Parcours migratoire de Maka TOURE -du Sénégal en Mauritanie, puis de Las Palmas à Paris
Mr Touré Maka qui êtes-vous ?
C'est difficile de se présenter mais je dirai que je suis né à et j'ai vécu à Tivaoune la ville sainte de mes 7 ans à mes 21 ans. J'y ai appris le coran. J'ai ensuite appris un métier, c'est très très important, « tailleur » Je suis né dans une famille joyeuse et pilleuse, avec une base éducationnelle religieuse.
Ce que je vous dis là, c'est ce qui m'a conduit ici aujourd'hui et j'en suis fier.
On voit en vous entendant que votre éducation religieuse, votre parcours étant jeune au Sénégal vous a ouvert comme une voie royale.
Oui parce que comme je le disais après ma formation de tailleur j'ai voulu quitter le pays pour aller chercher du travail ailleurs. Mes parents ont accepté et ont prié pour moi. J'étais alors prêt, ça veut dire quoi ; j'ai appris et compris le coran, j'ai écouté les conseils de mes parents sur la bases des vertus de l'islam, j'au un métier donc j'avais la licence pour partir. C'est en Mauritanie que commence mon périple, très jeune. Trois mois après mon arrivée, l'armée mauritanienne organisait un concours de recrutement de tailleurs. Je dis à mes amis moi je vais tenter ma chance. Quand je suis arrivé, les chefs militaires me voient et sont étonnés qu'un si petit bonhomme compétisse face à des adultes ; Qu'à cela ne tienne les militaire acceptent que je postule et sur 45 reçus j'étais le 10 ème à finir la tâche. Je ressentais l'étonnement et la fierté chez les chefs militaires face à mon courage et ma ténacité et ma détermination.
J'ai été formé à bonne école par maître tailleur que je respecterai toujours El Hadji Babacar Mbaye. Recruté dans cette armée mauritanienne, comme civil, j'ai travaillé pendant 2 ans ½ sur des tenues offertes par Le guide Mohamed Kadhafi, il fallait retoucher les tenues. Comme le temps passait dans l'armée on nous demande de prendre la nationalité, je refuse et je quitte les lieux.
J'ai préféré gardé ma nationalité sénégalaise et en plus la Mauritanie c'était le début de mon parcours.
Je me fais faire un passeport pour l'Espagne « LAS PALMAS » et je m'envole.
Après LAS PALMAS en 1984 et autres c'était la destination des sénégalais. Puis comme mon objectif c'était Paris, bien entendu me voici dans la Ville des VILLES PARIS
C'est une histoire, ce sont des pages de ma vie.
J'ai vécu 44 ans en France, j'y ai fondé ma famille et dieu merci. Mes enfants et ma femme sont formidables et je remercie dieu.
Mr CISSOKO, pendant 44 ans je n'ai jamais dormi ailleurs que chez moi, est ce que tu comprends ça ?
Je réponds oui, c'est qu'il n'a jamais eu affaire avec la justice.
Maka me dit, qu'en France si tu n'as pas de foi et de l'éducation tu peux faire de grosses bêtises, moi je suis resté réglo, je mange ce que je travaille avec ma famille.
Maka qu'avez-vous fait comme travail en France ?
Pape, l'été j'allais faire le modou-modou à ST Malo, sur les côtes pour vendre des objets africains.
Je suis allé en Allemagne en Mayenne pour faire de la couture.
Après cette période de fluctuations j'ai décidé d'être à mon compte dans le 18 ème.
C'était difficile mais j'ai pu avoir 7 employés. La gestion et les paperasses étaient difficiles, et j'ai choisi d'être modéliste chez des fabricants. Ce sont des gens qui ont des ateliers de couture du prêt à porter.
J'ai travaillé avec des Juifs pendant des années et j'avais fait du bon travail. Je peux d te dire qu'il y a un autre homme d'affaire-fabricant qui a demandé à mon patron d'accepter que je vienne chez lui. J'ai pu me former aussi pendant des mois et finalement l'école a trouvé que je connaissais bien la coupe et que ce n'était pas nécessaire de continuer.
Bref j'ai travaillé dans la coupe dans des ateliers de coutures et les produits étaient un peu dangereux et j'ai décidé d'arrêter pour recréer une autre affaire à St Ouen. J'avais une boutique d'objet d'art et c'est dans cette activité que j'ai pris ma retraite avec joie et bonheur.
Ichrono Mr Maka vous avez rencontré un jeune qui vous a reconnu lors d'une transaction, racontez nous
Maka : Mr CISSOKO, c'est toujours bon de faire du Bien.
Nous africains on connaît l'entraide. Moi j'avais une adresse et quand quelqu'un vient du Sénégal, pour la préfecture il a besoin d'un certificat d'hébergement. Moi je donnais mon adresse jusqu'à ce que la préfecture a fait une enquête et un policier est venu me demander est-ce que tous ces africains habitent ici ?
Je réponds non, mais je lui ai expliqué comment on fait pour aider c'est la solidarité. Le policier comprend et depuis, si quelqu'un présentait cette adresse on rejetait sa demande.
Un jour je rencontre dans une transaction un jeune homme qui me regarde, me regarde. Quand on a fini, il me dit moi je vous reconnais et il dit à son épouse c'est le Mr dont je te parlais.
Je lui dis qu'est-ce que tu disais sur moi à ton épouse ?
Il me rappelle l'aide que je lui ai apportée à l'époque alors que moi j'avais oublié.
Il a refusé que je paie, il me demande est-ce qu'il a autre chose que tu veux envoyer au Sénégal, c'est moi qui vais me charger de tout faire et tu le mérites.
Il me dit je t'ai recherché partout pour te remercier, et voilà qu'on se rencontre sur un business, comme le monde est petit. Cissoko, attention tout le monde n'est pas reconnaissant mais moi ce que je fais, je le fais pour Dieu, c'est mon éducation.
Ichrono
Mr Touré maka, à présent on va aborder un sujet épineux, la religion musulmane et les tidjanes.
Tu connais bien cette confrérie, de Tivaoune à Paris.
Mr TOURE : Mr Cissoko je connais bien. Vous m'avais parlé de Moustapha SY des moustarchidines.
A Paris j'étais le premier président de la daira.
Le Sénégal commençait à se perdre, les parents ne s'occupaient pas bien de leurs enfants, le Gouvernement non plus, il y avait une sorte de débauche, les sorties, les bals, etc.
Deux personnages Sérigne Cheikh et Sérigne Abdou décident de créer des Dairas à Tivaoune pour éduquer, initier les enfants à la religion.
Puis Sergine Moustapha SY prend la tête du mouvement des Dairas et il y avait 2000 adhérents à Tivaoune. Dans ces Dairas les enfants étaient encadrés, instruits et ils pouvaient même apprendre à certains parents les préceptes de la religion.
Les adhérents devaient cotiser et cet argent serait redistribué à travers des actions sociales, dans les hôpitaux et ailleurs.
Après ces belles réussites modestes, Sérigne Moustapha a commencé d'organiser les conférences.
Il a organisé une grande conférence à la Foire de Dakar le CICES et avait convié tout le monde, le gouvernement et le Président Abdou DIOUF. Il ya avait une longue queue jusqu'à l'entrée de la Foire sous 35°. Les enfants étaient vêtus de blancs en ordre et disciplinés. Le chef de l'Etat avait salué l'organisation et la discipline inculquée à ces jeunes.
Mais Sérigne Moustapha comme vous savez ; il dit ce qu'il pense, il critique le gouvernement sur ses manquements face à ses obligations.

Les dairas fonctionnaient le jeudi mais en 1998 comme Serigne Moustapha critiquait le gouvernement et avait décidé d'être du côté de Wade, celui-ci a interdit les manifestations religieuses du jeudi soir.
Ichrono Parlez-nous de votre dairas en France
Mr Touré, j'arrive. Je connais bien Sérigne Moustapha, je vous ai dit que j'ai étudié le coran dans la ville religieuse de Tivaoune et je connais bien la famille Sy.
Sérigne Moustapha décide de me confier la daira de France ( Paris) et quand on faisait des rencontres les fidèles et adhérents venaient de partout, Bordeaux, Lyon, Marseilles, et des pays limitrophes. La daira marchait tellement bien que la police a diligenté une enquête sur moi pour savoir ce que je fais avec tout ce monde et c'est normal.
Le compte rendu a montré que la daira ne faisait que du bien ; parler de l'islam. C'était trop de travail et il commençait à y avoir des tensions et de la politique, et moi je n'aime pas mélanger les genres. Ces querelles politiques et familliales des familles religieuses ont exacerbé les animosités au sein de la daïra de Paris.
Je ne voulais pas qu'on dise que je défends une famille et je laisse l'autre, je l'ai connaissais tous, donc je ne peux pas prendre partie.
Ichrono Que pensez-vous de mouvement moustarchidine.
C'est une bonne chose, les conférences, l'université d'été, toutes les familles Sy sont tombées d'accord que c'est une excellente chose pour l'éducation islamique Le mouvement faisait l'unanimité partout.
Ichrono, C'est quoi une daïra et depuis quand ça existe ?
C'est à St LOUIS que El Hadj Malick Sy a crée sa première école coranique et la mosquée pour transmettre l'islam. Puis il en a crée à Rufisque, Tivaoune, Dakar. A l'époque il ya avait beaucoup de tchedo à Tivaoune ( non croyants). Il a pu former ainsi des intellectuels capables de prendre la main pour continuer la mission religieuse.
Ces moukhadams, ces élèves devenus maîtres ont demandé à El Hadji Malick de les envoyer dans les grandes villes pour enseigner, celui accepta.
Ces professeurs une fois par an se réunissaient a Tivaoune pour honorer El Hadji Malick le maître
( 1940-1950).
Les plus jeunes élèves aussi ont demandé à retrouver à Tivaoune pour honorer el hadj Malick SY
Les enfants dans ce regroupement devaient être habillés en Blanc et Sérigne Babacar quand il a vu ces jeunes si bien apprêtés, il était content et a compris que sa mission avait porté des fruits
Ichrono ; Je profite de nos conversations pour poser diverses questions à Mr TOURE MAKA qui connaît bien le coran et la confrérie tidjiane
Je lui dis quand on prend le wird normalement on ne doit par faire du mal ?
Mr Touré ; Mr CISSOKO l'islam enseigne le Bien, on ne ment pas, l'inceste est interdit, s'accoupler hors mariage est interdit, le vol est interdit, etc.
L'islam enseigne la fraternité entre les gens sans avoir de mauvaises pensées.
Un grand marabout de Tivaoune disait une chose, lui il ne comprend pas que 80% de la population est musulmane et 60% font le contraire de ce dit l'islam. Quand tu vis ou tu les observes en 48 h, tu ne trouveras rien chez eux qui a rapport avec l'islam.
Ichrono, J'enfonce le clou je lui parle de cette histoire d'une belle drianké aux jolies fesses avec son marabout : la dame dit que sa relation avec le marabout c'est une histoire de fesse.
Et elle ne veut pas ça et celui là ne lui parle que de sa beauté et de ses fesses quand ils ont seuls.
Mr Toure ; Il ya beaucoup de gens et de marabout, l'islam est un manteau qui cache la vérité et il y en a beaucoup au Sénégal. Si une femme rencontre un marabout qui lui parle de tout sauf la religion, il faut le quitter, il ne faut pas le suivre, comme quoi il y a des gens qu'on doit écouter et des gens qu'on doit suivre.
Ichrono ; Mr Touré je vois à Paris des musulmans qui s'habillent de façon un peu bizarre avec une longue barbe alors qu'au Sénégal les marabouts sont bien habillés et très élégants
Les salafistes veulent faire comme dans le temps du prophète.
Mais il fallait comprendre qu'à l'époque il y avait beaucoup de mécréants qui buvaient, vomissaient et ne respectaient pas l'hygiène, ils faisaient pipi partout, pour éviter de ramasser avec ses habits ces souillures il fallait porter des habits courts qui ne tombent pas aux pieds. Mr CISSOKO aujourd'hui les rues sont propres et si c'est sale tu peux changer de route en plus les gens n'avaient pas la possibilité de changer les habits pour porter des habits propres à chaque fois donc il fallait porter courts ; C'est ça l'explication, cette façon de s'habiller n'a pas de raison aujourd'hui ou du moins on ne doit pas l'imposer. En islam on ne doit rien imposer d'ailleurs ces gens vous diront que vous n'êtes pas musulmans parce que tu ne t habilles pas comme eux ou tu ne fais pas comme eux
Ichrono, Mr TOURE pourquoi il y a trop d'esprit au Sénégal, il ya beaucoup de femmes qui souffrent des «andandor».
Les esprits sont partout sur la terre il y a des bons et des mauvais
C'est quand une femme est découverte qu'il entre en contact, c'est pourquoi on dit aux femmes mais aussi aux hommes de s habiller correctement et décemment
Mais il y a des versets du coran pour éloigner les mauvais esprits parce qu'il y a des femmes qui ne peuvent pas trouver de mari ou avoir des enfants ou ils vous font souffrir par jalousie etc.
La prière peut aider à soulager les personnes en éloignant les esprits malveillants.
Mr Touré on a fait un grand tour de discussion et je suis content d'avoir fait votre connaissance

 

"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux l'autorité de personne, alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon (IVe siècle av. J.C.)

Nous pouvons constater que ce que le Grand Platon écrivait il y a 2500 ans est toujours d'actualité. A méditer
Platon sur la jeunesse et l'excès de liberté
Plusieurs personnes m'ont demandé la référence exacte d'une citation souvent attribuée à Socrate et qui circule dans les milieux de l'éducation sous une forme plus ou moins libre, concernant les méfaits attribués à des enfants qui ne respectent plus leurs parents ni leurs professeurs et à l'excès de liberté.
Cette citation n'est pas de Socrate, qui n'a rien écrit, mais est mise dans la bouche de Socrate par Platon dans un dialogue appelé La République. En fait, c'est toute une partie d'un dialogue entre Socrate et un nommé Adimante (l'un des frères de Platon) sur les origines de la tyrannie, qui fait elle-même partie d'une discussion plus large sur la dégénérescence des régimes politiques et des hommes depuis l'« aristocratie » (prise ici en son sens étymologique de « gouvernement des meilleurs ») jusqu'à la tyrannie en passant par la « timocratie » (le « gouvernement de ceux qui recherchent les honneurs »), l'« oligarchie » (le « gouvernement de la minorité puissante, en général les riches ») et la « démocratie » (le « gouvernement du peuple »). Les références exactes selon l'édition Estienne (voir la page consacrée à cette manière de citer Platon) pour la section contenant la partie généralement citée sont République, VIII, 562b-563e. En fait, cette référence couvre une partie plus large que ce qui est le plus souvent cité ou paraphrasé pour permettre une mise en perspective. La citation se limite souvent à la partie que j'ai mise en rouge dans la traduction ci-dessous, souvent simplement paraphrasée pour se débarasser des réponses d'Adimante et des traces de style indirect qui figurent dans le texte de Platon, dans la mesure où toute la République n'est en fait qu'un long monologue de Socrate racontant à un interlocuteur anonyme, le lendemain du jour ou elle est censée avoir eu lieu, une converstation à laquelle il a pris part la veille au soir (d'où les « dis-je », « répondis-je », etc. qui émaillent le texte), et adaptée à notre temps en supprimant les allusions par trop spécifiques à l'Athènes du temps de Platon (comme par exemple la mention de « métèques », c'est-à-dire d'étrangers résidents, ou d'esclaves). Quoi qu'il en soit, voici la traduction que je propose de ce passage, que j'ai essayé de conserver aussi proche que possible du grec original (les références dans le cours du texte sont des liens au texte grec original au site Perseus) :
[562b] [Socrate] Le bien mis en avant, dis-je, et par lequel l'oligarchie s'était établie, c'était bien l'excès de richesse, n'est-ce pas ?
[Adimante]Oui.
Et c'est ce même désir insatiable de la richesse et l'indifférence à l'égard de tout le reste induite par le souci de gagner de l'argent qui l'ont conduite à sa perte.
C'est vrai, dit-il.
Eh bien, ce que la démocratie définit comme bien, n'est-ce pas un désir insatiable à son égard qui la détruit ?
Mais dis-moi ce qu'elle définit ainsi.
La liberté, répondis-je. Cela en effet probablement, dans une cité gouvernée démocratiquement [562c], tu l'entendrais : que c'est ce qu'il y a de plus beau et que, pour cette raison, c'est seulement dans une telle cité qu'il convient qu'habite quiconque est par nature libre.
On entend en effet, dit-il, ce mot répété à tous bouts de champs.
Eh bien, dis-je, comme j'allais le dire à l'instant, ce désir insatiable d'elle et l'indifférence à l'égard de tout le reste, c'est cela qui fait changer ce régime et le prépare à avoir besoin de la tyrannie.
Comment ? dit-il.
Quand, me semble-t-il, une cité démocratique assoiffée de liberté [562d] a le malheur d'être dirigée par de mauvais échansons, et qu'elle s'enivre plus que de mesure d'elle à l'état pur, alors, si ses dirigeants refusent de filer doux et de lui laisser une totale liberté, elle châtie ceux qu'elle tient pour responsables, comme des meurtriers et des tenants de l'oligarchie.
Ils agissent en effet, dit-il, ainsi.
Et ceux, repris-je, qui obéissent aux dirigeants, elle les couvre de boue, les accusant de se livrer eux-même à l'esclavage et d'être des moins que rien, alors que les dirigeants qui se laissent diriger et les dirigés qui dirigent, aussi bien dans les affaires privées que publiques, elle les loue et les honore. N'est il pas alors inévitable que dans une telle [562e] cité la soif de liberté vienne à tous ?
Comment en serait-il autrement ?
Et qu'elle s'insinue, dis-je, mon très cher, jusqu'au plus profond des maisons et qu'en fin de compte il n'y ait jusqu'aux animaux en qui l'anarchie se développe ?
Que veux-tu dire ? demanda-t-il.
Que, répondis-je, le père s'habitue à devoir traiter son fils d'égal à égal et à craindre ses enfants, le fils s'égale à son père, n'a plus honte de rien et ne craint plus ses parents, parce qu'il veut être libre ; le métèque [563a] s'égale au citoyen et le citoyen au métèque, et la même chose pour l'étranger.
C'est bien ce qui se passe, dit-il.
À tout cela, dis-je, s'ajoutent encore ces petits inconvénients : le professeur, dans un tel cas, craint ses élèves et les flatte, les élèves n'ont cure de leurs professeurs, pas plus que de tous ceux qui s'occupent d'eux ; et, pour tout dire, les jeunes imitent les anciens et s'opposent violemment à eux en paroles et en actes, tandis que les anciens, s'abaissant au niveau des jeunes, se gavent de bouffoneries [563b] et de plaisanteries, imitant les jeunes pour ne pas paraître désagréables et despotiques.
C'est tout à fait ça ! dit-il.
Mais en fait, dis-je, le comble, mon très cher, de l'excès de liberté, tel qu'il apparaît dans une telle cité, c'est quand ceux et celles qui ont été achetés ne sont en rien moins libres que ceux qui les ont achetés. Et dans les relations des hommes avec les femmes et des femmes avec les hommes, le point où en arrivent l'égalité des droits et la liberté, nous étions près de n'en quasiment rien dire !
[563c] Pourquoi pas, pour citer Eschyle, dit-il, « dire ce qui nous est venu à la bouche à l'instant » ?
Bien sûr ! repris-je. Et c'est ainsi que je parle. À quel point les animaux qui sont au service de l'homme sont beaucoup plus libres dans une telle cité qu'ailleurs, c'est incroyable pour qui n'en a pas eu l'expérience. Car sans mentir, les chiennes, comme dit le proverbe, deviennent en tous points semblables à leur maîtresses, et les chevaux et les ânes, habitués à aller en tout librement et fièrement, heurtent à tout instant dans la rue les passants qui ne s'écartent pas ; et tout [563d] devient ainsi gavé de liberté.
C'est, dit-il, mon propre rêve que tu me racontes là ! Car je subis bien souvent de telles mésaventures quand je vais à la campagne.
Et le résultat, dis-je, de tous ces abus accumulés, tu le conçois, c'est qu'ils rendent l'âme des citoyens si délicate qu'à l'approche de la moindre apparence de servitude, ils s'irritent et ne peuvent le supporter. Et tu sais bien qu'au bout du compte, ils n'ont plus cure des lois écrites ou non écrites afin de n'avoir jamais [563e] nulle part à supporter de maître.
O combien, dit-il, je le sais !
Eh bien, dis-je, mon très cher, tel est le beau et vigoureux commencement duquel naît la tyrannie, ce me semble.
République, VIII, 562b-563e
Comme le montre le contexte, la critique de Platon ne se limite pas aux jeunes, mais vise la société tout entière, jeunes et vieux, hommes et femmes, citoyens et étrangers, maîtres et esclaves, et s'étend même jusqu'aux animaux, quand trop de liberté est laissée à tous.
Pape cissoko
Il faut rééduquer les parents. La famille doit éduquer, l'école doit instruire, la société devra recevoir tout cet arsenal de bonnes manières pour un meilleur vivre ensemble.
On ne doit pas laisser le hasard gérer nos vies, faire des enfants est un projet.

mercredi, 28 janvier 2015 11:19

Religion comme opium du peuple par pape B CISSOKO

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La religion est importante dans nos sociétés, point n'est besoin d'en discuter.
Marx disait que la religion « est l'opium du peuple» cette assertion n'est pas de cet auteur, on la retrouve chez Kant, chez Ludwig BORNE, chez HESS etc. je remercie Mansour SY Djamil ( qui cite Mireille BERTRAND in « Le statut de la religion chez MARX et ENGELS » qui en faisant l'éloge posthume de son ami Sémou Pathé GUEYE nous racontait les sujets de débats.
La citation peut être comprise de façons ; d'une part et c'est la moins connue, le rôle narcotique de la religion, c'est dire que c'est positif, c'est une bonne chose des lors qu'elle permet d'alléger les souffrances de la personne.
HESS dira d'ailleurs « la religion peut rendre supportable... la conscience malheureuse de la servitude... de la même façon que l'opium est d'une grande aide dans les maladies douloureuses ». Comparer l'opium à la religion c'est évoquer autrement les vertus apaisantes et les consolations apportées par les représentations religieuses aux peines humaines, argument dont l'apologétique chrétienne a largement usé.
D'autre part le religion est facteur de soumission et d'aliénation de l'homme. Autrui pense pour nous et dirige notre conscience comme il l'entend. L'être est ainsi possédé et s'interdit de conduire sa vie autrement que ce que dit cet homme.
Dans certaines universités, Tunisie, Sénégal , on assiste à une instrumentalisation de la jeunesse. Le fait religieux envahit l'espace universitaire et chaque confrérie crée son ordre et ses lieux de prières ce qui engendre des conflits voire des violences.

Religion sans conscience n'est que ruine de l'âme

S'il est vrai que la religion nous sert et rend un service inouï on ne peut manquer de voir certains méfaits non de la religion en tant que telle mais des fidèles interprétants de façon insensée et usurpatrice les préceptes.
Il faut savoir aujourd'hui pour beaucoup que la religion selon beaucoup réfère à l'aliénation, à la soumission, à l'oppression, à l'inachèvement de l'homme, à la rigidité et à l'aveuglement voire au fanatisme. Elle refuserait l'innovation, les mutations alors que certains exégètes disent le contraire.
Cheikh Ahmad Tidjani dans son enseignement montre que le fidèle doit s'élever, l'âme perdant toute sensibilité et compréhension, il ne lui reste plus que la contemplation de Vérité dans la Vérité venant de la Vérité. C'est ce que les Tidjanes appellent le FANA : l'extinction de l'extinction. On retrouve dans le Mouridisme un enseignement similaire qui est à saluer.

Bien souvent le Savoir et la Religion, etc.., ont été utilisés par certains pour manipuler la grande masse du peuple, qui cherche tel un ignorant son guide, pour oublier sa misère quotidienne.
La méthode d'analyse macro sociale que nous n'utiliserons pas ici permet d'expliquer les mécanismes des manipulations des fidèles.
Au Nigeria, le viol collectif en Inde en décembre 2012, certains groupuscules religieux dans les pays de l'ouest africain, au Mali, on voit à quel point les fidèles sont manipulés au point de tuer, de détériorer les vestiges de l'humanité.
Le manque d'éducation associée à une détresse font que les gens se laissent entraîner vers des chemins obscurantistes et obéissent sans raison comme des moutons de panurges.
Chaque jour est une occasion de rendre hommage à un haut dignitaire mort, ou à ses prédécesseurs et cela freine tout développement contrairement aux USA. Les américains sont très attachés aux religions mais tellement conscients de la nécessité de travailler pour réussir. Ils associent d'ailleurs selon les penseurs deux termes antinomiques : la foi et la révolution ( la création, l'innovation, le travail. Ne nous méprenons pas sur le sens de la révolution ici elle veut dire l'aspiration universelle de l'homme à la Liberté, c'est dire qu'il y a un refus de la domination et de la soumission.
Dans certains pays phares en Afrique la religion joue un rôle éminent pour que les fidèles aient une certaine éthique, un comportement exemplaire mais au sortir des dahiras,églises, et autres lieux de prières, le message est perdu ou vite oublié et les vices reprennent le dessus. Il est vrai que la crise et la foi ne font pas bon ménage et dans ce cas chacun essaie de tirer son épingle du jeu pour subvenir à ses besoins. Dérives, déviances, sont le lot quotidien de certains pays avec une forte religiosité. La Religion au sens fort est vertu et incite au travail, la solidarité et
Les femmes, les enfants, les jeunes chômeurs sont souvent les victimes de ces marabouts, ces religieux. Ils abusent de leur prestige, de leur rang pour asservir le peuple inculte en promettant le paradis. Je voudrai terminer par un récit vrai : « Il y avait une grande rencontre religieuse et une très jolie femme ( la chair) retrouve son marabout et protecteur, quelle joie. Cette dame était hébergée par une amie qui vivait en famille. Elle partageait la chambre avec la petite fille de l'hôte. Notre belle dame vient voir son hébergeuse pour lui dire que le grand marabout voudrait passer la nuit dans la ville et elle a pensé l'inviter chez elle et de surcroît la petite fille devait découcher ce jour pour leur laisser la chambre. L'hébergeuse demande à son amie de réitérer sa demande pour bien comprendre et c'est ainsi qu'elle lui dit ; tu m'as bien dit que c'est ton guide ton marabout, pour ma part ce type n'est pas un guide spirituel, c'est un faux dévot et je vais te demander de quitter illico ma demeure et d'aller chercher un hôtel pour vous retrouver et faire ce qui vous convient, mais certainement pas sous mon toi »
Je terminerai ce propos policé pour éviter de heurter qui que ce soit mais j'ai juste voulu montrer qu'en matière de religion il y a deux espèces ; celui qu'on doit écouter ( le vrai homme de Dieu , le spirituel) et celui qu'on doit suivre ( l'exemplaire, le modèle de vertu par les faits).
Ensuite la laïcité ne doit pas être un simple mot mais une réalité, l'éducation des enfants, des femmes et des jeunes doit être un impératif catégorique pour se prendre en main pour éveiller les consciences.
Kant dans Réflexion sur l'éducation disait ceci « La Religion sans la conscience morale n'est qu'un culte superstitieux On croit servir Dieu lorsque par exemple on loue ou célèbre sa puissance, sa sagesse, sans penser à la manière d'obéir aux lois divines, sans même connaître et étudier cette sagesse et cette puissance. Pour certaines gens, les cantiques sont un opium pour la conscience et un oreiller sur lequel on peut tranquillement dormir »
La foi est une discipline elle est plus dans le cœur que dans la démonstration.
Pape cissoko

L’Etat du Sénégal s’est fixé pour objectif de désengorger les prisons. Pour se faire, il a mobilisé 650 millions FCFA qui seront injectés dans la construction d’une nouvelle maison d’arrêt et de correction (Mac) à Sébikotane. La pose de la première pierre de l’édifice carcéral a eu lieu hier, lundi 26 janvier.
 
Pour réduire le nombre trop élevé de détenus dans les prisons qui sont devenus trop étroits et vétustes, l’Etat du Sénégal a mobilisé 650 millions FCFAqui seront injectés dans la construction d’une nouvelle maison d’arrêt et de correction (Mac) àSébikotane. A travers, la réalisation de cette infrastructure, le but visé est, selon le garde des sceaux, ministre de la justice, SidikiKaba, « de désengorger les prisons sénégalaises notamment celle de Rebeuss ».Selon lui, « la nouvelle prison aura aussi pour vocation d’assurer une formation professionnelle aux détenus afin de leur permettre de réintégrer la société une fois libre ».  
 
L’édifice sera bâti sur  une superficie de 12 hectares dont les 6 seront réservés à des activités de réinsertion. Il sera construit pour accueillir 1500 personnes sans différenciation de sexe ou d’âge. La Mac comportera entre autres, une zone de détention composée de 14 secteurs dont chacun comportera un bâtiment d’hébergement.
Les lieux de détention seront répartis en fonction de l’âge, du sexe et de la nature du délit commis par le détenu. Des lieux de cultes, une zone d’administration et des espaces de détente y sont aussi prévus. Les détenus seront hébergés dans des bâtiments comportant 2 étages avec des chambres à 2, 4 et 10 personnes.
 
De l’avis du directeur des constructions, Mamadou Guèye, la conception de la maison d’arrêt repose sur « le respect des normes etdes règles de l’organisation des Nations Unies en matière de prévention du crime et de la justice pénale ».
 
A côté de la maison d’arrêt et de correction, il est prévu sur une superficie de 6 hectares, la future école de formation des agents de l’administration pénitentiaire.Cet établissement aura à encadrer l’ensemble des corps de l’administration pénitentiaire en formation initiale. Elle a également pour vocation d’assurer  leur formation continue. L’école comportera 6 bâtiments destinés à divers usages.  La superficie totale des deux édifices est estimée à 20 hectares.  Grace à la coopération française, 500 millions FCFA seront débloqués pour exécuter les travaux et ainsi permettre aux agents de l’administration pénitentiaire, formés à l’Ecole nationale de Police d’avoir leur propre local.

POPULATION CARCERALE : 36.168 PERSONNES DETENUES EN 2014
 
A la fin de l’année 2014, la population carcérale du Sénégal est estimée à 36.168 personnes. Ce chiffre est du garde des sceaux, ministre de la justice, Sidiki Kaba, qui était hier, lundi 26 janvier, à Sébikotaneoù il procédait à la pose de la première prière de la maison d’arrêt et de correction et de l’école de formation des agents de l’administration pénitentiaire de ladite ville.« La population pénale connait une croissance exponentielle.  En 2002, elle se chiffrait à 23.700 personnes,  en 2014  elle a atteint 36.168 »,a-t-il soutenu.
 
A la surpopulation, vient s’ajouter la vétusté des locaux, car indique Sidiki Kaba, « depuis l’indépendance, aucune prison n’a été construite, celles existantes datent de l’époque coloniale,la Maison d’arrêt et de correction de St-Louis  existe depuis 1863,  celle de Rebeuss est construite en  1926, le camp pénal de Liberté 6 est porté sur les fonds baptismaux en 1944 ».
 
Eu égard à toutes ces conditions, le directeur de l’administration pénitentiaire, Cheikh Tidiane Diallo, trouve impossible toute volonté de soutenir le respect des droits de l’homme des personnes privées de liberté. Selon lui, « les circonstances  de détention sont incompatibles avec l’objectif de préparation à la réinsertion sociale des détenus ».

Le Ghana, qui s’est imposé face à l’Afrique du Sud, sera en quarts de finale (2-1). Si les Bafana Bafana ont inscrit le premier but en première période, ils n’ont pas pu résister au retour des vestiaires. Le Ghana arrache sa qualification et prend la première place du groupe C.

De notre envoyé spécial à Mongomo,

Pour la troisième fois depuis le début de la CAN, le Ghana et l’Afrique du Sud ont foulé la pelouse du stade de Mongomo. Sans certitude, les deux équipes se sont lancées dans la bataille. Une des deux formations devait dire adieu à la compétition. Mal partis avec une défaite contre le Sénégal (2-1), les Ghanéens se sont rattrapés en battant l’Algérie (1-0) avant de s’imposer ce soir face aux Bafana Bafana.

L’Afrique du Sud s’est battue quarante-cinq minutes

Les Sud-Africains ont souffert en début de rencontre face aux assauts répétés des Black Stars, comme sur cette frappe du gauche de Jordan Ayew (7e) qui profite d’un ballon relâché par le portier sud-africain. Ou sur cette tête de Jonathan Mensah (7e). Ou encore sur ce boulet de canon d’Abdul Rahman Baba depuis les vingt mètres (34e). Le gardien sud-africain est dans un grand jour, du moins en première période. Ensuite, les Bafana Bafana ne tiennent pas la cadence.

Très actifs en défense et sur le front de l’attaque pendant les premières quarante-cinq minutes, les Bafana Bafana cèdent à la 73e minute après l’égalisation de John Boye. Deux minutes plus tard, ils sont au bord de la rupture après une frappe de Kwesi Appiah sur le poteau gauche. André Ayew donne la victoire aux Black Stars en fin de rencontre avec une tête (83e).

Ce sont pourtant les Sud-Africains qui avaient le score grâce à un but de Mandla Masango (17e). Il fallait absolument doubler la mise pour les hommes d’Ephraim Mashaba sans prendre de but pour espérer se qualifier. Juste avant la pause, sur une reprise de la tête de Bongani Ndudula, servi par Anele Ngcongca, l’Afrique du Sud avait l’occasion de faire le break (40e).

Le Ghana affrontera le deuxième de la poule D, dimanche 1er février, pour tenter d'atteindre une cinquième fois consécutive le dernier carré de la CAN.

Le Ghana savoure, mais reste vigilant

Après un début de tournoi décevant, le Ghana a retrouvé le sourire avec deux victoires d’affilées. « On a très bien commencé le match, avec deux ou trois bonnes occasions, on avait le match en mains. Je suis très heureux, les joueurs ont montré comme lors du dernier match un bon esprit et une bonne attitude. L’Afrique du Sud n’était pas une équipe facile à jouer. Ils ont marqué un très beau but même si on dominait », commente Avram Grant, le sélectionneur du Ghana. « Après avoir perdu le premier match, on a montré une grande attitude au deuxième et on a poursuivi sur cette lancée aujourd'hui (mardi 27 janvier) », poursuit l’ancien coach de Chelsea.

Souriant et soulagé, le capitaine Asamoah Gyan a remercié ses coéquipiers. « J'ai joué cinq CAN, mais ce groupe était le plus dur. On a été mentalement très fort. Même en encaissant le premier but, on y a toujours cru, on s'est battu jusqu'à la fin en sachant qu'on pourrait gagner. On a gagné sur l'expérience », commente l’attaquant.

Buteur en deuxième période, André Ayew est comme à son habitude resté posé après cette victoire. « On a fait une très bonne deuxième mi-temps, une bonne première aussi, mais on a concédé ce but. On doit rester sereins et ne pas s'enflammer parce que ce n'est que le début de la compétition. On sort d’une poule très compliquée alors on peut être fiers de nous », analyse le Marseillais. « Aujourd’hui c’est moi qui ai marqué. La dernière fois c’était Gyan, mais on est une équipe avant tout. On gagne ce match avec les tripes et beaucoup de détermination. Et rien n’était acquis », ajoute-t-il. Le Ghana qui jouera son quart de finale à Malabo connaîtra son futur adversaire le mercredi 28 janvier. Il pourrait s’agir de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, de la Guinée ou du Mali.
 
Propos recueillis par Farid Achacheà Mongomo

 
Groupe C
Pos    Equipe    J    Pts
1    Ghana    3    6
2    Algérie    3    6
3    Senegal    3    4
4    Afrique du Sud    3    1

Rfi

Les Sénégalais ont tenté d’expliquer leur défaite 2-0 face à l’Algérie, ce 27 janvier à Malabo, et les raisons de leur élimination dès le premier tour de cette 30e Coupe d’Afrique des nations. Le milieu de terrain Idrissa Gueye estime notamment que les Lions de la Teranga ont mal géré leurs parcours durant cette CAN 2015.

Cheikhou Kouyaté, défenseur sénégalais :

« Ce soir, on rentre avec une grosse tristesse. Ça fait mal au cœur parce qu’on ne s’attendait pas à ça. […] On a mal commencé cette rencontre. On a trop pensé à un match nul. On n’était pas venu aujourd’hui pour gagner ce match. […] On a hésité entre attaquer et défendre. On a encaissé un but très tôt dans ce match. C’est ça qui nous a déstabilisés. Après, il a fallu courir derrière le score. La déception est énorme. »

Idrissa Gueye, milieu de terrain sénégalais

« On est très très déçu. Il y avait vraiment quelque chose à faire durant cette compétition. On avait bien commencé avec une victoire. On a baissé de régime au fur et à mesure de la compétition. Ce soir, on a été ambitieux en voulant aller chercher la victoire au lieu de conserver ce match nul qui nous aurait permis de passer au second tour. On le paie cash avec deux buts encaissés sur des coups de pieds arrêtés. Il y a eu un manque d’expérience et de concentration. On est encore jeune. »

Habib Beye, ancien défenseur sénégalais et consultant pour Radio Foot Internationale :

« Cette équipe d’Algérie était supérieure sur le papier, en termes d’expérience et de certitudes. Ils disputent cette CAN après avoir joué un huitième de finale de Coupe du monde. Certains Algériens évoluent dans de très bons clubs. Les Sénégalais n’ont rien à leur envier à ce niveau-là. Mais, en termes d’expérience, ils sont inférieurs. […] Sur ce match, la supériorité de l’Algérie a été évidente. »

Tous propos recueillis par notre envoyé spécial à Malabo,

Rfi

Barack Obama rencontre ce mardi le roi Salman d'Arabie saoudite. Le président américain, de retour d'un voyage en Inde, fera escale sur la route de Washington, pour s’entretenir avec le nouveau souverain. Si les deux pays sont toujours liés par de nombreux intérêts communs, les relations ne sont plus aussi simples qu'avant l'invasion de l'Irak en 2003.

Avec notre correspondante à Washington,Anne-Marie Capomaccio

Barack Obama n'a pas tardé à rencontrer le roi Salman, et si la visite est protocolaire, les sujets de fond sont nombreux : le Yémen est en proie à une violente crise, l'Irak et la Syrie sont en guerre, les Etats-Unis négocient avec l'ennemi iranien.

La Maison Blanche n'attend pas de changements dans les relations bilatérales, mais il est des sujets que l'on aborde de vive voix. La stratégie d'Obama sur la Syrie n'a pas été appréciée à Riyad, les Saoudiens n'ont pas caché leur déception lorsque le président des Etats-Unis n'est pas intervenu pour déloger le régime Assad. Et si l'armée saoudienne participe aux frappes contre le groupe Etat islamique (EI), c'est en regrettant une décision tardive pour armer l'opposition syrienne.

Les Américains de leur côté avancent dans la négociation avec Téhéran et insistent depuis des années sur une plus grande vigilance concernant le financement du terrorisme.

Les conseillers de la Maison Blanche reconnaissent des frictions, mais s'emploient à expliquer que les deux pays sont irrémédiablement liés par des préoccupations communes. Et tous les spécialistes du sujet sont au moins d'accord sur ce point.

Rfi

mercredi, 28 janvier 2015 08:15

Auschwitz, 70 ans après: l'antisémitisme n'a pas disparu

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Alors qu’ont lieu aujourd’hui les commémorations du 70ème anniversaire de la libération du camp d’extermination nazi d’Auschwitz en Pologne, l’antisémitisme n'est toujours pas un thème réservé aux livres d'histoire. En France l’an dernier, le nombre d’actes antisémites a doublé par rapport à 2013, indique le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). Michel Wieviorka, sociologue et auteur du livre L’antisémitisme expliqué aux jeunes, répond aux questions de RFI.

Est-ce que vous pouvez nous donner une définition de ce qu’est aujourd’hui l’antisémitisme en France ?

Michel Wieviorka : L’antisémitisme, c’est la haine, le mépris, le rejet d’un groupe qu’on appelle les Juifs, un groupe lui-même compliqué puisque c’est un groupe qui ne se définit pas uniquement par la religion, contrairement par exemple aux musulmans.

Mais comment cet antisémitisme se traduit-il en France ?

Cet antisémitisme est d’une certaine façon moins répandu qu’il pouvait l’être il y a un siècle en France où presque la moitié du pays était du côté des dreyfusards, du côté d’un certain antisémitisme. Il est moins répandu, mais là où il existe et où d’ailleurs il s’est déplacé, il est beaucoup plus virulent et même meurtrier. A l'époque, il était chrétien, catholique, protestant, orthodoxe éventuellement ; il était réparti essentiellement à droite et à l’extrême droite, avec aussi de l’antisémitisme de gauche par anticapitalisme. Aujourd’hui, il se retrouve essentiellement dans des secteurs issus de l’immigration ou dans une certaine jeunesse qui, au nom d’une certaine conception de la liberté d’expression, voudrait que tout puisse être dit.

Qu’est-ce qui nourrit cet antisémitisme ?

Le moteur initial, c’est une haine vieille de plus de 2 000 ans vis-à-vis d’un groupe qui a toujours fonctionné comme une sorte de bouc-émissaire des problèmes de la société. Il se nourrit donc d’abord de ces sources. Il se nourrit des transformations de la société. Il se nourrit aussi d’un conflit mal géré qui est le conflit israélo-palestinien et il se nourrit aussi de l’action très active de certains idéologues qui veulent absolument le développer. Ça a été le cas, par exemple dans les années 1980, de ce qu’on appelle le négationnisme, c’est-à-dire l’idée que, depuis 70 ans qu’on a découvert les camps, les chambres à gaz n’ont pas existé.

Mais est-ce qu’il se nourrit davantage du conflit israélo-arabe ou des préjugés finalement qui persistent en France ?

J’allais vous répondre « les deux ». Ce conflit non traité évidemment pourrit la situation à bien des égards. Est-ce que la haine d’Israël est première ou est-ce que c’est la haine des Juifs ? Ça doit dépendre des individus. C’est très compliqué à démêler, mais il y a aujourd’hui deux phénomènes importants. Le premier, c’est que contrairement aux années 50, 60 ou 70, après la compréhension de ce qu'avait impliqué Auschwitz et les chambres à gaz, il n’y avait pas beaucoup d’espace pour l’antisémitisme. C’était totalement criminel. Puis les coups de butoir ont été donnés et aujourd’hui l’espace antisémitisme est élargi. Deuxièmement, la haine d’Israël, pour différentes raisons, sous différentes formes, a évidemment alimenté l’essor récent de l’antisémitisme depuis une vingtaine d’années.

Est-ce qu’il y a également des événements comme ce qui s’est passé début janvier, la prise d’otages dans un supermarché casher. Ce type d’événements peut-il également alimenter l’antisémitisme en France ?

J’espère que c’est au contraire un événement qui donne à réfléchir et qui montre où peut conduire la détestation d’un groupe humain. Que des gens n’aiment pas des groupes auxquels ils n’appartiennent pas, c’est banal... Qu’ils n’aient pas spécialement envie de vivre avec eux, mais qu'ils s’en accommodent.... Qu’il y ait parfois des préjugés, ça ne fait pas plaisir... Mais de voir que tout ceci se transcrit en boucherie, en tuerie dans un magasin où les gens font leurs courses, je pense que ça doit au contraire soulever une indignation tellement large que ça doit plutôt faire reculer l’antisémitisme que de donner des idées à des gens. C’est en tout cas ce qu’on peut espérer.

Le 16 janvier dernier, le Tchad envoyait un contingent au Cameroun pour combattre Boko Haram. Dans le même temps, le président Déby annonçait sa volonté de voir l'armée tchadienne reconquérir la ville de Baga au Nigeria occupée par les islamistes depuis le 3 janvier. Où en est-on du déploiement tchadien ?

Ils sont pressés d'en découdre avec Boko Haram et n'ont pas l'intention de s'éterniser au Cameroun. Voilà ce que disent les diplomates occidentaux et les journalistes qui ont pris le pouls du contingent tchadien parti au Cameroun le 16 janvier. Ce contingent, équipé de chars, de blindés et d'armes lourdes est positionné à Maltam, non loin de la frontière avec le Nigeria. Parallèlement, un autre contingent tchadien a contourné le lac Tchad et se trouve à la frontière entre le Niger et le Nigeria. Avec ce dispositif en étau, l'armée tchadienne est prête pour reconquérir la ville nigériane de Baga, occupée depuis le 3 janvier par Boko Haram.

Mais si les Tchadiens sont prêts à en découdre, rien ne dit que le Nigeria leur donnera le feu vert pour entrer sur son territoire avant quelques semaines. Certes, Ndjamena semble considérer avoir une autorisation de principe de Goodluck Jonathan, mais à deux semaines de l'élection présidentielle, on voit mal le numéro un nigérian accepter qu'une armée étrangère vienne sur son sol régler un problème qu'il n'a pas su régler lui-même. L'effet politique serait désastreux pour un homme qui brigue un second mandat présidentiel. Pour les semaines à venir donc, l'armée tchadienne devrait être réduite à poursuivre la surveillance de la zone frontalière en compagnie des bataillons camerounais.

Rfi

mercredi, 28 janvier 2015 08:10

Mali: une manifestation à Gao contre la Minusma tourne mal

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Au Mali, une manifestation a mal tourné à Gao, dans le nord du pays. Au moins trois personnes ont été tuées et de nombreux blessés sont également à déplorer. Les manifestants défilaient contre la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) qui a dû utiliser la force pour disperser la foule.
 

Selon plusieurs témoignages, ils étaient près d’un millier de manifestants et ils ont tenté de pénétrer au sein du siège de la Minusma, situé en plein centre-ville. Les casques bleus auraient essuyé des jets de pierre et des cocktails molotov avant de répondre par des tirs de grenades lacrymogènes pour disperser la foule.

Pas de tirs à balles réelles sur les manifestants, assure Olivier Salgado, porte-parole de la Mission onusienne, mais des tirs de sommation :

« Ce que je peux vous dire, c’est qu’une manifestation s’est déroulée ce mardi matin à Gao, place de l’Indépendance, et alors que nous recevions, à leur demande, les délégués de la manifestation dans le camp de la Minusma, une foule s’est amassée autour du camp, aux environs de 10h.

Après avoir jeté pierres et coktails molotov, des manifestants ont alors tenté de pénétrer dans le camp et c’est à ce moment que la police des Nations unies a utilisé des gaz lacrimogènes et effectué des tirs de sommation pour disperser la foule et l’empêcher de pénétrer dans le camp. »

Pourtant, la direction de l’hôpital de Gao confirme que les personnes tuées ont bien été tuées par balles. Un médecin décrit un service des urgences saturé par l’afflux massif de blessés, victimes des gaz lacrymogènes. Dans la rue, des pneus brûlent, de nombreux commerces sont restés fermés et les écoles ont suspendu leurs cours. Le directeur d’un lycée explique avoir attendu la mi-journée avant de renvoyer les élèves chez eux, quand la situation s’est peu à peu calmée, à l’appel des notables de la ville.

Les manifestants sont farouchement opposés à un projet d’accord en cours de discussion sous l’égide de la Minusma et qui prévoit la création d’un secteur démilitarisé au nord de Gao. Dans cette zone, des affrontements ont impliqué, la semaine dernière, des groupes armés rebelles, des groupes armés favorables à l’Etat malien ainsi que la force onusienne.

Pourquoi la tension est-elle montée d'un coup à Gao ?

C'est un document titré « accord pour l'établissement d'une zone temporaire de sécurité » qui a mis le feu aux poudres. Cette simple feuille A4 prévoit la sécurisation par la Minusma d'une zone de dix kilomètres autour de Tabankort, commune où la tension est vive depuis des semaines entre les groupes armés pro-Bamako et les groupes armés rebelles du nord du Mali. La semaine dernière la Minusma a tiré sur un pick-up du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Sept combattants ont été tués. Depuis, la force onusienne cherche donc à apaiser la situation.

Selon nos informations, ce sont les groupes pro-bamako qui ont proposé la création de la zone tampon. La Minusma a donc fait remonter la proposition à Kidal et la coordination des groupes armés a accepté les propositions, vendredi dernier.

Ce document de travail devait normalement repartir à Bamako pour être validé et signé par les autorités mais, ce week-end, il a été modifié. En effet, le drapeau de l'Azawad - certains disent du MNLA - et le logo de la Minusma ont été ajoutés, puis diffusés dans cette nouvelle version. La force onusienne a dénoncé cette récupération politique et la diffusion du document, à Gao - ville qui soutient dans sa majorité les autorités maliennes - a provoqué la colère de la population.

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