer, à se mettre en scène.


Car les images sont avant tout des messages. C'est à ce titre qu'on leur attribue un pouvoir : le pouvoir des images est supposé supérieur à celui des mots.


On découvrira dans ce numéro que cette opposition entre le texte et l'image n'a pas lieu d'être. De tout temps, les images ont été accompagnées de discours. Si les images de la préhistoire restent pour nous une énigme, c'est justement parce que nous ne connaissons pas les discours, les rituels, les chants et les paroles qui les accompagnaient. La vue d'un homme crucifié ou d'« images pieuses » de saints ne prend sens que pour celui qui connaît le catéchisme de l'Église. Il en va de même des peintures des musées qui ne peuvent toucher qu'un esprit informé. C'est encore le cas aujourd'hui pour la plupart des images qui nous entourent : films, actualités, plans, cartes, images publicitaires ne parlent pas seuls.


Comme c'est le cas aussi dans ce numéro : les images et les mots doivent faire bon ménage. Les uns éclairent les autres et le pouvoir des images n'existe pas sans un texte et un contexte qui l'accompagnent.


A lire


-À l'origine des images, il existe une capacité mentale inédite dans le monde animal : l'imagination. Elle est à la source du langage, des techniques, de l'art, des pensées et des fictions.
« Au commencement était le verbe », le premier verset de l'Évangile selon saint Jean a suscité un flot de commentaires théologiques, philosophiques, anthropologiques. Une interprétation de la formule est celle-ci : c'est la parole qui donne naissance à l'humanité. Dit autrement : c'est le langage qui fait l'humain, il est le « propre de l'homme ». Cette thèse a la force de l'évidence – quoi de plus spécifique à l'être humain que son langage ? Mais l'évidence ne fait pas toujours bon ménage avec la science.
Si le langage était le propre de l'humain, comment se fait-il que les humains aient hérité aussi d'autres capacités très singulières comme celle de fabriquer des outils ?

Comment se fait-il que les humains soient aussi doués dans les arts ?


Voir des images est aujourd'hui la chose la plus banale qui soit. Nous sommes cernés par les dessins, photos, vidéos, logos, etc. Elles sont omniprésentes sur les écrans d'ordinateur ou les smartphones... Un monde d'images double le monde réel. Et nous vivons dans ces deux mondes parallèles.
Cette production proliférante est un phénomène nouveau.
Tout au long de l'histoire, les gens ont surtout vécu en n'ayant sous leurs yeux qu'un répertoire très restreint : les images de cultes, dans les églises, les temples et autels, quelques images profanes, scènes de chasse, scènes de guerre ou animaux mythiques brodés sur des tissus ou peints sur des objets. Entre les peintures de la grotte Chauvet et les milliards d'images diffusées quotidiennement sur YouTube, l'histoire des images peut être scandée en six grandes périodes


1 - Images de la préhistoire


Les premières images repérées par les préhistoriens datent du Paléolithique supérieur (- 35000/- 10000 ans). Elles sont tracées sur des parois rocheuses (art rupestre) ou des objets (art mobilier).
Les peintures et gravures rupestres sont présentes dans le monde entier. Les plus anciennes sont situées en Indonésie (- 39000 ans) et dans la grotte Chauvet en France (- 36000 ans).
Ces images sont stéréotypées.


-Mâtinée de recherches esthétiques et d'innovations techniques, l'affiche française s'est enrichie en se mettant au service d'enjeux commerciaux... mais aussi en tentant de rompre avec eux.
C'est au 15e siècle, date de l'invention de l'imprimerie (1440), que le mot affiche, qui depuis le 12e siècle désignait une agrafe, prend son sens d'« avis imprimé » sur une feuille de papier apposée sur une paroi.
En France, l'affichage est né en 1539 d'une ordonnance de François Ier stipulant que les annonces des crieurs de rue seront accompagnées par la mise en place dans l'espace public de placards : « Les lois seront attachées à un tableau, écrites sur des parchemins en grosses lettres dans les seize quartiers de la ville (...). Fait défense de les ôter à peine de punition corporelle. »


De petits formats, les placards étaient, jusqu'au 18e siècle, essentiellement réservés à l'Église et au roi. Seuls les sortants de l'Imprimerie royale avaient le droit d'être imprimés sur du papier blanc. Les autres, comme les affiches de spectacles, etc


-Autrefois triées dans d'épais albums familiaux, nos photos personnelles sont aujourd'hui exposées sur Internet, au milieu de selfies et de banals clichés de nourriture. Mais qu'ils soient intimes ou abondamment partagés, nos albums photos demeurent avant tout un mode de communication.
En 1888, pour 25 dollars, les Américains peuvent s'offrir leur propre « boîte noire ». Les premiers appareils automatiques Kodak sont accessibles sur le marché. C'est la naissance de la photographie amateur. Durant les premiers temps, ce loisir est réservé aux élites. Pourtant, cent trente ans plus tard, en 2018, tout le monde ou presque prend des photos, à tout bout de champ sur son smartphone. Que s'est-il passé entre-temps ? Pour le comprendre, il faut rouvrir nos albums de famille.Anniversaires, mariages et fêtes de famille


En France, le grand essor du parc des appareils photos a débuté plus tardivement qu'aux États-Unis : à partir des années 1950-1960. L'heure est alors à la photographie argentique, loisir de plus en plus populaire. Dans les années 1980-1990, 7 ou 8 Français sur 10 possèdent un appareil photo. 9 sur 10 si on se limite aux adultes de moins de 65 ans. Et, pour ceux qui ne possèdent pas leur propre boîtier, les appareils jetables permett [ lire la suite... ]

Sylvain Maresca


Professeur de sociologie à l'université de Nantes, il a publié, entre autres, Basculer dans le numérique. Les mutations du métier de photographe, Presses universitaires de Rennes, 2014.
-Benoît Peeters
Scénariste de bande dessinée et écrivain, auteur avec François Schuiten du cycle Les Cités obscures, il a récemment publié, avec Jacques Samson, Chris Ware. La bande dessinée réinventée, Les Impressions Nouvelles, 2010, et une biographie de Jacques Derrida chez Flammarion, 2010. Benoît Peeters sur Internet : www.benoitpeeters.net

La bande dessinée a diversifié ses supports, ses formes et ses thèmes. Est-il encore possible de la définir ?
-Qu'est-ce qu'une image ?

 

« L'image n'a pas le pouvoir qu'on lui prête généralement. »

Il a consacré une grande partie de sa carrière d'historien à l'étude des images du Moyen Âge. Ses recherches l'ont conduit à une réflexion théorique sur la notion d'image et sur le pouvoir qui leur est souvent attribué. Dans son livre Qu'est-ce qu'une image ? (Droz, 2013), il prend ses distances face aux thèses couramment admises sur la puissance des images.

Le titre de votre livre Qu'est-ce qu'une image ?est déroutant car, au premier abord, la réponse semble évidente.
Justement, c'est une fausse évidence qu'il faut questionner. Généralement, on qualifie aujourd'hui d'images toutes les représentations visuelles dont le support est plat : un dessin, une peinture, une gravure, une photo, une radiographie, une affiche, le cinéma... Cette conception courante imprègne [ lire la suite... ]

Pendant longtemps, on a associé la bande dessinée à l'enfance et au comique. Depuis vingt ans, cette définition n'a plus de sens. La bande dessinée adulte est plus présente aujourd'hui que la bande dessinée jeunesse, et la bande dessinée sérieuse l'est davantage que la bande dessinée humo
-L'image comme outil de preuve
-Outil, preuve, concept..., les images ont toujours été mobilisées par les scientifiques à des fins très diverses. De quoi rompre avec leur antique réputation d'iconophobes.


À première vue, image et science se repoussent comme deux aimants contraires. Pour Platon, les images sont des ferments d'illusion, trompeuses par nature. Imitant le réel, ceux qui les produisent ne pourraient s'empêcher d'embellir, de simplifier et d'esthétiser ce qu'ils voient. Autrement dit, de le falsifier. À l'inverse, la science véritable apprécierait la réalité intelligible des choses et les considérerait non sous le prisme de leur apparence, mais de leur essence. La quête du « vrai » passerait donc, nécessairement, par se prémunir des visions erronées du monde sensible que l'image véhicule.


Mais l'iconophobie dont on accuse génériquement scientifiques et philosophes n'est-elle pas surévaluée ? L'histoire des sciences montre de nombreux exemples de collaborations fructueuses entre savants et artistes ; les images sont alors mises à contribution pour devenir d'authentiques passeurs de connaissance, quand elles ne vont pas jusqu'à &ec [ lire la suite... ]


-En banalisant les images plus que tous les autres médias, la vidéo s'est octroyé un pouvoir immense. Avec les progrès de la technique, ses usages se multiplient, notamment pour sa valeur de preuve.
« On ne peut plus imaginer le football sans l'assistance vidéo à l'arbitrage. » Pour la coupe du monde 2018, Gianni Infantino, président de la Fédération internationale de football (Fifa), tenait à proposer aux arbitres l'aide des caméras de télévision. L'objectif de ce dispositif, de plus en plus utilisé dans le sport, est clair : réduire les erreurs d'appréciation, voire les éliminer. La VAR (« Video Assistant Referee », assistance vidéo à l'arbitrage) peut en effet améliorer la prise de décision, en montrant à l'homme en noir des images qui aurait pu lui échapper. Une corde de plus à son arc pour obtenir des preuves objectives avant de juger. Mais selon Jacques Blociszewski, spécialiste des relations entre sport et médias, l'œil des caméras n'est pas meilleur que celui de l'arbitre : « L'image ralentie déforme le réel. Le geste sportif n'est pas une succession d'images


-Eduquer par l'image
-
L'éducation aux images passe notamment par l'étude de leur histoire, de leur mode de fabrication et surtout par l'exercice du regard.


L'éducation aux images constitue une sorte de tarte à la crème des enseignements depuis des années. Cette question est pourtant liée à une autre qui la détermine : doit-on éduquer aux images ? Posée ainsi, la réponse semble évidente : oui, éduquer aux images est devenu prioritaire, car elles ont pris une place déterminante dans notre nouvelle culture visuelle à l'ère de l'écran généralisé. Mais comment ?
Comprendre le territoire : le visuel proliférant
La puissance des images et leur circulation planétaire sous forme d'objets et de représentations diverses sont consubstantielles des activités humaines, provoquant même des mouvements iconoclastes. Ce qui a changé est double : d'une part, la multiplication industrielle des images ; d'autre part, leur cumul et leur circulation planétaire exponentielle avec Internet (1).
La multiplication industrielle des images est apparue au milieu du 19e

 

HOMMAGE DE MONSIEUR ALPHA AMADOU SY, PRESIDENT DE LA CACSEN, AU PERE DOMINIQUE CATTA à l'occasion de son inhumation le samedi 25/08/2018 à Keur Moussa.

"Le dialogue inter-religieux est une réalité au Sénégal" P B Cissoko

Depuis l'annonce du rappel à Dieu du Père Dominique Catta, des voix, des plus autorisées, ont tenu à témoigner de sa foi, de son altruisme, de son respect des cultures autres, pour tout dire de son humanisme.
Le parcours et l'œuvre du Père Catta méritent d'être cernés en fonction de deux évènements majeurs qui ont fortement impacté sur le séjour sénégalais des neuf moines français de l'Abbaye de Solesmes.


Les futurs fondateurs du monastère de Keur Moussa sont arrivés au Sénégal en 1963, moins d'un an après l'ouverture du IIe concile œcuménique du Vatican, le 11 octobre 1962, par le Pape Jean XXIII. Ce Concileest d'autant plus importantqu'il expose le souci de l'Eglise de « s'ouvrir au monde moderne et à la culture contemporaine ». Dans cet esprit, était engagé le débat sur « la liturgie, le rapport que l'Église catholique doit entretenir avec les autres confessions chrétiennes, avec les autres religions, et avec la société en général.... ». Les chrétiens et théologiens africains avaient saisi cette opportunité pour s'interroger sur la question de savoir « comment transformer l'Église en Afrique en une Église africaine ».


Autre évènement : l'organisation du 1er Festival Mondial des Arts Nègres par le Gouvernement du Sénégalet par La Société Africaine de Culture en 1966, c'est -à - dire trois ans après l'arrivée au Sénégal du Père Dominique Catta et de ses huit autres Frères. Ce rendez- vous inédit en terre africaineaura été largement mis à profit pour prendre conscience de la consistance du patrimoine artistique, notamment musical du continent.


Le concours de ces deux événementshistoriques est d'autant plus établi que leur Supérieur avaient non seulement invitéles moines à écouter, mais surtout à participer à toutes les manifestations culturelles du Festival de 1966. Cette invitation, aux accentsde forte recommandation, est explicite dans l'interview que le Père Dominique Catta a bien voulu accorder aux animateurs de la Bibliothèque Centrale de l'Université Gaston Berger, à l'occasion de la commémoration du Cinquantenaire du 1er Festival Mondial des Arts Nègres.


Du reste, il avait tenu à participer, en personne,à ces rencontres commémoratives en 2016. Aujourd'hui,encore, je revois le défunt Père dont le dynamisme toujoursdébordant contrastait avec son corps frêle, donnant l'impression de ployer sous le poids de l'âge !


Ayant l'intelligence de leur mission et faisant preuve d'une immense ouverture d'esprit, les moines français de l'Abbaye de Solesmes ont su faire montre de créativité et d'abnégation pour valoriser, perfectionner et intégrer dans une sublime harmonie des instruments, notamment la Kora, dans une liturgie qui parle, au-delà de l'Afrique, des Africains, à toutêtre humain. Il en a résulté la constitution d'un patrimoine d'autant plus dense qu'il participe, à la fois,du matériel et de l'immatériel, du culturel, du religieux et du spirituel.
Au Père Dominique Catta, le co-fondateur du monastère, est revenu la terrible, redoutable mais oh combienexaltante mission de continuer l'œuvreentamée à neuf !


Et, la postérité retiendra les immenses succès qui ont couronné son travail d'orfèvre. Pour preuve,lePape Jean-Paul IIlui a attribué, en 2004, le Prix des Académies Pontificales. Il s'agit d'une reconnaissance des plus symboliques de son « précieux travail d'inculturation du très riche répertoire musical grégorien dans les cadences et rythmes de l'Afrique ».


Le Sénégal ne sera pas en reste. Il élèvera le Père Dominique, en 2016, au rang de « Trésor humain vivant ».


Par ma voix, la section sénégalaise de la CommunautéAfricaine de Culture présente ses sincèrescondoléances à la famille, à tous les moines de Keur Moussa, à tous les amis, proches et collaborateurs du Père Dominique Catta.
Puisse son œuvre continuer à nous inspirer les uns et les autres pour poursuivre,avec esprit de suite,le dialogue interreligieux et pour nos combats quotidiens afin que ladifférence reste une richesse et non un prétexte à la barbarie.


Paix à son âme !


On pourra lire ceci :


Père Dominique Catta de Keur Moussa élevé au rang de « Trésor Humain Vivant »

Le Sénégal a élevé au rang de « trésor humain vivant », le Père Dominique Catta. Âgé de 90 ans, il est le dernier survivant des neuf moines français qui sont venus de l'Abbaye de Solesmes, pour fonder l'abbaye de Keur Moussa, au Sénégal en 1961.


Il a été ainsi distingué pour son œuvre musicale contribuant à la préservation et à la valorisation du patrimoine culturel sénégalais. En effet, le Père Dominique Catta a composé de nombreuses pièces musicales spécifiques, qui à l'aide de la « kora » accompagnent les chants liturgiques communautaires. Il a de plus favorisé l'enseignement de cet instrument, sorte de harpe-luth d'origine mandingue.


Le « THV » est l'une des plus hautes distinctions culturelles internationales.

Ce titre distingue des professionnels des métiers d'arts, pour leur savoir-faire exceptionnel et leurs capacités à transmettre leurs connaissances. Les THV sont reconnus par l'UNESCO, à travers une convention internationale de 2003 sur la protection du patrimoine culturel immatériel.


En lui remettant la distinction devant un public nombreux, Mbagnick Nidaye, ministre sénégalais de la Culture et de la Communication, a rappelé que l'œuvre du Frère Catta avait contribué à revaloriser la kora africaine, devenue sans aucun doute l'instrument de musique africaine le plus répandu dans le monde. « Le Frère Dominique Catta a mis en lumière la richesse de notre culture par son apport décisif dans la renommée de l'atelier de lutherie musicale du monastère, fondé en 1963 », a souligné Mbagnick ndiaye.


Il a rappelé que la découverte de la kora par le Frère Catta s'était faite à travers l'écoute des génériques de la radio nationale du Sénégal et son amitié avec des griots, maîtres de cet instrument.
L'abbé Ange Marie Niouky, Supérieur du monastère de Keur Moussa, a souligné que, tout au long de sa vie, le Frère Catta avait puisé dans les trésors traditionnels musicaux du continent africain une inspiration mise au service de l'Eglise, pour honorer Dieu.

Il a ajouté que cette dernière distinction célébrait « les valeurs de partage, de générosité », et manifestait « l'attachement d'une âme à sa terre d'accueil, à l'homme et à la nature en ce qu'ils ont de plus beau ». L'abbaye de Keur Moussa a reçu par le passé plusieurs autres distinctions relatives à ses activités musicales, tel que le prix Albert Schweitzer. Le Père Dominique Catta a reçu lui-même en 2012 la Légion d'Honneur.


https://www.infocatho.fr/pere-dominique-catta-de-keur-moussa-eleve-au-rang-de-tresor-humain-vivant/

« L’élément déterminant pour la présidentielle du 24 février 2019, semble plus être la nécessité de renverser le président sortant pour l’opposition, que de faire adhérer les populations à un programme alternatif  » , selon Maurice Soudieck Dione, docteur en Sciences politiques, enseignant-chercheur à l’Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis. C’est la perspective qui se dessine du fait de la tendance du chef de l’Etat, Macky Sall, à des «dérives autoritaires et arbitraires dans ses rapports avec l’opposition». Evoquant la pléthore de déclarations de candidature à 6 mois de la joute présidentielle, M. Dione, est convaincu que certains n’iront pas jusqu’au bout. Entretien……

Croyez-vous que toutes les déclarations de candidatures à la prochaine présidentielle  iront jusqu’au bout de leur logique?

Il est vrai que déclarer sa candidature est une chose, être en mesure de se présenter effectivement en est une autre. Cela pour plusieurs raisons. D’abord, eu égard aux moyens financiers colossaux pour aller aux élections. Car, en plus de la caution de 30 millions, il faut des ressources pour sillonner le pays, pour obtenir les parrainages requis avant d’entrer dans la compétition. Ensuite, pour les besoins de la campagne, il faut mobiliser des voitures, déplacer et entretenir une équipe sur toute l’étendue du territoire, concocter un programme politique pertinent entre autres. Toutes ces contraintes peuvent amener certains candidats à déchanter. Il y a aussi que certains autres candidats pourraient être dans une logique stratégique, consistant à faire monter les enchères autour de leur candidature, pour se ranger en définitive derrière un autre candidat, ou alors mobiliser une partie de l’électorat, pour qu’en cas de second tour négocier leur accès au pouvoir. 

N’y a t-il pas  dans ce cas des déclarations de candidatures fantaisistes ?

Je ne qualifie aucune candidature de fantaisiste pour éviter de tomber dans la discrimination entre citoyens sénégalais. Je considère dans l’absolu qu’il faut respecter tous les candidats qui sont d’égale dignité au plan juridique, dès lors qu’ils respectent les conditions de fond et de forme prévues par la Constitution, les lois et règlements. C’est au prorata des suffrages collectés qu’on pourra classer les candidats au sortir des élections, et donner des analyses sur la base de faits concrets.

A votre avis, lequel des enjeux entre celui de la découverte de gaz et de pétrole, ou celui de la nécessité d’instaurer l’État de droit et la démocratie pour tous, va prendre le dessus ?

En fait c’est un tout. Car la multiplication des ressources nationales, avec la découverte de gisements de gaz et de pétrole, fait que le pouvoir devient de plus en plus un enjeu qui aiguise des appétits tant sur le plan national qu’international. Mais il faut dire également qu’avec de telles ressources, il est impératif et impérieux que le jeu politique soit transparent et loyal, pour assurer la paix et la stabilité politique du pays, afin de conjurer les démons du chaos politique sur lesquels, comme cela a été le cas ailleurs en Afrique, des saigneurs et des seigneurs de la guerre ont profité du désordre pour s’enrichir, en collusion avec les puissances étrangères. On a pu alors parler de criminalisation de l’État.

Comment devrait-on s’y prendre alors ?

La découverte de richesses exige une compétition équitable pour préserver la paix, sans quoi rien ne peut être construit. Ensuite les ressources trouvées repositionnent au centre du débat politique, la gouvernance démocratique, qui non seulement doit être transparente, mais doit également profiter à tous les Sénégalais. Ce qui suppose une allocation pertinente et efficiente des ressources pour créer encore plus de richesses avec des investissements productifs, refonder des services publics de qualité en matière de santé et d’éducation notamment, construire et valoriser le capital humain, etc. Or si les valeurs de la République sont piétinées en raison du clientélisme et de la propension à l’enrichissement personnel des dirigeants érigés en règles, et si les principes de la démocratie et de l’État de droit ne sont pas respectés, notamment à travers une compétition politique loyale, les ressources découvertes ne seront pas d’un grand apport pour le pays, car elles seront pillées et gaspillées par une caste de politiciens sans scrupules, et qui vont mettre le pays en danger, c’est-à-dire dans l’instabilité.

Qu’est-ce qui sera déterminant pour cette élection : les programmes alternatifs, la nécessité de renverser le président sortant ou de le maintenir ?

Malheureusement les enjeux de l’élection présidentielle risquent d’être dévoyés, comme cela a souvent été le cas au Sénégal, notamment lors des alternances de 2000 et 2012, où l’on a plus congédié des régimes ayant failli, qu’adhérer à un programme. Cette perspective qui se dessine a été construite pour une bonne part par la tendance du Président Sall à des dérives autoritaires et arbitraires, dans ses rapports avec l’opposition marqués par la répression et la violation des droits et libertés des opposants et par l’imposition de sa volonté et des intérêts exclusifs de sa coalition, en ce qui concerne les règles du jeu politique. Or , celles-ci doivent être définies de manière concertée, pour éviter que le pays ne sombre dans des lendemains incertains.

Propos recueillis par  Jean Michel DIATTA

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