Pape cissoko et le Dr Ndongo Mbaye 

"Sous l'Arbre à Palabres : esprits sans frontières pour un monde en partage" animé par Dr Ndongo MBAYE recevait ce dimanche 18 janier 2015 Pape Bakary Cissoko, Philosophe, Conférencier et Formateur, journaliste sur Ichrono.info (presse en ligne), membre de la Société savante des africanistes, animateur Café philo, ancien formateur IUFM Franche Comté, membre de la maison de la Négritude et des Droits de l'Homme en Champagney (Haute Savoie).

Mais ce Monsieur est surtout un homme de coeur dont le passe-temps favori est de mettre en relation et en réseau les personnes qu'il rencontre.
Il fait partie des trésors de la Diaspora.
web radio de wadeukeubi de mike sylla styliste et promoteur culturel à Paris / Parole à la diaspora
http://wa-deukeubi.com/20-muzic-category/podcast/352-sous-l-arbre-a-palabre-avec-pape-bakary-cissoko
cliquez sur ce lien ci-dessous
http://wa-deukeubi.com//images/audio/sas/sap180115.mp3

http://wa-deukeubi.com/emissions/sous-l-arbre-a-palabres/357-sous-l-arbre-a-palabre-avec-pape-bakary-cissoko
Dr Ndongo Mbaye
Emission réalisée chez le grand Mike SYLLA à Paris 17

NB : La boite offerte par l'étranger à mon père était du corn beef qui nous faisait tous penser au porc ou à la gélatine parceque ignorant à l'époque 1968.Dans le doute mon père a prié et a demandé pardon au cas où il aurait commis une erreur apr rapport à la religion. C'est l'esprit qu'il faut juger et c'est pourquoi notre religion doit aussi se hisser au delà du texte sacré sans galvauder son sens profond. pape cissoko

 

Très profonde « Lettre ouverte au monde musulman » du philosophe musulman Abdennour Bidar
3 oct 2014 par pasteur Marc Pernot

Abdennour Bidar est normalien, philosophe et musulman. Il a produit et présenté tout au long de l'été sur France Inter une émission intitulée « France-Islam questions croisées ». Il est l'auteur de 5 livres de philosophie de la religion et de nombreux articles.

Cette lettre ouverte au monde musulman fait suite aux événements des jours passés, notamment l'assassinat de Hervé Gourdel. De nombreux musulmans ont manifesté leur indignation nécessaire et salutaire (en France et dans le monde, avec le mouvement #NotInMyName – « pas en mon nom »). Au-delà de cette dénonciation indispensable, Abdennour Bidar pense qu'il faut aller plus en profondeur, et entrer dans une autocritique de l'Islam comme religion et civilisation dans ce moment de transition cruciale de sa longue histoire. Pour le meilleur de l'Islam.

Dans un esprit de fraternité entre croyants de bonne volonté, c'est avec joie que nous pouvons lire ce texte, découvrir un autre visage de l'Islam, et peut-être prendre nous aussi quelque chose de cette sagesse qui consiste à vouloir se réformer pour être plus fidèle.

Lettre ouverte au monde musulman par Abdennour Bidar est normalien, philosophe et musulman.

Cher monde musulman, je suis un de tes fils éloignés qui te regarde du dehors et de loin – de ce pays de France où tant de tes enfants vivent aujourd'hui. Je te regarde avec mes yeux sévères de philosophe nourri depuis son enfance par le taçawwuf (soufisme) et par la pensée occidentale. Je te regarde donc à partir de ma position de barzakh, d'isthme entre les deux mers de l'Orient et de l'Occident !

Et qu'est-ce que je vois ? Qu'est-ce que je vois mieux que d'autres sans doute parce que justement je te regarde de loin, avec le recul de la distance ? Je te vois toi, dans un état de misère et de souffrance qui me rend infiniment triste, mais qui rend encore plus sévère mon jugement de philosophe ! Car je te vois en train d'enfanter un monstre qui prétend se nommer Etat islamique et auquel certains préfèrent donner un nom de démon : DAESH. Mais le pire est que je te vois te perdre – perdre ton temps et ton honneur – dans le refus de reconnaître que ce monstre est né de toi, de tes errances, de tes contradictions, de ton écartèlement entre passé et présent, de ton incapacité trop durable à trouver ta place dans la civilisation humaine.

Que dis-tu en effet face à ce monstre ? Tu cries « Ce n'est pas moi ! », « Ce n'est pas l'islam ! ». Tu refuses que les crimes de ce monstre soient commis en ton nom (hashtag #NotInMyName). Tu t'insurges que le monstre usurpe ton identité, et bien sûr tu as raison de le faire. Il est indispensable qu'à la face du monde tu proclames ainsi, haut et fort, que l'islam dénonce la barbarie. Mais c'est tout à fait insuffisant ! Car tu te réfugies dans le réflexe de l'autodéfense sans assumer aussi et surtout la responsabilité de l'autocritique. Tu te contentes de t'indigner alors que ce moment aurait été une occasion historique de te remettre en question ! Et tu accuses au lieu de prendre ta propre responsabilité : « Arrêtez, vous les occidentaux, et vous tous les ennemis de l'islam de nous associer à ce monstre ! Le terrorisme ce n'est pas l'islam, le vrai islam, le bon islam qui ne veut pas dire la guerre mais la paix ! »

J'entends ce cri de révolte qui monte en toi, ô mon cher monde musulman, et je le comprends. Oui tu as raison, comme chacune des autres grandes inspirations sacrées du monde l'islam a créé tout au long de son histoire de la Beauté, de la Justice, du Sens, du Bien, et il a puissamment éclairé l'être humain sur le chemin du mystère de l'existence... Je me bats ici en Occident, dans chacun de mes livres, pour que cette sagesse de l'islam et de toutes les religions ne soit pas oubliée ni méprisée ! Mais de ma position lointaine je vois aussi autre chose que tu ne sais pas voir... Et cela m'inspire une question – LA grande question : pourquoi ce monstre t'a-t-il volé ton visage ? Pourquoi ce monstre ignoble a-t-il choisi ton visage et pas un autre ? C'est qu'en réalité derrière ce monstre se cache un immense problème, que tu ne sembles pas prêt à regarder en face. Il faudra bien pourtant que tu finisses par en avoir le courage.

Ce problème est celui des racines du mal. D'où viennent les crimes de ce soi-disant « Etat islamique » ? Je vais te le dire, mon ami. Et cela ne va pas te faire plaisir, mais c'est mon devoir de philosophe. Les racines de ce mal qui te vole aujourd'hui ton visage sont en toi-même, le monstre est sorti de ton propre ventre – et il en surgira autant d'autres monstres pires encore que celui-ci tant que tu tarderas à admettre ta maladie, pour attaquer enfin cette racine du mal !

Même les intellectuels occidentaux ont de la difficulté à le voir : pour la plupart ils ont tellement oublié ce qu'est la puissance de la religion – en bien et en mal, sur la vie et sur la mort – qu'ils me disent « Non le problème du monde musulman n'est pas l'islam, pas la religion, mais la politique, l'histoire, l'économie, etc. ». Ils ne se souviennent plus du tout que la religion peut être le cœur de réacteur d'une civilisation humaine ! Et que l'avenir de l'humanité passera demain non pas seulement par la résolution de la crise financière mais de façon bien plus essentielle par la résolution de la crise spirituelle sans précédent que traverse notre humanité tout entière ! Saurons-nous tous nous rassembler, à l'échelle de la planète, pour affronter ce défi fondamental ? La nature spirituelle de l'homme a horreur du vide, et si elle ne trouve rien de nouveau pour le remplir elle le fera demain avec des religions toujours plus inadaptées au présent – et qui comme l'islam actuellement se mettront alors à produire des monstres.

Je vois en toi, ô monde musulman, des forces immenses prêtes à se lever pour contribuer à cet effort mondial de trouver une vie spirituelle pour le XXIème siècle ! Malgré la gravité de ta maladie, il y a en toi une multitude extraordinaire de femmes et d'hommes qui sont prêts à réformer l'islam, à réinventer son génie au-delà de ses formes historiques et à participer ainsi au renouvellement complet du rapport que l'humanité entretenait jusque là avec ses dieux ! C'est à tous ceux-là, musulmans et non musulmans qui rêvent ensemble de révolution spirituelle, que je me suis adressé dans mes ouvrages ! Pour leur donner, avec mes mots de philosophe, confiance en ce qu'entrevoit leur espérance !

Mais ces musulmanes et ces musulmans qui regardent vers l'avenir ne sont pas encore assez nombreux ni leur parole assez puissante. Tous ceux là, dont je salue la lucidité et le courage, ont parfaitement vu que c'est l'état général de maladie profonde du monde musulman qui explique la naissance des monstres terroristes aux noms de Al Qaida, Al Nostra, AQMI ou « Etat Islamique ». Ils ont bien compris que ce ne sont là que les symptômes les plus visibles sur un immense corps malade, dont les maladies chroniques sont les suivantes : impuissance à instituer des démocraties durables dans lesquelles est reconnue comme droit moral et politique la liberté de conscience vis-à-vis des dogmes de la religion; difficultés chroniques à améliorer la condition des femmes dans le sens de l'égalité, de la responsabilité et de la liberté; impuissance à séparer suffisamment le pouvoir politique de son contrôle par l'autorité de la religion ; incapacité à instituer un respect, une tolérance et une véritable reconnaissance du pluralisme religieux et des minorités religieuses.

Tout cela serait-il donc la faute de l'Occident ? Combien de temps précieux vas-tu perdre encore, ô cher monde musulman, avec cette accusation stupide à laquelle toi-même tu ne crois plus, et derrière laquelle tu te caches pour continuer à te mentir à toi-même ?

Depuis le XVIIIe siècle en particulier, il est temps de te l'avouer, tu as été incapable de répondre au défi de l'Occident. Soit tu t'es réfugié de façon infantile et mortifère dans le passé, avec la régression obscurantiste du wahhabisme qui continue de faire des ravages presque partout à l'intérieur de tes frontières – un wahhabisme que tu répands à partir de tes lieux saints de l'Arabie Saoudite comme un cancer qui partirait de ton cœur lui-même ! Soit tu as suivi le pire de cet Occident, en produisant comme lui des nationalismes et un modernisme qui est une caricature de modernité – je veux parler notamment de ce développement technologique sans cohérence avec leur archaïsme religieux qui fait de tes « élites » richissimes du Golfe seulement des victimes consentantes de la maladie mondiale qu'est le culte du dieu argent.

Qu'as-tu d'admirable aujourd'hui, mon ami ? Qu'est-ce qui en toi reste digne de susciter le respect des autres peuples et civilisations de la Terre ? Où sont tes sages, et as-tu encore une sagesse à proposer au monde ? Où sont tes grands hommes ? Qui sont tes Mandela, qui sont tes Gandhi, qui sont tes Aung San Suu Kyi ? Où sont tes grands penseurs dont les livres devraient être lus dans le monde entier comme au temps où les mathématiciens et les philosophes arabes ou persans faisaient référence de l'Inde à l'Espagne ? En réalité tu es devenu si faible derrière la certitude que tu affiches toujours au sujet de toi-même... Tu ne sais plus du tout qui tu es ni où tu veux aller, et cela te rend aussi malheureux qu'agressif... Tu t'obstines à ne pas écouter ceux qui t'appellent à changer en te libérant enfin de la domination que tu as offerte à la religion sur la vie toute entière.

Tu as choisi de considérer que Mohammed était prophète et roi. Tu as choisi de définir l'islam comme religion politique, sociale, morale, devant régner comme un tyran aussi bien sur l'Etat que sur la vie civile, aussi bien dans la rue et dans la maison qu'à l'intérieur même de chaque conscience. Tu as choisi de croire et d'imposer que l'islam veut dire soumission alors que le Coran lui-même proclame qu'« Il n'y a pas de contrainte en religion » (La ikraha fi Dîn). Tu as fait de son Appel à la liberté l'empire de la contrainte ! Comment une civilisation peut-elle trahir à ce point son propre texte sacré ?

De nombreuses voix que tu ne veux pas entendre s'élèvent aujourd'hui dans la Oumma pour dénoncer ce tabou d'une religion autoritaire et indiscutable... Au point que trop de croyants ont tellement intériorisé une culture de la soumission à la tradition et aux « maîtres de religion » (imams, muftis, shouyoukhs, etc.) qu'ils ne comprennent même pas qu'on leur parle de liberté spirituelle, ni qu'on leur parle de choix personnel vis-à-vis des « piliers » de l'islam. Tout cela constitue pour eux une « ligne rouge » si sacrée qu'ils n'osent pas donner à leur propre conscience le droit de le remette en question ! Et il y a tant de familles où cette confusion entre spiritualité et servitude est incrustée dans les esprits dès le plus jeune âge, et où l'éducation spirituelle est d'une telle pauvreté que tout ce qui concerne la religion reste quelque chose qui ne se discute pas !

Or cela de toute évidence n'est pas imposé par le terrorisme de quelques troupes de fous fanatiques embarqués par l'Etat islamique. Non ce problème là est infiniment plus profond ! Mais qui veut l'entendre ? Silence là-dessus dans le monde musulman, et dans les médias occidentaux on n'entend plus que tous ces spécialistes du terrorisme qui aggravent jour après jour la myopie générale ! Il ne faut donc pas que tu t'illusionnes, ô mon ami, en faisant croire que quand on en aura fini avec le terrorisme islamiste l'islam aura réglé ses problèmes ! Car tout ce que je viens d'évoquer – une religion tyrannique, dogmatique, littéraliste, formaliste, machiste, conservatrice, régressive – est trop souvent l'islam ordinaire, l'islam quotidien, qui souffre et fait souffrir trop de consciences, l'islam du passé dépassé, l'islam déformé par tous ceux qui l'instrumentalisent politiquement, l'islam qui finit encore et toujours par étouffer les Printemps arabes et la voix de toutes ses jeunesses qui demandent autre chose. Quand donc vas-tu faire enfin cette révolution qui dans les sociétés et les consciences fera rimer définitivement spiritualité et liberté ?

Bien sûr dans ton immense territoire il y a des îlots de liberté spirituelle : des familles qui transmettent un islam de tolérance, de choix personnel, d'approfondissement spirituel ; des lieux où l'islam donne encore le meilleur de lui-même, une culture du partage, de l'honneur, de la recherche du savoir, et une spiritualité en quête de ce lieu sacré où l'être humain et la réalité ultime qu'on appelle Allâh se rencontrent. Il y a en Terre d'islam, et partout dans les communautés musulmanes du monde, des consciences fortes et libres. Mais elles restent condamnées à vivre leur liberté sans reconnaissance d'un véritable droit, à leurs risques et périls face au contrôle communautaire ou même parfois face à la police religieuse. Jamais pour l'instant le droit de dire « Je choisis mon islam », « J'ai mon propre rapport à l'islam » n'a été reconnu par « l'islam officiel » des dignitaires. Ceux-là au contraire s'acharnent à imposer que « La doctrine de l'islam est unique » et que « L'obéissance aux piliers de l'islam est la seule voie droite » (sirâtou-l-moustaqîm).

Ce refus du droit à la liberté vis-à-vis de la religion est l'une de ces racines du mal dont tu souffres, ô mon cher monde musulman, l'un de ces ventres obscurs où grandissent les monstres que tu fais bondir depuis quelques années au visage effrayé du monde entier. Car cette religion de fer impose à tes sociétés tout entières une violence insoutenable. Elle enferme toujours trop de tes filles et tous tes fils dans la cage d'un Bien et d'un Mal, d'un licite (halâl) et d'un illicite (harâm) que personne ne choisit mais que tout le monde subit. Elle emprisonne les volontés, elle conditionne les esprits, elle empêche ou entrave tout choix de vie personnel. Dans trop de tes contrées tu associes encore la religion et la violence – contre les femmes, les « mauvais croyants », les minorités chrétiennes ou autres, les penseurs et les esprits libres, les rebelles – de sorte que cette religion et cette violence finissent par se confondre, chez les plus déséquilibrés et les plus fragiles de tes fils, dans la monstruosité du jihad !

Alors ne fais plus semblant de t'étonner, je t'en prie, que des démons tels que le soi-disant Etat islamique t'aient pris ton visage ! Les monstres et les démons ne volent que les visages qui sont déjà déformés par trop de grimaces ! Et si tu veux savoir comment ne plus enfanter de tels monstres, je vais te le dire. C'est simple et très difficile à la fois. Il faut que tu commences par réformer toute l'éducation que tu donnes à tes enfants, dans chacune de tes écoles, chacun de tes lieux de savoir et de pouvoir. Que tu les réformes pour les diriger selon des principes universels (même si tu n'es pas le seul à les transgresser ou à persister dans leur ignorance) : la liberté de conscience, la démocratie, la tolérance et le droit de cité pour toute la diversité des visions du monde et des croyances, l'égalité des sexes et l'émancipation des femmes de toute tutelle masculine, la réflexion et la culture critique du religieux dans les universités, la littérature, les médias. Tu ne peux plus reculer, tu ne peux plus faire moins que tout cela ! C'est le seul moyen pour toi de ne plus enfanter de tels monstres, et si tu ne le fais pas tu seras bientôt dévasté par leur puissance de destruction.

Cher monde musulman... Je ne suis qu'un philosophe, et comme d'habitude certains diront que le philosophe est un hérétique. Je ne cherche pourtant qu'à faire resplendir à nouveau la lumière – c'est le nom que tu m'as donné qui me le commande, Abdennour, « Serviteur de la Lumière ». Je n'aurais pas été si sévère dans cette lettre si je ne croyais pas en toi. Comme on dit en français, « Qui aime bien châtie bien ». Et au contraire tous ceux qui aujourd'hui ne sont pas assez sévères avec toi – qui veulent faire de toi une victime – tous ceux-là en réalité ne te rendent pas service ! Je crois en toi, je crois en ta contribution à faire demain de notre planète un univers à la fois plus humain et plus spirituel ! Salâm, que la paix soit sur toi.>
Merci à Seydina Mbaye qui a partagé cet article - Pape cissoko ichrono.info

 

Redécouverte des enseignements de la sounnah du Prophète-sws à travers l'Action et la pensée de Maodo ; le soufisme en question.

Encore une fois la dara des femmes a frappé fort avec une conférence et un gamou de qualité.
Une salle de belle facture même si des dysfonctionnements ont été remarqués sans entamer la qualité générale. Pêché de jeunesse à corriger à l'avenir et je fais confiance à Mrs Daouda Seck, au Président et à toutes les personnes de l'organisation pour traiter en amont les problèmes éventuels : chauffage en hiver, ventilation en été, sécurité, accessibilité, etc.
A cette occasion, une table ronde sur le thème Soufisme et Développement a été organisée avec comme modérateur le journaliste Abdoulaye CISSE. Actualité oblige, la question qui taraude l'assistance était évidemment : vivre notre l'islam dans la République Française est-il possible? Avant de répondre à cette question, le premier intervenant Saliou GOMIS, ingénieur agronome a fait un exposé sur le thème Soufisme en Occident. Son intervention bien accueillie par le public nous a replongé dans l'univers des grands soufis occidentaux dont l'un des plus illustres représentants reste René GUENON.
Mr GOMIS, avec sa timidité de conférencier débutant ce qui n'efface pas la densité de son propos, nous a conduit dans les antres du soufisme en Occident.
A sa suite Mr Sérigne Mansour SY DJAMIL nous plonge dans Gramsci, et autres penseurs ce qui démontre encore sa grande culture générale. Les caricatures et le contexte « de guerre» contre les intégristes replongent la France dans des interrogations de fond sur l'intégration, l'éducation, la transmission et les valeurs de la République et précisément la laïcité qui exigent d'ouvrir les yeux et de tendre les oreilles pour comprendre et agir pour le mieux vivre ensemble. En Novembre 2013 lors de la journée culturelle j'avais proposé une contribution qui pointé du doigt cette crise de l'islam : l'islam et la publicité. Quand on met l'islam sur la voie publique chacun s'approprie les écrits coraniques et bien souvent est conseillé pour des personnes à la barbe prétendant être maître en théologie alors qu'elles sont incultes et sont des usurpateurs. Comme le dit le jeune théologien Mamadou Moustapha MBODJI « il est des gens qu'il faut écouter et des gens qu'il faut suivre» pour éviter les contresens, les travers, les mauvais conseils et les dérives. Le texte doit être compris et actualisé. Mansour SY Djamil en citant en texte le samedi 17/01/2015 il était question de la femme dans un ancien contexte et il l'a fait remarquer illico ce qui a fait rire l'assistance. Oui il y a le texte et l'esprit du coran. On ne peut pas garder la tradition sans s'accommoder du présent. A l'époque du Prophète, le sol étant sale il fallait raccourcir le pantalon pour éviter les souillures 'merci à Maka TOURE) de m'avoir instruit sur ce plan), on ne peut pas dire qu'aujourd'hui que le modèle va demeurer le pantalon court, la barbe longue, les femmes cagoulées etc ; bien que le contexte environnemental ait changé.
Revenons au gamou après cette digression. Mansour SY nous parlait de Mohamed psl comme modèle du soufisme, sa vie est le l'exemple de l'être vu comme un «surhumain». Cette capacité d'accepter et de comprendre pour se conduire et conduire les gens n'est pas simple et c'est encore pourquoi Mansour SY DJAMIL que le prophète n'est pas détesté mais il est méconnu ou inconnu (traduction approximative d'une pensée woloff). En le disant il nous invite à relire ou revoir le parcours et le vécu du prophète pour mieux le comprendre. Mansour SY Djamil en vrai géo-politicien doublé d'un homme religieux nous éclaire que la religion n'est pas aux antipodes du développement au contraire. Il nous dit que les pays musulmans sont riches, le Soudan par exemple, et tant d'autres le Qatar, etc '(27 ans passés dans les pays arabes) mais ces pays sont mal dirigés et investissent dans tous sauf le développement. Cette situation est déplorable et il faut de la lucidité pour le dire haut et inciter les dirigeants à revoir les politiques de développement. L'islam incite au travail et Mansour SY Djiamil cite El Hadji Oumar dans son ouvrage AR RIMAH : « l'apôtre dévoué à la cause de Dieu ne doit pas se détacher complétement du monde, car celui qui n'a pas de revenus , et se fait entretenir par d'autres, n'a aucun titre à la virilité »-« Cet homme aura beau exhiber une grande barbe, un chapelet, un tapis, un turban, de l'influence sur les détenteurs du pouvoir, il n'aura ...» « Celui qui cherche tant soit peu de revenus, pour éviter la mendicité et subvenir aux besoins de sa famille et porter secours à son voisin, celui la rencontrera Dieu et son visage resplendira comme la pleine lune ». Mansour SY enfonce le clou et réfère cet argument de El Hadji OUMAR dans le coran où Allah dit « C'est lui qui vous a créés de cette terre et vous a chargé de le mettre en valeur». Le travail est une vertu, et je dirai même avec Origène père de l'Eglise du 2 ème siècle que le travail peut être considéré comme une prière.
Bref un gamou de grande qualité qui nous ramène à l'essentiel, la vie saine éprise de la foi.
Cette éducation coranique donnée à nous enfants leur permet d'ajouter à l'instruction scolaire ce qui permet d'arborer un savoir être et un savoir-faire nécessaire à la conduite humaine. Les enfants apprécient et savent qu'ils s'enrichissent et doivent être fiers de leur biculturalisme. Un héritage se partage se communique et les parents, la famille, la société doivent y veiller. Nous devons aider nos enfants à mieux grandir dans la foi mais aussi dans la voie de tous les jours, il ne faut pas minimiser un seul aspect du chaînon au risque de tout perdre.
Voici le message des enfants

Stains le 17/01/2015
Cher grand père Mansour sy djamil
Cher parrain bienvenu et merci d'être encore avec nous.
Le 11 novembre 2013, sous votre autorité nous avions parlé de notre religion l'islam, de notre foi.
Nous avons récité des versets du coran pour vous montrer notre progression.
Ici en France au nom de notre islam, des gens ont tué des chrétiens, des juifs, des musulmans et certainement des athées.
Aux noms de tous nous les enfants de la dara, nous voulons vous remercier.
Vous remercier parce que la France vient de se rendre compte que les parents ne transmettent que 10% des connaissances, le reste est fait par l'Ecole.
L'Ecole ne peut pas former l'enfant en tout, l'Ecole nous instruit certes mais nous avons besoin aussi d'éducation.
C'est pourquoi nous vous remercions d'avoir initié ces daras pour que nous apprenions notre religion pour comprendre et bien agir dans notre vie et notre foi.
La transmission est importante et c'est l'occasion, de remercier nos parents, de vous remercier grand père Mansour Sy, mais aussi et surtout nos professeurs que je dois nommer : Moustapha Mbodji, Moustapha Kane dit djamil, Abdoul aziz ba ; Mamadou Ndaw.
Nous les enfants remercions aussi l'équipe d'encadrement Mme Ndeye Sow/Cissoko la directrice, Mr Akhmed SARR et tous les fidèles tidjanes.
Nos professeurs ont à cœur de nous enseigner le coran, les vertus, la morale et le bon comportement du bon musulman.
Le bon musulman se voit dans son comportement, ses gestes, etc.
Merci à eux, et c'est parce que vous êtes un leader international du dialogue entre les religions que nos professeurs ont su en plus de leur bonne moralité intégrer votre esprit, votre philosophie pour mieux nous apprendre le coran tout en nous transmettant des outils pour notre conduite dans la vie.
Pour tout ce que vous avez fait pour notre dara, nous vous disons dieureudieuf, merci et nous continuerons notre éducation religieuse dans le bon esprit de l'islam, une religion de paix et de concorde.
Bon gamou à tous et à toute, dewenety.    Texte des enfants de la dara
Pape Cissoko /Ichrono.info

 

La 6eme édition de la journée culturelle Seydi Hadj Malick SY a tenu toutes ses promesses tant la réussite était fulgurante. Les événements qui ont émaillé la semaine (attaque de la satire Charlie Hebdo ainsi que la prise d'otages de Vincennes) ainsi que l'ouverture de la Coupe d'Afrique des Nations n'ont pas empêché les fidèles de faire le déplacement. Cet évènement placé sous le signe de la redécouverte des enseignements de la sounnah du Prophète-sws à travers l'Action et la pensée de Maodo était le point de ralliement des sénégalais de la Diaspora que la Dahira Ahi Bahi Seydi Djamil en collaboration avec les dahiras de France, a accueilli au centre culturel franco-égyptien de Stains ce samedi 17 janvier 2015.
A cette occasion, une table ronde sur le thème Soufisme et Développement a été organisée avec comme modérateur le journaliste Abdoulaye CISSE. Actualité oblige, la question qui taraude l'assistance était évidement : vivre notre l'islam dans la République Française est il possible? Avant de répondre à cette question, le premier intervenant Saliou GOMIS, ingénieur agronome a fait un exposé sur le thème Soufisme en Occident. Son intervention bien accueillie par le public nous a replongé dans l'univers des grands soufis occidentaux dont l'un des plus illustres représentants reste René GUENON.
Serigne Mansour SY DJamil quant à lui, actualité oblige, a axé son exposé sur la manière dont les ressortissants sénégalais et les français issus de l'immigration devraient vivre en toute intelligence dans ce contexte de crise lié à l'affaire « Charlie Hebdo ». En effet les événements de du 11 janvier ont installé un malaise et une stigmatisation de la communauté musulmane de France. Répondant à la question du modérateur, il réaffirma à cette occasion, la nécessité de répondre au débat d'idées par des idées pour faire face aux attaques contre le prophète Mouhamed (PSL). Il a rappelé le récit concernant le pardon du prophète à Ka'b Ibn Zohair suite à son poème qui chante les louanges du prophète "Banat Soad" après les attaques dont il a affabulé au paravent provoquant son courroux. Son poème de repentir était d'une telle beauté que ce dernier lui offrit son manteau. Il pense que les musulmans ne devraient sous-estimer ce geste de tolérance qu'a fait preuve le noble Messager-Psl de Dieu. Il n'a pas manqué de rappeler aussi la réponse retentissante de Serigne Mansour SY "Borom Daradji" en 2006 et 2012 quand les "caricatures de la honte" ont fait surface.
Cependant Serigne mansour SY Djamil condamne fermement ces caricatures de Charlie Hebdo. Pour lui la liberté d'expression a des limites et ne doit pas servir de moqueries, insultes et provocations. Il pense que les musulmans de France ne doivent développer aucun complexe à manifester leurs attachements et considérations envers le Prophète de l'Islam-Psl. Il dit en substance "Baniou niou NABI danio khamoul NABI" comme le dit la chanson tidjane. Pour le Guide religieux, il incombe aux musulmans de faire connaitre le Prophète et de montrer ses valeurs humanistes et universelles afin qu'on connaisse d'autres milliers de "Ka'b Ibn Zohair".Et pour lui c'est l'occasion de rendre grâce au Grand Maître El Hadj Malick SY-rta qui a institué le Gamou pour perpétuer la connaissance et l'amour du Prophète-Psl.
La soirée religieuse a marqué la présence du Consul Général à paris, son Excellence, Monsieur Amadou DIALLO et de ses collaborateurs ainsi que le représentant de son Excellence, Monsieur l'Ambassadeur du Sénégal en France.

Commission Communication
Ahi Bahi Seydi Djamil

 

Fred pour le tuyau. Et Modou.du Luxembourg pour le partage
http://www.ujfp.org/ le Bureau National de l'UJFP
Dans le chaos provoqué par l'attentat monstrueux qui a coûté la vie à douze êtres humains, il n'est pas facile de se situer. Entre ceux qui expriment uniquement douleur et colère justifiées, ceux qui « craignent les amalgames » et ceux qui appellent à l'union nationale (et internationale) contre l'Islamisme radical sous la bannière du slogan « je suis Charlie ».
Bien sûr, le crime appelle douleur et colère, mais contre quoi exactement ?
Ce massacre ignoble est revendiqué par des individus qui se disent membres de Al Qaida. La nécessité absolue de combattre les mouvances obscurantistes de l'islamisme radical ne doit pas nous rendre amnésique. Ces courants qui s'imposent par la terreur affirment commettre leurs crimes au nom de l'Islam. Leur développement a été rendu possible par les interventions impérialistes, le démembrement des États et l'utilisation par l'Occident de ce courant contre les forces progressistes. En France, la situation sociale insupportable que vit la population issue de l'immigration post-coloniale, le racisme d'État, l'islamophobie, les discriminations, la stigmatisation ou les contrôles au faciès portent une responsabilité évidente dans l'essor de ce courant qui touche en réalité une frange marginale d'une jeunesse de toutes origines mais sans horizon.
Bien sûr le crime risque de provoquer des amalgames. Mais ces amalgames sont-ils nouveaux ? Charlie Hebdo, qui a longtemps représenté pour nous l'impertinence, l'insolence de mai soixante-huit, Wolinski, Cabu, l'écologie, RESF, ne s'est-t-il pas justement distingué dans l'art graphique et politique de l'amalgame depuis des années ? Et que les choses soient claires, personne ici ne dit qu'il n'avait pas la liberté de le faire et il a eu toute liberté de le faire des années durant.
Avoir la moindre complaisance ou compréhension pour des assassins de dessinateurs ou pour la mise à mort de gens en raison de leurs idées est insensé.
Mais Charlie Hebdo a mené une bataille politique. Et occulter et faire oublier dans quel contexte il publiait ses caricatures faisait partie de sa bataille politique.
Peut-on imaginer des caricatures émanant de journaux progressistes critiquant la religion juive pendant les années trente au moment de la montée de l'antisémitisme et de la persécution des juifs ? Et nous ne parlons pas ici de caricatures antisémites de l'époque mais de caricatures critiquant la religion juive.
Comment la critique des religions pourrait-elle faire abstraction du rapport dominant/dominé ? Critiquer les religions cela se fait aussi dans un contexte, dans un moment politique qui n'est aucunement neutre à l'égard des musulmans. Les actes de Charlie Hebdo, et les caricatures et les articles sont des actes et ont participé au développement de l'islamophobie en France. Développement du mépris et du racisme à l'encontre de tous les musulmans, des lois chargées de protéger « la laïcité à la française » contre eux, des mosquées attaquées, des agressions physiques contre des gens "d'apparence musulmane". Leur désignation comme boucs émissaires de la crise économique et sociale, qu'ils subissent aussi et souvent en première ligne, à l'aide des « amalgames » est en marche depuis des années.
Des ghettos et des discriminations, il n'en est pas question aujourd'hui, l'« union nationale » peut se faire avec le sang de tous ces morts, contre les musulmans, des mosquées brûlent déjà (encore), le terrain a été préparé de longue date.
Le "suicide français" est en marche annonçait le mois dernier un autre Charlot.
"L'Union Nationale" et "l'Union Sacrée" que l'émotion autour du massacre qui vient d'être commis essaie de nous imposer, manipulent les sentiments d'horreur et de révolte légitimes au service d'autres significations bien plus complexes et douteuses. La liberté d'expression n'est pas menacée en France, même la plus raciste. Nous ne sommes pas dans le camp de ceux qui soutiennent le racisme d'État ou les interventions impérialistes. Nous n'acceptons pas le "choc des civilisations" et la logique "terrorisme/antiterrorisme". Nous refusons d'avance toutes les nouvelles lois "sécuritaires" et toutes les nouvelles formes de discrimination ou d'injonction à l'égard des musulmans que cette union nationale ne peut manquer de produire. .
Alors aujourd'hui craindre l'amalgame nous semble plus qu'insuffisant. La France se dit un État de droit, les criminels doivent être arrêtés et jugés pour leurs crimes. Mais leur crime va bien au-delà, il vient en réalité de libérer la politique de l'amalgame, et du bouc émissaire. En ce sens les bourreaux comme les victimes de l'attentat étaient partie prenante de la guerre des civilisations. En ce sens, si les assassins nous font horreur, Charlie n'était pas et n'est pas pour autant notre ami et « nous ne sommes pas Charlie ». Si notre solidarité et notre profonde compassion vont à tous les journalistes, salariés, policiers, victimes innocentes de cette tragédie et à leurs familles, l'union qu'il faut construire aujourd'hui est celle d'une France qui accepte d'être enfin celle de tous ses citoyens, musulmans inclus. La bataille contre le terrorisme passera par la bataille pour l'égalité, la justice, la reconnaissance de la France d'aujourd'hui dans toute sa diversité source d'immense richesse. Pour qu'au bout de cette nuit, le jour se lève, nous devons être aujourd'hui des musulmans.
Bureau national de l'UJFP 9 janvier 2015
Nous apprenons à l'instant la prise d'otage d'un supermarché casher de la Porte de Vincennes, à Paris, qui semble liée à une attaque de plus grande envergure. Plus que jamais notre travail à l'UJFP sera de construire du « commun » autour des valeurs universelles que nous venons d'énoncer. Comme juifs, nous serons toujours du côté du dominé, du racisé, du discriminé, qu'il soit musulman, Rrom, juif...
Union Juive Française pour la Paix (UJFP) - 21 ter rue Voltaire, 75011 PARIS

mercredi, 21 janvier 2015 08:58

CAN 2015 : Mali et Cameroun repartent dos à dos

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Les équipes du Mali et du Cameroun ont fait match nul 1-1, ce 20 janvier, au premier tour de la Coupe d’Afrique des nations 2015. Avec ce nouveau résultat de parité, toutes les équipes du groupe D, qui compte encore la Guinée et la Côte d'Ivoire, se retrouvent à égalité parfaite avant la deuxième journée, le 24 janvier.

De notre envoyé spécial à Malabo,

La duel à haute intensité entre les équipes du Mali et du Cameroun n’a pas trouvé son vainqueur, ce 20 janvier 2015 à Malabo, au premier tour de la Coupe d’Afrique des nations 2015.

De manière générale, l’équipe du Mali est mieux rentrée dans la partie que son homologue camerounaise. En témoigne une frappe tendue de l’ailier Bakary Sako (10e) et un coup de tête de l’avant-centre Mustapha Yatabaré (11e).

L’attaquant camerounais Eric-Maxim Choupo-Moting répond avec un bon coup de tête. Mais les circonstances n’ont pas aidé le Cameroun. Le milieu de terrain Eyong Enoh, crucial dans le jeu des « Lions Indomptables », sort ainsi dès la 17e minute.

Le rythme est effréné, les duels âpres. Les vingt-deux acteurs du match gratifient également le très nombreux public – y avait-il plus de spectateurs que de places ? – de quelques belles inspirations. A la 27e minute, notamment, Bakary Sako efface le défenseur adverse Nicolas Nkoulou sur le flanc gauche, puis « fusille » Joseph Ondoa, le gardien du Cameroun, qui s'interpose.

Malgré leur inexpérience, les Camerounais parviennent à laisser passer l’orage. Ils s’offrent même une période de domination dans le jeu au début de la seconde période. Vincent Aboubakar met ainsi en péril le Mali avec une reprise de demi-volée un poil trop croisée.

Sambou Yatabaré, pas loin d’être le héros

Forts de leur expérience à la CAN, les « Aigles » assomment leurs rivaux au moment où on s’y attend le moins. A la 71e minute, Sambou Yatabaré trouve la faille. Laissé seul au second poteau sur un coup-franc, l’ailier des « Aigles » contrôle le ballon et le loge tranquillement au fond des filets avec une reprise de demi-volée puissante. Celui qui avait claqué la porte de la sélection en CAN 2012 s’imagine alors peut-être héros de ce début de CAN 2015.

Mais les « Lions Indomptables » profitent du laxisme défensif adverse et d’une belle inspiration de Raoul Loé pour égaliser. A la 84e minute, le milieu de terrain réalise une longue ouverture plein axe. Le défenseur Ambroise Oyongo, parti dans le dos de la défense, contrôle et score : 1-1.

Revoilà les équipes dos à dos. Dans les arrêts de jeu, Sambou Yatabaré n’est pas loin du doublé. Mais son deuxième but est invalidé pour un hors-jeu.

Toutes les équipes du groupe D se retrouvent donc avec 1 point, 1 but marqué et 1 but encaissé, avant la 2e journée, qui aura lieu le 24 janvier.

Groupe D

PosEquipeJPts
1 Côte d'Ivoire 1 1
2 Mali 1 1
3 Cameroun 1 1
4 Guinée

Rfi

Malgré un match nul 1-1 entre la Côte d’Ivoire et la Guinée au premier tour de la CAN 2015, les deux équipes voulaient positiver, ce 20 janvier à Malabo. Les Ivoiriens ont ainsi loué l’état d’esprit qui leur a permis d’égaliser, même en étant en infériorité numérique. Les Guinéens, eux, se disent satisfaits du point pris. Réactions.

De notre envoyé spécial à Malabo,

Un mot d’ordre général après le Côte d’Ivoire-Guinée de ce 20 janvier à Malabo : PO-SI-TI-VER. Pourtant, le match nul 1-1 au premier tour de la CAN 2015 satisfait sans doute plus les Ivoiriens que les Guinéens. Réduits à dix contre onze après l’expulsion de Gervinho, menés au score, les « Eléphants » sont tout de même parvenus à inverser la tendance.

« Ce qu’il faut retenir, c’est le positif, l’abnégation et la détermination qu’a mis l’équipe, en deuxième période, lance son capitaine Yaya Touré. Parce qu’à dix, ce n’était pas évident de revenir au score. Surtout quand on joue avec une chaleur accablante. Je crois que les gars ont été exemplaires. Ce point est donc bon à prendre pour la suite du tournoi ».

« À la pause, on s’est dit qu’il fallait jouer avec plus de fierté, parce qu’on a trop laissé les Guinéens jouer, explique Kolo Touré. En seconde période, on a bien réagi. Le coach [Hervé Renard] nous a poussés ». Le défenseur central ajoute : « Je pense qu’on a joué avec beaucoup d’expérience et c’est pour ça qu’on est revenu. […] On a été un peu surpris par la Guinée, il faut le reconnaitre. […] Et je pense que cette équipe de Guinée va surprendre beaucoup d’autres équipes. »

Constant : « Personne ne nous voyait à ce niveau-là »

Du côté du Sily, en tout cas, on oscille entre fierté et frustration. « On a quand même un peu de regrets, vu qu’on était en supériorité numérique pendant vingt minutes, soupire le défenseur Florentin Pogba. On aurait pu conserver le score de 1-0. Malheureusement, on ne l’a pas fait, on s’est précipité. Et la Côte d’Ivoire a bien contré sur un bon ballon de Yaya Touré. Mais on va se contenter de ce point du match nul ».

« On savait que la Côte d’Ivoire avait une bonne équipe et que, même réduits à dix, les Ivoiriens pouvaient faire quelque chose », analyse de son côté le gardien de but Naby Yattara.

Enfin, le milieu de terrain Kevin Constant relativise : « Personne ne nous voyait à ce niveau-là. On a une équipe très jeune, avec de la qualité, de la ressource. On a démontré ce soir qu’on savait jouer au ballon. Malheureusement, on n’a pas su le faire pendant nos temps forts en deuxième période. […] Avant le match, on aurait peut-être signé pour ce match nul. Après, vu la physionomie de la rencontre, on espérait empocher les 3 points. Ce point pris ce soir va quand même nous mettre en confiance pour la suite de la compétition. »

Gervinho : « Ce carton rouge n’était pas mérité »

Finalement, le plus malheureux, ce soir-là, à Malabo, c’était sans doute Gervinho, exclu pour avoir giflé le Guinéen Naby Keita. « J’espère rater juste un match, a commenté l’intéressé après coup. Pour moi, ce carton rouge n’est pas logique, ce n’était pas mérité. Il (Keita) m’a marché sur le pied. J’ai été surpris. J’ai voulu faire un geste signifiant "arrête !" et ma main est partie. Je suis vraiment déçu de cette décision de l’arbitre parce que je pouvais apporter beaucoup à mon équipe. Je suis content cela dit parce que mes coéquipiers ont sauvé mon match, celui de l’équipe et celui de tout le pays.»

Rfi

mercredi, 21 janvier 2015 08:52

David Trezeguet, une légende à la retraite

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Après Thierry Henry en fin d'année 2013, un autre champion du monde 1998 tricolore prend sa retraite. A 37 ans, David Trezeguet a décidé de raccrocher ses crampons après une riche carrière, deux titres avec les Bleus et de multiples distinctions. Sans oublier, une frappe exceptionnelle en finale de l'Euro 2000...

Personne n’oubliera ce fameux 2 juillet 2000 et cette volée limpide, du pied gauche. Depuis longtemps, la nuit s’était couchée sur Rotterdam et le public retient son souffle à la 102e minute d’un irrespirable France-Italie en finale de l’Euro lorsque Robert Pirès déborde sur le côté gauche de la surface adverse. Entré en jeu à la 76e, alors que les Bleus couraient alors après une égalisation, David Trezeguet a d’abord foncé vers Sylvain Wiltord, dans les dernières secondes du temps réglementaire lorsque l’attaquant, qui venait de remplacer Christophe Dugarry au milieu de la seconde période, trompa Francesco Toldo. Le match était relancé alors que les Italiens se congratulaient déjà sur le banc de touche. Avant de s’effronder quelques minutes plus tard…

A quelques instants de la fin de la première mi-temps de la prolongation, Pirès sert parfaitement le buteur de l’AS Monaco qui peut fusiller Toldo avant d’enlever son maillot et d’hurler sa joie. Inoubliable. Après la Coupe du monde 1998, les Bleus décrochent un fantastique et inédit doublé, propulsant cette génération dans l’Histoire du football. La légende de « Trezegol » débutait.

David Trezeguet lors de son passage à River Plate entre 2012 et 2013.DR

Une histoire tourmentée avec l’équipe de France

Né à Rouen le 15 octobre 1977, l’homme aux 71 sélections et 34 buts avec l’équipe de France aurait pourtant pu vivre un tout autre destin. A la fin des années 70, ses parents, Argentins, retournent vivre en Amérique du Sud et le petit Trezeguet touche ses premiers ballons dans un club de la banlieue de Buenos Aires. A des milliers de kilomètres de l’AS Monaco qui le signe finalement comme stagiaire en 1995, après un premier essai avorté au PSG. « Mon objectif était d'aller en France, sans trop penser à ce que j'allais y trouver, confiait l’intéressé en 2012 au site de la FIFA. Mes parents ici avaient un bon travail, ma sœur allait à l'école. Nous étions bien et nous ne manquions de rien. Quand vous avez la volonté, même sans trop réfléchir, cela produit parfois des choses positives. Mon expérience là-bas a été unique : je suis arrivé dans un club important, Monaco, qui m'a fait grandir de manière extraordinaire ».

Au bord de la Méditerranée, le môme va rapidement faire oublier Sonny Anderson, parti à Barcelone à l’été 1997. Associé à Thierry Henry, le Franco-Argentin marque les esprits par son adresse face au but et son froid réalisme. Dès sa première année en tant que titulaire, ses statistiques impressionnent : 18 buts en 27 matchs de championnat, 4 buts en 9 rencontres de Ligue des Champions. A seulement 20 ans…

Un retour dans le staff de la Juventus ?

Invité surprise de la liste d’Aimé Jacquet pour le Mondial tricolore, Trezeguet continue sur sa lancée et ne tremble pas lors de la séance de tirs au but face à l’Italie en quart de finale. Avant de vivre un dénouement merveilleux deux ans plus tard aux Pays-Bas. Avec les Bleus, l’aventure ne fut pourtant pas toujours heureuse. Barré par Thierry Henry à la pointe de l’attaque, le meilleur buteur étranger de l’histoire de la Juventus Turin (171 buts entre 2000 et 2010) va vivre une série de hauts et de bas, ponctuée par un tir au but manqué en finale du Mondial 2006, qui trouvera la transversale de Gianluigi Buffon, son coéquipier en club.

Comme Thierry Henry il y a quelques semaines, David Trezeguet a donc décidé de raccrocher ses crampons à 37 ans après un retour en Argentine, à River Plate notamment, et un dernier passage par le lucratif et nouveau championnat indien, à l’instar d’autres anciennes gloires tricolores (Nicolas Anelka et Robert Pirès). Son avenir ? Il se dessine vraisemblablement dans le football. Après avoir refusé des offres de Majorque notamment (D2 espagnole), l’ex-Bianconero pourrait retrouver son club de cœur et rejoindre le staff du dernier champion d’Italie. Un pays qui n’oubliera jamais, lui non plus, cette sublime volée lors d’une chaude soirée endiablée de juillet 2000…

Rfi

Barack Obama a proclamé la fin de la crise économique aux Etats-Unis, mardi 20 janvier à l'occasion du discours de l’état de l’Union, au Capitole. L'optimisme du président des Etats-Unis a frappé les observateurs, mais il faut dire que tous les indicateurs économiques sont au vert. M. Obama a plaidé pour une meilleure redistribution des fruits de la croissance. Un discours offensif, tant sur la politique intérieure que sur les affaires étrangères.

Avec notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio

« Nous voici quinze ans dans le nouveau siècle. Quinze années qui ont débuté avec une attaque terroriste sur notre territoire, qui ont engendré deux guerres longues et coûteuses, qui ont vu une récession violente se répandre à travers notre pays et le monde. Les temps ont été difficiles. Ils le sont toujours pour beaucoup. Mais ce soir, nous tournons la page. L'ombre de la crise est passée, et l'état de l'Union est fort. »

Tels sont les mots marquants de l'avant-dernier discours sur l'état de l’Union - traditionnelle grand-messe fixant le cap pour l'année à venir - du 44e président des Etats-Unis. Un président qui n'est désormais plus candidat à quelque élection que ce soit : « Je n’ai plus de campagne à mener, a-t-il lancé sous les rires de l'assistance, traditionnellement très réactive à ce discours annuel. Mon seul agenda, pour les deux années à venir, est le même que le jour où j’ai prêté serment sur les marches de ce Capitole : c’est de faire ce qui est le mieux pour l’Amérique. »

Une réforme fiscale pour une meilleure redistribution

Barack Obama surfe sur la reprise, dont bénéficie l’économie américaine plus que tout autre pays au monde. Les sondages semblent d'ailleurs valider sa compétence, puisque plusieurs instituts ont tout récemment diffusé des études démontrant que le président a remonté la pente, à plus de 50% d’opinions favorables. Mais le numéro 1 américain entend désormais lutter pour que le Congrès ne réserve pas les bénéfices de l'embellie économique aux plus fortunés. « Notre pays, a-t-il expliqué, doit choisir de redistribuer les gains d’une économie en pleine expansion. »

Et d'expliquer longuement comment il espère redistribuer les fruits de la croissance américaine : la gratuité des cycles courts à l'université, des crédits d’impôt pour les plus démunis, des congés de maladie et de maternité payés, un appel au Congrès pour l’augmentation du salaire minimum. Et pour financer ces mesures : des hausses d’impôts et la suppression de niches fiscales pour les foyers dont les revenus sont au-dessus de 2 millions de dollars par an.

Vivre avec moins de 15 000 dollars : « Essayez donc ! »

« Aujourd’hui, nous sommes le seul pays développé du monde qui ne garantit pas de congé de maladie ou de congé maternité payé à nos travailleurs ; 43 millions de travailleurs n’ont pas de congé de maladie rémunéré, regrette Barack Obama. Je vais donc prendre des mesures pour aider les Etats à adopter de telles lois dans leur région. Et puisque dans les Etats qui ont mis ces congés de maladie payés au vote en septembre dernier, cela a été un succès, mettons cela au vote, ici, à Washington ! »

Et de plaider, particulièrement offensif : « Envoyez-moi un projet de loi qui donne à tout travailleur en Amérique, le droit d’avoir sept jours de congé de maladie payé ! C’est une mesure juste. Bien sûr, rien ne remplace une augmentation de salaire pour boucler les fins de mois. Et à ceux dans ce Congrès qui refusent toujours d’augmenter le salaire minimum, je dis ceci : si vous pensez vraiment qu’on peut travailler à temps plein et élever une famille avec moins de 15 000 dollars par an, essayez donc ! Sinon, votez pour donner une augmentation aux Américains qui travaillent le plus dur. »

Barack Obama en train de préparer le terrain pour 2016 ?

Autant dire que l'intervention de Barack Obama est très à gauche, pour un président qui n’a que deux années devant lui, et qui a visiblement l’intention de les mettre à profit malgré une inconfortable situation de cohabitation. Sa philosophie va, on s’y attend, perturber quelque peu un Congrès redevenu très libéral après les dernières élections de mi-mandat. Il fallait d'ailleurs voir le visage fermé du conservateur John Boehner, qui se tenait juste derrière M. Obama lors de son discours, en sa qualité de président de la Chambre des représentants.

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John Boehner, lors du discours sur l'état de l'Union de Barack Obama, le 20 janvier 2015 au Capitole. REUTERS/Mandel Ngan/Pool

On sent que le numéro 1 américain n’est plus gêné par son parti, parfois frileux, et qu’il ne cédera rien aux républicains qui dominent désormais les deux chambres du Congrès. La majorité parlementaire est prévenue : elle risque de faire face à un président qui, loin de s'accommoder d'une fin de règne en pantoufles, risque de gouverner à coups de décrets, mais aussi de veto si ses adversaires conservateurs s’attaquent à sa politique, notamment en matière de santé ou de régularisation d'immigrés. Les observateurs de la vie politique américaine ne cachent pas leur étonnement, et estiment que la politique sociale annoncée ce mardi pourrait être la meilleure manière de préparer le terrain à Hillary Clinton, candidate pour l'instant naturelle des démocrates pour 2016.

Main tendue aux ennemis historiques des Etats-Unis

Même détermination présidentielle sur la politique internationale. Barack Obama veut par exemple tendre la main à l'un des « ennemis historiques des Etats-Unis », à savoir l'Iran. Et en cas de nouvelles sanctions votées par le Congrès contre Téhéran, même menace : le veto présidentiel. Mais le voisin cubain a été le premier grand dossier sur lequel Barack Obama est revenu ce mardi. « Sur Cuba, nous mettons fin à une politique dont la date de péremption avait expiré depuis longtemps, a raillé Barack Obama. Quand ce que vous faites ne fonctionne pas pendant 50 ans, il est temps d’essayer quelque chose de nouveau. »

Alan Gross, récemment libéré par Cuba, au Capitole lors du discours sur l'état de l'Union de Barack Obama, le 20 janvier 2015. REUTERS/Joshua Roberts

Et d'entrer dans le vif du sujet : « Cette année, le Congrès devrait se mettre au travail pour mettre fin à l’embargo. Comme le pape François l’a dit, la diplomatie se bâtit à petits pas. Ces petits pas ouvrent un nouvel espoir pour l’avenir de Cuba. Et après des années en prison, nous avons l’immense joie d’avoir ramené Alan Gross à la maison, chez lui. Bienvenue Alan ! » La présence au Capitole, lors de son allocution, d’un Alan Gross récemment libéré par La Havane après cinq ans passés dans les geôles cubaines, a été saluée par un tonnerre d’applaudissements. Cet homme debout, point levé, remerciant le président pour sa volonté de rapprochement avec Cuba ; voilà une image peu habituelle qui marquera les annales du Capitole.

Obama compte toujours fermer la prison de Guantanamo

Il dit espérer laisser un héritage en la matière, à savoir la paix retrouvée avec ce pays. Toujours au sujet du monde arabo-musulman, Barack Obama a évoqué les deux guerres engagées par son prédécesseur George W. Bush, en Afghanistan et en Irak, et a reconnu que les Etats-Unis étaient toujours engagés dans un conflit contre le terrorisme actuellement. Réaliste sur ce sujet, le président a reconnu que si l’avance du groupe Etat islamique a été stoppée en Irak et en Syrie, le combat n’était pas terminé pour autant. « Ce sera long », a-t-il dit, avant de demander au Congrès de voter un texte de loi qui permette l’utilisation de la force contre le mouvement terroriste EI.

Crayons brandis pour rendre hommage aux victimes de l'attaque de Charlie Hebdo, dans les travées du Capitole lors du discours annuel 2015 sur l'état de l'Union. REUTERS/Mandel Ngan/Pool

Le président américain est enfin revenu sur une promesse originelle de campagne, celle qui avait d'ailleurs fait l'objet de sa première signature officielle en tant que président en 2009, à savoir la fermeture de la prison de haute sécurité de Guantanamo. Une prison que « le monde condamne et dont l’existence sert d'argument au recrutement des terroristes », a pointé M. Obama. « Ma détermination à fermer cette prison est entière », a repris le président, alors qu'il reste aujourd’hui 122 détenus à Guantanamo, contre 680 en 2003. L’administration américaine espère arriver à ne garder que 80 prisonniers non libérables, pour rouvrir le débat sur la fermeture du centre et plaider un transfert de ces détenus sur le sol américain.

Rfi

mercredi, 21 janvier 2015 08:38

Le Niger en alerte face à Boko Haram

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Au Nigeria, les insurgés islamistes menacent la frontière sud du pays. La rivière Komadougou Yobé, la démarcation naturelle, offre de nombreux points de passage vers le Niger. C’est le cas à Mamouri, près de Bosso, à deux heures de pistes de Diffa sur la rive Est du lac Tchad. Reportage avec une patrouille des forces armées nigériennes sur ce site sensible, où sont postés des guetteurs armés de Boko Haram.

De notre envoyé spécial à Bosso et Diffa dans le sud-est du Niger,

La patrouille de soldats nigériens, répartie en deux colonnes, gravit à pied la large piste de sable. Bordée de buissons et d’épineux, elle se jette dans un bras du lac Tchad. Des pick-up au camouflage gris et bleu, montés de mitrailleuses, sont en position arrière. Sur la berge opposée, au bord de l’eau, à moins de cinquante mètres, se tiennent trois combattants de Boko Haram. Un de leurs guetteurs grimpe sur le talus où flotte le drapeau des insurgés, scrute le paysage, puis s’enfonce dans les buissons, sans doute pour donner l’alerte. Kalachnikov en bandoulière, un insurgé en djellaba noir luisant nargue et harangue les soldats nigériens, qui restent stoïques.

La scène dure plusieurs minutes. La tension monte d’un cran lorsque l’insurgé demande aux enfants qui lavaient du linge dans des bassines, de déguerpir. Le lieutenant nigérien souhaite éviter un incident, et opte pour un retrait. Une mission de reconnaissance tendue, mais le capitaine du détachement militaire de Bosso, n’est pas impressionné outre mesure. « Ce à quoi vous venez d’assister, c’est ce que nous vivons tous les jours. Nous menons des patrouilles jusqu’à la limite de la rivière, et naturellement nous tombons sur des éléments de Boko Haram. Parfois ils tirent en l’air, soit lorsque nous arrivons, soit lorsque nous rebroussons chemin. »

Le colonel Salaou Barma commande la zone de défense dans le sud-est du Niger.RFI/ Nicolas Champeaux

En décembre, Boko Haram a pris le contrôle de Malam Fatouri, une commune nigériane à quatre kilomètres au Sud de Mamouri. Les insurgés occupent aussi les localités de Damasak et de Geidem. « Nous avons Boko Haram en face de nous, de Goudoumaria à l’ouest, jusqu’à Bosso à l’est, cela fait trois cent cinquante kilomètres, et compte tenu de la configuration du terrain, une journée de route sépare ces deux points », précise le colonel Salaou Barmou. Le commandant de la zone de défense numéro cinq du Niger prend donc la menace très au sérieux. « Cette menace implique une vigilance de tous les instants. Il y a très souvent des incursions d’éléments armés de Boko Haram, dans le but de recruter, dans le but de se ravitailler, dans le but de faire des dépôts d’armes pour éventuellement de futures opérations en territoire nigérien, pourquoi pas ? »

 
Le dispositif Ingar a renforcé les effectifs militaires à la frontière sud du Niger.RFI/ Nicolas Champeaux

Des accrochages se produisent de façon sporadique lors de ces incursions. Le dernier en date remonte au 6 janvier. Les autorités nigériennes font état d’un bilan de quatre morts dans les rangs des insurgés. Face au péril, le colonel Barmou s’appuie sur le dispositif Ingar, qui veut dire « Bouclier ». Le ministère de la Défense nigérien a adopté une série de mesures en mai dernier dans la foulée du sommet de l’Elysée consacré aux moyens de répondre collectivement au groupe islamiste. Il s’agit pour l’essentiel de renforcements d’effectifs, qui profitent à la garde nationale, à la gendarmerie, à la police et aux forces armées du Niger. « Cela ne suffit pas pour rendre nos frontières totalement hermétiques », reconnaît le colonel.

Le 12 janvier le muezzin du village de Chetimari, à trente kilomètres à l’est de Diffa, a été tué par des éléments de Boko Haram. Selon nos informations, les insurgés voulaient en réalité attenter à la vie du chef du village. Un événement meurtrier qui inquiète le colonel Barmou, d’autant plus que Boko Haram dispose de relais dans cette région du Niger où les villageois sont particulièrement démunis. « Boko Haram a recruté ici. Les insurgés ont nommé trois émirs nigériens dans des localités récemment conquises de l’autre côté de notre frontière », indique le colonel, qui ajoute : « dans certains villages, ici, la population est réticente à collaborer avec les forces de défense et de sécurité du Niger. Il s’agit soit de Nigériens qui ont été recrutés ou qui sont proches de Boko Haram, soit de personnes qui redoutent des représailles de la part des insurgés. Boko Haram a créé une certaine psychose, les gens ont peur, car nous ne pouvons pas être dans tous les villages. »

Des soldats nigériens en reconnaissance à la frontière avec le Nigeria.

Rfi

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