L’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (UNACOIS-Jappo) a demandé jeudi au gouvernement de veiller au déblocage total et immédiat de 7.160 tonnes d’oignon et d’un tonnage de sucre se trouvant au port de Dakar.
 
“A ce jour, 7.160 tonnes d’oignon dûment autorisées à êtres importées sont bloquées au port de Dakar, alors que l’Etat n’autorise que la mise en consommation de 4.000 tonnes. Cela veut dire que 3.160 tonnes seront avariés si aucune solution urgente n’est trouvée”, a averti Tamsir Ibrahima Niane, premier vice-président de cette association d’opérateurs économiques.
 
Un document remis aux journalistes lors d’une conférence de presse de l’UNACOIS-Jappo indique que “la consommation journalière des ménages sénégalais en oignon est évaluée à 511 tonnes, ce qui montre que les 7.160 tonnes bloquées d’oignon au port de Dakar couvrent seulement 14 jours” de consommation.
 
“Cette politique donne lieu à une pénurie”, a signalé M. Niane, en parlant du gel des importations d’oignon par le ministère du Commerce, de l’Entrepreneuriat et du Secteur informel.
 
“Et les ménages sénégalais ressentent déjà une hausse des prix de l’oignon”, a-t-il ajouté, laissant entendre que l’augmentation des prix est la conséquence de l’incapacité de la production locale à couvrir les besoins de consommation.
 
Il estime qu’il est “urgent d’établir un nouveau système de gestion des importations et de trouver une solution consensuelle et durable à ce problème”.
 
Mame Bouh Diop, l’un des responsables de l’UNACOIS-Jappo, a par ailleurs indiqué que “l’approvisionnement du pays en sucre est confronté à beaucoup de problèmes, dont le règlement définitif incombe essentiellement à l’Etat”, qui doit “garantir un commerce juste et équitable”.
 
“Conformément au quota délivré aux commerçants, un tonnage important légalement autorisé par la Direction du commerce intérieur est encore bloqué au Port autonome de Dakar, à la charge de nos membres, qui continuent de payer des frais de magasinage”, a-t-il déploré.
 
L’UNACOIS-Jappo estime que l’Etat doit “assumer toutes les conséquences que cette situation arbitraire pourra engendrer”.

Sa réaction était très attendue sur les conclusions du rapport de la Commission présidée par le Pr Ahmadou Makhtar Mbow sur la réforme des institutions. Le Président Macky Sall a profité de sa rencontre avec les ressortissants sénégalais installés en Chine pour asséner ses vérités. Il prendra le temps d’étudier le rapport déposé par le Pr Mbow et après les élections locales, il en prendra ce qu’il jugera nécessaire. Pour l’heure, il considère que le temps n’est pas à la polémique.

Le Président Macky Sall s’est montré hier à Pékin, devant la communauté de ressortissants sénégalais installés en Chine, très agacé par la polémique qui a surgi, à la suite de la remise du rapport de la Commission nationale de réforme des institutions (Cnri) présidée par le Pr Ahmadou Makhtar Mbow. Le chef de l’Etat ne comprend pas l’effusion des passions sur le travail réalisé par la Cnri et invite ses compatriotes au calme et à la retenue. Pour lui, la question est on ne peut plus simple : «J’ai mis en place par décret, une Commission chargée de réfléchir sur la réforme des institutions. La commande que j’ai faite m’a été remise, je l’examinerai, je l’étudierai et je prendrai ma décision.» Le Président Sall ne semble pas vouloir se presser : «Il n’y a pas de pression quelconque à faire, il n’y a pas de temps ou de délai à m’impartir, après les élections locales, je prendrai sur les conclusions de la Cnri ce qui est conforme à ma vision et aux intérêts du Sénégal.»
 
Ceux «qui réagissent devraient attendre que  je prenne connaissance des travaux»
Le Président Sall estime avec insistance que «les différentes personnes qui réagissent devraient attendre que  je prenne connaissance des travaux, que je finisse de les étudier et d’y prendre ce qu’il y a de meilleur pour le Sénégal». Alors, a-t-il poursuivi, «pourquoi s’époumoner, se passionner pour rien du tout ?» Le président de la République ne s’empêchera pas pour autant d’expliquer à ses compatriotes venus de Pékin, de Guangzou, de Siyu et de nombreuses autres provinces chinoises, qu’il veillera à ce que la stabilité du pays soit préservée. «Je veillerai à ne pas mettre en place un système politique qui menacerait cette stabilité. Nous avons des institutions qui fonctionnent, l’élection et la légitimité du président de la République ne souffrent d’aucune tache. L’élection a été transparente et sincère et le président de la République jouit d’une légitimité populaire absolue.» Macky Sall indique que pour cela, il a déjà donné assez de gages : «J’ai décidé moi-même de réduire de deux ans mon mandat, qui était prévu pour sept ans. Aucun chef d’Etat au monde n’a eu à faire cela !»
Macky Sall demande notamment à ses partisans et autres militants de son parti de garder leur calme : «Nous cherchons à renforcer la démocratie. Je demande à mes partisans de ne polémiquer avec personne et de ne critiquer qui que ce soit.» D’ailleurs, ajoute-t-il, «il sera des conclusions de la Cnri comme il en a été avec la Réforme sur l’Acte 3 de la décentralisation. Nous n’avons pas fait tout ce qui était prévu au départ, avec l’Acte 3 de la décentralisation. Nous avons tenu compte des avis et suggestions des uns et des autres. Il en sera aussi de même avec la réforme foncière. Encore une fois, il faut se calmer et mettre le pays au travail».
 
«Si nous n’y prenons garde, nous serons les derniers de la zone Uemoa et de la Cedeao»
Pour l’heure, le Président Sall voudrait mettre le cap sur les réalisations économiques. «Il faut que nous ayons plus d’ambition que de lutter éternellement contre la pauvreté. Nous devons pouvoir aspirer vers l’émergence et cela n’est possible que par le travail et non par le bavardage», plaide-t-il. Ce mauvais trait de ses compatriotes semble mettre le Président Macky Sall hors de lui quand il assène : «Si nous n’y prenons garde, nous serons les derniers de la zone Uemoa et de la Cedeao. La Côte d’Ivoire, qui sort d’une situation de guerre, réalise un taux de croissance de 10%, le Burkina Faso est à 7% de taux de croissance, ce que prévoit le Sénégal dans 10 ans. Je ne parle pas du Ghana ou d’autres pays, qui n’ont même pas de revenus pétroliers. Il nous faut travailler et arrêter le bavardage, mais il nous faut aussi de l’ordre et de la discipline.»
Macky Sall prend l’exemple de la Chine et demande à ses compatriotes qui y sont installés de s’inspirer du modèle chinois, «un modèle de sérieux, de discipline et d’ordre». Il insiste pour dire que «le travail est la panacée. Le Sénégal au moment de son indépendance, était dans la même situation que la Corée du Sud par exemple. Voyez-vous à quel niveau se trouve ce pays maintenant grâce au travail ?  Au Sénégal on cherche à se faire exonérer de tout. Si les impôts ne sont pas payés et les taxes douanières recouvrées, avec quoi va-t-on réaliser les investissements ? Nous irons la semaine prochaine devant le Groupe consultatif pour chercher des financements, mais l’essentiel devra être fait par nous-mêmes. Personne ne développera notre pays à notre place !»
 
lequotidien.sn

De sources proches des officines du régime, nous sommes en mesure de révéler que l’étape de la Chine de Macky Sall est loin d’être fortuite. En effet, il nous revient que l’aspect économique explique grandement ce détour à Beijing. En un mot comme en mille, l’axe séculaire entre le Sénégal et la Chine sera ainsi renoué. Des accords notamment économiques sont escomptés à l’issue de ce crochet décrit comme  ”décisif” dans le milieu des affaires sénégalais.

Pour confirmer ces propos, des sources nous renseignent qu’hormis le ministre des affaires étrangères, qui a précédé le Président en Chine, une forte délégation de directeurs de sociétés publiques séjourne depuis quelques jours en Chine.

Le Président est accompagné de Mme la Première Dame, mais également de sept membres du gouvernement, et aussi d’hommes d’affaires notamment les présidents d’organisations patronales. Il s’agit de Mansour Cama (CNES), Baïdy Agne (CNP) et Mbagnick Diop (MDES), ainsi que Mamadou Lamine Niang, président de l’Union nationale des chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture du Sénégal (UNCCIAS). Mais c’est aussi sans oublier une célébrité mondiale qui voyage sous sa casquette d’homme d’affaires, nous voulons parler de Youssou Ndour.

Mountaga Sy, Directeur général de l’Agence nationale pour la promotion des investissements et grands travaux (APIX), est de ce voyage qui s’inscrit aussi dans le cadre de la “diplomatie économique” du Sénégal.

Last but not least, comme on dit, les secrétaires généraux de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS), Mody Guiro, et de l’Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal (UNSAS), Mademba Sock, sont également conviés à ce séjour.

L’arrivée du chef de l’Etat, Macky Sall, et de la délégation qui l’accompagne à Beijing est prévue mercredi à 10h50 locales (2h50 heure de Dakar).

Senegal-business

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