Aïssa Maïga et Sonia Rolland, comédiennes, sont les invitées d'Ali Baddou franceinter.fr/
Aïssa Maïga et Sonia Rolland © Maxppp / Michel THOMAS / Jean-François OTTONELLO


Les deux actrices publient, avec 14 autres actrices noires, un livre, "Noire n'est pas mon métier" (Ed. du Seuil.) pour raconter leur expérience dans l'univers du cinéma hexagonal : "On est pas dans une accusation stérile, on ne balance aucun nom, on est là plutôt pour dénoncer un système qui perdure depuis trop longtemps".
"Pour une noire, vous auriez mérité d'être blanche" :

.@AissaMaiga et .@SoniaRolland racontent les perles entendues sur les plateaux de #cinéma#Noiren'estpasmonmétier @EditionsduSeuilpic.twitter.com/pceOOHMvpP
Sonia Rolland explique :
Le constat est quand même terrible : aujourd'hui, on ne peut pas monter un financement de film sur une actrice noire. Un noir, oui : Omar Sy, et c'est le seul
Sonia Rolland : "On nous dit : "quand il y a trop de protagonistes noires, ça ne marche pas en terme de recettes ...voir 'Black Panthers'! Et les films qui ne marchent pas : est ce que c'est la faute des blancs?!".


"On a écrit le livre avec beaucoup d'humour parce qu'on essaie de décomplexer les gens sur la question : le mot "noir" n'est pas un problème pour nous!".
.@SoniaRolland : "C'est Quincy Jones qui m'a poussé à m'organiser pour aller plus loin, pour avancer des projets" #Noiren'estpasmonmétier #cinéCette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. /lGzlnRsdhc
— France Inter (@franceinter) May 4, 2018

 

Aïssa Maïga: "Je revendique de pouvoir jouer n'importe quelle femme"telerama
• Juliette Bénabent


• . Etre femme, noire et cantonnée à des rôles caricaturaux : une fatalité dans le cinéma français ? Non, selon la comédienne Aïssa Maïga qui se bat depuis vingt ans pour que les choses changent. Elle est à l'initiative d'un livre collectif sur le sujet, "Noire n'est pas mon métier", qui sort le 3 mai.


« Quand on te regarde, ça sent le monoï. » « Vous ne pouvez pas être le personnage, c'est une avocate, elle s'appelle Sandrine... » « Il n'y a pas de Noirs au Conservatoire, laisse tomber ! »... Ces remarques, et bien d'autres, seize actrices françaises les racontent dans Noire n'est pas mon métier. Graves, elles posent sur la couverture, yeux plantés dans le regard du lecteur, qui est aussi spectateur et a remarqué, peut-être, combien la diversité de la société française est peu représentée sur les écrans ou au théâtre. De Firmine Richard à Karidja Touré et Assa Sylla (Bande de filles), d'Eye Haïdara (Le Sens de la fête) à l'humoriste et comédienne Shirley Souagnon, elles ont répondu à l'appel d'Aïssa Maïga. A 42 ans, la plus connue des actrices noires françaises, qui a tourné avec Abderrahmane Sissako, Cédric Klapisch, Michael Haneke ou Claude Berri, dénonce dans le prologue un « racisme nébuleux », « une myriade de mots méprisants et d'observations condescendantes », un « regard à la fois sexiste et raciste posé sur (nos) corps ». Les témoignages qu'elle a rassemblés sont percutants, ahurissants, anecdotiques ou analytiques, intimes ou universels, souvent drôles. Ils parlent de racisme ordinaire, de petites et grandes discriminations, de frustration. De personnages à la « démarche de panthère »...

Arièle Bonte


C'est Le rendez-vous du cinéma international. Comme chaque année, le Festival de Cannes surprend par sa sélection ou l'identité des membres du jury dévoilés quelques semaines avant son lancement.

Pierre Lescure, président du Festival de Cannes, et Thierry Frémaux, son délégué général, n'ont en revanche pas fait défaut à l'éternelle problématique de Cannes : le manque de représentation des femmes derrière la caméra. Si le cinéma ne vous dit rien, si vous en avez marre d'y voir toujours sélectionnés les mêmes réalisateurs, rappelez-vous que le monde ne tourne pas autour de la Croisette durant ces quinze jours de festivités.
Pour preuve, d'autres festivals sont organisés durant cette même période. Tour d'horizon de ces événements culturels et engagés où les femmes sont loin d'être sous-représentées.
Mrs Roots : une dose d'afroféminisme dans la littérature française


1. Fraîches Women Festival


Quand ? Le 6 mai 2018, de 13 heures à minuit.
Où ? À la Marbrerie, à Montreuil-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis (93).
On y trouve quoi ? Une journée entière de discussions, d'ateliers et une soirée de concerts, le tout organisé par et pour toutes les femmes, voilà en quelques mots ce qui vous attend au Fraîches Women Festival, événement organisé par Dolores Bakela et Adiaratou Diarrassouba, les co-fondatrices de L'Afro, un média qui raconte "l'expérience afrodescendante en France".
Pourquoi on y va ? Parce que le Fraîches Women Festival se revendique "inclusif, féminin et familial". On y croisera l'artiste et activiste Estelle Prudent, la photographe Noëlla. L., ou encore la créatrice de la newsletter Les Glorieuses, Rebecca Amsellem.

2. Le festival des Journalopes


Quand ? Le 6 mai 2018, de 16 heures à minuit.


Où ? À La Station - Gare des Mines, dans le XVIIIème arrondissement de Paris.
On y trouve quoi ? Des conférences consacrées au journalisme indépendant et féministe, organisées par le collectif Les Journalopes, soit six journalistes qui écrivent sur l'égalité, les violences conjugales, le sexe, les droits reproductifs ou encore l'amour.
Dimanche 6 mai, on te donne rendez-vous à La Station (@collectifMU) pour notre premier festival du journalisme indépendant et féministe

https://t.co/aouWCLpdmX pic.twitter.com/SgL8LP8mcn
— Les Journalopes (@LesJournalopes) 16 avril 2018
Pourquoi on y va ? Pour comprendre comment le journalisme a évolué depuis l'affaire Weinstein avec une conférence donnée par Victoire Tuaillon ou pour découvrir le témoignage d'Audrey Lebel, correspondante en Ukraine et assister à l'avant-première du documentaire l'Amour au temps d'Erdogan, réalisé par Cerise Sudry-Le Dû et Ségolène Davin.
Prix : entrée libre.


3. "Les héritières", le festival de l'association Lallab


Quand ? Le 5 mai 2018, de 13h30 à 21h30.


Où ? À l'Institut du Monde Arabe, dans le Vème arrondissement de Paris.
On y trouve quoi ? Une célébration des "héritières", c'est-à-dire "ces générations de femmes" qui appartiennent au passé comme au présent et à l'avenir et qui "poursuivent le combat" contre les discriminations et le racisme. Au programme : des tables rondes et rencontres organisées par l'association féministe et anti-raciste Lallab.

 

N'est pas intellectuel qui veut, ce mot est tellement galvaudé globalement chez les jeunes politiciens sénégalais qu'il est nécessaire d'en redéfinir les contours-Abdoulaye NDIAYE ABDOULAYE.

Franco-Sénégalais PROF ECO-GESTION ACADEMIE DE VERSAILLE- Un contributeur robuste qui donne à penser.

 Un intellectuel est une personne dont l'activité repose sur l'exercice de l'esprit, qui s'engage dans la sphère publique pour faire part de ses analyses, de ses points de vue sur les sujets les plus variés ou pour défendre des valeurs, il refuse le dictat, il met la main à la pâte, il défend et conscientise les masses. C'est un acteur engagé qui sait. P B CISSOKO

N'est pas intellectuel qui veut, ce mot est tellement galvaudé globalement chez les jeunes politiciens sénégalais qu'il est nécessaire d'en redéfinir les contours

Origine

Le terme « intellectuel » est considéré comme d'apparition récente ; il serait directement lié à l'Affaire Dreyfus en France. Toutefois quelques auteurs suggèrent l'existence d'occurrences antérieures

Le mot a été adopté par Maurice Barres et Ferdinand Brunetière, qui, dans leurs écrits anti-dreyfusards, entendaient dénoncer l'engagement d'écrivains comme Émile Zola, Octave Mirbeau ou Anatole France en faveur de Dreyfus, et sur un terrain – les affaires militaires et l'espionnage – qui leur était étranger. La connotation péjorative initiale (l'intellectuel comme penseur réfugié dans l'abstraction, perdant de vue la réalité et traitant de sujets qu'il ne connaît pas bien) a ensuite très largement disparu, au profit d'une image positive d'hommes, appartenant certes à des professions intellectuelles, mais avant tout soucieux de défendre des causes justes, fût-ce à leurs risques et périls.

L'intellectuel n'est pas nécessairement un philosophe ou un écrivain, et sa définition n'a rien de sociologique. Il s'agit de toute personne qui, du fait de sa position sociale, dispose d'une forme d'autorité et la met à profit pour persuader, proposer, débattre, permettre à l'esprit critique de s'émanciper des représentations sociales. Si l'on suit cette définition, l'intellectuel n'est pas une « institution » récente : dès la Grèce antique des rhéteurs comme Gorgias ou Protagoras s'inscrivent dans cette démarche passionnelle de l'esprit.

Mais, depuis l'Affaire Dreyfus, le mot d'intellectuel est utilisé plus précisément pour désigner quelqu'un qui s'engage dans la sphère publique pour défendre des valeurs. Dans la continuité de Voltaire défendant Calas8, c'est Émile Zola et Octave Mirbeau s'engageant pour le capitaine Dreyfus, c'est Jean-Paul Sartre et Pierre Vidal-Naquet dénonçant la torture en Algérie, c'est Michel Foucault bataillant pour les droits des prisonniers et Pierre Bourdieu pour ceux des chômeurs, ou encore Noam Chomsky lorsqu'il stigmatise la politique étrangère des États-Unis.

Rôle social

Plusieurs conceptions du rôle de l'intellectuel dans la société peuvent être évoquées.

En 1895, Octave Mirbeau définissait ainsi la mission de l'intellectuel : « Aujourd'hui l'action doit se réfugier dans le livre. C'est dans le livre seul que, dégagée des contingences malsaines et multiples qui l'annihilent et l'étouffent, elle peut trouver le terrain propre à la germination des idées qu'elle sème. Les idées demeurent et pullulent : semées, elles germent ; germées, elles fleurissent. Et l'humanité vient les cueillir, ces fleurs, pour en faire les gerbes de joie de son futur affranchissement.

Raymond Aron, dans L'Opium des intellectuels (1955), pose cette question du rôle du savant dans la cité, et concernant les grands débats du moment. Pour Aron, l'intellectuel est un « créateur d'idées » et doit être un « spectateur engagé ». À cette conception s'oppose celle du dreyfusard Julien Benda. Dans un essai intitulé La Trahison des clercs (1927), il déplorait le fait que les intellectuels, depuis la guerre, aient cessé de jouer leur rôle de gardiens des valeurs « cléricales » universelles, celles des dreyfusards (la Vérité, la Justice et la Raison), et les délaissent au profit du réalisme politique, avec tout ce que cette expression comporte de concessions, de compromis, voire de compromissions. La référence aux « clercs » (que la tonsure distinguait des laïcs) souligne cette fonction quasi-religieuse qu'il assigne aux intellectuels. L'attitude du clerc est celle de la conscience critique (plutôt que de l'engagement stricto sensu).

Jean-Paul Sartre, définira l'intellectuel comme « quelqu'un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas ». C'est celui à qui, selon la formule de Diderot empruntée à Térence, rien de ce qui est humain n'est étranger, qui prend conscience de sa responsabilité individuelle dans une situation donnée, et qui, refusant d'être complice, par son silence, des injustices ou des atrocités qui se perpètrent, en France même ou ailleurs dans le monde (pensons au rôle de Sartre dans le Tribunal Bertrand Russell érigé pour juger les crimes de guerre au Vietnam), utilise sa notoriété pour se faire entendre sur des questions qui ne relèvent pas strictement de son domaine de compétence, mais où l'influence qu'il exerce et le prestige, national ou international, dont il bénéficie peuvent se révéler efficaces. L'intellectuel, pour Sartre, est forcément « engagé » pour la cause de la justice, et donc en rupture avec toutes les institutions jugées oppressives.

Cela l'oppose évidemment à Raymond Aron, son ancien « petit camarade » de l'École Normale, à propos duquel il écrira, en mai 1968 : « C'est le système actuel qu'il faut supprimer Cela suppose qu'on ne considère plus, comme Aron, que penser seul derrière son bureau – et penser la même chose depuis trente ans – représente l'exercice de l'intelligence. [...] Il faut, maintenant que la France entière a vu de Gaulle tout nu, que les étudiants puissent regarder Raymond Aron tout nu. On ne lui rendra ses vêtements que s'il accepte la contestation ». Pour Sartre, l'intellectuel ne peut donc être que « de gauche », à condition d'entendre ce terme dans le sens d'un désir éthique de justice, et non dans un sens purement politique et partiaire.

Pour Albert Camus, soixante ans plus tard, l'écrivain « ne peut se mettre au service de ceux qui font l'histoire : il est au service de ceux qui la subissent » : « Notre seule justification, s'il en est une, est de parler, dans la mesure de nos moyens, pour ceux qui ne peuvent le faire. » Mais, ajoute-t-il, il ne faudrait pas pour autant « attendre de lui des solutions toutes faites et de belles morales. La vérité est mystérieuse, fuyante, toujours à conquérir. La liberté est dangereuse, dure à vivre autant qu'exaltante.

Serge Halimi, reprenant une célèbre expression de Paul Nizan12, a qualifié de « nouveaux chiens de garde » du système, par opposition aux intellectuels « dissidents » et « résistants »13, les intellectuels de la fin du siècle. Dans la continuité de Michel Foucault, et selon la définition que celui-ci en a donnée, Pierre Bourdieu était un « intellectuel spécifique »14 et il entendait mettre ses compétences de sociologue au service de son engagement. Des hellénistes comme Jean-Pierre Vernant, ancien résistant, et Pierre Vidal-Naquet ne prétendaient pas avoir de compétences particulières dans leurs interventions sur la scène publique, que ce soit contre la torture en Algérie ou pour les droits du peuple palestinien, et se situaient davantage dans la lignée d'Albert Camus et des intellectuels dreyfusards comme Émile Zola et Octave Mirbeau, qui partaient du principe d'éthique.

Pour le sociologue Laurent Muchielli, directeur de recherches au CNRS, « le rôle des intellectuels est de rompre avec les registres événementiel et émotionnel, qu'ils soient consensuels ou conflictuels, pour tenter d'apporter quelques éléments de réponse au débat collectif.

NDIAYE ABDOULAYE PROF ECO-GESTION ACADEMIE DE VERSAILLE

 

Abdoulaye NDIAYE nous propose des interventions ;  revues de presse à sa façon sur facebook.

«Le décrochage scolaire est un sujet délicat et qui mérite d'être étudié. Parents et enfants doivent beaucoup échanger pour comprendre l'état d'esprit des enfants. Un suivi peut faciliter l'accompagnement et éviter le décrochage. Notre compatriote nous dresse ici un éclairage succinct suivions-le»P B CISSOKO

La première des causes du décrochage scolaire est un trouble psycho-affectif qui va déboucher sur une forme d'inadaptation scolaire.
Pour réussir à l'école, il faut savoir accepter la contrainte, l'autorité de l'adulte, il faut accepter de faire des choses que l'on n'a pas envie de faire.

Tous les enfants ne sont pas dans cette disposition d'esprit aujourd'hui, loin s'en faut.


La deuxième cause est une cause économique. Les enfants concernés par les décrochages scolaires sont souvent issus d'un milieu socio-économique et socio-culturel défavorisé. Cette composante économique est aussi due au manque d'insertion professionnelle des parents. Lorsque des parents sont éternellement au chômage, le fait d'aller à l'école pour décrocher un boulot ne prend guère de sens pour les enfants dont la famille est victime de décrochement social. Souvent, les enfants victimes de décrochage ont eux-mêmes connu des troubles scolaires.


La troisième cause est liée à l'école. Notre école moderne a le travers de s'adresser à des gens qui connaissent bien le système. Elle exige très tôt un effort d'abstraction et de conceptualisation très difficile pour un enfant. L'enseignement ne passe pas suffisamment par l'expérimentation, ce que l'on appelle "la main à la pâte".

Quand vous cumulez ces trois paramètres là, le cheminement scolaire peut s'avérer très difficile.


Le décrochage scolaire existe dans tous les pays mais il est plus élevé en France qu'ailleurs. Il est évident que le décrochage scolaire dépend d'un ensemble de facteurs sociaux et individuels, comme la pauvreté, le chômage, la marginalité, etc... Le profil du public qui décroche ne résulte pas d'un hasard.

Néanmoins, il faut se poser la question de la responsabilité de l'école qui d'une certaine manière échoue à intégrer la totalité des élèves. L'école est d'ailleurs perçue par nombre d'élèves comme une machine à exclure, beaucoup d'élèves ont une image assez sombre de l'école. Ils ont l'impression que lorsque vous avez des difficultés scolaires, l'école ne sait pas trop quoi faire de vous, ne vous propose que des redoublements qui ne sont pas efficaces et des orientations que vous n'avez pas choisies. Les élèves en difficulté se sentent méprisés, ils ont le sentiment de ne pas avoir leur place à l'école.

Néanmoins, on pourrait peut-être aussi s'interroger sur la difficulté de l'école de ne pas être capable de récupérer ces élèves. Le décrochage est en fait un processus silencieux d'élèves qui commencent à échouer, qui ont des mauvaises notes, des punitions, qui se demandent ce qu'ils font là et à l'égard desquels les enseignants n'ont pas beaucoup de compassion. Par ailleurs, leurs camarades en ont souvent une image négative : "ils sont bêtes, etc.. ". Au bout d'un moment, la situation devient tellement pénible pour les élèves en situation d'échec, ils sont à l'école physiquement mais plus scolairement, ils vont ensuite de moins en moins à l'école parce que c'est désagréable et ils finissent par ne plus y aller du tout. Par ailleurs, pour certains élèves le décrochage est aussi une forme de révolte. Ils n'ont plus confiance en l'école, les formations qu'on leur a proposé ne sont pas celles qu'ils ont choisies donc ils préfèrent tenter leur chance de leur côté.


La situation est telle que quand un enseignant donne un devoir, il est devenu normal qu'un tiers des élèves n'aient pas réussi. Le problème du décrochage scolaire est d'autant plus important aujourd'hui que le marché du travail n'absorbe plus ces élèves.


Pour bien faire, il faut regarder comment la France s'en sort par rapport aux autres pays de l'OCDE. On se rend compte que notre système est caractérisé par un grand taux d'échec scolaire. Nous sommes à 20% d'échec scolaire, un très mauvais classement. De plus, c'est un échec qui concerne avant tout les classes sociales les plus défavorisées. Notre système scolaire produit donc de l'échec mais également des inégalités sociales.


Faire réussir tout le monde n'est pas forcément au détriment des plus forts. Nous sommes en France obnubilés par la peur du nivellement par le bas. Or, c'est généralement le contraire qui se produit. En faisant évoluer notre système, en prenant plus en compte les individus, on va globalement l'améliorer.
Concernant les causes qui sortent du champ d'action des politiques d'éducation et de l'école, on retrouve des problèmes sociaux, d'accidents de vie, d'handicap. Ces éléments peuvent être la cause principale comme un simple déclencheur. Souvent le décrochage prend ses racines très tôt dans la scolarité. Dès l'école primaire, l'enfant peut avoir l'impression que cela va trop vite pour lui, qu'il n'y a arrivera jamais. A un moment donné, arrive un déclencheur, propre ou non à l'école, qui fait qu'il décroche. C'est le fruit d'un long processus de démotivation.


Quel rôle l'environnement familial joue-t-il aujourd'hui dans les phénomènes de décrochage ? Sont-ils amplifiés par l'éclatement de la cellule familiale (explosion de la mono-parentalité) et l'évolution du rapport à l'autorité ?


Les trois paramètres que j'évoquais sont mis en exergue par la vie moderne. Du point de vue économique, le creusement des inégalités rend les pauvres encore plus pauvres, le déclassement social est devenu très violent.


La destruction des modèles familiaux a tendance à déplacer les enfants. Par exemple dans le cas d'une mère célibataire, le petit garçon va prendre la place du père. Nous savons dans la psychologie scolaire que lorsqu'un enfant endosse la place du père, il ne prend pas facilement une place d'élève à l'école.
Les explications liées au contexte familial sont vraies mais il faut s'en méfier.


Oui, si vous naissez dans une famille unie, où le père et la mère ont fait des études supérieures, où il y a des livres à la maison où le climat éducatif est sympathique, vos chances de décrocher sont beaucoup plus faibles que si vous naissiez dans une famille désunie où il y a du chômage, où le climat n'est pas bon.
Ce genre d'explications voudrait dire d'une certaine façon que l'école n'est là que pour s'occuper des élèves qui bénéficient de conditions éducatives excellentes. Cela reviendrait à dire que l'hôpital c'est bien mais plutôt pour les gens qui sont en bonne santé. Si ces facteurs sont avérés ils fonctionnent aussi comme une façon de se dédouaner mais l'école est là pour tout le monde. On doit la même chose à tous les élèves en termes de réussite scolaire et cela doit devenir un impératif.


Aujourd'hui en France, on accepte qu'un élève sur cinq entre en sixième sans savoir lire et compter convenablement, évidemment en troisième vous avez 150 000 décrocheurs. Quand on sait que dans certains pays le taux de décrocheurs est deux fois plus faible, il y a une mise en cause de notre système scolaire.


Le terme « monoparentale » signifie très souvent « femme seule avec enfant ». Ces dernières peuvent être confrontées à de multiples difficultés comme un travail avec des horaires décalés, l'éducation des enfants, des difficultés financières etc. Or ces problèmes s'associent très souvent à une incompréhension totale des codes de l'école. Quand l'enfant commence à perdre un peu pied, elles n'ont pas forcément les clés pour les aider directement ou trouver les ressources pour aider leurs enfants. Nous avons là une bonne piste de réflexion, il faut recréer le lien entre les familles, les ressources et l'école. Il faut travailler sur l'individu dans une dynamique collective et complémentaire.

NDIAYE ABDOULAYE
PROF ECO-GESTION ACADEMIE DE VERSAILLE

A lire
Les enfants d'immigrés réussissent-ils moins bien à l'école que les autres?
Par Timothé Goupil,

Le capital intellectuel et culturel des parents influence les niveaux d'études.
REUTERS/Charles Platiau


Contrairement à une idée reçue, les élèves issus de l'immigration, à milieu social équivalent, ont souvent de meilleurs résultats scolaires que les enfants de parents français.
La cité et le cliché. Ces deux-là s'attirent et se repoussent, comme un vieux couple qui se fait du mal. Selon un poncif dévastateur, les élèves issus de l'immigration réussiraient moins bien à l'école que ceux dont les parents sont français. Ils seraient plus assidus dans les halls d'immeubles que dans les salles de cours. Une première statistique brute fournie par l'Insee paraît confirmer ce décrochage : 61 % des enfants d'immigrés obtiennent le bac, contre 68 % pour les Français "de souche".
Une inégalité qui s'exprime d'abord dans la compréhension du système scolaire : "Les parents d'origine française connaissent bien mieux les rouages de l'Education nationale, et cela leur donne un avantage lors de l'orientation", explique Yaël Brinbaum, sociologue au Centre d'études de l'emploi et coauteure d'une étude de l'Institut national d'études démographiques (Ined) sur la réussite scolaire des enfants d'immigrés.


Des résultats souvent meilleurs à milieu social équivalent
Pays d'origine des parents Réussite hommes Réussite femmes


Espagne et Italie - 20 % - 10 %
Maroc et Tunisie + 20 % + 80 %
Algérie + 10 % + 10 %
Asie du Sud-Est + 70 % + 60 %
Autres pays européens + 40 % + 30 %


Mais, comme souvent en économie, il faut soulever le couvercle pour ne pas faire d'erreur d'interprétation. Ces chiffres ne tiennent pas compte de l'origine sociale des descendants d'immigrés : 66 % ont au moins un parent ouvrier, contre seulement 39 % des enfants sans ascendance étrangère. Il faudrait donc comparer deux populations (immigrés et non-immigrés) issues des mêmes catégories socioprofessionnelles.


Un fils d'ouvrier immigré chez Renault avec un fils d'ouvrier agricole "de souche". Un enfant de cadre supérieur marocain avec une fille de dirigeante issue des beaux quartiers. Verdict : les inégalités scolaires tendent alors à disparaître, et parfois même s'inversent ! Le capital intellectuel et culturel des parents, si cher au sociologue Pierre Bourdieu, influence donc les niveaux d'études. Et peu importe l'origine des parents. Le social prime sur la provenance.
L'aspiration à l'ascension sociale compense les "dons acquis"


La preuve en chiffres, toujours sur la foi de l'Ined : à origine sociale équivalente, un garçon tunisien ou marocain a 20 % de chances de plus d'obtenir son bac que son camarade non immigré. Pour une fille, la probabilité de décrocher le diplôme monte même à 80 %. L'Asie du Sud-Est produit des prodiges qui surpassent facilement les Français d'origine.
"On focalise toujours sur les échecs, s'indigne Yaël Brinbaum, alors que les réussites sont nombreuses." Certaines populations rencontrent toutefois davantage de difficultés. Seulement un tiers des enfants d'immigrés turcs deviennent bacheliers, ce qui les place en situation de sous-réussite, tout comme les Algériens, les Sahéliens ou les Portugais. En cause, une orientation précoce vers des filières plus courtes dites qualifiantes.


La leçon : le déterminisme des origines n'existe pas, et les parents immigrés inculquent à leurs enfants des désirs de réussite comparables à ceux des non-immigrés : à la sortie du lycée, 86 % des jeunes issus de l'immigration envisagent des études supérieures, contre 77 % pour les autres élèves. Ces aspirations à la réussite et à l'ascension sociale compensent alors largement les très bourdieusiens "dons acquis", symboles d'une éducation fondée sur la transmission du capital culturel et non sur l'instruction.
Mais c'est ensuite que les choses se gâtent. Le système éducatif français, perçu comme un moyen d'intégration et de mobilité sociale pour les familles d'immigrés, laisse souvent les plus méritants sur leur faim. Une situation en partie due au marché du travail : "Il y a toujours des discriminations à l'embauche, rappelle Yaël Brinbaum. Le diplôme protège du chômage, mais l'accès à l'emploi est plus difficile que pour les jeunes Français d'origine." Si les inégalités scolaires s'estompent, la route vers l'équité est encore longue.


Contenu proposé par Taboola
https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/les-enfants-d-immigres-reussissent-ils-moins-bien-a-l-ecole-que-les-autres

Le Qatar, qui a racheté en mai 2011 le Paris Saint-Germain, s’était fixé comme ambition d’en faire une grande équipe européenne. L’entraîneur actuel, Unai Emery ne sera pas reconduit et le PSG va devoir patienter encore pour atteindre le dernier carré de la Ligue des champions.

Depuis 2011 et le début de l’ère qatarie, le Paris Saint-Germain cherche la solution pour briller sur la scène européenne. Le club de la capitale avait tout misé cette saison sur l’arrivée de la star brésilienne Neymar (400 millions d’euros de dépensé sur lui) et sur la deuxième saison de l’entraîneur espagnol Unai Emery.

La valse des entraîneurs

Sans surprise et sans émotion, le PSG a tourné la page du coach espagnol, nommé parmi les quatre meilleurs entraîneurs de la saison en Ligue 1. Il lui reste une finale de Coupe de France à gagner le 8 mai contre Les Herbiers (club de National) alors que le titre de champion de France et déjà dans la poche. Unai Emery savait que depuis le match retour en 8e de finale de la C1 face au Real Madrid, que la messe était dite. Avec la Coupe de France, il devrait glaner son 7e titre à la tête du PSG, après deux trophées des champions (2016, 2017), deux Coupes de la Ligue (2017, 2018), une Coupe de France (2017) et un Championnat de France (2018).

A Paris, comme dans le football contemporain, les entraîneurs ont du mal à rester sur le banc très longtemps. En décembre 2011, lors de la trêve hivernale alors que Paris était champion d’automne, Carlo Ancelotti remplaçait Antoine Kombouaré, pas assez connu pour un club huppé. L’Italien quittera le PSG à l’issue de la saison 2012/2013 et cédera sa place à Laurent Blanc. Trois départs qui ont fait couler beaucoup d’encre.

L'Allemand Thomas Tuchel, 44 ans, devrait succéder à Emery sur le banc parisien. L'ex-entraîneur du Borussia Dortmund avec qui il a remporté une Coupe d'Allemagne en 2017, a été recommandé par le consul du Qatar en Allemagne au clan de l'émir Tamim al-Thani, selon le quotidien L'Equipe.

« Je crois en ce projet, c'est un projet solide », a tout de même rappelé Unai Emery. « Il faut maintenir cette patience dans le processus d'amélioration, avoir ce travail solide dans le club pour gagner la Ligue des champions », a-t-il encore plaidé, se montrant « sûr » que Paris la remportera un jour. Thomas Tuchel serait-il cette fois l’homme de la situation ?

Le PSG anime le marché des transferts

Depuis 2011, le PSG anime le marché des transferts. L’Argentin Javier Pastore arrive de Palerme pour environ 42 millions d'euros, pulvérisant ainsi le record du transfert le plus coûteux de l'histoire de la Ligue 1. L'été suivant, en 2012, Paris est le club le plus dépensier en Europe, avec 147 millions d'euros déboursés. Mais ni avec le Suédois Zlatan Ibrahimovic, ni avec l’Uruguayen Edinson Cavani, ou la star Neymar, le PSG n’arrive à faire mieux qu’un quart de finale en Ligue des champions. Sans parler de la venue de l'attaquant argentin Angel Di Maria dont la transaction avait coûté 63 millions d'euros, soit le deuxième plus gros transfert de l'histoire de la Ligue 1.

Si la feuille de route des Qataris est de faire du PSG un club capable de remporter la Ligue des champions, la prestigieuse compétition continentale, pour le moment, seuls des titres hexagonaux sont venus étoffer le palmarès.

En 2016, le club s'est incliné, pour la troisième année d'affilée, en quarts de finale de la Ligue des Champions. En 2017, c’est l’année de la cuisante défaite face au Barça 6 buts à 1 le 8 mars au Camp Nou. Depuis son rachat par QSI, le Paris Saint-Germain s'est fait une place parmi les clubs de football les plus riches de la planète, mais à l'heure actuelle, toujours pas de dernier carré de la Ligue des champions.

dimanche, 29 avril 2018 13:00

Angers-Marseille: l'OM a du banc

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L'Olympique de Marseille s'appuie sur une rotation efficace pour terminer sa saison marathon et devrait reposer quelques-uns des héros de Salzbourg pour la 35e étape de Ligue 1 à Angers, dimanche (17h00), pour rester dans la course à la 2e place.

A Marseille, la SCO Sainte-Marguerite est un club d'athlétisme (Société culturelle omnisports), il faudra encore beaucoup courir contre le SCO (Sporting club de l'Ouest) d'Angers, mais les joueurs de l'OM, qui disputent leur 57e match (record d'Europe cette saison) savent se passer le relais.

- Luiz Gustavo sait tout faire

"Luiz peut jouer partout, l'essentiel c'est qu'il soit sur le terrain", dit Rudi Garcia du joueur le plus utilisé cette saison (52 matches).

En avril, le Brésilien a beaucoup dépanné en défense centrale. Son expérience, son sens du placement, sa stature de donneur d'ordres font merveille partout, même si sa vision du jeu manque un peu au milieu du terrain quand il recule.

Adil Rami, le deuxième joueur le plus utilisé (51 matches), devrait jouer son dernier match de L1 de la saison avant de purger ses trois matches de suspension après les incidents de la fin d'OM-OL.

Rolando devrait l'accompagner, il semble remis de ses soucis de tendon d'Achille. Le jeune Boubacar Kamara (18 ans) est aussi candidat, si sa cheville le laisse tranquille. Bref, derrière le duo titulaire Rami-Rolando, Rudi Garcia a beaucoup de possibilités. Aymen Abdennour, décevant, est devenu lui la 5e roue du carrosse de la défense centrale.

- La faim des Lions indomptables -

Deux Camerounais de l'OM symbolisent bien la profondeur plus grande qu'imaginée du banc marseillais. Contre Salzbourg (2-0), les entrées de Frank Anguissa et Clinton Njie ont fait basculer pour de bon la demi-finale d'Europa League.

Njie a marqué un but superbe sur lequel il effectue 66% du travail, en appui avec Dimitri Payet, et retrouvé son rôle de joker du début de saison, quand il enchaînait les matches et les buts. Il venait de remplacer Maxime Lopez depuis seulement trois minutes. Et il a fêté son but avec son concurrent à gauche, Lucas Ocampos, sorti blessé un peu plus tôt.

"Bonne rentrée, Frank" devient le mantra de Rudi Garcia, entendu plusieurs fois sur les vidéos des coulisses du club diffusées par om.net. Celui que le stade appelle Zambo n'est plus titulaire, mais son abatage, domaine où le "minot" Lopez est un peu léger, a manqué contre Salzbourg, et son entrée a rééquilibré l'équipe.

Il fait même figure d'exemple pour l'entraîneur lillois Christophe Galtier. "J'ai vu Anguissa rentrer à 5-1 (ndlr: en fait 4-1): il a gagné tous ses duels, il avait une détermination, comme tous les entrants de Marseille", a salué Galtier, dont l'équipe a été balayée au Vélodrome (5-1).

Anguissa, troisième joueur le plus aligné (50 matches), a tourné toute la saison avec Morgan Sanson et Lopez, entrant souvent en jeu (22 fois).

- Mitroglou/Germain, le duo caché -

Ils ont rarement joué ensemble, mais le duo d'avant-centres Kostas Mitroglou - Valère Germain a signé au total 28 buts cette saison, toutes compétitions confondues (16 pour le Français, 12 pour le Grec).

Germain participe plus au jeu, décroche et cherche "des petits appels en profondeur", explique-t-il à l'AFP. "Mitro", c'est "l'avant-centre de fixation type", selon Garcia, le point fixe dans la surface qui attend d'être servi.

Leur association a été peu utilisée, ils ont en tout évolué 228 minutes ensemble (sans compter le temps additionnel) en 13 rencontres, pour un total de 5 buts quand ils étaient tous les deux sur le terrain, 4 pour le barbu ("meilleur entrant du Championnat de France", plaisante Garcia), un pour le blond.

Mais leur alternance a permis à l'OM de beaucoup marquer et offre de la variété au coach dans ses "compos". A Angers, Germain, moins en réussite, avec un seul but --à Dijon-- depuis deux mois, pourrait retrouver un rôle de titulaire.

"On a tous envie de jouer et d'être en lumière, mais quand l'équipe gagne on est ravi pour le groupe, c'est un sport collectif", conclut Germain.

Le Conseil d'Etat, dans son rôle de conseiller juridique du gouvernement  lors de la préparation des projets de loi a fait, cette fin de semaine, plusieurs objections au projet de réforme de l'assurance-chômage que le gouvernement souhaite faire adopter par le Parlement avant l'été. L'extension de l'indemnisation aux indépendants constitue une difficulté sérieuse pour le conseil d'Etat.

L'une des mesures phares de la réforme de l'assurance-chômage préparée par le gouvernement porte sur l'extension aux travailleurs indépendants du droit à une allocation chômage s'ils perdent leur activité.

Pour le Conseil d'Etat cette disposition soulève une sérieuse difficulté car les indépendants, contrairement aux salariés, ne cotisent pas à l'assurance-chômage. Les indemniser sans qu'ils aient participé au financement de l'assurance-chômage aurait donc pour effet de rompre le principe d'égalité entre les assurés : ceux qui cotisent et ceux qui ne cotisent pas.

Le Conseil d'Etat demande donc au gouvernement de revoir sa copie sur ce point. Par ailleurs il relève que la future convention d'assurance-chômage qui prévoit cette extension des droits à l'indemnité aux indépendants devra être négociée, comme pour les salariés, par les organisations syndicales. Or les syndicats de salariés ne sont pas représentatifs des indépendants. Ce revenu de remplacement créé pour les indépendants devrait donc, selon le Conseil d'Etat, relever d'un régime particulier, distinct de celui des salariés, et dont les règles d'application seraient fixées par le conseil d'Etat lui-même.

L'examen parlementaire du projet de loi débutera le 29 mai en commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale, pour une adoption prévue à l'été.

RFI

Le gouvernement malien a officiellement convoqué vendredi le corps électoral pour le scrutin présidentiel du 29 juillet, selon un communiqué du Conseil des ministres.

Le président Ibrahim Boubacar Keïta et son Premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga assurent depuis plusieurs mois que le vote se déroulera à la date prévue, malgré les reports successifs enregistrés pour les précédentes élections programmées depuis 2013, en raison notamment de la menace jihadiste dans le pays.

La campagne électorale du premier tour sera « ouverte le samedi 7 juillet 2018 à zéro heure » et sera « close le vendredi 27 juillet 2018 à minuit », selon le texte.

Si un second tour est nécessaire, il se tiendra le 12 août.

Cette annonce intervient après l’approbation lundi par l’Assemblée nationale, avec 109 voix pour et 35 contre, de la déclaration de politique générale du Premier ministre.

Bien que Ibrahim Boubacar Keïta ne se soit pas déclaré, une centaine d’associations de la majorité ont apporté leur soutien à sa candidature en mars.

Une dizaine de candidats se sont lancés dans la course, dénonçant la « mauvaise gouvernance » du pays.

Violences dans le nord et le centre

Les élections régionales, déjà reportées de décembre à avril, ont de nouveau été repoussées en mars à la fin de l’année. Les élections municipales, différées à plusieurs reprises, n’ont pu se tenir qu’en novembre 2016 sur une partie seulement du territoire en raison des violences dans le nord et le centre du pays.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Ces groupes ont été en grande partie chassés et dispersés par une opération militaire lancée en janvier 2013, à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU (Minusma), régulièrement visées par des attaques, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes, dont l’application accumule les retards.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues au centre et au sud du Mali et le phénomène déborde sur les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.

Le boycott des initiatives du pouvoir par l’opposition peut être analysé à deux niveaux. Il y a d’abord le rapport que le régime du président Sall a tendance à entretenir avec l’opposition qui est marqué par la confrontation brutale. Lorsqu’on analyse les emprisonnements pour offense au chef de l’Etat par exemple, il y en a eu au moins quatre entre 2012 et 2016 : Me El Hadj Amadou Sall deux fois en 2012 et en 2016, Bara Gaye en 2013, Samuel Sarr en 2014 ; alors que sous le règne du président Abdou Diouf, en 19 ans, la commission de ce délit n’a été imputée qu’à Talla Sylla en 1998. Ensuite, il y a eu la traque des biens mal acquis, sélective et politisée à outrance contre l’opposition, le Parti démocratique sénégalais (Pds) notamment, avec de nombreuses violations des droits et libertés des mis en cause. En plus de cette répression de l’opposition, il y a les décisions récurrentes d’interdiction à manifester prises en violation flagrante de la Constitution, qui ont connu un point culminant avec la répression de la marche du 14 octobre 2016.

En plus et à cause de cette confrontation, il y a eu une rupture de confiance entre le pouvoir et l’opposition qui devraient se réunir autour d’un consensus par rapport aux règles de la compétition politique et par rapport aux institutions, notamment, à travers la réforme constitutionnelle du 20 mars 2016. Sur toutes ces questions essentielles, le fossé se creuse entre pouvoir et opposition. La rétractation du président Sall quant à réduire son mandat après l’avoir affirmé une multitude de fois, au Sénégal et à l’étranger, en externalisant le coût politique sur la base d’un « avis-décision » du Conseil constitutionnel fragilise l’institution judiciaire et éloigne davantage les acteurs du jeu politique. La précipitation à organiser le référendum dans la division en a fait une occasion manquée, car c’était le moment crucial pour construire un consensus fort autour des institutions pour qu’elles ne soient plus créées et dissoutes en permanence selon les intérêts politiciens du président en fonction, pour construire son hégémonie.

Dans le même ordre d’idées, le boycott par l’opposition des initiatives du pouvoir s’explique également par l’organisation catastrophique des élections législatives du 30 juillet 2017, avec des ratés aussi graves que nombreux, qui ont fait reculer le pays de près de 20 ans, le ramenant aux élections locales chaotiques de 1996. C’est lors de ces fameuses législatives de juillet 2017 également que la curiosité juridique de « l’avis-décision » a permis de modifier une loi pourtant claire et précise comme de l’eau de roche, eu égard aux documents de vote. Ce qui constitue une violation flagrante de la séparation et de l’indépendance des pouvoirs. Car c’est par exemple comme si le président de la République promulguait un projet de loi qui n’a pas été voté par l’Assemblée nationale, ou si l’Assemblée nationale votait une loi pour modifier une décision de justice ! Cela est complétement surréaliste ! Dans ce contexte marqué par une rupture de confiance, le régime en place persiste dans sa logique de passage en force, au lieu de donner des gages de bonne volonté pour l’organisation transparente des élections, afin de renouer les fils du dialogue. C’est plutôt un refus catégorique qui est réitéré quant à nommer un ministre sans coloration partisane chargé d’organiser les élections, après avoir considéré que l’essentiel c’est qu’on a gagné, en félicitant le ministre de l’Intérieur chef d’orchestre des Législatives !

Son successeur rajoute à la tension et à la suspicion, en affirmant publiquement qu’il ne ménagera aucun effort pour faire gagner son candidat de Président au premier tour ! Non content de tout cela, on sert à l’opposition le parrainage qui vient rajouter de la complexité, voire de la confusion dans les règles de la compétition, sans discussion, en déployant massivement les forces de l’ordre pour réprimer les manifestations et arrêter les opposants, alors qu’à l’Assemblée nationale, la loi est votée sans débat ! Dans ces conditions, comment voulez-vous que l’opposition puisse adhérer aux initiatives du régime ? On ne peut pas construire une démocratie en écrasant par la force et la violence l’opposition. Même s’il y a eu deux alternances au Sénégal, il semble qu’il y a une remise en cause permanente et constante des acquis démocratiques par les régimes qui se succèdent !

Sudonline

Les parlementaires de l’opposition ainsi que les non-inscrits ont mis en exécution leur décision de boycotter le passage à l’hémicycle du président Cap verdien, Jorge Carlos Fonseca, le jeudi 26 avril dernier. Un boycott de plus qui vient rallonger le nombre de fois que l’opposition a refusé systématiquement de prendre part aux initiatives du régime de Macky Sall. Toutefois, force est de constater que, face à cette stratégie de la chaise vide, le pouvoir en place n’a jamais flanché et continue de dérouler librement ses projets.

En visite de travail au Sénégal, depuis le 25 avril, le président Cap verdien, Jorge Carlos Fonseca s’est résolu à s’adresser uniquement aux parlementaires de la majorité présidentielle, Bennoo Bokk Yaakaar. La cause, les députés du groupe parlementaire “Liberté et démocratie“ ainsi que les non-inscrits ont tout bonnement refusé de prendre part à la séance plénière de l’Assemblée nationale convoquée le jeudi 26 avril dernier, pour écouter le message de l’hôte de Macky Sall. Une manière, selon les opposants au régime en place, de lancer un «signal fort» à l’opinion nationale et internationale sur «les graves atteintes aux libertés collectives et individuelles» qui prévalent au Sénégal.

Cependant, force est de reconnaitre que l’opposition sénégalaise n’en est pas à son coup d’essai, depuis l’avènement du président Macky Sall à la magistrature suprême. A de nombreuses occasions, les adversaires politiques du pouvoir actuel ont systématiquement refusé de prendre part, à bien des occasions, aux manifestations ou rencontres initiées par les tenants du pouvoir, avec comme argument : la rupture de confiance. L’on se rappelle de leur bouderie lors du vote du projet de loi N°13/2018 portant révision de la Constitution, dès que la majorité a décidé de passer au vote de ladite loi sans débat. Une manière pour eux de ne pas participer à la «forfaiture» du régime, qui viserait à barrer la route à certains potentiels adversaires à la présidentielle de 2019. Ce qui n’a pas, pour autant, empêché à la majorité parlementaire qui, à elle seule, atteint le quorum requis pour modifier la Constitution, à procéder à l’adoption du projet de loi. Et cela, sans débat.

LA PERSONNALITE NEUTRE A L’ORIGINE DU BOYCOTT

Il en a été de même en novembre dernier, lorsque le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, a invité les acteurs politiques et autres acteurs impliqués dans le processus électoral, à se retrouver autour d’une table pour discuter des problèmes liés à l’organisation des élections. Le Parti démocratique sénégalais (Pds) et ses alliés de Wattu, ainsi que la coalition Mankoo Taxawu Senegaal formée autour de Khalifa Sall, avaient tout bonnement refusé de répondre à l’appel du gouvernement, récusant ainsi la personne du ministre Aly Ngouille Ndiaye, responsable politique du parti présidentiel (Apr) à la tête de l’organisation des élections. Une démarche de l’opposition qui n’a pas freiné la dynamique du régime. En dépit de l’absence de l’opposition dite «significative» à ces concertations, la question du parrainage a été discutée, comme tant d’autres, puis soumise au chef de l’Etat, pour arbitrage. La suite, tout le monde la connait, notamment l’arbitrage en faveur des propositions de la majorité présidentielle. Mieux, jusque-là, le régime n’a pas confié l’organisation des prochaines joutes à une personnalité neutre.

Autre rencontre boudée par les opposants au régime actuel, la concertation initiée par la Commission électorale nationale autonome (Cena) pour proposer une modification de la loi électorale, afin de permettre à l'électeur, avant d'aller à l'isoloir, de ne prendre que 5 des 47 listes en lice pour les élections législatives du 30 juin dernier. Lors de cette rencontre, certains représentants de listes, à l’image de Déthié Fall de Mankoo Taxawu Senegaal, ont quitté la table des concertations pour dénoncer une «mascarade»  consistant à modifier la loi électorale à 30 jours du scrutin, contrairement aux dispositions de la Cedeao interdisant la modification de la loi à 6 mois des élections, sans consensus. Pour autant, la proposition de la Cena a été adoptée par la majorité des plénipotentiaires des listes engagées pour les législatives, présents à la rencontre.

WADE BOYCOTTE L’INAUGURATION DE SON AEROPORT

Autre rencontre boycottée par l’opposition, sans pour autant être exhaustif, la cérémonie de lancement de la carte d’identité biométrique de la Cedeao, en octobre 2016. L’opposition qui était en pleine préparation de sa marche du 14 octobre, n’entendait pas se laisser «distraire» pour telle ou telle autre activité. A cela s’ajoute le refus de l’ancien président, Abdoulaye Wade, de prendre part à la cérémonie d’inauguration de l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd), le 7 décembre dernier. Cela, bien qu’étant son « géniteur ». Autant de cas, parmi tant d’autres, qui posent l’équation de la pertinence et de l’efficacité de la politique de la chaise vide adoptée par l’opposition.

Sud quotidien

 

Quand le dévot avance masqué pour être libertin : le chaos prend le contrôle

"La demeure du chaos ; Le chaos prend le contrôle, Tombouctou et le chaos religieux, l'Homme masqué ; bas les masques, les faux dévots-prédicateurs, etc.
Ne tombez pas sous un charme ou soyez lucide et demandez à votre raison pour sauver le cœur. En tout rechercher le Maître qui guide et qui n'abuse pas. Prudence....

De Plus en plus de gens se cachent derrière la religion, l'argent, la pouvoir hiérarchique, le cabinet médical( France), cabinet psy ou autre, pour agir de façon éhontée. Chaque jour un fait divers qui ébranle une pluralité de gens se fait jour. Dominique Strauss-Kahn, ce marabout et cette fidèle qui dit que leur relation est une histoire de fesse, T Ramadan, etc.
On profite de sa position, de son pouvoir pour « profiter » des gens en position de faiblesse.


La vérité se dévoile toujours un jours et la science et le droit font que les gens n'ont plus peur et veulent en dénonçant protéger les autres.
Qu'est-ce qui arrive au monde ?
Est-ce un changement hormonal qui pousse l'humain à violenter à abuser de l'autre.
Ne pouvons-nous plus avancer à visage découvert ; Devons–nous mentir pour réussir ?
Devons-nous réussir en avançant masqué ?


On se demande comment agir pour communiquer sans arrière-pensée et violence ou abus ?
Il n'y a pas longtemps c'est un vieil homme qui s'est inspiré d'un film 50 nuances de gré pour attirer une femme dans son appartement.
Cette femme voulait jouer et elle a perdu....
Le sexagénaire qui séduisait des femmes en jouant à « 50 nuances ...
rmc.bfmtv.com/.../le-sexagenaire-qui-seduisait-des-femmes-en-jouant-a-50-nuances-de-...
16 janv. 2018 - Un sexagénaire va être renvoyé devant la cour d'assises de Nice pour « viol par surprise ». Il utilisait une fausse identité pour séduire des femmes sur le web et coucher avec elles à son domicile de Nice, en s'inspirant du livre Cinquante nuances de Grey. Les faits remontent à 2009,

Quand les masques tombent la vie s'écroule c'est comme on passe de la lumière à l'ombre on perd ses repère et on commence à regretter.
La seule façon de résister à ces tentations et dérives c'est l'Education et avoir de solides reins.
Mais quel humain ne tombe pas un jour.
Je dirai aussi qu'il faut prier pour éviter de rencontrer ces gens qui impressionnent qui sont brillants mais qui sont masqués et quand les masques tombent ils entrent dans une animalité qui nous fait peur. P B C"

On parle de morale, d'éducation , d'éthique mais je crois qu'il faut repenser le monde et régler la Sexualité des gens.

Molière nous apprend aussi à bien comprendre cette figure ambivalente de l'Homme pour nous protéger. Le corpus de la philosophie aussi essaie de nous enseigner à nous couper de l'accessoire futile et périssable pour cultiver l'essentiel. Mais la Sexualité est un sujet qui non maitrisé peut entraîner des dérives et c'est ce que l'on voit et personne n'est à l'abri.
L'humanité a inventé le travail, l'activité etc, pour canaliser nos énergéia et celle sexuelle notamment mais malgré ça certains n'arrivent pas à se contrôler.
Lisons ceci pour nous instruire et

Libertinage, athéisme, irréligion. Essais et bibliographie
II. Libertinages
Hypocrisie et Imposture dans la querelle du Tartuffe (1664-1669) : La Lettre sur la comédie de l'imposteur (1667)
(1997)
Jean-Pierre Cavaillé


Ce texte devait initialement figurer dans un volume collectif sur Littérature et philosophie au XVIIe siècle, qui n'a pas vu le jour.


1A partir de quelques textes, et tout particulièrement de la Lettre sur la comédie de l'imposteur, je me propose de réfléchir sur la querelle du Tartuffe, envisagée comme un conflit dont l'une des caractéristiques majeures est l'accusation réciproque d'hypocrisie et d'imposture, entre d'une part Molière et ses partisans et, de l'autre, les nombreux et puissants détracteurs de la pièce. Le ton est d'emblée donné par les titres successivement choisis par l'auteur : Tartuffe, ou l'hypocrite, en 1664, puis Panulphe, ou l'imposteur, en 1667. La dénonciation de l'hypocrisie et de l'imposture (qu'il faut différencier) d'une certaine dévotion, mais aussi, en retour, l'accusation d'hypocrisie et d'imposture libertines, sont au centre de la querelle, à travers l'interrogation sur le lien accidentel ou essentiel de l'un ou/et de l'autre vice avec la dévotion, mais aussi avec le libertinage.


• 1 « Prenant la place du prêtre à l'église, du magistrat dans les villes et du père de famille à la m (...)
• 2 Voir l'ouvrage déjà ancien, mais excellent, de Raoul Allier, La Cabale des dévots, 1627-1666, Pari (...)
• 3 Voir à ce sujet, entre autres, les importantes analyses de René Pintard, Le Libertinage érudit dans (...)
• 4 Je laisse ici la querelle, si importante, de la moralité du théâtre sur laquelle il existe une imp (...)


2-Pour qui travaille sur la tromperie et le secret au début de l'époque moderne, la querelle du Tartuffe est un objet d'étude particulièrement riche, parce qu'il met en jeu tout un ensemble de questions sur la falsification des apparences.

Questions d'abord de définition : qu'est-ce que l'hypocrisie ?

Qu'est-ce que l'imposture ?

Qu'est-ce qui les différencie ?

Question redoutable ensuite des moyens de connaissance disponibles pour distinguer l'hypocrite de l'homme sincère, l'imposteur de l'homme de bien. Questions ensuite, d'identification sociale des hypocrites : qui sont les hypocrites dénoncés par Molière, qui sont les tartuffes ?

Les faux dévots, comme Molière et l'auteur de la Lettre l'affirment haut et fort ?

Tous les dévots, laïques et ecclésiastiques, la dévotion étant elle-même subrepticement réduite dans la pièce à l'hypocrisie, selon l'accusation des dévots ? Ou bien l'hypocrite n'est-il pas plutôt le libertin lui-même, déguisé en redresseur de dévotion ?

Quel est le rapport entre l'hypocrisie prétendue de l'un et l'autre camp, et les pouvoirs en présence ?

En quoi d'abord les stratégies idéologiques, sociales et économiques d'infiltration dans la société française de groupes organisés de dévotion, comme la Compagnie du Saint Sacrement, pouvaient-elles aisément donner lieu à l'accusation d'hypocrisie et d'imposture1 ?

Il existe bien sûr un lien étroit entre cette accusation et la semi-clandestinité, à la fois choisie et imposée, de la fameuse Compagnie, foyer de la cabale, combattue par le pouvoir royal : la victoire de celui-ci, comme ont le sait, sera d'ailleurs symboliquement signée par la victoire finale du Tartuffe2. Mais pourquoi également, et jusqu'où, la culture libertine, par les pressions conjuguées de l'Église et du corps social tout entier, était-elle objectivement contrainte à la dissimulation et à la dénégation pour s'exprimer, en prêtant ainsi nécessairement le flanc à l'accusation d'hypocrisie ?3 Pourquoi également le théâtre fut-il un médium aussi efficace pour dénoncer l'hypocrisie dévotieuse ? Mais pourquoi aussi le théâtre était-il considéré par ses détracteurs comme un art en lui-même fallacieux et hypocrite ? Ces deux dernières questions sont au centre de la double querelle, dans laquelle vient s'inscrire les conflits autour du Tartuffe, de la légitimité de traiter des sujets de religion au théâtre, et ensuite de la légitimité morale, sociale et politique du théâtre lui-même4.


3-Un bref examen de la querelle et la lecture de la Lettre nous permettront d'aborder ces questions, sans aucune prétention à l'exhaustivité et à la systématicité.
Hypocrisie dévote et imposture libertine


4-La querelle du Tartuffe met en scène, c'est-à-dire exprime et représente, le conflit de deux options culturelles antagonistes et, plus profondément, de deux façons de concevoir la vie sociale, mais qui ne peuvent être correctement appréhendées l'une sans l'autre : le libertinage et la dévotion. Je me garderai bien de tenter ici de donner de ces grandes catégories des définitions précises, mais leur emploi est d'abord commandé par les textes où elles ne cessent d'être mises en avant. Le libertinage forme une catégorie presque exclusivement négative, qui indique la corruption intellectuelle et morale, la dissolution de la piété et des mœurs, la transgression des lois — personne ne pouvant ni ne voulant revendiquer le libertinage ainsi entendu — et d'autre part la dévotion, comme telle incontestée, car la foi et l'observation du culte ne sauraient être mises en cause frontalement et publiquement. Le Tartuffe, relayé par la Lettre sur la comédie de l'imposteur, s'en prend uniquement à la fausse dévotion, à la mauvaise dévotion, présentée comme une corruption de la religion et des mœurs, et un péril pour l'ordre social et politique.

https://journals.openedition.org/dossiersgrihl/

Lire ceci  sur Tarik RAMADAN      cet article engage Europe 1

Majda Bernoussi a entretenu une relation de cinq ans avec l'islamologue, entre 2009 et 2014. Rencontrée par Europe 1, elle ne dénonce aucun viol mais estime s'être faite "avoir" et décrit une emprise psychologique intense.
TÉMOIGNAGE EUROPE 1
Elle ne l'accuse pas de viol et ne compte pas porter plainte. Mais Majda Bernoussi estime avoir vécu une relation avec un "prédateur", et son témoignage intéresse les enquêteurs : entre 2009 et 2014, la Belgo-marocaine a fréquenté le prédicateur musulman Tariq Ramadan. Pour la première fois depuis la mise en examen de l'intellectuel, soupçonné de viols, elle raconte, auprès d'Europe 1, l'emprise psychologique qu'elle estime avoir subie, l'accord financier qu'elle a accepté pour se taire et les autres victimes dont elle aurait recueilli les confidences.
"Une relation plus poussée". Majda Bernoussi se décrit comme une musulmane pratiquante. En 2009, elle vient de terminer un ouvrage sur son passé difficile et ses questions quant à la religion et souhaite s'adresser à un "intellectuel musulman". "En pleine quête spirituelle", elle adresse son manuscrit à Tariq Ramadan. "C'est comme ça que le contact s'est fait. Très vite, il me dit qu'il est tombé amoureux de la fille du livre. Je suis un peu étonnée mais à force, on a une espèce de relation épistolaire".
>> Écoutez l'interview intégrale de Majda Bernoussi :

Pendant quelques semaines, ils échangent par Facebook ou par SMS. Puis il propose de la rencontrer, "parce que c'est lui qui est en demande d'une relation plus poussée".

Tous deux se rencontrent. "Pour moi, c'est le début d'une histoire", souffle Majda Bernoussi. Sur internet, la jeune femme a lu que Tariq Ramadan était marié. Mais il jure qu'il est divorcé "devant Dieu et les hommes". "Je le crois à ce moment-là, parce qu'il n'y a pas de raison de douter. Clairement je suis dans une quête spirituelle et pour moi ça part sur quelque chose de sain, de spirituel avec de vrais codes assez carrés", raconte-t-elle.
"Il veut avoir une mainmise sur moi". Mais la relation démarre "bizarrement". "Quand j'émettais un doute il m'en voulait, il me disait, 'je ne suis pas ça'. Je lui disais : 'ça n'est pas une aventure ?', il me disait 'ne m'insulte pas'", poursuit-elle. "Il ne veut rien entendre, il ne veut pas que j'ai de cerveau, il ne veut pas que je réfléchisse. Il veut avoir une mainmise sur moi."


ENTENDU SUR EUROPE 1


L'éthique, la morale, la foi, la bonté, c'est des choses qu'il réserve face caméra


Pourtant, la jeune femme ne quitte pas l'islamologue. "J'ai été amoureuse de ce qu'il prétendait être", analyse-t-elle, décrivant une liaison chaotique et des "crises" régulières. "On a vraiment affaire à un prédateur, un manipulateur extrêmement malsain, tout à fait aux antipodes de l'image qu'il donne. (...) J'étais de plus en plus malheureuse, je m'asphyxiais de l'intérieur. C'est ce qu'il veut : une soumission complète. L'éthique, la morale, la foi, la bonté, c'est des choses qu'il réserve face caméra. Hors champ, je n'ai jamais eu affaire à ce type là."

"Quelqu'un que je n'ai jamais vu prier". Selon Majda Bernoussi, ce fossé entre la personnalité publique de l'islamologue et son attitude en privé se vérifie également en matière de religion. "Quand on lui parle de pratique, il balaye d'un geste de la main en vous disant que ce ne sont que des détails. C'est quelqu'un que je n'ai jamais vu prier, jamais." Quant à l'attitude de Tariq Ramadan lors de leurs rencontres, elle ne dénonce pas de violences, contrairement aux plaignantes françaises. Tout juste admet-elle pudiquement "des comportements qui sortaient du cadre habituel".
LIRE AUSSI - Le témoignage d'Henda Ayari, première plaignante contre Tariq Ramadan
ENTENDU SUR EUROPE 1


Dans la vraie vie c'est un véritable barbare, aussi bien intellectuellement que physiquement


Pour la Belgo-marocaine, le déclic survient un jour où elle se sent mal, cinq ans après le début de leur relation. "Je suis dans tous mes états et il me regarde en souriant. Au moment où je vois ce sourire, c'est bizarre, ça me réveille." Petit à petit, elle prend du recul sur son histoire : "je n'ai jamais été dans quelque chose d'aussi noir que cette relation, qui a été vraiment destructrice. Il me disait tout le temps : 'vivre, c'est détruire'. Ça a quelque chose de galvanisant pour lui."


"Comme sortie d'une secte". Majda Bernoussi alerte alors des journalistes, des institutions religieuses, et la communauté qui entoure Tariq Ramadan sur les réseaux sociaux. "Je vais sur son Facebook à lui, je me mets à écrire ce qui m'est arrivé", raconte-t-elle. "Insultée, menacée", elle affirme qu'on essaie de "[la] faire taire". Au bout d'un an, "complètement vidée, aussi bien physiquement que moralement", elle accepte de signer une convention proposée par l'intellectuel : contre 27.000 euros, elle supprime les messages relatant leur histoire et s'engage à ne plus en parler publiquement.
"Pour lui, il a acheté mon silence, mais pour moi, j'avais tout dit, et pas trouvé d'écho", explique-t-elle. "Donc j'ai pris cet argent d'abord comme un remboursement : c'est moi qui payait souvent, il me disait qu'il n'avait pas d'argent. Mais surtout, comme une sorte de reconnaissance morale de ce qu'il m'avait fait."


"Au moins 25 femmes". Aujourd'hui, c'est le récit de cette relation de "soumission" qui intéresse les enquêteurs : selon nos informations, la police française a demandé à entendre Majda Bernoussi, représentée par l'avocat Eric Morain, dans l'enquête en cours, jugeant son témoignage susceptible d'éclairer la personnalité de Tariq Ramadan.


L'ancienne compagne de l'islamologue affirme en outre avoir échangé avec "au moins 25 femmes" qui se trouvaient dans la même situation qu'elle en 2015. "Il faisait ça de manière industrielle", assène-t-elle. "Dans la vraie vie c'est un véritable barbare, aussi bien intellectuellement que physiquement. (...) Il s'adapte à chaque profil, il n'a aucune limite et il se donne le droit. Il me disait tout le temps : 'je suis protégé, je ne suis pas un homme ordinaire'."


Concernant les accusations de viols et d'agressions sexuelles, Tariq Ramadan nie formellement les faits qui lui sont reprochés par les plaignantes françaises. Mais l'intellectuel a opéré un changement dans sa ligne de défense, la semaine dernière : d'après son avocat, il reconnaît avoir entretenu une "relation" avec l'une des femmes qui l'accusent, "mais pas celle qu'elle décrit". Son conseil, Me Emmanuel Marsigny, qualifie lui de "disproportionnée" la détention provisoire de son client, écroué depuis sa mise en examen, en février.

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