Le Parti démocratique vert rwandais, un parti d’opposition, a intenté une action contre l’Etat auprès de la Cour suprême pour non respect de la Constitution, et notamment de l’article 5 concernant les langues officielles du pays. Pour la formation politique, une mise de côté du français au profit de l’anglais pénaliserait une partie de la population.

Nouveaux billets de banque exclusivement en kinyarwanda et en anglais, documents administratifs non traduits en français. Selon Frank Habineza, le président du Parti démocratique vert rwandais, la langue de Molière tend à disparaître du quotidien des Rwandais, et est de moins en moins utilisée par les institutions étatiques, qui lui préfèrent souvent l’anglais.

Pour lui, cela est inconstitutionnel : « La Constitution dit que le Rwanda a trois langues officielles : le kinyarwanda, le français et l’anglais. Mais actuellement, la langue française est mise de côté. Nous avons beaucoup de gens au Rwanda qui ont eu une éducation en français, et donc ils ne peuvent pas jouir des mêmes droits que les autres citoyens. Donc, nous avons déposé un dossier à la Cour suprême pour qu’elle demande aux institutions de l’Etat de respecter la Constitution. »

Plus globalement, Frank Habineza estime que de nombreux Rwandais sont exclus du marché du travail à cause de leur mauvaise maîtrise de l’anglais. Et pour lui, ce problème linguistique a un impact sur le processus de réconciliation : « Lorsque les gens se plaignent et ne peuvent pas avoir du travail, ils se sentent comme des citoyens de seconde zone. Et donc, on ne peut pas se réconcilier correctement. Une fois que ce problème sera résolu, nous pourrons vraiment achever notre processus de réconciliation. »

Il revient maintenant à la Cour suprême de juger de la recevabilité de ce recours.

mercredi, 10 décembre 2014 14:49

France: ce que prévoit la loi Macron pour relancer l'activité

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La loi Macron, du nom du ministre de l'Economie, doit être présentée ce mercredi en conseil des ministres. Ce projet de loi est censé, selon le ministre, remédier aux trois maux de la France : la défiance, la complexité et le corporatisme. Les parlementaires vont donc s'emparer du texte pour le décortiquer.

Ce texte, c'est l'héritage laissé par Arnaud Montebourg après son départ de Bercy, mais c'est aussi le caillou dans la chaussure d’Emmanuel Macron qui est attendu au tournant par sa majorité. Imaginé par son prédécesseur afin de redonner 6 milliards d'euros de pouvoir d'achat aux Français, le nouveau ministre de l'Economie s'est emparé du texte pour le modifier. Du pouvoir d'achat, on est ainsi passé à la croissance et l'activité.

Afin de redynamiser l'économie française, Emmanuel Macron souhaite modifier la réglementation du travail dominical et passer de 5 à 12 ouvertures de magasins par an. Autre proposition, la libéralisation des professions réglementées : huissiers, notaires, commissaires-priseurs. Ils devront revoir leurs tarifs pour faire jouer la concurrence. Troisième point : accélérer la libéralisation des transports en autocar, ce qui selon le ministre pourrait créer de l'emploi.

« Tout le monde a conscience de l’urgence de la situation économique, tout le monde a conscience que nous avons besoin de plus de vitalité, que tout le monde a besoin que cela marche mieux en France, a justifié Emmanuel Macron. Les commentaires que j’entends avant que la loi soit déposée sont des commentaires de principe, de posture. C’est la responsabilité de la gauche au gouvernement de conduire des réformes qui sont des réformes justes et efficaces. Sur le travail le dimanche, il y a des zones où l’activité, le tourisme, justifient qu’on ouvre le dimanche ou en soirée parce que ça va créer des emplois et donc là nous allons le faire. »

Déjà contesté

Le projet prévoit également une simplification des procédures prud'homales pour en réduire les délais. Le ministre souhaite également que l'épargne salariale se généralise dans les entreprises.

Le projet de loi est déjà contesté aussi bien par la majorité que par les intéressés. Les professions libérales demandent son retrait pur et simple. En signe de protestation, une grande mobilisation est prévue début janvier au moment même de la discussion au Parlement.

Détenu durant plus de trois ans par al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) avant d’être libéré hier, Serge Lazarevic, 51 ans, a mis le pied sur le sol français, ce mercredi 10 décembre. A sa descente d’avion, à l’aéroport de Villacoublay, près de Paris, il a été accueilli par le président français François Hollande et par ses proches.

Avec nos envoyés spéciaux à l'aéroport de Villacoublay,

C’est l’image de ce petit matin : un sourire. Et quel sourire, celui de Serge Lazarevic radieux, qui descend de l’avion de la présidence, puis enlace tendrement sa maman, sa sœur. Un instant fort, intense. L’ex-otage visiblement en forme du haut de ses presque deux mètres, même s’il a perdu du poids. Le crâne rasé, petit bouc poivre et sel, pantalon de toile et gros manteau, car il fait frais ici. Une belle image, celle d’un homme solide visiblement serein, loin très loin des images de la dernière vidéo diffusée il y a trois semaines.

Serge Lazarevic était le dernier otage français dans le monde. Libéré mardi, au Mali, après trois ans passés aux mains du groupe terroriste Aqmi, il a fait une brève escale à Niamey, au Niger, hier soir avant de s’envoler pour la France. Il a atterri ce mercredi matin, à 7h45 (heure de Paris) à l’aéroport de Villacoublay, près de Paris.

Examens médicaux et débriefings au programme

A sa descente d’avion, Serge Lazarevic a été accueilli par le président François Hollande - qui est venu accueillir à Villacoublay tous les otages libérés depuis qu’il a accédé à la tête de l’Etat -, mais aussi par sa famille. Sa fille, Diane, était déjà dans l’avion avec lui, puisqu’elle s’était rendue à Niamey hier. Le directeur et un employé du centre de crise du gouvernement étaient aussi à bord, ainsi qu’un médecin urgentiste qui a pu faire un premier examen médical.

Le premier examen est rassurant, nous dit-on, mais il sera prolongé dans la matinée de ce mercredi, inévitablement, par des examens médicaux dans un hôpital militaire de la région parisienne. Ensuite comme tous les otages après leur libération, Serge Lazarevic va être débriefé dans les jours qui viennent en un lieu discret par la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), les services secrets français. Ce débriefing est donc une étape obligée et même une étape essentielle, car ces fameux débriefings, encore appelés RETEX dans le jargon des services secrets, permettent d'en savoir plus sur les preneurs d'otages.

Ces entretiens se font selon une procédure bien rôdée et généralement en deux étapes : La première a lieu le plus rapidement possible, dans le cas de Serge Lazarevic peut être même a-t-elle eu lieu la nuit dernière lors du vol retour. Il s'agit à ce moment-là de s'appuyer sur la mémoire et les émotions immédiates avant que les souvenirs ne s'estompent. La seconde phase a lieu après le retour en France, elle se déroule généralement, dans l'une des bases de la DGSE près d'Orléans. Les hommes du renseignement vont alors demander à Serge Lazarevic un maximum de détails : sur ces conditions de vie, ses lieux de détentions, sur le comportement de ses ravisseurs. Ils vont chercher à savoir s’il y a notamment des dissensions entre eux, et de quel matériel ils disposent. Chaque détail à son importance, car ces débriefings ou Retex ont un objectif opérationnel. Il s'agit pour les services secrets de parfaire leur connaissance du terrain et de reconstituer précisément les modes opératoires des ravisseurs.

Hollande : « N'allez pas là où vous pouvez être enlevés »

« A tous nos compatriotes qui peuvent se trouver sur des zones que l’on dit "à risque", faites en sorte de ne pas aller là où vous pouvez être enlevés. Nous sommes dans un monde dangereux, a lancé François Hollande devant la presse. Il y a des régions où il ne doit pas être accepté d’aller en voyages. Ce sont des règles. On sait maintenant les risques qui sont encourus. »

« C’est, pour un président de la République, une épreuve que de vivre des prises d’otages, comme pour les Français d’apprendre qu’un de leurs compatriotes a été enlevé, a poursuivi le chef de l’Etat. Et c’est une joie extraordinaire de pouvoir assister à une arrivée comme celle que vous avez eue, monsieur Lazarevic, cette joie que vous nous avez exprimée de retrouver les vôtres, de retrouver votre fille, votre mère, votre sœur, votre fils, tous vos amis. Et je veux maintenant vous dire, faites en sorte de témoigner de tout ce que vous avez vécu parce que c’est, pour les Français aussi, une fierté que de savoir qu’un des leurs a pu pendant trois ans résister à tout… »

L'ex-otage a pris la suite du président de la République devant les médias présents à Villacoublay : « Etre otage, c’est un peu compliqué, ce n’est pas très simple, mais la vie est belle de retrouver la liberté. Je ne savais pas avant ce que c’était la liberté, j’avais oublié ce que c’était la liberté. Et n’oubliez jamais qu’être un homme libre, c’est faire attention à soi, partout où vous allez comme l’a dit Monsieur le président. Faites attention parce que la liberté, c’est plus cher que tout. Quand on est pris, quand on est malmené, quand on est perdu, quand on est au bord de la mort, on pense plus à la vie. »

Et Serge Lazarevic de conclure : « Je vous remercie tous d’être là et je dis encore merci au peuple français, et merci au gouvernement qui a tout fait pour nous libérer [lui et Philippe Verdon, tué l’année dernière]. Je vous remercie tous. Vive la liberté. »

7H47. La porte de l'avion s'ouvre et Serge Lazarevic pose le pied sur le sol français. Avec ce sourire immense, une sérénité impressionnante.
Retour sur l'arrivée de Serge Lazarevic en France 10/12/2014 - par Guillaume Thibault écouter

Plus d'informations à venir.

 

L'ex-otage à la sortie de l'avion qui l'a ramené en France, le 10 décembre à Villacoublay.AFP PHOTO / MARTIN BUREAU

Espoir dans l’enquête sur l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon

Cette libération renvoie à l'assassinat de nos deux confrères de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon, tués par al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) près de Kidal, dans le nord du Mali, le 2 novembre 2013. Depuis l’enquête est difficile, mais pour l'association « Les amis de Ghislaine Dupont » le fait que la France n’ait plus d’otages dans la région est un espoir pour enfin connaître la vérité.

Nous posons la question : est-ce que cette libération va avoir des conséquences sur l’enquête ? Est-ce que ça va faciliter le travail des juges ? Est-ce que les autorités vont avoir davantage les coudées franches, la possibilité d’agir peut-être de manière plus rapide, plus radicale ? C’est ce que l’on espère aujourd’hui.

Pierre-Yves Schneidersecrétaire général et porte-parole de l'association «Les amis de Ghislaine Dupont» 10/12/2014 - par Sébastien Nemeth

Rfi

mercredi, 10 décembre 2014 14:38

Libération de Serge Lazarevic: la contrepartie qui dérange

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Si les députés français ont largement salué la libération de Serge Lazarevic, ce mardi 9 décembre, certains ont tout de même regretté qu’elle ait été conditionnée par celle de terroristes liés à Aqmi. Au Mali, les associations de défense des droits de l’homme s’indignent également de la libération de jihadistes comme monnaie d’échange.

La guerre, le terrorisme, ces sujets-là font toujours consensus dans la classe politique française. Ce mardi, après l'annonce de la libération l'otage français Serge Lazarevic, il y avait à l'Assemblée comme un parfum d'unité nationale, mais avec tout de même quelques fausses notes.

Pierre Lellouche (UMP) :
« Je suis extrêmement en colère contre cette bande de cafards terroristes qui s’en prennent à des civils pour s’arroger le droit de les enterrer vivants quelque part dans le désert pendant trois ans. C’est insupportable. Nos soldats font un boulot formidable. Je suis en soutien complet du gouvernement sur cette affaire. »

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) :
« La responsabilité d’un gouvernement, c’est de récupérer des Français qui sont pris en otages. C’est le devoir de la France de ne jamais laisser tomber un de ses citoyens de par le monde. Tout le reste appartient au secret. »

Noël Mamère (Europe Ecologie-Les Verts) :
« Si on échange des prisonniers, ça veut dire qu’on donne une caution à ceux qui ont pris en otages des Français. Ça veut dire qu’on donne une caution à l’islamisme radical et à sa variante terroriste. Je ne sais pas quelle est la meilleure voie. »

Alain Marsaud (UMP) :
« Je ne me sens pas capable de dire ce qui est bien et ce qui n’est pas bien dans cette affaire. En plus, il ne s’agit pas de n’importe quels preneurs d’otages. Il s’agit de gens extrêmement violents qui ont assassinés et qui se retrouvent en liberté. C’est invraisemblable que le gouvernement français, qui est en position de force par rapport au gouvernement malien, dans la mesure où il intervient militairement, a pesé de tout son poids pour obtenir ces libérations en contrepartie de celle de notre otage. Réjouissons-nous tout de même de voir notre compatriote libéré. »

Indignation au Mali

Les associations maliennes des droits de l’homme saluent la fin de la captivité de Serge Lazarevic. Mais elles s’indignent de la libération, selon elles, de quatre prisonniers liés à al-Qaïda au Maghreb islamique, accusés de violations des droits humains et qui ont servi de monnaie d’échange.

Maître Moctar Mariko, président de l’Association malienne des droits de l’homme :
« Si c’est un succès pour la diplomatie française, pour nous, c’est une grave violation des droits des victimes maliennes. Parce que c’est nous qui souffrons au Mali. Et s’il faut échanger un terroriste malien contre un otage français, ça voudra dire que nous n’avons plus notre raison d’être et que le gouvernement ne défend pas les populations. »

En août dernier, les associations de défense des droits de l’homme avaient déjà dénoncé la libération de Ouka Ouka, chef du tribunal islamique de Tombouctou pendant la période d’occupation du nord par les groupes jihadistes. Qu’il s’agisse de libérer des otages ou de négocier la paix dans le Nord avec les groupes rebelles, les associations estiment que les autorités maliennes doivent faire de la lutte contre l’impunité leur priorité.

D'ailleurs, l’un des prisonniers libérés, Mohamed Ali Ag Wadossene, avait récemment tué un gardien de la prison de Bamako où il était retenu et d’où il s’était évadé avant d’être repris. Le frère de ce gardien, au micro de RFI, ne cache pas sa colère.

Sidi SOFARA, frère d'une victime de Mohamed Ali Ag Wadossene : « J’ai été littéralement foudroyé par l’annonce de cette nouvelle qui est une indignation sans égale, sans précédent. Si les autorités maliennes ont accepté ça, moi je me demande : la dignité malienne, elle est comment maintenant ? Un Français vaut mieux donc qu’un Malien ? Ces autorités, est-ce qu’elles sont directement concernées ? […] Et si c’était leur frère, est-ce qu’elles allaient accepter d’échanger l’assassin contre un Français ? Quel est le poids que pèse un Français par rapport au Malien ? C’est une indignation terrible. Je suis bouleversé. Je suis littéralement déçu. Je ne sais plus que faire. »

mercredi, 10 décembre 2014 14:36

Prix de l’eau : Une hausse pas encore à l’ordre du jour

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Ces derniers jours, un journal de la place a fait état d’une éventuelle hausse du prix de l’eau. Interpellé hier sur la question par les députés, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, qui était à l’Assemblée nationale pour l’examen de son budget 2015, a précisé qu’une hausse du prix de l’eau n’est pas encore à l’ordre du jour. Selon Mansour Faye, l’Etat s’attelle plutôt à améliorer la qualité d’approvisionnement en eau.

Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a assuré hier lors de l’examen de son budget 2015 que l’Etat n’est pas dans les dispositions de revoir à la hausse le prix de l’eau comme annoncé par un journal de la place la semaine dernière. Selon Mansour Faye, les difficultés d’accès à la qualité de l’eau potable dans certaines zones urbaines mobilisent pour le moment les efforts de l’Etat. «Dans le contexte actuel, il n’est pas question d’augmenter ni de changer les prix, que cela soit dans les zones urbaines ou dans les zones enfermées. Dans leur grande majorité, elles présentent des difficultés d’approvisionnement en eau. Donc, ce qui nous intéresse le plus, c’est de nous atteler à améliorer davantage la qualité des services par rapport au Programme de sécurisation en eau de Dakar et aussi finaliser tous les travaux entrant dans cette dynamique et ayant des retards au niveau des autres centres urbains», a déclaré Mansour Faye pour rassurer les représentants du Peuple, tout en soulignant les disparités qui existent concernant le prix de l’eau en zone rurale et en milieu urbain. En conséquence, il précise que le prix de l’eau n’a pas changé depuis 2003.

Cependant le ministre fait remarquer la problématique de la situation financière de la Sones et de l’Onas qui vivent, selon lui, «une dégradation continue de leurs capacités d’autofinancement et d’endettement» vis-à-vis des partenaires financiers qui mobilisent à 90% les portefeuilles d’investissement de ces structures.
Interpellé par les députés originaires du monde rural sur la mauvaise qualité de l’eau servie aux populations de ces zones, M. Faye annonce un programme de 300 forages pour les venir en aide. En théorie, ce plan d’hydraulique rurale va drainer 300 systèmes multi villages, c’est-à-dire 300 ouvrages de captage, 300 châteaux d’eau et 300 réseaux de distribution. «C’est un programme initié depuis 2013 et qui va permettre en 2015 la réalisation de 93 ouvrages de captage, 47 châteaux d’eau 16 résolvables au sol, sans oublier la densification et l’extension des zones des réseaux de distribution», explique le ministre. L’objectif avec la mise en place d’un tel programme est de chercher à accroître le taux d’accès à l’eau en milieu rural qui était de 81,1% en 2013, 84,1% en 2014 et à plus 87% en 2015. Pour son exécution, 47% des interventions seront concentrées dans la zone sud, 30% en zone centre et 26% au niveau de la zone Nord.
S’agissant de l’hydraulique urbaine, les programmes d’investissement de la Sones se chiffrent à l’horizon 2020 à 373 milliards de francs Cfa. Mansour Faye signale la réception de 17 centres urbains en 2015 ainsi que l’achèvement de tous les travaux en cours dans la même année. «Les travaux au niveau de Thiès seront terminés et les 5 000 m3 d’eau prévus par jour seront disponibles», annonce-t-il. Dans la même veine, il indique que les travaux des 21 forages qui concernent Dakar seront achevés en décembre 2015 pour les 14 et en décembre de la même année pour les 7 autres.

La communauté mouride va  donner corps à l’une des plus importantes recommandations de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, fondateur de la voie mouride. Il s’agit du Grand Magal qui  sera célébré demain jeudi 11 décembre à Touba. Cet événement commémore le départ en exil du vénéré guide, est un fort moment de reconnaissance envers Dieu.  "Quant au bienfait que Dieu m’a accordé ma seule et souveraine gratitude ne le couvre plus. Par conséquent, j’invite toute personne que mon bonheur personnel réjouirait de s’unir à moi dans la reconnaissance à Dieu, chaque fois que l’anniversaire de mon départ en exil le trouve sur terre», avait lancé le vénéré  guide.  Prés de  87 ans après son rappel à Dieu, le message servira encore de viatique  aux milliers de pélerins qui se dirigent depuis quelques jours à Touba.
 
La cité religieuse est depuis quelques jours la destination des pelerins venus des divers horizons  pour les besoins de la 120ème édition du Grand Magal de Touba.  Ce rassemblement de grande envergure célébré demain,  jeudi 11 décembre, est un événement exeptionnel et ce  moment de dévotion pour la communauté musulmane et plus particulièrement les disciples mourides.
 
Il s’agit de  suivre scrupuleusement les récommandations de Cheikh Amadou Bamba, fondateur du Mouridisme qui avait  lui-même  donné le sens  à cette action de dévotion en vue de remercier Allah de l'avoir gratifié de bienfaits à la suite d'une série d'épreuves créées par l’administration  coloniale française. Après avoir  fomenté un simulacre de procès,  le colonisateur  avait décidé de l’éloigner des siens et de l’envoyer à l’exil. C’est précisément le 12 août 1895, coïncidant avec le 18ème jour du mois musulman de Safar,  que  le guide religieux,  interné d’abord au camp Gallieni de Dakar va faire un bref séjour auprés de ses hôtes  dakarois. Il quitte le Port de Dakar à bord d’un bateau pour un long  voyage au Gabon et notamment sur l’île de Mayombé.
 
Un voyage qu’il a lui-même relaté à travers ses écrits. Mais, ces épreuves avaient avant tout, un soubassement ésotérique. Ces sacrifices, cet exil qu’il a affrontées durant  7 ans hors du Sénégal, au Gabon, lui ont surtout  permis d’accéder  aux bienfaits d’ordre mystique.  C’était ainsi  la voie indiquée pour une élévation spirituelle et  une consécration.
Cheikh Ahmadaou Bamba l’a souligné, en soutenant qu’il lui permis  d’acquérir  le titre de «serviteur du  Prophéte» ou «Khadimoul Rassoul».
 
«Quant au bienfait que Dieu m’a accordé ma seule et souveraine gratitude ne le couvre plus. Par conséquent, j’invite toute personne que mon bonheur personnel réjouirait de s’unir à moi dans la reconnaissance à Dieu, chaque fois que l’anniversaire de mon départ en exil le trouve sur terre», lançait le fondateur du mouridisme pour donner  à ce jour de séparation ou comme l’évoque la tradition «dem si gejj gui» (le jour du départ en mer). Pour le Magal, littéralement traduit  (rendre hommage à Dieu) il appela les fidèles à l’accompagner et à rendre grâce à Dieu en commémorant non pas le jour de son retour mais le début de ses épreuves.    

Cette célébration indique aux pélerins de joindre, à la lecture du Saint Coran, le Zikr  et la lecture de ses «poémes», qui sont l’essence même du Magal d’offrir des repas copieux communément appelés  «Berndel» aux hôtes et  aux plus démunis. Sans oublier les visites pieuses effectuées  aux sanctuaires, aux mausolées des différentes khalifes et guides religieux qui reposent dans la cité réligieuse.  Pour rappel, la commémoration du Magal à Diourbel était loin d'avoir une ampleur collective.  Les talibés se regroupaient dans  différents lieux et dans le cadre de la famille. C'est après le rappel à Dieu du fondateur du mouridisme que son premier successeur Cheikh Mouhamadou Moustapha Mbacké a déplacé l'organisation de l'évènement à Touba. Pour raffermir les liens et la cohésion de la communauté, la décision  d’organiser le Magal à Touba, va prendre forme à la fin des années 40 sous le magistère de Serigne Fallou Mbacké.
 
Plus de 87 ans après le rappel à Dieu  de Khadimou Rassoul,  fidèles venus des régions du Sénégal et du reste du monde continuent de rallier Touba, pour célébrer l’une des plus grandes  manifestations religieuses du Sénégal.

L’attitude adoptée par certains membres  de la majorité consistant à demander au gouvernement à fournir des éléments de preuve à propos des affaires Arcelor Mittal et Pétro Tim n’en a pas fini de secouer la mouvance présidentielle et d’y semer un trouble profond. Entre positions divergentes, contradictions et contre-déclarations, la coalition de Macky Sall se retrouve ainsi en pleine ébullition. Suffisant pour que des analystes (comme le politologue Yoro Dia et l’enseignant à l’Ucad Alioune Badara Diop) en concluent en dernière analyse que Me Wade est le principal bénéficiaire de ce mélimélo au sein de la majorité.
 
La confusion est-elle en train de gagner les alliés de la majorité présidentielle? En tout cas, depuis la position exprimée par la conférence des leaders de Benno siggil sénégal (Bss) demandant au gouvernement de donner des preuves sur les accusations de Wade relativement à l’affaire Arcelor Mittal et Pétro-tim, des déclarations et contre-déclarations des fois de responsables d’une même formation politique secouent la majorité présidentielle. Ainsi en est-il du député Zator  Mbaye, de l’Alliance des forces du progrès (Afp) qui dément la position exprimée par son camarade de parti Mbaye Dione, sur les ondes de la Rfm.  Par contre, Abdoulaye Wilane, porte-parole adjoint du Parti socialiste qui avait demandé des preuves au gouvernement revient pour repréciser qu’il s’agit d’une position personnelle.  Une situation qui a fini par installer un climat de doute entre le parti présidentiel et ses alliés soupçonnés de ne pas jouer leur rôle.
 
“Ce qui se passe est la preuve que la majorité présidentielle est comme une auberge espagnole. Dans une coalition, les alliés doivent parler d’une même voix. Il ya beaucoup de partis qui soutiennent le président de la République mais le bloc homogène n’est pas encore là. Le Président ne tient pas encore sa majorité”, précise pour sa part Yoro Dia, journaliste et analyste politique. Selon lui, les alliés de Macky se sont écartés de leur rôle en demandant au gouvernement de donner des preuves. “ Sur l’affaire Arcelor Mittal, le gouvernement a donné des explications suffisamment  techniques et claires. La posture des alliés aurait dû être de défendre et de relayer la position officielle du gouvernement “. Yoro dira par suite : “l’interpellation du gouvernement est du ressort de l’opposition. C’est l’opposition qui doit être dans le registre de l’opposition. Nous sommes en face d’une bizarrerie à partir du moment où les alliés se mettent à interpeller le gouvernement”. Et d’indiquer:  “en pareil cas, les alliés doivent mener des discussions internes pour traiter les contradictions, dégager la position de la majorité à expliquer au niveau de l’opinion publique”.
 
Toutefois, pour l’enseignant en science politique à la Faculté de droit à l’université de Dakar, Alioune Badara Diop, la possibilité des alliés de la majorité d’interpeller le gouvernement est une question de choix. “ Dans les coalitions, vous avez des formations politiques qui ont connaissance de ce qu’on attend d’eux, en tant que partis, et qui sont interpellées par les citoyens ou la société civile. Est-ce qu’il faut ignorer les régles de transparence  pour des questions de survie politique? Où est-ce qu’il faut prendre date pour dénoncer cette “opacité” dans la gestion des deniers publics?” se demande l’enseignant en science politique. Et de répondre:“ la plupart des partis étaient écartelées entre cette alternative, c’est-à-dire  entre rester fidèle en fermant les yeux ou choisir l’option d’interpeller directement les autorités pour qu’elles rendent compte”.  Toujours est-il, selon M. Diop, que “ la position des partis alliés qui demandent des preuves au gouvernement est louable”. Ils vont, a-t-il dit, “ dénoncer, quitte à être exclus de la coalition”. Toujours est-il que  cette affaire est une occasion de rebondissement pour bon nombre de leaders. Dans la foulée, l’enseignant dira: “Les leaders des partis (Afp, Ps) ont leur avenir derrière eux. Il y a des jeunes loups ayant leur avenir devant eux qui se positionnent pour exiger la tranparence. Comme ils sont sûrs de la reconfiguration ou de la redistribution des cartes, c’est pour eux une occasion en or de sortir de l’anonymat , de dénoncer et de se repositionner”.
 
WADE A SEMÉ LE TROUBLE DANS LE CAMP PRÉSIDENTIEL
 
Pour l’analyste politique Yoro Dia, l’interpellation du gouvernement par Benno siggil senegal ne fait que renforcer Wade dans son bras de fer avec le pouvoir. “Quand Benno renforce Wade en interpellant le gouvernement à donner des preuves, il y a désordre.
 
L’interpellation du gouvernement  renforce la position de Wade”, informe-t-il. Dans la même veine, Alioune Badara Diop revient sur l’apport et le gain que tire Wade dans cette affaire. “ il est vrai que l’ancien Président Abdoulaye Wade a joué un rôle déterminant dans cette ébullition. Le fait qu’il a réussi à mettre la pression sur Macky Sall et obliger les alliés à prendre leurs distances, on peut sans risque de se tromper dire qu’il a eu, en quelque sorte, une victoire. Il a montré sa capacité de nuisance. On peut à postériori lui accorder le bénéfice d’avoir orchestré pour semer le “bordel” dans le camp présidentiel”, a-t-il conclu.

Avec la bénédiction des autorités, la cimenterie Dangote use de la nappe souterraine pour satisfaire ses besoins en eau. Des rapports réalisés par des experts révèlent de graves menaces sur les ressources hydrauliques de cette localité et sur la santé des populations locales qui ont d’ailleurs porté plainte. Les germes d’un conflit sont réels.

Entre les villageois et la cimenterie Dangote, c’est un pacte de cohabitation rompu. La confiance laisse la place à la méfiance et à la confrontation. La tension a coulé de source depuis que l’usine a commencé à exploiter des forages sur autorisation de l’Etat du Sénégal, à travers une lettre datée du 26 novembre 2012, délivrée par le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement dirigé à l’époque par Oumar Guèye. Ce recours à la nappe déjà très sollicitée par la Sde pour refroidir sa centrale électrique de 30 mégawatts n’est pas du goût d’une frange de la population locale. Les conséquences d’une telle opération peuvent être dommageables sur l’environnement et notamment sur les ressources hydrauliques. Les dangers encourus par l’écosystème local ont été mis en lumière par Dr Cheikh Hamidou Kane, expert hydrogéologue, enseignant-chercheur à l’Ufr Sciences de l’ingénierie de l’Université de Thiès.
Dans son rapport intitulé Analyse critique des impacts quantitatifs et qualitatifs des prélèvements en eau de la nouvelle cimenterie de Pout sur les ressources en eaux souterraines, l’expert révèle que «pour sa production d’eau, la cimenterie de Pout et les carrières connexes de Tchicky et Pout Est exploitent actuellement 5 forages (sur 6 autorisés) qui se répartissent comme suit : 3 forages pour la centrale à charbon de l’usine, 1 forage dans la concession minière de Pout Est, 1 forage dans la carrière à Tchicky».
Dans le document, il est précisé que «tous ces ouvrages réalisés ont obtenu au préalable l’autorisation du ministère en charge de l’Hydraulique qui permet à l’exploitant de solliciter les forages à un débit ne dépassant pas 80 m3/h». La seule obligation est que la cimenterie doit rendre compte de sa consommation annuelle.

Surexploitation, remontée de la nappe salée
Toutefois, M. Kane fait observer que «dans la zone de Pout, il existe plusieurs infrastructures dédiées à l’Approvisionnement en eau potable (Aep) de Dakar qui exploitent les deux nappes du Paléocène et du Maastrichtien. Il s’agit notamment des centres de captage de Pout Nord, Pout Sud et de Pout Kirène». La Sénégalaise des eaux (Sde) produit 76 024 m3/j dans cette zone.
Les agriculteurs exploitent également les eaux souterraines. Une surexploitation est constatée. Dans le rapport, il est relevé que «bon nombre d’études dans le secteur ont montré que l’alimentation de la nappe du Maastrichtien ne suffit plus à compenser les prélèvements par pompage et il en résulte une baisse progressive, d’années en années, du niveau piézométrique de base qui pourrait à long terme favoriser l’intrusion saline latérale». Pis, «les prélèvements de la cimenterie Dangote vont s’ajouter à ceux de la Sde qui, rien que pour la zone de Pout Nord, exploite neuf forages (…). Cette surexploitation des eaux souterraines risque de créer de la place aux eaux salées». En effet, l’hydrogéologue prévient que «les eaux du Maestrichtien supérieur sont douces et reposent sur les eaux salées à sursalées du Maestrichtien inférieur». Les inquiétudes de l’Association des ruraux et agriculteurs de Notto sont d’autant plus réelles que la consommation en eau de la cimenterie est énorme.
Dans un rapport intitulé Etude de la consommation en eau de la cimenterie de Dangote à Pout, réalisé par Emile Ngom, expert en énergie, les besoins en eau de l’usine ont été passés au peigne fin. La conclusion de l’expert en énergie est la suivante : «Avec une puissance fonctionnelle de 22 Mw (pour une puissance installée de 30 Mw) correspondant à la capacité actuelle de 1,5 millions de tonnes, la consommation d’eau de la cimenterie est estimée à 153m3/h, soit 130m3/h pour la centrale électrique et 23 m3/h pour la l’usine.»
Le document dit que «ces valeurs sont très proches de celles indiquées dans le tome 1 du rapport de l’évaluation environnementale des installations de la cimenterie de Dangote à 120m3/h pour la centrale électrique, 21,15 m3/h pour la cimenterie, complété par 7m3/h pour les autres usages ; soit un besoin total de 148,15 m3/h». Et durant la période de basses températures, «le débit d’eau d’appoint du refroidissement condenseur augmente à 190m3/h». Ainsi, la consommation totale passe à 217m3/h. Selon M. Ngom, «en pleine charge, la consommation de l’usine et de la centrale thermique de Dangote se situera, selon la saison, entre 150 et 200 m3/h environ, soit des besoins entre 3 600 et 4 800m3/jour. La consommation annuelle en eau est estimée à 1 million 277 mille 040 m3».

87% de hausse en cas de 3 millions de tonnes
La cimenterie envisage de produire trois millions de tonnes de ciment. Le prélèvement de ressources hydrauliques sur la nappe phréatique risque de connaître une hausse importante. «En cas de réalisation du doublement de capacité prévue (passage de 1,5 à 3 millions de tonnes avec extension de la puissance consommée de la centrale de 22 Mw à 44 Mw), la consommation annuelle en eau passera de 1 million 478 mille 520 à 2 million 755 mille 560 m3, soit une augmentation de d’environ 87%», souligne M. Ngom.
Le rapport recommande à la cimenterie Dangote d’améliorer le design de la centrale thermique en remplaçant l’aéroréfrigérant par un aérocondenseur. Cette modification supprimerait le plus gros consommateur d’eau de la cimenterie et préserverait une nappe phréatique déjà très déficitaire dans cette zone. Ce système existe au Sénégal. L’eau de mer est utilisée en lieu et place de la nappe souterraine. «Cette technologie de refroidissement demeure la plus adaptée à nos zones sahéliennes où la rareté des ressources en eau nécessite leur préservation», selon le rapport. Pour l’ingénieur environnementaliste Ibrahima Diaw, les préoccupations liées à l’eau se rapportent notamment au pompage, à l’eau de refroidissement, au traitement de l’eau, au traitement des eaux usées et à la pollution des sols. L’auteur de l’Analyse de conformité de la procédure et examen du rapport d’évaluation environnementale du projet de cimenterie de Dangote à Pout renseigne qu’il est fait état de «deux autorisations ministérielles pour deux forages de 80 m3/h datant du 30 avril 2008, puis de quatre forages de 80 m3/h maximum datant du 5 octobre 2012 (Annexe 1 du rapport)».

Le ministère de l’Hydraulique incriminé
Ces autorisations, mentionne M. Diaw, vont à l’encontre des éléments d’une étude de Gkw Consult de 2009. Celle-ci avait été commanditée par la direction de la Gestion et de la planification des ressources en eau et avait déjà préconisé «des mesures conservatoires», dont le refus pour la réalisation de tout nouveau forage dans les secteurs de Pout et Sébikhotane, la réduction significative des débits de pompage imposée à la Sde dans le secteur, entre autres. Il y avait déjà constaté une surexploitation de la nappe pour alimenter Dakar en eau. Cela montre la contradiction dans la démarche de l’Etat qui a autorisé la cimenterie Dangote à forer. Quant au système de refroidissement, l’expert s’appuie sur la description de l’installation des aéroréfrigérants pour apprendre que «l’on a affaire ici à un système de refroidissement en circuit ouvert». Par conséquent, «il y a bien contact entre l’eau de refroidissement et le milieu ambiant via l’air».

Risques d’une infection respiratoire
Son étude révèle que les risques de biocides n’ont pas été clairement mentionnés dans le rapport d’évaluation environnemental. Au-delà, détecte-t-il, la légionellose qui est une infection respiratoire provoquée par les bactéries vivant dans l’eau douce, appelées légionelles, risque de voir le jour dans la zone. «L’infection se fait en général par inhalation de l’aérosol (gouttelettes sorties en tête des tours aéroréfrigérantes). C’est une infection qui peut être mortelle.» Le document montre que «la seule approche technique pour maîtriser le risque de développement des légionelles dans ces systèmes s’appuie sur la mise en œuvre d’un suivi rigoureux et de procédures d’alerte en cas de franchissement de certains seuils». En étudiant l’évaluation faite de l’environnement de la localité d’implantation de l’usine, il est découvert que «ce risque n’a jamais été mentionné dans le rapport d’Eies (Etude d’impact environnemental et social) et les moyens de suivi et de contrôle de la qualité des eaux d’appoint de chaudière et du circuit de refroidissement ne sont pas explicités». Sa prise en compte demande un investissement supplémentaire.

La cellule de communication de la présidence de la République a levé un coin du voile sur le traitement accordé aux ex-Présidents sénégalais en procédant à la publication du décret portant sur la dotation «des anciens chefs d’Etat» du Sénégal. Dans ce document, il est apparu que les anciens présidents de la République au Sénégal perçoivent en guise d’indemnités 5 000 000 francs CFA chaque mois, soit 7622.450 euros. Cette somme est supérieure à ce qui est alloué à leurs homologues français. En réaction à la sortie de Me Wade qui, dans un entretien accordé à deux chaines de télévisions privées sénégalaises (Walf TV et 2STV), se disait désavantagé par rapport à son statut d’ancien chef de l’Etat, le service de presse de la présidence a donc décidé d’apporter la réplique au Pape du Sopi en diffusant notamment le décret numéro 2013-125 portant sur la dotation «des anciens chefs d’Etat» du Sénégal. Ce document a tout simplement permis de constater que les anciens chefs d’Etats sénégalais coûtent très cher au contribuable sénégalais ! Plus cher même qu’ailleurs. Notamment dans certains pays comme la France où les Etats Unis d’Amérique, pays pourtant beaucoup plus nantis que le Sénégal. En vérité, l’Etat sénégalais ne se contente pas de verser une généreuse retraite aux ex-Présidents. Il assure tout : logement, personnel, frais de déplacement, indemnité... En effet, une fois admis à faire valoir leur droit à la retraite, par la force des urnes comme ce fut le cas du président Abdou Diouf et de son successeur, Me Abdoulaye Wade, les anciens chefs d’Etat n’ont pas de souci à se faire sur le plan non seulement matériel mais aussi financier. Elevés au rang d’«ex» présidents de la République, les chefs d’Etats, nonobstant tous les privilèges que la République leur accordait quand ils étaient encore aux affaires, continuent d’être pris en charge par l’Etat qui leur assure un train de vie plus que confortable. Ainsi, en guise d’indemnité, ils reçoivent près de 5 000 000 francs CFA chaque mois, soit 7,622.450 euros. Cette somme est supérieure au montant accordé à leurs homologues français. En effet, pour leurs indemnités de retraite, les anciens présidents français perçoivent, outre le privilège matériel (Logement, personnel, frais de déplacement), privilèges dont bénéficient aussi les ex chefs d’Etats sénégalais, une somme de 6000 euros par mois, soit 3, 935,742 F Cfa. Cette somme est bien inférieure aux 5 000 000 francs CFA accordés aux deux anciens chefs d’Etat y ayant droits actuellement. A cela, il faut ajouter aussi l’octroi d’une assurance maladie étendue au conjoint, de deux véhicules, d’un téléphone fixe dont le crédit n’est toutefois pas précisé, d’un logement et du mobilier d’ameublement. Le document informe aussi qu’en cas de renoncement au logement affecté, tout ancien président de la République perçoit une indemnité compensatrice d’un montant mensuel net de 4 500 000 francs CFA. L’Etat du Sénégal prend également en charge à hauteur de 40 000 000 francs CFA, par an, le coût des billets d’avions de chaque ancien président de la République et de son (ses) conjoint(s). Loin de s’en tenir, le document souligne que l’Etat permet à tout ancien Chef de l’Etat qui décide de s’établir hors du Sénégal de s’attacher les services de quatre collaborateurs de son choix. «Ces derniers sont rémunérés dans les mêmes conditions que les personnels affectés dans les postes diplomatiques et consulaires du Sénégal». Il faut aussi noter qu’en plus de ces privilèges, l’Etat met gracieusement à la disposition de tout ancien président de la République un personnel. Celui-ci est composé de catégories suivantes : un aide de camp dont le grade n’est pas supérieur à celui de Commandant et qui remplit sa mission exclusivement à l’intérieur du territoire national ; des gendarmes pour assurer la protection du logement ; deux agents de sécurité pour assurer la protection de sa personne ; un agent du protocole ; deux assistantes ; un standardiste ; un cuisinier ; une lingère ; un jardinier et enfin deux chauffeurs.

C'est l'un des grands textes du quinquennat. Il est censé « déverrouiller l'économie française ». La loi « pour la croissance et l'activité » sera présentée mercredi 10 décembre en Conseil des ministres par Emmanuel Macron. Elle prévoit notamment l'extension du travail du dimanche et la libéralisation de plusieurs professions réglementées. Le ministre de l'Economie sera ce mardi matin à la réunion des députés socialistes à l'Assemblée nationale, pour déminer le terrain.

Si le contenu précis de la loi Macron n'est pas encore connu, cette dernière suscite d'ores et déjà des résistances parmi les députés de la majorité. Voilà pourquoi le ministre de l'Economie se rend ce mardi 9 décembre à l'Assemblée pour les rencontrer.

Ce sera un peu son « grand oral », ou le grand saut. Car ce ministre n'a en effet jamais été élu. C'est d'ailleurs « un problème », lâche l'un de ses collègues au gouvernement, agacé par ce qu'il appelle « les macronneries », les gaffes à répétition d'Emmanuel Macron sur les « illettrés », les 35 heures ou « l'échec » du pacte de responsabilité.

Emmanuel Macron veut libérer l'économie pour sauver l'Etat-providence. Mais les députés socialistes ne l'entendent pas forcément de cette oreille. Ils sont particulièrement remontés contre l'extension du travail du dimanche.

« Il ne maitrise pas le débat parlementaire »

La nomination de M. Macron fin août, après le départ d'Arnaud Montebourg, avait fait jaser. D'abord pour ce qu'Emmanuel Macron incarne : le virage social-libéral de François Hollande, la politique « pro-entreprises » du gouvernement.

Ancien banquier, enfant gâté du hollandisme nommé ministre sans passer par la case élection ; lui et sa loi ont tout pour déplaire à des députés socialistes volontiers frondeurs. Pas sûr qu'il existe une majorité autour d'un texte jugé « fourre-tout ».

C'est donc un gros travail de conviction qu’entame Emmanuel Macron. Avec un autre handicap : « Il ne maîtrise pas le débat parlementaire », reconnaît un ministre. Il lui reste quelques semaines pour faire ses armes.

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