Les leaders de la coalition Benno Siggil Senegaal ont apprécié hier la polémique suscitée par l’invite qu’ils avaient lancée, lors de leur réunion traditionnelle, au Prési­dent Macky Sall et à son gouvernement de clarifier les affaires Arcelor-Mittal et Petro-Tim soulevées par Me Abdoulaye Wade. «Dire que des alliés ne doutent pas, c’est une manière d’affirmer  que des alliés doutent, si on sait décrypter le français», a rapporté le porte-parole du jour, le Pr Madior Diouf. Ces alliés de Macky Sall répondent ainsi au directeur de cabinet politique du chef de l’Etat, Mahmout Saleh.

Ce dernier avait déclaré qu’«un allié ne doute pas de son ami», lorsque la coalition avait évoqué «le doute suscité dans l’opinion publique» par les accusations du secrétaire général du Parti démocratique sénégalais (Pds) pour inviter l’exécutif à jouer le jeu de la transparence. Les  camarades de Amath Dansokho se sont alors réjouis de la sortie du Premier ministre par rapport au contentieux entre Etat du Sénégal et Arcelor-Mittal qui a aboutit à la transaction de 75 milliards de francs de Cfa mais aussi au contrat d’exploration de pétrole avec la firme Petro-Tim. «Le gouvernement a donc bien apprécié notre conférence de presse.  Nous estimions qu’il ne fallait pas laisser les bruits se développer. Ils étaient négatifs. Il ne fallait pas laisser Abdoulaye Wade développer des amalgames et tromper l’opinion. Le Premier ministre l’a fait d’une belle manière et nous le félicitons»,  a dit le porte-parole du jour au téléphone. Pour ses camarades, c’est tant mieux pour la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse) car les chargés de la mise en œuvre de ce projet doivent travailler dans la «sérénité». Au lendemain de leur «demande d’explications» adressée au gouvernement, Zator Mbaye, militant de l’Afp, un membre de la coalition, avait affirmé que son parti se suffit aux éclairages apportés par le ministre des Mines et de l’In­dustrie, Aly Ngouille Ndiaye. Mais à l’issue de la réunion de ses leaders d’hier, Bss a retenu «qu’aucun responsable de l’Afp ne s’est officiellement prononcé sur la question». Par conséquent, ils n’ont pas jugé opportun de lui apporter la réplique. Madior Diouf a fait savoir que l’Afp a été d’ailleurs représentée à la rencontre par son deuxième plénipotentiaire Babou Dieng, à la place du Dr Malick Diop.

lequotidien.sn

La Comission de Régulation du Secteur de l’Electricité (Crse) a rendu hier, mercredi 17 décembre, son pré-rapport sur le projet de sécurisation des systèmes de comptage de la Sénélec. Dans ses conclusions, elle a jugé fiables les nouveaux compteurs de la Sénélec, source de contestation à Grand Médine, site pilote retenu pour le projet de relance du prépaiement. Elle a toutefois émis certaines recommandations au fournisseur d’électricité, notamment la formation des clients sur l’utilisation des compteurs intelligents.
 
«Les nouveaux compteurs fournis par la Senelec sont fiables. C’est claire et net», a déclaré Mamadou Ndoye Diagne, président de la Comission Régulation du Secteur de l’Electricité (Crse). Selon lui, l’enquête a été menée dans le respect des dispositions légales relatives aux procédures d’enquête de la commission avec une démarche participative et concertée avec les différentes parties prenantes que sont la Senelec, le collectif de Grand Médine et les Associations de consommateurs. Ainsi, a-t-il conclu, «qu’en définitif, tous ces éléments concourent à assoir la fiabilité du système de comptage». Il se prononçait hier, mercredi 17 décembre, en marge de la présentation du pré-rapport de l’enquête sur le projet de sécurisation des systèmes de comptage de la Senelec.
 
En effet, dans ce dit rapport de 21 pages, effectué dans un contexte de vives contestations des premières factures à Grand Médine, la commission a travaillé sur le projet de sécurisation des systèmes de comptages de la Senelec, la fiabilité des compteurs, ainsi que les factures contestées. L’étude a été réalisée sur les factures de 125 clients faisant l’objet de contestation et transmis à la Crse.
 
Concernant le projet de sécurisation, il est établi dans le rapport que «les nouveaux appareils de mesures sont des compteurs électriques blindés de classe 1 fonctionnant entre 165 et 275V». Ces compteurs peuvent être utilisés en mode prépaiement ou post paiement et sont conformes au standard STS (Standard Transfert Spécification), selon le rapport. Ainsi, «la mise en œuvre du système prépaiement devrait permettre aux usagers de gérer leur consommation d’énergie» a conclut le rapport.
 
Dans un autre registre, notamment la fiabilité des compteurs, le Crse note dans ses présentations que non seulement les dispositions relatives au marché portant sur l’acquisition des compteurs est conforme aux dispositions législatives, mais aussi les essaies métrologies effectués sur les 15 compteurs litigieux l’ont été aussi. Cela, avec l’acceptation de toutes les parties prenantes, à savoir le ministère chargé du commerce, la Senelec et les représentants des consommateurs de Grand Médine, selon la Crse.
 
En outre, le Crse indique dans son pré-rapport, que pour ce qui est des factures contestées, «les paramètres de la facturation relatifs à la tarification des tranches, à la fiscalité et à la redevance de la location des compteurs sont correctement appliqués». Mieux, elle a jugé «incohérente» le niveau d’équipement de la majeure partie des ménages visités. Selon elle, la moyenne dans les différents ménages visités est de 9 lampes, 3 téléviseurs, 3 ventilateurs, 1 congélateur, ainsi qu’un réfrigérateur.
 
Par ailleurs, aillant constaté un manque de maitrise de l’utilisation de l’interface chez les clients, le Crse a recommandé à la Senelec de veiller à la formation des clients sur l’utilisation de l’interface du compteur.      

 

Rapprochement diplomatique historique entre Cuba et les Etats-Unis

Le Monde.fr avec AFP, AP et Reuters | 17.12.2014 à 16h17 • Mis à jour le 17.12.2014 à 21h03

Après plus d'un demi-siècle d'embargo, les relations entre les Etats-Unis et Cuba vont être presque normalisées. Le président américain, Barack Obama, et son homologue cubain, Raul Castro, ont confirmé dans deux discours prononcés en même temps, mercredi 17 décembre, le rapprochement historique entre les deux pays, dont les relations diplomatiques sont rompues depuis 1961.

« Nous commençons un nouveau chapitre entre les nations des Amériques », a dit le président américain. « Nous sommes séparés par quelques kilomètres, mais une barrière psychologique nous éloignait. Etant donné que nous avons des relations avec la Chine, un pays communiste, et avec le Vietnam, j'ai souhaité revoir nos relations avec Cuba », a-t-il ajouté, avant de lancer en fin de discours : « Todos somos Americanos » (« Nous sommes tous américains », en espagnol.)

Lire le décryptage : Que va changer le rapprochement entre les Etats-Unis et Cuba ?

LEVÉE DE L'EMBARGO AVANT 2017 ?

Concrètement, les Etats-Unis vont « rouvrir une ambassade à La Havane », dans un délai qui n'a pas été donné par M. Obama, et l'embargo, en vigueur depuis 1962, sera examiné par le Congrès, seul habilité à décider d'une éventuelle levée. La Maison Blanche souhaite que cet embargo commercial soit levé avant que le président Barack Obama ne quitte ses fonctions, en 2017. Une visite du président américain sur le sol cubain n'est « pas exclue », a également déclaré le porte-parole de la Maison Blanche.

L'objectif de cet embargo était de précipiter la chute du régime cubain mis en place après la révolution de 1959, les Etats-Unis étant le débouché traditionnel de l'économie cubaine. Mais les décennies ont passé sans que les restrictions économiques et financières produisent de résultats probants. « Les sanctions ont eu relativement peu d'effet, l'isolement n'a pas fonctionné », a d'ailleurs reconnu M. Obama.

Après des mois de négociations secrètes, le président cubain, Raul Castro, et son homologue américain, Barack Obama, ont annoncé la restauration des relations diplomatiques entre leurs deux pays. | AFP/YAMIL LAGE

CASTRO : « NOUS AVONS DÉCIDÉ DE RÉTABLIR LES RELATIONS AVEC LES ÉTATS-UNIS »

Lire notre décryptage : Le plus ancien embargo vit-il ses dernières heures ?

« Nous avons décidé de rétablir les relations avec les Etats-Unis », a dit presque au même moment Raul Castro, prônant « un dialogue respectueux avec les Etats-Unis » et « des mesures mutuelles pour aller vers la normalisation ». « Cela ne veut pas dire que le principal est résolu, l'embargo doit cesser », a-t-il ajouté, reconnaissant « nos différences en matière de démocratie et de droits de l'homme, mais nous sommes disposés à discuter ».

Avant ces discours, plusieurs responsables américains cités par l'agence Associated Press et le New York Times affirmaient que les Etats-Unis allaient alléger les restrictions sur les voyages et le commerce qui touchaient l'île.

Dans l'après-midi, le gouvernement cubain avait libéré l'Américain Alan Gross, 65 ans, en prison sur l'île depuis cinq ans pour espionnage. Washington a toujours conditionné une détente avec Cuba à la libération de cet ancien contractuel de l'agence fédérale américaine pour le développement international (Usaid). Dans la foulée, le gouvernement cubain a aussi libéré cinquante-trois prisonniers politiques, selon un responsable américain. Aux Etats-Unis, trois personnes considérées comme des prisonniers politiques par Cuba ont été libérées.

« Nous avons décidé de rétablir les relations avec les Etats-Unis », a dit presque au même moment Raul Castro. | REUTERS/REUTERS TV

LE RÔLE CLÉ DU PAPE

Le pape François a joué un rôle d'intermédiaire essentiel dans ce rapprochement historique. A l'annonce des deux chefs d'Etat, le Vatican a fait part de la « grande satisfaction » du pape concernant « une décision historique ». Selon un haut responsable américain, cité par le New York Times, François avait lancé un appel personnel à Barack Obama dans une lettre « cet été », et séparément à Raul Castro. Le Vatican, dont Cuba est un des dossiers diplomatiques privilégiés, avait accueilli des délégations des deux pays pour finaliser le rapprochement. Par contre, Fidel Castro n'aurait « pas été impliqué dans les discussions ».

Des signes de détente étaient apparus ces dernières années. Raul Castro, qui a succédé à son frère Fidel en 2006, a mis un frein aux diatribes antiaméricaines. Barack Obama a lui pour sa part assoupli les règles qui s'appliquent aux voyages vers l'île communiste. La publication, il y a quelques mois, d'un éditorial du New York Times intitulé « Il est temps d'en finir avec l'embargo sur Cuba », avait été jugé « d'une grande habileté » par Fidel Castro.

 

Ce mercredi 17 décembre, la rédaction de RTL s'est désolidarisée d'Eric Zemmour en réaction à ses propos tenus dans un quotidien italien.

Jusqu'où Eric Zemmour ira-t-il dans la surenchère ? C'est en tout cas la question que se posent politiques et journalistes en réaction aux propos que le polémiste a tenus dans le quotidien italien Corriere della Sera. Même si le journaliste auquel il accordé son entretien a fait savoir que l'auteur du Suicide français n'avait pas employé le mot "déportation", les idées diffusées sont marquées par le sceau de l'islamophobie envisageant l'hypothèse de l'expulsion de 5 millions de musulmans français.

Lire aussi : Zemmour et la déportation : Cazeneuve condamne ses propos sur les musulmans

Mardi 16 décembre, c'est Bruno Leroux, le ministre en charge des relations avec le Parlement, qui a interpellé les médias sur leur responsabilité à accorder une tribune au polémiste. "Il est temps que les plateaux télé et les colonnes des journaux cessent d'abriter de tels propos. L'islamophobie est un racisme qui ne doit plus avoir pignon sur rue dans la République" a-t-il indiqué dans un communiqué. Et pour avoir pignon sur rue, Eric Zemmour est plutôt doué. Outre ses passages réguliers sur les plateaux de télévision, le polémiste est employé par RTL, Le Figaro et iTélé. Et cela n'est pas sans poser problème.

Au mois de mai déjà, soit avant la publication de son brûlot, le CSA avait "mis fermement en garde RTL" suite à une réclamation du Cran (Conseil représentatif des associations noires) en réaction à une chronique dans laquelle Eric Zemmour évoquait des "bandes" d'étrangers qui "dévalisent, violentent ou dépouillent".

Aujourd'hui, se sont ses confrères de RTL qui se désolidarisent de ses propos. En effet, la rédaction via la société des journalistes a fait savoir par communiqué que les récents propos d'Eric Zemmour "ternissaient les valeurs de vivre ensemble qui ont toujours été soutenues" par la radio.

Employé par deux autres médias, iTélé et Le Figaro, Eric Zemmour n'a pour l'instant pas fait l'objet de grogne similaire de la part de ses autres confrères. Mais jusqu'à quand ? La question mérite en effet d'être posée dans la mesure où le système de surenchère dans lequel il s'est enfermé pourrait en effet avoir des conséquences juridiques sur ses employeurs notamment concernant l'incitation à la haine entre autres.

A titre d'exemple, l'association SOS Racisme a annoncé mardi qu'elle allait porter plainte contre Eric Zemmour pour incitation à la haine raciale.

Vidéo sur le même thème - "On n'est pas couché" : le clash entre Léa Salamé et Eric Zemmour

Me El Hadji Amadou Sall est «loin d’être convaincu» par les arguments de Maham­mad Boun Abdallah Dionne, sur l’affaire Arcelor Mittal, lors de sa conférence de presse samedi. «Le Premier ministre lui-même n’est pas convaincu de ce qu’il dit. Il n’a fait que reprendre les propos tenus par le ministre de l’Industrie et des Mines, Aly Ngouille Ndiaye, et celui des Finances, Amadou Bâ.

Il n’y a pas ajouté un seul élément», constate l’avocat membre du directoire du Parti démocratique sénégalais (Pds). Pour Me Sall, Dionne a tout simplement fait un «exposé sur l’utilisation de l’argent issu de la transaction entre le Sénégal et Arcelor Mittal, à l’instar de ses deux ministres».Me El Hadji Amadou Sall ne voit pas l’utilité de convoquer une conférence de presse si ce n’est «pour dire la même chose». «Le Premier ministre nous a servi du réchauffé, comme tout le monde s’y attendait du reste», regrette-t-il. A l’en croire le chef du gouvernement devrait plutôt «se taire devant un dossier qu’il ne maîtrise pas». «Soit il ne connaît pas le dossier, soit il procède à une manipulation de l’opinion», estime le responsable libéral, qui se demande pourquoi le gouvernement «n’a pas attendu le dépôt du rapport avant de négocier».

Après une longue période de contentieux, l’Etat du Sénégal et l’entreprise Jean Lefebvre Sénégal ont accordé leurs violons pour procéder hier, au lancement des travaux de réhabilitation de la route Fatick-Kaolack. Une occasion pour le patron de Jls, Bara Tall, d’annoncer la renaissance de son entreprise.

Le lancement hier dans la capitale du Saloum des travaux de reconstruction de l’axe Fatick-Kaolack, par le Premier ministre Mahammad Boun Abdallah Dion­ne, annonce la fin du calvaire des usagers de la route qui ont l’habitude d’emprunter ce tronçon de la Route nationale n°1. Mais cet événement marque aussi et surtout la renaissance de l’entreprise Jean Lefebvre Sénégal (Jls) dont le régime du Président Abdoulaye Wade avait fini de programmer la mise à mort. Les propos tenus par Bara Tall lors de cette cérémonie sont assez illustratifs de cet état de fait. «Aujourd’hui c’est un grand jour. Un jour pour fermer une page. Un très grand jour pour en ouvrir une autre. Un jour pour rendre grâce à Dieu», dira d’emblée le patron de Jls, dans un ton empreint de solennité. Faisant certainement allusion au long bras de fer qui l’a opposé à l’Etat du Sénégal, à propos de cette route, il renchérit : «Une page se ferme en effet sur une longue période de contentieux, de controverses, et parfois de quiproquos stériles. Il n’est pas utile ici de revenir sur tout cela sauf pour en tirer des leçons. Et s’il en est une des leçons qu’il faut retenir, c’est celle des vertus de la concertation. Une concertation qui peut être certes une confrontation d’idées, mais jamais une confrontation de porteurs d’idées. Cette confrontation positive avec des avis techniques mûrement pensés, ont abouti aujourd’hui à cette nouvelle page que nous ouvrons. C’est une page qui est vierge, mais nous sommes tous engagés à la remplir pas avec un long discours, pas avec des mots, mais avec des actes. Les discours nous les réservons à un autre grand jour, celui de l’inauguration de cette route redimensionnée et reconstruite suivant des normes qui répondent au trafic que supporte cette route. Au­jourd’hui, il s’agit simplement de paraphraser M. le Premier ministre en disant Au travail ! Au travail ! Au travail», a déclaré Bara Tall. Pour matérialiser sa volonté de faire renaître son entreprise de ses cendres, il lui trouve un nouveau slogan : «Avec les péripéties que nous avons vécues, nous avons fortement repensé notre devise. Jls veut certes dire Jean Lefèvre travaille pour vous, mais il peut aussi signifier Jogaat liguey Senegal (Se relever pour bâtir le Sénégal)», conclut-il.

Pour sa part, le Premier ministre est d’abord revenu sur les raisons qui ont guidé le choix de la ville de Kaolack pour abriter la cérémonie de lancement des travaux de réhabilitation de ce tronçon de 42 km et dont le coût est de 16,4 milliards de francs Cfa. «Si le chef de l’Etat a tenu à ce que l’on lance les travaux de reconstruction de cette importante infrastructure routière ici à Kaolack, c’est pour renouveler son attachement à cette ville capitale de la région naturelle du Sine-Saloum où il passa jadis son adolescence comme pensionnaire du lycée Valdiodio Ndiaye, anciennement Gaston Berger.» Après avoir indiqué que c’est le contentieux qui a opposé Bara Tall à l’Etat du Sénégal qui a retardé le démarrage des travaux de reconstruction de cette route, le chef du gouvernement a, par ailleurs, annoncé le démarrage, dans les toutes prochaines semaines, des travaux de réhabilitation des tronçons Passy-Sokone, Dinguiraye-Nioro-Keur Ayip et la construction de la route Joal-Samba Dia-Djiffère.

Modou Diagne Fada, président du groupe des Libéraux et démocrates et Moustapha Diakhaté, président du groupe Benno bokk yaakaar (Bby) ont examiné hier, en marge d’une conférence sur les prérogatives du Parlement, la sortie du Premier ministre samedi sur les dossiers Arcelor Mittal et Petro-Tim.

Modou Diagne Fada : «Le Pm ne nous a rien appris»
Le responsable du Parti démocratique sénégalais (Pds) s’est dit non convaincu par les «éclairages» de Mahammad Dionne. D’emblée, il hausse le ton : «Il n’y a rien de nouveau dans ce qu’il a dit. En tout cas, il ne nous a rien appris. Ce sont des choses que nous avions déjà entendues.» Pour Modou Diagne Fada, le chef du gouvernement n’a pas répondu aux «vraies questions». Il énumère ses interrogations : «Dans ce dossier-là, pourquoi le Sénégal, qui s’attendait, au minimum, à 250 millions de dollars, n’a encaissé que 150 millions de dollars soit 75 milliards F Cfa ? Pourquoi les 75 milliards F Cfa ont été fragmentés : 45 milliards dans la loi de finances rectificative de 2014, 25 milliards dans la loi de finances initiale ? Où sont les 5 autres milliards ? Quels sont les montants payés aux avocats ? Où est-ce qu’on a tiré ce budget ?» Pour trouver des réponses à ses questionnements, Fada préconise la publication des documents officiels portant accord entre l’Etat du Sénégal et Arcelor Mittal. Ce que le gouvernement a fait, en partie, dimanche sur son site.

Moustapha Diakhaté : «Utiliser le Code de transparence pour éviter ce genre de débat»
De l’autre côté de la majorité, on se félicite des réponses servies par le Premier ministre. Seulement, le président du groupe parlementaire Benno bokk yakkaar exhorte le gouvernement à s’appuyer sur le Code de transparence afin d’éviter de pareilles polémiques. «Maham­mad Dionne a défendu le Prési­dent et il l’a bien fait. Ce que je voudrais ajouter c’est que nous avons, dans notre pays, le Code de transparence qui est une directive de l’Uemoa et dont, de mon point de vue, l’exploitation peut permettre au gouvernement, dans l’avenir, d’éviter ce genre de débat», a suggéré Moustapha Diakhaté.

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C’est un front social déjà agité qui se profile à l’horizon après une période appelée «délai de grâce» dans les secteurs de l’Education et de la Santé. Les syndicats de ces secteurs stratégiques entendent croiser le fer avec le gouvernement du Sénégal pour le respect des engagements inscrits dans les protocoles d’accords signés. Pendant que les syndicats d’enseignants, notamment le Cadre unitaire des enseignants du moyen secondaire (Cusems) décrète un mot de d’ordre de grève aujourd’hui mardi avec un débrayage et une grève totale demain mercredi pour déplorer le dilatoire, les manœuvres sourdines et le non-respect notoire du protocole d’accord du 17 février 2014 signé par le gouvernement. En attendant des signes annonciateurs de l’application des points inscrits dans le protocole d’accords et le paiement des indemnités de déplacement des examens à l’orée des fortes recommandations des assises de l’Education et de la Formation, une année scolaire apaisée, sans grèves, s’est envolée. Au même moment l’intersyndicale des travailleurs des collectivités locales est allée en grève hier, lundi 15 décembre 2014, pour exiger le paiement de leurs salaires des agents dans les mairies érigées en communes, notamment à Guédiawaye, Rufisque, Pikine. Ils menacent de paralyser toutes les structures des collectivités locales. L’année scolaire 2015 montre déjà un éblouissement du front social.
 
NON-RESPECT DU PROTOCOLE D’ACCORDS, CUSEMS ENGAGE LE FRONT
 
Fini la période de grâce accordé au gouvernement aux lendemains de la mise sur pied d’un pacte de stabilité sociale et d’émergence économique. Las d’attendre une réaction concrète de l’Etat après la signature du protocole d’accords, les syndicats d’enseignants ont décidé de déterrer la hache de guerre avec des sorties intempestives pour charger leur ministre de tutelle. Le Syndicat autonome des enseignants du moyens et secondaire du Sénégal (Saemss) et le Cadre unitaire des syndicats d’enseignants dénoncent pour le déplorer le pilotage à vue de Serigne Mbaye Thiam et la lenteur de l’application des points inscrits dans le protocole d’accords. Pendant ce temps-là, le Cadre unitaire des enseignants du moyen secondaire (Cusems) version Abdoulaye Ndoye passe à l’acte en décrétant un mot d’ordre de grève suite à une réunion de leur directoire national. Le Cusems lance ainsi un appel à ses militants à observer un débrayage demain mardi 16 décembre à 10 heures, suivi d’Assemblée générale dans tous les lycées et collèges de Sénégal et une grève totale, le mercredi 17 décembre 2014.
 
Appréciant la situation scolaire nationale, suite à la revue du protocole d’accord entre le gouvernement et les syndicats, les camarades de Abdoulaye Ndoye, secrétaire général du Cusems constatent le dilatoire, les manœuvres sourdines et le non-respect notoire du protocole d’accord du 17 février 2014. Ils ont fustigé la mauvaise volonté du gouvernement quant à l’application de l’accord sur la validation des années de volontariat, de vacatariat et de contractualisation.
 
Condamnant le retard récurrent et le paiement partiel des indemnités liées au Bac et au Bfem, le Cusems s’étonne sur l’articulation faite par le gouvernement entre l’octroi de l’indemnité de logement aux professeurs et inspecteurs de l’enseignement moyen secondaire et l’étude sur le système de rémunération et de motivation des agents de l’Etat reportée plusieurs fois, alors qu’au même moment les politiciens ne se privent de rien.
 
Qu’à cela ne tienne. Le Saemss dans une de ses récentes a relevé à l’endroit des autorités académiques de la manipulation, du pilotage à vue, des contre-vérités, déficit d’enseignants dans le système éducatif. C’est à ce titre, ils n’avaient pas exclu de reprendre le cheval de bataille si le gouvernement ne s’adonne pas au paiement des indemnités d’examen avant le 30 novembre comme signé dans le protocole. C’est le cas aussi du Cadre unitaire des syndicats d’enseignants qui  était désormais en droit de croiser le fer avec le gouvernement pour qu’il passe à l’application du protocole jugé par l’Etat réaliste et réalisable.
 
Et ce malgré la réunion du comité ad hoc chargé d’étudier le niveau, les conditions et les modalités de la prise en charge de la validation aux 2/3 avec rappel des années de volontariat de vacation et de contractualisation pour les maitres contractuels et professeurs contractuels reclassés comme fonctionnaires. Ledit comité a relevé que plus de 20 000 agents ont été recensés après un premier toilettage.
 
Mauvais résultats des examens en perspective ?
 
En tout état de cause les dysfonctionnements relevés dans le système scolaire ont certainement eu d’énormes impacts sur les résultats des examens de baccalauréat, du Brevet de fin d’étude moyennes (Bfem) et du Certificat de fin d’étude élémentaire (Cfee). Ils ont été catastrophiques. Au Bac, les résultats ont été décevants. Sur 119.518 candidats à avoir subi les épreuves, seuls 37.381 (31,3%) ont pu décrocher le premier diplôme universitaire. Entre 2012 et 2013, le taux de réussite au BFEM chute à 18,4 points et s’établit à 41,2%. Sans oublier les résultats désastreux du Cfee qui avoisine simplement les 33%. Cette situation découle de la baisse des scores dans toutes les académies. Le rapport 2013 de la direction de la Planification et de la réforme de l’Education (Dpre) indique que le taux de redoublement et d’abandon dans les cycles élémentaires et moyen secondaire restent élevés. Il revient ainsi sur l’ampleur du redoublement dans les régions de Sédhiou (3,5%), Diourbel et Thiès (3,3%), Dakar (3,2%), Louga (3,0%), Ziguinchor et Kaolack (2,9%).

L’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), selon sa présidente, Mme Nafi Ngom Keïta, qui présidait hier, l’ouverture d’un atelier sur les meilleures pratiques d’investigation et de poursuite des crimes financiers…, est en train d’enquêter sur plus de 70 dossiers relatifs à des soupçons de fraude et de corruption. Mais pour ce qui concerne la déclaration de patrimoine, l’organe bute sur des difficultés liées au respect de la loi. La présidente invite ainsi les ministres et autres personnes assujetties à procéder à la déclaration de leur patrimoine.

Le Sénégal a introduit en 2012, une composante centrale dans son arsenal de lutte pour adresser la corruption, la fraude et toutes infractions connexes et assimilées. En effet, la loi n°2012-30 du 28 décembre 2012, portant création de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), a mis en place une autorité administrative indépendante qui concourt à promouvoir la transparence, l’éthique et le respect des normes dans la gouvernance des affaires publiques et privées. Ce mécanisme de prévention et de lutte a été renforcé par l’adoption de la loi relative à la déclaration de patrimoine. Pour la mise en œuvre de ladite loi, des décrets d’application ont été aussi pris. Par conséquent, les ministres de la République ainsi que toutes les personnes assujetties devaient procéder à la déclaration de leur patrimoine. Mais jusqu’ici, les choses ne semblent pas bouger. L’Ofnac bute sur des difficultés liées au respect de cette loi. A preuve, en marge de la cérémonie d’ouverture d’un atelier sur «le développement de meilleures pratiques d’investigation et de poursuite des crimes financiers, du blanchiment d’argent et du financement du terrorisme», Mme Nafi Ngom Keïta, la présidente, a invité toutes les personnes assujetties à venir faire leur déclaration de patrimoine auprès de l’Ofnac, conformément à la loi. «On ne cherche à créer des problèmes à personne. Nous invitons tout le monde à jouer le jeu», supplie la présidente de l’Ofnac.

Des enquêtes ouvertes sur plus de 70 plaintes
Malgré cette lenteur notée dans la déclaration de patrimoine, l’Office a mis ses machines en branle. L’Ofnac est en train d’enquêter sur des plaintes relatives à des soupçons de fraude et de corruption. «Nous avons plus de 70 dossiers à l’Ofnac. Le Colonel Mocktar Sow, qui dirige le département enquête et investigation, est en train de mener ses enquêtes en toute discrétion. Il s’agit de petite corruption et de grande corruption», a déclaré hier, Mme Nafi Ngom Keïta. Ces investigations concernent des agents des services publics, ainsi que ceux des services privés. En effet, explique l’ancienne patronne de l’Inspection générale d’Etat (Ige), «les missions de l’Ofnac s’exercent aussi bien sur le secteur public que le secteur privé. On ne peut pas entrer dans les détails, parce que les enquêtes sont confidentielles. Mais, nous avons l’obligation de rendre compte. Le travail sera mis à la disposition des citoyens le moment venu».
Cette jeune institution a pour «ambition de contribuer à faire du Sénégal, un espace de justice et de sécurité». En ce sens, elle a noué des relations de coopération avec l’ambassade des Etats-Unis au Sénégal. L’atelier sur les meilleures pratiques d’investigation et de poursuite des crimes financiers, du blanchiment d’argent et du financement du terrorisme, financé par le Bureau de lutte contre le terrorisme du département d’Etat américain, s’inscrit dans ce cadre.

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Des accusations, des démentis et des mensonges qui révèlent surtout que ce gouvernement est dans une stratégie de diversion. Les véritables questions soulevées dans les affaires PETRO-TIM et ARCELOR MITTAL se dissolvent dans une infinie variété de points de vue et d’explications vaseuses. Ce concert médiatique mal orchestré par les acteurs ne fait que renforcer davantage les soupçons de l’opinion publique sénégalaise. C’est pourquoi la fédération BOKK GIS GIS de France considère que la gravité des faits révélés par Maître Wade exige obligatoirement l’ouverture d’une enquête judiciaire pour la manifestation de la vérité.

Nous rappelons au chef de l’Etat Macky Sall, de ne peut pas accepter que l’honneur de la fonction qu’il occupe soit aujourd’hui sali, abaissé. Le Président Macky sall qui prône « Monsieur Propre, Défenseur acharné de la bonne gouvernance et de la gestion vertueuse » est resté silencieux. Cette posture du Chef de l’Etat et de son gouvernement suscite le scepticisme de nos concitoyens sur le traitement et l’impartialité de la justice. Les ruptures annoncées par ce régime tardent à se concrétiser car le parquet semble être toujours sous contrôle de l’exécutif. Alors aucune rupture ne peut s’opérer sans une justice forte et indépendante.

Nous rappelons au premier ministre Mouhammed Dionne que le peuple sénégalais réclame des réponses claires et précises sur les affaires ARCELOR-MITTAL et PETRO-TIM. Le manque de transparence décrédibilise en effet les institutions et les hommes politiques. Mais Monsieur le Premier Ministre, vous persistez à esquiver toutes les questions posées sur ces affaires d’Etat. C’est visiblement le fantasme de l’autorité politique qui ne s’incline jamais devant les circonstances, ni les évidences.

Nous rappelons au Ministre Sidiki Kaba que le Sénégal serait plus à « l’honneur » par le renforcement de l’indépendance et de l’impartialité de la justice que par sa nomination à la Cour pénale internationale (CPI).

Nous rappelons à Monsieur Aliou Sall que brandir des documents à la télévision n’a aucune valeur juridique. TFM n’est pas un tribunal et Aïssatou Diop Fall n’est pas la procureure de la république.

Nous rappelons aux Ministres Aly Ngouille Ndiaye et Amadou Ba de se mettre à la disposition de la justice pour apporter les preuves de la transaction entre l’Etat et ARCELOR MITTAL. La presse ne peut pas leur servir de tribune pour faire valoir leur bonne foi. La gestion des finances publiques doit s’inscrire dans un cadre juridique et administratif clair.

C’est pourquoi, les partisans de Pape Diop rappellent que le parquet doit être profondément réformé et son indépendance assurée. Les intrusions permanentes du pouvoir actuel sur l’action des procureurs devraient cesser. Il convient de rompre tout lien organique entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif afin d’assurer une autonomie stricte du parquet.

Fédération BOKK GIS GIS de France

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