La Tunisie reste sous le choc au lendemain de l’attentat qui a frappé le cœur de la capitale, Tunis. C’est le musée du Bardo qui a été la cible d’un attentat particulièrement meurtrier, un musée situé à proximité du Parlement. Le bilan est très lourd avec plus d’une vingtaine de morts, essentiellement des touristes. L’enquête a été ouverte et neuf suspects ont été interpellés, ce jeudi, selon la présidence. Des personnes qui auraient été en contact avec les deux assaillants.

Le scénario de la prise d’otages et la fusillade de mercredi à Tunis est de plus en plus clair. De sources sécuritaires tunisiennes, on sait désormais que deux jeunes âgés d’une vingtaine d’années sont entrés dans l’enceinte du musée du Bardo et ont ouvert le feu immédiatement sur sept bus de touristes qui se trouvaient là. Certains touristes, selon ce qu’ont raconté des témoins oculaires ce jeudi matin à RFI, ont été achevés à bout portant.

Ensuite, ces deux jeunes Tunisiens, l’un originaire de Kasserine, l’autre originaire d’un quartier de Tunis, non loin du Bardo, sont entrés à l’intérieur du musée avec des otages et c’est là qu’ils ont finalement été tués par les forces de sécurité tunisienne. On ne sait pas pour le moment si ces jeunes appartenaient à la branche tunisienne d’Aqmi, la fameuse brigade Okba Ibn Nafaâ qui est active depuis décembre 2012 le long de la frontière algérienne, ou alors au groupe Etat islamique surtout actif en Syrie, en Irak ou en Libye.

La présidence a annoncé ce jeudi que neuf suspects avaient été interpellés en rapport avec l’attaque qui a visé le musée du Bardo. Ces personnes auraient eu des contacts avec les deux assaillants. Selon le communiqué de la présidence, « quatre éléments en relation directe avec l'opération (terroriste) et cinq autres soupçonnés d'être en relation avec cette cellule » ont été arrêtés.

Une attaque prévisible

Une pareille attaque en Tunisie était prévisible, car le pays est le plus important exportateur au monde de jihadistes à l’étranger. Près de 3 000 Tunisiens, selon les chiffres officiels, combattent actuellement en Syrie et en Irak. Au moins 500 sont rentrés, toujours selon les chiffres officiels, sur le territoire tunisien. Et puis, il y a aussi plusieurs centaines de Tunisiens qui combattent actuellement en Libye au sein de la branche libyenne de l’Etat islamique. Régulièrement, pour ne pas dire toutes les semaines, des vidéos émergent de ces jihadistes tunisiens sur Internet qui menacent d’attentats la Tunisie. Et puis il y a aussi cette situation sécuritaire très relative puisque chaque mois, des accrochages ont lieu entre des jihadistes et les forces armées tunisiennes, qui subissent de lourdes pertes depuis 2012.

Témoignages: le choc dans les rues de Tunis 19/03/2015 - par Camille Lafrance écouter

Ce drame aura en tous les cas des conséquences politiques dans le pays. Ce jeudi en fin de matinée, lors d’une conférence de presse dans l’enceinte du musée Bardo, plusieurs représentants de la société civile et des ministres ont notamment mis en garde sur un discours politique qui viserait à revenir à des tentations d’autrefois, de l’ancien régime, des tentations liberticides. « Après cet attentat, l’heure est au recueillement », disait un représentant de la société civile, ancien opposant au président Ben Ali déchu. Dans l’après-midi à 16h, un grand rassemblement à l’appel du syndicat UGTT et de plusieurs entités de la société civile, aura lieu dans le quartier même où s’est déroulé la fusillade.

Des centaines voire des milliers de personnes sont attendues sur les lieux. Les gens viennent avec un message, le même que lors des attentats en France : « Nous n’avons pas peur ». Ils envoient aussi un appel aux touristes pour qu’ils reviennent dans le pays. Il faut dire que c’est un secteur clé de l’économie tunisienne avec plus de 400 000 emplois concernés.

Des hôpitaux débordés

La plupart des blessés de l'attentat sont soignés à l'hôpital de la Rabta où les autorités sanitaires tentent de faire face, même si la situation est difficile. « On n’a pas vu un tel afflux de blessés depuis la révolution », selon un médecin de cet hôpital. Ce médecin raconte les nombreux blessés par balles et les opérations d’urgence qui se sont succédées ces dernières 24 heures. Plusieurs touristes, victimes de l’attaque, sont actuellement encore en réanimation et il est difficile de se prononcer sur leur pronostic vital.

D'autres victimes sont sous le choc. Pour celles qui s’en sont sorties avec des blessures légères, une cellule de crise a été mise en place à l’hôpital avec des psychiatres extérieurs qui interdisent désormais l’accès des journalistes à ces victimes. Mais des médecins expliquent que beaucoup des survivants de l’attaque avaient besoin de parler, de raconter leur traumatisme.

Certains ont été rejoints par leur famille venue en avion pour être à leur chevet. En tout, il y a encore une quarantaine de blessés dont au moins six graves. Les familles des victimes arrivent également au compte-gouttes dans les hôtels de la capitale. Très émus, déboussolés, ils ont les larmes aux yeux et sont directement pris en charge par l’Office national du tourisme.

«La Plateforme politique Avenir «Senegaal bi ñu bëgg» apporte tout son soutien aux juges de la Crei et leur demande de se prononcer en leur intime conviction pour dire le droit, tout le droit et rien que le droit, sans se laisser divertir par des intimidations, menaces ou pressions».

C’est ce qui transparaît dans un communiqué de cette nouvelle structure rendu public hier. Me Mame Adama Guèye et Cie invitent le gouvernement à la préservation de «la paix sociale et (de) l’intérêt général et à faire face, conformément aux lois, aux velléités de déstabilisation et de menaces de toutes sortes d’ou qu’elles viennent».

Mais pour éviter «des arrestations préventives pouvant aggraver la situation», le 23 mars prochain, jour du verdict du procès de Karim Wade, Avenir «Senegaal bi ñu bëgg» attend du gouvernement qu’il prenne «de la hauteur et» évite «toute réaction disproportionnée». Elle «invite l’ensemble des acteurs de la vie politique à mettre les intérêts de la Nation au dessus des intérêts partisans et à se souvenir que le procès d’un homme ne saurait être un prétexte pour prendre en otage les millions de Sénégalais qui ont fait de l’impératif du développement et de la transformation socio-économique du pays leur principal crédo.»
Pour Avenir «Senegaal bi ñu bëgg», le procureur spécial près la Crei doit «se pencher résolument sur les autres dossiers, concernant notamment les 24 autres personnes figurant sur la liste publiée au début de l’instruction, pour leur donner la suite appropriée dans le respect du droit, de la justice et des libertés».
Avenir «Senegaal bi ñu bëgg» indique que «les luttes citoyennes successives menées depuis l’indépendance par notre peuple, qui ont connu leur consécration avec l’alternance de 2000, le combat du 23 juin 2011 et l’alternance de mars 2012, entre autres, ont toutes été menées pour l’instauration de la dignité, le respect des valeurs républicaines, la restauration de la Justice et l’Etat de droit.»

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L’action judiciaire sera lancée si Moustapha Niasse, le leader de l’Alliance des forces de progrès (Afp) ne répond pas dans les délais requis à la sommation interpellative de l’avocat du n°2 du parti, Malick Gackou et Cie, lui demandant de notifier l’exclusion de ces derniers. Le groupe des douze exclus (Malick Gackou et onze autres responsables de l’Afp) soutient que la décision d’exclusion n’a pas été notifiée aux concernés. Par conséquent, ils se considèrent membres de l’Afp et agissent en cette qualité.
 
Le groupe des douze membres de l’Alliance des forces de progrès (Afp) exclus par voie de presse, le vendredi 13 mars dernier, par le Comité ad hoc de ladite formation, vient de poser un premier jalon dans la préparation de sa riposte par rapport à une décision qu’il juge «arbitraire». Malick Gackou et cie  ont pris avant-hier un avocat qui doit envoyer, par le biais d’un huissier, une sommation interpellative au secrétaire général de l’Afp, Moustapha Niasse lui demandant de notifier l’exclusion des responsables de son parti cités dans le communiqué envoyé à la presse vendredi 13 mars dernier.
 
Si Moustapha Niasse ne donne pas suite à leur requête, Malick Gackou et cie vont intenter une action judiciaire contre le patron de l’Afp aux fins d’annuler la décision du Comité Ad hoc du parti d’exclure son n°2 et onze autres membres et responsables «progressistes » Les exclus, jusqu’à preuve du contraire, se considèrent membres et responsable de l’Afp et agissent en cette qualité, tant que leur exclusion ne leur sera pas notifiée.
 
Au plan politique, Malick Gackou et cie sont en train, avec leur base,   de mettre en place des stratégies de riposte. « Et nous nous ferons entre bientôt » soulignent nos sources. Les exclus se voient régulièrement pour décider de la conduite à tenir.
 
Rappelons que le N°2 de l’Afp et  les onze membres et responsables «progressistes» exclus par le Comité Ad Hoc ont contesté la décision de Moustapha Niasse de ne pas présenter un candidat du parti à la prochaine présidentielle et de soutenir le Président sortant, Macky Sall.

Le Président Macky Sall vise la suppression du visa d’entrée au Sénégal. Le chef de l’Etat l’a fait savoir hier, au Palais, au cours d’une audience avec les correspondants de la presse étrangère.

Après les annonces favorables au Tourisme faites en Casamance, le chef de l’Etat vient d’en ajouter une autre qui sera sans nul doute bien accueillie par le patronat du secteur. Recevant hier, les correspondants de la presse étrangère, le président de la République a exprimé sa volonté de supprimer le visa d’entrée au Sénégal. «Je ne suis plus très loin de proposer la suppression pure et simple du visa vers le Sénégal. Je le pense sérieusement», a-t-il déclaré. Le Président Sall explique qu’à l’origine, l’instauration de la réciprocité en matière de visa avait deux objectifs principaux. Le premier c’était de rehausser la dignité des Sénégalais, dont l’accès à l’espace Schengen ou à l’Amérique du Nord est devenu, au cours des deux dernières décennies, un véritable parcours du combattant. Le deuxième objectif consistait à offrir aux caisses de l’État une manne financière bienvenue. Et estime-t-il, son ambition de développer le tourisme, qui est un principal apport de devises avec la pêche, dans le cadre du Plan Sénégal émergent (Pse), ne peut aboutir avec l’instauration des visas qui a eu deux répercussions néfastes, dont le pouvoir semble finalement avoir tiré les leçons. Com­binée à l’effet désastreux de l’épidémie d’Ebola sur le tourisme, qui s’est révélé en 2014, elle aboutissait à faire du Sénégal une destination onéreuse. Pour une famille de deux adultes et deux enfants, le budget visa est actuellement de 208 euros, environ 136240 francs Cfa. «Vu les contraintes posées par cette mesure et la mauvaise perception qu’elle a reçue, une évaluation très ferme est en cours. Il ne faudrait pas que la destination Sénégal se retrouve handicapée par des contraintes bureaucratiques», a indiqué Macky Sall.

Pour les acteurs du tourisme le visa est synonyme de suicide pour une destination comme le Sénégal. Raison pour laquelle ils ont toujours exigé sa suppression.
Pour rappel Macky Sall a proclamé, lors de sa dernière tournée au Sud, la Casa­mance «zone de priorité nationale touristique». Ainsi, il a promis des exonérations fiscales aux promoteurs touristiques opérant dans cette partie sud du Sénégal, et proposera à l’Assemblée nationale de voter une loi en vertu de laquelle tout opérateur touristique qui s’installera en Casa­mance ou qui s’y est déjà installé, sera exonéré de toute charge fiscale et sociale pendant 10 ans. Saluant cette décision, les industriels du tourisme demandent son extension aux autres zones touristiques du Sénégal.

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jeudi, 19 mars 2015 08:32

Kabila en a marre des pressions

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Le gouvernement continue à jouer la carte diplomatique pour faire libérer les membres de Y’en a marre arrêtés en Rdc. D’ailleurs selon des sources, une procédure d’expulsion est en cours pour leur retour à Dakar. Le Consul honoraire du Sénégal au Congo a annoncé que les Y en a maristes se portent bien et qu’ils n’ont pas été torturés.

L’Etat se mobilise pour «libérer» Cheikh Fadel Barro, Alioune Sané, Fou malade en détention à Kinshasa depuis plus de 72 h. Hier, le Président a laissé entrevoir la libération prochaine des Séné­galais, lors d’une rencontre avec la presse étrangère accréditée à Dakar. «Le Sénégal travaille à la libération des rappeurs», dit-il. Poursuivant ses propos, Macky Sall ajoute : «Il ne m’appartient pas de juger si c’est normal ou pas. Ma position en tant que président de la République du Sénégal n’est pas de rentrer dans ce débat, ma position est de faire en sorte d’abord que les ressortissants sénégalais, membres de Y en a marre, puissent être libérés et rentrer au bercail. Je compte échanger, si la liaison est établie, avec le Président Kabila».En attendant, l’affaire des Y en a maristes devrait connaître un dénouement heureux dans les prochaines  heures. Ils devraient être expulsés du territoire congolais et renvoyés au Sénégal après plus de 72 h de garde à vue. Cette libération serait le résultat des tractations diplomatiques qui ont été établies entre les deux pays depuis l’arrestation de Cheikh Fadel Barro, Alioune Sané et Fou Malade. Mankeur Ndiaye, ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur a saisi son homologue congolais en lui adressant une lettre officielle. Il a évidemment demandé à Raymond Tshibandade de  prendre toutes les dispositions nécessaires pour la libération des Sénégalais.
Vers leur expulsionPar ailleurs, on a appris que le Consul honoraire du Sénégal, Mme Timbo a rendu visite à Fadel Barro et compagnie et leur a apporté de la nourriture. Contrairement aux informations faisant état de torture dont ils seraient victimes, le Consul informe «que les Sénégalais n’ont pas été torturés et qu’ils se portent bien».  Pour rappel, les membres du groupe Y’en a marre et du Balai citoyen avaient été invités par la Société civile congolaise à une réunion sur le thème de l’engagement civique. Les participants à cette rencontre avaient été accusés de vouloir déstabiliser le pays. Trois Sénégalais, un Burkinabè et une trentaine de Congolais, activistes, musiciens ou journalistes avaient été gardés à vue pour «les besoins de l’enquête», selon le porte-parole du gouvernement. «C’est à la police judiciaire de décider des suites de cette affaire», avait expliqué Lambert Mende, ministre de l’Information congolais. Il avait fait croire que les gens arrêtés pourraient être transférées au Parquet pour «atteinte à la sûreté de l’Etat». Du côté de la communauté internationale, il y a eu peu de réactions. Il faut noter  uniquement celle de l’ambassade des Etats-Unis en Rdc. «Ces groupes de jeunes bien connus, non partisans, de même que les organisateurs congolais, visaient à promouvoir la participation des jeunes congolais au processus électoral», pouvait-on lire sur sa page
Facebook
visitée par Rfi qui soutient que les Etats-Unis ont déclaré même avoir financé les rencontres de ce week end et que les autorités étaient invitées à y participer.

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Le chef de l’Etat Macky Sall a rencontré hier, mardi 17 mars, pour une première fois, les représentants de la presse étrangère établie au Sénégal, afin de discuter de l’actualité nationale, sous-régionale, comme internationale. Face aux journalistes, il s’est prononcé sur la date probable du référendum devant consacrer la réduction de son mandat de sept à cinq ans, une date arrêtée pour mai 2016, ainsi que de la tenue de l’élection présidentielle en février 2017, si toutefois le ‘’Oui’’ l’emporte. Une information reprise par la chaine African Télévision News (Atn).
 
«Je soumettrais un référendum qui va procéder à la révision de la Constitution, d’abord sur la réduction de mon mandat, et sur certains autres aspects pour consolider notre démocratie. D’ici probablement mai 2016, nous pourrons nous prononcer sur cette réduction», a déclaré le chef de l’Etat Macky Sall, face aux représentants de la presse étrangère basée au Sénégal hier, mardi 17 mars. L’information a été reprise par la chaine African Télévisions News (Atn), présente à la rencontre. Un Macky Sall très loquace qui a en outre annoncé que si le ‘’Oui’’ l’emporte au sortir du référendum, «l’élection sera en février 2017 au lieu de 2019». Des propos qui mettent en évidence le calendrier électoral concocté par le chef de l’Etat.
 
Pour autant, Macky Sall s’est refusé de se prononcer sur sa probable candidature aux prochaines élections. «Pour moi, c’est trop tôt de parler de ma candidature», a-t-il laissé entendre. Il a tout de même estimé que si le ‘’Non’’ l’emportait, «cela veut dire que le peuple a besoin de moi encore et je reste. S’il dit oui, cela veut dire qu’ils ont accepté ma proposition».
 
Macky snobe la candidature de Karim  
 
Dans la foulée, le président de la République a snobé la candidature de Karim Wade, brandie par certains membres de l’opposition, notamment du Pds, et largement diffusée par la presse. Se considérant comme géologue, M. Sall a fait savoir qu’il a la chance de garder les pieds sur terre et de regarder très souvent ce qui se passe dans la réalité. A l’en croire, «quand je l’ai compris, je me suis mis à la recherche et à la rencontre de mon peuple. J’ai fait ce qu’aucun homme politique n’a fait depuis Senghor, en termes de contact direct avec les populations». Se glorifiant d’avoir battu un gouvernement, il a estimé que ce n’est pas par hasard qu’il a gagné la présidentielle de 2012. Ainsi, a-t-il indiqué que «ce ne sont pas vraiment les fanfaronnades, les choses qui se disent dans la presse qui vont changer la réalité. Moi, je suis dans la réalité». Une manière indirecte de dire qu’il faut batailler ferme et connaitre les aspirations du peuple pour prétendre recueillir les voix de celui-ci.
 
Par autant, Macky Sall a tenu à faire remarquer que «s’il y a un candidat plus fort que moi que les Sénégalais vont désigner, on prendra acte. Pour le moment nous sommes sur la voie du Sénégal émergent et c’est ça qui importe». Cependant, Macky Sall a fait comprendre qu’une élection, «c’est beaucoup de fantasmes». D’où, selon lui, la liberté de tout un chacun de prétendre être à mesure de défaire le président.

Enfin, les personnes ayant été frappées par un cancer et considérées comme guéries, n’auront plus à déclarer leur maladie pour contracter un emprunt. La fin de cette double sanction est inscrite dans le projet de loi Santé défendu par la ministre Marisol Touraine. Ce « droit à l’oubli » est une des mesures phares inscrites dans le troisième plan cancer (2014-2019).

« L’impression d’être considérée à tout jamais comme une cancéreuse », c’est ce que ressentait cette jeune femme plus de dix ans après avoir été victime d’un cancer du sein. Une maladie qui était derrière elle jusqu’au jour de l’année dernière où elle a demandé à son banquier un emprunt pour un projet immobilier. « Ce jour-là, dit-elle, je suis tombée des nues ; j’ai dû déclarer que j’avais eu un cancer en 2001, cancer considéré comme guéri par mon médecin, mais pas par la compagnie d’assurances. »

Droit à l’oubli
 
Conséquence : une prime multipliée par trois et un projet remis à plus tard… Mais, cette double sanction devrait bientôt être du domaine du passé. « Le droit à l'oubli c'est la volonté que lorsque les médecins vous considèrent guéri d'un cancer, vous le soyez pour le reste de la société et en particulier pour les banques ou pour les assureurs », a déclaré Marisol Touraine lors de la remise du rapport d'étape dutroisième plan cancerà l'Elysée, le 13 mars. La ministre a particulièrement insisté sur le cas des enfants et des adolescents qui, une fois adultes et guéris, ont toutes les difficultés à contracter un emprunt.
 
Le nouveau dispositif est en discussion notamment avec les acteurs de la convention l’Areas («S’assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé»), un texte signé en 2007 qui jusqu’à aujourd’hui régissait les conditions et tarifs d’emprunt des anciens malades. Selon la ministre des Affaires sociales, « les discussions avancent avec la fédération des assureurs (FFSA). Elles ont l'air de progresser à grands pas et si une convention peut être signée ce qui semble être le cas dans les prochains jours, on n'aura même pas besoin de passer par la loi. Mais si ça n'était pas le cas évidemment un amendement serait déposé... », a ajouté Marisol Touraine.
 
Les enfants d’abord
 
Alors que le projet de loi Santé est rejeté avec force par les médecins libéraux, la partie concernant le droit à l’oubli est au contraire largement soutenue par tout le corps médical. En cela, les praticiens de la santé rejoignent la majorité des Français qui estiment à 62 % dans un sondage diffusé le 15 mars par la Ligue contre cancer « qu’on rencontre souvent des problèmes financiers après un cancer ». Ils sont même 82 % à juger « qu’il est plus difficile de trouver un prêt bancaire ou de s’assurer » après la maladie, alors qu’à 91 % ils pensent qu’on « soigne de mieux en mieux » le cancer.  
 
Le texte qui dispensera de déclaration les anciens malades repose sur trois piliers. D’abord, le droit à l’oubli concernera tous les cancers des enfants selon le vœu exprimé par le président Hollande lors de sa présentation du troisième plan cancer. Les adultes seront également inclus dans cette mesure ; ils n’auront plus à déclarer la maladie passé un certain nombre d’années, après la fin du protocole thérapeutique, qui reste à préciser. Le nouveau dispositif prévoit aussi d’intégrer les progrès de la science en se référant aux éléments statistiques relatifs au traitement des cancers.
    
Cette avancée touche directement des centaines de milliers de personnes en France où chaque année environ 355 000 cancers sont dépistés. Première cause de décès, devant les maladies cardiovasculaires, le cancer est responsable annuellement de 148 000 décès.

Les responsables politiques le répètent : la France fait face à une menace terroriste sans précédent. En réponse, le gouvernement multiplie les lois et les annonces. Après les attentats du mois de janvier, des moyens supplémentaires ont été octroyés aux forces de l'ordre. Et ce jeudi, c'est un projet de loi sur le renseignement que le Premier ministre, Manuel Valls, va présenter en conseil des ministres. Une loi censée à la fois faciliter et encadrer le travail des services concernés, qui bénéicie d'un certain écho positif à l'Assemblée.

Jusqu'à présent, aucune loi ne réglemente l'activité de l'ensemble des services de renseignement français. Chacun s'est doté de ses propres règles, parfois à la limite de la légalité. C'est donc pour remédier à ce vide juridique, concernant tant les forces de l'ordre que les personnes surveillées, que le gouvernement s'est attelé, avant même les attentats du mois de janvier, à la rédaction de cette loi.

D'un côté, le texte permet aux services de surveiller des terroristes potentiels, sans l'aval d'un juge, mais avec une simple autorisation administrative. Les agents publics pourront ainsi placer des micros dans les appartements ou les voitures des suspects, des balises pour suivre les déplacements des véhicules et effectuer des « interceptions de sécurité » sur les échanges électroniques et conversations téléphoniques. Ils pourront notamment capter des données directement chez les opérateurs.

Relatif consensus à l'Assemblée

Ces mesures suscitent l'adhésion d'une large partie des députés. Ainsi à l'UMP, ce texte est-il bien accueilli par la majorité des élus. « Je crois que le projet  est à peu près équilibré, déclare ainsi Philippe Gosselin, député UMP. En tout cas, il a l'avantage de donner un cadre  précis, juridique, administratif, à des pratiques, il faut être très clair, qui se font déjà aujourd'hui, mais sans aucun cadre. »

Une telle réforme était nécessaire, explique-t-on au sein de la majorité. « Sur le principe, il y a besoin d'une loi, confirme Barbara Pompili, coprésidente du groupe écologiste. Aujourd'hui, il y a trop de services qui ne sont pas encadrés juridiquement. Il fallait le faire. Il faut mettre en place une autorité de contrôle avec des moyens. Il y a aussi la possibilité pour les citoyens de faire des recours, ajoute-t-elle. Donc globalement, sur l'état d'esprit de la loi, nous sommes plutôt en accord. Maintenant, le diable se niche souvent dans les détails. Et sur les questions de libertés, on ne peut pas se permettre de laisser passer des détails dangereux. »

Dérives liberticides

Des dérives liberticides qui inquiètent d'autres élus de gauche. Le député socialiste Pouria Amirshahi pointe du doigt une mesure en particulier, à savoir « celle qui consiste à se passer de toute autorisation judiciaire a priori. Je ne suis pas sûr que le contrôle administratif délégué à une autorité indépendante suffise à rassurer les défenseurs des droits et des libertés, dont je je suis. »

Cette loi définit en effet les conditions requises pour qu'une telle surveillance soit engagée. Et elle crée ainsi une nouvelle autorité administrative chargée de contrôler ces activités. Des garanties qui ne rassurent guère les défenseurs des libertés individuelles, parmi lesquels l'officielle Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL). Elle s'inquiète des menaces que le texte fait peser sur la vie privée et les données personnelles.

Présenté ce pmatin en conseil des ministres, ce projet de loi arrivera devant les députés le mois prochain.

Alors que la Juventus Turin et le FC Barcelone viennent de rejoindre les six autres qualifiés pour les quarts de finale de la Ligue des champions, quelles sont à présent les forces en présence ? Quelles équipes se hisseront en finale et laquelle détrônera le Real Madrid ? Voici en revue les huit formations toujours en lice et les pronostics de la rédaction des sports de RFI.

Le PSG décrochera-t-il sa première Ligue des champions ? L'Atletico créera-t-il encore la surprise, comme l'an passé, en atteignant la finale de la compétition ? Le Real Madrid ou le FC Barcelone parviendront-ils à dominer le Bayern Munich qui fait office de grand favori de l'épreuve ? Alors que le tirage au sort des quarts de finale se tiendra vendredi 20 mars en Suisse, les pronostics vont déjà bon train. Avec deux clubs qualifiés, la France porte beaucoup d'espoirs sur les coéquipiers de Zlatan Ibrahimovic et les joueurs de la Principauté. Mais arriveront-ils à offrir à l'hexagone un premier trophée depuis celui obtenu par Marseille en 1993 ? Réponse le 6 juin à Berlin. En attendant, place à une revue d'effectif et à l'avis de la rédaction du service des sports de RFI.

Atletico Madrid : rebelote ?

Comment se sont-ils qualifiés : Lors de la première phase, l'Atletico a fait honneur à sa place de finaliste l'an passé. Avec treize points, quatre succès (une victoire et un nul face à la Juventus Turin), et une attaque convaincante, portée notamment par Antoine Griezmann, les coéquipiers de Fernando Torres ont tranquillement franchi ce tour initial. La suite fut plus difficile. Face au Bayer Leverkusen, les Madrilènes ont tremblé. Battus au match aller en Allemagne (1-0), ils se sont imposés sur le même score mardi soir avant de se qualifier aux tirs au but grâce à l'incroyable maladresse de leurs adversaires.

Le pronostic de la rédaction :4%*
Malgré une attaque séduisante, l'Atletico n'a pas vraiment les faveurs de nos pronostics, face notamment aux autres armadas européennes programmées pour le sacre. Mais qui aurait pu prédire, l'an passé, une telle performance des joueurs de Diego Simeone, vraiment imprévisibles ?

AS Monaco : la surprise du chef

Comment se sont-ils qualifiés : Seule équipe issue du dernier chapeau lors du tirage au sort encore en lice, l'AS Monaco a pu compter sur une incroyable solidité défensive pour passer la première phase en ne concédant qu'un seul but en six matchs. Largement suffisant pour se qualifier, malgré une attaque à la peine (quatre buts marqués, dont deux lors de la dernière journée). Mais en huitième de finale, les joueurs de Leonardo Jardim présentent un tout autre visage à Londres, dans l'antre d'Arsenal. L'ASM réalise son meilleur match et s'impose 3-1 au terme d'une rencontre de qualité. Un résultat large qui permet au club de la Principauté de (re)vivre les quarts de finale, une première depuis 2004, malgré d'énormes frayeurs à Louis-II mardi soir (défaite 2-0).

Le pronostic de la rédaction :0,5%
On ne pourra pas nous taxer de chauvinisme. Le jeu proposé par Monaco lors du match retour face à Arsenal n'est pas de nature à rassurer ses supporteurs. Habituellement indéboulonnables en défense, les coéquipiers d'Ayem Abdennour ont tremblé comme jamais et n'ont - c'est davantage une habitude - rien, ou presque, proposé en attaque. Difficile de les imaginer aller encore plus loin.

Bayern Munich : le grand favori

Comment se sont-ils qualifiés : une balade. Il n'y a pas d'autres mots pour qualifier le parcours des champions d'Allemagne. Malgré une défaite sur la pelouse de Manchester City lors du premier tour (3-2), les Bavarois ont écrasé cette poule de la mort, infligeant notamment un cinglant 7-1 à l'AS Rome sur son terrain. En huitième, c'est le Chakhtior Donetsk qui a subi les foudres de Ribéry, Robben, Müller et compagnie, atomisé 7-0 lors du match retour après un nul 0-0 en Russie.

Le pronostic de la rédaction : 31%
Vainqueur de l'édition 2013 et demi-finaliste l'an passé, le Bayern Munich propose depuis le début de saison un jeu fluide, magnifique, sans fausse note. Le meilleur de son histoire ? A voir dans les prochaines semaines. En Allemagne, les Bavarois n'ont aucune concurrence (11 points d'avance sur le 2e, 20 sur le 3e), avec une seule défaite en 25 journées.

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Luis Suarez et le FC Barcelone ont dominé Manchester City lors des huitièmes de finale.Reuters / Lee Smith Livepic

FC Barcelone : toujours présent

Comment se sont-ils qualifiés : Depuis la saison 2006-2007 et l'élimination face à Liverpool durant les huitièmes de finale, le FC Barcelone a toujours atteint le Top 8. Rebelote donc, aisément, cette année. Premiers de leur poule, les coéquipiers de Lionel Messi et Luis Suarez n'ont pas tremblé face à Manchester City (succès 2-1 en Angleterre puis 1-0 au retour).

Le pronostic de la rédaction : 22%
Lionel Messi décrochera-t-il un quatrième trophée après 2006, 2009 et 2011 ? Beaucoup y croient. Et nous ? On suit la mouvance, sans prendre trop de risque.

FC Porto : l’autre surprise

Comment se sont-ils qualifiés : Invaincu durant la première phase, le FC Porto pourrait bien créer la surprise dans cette Ligue des champions. Vainqueurs en 2004, déjà à la surprise générale, les Portugais, qui pointent à la deuxième place de leur championnat derrière le Benfica, se sont baladés dans leur stade face au FC Bâle (4-0), après un match aller accroché en Suisse (1-1).

Le pronostic de la rédaction :4%
Difficile de les imaginer dominer le FC Barcelone, le Real Madrid, le Bayern Munich ou même le PSG au prochain tour. Mais avec un tirage au sort plus favorable...

Juventus Turin : le retour des Transalpins

Comment se sont-ils qualifiés : Solide leader de la Serie A, la Juventus Turin est en passe de signer un beau retour au plus haut niveau européen. En difficulté lors de la première phase, les Transalpins ont lutté jusqu'à la dernière journée pour assurer leur qualification. Face au Borussia, décevant en championnat, les coéquipiers de Paul Pogba ont assuré à domicile (2-1) avant de signer un nouveau succès en Allemagne, grâce à un excellent Carlos Tévez, double buteur et passeur décisif mercredi soir (3-0).

Le pronostic de la rédaction :7%
Sans rival conséquent en championnat, la Juventus alterne les victoires aisées en Italie et les rencontres acharnées en Ligue des champions, mais avec un effectif, certes de qualité, mais limité. La Vieille Dame en finale ? On ne lance pas (encore) les paris malgré la démonstration en Allemagne, à relativiser avec le niveau affiché par leurs adversaires en Bundesliga.

PSG : principal outsider

Comment se sont-ils qualifiés : Très convaincants contre Barcelone au Parc des Princes lors du match aller du premier tour, les joueurs de Laurent Blanc ont passé sans encombre cette phase initiale. Quarts de finaliste en 2013 puis en 2014, les Parisiens ont remis ça en dominant un grand d'Europe, Chelsea, dans des circonstances étonnantes. Dominateurs à l'aller, ils n'ont pu faire mieux qu'un match nul (1-1), avant de débuter le retour à Londres dans les pires conditions avec l'expulsion rapide de Zlatan Ibrahimovic suivi par l'ouverture du score des leaders du championnat d'Angleterre. Mais deux têtes brésiliennes magnifiques de David Luiz puis Thiago Silva (2-2 au final) laissent entrevoir de doux rêves pour les supporteurs franciliens.

Le pronostic de la rédaction :11%
Et si c'était leur année ? Déjà très bons face à Barcelone en 2013, puis à deux doigts d'éliminer Chelsea l'an passé, toujours en quart de finale, le PSG s'est aguerri et a démontré, à Londres, un mental d'acier et une forte envie de décrocher ce trophée. Un sérieux outsider.

Real Madrid : le tenant du titre

Comment se sont-ils qualifiés : six matchs, six victoires et un Cristiano Ronaldo en pleine forme. Le Real Madrid pouvait (très) difficilement faire mieux. Rebelote au tour suivant. A Schalke 04, les tenants du titre n'ont jamais souffert, s'offrant même un net succès (2-0) en Allemagne. Pourtant, à domicile, les Espagnols sont sortis sous les sifflets de leurs supporteurs, la faute à une défaite surprenante contre des Allemands remontés comme jamais (3-4). Sans (grande) conséquence pour le Real.

Le pronostic de la rédaction :20,5%
Avec Cristiano Ronaldo au top de sa forme, le Real peut rêver d'un doublé. Meilleur buteur de l'histoire des coupes d'Europe, le Portugais porte son équipe qui devra néanmoins se montrer plus constante pour ne pas vivre de sérieuses désillusions.

*Ce chiffre correspond à la moyenne des pourcentages exprimés par les sept journalistes interrogés

jeudi, 19 mars 2015 07:56

Attentat de Tunis: les premières pistes

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Après l’attaque du Bardo, les regards se portent vers deux organisations : la brigade tunisienne d’al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), baptisée Okba ibn Nafa, et des Tunisiens du groupe Etat islamique, qu’ils viennent de Syrie, d’Irak, de Libye, ou qu’ils soient de simples sympathisants restés en Tunisie.

La piste jihadiste ne fait guère de doute, la question étant plutôt de savoir quelle fraction des jihadistes tunisiens a pu mener cette opération. Il y a deux pistes et la première est celle de la branche tunisienne d’Aqmi. Opérant depuis 2012, la brigade Okba Ibn Nafaa, compte une soixantaine de combattants, et des cellules dans toute la Tunisie, y compris en zone urbaine. Ce maquis met en déroute les autorités avec des accrochages presque tous les mois, souvent meurtriers pour les forces de sécurité tunisiennes.

Jusqu'à présent, cette phalange tunisienne d’Aqmi, très active sur le mont Chaambi, à la frontière algérienne, s’était concentrée sur des attaques contre des cibles sécuritaires mas jamais civiles ou touristiques.

L'autre piste, c'est celle de l'organisation Etat islamique qui elle, en revanche, n’hésite pas à frapper des civils, et surtout des Occidentaux.

Ressortissants tunisiens nombreux en Syrie et en Libye

Le groupe Etat islamique n’a pas encore de branche tunisienne, mais les Tunisiens sont les ressortissants étrangers les plus nombreux en Syrie et en Irak avec 3000 jihadistes pour 11 milllions d’habitants, et sans doute aussi des centaines en Libye.

D’ailleurs le week-end dernier en Libye un des émirs tunisiens de l’organisation Etat islamique, à Syrte, en Libye, était tué dans des combats. Ahmed Roussi était considéré en Tunisie comme le cerveau des deux assassinats politiques en 2013 de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi.

Déstabiliser le processus démocratique

Selon des publications jihadistes publiées mercredi soir sur internet les deux jeunes terroristes tunisiens visaient initialement le Parlement qui votait au même moment une loi anti-terroriste mais ils en auraient été repoussés par sa garde.

Ils se sont alors rabattus sur le musée du Bardo dont le bâtiment est dans la même enceinte. Sur les réseaux sociaux les jihadistes se félicitaient de cette attaque meurtrière et de ses conséquences, la chute de la bourse de Tunis notamment, car pour eux l’objectif est de faire dérailler le processus démocratique en Tunisie.

Cette attaque est un défi majeur pour le gouvernement actuel qui a fait toute sa campagne sur le retour de la sécurité, la fermeté vis-à-vis des jihadistes. Cette attaque est un défi pour le gouvernement formé par le parti Nidaa Tounes d'autant qu'il y a tout lieu de penser que des attaques de ce type pourront se reproduire car la Tunisie est le pays sans doute le plus menacé par le jihad en Syrie étant donné le nombre de ressortissants tunisiens qui combattent au Moyen-Orient dans les rangs du jihad.

La menace terroriste a été minimisée

Pour le chercheur Mehdi Taje, directeur de Global Prospect Intelligent, société de conseil, la menace terroriste en Tunisie a été sous-évaluée, voire occultée. « D’où vient cette menace, quelle est sa nature ? D’où vient-elle d’abord ? s'interroge le chercheur joint par RFI. Forcément, il y a un terreau local, ça c’est indéniable. D’où provient-il ? Au minimum d’un laxisme, voir de la complicité d’un gouvernement de la troïka qui pendant trois ans n’a rien fait de concret pour lutter contre le terrorisme, voir nier cette menace terroriste. Le groupe Ansar al-Charia n'a été classifié organisation terroriste qu’en août 2013. Pendant deux ans, il organisait des meetings, alors qu’il y avait eu l’attaque menée contre l’ambassade des Etats-Unis, alors qu’il y avait eu des assassinats politiques, etc... »

Pour Mehdi Taje, l'attitude des pouvoirs publics était complaisante voire complice. « Là, nous rentrons dans l’analyse sociologique et politique de la nature des Frères musulmans. Je constate simplement que le pouvoir sous la troïka, a permis l’enracinement de la menace terroriste en Tunisie, qui est un constat irréfutable. Des députés, alors que des soldats étaient tués, parlaient de jeunes faisant du sport au mont Châambi. La menace terroriste était minimisée, était occultée. »

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