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Le Front républicain, qui regroupe 18 candidats à la présidentielle ou leurs représentants, ne démord pas : le scrutin présidentiel du premier tour est « un coup d'Etat électoral ». Ils étaient regroupés mardi 7 août à Bamako avec quelques milliers de leurs partisans.

Dans la principale salle du palais de la Culture de Bamako, toutes les 3 000 places sont occupées. Les 18 candidats ou leurs représentants galvanisent le public. « Je pense et je suis convaincu aujourd’hui que le changement est possible avec ce que je vois », estime Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun, vice-président du parti La Convergence pour le développement du Mali (Codem), qui a présenté un candidat à la présidentielle

Originaire du nord du Mali, et par ailleurs président d’un groupe armée, Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun révèle ce qu’il considère comme un cas de fraude avérée dans une localité de la région de Tombouctou lors du scrutin du premier tour de la présidentielle. « Les urnes ont été bourrées à Goundam. Et je défis n’importe quel juge constitutionnel de m’apporter la preuve qu’il y a eu une élection », lance-t-il.

« Une dictature de la fraude »

« La rencontre d’aujourd’hui, c’est à la demande du peuple malien. Ces élections, les résultats proclamés ne représentent pas la voix du peuple. Le peuple veut qu’on lui restitue son résultat. Là où il y a eu du bourrage d’urnes, il y a eu de la manipulation des résultats. Des bourrages d’urnes, des achats de conscience à ciel ouvert. Ce sont des pratiques qui peuvent amener notre démocratie à régresser. Donc nous nous levons aujourd’hui comme un seul homme pour dire que nous aimons notre pays. Ce que nous avons en commun, c’est la patrie, c’est le Mali. Et le Mali aujourd’hui connait la démocratie depuis 1991. Ce sont des Maliens qui ont donné leur vie pour que nous puissions connaître la démocratie. On ne saurait permettre à un régime de venir mettre en péril cette avancée démocratique. C’est l’objet de la rencontre du jour. Aussi alerter la communauté internationale pour dire que les élections qui se sont passées au Mali le 29 juillet ne se sont pas passées dans les conditions de transparence requise », estime Abdramane Diarra, président de la jeunesse de l'Union pour la République et la démocratie (URD), membre de la coalition.

Dans son discours, Soumaïla Cissé, arrivé second au premier tour de la présidentielle, a dénoncé « une dictature de la fraude » lors du scrutin. L'opposition demande en outre le départ du ministre de l'Administration territoriale et de la décentralisation, Mohamed Ag Erlaf, chargé d'organiser ces élections, ainsi que la publication des résultats, bureau de vote par bureau de vote, pour pouvoir vérifier les chiffres. Plusieurs recours ont été déposés devant la Cour constitutionnelle.

La majorité se défend d'avoir commis des fraudes

Mais pour Mahamadou Camara, porte-parole du candidat Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), ces accusations de fraude ne sont pas justifiées.

« Nous avons assisté à l'une des élections les plus transparentes de toute l’histoire démocratique du Mali. Nous avons une nouvelle loi électorale qui est une coproduction de l’opposition et de la majorité. Nous avons un fichier qui a été audité par un organisme indépendant qui a été accepté par tous, donc un fichier consensuel. Nous avons de nouvelles cartes d’électeur qui ont été produites et mises à disposition des citoyens sur la base de ce même fichier. Nous avons accepté la présence d’observateurs internationaux au moment de la centralisation. Et je rappelle que dans chaque bureau de vote, l’opposition est représentée par des assesseurs et des délégués qui ont signé des PV de dépouillement. J’ajouterai pour finir sur ce point que la Céni est présidée par un membre de l’opposition et a des membres en son sein. Par conséquent, je ne vois pas où est la fraude. Il s’agit de manœuvres dilatoires. Les gens sont de mauvaise foi. Ils essaient de déstabiliser le pays. Et cela, je pense que les Maliens ne l’accepteront pas et sauront le leur dire clairement lors du vote le 12 », estime le porte-parole.

Quoi qu'il en soit, les organisateurs du meeting ne le cachent pas, ils ont aussi le regard tourné vers la Cour constitutionnelle qui doit proclamer les résultats définitifs du premier tour de la présidentielle. Ce qui fait que dans le public, certains pensent déjà aux batailles futures : « Les batailles, c’est qu’il faut que la loi soit respectée, il faut

que les votes s’organisent normalement », déclare l'un d'eux. « On souhaiterait qu’il y ait des bonnes élections bien entendu le 12. Il y a des pratiques qu’il ne faut jamais reprendre », estime un autre. Le meeting s’est déroulé sans incident, avec un service de maintien d’ordre très professionnel.

RFI

HOMMAGE AU POÈTE DE LA RUPTURE-7 août, est la journée d'hommage dédiée au poète Cheikh Moussa Ka (1890-1966 par Khadim NDIAYE

L'ami Khadim NDIAYE du Canada spécialiste de C Anta DIOP nous sauve la mémoire en nous parlant de ce fameux poète, merci à lui. Cultivons notre patrimoine culturel riche et varié. Le poète est un créateur ..  P B C

Aujourd'hui, mardi 7 août, est la journée d'hommage dédiée au poète Cheikh Moussa Ka (1890-1966).

Je faisais référence à lui il y a à peine une semaine sans savoir que l'on s'acheminait vers cette journée d'hommage.

Une journée qui va passer presque inaperçue dans son propre pays. Le Sénégal, à l'instar de beaucoup de pays en Afrique, n'honore pas assez ses grands poètes nationaux. Pourtant, ceux-ci, au-delà même du fait qu'ils demeurent des âmes qui se font l'écho des autres, prennent en charge son histoire.

Cheikh Moussa Ka est à l'origine d'une des plus grandes révolutions littéraires au Sénégal, en optant d'écrire sa poésie dans une langue nationale. Depuis, il est le maître à penser de beaucoup d'intellectuels parmi lesquels Cheikh Anta Diop, Cheik Aliou Ndao et tant d'autres.

Cheikh Anta Diop, parlant d'ailleurs des écrits de Moussa Ka et d'autres poètes nationaux, écrivait dans son ouvrage, Nations nègres et culture, que leur poésie "devrait être l'objet de nos plus grands soins si nous ne voulons pas la perdre un jour".

Dans un contexte marqué par l'importance données aux études en arabe - l'arabe était la langue de correspondance officielle au Sénégal pendant un certain temps durant la colonisation -, Cheikh Moussa Ka apparaissait comme un paria. Alors que certains poètes arabisants le traitaient d'arrogant et se moquaient de ses poèmes parce que rédigés délibérément en langue nationale wolof, il rétorquait tout simplement en affirmant que "toutes les langues se valent", qu'aucune ne souffre d'incapacité.

Lui-même grand érudit en arabe, avait compris que la quintessence du sacré ne se réduit pas à la langue seule, qu'on ne peut la restreindre à une langue ou à un peuple. Si les prophètes, disait-il, ont parlé à leur peuple dans une langue donnée, la substance du message, elle, peut être adaptée, contextualisée et dite dans toutes les langues.

Voilà la rupture épistémologique à laquelle il contribua grandement par son audace intellectuelle.

Au fond, Serigne Moussa Ka n'est pas qu'un poète. Il est un profond penseur de la traduction et un théoricien avisé de la réception. Il voulait réduire la dépendance à la langue qui enveloppe le message de sa gangue. Il faut en effet savoir qu'il y a toujours pour certains peuples, un intérêt à maintenir le joug de la dépendance. Les Hébreux le savaient tellement que selon le Megillath Ta'anith, un texte juif du 1er siècle après J.-C., le monde s'obscurcit pendant trois jours lorsque la Torah fut traduite de l'hébreu au grec.

Serigne Moussa Ka est un des premiers à faire valoir au Sénégal que la langue arabe ne peut être vraiment comprise que si son contenu est traduit dans les langues nationales. Il écrivait à ce propos :

"Araab balaa jariñ Wolof ñu firi ko
Ndax ku bëgg a peese war a xam luy barigo"
("La langue arabe ne peut être utile au Wolof que si on la traduit,
Car la pesée requiert la connaissance de l'unité de mesure")

En disant cela, Serigne Moussa Ka s'inscrivait dans le sillage des grands traducteurs du religieux de ce monde. On se souvient, pour ne donner que cet exemple, de la traduction de la Bible par Luther en 1534, qui a été le vecteur essentiel de la Réforme en Allemagne. On la considère comme le moment fondateur de la langue allemande moderne.

Cheikh Moussa Ka ne se contentait pas seulement d'affirmer la capacité des langues nationales à exprimer tous les contenus. Il l'a démontré à travers ses nombreux poèmes. Il est l'auteur d'environ 15 000 vers connus de poésie en langue wolof couvrant plusieurs domaines (poèmes épiques, didactiques, historiques, mystiques, etc.)

Cette riche production l'autorisait à écrire les vers suivants : "Nous disons des choses que les Arabes n'ont pas su dire", "Par ma poésie, je ferai jaillir du lait que les Arabes sont incapables de produire", "Le Jour du Jugement dernier, si un Arabe se vante de sa langue, je dédierais à Cheikh Ahmadou Bamba des vers en Wolof qui émerveilleront tous les Arabes".

Par sa posture, Cheikh Moussa Ka montrait la nécessité de la bonne réception du sacré. Il redonnait leurs lettres de noblesse aux langues nationales injustement minorées. Pour cette raison, son œuvre mérite d'être vulgarisée.

Un peuple qui ignore ses poètes est un peuple égaré.

KN

Face à un épisode de pollution à l'ozone lié à la vague de canicule qui touche l'Hexagone, plusieurs villes et régions ont décidé, lundi 6 août, de prendre des mesures pour réduire la circulation.

En France, sur de nombreux axes routiers, la vitesse maximale de circulation a été réduite de 20 km/h. La circulation différenciée a été mise en place à Paris, ainsi que la gratuité du stationnement résidentiel. Les véhicules Crit'air 4 et 5 et de ceux non détenteurs d'une vignette n'ont pas le droit de rouler, mais les agents « feront preuve de discernement », notamment s'il s'agit d'un départ en vacances, précise la mairie. En Île-de-France, le covoiturage est gratuit lundi (huit plateformes agréées), et un ticket de transports en commun pour la journée à seulement 3,80 euros est disponible.

Dans l'agglomération de Strasbourg ainsi que dans le bassin lyonnais et l'ensemble du département de l'Isère, les véhicules les plus polluants ne peuvent pas rouler lundi. Pour favoriser le report des automobilistes sur les transports en commun dans l'agglomération lyonnaise, l'opérateur TCL déploie lundi un titre de transport à 3 euros, « Tick'Air » qui pourrait être reconduit en cas de maintien du niveau d'alerte 2.

Auvergne-Rhône-Alpes en alerte rouge

La ville d'Annecy a également instauré la circulation différenciée en raison des concentrations élevées d'ozone, une pollution observée dans une large partie de la région Auvergne-Rhône-Alpes, en alerte rouge. Seuls les véhicules dotés d'une vignette Crit'Air 0, 1, 2 ou 3 peuvent rouler et stationner dans les parkings municipaux de la zone de circulation restreinte d'Annecy, a précisé la mairie de ce haut-lieu du tourisme en Haute-Savoie. Un « pass air pur » de 1 euro est mis en place toute la journée sur le réseau de transports urbains de l'agglomération.

En Savoie, pour le Grand Chambéry et la ville de Chambéry où le seuil d'alerte est de niveau 1, un tarif qualité de l'air est également mis en place sur le réseau de transports en commun et la réduction de vitesse de moins de 20km/h en ville est obligatoire. La chaleur aggrave la pollution à l'ozone dans de nombreuses régions. Ce polluant favorise l'asthme et peut aggraver des troubles cardio-vasculaires ou respiratoires.

On respirera mieux à partir de mardi

D'après Météo-France, « le pic de canicule devrait se situer lundi sur les régions du sud-ouest, mardi sur celles du nord-est, du centre-est et du bassin parisien ». Seules les régions du nord-ouest sont épargnées. On attend ainsi lundi 36°C à Toulouse et 37°C à Bordeaux, mardi 36°C à Paris ou à Lyon. Le pays devrait mieux respirer à compter de mardi en fin d'après-midi, avec l'arrivée d'une masse d'air venue de l'Atlantique.

(avec AFP)

Les résultats définitifs du premier tour de la présidentielle malienne sont attendus ce mercredi 8 août. Le second tour opposera dimanche 12 août le président sortant, Ibrahim Boubacar Keïta au chef de file de l'opposition, Soumaïla Cissé. Mais les résultats sont loin de faire l'unanimité dans le pays. Plusieurs candidats ont déposé des recours auprès de la Cour constitutionnelle. Signe de ce climat de défiance, 18 candidats de l'opposition ou leurs représentants ont réuni la presse ce lundi 6 août. Ils dénoncent un coup d'Etat électoral.

« Un coup d’Etat électoral », c’est l’expression qui a été utilisée au cours de la conférence de presse à Bamako. Le discours se durcit parce que les 18 candidats ou leurs représentants ont également appelé à la démission du ministre malien de l’Administration territoriale et de la décentralisation, Mohamed Ag Erlaf, principal organisateur du scrutin. Un scrutin qu’ils qualifient également de « mascarade ».

Par ailleurs pour « dénoncer les fraudes massives », le groupe des 18 organise un meeting à Bamako ce mardi 7 août, et appelle au « rassemblement, à l’unité d'un front », « le front », dit un républicain au cours de la conférence de presse qui s’est transformée un peu en meeting.

Différents intervenants sont revenus sur le déroulement du scrutin. Tour à tour, par exemple, les candidats notamment Soumaïla Cissé, Me Mountaga Tall, Choguel Maiga ou encore Oumar Mariko, ont demandé un recomptage des voix et la publication des résultats, bureau de vote par bureau de vote.

Amadou Koïta, porte-parole du gouvernement, répond aux critiques de l'opposition.

 

Par RFI

Alassane Ouattara a annoncé lundi soir 6 août l'amnistie de près de 800 personnes poursuivies ou condamnées après la crise de 2011 en Côte d'Ivoire, en particulier l'amnistie de Simone Gbagbo, épouse de l'ancien président aujourd'hui emprisonné au centre de détention de la Cour pénale internationale de La Haye. Le président ivoirien a également annoncé une recomposition de la CEI. Il s'exprimait à la télévision, à la veille de la fête de l'indépendance dans un message télévisé enregistré. Un discours très axé sur le thème de la réconciliation nationale, de l'unité et de la paix.

Plus de 17 minutes de discours et deux annonces majeures visant à apaiser les oppositions. Alassane Ouattara évoque en effet d'abord le processus de réconciliation après la crise postélectorale de 2010 et 2011 qui a fait près de 3 000 morts. Et c'est au nom de la paix qu'il annonce la signature d'une ordonnance ce lundi pour amnistier près de 800 personnes poursuivies ou condamnées lors de cette crise. Cependant, le président ivoirien précise qu'« une soixantaine de militaires et de membres de groupes armés ayant commis des crimes de sang », resteront en prison.

Parmi les personnalités concernées par cette amnistie, Simone Gbagbo,  la femme de l'ex-président Laurent Gbagbo, qui purge actuellement une peine de 20 ans de prison pour atteinte à la sûreté de l'Etat. Egalement, l'ancien ministre de la Défense Lida Kouassi condamné pour complot et l'ancien ministre de la Construction Assoa Adou condamné pour trouble à l'ordre public. Enfin, Souleymane Kamaraté (dit « Soul to Soul »), proche du président de l'Assemblée nationale Guillaume Soro.

Autre annonce, celle de la recomposition de la Commission électorale indépendante conformément aux recommandations de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples. Une recomposition qu'il souhaite inclusive pour que les prochaines élections se passent sans violences. Une déclaration saluée par la société civile.

■ Portrait : Simone Gbagbo, l’ex « Dame de fer » de la Côte d’Ivoire

Simone Gbagbo va donc bientôt recouvrer la liberté. Alors qu’elle purge depuis 2015 une peine 20 ans pour atteinte à la sûreté de l’Etat dans le cadre de la crise postélectorale, l’épouse de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, celle qui a toujours refusé de reconnaître la victoire d’Alasanne Ouattara, va donc bénéficier de l’amnistie prononcée par celui-ci. Ceux qui ont assisté à ses deux procès à Abidjan ont l’image d’une femme souriante, posée, avenante, presque chaleureuse, n’eut été la solennité de la Cour d’Assises où elle a comparu par deux fois en 2015 et en 2017.

Condamnée une première fois à 20 ans de réclusion pour atteinte à la sûreté de l’Etat, acquittée la seconde fois dans son procès pour crime contre l’humanité, Simone Gbagbo n’a jamais reconnu aucun des chefs d’inculpation et la Cour d’Assises d’Abidjan a eu bien du mal à confondre indubitablement l’accusée et ses agissements supposés.

Profondément pieuse

Décrite comme profondément pieuse, cette universitaire, cofondatrice du Front populaire ivoirien a toutes les raisons d’en vouloir à celui qui l’a amnistiée hier soir. Alassane Ouattara aujourd’hui président ivoirien est l’homme qui a battu son mari aux élections de 2010 et dont elle refusait encore lors de son procès de reconnaître la victoire.

Alassane Ouattara était Premier ministre d’Houphouet Boigny lorsqu’en 1992 au cours d’une manifestation de l’opposition qu’elle conduisait avec son mari Laurent, Simone Gbagbo fut arrêtée et sauvagement tabassée par des soldats au camp Gallieni.

Simone Gbagbo, qui jure depuis n’avoir aucune rancœur vis-à-vis de ses ennemis, reste une femme aussi brillante que controversée. Une femme de fer dont on ne saura sans doute jamais quel fut son rôle exact dans les événements de la crise postélectorale ou encore lors de la disparition du journaliste Guy André Kieffer en 2004.

Libération dans les prochains jours

Aujourd’hui, à 69 ans, l’ex-députée d’Abobo, la fille de Moossou, aspire à un besoin impérieux : retrouver son domicile et sa famille, librement, pour la première fois depuis sept ans.

On attend à présent la libération de la première dame incarcérée à l’école de gendarmerie d’Abidjan. Une libération, qui, selon ses avocats, interviendra dans les prochains jours dès que l’ordonnance présidentielle sera transmise à la justice. Pour maître Ange Rodrigue Dadjé, « c’est un grand soulagement. Une grande joie également. Pour le compte de l’équipe de défense, je suis venu lui annoncer ce soir en personne sa mise en liberté et elle m’a regardé, elle a souri et a dit : "Je suis très ravie de cette décision. Je me réjouis de rentrer chez moi à la maison, de retrouver ma famille après 7 ans de détention". On ne s’y attendait pas vraiment ».

RFI

C’est un discours musclé que le président de l’Union des magistrats du Sénégal (Ums), Souleymane Teliko a servi avant-hier, samedi 4 août, à l’ouverture de l’Assemblée générale de l’organisation qu’il dirige. Dans sa déclaration, le président de l’Ums, a montré tout son amertume face à la non résolution des préoccupations de la magistrature. 

 

Le président de l’Union des magistrats du Sénégal (Ums), Souleymane Teliko, n’a pas porté de gants pour pointer du doigt les problèmes de la justice sénégalaise. Comme à ses habitudes, il y est allé à fond pour décrier le fonctionnement de justice. Sa première remarque étant de dire que la justice est un bien commun, donc il appartient à chaque magistrat de contribuer à son rayonnement. Il a plaidé, de ce fait, pour un profond engagement de ses pairs. Un engagement dont il estime qu’il doit être désintéressé pour l’unique cause de la justice. Mieux, Souleymane Teliko demande à la magistrature d’être déterminante « face à un pouvoir exécutif trop souvent habitué à être obéi, sans réserve, et peu disposé à être contrarié». 

 

Par ailleurs, le président de l’Ums a remis en cause la volonté de l’exécutif de dialoguer avec les magistrats. «Au regard de tout ce qui s’est passé durant ces derniers mois, on est fondé à s’interroger sur la volonté du gouvernement de nouer le fil du dialogue constructif avec les acteurs de la justice», s’est-il demandé. Cette interrogation trouve son fondement, selon Souleymane Teliko, dans l’absence de réaction par rapport aux actes du colloque sur l’indépendance de la justice transmis aux autorités, par l’Ums, et dans lesquels sont consignées les propositions de réforme formulées par l’écrasante majorité des magistrats. Pis, l’immobilisme observé par le pouvoir, depuis la fin des travaux du Comité de concertation, alors que le ministre de la Justice avait annoncé la remise imminente du rapport au chef de l’Etat, traduit, à son avis, le manque d’intérêt de l’Etat pour un dialogue. Cette situation est suffisante pour que Souleymane Teliko pense que «le gouvernement cherche à gagner du temps» dans un dossier qui requiert pourtant une attention particulière et «célérité». 

 

«QU’ON NE NOUS DEMANDE SURTOUT PAS DE SAVOIR DIALOGUER»

 

«Qu’on ne nous demande surtout pas de savoir dialoguer», s’exclame Souleymane Teliko. Pour lui, «dialoguer, ce n’est pas quémander, ce n’est pas supplier. Dialoguer, c’est se présenter avec ses idées et ses convictions, en partenaire libre et responsable».  Souleymane Teliko tient toutefois à préciser que «l’Ums, tout en continuant à privilégier la voie du dialogue constructif, seul moyen de faire un saut qualitatif, continuera à dénoncer, en toute liberté et responsabilité, la persistance d’un système judiciaire dont les failles leur valent, à longueur d’année, les critiques souvent légitimes des citoyens».  

 

Pour le président de l’Ums, lorsqu’il arrive le moment de se prononcer sur le devenir de leur institution, l’intérêt supérieur de la justice passe avant toute autre considération. Et, si toutefois que leurs «positions soient de nature à agacer ou à contrarier, force est de reconnaitre que c’est le propre de toute vérité d’être parfois amère à entendre» et que leur «objectif est bien plus noble que la provocation d’un pouvoir» avec lequel ils sont condamnés à cheminer ensemble.    

 

LOI PARTICULIEREMENT RETROGRADE ET DISCRIMINATOIRE PORTANT PROROGATION SELECTIVE DE L’AGE DE LA RETRAITE DE CERTAINS MAGISTRATS

Les magistrats ne sont non plus pressés pour la résolution de leur demande. «Qu’on ne nous parle pas non plus d’empressement! Car, depuis plus d’un an, les magistrats dénoncent, en vain, l’adoption de cette loi particulièrement rétrograde et discriminatoire sur la prorogation sélective de l’âge de la retraite. De même, concernant la gestion de la carrière, qu’ils décrient depuis de longues années, le manque de transparence qui alimente les critiques sur le fonctionnement du Csm (Conseil supérieur de la magistrature, ndlr)», s’insurge-t-il Souleymane Teliko.

 

Les doléances de l’Ums que le gouvernement n’a pas satisfaite c’est aussi le fait que nombre de magistrats attendent encore, en vain, d’être intégrés dans le grade Hors hiérarchie. «Inutile de préciser que depuis plus de six mois, des magistrats tardent à être intégrés dans le grade Hors hiérarchie, par la faute d’un Statut devenu, à bien des égards, obsolète. Au regard de telles données, force est d’admettre que ce ne sont pas les magistrats qui sont pressés, mais que c’est bien le gouvernement qui continue d’hésiter à statuer sur un dossier dont l’urgence commande un enrôlement à bref délai». 

 

L’IMMOBILISME DE L’ETAT S’EXPLIQUE PAR UNE PEUR DE PERDRE LE POUVOIR SUR LA JUSTICE

 

L’immobilisme de l’Etat se traduit, pour le président de l’Ums, par une peur de perdre le pouvoir sur la justice.  «Dans le processus de mutation en cours, comme dans tout autre processus de changement, on sait ce que l’on perd mais on ne sait pas ce l’on trouve. C’est sans doute dans cette peur du changement qu’il faut trouver les raisons d’un tel immobilisme; une peur qui habite tant le pouvoir exécutif que certains d’entre nous; peur de voir la justice échapper à leur contrôle, pour les uns; peur de perdre les privilèges attachés à un système dont ils ont appris à profiter, pour les autres». 

 

Tout en demandant aux autorités étatiques de prendre leurs responsabilités, le président de l’Ums juge que c’est dans les circonstances pareilles à celles de la justice que l’on mesure la grandeur des dirigeants. «Celui qui attend que tout danger soit écarté pour mettre les voiles ne prendra jamais la mer; j’ajoute qu’il ne prendra jamais date avec l’histoire. Si, pour un dirigeant, prendre le temps de la réflexion est un signe de précaution louable, il n’atteint les cimes de la grandeur que lorsqu’il se montre capable de renoncer à ses privilèges pour garantir un meilleur devenir à sa nation. On n’attend pas moins de nos dirigeants», peste-t-il. 

 

Souleymane Teliko est d’avis qu’il est donc venu le moment pour le gouvernement «de montrer à tous les acteurs de la justice et, au-delà, à tous les citoyens, que le gouvernement du Sénégal tient vraiment au rayonnement de la justice de notre pays, en faisant que toutes les doléances soient résolues».                  

 

ISMAELA MADIOR FALL REPOND A SOULEYMANE TELIKO : «Votre discours est pertinent, mais il devrait être prononcé il y a de cela 10 ans»

Les problèmes de la justice soulevés par le président de l’Ums ne sont pas spécifiques au contexte actuel du Sénégal, a répondu Ismaïla Madior Fall, ministre de la Justice, Garde des Sceaux. Dans son discours à l’ouverture de l’Assemblée générale de l’Union des magistrats du sénégalais (Ums), il a estimé que c’est un discours qui sied aux années précédentes.

 

Les nombreux griefs portés par le président de l’Ums ne sont pas seulement spécifiques au contexte actuel, a jugé le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Ismaïla Madior Fall. «Votre discours est pertinent, mais il devrait être prononcé il y a de cela 10 ans.  Il aurait pu être prononcé en 2008. Il aurait pu être prononcé en 1988, en 1978. Il aurait pu être prononcé dans tous les pays du monde» a-t-il dit. A son avis, les critiques formulées par le président de l’Ums ne sont pas spécifiques au Sénégal. «Elles sont des critiques qui peuvent répliquer dans d’autres contextes et dans d’autres temps» a jugé le Garde des Sceaux.  

 

Ismaïla Madior Fall a trouvé, toutefois, que même si la critique de la justice est fréquente, elle doit se faire dans le respect des institutions et dans la dignité des personnes qui animent la justice. «J’entends souvent des personnes dire que ceux qui jugent sachent qu’ils seront jugés. Je voudrai leur rappeler que ceux qui jugent ceux qui jugent, eux aussi, seront jugées», a-t-affirmé.

 

Revenant aux mesures prises par l’Etat pour répondre aux doléances des magistrats, le ministre de la Justice a annoncé l’octroi de 18.000 ha pour la construction de l’école de la magistrature à Diamniadio.  Mieux, il a réaffirmé sa volonté de renforcer la transparence dans le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature car, dit-il, «les mesures de nomination et d’avancement, doivent nécessairement faire l’objet de discussions entre les membres dudit conseil, ce que ne permettait visiblement pas l’ancien format des consultations à domicile». Ismaïla Madior Fall a relevé que la nouvelle formule qu’il a initiée permet de renforcer l’objectivation des nominations. Une grande mobilité des magistrats est nécessaire afin d’éviter que ce soient toujours les mêmes qui servent dans les juridictions les plus éloignées, a souligné le ministre de la Justice. Le déclassement de plus de 4 ha du périmètre de reboisement et de restauration des Niayes sont aussi entre autres mesures prises par le gouvernement pour loger les magistrats.  S’agissant de l’inamovibilité, le ministre de la Justice indique qu’il s’engage à l’élimination progressive des nominations aux postes par intérim, pour se conformer à la rigueur du principe constitutionnel.                        

 

TELIKO APPELLE LES JUGES A L’INTROSPECTION PAR RAPPORT AUX SCENES DE VIOLENCES LORS DES AUDIENCES : «Ces attaques traduisent aussi une inquiétante et progressive rupture de confiance entre les citoyens et leur Justice»

Les attaques contre des magistrats en plein exercice de leur fonction ne plaisent pas au président de l’Ums. Souleymane Teliko requiert des sanctions contre les auteurs de tels actes. Pour autant, il ne manquera pas de signifier à ses pairs que ce fait traduit un «déni de la justice». Dès lors, il est donc de leur devoir de se remettre en cause, face à la récurrence de telles pratiques. 

 

Le président de l’Ums, Souleymane Teliko, déplore les récentes manifestations de citoyens lors des audiences, comme ce fut le cas le jour du verdict du procès de Khalifa Sall et ses  co-accusés dans l’affaire de la caisse d’avance de la ville de Dakar et lors du procès en appel. «Les scènes de violence auxquelles nous assistons aujourd’hui dans nos salles d’audience sont tout simplement injustifiables. Les attaques verbales et personnelles, venant parfois de ceux qui sont censés contribuer à la bonne administration de la justice, doivent être condamnées sans réserve et donner lieu à des sanctions appropriées à la mesure de leur gravité», dit Souleymane Teliko.

Cependant, précise-t-il, «l’honnêteté intellectuelle leur impose aussi de reconnaître qu’au-delà des dérapages que l’on peut mettre sur le compte d’une passion mal maitrisée ou d’une citoyenneté de mauvais aloi, ces attaques traduisent aussi une inquiétante et progressive rupture de confiance entre les citoyens et leur Justice». Les magistrats doivent, par conséquent, se remettre en cause. «Un devoir d’introspection nous incombe tous; non point pour nous auto flageller, mais pour rétablir la nécessaire confiance entre la justice et les citoyens au nom de qui elle est rendue. Et à cet égard, ce serait pour nous, une fuite en avant que d’éluder cette question difficile mais incontournable qui est de savoir quelle est leur part de responsabilité dans ce discrédit croissant de leur institution.»

 

CHAQUE MAGISTRAT DOIT VEILLER A CE QUE RIEN, DANS SA POSTURE ? NE SOIT DE NATURE A SUSCITER SUSPICION ET RUPTURE DE CONFIANCE

 

Pour Souleymane Teliko, «le droit légitime qu’ils ont de revendiquer leur participation dans l’œuvre de construction de la justice a pour corolaire le devoir d’assumer leur part de responsabilité dans tout ce qui advient au sein de l’institution judiciaire».   Souleymane Teliko, poursuivant son argumentaire, rappelle à ses collègues qu’être acteur, c’est aussi être responsable. «La considération et le respect auxquels nous avons naturellement droit ne nous sont accordés que sous réserve de l’application scrupuleuse des principes qui garantissent la tenue d’un procès juste et équitable». Mieux, leur   dit-il, «c’est le droit de chaque magistrat de traiter le dossier qui lui est soumis conformément à la loi et à sa conscience. Mais c’est le devoir à eux tous de veiller à ce que rien, dans leurs postures, ne soit de nature à susciter suspicion et rupture de confiance». 

 

Selon le président de l’Ums, «les activités et déclarations politiques que font certains de leurs collègues, en violation flagrante de leurs statuts, la sélectivité dans le traitement des dossiers, le rythme particulier auquel sont soumises certaines affaires, les postures et positions de certains d’entre eux, contribuent à conforter dans l’esprit des concitoyens le sentiment d’une justice à deux vitesses et aux ordres».  «Rien ne peut justifier que la justice du Sénégal, celle de Kéba Mbaye, Leyti Kama, Seydou Ba, Assane Bassirou Diouf et tant d’autres figures emblématiques de l’histoire judiciaire de l’Afrique, soit à ce point indexée. Pour mettre fin à toutes ces dérives, il nous faut donc, parallèlement aux condamnations et poursuites judiciaires, apprendre à nous conformer davantage à notre serment qui nous oblige à nous soumettre qu’à la loi», conclut le président de l’Ums.

 

CONVOCATION DE CHEIKH BAMBA DIEYE A LA DIC : Ismaïla Madior Fall se lave à grande eau

 

Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, récuse toute implication dans la convocation du député Cheikh Bamba Dieye à la Division des investigations criminelles (Dic). «Le ministère et le ministre de la Justice n’ont rien à avoir avec la convocation. C’est l’Union des magistrats sénégalais qui a introduit une dénonciation au niveau du parquet», dit-il.  Pour rappel, le député a été convoqué, avant-hier samedi, pour répondre de ses attaques contre le président du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, Malick Lamotte et le président de la Cour d’appel de Dakar, Demba Kandji, qu’il accuserait d’être des juges corrompus.   

                                                     

 Fatou NDIAYE 

 

Sudonline

Entre luttes politiques et lutte avec frappe : la démocratie sénégalaise à l'épreuve par DIAO Samba professeur de philosophie...


« Diao un jeune homme lucide avec un œil et un esprit sagaces qui interrogent notre société qui se cache et se dévoile très peu à cause des traditions et des mutations complexes. Ce sont ces mutations qui sont ici éxaminées pour les rendre intelligibles. La lutte, la politique, deux univers éloignés mais qui ont été connectés par la force des choses. Lisons cet ouvrage et cette interview qui nous décille les yeux de l'esprit pour comprendre la figure de notre pays. ». P B CISSOKO


Vous venez encore de publier un ouvrage intitule « Entre luttes politiques et lutte avec frappe : la démocratie sénégalaise à l'épreuve ... ». Qu'est-ce qui a motivé l'écriture de ce texte ?


Tout observateur attentif du fonctionnement de la société sénégalaise, peut faire le constat du développement fulgurant de la lutte avec frappe, qui est entrée dans un processus de transformation et d'élargissement, au point de devenir un phénomène structurant, un opérateur social. Dans cette optique, la lutte a rencontré « LA » politique ; elle est même en train de devenir la grammaire des rapports politiques au Sénégal, depuis la première alternance politique de mars 2000.


Or, en dépit de cette « totalisation » du phénomène de la lutte, en dépit de sa politisation outrancière, très peu d'études de sciences sociales et humaines en ont fait l'objet de leur intérêt scientifique. Hormis l'ouvrage de Dominique Chevé, Corps en lutte au Sénégal, l'article de Ousseynou Faye « Sport, argent et politique : la lutte libre à Dakar », et les travaux de Jean-François Havard sur le mouvement « Bul Faalé » comme processus de subjectivation politique, rares sont les éléments bibliographiques qui existent sur le rapport entre Lutte et politique, et qui explorent le potentiel politique, voire politicien de la lutte avec frappe.
Ce livre explore donc cette articulation entre Lutte (avec frappe) et politique, non seulement en termes de politisation de la première mais aussi de « luttification » de la seconde. Cette rencontre constitue, pour ma part, le lieu de l'émergence d'une nouvelle figure de « la » politique, et d'une nouvelle manière d'être lutteur.


Mais l'écriture de ce livre tient aussi à une conviction mienne : pour « sortir de la grande nuit », nous - les Africains - devons être les producteurs des savoirs sur nos réalités et nos situations, décoloniser la pensée sur l'Afrique, en pensant en dehors de la bibliothèque occidentale. Lorsque j'étais étudiant, j'ai toujours eu des discussions très sérieuses avec certains de mes profs sur le fait que nos universitaires, en grande majorité, n'écrivent pas et je n'ai jamais compris cette attitude de désertion. Cela dit, cette appropriation des savoirs doit passer par une redéfinition des problématiques de recherche. Autrement dit, interroger – et s'interroger sur - les nouvelles dynamiques sociopolitiques qui « travaillent » nos sociétés, telles que la lutte avec frappe pour le cas sénégalais.


Selon vous qu'est-ce qui occupe aujourd'hui l'espace politique au Sénégal : le marabout, le politique ou le lutteur ou la société civile ?


La figure du marabout n'est certainement pas absente de l'espace politique sénégalais mais elle n'est plus opératoire. À preuves, l'échec des marabouts à faire valoir leurs propositions sur le terrain de la régulation sociale et la faillite du ndiguel politique. La société civile, elle aussi, n'a plus la radicalité qu'elle avait, et qui avait conduit à la première puis à la seconde alternance politique. Fondamentalement, l'espace politique sénégalais est donc aujourd'hui occupé par les « ahlu lamb » (gens de la lutte) - communicateurs traditionnels, les animateurs d'émissions consacrées à la lutte et promoteurs – et les politiciens. C'est pourquoi, dans mon livre, je parle d'une (con) fusion entre lutte (avec frappe) et politique dont les conséquences sont à tout le moins dramatiques.


En quoi la lutte avec frappe est devenue un pilier de la politique et du politique au Sénégal ?


Il faut dé-construire le mythe (au sens de mensonge social) de l'autonomie de la politique par rapport à la lutte, et vice versa. Loin d'être un épiphénomène, l'inscription de la lutte avec frappe dans le champ politique est, aujourd'hui, un trait structurel de la société sénégalaise. La lutte est devenue, grâce à sa médiatisation outrancière et sa « sportivisation », une véritable machine, qui génère des revenus, produit des slogans mobilisateurs, draine des foules, etc. Tout ceci peut être converti en ressources politiques, utilisées ensuite de mille manières – lors d'élections, de prises de décisions politiques, ou pour promouvoir un projet ou une idéologie politique spécifique.


À preuves : l'irruption du lutteur Mohamed Ndao Tyson dans une tribune aux côtés du candidat sortant Abdou Diouf, lors d'un meeting électoral le 12 février 2000 à Pikine (Dakar) ; l'invitation des lutteurs Modou Lo et Balla Gaye au Palais de la République par Abdoulaye Wade pour, dit-on, les réconcilier ; le combat du 4 avril 2010 qui opposa Tyson et Yakhya Diop Yékini et dans l'organisation duquel le président Wade se serait impliqué pour saper les critiques contre « son » Monument de la Renaissance africaine ; le combat qui opposa Yékini et Lac 2 (2016) pour le « drapeau de l'Émergence », dont l'objectif politicien était de « vendre » le Plan Sénégal Émergent de Macky Sall, etc. Le combat Modou Lo contre Lac 2 (2018) a été tellement politisé que ce dernier, s'expliquant sur sa défaite, a pu dire :

« J'ai lutté contre la République !»
Il y a donc un processus dialectique de conversion de ressources/recettes, de transferts symboliques – de la politique vers la lutte, et vice versa : les lieux et instruments de la lutte avec frappe font souvent l'objet d'un re-codage symbolique, par le biais duquel ils deviennent des canaux d'expressions de positions partisanes, donc des armes destinées aux batailles politiques. Plus précisément, au Sénégal, les lieux – réels et virtuels - de la lutte avec frappe sont aussi des lieux de la politique, et réciproquement.


Avant la lutte était un loisir, un exercice physique, un jeu. Comment analysez-vous cette nouvelle violence dans la lutte avec frappe ?


Pratique ancestrale chez la plupart des ethnies du Sénégal, la lutte était à la fois une activité physique, ludique, festive. À l'origine, elle avait une forte valeur rituelle et venait célébrer la fin des récoltes, ou les soirs de pleine lune. Son ancrage culturel fort en faisait un instrument de pacification de l'espace social, de régulation sociale. En ce sens, la lutte constituait un moyen de domptage des pulsions agressives, en leur permettant d'obtenir une satisfaction socialement valorisée - une sublimation, dirait Freud.


Aujourd'hui, la lutte (notamment la lutte avec frappe) a changé de visage et elle devient le lieu et l'instrument d'une violence à la fois physique et symbolique de plus en plus inquiétante. Cette violence dans les arènes est l'effet des mutations que la lutte avec frappe a subies ces dernières années : médiatisation, sportivisation et, surtout, politisation outrancière. À cela s'ajoute la marchandisation de la lutte et même des lutteurs, qui n'acceptent plus de nouer leur « ngimb » en dehors du marché de la lutte. Il faudrait enfin souligner que les arènes de lutte ne sont que le miroir de la société sénégalaise.

Or l'observation de cette société donne à voir que les rapports sociaux et politiques, au lieu d'être raffinés, civilisés et stylisés, sont devenus des rapports guerriers, violents, gladiatoriaux. Dans l'espace public, les actes et les paroles sont sous-tendus par une économie pulsionnelle caractéristique des sociétés médiévales, c'est-à-dire par le « droit » de se livrer au plaisir de l'attaque directe, du corps-à-corps, l'absence de retenu et donc de brusques décharges émotionnelles : insultes, coups de poings, coups de pistolets, etc.


Quoi qu'il en soit, on ne peut pas dédouaner la lutte avec frappe de la violence qui se déchaîne aujourd'hui dans le champ politique sénégalais. En tout cas, beaucoup de Sénégalais, déçus et alarmés par l'évolution mafieuse (depuis 1994 c'est la même personne qui dirige le Comité national de gestion de la lutte (CNG) dont l'opacité est de plus en plus décriée par des voix autorisées de l'arène) et guerrière de la lutte avec frappe, souhaitent entendre un autre discours, plus près des faits et moins apologétique que celui des « gourous » des arènes et des politiciens de tout poil.


Au Sénégal on savait que chaque homme politique avait son marabout, sa confrérie ; est-ce qu'on peut dire que chaque homme politique aurait son lutteur ?


De toute évidence, il y a un changement de mode opératoire, de paradigme, dans la façon bien sénégalaise de faire de la politique : l'allégeance des hommes politiques aux marabouts et aux confréries est réduite à sa dimension spectaculaire et théâtrale. Tout en continuant à bénéficier des largesses des gouvernants, les marabouts ne sont désormais que de « simples citoyens » (cette expression utilisée par le Président Macky Sall est symptomatique de la dé-mystification, elle dérange les faux dévots mais c'est la pure vérité) dans l'ordre temporel, dont les consignes de vote en faveur de tel ou tel candidat ne sont plus aveuglément et naïvement exécutées par les citoyens-électeurs qui ont « tout compris ».


Ce qui caractérise donc la séquence historique ouverte par la première alternance politique de mars 2000, c'est le passage à ce que j'appelle « une nouvelle figure de la politique » dont le signifiant majeur est l'encastrement de la politique dans la lutte avec frappe, avec comme toile de fond la guerre. Chaque homme politique d'envergure a non seulement « son » lutteur, mais aussi « son » promoteur, « son » communicateur traditionnel et je dirais même « son » émission télévisée de lutte. Il suffit d'analyser soigneusement le fonctionnement des émissions télévisées dédiées à la lutte – Bantamba, Lamb Ji, Lewtoo, Caxabal, Jonganté, Grand combat, etc. – pour se rendre compte que ces émissions, politiquement colorées, sont aussi le lieu d'expression de positions partisanes. Les « amitiés » et connivences entre politiciens sénégalais et acteurs du monde de la lutte avec frappe sont légion : le lutteur Yawou Dial était « le fils » d'Abdoulaye Wade ; le lutteur Bathie Seras a été emprisonné pour connivence ostentatoire avec certains responsables du PDS ; le lutteur Balla Gaye 2 était « le frère » du patron du Grand parti, Malick Gackou, du moins jusqu'à sa défaite contre Eumeu Sène (avril 2015) ; Sérigne Modou Niang était le « promoteur de l'Alternance » sous le magistère de Wade ; le lutteur Modou Lô a reçu la visite de Youssou Ndour et Amadou Bâ (deux pièces de la machine APR) dans le but de faire triompher le « OUI » lors du référendum constitutionnel du 20 mars 2016, etc. Il y eut aussi le Far West du 22 décembre 2011 (dans un contexte pré-électoral tendu) à la mairie de Sicap-Mermoz, au cours duquel le lutteur Ndiaga Diouf a été tué par balle.


Je montre donc dans mon livre que la lutte avec frappe s'affirme de plus en plus comme adjuvant de l'action politique, de même que la politique, elle-même, se voit de plus en plus « luttifiée ». Politisation de la lutte, mais aussi « luttification » de la politique, parce que la manipulation-instrumentalisation fonctionne dans les deux sens. Sous ce rapport, une journée de lutte avec frappe, loin de se réduire à une joyeuse fête culturelle et sportive – « Not just a game » -, est aussi une journée de luttes politiques, dans la mesure où les victoires et défaites qui procèdent des duels en coups de poing, en chorégraphies, en mysticisme et même en capacité de mobilisation, sont aussi, symboliquement, des victoires et des défaites politiques.


L'espace politique sénégalais est devenu une arène ou tous les coups seraient permis. Cela dit, ne doit-on pas moraliser, réglementer cet univers ?


La guerre, sous toutes ses formes, y est devenue l'essence même des luttes politiques. Un nouvel imaginaire de la politique s'est constitué, dont le signifiant majeur est la violence, autrement dit la capacité d'ôter sa dignité et/ou sa vie à l'ennemi (politique). Ce n'est pas un hasard si, pour bon nombre de Sénégalais aujourd'hui, (la) politique = mensonges, roueries, ruse, roublardise. Ils n'ont vu que des soi-disant hommes politiques qui aujourd'hui trouvent noir ce que, hier, ils présentaient comme blanc. Au Sénégal, « Poleutik » comme « Lamb », impliquent la duplicité et le subterfuge.


De ce point de vue, le défi majeur auquel le peuple sénégalais est confronté est de moraliser la politique. C'est seulement à cette condition qu'on pourrait sortir du gouffre de la politique politicienne dont les conséquences sont dramatiques. Il faut, comme je le soutiens dans mon livre, « éthiquiser » le dialogue politique et social pour construire la confiance – qui n'a jamais véritablement existé - entre l'État et la société mais également entre l'opposition et les partis au pouvoir. Or, comme l'a dit Julien Freund dans L'essence du politique (2004) : « Confier le commandement à quelqu'un c'est faire un pari : seule la confiance est capable d'exorciser la crainte qu'il inspire ». Il faut « libérer » les citoyens sénégalais des multiples formes de dépendance communautaire (la confrérie, l'ethnie, le terroir, la famille, etc.) et des logiques de soustractions, afin de créer les conditions d'une subjectivation politique à même de promouvoir une culture politique républicaine. L'énormité de ce défi, de ces défis, est à la mesure de la ténacité du mythe de la « démocratie sénégalais ».


Vous êtes sociologue et politologue de formation, donc apte à créer des concepts : vous nous abreuvez de mots nouveaux - et c'est agréable – tels que « luttification » de la politique, « sportivisation » de la lutte, « éthiquiser » le dialogue politique, etc. Pensez-vous que ces concepts sont maitrisés par la majorité des acteurs sociaux et politiques ?


Le concept, disait le philosophe Gilles Deleuze, est ce « qui empêche la pensée d'être bavarde », c'est-à-dire de s'arracher de la multiplicité sensible, de l'événementiel, pour garder une certaine neutralité axiologique. Le fait scientifique, comme l'a dit Bachelard, est construit et c'est en cela que mon discours sur l'objet « Lutte avec frappe et politique » est aux antipodes de la phraséologie journalistique et des panégyriques des communicateurs traditionnels et autres gourous des arènes. Il m'échoit de rappeler au lecteur que ce sont là des concepts et en tant que tels, ils entretiennent avec la réalité un certain rapport que le sociologue allemand, Max Weber, explique en ces termes dans son ouvrage Économie et société (1): «[Le chercheur] s'éloigne de la réalité et rend service à la connaissance en ce sens que, en indiquant le degré de l'approximation d'un événement historique relativement à un ou plusieurs concepts, [il] permet d'intégrer cet événement. [...] »


Lorsqu'on investit un phénomène qui vient à peine d'être reconnu comme objet scientifique, le premier défi épistémologique que l'on rencontre, en tant que chercheur, est celui de la construction d'un appareillage conceptuel approprié pour rendre intelligible ledit phénomène. Que ces concepts soient en décalage avec le discours populaire sur la lutte/ou sur la politique, cela ne me semble pas poser de problème, scientifiquement parlant. Seule l'évolution du phénomène décidera du degré d'appropriation de ces concepts par les acteurs sociaux. Lorsque le chercheur en sciences sociales veut être coûte que coûte compris par tout le monde, il risque de ne pas faire œuvre de science parce qu'il tombe à coup sûr dans le populisme.


La figure de la politique a-t-elle changé la figure du politique, de la démocratie et celle du lutteur au Sénégal ?


À cause des configurations culturelles du politique au Sénégal, la politique s'inscrit dans la religion, l'ethnicité, la sorcellerie et, récemment, la lutte avec frappe. Cette historicité du politique génère de nouvelles façons de faire de la politique et donc de nouvelles figures du politicien. Le politicien sénégalais est désormais un « politicien-lutteur » qui emprunte les instruments de la lutte avec frappe – vulgarité, insultes, coups de poing, mystique – dans ses luttes politiques. Mais le politicien sénégalais est aussi un « politicien-sorcier » tant il est vrai que les rapports entre politique et sorcellerie s'y renouvellent sans cesse : l'occultisme n'en constitue pas moins un instrument politique et le « capital sorcier » compte dans les batailles politiques, même si les praticiens des sciences laissent cet objet aux journalistes et à Radio Trottoir. À l'instar du lutteur qui prépare un combat, le politicien sénégalais doit nécessairement « se blinder », mystiquement, surtout à l'occasion des batailles électorales. C'est tout ça, la politique au Sénégal. Ces mutations ont entraîné une perversion de la « démocratie sénégalaise », qui s'est carrément vidée de sa substance et dont le mode dominant d'être est la théâtralité, la mise en scène et la carnavalisation des rapports politiques.


La lutte, elle aussi, a subi des mutations profondes : professionnalisation, « sportivisation », quête du record et du rendement et, donc, inscription dans le paradigme de l'économie libérale. La mutation dans la lutte, c'est aussi et surtout son encastrement dans la politique et, conséquemment, sa médiatisation outrancière. Il me semble que le tournant a été opéré à partir de la fin des années 90 avec l'irruption du lutteur Mohamed Ndao Tyson, principale figure individualisée de la réussite du mouvement générationnel Bul Faalé (initié pourtant par les rappeurs du groupe Positive Black Soul, DJ Awadi et Doug E-Tee avec la sortie de la chanson « Bul Faalé »). Si Tyson a révolutionné la lutte sénégalaise (avec frappe) c'est parce qu'il a su inventer une nouvelle manière d'être lutteur. Avec lui, la lutte devient un « sport business » et, progressivement, sous le magistère de Wade, la lutte offre des services politiciens ; et le lutteur devient un « lutteur-politicien » qui sait faire des événements politiques des occasions pour monter en puissance.

Le Directeur Général, de l’Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal, en portant à la connaissance des retraités dans son entretien[1] cette malheureuse information : « IPRES, 40 milliards FCFA d’arriérés » voulait leur révéler quoi, au juste ? On peut bien remarquer que le DG de l’Ipres n’est pas allé au fond de la question, parce que l’information non seulement elle est incomplète mais aussi tronquée par son manque de précision, car, ce dernier a, délibérément omis de donner la liste complète des employeurs détourneurs qui sont mis en cause, parce qu’il s’agit effectivement de détournement de fonds et rien d’autre. Mais, pourquoi le DG couvre-t-il ces délinquants, en col blanc, en ne dévoilant pas l’identité complète des incriminés à la face du monde ? Ne serait-il pas, parce que des membres de Conseil d’administration ont des sociétés dans le lot ? Ou bien, est-ce alors, une fuite en avant comme réponse, à la promesse d’amélioration des pensions de retraite, dont l’effectivité intervenir depuis janvier 2018 que le DG veut camoufler ou dissimiler dans son long entretien qui, franchement, est sans intérêt pour les pensionnaires de l’Ipres. Mais, en tout état de cause, nous notons pour notre part, que le DG a révélé dans son entretien, toute son impuissance face à prédateurs, puisqu’il s’agit bien de cela et c’est bien le terme approprié, qui ont détourné une si importante somme destinée aux retraités de l’Ipres. Il a, aussi, étalé à travers l’entretien, sans s’en rendre compte évidemment, toute son incompétence et incapacité à recouvrer, cette somme qui a été, véritablement, détournée par des employeurs indélicats, par contrainte, comme la loi lui en donne entièrement droit. Mais pourquoi ne l’a-t-il pas fait, alors qu’il dispose pleinement de la force de loi avec lui pour agir dans ce sens ? On le voit bien qu’il est complaisant avec les voleurs, mais irrespectueux avec les retraités.

Pourtant, dans les statuts de l’Ipres il est bien dit ceci en son « article 33 : Attributions du Directeur ; paragraphe b) En matière de recouvrement des cotisations ; alinéa 1 voici ce qui est dit : « En matières de recouvrement des sommes dues, tant par les employeurs que par les travailleurs, à l’Institution de Prévoyance de Retraite, le Directeur de l’institution dispose de la compétence et des pouvoirs qui lui sont directement reconnus par l’article 17 de la loi N° 75-50 du 03 avril 1975. Il s’agit, dans ce domaine, au nom et pour le compte de l’institution dans les mêmes conditions que le Directeur de la Caisse de Sécurité sociale aux termes des articles 149 et 156 du Code de Sécurité Sociale. » Et les alinéas qui suivent donnent clairement la procédure à suivre au Directeur pour contraindre ces véreux employeurs à rembourser les sommes détournées. Mais hélas, malgré de tout cela le Directeur n’a rien entrepris. De ce point de vue, il n’est pas simplement fautif sur toute la ligne, mais l’est lourdement. Si le DG avait commis une aussi grave faute dans une société privée ou dans un Etat de droit, c’est sûr et certain qu’il ne resterait pas un jour de plus à son bureau après constat, car il aurait été licencié d’office et n’aurait pas eu le loisir de donner son entretien bidon. Mais dans le cas d’espèce, nous avons en présence ici, une chaine de responsabilités qui implique collectivement, en plus du DG, le Conseil d’administration globalement et l’Etat du Sénégal au plus haut niveau, pour complicité dans une entreprise de malversation.

Voilà pourquoi, nous sommes en droit, au vu de cette complicité monstrueuse, de douter encore de ces administrateurs de l’Ipres. En effet, tout cela sent encore l’odeur nauséabonde de l’impunité dont une certaine minorité, intouchable et privilégiée, bénéficie, dans notre pays et quelle que puisse être, du reste, la gravité de leurs fautes. Mais, en tant que retraités, nous sommes les premiers voire les seuls concernés, à avoir, absolument, le droit à une information complète, juste et vraie, du DG et du CA, relative à la gestion intégrale des ressources de l’Ipres. Et à cette fin et à l’attention de ceux qui dirigent l’Ipres, nous voudrions préciser que les retraités ne sont point des pauvres que l’on assiste par charité, mais ce sont bien des ayant-droits qui ont trimé pendant des années d’activités de dur labeur. Ils tirent ainsi, pleinement et dignement, leurs revenus d’une caisse commune de solidarité de l’ensemble des travailleurs du secteur privé. Rappelons au passage que, c’est avec l’argent des retraités que tout le personnel de l’Ipres est rémunéré.

Mais, face à cette situation très sérieuse au plan financier pour l’Ipres qu’il dirige, le DG ne nous a pas dit quelles sont les mesures et dispositions concrètes qu’il a prises, en direction des incriminés d’abord, comme sanction et ensuite, pour faire entrer dans les caisses de l’Ipres, dans les meilleurs délais, ces fonds détournés, grâce à ce qu’en dispose la loi ? Alors, que le DG et le PCA sachent bien cela, si tel n’était pas le cas jusque-là, à savoir que le fait de ne pas reverser les cotisations sociales est une délinquance sociale de fait que la loi punit sévèrement. Et, le fait en outre, de les détourner, est encore plus grave, parce qu’il est alors synonyme de crime économique qui prive à des personnes âgées de percevoir convenablement leurs si maigres pensions pour vivre.

Le DG de l’Ipres, nous apprend en outre et en parfaite connaissance de cause, sans autre forme de procès, que 50% des entreprises du Sénégal n’ont pas déclaré leurs employés à l’Ipres. Ce qui, bien évidemment, signifie donc, qu’elles n’ont pas aussi cotisé à l’Ipres. Mais, vous, M. le DG de l’Ipres, en tant que responsable de ce secteur quelles mesures idoines concrètes avez-vous prises face à cette ignominie ? Comment, dans un Etat où l’on décèle que 50% des entreprises du pays n’ont pas déclaré leurs employés à l’Ipres, peut-on, logiquement, y parler de rigueur, d’équité, etc. ? Un tel pays peut-il prétendre gouverner avec la vertu et le respect à son peuple ? Absolument non ! C’est inacceptable une telle révélation dans ce Sénégal! Car, cela dépasse l’endentement d’une simple pensée logique. Franchement, l’on n’ose même pas supposer qu’il puisse exister un gouvernement de la République qui est bien au courant d’un tel état de fait extrêmement grave. C’est hallucinant voire effroyable! Et dire que ces entreprises en question continuent non seulement d’exister mais de fonctionner d’ailleurs, comme si de rien n’était, sans recevoir la moindre sanction, de quelque nature que ce soit ? Mais où est la République alors ?, l’Etat, la Justice et le droit sont où, également ?

Nous pouvons noter à travers la gestion de l’Ipres, comme le miroir qui reflète l’exemple type de comment est géré aujourd’hui, notre pays, globalement. Et, si c’est par cette méthode empirique de gestion, que notre pays doit émerger, nous nous trompons lourdement et mettons vraiment le doigt à l’œil, car un pays ne se gère pas à l’aveuglette, à l’informel ou par la fraude, la malversation et j’en passe. Lorsqu’un pays traite de cette façon aussi scandaleuse et indécente ses travailleurs et ses retraités et en outre compte 50% de ses entreprises qui sont des hors-la-loi, vivent de fraude sur tous les plans, bénéficient d’impunité des pouvoirs, ignorent même ce que veut dire patrie ou patriotisme, un tel pays ne se développera jamais.

Désolé, mais là, je suis en désaccord total avec certains de mes amis pour dire que, je préfère de loin, avoir à faire avec des étrangers, tout-à-fait en règle et qui jouent le jeu plutôt, que de m’encombrer avec des nationaux apatrides, fraudeurs, corrupteurs, cupides et pour qui, seuls leurs intérêts personnels comptent et rien d’autre. Par conséquent, d’accord pour un patriotisme économique conséquent et humaniste, mais non à tout chauvinisme étroit et borné en faveur de nationaux qui cherchent plus à devenir des maitres dominateurs aristocrates, comme cela semble se dessiner malheureusement, plutôt que de développer économiquement, rationnellement et dans la rigueur intrinsèque de la gestion de notre pays, dans les règles de l’art.

Enfin, je termine pour dire que tous les capitalistes obéissent aux mêmes principes, mêmes logiques et mêmes règles du capitalisme, à savoir que ces derniers n’ont ni patrie ni race. Ils ne sont, tous, attirés et mus que par le profit, gain égoïste et foncièrement personnel de l’intérêt.

Mandiaye Gaye

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Ichrono.info

Au Mali, après l'annonce des résultats provisoires du premier tour de la présidentielle, les candidats avaient jusqu'à ce samedi soir pour déposer leur recours devant la Cour constitutionnelle en cas de contestation. Le délai est maintenant expiré et au moins trois candidats ont saisi la haute juridiction.

Aliou Diallo et Cheikh Modibo Diarra ont apporté leurs recours à la Cour constitutionnelle dans la journée ce samedi. Mais ni l'équipe de campagne du troisième homme, ni celle du quatrième homme de l'élection n'ont voulu donner de précisions sur le contenu de ces recours.

Les avocats du candidat qualifié pour le second tour, Soumaïla Cissé, ont également saisi la haute juridiction. « Une vingtaine de recours ont été déposés », indique Tiébilié Dramé, le directeur de campagne du chef de file de l'opposition.

A cela s'ajoute « une requête en récusation de six juges sur neuf » car le directoire de campagne du candidat Cissé les soupçonne de ne pas être neutre. Parmi les juges visés par la requête, la présidente de la Cour constitutionnelle.

Finalement, au-delà de la contestation des résultats du premier tour, l'objectif serait d'empêcher à cette juridiction de délibérer, car pour la délibération, il faut au minimum cinq juges sur neuf.

De son côté, la Cour constitutionnelle a d'ores et déjà annoncé dans un communiqué que les résultats définitifs seront proclamés ce mercredi.

 ■ Second tour : des consignes de vote toujours attendues

Plusieurs candidats malheureux du premier tour sont en phase de réflexion afin de déterminer à qui d’Ibrahim Boubacar Keïta ou de Soumaïla Cissé ils comptent apporter leur soutien. « Nous n’avons pas finalement terminé avec les consultations pour le choix au second tour, il faut attendre ce dimanche », a expliqué à RFI Harouna Sangaré, candidat à l’élection présidentielle qui n’a pas franchi le premier tour.

Trois autres candidats, qui envisageaient rapidement de soutenir le même homme pour le second tour, ont également de leur côté décidé de poursuivre les négociations ce dimanche.

Arrivé en troisième position, l’homme d’affaires malien Aliou Diallo est toujours plus dans la contestation des résultats que dans les négociations du second tour. Ce premier faiseur de rois de l’élection - d’après les résultats provisoires - est cependant déjà sollicité. Selon un de ses proches, il écoute mais ne commente pas pour le moment.

La décision de l'ex-Premier ministre malien, Cheick Modibo Diarra, est elle aussi très attendue. Arrivé quatrième avec 7 % des suffrages exprimés, ce dernier a commencé les tractations, d’abord par des consultations. Des membres de son parti s’expriment et il y aura deux autres étapes avant la décision finale. Il faudra donc probablement encore attendre 48 heures pour savoir quelles seront ses consignes de vote.

RFI

Aux Etats-Unis, Donald Trump démarre ses congés d’été, mais il a lancé dimanche une petite bombe sur Twitter. Le président américain a admis que son fils avait bien rencontré une émissaire russe lors de la campagne électorale de 2016, et que l’objectif était d’obtenir des informations sur son adversaire, en l’occurrence la démocrate Hillary Clinton.

Avec notre correspondant à New York, Grégoire Pourtier

En reconnaissant finalement que son fils a bien participé à une réunion pour obtenir des informations compromettantes sur une adversaire, Donald Trump met fin à un an de déni. Alors qu’il tweete frénétiquement « no collusion » presque chaque jour, ne serait-ce pas là un aveu ?

Pour lui, il n’y aurait rien eu d’illégal, et c’est d’ailleurs le message que faisait déjà passer son avocat la semaine dernière : la collusion, un terme qui reste assez vague, n’est pas un crime en soi. Certes, mais elle peut facilement être le prélude à une conspiration contre les Etats-Unis – par exemple en gagnant une élection avec le concours d’une puissance étrangère.

    Fake News reporting, a complete fabrication, that I am concerned about the meeting my wonderful son, Donald, had in Trump Tower. This was a meeting to get information on an opponent, totally legal and done all the time in politics - and it went nowhere. I did not know about it!
      Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 5 août 2018

L’opposition profite évidemment de l’opportunité : « Rien de tout cela n’est normal ou crédible », a pointé un élu démocrate, qui dénonce les mensonges à répétition de Trump et de son entourage.

Mais beaucoup semblent plutôt abasourdis, non pas par la surprise, mais par le culot du président qui, une fois de plus, décide d’affronter la tempête de face.
Agit-il en concertation avec ses avocats ou bien de manière instinctive ?

Ces derniers temps, le président se dit prêt à être interrogé par le procureur spécial, alors que ses conseillers lui martèlent qu’il a tout à y perdre.

REUTERS/Kevin Lamarque

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