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Burkina Faso : ce qu'il faut retenir du discours d'Emmanuel Macron-le choc des vérités-: 

Par Romain Gras

Lors du discours d'Emmanuel Macron, à Ouagadougou le 28 novembre 2017. © SIPA


Assassinat de Thomas Sankara, lutte contre le terrorisme, migration, éducation... pendant plus de deux heures, le président français Emmanuel Macron s'est adressé aux étudiants de l'Université de Ouagadougou, pour la première étape de sa tournée africaine. Retour sur les points clés de son intervention.
• Promesse de déclassification des archives françaises sur Thomas Sankara

Thomas Sankara à Ouagadougou au Burkina Faso, le 26 février 1987. © Archives Jeune Afrique-REA


Tous les documents que la justice voudra consulter (...) seront ouverts et transmis


Emmanuel Macron a choisi d'ouvrir son discours en rendant hommage à Thomas Sankara, sous les applaudissements des étudiants de l'Université de Ouagadougou. Le président français a promis, à l'occasion d'un point presse au sortir de son tête-à-tête avec le président Marc Roch Christian Kaboré, que les documents jusqu'ici classés secret-défense sur l'assassinat de l'ancien président burkinabè seront déclassifiés et que la justice burkinabè pourrait y accéder.
En réponse à la question d'un étudiant, il a affirmé s'être engagé à ce que « tous les documents produits par administration française pendant le régime de Sankara et après son assassinat soient déclassifiés pour être consultés en réponse aux demandes de la justice burkinabè. (...) Ce qui veut dire que tous les documents que la justice voudra consulter (...) seront ouverts et transmis. »


Interrogée par Jeune Afrique, Mariam Sankara, la veuve du président burkinabè dont l'assassinat en 1987 n'a toujours pas été élucidé, a dit sa satisfaction à cette annonce. « Nous souhaitions la déclassification de ces archives depuis longtemps. C'est donc une bonne chose, mais nous attendons maintenant de connaitre le contenu de ces documents et de voir quelle sera la suite de la procédure », a-t-elle déclaré.


• Défense de l'intervention française dans le Sahel

Des soldats français de la force Barkhane, à Gao, le 18 mai 2017. © Christophe Petit Tesson/AP/SIPA


Vous ne leur devez qu'une chose aux soldats français : les applaudir !


Confrontée à des problèmes de financement, la force militaire du G5 Sahel, qui doit compléter la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) ainsi que l'opération Barkhane, stagne et tarde à se mettre en place. « Nous devons accélérer le travail de coopération avec le G5 Sahel, a affirmé le chef d'État français. Les premières expériences ont été faites avec succès. Je veux que nous puissions désormais conduire les premières victoires pour terrasser les terroristes. Ce sont des organisations régionales plus fortes qui ont vocation à prendre le relais contre le fardeau du terrorisme. Il faut renforcer les forces régionales crédibles et réactives. C'est le sens de l'histoire »
Le budget de fonctionnement de la force G5 Sahel – estimé à 423 millions d'euros – est pour l'instant loin d'être bouclé, malgré la promesse des États-Unis de contribuer d'avantage.


Emmanuel Macron a également profité de son intervention pour saluer le bilan de son prédécesseur en matière de lutte contre le terrorisme. « La France a été à vos côtés et je salue la décision de François Hollande d'intervenir au Mali. C'était la bonne décision. La France a été aux côtés de l'Afrique comme l'Afrique a été aux côtés de la France », a-t-il affirmé, rappelant au passage que la France, comme le Burkina Faso, « ont été meurtris par le terrorisme islamiste ».
Un sujet qui a aussi valu à l'un des étudiants, qui l'interrogeait sur le déséquilibre entre le nombre de visas étudiants et le nombre de soldats français présents au Sahel, une réponse cinglante : « Vous ne leur devez qu'une chose aux soldats français : les applaudir ! », a lancé le président français, visiblement agacé par la question.


• Crise migratoire : « Une crime contre l'humanité »

Un migrant subsaharien dans une geôle libyenne, en 2013. © Manu Brabo/AP/SIPA


Qui sont les trafiquants ? Ce sont les Africains mon ami ! Et nous les combattons avec vigueur !


Suite à la diffusion du reportage de CNN qui a démontré l'existence d'un marché aux esclaves en Libye et provoqué l'indignation mondiale, le président français avait qualifié ces ventes de « crimes contre l'Humanité ». Des propos qu'il a réitéré lors de son discours à Ouagadougou. « La tragédie de ce que j'appelle les routes de la nécessité, (..) le pire désastre de notre histoire partagée, il faut le nommer pour agir avec force ». Emmanuel Macron a également annoncé qu'il proposerait mercredi à Abidjan, à l'occasion du sommet Union africaine-Union européenne, « une initiative euro-africaine pour mettre un terme à la stratégie des terroristes et des trafiquants d'armes. »


Interrogé sur le sujet après son discours par une étudiante, le président a cette fois réagi plus sèchement : « Qui sont les trafiquants ? Ce sont les Africains mon ami ! Et nous les combattons avec vigueur ! » avant d'ajouter : « Arrêtez de dire que le problème c'est l'autre ! Présentez-moi un passeur belge, français, allemand ou que sais-je encore ! Vous n'en trouverez pas ! »


• Franc CFA : « Je suis favorable à ce qu'on en change le périmètre »

Le franc CFA déchaîne les passions. © Adria Fruitos pour JA
Il ne faut pas avoir une approche bêtement anti-impérialiste


Concernant la devise monétaire ouest-africaine, Emmanuel Macron a estimé que le franc CFA nécessitait quelques ajustements. « Le franc CFA n'a plus le bon périmètre (notamment avec la présence du Nigeria). Mais je sais que ça donne de la stabilité monétaire. Il ne faut pas avoir une approche bêtement anti-impérialiste », a-t-il expliqué devant les étudiants de l'Université de Ouagadougou. Le président français s'est dit « favorable à ce qu'on en change le périmètre et peut-être même le nom » .
« Si le président Kaboré veut sortir de la zone franc, il peut le faire quand il veut ! (...) Dès qu'il aura fini de réparer la climatisation... » a encore ajouté Emmanuel Macron.
• Jeunesse, éducation et mobilité : « Multiplier les partenariats, les échanges, les formations croisés »

Des étudiants en filière Éducation à l'université de Porto-Novo, au Bénin, en mai 2017. © Flickr / Creative Commons / World Peace Intiative


Je veux que ceux qui sont diplômés en France puissent y revenir aussi souvent qu'ils le souhaitent


C'était un des axes prioritaires de la visite d'Emmanuel Macron, « faire évoluer la perception de la France par la jeunesse africaine ». « Le changement, le renouveau générationnel, dans un continent comme l'Afrique, ce n'est pas une option, c'est une loi mathématique », a-t-il martelé lors de son discours.
Le président français a affirmé que les membres du Conseil présidentiel pour l'Afrique, créé fin août , seront « en lien constant avec la jeunesse africaine pour en restituer la voix ». Ce Conseil présidentiel pour l'Afrique (CPA ), se veut un « outil de concertation et d'aide à la décision directement rattaché au président », expliquaient les services de la présidence française lors de son lancement.


Il a également annoncé la création d'une « maison de la jeunesse africaine », dont il a promis l'ouverture « avant le 14 juillet prochain ».
Au sujet de la mobilité des jeunes diplômés, le président français a défendu une politique d'échange plus large. « Je veux que ceux qui sont diplômés en France puissent y revenir aussi souvent qu'ils le souhaitent grâce à des visas de circulation longue durée », a-t-il affirmé, plaidant également pour « multiplier les partenariats, les échanges, les formations croisés, les doubles-diplômes qui nous permettront d'apprendre l'un de l'autre ».


« Je souhaite que plus de jeunes Français puissent venir travailler en Afrique (...) en privilégiant les candidats qui parlent ou ont commencé à apprendre une langue africaine », a-t-il encore ajouté.


• Démographie : « Je veux qu'en Afrique, partout, une jeune fille puisse avoir le choix »

Une mère et son nouveau-né, dans une maternité de Freetown, en Sierra Leone en 2010. © Felicity Thompson/AP/SIPA


Quand vous voyez des familles de 6, 7, 8 enfants par femme, êtes-vous sûrs que cela soit le choix de la jeune fille ?


Interrogé sur la démographie en Afrique début juillet, à l'occasion du G20, Emmanuel Macron avait déclenché une polémique en parlant problème « civilisationnel » quand certaines femmes « ont 7 à 8 enfants ». « Sa mention de la démographie du continent est caricaturale et je ne partage pas l'idée que, si on investit des milliards d'euros, nous n'obtiendrons aucun résultat », avait alors jugé, dans une interview à Jeune Afrique, Jean-François Kobiané, démographe à l'université de Ouagadougou, au Burkina Faso, et directeur de l'Institut supérieur des sciences des populations (ISSP).


Lors de son discours à Ouagadougou mardi, le président français est revenu sur la question en déclarant : « Quand vous voyez des familles de 6, 7, 8 enfants par femme, êtes-vous sûrs que cela soit le choix de la jeune fille ? Je veux qu'en Afrique, partout, une jeune fille puisse avoir le choix ».« C'est une conviction profonde qui m'a poussé à faire de l'égalité femme-homme une grande cause de mon mandat. La démographie peut être une chance mais à condition que chaque femme puisse choisir son destin » a-t-il ajouté.

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Mohammed VI à Abidjan : « Le temps n'est plus aux polémiques d'arrière-garde, mais à l'action » jeuneafrique


Par Nadia Lamlili @nadialamlili

Le roi du Maroc, Mohammed VI a rencontré le président sud-africain, Jacob Zuma, le 29 novembre 2017 à Abidjan © Maghreb Arab Press (MAP)
Se posant en leader des questions de migration au sein de l'Union africaine, le roi du Maroc a adressé mercredi un message au sommet UA-UE d'Abidjan. Il plaide pour une responsabilité partagée afin de dépasser les stéréotypes et de construire un pacte bicontinental.


Le déplacement qu'effectue actuellement le roi du Maroc à Abidjan, à l'occasion de la tenue du sommet UA-UE les 29 et 30 novembre, devrait rester dans les annales. D'abord en raison de la portée du message qu'il y a adressé, mercredi 29 novembre, sur la question de la migration, et ensuite parce qu'il y a rencontré, pour la première fois, le président sud-africain, Jacob Zuma, deuxième allié du Polisario après l'Algérie sur le continent.


Un entretien empreint de « franchise » et de « bonne entente » selon l'agence marocaine MAP et à l'issue duquel les deux chefs d'État ont convenu de désigner des ambassadeurs dans leurs capitales respectives – elles ne sont actuellement représentées que par des chargés d'affaires. C'est un événement important dans les relations entre les deux pays qui va, sans doute, avoir de fortes conséquences sur les alliances que le royaume a progressivement tissées sur le continent.
Dans son message envoyé mercredi au sommet d'Abidjan, le roi du Maroc s'est voulu offensif. « Dix sept ans après l'émergence de ce partenariat UE-UA, le temps n'est plus aux diagnostics, ni aux polémiques d'arrière-garde.

Le temps est à l'action. » Il faut, déclare en substance le souverain, aller vers une compétitivité partagée, une co-localisation des entreprises productives, une mobilité humaine régulée et des échanges culturels féconds.


Ce qui s'est passé en Libye « est un véritable déni de l'humanité »


Pour cela, il s'attend à ce que les pays occidentaux changent leur politique de la dette envers les pays africains, qu'ils arrêtent de leur imposer des conditions impossible à respecter. Moins d'un siècle après leur indépendance, dit-il, croire que les pays africains pourront avoir les mêmes performances politiques et économiques que celles de l'Europe est une « aberration (...) d'autant plus vive que ces mêmes pays européens ont parfois, eux-mêmes, de grandes difficultés sur les plans financier et politique ».
Par la suite, Mohammed VI s'est attelé à corriger les perceptions « erronées, passionnelles ou xénophobes » sur la question de la migration. Il a rappelé que les flux migratoires font partie de l'Histoire et des échanges humains et qu'ils n'ont commencé à avoir leur connotation négative qu'après la création des frontières post-indépendances. C'est à partir de cette période que la migration a commencé à être perçue comme une source de danger et non d'enrichissement mutuel, soutient-il. Associée aux trafics en tout genre, à la guerre et aux sécheresses, elle se traduit actuellement dans l'imaginaire humain par la pauvreté, la précarité, l'instabilité et même de la mort, selon lui.
À ce propos, le roi du Maroc s'indigne des scènes d'esclavage de migrants en Libye, des crimes perpétrés, selon lui, par des milices qui échappent au gouvernement libyen. « Il s'agit d'un véritable déni de l'humanité », dit-il, contraire aux droits fondamentaux et aux valeurs du peuple libyen.
L'Europe doit arrêter de dépouiller l'Afrique de ses talents


La situation de la migration aurait été maîtrisée si les groupements régionaux étaient fonctionnels, estime le roi. « Or, l'Union du Maghreb arabe (UMA) n'existe pas ! » Et les flux migratoires, à la faveur de conflits régionaux, sont souvent la proie de réseaux de trafics divers allant des stupéfiants aux filières terroristes.
« Le temps est à l'action », martèle Mohammed VI. Mais il faut que l'Europe change de politique migratoire.

Il n'est pas acceptable qu'elle convoite les meilleurs talents du continent au mépris de l'investissement de leur pays d'origine en termes de formation. L'hémorragie des cerveaux qui s'ensuit est « déplorable », estime-t-il.


Le souverain enchaîne ensuite par un rappel historique. Les populations européennes et africaines ont toujours été dans une dynamique migratoire. Aujourd'hui, ces déplacements relèvent de la chimère. Les migrants africains ont contribué grandement à la reconstruction de l'Europe d'après-guerre. Et depuis une dizaine d'années, des Européens s'installent au Maroc, amenant leur savoir-faire, créant localement des PME et des emplois.


Pour un dialogue franc et direct entre anciens colonisateurs et anciens colonisés


Sur la base de cette histoire partagée, le roi du Maroc propose que le partenariat entre l'Europe et l'Afrique évolue vers « un pacte bi-continental nouveau », car il est essentiel selon lui que « le dialogue entre les anciens pays colonisateurs et anciens pays colonisés demeure franc et direct et qu'il faut aujourd'hui lui donner un nouvel élan ». L'UE et l'UA sont deux groupements égaux devant les défis et tout autant devant les opportunités et les responsabilités, conclut-il.


Depuis le sommet de l'UA de janvier 2017 qui a vu la validation de son adhésion à l'organisation panafricaine, le roi du Maroc a été chargé de concevoir une nouvelle feuille de route sur la question de la migration. Une note préliminaire a été présentée par son frère, le prince Moulay Rachid, au précédent sommet de l'UA, en juillet à Addis-Abeba. Aujourd'hui, cet agenda est fin prêt et promet d'être l'un des moments forts du prochain sommet de janvier 2018.
Corriger certaines idées préconçues sur la migration africaine


Le souverain marocain y a corrigé certaines idées préconçues sur la migration africaine. Elle est d'abord inter-africaine : sur cinq Africains qui se déplacent, quatre souhaitent rester sur le continent. Elle n'appauvrit pas le pays d'accueil : 85% des gains des migrants restent dans ce pays. Et puis, contrairement aux discours politiques ou à l'image véhiculée par les médias, la migration irrégulière ne concerne que 20% de la migration internationale.


Le mot de la fin du message royal constitue un appel à la mobilisation. « Dans le cadre de cet agenda, conformément à leurs engagements internationaux, et loin des pratiques honteuses et inhumaines, héritées d'une époque révolue, les pays africains assumeraient leurs responsabilités dans la garantie des droits et de la dignité des migrants africains sur leur sol ».

 

Documentaire : il y a 100 ans, l'épopée des Harlem Hellfighters 14-18- Africains-Américains engagés en Europe-Par Nicolas Michel


Le sergent Henry Johnson, membre des Harlem Hellfighters, héros de la 1ère Guerre mondiale et décoré à titre posthume de la Médaille d'honneur, la plus haute distinction militaire américaine, par Barack Obama en 2015. © AP/SIPA


Le 13 décembre à 20h55, la chaîne de télévision France Ô diffusera "La Grande Guerre des Harlem Hellfighters", documentaire de François Reinhardt sur les Africains-Américains engagés en Europe durant le premier conflit mondial.


Cent ans après la première guerre mondiale, des pans entiers du conflit demeurent encore méconnus. C'est pourquoi il faut saluer l'initiative de la chaîne de télévision France Ô, qui diffusera le 13 décembre 2017 à 20h55 un documentaire intitulé La Grande guerre des Harlem Hellfighters.


Réalisé par François Reinhardt, le film revient sur l'épopée du 15e régiment de la Garde nationale de New York, devenu, en mars 1918, le 369e régiment d'infanterie – évidemment plus célèbre sous ses différents sobriquets, « Harlem Hellfighters » (« Combattants de l'enfer de Harlem »), « Black Rattlers » (« Serpents à sonnette noirs »), « Men of Bronze » (« Hommes de bronze »).


Cantonnés à des tâches subalternes


Prenant soin de replacer le parcours de ces Africains-Américains venus combattre sur le front français dans un contexte beaucoup plus large, Reinhardt n'oublie aucun des aspects de l'histoire. Il raconte leurs difficultés à intégrer une armée américaine qui se refuse à accepter des Noirs en son sein, il évoque leurs difficultés à s'entraîner dans un pays qui ne voit pas d'un bon œil que des Noirs manipulent des armes, il souligne qu'ils furent longtemps cantonnés à des tâches subalternes, même après leur arrivée sur le sol français...


Un fragile équilibre, constamment maintenu, entre la grande et la petite histoire


Evidemment, il explore aussi en détails leurs faits d'armes lorsqu'ils furent enfin intégrés et plutôt bien accueillis dans l'armée française, exsangue. Mais toute la réussite du documentaire repose sur le fragile équilibre, constamment maintenu, entre la grande et la petite histoire, entre les destinées personnelles et des mouvements sociaux de plus vaste ampleur, comme celui des droits civiques.


Le temps des héros


Reinhardt s'intéresse ainsi de près aux figures emblématiques qui se battirent au sein des Harlem Hellfighters. Le héros Boris Johnson, qui gagna dans la forêt d'Argonne la croix de guerre française avec étoile et palme de bronze – et attendit 2015, bien des années après sa mort misérable, pour que lui soit accordée par le président Barack Obama la médaille d'honneur, la plus haute distinction militaire américaine. Le musicien James Reese Europe, officier, qui introduisit avec son band le ragtime en Europe et composa avec son camarade de tranchées Noble Sissle On patrol in no man's land inspiré par son expérience du front. Le futur peintre Horace Pippin, qui perdit son bras droit dans les combats, et se fit ensuite connaître avec des œuvre de style dit « naïf » traitant de l'esclavage et de la ségrégation...


Le réalisateur montre à quel point les Harlem Hellfighters furent des précurseurs dans le mouvement des droit civiques


Avec force documents, s'appuyant sur des interviews d'historiens comme l'Américain Jeffrey Sammons, le réalisateur montre à quel point les Harlem Hellfighters furent des précurseurs dans le mouvement des droit civiques, imaginant – à tort – que par leur combat dans l'armée américaine ils pouvaient gagner le respect dont ils étaient privés partout dans le pays. Après le roman graphique de Max Brooks et Canaan White, après le livre Les poilus de Harlem, du journaliste Thomas Saintourens, le combat des « Hommes de bronze » commence enfin à sortir de l'ombre où on les avait cantonnés. Avec cent ans de retard.


http://www.jeuneafrique.com/495971/

Se tient les 14 et 15 décembre prochains à Dakar, la 4ème Conférence BTP & Infrastructures. Lynda AphingKouassi, directrice générale de Kaizene a fait face à la presse pour dégager les grandes orientations de cette grande messe des infrastructures.

«Nous voulons mobiliser toute l’expertise africaine, de la France et des Etats-Unis évoluant dans le secteur du Bâtiment et des travaux publics (Btp) et des infrastructures pendant 2 jours, à Dakar, pour discuter et échanger ensemble sur les leviers à actionner pour résorber l’énorme défi infrastructurel que connait l’Afrique», a dit Lynda AphingKouassi, directrice générale de Kaizene. Elle faisait face à la presse hier, mercredi, à Dakar ce, en prélude de la 4ème Conférence BTP & Infrastructures le 14 & 15 Décembre à Dakar. «L’énorme défi infrastructurel de l’Afrique peut et doit se résorber par ses fils aux compétences avérées. Et ce, par des rencontres et échanges pour voir ensemble comment mobiliser tous, tant du point de vue des ressources humaines que financières», explique-t-elle.

Lors de cette grande messe des Btp, autour du thème: «La croissance économique face aux enjeux infrastructurels en Afrique», plusieurs panels et thématiques relatifs aux questions de financement et de valorisation de l’expertise africaine, entre autres, sont débattues», a-t-elle détaillé.

Sur le choix de Dakar d’abriter cette 4ème édition, elle dira: «D’abord, nos conférences sont annuelles et tournantes et Dakar est un bel exemple de succès en matière d’infrastructures avec la ville de Diamniadio et ses pôles urbains. A travers cette rencontre, nous voulons montrer les talents qu’on trouve au Sénégal et en Afrique de façon générale. Et ensemble voir comment on peut fédérer les synergies pour se développer». Dakar abrite cette 4ème édition du genre, après Johannesbourg (Afrique du Sud), Abidjan (Côte d’Ivoire) et Londres (Angleterre).

«Aujourd’hui, l’Afrique doit et peut se développer si les compétences sont valorisées. Et nous pensons qu’il est tout à fait possible de se développer à travers des rencontres de discutions et d’échanges du genre qu’on arrivera à comprendre que le développement de l’Afrique est possible», a-t-elle justifié.

«Le choix des infrastructures se justifie par ce qu’elles représentent elles-mêmes. C’est sur les infrastructures que repose tout socle de développement. Et sur ce, nous avons du talent. Nous n’avons nullement besoin de venir d’ailleurs pour se valoriser. Il suffit tout simplement de nous mettre ensemble pour se développer», a-t-elle soutenu.

SudOnline

Avec dix et huit points d'avance dans leurs championnats respectifs, le PSG et Manchester City assoient plus que jamais leur domination au plan national, en ce début de saison. Tour d'horizon des principaux résultats sur les pelouses européennes.

Ligue 1 : Paris seul au monde, l'OM nouveau dauphin

Malmené au Parc des Princes par Troyes, mercredi 29 novembre, le PSG s'en est remis à Neymar pour forcer la décision juste avant l'entame du dernier quart d'heure et décrocher un nouveau succès, le 13e en 15 rencontres. Cavani, qui a manqué un pénalty, a doublé la mise juste avant la fin de match (2-0). Avec 41 points, les Parisiens comptent désormais dix longueurs d’avance en tête de la Ligue 1, confortés dans leur position par les revers conjugués de Monaco et Lyon.

Les Monégasques, qui rêvaient de se relancer à Nantes, ont vécu une soirée cauchemar à la Beaujoire. Bousculés durant toute la rencontre, ils se sont inclinés sur un but de Lima dans les arrêts de jeu (1-0) et perdent leur place sur le podium. Du côté de Lyon, le faux-pas est encore plus surprenant puisque les Gones, brillants vainqueurs à Nice dimanche (0-5), se sont fait surprendre à domicile par Lille, pourtant 19e de L1 (1-2).

Monégasques et Lyonnais au tapis, l'OM apparaît comme l'autre grand gagnant de cette 15e journée. En déplacement à Metz, les Olympiens ont parfaitement assumé leur rôle en étrillant la lanterne rouge du championnat (0-3). Un succès qui propulse le club phocéen au deuxième rang du classement ; une place qu’ils n’avaient plus occupé depuis trois ans et le passage de Marcelo Bielsa sur le banc de touche.

• Premier League : Arsenal cartonne, City toujours au top

Promenade de santé pour le Big Four anglais à l’occasion de la 14e journée. Menacé – toutes proportions gardées – par la victoire de Manchester United à Watford mardi (2-4), Manchester City a conservé son matelas de huit points d’avance en tête de la Premier League, en venant à bout de Southampton dans les arrêts de jeu (2-1).

De son côté, Chelsea a fait le job en s’imposant péniblement à domicile face à Swansea (1-0) et conserve une longueur d’avance sur Arsenal, auteur du carton du jour face à Huddersfield (5-0). Liverpool, de son côté, remonte à la cinquième place à la faveur d’un solide succès à Stoke (0-3), profitant également de la contre-performance de Tottenham à Leicester (2-1).

France24

En bas de tableau, Wayne Rooney a offert un bol d’air à Everton en inscrivant un triplé, synonyme de victoire pour les Toffees face à West Ham (4-0).

vendredi, 01 décembre 2017 10:02

La tragédie du Zimbabwe

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Le jour où Mugabe a démissionné, Donemore Moyo n'a rien fêté. Harare, submergée par la joie, célébrait la fin du tyran, après trente-sept ans de peur. Pas lui. Visage rond et doux sourire de pasteur, il plonge ses yeux dans ceux de son interlocuteur, comme sans doute dans ceux de ses paroissiens. « J'ai pensé à tout ce qui reste à résoudre », confie-t-il, dans les bureaux déserts de l'ONG chrétienne Habakkuk Trust. En ce samedi, le ciel déverse des trombes d'eau sur Bulawayo, la deuxième ville du Zimbabwe, à 450 kilomètres au sud-ouest de Harare. Il s'est revu en ce matin de 1983, la pire journée de sa vie. C'était en mars, un jeudi. Un jour sans école, on allait traiter les vaches contre les tiques. Son oncle s'en occuperait, Donemore sortirait les chèvres. « Je prenais de l'eau, quand ils sont arrivés », se souvient-il. « Ils », c'était la 5e brigade, formée par la Corée du Nord pour chasser les « dissidents » de la Zapu, branche concurrente de la rébellion de Mugabe, la Zanu. Ils avaient une liste d'hommes à tuer, dont son oncle. Ils lui ordonnent de le suivre, la marche macabre commence. « Ils étaient avec un chef de la Zapu qu'ils avaient éventré, il avait noué son tee-shirt pour retenir ses intestins. Ils l'ont abattu quand il ne pouvait plus marcher, ils ont interdit qu'on l'enterre. Ensuite, ils ont pris un camarade de classe, John Kumako, qui portait le même nom qu'un gars qu'ils cherchaient. » Le jeune homme a beau supplier, « ils lui ont dit que c'était si loin, là où il allait, qu'ils allaient creuser sa tombe pour lui. Il pleurait, ils l'ont abattu, il est tombé dedans. Elle était peu profonde, ils ont interdit qu'on le recouvre ». Plus loin, « ils ont enfermé un homme avec ses deux frères et ils ont mis le feu à la hutte ». Quand un fusil s'enraie devant le quatrième, ils tentent de le tuer à coups de badine, à la tête et aux tibias. « Les os craquaient, ça faisait des trous. Et là, ils sont partis et ils m'ont laissé. C'était la volonté de Jésus. »

Le souvenir des massacres contre les Ndebele

Cette vague de massacres, qui a fait au moins 20 000 morts entre 1983 et 1984 dans la région du Matabeleland et parmi les membres de l'ethnie ndebele, porte le nom poétique de Gukurahundi, « la pluie qui lave la balle de la dernière récolte avant les pluies printanières ». Et son principal responsable est Emmerson Mnangagwa, le nouveau président du Zimbabwe, qui vient de prendre la suite de Mugabe. David Coltart, Zimbabwéen blanc et ancien ministre d'opposition, est catégorique : « Mugabe était l'architecte, mais il n'aurait rien pu faire sans Mnangagwa, ministre de la Sécurité d'État, dont dépendait le CIO [Central Intelligence Organisation, les renseignements], qui établissait ces listes et guidait la 5e brigade. » En 1983, Coltart était avocat depuis deux semaines quand lui est arrivée la première plainte pour disparition. D'autres ont suivi ; ainsi a commencé l'enquête de toute une vie : « C'était un génocide, à tout le moins un politicide. »

Investiture de Mnangagwa

Il y a quelques jours, une marée humaine a célébré l'investiture, au National Sports Stadium de Harare, de Mnangagwa. Plus de 60 000 personnes, des affiches « Notre héros, notre père », la liesse. « Le passé est le passé », a-t-il dit. Pour Donemore et les siens, comment oublier ? « On voyait des chiens se promener une main dans la gueule, à cause de ces tombes peu profondes », décrit-il. En 1983, le Zimbabwe n'est indépendant que depuis trois ans, Mugabe est Premier ministre. Dans le Matabeleland, on le hait déjà. « À Harare, ils n'ont compris qu'en 2000, quand l'économie s'est effondrée », lance Dumisani Nkomo, porte-parole de Habakkuk.

Zimbabwe, une histoire tragique

L'histoire du Zimbabwe ressemble à une longue tragédie dont la victime est le peuple, jamais consulté. Cette malédiction tient à sa richesse. Sa terre enclavée n'attire l'attention des Anglais que dans les années 1870. Précisément de Cecil Rhodes, magnat du diamant qui a mis la main sur les mines de Kimberley, en Afrique du Sud. Pétri d'impérialisme britannique, il lorgne le Matabeleland, royaume zoulou, et le Mashonaland, région shona. Après un traité avec le roi matabele Lobengula, il crée la British South Africa Company (BSAC) et obtient de la reine Victoria une charte lui permettant d'exploiter la concession, mais aussi de l'administrer. En 1890, il constitue une « colonne de pionniers », une centaine de volontaires envoyés dans le Mashonaland pour le développer. Chacun touche 12 kilomètres carrés de terre et 15 droits de prospection. Ils créent Fort Salisbury, future Harare. Par divers traités et guerres contre les Ndebele, redoutables guerriers, puis les Shona, Rhodes conquiert des territoires qui finissent par porter son nom, en 1895 : la Rhodésie, coupée en deux. Celle du Nord deviendra la Zambie, le Sud, le Zimbabwe. Les pionniers prennent l'ascendant sur la BSAC et finissent par obtenir l'autonomie politique, en 1923. La ségrégation est instaurée, les meilleures terres sont réservées aux Blancs.

Les Noirs, en pleine explosion démographique, sont plongés dans la pauvreté. Dans les années 1950, l'Angleterre réorganise la région en fédération et améliore les droits des Noirs, dont certains, comme Joshua Nkomo, nationaliste ndebele, fondent des partis. Devant la volonté britannique de les intégrer à la vie politique, Ian Smith, à la tête du Front rhodésien, raciste, prononce l'indépendance de la Rhodésie en 1965. La première. La Grande-Bretagne lui impose des sanctions. Et la Zanu et la Zapu en profitent pour lancer des actions de guérilla. En 1970, la Rhodésie devient une république, dont Smith est Premier ministre. L'Angleterre cède. Les nationalistes se forment en Chine à la guérilla, qui s'étend à la région. Le Zimbabwe n'obtient son indépendance, la deuxième, qu'en 1980, après dix ans de conflit et plus de 20 000 morts. Mugabe en devient Premier ministre. Mais le libérateur devient bientôt oppresseur, les Zimbabwéens, qui se pensaient enfin libres, se découvrent sous le joug d'un tyran. Robert Mugabe, un enfant solitaire

D'après Heidi Holland, auteure d'une biographie de Mugabe, l'explication se trouverait dès son plus jeune âge. Robert Gabriel, né le 21 février 1924, est un enfant solitaire. Son père est parti, sa mère l'idolâtre. Il est frêle, bousculé à l'école, il dévore des livres qu'il emporte quand il garde les vaches, dans son village de Kutama. Il en conçoit une insécurité mêlée de mépris et d'insensibilité envers son prochain. Au Ghana, où il devient professeur, il rencontre sa future épouse, Sarah Francesca Hayfron, « Sally », ghanéenne. Tous deux suivent les premières manifestations anticolonialistes et rentrent en Rhodésie, où il devient une figure militante. De 1963 à 1974, il est emprisonné dans des conditions extrêmement dures et, lorsque son fils unique meurt d'une encéphalite, à 3 ans, il n'a pas le droit d'aller à son enterrement. Il ne l'oubliera jamais. Libéré en 1975, il rejoint la Zanu au Mozambique et en devient le chef.

Le témoignage d'un vétéran

Rugare Gumbo, vétéran au rire jovial, a appuyé l'ascension de ce marxiste cultivé et charismatique. « Mais, en trois mois, j'ai compris qu'il était affreusement autoritaire, il emprisonnait quiconque s'opposait à ses idées. » Dans l'intimité, son charme opère. « Avec Sally, ils étaient comme mes parents », témoigne Daphné Kanoti, dans son salon sans électricité, qui a vécu chez eux au Mozambique. Pendant la guerre, ils prennent cette enfant-soldat comme bonne et la remettent à l'école, comme Mugabe le fera bientôt pour tout son peuple, au début. « Sally m'a tout enseigné, comment mettre la table, faire un lit au carré. Elle me rapportait des cadeaux de l'étranger, des sous-vêtements. Lui aussi a toujours été très gentil. » Mais jamais elle ne lui pardonnera sa liaison avec Grace, dactylo de la présidence, tandis que Sally mourait d'un cancer. Pénétrée d'idéaux révolutionnaires, Daphné a 15 ans lorsqu'elle s'engage, en 1976, avec 52 camarades de classe. « On était très politisés, on voulait lutter pour l'égalité. On n'avait pas le droit d'utiliser les mêmes toilettes que les Blancs, on n'avait pas d'école secondaire, on était cantonnés à des emplois d'infirmières ou de jardiniers. Et les Blancs avaient toute la terre. » L'esprit de corps de ceux qui deviendront les redoutés anciens combattants se forge dans les camps où ils portent des AK-47 trop lourds et seront peu à peu décimés par la faim et les combats.

jeudi, 30 novembre 2017 18:27

UA-UE: un sommet sous la pression de la crise migratoire

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Comme lors de chaque grand rendez-vous international, un thème s’invite en général en marge de la réunion. Pour ce sommet Union africaine - Union européenne, la jeunesse devait avoir tous les projecteurs braqués sur elle, finalement, ce sont les migrants qui ont retenu la majeure partie de l’attention.

De notre envoyée spéciale à Abidjan,

Deux déclarations communes marquent la fin de ce sommet entre l’Union africaine et l’Union européenne à Abidjan. La première était attendue. Elle concerne notamment le partenariat Afrique - Europe, mais aussi les jeunes qui étaient au cœur de la thématique de cette rencontre : « Investir dans la jeunesse pour un avenir durable ». La seconde déclaration s’est, elle, imposée en raison de l’actualité avec la mise en lumière ces dernières semaines du calvaire des migrants africains en Libye.

La situation des migrants en Libye est « dramatique » pour Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’Union africaine. Selon des estimations données lors de conférence de presse de fin de sommet, il y aurait « entre 400 000 et 700 000 migrants africains en Libye ». L’UA, avec les autorités libyennes, aurait déjà identifié près d’une quarantaine de camps. « Mais il y en aurait beaucoup plus », selon le haut responsable de l’UA. Il faut donc agir rapidement avec déjà près de 3 800 Africains identifiés à évacuer de toute urgence du pays pour la commissaire de l’Union africaine aux Affaires sociales, Amira Elfadil.

Les responsables présents au sommet condamnent donc collectivement dans cette déclaration les images qui ont montré la vente de migrants comme esclaves en Libye. Ils saluent les efforts des autorités libyennes et l’enquête qui a été ouverte. Les migrants qui le souhaitent doivent pouvoir rentrer dans leurs pays d’origine et donc les responsables soulignent la nécessité de toutes les parties libyennes de faciliter l’accès des organisations internationales et des autorités consulaires au territoire libyen. Ils appellent également à une action internationale pour accélérer la résolution de la crise libyenne.

Une « task force » UA-UE-ONU

C’est notamment le rôle qui sera donnée à la « task force » annoncée dès mercredi soir. Des sources européennes et au sein de l’Union africaine ont été claires « il ne s’agit pas d’une intervention militaire », mais plutôt d’une action conjointe, une action renforcée entre des acteurs déjà présents sur le terrain. Pas question d’envisager l’envoi de militaires étrangers sur place, confirme Moussa Faki Mahamat qui dément une divergence avec les propos du président français Emmanuel Macron tenus sur RFI et France 24 où il évoquait une « initiative policière et militaire ». Pour Moussa Faki Mahamat, ces actions auront lieu dans les pays où les passeurs et trafiquants sont aussi présents pour les traduire en justice. Et elles seront menées par les autorités des pays concernés.

Pour cette « task force », « on ne démarre pas de zéro, insiste une source européenne. L’Organisation internationale des migrations est sur terrain, le Haut-Commissariat aux réfugiés est sur le terrain. L’ONU est là ainsi que les pays d’origine. Des actions contre les trafiquants sont déjà menées, mais il s’agira d’arriver à un changement d’échelle et à une plus grande coordination ».

Une annonce loin d’être une solution pour Oxfam. Pour l’ONG, c’est encore une fois une réponse à court terme à un problème conjoncturel. Ces décisions ne prennent pas en « compte la complexité du problème libyen ». « Vous vous imaginez, il y a en Libye, en plus des migrants, près de 350 000 déplacés, affirme la responsable de l’ONG en Afrique de l’Ouest, Imma de Miguel. Qu’est-ce qu’on fait pour eux ? On ne s’attaque pas aux causes ».

Nouveau partenariat Afrique – Europe

Et pourtant, les raisons de la situation en Libye, il en a été question lors de la conférence de presse de fin de sommet. Alpha Condé, le président guinéen et président en exercice de l’UA, a rappelé que les pays africains subissent aujourd’hui les conséquences d’une intervention militaire « que nous ne voulions pas ». Il a insisté sur la voix de l’Afrique qui n’avait pas eu d’écho à l’époque, en 2011, expliquant que désormais ce ne serait plus jamais pareil. L’occasion d’évoquer pour le chef de l’Etat, le nouveau partenariat entre le continent africain et l’Union européenne.

« L’Afrique parle désormais d’une seule voix, ce qui n’était pas le cas avant. Nous sommes unis et nos partenaires ont compris que nous avons pris notre destin en main ». Le président l’a dit et redit « les choses changent ». Avoir une relation plus équilibrée, c’était l’ambition de la délégation européenne pour ce rendez-vous. Il y a eu à Abidjan dans ce domaine comme dans d’autres beaucoup d’intentions, mais finalement peu de réalisations.

C’est notamment le cas pour tout ce qui concerne les jeunes. Le sommet leur était dédié. Pourtant, il n’y a pas eu d’annonce concrète les concernant. Tous les dirigeants et responsables se sont accordés sur un point : la jeunesse est aujourd’hui en Afrique un des secteurs clés pour le développement du continent. « Nous avons écouté les jeunes, car nous ne pouvons pas faire le bonheur de quelqu'un à son insu », a même déclaré Alpha Condé dans son discours de clôture.

C’est « une opportunité gâchée » pour Friederike Röder de l’ONG One. « On avait la possibilité de définir un plan global, une véritable stratégie commune. Finalement, il n’est pas là ce plan dont on a besoin alors que la population africaine va doubler d’ici 2050 ». Et même si la responsable salue la déclaration sur la Libye, « cela ne fait qu’éteindre les feux de forêt, il n’y a pas de mesures à moyen et long terme ».

Et le défi est majeur puisque l’Afrique a désormais besoin de plus de 20 millions de créations d’emplois par an pour répondre à la démographie galopante. Dans les débats et les échanges, il a donc été question d’éducation, de formation, de la place des jeunes filles. Mais pour les grandes annonces, il faudra attendre. Attendre le 8 février 2018 et la Conférence de financement du Partenariat mondial pour l’éducation qui aura lieu à Dakar, qui se tiendra au Sénégal.

RFI

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Emmanuel Macron a quitté Abidjan et pris la direction d'Accra, la capitale du Ghana. Il est arrivé ce jeudi 30 novembre dans ce pays anglophone, ce qui constitue une première pour un président français. Le chef de l'Etat français est d'ailleurs accompagné par le Premier ministre des Pays-Bas. Emmanuel Macron va s'entretenir avec son homologue ghanéen Nana Akufo-Addo.

Les deux hommes vont parler nécessairement du Togo. Nana Akufo-Addo a été mandaté par ses pairs d'Afrique de l'Ouest pour piloter une tentative de dialogue entre le pouvoir et l'opposition du Togo.

De son côté, Emmanuel Macron a déclaré au micro de RFI et France 24 qu'il « souhaitait des élections libres qui rendent possible une éventuelle alternance ». Et c'est en réponse à une question sur le Togo, qu'il a affirmé que « la conservation longue du pouvoir sans processus électoral pluraliste » n'était pas « une bonne chose ».

Promouvoir le français au Ghana

Au-delà du Togo, les deux chefs d'Etat partagent la même ambition pour la démocratie sur tout le continent africain, puisque Nana Akufo-Addo a été élu l'an dernier dans des conditions tout à fait transparentes.

Autre point commun entre les deux chefs d'Etat français et ghanéen : le bilinguisme. L'un parle aussi bien l'anglais que l'autre le français. Depuis son arrivée au pouvoir, le président ghanéen veut promouvoir l'apprentissage du français dans les écoles de son pays. Une initiative saluée par Emmanuel Macron qui se veut le promoteur d'une francophonie plus offensive.

RFI

La Jeunesse pour la démocratie et le socialisme (Jds) ne croit pas à la sincérité du dialogue initié par le régime du président Macky Sall sur le processus électoral. Dans une note rendue publique hier, mardi 28 novembre, le coordonateur de la Jds, Babacar Diop et compagnie pensent, en fait, que «c’est une perte de temps», non sans estimer que c’est la résistance et le combat qui permettront de réunir les conditions électorales favorables pour mettre fin «à ce régime cynique et dangereux».

Au moment où des acteurs de la société civile, notamment la Plateforme des acteurs de la société civile pour la transparence des élections (Pacte) et le Collectif des organisations de la société civile pour les élections (Cosce) se positionnent pour jouer aux facilitateurs face au rejet d’une bonne frange de l’opposition du dialogue initié par le régime du président Macky Sall, la Jeunesse pour la démocratie et le socialisme (Jds) ne croie pas à la franchise du dialogue.

Dans une note parvenue à Sud quotidien hier, mardi 28 novembre, Babacar Diop, coordonateur de la Jds et compagnie semblent se démarquer de ce dialogue. Dans le communiqué, la Jds estime que «dialoguer avec Macky Sall par le biais de son Ministre de l’intérieur, c’est une perte de temps». Donc, pour elle, «ceux qui pensent obtenir, par le dialogue, des changements majeurs dans le processus électoral, nagent dans la naïveté politique». Le jeune Babacar Diop et ses camarades pensent en réalité qu’il faut mener une autre stratégie pour arriver à avoir un processus électoral approprié.

Ainsi donc, ils soutiennent que «c’est la résistance et le combat qui permettront de réunir les conditions électorales favorables pour mettre fin à ce régime cynique et dangereux». Invitant les participants à arrêter de prendre part à ces échanges avec le régime, la Jds reste persuadée que «le combat de rue est la seule issue qui reste à l’opposition».

L’origine du courroux des jeunes socialistes n’est rien d’autre que la levée de l’immunité parlementaire du député-maire Khalifa Sall, en prison dans le cadre de la caisse d’avance de la mairie de la ville de Dakar. Dans la note, Babacar Diop et sa bande trouvent qu’en levant ladite immunité parlementaire, «la majorité aveuglée par des règlements de comptes politiques a sapé le fondement démocratique de nos institutions». Pis, ils croient que cet acte posé par le chef de l’Etat donne une lecture sur ses ambitions.

Pour eux, cela montre «jusqu’où Macky Sall est prêt à aller pour assouvir son désir politique qui l’obsède tant au point de le rendre complètement lâche : c’est-à-dire, avoir par tous les moyens un second mandat». Plus acerbe dans ses attaques contre Macky Sall et son régime, la Jds soutient que le régime est prêt à passer par «les violations flagrantes et élémentaires des règles qui régissent la vie de nos institutions». Donc, pour ces jeunes «Macky Sall menace dangereusement la paix civile», non sans prédire que «le Sénégal n’est pas à l’abri de troubles violentes».

GAMOU 2017 : LES KHALIFES DE TIVAOUANE DE BABACAR À MBAYE SY

SÉRIGNE ABDOUL AZIZ SY AL AMINE SERA L’ABSENT LE PLUS PRÉSENT LORS DE CETTE  ÉDITION 2017 DU GAMOU QUI SERA CÉLÉBRÉ DANS LA NUIT DE JEUDI À DEMAIN VENDREDI DANS LA CITÉ RELIGIEUSE DE SEYDI EL HADJI MALICK SY.  CHEVILLE OUVRIÈRE DE L’ÉVÉNEMENT  PENDANT PLUSIEURS DÉCENNIES ET PORTE-PAROLE DE LA FAMILLE, LE SIXIÈME KHALIFE N’AURA EFFECTUÉ QUE SIX MOIS LA CHARGE. C’EST SON ILLUSTRE PÈRE SERIGNE BABACAR SY QUI A INAUGURÉ LE KHALIFA DE MAODO EN LE PORTANT DE 1922 À 1957.  APRÈS SÉRIGNE MANSOUR  SY MALICK QUI S’INSTALLA QUE QUATRE JOURS À LA TÊTE DE LA COMMUNAUTÉ, EL HADJI ABDOUL AZIZ  SY DABAKH (1957-2007), SÉRIGNE MANSOUR SY «DABAKH» (2007-2012), SÉRIGNE CHEIKH TIDIANE SY «AL MAKHTOUM» ( 2012-2017) ET  SERIGNE ABDOUL AZIZ SY «AL AMINE» (2017)  SE SONT SUCCÉDÉ DANS LA CITÉ RELIGIEUSE DE TIVAOUANE. FOCUS SUR LA BIOGRAPHIE SUCCINTE  DES PREMIERS GUIDES AU SEPTIÈME ET ACTUEL KHAIF GÉNÉRAL DES TIDIANES, SERIGNE MBAYE  SY MANSOUR.

SERIGNE BABACAR SY : LE GARDIEN DE L’ORTHODOXIE

APRÈS L’AFFAISSEMENT DE CE PILIER DE L’ISLAM COMME L’AVAIT CHANTÉ SERIGNE MBACKÉ BOUSSO ENVOYÉ PAR CHEIKH AHMADOU BAMBA POUR PRÉSENTER SES CONDOLÉANCES,  C’EST ABABACAR SY  CONNU SOUS L’APPELLATION DE SERIGNE BABACAR SY OU KHALIFA QUI  FUT DÉSIGNÉ POUR CONDUIRE LA MISSION  DE SUCCÉDER, DE CONDUIRE ET DE CONTINUER L’ŒUVRE DE SEYDI EL HADJI  MALICK SY.

NÉ À SAINT-LOUIS EN 1885 À SAINT-LOUIS, ALORS CAPITALE DU SÉNÉGAL, SERIGNE BABACAR SY  S’INSTALLE  À TIVAOUANE. RESPECTUEUX DES LOIS DE DIEU ET IMBU DE CULTURE ISLAMIQUE, CHEIKHAL KHALIFA  S’EST INSCRIT EN DROITE LIGNE DE L'ŒUVRE DE CHEIKH AHMED TIDIANE CHÉRIF, FONDATEUR DE LA TARIKHA TIDIANIA, ET DE SON PÈRE  EL HADJI MALICK SY. AYANT ACQUIS UNE SOLIDE FORMATION, SERIGNE BABACAR SY SE DISTINGUA COMME UN GUIDE RELIGIEUX EXEMPLAIRE ET FUT LE DIGNE SUCCESSEUR.  IL S’ILLUSTRA VITE PAR SON SENS DE L‘ORGANISATION ET PAR SON AUTORITÉ. IL NE TARDE PAS À MARQUER SON EMPREINTE  AVEC LA MISE EN PLACE DES «DAHIRA» (CERCLE DE FIDÈLES)  À TRAVERS LE PAYS DONT LE PREMIER FUT LE DAHIRA KIRAM CRÉÉ EN 1927 À DAKAR AU BOULEVARD DE LA RÉPUBLIQUE CHEZ IBRA NDIAYE DIOP.

SERIGNE BABACAR SY JOUISSAIT AINSI D’UNE  RÉPUTATION  D’ÊTRE INTRANSIGEANT SUR TOUT CE QUI TRANSGRESSE L’ISLAM, DE SA SUNNA OU ENCORE DE CRITIQUE SUR LA TARIKHA TIJANE DONT IL DEVIENT UN DE SES INFATIGABLES DÉFENSEURS. COMME L’ATTESTE CET HOMMAGE QUE LUI A RENDU  SON FRÈRE EL HADJI ABDOUL AZIZ SY DABAKH ET RAPPELER PAR LE CHERCHEUR BAKARY SAMB : «IL EST PERMIS DE LUI ADJOINDRE TOUS LES QUALIFICATIFS EXPRIMANT LA VERTU DANS SON ESSENCE AVEC DES SUPERLATIFS ABSOLUS, À QUOI BON ALORS S’ÉTENDRE DANS LA DESCRIPTION DU COMMUNÉMENT ADMIS ? QUL ?  MÂ TASHÂ’U MIN-AL-AMDÂHI MOO LAKO MAY ! (DIS CE QUE TU VEUX DANS SON APOLOGIE, TU Y ES AUTORISÉ !) POUR EXALTER LES QUALITÉS HUMAINE, MORALE, SPIRITUELLE QUE L’ON RETROUVE CHEZ  L’HOMME AU BONNET CARRÉ LÉGENDAIRE. SERIGNE  BABACAR SY QUITTA CE BAS MONDE LE 25 MARS 1957.

EL HADJI MANSOUR SY : AU NOM DU PÈRE

FILS DE EL HADJI MALICK SY ET DE SOKHNA SAFIÉTOU NIANG, SERIGNE MANSOUR BALKHAWMI  A VU LE JOUR EN 1900 À TIVAOUANE. TRÈS TÔT, LE PÈRE DE L’ACTUEL KHALIF DE TIVAOUANE  SE SIGNALE PAR SON INTELLIGENCE ET SA MATURITÉ. DE TOUS LES FILS DE MAODO, IL EST CELUI QUI EST RESTÉ LE PLUS AVEC SON PÈRE. LE  GUIDE  DE TIVAOUANE EN FAIT NATURELLEMENT SON «SECRÉTAIRE». DOTÉ D'UNE VASTE CULTURE, IL  PRENDRA SUR LUI CETTE CHARGE DE VEILLER SUR LA TARIKHA ET D’ASSURER L'HÉRITAGE DE EL HADJI MALICK SY SOUS LA DIRECTION DE SERIGNE BABACAR SY. D’OÙ SON SURNOM QU’ON LUI ATTRIBUA : «INSPECTEUR DE LA TARIKHA», LE GARDIEN DE L’ORTHODOXIE DE LA CONFRÉRIE. IL PRÉSIDE LES CONFÉRENCES RELIGIEUSES. SERIGNE MANSOUR SY MALICK QUITTA CE BAS MONDE LE 29 MARS 1957, SOIT QUATRE JOURS SEULEMENT APRÈS LE RAPPEL À  ALLAH DE SON  FRÈRE SERIGNE BABACAR SY. SERIGNE ABDOUL AZIZ SY, AFFECTUEUSEMENT APPELÉ MOULAYE DABAKH, ACCÉDA À LA CHARGE DE KHALIFE.

EL HADJ ABDOUL AZIZ SY DABAKH :L’INFATIGABLE RÉGULATEUR

QUATRIÈME FILS DE SEYDI EL HADJ ABDOUL AZIZ SY DABAKH  A VU LE JOUR EN 1904, DE SOKHNA SAFIÉTOU NIANG. IL EUT LA CHANCE D'ÊTRE ÉDUQUÉ PAR SON PÈRE, SES GRANDS FRÈRES ET LES MOUKHADAMS. DOTÉ D’UNE SOLIDE  FORMATION À TIVAOUANE. EL HADJ ABDOUL AZIZ SY  ENTREPRIS, À L’IMAGE DE SON PÈRE, DES VOYAGES STUDIEUX DANS LES AUTRES CONTRÉES DU PAYS ET PARTICULIÈREMENT, AUPRÈS DU GRAND ÉRUDIT MAODO SERIGNE HADY TOURÉ. IL FRÉQUENTE ENSUITE  MBACOUMÉ, DANS LE CAYOR AVANT DE RALLIER EN 1930, À L'ÂGE DE 26 ANS, SAINT-LOUIS QUI ÉTAIT UN PASSAGE INDIQUÉ POUR NOMBRE D’ÉRUDITS, IL Y RESTA JUSQU'EN 1937 CHEZ SERIGNE BIRAHIM DIOP, UN DES MOHADAMS DE EL HADJI MALICK SY.  SERIGNE ABDOU ACQUIERT RAPIDEMENT CETTE  RÉPUTATION DE POÈTE ET DE CHANTEUR. IL SE CHARGE  DE DIRIGER LES CHŒURS DES TALIBÉS DE SON PÈRE CE QUI CONTRIBUERA À LUI ASSURER UNE SOLIDE POPULARITÉ PARMI LES MEMBRES DE LA CONFRÉRIE. IL S'ILLUSTRE NON SEULEMENT PAR SON ÉRUDITION, SON ÉLOQUENCE MAIS AUSSI, SON ENGAGEMENT POUR LA CAUSE ISLAMIQUE, SES ÉCRITS EN ARABE, SERIGNE ABDOU AZIZ A SU TISSER DANS LES PAYS ARABES, NOTAMMENT AU MAROC ET EN ARABIE SAOUDITE, UN TISSU RELATIONNEL TRÈS DENSE, AVEC UN SEUL ET UNIQUE OBJECTIF: CIMENTER LA UMMA ISLAMIQUE. AU POINT QUE SON AURA DÉPASSERA AUSSI BIEN  LES LIMITES DE LA CONFRÉRIES ET MÊME DE LA RELIGION MUSULMANE. APRÈS AVOIR VEILLÉ QUARANTE (40) ANS SUR L'HÉRITAGE ET LE TEMPLE DE MAODO, IL EST RAPPELÉ À DIEU LE 14 SEPTEMBRE 1997.

SERIGNE MANSOUR SY : LE RECTEUR DE L’UNIVERSITÉ

QUATRIÈME KHALIFE DE SON VÉNÉRÉ GRAND-PÈRE MAODO MALICK SY, SERIGNE MANSOUR SY EST LE PREMIER PETIT-FILS DANS L’ORDRE SUCCESSORAL. AYANT VU LE JOUR EN 1925, «BOROM DARAJI» A DÉMONTRÉ DÉS SON JEUNE ÂGE SES QUALITÉS DE PRÉSERVATEURS DES ŒUVRES DE SES DEVANCIERS. ON SOULIGNE À CET ÉGARD, QUE DANS LA REDISTRIBUTION DES  TÂCHES ET DE MISSIONS DE SON PÈRE SERIGNE BABACAR SY, LUI EST REVENU DE PÉRENNISER L’ÉCOLE DE MAODO. AU POINT QU’IL CONSACRE L’ESSENTIEL DE SES ACTIVITÉS À LA DIFFUSION DES SCIENCES ISLAMIQUES, DE LA CHARIA ET LA SUNNA.  D’OÙ  LE SURNOM DE BOROM DARAJI LUI DONNANT EN LE PRÉSENTANT À UNE DÉLÉGATION VENUE DE LA CÔTE D’IVOIRE. IL AVAIT REÇU DE SON ONCLE SERIGNE ABDOUL AZIZ SY DABAKH, LA LÉGITIMATION DE LA CHARGE LE 11 SEPTEMBRE 1997.  SOIT TROIS JOURS AVANT LE RAPPEL À DIEU DE CE GUIDE LE 14 SEPTEMBRE. APRÈS 15 ANS DE KHALIFA, SERIGNE MANSOUR SY S’ÉTEIGNIT  LE 8 DÉCEMBRE  2012

CHEIKH AHMED TIDIANE SY : UN GUIDE ATYPIQUE

TROISIÈME FILS DE SÉRIGNE BABACAR SY, SÉRIGNE CHEIKH TIDIANE SY A VU LE JOUR EN 1926 À SAINT-LOUIS. SELON  LE SITE ASFIYA, L’ACTUEL KHALIFE A TRÈS TÔT TENTÉ DE RÉFORMER SON ENTOURAGE FAMILIAL. DÉJÀ À L’ÂGE DE 14 ANS, IL A BOUCLÉ PRÉMATURÉMENT LES CYCLES INFÉRIEURS ET MOYENS DES ÉTUDES ISLAMIQUES. DANS SA FORMATION SPIRITUELLE, CHEIKH AHMAD TIDIANE AL MAKHTOUM REVENDIQUE “UNE FIDÉLITÉ SANS FAILLE AUX ENSEIGNEMENTS DE SERIGNE BABACAR SY”, SON PÈRE QU’IL PREND POUR “SEUL ET UNIQUE MAÎTRE SPIRITUEL”. TOUTEFOIS, IL NE CACHE PAS UNE PLEINE ADMIRATION POUR SON FORMATEUR SERIGNE ALIOUNE GUÈYE, AINSI QU’IL AIME À CITER SES AUTRES PROFESSEURS DE SCIENCES ISLAMIQUES NOTAMMENT L’IMAM MOUSSA NIANG, CHAYBATOU FALL. IL RAPPELLE AUSSI SON PASSAGE ENTRE LES MAINS DE SON ONCLE EL HADJI ABDOUL AZIZ SY. A 16 ANS, IL PUBLIE SON PREMIER LIVRE : “LES VICES DES MARABOUTS” ET ÉCRIVIT “L’INCONNU DE LA NATION SÉNÉGALAISE : EL-HADJI MALICK SY”. A LA TRENTAINE, IL EFFECTUE SON PREMIER VOYAGE À PARIS OÙ IL VIT, BIEN PLUS TARD PENDANT CINQ ANS, UNE SORTE D’EXIL.  CETTE PRÉCOCITÉ INTELLECTUELLE FAIT LUI QU’IL JOUE LES PREMIERS RÔLES DANS L’ENTOURAGE DE SON PÈRE.  IL A HÉRITÉ DU KHALIFAT EN 2012 APRÈS LE RAPPEL À DIEU EN DÉCEMBRE DE SERIGNE MANSOUR SY. APRÈS CINQ ANNÉES DE KHALIFA, AL MAKHTOM EST RAPPELÉ À DIEU,  LE MERCREDI 15 MARS 2017 À L’ÂGE DE  91 ANS.

SERIGNE ABDOUL AZIZ AL AMINE : L’ABSENT LE PLUS PRÉSENT DU GAMOU 2017

 KHALIFE GÉNÉRAL DE TIDIANE DEPUIS LE 15 MARS 2017, SÉRIGNE ABDOUL AZIZ SY  AVAIT PARACHEVÉ SA MISSION DE KHALIFA QUE DURANT SIX MOIS.  AYANT VU LE JOUR EN 1927, AL AMINE  EST AUSSI FORMÉ À LA BONNE ÉCOLE ET A SUIVI LES MÊME PAS QUE SERIGNE MANSOUR SY ET SERIGNE CHEIKH TIDIANE SY QUI ONT REÇU UN SOLIDE ENSEIGNEMENT DU GRAND ÉRUDIT ET COMPAGNON D’EL HADJI MALICK SY, SERIGNE ALIOUNE GUÈYE. TRÈS TÔT,  SON PÈRE SERIGNE BABACAR SY L’AVAIT CHOISI  COMM BRAS DROIT. CE QUI LUI OUVRE VITE LA VOIE À D’IMPORTANTES RESPONSABILITÉS FAMILIALES ET  LUI PERMET DE DEVENIR PENDANT DES DÉCENNIES, LE MAITRE D’ŒUVRE DU GAMOU, LE PORTE-PAROLE DE LA FAMILLE SY. SA COMPTER SON RÔLE DE MÉDIATEUR SOCIALE ET MÊME POLITIQUE QU’IL EXERÇA.

SERIGNE MBAYE SY MANSOUR : LE NOUVEAU GARDIEN DU TEMPLE

ÂGÉ AUJOURD'HUI DE 85 ANS, LA VOIX OFFICIELLE DE TIVAOUANE DEPUIS LE RAPPEL À DIEU DE SERIGNE ABDOU AZIZ SY EN MARS DERNIER, EST DEVENUE LE KHALIFE GÉNÉRAL DES TIDIANES. DEPUIS CE DIMANCHE 24 SEPTEMBRE 2017, SERIGNE MBAYE SY MANSOUR EST  DEVENU LE SEPTIÈME  KHALIFE  APRÈS LE RAPPEL À DIEU D’AL AMINE. NÉ EN 1932, LE FILS AÎNÉ DE SERIGNE MOUHAMADOU MANSOUR SY ET DE SOKHNA AMINATA SECK EST CONNU POUR SA RIGUEUR, SA FRANCHISE ET SA DROITURE. PORTE-PAROLE PENDANT SIX MOIS DE LA FAMILLE SY APRÈS LE RAPPEL À DIEU DE  SÉRIGNE ABDOUL AZIZ SY AL AMINE,  SERIGNE MBAYE SY MANSOUR SE CARACTÉRISE  PAR UN DISCOURS SANS AMBAGES QUI TRADUIT VISIBLEMENT  SON   INTRANSIGEANCE SUR DE NOMBREUX DOMAINES LIÉS À LA VIE EN SOCIÉTÉ, À L’UNITÉ NATIONALE OU ENCORE LES VALEURS MORALES. AU POINT QUE CERTAINS DISCIPLES L’AVAIENT SURNOMMÉ «PA ALLEMAND» OU KHOMEINY.

SudOnline

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