Mamadou Badio Camara et Cheikh Tidiane Coulibaly sont devenus le Premier président de la Cour suprême et le procureur général près de celle-ci. Cette nomination sanctionne la longue carrière de ces deux magistrats qui siègent au niveau de la haute juridiction depuis plusieurs années.

C’était l’air.... Le remplacement de Pape Oumar Sakho, qui devait aller à la retraite, était imminent. Après la réunion du Conseil supérieur de la magistrature (Csm), le président de la République a nommé Mamadou Badio Camara, procureur général près la Cour suprême depuis juillet 2013, comme Premier président de ladite. Cheikh Ahmed Tidiane Coulibaly, jusque-là président de la Chambre criminelle à la Cour suprême, devient procureur général de la haute juridiction.

Dans le monde judiciaire, les gens diront qu’il a eu la main heureuse parce que «ces deux juges sont les plus anciens dans la hiérarchie désignée et capitalisent une expérience professionnelle remarquable». Pour eux, «ce sont des critères objectifs qui ont présidé à leur nomination par le président de la République, Macky Sall, après consultation du Conseil supérieur de la magistrature».
Le nouveau Premier président de la Cour suprême fait partie de la deuxième promotion de l’Ecole nationale d’administration et de la magistrature (Enam) sortie en juillet 1977. Il capitalise 37 ans d’ancienneté dans la magistrature dont 22 ans au Parquet et 15 ans au siège. Ce qui fait de lui le magistrat le plus ancien depuis le départ à la retraite de l’ancien Procureur général Abdoulaye Gaye. Jusqu’ici, il est le plus gradé du fait que le grade du procureur général près la Cour suprême est équivalent à celui de Premier président de la Cour suprême. En plus, il est le plus ancien en termes de présence dans la Cour au sein de laquelle il siège depuis octobre 1998.
En détails, Mamadou Badio Camara a occupé les fonctions de procureur de 1977 à 1998 au niveau des juridictions de Dakar, Ziguinchor, Kaolack avant de rejoindre la Cour d’appel de Dakar comme procureur général adjoint. En tant que magistrat au siège, (1998 à 2013) il fut conseiller à la Cour de cassation (chambre pénale, 1998 à 2008) puis Président de la chambre criminelle de la Cour suprême (2008-2013), cumulativement avec la fonction de Secrétaire général, pendant neuf (9) ans de la Cour de cassation (2004 à 2008) et de la Cour suprême (2008 à 2013). Il faut savoir que le Secrétaire général exerce aussi les attributions du Premier président par délégation de pouvoirs et de signature.
Depuis plusieurs années, les deux promus se croisaient dans les couloirs de la Cour suprême. Jusqu’ici président de la Chambre criminelle, Cheikh Ahmed Tidiane Coulibaly a occupé au niveau de cette juridiction plusieurs postes : il a été aussi Président de la chambre sociale, conseiller à la Cour de cassation. Durant cette longue carrière, le juge Coulibaly fut le Président de la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar, de la Première chambre civile et commerciale de la Cour d’appel de Dakar. Breveté de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam), Cheikh Tidiane Coulibaly a aussi une expérience dans l’administration sénégalaise. Avant de devenir le Directeur de cabinet du Premier ministre Mame Madior Boye, il a occupé les mêmes fonctions (avril 1991 à mai 1992) quand Me Abdoulaye Wade est entré dans le gouvernement de Abdou Diouf.

lequotidien.sn

La promotion de la bonne gouvernance, clamée urbi et orbi par l’actuel chef de l’Etat au lendemain de son accession à la magistrature suprême le 25 mars 2012, est-elle devenue une réalité effective après trois années d’exercice du pouvoir, sous la dictée de Macky Sall ? En tout cas, pour certains acteurs de la scène politico-sociale comme Birahim Seck du Forum civil, Moussa Sarr de la Ld et Joe Diop de Yoonu Askan wi, les avis sont presque unanimes. Les efforts de Macky Sall et son régime dans ce domaine se limitent seulement sur le plan théorique. Autrement dit, dans la mise en place des textes visant à mettre fin aux mauvaises pratiques dans la gestion des deniers publics.
 
«Le régime du président Macky Sall a fait des efforts. Nous pouvons même dire qu’il y a incontestablement des avancées. J’en veux pour preuve, la création d’un certain nombre d’organes de contrôle dont l’Office national de lutte contre la corruption (Ofnac). Je crois qu’il est important dans un pays de demander aux administrateurs de crédit d’un certain montant de déclarer leur patrimoine, lors de leur prise de responsabilité dans la gestion des affaires publiques. C’est important dans le sens où cela va permettre de mesurer les avoirs de ceux qui nous dirigent au moment où ils quitteront leurs fonctions», a estimé ainsi Moussa Sarr, porte-parole de la Ligue démocratique (Ld-mouvance présidentielle).
 
Poursuivant son propos, le « Jallarbiste » a également rappelé un certain nombre de mesures allant dans le sens de la réduction du train de vie de l’État, prises par Macky Sall dès son arrivée à la tête de l’État et qui participent à la matérialisation du concept de «gouvernance vertueuse».  «Aujourd’hui, si on prend l’exemple du téléphone, les crédits de téléphone alloués aux ayants droit dans l’administration sont fortement réduits. On peut aussi donner l’exemple des logements conventionnés. Il y a de cela quelques années, beaucoup de Sénégalais avaient occupé ces logements alors qu’ils n’en avaient pas droit».
 
Abondant dans le même sens, Birahim Seck du Forum civil a reconnu lui aussi que «le Sénégal sous le régime du président Sall a fait un grand bond en avant en matière de production des textes de promotion de la bonne gouvernance et de la lutte contre corruption». Selon lui, outre le déclenchement de la traque des biens supposés mal acquis qui est un élément très important dans la promotion de la bonne gouvernance et la lutte contre la prédation des deniers publics, l’actuel pouvoir a procédé à la consolidation d’un certain nombre de mesures législatives prises par le régime de Wade relatives à la promotion de la bonne gouvernance.
 
Nonobstant ces efforts consentis par le président de l’Alliance pour la République (Apr) et non moins chef de l’Etat, ces acteurs estiment que le chemin de la bonne gouvernance est encore long. Les efforts en matière d’adoption des textes sont tout simplement l’arbre qui cache la forêt, selon eux. « Si, du point de vue théorique, on peut dire qu’il a eu une avancée assez importante, au niveau de la pratique, le régime de Macky Sall n’a pas fait grand-chose », estime ainsi Birahim Seck du Forum civil. Indiquant qu’il ne s’agit pas de prendre des textes mais surtout de les appliquer. Il a  déploré entre autres la réticence globale des tenants actuels du pouvoir à se soumettre à la loi portant sur la déclaration de patrimoine, le non-respect des articles 50, 70 et 73 de la loi 2011-15 du 08 juillet 2011 portant loi organique relative aux lois de finances.
 
«Le régime de Macky Sall pêche toujours concernant l’application de la loi sur la publication des contrats publics tels les contrats miniers, les contrats de marchés publics. La plupart des contrats passés par le gouvernement n’ont pas fait l’objet d’un appel à la concurrence. Ils ont été signés par entente directe. Le dernier rapport produit par l’Autorité de régulation des marchés publics montre à suffisance que des irrégularités et inégalités sont toujours d’actualité sous le régime du Président Sall».
Dans la même dynamique, Moussa Sarr de la Ld dira : «Il faut noter que tout n’est pas rose et qu’il y a encore des efforts à faire notamment dans le domaine de la justice. Ces efforts doivent aller vers le sens du renforcement de l’indépendance de la justice qui est un élément essentiel dans la bonne gouvernance ».
 
Interpellé sur le même sujet, Joe Diop, un des membres fondateurs de Yoonu Askan wi indiquera sans fioritures : «Le régime actuel et celui d’hier, c’est la même substance. Ils ont les mêmes pratiques sociales et les mêmes orientations. Qu’on ne nous divertisse pas».
 
Estimant que la pratique sociale est le seul critère de la vérité, il a précisé que l’actuel régime cherche tout simplement à endormir les gens comme ce fut le cas dans le cadre de traque des biens supposés mal acquis. «Ce n’est pas parce qu’ils ont condamné entre guillemets Karim Wade que forcément, on va dire qu’il y a bonne gouvernance ou la fin des injustices sociales. C’est faux ! Puisqu’il y a plusieurs Karim Wade parmi ceux qui ne sont pas inquiétés. S’ils veulent vraiment mettre fin à la mauvaise gestion des deniers publics, ils doivent commencer par se débarrasser des Karim Wade au niveau de l’Etat», a-t-il conclu.

Rfi

La réputation de mystère qui a entouré Jacques Foccart, le « Monsieur Afrique » des présidents de Gaulle et Pompidou, a longtemps laissé croire qu’il ne laisserait d’autres traces de son action que les longs entretiens accordés sur la fin de sa vie. Mais Jacques Foccart a été de 1960 à 74 à la tête d’une administration, le secrétariat général pour les Affaires africaines et malgaches, qui a conservé de nombreuses traces de ses activités, de ses contacts… Des archives qui jettent une lumière nouvelle sur cet homme de l’ombre. A l’occasion de la publication de l’inventaire du « fonds Foccart », les Archives nationales organisent deux journées d’études ces 26 et 27 mars.

Pierrefitte, en banlieue parisienne. Archives nationales, dans le dédale des magasins. Une main. Un badge, puis une courte sonnerie. Dans un grincement, la porte automatique du magasin 501 s’ouvre sur l’un des lieux où dorment les secrets de la République. Le fonds Foccart. 400 mètres linéaires de boîtes à archives Cauchard, disposés sur des « épis » métalliques mobiles.

Jean-Pierre Bat, le conservateur du fonds, fait glisser les épis et se dirige vers l’une des étagères « Prenons par exemple un objet un peu original dans le fonds, le fichier dit ‘fichier vert’, c'est-à-dire des boîtes avec des petits fermoirs comme on voit dans les films policiers. Des boîtes qui conservent toutes les fiches de correspondance adressées à Jacques Foccart avec le nom du correspondant, l’objet de leur requête et naturellement la date. »

Il enlève la sangle qui ferme la boîte et ouvre le fichier. « On trouve aussi bien des lettres de recommandation de personnes habitant en Afrique que des demandes de promotion de légion d’honneur –naturellement camouflées- ou bien tout simplement des propositions de coup d’Etat… Ça n’apparaît pas directement, mais en fouillant dans les archives on le découvre… »

Jean-Pierre Bat, au milieu du fonds Foccart.RFI/Laurent Correau

Jean-Pierre Bat cherche un exemple. Se dirige vers un autre épis, une autre boîte. Se souvient d’un rapport proposant un projet de retour de Fulbert Youlou, le président congolais : « Le texte, raconte Jean-Pierre Bat, propose en premier lieu une action psychologique, c'est-à-dire travailler la popularité de Youlou auprès des Congolais. Deuxièmement, un mode opératoire, c'est-à-dire préparer un calendrier de retour de Fulbert Youlou de manière plus concrète. » La proposition vient d’un agent des services secrets français, à qui il est demandé de prendre sur sa responsabilité individuelle l’initiative de cette opération. Jacques Foccart lui délivrera un « feu orange ». Une sorte d’accord implicite. A charge pour l’agent du SDECE (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage) et son équipe de ne pas se faire prendre. Le coup d’Etat n’aura finalement pas lieu.

Communauté française

Jacques Foccart… Ces centaines de mètres d’archives dessinent le portrait d’un homme, de ses méthodes, de son équipe. Elles jettent une toute nouvelle lumière sur les circuits empruntés pour faire la politique africaine de la France.

L’histoire commence après la Seconde Guerre mondiale lors de la création du RPF à la fin des années 40. Jacques Foccart a été résistant. Il est nommé responsable des Affaires africaines pour l’organisation gaulliste. Lorsqu’en mai 1958 de Gaulle accède au pouvoir, il amène avec lui à Matignon puis à l’Elysée Jacques Foccart comme Monsieur Afrique. C’est un collaborateur en qui il a une grande confiance. Sa première mission sera de transformer la nature juridique des liens entre la métropole à ses colonies. Ce sera le projet de Communauté.

  • Le président sénégalais Léopold Sédar Senghor avec le général de Gaulle. 20 juillet 1966.
    Archives nationales

Ce proet, qui sera intégré à la nouvelle constitution nous ramène à Brazzaville, le 24 août 1958. Un mois environ avant leréférendum, de Gaulle explique à la foule ce que seront, sous la nouvelle constitution, les relations entre la métropole et ses anciennes colonies. « Ce qui est proposé, c’est que la métropole et les territoires forment ensemble une communauté dans laquelle, je le répète, chacun aura le gouvernement libre et entier de lui-même. »

Le gouvernement libre et entier de l’Afrique par elle-même n’est pourtant pas la seule préoccupation des responsables français à l’époque. « Le rôle de Foccart est de réussir la décolonisation de l’Afrique, explique Jean-Pierre Bat. Il s’agit de conserver une influence française dans les anciennes colonies. Deux options sont à l’étude : soit la balkanisation (chaque colonie devient un Etat indépendant), soit au contraire un regroupement de plusieurs territoires coloniaux au sein d’un Etat fédéral. Foccart préfère la balkanisation parce que ça lui permet de créer autant de sas sécurisés et directs avec Paris pour autant d’Etats. » Le Monsieur Afrique va pousser pour cette option auprès de de Gaulle et de Félix Houphouët Boigny (le président ivoirien). Il obtient gain de cause.

Quelques années avant sa mort, dans une interview à RFI, Jacques Foccart avait cherché à s’expliquer sur les raisons pour lesquelles il avait écarté l’idée des fédérations : « On pensait que les ensembles trop importants, trop gros étaient en réalité plus fragiles… C’est étonnant, mais c’était notre analyse… Les regroupements étaient très difficiles, parce qu’il y avait des inimitiés ethniques et… quand on voit sur place ce que ça représente, les hostilités de telle ou telle population, on s’aperçoit que ça n’est pas possible… »

L’Afrique présidentielle

Le « Oui » l’emporte au référendum de 1958 dans la plupart des anciennes colonies. Les gaullistes décident que l’Afrique de la communauté française, puis celle des nouveaux Etats indépendants ne suivront pas les circuits diplomatiques classiques. Les relations avec les pays concernés seront gérées directement au niveau de la présidence française. Jean-Pierre Bat poursuit son récit : « L’idée de Foccart (il l’écrit dans une note) c’est que l’Afrique n’est plus la France mais pas tout à fait l’étranger. En d’autres termes c’est un espace entre les deux, un espace francophone. Pour que fonctionne cet ensemble, ce n’est plus à l’échelon ministériel que doit être menée la politique, mais directement, à la main droite de de Gaulle à l’Elysée, au sein de la cellule Afrique que dirige Jacques Foccart… »

La note qui fera jurisprudence, celle qui fondera l’autorité de Jacques Foccart est conservée dans le fonds. Elle est datée du 9 mai 1960, signée de la main de de Gaulle. Un petit format titré « Note pour M.Foccart » : le général y arbitre un conflit de périmètre entre son conseiller et un responsable ministériel, Jean Foyer, le secrétaire d’Etat aux Relations avec la communauté. Il en ressort que les affaires africaines se traitent à l’Elysée et pas dans les ministères. Pendant quatorze ans, plus aucun ministre n’osera affronter l’autorité de Jacques Foccart au risque de se voir remis en cause par le général de Gaulle. Cette forte proximité de de Gaulle et de Foccart dans la gestion des affaires africaines aura d’ailleurs une traduction concrète. Un rendez-vous quotidien de quinze à trente minutes au cours duquel le président passe en revue avec son conseiller les affaires africaines et malgaches.

Secrétaire général pour les affaires africaines et malgaches

Principal conseiller du général de Gaulle sur la politique africaine, Foccart est entouré d’une équipe importante de collaborateurs qui est longtemps restée dans l’ombre et que le fonds Foccart des Archives nationales permet de mieux cerner. Des collaborateurs regroupés à l’hôtel de Noirmoutier. « Le secrétariat général de la communauté, qui deviendra secrétariat des affaires africaines et malgaches en 1961 est installé à l’hôtel de Noirmoutier, rue de Grenelle. Il a son parc automobile, son protocole, son système de réception. Le 14 juillet franco-africain est anticipé dans les jardins de Noirmoutier. On sait que c’est là qu’on va solliciter Jacques Foccart. Et à la haute époque en 1960, c’est 100 agents qui relèvent de l’autorité du secrétaire général… » Cette administration va nourrir les analyses de Foccart sur ce qui se passe en Afrique. C’est en partie grâce à son activité que celui-ci prépare l’entretien quotidien de 19h00 avec de Gaulle. Il reçoit des notes de différents chargés de mission, synthétisées par son conseiller technique et qui permettent de produire un document de travail pour l’entretien avec le président.

Signe supplémentaire de la mainmise de Jacques Foccart sur la politique africaine de la France, son secrétariat général centralise tout ce qui est produit par les administrations françaises sur le sujet. Dans un même dossier, on pourra trouver les bulletins du SDECE, le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage, ceux du 2e Bureau, les télégrammes diplomatiques, les rapports faits en administration centrale à Paris, les rapports des missions d’aide et de coopération et parfois même les correspondances manuscrites personnelles que les ambassadeurs envoient en marge des dépêches diplomatiques directement à Foccart...

« Réseaux Foccart »

Parallèlement à ces collaborateurs officiels, Jacques Foccart s’appuie sur un réseau plus secret, jusqu’à la limite de la légalité républicaine. Et notamment ce que Foccart lui-même appellera des « circuits courts ». Il place auprès de certains chefs d’Etat amis de la France des collaborateurs qui deviennent leurs conseillers politiques et doivent faire la navette entre Paris et le continent.

Le plus influent de ces ambassadeurs de l’ombre sera probablement Jean Mauricheau-Beaupré, ancien résistant, activiste à la veille de la prise de pouvoir du général de Gaulle et qui se recycle dans les actions de renseignement au bénéfice de Foccart. Il est envoyé auprès de l’abbé Youlou à Brazzaville entre 1960 et 1963. Et il trouvera un nom pour cette méthode du circuit court : « la petite équipe ». Ces réseaux sont officieux, mais ils sont parfois couverts par des contrats de coopération sollicités par des chefs d’Etat africains.

Le premier président de Côte d'Ivoire Félix Houphouët-Boigny en 1960.AFP

Car au cœur de ce réseau Foccart figure un homme qui gère avec lui la politique africaine de la France. Et qui sait l’orienter suivant les intérêts de son propre pays : Félix Houphouët Boigny, le président ivoirien. Il tisse le principal réseau de chefs d’Etat amis de la France, au travers de son parti le RDA, le Rassemblement Démocratique Africain. Il sera même une sorte de « grand frère » de tous les chefs d’Etat qui vont grandir sous son ombre, au point que les hommes de Foccart lui donnent le nom de code de « Big Brother ». « Houphouët co-gère avec Foccart la politique africaine de la France, explique Jean-Pierre Bat. Il impulse certaines orientations. Par exemple, il pense que l’implosion géopolitique du Nigeria est un atout pour la Côte d’Ivoire. C’est ce qui justifie, en grande partie, le soutien que la France apportera au colonel Ojukwu au Biafra entre 1967 et 1970 pour la sécession biafraise »

Services & mercenaires

Foccart ne s’appuie pas que sur son administration et ses réseaux personnels. Pour mieux utiliser les moyens des services français, il fait en sorte d’avoir un homme de confiance, Maurice Robert, à la tête de la toute nouvelle section Afrique du SDECE, le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage. Il établit avec lui une relation de travail directe. A cette époque, la place des services est centrale car il s’agit avant tout de sécuriser le pré-carré français. « Dès 1958, depuis Dakar, un certain capitaine Robert -Maurice Robert-, est à la manœuvre pour sécuriser le vote en Afrique Occidentale Française en faveur du ‘Oui’. Il écrit d’ailleurs de longs rapports à Jacques Foccart, des rapports manuscrits, officieux qui ne transitent pas par la centrale du SDECE, dans lesquel il lui décrit le paysage politique et lui dit tout ce qu’on pourrait continuer à faire par delà l’indépendance. » Maurice Robert parvient, avec l’appui de Foccart, à se faire nommer chef du tout nouveau secteur Afrique que crée en 1960 le service de renseignement français, le SDECE. L’idée de Maurice Robert est d’installer un représentant du service auprès de chaque président africain, avec un contact direct avec chaque présidence africaine.

La politique de la France dans cette Afrique post-indépendance utilise un dernier levier d’action : les mercenaires. Foccart les utilise, au mépris des règles, pour pouvoir agir au-delà des limites de la diplomatie républicaine. « Pour Foccart, explique Jean-Pierre Bat, les mercenaires n’ont officiellement pas de place. Dans les faits, il sait très bien qu’il leur attribue un espace spécifique, qui consiste à être une force de frappe, non reliée officiellement à la France, mais qui lui permet d’avoir une sorte de droit de regard, d’ingérence ou d’action militaire dans des territoires en crise. Lorsque l’armée française ne pourra pas intervenir, on pourra avoir recours à des mercenaires qui pourront assumer une part totale d’illégallisme d’Etat. »

En 1974, l’échec à la présidentielle du candidat gaulliste Jacques Chaban Delmas et l’élection de Valéry Giscard d’Estaing provoquent une véritable tempête dans le marigot franco-africain. Le secrétariat général des Affaires africaines et malgaches est dissout. Giscard se choisit un nouveau conseiller, René Journiac.

Mais l’Afrique continue à occuper une place à part, gérée par la présidence. Certains grands principes de la politique foccartienne sont maintenus, comme l’imposition d’une « paix française » en Afrique.

Foccart, lui continuera, à être sollicité par les chefs d’Etat africains. Jacques Chirac en fait son conseiller à Matignon, puis conseiller présidentiel lors de son élection en 1995. L’homme de l’ombre décède en 1997.

La piste d'un crash volontaire semble se dessiner ce jeudi 26 mars. La première boîte noire de l'A320, qui s'est écrasé dans les Alpes mardi matin, a commencé à livrer plusieurs informations. Elles ont été détaillées par le procureur de la République de Marseille lors d'une conférence de presse à la mi-journée ce jeudi. Et il n'y a pas vraiment de doute sur cette hypothèse d'un acte intentionnel. Les enquêteurs allemands perquisitionnaient jeudi soir dans l'ouest de l'Allemagne aussi bien l'appartement du copilote à Düsseldorf que son logement à Montabaur, où le suspect, âgé de 28 ans, vivait une partie du temps chez ses parents.
 

Le mystère autour du crash de Germanwings commence à s'éclaircir. La première boîte noire découverte, celle qui enregistre les conversations et bruits dans le cockpit, a permis d'en savoir plus sur les minutes qui ont précédé le drame.

Le procureur de la République a donné une conférence de presse ce jeudi 26 mars à Marseille. Voici l'essentiel des dernières informations révélées :

■ Les échanges entre le commandant de bord et le copilote sont devenus de plus en plus laconiques au fil de l'enregistrement jusqu'à la sortie du commandant de bord du cockpit
■ Le copilote a ensuite refusé d'ouvrir la porte de la cabine au commandant de bord
■ Le copilote a actionné le bouton commandant la perte d'altitude
■ La «volonté de détruire l'avion» par le copilote est une hypothèse probable selon le procureur
■ Le copilote était de nationalité allemande et n'est pas répertorié comme terroriste. Âgé de 28 ans, il se nommait Andreas Lubitz
■ Les passagers ne se sont rendus compte du crash que «dans les tout derniers moments». Il s'agit d'une situation «de mort instantanée» pour les victimes
■ A ce stade, « rien ne permet de dire qu'il s'agit d'un attentat terroriste»
■ Il y a eu de nombreux appels en provenance de la tour de contrôle de Marseille durant les 8 derniers minutes

A Cologne, la conférence de presse de la Lufthansa, maison-mère de Germanwings, a repris les principaux points évoqués à Marseille par le procureur ajoutant n'avoir aucun élément en sa possession indiquant une possible fragilité psychologique du copilote. Le PDG de la compagnie, Carsten Spohr, a précisé qu'Andreas Lubitz, le copilote, avait fait une pause de plusieurs mois il y a six ans, durant sa formation, pour une raison inconnue. « Il n'y a aucun moyen d'écarter totalement ce genre d'incident », a-t-il tenu à affirmer.

Ces informations de la boîte noire enregistrant les échanges dans le cockpit tendent à accréditer la thèse du suicide de l'un des pilotes de l'appareil. Ce n'est pas la première fois rappelle Philippe Lecaplain, spécialiste de l'aéronautique à RFI.

En 1994, un avion de la Royal Air Maroc s’écrasait près d'Agadir entraînant la mort des 43 passagers et de l’équipage, dont le pilote qui avait décidé de mettre fin à ses jours en précipitant son ATR vers le sol.

En 1999, le vol 990 Egypt Air reliait Los Angeles au Caire quand il s’est abîmé dans l'océan Atlantique tuant les 217 personnes à bord. L'enregistreur phonique de la boîte noire a révélé que le pilote était sorti du cockpit pour aller aux toilettes. On entend alors son copilote dire « Je me confie à dieu », des coups sourds sur la porte de la cabine et une voix suppliant le commandant d’ouvrir.

Plus récemment, en novembre 2013, le vol 470 LAM Mozambique Airlines reliait le Mozambique à l’Angola. L’appareil s’écrase dans le nord de la Namibie, coûtant la vie aux 33 occupants. L’enquête a conclu que le commandant de bord a volontairement crashé l’avion.

Sur le terrain, les recherches des corps se poursuivent

Parallèlement les recherches continuent sur le terrain pour tenter de retrouver les corps dispersés après l'impact du crash. Le processus d'identification des corps a commencé et va se poursuivre dans la journée puisque les familles de victimes sont attendues sur place d'ici 16h, heure locale.

Les familles pourront se recueillir dans les chapelles ardentes qui ont été mises en place. Les journalistes sont tenus à l'écart. Les enquêteurs procéderont ensuite à des relevés ADN pour les comparer aux restes humains découverts et tenteront de retrouver la deuxième boîte noire celle qui contient les données de vol.

Dans une conférence de presse ce jeudi 26 mars, suite aux révélations de ce jour, la chancelière allemande Angela Merkel a évoqué une tragédie d'une « dimension totalement inconcevable ».

Parallèlement les recherches continuent sur le terrain pour tenter de retrouver les corps dispersés après l'impact du crash. Le processus d'identification des corps a commencé et va se poursuivre dans la journée puisque les familles de victimes sont attendues sur place d'ici 16h, heure locale.

Les familles pourront se recueillir dans les chapelles ardentes qui ont été mises en place. Les journalistes sont tenus à l'écart. Les enquêteurs procéderont ensuite à des relevés ADN pour les comparer aux restes humains découverts et tenteront de retrouver la deuxième boîte noire celle qui contient les données de vol.

Dans une conférence de presse ce jeudi 26 mars, suite aux révélations de ce jour, la chancelière allemande Angela Merkel a évoqué une tragédie d'une « dimension totalement inconcevable ».

 
Rfi

L'Arabie saoudite et une dizaine de pays ont lancé une intervention militaire au Yémen pour défendre le chef de l'Etat, Abd Rabbo Mansour Hadi, menacé par la rébellion chiite houthie, soutenue par l'Iran. Une ligne rouge, intolérable pour Riyad, a été franchie dans ce pays que le royaume saoudien « contrôle » depuis plusieurs décennies.

Depuis plusieurs jours, des diplomates avaient averti qu'il existait une ligne rouge : la chute d'Aden aux mains des Houthis. Car en fait, qui contrôle Aden contrôle le détroit de Bab el-Mandeb, par où transite l'essentiel de l'approvisionnement du pétrole pour l'Occident. L'opération, baptisée « Tempête de fermeté », a été déclenchée dans la nuit du 25 au 26 mars par des frappes saoudiennes sur différentes positions des Houthis, qui ont pris le contrôle de plusieurs grandes villes, dont la capitale Sanaa, au cours des derniers mois. Ils avaient investi Aden quelques heures mercredi 25.

L'Arabie saoudite a donc mobilisé 150 000 militaires et 100 avions de combat, les Emirats arabes unis ont engagé 30 avions de combat, Bahreïn et Koweït 15 appareils chacun et le Qatar, dix. En plus de ces pays du Golfe, voisins du Yémen, l'opération mobilise d'autres pays alliés de l'Arabie saoudite comme l'Egypte, la Jordanie, le Soudan, le Pakistan et le Maroc, selon Riyad. Quatre navires de guerre égyptiens sont d'ailleurs entrés dans le canal de Suez afin de sécuriser le golfe d'Aden, au large du Yémen.

Une ligne rouge fixée

Une ligne rouge a été fixée il y a quelque jours, surtout parce que les Houthis, pour l'essentiel, viennent du nord du Yémen et qu'ils sont chiites. Avant qu'ils ne menacent Aden, tout le monde s'en accommodait en partie bien sûr parce qu'en même temps ce sont les seuls à faire le coup de feu contre les partisans de Ben Laden (originaire de la région yéménite de Shibam) aujourd'hui dénommé al-Qaïda dans la péninsule arabique. Les Etats-Unis surtout s'en accommodaient, dans la mesure où « l'ennemi de mon ennemi est mon ami ». Mais contrôler Sanna la capitale et Aden la capitale du sud du Yémen c'est trop, surtout pour le voisin saoudien.

A ce propos, l'Arabie saoudite a toujours été sourcilleuse sur tout ce qui se passe au Yémen. Il faut se souvenir, sans remonter très loin dans l'histoire, qu'il y avait deux Yémen : un Yémen du Nord et un Yémen du Sud. L’actuel Yémen est né en 1990 de la réunion de la République démocratique et populaire du Yémen (au Sud) et de la République arabe du Yémen (au Nord). Le Yémen du Nord était un imamat, ou une royauté ; le Sud, lui, était communiste. En juillet 1994, le Yémen du Sud a vainement tenté de faire sécession sous le nom de République démocratique du Yémen, avant de retomber sous le contrôle du gouvernement de Sanaa. Mais une fois réunis en un seul pays, que faire? Impossible de s'entendre sur une monarchie ou un parti unique. Le Yémen deviendra une république - aujourd'hui encore il ya une vingtaine de partis politiques avec un vrai Parlement et une vrai pluralité de la presse. Autrement dit, il s'agit de la seule république, voisine de l'Arabie, et entourée de monarchies pétrolières.

Un Yémen de tout temps surveillée de très près

Riyad a donc toujours surveillé de très près les évènements au Yémen de peur que la république ne devienne « contagieuse » et ne devienne un exemple à suivre dans la région. En outre, lorsque ce sont des chiites qui tiennent le pavé comme aujourd'hui, plus aucun dirigeant du Golfe en fait ne dort tranquille. D'autant que ces monarchies pétrolières ont toutes sur leur territoire des minorités chiites privées de droits politiques.

C'est ce qui explique que d'autres pays ont rejoint l'Arabie saoudite pour intervenir militairement. C'est le cas des cinq monarchies pétrolières du Golfe, du Pakistan également. En revanche, il y a d'autres motifs pour la Jordanie ou encore le Maroc. Pour l'Egypte qui a mobilisé quatre navires dans la région, il faut rappeler que dans les années 1960, Le Caire a mené une guerre au Yémen (l'Egypte, avec la Syrie, voulait créer à l'époque une union arabe qu'elle voulait diriger). La guerre a duré entre 1963 et 1970. Finalement, l'armée égyptienne avait été battue avec retentissement. On parlait à l'époque d'un Vietnam égyptien. Mais surtout, l’Arabie saoudite a accordé des milliards de dollars, y compris pour que l'Egypte puisse acheter des rafales à la France tout dernièrement.

La rivalité hégémonique entre l'Arabie et l'Iran

L’Iran n'a jamais nié qu'il soutient les Houthis, chiites comme l'immense majorité des Iraniens. On accuse même Téhéran de fournir de l'armement lourd aux Houthis. En tout cas les deux pays sont des ennemis irréductibles. Ils s'affrontent par groupes ou combattants interposés dans la crise syrienne. Téhéran, par l'entremise également du Hezbollah libanais, soutient le régime de Bachar el-Assad, alors que l'Arabie saoudite prête main forte aux islamistes en guerre contre l'armée syrienne. Même chose en Irak, là ou l'Arabise saoudite soutient la communauté sunnite, les Iraniens soutiennent, et même participent, aux combats que mènent les autorités irakiennes contre l'Etat islamique.

C’est la dernière ligne droite avant l’élection présidentielle prévue ce samedi au Nigeria. Fin de campagne prévue ce vendredi soir à minuit. Les services de sécurité sont plus que mobilisés. Le gouvernement vient d’annoncer la fermeture des frontières terrestres et maritimes pour trois jours, et ce jusqu’à samedi minuit. Une mesure qui vise, selon les autorités, à réduire tout risque de troubles le jour du vote.Les autorités veulent se donner les moyens d’assurer une élection calme. C’est disent-elles, une mesure « normale », qui avait déjà été prise lors des précédents scrutins. Joint par RFI, un responsable du ministère de l’Intérieur, précise que cette mesure s’adresse tout particulièrement aux communautés vivant le long de la frontière: les autorités craignent en effet que des étrangers puissent tenter de voter. « Certains étrangers, explique une source au service d’immigration, demandent une carte d’identité nigériane pour mener leur commerce sur notre territoire … mais, souligne cette source, ces citoyens ne sont pas habilités à voter ».

Les autorités veulent donc éviter toute source de trouble ainsi que tout mouvement de contestation le jour du scrutin. Et tout cela se joue en toute diplomatie : le contrôleur général des Services d’immigration a rencontré hier, mercredi, des officiels camerounais et tchadiens, notamment, pour les prévenir qu’en cas d’infraction, leurs ressortissants seront traduits devant la justice.

Accord entre les deux principaux challengers

Des garanties ont été prises également au plus haut niveau avec la signature, ce jeudi matin, d’un accord entre les deux principaux challengers de cette élection, à savoir Goodluck Jonathan, le président sortant du PDP et Muhammadu Buhari, de la coalition APC. Symboliquement, tous deux ont signé un accord pour respecter les résultats du scrutin. L'accord a été signé sous l’égide de la Commission nationale pour la Paix, dirigée par l’ancien général Abdulsalam Abubacar qui a dirigé le pays de juin 1998 à mai 1999.

Ce texte, c’est en fait une réaffirmation de l’accord d’Abuja signé le 14 janvier dernier, au moment où la campagne électorale était émaillée de violence, de discours haineux et de menaces entre militants. Dans ce texte, les candidats demandent à leurs sympathisants de respecter l’issue du scrutin. De quoi rassurer l’ancien général Abdulsalam Abubacar, le garant de cet accord.

« Tout au long de nos discussions, chaque parti nous a assuré avoir tenté – et je pense qu’ils ont essayé- de contrôler tous ces discours haineux lors des meetings. Je les crois sur parole et je pense qu’ils vont faire de leur mieux. Je suis heureux de voir que les parties prenantes ont, dans cet accord, pris l’engagement d’accepter les résultats du scrutin. C’est donc un soulagement, un vrai soulagement pour enfin réduire les tensions », a déclaré le général Abdulsalam Abubacar.

D’après un observateur de la vie politique nigériane, c’est la première fois que la Commission nationale pour la Paix entre clairement en action.

« Derrière ce geste, on assiste à une prise de conscience que ces élections peuvent déboucher sur la violence », commente cette source.

De leur côté, les services de sécurité assurent pouvoir contenir précisément d'éventuels troubles. Selon certaines sources, il y aura, samedi, près de 300 000 policiers mobilisés pour encadrer le vote.
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Meeting du parti APC de l'ancien dirigeant du Nigeria, Muhammadu Buhari à Lagos. REUTERS/Akintunde Akinleye
Rfi
jeudi, 26 mars 2015 20:21

Manif des Libéraux du vendredi : Wade sedégonfle

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Abdoulaye Wade et ses frères de parti ont décidé de surseoir à leur meeting de demain à la place de l’Obélisque. L’appel du khalife des mourides au pape du Sopi, disent les Libéraux, les a poussés à agir de la sorte. En attendant, le Pds ne prévoit pas de plan B pour suppléer Karim Wade, investi comme candidat dudit parti pour la prochaine Présidentielle et emprisonné pour enrichissement illicite. En ce sens, Me Abdoulaye Wade et Cie menacent de boycotter ou d’empêcher l’organisation de cette élection.

Ceux qui se préparaient à participer au meeting que devait tenir le Parti démocratique sénégalais (Pds), demain à la place de l’Obélisque, doivent repasser. La raison, le pape du Sopi et ses ouailles ont décidé de surseoir à la tenue de cette manif, provoquée par la condamnation de leur candidat Karim Wade à six ans de prison ferme par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei). Me Abdoulaye Wade et Cie en ont décidé ainsi, selon le porte-parole du Pds, à la suite d’une demande du khalife général des mourides, Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké, qui l’a appeler sur le chemin du retour de la prison de Rebeuss oû il était pour voire son fils Karim Wade.

Menace de boycott de la Présidentielle
Mais la condamnation de Karim Wade n’ébranle pas les Pds. Investi samedi dernier comme le candidat des Libéraux, l’ancien ministre d’Etat détient toujours la confiance de ses «frères» de parti, qui désirent le porter à la magistrature suprême en 2017. Depuis Rebeuss. Inédit ! Lors de la réunion d’hier du Comité directeur (Cd) présidée par Me Abdoulaye Wade, le Pds a mis en garde Macky Sall et son régime contre toute tentative d’empêcher la candidature de Wade-fils. Le porte-parole du parti, Babacar Gaye, révèle les deux mesures adoptées lors du Cd : «Si le pouvoir actuel dirigé par Macky Sall refuse à Karim Meissa Wade sa participation à la prochaine élection présidentielle, le Pds compte se doter de tous les moyens légaux de sa politique le moment venu (…) Il y a deux choses, comme nous n’avons pas de plan B, soit boycotter l’élection organisée par le pouvoir et laisser l’opinion nationale et internationale apprécier ou utiliser toutes les voies politiques, y compris d’empêcher l’organisation d’une élection dans l’ensemble du territoire national, si c’est utile.»

La jeunesse fera face à Macky Sall
Jugeant «inique» le verdict de la Crei, le Pds dit faire «confiance» à la Cour suprême parce que, considère-t-il, «aucun juge» de cette juridiction «ne validera» cette décision. «Sans préjuger de ce qui sera décidé, le Pds estime que nous avons des juges qui sont assez indépendants et outillés pour casser cet arrêt», espère M. Gaye, renseignant au passage que «le Pds ne négociera jamais la libération de Karim Wade et Cie».
En outre, les Libéraux ont fait le point sur les nombreux responsables ou militants libéraux incarcérés qui sont, d’après eux, au nombre de 26. Pour Babacar Gaye, le pouvoir fait tout pour «décapiter l’aile jeunesse du Pds». «Ils ont arrêté le responsable de l’Ujtl, le responsable des étudiants», liste Gaye qui considère que le pouvoir s’attaque à la jeunesse du Sénégal. «La jeunesse a fait face à Abdou Diouf. Elle ne manquera pas de le faire avec Macky Sall», avertit le porte-parole du Pds.

Lequotidien.sn

Quatre auteurs africains figurent dans la liste des dix finalistes du prestigieux prix international de littérature anglophone "Man Booker". Le jury tranchera le 19 mai.

Il y avait rarement eu autant d'auteurs africains parmi les finalistes du prix international Man Booker. Le jury devra trancher entre dix écrivains, dont le grand gagnant sera désigné le 19 mai à Londres.

Parmi les auteurs africains figurent le Mozambicain Mia Couto, le Libyen Ibrahim Al-Koni ou encore la Sud-Africaine Marlene van Niekerk. Le Congolais Alain Mabanckou, lauréat du prix Renaudot en 2006 pour Mémoires de porc-épic (Seuil), et récemment salué par la critique pour Lumières de Pointe-Noire, fait également partie de la sélection. Pour la première fois, ces pays sont représentés dans cette sélection.

>> Lire aussi : Alain Mabanckou : "Ma place est peut-être au Congo"

Le prix, décerné tous les deux ans, récompense une oeuvre écrite ou traduite en anglais, et accorde à l'auteur la somme de 60 000 livres, soit plus de 81 000 euros. En 2007, l'écrivain nigérian Chinua Achebe, mort en 2013, avait remporté la prestigieuse récompense.

Une femme égyptienne de 64 ans, qui s’est déguisé en homme pendant 43 ans dans le but de gagner sa vie après la mort de son mari, a reçu la médaille de "Mère travailleuse exemplaire" des mains du chef de l'État, Abdel Fatah al-Sissi.

Sissa Abu Daooh est une veuve égyptienne de 64 ans. À l'âge de 20 ans, alors qu’elle était enceinte de sa fille, son mari décède. Démunie, elle doit trouver un moyen de nourrir son enfant. Mais dans une Égypte ultraconservatrice et misogyne, elle ne voit qu'un moyen pour trouver du travail : cacher sa féminité.

Pendant 40 ans, Sissa se travestit en homme, enchaînant les métiers manuels sans jamais être démasquée par ses collègues ou ses patrons. Drapée sous une longue galabeya (longue tunique traditionnelle) noire, elle déambule dans les rues de Louxor pour gagner sa vie. "J’avais coupé mes cheveux. J'ai commencé à porter la galabeya, un turban et des chaussures d'homme pour chercher du travail. C'était dur de trouver un emploi pour une femme", dit-elle au site Al Arabiya.com.

Les travaux pénibles plutôt que la mendicité

Confectionneur de briques et cireur de chaussures feront partie de ses nombreux métiers. "J’ai privilégié les travaux pénibles à la mendicité  pour nourrir ma famille", explique-t-elle. Un parcours exceptionnel qui n’a pas laissé les autorités égyptiennes indifférentes : le président Abdel Fatah al-Sissi a tenu a la décorer en personne. Il lui a en effet remis le dimanche 22 mars 2015 la médaille de "Mère travailleuse exemplaire", au lendemain de la Fête des mères égyptiennes. Lors de la cérémonie, Sissa Abu Daooh a également reçu 50 000 livres égyptiennes (6 000 euros).

Mère courage

Malgré son nouveau statut, la vielle paysanne n’a pas l’intention d’achever sa vie de dur labeur. Elle continue à ce rendre tous les jours à la gare de Louxor habillée en homme afin de subvenir aux besoins de sa fille, ses petits-enfants et de son gendre invalide.

Jeune Afrique

Michel Platini a été reconduit par acclamation pour un troisième mandat de quatre ans à la présidence de l'UEFA, à 59 ans, mardi lors de 39e Congrès de son instance à Vienne.

L'ex-triple Ballon d'Or avait accédé pour la première fois à la tête de l'UEFA en 2007 sur un score serré face au président sortant Lennart Johansson. A Paris, en 2011, il avait été reconduit par acclamation. A Vienne, comme à Paris, aucun autre candidat ne s'était présenté contre son bilan incontesté.

Michel Platini rempile à la tête de la Confédération européenne de football. L'ancien joueur français a été réelu président de l'UEFA pour un troisième mandat de 4 ans lors du congrès de l'organisation qui a débuté lundi 23 mars en Autriche. Il était le seul candidat en lice.

Triple Ballon d'Or, l'ex-joueur de Saint-Etienne a été reconduit, non par vote, mais par acclamation des représentants des 54 fédérations composant l'UEFA, comme en 2011 pour son deuxième mandat.

Lors de son discours d'ouverture, Michel Platini a mis en garde contre une montée des extrêmes en Europe, tendance insidieuse, selon lui, qui se retrouve dans les stades.

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