Le président du Grand parti se met en ordre de bataille contre le pouvoir actuel. Se prononçant pour la première fois dans une déclaration reçue du Bureau communication sur la levée de l’immunité parlementaire de Khalifa Ababacar Sall, effectuée le samedi 25 novembre dernier par l’Assemblée nationale, El Hadji Malick Gakou a vigoureusement dénoncé cette décision adoptée par 125 députés de la majorité qui, selon lui, «nous rend tristes et désabusés».

La fracture démocratique instaurée à présent comme modèle politique met en péril l’avenir de notre nation et hypothèque celui des générations futures», a déploré El Hadji Malick Gakou. «C’est évident, plus rien ne peut arrêter le président Macky Sall dans sa quête d’un second mandat. Absolument rien ! Alors tout est possible, quitte même à mettre le pays à genoux», ajoute également le leader du Grand parti pour qui «l’instrumentalisation de l’Assemblée nationale et de la justice est manifeste dans cette cabale inique incontestablement que nous touchons le fond».

Poursuivant son propos, l’ancien numéro 2 de l’Alliance des forces de progrès (Afp) du président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, souligne ainsi «l’urgence d’intensifier le combat sur le terrain pour la sauvegarde des acquis de notre démocratie et la pérennisation des valeurs cardinales de notre si grande nation». «Soulevons notre dignité nationale pour vaincre et triompher contre les avatars de cette dictature fantasmagorique qui nous envahit et que le régime du président Macky Sall veut instaurer dans notre pays», lance Malick Gakou. «J’engage le Grand Parti à demeurer au premier rang du combat pour la libération de Khalifa Ababacar Sall, la valorisation systématique des principes démocratiques et la consolidation des vertus de notre nation», ajoute encore le président du Grand parti tout en promettant que des «initiatives hardies seront entreprises à cet égard avec les forces vives afin de gagner ce combat pour le Sénégal».  

SudOnline

A la veille du déplacement du président français, Emmanuel Macron, en Afrique, une grève mondiale touche les réseaux d'enseignement français à l’étranger. Ainsi que de nombreuses autres institutions, l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) qui est un établissement public, doit faire des économies. La première coupe demandée par l’Etat s’annonce à près de 33 millions d'euros. Environ 500 postes devraient être supprimés. A Dakar, au Sénégal, comme ailleurs, les enseignants, les élèves et les parents se sont mobilisés devant le lycée français. Les syndicats annoncent un taux de participation de 70 %. Craignant les silences des autorités, les syndicats à l’origine de cette grève annoncent d’ores et déjà de nouveaux mouvements.

Lorsque l’on prend des mesures à l’AEFE qui entraînent des augmentations de frais de scolarité, cela ne peut que mettre à mal les familles qui supportent déjà plus de 80 % des frais de scolarité de leurs enfants.

Dans une déclaration conjointe rendue publique hier, lundi 27 novembre, les acteurs de la Société civile, à savoir la Plateforme des acteurs de la société civile pour la transparence des élections (Pacte) et le Collectif des organisations de la société civile pour les élections (Cosce), s’engagent à prendre toute initiative pour la facilitation d’un dialogue inclusif, sincère et constructif. Les signataires de ladite déclaration, notamment Babacar Guèye pour le compte du Cosce et Abdoul Mazide Ndiaye de la Pacte, ont défini les préalables et conditions du dialogue politique.

L’absence d’une bonne frange de l’opposition, dite «significative», au dialogue politique initié par le chef de l’Etat, Macky Sall, ainsi que la récurrence des contestations et récriminations sur le fichier électoral ne laissent pas de marbre la société civile sénégalaise.

En effet, dans une déclaration conjointe rendue publique hier, lundi 27 novembre, les acteurs de la société civile, notamment la Plateforme des acteurs de la société civile pour la transparence des élections (Pacte) et le Collectif des organisations de la société civile pour les élections (Cosce), s’engagent à apporter leur pierre à l’édifice du dialogue dans le souci de la consolidation de la démocratie, de l’Etat de droit et de la stabilité du pays. Dans la note cosignée par Babacar Guèye pour le compte du Cosce et Abdoul Mazide Ndiaye du Pacte, les acteurs se préposent «à prendre toute initiative pour la facilitation d’un dialogue inclusif, sincère, constructif, condition sine qua non afin d’arriver aux consensus indispensables devant garantir des compétitions politiques régulières, ouvertes et pacifiques».

Conscients, par ailleurs, de la nécessité de mettre en place des structures et mécanismes appropriés en vue d’élections crédibles, transparentes et apaisées, les deux entités informent de leur pleine participation aux concertations en cours sur le processus électoral. Cela, contrairement à l’attitude des certains partis membres des coalitions Mankoo Taxawu Senegaal (Mts) et de Wattu Senegaal, qui ont tout bonnement rejeté le dialogue du régime en place.

Toutefois, Babacar Guèye et compagnie avertissent que si les conditions ne sont pas réunies, ils y seront en tant qu’observateurs. Ainsi donc, comme conditions préalables, les acteurs non étatiques trouvent impératif et prioritaire «l’instauration d’un climat favorable à un dialogue constructif, sincère et inclusif», ainsi que «la définition des règles de la concertation et son ordre du jour acceptés par toutes les parties». Allant plus loin, la Pacte et le Cosce estiment important que les partis s’engagent à respecter les règles consensuelles sans aucune modification et qu’un cadre propice et doté de moyens soit mis sur pied sous la conduite d’une personnalité neutre.

Toutefois, la société civile semble abonder dans le même sens sur la sincérité du dialogue lancé par le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye. En effet, lesdits acteurs disent constater que le chef de l’Etat, Macky Sall, initiateur du dialogue, ne donne pas des gages de respect des conclusions qui sortiront dudit dialogue. Pour eux, le président Sall «n’a encore pris aucun engagement quant au respect scrupuleux des conclusions qui en seraient issues; ce qui leur donnerait peu d’intérêt si elles devraient être changées unilatéralement». Concernant l’absence de l’opposition dite significative, ils pensent en fait que cela «annihile tout espoir de bâtir un large consensus national».

Pour rappel, la Pacte regroupe des organisations de la société civile dont le Forum civil, la Ligue sénégalaise des droits humains (Lsdh) et la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Radho). Pour ce qui est du Cosce, il compte en son sein des organisations membres provenant de plus de 60 pays.

SudOnline

Depuis 10 jours, l’ancien ministre des Affaires étrangères sénégalais Cheikh Tidiane Gadio est incarcéré à New York. Soupçonné de corruption dans une affaire entre le Tchad et la Chine autour de concessions pétrolières, il avait réclamé sa libération conditionnelle. Comme le gouvernement américain avait fait appel, un tribunal américain a tranché ce lundi 27 novembre : il pourra bien quitter le centre de détention pour aller en résidence surveillée dans sa résidence du Maryland, sur la côte est américaine.

Avec notre correspondant à New York, Grégoire Pourtier

Cheikh Tidiane Gadio a encore dormi en prison lundi soir 27 novembre, mais dès que les détails techniques seront réglés, il rejoindra son logement du Maryland, où il sera en résidence surveillée, notamment via un contrôle par GPS.

Les représentants du gouvernement américain n’ont en effet pas réussi à convaincre le juge des risques de voir s’échapper l’ancien ministre des Affaires étrangères sénégalais.

« Il dispose des ressources suffisantes pour tenter de s’enfuir. Il n’a pas de lien fort avec les Etats-Unis. Les ramifications internationales du dossier dépassent sa personne », ont-ils notamment plaidé, en vain.

La défense a elle rappelé que Gadio était un résident légal et régulier dans le pays, et qu’il avait collaboré après son interpellation. Surtout, elle a martelé qu’il comptait bien se défendre et laver son honneur. Insistant sur les liens forts entre Dakar et Washington.

Dans la salle, un ancien ambassadeur aux Etats-Unis, l’actuel consul général du Sénégal, et une quinzaine d’autres personnes étaient venus soutenir l’accusé.

Certains ont été pris à témoin pour démontrer sa respectabilité, d’autres l’ont sans doute aidé à apporter la garantie d’un million de dollars qu’il ne se soustrairait pas à la justice.

RFI

lundi, 27 novembre 2017 15:38

Méditation et pleine conscience-mindfullness

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Méditation et pleine conscience-mindfullness


Nous recherchons tous à être bien en accord avec notre corps et notre esprit. P B CISSOKO


Vivre l'instant présent, le vivre pleinement...

Être conscient(e) de l'instant présent, et le savourer, le déguster, le transcender... et bien plus encore... « Bien souvent, nous nous rendons compte de la valeur de l'instant présent, Seulement, lorsqu'il devient un souvenir ». Les Bienfaits de la Mindfullness : La pleine conscience...

C'est une manière d'être en relation avec sa propre expérience (ce que nous percevons avec nos sens, nos sensations corporelles, nos pensées). Elle résulte du fait d'orienter volontairement l'attention sur son expérience présente et de l'explorer avec ouverture, que nous la jugions agréable ou non, tout en développant une attitude de respect et de patience envers soi. Elle permet de s'engager dans des actions en lien avec ses valeurs et objectifs. Les programmes mindfulness sont issus de la rencontre de deux univers en apparence complètement opposés : Celui de la tradition philosophique orientale et des pratiques de méditation bouddhistes en particulier, et celui de la recherche scientifique occidentale en psychologie, en particulier en neurosciences.


Les Créateurs de Possible/ Philippe Rosenblum


La pleine conscience


C'est une manière d'être en relation avec sa propre expérience (ce que nous percevons avec les 5 sens, nos sensations corporelles, nos pensées).
Elle résulte du fait d'orienter volontairement l'attention sur son expérience présente et de l'explorer avec ouverture, que nous la jugions agréable ou non, tout en développant une attitude de tolérance et de patience envers soi.
Elle permet de s'engager dans des actions en lien avec ses valeurs et objectifs
Les programmes mindfulness sont issus de la rencontre de deux univers en apparence complètement opposés: celui de la tradition philosophique orientale et des pratiques de méditation bouddhistes en particulier, celui de la recherche scientifique occidentale en psychologie, en particulier en neurosciences
La mindfulness témoigne d'une redécouverte par la science de ressources culturelles ancestrales et illustre une rencontre créative entre la tradition et la modernité. C'est en cela un événement culturel majeur et révolutionnaire: science et tradition travaillent aujourd'hui main dans la main, la science étant capable de démontrer la pertinence et l'efficience de ces pratiques découvertes empiriquement et de leur redonner le crédit dont elles avaient besoin dans nos sociétés devenues si pragmatiques
La mindfulness ou pleine conscience samma-sati en pali, samyag-smriti en sanscrit, peut se traduire par attention juste. Cela désigne la conscience vigilante par opposition à l'état de conscience en pilotage automatique, sans conscience comme lorsque nous conduisons, faisons la cuisine etc... Ce dernier est un état de conscience très développé, parfois très représenté chez certaines personnes comme celles anxieuses qui parlent pour combler le vide sans aucune conscience de ce qu'elles sont en train de dire.


La pleine conscience est un état de conscience naturel que nous pouvons apprendre à développer notamment par des exercices de méditation qui demandent de porter son attention intentionnellement au moment présent sans jugement sur l'expérience qui se déploie moment après moment (Jon Kabat-Zinn en 2003) .
Le « bien-être » est d'abord bien « être »


Cet état de conscience peut aussi être appelé mode être et peut se déployer dans toutes les activités où nous ne recherchons aucune performance mais où il s'agit simplement d'être présent à ce que nous faisons: lorsque nous chantons, dansons, tirons à l'arc, faisons l'amour ou autre, à condition que nous soyons pleinement à ce que nous sommes en train de faire sans aucune autre intention que de faire ce que nous faisons. C'est un état dans lequel nous ne cherchons pas à obtenir quelque chose mais sommes pleinement là. Le mode être que l'on pourrait appeler non-faire s'oppose au mode faire de résolutions de problème.


Le mode faire est un état de conscience tendu vers un but, celui qui permet de résoudre un problème. Il permet de se représenter les actions à mener pour atteindre un objectif. Exemple : se repérer dans l'espace, aller d'un point A à un point B. Il s'agit de comparer l'état actuel des choses à un état envisagé : prenons un terrain vague, et l'édification d'un bâtiment pour un architecte.

Cet état de conscience, très utile, est responsable des plus grandes créations et réalisations de la civilisation. Malheureusement, alors qu'il est le plus développé dans la culture occidentale, que c'est celui que nous employons le plus dans notre vie quotidienne et surtout dans notre travail, il est non seulement inopportun mais même nuisible quand il s'agit de résoudre des problèmes liés à la conscience de soi. Si j'ai un problème de poids par exemple et que je me compare à l'état physique dans lequel je voudrais être, il y a de fortes chances pour que le constat soit amère tant au niveau des pensées que des émotions ce qui va certainement me casser le moral et me retirer de l'énergie pour mener des actions efficaces qui soulageraient mon problème.


Notons pour l'instant que résoudre les problèmes uniquement par le mode faire peut provoquer de véritables catastrophes qui épuisent nos ressources intérieures dans un fonctionnement auto-centré, ressources qui ne sont de ce fait plus disponibles comme c'est le cas dans la dépression.


Etre en pleine conscience, porter intentionnellement son attention sur ce qui est, permet de développer au contraire une ouverture à l'ensemble de ce qui est (pas seulement ce que j'aime mais la totalité de l'expérience interne et externe) et de me désidentifier de mes ruminations mentales. Développer l'état de conscience être entretient ainsi la santé psychique. Cela transforme le rapport à son monde interne (pensées, émotions, sensations) et ouvre à une plus grande présence au monde. Mais en plus, cela transforme littéralement le cerveau de part sa neuro-plasticité ( les circuits fréquemment utilisés se consolident et se développent ; ceux qui servent peu s'étiolent et rapetissent). Les chercheurs en neuroscience ont ainsi démontré qu'apprendre à développer le mode être, objet des programmes mindfulness, permet de diminuer contre les troubles psychologiques et entretient la santé tant psychique que physique.
http://www.mindfulness-paris.fr/


Les neuf attitudes de la pleine conscience


Les 9 attitudes cultivées par la pleine Moi, je, à moi.... Ce sont des concepts très problématiques, parce que la personne que nous pensons être et la personne est très différent de la personne que nous sommes.


A travers la pratique de la pleine conscience nous développons une attitude de non vouloir, de laisser être, de lâcher prise, de confiance et de patience. Nous la cultivons avec nos parents, notre partenaire, nos enfants tout en approfondissant la pratique formelle et informelle de la méditation.


Le non jugement est le vrai discernement. Nous découvrons rapidement que nous avons des idées sur tout. Ceci est bien, ceci n'est pas bien. Nous pouvons être conscient de notre tendance à juger et de ne pas le faire.
Noir et blanc : bon ou mauvais, ce que nous voulons et ce que nous ne voyons pas, nous nous enfermons dans cette attitude
Grace à la méditation, nous cultivons cette attitude de discernement, d'observation de ce qui se passe à l'instant et acquérons ainsi un degré de clarté, de sagesse et d'interconnexion avec les choses.


Le fait de reconnaître que le jugement crée un voile devant nos yeux, le fait de ne pas voir les choses comme elles sont, mais comme nos yeux veulent les voir.
Petit à petit nous naviguons à travers notre jugement de façon à ce qu'il ne domine plus notre vie. Plus nous restons dans le discernement, plus nous pouvons vivre de façon authentique et ne pas nous faire emprisonner dans les habitudes de notre esprit.


Je suis impatient d'aller vers la prochaine chose importante dans ma vie et ne pas de rester dans le moment présent, pourtant les choses ne peuvent être précipitées. Lorsque nous sommes pressés, nous ne sommes pas là où nous devrions être. Nous sommes impatients avec les autres, au travail, de terminer telle ou telle chose. La patience est un facteur puissant de guérison. Au lieu de vouloir faire éclore le papillon avant l'heure, nous pouvons gagner en sagesse et profondeur lorsque nous habitons le moment présent.


L'attitude du débutant est une belle attitude. Tout instant devient nouveau et frais. A cause de nos multiples désirs, nous ne pouvons pas voir le moment présent comme il est. Nous avons du mal à voir les personnes où les choses autour de nous avec curiosité et notre grande expertise ou expérience ne laisse aucune place pour la nouveauté.


Il y a des possibilités infinies de voir tous les aspects de votre avec fraicheur et cette fraicheur comporte des possibilités de transformation. Si vous ne pensez plus que les gens sont comme ils étaient il y a des mois ou des années vous ouvrez des portes pour des relations plus riches, plus bénéfiques.


Lorsque nous cultivons de l'intimité avec nous même, nous développons aussi de la confiance en nous même et en notre corps, confiance dans la sagesse naturelle de notre corps. En général nous ne prêtons pas attention à notre corps jusqu'à ce qu'il arrive quelque chose. Nous pouvons faire confiance à la respiration, à nos yeux, aux organes qui s'occupent de notre métabolisme. Si de si belles choses se passent dans notre organisme, pourquoi cela serait différent dans notre esprit ou dans nos relations. A travers la méditation, nous pouvons apprendre à nous faire confiance.


Lorsque nous cultivons de l'attention méditative, nous adoptons une posture inhabituelle, nous laissons les choses être sans vouloir aller ou arriver quelque part.
Nous sommes avec la vie qui se déploie sans agenda. Cette attitude nous restaure, nous guérit de notre attitude à vouloir échapper ou retourner dans le passé ou arriver le plus vite possible dans le futur. Il y a tant de choses sur notre liste des choses à faire. Pratiquer le non faire, car ce qui est là est déjà assez, même si ce n'est pas à votre goût. Lorsque le faire émerge de l'être il est en général plus approprié à la situation.


Laisser aller ou laisser être est l'attitude opposée de celle qui veut s'accrocher, se cramponner, même si c'est juste à une idée. Laisser être nous rappelle qu'il est possible de ne pas être obligé de repousser ou de s'accrocher outre mesure quel que soit notre désir de changer les choses.
Dans certains pays d'Asie on attrape les singes avec un piège de noix de coco. Le singe ne veut pas lâcher ce qu'il y a dans la noix de coco et se fait attraper, alors qu'il lui suffit de libérer la chose et la main peut sortir du piège.


Lâcher prise et le pas vers la liberté. A chaque fois que vous remarquez que vous vous accrochez, vous pouvez vous souvenir que vous pouvez aussi lâcher prise. La respiration peut nous apprendre cela également, vous ne pouvez pas faire que des inspirations, car il n'y aura pas d'espace.
Amener de la gratitude dans l'instant présent, de dire par exemple que le corps est en vie, nous sommes en vie. Nous prenons tant de choses pour acquises, mais nous pouvons aussi remercier cette respiration, ce corps, cette vie pour ce qu'elle nous apporte.


La générosité est également un puissant transformateur. Lorsque vous vous donnez du temps et de l'attention aux autres, vous leur apportez de la joie. Toutes les attitudes sont en quelque sorte des attitudes qui viennent du cœur.
Lorsque vous pratiquez le non agir, vous pratiquez également les autres attitudes et ces attitudes expriment la gentillesse, la bienveillance.


Extrait d'une conférence de Jon Kabat Zinn

lundi, 27 novembre 2017 14:00

Emmanuel Macron à Ouagadougou: genèse d’un discours

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Emmanuel Macron sera lundi soir 27 novembre au Burkina Faso. Le président français aura un premier entretien avec son homologue Roch Marc Christian Kaboré et fera une première déclaration. Mardi matin, il prononcera à l'université de Ouagadougou un discours sur sa politique africaine devant 800 étudiants. Les thèmes qu’il entend mettre en avant ? Le développement du secteur privé, la mobilité et l’éducation. Son entourage l’assure : « le président n’esquivera aucune question ».

Les appels à manifester lancés ces dernières heures par plusieurs organisations de la société civile burkinabè ne font que confirmer une réalité : Emmanuel Macron ne sera pas mardi en terrain conquis.

Une réalité dont l’Elysée dit avoir parfaitement conscience : « On aborde ce discours en se disant "ce n’est pas un public conquis d’avance par ce qu’on vient de dire" ». Et l’un de ses conseillers d’ajouter : « Au-delà du Burkina Faso, le sens de ce déplacement c’est aussi de prendre conscience que la France en Afrique n’est pas attendue partout, que la vision n’est pas forcément bonne, que notre influence est en recul ».

Un discours qui a vocation à parler «aux Africains mais aussi à la France»

Un constat qui n’empêche pas son entourage de fonder de grands espoirs dans ce discours. L’objectif premier ? Qu’il enclenche le renouvellement de la relation entre la France et le continent. L’ambition à terme ? Que ce discours permette non seulement de « faire évoluer la perception de la France par cette jeunesse [africaine] », mais qu’il suscite également « un mouvement, un appétit, qu’il créée une mobilisation collective en France et en Afrique ».

Car selon l’Elysée, l’intervention d’Emmanuel Macron mardi à Ouagadougou a vocation à parler « évidemment aux Africains » mais aussi « à la France et notamment à la jeunesse française ».

Comment le président français entend-il s’y prendre pour marquer les esprits ? Pour garder l’effet de surprise, son entourage n’a divulgué que des bribes d’informations.

Des éléments qui ne sont pas sans rappeler la manière de faire de certains de ses prédécesseurs. Exemple : comme Nicolas Sarkozy il y a dix ans, Emmanuel Macron s’adressera à la jeunesse africaine. Comme lui, il s’exprimera depuis l’amphithéâtre d’une université. A un détail près, l’actuel locataire de l’Elysée aura face à lui 800 étudiants alors qu’en 2007, Nicolas Sarkozy avait préféré s’exprimer uniquement devant des universitaires pour éviter toute réaction hostile.

Développer le secteur privé, l’une des priorités pour Emmanuel Macron

Si l’on ne connaît pas la teneur du message qu’entend délivrer Emmanuel Macron, plusieurs éléments permettent toutefois d’en entrevoir les contours. Durant la campagne, le candidat avait fait du « développement du secteur privé, notamment des PME africaines qui sont créatrices d’emploi », l’une de ses priorités. Car, expliquait-il dans Jeune Afrique en avril dernier, « un des grands défis pour nous tous, c’est de créer en Afrique des emplois pour la jeunesse africaine ».

L’entrepreneuriat et plus généralement l‘économie devraient donc être au cœur de son plaidoyer. A l’Elysée, on répète aujourd’hui vouloir établir « un nouveau partenariat » avec le continent. Au cours de son voyage, le président a prévu de soutenir l’innovation et l’entrepreneuriat. Dans ce cadre, Emmanuel Macron ira notamment visiter un incubateur de start-up jeudi à Accra. Et son entourage précise bien que ses déplacements sur le terrain illustreront son discours.

Un discours également axé sur la mobilité et l’éducation

Les autres thèmes qui seront mis en avant ? Les travaux du Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA) nous éclairent sur ce point. Cette structure chargée d’aider le président à préparer son discours, a centré sa réflexion autour non seulement du secteur privé, mais aussi de l’éducation, de la mobilité, de la culture et des nouvelles technologies.

Après s’être réuni une fois par semaine pendant deux mois, le CPA a remis ses conclusions au président le 14 novembre dernier. Ce soir-là, au cours d’un dîner à l’Elysée, chaque membre a été amené à sensibiliser le président sur chacun de ces sujets et à formuler des propositions. Si l’Elysée ne veut pas en dire plus, il apparaît clair que le président a en tête de mettre ce mardi l’accent sur la mobilité et l’éducation. Ce n’est donc pas un hasard si le ministre français de l’Education, Jean-Michel Blanquer, fait partie de la délégation qui accompagne le président.

Secteur privé, mobilité, éducation…. Emmanuel Macron abordera-t-il également des sujets plus sensibles comme la colonisation ? Pendant la campagne, le candidat Macron avait surpris son monde en qualifiant la colonisation en Algérie de « crime contre l’humanité ».

Dans Jeune Afrique au mois d’avril, il précisait le fond sa pensée : « Je ne m’inscris pas dans la repentance, mais je ne souhaite pas non plus refouler ce passé, dont la connaissance doit nous aider à construire un avenir apaisé ». Et le candidat d’enfoncer le clou : « C’est en assumant la vérité sur notre histoire commune que nous pourrons regarder l’avenir avec confiance ». Simple discours de candidat en campagne ou position clairement assumée ? Désormais président, Emmanuel Macron se veut beaucoup plus discret sur le sujet. Un événement récent lui a sans doute fait prendre conscience de l’importance de la question pour certains de ses interlocuteurs.

La colonisation, objet d’un débat animé lors du dîner avec le CPA

Selon plusieurs sources, le dîner du 14 novembre à l’Elysée avec les membres du CPA a donné lieu à un échange animé sur le sujet entre le président et l’une des membres de ce conseil, Elisabeth Gomis. Contrairement à ce qui était attendu, la journaliste décide ce soir-là de sensibiliser le président sur les enjeux mémoriels. « En fait, je me suis dit qu’il fallait qu’on commence par le commencement, explique-t-elle aujourd’hui. Parlons de la colonisation. En Afrique et en France pour la diaspora c’est un vrai sujet. En Afrique, toutes les crispations elles sont autour de ça. »

La ligne défendue par cette jeune réalisatrice ? Que la France regarde son passé en face. « Je ne demande pas qu’il se mette à genoux et qu’il demande pardon ! C’est pas ça l’idée, c’est juste acceptons l’Histoire, embrassons cette histoire de France et arrêtons d’en faire un tabou qui nourrit aujourd’hui tous les fantasmes ».

Ainsi ce 14 novembre, Elisabeth Gomis dit au président ce qu’elle a sur le cœur : « Je sais que De Gaulle c’est une figure pour Emmanuel Macron. Je lui ai dit qu'effectivement De Gaulle, c’était un héros pour la France mais c’était aussi le blanchiment des troupes coloniales. Et si on ne le dit pas, on ne raconte pas l’histoire ! »

Un parti pris qui fait vivement réagir le locataire de l’Elysée. « Il ne m’a pas lâché, relate-t-elle. Ça a été un petit peu une joute verbale, il fallait que j’argumente ». Au final, la journaliste formule plusieurs propositions comme le soutien à la création d’une fondation pour la mémoire de l’esclavage, un projet lancé par François Hollande et porté aujourd’hui par l’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault. A-t-elle au final été entendue ? Si à l’Elysée on assure que le président n’a aucun problème avec ce sujet, la journaliste ne cache pas ses inquiétudes. « J’ai peur qu’il soit un peu trop léger sur cette question », confie-t-elle.

Autre sujet de tension sur lequel le président est attendu : le franc CFA. Emmanuel Macron en parlera-t-il ? Une source assure à RFI qu’il abordera le sujet non pas dans son discours, mais au cours de la séance de questions-réponses avec les étudiants. Une séance au cours de laquelle « le président n’esquivera aucune question », promet-on à l’Elysée. Y compris sur l’assassinat de Thomas Sankara, dont le Burkina Faso vient de commémorer le trentième anniversaire ? « S’il est interrogé là-dessus, il répondra », assure un de ses conseillers.

Pas un discours de stigmatisation contre certains chefs d’Etat africains

Ce qui est sûr, c’est qu’à Ouagadougou, Emmanuel Macron n’entend pas pointer du doigt ses homologues africains qui ont du mal lâcher le pouvoir. « Ce ne sera pas un discours de stigmatisation, explique son entourage. Il ne parle[ra] pas aux chefs d’Etat ». Et l’Elysée de préciser : « Le lendemain [à Abidjan pour le sommet UE-UA, ndlr], on sera dans un autre exercice. Un exercice de huis clos entre chefs d’Etat et avec une diplomatie plus classique où on se voit, où on se parle et là les messages peuvent être passés ».

Ce mardi, Emmanuel Macron s’adressera aux étudiants qu’il aura face à lui pour tenter, décrypte ses proches, « de toucher aux préoccupations les plus immédiates de ce public ». Il formulera des propositions concrètes. Présents à ses côtés, les membres du CPA seront chargés d’assurer le suivi de ces propositions. Un suivi qui « sera aussi important que le discours lui-même » aux yeux de son entourage.

Ecoles fermées à Ouagadougou pendant la visite d'Emmanuel Macron

Les écoles sont fermées lundi et mardi dans la province du Kadiogo, c'est à dire à Ouagadougou et sa périphérie, en raison de la venue du président français au Burkina Faso. Une mesure destinée à faciliter la circulation des délégations, explique le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, Remis Fulgance Dandjinou.

 

Le « droit à l'erreur » pour les usagers et les entreprises face à l'administration, était une des promesses d'Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle. Avec trois mois de retard, le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin présente ce lundi 27 novembre en Conseil des ministres un projet de loi destiné à améliorer la prise en charge et « remettre de la confiance dans les relations entre les Français et leurs administrations ». Le ministre Gérald Darmanin a défendu le texte dimanche dans le Journal du Dimanche.

Réconcilier les Français et leur administration, c'est l'ambition première de ce projet de loi. Son premier principe, révolutionnaire, c'est le droit à l'erreur. Si en tant qu'usager, que vous soyez un particulier ou une entreprise, vous vous êtes trompé dans vos déclarations, ce sera à l'administration de prouver que vous n'étiez pas de bonne foi.

Un usager pourra aussi saisir l'administration au moindre doute sur ses démarches afin d'éviter tout risque de sanctions aggravées. En cas d'infraction à la législation du travail, une entreprise ne sera pas systématiquement sanctionnée, elle recevra d'abord un simple avertissement.

Des règles plus lisibles

Rendre plus lisibles les règles, c'est l'autre ambition de ce texte. Eviter d'ajouter aux directives européennes des normes nationales qui compliquent la tâche des entreprises notamment.

Alléger les démarches, c'est économiser du temps et des millions de feuilles échangées entre les administrations. La numérisation doit permettre d'atteindre un objectif 0 papier d'ici 5 ans.

Le ministre bien conscient qu'il n'est pas le premier à tenter de s'attaquer à cet immense chantier assure que cette fois les efforts sont soutenus par le sommet de l'Etat et que 1,5 milliard d'euros seront investis sur 5 ans pour former les agents publics à ces évolutions.

Le texte doit être soumis au Parlement au printemps prochain.

RFI

C’est dans des débats houleux que les députés ont levé l’immunité parlementaire du député-maire de Dakar, Khalifa Sall tard dans la soirée avant-hier, samedi 25 novembre, malgré l’insistance des demandes de suspension de la séance par l’opposition. Convoqués en plénière, 125 députés ont été favorables aux conclusions du rapport de la commission ad hoc qui était chargée de statuer sur cette levée de l’immunité du député contre 25. Cette décision donne ainsi feu vert quant à l’ouverture du procès de Khalifa Sall écroué depuis le mois de mars dernier dans l’affaire de la caisse d’avance de sa mairie.

Khalifa Sall est désormais en route vers un procès devant les tribunaux. En plénière avant-hier, samedi 25 novembre, des députés ont répondu favorables à la requête du procureur de la République qui avait demandé la levée de l’immunité parlementaire du député-maire. Ce, pour permettre aux autorités judiciaires de poursuivre le traitement de l’affaire dite de la caisse d’avance de sa mairie qui lui a valu la prison depuis le mois de mars dernier. En effet, 125 députés ont voté «oui» pour l’adoption des conclusions du rapport de la commission ad hoc qui était chargée de statuer sur la demande de levée de l’immunité parlementaire de Khalifa Sall contre 25 voix, sans même sa présence encore moins un député défenseur désigné par lui comme prévu par l’article 52 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

Toutefois, la séance s’est tenue dans un tohu-bohu total d’affirmations contradictoires entre les députés de la majorité et ceux de l’opposition car Khalifa Sall n’a pu être auditionné par la commission ad hoc. Et c’est à cause de cette «carence» que certains députés ont demandé la suspension de la séance. « Il faut un ajournement de la séance car on vient de découvrir avec tout le monde le rapport qui n’est pas fidèle et où il y’a une série de lois qui ont été violées », a déclaré le député de la coalition Mankko Taxawu Senegal, Déthié Fall. Apportant sa réplique, le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse dira : « je n’accepterai pas qu’on discute du rapport car la loi ne l’accepte pas. Vous êtes dans une logique tout à fait humaine mais voici la logique du droit, ce qui n’est pas dans la loi ne peut pas s’appliquer ». Quant à député Aida Mbodj, l’absence de Khalifa Sall suffit pour suspendre la séance. « Je demande l’ajournement de ce débat, notre collègue n’a pas été entendu », a-t-elle dit.

En effet, les mises en gardes du Président Niasse de leur priver la parole n’ont point ébranlé les députés de l’opposition qui ont su démontrer leurs forces en exprimant leurs vœux. Mais en vain, leurs multiples propositions n’ont pas rendu flexible la décision des députés de la majorité qui ont rejeté la proposition du député Modou Diagne Fada pour le vote à bulletin secret et celle de la question préjudicielle demandée par Cheikh Bamba Dièye. Il faut souligner que ce dernier, en tant qu’orateur contre, a livré un discours «émouvant» pour rappeler les députés l’importance de leur décision. A l’en croire, « il faudra faire très attention car on est en train de jouer avec l’avenir d’un homme politique alors, que chacun prenne ses responsabilités et il y’a un hadith où l’on dit que pour juger une personne, il faut entendre les deux versions alors il faut qu’on lui donne les moyens de se défendre ». Entre donc propos aigre-doux, malentendus et cris, la plénière devient une vraie foire d’empoigne. A noter que dès 16h, les policiers ont barré toutes les issues menant à l’Assemblée nationale, obligeant ainsi les partisans de Khalifa Sall à manifester aux abords du ministère de l’Intérieur avant d’être dispersés par des gaz lacrymogènes.

ISMAILA MADIOR FALL, GARDE DES SCEAUX ET MINISTRE DE LA JUSTICE : «Le procès respectera les standards les plus élevés d’un procès équitable tel que défini par la constitution...»

L’immunité parlementaire de Khalifa Sall levée, le Garde des Sceaux et ministre de la Justice, Ismaila Madior Fall, loue la démocratie de notre pays. «Le parlement qui statue en plénière de façon ouverte et transparente et qui doit décider par un vote de la levée ou non de l’immunité d’un de ses membres se livre à un exercice hautement démocratique que nous envieraient bien des démocraties », dit-il. Le ministre donne ainsi des gages pour un procès équitable. «L’engagement que je peux prendre en tant que ministre de la Justice devant la représentation nationale est que le procès, s’il y’a lieu avec votre autorisation, respectera les standards les plus élevés d’un procès équitable tel que défini par la constitution et les grands textes internationaux des droits de l’homme auquel notre pays a souscrits », a-t-il déclaré au rythme du courroux des députés de l’opposition. L’on entendait par ci, par là, « n’importe quoi, libérez-le, vous êtes contradictoire». Ce qui a finalement obligé Ismaila Madior Fall à couper son discours. « Je me rencontre qu’il n’est pas facile de se faire écouter à l’assemblée mais je voulais juste vous dire Monsieur le président, honorables députés que je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée nationale».

MOUSTAPHA GUIRASSY, DEPUTE OPPOSITION : «C’est une honte. C’est indigne de la part du parlement»

«On n’est pas surpris. Je pense qu’il était déjà condamné mais c’est tout simplement triste dans l’histoire du Sénégal. C’est malheureux lorsqu’on sacrifie un homme politique de cette façon et Cheikh Bamba Dièye l’a bien rappelé. Je pense qu’il a bien défendu, pas seulement le député Khalifa Sall mais la dignité des sénégalais en mettant en avant l’histoire, en rappelant la position donc jadis, il y’a quelques années, Macky Sall ici, dans cette hémicycle et aujourd’hui, c’est l’histoire qui se répète. Quelle injustice et finalement on oublie très vite. Et les députés, nous avons eu un comportement lamentable. C’est une honte, ça a été indigne de la part du parlement de pouvoir applaudir lorsqu’un collègue député a été sacrifié et qui n’avait aucune possibilité de se justifier, de s’expliquer, de se défendre. Voilà, on applaudit, on sort. L’immunité de Khalifa Sall a été levée et finalement, qui a gagné, c’est le Sénégal qui a perdu. La presse, la société civile, les sénégalais, tous les partis doivent se lever et s’indigner contre cette injustice. On ne peut pas continuer à subir cette injustice ».

DETHIE FALL, DEPUTE OPPOSITION : «Notre pays ne mérite pas ce qui se passe aujourd’hui»

« Vous avez suivi avec nous ce qui s’est passé. Le droit le plus élémentaire du député Khalifa Sall n’a pas été respecté. Comment voulez-vous qu’on ait participé dans le cadre des travaux d’une commission ad hoc et qu’on découvre avec tout le monde le rapport général qui n’est pas fidèle et sur lequel rapport, pas mal de dispositions ont été violées et lues devant le président Moustapha Niasse qui dit lui-même qu’il a la police des débats. Si tu as la police des débats, tu as également la police du respect des dispositions du règlement intérieur et dans une lecture qui s’est faite dans un rapport général, pas mal de violations se sont faites et se sont présentées. Sous ce rapport avec cette majorité mécanique alors qu’on parle d’un de nos collègues qu’on n’a pas pu entendre, qui n’a pas un défenseur, à qui on veut lever son immunité alors qu’il est en prison, utiliser la majorité mécanique, voter et qu’on soit là à cette mascarade, moi, je ne comprends pas. Notre pays ne mérite pas ce qui se passe aujourd’hui. Les libertés sont sérieusement menacées. Tous ceux qui sont concurrents du président de la République à la présidentielle 2019 sont en sursis et tous les moyens sont bons pour les isoler».

ABDOULAYE WILANE, DEPUTE BENNO BOKK YAAKAAR : «Je pense que lever son immunité parlementaire revient à rendre service à Khalifa Sall»

« C’est simplement de permettre à Khalifa Sall d’être accessible aux juges qu’on a levé son immunité parlementaire. Je suis dans un groupe parlementaire et je l’ai librement choisi. Le minimum de loyauté, de solidarité politique et gouvernementale recommande que si les conclusions de la commission emportent mon adhésion, je vote favorablement. Je pense que lever son immunité parlementaire revient à rendre service à Khalifa Sall et demain le voir blanchir, relaxer ou même gagner son procès. Pour moi, j’ai fait un pari optimiste. Ce collègue député, ce camarade-là, je continuerai à respecter toutes les présomptions qui pèsent sur lui».

MANSOUR SY DIAMIL, DEPUTE OPPOSITION : «Il ne faut plus jamais donner une majorité au pouvoir surtout lorsque les élections ont été biaisées»

« L’arrestation de Khalifa Sall est injuste. C’est une arrestation politique pour simplement écarter des adversaires ou bien des candidats potentiels aux élections de 2019. Ça n’a aucune base juridique, c’est uniquement politique et c’est cette dimension politique qu’il faut avancer et c’est à cause de cette dimension politique que j’ai refusé de voter. Je comprends aujourd’hui pourquoi le peuple allemand refuse de donner la majorité écrasante à l’Assemblée à Angela Merkel. Aujourd’hui, Angela Merkel est incapable de constituer un gouvernement parce que la grande expérience du peuple allemand l’a instruit que c’est extrêmement dangereux de donner une majorité écrasante une Assemblée. Car, on si on leur donne une majorité écrasante, c’est le spectacle désolant auquel nous venons d’assister aujourd’hui (avant-hier) dans l’assemblée nationale sénégalaise qui va arriver. Il est grand temps que le peuple sénégalais soit conscient de ce phénomène et ne plus jamais donner des majorités surtout lorsque les élections ont été biaisées. Les conditions d’une élection transparente, juste, démocratique n’ont pas été réunies le 30 juillet dernier. C’est pour cela aujourd’hui, il faut qu’on tire ces leçons-là et qu’on ne puisse plus assister à un spectacle auquel on vient d’assister ».

SudOnline

Au Sénégal, Khalifa Sall a perdu son immunité parlementaire suite à un vote de l’Assemblée nationale samedi soir. Les réactions à cette décision sont contrastées.

Pour les autorités, la procédure a été menée dans la légalité et cette décision ne remet pas en cause la présomption d’innocence du maire de Dakar. Elle permet en revanche d’aller vers un procès.

« Ce que je peux vous dire, c’est que c’est dans l’intérêt même de Monsieur Khalifa Sall d’être fixé sur son sort parce qu’il ne peut pas indéfiniment rester en détention préventive, affirme l'avocat de l'État, Baboucar Cissé. Parce que depuis le mois de mars il a été placé sous mandant dépôt. Aujourd’hui, nous sommes au mois de novembre. Le doyen des juges d’instruction qui était chargé d’instruire ce dossier a bouclé l’instruction. Si on le renvoie au tribunal correctionnel pour être juger, Monsieur Khalifa Sall aura l’occasion rêvée de répondre des faits qui lui sont reprochés. »

Mais le camp de l’élu, accusé notamment de détournement de fonds public et incarcéré depuis mars, affirme que ce dernier rebondissement n’est que la poursuite d’un vaste complot politico judiciaire.

L’heure n’est pas à la tenue d'un procès estime Maître Demba Ciré Bathily, avocat de Khalifa Sall : « Nous estimons que l’enquête n’est pas terminée, explique ce dernier, nous avons demandé à ce qu’un certain nombre de personnes soient entendues, ce qui n’a pas été le cas. »

« Il y a les rigueurs et les exigences d’une procédure judiciaire qui ne cadrent pas avec les rigueurs d’un calendrier politique qui veut que Khalifa Sall soit éliminé de l’élection présidentielle, par conséquent il faut absolument le juger pour invalider sa candidature. »

RFI

Au Sénégal, Khalifa Sall n'a plus d'immunité parlementaire. Les députés l'ont voté à une large majorité tard samedi soir lors d'une séance plénière extrêmement tendue : 125 voix pour, 23 contre. Le député-maire de Dakar, en prison depuis huit mois, est soupçonné de détournements de deniers publics. La levée de son immunité ouvre la voie à un procès.

Pour Madické Niang, cadre du Parti démocratique sénégalais (PDS), leader de l'opposition et soutien de Khalifa Sall, ce vote est contraire aux règles démocratiques.

« J’ai mal, parce qu’aucune règle n’a été respectée… Je suis triste, je n’attendais pas ça de cette Assemblée, qu’on disait une Assemblée de rupture. Je me disais qu’ils feront tout pour donner à Khalifa Sall les droits que la Constitution lui concède. Le droit de se défendre est un droit sacré à toutes les étapes. On aurait dû suspendre les poursuites, l’entendre »

La décision des députés, ce samedi, satisfait en revanche les membres de la majorité. « Le Parlement a une majorité et le Parlement est adossé à cette majorité qui, aujourd’hui, s’est exprimée, non pas dans un principe mécanique, mais parce que simplement nous sommes convaincus que la justice doit faire son travail, explique Aymérou Gningue, président du groupe parlementaire de la majorité, la coalition présidentielle Benno Bokk Yakaar (BBY). Nous sommes convaincus que le Parlement ne doit pas être un obstacle pour l’expression de la justice dans ce pays parce que nous devons nous respecter. »

Conséquence de cette décision, rien n’empêche désormais la tenue d’un procès. Khalifa Sall, en tant que maire de Dakar, est soupçonné notamment de détournements de deniers publics. Il est en prison depuis le mois de mars.

Réactions dans le quartier de Médina, à Dakar, fief du maire incarcéré

Pour l’opposition, la levée de l’immunité du maire est illégale car la procédure n’a pas permis à Khalifa Sall de se défendre. Pour l’imam de l’une des mosquées du quartier de la médina à Dakar, Khalifa Sall aurait dû être auditionné en homme libre avant que l’Assemblée décide de lever son immunité.

« Si c’est pour lever son immunité parlementaire, seulement pour le traquer, personnellement je ne suis pas pour. Khalifa Sall a beaucoup œuvré en tant que maire de Dakar. En tout cas, je trouve que sa détention est illégale », estime-t-il.

Assane est, quant à lui, favorable à la levée de l’immunité du maire de Dakar.

« Du moment qu’il a eu à gérer des biens de l’Etat, c’est normal qu’il rende des comptes. Cela lui permettra aussi d’expliquer clairement ce qui s’est passé parce que s’il reste en prison, on ne sait pas réellement ce qui s’est passé », explique-t-il.

Pour Meissa Diou, habitant de la Médina, la tenue d’un procès prochainement dans l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar, c’est peut être une bonne nouvelle pour Khalifa Sall.

« Si Khalifa Sall va vers un procès, peut-être parviendra-t-il à remporter ce procès parce que, dans ce pays, il y a beaucoup de responsables qui sont là et qui jugent cela illégal. Je pense qu’il s’en sortira. Inch’Allah », espère-t-il.

Pour la majorité des habitants de la Médina, la levée de l’immunité parlementaire de Khalifa Sall n’a qu’un seul objectif, celui d’écarter le principal concurrent du chef de l’Etat à la présidentielle de 2019.

RFI

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