Au Yémen, les combats concentrés dans le sud du pays ont fait plus de 140 morts ces dernières 24h. Au 13e jour de l’intervention de la coalition menée par l’Arabie saoudite la situation humanitaire du pays inquiète les ONG. La Russie est « déçue » par l’intervention de la coalition arabe a déclaré Sergeï Lavrov à la presse. Lundi, le chef de la diplomatie russe s’est entretenu avec son homologue saoudien. Il a insisté sur la nécessité de renouer le dialogue sous l’égide de l’ONU. Mais sur le terrain, il n’est pour l’instant pas question d’arrêter les combats.

Moscou a de nouveau appelé à un cessez-le-feu au Yémen lundi après avoir réclamé devant le Conseil de sécurité de l’ONU le weekend dernier, une pause dans la campagne de frappes de la coalition menée par l’Arabie saoudite.

Interrogé à ce sujet lors d’un point presse, le général Ahmed Assiri, porte-parole de la coalition, a laissé entendre que le répit n’était pas à l’ordre du jour :

« Les discussions politiques, ce qui se passe au niveau du Conseil de sécurité, je laisse les hommes politiques le commenter. Pour le moment, nous avons une campagne militaire qui est en cours. Si on a une directive politique claire en ce qui concerne l’arrêt des opérations, les militaires feront en sorte de le réaliser. Mais pour le moment la campagne continue pour atteindre nos objectifs. »

Des objectifs qui sont avant tout militaires et tentent d’épargner les civils expliquent le général. Mais en moins de deux semaines, le conflit a fait au total plus de 500 morts, dont 62 enfants, et 1 700 blessés selon la responsable des opérations humanitaires de l'ONU. A ce jour aucune aide humanitaire n’a pu être acheminée dans le pays.

Feu vert pour l’envoi d’aide humanitaire, mais incapacité sur le terrain

Le Yémen s'enfonce dans le chaos, après 12 jours de raids aériens menés par la coalition arabe qui vise les rebelles houthis. Dimanche, l'Arabie saoudite, à la tête de cette coalition, a autorisé le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à acheminer de l'aide humanitaire au Yémen. Une mission irréalisable pour l'instant, car il est pratiquement impossible de faire atterrir des avions au Yémen comme l’explique Sitara Jabeen, la porte-parole du CICR à Genève. Elle détaille les besoins sur place et la nature de l'aide que l'organisation tente actuellement de faire parvenir dans ce pays.

« Nous avons 48 tonnes de matériel médical prêtes à partir. Elles se trouvent à plusieurs endroits : Amman en Jordanie, Genève... Et nous avons aussi une équipe chirurgicale de quatre personnes qui se trouve actuellement à Djibouti. Le besoin humanitaire le plus urgent aujourd'hui au Yémen, c'est le matériel médical, les médicaments et des équipements spécifiques dont les hôpitaux ont besoin pour soigner les blessés. Nous avons ces 48 tonnes de matériel et de médicaments, qui représentent ce dont ils ont besoin en priorité. Il y a aussi des kits de purification d'eau... Voilà ce que nous essayons d'acheminer. Avec comme urgence la nécessité d'approvisionner les hôpitaux en médicaments et en équipements chirurgicaux... »

Après le week-end pascal, les étudiants de la faculté de droit de Nairobi commencent à rentrer sur leur campus. Les conversations tournent évidemment autour du drame de Garissa d'autant que l’un des tueurs identifiés par les autorités — Abdirahim Abdullahi — a été diplômé de cette faculté de droit.

Des affiches sont collées sur les murs de l’Université, sur les portes des dortoirs. Les étudiants de la faculté de droit sont sur le point d’élire leurs représentants. Il y a tout juste deux ans, Abdirahim Abdullahi était parmi eux et Gérald Kiti, l’actuel représentant des étudiants, faisait pour la première fois campagne.

« Pendant la campagne, il m’a promis que Kiti, ça veut dire fauteuil en swahili, que Kiti aurait le Kiti, que je gagnerai l’élection. Il m’a dit : ne t’inquiète pas. Tu es mon frère, moi, je vote pour toi. C’était vraiment un gars sympa, je n’ai pas compris comment ça a pu mal tourner », s’interroge-t-il.

Pour Ahmed, un autre étudiant du campus, Abdirahim Abdullahi était loin d’être de la graine de terroriste à l’époque : « Faire la fête comme ça, quand on est musulman, on ne devrait pas le faire. Mais lui était détendu avec ça, il faisait toute sorte de choses comme ça. Donc de tous les étudiants, c’est le dernier que j’imaginais faire ça. »

En 2013, Abdirahim Abdullahi est diplômé. Il finit deuxième de sa classe. Tout le monde s’imaginait qu’il aurait un brillant avenir. Au-delà de la question de savoir comment il a pu en arriver à tuer des étudiants dans une université à l’autre bout du pays, Mary, future avocate, a des inquiétudes beaucoup plus pragmatiques. « C’est un étudiant qui a passé quatre ans ici, il connaissait tous les recoins de cette faculté. Qu’est-ce qui pourrait se passer ici si toutes ces informations, il les a donnés aux shebabs », s’inquiète la jeune femme.

Pour Gérald Kiti, il est essentiel que les actuels candidats au poste de représentant des étudiants débattent de la question de la sécurité. En effet, en quelques minutes, lui et sa voisine de chambre, Mary, imaginent plusieurs scénarios catastrophes qui pourraient coûter la vie à des centaines d’étudiants sur ce campus.

J’ai été totalement surpris par cette nouvelle. C’est quelqu’un que je connaissais. Quand j’ai pour la première fois fait campagne pour le poste de représentant des étudiants, il m’a promis de me donner son vote. Il m’a même aidé à faire mon slogan de campagne. C’était un mec cool. Donc je ne sais pas ce qui s’est passé, quand est-ce que ça a pu mal tourner. Il n’est pas très religieux, certainement pas un extrémiste. C’est un gars posé. Un étudiant normal, quoi ! Il allait à la bibliothèque, il faisait tout ce que les étudiants font. Il se promenait toujours en costard, des costumes trop bien. Il était facile d’accès, très arrangeant. C’était vraiment très difficile d’imaginer qu’il puisse devenir un jour un terroriste. C’est pour ça que je pense qu’il n’a dû rejoindre les shebabs qu’après l’université. Ou peut-être juste avant de partir, mais c’était vraiment imperceptible. La dernière fois que je l’ai vu, c’était en 2013. Je m’en souviens bien, c’était pour ma première campagne. Pour être à l’université de Nairobi, il faut être brillant. Surtout qu’il avait décroché une bourse d’Etat. Oui, c’était un mec brillant. Il a quand même fini deuxième de sa classe. C’est quelqu’un qui me semblait plein de vie, le fait même que quelqu’un comme lui puisse devenir un terroriste est incompréhensible.
Gérald Kiti, ancien camarade d'Abdirahim Abdullahi 07/04/2015 - par Sonia Rolley écouter

C'est vraiment choquant ce qui s'est passé, et en particulier quand des photos des étudiants tués ont été rendues publiques. Ça ressemble exactement à nos locaux ici. D'un seul coup, ça devient très proche de vous, vous vous dites, ce genre de truc, ça peut arriver, ça peut arriver à tout le monde. Depuis que la fusillade a eu lieu, on discute de ça, mais on essaie de se concentrer sur les aspects juridiques. Le plus choquant, c'est que l'un des tueurs était avocat. Et puis quelqu'un aurait dû remarquer quelque chose. Quelque chose a dû changer. J'ai vu sa photo, on dit que c'était quelqu'un d'ouvert, de cool, qui sortait avec ses amis. Mais quand même d'habitude quand quelque chose comme ça arrive, ça n'arrive pas du jour au lendemain. Il devait y avoir des signes, je m'intéresse à la psychologie. Quelqu'un ne change pas du jour au lendemain. Il a peut-être arrêté d'écouter un certain type de musique ou de sortir avec certaines personnes ou il a commencé à parler de telle ou telle idée. Je ne sais pas, moi. A un moment, quelqu'un aurait dû faire quelque chose, parler aux autorités.

Jean-Pierre Marcelli, directeur du département Afrique subsaharienne de l’Agence française de développement (Afd) et Amadou BA, ministre de l’Economie, des finances et du plan, signeront ce vendredi, deux conventions de financement d’un montant total de 19,5 milliards de francs Cfa destinés à deux secteurs prioritaires du Plan Sénégal émergent (Pse) que sont l’agriculture et la santé.

L’Agence française de développement (Afd) entend contribuer aux objectifs du Plan Sénégal émergent (Pse). Le directeur du département Afrique subsaharienne de cette institution, Jean-Pierre Marcelli, en visite au Sénégal et Amadou Ba, ministre de l’Econo­mie, des finances et du plan, procéderont aujourd’hui, à la signature de deux conventions de financement, indique un communiqué. D’une somme de 13 milliards de francs Cfa, la première convention concerne le «projet d’appui à la promotion des exploitations familiales dans la région de Matam, avec la réalisation d’aménagements hydroagricoles et le désenclavement de plusieurs villages et de zones de production, afin de renforcer la résilience des exploitations familiales et d’atteindre les objectifs de l’autosuffisance en riz du Sénégal». La seconde convention, d’un montant de 6,5 milliards de francs Cfa, est pour «l’amélioration  de la santé de la mère, de l’enfant et des adolescents dans les régions de Kolda et Sédhiou. Ce projet permettra d’améliorer les conditions d’accouchement au niveau des postes et des centres de santé. Il contribuera également à renforcer le système de prise en charge des urgences obstétricales en créant ou en mettant à niveau des blocs opératoires, et en rendant opérationnel un Samu à l’échelle des deux régions». Soit un volume total de 19,5 milliards de francs Cfa pour le développement agricole de Matam et la santé dans la région naturelle de la Casa­mance.

«96,2 milliards de francs Cfa d’engagements par an depuis 2010»
Pour rappel, mentionne le document, «depuis 2000, l’Afd a engagé 1,2 milliard d’euros (environ 786 milliards de francs Cfa) au Sénégal et a enregistré une forte croissance de ses financements au cours des 5 dernières années avec 737 millions d’euros (482,7 mil­liards de francs Cfa) engagés sur la période, soit en moyenne 147 millions d’euros (96,2 milliards de francs Cfa) d’engagements par an depuis 2010. L’Afd devrait contribuer au  programme d’actions prioritaires du Pse, sur la période d’exécution du Document cadre de partenariat signé entre la France et le Sénégal (2014-2017) à hauteur de 400 millions d’euros (262 milliards de francs Cfa) en prêts souverains, qui correspond à un niveau d’engagement de 100 millions d’euros (65,5 milliards de francs Cfa) par an». A ce montant, note le communiqué, «s’ajouteront les aides projets en subvention et les interventions du Groupe en non souverain et auprès du secteur privé et financier».
Grâce à ces financements, plusieurs infrastructures ont été réalisées au Sénégal. Et pour s’en en­quérir, Jean-Pierre Marcelli se rendra sur le terrain. Selon le communiqué, «il visitera les aménagements hydroagricoles réalisés dans le cadre du projet de promotion du partenariat rizicole dans le Delta du fleuve Sénégal financé par l’Afd et l’Union européenne à hauteur de 8,7 milliards de francs Cfa». Le directeur du département Afrique subsaharienne «se rendra dans le quartier de Pikine Irré­gulier Sud, bénéficiaire d’un projet de restructuration urbaine et d’appui à la lutte contre les inondations, corollaire au programme autoroutier auquel l’Afd a contribué à hauteur de 40 milliards de francs Cfa». Aussi, informe-t-on, M. Marcelli «se déplacera à Saint-Louis pour échanger avec les différents acteurs du Programme de développement touristique de la région auquel l’Afd contribue à hauteur de 16 milliards de francs. Il se déplacera à la baie de Hann, site du projet emblématique de dépollution de la baie de Hann que l’Afd soutient à hauteur de 19,6 milliards de francs et dont les travaux devraient débuter fin 2015 et sur le site de construction de la future station de traitement d’eau potable de K.M.S 3 (Keur Momar Sarr) que l’Agence prévoit de financer partiellement».

lequotidien.sn

Les autorités, pour la réussite et la pérennisation de la Couverture maladie universelle (Cmu), ont toujours insisté sur l’adhésion  des populations aux mutuelles de santé avec une participation à hauteur de 50% par personne. Malgré les efforts qui sont faits, le financement pose toujours problème, d’où, d’après l’Institut panafricain pour la citoyenneté, les consommateurs et le développement (Cicodev), la nécessité de développer de nouveaux mécanismes de financement.

Dans le but d’explorer les voies par lesquelles on peut trouver de nouveaux mécanismes de financement pour l’adhésion des populations à la Couverture maladie universelle (Cmu), l’Ong Cicodev a mis en œuvre un programme dans le but de contribuer à la pérennisation de cette politique publique. La Cicodev qui, dans le cadre d’un programme pour la pérennisation de la Cmu, a eu des contacts avec les populations à travers des réunions publiques d’information, d’enquêtes-observations mensuelles sur l’effectivité de la mise en œuvre de la Cmu, a fait une restitution des pratiques et bons exemples sur les moyens de financement qui favorisent l’adhésion des populations à ce programme. Selon le directeur exécutif de Cicodev, Amadou Kanouté, des mécanismes de financement et des expériences adaptés aux capacités des populations ont été remarqués lors de cette enquête menée sur le terrain. «Pour pouvoir adhérer aux mutuelles de santé, des populations nous disaient que 3 500 F Cfa par personne, la somme est modique mais quand vous multipliez cette somme par 5, 10 personnes dans une famille. Cela peut être lourd. Pendant que les gens exprimaient les doutes par rapport à leur capacité contributive, d’autres étaient en train de nous parler de nouveaux moyens», a-t-il expliqué. Poursuivant ses explications en ce qui concerne ces mécanismes de financement, M. Kanouté soutient que dans une localité, des populations ont eu à travailler avec des gens qui ont en charge des forages «pour mettre une petite marge supplémentaire sur le coût de l’eau qui va permettre de couvrir les ménages».

Les propos du directeur exécutif de la Cicodev sont confortés par les témoignages qui ont été faits lors du panel. D’après le représentant du président des Oulémas mandingues, Cheikh Dramé, au sein de leur communauté, des terres ont été mises à la disposition des talibés en leur demandant de les exploiter, afin d’avoir des revenus qui seront reversés à la mutuelle de santé. Parlant de l’exemple de la mutuelle de santé du Cap-Vert mise en place par la collectivité léboue, son représentant, Pr Oumar Ndir, soutient que son originalité réside dans le fait que sa création a été portée par les structures traditionnelles. A l’en croire, les 12 Penc ont pu s’approprier cette politique publique. «Les Penc se sont beaucoup investis dans ce projet, parce que chacun a donné 100 000 F et la collectivité léboue a mis à notre disposition, le local», a-t-il expliqué.

Participation des collectivités locales à la CMU
Lors de cette cérémonie, le maire de la commune de Yoff a fait savoir qu’au sein de sa municipalité, un dispositif est en en train d’être mis en œuvre pour faire participer la collectivité locale à la Cmu. D’après Abdoulaye Diouf Sarr, Yoff va mettre en place une mutuelle de santé pour faciliter l’adhésion des populations à ce programme. «On a un partenaire qui va participer à hauteur de 10 millions, la commune va participer à hauteur de 5 millions. Les revenus de la pêche (activité pratiquée dans cette commune) vont être orientés vers l’adhésion des populations à la mutuelle. Notre objectif est de mobiliser 20 millions qui vont faciliter 5 000 adhésions », a-t-il déclaré. Pour Abdoulaye Diouf Sarr, ce dispositif est une expérience-pilote de l’adhésion d’une collectivité locale à la Cmu. «Le local a été trouvé dans les semaines à venir, on va inaugurer la mutuelle», a-t-il informé.
Le ministre de la Santé et de l’action sociale, qui a présidé cette rencontre, a encouragé la réflexion sur des «financements innovants». D’après Awa Marie Coll Seck, l’Etat a déjà mis beaucoup de moyens dans la Cmu mais les besoins de financement restent encore importants. D’où, pour le ministre de la Santé, l’importance de l’implication des collectivités locales dans cette politique.
Mme Seck a aussi profité de cette occasion pour faire le bilan de la Cmu lancée en 2013 qui, d’après elle, avait la lourde tâche d’assurer la couverture maladie de 80% de la population. «Nous devons reconnaître qu’il y a des résultats concrets. Plus de 3 375 mutuelles de santé réparties dans plusieurs départements ont été créés. On peut parler d’un million 200 mille enfants qui ont été consultés gratuitement, etc. Les résultats sont importants», a-t-elle souligné.
Pour Awa Marie Coll Seck, il y a un dynamisme, et il y aura une plus grande flexibilité et efficacité avec la nouvelle agence de la couverture maladie universelle mise en place. «Les bonnes pratiques permettent d’aller plus vite et de toucher le maximum de personnes. Il faut que nous puissions échanger, que les autres évitent les erreurs qui ont été faites, c’est ça qui nous permettra d’avancer vite», a-t-elle indiqué.

lequotidien.sn

Souleymane Ndéné Ndiaye s’est vraiment lâché, mercredi, à l’émission Faram facce de la Tfm. En wolof bien sûr. L’ancien Premier ministre ne confirme pas la thèse du forcing de Wade pour se maintenir au pouvoir. Mais au moins, il révèle que le candidat sortant a rêvé de voir son adversaire au second tour, Macky Sall, se désister. Le désormais ex-responsable du Pds revient également sur la médaille que son «ami» lui a accrochée lundi dernier. Macky Sall a failli rire de la mine sérieuse et solennelle de Ndéné. C’aurait été sûrement un croustillant li­vre-mémoires épicé de petits secrets du Palais avec Wa­de, d’anecdotes et de coulisses de la Présidentielle de 2012.

Macky à l’Assemblée : «Souleymane, je ne démissionne pas ; je vais me battre»
«J’ai dit à Macky : Saches que le Président Wade n’a plus confiance en toi. Il paraît que tu as convoqué Karim Wade à l’Assemblée nationale. Le Président est fou furieux. Je te conseille de rendre le tablier, faute de quoi, je peux t’assurer que tu feras face à un orage qui va te dévaster. Il m’a dit : «Ah oui ?» Je lui ai dit : «Bien sûr ! Appelle ton directeur de cabinet Mahammad Dionne et demande-lui de te faire une lettre de démission et de la déposer au Palais.» Il m’a dit : «Je te répondrai.» Et puis je suis reparti avec Awa Diop que j’avais voulu faire témoigner cet échange. Une semaine plus tard, on s’est retrouvés tous les deux à l’aéroport. Il m’a dit : «Souleymane, je ne démissionne pas ; je vais me battre.» J’ai dit : «Tant pis, c’est ton droit !» Donc, des gens sont allés dire au Président Wade que Macky a convoqué Karim à l’Assemblée nationale pour lui faire parler wolof, pour l’humilier. Et le Président y a cru. Quelques jours avant l’exclusion (sic) de Macky Sall, lors de la présentation de vœux des corps constitués, tous les députés ont refusé d’être derrière Macky Sall parce qu’ils ne le reconnaissent plus comme président de l’Assemblée nationale. Seuls Pape Samba Mboup et moi avions eu le courage de lui serrer la main et de lui faire une accolade. Mboup a sauté pour les traiter de tous les noms. Il leur a dit : «Ce que vous faites ne vient pas de Abdoulaye Wade ; vous êtes des hypocrites !» Pape Samba Mboup m’est témoin. Donc voilà, ils l’ont poussé à bout.

«Mon texto à Macky»
Au premier tour de 2012, on m’a prêté d’avoir appelé Macky Sall pour le féliciter. En fait, ce qui s’est passé, c’est que Serigne Mbacké Ndiaye avait déjà proclamé des résultats le jour du scrutin, vers minuit (Ndlr : donnant Wade 51%). A la suite de cela, j’ai entendu Macky Sall faire une déclaration violente. Alors, le lendemain, j’appelle Farba Ngom pour lui demander de me passer un autre numéro de Macky Sall puisque celui que j’avais était sous boîte vocale. Je lui envoie un texto et il m’appelle. Je lui dis : «J’ai entendu ta sortie musclée. Je tiens à te dire que ce que Serigne Mbacké Ndiaye a dit n’engage que lui. Donc, si tu veux gagner, ne fais plus ce genre de réactions.»

Quand Wade rêvait du désistement de Macky au second tour
Le lendemain matin, le Président Wade m’a appelé. Il me dit : «Tu es où ?» Je lui réponds : «Je suis chez moi.» Il poursuit : «Bon, je suis au stade de réflexion... J’avais promis aux Sénégalais de ne pas faire moins que Abdou Diouf parce des faucons l’avaient poussé à se maintenir mais il m’avait quand même appelé pour me féliciter. Si les tendances actuelles se confirment, je pourrais me retrouver avec Macky Sall au second tour. Et moi, j’ai juste quelques projets à finir. La Constitution dispose, en effet, qu’après la proclamation des résultats officiels du premier tour par le Conseil constitutionnel, si l’un des candidats se désiste, l’autre est proclamé élu. Donc, je voudrais en discuter avec Macky pour voir s’il acceptera de se désister.» Je lui ai dit : «Je peux le faire venir tout de suite au Palais.» Il me dit : «Non, rejoins moi et on en discute d’abord.»

Wade à Karim et Pape Diop : «Laissez-nous un peu ; nous parlons des affaires d’Etat»
C’est ainsi que j’ai appelé Macky pour lui dire de ne plus tenir des déclarations incendiaires puisque nous cherchons à pacifier la suite du processus électoral. Et puis, les gens peuvent dire au Président : «Macky Sall est en train de t’attaquer et Souleymane Ndéné Ndiaye te demande de te désister.» Une fois au Palais, devant Pape Diop et Karim Wade, le Président dit : «Macky va se désister.» J’ai dit : «Non Président, il ne peut pas le faire puisqu’il est votre challenger. Et puis vous avez dit que vous ne voulez pas faire moins que Diouf.» C’est comme ça qu’il a enterré cette option. Puis, il dit à Pape Diop et à Karim : «Laissez-nous un peu ; nous parlons des affaires d’Etat.»

Macky à la décoration de l’ex-Pm : «Souleymane, sa sérieux bi daf may reetaan loo»
Dieu sait que ma décoration par le Président n’a aucun lien avec l’annonce de mon départ du Pds. C’est l’Amiral Sall de la Chancel­lerie qui m’a appelé un jour pour m’informer que le chef de l’Etat a décidé de vous élever, en même temps que d’autres personnalités, au rang de Grand Croix dans l’ordre national du Lion. Et ce qui a été fait lundi. (…) Quand le Président m’accrochait la médaille, il était presque sur le point de rigoler. Il me dit : «Non, Souleymane, sa sérieux bi daf may reetaan loo (Ton sérieux me fait rire).» Et je lui ai répondu : «Mais qu’est-ce que tu veux ? Tu veux que je m’esclaffe ? Il faut que je sois sérieux quand même.» Pour lui, je ne devais pas afficher une telle mine parce que j’ai en face de lui un ami. Il m’a d’ailleurs dit, sur un air taquin : «Je vais battre les faux candidats-là.» On a rigolé et puis c’est tout.»

Avec Tfm

lundi, 06 avril 2015 18:09

Ligue 1: le PSG, si fort et si fragile

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En battant l'OM dimanche, le Paris SG a repris la tête du championnat et vise toujours la passe de quatre, entre les trois compétitions nationales et la Ligue des Champions. S'il peut s'appuyer sur sa qualité technique et quelques valeurs sûres, le club de la capitale risque tout de même de beaucoup souffrir des absences.

. Certitudes et hasard

"C'était un match très important pour nous, il vaut six points. C'est (...) un match très, très décisif pour la fin de saison. Gagner quatre titres ? J'y crois, on va essayer."

Satisfait et fier de ses joueurs, le président parisien Nasser Al-Khelaïfi a tout de même vite rappelé les objectifs.

Pour aller au bout de son pari, le club de la capitale misera avant tout sur sa maîtrise technique et tactique supérieure, qu'a volontiers reconnue Marcelo Bielsa, modèle de fair-play, après la partie.

Il peut aussi compter sur quelques valeurs sûres, notamment au sein d'une arrière-garde qui, paradoxalement, prend tout de même un peu trop de buts (30 en 31 matches, 5e défense de L1).

Thiago Silva et Maxwell ont ainsi encore été parmi les meilleurs. Marquinhos, battu par Gignac sur l'ouverture du score mais ensuite buteur, est lui en passe d'égaler un record.

Avec 32 matches disputés cette saison sans connaître la défaite, il n'est plus qu'à une longueur des 33 matches de George Weah en 1993-94. Personne n'a jamais fait mieux au PSG.

Et puis quand la maîtrise ne suffit pas, il y a la réussite: un csc de Morel pour le 3-2 et surtout l'improbable lucarne trouvée du droit par Matuidi pour l'égalisation.

Le milieu de terrain des Bleus ne fait pourtant pas partie de ces joueurs dont on peut dire qu'ils ont les deux pieds. Il a inscrit 20 buts dans sa carrière en L1, celui du Vélodrome est le premier du droit.

"Honnêtement, moi-même je ne sais pas ce qui s'est passé", a-t-il admis dans un éclat de rire.

"Il avait travaillé cette semaine pour marquer et on l'avait un peu chambré, parce qu'il n'avait pas eu une réussite totale", a de son côté raconté Laurent Blanc.

. Inquiétudes et déceptions

Le bilan du dimanche provençal des Parisiens est forcément positif, mais il y a quand même quelques points noirs.

Les buts ont été inscrits par des éléments défensifs et par l'adversaire et l'attaque parisienne a globalement failli.

Accueilli au Vélodrome par une gracieuse banderole rédigée en suédois ("Zlatan, la seule chose de merde dans ce pays, c'est toi"), Ibrahimovic a pesé sur le résultat avec le coup franc qui amène le but de Marquinhos et en poussant Morel au csc.

Mais son apport dans le jeu a été extrêmement faible et son état de forme réel reste assez mystérieux.

Cavani a fait pire. Blanc a justifié son remplacement à l'heure de jeu par une alerte physique mais la prestation de l'Uruguayen, pourtant furieux de sortir, aurait été un autre argument valable.

Mais la vraie mauvaise nouvelle est que l'effectif parisien, pas si étoffé, commence à vraiment souffrir du calendrier surchargé.

A peine revenu de blessure, David Luiz a de nouveau dû sortir pour un problème à la cuisse alors que Motta a quitté le terrain en se touchant les ischio-jambiers.

"Ce sont des problèmes musculaires, ce qui n'est pas très rassurant", a lâché Blanc avant un nouveau couplet sur le calendrier.

Car après Marseille, le PSG doit enchaîner avec la demi-finale de Coupe de France contre Saint-Etienne mercredi et la finale de la Coupe de la Ligue contre Bastia samedi. Ensuite, il faudra sans doute se passer d'Ibrahimovic pendant quelques matches lors des compétitions nationales pour cause de suspension.

Et pour affronter Barcelone en quart de finale aller de la Ligue des champions le 15 avril, Blanc sera privé d'Ibrahimovic et Verratti, suspendus, et peut-être de David Luiz et Motta. Cela fait beaucoup, cela pourrait faire trop.

Dalil Boubakeur, recteur de la mosquée de Paris, et président du Conseil français du culte musulman (CFCM), dit vouloir doubler le nombre de mosquées en France d'ici deux ans, ce qui le portera à prés de 4 500. L'annonce a été faite à la tribune du rassemblement annuel des musulmans de France qui a lieu actuellement au Parc des Expositions du Bourget, en banlieue parisienne. Mais ce vœu du président du CFCM risque de rester tout juste un effet d'annonce, vu les freins qui empêchent d'aller au-delà.

En France, le texte de la loi de 1905 impose la séparation de l'Eglise et de l'Etat, ce qui empêche les collectivités de financer la construction de tout lieu de culte.

Alors, si Dalil Boubakeur veut doubler les 2 200 mosquées en France, il est bien obligé de constater que la législation ne favorise pas sa concrétisation.

En effet, les maires font face à une demande de plus en plus accrue de lieux de culte dans leurs communes. Ils sont même obligés parfois de recourir au système D afin de satisfaire leurs concitoyens musulmans.

A Sarcelles par exemple, les deux salles de prière ne suffisent pas à accueillir tous les fidèles lors des fêtes religieuses. Le maire, François Pupponi, comme tant d'autres maires en France, met alors à disposition des gymnases, pour que les fidèles puissent prier dans des conditions correctes. Il a d'ailleurs cédé un terrain pour un euro symbolique, pour construire une mosquée dans sa ville, à l'association qui gère ce futur lieu de culte.

Mais, même si le terrain est trouvé, financer la construction de mosquées est une autre difficulté. Les pays du Golfe ont longtemps été les bailleurs de fonds, mais aujourd'hui, le gouvernement veut éviter le financement des mosquées par des Etats étrangers.

lundi, 06 avril 2015 18:01

France: le PS entre dans une période de turbulences

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J-6 avant le dépôt des motions, ces textes d'orientation sur lesquels les militants doivent voter pour le congrès du PS sont attendus au plus tard vendredi soir pour une présentation samedi en Conseil national.

C'est l'époque des tractations secrètes des réunions qui s'éternisent, et des piques assassines distillées à la presse, rivalités et alliances inédites. Chaque chapelle socialiste avance ses pions.

L'aile gauche a pris de l'avance, les courants rivaux ont réussi à se mettre d'accord sur une motion commune, mais on ne sait toujours pas si l'ancien ministre de l'Education, Benoît Hamon, sera leur chef de file.

La motion qui espère être largement majoritaire a déjà un chef déjà désigné : le Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis. Son texte, espère-t-il, va rallier large, très large : de l'aile droite du PS à certains amis de Martine Aubry. Quant à l'attitude de la maire de Lille, c'est la grande inconnue. Toutes les options sont ouvertes, dit son entourage.

Une aile gauche frondeuse, une direction à la recherche d'une synthèse et un personnage clé qui fait durer le suspense : un scénario bien connu chez les socialistes. Mais un spectacle qui intéresse de moins en moins : le nombre de militants est au plus bas et les électeurs les départementales l'ont encore montré, de plus en plus souvent aux abonnes absents.

Quel rôle pour Martine Aubry ?

« Il ne faut surtout pas réveiller l'ours qui dort », c'est la phrase qui revenait en boucle quand on interrogeait ces derniers mois les proches du président sur sa meilleure ennemie : Martine Aubry.

Quasi silencieuse sur les premières années du quinquennat Martine Aubry laissait filtrer, de temps à autre, tout le mal qu'elle pense de la politique du gouvernement. Va-t-elle aller jusqu'au bout de ses critiques et tenter de peser sur le congrès du PS avec pour objectif d'infléchir la politique menée ? C'est la seule carte qui lui reste à jouer dans ce quinquennat, tant il semble impossible que la maire de Lille entre au gouvernement. Pas sûr qu'elle veuille la jouer.

Même ses amis se répartissent pour l'instant entre trois options : rejoindre la gauche du parti, signer une motion à vocation majoritaire avec le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis ou bien monter en première ligne avec le dépôt d'un texte sur son nom. Pour l'instant, personne au PS ne sait ce que la maire de Lille a en tête. Pas sûr qu'elle le sache elle-même : au congrès de Reims, en 2008, son premier lieutenant avait déposé sa candidature à la toute dernière minute.

Rfi

Le Congo-Brazzaville est de plus en plus sur la voie d'un référendum constitutionnel. Le chef de l'Etat Denis Sassou-Nguesso était invité jeudi sur la BBC. Il a déclaré qu'il fallait un dialogue politique entre les partis et qu'après ce dialogue, il fallait un référendum sur l'avenir de la Constitution. Or, dans son discours de Nouvel An, le président avait précisé que la consultation du peuple n’aurait lieu que si - et seulement si - le dialogue échouait. Une position qu'il avait rappelée début mars à Bruxelles. Ce glissement sémantique rapproche donc le pays d'une réforme constitutionnelle. Projet que l'opposition voit comme une tentative de M. Sassou-Nguesso de se maintenir au pouvoir, alors qu'avec les textes en vigueur, il n'a pas le droit de se présenter à la présidentielle de 2016, à cause de la limite d’âge et du nombre de mandats. Le chef de l'Etat semble ainsi avancer ses pions depuis que le débat a émergé il y a plusieurs années.

Tout est parti de l'émergence du fils du président, lorsque Christel Sassou-Nguesso fut élu député, puis a lancé une série d'opérations humanitaires. Craignant une succession dynastique, l'opposition s'interpose en 2013. C'est alors que l'idée d'une réforme constitutionnelle émerge, notamment en mars 2014, par la voix du ministre des Affaires foncières Pierre Mabiala, lors d'une rencontre entre des Sages et Denis Sassou-Nguesso à Dolisie.

Le Parti congolais du travail (PCT) prend ensuite le relais et commence à militer en faveur du projet. « Le président n'aime pas prendre les devants. Il envoie souvent des éclaireurs. Il a donc laissé son parti en première ligne pour prendre la température », explique un bon connaisseur de la politique congolaise.

En août 2014, le chef de l'Etat sort du bois, notamment à Washington, où il parle d'un référendum. Dès lors, une bataille juridique s’engage avec l'opposition. « Les articles sur la limitation des mandats et de l'âge des candidats sont intouchables. On peut réformer le texte fondateur, mais changer ces deux articles serait un coup d'Etat constitutionnel », explique Maître Malonga, de la Convention des républicains.

Une majorité divisée

En fin d'année, le PCT, réuni en Comité central, se prononce officiellement pour la rédaction d'une nouvelle Constitution. Dès lors, partis et organismes politiques de tous bords prennent position un à un. La majorité se divise sur la question. Certains mouvements et non des moindres, comme le MCDDI, le RDPS ou encore le RDD s'opposent au projet.

Des personnalités du PCT lui-même, comme l'ex-ministre de la Défense Charles Zacharie Bowao, prennent position contre. « Nous ne sommes pas affaiblis. On tronque les faits. Notre alliance regroupe plus de 40 partis. La plupart ont signé notre demande. Certains consultent encore leurs bases. Donc c'est un processus », s'insurge Pierre Ngolo, secrétaire général du PCT.

L'opposition, elle, se renforce et crée une coalition d'au moins 45 personnalités, avec les leaders de l'UPADS, l'UPRN, ou le PSDC. « Une illusion de cohésion », juge Pierre Ngolo. Il n'empêche, l'idée d'un dialogue national fait son chemin, mais l'opposition craint un piège et veut des garanties. « Nous ne sommes pas contre le dialogue, mais uniquement sur la gouvernance électorale, les questions de commission et de fichier, la préparation du scrutin de 2016. Pas question de parler d'une réforme constitutionnelle ou de référendum», explique le député Guillaume Foutou de l'UPADS.

Le silence du président

Tout le monde est désormais pendu aux paroles de Denis Sassou-Nguesso. Le chef de l'Etat est muet sur un quelconque calendrier du dialogue, tout comme sur son éventuelle candidature en 2016. « Un dialogue, ça se prépare. L'opposition ne peut pas imposer un calendrier. Mais le président est dans la constance. Il a toujours privilégié la concertation », indique Pierre Ngolo.  

« Le président reste prudent, mais il devra bien prendre position. Car le temps passe et on se rapproche des élections. Il ne s'exprime pas dans les médias suivis par les Congolais. Il les évite car il sait que son projet crée la défiance », déclare l'opposant Clément Mierassa, du PSDC. « Rester dans le flou est un choix. Sa stratégie, c'est de retarder le plus possible et de nous prendre de court, en mettant toute le monde au pied du mur », ajoute Omer Defoundoux, vice-président de l'Union pour le Progrès.

Selon ce dernier, Denis Sassou-Nguesso est pour l'instant coincé à cause des Jeux africains organisés au Congo en septembre prochain. « Il fera le gros dos et annoncera le référendum après », croit savoir l'homme politique, alors que d'autres personnalités avancent le même argument, mais avec l'organisation du Festival panafricain de musique en août à Brazzaville.

La peur des troubles

En cas d'annonce d'un référendum, des soubresauts ne sont pas à exclure. Et des débordements à l'approche ou en marge d'un rendez-vous continental nuiraient à l'image du pays. « Après les pillages et les violences durant la dernière CAN de football, les autorités ont vu qu'une frange de la population était vraiment excédée », confie une bonne source.

Cela n'a pas empêché le chef de l'Etat d'évoquer encore le référendum jeudi dernier. Est-ce à nouveau un test, pour à nouveau évaluer les réactions ? « Pour moi, c'est surtout un message direct à l'opposition. Soit elle vient dialoguer sur la réforme constitutionnelle et chacun négocie, soit elle refuse, et le référendum sera de toutes façons organisé », ajoute la même source.

Selon un spécialiste du Congo, le président Sassou craindrait toutefois la pression internationale, notamment celle de la France. Le président Hollande a d'ailleurs plusieurs fois appelé au respect des constitutions, faisant allusion plus ou moins directement au Congo, comme au sommet de la Francophonie de novembre. « Comme pour son fils, si Sassou voit que la pression est trop forte, il reculera. Il n'aime pas être dos au mur », croit savoir ce spécialiste.

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A l'écoute de Seynabou BEYE, jeune sénégalaise, bardée de diplômes qui prépare son retour au Pays natal en travaillant en France.
Elle est là, elle a décidé de se livrer aux lecteurs de ichrono, elle sait être prudente, comme ce félin qui ne saute pas de façon inconsidérée. Le moment doit être opportun pour se livrer. Ichrono comme à son habitude aime prendre le parti de la jeunesse qui se bat, cette jeunesse africaine en général et sénégalaise en particulier qui est excellente dans des domaines économiques importants. Que dire, oui les jeunes mais surtout ces jeunes filles qui partent loin, qui quittent la famille pour aller chercher le savoir. Amoureuse de son pays, de sa culture, enracinée dans ses valeurs traditionnelles mais ouverte au monde, bref voici le parcours de cette jeune sénégalaise ; au teint senghorien, noir d'ébène ; qui pose un regard critique et plein d'espoir sur le Sénégal, les vertus, le travail, la jeunesse ici et ailleurs,la religion, les moeurs, et l'avenir. Le verbe est haut frappé par une argumentation qui ne laisse personne insensible, voici Nabou :

1-Bonjour nabou, Seynabou BEYE que pouvez-vous nous dire sur votre personne ?

 Je m'appelle Seynabou Beye comme tu le sais déjà, j'ai fait mes études primaires à Diamaguène dans la banlieue dakaroise ou je suis née, d'ailleurs dans une famille modeste et c'est une fois le certificat de fin d'études primaires obtenue que je fus orientée à Rufisque pour le cycle secondaire, car à cette période y'avait pas encore à Diamaguène un grand lycée pour accueillir les gens de la localité (dans les années 2000), en plus n'y avait pas beaucoup de gens de mon âge qui fréquentait l'école à cette époque dans ce quartier.
J'ai eu mon Bac au lycée Abdoulaye Sadji, et c'est par la suite que je fus orientée en droit à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar ou j'ai passé deux ans mais j'ai vite compris que je n'avais pas fait le bon choix même si j'aimais bien le droit.
Et c'est au courant de ma deuxième année à l'UCAD ' Université Cheikh Anta DIOP de DAKAR) que j'ai commencé à m'intéresser aux concours car je n'avais pas les moyens de me payer une formation dans les Ecoles ou Instituts de formation à Dakar (Centre-ville Plateau) ou j'habitais désormais avec mon frère et mes deux petites sœurs.
Je fus admise en 2007 au concours d'État du centre de formation professionnelle et commerciale CFPC Delafosse en BTS Commerce international que j'ai obtenu en 2009.
Je n'avais pas envie d'arrêter en si bon chemin surtout que je sentais que j'avais trouvé ma voie après ces deux années enrichissantes au CFPC. J'ai eu un professeur de Douane et logistique Mr Bassène Alain qui m'a donné envie de continuer et de travailler dans ce domaine.
Je me suis inscrite l'année d'après (avec le soutien de ma mère (veuve) et d'un cousin), c'était des cours du soir ce qui fait que le matin j'allais au port autonome de Dakar travailler pour payer mes Etudes car j'ai jamais voulu dépendre de personne.
Durant mon stage en deuxième année de BTS au Port Chez Transit Moderne du Sénégal j'ai appris le processus de dédouanement des marchandises et le matin au port j'essayais de trouver des gens ( baol-baol) qui voulaient sortir des conteneurs ou des dossiers mais qui ne maîtrisaient pas le processus et c'est comme ça que je me faisais de l'argent pour payer ma formation et parfois quand j'avais du mal j'avais un très bon cousin et frère qui me dépanner.
Je parle l'Anglais, le Français, l'Espagnol et le Wolof.

2-Pourquoi avoir décidé de migrer vers la France ?

J'ai décidé de venir en France quand j'étais en licence je sentais que ce diplôme n'équivalait pas à mes aspirations surtout que je me voyais déjà vouloir occuper des postes à responsabilités(j'ai toujours visé la direction du PAD) , de participer au développement de mon pays , de participer au développement de structures se tournant vers l'international , ce qui signifiait pour moi avoir beaucoup plus de connaissances que celles déjà acquises au Sénégal , je devais maîtriser les langues du commerce international , me faire une solide expérience dans ce domaine et c'est comme ça que j'ai postulé à l'université de tours qui proposait un master en langues et commerce international et ce master correspondait bien à ce que je recherchais.
La pré-inscription fut validée et c'est comme ça que suis arrivée sans connaitre du monde sur place, ni rien mais je voulais tenter l'expérience car je me disais que c'était la chance de ma vie et qui ne tente rien n'a rien.

3-Est-ce que en tant que jeune fille, il vous a été facile de partir pour vivre seule et travailler en France ?

Ça n'a pas été chose facile je l'avoue, je viens d'une famille modeste, pratiquante et très traditionnelle, c'était la première fois que je quittais mon Sénégal et dans ma famille aussi c'était la première fois qu'une de leur fille, quittait pour partir vivre à l'étranger.
Tout a chamboulé pour moi, je découvrais une nouvelle culture, une nouvelle vie, une éducation différente car on n'a pas la même manière d'enseigner.
Tours est une ville trop bourgeoise et s'intégrer n'a pas été chose facile, il est difficile de se faire des amis quand on est Etranger et qu'on vient juste de débarquer dans un pays peu importe lequel .La France a peur des étrangers et certains français aussi; ce qui veut tout dire.
Les études n'ont pas été un rideau facile à fermer et ce n'est qu'un petit aperçu de ce qui nous attend derrière. Le plus difficile reste le travail. En France tout est fait pour que les étrangers ne travaillent pas ou n'occupent pas certains postes tout ce qui peut t'aider à t'imposer c'est être compétent et avoir une bonne maîtrise et les connaissances et compétences dans ce que tu fais, faut maitriser ton domaine plus que le français si tu veux occuper un poste faut le petit plus. A connaissances et diplômes égaux le français sera pris et ça je l'ai compris très tôt ce qui m'a permis d'essayer de m'améliorer dans tous les domaines.
Maintenant Al hamdoulilah les choses commencent à s'améliorer, j'ai eu la chance de travailler dans de grandes entreprises en France même quand je faisais encore mes études et pour ces compagnies tout ce qui compte c'est la compétence même si au début j'ai galéré avec la préfecture.

4-Vous avez aujourd'hui une grande expertise dans vos compétences, pensez-vous continuer
à travailler en France ou êtes-vous ouverte à des propositions crédibles venant du Sénégal ou d'Afrique ?

Aujourd'hui je travaille comme administratrice des ventes pour la France et l'export, je fais aussi de l'import avec une bonne maîtrise des techniques de financement à l'international, des termes de négociation à l'international et en plus des compétences dans le domaine commercial car j'ai fait un master 2 et un MBA commerce international , je m'occupais et je m'occupe toujours des appels d'offres et des crédits documentaires pour l'entreprise française dans laquelle je travaille, cette polyvalence est dûe à ma formation (premier emploi ) dans une grande entreprise de la place.
Je faisais beaucoup de choses à la fois mais j'apprenais énormément aussi, je passais de la théorie à la pratique et ce fut d'une importance capitale.
Je veux travailler pour mon pays Pape, je sais et je suis consciente que mon pays a besoin de mes compétences, que ça soit au niveau commerce international, négociation, gestion commerciale et tout récemment j'ai eu un dernier diplôme car je me suis engagée à faire une formation en transport maritime pour vraiment maîtriser tous les aspects du commerce international et ainsi répondre au besoin de mon pays.
J'attends des réponses crédibles Pape, j'envoie des CV car je ne compte pas et je ne veux surtout pas travailler toute ma vie pour ce beau pays qui est la France.
Le Sénégal m'a tellement donné, j'ai appris tellement de choses dans mon pays et des choses qui me servent aujourd'hui dans mon travail, j'ai envie de rendre le revers de la médaille.
Le problème c'est que au pays les gens ne reconnaissent pas les compétences ' pas tout le monde je ne veux pas généraliser mais beaucoup), il faut avoir un bras long comme on le dit et quand tu ne l'a pas ça risque d'être difficile mais j'y crois encore pape, je sais que un jour j'aurai une proposition crédible et honnête venant de mon pays.

5-Avec vos compétences pensez-vous créer votre entreprise ou travailler pour une société ?

Je me fais encore de l'expérience, suis en train d'en acquérir mais dans le futur oui je veux bien avoir ma propre boite Pape, j'y pense c'est un projet en cours et comme on le dit souvent on laisse au temps le temps.
Pour le moment j'ai mon travail, j'aimerais bien en trouver un nouveau au Sénégal et derrière créer mon entreprise.


6-Parmi vos collègues qui sont nombreux, vous avez gardé une certaine rigueur dans le choix de vos relations, pourquoi cette prudence, les gens sont-ils aussi faux ?


Tu sais Pape les gens sont fausses je n'aimerais pas généraliser une fois de plus mais il y'a de l'hypocrisie dans le milieu professionnel et beaucoup même. On travaille souvent avec des gens avec qui on ne partage pas certains points et la plus part ne peuvent pas comprendre dans leur tête que tu sois meilleur qu'eux ou elles. Ça crée de la jalousie et je te dis une chose en tant que étranger faut avoir la chose qui fait la différence par rapport à tes collègues sinon tu ne réussiras jamais à t'imposer.
Et quand tu as ce petit plus qui fait tout forcement y'a des mécontents des gens fausses qui sont là que pour te mettre les bâtons dans les roues. Ces gens sont prêts à tout raison pour laquelle je fais un choix bien déterminé dans mes relations.
Je m'impose cette rigueur et il y'a eu des histoires entre nous étrangers et ces gens qu'on côtoie pendant 8 h de notre temps par jour.


7-Vous travaillez en Ile de France et vous rencontrez souvent des jeunes filles issues de l'immigration, quelles réflexions vous viennent en tête vous qui avez une double culture sénégalaise et française ?


Tu sais je n'ai pas envie d'être méchante Pape mais quand je vois mes consœurs parfois dans le bus ou le métro avec certains comportements je me dis que nos parents immigrés ont raté quelque chose de très important qui est l'éducation.
Ces jeunes filles sont en perte de valeur, elles sont perdues dans deux cultures, elles ne connaissent pas la culture africaine, origine de leur parents car elles sont nées ici et ont reçu une éducation de la rue qui est même pas française.
Dans leur tête elles se considèrent comme des françaises et font tout pour l'être tout en sachant qu'elles n'ont pas cette culture française; et on vit en France ne nous leurrons pas et la France ne les considèrent pas comme des français de même que les africains car elles n'ont pas cette culture africaine si magnifique.
Elles ne parlent même pas la langue de leur parents, tu sais en France comme partout dans le monde dans chaque culture y'a du bon comme du mauvais et ces filles ont pris que le mauvais .Elles sont en manque d'identité, elles ne croient pas en elle alors que ça ne doit pas être le cas, elles ont tout pour réussir.
Leurs parents ont tout sacrifié pour elles, mais il faut qu'elles s'en rendent compte et pour cela je pense qu'il leur faudra un retour à la source, c'est important pour ces gens. Le mal se coupe à la racine pape à bon entendeur ...

8-Le Sénégal est en mutations y croyez-vous ? Certains pensent que les gens ne sont pas fiables et c'est comme un système qui freine les jeunes diplômés dans leur volonté de rentrer au pays pour servir.


Le Sénégal est certes en mutation mais il reste énormément de chose à changer et à revoir et surtout au niveau des mentalités. Les gens ne sont pas fiables et beaucoup ne disent pas la vérité. Un sénégalais est capable de te promettre monts et merveilles et une fois que tu te décides à faire quelque chose ou juste à travailler avec lui il disparait de la circulation.
Après beaucoup pensent que si tu viens d'Europe ils peuvent t'arnaquer ou diar sa kaaw comme ils le disent ce qui fait que nous avons peur et ça freine notre volonté de rentrer au pays. Le manque de sérieux de la part de certains sénégalais fait peur aussi, on ne sait jamais ce qu'on va trouver sur place, ce qui fait que nous ne pouvons pas tout lâcher pour de fausses promesses.
Ici on ne nous promet pas des choses impossibles, si ton patron ou quelqu'un d'autre même ne peut pas assumer certaines choses ils te le disent, là au moins c'est clair, tu ne te fais pas des illusions. Mais nous c'est ce dont on est incapable : dire juste qu'on ne peut pas comme ça on ne perd au moins pas notre temps.
Y'a beaucoup de choses à faire, le parcours est encore long.
9-Vous avez une belle peau noire, vous êtes fière de ce que vous êtes, quel message pouvez-vous lancer en direction des TV, des femmes qui se dépigmentent la peau au Sénégal ?
Je commencerais par citer notre très cher Senghor " femme noire, femme nue femme obscure, femme africaine, je chante ta beauté qui passe...tu es belle et séduisante. Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau" quoi dire de plus de ma si belle peau si ce n'est répéter James Brown " say it loud, i am black and proud" j'en suis tellement fière Pape, fière de ma peau, de mes cheveux, de ma culture et de mon histoire et surtout dans ce pays ou j'occupe des responsabilités.
Tu sais lors de mes visites en entreprises je me sens tellement fière d'être la fille à la peau foncée qui dirige les opérations.
Cette couleur de peau est un don du ciel, je n'ai pas besoin de me cacher du soleil quand il fait 30 degrés, ni de mettre des crèmes, ou de rentrer dans des machines pour avoir la peau mate je suis tout ce que l'européenne ou juste la femme blanche recherche et malheureusement beaucoup de mes sœurs ne le savent pas.
Cette peau est mon identité et j'ai un pincement au cœur quand je vois à la télévision sénégalaise des animatrices ou des chanteuses, des gens qui sont sensés transmettre des informations et les bonnes à la population se dépigmenter. On ne doit même pas les laisser parler car elles ne font pas la promotion de notre culture, ni de notre pays.
Tu sais pour moi se dépigmenter représente un manque de confiance, d'estime en soi et d'identité, c'est des complexes, ces gens sont malades, elles souffrent d'un complexe d'infériorité et elles pensent que la dépigmentation peut les soigner.
On ne doit même pas donner la parole à ces femmes et au Sénégal c'est elles qui ont la côte, ne soyons pas surpris quand on voit que la dépigmentation augmente et surtout chez les jeunes.
Ces filles n'ont pour référence que les animatrices et chanteuses et c'est des gens qu'on nous force à voir tous les jours. Et le comble maintenant c'est des pubs ou des jeux qui te permettent de gagner des produits pour éclaircir à la peau qu'on voit mais où va le Sénégal.

Ce manque d'identité et de conscience est-elle devenue collective ?

Et je vais te dire une chose, tu ne verras jamais une intellectuelle se dépigmenter, ces femmes qui se disent intellectuelles et qui le font ne le sont même pas, les 3/4 n'ont pas fait des études poussées. Elles ne savent pas les risques encourus.
C'est moche, sale et même pathétique.

10-Seynabou ; à quand ce retour au pays avec vos lourds bagages intellectuels, cette expérience dans de grandes boîtes cotées en bourse ?


Pour bientôt Pape j'attends juste des offres crédibles, j'ai tellement envie de participer au développement de ce pays, tu sais je suis du genre à croire que même sans bras long, je me ferais connaitre un jour grâce à mes compétences et ce jour le marché sénégalaise sera vraiment ouvert à moi, je crois au développement de ce pays et je sais qu'il y'a des gens honnêtes qui savent que seul le travail paie. Je veux juste une proposition sérieuse et je te promets je plierais bagages.
11-Il y a une profusion de télé-réalité au Sénégal, regardées par beaucoup de gens, jeunes et moins jeunes ; qu'en pensez-vous ?
Tu sais y a de plus en plus de télé-réalité chez nous un « café avec » ; « double vie » pour ne pas tout citer.
Ces films ou séries ne reflètent pas du tout la vie sénégalaise, gnou né dagnou gnou yaar si KERSA FOULA, DIOM.
Quand on voit que dans ces téléfilms tout tourne autour e la mafia' crimes ' corruptions je me demande où se réalise ce film.
Ce n'est certainement pas dans mon pays, on nous montre des femmes qui sont à moitié nues, matérialistes, je ne dis pas qu'il n'y a pas des femmes matérialistes chez nous mais gni am diome gno gui fa batay.
On nous montre des gens mais qui ont une vie à l'européenne ; drogue, sexe ; argent et ce sont nos enfants qui rêvent tellement d'une vie meilleure qui regardent ça tout en se disant dans leurs têtes je veux être ce personnage : il faut être vigilant face aux images.
Certes on voit aussi parfois qu'il y a des personnages qui incarnent certaines valeurs de notre vie mais on ne les montre pas trop souvent ou juste le réalisateur ne met pas trop l'accent la dessus.
Ces séries doivent juste être revues et corrigées, il faut certes du rêve mais il vaut mieux montrer aux sénégalais la réalité, qu'on nous montre ce qui se passe au pays.
Le comble pape ; ce sont ces marabouts waratekats/ prêcheurs, qui la plus part ne cherchent que la popularité. Ils sont les premiers à faire ce qu'ils interdisent.
Pourquoi ils ont autant de pouvoir au pays? Moi je pense que c'est parce qu'on est juste en perte de repères et chaque charlatan essaye de se faire un nom et indiquant une voie autre que celle dictée dans le coran ou autre livre saint.
Le tri doit être fait par rapport aux émissions et aux personnes qui les présentent c'est hallucinant le nombre de waratekats et le pire c'est qu'ils ont un public bien ciblé. Pour ces gens leur cible devrait être la jeunesse (car les personnes âgées font déjà ce qu'ils demandent) et plus il y a de waratekats, plus la jeunesse se perd, il faudrait qu'ils s'arrêtent un moment pour faire une auto-critique et qu'ils se posent des questions à savoir s'ils n'ont pas failli à leur mission?
On ne touche certes pas à la religion au Sénégal mais il faudrait qu'on se pose énormément de question, je pense qu'on a beaucoup à faire dans ce domaine.

12-Pour une fille qui a quitté ses parents pour la France et l'étranger quels sont les pièges à éviter quand on sait qu´on est loin et seul donc totalement libre ?

La France c'est le pays de la liberté avec un grand L je dis et ce n'est pas pour rien qu'ils ont la liberté comme devise.
Ce n'est pas facile Pape, il faut être forte dans sa tête pour tenir et ne pas céder aux tentations ce qui revient aussi à un problème d'éducation. Niit loulou Def dakh kouko kham djeguewouko rek da fée môme la djiko wowone.
La première année est supère difficile ; c'est la plus difficile au fait, on part du pays avec l'idée que dès qu'on arrive tout va être rose pour nous et souvent on est déçu car ce n'est pas le cas. On commence à rencontrer les difficultés déjà à l'inscription, le logement et .... Et en ce moment on peut céder à tout si on ne croit pas en soi et aux valeurs/vertus éducatives.
La tentation est grave et on nous fait croire qu'on est en Europe on peut vivre comme les gens qui y vivent sauf que dagnou am ay réalité chez nous, dagnou gnou yaar si dîné ak ngoor.
Il faut être croyant ou croyante avoir de la foi et croire en soi, en ses capacités à gérer toute situation pour s'en sortir. Faut pas trop aimer la facilité, il faut savoir se battre donner le meilleur de soi pour s'en sortir et un jour regarder ses enfants, ses parents, ses amis sans se dire dans sa tête je ne vous direz jamais comment j'en suis arrivé là.
Être libre ne veut pas dire faire des folies et être loin n'est pas synonyme de laisser aller.
C'est quand on est loin qu'on doit montrer qu'on est une battante peu importe la situation, c'est quand on est libre qu'on doit montrer qu'on est mâture et responsable.
L'Europe est la porte de toutes les tentations et notre éducation est le frein à ces tentations.
Éviter les mauvaises fréquentations, la facilité, ne pas être complexé et être fier de ce qu'on est, croire en soi, adopter les bonnes manières et attitudes des européens, garder sa culture et ses traditions avec une ouverture d'esprit restent les bases pour éviter les pièges que nous offre la liberté.


13-Si vous avez quelque chose à ajouter


Merci à vous Pape, vous ne pouvez pas le savoir mais vous avoir connu en Ile de France reste la chose la plus merveilleuse qui m'est arrivée.
Jamais je n'ai vu une personne aussi sympathique et disponible que vous en France.
Parfois le temps me manque mais j'ai toujours une petite pensée pour vous.
A très bientôt.

Seynabou BEYE dite Nabou cadre dans une grande entreprise française qui officie dans le matériel médical.

Encore une joie d'avoir écouté et dressé le portrait de Nabou BEYE jeune cadre sénégalaise, qui force le respect et qui mérite d'être encouragée et suivié.

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