Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, rappelle dans une interview diffusée dimanche 15 mars sur la chaîne CBS que les Etats-Unis sont prêts à négocier avec le président syrien, Bachar Al-Assad, pour assurer une transition à la tête du pays.

    « Au final, il faudra négocier. Nous avons toujours été pour les négociations dans le cadre du processus [de paix] de Genève. »

Washington travaille d'arrache-pied pour « relancer » les efforts visant à trouver une solution politique au conflit, affirme le chef de la diplomatie américaine, rappelant que les Etats-Unis ont participé à l'organisation de pourparlers entre l'opposition syrienne et des émissaires de Damas, à Genève, au début de l'année dernière.

Les négociations de Genève 1 prévoient un gouvernement de transition négocié entre toutes les parties prenantes pour diriger la Syrie.
215 000 morts en quatre ans

A l'époque, les deux cycles de négociations n'avaient produit aucun résultat et la guerre s'est poursuivie. « Assad ne voulait pas négocier ! », assène John Kerry avant de répondre à la journaliste lui demandant s'il était disposé à parler au président syrien : « S'il est prêt à engager des négociations sérieuses sur la façon d'appliquer Genève 1, bien sûr.  Nous l'encourageons à le faire. »

Les Etats-Unis, a poursuivi le secrétaire d'Etat, continuent certes à pilonner l'organisation Etat islamique, qui s'est emparée de larges pans de territoire en Irak et en Syrie, mais leur objectif reste de mettre fin au conflit en Syrie. « Nous continuons nos efforts de façon appuyée, nous travaillons avec l'opposition modérée, mais ça n'est pas tout, a assuré M. Kerry.  Nous continuons sur la voie diplomatique. Nous menons des conversations avec un certain nombre de protagonistes. »

Depuis le début du conflit en mars 2011, plus de 215 000 personnes ont été tuées et la moitié de la population a été déplacée.

Sur les affiches, des slogans comme « Touraine, tout faux ! » ou « Euthanasie pour la loi santé ». Les professionnels de santé ont défilé dimanche à Paris pour protester contre le projet de loi santé. Mais la ministre, Marisol Tourraine est restée ferme. La loi doit être examinée à partir de mardi à l'Assemblée.

Les blouses blanches unies dans la rue, partagées sur les révendicationsJ'ai choisi la médecine libérale et demain, c'est la médecine d'Etat qu'on nous propose et c'est pas ce qu'on voulait faire du tout.

En RDC, les leaders des mouvements burkinabè Balai citoyen et sénégalais Y’en a marre ont été arrêtés ce dimanche après-midi dans la périphérie de Kinshasa. Ils participaient à un atelier organisé par le mouvement citoyen congolais Filimbi. La présence de ces deux leaders ne serait pas du goût des autorités congolaises.

C’est à l’issue d’une conférence de presse que le Sénégalais Fabel Barro de Y’en a marre et le Burkinabè Oscibi Johann du Balai citoyen ont été interpellés au siège de l’ONG Ba jeune Maboko Na Maboko Pona Congo (Main dans la main pour le Congo) dans le quartier populaire de Masina. Avec eux, quelques journalistes et plusieurs autres jeunes du quartier qui attendaient un concert que devait organiser l’ONG Filimbi.

Des éléments de la police, des militaires et d’autres agents en civil les ont amenés à bord de trois pick-up. Selon nos sources, toutes les personnes interpellées ont été conduites à l’ANR, l’Agence nationale des renseignements. Les animateurs de Y’en a marre et du Balai citoyen risquent une expulsion du territoire congolais.

Ils sont arrivés à Kinshasa il y a quelques jours pour participer à des ateliers organisés par l’ONG Filimbi. Un échange d’expériences qui aurait été mal apprécié par les autorités congolaises.

Y’en a marre a contribué à mettre fin aux ambitions d’Abdoulaye Wade qui briguait un troisième mandat présidentiel au Sénégal. Au Burkina, le Balai citoyen a été au centre des événements qui ont conduit à la chute de Blaise Compaoré.

Le rappeur sénégalais Simon, membre actif des Y'en a marre revient sur les ambitions de mouvement citoyen :

On veut faire un nouveau type d'Africain, c'est-à-dire qui est au courant de la Constitution, qui est au courant des lois de son pays, qui s'implique dans le changement de son pays en changement son environnement. C'est un mouvement citoyen, un mouvement pacifique.
SimonRappeur et membre du collectif Y'en a marre

Plusieurs sociétés privées sud-africaines ont mis à disposition du gouvernement nigérian des « instructeurs » qui sont sur le terrain dans le nord-est du pays. L'un d'eux a trouvé la mort dans un tir fratricide cette semaine.

Le président Goodluck Jonathan a reconnu que des techniciens étrangers accompagnaient des militaires nigérians dans le nord-est du pays, sans confirmer les noms des sociétés sud-africaines qui les employaient.

Ces techniciens travaillent pour des entreprises privées qui ont vendu du matériel militaire au Nigeria. Cela fait partie d’un ensemble de prestations, et il n’y a aucune honte à cela, explique Mike Omeri, le porte-parole du gouvernement nigérian :

« Les Etats-Unis nous ont dit qu’ils ne voulaient pas fournir du matériel militaire à l’armée nigériane, car elle est accusée d’avoir commis de graves violations des droits de l’homme. Le gouvernement sud-africain n’a pas voulu non plus nous livrer d’armes.

Mais vous le savez comme moi, n’importe quel pays peut se fournir des armes dans le monde, et le Nigeria n’est en rien une exception. Donc si les Etats-Unis et l’Afrique du Sud nous disent ‘non’, hé bien on tapera à la porte de la France ou à celle d’Israël, et s’ils disent ‘non’ aussi, alors on ira voir la Russie, et ainsi de suite… Il y aura toujours des pays pour fournir des armes au Nigeria. »

 

La société sénégalaise a t'elle l'esprit d'entreprise ?
Ces derniers jours je me suis souvent demandé s'il fallait un courage particulier pour se lancer comme auto-entrepreneur au Sénégal. Je parle ici de se lancer avec un véritable projet personnel que l'on a mûrit et en lequel on croit.

Et je me pose la question du courage car je me suis rendue compte que la société sénégalaise valorise généralement une seule approche pour les personnes qui ont fait "les bancs" (école/fac) comme ils disent ici : trouver un travail rémunéré, avec une prise en charge médicale et attendre sa retraite sans faire de vague.

Déjà quand tu changes d'entreprise parce que tu as trouvé une nouvelle position ailleurs offrant de meilleures perspectives, tu es jugé pour ton attitude inconsidérée "tu aurais pu rester pourtant. Est-ce que tu sais ce que tu vas trouver dans cette nouvelle boite ? Peut être que ça sera pire".

Dans ces conditions, tu peux facilement imaginer ce qui se passe quand tu décides de te lancer à ton compte ! Même si les raisons de se lancer sont multiples, la réaction est toujours la même : aux yeux de la société, tu as tort de quitter ton emploi même si tu es profondément insatisfait "on travaille pour vivre. Pas pour s'épanouir ! ».

L'histoire de ces deux jeunes hommes que j'ai croisés il y a plusieurs années est assez représentative des limites que nous posent notre société. Ces deux jeunes hommes (le 1er sénégalais et le 2nd sénégalais d'origine libanaise) donc avaient une même passion : la cuisine (pâtisserie).

Lorsque le 1er (sénégalais je rappelle) en a parlé à ses parents, la réponse a été immédiate "Pâtisserie jaam ! Ana goor ak togueu[1] ? Tu vas faire comme tout le monde : passer ton bac et aller à l'université ensuite ! Comme ça tu pourras trouver un bon travail après. Pâtisserie ??? Pffffff". Résultat : il n'est pas allé à l'université après son bac (il détestait ça) et il a été malheureux de sa vie pendant longtemps.

La réponse des parents du 2nd ? "D'accord. Passe ton bac d'abord et on t'enverra dans une école de pâtisserie, si c'est ce que tu veux faire". C'est ce qu'il voulait faire. Ses parents l'ont donc envoyé faire une école de pâtisserie en France et il a ouvert son enseigne (qui fait de supers bon gâteaux) à son retour à Dakar.

D'un côté, on a donc une famille qui préfère que son fils entre dans le moule même s'il est malheureux ("l'épanouissement là c'est des histoires de toubabs" te diront ils) et de l'autre on en a une qui réfléchit avec son fils sur la manière de lui permettre de vivre de sa passion.

Tout ça pour dire que contrairement aux cultures anglo-saxonnes, la société sénégalaise valorise plus les diplômes que la réalisation personnelle (vous avez vu comment les personnes diplômées au Sénégal (même si elles ont un simple travail d'employé mal payé) se sentent supérieures aux baol-baols, qui pourtant ont l'économie sénégalaise entre leurs mains ?)... Sûrement un héritage de la colonisation française.

Du coup on ne nous encourage pas à être entreprenant (chez nous on appelle ça être turbulent) lorsqu'on est jeune mais plutôt à nous conformer à ce que la société attend de nous. La peur de ne pas être conforme à l'image que la société attend de nous (c'est trèèès important l'image au Sénégal) annihile toute velléité de se démarquer (autrement que par de bonnes notes en classe).

Depuis 2 ans, j'ai croisé la route de nombreux jeunes, talentueux, avec de supers idées ou des projets qui leur tenaient à cœur. Mais qui ne se sont pas lancés car leur entourage les avait convaincu qu'il était plus sûr de trouver un petit travail tranquille, payé correctement (ils pourront toujours gravir les échelons avec le temps) au lieu de se lancer dans un projet qui ne marchera peut-être pas "tu pourras toujours le faire une fois que tu seras stable professionnellement" (sauf que non, une fois qu'on est pris dans la routine, on s'englue).

Heureusement les mentalités changent petit à petit et on trouve de plus en plus de structures (entrepreneurs, écoles de formation...) qui mettent en place des incubateurs ou des dispositifs permettant d'encadrer et d'accompagner tous ces jeunes qui veulent vivre leur vie selon leur idée.

Et j'ai bon espoir que l'on est sur la bonne voie pour développer l'esprit d'entreprise sénégalais !

Après tout, c'est une condition sine qua none si on veut vraiment développer notre fameux PSE (Plan Sénégal Emergent) qui est sur toutes les lèvres aujourd'hui mais qui ne pourra réussir qu'avec l'implication et le concours effectif et actif de tous.

"Le Pr Ibrahima SOW (imaginaire) en a déjà parlé et si on n'écoute pas les gens qui ont observé notre beau pays qui vit dans le simulacre et le bluff, nous ne comprendrons rien et la nuit nous surprendra, il faut se réveiller et regarder en face la réalité , accepter le changement rigoureux et constructif" Pape CISSOKO ichrono

 

Dimanche dernier, c'était la journée de la femme. Pour l'occasion, le cycle de rencontres littéraires Mahogany March se terminait avec les onze auteures sur douze ayant participé à l'écriture de Volcaniques, une anthologie sur le plaisir dirigée par Léonora Miano. Cette note est un petit compte rendu sur cette présentation de ce livre qui a eu lieu au Musée Dapper...

Quand j'entre dans la salle, trois personnes sont sur les planches. Une slameuse. Un bassiste. Une danseuse. Je devine que la poète doit sûrement être Silex. Il y a trois mouvements sur scène. Le son, ce rythme et ce blues, il est vraiment bien joué par ce jeune guitariste. La danseuse, elle, emprunte beaucoup au hip-hop. Enfin, c'est avant tout une expression corporelle singulière. Parfois, grotesque comme certaines de ces danses venues d'Afrique centrale, très bestiales. Puis le corps s'apaise pour laisser entendre les mots, le verbe de Silex. Je sens que l'ambiance va être très chaude. Le ton est donné. Silex tranche.

Après cette entrée en matière, Léonora Miano revient sur l'origine du projet. Volcaniques est une suite de la première anthologie Première nuit qui a vu plusieurs hommes se réunir autour de la romancière camerounaise, sur le thème du désir. L'idée : Rassembler des discours d'auteurs de la diaspora africaine, d'ascendance africaine autour du corps et de l'intimité avec un objectif : aller le plus loin possible dans la subjectivité des personnages. Dans le projet littéraire de Léonora Miano, on l'aura compris, l'intime et le corps sont un prétexte.

Vu sous cet angle, l'approche parait originale.

Léonora Miano souligne une autre raison tout aussi importante. Il n'y a pas, à son sens, assez de travaux collaboratifs du point de vue de la fiction chez les auteurs africains et caribéens. Du moins, elle a peu été associée à ce type d'initiatives souligne-t-elle tout en envoyant un mawashi geri comme elle sait très bien le faire à la génération précédente de romanciers francophones qui peinent à lâcher le joystick. Il est donc important de faire des choses ensemble. Il y a une intention politique qui traduit concrètement son attachement à une philosophie panafricaine globale. Qui a lu Léonora Miano, en particulier sa Suite africaine, comprendra de quoi il retourne. Et c'est là, un des mérites de cette auteur. Une cohérence parfaite dans un projet littéraire cohérent ou chaque pierre renforce un édifice.

A la question très pertinente de Nafissatou Dia Diouf de savoir pourquoi les hommes d'abord, les arguments de Miano sont intéressants et me renvoient à des mots de Gaston Kelman dans son traité devenu mythique Je suis Noir et je n'aime pas le manioc. La réception des oeuvres littéraires produites par des hommes d'ascendance subsaharienne dans l'espace de la Métropole est beaucoup moins important que pour les femmes venant du même espace. Je n'y avais pas pensé. Gaston Kelman, dans son ouvrage, qui en son temps bouleversa la société française, explique que l'intégration des jeunes femmes venant des banlieues sensibles et surtout des minorités dites visibles est plus importante que celle des hommes aux mêmes caractéristiques ethniques, raciales et de classe d'âge. Preuve à l'appui, en littérature, Léonora Miano montre l'intérêt porté à cette anthologie écrite par des femmes venues des tropiques et colorées en comparaison du peu demande dont fut l'objet la première anthologie. Le choix de l'éditeur Mémoire d'encrier répond également à un engagement précis : Parce qu'il est montréalais et haïtien. Pas besoin pour ce type de projet de passer par les éditions Grasset.

Un dernier point. Les hommes ont biaisé. Du moins certains selon l'initiatrice du projet. Le thème du désir leur a permis d'éviter le propos tangent sur l'érotisme et d'aborder de manière plus frontale le corps à corps, le match érotique dans toute son ampleur.

Concernant les auteures, quasiment toutes présentes, elles devaient répondre à trois questions : Pourquoi avoir accepté de participer à un tel projet ? Quelle esthétique? Pourquoi ce personnage?

La première question n'a pas donné lieu à des réponses intéressantes, si ce n'est une célébration de la directrice de projet... Quoi de plus normal, vu sa notoriété.

Extraits de paroles

Gisèle Pineau.Tous ses personnages ont un corps et elles « vivent avec ». Elle écrit beaucoup avec ses sens. On pense à Chair Piment. Dans le projet d'anthologie du plaisir, c'est ce mot plaisir (Gisèle Pineau) qui m'attiré. Ce sont des générations différentes que je voulais mettre en scène et produire une chambre d'écho entre ces classes d'âge.

Marie Dô, est la première danseuse française de l'Alvin Ailey Theater. « Mon rapport à l'Afrique. Je n'ai pas connu mon père noir. Je suis donc dans une recherche d'Afrique. Le projet collectif présentait cet intérêt de rassembler des auteurs venant de là-bas. Mon esthétique? J'aime beaucoup la poésie et comme une caméra au plus près de la peau. Pas de gène dans le traitement. Volcaniques je suis par mon métissage à la fois Africain et Russe. Mon personnage est un double littéraire. »

Gilda Gonfier. « Je ne pouvais pas dire non à un cadeau. C'est une chance pour moi, une opportunité avec beaucoup de peur. Léto (le personnage principal), c'est moi. »

Hemley Boum. « J'ai un goût immodéré pour la littérature érotique. En plus, cela correspondait à une période assez sombre de ma vie... Concernant ma nouvelle, je suis partie sur l'initiation et le plaisir solitaire. La découverte du corps loin des regards et de la société avec un petit ami et la littérature érotique. »

Gael Octavia. « Je ne voulais pas parler de moi, mais je souhaitais plutôt aborder l'adolescence. Des choses imperceptibles prennent une ampleur intéressante à cette période de la vie. »

Elisabeth Tchoungui. « Pourquoi ? J'avais arrêté d'écrire. Et j'aime écrire sous la contrainte. Le projet m'a redonné l'envie d'écrire. Esthétique ? La dualité : Très dur est le milieu de travail / Très douce est la sensualité - J'ai choisi le cadre africain : Il y a une pression et une prédation sexuelle plus forte en Afrique. »

Silex. « Je fais de la contamination quand on m'invite, je viens faire mon job. » Le personnage est né du voyage.

A propos de Silex ; Léonora Miano : « Il me fallait un texte qui ne soit pas une nouvelle. Silex est slameuse. C'est un texte subtil qui se mérite. L'éditeur, un homme, n'a pas tenu à respecter le format du texte de Silex»

Nafissatou Dia Diouf. « J'ai pris le temps de la réflexion. Je viens d'une société très pudique. C'était une occasion pour moi à saisir. L'esthétique : La schizophrénie. Elle laisse s'exprimer secrètement un moi profond la nuit qu'elle n'arrive pas à vivre le jour. Bilguissa : Vivre ses pulsions.

Axelle Jah NJiké. « Léonora Miano m'a travaillée au corps. J'ai été biberonné à la littérature érotique. Sur la littérature érotique féminine. L'esthétique? La sensorialité. C'est volontairement cru. Le sexe à mes yeux est jouissif, réjouissant. Maya. Côté solaire. Sa sexualité relève de l'estime de soi. »

Nathalie Etoké. « J'étais en année sabbatique. C'état non catégorique, d'abord. Puis oui, à force. »
« Je suis très influencé par l'ambiance dans laquelle je vis aux Etats Unis. Le café, c'est ma part vraie. »

Léonora Miano. « Esthétique de la sécheresse. J'ai voulu m'éloigner de l'humidité quand on brode sur ce sujet. Auto analyse? La première fois. Contrainte. L'expérience du viol est assez banale. On devrait pouvoir le dire, mais ce n'est pas possible. »

Chaque lectrice a ensuite lu un extrait de sa nouvelle.

Volcaniques : Une anthologie du plaisir dirigée par Léonora Miano
Collaboratrices : Hemley Boum, Nafissatou Dia Diouf, Marie Dô, Nathalie Etoke, Gilda Gonfier, Axelle, Jah Njiké, Fabienne Kanor, Gaël Octavia, Gisèle Pineau, Silex, Elizabeth Tchoungui, Léonora Miano.

http://gangoueus.blogspot.fr/

Le magazine américain Forbes a dévoilé un classement des sportifs retraités les mieux payés au monde. Sans surprise, l’ex-basketteur américain Michael Jordan est en tête. Il devance notamment deux footballeurs, David Beckham et Pelé, et d’anciens golfeurs comme Arnold Palmer et Jack Nicklaus.

Il fait bon être un ancien retraité lorsqu’on a été une gloire du basketball en NBA, une légende du football ou une icône du golf. Surtout lorsqu’on est américain. C’est tout du moins ce qui ressort d’un classement des sportifs retraités les plus riches dévoilé par le magazine américain Forbes.

Sans surprise, la revue économique place Michael Jordan en tête. L’ex-basketteur de 52 ans, qui a quitté les parquets en 2003, amasserait 100 millions de dollars à l’année. « MJ » continue de s’enrichir grâce à sa gamme de chaussures de sport, notamment.

D’autres ex-vedettes de la NBA figurent également dans ce top 12, comme Shaquille O’Neal, 42 ans. Celui qui a fait les belles heures du Magic d’Orlando et des Lakers de Los Angeles est 6e, avec 21 millions de dollars par an. Il devance notamment un autre mythe du basket-ball : « Magic » Johnson. L’ancien meneur de jeu, âgé de 55 ans, continue de gagner 20 millions de dollars par an. Ce dernier investit massivement dans le sport américain. Il a ainsi racheté les Dodgers de Los Angeles (baseball) avec un groupe d’investisseurs.

Une seule femme et un seul Africain dans le top 12

Les footballeurs ne sont pas en reste avec David Beckham, 39 ans, qui pointe à la deuxième place avec 75 millions de dollars, grâce entre autre à ses contrats de parrainage. C'est plus que l'Ivoirien Yaya Touré et moins que le Camerounais Samuel Eto'o, toujours en activité...

Le « Roi » Pelé, lui, est neuvième avec 16 millions de dollars annuels. Une belle somme pour le Brésilien de 74 ans.

Mais ce sont les ex-golfeurs qui se taillent la part du lion. Arnold Palmer, 85 ans, est 3e avec 42 millions de dollars, grâce à de multiples activités dans son sport (organisation de tournoi, gestion de golfs, etc.). Juste derrière lui, on trouve Jack Nicklaus, 75 ans et 28 millions de dollars de gain.

Un seul Africain figure dans le classement de Forbes : le golfeur sud-africain Gary Player. A noter également qu’il n’y a qu’une seule femme : la Chinoise Li Na, 33 ans. Fraiche retraitée du tennis, la Chinoise vit encore avec les revenus d’une joueuse en activité (13 millions de dollars)…
Classement    Sport    Pays    Age    Revenus*
1. Michael JORDAN    Basket-ball    Etats-Unis    52    100 millions
2. David BECKHAM    Football    Grande-Bretagne    39    75
3. Arnold PALMER    Golf    Etats-Unis    85    42
4. Jack NICKLAUS    Golf    Etats-Unis    75    28
5. Jerry RICHARDSON    Foot américain    Etats-Unis    78    23
6. Shaquille O'NEAL    Basket-ball    Etats-Unis    42    21
-   Gary PLAYER    Golf    Afrique du Sud    79    21
8. Magic JOHNSON    Basket-ball    Etats-Unis    55    20
9. PELÉ    Football    Brésil    74    16
-   Greg NORMAN    Golf    Australie    60    16
11. Michael STRAHAN    Foot américain    Etats-Unis    43    14
12. Li NA    Tennis    Chine    33    13

*en millions de dollars

L'Egypte accueille ce vendredi une conférence internationale de trois jours autour de son développement économique avec l'objectif d'attirer les investisseurs étrangers. Mais la grande rencontre qui va se dérouler dans la station balnéaire de Charm el-Cheikh sur la mer Rouge sera marquée d'une empreinte politique et diplomatique.

Quatre-vingts pays et une vingtaine d'organisations internationales sont attendus, selon les autorités égyptiennes. Mais le déplacement, annoncé à la dernière minute, du secrétaire d'Etat américain John Kerry sera suivi à la loupe. La présence également du chef de la diplomatie britannique, Philip Hammond.

Avec le forum de Charm el-Cheikh, le président égyptien souligne sa volonté de relancer une économie qui s'est effondrée depuis la révolution de 2011. Et pourtant, aucun contrat d'envergure ne devrait être signé. Certains diplomates estiment qu’Abdel Fattah al-Sissi cherche surtout à asseoir sa légitimité sur la scène internationale et à démontrer qu'il est indispensable dans la lutte contre le terrorisme.

Alors que Washington et d'autres capitales occidentales dénoncent la répression qui vise les opposants, particulièrement les Frères musulmans, le numéro un égyptien et le secrétaire d'Etat américain vont discuter de la situation en Libye et des efforts de la coalition internationale engagée contre le groupe Etat islamique. Abdel Fattah al-Sissi a déjà appelé à la formation d'une « force arabe commune » pour faire face à la menace du groupe terroriste. Une initiative qui sera d'ailleurs examinée par le sommet de la Ligue arabe prévu le 28 mars à Charm el-Cheikh également.

Plus de 220 000 morts, des dizaines de milliers de disparus et 4 millions de réfugiés : tel est le bilan de quatre années de guerre en Syrie. Un bilan qui ne cesse de s’alourdir et dans certains territoires qui résistent au régime, dans le nord, dans le sud et à l’est de Damas dans la Ghouta, les populations doivent s’organiser pour survivre.

C'était il y a quatre ans. Ce 15 mars 2011, plusieurs centaines de  presonnes se retrouvent dans les rues de Damas pour défiler contre le régime de Bachar el-Assad. C'est la première fois depuis le mois de février qu'un appel à manifester relayé par les réseaux sociaux est réellement suivi dans la rue. Depuis plusieurs semaines, le « Printemps arabe », qui a entraîné la chute de Ben Ali en Tunisie et celle de Moubarak en Egypte, incite les opposants syriens à vouloir défier le régime.

A partir de ce jour, les manifestations vont se multiplier et drainer de plus en plus de monde à Damas, mais surtout à Deraa, cette ville du Sud où l'incarcération d'un groupe d'adolescentes au début du mois a suscité l'indignation d'une grande partie de la population.

Le 18 mars, la foule est visée par des tirs à balles réelles, qui font plusieurs morts, les premières victimes de la révolte anti-Assad. Un mois plus tard, l'armée syrienne se déploie dans la ville. Face à la brutalité de la répression, les opposants commencent à s'armer, un processus qui aboutira à la formation, le 29 juillet 2011, de l'Armée syrienne libre (ASL). D'un mouvement pacifique de contestation du pouvoir en place, la révolte anti-Assad a définitivement basculé dans la guerre civile.

Nombre croissant de belligérants

Le conflit syrien oppose un nombre croissant de belligérants. Thomas Pierret, maître de conférences à l'Université d'Edimbourg, en Ecosse, explique qu’en quatre ans, la cartographie du conflit s’est considérablement complexifiée. Aujourd’hui, le territoire syrien est fragmenté entre un couloir central et la côte qui reste assez largement sous la domination du régime de Bachar el-Assad. Deux tiers de la population syrienne y vit actuellement. Le couloir central est partagé entre le régime et les forces rebelles qui occupent certaines parties de cette Syrie centrale.

Le reste du pays – la partie est et le nord – est pour l’essentiel aux mains de l’organisation Etat islamique, tandis qu'une partie de la zone frontalière avec l’Irak est contrôlée par des groupes nationalistes kurdes qui tentent d’y établir une administration autonome. Les territoires ne sont pas forcément bien définis, ajoute Thomas Pierret, parce que les lignes de front bougent encore considérablement et sont fortementcontestées entre ces différents acteurs.

Que peut encore la diplomatie ?

Quatre ans après le début du conflit, que peut encore la diplomatie ? Difficile de faire taire les armes avec des mots, du moins jusqu'à présent. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé. A deux reprises déjà à Genève, les belligérants ont tenté de trouver un compromis. Peine perdue. Les uns accusant le président syrien de refuser de quitter son poste. La France, par exemple, estime que le président syrien fait partie du problème et non de la solution, les autres accusant l'opposition de faire le jeu des ennemis de la Syrie.

De guerre lasse, Lakhdar Brahimi, l'émissaire spécial des Nations unies pour la Syrie, avait jeté l'éponge. Et son successeur Staffan de Mistura, brillant diplomate lui aussi, trébuche sur les mêmes difficultés. Son idée consiste à d'abord éteindre le feu là où c'est urgent et possible, pour ensuite faire asseoir à la même table les frères ennemis. Steffan de Mistura a tenté ainsi de conclure des cessez-le-feu locaux, notamment à Alep. Mais l'opposition refuse. Ce serait faire la part belle à l'armée de Bachar, estime-t-elle.

Cette opposition est, sur le plan militaire, complètement désorganisée. Des milliers d'opposants pour diverses raisons ont rejoint les rangs de l’organisation Etat islamique (EI) avec armes et bagages. Une opposition également divisée sur le plan politique au point qu'on se demande qui la représenterait réellement en cas de discussions.

Le monde médical français privé est en grève à partir de ce vendredi 13 mars pour protester contre le projet de loi de santé de la ministre Marisol Touraine dont l’examen en commission doit débuter mardi à l’Assemblée nationale.

Mesure phare du texte, la généralisation du « tiers payant » provoque l’ire des professionnels de santé. La prise en charge directe des frais de santé par la Sécurité sociale et par les assurances privées existe déjà dans les pharmacies où un patient couvert par la Sécurité sociale et possédant une mutuelle ne doit payer, pour ses médicaments, que ce qui n'est pas pris en charge par ces deux organismes. Autrement dit, le patient n'a pas à avancer les frais dans l’attente d’un remboursement et le pharmacien, lui, se fait payer la différence directement par l’Assurance Maladie et par les mutuelles.

63% des Français favorables

Si le texte de Marisol Touraine est adopté, tous les professionnels de santé devront accepter cette « dispense d'avance de frais » d’ici 2017. Les syndicats de médecins affirment que cela va générer beaucoup de paperasse et craignent surtout de ne pas être payés en temps et en heure. Pour tenter de les rassurer, la ministre française de la Santé a ajouté un article à la loi prévoyant des pénalités à l'encontre de l'Assurance Maladie si le règlement n'était pas effectué sous sept jours.

Les soignants affirment également que ce qui peut apparaitre, aux yeux de certains patients, comme une « pseudo-gratuité » risque de faire exploser les dépenses de santé en France. Mais la généralisation du tiers payant reste très populaire au sein de la population française. Selon un sondage récent, 63 % des Français y sont favorables.

La redéfinition du service public hospitalier contestée

Autre mesure prévue par le projet de loi et contestée par les organisations syndicales de personnels soignants, la possibilité de se faire vacciner par les pharmaciens. A l'heure actuelle, en France, seul un médecin a l'autorisation de procéder à une vaccination et les organisations représentatives dénoncent cette délégation de compétence vers le secteur paramédical comme étant un « démantèlement » de leur profession.

Egalement contestée, la redéfinition du « service public hospitalier » centralise les craintes des médecins et autres professionnels de santé. Pour faire partie de ce « SPH », les médecins et les cliniques ne devront plus pratiquer de dépassements d'honoraires. La majorité des établissements privés en seraient donc, de fait, exclus. Et ne pourraient plus prétendre aux fonds et subventions qui s'y rapportent...

Le mouvement a commencé ce vendredi avec une grève des urgences et des gardes. Ce samedi, les praticiens sont appelés à fermer, purement et simplement, leurs cabinets et une manifestation est prévue à Paris, dimanche. Les organisateurs n'ont pas affrété de bus ni de train mais disent espérer dépasser le cap des 20 000 manifestants dans les rues de la capitale française. Ce serait la mobilisation la plus importante du corps médical depuis 2002 avec le mouvement pour la revalorisation des honoraires des médecins.

Page 197 sur 230

logotwitterFacebook