"La différence ne doit pas être un obstacle mais une richesse" Pape Cissoko

"Beaucoup de gens ont une histoire. La mienne est peinte sur mon corps." Chantelle Brown-Young, une jeune Canadienne de 19 ans aujourd'hui mannequin, est atteinte d'un vitiligo, une maladie qui entraîne une dépigmentation de la peau inégale ou intégrale. De ses taches blanches sur son corps elle a fait un atout haut en couleurs.
Chantelle Brown-Young, de son vrai nom Winnie Harlow, n'a pas toujours assumé sa différence. Porteuse de vitiligo depuis son enfance, la jeune femme se faisait appeler "la vache" ou "le zèbre" à l'école. Ayant pensé maintes fois à se suicider, la Canadienne a fini par apprendre à vivre avec sa maladie incurable, et à en faire un atout. Attirant ainsi l'œil de jeunes créateurs, tombés amoureux de son originalité et de sa détermination, Chantelle a fait du mannequinat son métier.
Un hymne à la différence
Depuis, le modèle canadien n'hésite plus à s'afficher telle qu'elle est, et à afficher sa différence stupéfiante. Sur la Toile, Winnie Harlow apparaît en photo avec des vaches ou des chevaux bicolores, à l'image de son corps tacheté. Réalisant ainsi un pied de nez à ceux qui l'ont moquée durant son enfance, elle a définitivement tourné la page de son ancienne vie.
La jeune femme fera partie des candidates pour l'émission de télé-réalité America's Next Top Model cet été. "Je suis un "outsider" et je veux prouver que l'on peut poursuivre ses rêves en dépit de toutes ses imperfections et ses échecs", déclare Chantelle dans sa vidéo de présentation pour l'émission.
Vitiligo : 1 à 2% de la population est touchée
Le vitiligo est une affection de la peau caractérisée par l'apparition de tâches blanches sur les pieds, les mains, le visage, les lèvres ou toute autre partie du corps. Ces taches sont causées par une dépigmentation, c'est-à-dire la disparition des mélanocytes, les cellules responsables de la couleur de la peau (qu'on appelle pigmentation).

Le cas de Chantelle Brown-Young présente une forme de vitiligo généralisé. En effet, les tâches clairsemées apparaissant sur son corps touchent les deux côtés du corps et sont symétriques.
Les premières taches surviennent généralement entre 10 et 30 ans (la moitié des personnes atteintes le sont avant 20 ans). Le vitiligo est donc assez rare chez les enfants. Il touche aussi bien les hommes que les femmes, et survient partout dans le monde, sur tous les types de peau.
Le vitiligo touche environ 0,5 à 1% de la population mondiale (source : Orphanet). Cette maladie n'est ni contagieuse, ni douloureuse, mais peut entraîner une détresse psychologique importante comme celle que la jeune femme a vécue. Michael Jackson était lui aussi atteint de cette maladie.
Vivre avec le vitiligo est un compromis esthétique inévitable pour la personne atteinte, mais n'est pas une maladie grave. Les personnes atteintes de vitiligo ont toutefois un risque accru d'avoir un cancer de la peau, car les zones dépigmentées ne font plus barrière aux rayons du soleil.

Par La rédaction d'Allodocteurs.fr

( images, Mme Hulot Guillabert, Les talibés, Me Adrienne Ntankeu présidente de ANIDA/Albinos / France et Pape C )

Regards sur l'Afrique : Hulo Guillabert, activiste panafricaine, consultante internationale désormais au Sénégal – « l'Afrique n'est pas pauvre, elle est appauvrie à dessein par de multiples prédateurs »

Africaleadnews – (Dakar) «L'Afrique n'est pas pauvre, elle est appauvrie à dessein par de multiples prédateurs qui lorgnent constamment sur son sous-sol, ses richesses, déstabilisent son économie...» ajoutons que l'Afrique doit être pensée et gérée par ses fils tout en s'ouvrant au monde-Pape CISSOKO

Sa frimousse est désormais reconnaissable entre mille. Grande silhouette légère, Hulo Guillabert a choisi la rue du peuple indigène après une vingtaine d'années à l'étranger. A Dakar comme un peu partout dans la sous-région, ses nombreuses activités d'activiste commencent à faire du bruit. Dans cet entretien, l'écrivain éditrice, fondatrice de la Revue des bonnes nouvelles d'Afrique, revient sur les problèmes de l'Afrique, sur ses relations avec l'Occident. Elle parle, par ailleurs, de son optimisme quant à l'avenir du continent africain.
Hulo Guillabert, pouvez-vous rappeler votre parcours aux lecteurs d'Africaleadnews ?
Je suis née au Sénégal. J'y ai vécu jusqu'à l'âge de 21 ans, et après 30 ans d'absence, j'ai fait le choix de revenir y vivre en 2012. J'ai vécu un an et demi à Abidjan, 20 ans à Paris, près de 8 ans à la Réunion, un an et demi à Montréal...
J'ai abandonné une carrière de consultante-chef de projet NTIC auprès des grandes entreprises françaises pour devenir éditrice, écrivain, promotrice culturelle et activiste du panafricanisme. En somme, j'ai choisi l'art et l'Afrique.
Quelles sont les motivations qui vous ont poussé à revenir vous installer au Sénégal et à créer les éditions «Diasporas noires» entre autres projets à thématique panafricaine ?
Les dernières années, l'exil me pesait de plus en plus. Je revenais au Sénégal quasiment deux fois par an et repartais la mort dans l'âme. Et puis à un moment donné, j'ai pris la décision de m'engager pour l'Afrique et j'ai pensé qu'il fallait que je fasse ce geste militant très fort de revenir y vivre quelles que soient les difficultés auxquelles je serai confrontée car après tout, les Africains avaient les mêmes problèmes.
J'ai eu l'idée de créer Diasporas Noires Éditions après avoir assisté au scandale de la falsification du livre de Sylvia Serbin «Reines et héroïnes d'Afrique» et j'ai pensé que les Africains devaient s'éditer eux-mêmes. Éditons nous-mêmes, nos histoires et notre Histoire ! Diasporas Noires est et restera donc 100% africaine !
Comment vous est venue cette vocation artistique ?
Depuis l'âge de 8 ans, j'étais une grande lectrice. Mais je me sentais aussi un écrivain. A l'école, au lycée et partout où je passais, les enseignants montraient une admiration non dissimulée pour mes textes qui étaient lus systématiquement à toute la classe. Je raconte cela dans mon roman autobiographique «Dior – Le Bonheur volontaire». J'écris tout le temps dans ma tête. Je pense qu'être écrivain, c'est un état d'être permanent et non choisi, ce n'est pas un rôle que l'on peut endosser ou jouer. Je pense qu'on nait écrivain ou peintre même si cela peut se révéler tard dans notre vie. J'étais aussi très bonne en dessin. D'ailleurs adolescente, je dessinais mes robes. J'ai toujours senti en moi une fibre artistique dans beaucoup de domaines.
Qu'en est-il exactement du Nubi-arts restaurant-galerie ?
Le Nubi-Arts est un concept d'espace socioculturel et restaurant africain auquel je tiens beaucoup et qui avait un grand succès d'estime. J'en étais très fière mais j'ai dû fermer en janvier car on avait de trop lourdes charges, n'ayant aucune aide ni subvention, ni aucun partenaire financier. Je souhaite le réinstaller dans un emplacement plus approprié, plus fréquenté avec des charges réduites mais je n'ai pas encore eu la possibilité de le faire. « J'avais trouvé un magnifique emplacement mais malheureusement c'était administrativement compliqué car sur un site géré par l'Etat ». D'ailleurs, il faudrait que j'écrive à la mairie de Dakar ou au ministère de la Culture pour trouver un lieu pas trop cher. Je pense que ce genre de concept devrait se développer pour promouvoir l'art africain par les Africains eux-mêmes et ne pas laisser ce monopole depuis 50 ans aux instituts et centres culturels étrangers. La véritable indépendance commence par la Culture et l'art.
Comment comptez-vous élargir ou développer ces projets ? Avez-vous des partenaires ?
Non ! Je n'ai pas de partenaires parce que c'est très difficile de bien s'entendre avec des gens, d'avoir la même vision et de se faire confiance dans des relations d'argent. Il est vrai aussi que je suis du genre à ne pas trop savoir faire de concessions en ce qui concerne ma vision des choses. (Rires).
Pensez-vous réussir ce pari dans le contexte d'une Afrique, régulièrement, secouée par des tragédies d'ordres socio-économique ?
C'est vrai que le contexte n'est pas facile, de plus l'art en général, la littérature en particulier ne sont des priorités pour personne en Afrique. Je parle des Etats et des gens. Je mets en œuvre mes idées avec mes fonds propres, je me ruine souvent. (Rires). Mais je suis heureuse quand même d'y parvenir, de démontrer que c'est possible. C'est une grande satisfaction d'avoir créé la maison d'édition Diasporas Noires, d'avoir créé le Nubi-Arts, des concepts avec une vision africaniste bien marquée qui peuvent servir d'exemples aux jeunes Africains.
Que pensez-vous du drame qui s'est récemment produit en Méditerranée notamment avec le naufrage de plus de 500 migrants africains ?
Je pense à leurs mères, leurs parents et je me sens anéantie et impuissante face à cette volonté que les jeunes ont de rejoindre coûte que coûte l'Europe. Il y aura beaucoup à faire pour changer cette mentalité. Les jeunes Africains doivent pouvoir rester en Afrique et y vivre prospères et en paix. L'Afrique a de quoi nourrir tous les Africains si elle n'était pas systématiquement pillée. L'Afrique n'est pas pauvre, elle est appauvrie à dessein par de multiples prédateurs qui lorgnent constamment sur son sous-sol, ses richesses, déstabilisent son économie notamment avec le franc CFA et les nombreuses multinationales qui y règnent sans partage. Qu'ils nous laissent tranquilles et peut-être que bientôt, plus aucun Africain n'aura envie d'émigrer. Qu'ils nous laissent tranquilles et nous pourrons enfin prendre notre destin en main !!! Mais je pense que c'est trop leur demander car eux-mêmes jouent leur survie. Donc il va falloir se battre contre ses prédateurs de l'Afrique et sauver nos fils de la noyade.
Quelle devrait être, selon vous, la réaction des dirigeants africains devant une telle situation ?
Pour moi, les dirigeants africains surtout francophones ne lèvent jamais le petit doigt pour arrêter ces drames qui se déroulent depuis des années sous leurs yeux. Les entendez-vous ? Prennent-ils des mesures ? Anticipent-ils sur ces drames prévisibles ? Non !
Je suis désolée de le dire mais ces dirigeants-là ne sont jamais sur le registre du bien-être de leurs peuples. Nos fléaux et nos catastrophes passent et ils sont là, sourds, muets, aveugles. Parfois ils font des promesses circonstancielles et puis ça passe et on passe à la catastrophe suivante. Voilà à quoi le peuple africain est confronté depuis 55 ans. Dommage qu'on ne puisse pas cloner Thomas Sankara. Mais je suis sûre qu'il y a des Sankara partout en Afrique qui attendent leur heure. Je suis optimiste.
Étant donné que vous voyagez beaucoup en Afrique, quelle politique sociale proposeriez-vous pour résoudre ce fléau ?
Malheureusement, je ne suis ni politique ni économiste. Il parait que c'est eux qui ont des solutions. J'avoue humblement que je n'ai pas de solution miracle à part être sur le terrain de la conscientisation du peuple africain, sur le front du changement de la conscience et de paradigme. Voilà pourquoi, j'ai créé en 2011 la Revue des bonnes nouvelles d'Afrique pour dire à nos jeunes «Regardez comme l'Afrique est belle et riche, soyez optimistes, positifs. Vous êtes beaux, intelligents, ne laissez personne vous dire le contraire. Ayez confiance en vous, en l'Afrique. Les problèmes nous pouvons les résoudre !». À part les problèmes cités plus haut, je pense que nous avons aussi un déficit d'estime de soi et de manque de confiance en nos capacités. On nous dit depuis si longtemps que nous sommes nuls.
Que dites-vous aux jeunes Africains, en particulier ceux qui ont des projets et qui ne peuvent pas maintenant les réaliser sur place ?
Je pense que cet argent qu'ils arrivent à trouver pour payer les passeurs, cette énergie incroyable qu'ils déploient pour traverser tout cet enfer avant d'arriver en Europe, utilisés ici, feraient des miracles et leur permettraient de réaliser beaucoup de choses. Mais ces jeunes ne sont pas éduqués et personne ne les aident à voir cette évidence et à agir concrètement dans ce sens. Les Etats ne remplissent plus leur devoir d'éducation, les associations sont dépassées par l'ampleur de la tâche. Un discours de vérité doit aussi être tenu sur la réalité qui les attend sur le parcours et en Europe.
Les Africains de la Diaspora doivent être conscients de leur responsabilité quand ils reviennent en vacances pour étaler leur soi-disant belle vie en Europe. Il faut que cela cesse ! Que nous soyons tous responsables dans nos discours respectifs. Moi, quand je vivais en Europe et que je venais en vacances, mon entourage disait parfois avoir honte de moi car je ne m'habillais pas assez bien et je n'étalais pas ma richesse. J'avais tout le temps un discours dissuasif.
Quelles sont vos activités en tant qu'activiste ?
Elles sont nombreuses et variées. Beaucoup pensent que je me disperse, que je travaille trop. (Rires).
Je m'occupe de Diasporas Noires qui est une maison d'édition militante qui veut faire la promotion des écrivains afro-descendants partout dans le monde.
Je m'occupe de la Revue des bonnes nouvelles d'Afrique qui met en avant des choses valorisantes en Afrique que les médias internationaux ne montrent jamais.
Je viens aussi de lancer des formations numériques culturelles notamment une formation pour créer une maison d'édition numérique.
J'ai beaucoup de pages Facebook que j'administre, dont un groupe qui compte 18 000 personnes avec des débats très denses et intéressants sur l'Afrique.
Je suis aussi dans des clubs panafricains où l'on réfléchit à des thèmes comme les États-Unis d'Afrique ou le Franc CFA.
Je me lance également depuis l'année dernière dans une activité de conférencière notamment sur trois sujets qui me tiennent à cœur : L'Afrique Numérique, L'Afrique Unie et L'Afrique Optimiste.
Le sort des albinos me préoccupe beaucoup et j'essaie de soutenir au maximum de mes possibilités mon amie Adrienne Ntankeu, présidente de l'association ANIDA Tous ensemble pour l'Albinisme.
Et pour finir, j'œuvre beaucoup au sein du Collectif Stop à la Mendicité des enfants que j'ai fondé en avril 2014 et nous faisons beaucoup d'actions d'éclat depuis un an pour sensibiliser la société et l'État sur ce drame humain. Nous avons fait un manifeste, beaucoup de manifestations et participé au Forum Social Africain en octobre dernier. Nous avons écrit une lettre ouverte au Président de la République. Notre prochaine manifestation aura lieu le 16 juin prochain, journée de l'Enfant Africain. Je lance un appel pour que tous les Sénégalais viennent montrer leur désaccord et leur honte face à ces enfants maltraités sous nos yeux.
De quelle manière les gens adhèrent à votre cause. Quelles sont les manifestations de solidarité ?
Les gens sont extrêmement bienveillants, solidaires avec moi alors que souvent, ils ne me connaissent pas. J'ai eu le cas d'un jeune Congolais qui était pion dans un lycée en France et s'était mis en tête de m'envoyer 50 ou 100 euros par mois de son maigre salaire afin de me payer une assistante. (Rires). J'en ai eu les larmes aux yeux ! Et puis le collectif a beaucoup de soutien, d'encouragements et de demandes d'adhésion. Mais nous refusons tous les financements d'où qu'ils viennent. Nous cotisons nous-mêmes car il nous faut rester intègre pour pouvoir mener ce combat difficile et ne pas nous faire récupérer.
Mais souvent, les jeunes me contactent à travers mon site ou sur les réseaux sociaux. Ils attendent de moi que je les conseille, que je les aide dans leurs actions, leurs associations ou autres. Je m'efforce de répondre à tous, mais parfois ce n'est pas facile de trouver le temps ou l'énergie. J'ai aussi beaucoup d'Africains qui veulent rentrer en Afrique et qui me demandent conseil.
Vous est-il arrivé de subir une quelconque pression ou d'être intimidée dans le cadre de vos activités ?
Bizarrement non ! Dans le cadre du Collectif Stop à la mendicité des enfants, on m'avait dit de faire attention mais non, aucune pression à signaler.
Quelles sont vos projections à court terme en tant que leader d'opinion et dans un contexte d'actes de citoyenneté ?
Il y a beaucoup à faire. Actuellement, je consolide ma maison d'édition et travaille à son expansion en associant des représentants d'autres pays d'Afrique, j'ai déjà un Camerounais qui nous a rejoint comme directeur de deux collections Savoirs et Résistances, une Congolaise qui a une superbe plume également, d'autres suivront bientôt. Je rêve d'une grande maison d'édition panafricaine dédiée au changement des consciences et des paradigmes en Afrique.
Je continue à travailler sur la Revue des bonnes nouvelles d'Afrique qui a une audience dans les Diasporas Noires du monde entier. On m'écrit du Japon ou d'Indonésie par exemple.
Et puis, ce département Diasporas Noires Formations que je viens de créer est aussi très important car il a l'ambition de promouvoir le numérique en Afrique, nous voulons former des jeunes acteurs socioculturels, des éditeurs, des promoteurs d'art à la maitrise des réseaux sociaux, à la culture numérique comme outil d'émancipation.
Nous voulons apporter notre pierre à la construction de l'Afrique Numérique.
Quelle est votre conception globale de la vie ?
Je vois la vie comme une série de situations que l'on doit transcender et qui nous font évoluer vers le meilleur. Donc pour moi, les Africains sont dans la phase d'évolution vers le meilleur après des siècles du pire. Pour moi, le 3e millénaire est africain malgré les apparences chaotiques actuelles. Notre tour est venu. Même si ce n'est pas encore visible pour tout le monde, c'est sous le capot. Moi, je le vois bien et j'y crois fermement.
Votre dernier mot ?
UBUNTU qui veut dire «je suis parce que nous sommes». Pour moi, c'est le mot symbole issu de la sagesse ancestrale africaine qui peut nous aider à réaliser les États-Unis d'Afrique. Je salue les lecteurs d'Africaleadnews et vous remercie infiniment pour l'intérêt que vous portez à ma vision et à mes combats.
Propos recueillis par Diouma SOW www.diasporas-noires.com

 

Le 10 mai est la journée commémorative de l'abolition de l'esclavage en France. Ce jour a été célébré pour la première fois à Choisy-le-Roi à l'initiative de ma collègue et amie, Chantal GRASSET-PRIAN, conseillère municipale associée aux droits de l'homme et aux actions contre les discriminations.
Je voulais vous partager mon intervention prononcée à cette occasion dans le Parc de la Mairie au pied de la statue de la Paix de David Erevantzi.
"Mesdames, messieurs Nous voici réunis aujourd'hui pour rendre hommage à la mémoire des victimes de l'esclavage et de la traite négrière, et pour commémorer l'abolition de ces tragiques institutions.
Depuis 2006, les cérémonies du 10 mai participent de la construction d'une mémoire lucide, apaisée et réconciliatrice.
Cette journée est l'occasion de rappeler la France à son héritage, à son destin, et aux valeurs sur lesquelles repose notre pacte social.
C'est au nom de ces valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité, que des hommes et des femmes se sont élevés au-dessus de leur idéal pour prendre part à l'abolition de la traite et de l'esclavage. Je pense à Victor SCHOELCHER dont une partie des descendants résident à Choisy-le-Roi, à Louis DELGRÈS et son ami Joseph IGNACE qui font partie des premiers à s'être soulevés accompagnés de 200 autres camarades, à L'Abbé GRÉGOIRE, rédacteur d'une première loi d'abolition de l'esclavage avant qu'elle ne soit retirée par Napoléon Bonaparte, et une jeune femme prénommée "Solitude" qui s'est également révoltée, et à tous ceux qui, par leurs combats pour l'abolition, ont contribué à dessiner le visage de notre République et à forger son identité humaniste.
Mais célébrer l'abolition ne doit pas servir à oublier le sort qui a été réservé aux victimes de l'esclavage.
En mettant des êtres humains au rang de « biens meubles », en permettant que des êtres humains soient vendus, loués, achetés comme des marchandises, l'homme nous a prouvé qu'il pouvait devenir le pire ennemi de l'homme.
L'esclavage et la traite négrière nous montrent le danger encouru par l'humanité lorsque la barbarie prend le pas sur la civilisation. Bien évidemment nous préférons bien souvent célébrer les événements qui sont glorifiant.
Le désir est toujours grand d'enterrer ce que nous voudrions n'avoir jamais vu le jour. Mais, comme nous en avertissait Aimé Césaire :
« Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde. »
Ces paroles d'Aimé Césaire conservent toute leur actualité et toute leur force de vérité.
Je pense que la grandeur d'une nation se mesure au courage dont elle fait preuve pour se retourner sur son Histoire. Toute son Histoire.
Pas par honte, mais par honneur. Pas par fragilité, mais par force.
Ce passé, s'il n'est pas dit, s'il n'est pas interrogé, s'il n'est pas mis en partage, continuera à faire le lit des blessures, des rancunes et des communautarismes.
A nous d'assumer notre passé si nous voulons assurer notre avenir commun. Certains pensent que pour aller de l'avant, il faut oublier.

Oublier ces victimes ?! Ce serait faire mourir une seconde fois les millions de vie qui furent dévastées par cette tragédie. Oublier ces combats, ce serait déshonorer la mémoire de tous ceux qui ont lutté contre l'esclavage au nom des principes de la République.
Oublier ces blessures, ce serait nous empêcher d'être solidaires les uns envers les autres et nous priver du bienfait de vivre ensemble. Oublier ces crimes, ce serait mettre en péril la lucidité dont nous avons besoin pour prendre garde à ce que ces désastres ne se reproduisent pas : c'est un appel à la vigilance.
Cette tragédie n'est pas seulement celle des descendants d'esclaves, mais celle de tous les citoyens. Cette mémoire ne saurait être seulement le patrimoine des originaires d'Outre-mer ou des descendants d'esclaves.
Nous devons continuer à œuvrer pour que cette mémoire devienne un bien commun à tous et un patrimoine de vigilance pour les générations. La mémoire et la transmission donc, mais aussi la vigilance.
Les dernières élections sont là pour nous rappeler que la barbarie et les forces de la haine ne sont jamais une fois pour toutes anéanties.
Les préjugés, les haines racistes et antisémites ne sont pas éteintes, je dirais même se ravivent et prospèrent. Il nous faut les combattre sans relâche, les pourchasser où qu'elles se trouvent et les terrasser sans hésitation.
Cette journée de commémoration est aussi là pour nous rappeler qu'être silencieux devant la haine de notre prochain revient à y consentir, à l'encourager et à la renforcer. Notre pays, notre ville, doit être fière de ses origines multiples.
Aujourd'hui encore, l'homme n'est toujours pas à l'abri de l'homme. Aujourd'hui encore dans le monde, le commerce d'êtres humains n'a pas encore disparu. Aujourd'hui encore des enfants, des femmes et des hommes sont victimes de traites d'un genre nouveau.
Cette journée de commémoration de l'esclavage, de la traite et de leurs abolitions est également décisive pour appeler chacun d'entre nous à être lucidité, à assumer ses responsabilités. L'esclavage continue d'exister à l'heure même où nous parlons.
Il doit être combattu sans atermoiement et sans faiblesse. Il doit être combattu avec force, avec courage et avec détermination.

Le combat pour la liberté n'est pas derrière nous. Les valeurs de notre République font notre fierté. Mais elles ne peuvent faire notre fierté que si elles font et sont d'abord, notre exigence.
Les Droits de l'homme, les valeurs de dignité, d'autonomie et de respect de ne doivent pas être réservés à ceux qui sont nés au « bon endroit » de la terre.
Liberté, égalité, fraternité : la devise républicaine ne doit pas être un slogan. Elle doit être un parti pris éthique qui alimente notre action. Ici, comme à travers le monde, ce combat pour la liberté, l'égalité, la justice sociale est plus que jamais d'actualité!
Tâchons d'être, ensemble, à la hauteur de cette responsabilité."

blog de Didier Guillaune Maire de Choisy-le-Roi Val de Marne France

"Les jeunes équipes  municipales, prennent en compte les attentes de la diversité. Un peuple qui s'accepte dans sa diversité, un peuple qui ne veut pas se métisser est un peuple qui s'étiole, la France quoi qu'on dise n'a pas son pareil dans ce monde moderne, les crises destabilsent nos esprits mais la cérité est ailleurs, prenons-garde et sachons reconnaître chez l'autre notre propre regard ( Levinas)". Pape CISSOKO

 

La religion occupe une grande place dans le quotidien des populations sénégalaises. Chaque année, ce sont des millions de croyants musulmans ou chrétiens qui parcourent le pays pour prendre part à des événements religieux ou pèlerinages. Des destinations culturelles et religieuses marquées d'histoires, et qui s'étendent peu à peu vers une cible internationale.
« Il y a énormément d'investisseurs qui veulent ouvrir des hôtels à Touba, Tivaoune, Ndiassane, Popenguine et autres. L'organisation annuelle de nombreuses manifestations religieuses dans de nombreuses villes constitue une importante opportunité en termes de retombées touristiques, aujourd'hui cette piste devrait être explorée pour relancer le secteur. Le tourisme religieux a montré son impact dans un pays comme le Maroc ou l'Arabie saoudite, le Sénégal a de nombreux atouts et devrait prendre exemple » explique Xavier Starkloff, directeur Afrique de l'ouest de la plateforme hôtelière jovago.com
Dans ces villes et villages, les visiteurs peuvent se rendre sur des lieux de culte historiques, parcourir des livres anciens dans des bibliothèques ou encore jeter un œil sur des manuscrits et se recueillir devant des mausolées.
Mise en avant des événements
L'histoire de grands noms comme Sérigne Touba, El Hadj Malick Sy, Baye Niasse, Seydina Limamoulaye ou encore Seydou Nourou Tall, pour ne citer que ceux-là, constituent de nombreuses inspirations religieuses et de grandes attractions pour de nombreux visiteurs, croyants de toutes nationalités qui font le déplacement chaque année pour le magal de Touba, le gamou de Tivaouane, le gamou de N'diassane, le gamou de Médina Baye. Certains événements et sites chrétiens comme le pèlerinage au sanctuaire marial de Popenguine, les recollections de Keur Moussa, ou la Cathédrale de Dakar sont également de véritables attractions pour le tourisme religieux. « Notre pays possède une histoire religieuse importante, et dans une ville comme Joal Fadiouth le dialogue inter-religieux est visible, ce qui nous manque c'est juste une bonne promotion » explique François Touré, de l'association des guides touristiques de Joal-Fadiouth. En effet, pour que le Sénégal devienne une destination importante dans le tourisme religieux, il demeure important que les événements religieux ainsi que l'histoire de ces grands hommes soient mis en avant à travers le monde.

Ismaël Cabral Kambell Resp Relations Publiques l'Afrique de l'Ouest
Tel: +221 76 644 38 93 l Skype: Is-kambel

 

Le prof de philo, « Charlie », et la liberté d'enseigner : Jean-François Chazerans professeur de philo au lycée est accusé d'apologie du terrorisme ou quand réfléchir ou apprendre à prendre du recul pour mieux juger est un défaut

Où s'arrête la liberté de penser, de parler, d'enseigner ? La philosophie est-elle forcément subversive ? Peut-on être neutre ? L'histoire de Jean-François Chazerans pourrait se décliner en dizaines de sujets de philosophie. Depuis le mois de janvier, elle ne cesse de faire disserter.
Sur la Toile, ce professeur de philosophie de Poitiers, sanctionné pour des propos tenus en classe après l'attaque contre Charlie Hebdo, est devenu, en l'espace de quelques mois, la figure du professeur engagé, libre et anticonformiste, au service de l'émancipation des esprits. Provocateur et sans tabou. Et aujourd'hui victime d'une injustice. Mais dans « l'affaire Chazerans », difficile de démêler la part de mythe et de réalité. Ne serait-ce que parce qu'elle repose sur des propos rapportés, sortis de leur contexte, déformés, interprétés.
Il est 10 heures, jeudi 8 janvier. Depuis la veille défilent à la télé les images d'une rédaction décimée, la traque des frères Kouachi, des visages horrifiés par la tuerie. Au lycée Victor-Hugo − dans le centre-ville de Poitiers −, lorsque les élèves de terminale ES arrivent dans la classe de Jean-François Chazerans, ils sollicitent un débat sur l'attentat. Pourquoi pas. La veille, la ministre de l'éducation a demandé aux enseignants de « répondre favorablement aux demandes d'expression » des élèves. Et les cours de M. Chazerans commencent toujours ainsi : un élève ou le professeur propose un sujet, qui est voté puis débattu. Ce jour-là, pendant deux heures, on parle justice, liberté d'expression, racisme, origines du terrorisme... « Hormis le contexte, ce n'était pas un cours différent de d'habitude », souligne le professeur de 55 ans.
Dix jours plus tard, pourtant, il est convoqué chez la proviseure. Deux inspecteurs de l'éducation nationale l'y attendent. « Ils me disent : "Monsieur, on est là pour rédiger un rapport qui sera ce soir sur le bureau du recteur et demain sur celui de la ministre." » Il s'avère qu'un parent d'élève a envoyé un courrier à la proviseure, dénonçant certains de ses propos lors du cours. Selon cette lettre, il aurait dit : « Les militaires envoyés dans les pays en guerre, c'est de l'impérialisme » et « les crapules de Charlie Hebdo ont mérité d'être tuées ».
Un dossier « pas vierge »
Apologie du terrorisme ? Le recteur de l'académie de Poitiers, Jacques Moret, prend l'affaire très au sérieux. Il accorde d'autant plus d'importance à cette dénonciation que M. Chazerans est un enseignant qui « pose question », dit-il, et que « son dossier n'est pas vierge ». Il suspend le professeur, diligente une enquête administrative. Puis, comme celle-ci « n'a pas permis de démêler le vrai du faux », saisit le procureur de la République le 23 janvier.

L'enquête pénale écarte les soupçons d'apologie de terrorisme. Jean-François Chazerans a parlé de « crapules » au sujet des journalistes de Charlie Hebdo, mais « à aucun moment il n'a soutenu l'action des terroristes », souligne le procureur, Nicolas Jacquet. « J'ai prononcé le mot crapules en pensant au Charlie de ma jeunesse. Je n'aimais pas ce qu'ils étaient devenus ; pour moi, ils avaient un peu viré racistes. Alors oui, je me suis permis une petite provocation à la Charlie... », explique le professeur.

Côté justice, l'affaire est classée sans suite. Elle se prolonge côté éducation nationale, non plus sur l'apologie du terrorisme, mais sur les propos et la manière de faire cours de M. Chazerans. Car le procureur a mis en garde l'administration : le professeur aurait fait part de ses opinions en classe. Des élèves ont rapporté qu'il a « fait le lien entre terrorisme et impérialisme de l'Occident » − il a notamment projeté un article tiré d'un blog intitulé « Le terrorisme, produit authentique de l'impérialisme ». D'autres disent qu'il a assimilé les militaires français à des terroristes. « C'est un élève qui avait quitté le cours qui a rapporté ce qu'un camarade a cru entendre. Quoi qu'il en soit, je ne livre pas mes opinions, se défend M. Chazerans. C'est un cours de philosophie, je sème le doute, je pose des questions pour ébranler des certitudes. »

Toujours est-il que le 13 mars, un conseil de discipline se tient. Il vote en faveur de la sanction proposée par l'administration : le déplacement d'office. Jean-François Chazerans est muté à 80 kilomètres de Poitiers, dans un lycée des Deux-Sèvres. Son avocat et lui s'apprêtent à déposer un recours devant le tribunal administratif et envisagent de porter plainte pour dénonciation calomnieuse.
« Je ne livre pas mes opinions. C'est un cours de philosophie, je sème le doute, je pose des questions pour ébranler des certitudes. »

Que lui est-il reproché précisément ? Des mots, d'abord. Lors de leur enquête, les deux inspecteurs ont été agacés par sa façon de prétendre « prendre le contre-pied du discours ambiant dominant ». L'arrêté de sanction qualifie ses propos d'« inadaptés » eu égard au « contexte particulièrement tendu ». Jean-François Chazerans aurait franchi les limites de son devoir de réserve et porté atteinte à l'image de sa fonction. Sa méthode est aussi mise en cause : pas de cours, seulement des débats, qui seraient menés sans préparation, sans organisation, sans synthèse.
La sanction aurait sans doute été moins lourde si M. Chazerans n'avait pas reçu, en 2014, un blâme pour propos « déplacés ». Ou si, en 2012, il n'avait pas déjà eu affaire au procureur. Militant du Droit au logement, il avait projeté, lors d'un cours, une vidéo de l'expulsion d'un camp de mal-logés à Poitiers par la police. La fille du commissaire, élève à Victor-Hugo, en a entendu parler. Elle a rapporté l'histoire à son père, qui a porté plainte. L'affaire a été classée sans suite.
Autogestion

Voilà plusieurs années que M. Chazerans est dans le collimateur de l'administration. Celle-ci dit recevoir régulièrement des remontées de parents. Il faut dire qu'il n'est pas tout à fait un enseignant « dans le moule ». Sa classe fonctionne plus ou moins en autogestion. C'est collectivement qu'est décidé le sujet du jour. La prise de notes est recommandée, mais pas obligatoire. Deux contrôles par trimestre sont organisés ; ceux qui veulent s'entraîner davantage peuvent proposer un sujet ou en demander un. « Je ne considère pas mes élèves comme des gamins, mais comme des esprits qui s'émancipent, explique l'enseignant. Je n'exige pas grand-chose d'eux. Pour moi, ça fait partie de l'acquisition de l'autonomie, ce qui est le rôle du cours de philosophie et celui de l'école. »
Voilà pour le cadre. Pour ce qui est de son enseignement, M. Chazerans est plus Socrate que sophistes. Plus conversation que cours magistral. Les élèves sont en cercle et discutent. Le rôle du professeur est d'« accompagner la pensée collective » : poser des questions, recadrer, jouer le maître provocateur, se mettre en retrait quand il le faut. « Mais il y a aussi des moments où je donne des références, des clés méthodologiques, où l'on construit une dissertation à l'oral », assure-t-il. Cette méthode, certains élèves l'adorent. D'autres craignent de ne pas être suffisamment préparés au bac. Au lycée, le professeur a sa réputation : « Avec Chazerans, on ne fout rien. »
Cette petite musique a fini par remonter aux oreilles de l'inspectrice de philosophie, Brigitte Estève-Bellebeau. En 2014, elle est venue voir M. Chazerans pour lui dire que « le débat ne pouvait être l'alpha et l'oméga » de l'enseignement de philosophie. « Un débat se prépare, pour éviter de tomber dans le café du commerce ; il se dirige, donne lieu à une synthèse et repose sur un programme. » L'inspectrice lui a aussi demandé de contrôler son langage. « Les professeurs de philosophie aiment bien le registre de la provocation, et pourquoi pas. Mais il ne faut pas oublier qu'on est face à des esprits en construction, il y a une posture à avoir. Or, le lendemain de l'attentat, quand l'émotion était si forte, fallait-il amener un débat de nature aussi brûlante ? »
« Un débat se prépare, pour éviter de tomber dans le café du commerce ; il se dirige, donne lieu à une synthèse et repose sur un programme. »

Mais M. Chazerans reste droit dans ses bottes. Sa méthode, voilà vingt ans qu'il la construit. Elle est née un jour de 1994, lorsque, à la télévision, il tombe sur une émission avec Marc Sautet, le fondateur du premier café-philo, place de la Bastille. Une révélation. L'année suivante, il crée son propre café-philo à Poitiers. Et lorsqu'il obtient le Capes en 1998, c'est cette méthode fondée sur le dialogue qu'il tente d'importer dans ses cours.

Dans le monde enseignant, son histoire a heurté. Beaucoup l'interprètent comme une atteinte à la liberté pédagogique. L'association des professeurs de philosophie a fait part de son inquiétude face à « l'emballement » d'une procédure « sur le seul fondement du témoignage de quelques élèves ». « On est plus exposé que je ne le pensais, déplore Alain Quella-Villéger, professeur agrégé d'histoire-géographie au lycée Victor-Hugo. D'un côté, on nous demande de forger des esprits critiques. De l'autre, on ne peut sortir d'une langue de bois formatée sans risquer d'être sanctionné. »

Depuis l'affaire, certains disent même se censurer. « Mes cours sont plus plats, moins illustrés. Je laisse moins de place aux débats, regrette un collègue sous couvert d'anonymat. « Il faut garder à l'esprit que tout ce qu'on dit peut être mal interprété, renchérit un autre. Au lendemain d'un attentat, Jean-François Chazerans a pu être maladroit face à des élèves qui en avaient une vision manichéenne. Il a pris des risques et en paie le prix fort. »

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La ressemblance du discours des envoyés du Fmi avec celui du ministre de l’Economie, des finances et du plan rappelle tant les vieilles ficelles qui ont si bien réussi à l’ancien ministre des Finances Abdoulaye Diop, que l’on se demande si l’on ne revit pas les anciennes méthodes.

Une bonne partie de la presse nationale s’est fait hier l’écho des propos tenus par les membres de la mission du Fmi de passage à Dakar, concernant la masse salariale. M. Ali Mansoor, le chef de la mission du Fonds, a déclaré lors de sa rencontre avec la presse locale que le financement du Pse pourrait se heurter à des difficultés tant que la moitié des recettes fiscales de l’Etat sera con­sommée par les salaires. Cela, si l’on tient compte que le tiers du financement de ce Plan provient des ressources de l’Etat. Une grande place a été faite dans les discussions des salons de Dakar et sur les réseaux sociaux, à ces propos de M. Ali Mansoor. Or, ces déclarations, le ministre de l’Eco­nomie, des finances et du plan, Amadou Ba, ne cesse de les marteler depuis plus d’un an.
Déjà, au cours de la campagne de promotion du Plan Sénégal émergent, M. Ba insistait souvent sur le niveau insoutenable de la masse salariale qui menaçait de faire déraper tous les plans et projections si elle continuait à gonfler de la manière qu’elle faisait.
Il se dit même que si les négociations entre les syndicats des enseignants et le gouvernement ont tant traîné en longueur, c’est parce qu’à un certain moment, le Grand argentier de l’Etat a fait comprendre à ses collègues de l’Education, au chef du gouvernement, ainsi qu’au chef de l’Etat, que certaines concessions que les gens envisageaient de faire aux enseignants risquaient de bouleverser les équilibres macro-économiques, et de remettre en question les engagements extérieurs du pays sur de nombreux points. Car en réalité, ce que les gens ne disent pas, mais qui transparaît de manière claire dans le budget de l’Etat, est que la masse salariale a atteint près d’un milliard de francs Cfa.

Les rubriques du budget
Rappelons que le budget de 2015 s’élève à 2 776,782 milliards de francs Cfa, et s’équilibre en recettes et en dépenses. Dans cette rubrique de dépenses, il y a l’encours de la dette qui est de 598,010 milliards de francs Cfa, avec des intérêts et commissions qui s’élèvent à 158 milliards de Cfa.
Dans les dépenses, il y a également les salaires qui sont de l’ordre de 510 milliards de francs Cfa. Et ce montant ne concerne que les salaires des agents de la Fonction publique, et donc ne prend en compte les vacataires et autres maîtres contractuels qui, eux, sont payés sous la rubrique «autres dépenses courantes». Leur montant est estimé à plus de 150 milliards de Cfa. Les rémunérations et autres frais de fonctionnement des nombreuses agences que les différentes administrations ne parviennent pas à réduire se cachent sous le vocable de «transferts courants».
Ce budget 2015, voté par l’Assem­blée nationale, nous signale donc que les recettes collectées, qui sont de 1 601,700 milliards, suffisent à peine à payer nos dettes et notre train de vie, et que nous devons encore recourir à l’emprunt extérieur (570,082 mil­liards), et à la bonne volonté des «partenaires au développement» (405 milliards), auxquels il faut ajouter des «dons et legs», pour une valeur de 194 milliards. Est-il sé­rieux, est-il soutenable de baser toute la stratégie de développement du pays sur des ressources extérieures, alors que nous consommons tout ce que nous produisons ?
C’est ce discours que M. Ali Mansoor a traduit en ses mots à lui, mais que Amadou Ba ne cesse de clamer depuis des mois, presque sans être entendu. De là à se demander si ce n’est pas le ministre de l’Eco­nomie, des finances et du plan qui a soufflé au fonctionnaire international ce qu’il devait dire. Ce ne serait pas une première fois.
On sait que ce fut, pendant plus de dix ans, la méthode du prédécesseur de Amadou Ba, M. Abdoulaye Diop. Ce dernier avait compris que certaines réformes étaient plus facilement mises en œuvre quand elles apparaissaient comme des injonctions des «partenaires au développement», et il les «soufflait gentiment» à ces derniers, pour qu’ils les prennent en charge. Cela lui a si bien réussi qu’il a su appliquer les politiques qu’il a voulues sans faire aucune vague.
Est-ce la nouvelle méthode de Amadou Ba ? wait and see comme disent les Autres.

lequotidien.sn

Dr Mahamadou Yaya Touré est dans de sales draps. Après la publication d'un secret médical sur facebook
, il a été convoqué par la Commission de discipline de l'Ordre des médecins qui s'est saisie de cette affaire qui a plongé les internautes dans l'émoi et la consternation.

Dr Mahamadou Yaya Touré risque gros. Son incurie, qui a alimenté les discussions sur facebook, peut le perdre puisqu’il vient d’être convoqué par la Commission de discipline de l’Ordre des médecins. L’organe de veille pour le respect de la déontologie du médecin l’a en effet appelé hier pour d’abord l’interroger sur ce qui s’est passé avec sa «patiente», avant de l’inviter devant la commission.
Selon Dr Joseph Mendy, vice-président et secrétaire général de l’Ordre des médecins, Dr Mahamadou Yaya Touré a reconnu avoir dépassé les limites avant de battre sa coulpe. «Il dit que c’était une blague entre collègues et que rien de tout ça n’était sérieux», nous confie-t-il. Avant d’ajouter que l’Ordre est en train de réunir les preuves pour pouvoir trancher en toute équité à la suite de son audition.
Aussi, Dr Joseph Mendy a-t-il tenu à préciser que ce médecin n’est pas un gynécologue, mais plutôt un médecin généraliste, qui est de la promotion de 2014. «Il est en service dans un institut pédiatrique qui travaille avec les daaras», éclaire le vice-président et secrétaire général de l’Ordre des médecins qui n’a pas manqué de déplorer «la légèreté» dont Dr Touré a fait preuve sur les réseaux sociaux. «Même s’il s’est excusé, on pense quand même qu’il a tenu des propos déplacés. De toute façon, on va se retrouver bientôt et apprécier la suite à donner à cette affaire», indique Dr Mendy.

Il risque gros
Le moins qu’on puisse dire, c’est que Dr Mahamadou Yaya Touré a cristallisé les rancœurs de toute la communauté médicale du pays. Ses «blagues» ont indigné des gynécologues qui ont vite fait de le bannir de leur rang. Certains médecins, avec qui on s’est entretenu, estiment même que ce jeune médecin n’a pas d’échappatoire vu la «gravité» de son acte. Ne serait-ce que pour la postérité, souligne l’un de nos interlocuteurs, Dr Mahamadou Yaya Touré doit être sanctionné.
Le Quotidien rendait compte dans sa livraison d’hier du débat soulevé sur la toile par Dr Mahamadou Yaya Touré. Il a en effet posté sur sa page facebook ses discussions avec l’une de ses patientes qui lui aurait interdit d’introduire ses doigts dans ses parties intimes. Il s’en est donné à cœur joie, lui et ses amis, au point même de pousser Dr Abdoulaye Diop, secrétaire général de l’Association des gynécologues-obstétriciens, à demander sa suspension en tant que médecin.

lequotidien.sn

lundi, 11 mai 2015 18:42

Saint-Louis : Rewmi fait le procès du Pse

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Le Plan Sénégal émergent (Pse) ne convainc pas les Rewmistes de Saint-Louis. Lors d’un panel organisé par la coordination départementale du parti dirigé par Idrissa Seck, Déthié Fall a indiqué que Rewmi «travaille aujourd’hui à proposer le meilleur programme possible».

Selon lui, le parti a décidé de ne pas commettre les mêmes erreurs en convoquant des assises citoyennes. «Nous avons lancé les consultations citoyennes parce que nous comprenons que chaque Sénégalais est porteur d’une expertise qu’il faut dénicher. Nous avons décidé de les trouver dans les villes, dans les villages, dans les hameaux les plus reculés pour recueillir leurs points de vue sur la situation nationale et les traduire en idées pertinentes devant alimenter le programme alternatif que nous devons présenter aux Sénégalais plus tard», a dit le vice-président de Rewmi.
Les intervenants à ce panel ont déploré le «manque de préparation» dans l’élaboration et la conception du Pse qui, selon eux, «n’a pas suivi la démarche inclusive».
Pour Déthié Fall, «le Pse a, en quel­que sorte, brûlé les étapes ; ce qui lui vaut d’être encore dans une phase de promotion alors qu’en vérité le temps devait être au bilan d’étape».

lequotidien

Le Parti socialiste prend le contre-pied du président de la République, Macky Sall, sur la réduction du mandat présidentiel de 7 à 5 ans. Réunis en assemblée général ce samedi, les secrétaires généraux du Ps ont exigé la tenue du référendum cette année et non à l’année prochaine comme l’a annoncé le chef de l’Etat, rapporte le quotidien L’Observateur."Nous demandons la tenue du référendum au plus tard dans le dernier trimestre de l’année 2015 pour asseoir une meilleure équité entre les partis. Nous demandons solennellement au gouvernement de tout mettre en ouvre pour que ce référendum se tienne au courant de l’année 2015 et non en mai 2016, comme annoncé par le Président Macky Sall", lance le porte-parole adjoint du Ps, Me Moussa Bocar Thiam. Pour l’avocat, "si le référendum devrait se tenir en mai 2016, puis la Présidentielle en 2017, cela peut créer un déséquilibre entre les candidats". Même son de cloche chez Abdoulaye Wilane pour qui "organiser le référendum en 2015 permettra à tout le monde d’avoir des coudées franches ». Poursuivant son argumentaire, le porte-parole du Ps rappelle que "tous les partis préparent chaque jour les élections ».

Les camarades d’Ousmane Tanor Dieng estiment également que la question du référendum met le pays dans une campagne électorale permanent. "C’est pour que cette question qui pollue l’atmosphère puisse être définitivement tranchée afin que les Sénégalais soient édifiés s’il y aura élection ou non », argue Me Moussa Bocar Thiam. Plus précis, Abdoulaye Wilane avance que "presque 90% des cartes d’identité nationales arrivent à expiration en 2016. Ou bien, on produit de nouvelles cartes (pour le référendum), ou bien, il y aura une loi qui proroge la durée de validité de ces cartes".

Léral.

 

Après huit ans de procédure, un ancien étudiant de l'ESC Toulouse qui accusait la Société Générale d'avoir repris son projet innovant de transfert d'argent vers l'étranger sans son accord a finalement obtenu gain de cause. La banque devra lui verser 80.000 euros de dommages et intérêts.
La Société générale a été condamnée par la Cour d'appel de Toulouse à payer 80 000 euros de dommages et intérêts à Kéba Diop, pour "agissements parasitaires". Le groupe français a usurpé deux aspects clés d'un projet développé par le Sénégalais et visant la clientèle africaine.
La Société générale a été condamnée par la Cour d'appel de Toulouse à payer 80 000 euros de dommages et intérêts* à Kéba Diop, un jeune entrepreneur Sénégalais, pour "agissements parasitaires". Le service 'Votre banque ici et là-bas', commercialisé par la Société générale depuis 2008, a repris deux éléments innovants du projet "Transcompte" développé par Kéba Diop, a estimé la Cour dans une décision rendue le 29 janvier. Selon le jugement, les deux éléments copiés sont "la création d'un double compte, support indispensable à la phase épargne et investissement dans le pays d'origine" et "la création d'agences dédiées aux communautés étrangères avec du personnel de même origine".
Ce mécanisme avait été exposé par le jeune étudiant sénégalais dans un mémoire de fin d'études à l'Ecole supérieure de commerce de Toulouse en novembre 2003. Il avait été primé pour son originalité par la Chambre de commerce et d'industrie de Toulouse, dans le cadre du Concours régional des étudiants créateurs d'entreprise (Crece), en 2004. "C'est cette reconnaissance de l'originalité du projet qui a conduit aux premiers contacts avec la Société générale", explique Kéba Diop, contacté par Jeune Afrique. Durant le premier semestre de l'année 2004, plusieurs échanges ont lieu entre le jeune diplômé et des responsables de la banque. Le projet est même présenté "aux responsables du service direction de la stratégie et du marketing de la Société générale à Paris", reconnaît la Cour dans son arrêt.
Marché des migrants
En 2005, la Société générale, implantée de longue date en Afrique et plus récemment en Europe de l'Est, crée une structure spécialisée pour les migrants. Un projet de bi-bancarisation, basé sur l'ouverture simultanée de deux comptes bancaires est testé dès 2006 pour les immigrés roumains en France. Fin 2007, la banque démarre la commercialisation de son tout nouveau produit "Votre banque ici et là-bas" qui repose sur le principe de double relation bancaire avec l'ouverture de compte dans ses filiales à l'étranger. En 2008, le responsable du département marché des migrants reçoit le prix de l'innovation financière pour la Société générale aux European Business Awards.
Le jeune entrepreneur sénégalais porte plainte contre la banque française en 2009 pour "concurrence déloyale". Il sera débouté par le Tribunal de grande instance de Toulouse en janvier 2012 avant de faire appel. "Au moment d'interjeter appel contre cette décision, explique Ferdinand Nzepa, avocat de Kéba Diop, nous avons décidé de mettre l'accent sur la notion de "parasitisme" qui repose sur le fait pour un agent économique de s'inspirer sensiblement ou de copier une valeur économique d'autrui."
Contacté par Jeune Afrique, la Société générale n'a fait aucun commentaire sur le jugement de la Cour d'appel.
* Kéba Diop demandait 15 millions d'euros. Jeuneafrique.com

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