La polémique suscitée par les affaires Petro Tim et Arcelor Mittal continue encore d’alimenter le débat. Aujourd’hui, c’est la mouvance présidentielle qui se retrouve dans tous ses éclats, suite à la série de questionnements d’Abdoulaye Wade lors de son meeting tenue à la place de l’Obélisque, le 21 novembre dernier. En soulevant des zones d’ombres réelles ou supposées dans ces dossiers, le Pape du Sopi a au moins réussi à susciter une certaine … zizanie au sein de la majorité qui semble partir en vrille, tant les positions des uns et des autres s’entrechoquent.
 
Considérée à l’époque comme une simple stratégie politicienne du secrétaire général national du Parti démocratique sénégalais, la série d’accusations de Me Wade, relativement aux affaires Petro Tim et Arcelor Mittal, installe de plus en plus le doute dans l’opinion sénégalaise et, de surcroit, dans la mouvance présidentielle elle-même. Deux semaines après cette sortie de Me Wade, les réactions continuent ainsi d’alimenter la place publique sénégalaise. Pas un seul jour ne passe sans qu’un avis concernant cette affaire ne soit rendu public dans la presse.
 
Pour rappel, l’ancien chef d’Etat sénégalais a vertement accusé devant une foule de militants rassemblée sur cette mythique place de la capitale sénégalaise, en l’occurrence la place de l’Obélisque, l’actuel Président Macky Sall de «s’être enrichi illégalement»dans l’affaire Arcelor Mittal, voire d’avoir fait perdre des milliards de francs Cfa à l’Etat du Sénégal. Poussant le bouchon plus loin, Me Wade s’était directement attaqué à la famille de Macky Sall en accusant celui-ci de s’être arrangé pour donner à son frère Aliou Sall 30 % des parts d’une société de recherche et d’exploitation de pétrole dans les blocs de Saint-Louis Offshore Profond et de Cayar Offshore Profond, en l’occurrence Petro Tim.
 
Les réactions avaient fusé de toutes parts, déclenchant une polémique qui continue encore de faire les choux gras de la presse. Muette sur la question au début, la mouvance présidentielle est aujourd’hui en train de se déchirer sur cette même question. En effet, on assiste de plus en plus à des prises de positions froides du côté des partis membres de la coalition au pouvoir, en l’occurrence Bennoo Bokk Yaakaar (Bby. Certains sont même allés jusqu’à adopter une position « extrême » vis-à-vis du gouvernement sur cette question en demandant la publication de tous les contrats miniers signés au Sénégal. Il s’agit du Front pour le socialisme et la démocratie/Bennoo Jubël- (Fsd/Bj) de Cheikh Bamba Dièye et de la coalition Bennoo Siggil Senegaal (Bss). Membres de la mouvance présidentielle, ces deux entités politiques ont plus que surpris l’opinion, à travers leur sortie sur ce dossier.
 
FSD/BJ ET DE BENNOO SIGGIL SENEGAL EXIGENT LA LUMIERE SUR CES DOSSIERS
 
Le premier à réagir parmi les «amis» du président Macky sur cette question est en fait Cheikh Bamba Dièye, secrétaire général du Fsd/Bj. Dans un communiqué diffusé par nos collègues du site d’information, «ndarndar.com», Cheikh Bamba Dièye et ses amis interpellent en ces termes le chef de l’Etat. «En ces moments de doute, il ne sert à rien de noyer le poisson avec des menaces de poursuites judiciaires contre Wade. Il s’agit juste de sortir les contrats et accords incriminés et les vrais pour que le pays entier soit édifié». Et le communiqué.de renchérir : «L’Etat agissant au nom et pour le compte du citoyen est dans l’obligation d’éclairer notre lanterne. Ne pas le faire maintenant est suicidaire pour un régime et un Président qui avait fait de la transparence et de la gestion vertueuse son crédo».
 
La semaine dernière, c’était au tour des alliés du président de l’Assemblée nationale dans Bennoo Siggil Senegaal (Bss) d’emboucher la même trompette. Lors d’une conférence de presse tenue dans les locaux de l’Afp, la conférence des leaders de cette coalition, également membre de Bby, est allée plus loin en invitant les autorités en place à «prendre très au sérieux les interpellations» de l’ancien président de la République. Ils demandaient même à Macky Sall de fournir les documents de preuves concernant les dossiers Arcelor Mittal et Petro-Tim. «Nous invitons le gouvernement à donner toutes les informations dont il dispose pour clarifier et informer sur cette affaire. Ce n’est pas bien de voguer en permanence dans la nébuleuse, il est bon qu’on clarifie et que chacun fonde son opinion sur des faits concrets».
 
Que dire par ailleurs de la Ligue démocratique et de son secrétaire général Mamadou Ndoye qui réitéraient, avant-hier seulement lors de son passage à Touba, leur crédo à la transparence dans la gestion des affaires publiques comme à la reddition des comptes. Sur l’affaire ayant opposé le Président Macky Sall et le Président Abdoulaye Wade relatives aux dossiers Petro Tim et Arcelor Mittal, le patron des « Jallarbistes » avait tenu à déclarer : « nous  sommes pour la transparence et la reddition des comptes. Cela signifie que sur tout problème où le gouvernement  a le devoir de rendre compte, il doit être transparent et rendre compte ».
 
LE PS ET CAR LENEEN TEMPERENT LEUR POSITION
 
A la différence de ces formations politiques de la mouvance présidentielle qui ont affiché clairement leur position vis-à-vis du gouvernement, concernant ces dossiers (Petro Tim & Arcelor Mittal), d’autres par contre ont préféré jouer au clair-obscur en maintenant un flou général sur leur position. C’est le cas du Parti socialiste (Ps) et la formation d’Amsatou Sow Sidibé, Car Leneen. Interpelé sur la question, le secrétaire général du Parti socialiste Ousmane Tanor Dieng s’est contenté tout simplement de livrer un discours sur le rapport «pouvoir-opposition». « Ma position est simple. Dans une démocratie, il y a l’opposition et le pouvoir. Ceux qui détiennent le pouvoir doivent l’exercer et ceux qui sont dans l’opposition doivent s’opposer librement. Le plus important simplement, c’est que l’Etat de droit soit respecté. Chacun reste dans son rôle dans le cadre des lois et régalements du pays. Je crois que c’est ça le plus important. Si des critiques sont faites de manière générale au pouvoir, le pouvoir a les moyens, les canaux, les preuves pour répondre et ça, c’est le jeu démocratique. Je pense que de ce point de vue, il n’y a rien d’anormal ». Et d’ajouter que «il n’y a rien de répréhensible. Il faut que chacun ait conscience de ses devoirs et responsabilités parce qu’une démocratie a besoin d’un pouvoir qui exerce ses responsabilités et d’autre part d’une opposition qui fait prévaloir ses droits ». La formation d’Amsatou Sow Sidibé s’est elle tout simplement contentée d’une déclaration dans laquelle son directoire appelait « à l’apaisement, à la sérénité et à la retenue».
 
L’APR DENONCE LA POSTURE DE SES ALLIES
 
A la suite de ces prises de positions aux allures de franche démarcation, la réaction du parti au pouvoir qui vient de fêter ses six années d’existence, ne s’est pas fait attendre. En déplacement à Ziguinchor, au cours du week-end écoulé, le ministre Directeur de cabinet politique du président de la République, Mahmout Saleh est entré dans la danse en invitant de son côté les alliés du chef de l’Etat à plus de retenue. Car a-t-il dit, «On ne doute pas de son ami». Le ministre conseiller est même allé jusqu’à qualifier l’attitude de ces alliés du Président de « cécité » ou de « surdité subite ». Au final, il les a invités à plus de retenue et plus  de sérénité  « s’ils estiment devoir encore être  dans le dispositif politique qui l’accompagne ». Avant de leur déconseiller d’ailleurs de s’engouffrer dans des tentatives de déstabilisation et de déconcentration, toutes choses qui, selon lui, sont le fait de l’opposition.
 
A sa suite, le Comité des Intellectuels républicains pour le suivi des engagements et de la massification de l’alliance pour la république (Cirsem), proche du pouvoir, a qualifié cette sortie de Bss et cie d’«engagement non partisan des alliés» De Macky Sall. Cela, «en dépit des réponses officielles claires et précises déjà apportées». Le Cirsem avait fini par exhorter «la conférence des leaders de Benno Siggil Senegaal à faire des propositions à l’Etat par des canaux appropriés sur l’affaire Arcelor Mittal et Petro -Tim.» C’est dire que les affaires Pétro Tim et Arcelor sont bien loin d’être épuisées et qu’elles pourraient déboucher sur des développements assez inattendus, surtout au niveau des relations tissées entre alliés de la mouvance présidentielle. Le moins qu’on pourrait dire, à ce niveau de la polémique, c’est que Me Wade a au moins réussi, en soulevant les affaires en question, à mettre un cheveu dans la soupe de Macky Sall. Au maître du jeu de s’employer à éteindre le feu, à défaut de voir sa coalition partir en vrille !

Au nom du khalife général des mourides, Serigne Bassirou Abdou Khadre a répondu au Président Abdoulaye Wade. «Nous ne ferons que répéter ce que vous aviez eu l’habitude d’entendre parce que comme vous l’aviez dit, vous connaissez bien Touba. Mais la répétition est une bonne chose. Quand vous étiez à la tête de l’Etat, vous avez réalisé tout ce que le khalife vous avait dit.

Personne n’oubliera ce que vous avez fait à Touba et pour Serigne Touba, lui en premier. Comme il vous l’avait dit, vous devez rendre grâce à Dieu. Il dit que les conseils qu’il vous avait prodigués, à savoir de privilégier la paix, vous les avez suivis. Il ne vous le rappelle pas parce que vous êtes sur cette lancée. Le marabout a dit que vous vous connaissez il y a plus de vingt ans. En ce moment, vous n’étiez pas Président mais depuis lors, vous entretenez de bons rapports.»

lequotidien.sn

Le président de la République Macky Sall va procéder à la pose de la première pierre de l’autoroute Thiès-Touba, le 27 décembre prochain. Déjà, Birahim Seck du Forum civil remet au devant de l’actualité la controverse qui avait entouré l’attribution du marché relative à “l’offre spontanée proposée par les Chinois”. Selon lui, la transparence et le respect de la concurrence sont foulés au pied, dans cette affaire où le gré à gré prédomine.
 
Le gouvernement serait-il en train de donner raison à Birahim seck du Forum civil dans l’attribution du marché relatif à l’extension de l’autoroute à péage jusqu’à Touba. Même si du côté du gouvernement, on laisse entendre que le contrat  avec les Chinois devant construire l’autoroute Thiès-Touba a été paraphé, mardi dernier, avec un financement de plus de 400 milliards, le non respect de la concurrence est vivement dénoncé par le Forum civil. Et pour cause, le président de la République Macky Sall va procéder, selon l’organisation, à la pose de la première pour l’extension de l’autoroute Thiès-Touba sans appel d’offre.
 
Et pourtant, à en croire Birahim Seck, l’attribution du marché avait été dénoncée à l’époque mais démentie sur toute la ligne. “En 2013, j’avais dénoncé le gré à gré qui a été accordé aux Chinois. J’avais dit à l’époque que le montant a été surévalué à plus de 100 milliards de Fcfa. En novembre 2013, Thierno Alassane Sall, ministre des Infrasctructures de l’époque, avait nié l’existence du gré à gré. Mais deux jours après,c’est-à-dire le 1er décembre 2013, Saër Niang, le directeur de l’Agence de régulation des marchés publics (Armp) disait que les 400 milliards constituent un montant indicatif” a –t-il rappelé.

Suffisant pour que Birahim Seck confronte les deux arguments afin de tirer une conclusion: “ aujourdhui, si on oppose les arguments de Thierno Alassane Sall et de Saër Niang, on se rend compte qu’il y a un gré à gré dans la mesure où le président de la République va procéder à la pause de la première pierre d’un marché alors qu’il n’y a pas eu appel d’offres. De plus, le montant de 400 milliards n’a pas bougé. Autrement dit, il a augmenté de 13 milliards. On est maintenant à 413 milliards. Le montant indicatif de Saer Niang n’existe plus”.
 
« L’AUTOROUTE THIES-TOUBA N’EST PAS OPPORTUNE ET... »
 
Au lieu de construire une autoroute à péage, selon Birahim Seck, le gouvernement avait une autre alternative qui lui permettait de rationaliser les ressources. “L’autoroute Thiès-Touba n’est pas opportune et les urgences sont ailleurs.Il suffit de faire deux fois deux voies sur la route actuelle. Parce que, hormis la présence du Magal, on ne constate pas un trafic dense entre Thiès et Touba”, se désole-t-il. Et de dénoncer l’absence de transparence dans cette affaire: “ce qu’ils n’ont pas dit ,c’est que l’autoroute à construire sera une autoroute  à péage. On veut nous imposer de payer pour aller à Touba par le biais de l’autoroute à péage”, dira-t-il en conclusion.

La cérémonie d’ouverture de l’édition 2014 des Assises de l’entreprise a tourné au duel à fleuret moucheté entre le Premier ministre Mahammad Boun Abdallah Dionne et le président du Conseil national du patronat (Cnp), Baïdy Agne. Le Premier ministre a sommé les patrons sénégalais de faire leur job.

«Que chacun fasse son job.» C’est en ces termes que Mahammad Boun Abdallah Dionne s’est adressé hier à la crème du patronat sénégalais réunie dans la grande salle du King Fahd Palace pour les besoins de la cérémonie d’ouverture de l’édition 2014 des Assises de l’entreprise. Selon le Premier ministre, l’Etat n’est pas contre le secteur privé même s’il y a un problème de perception sur la place réelle qu’occupe le privé international dans le pays. «Quand on regarde les investissements par secteur, où est-ce qu’on trouve réellement des étrangers ? Dans les banques. Mais ces banques étrangères, elles ont racheté des banques à des Sénégalais. Ces banques n’ont pas été vendues par force, que je sache», a martelé Mahammad Dionne. Le Premier ministre a ainsi tenu à répondre pied à pied à toutes les interpellations du président du Conseil national du patronat (Cnp), Baïdy Agne. Quand ce dernier énumère, parmi une liste de 10 propositions destinées à assurer «un meilleur accès des privés nationaux à la commande publique et aux contrats de Partenariat public-privé (Ppp)», celle de ramener de 50 à 15 milliards de francs Cfa, tout au plus, la recevabilité par l’Etat de l’offre spontanée pour l’entreprise nationale, Mahammad Boun Abdallah Dionne rétorque que le recours à l’offre spontanée est une exception, mais que la règle reste l’appel d’offres. Il annonce ainsi que le nouveau Code des marchés publics stipule que dans le cadre de l’offre spontanée, 20% de l’offre doit être en co-traitance avec des entreprises sénégalaises. «Et quand il s’agit d’un secteur à haut niveau de concentration technologique, il faut réaliser un transfert de technologies», informe le Premier ministre. «On me dit qu’il faut descendre les offres spontanées de 50 à 15 milliards, mais l’offre spontanée, c’est l’exception. Quand il y a un marché de 15 milliards, ca ne peut pas être en offre spontanée, il faut aller en appel d’offres. C’est cela aussi la transparence. Des offres spontanées, on en a eu, mais on a dit qu’on les met en appel d’offres, sinon c’est trop facile. C’est la source du bakchich et nous, nous luttons contre le bakchich.»

Gestion de l’Aéroport Blaise Diagne
Quand Baïdy Agne avance que «les acteurs aéroportuaires réclament la souscription au capital de la société de gestion de l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd)», Mahammad Dionne réplique : «Sur l’aéroport, le secteur privé demande des parts. Le régime actuel a trouvé un aéroport déjà vendu.» Il a fallu de longues négociations, explique Mahammad Dionne, pour que les parties aboutissent à la répartition de l’actionnariat qui s’est faite avec 51% de l’aéroport qui sont allés à Fraport Sénégal contre 49% pour le Sénégal. Des parts que l’Etat a réparties entre le Fonds souverain d’investissement (Fonsis) pour 20% et Aibd Sa pour 29%. «Ces 49%, plus tard, le secteur privé pourrait en prendre une partie, mais en attendant, nous les captons, parce que nous avons besoin de l’apport de ces 49% via le contrat de concession qui a été signé avec Fraport Sénégal, porteur d’une redevance de concession de 10 milliards par an, pour mobiliser des ressources longues, aptes a supporter la restructuration de Senegal Airlines.»
Autre doléance du patronat sénégalais, c’est l’accès à la commande publique. Là encore, le Premier ministre n’a pas laissé passer l’occasion de préciser les choses. «Il y a des entreprises qui n’ont qu’un seul client et c’est l’Etat. A la longue, l’Etat peut être défaillant à un moment donné. Il faut diversifier le portefeuille, mais on ne peut pas attendre tous les jours pour aller au Trésor, ce n’est pas viable», assène M. Dionne. Même chose pour les franchises sur lesquelles le président du Cnp plaide pour faire entrer ce monde de la franchise au Sénégal. Selon Baïdy Agne, la France enregistre une croissance régulière de 8 à 10% et 25% de ses réseaux ont au moins une implantation franchisée à l’étranger. «Just do it ! (Faîtes-le simplement)», rétorque le Pm qui précise dans la foulée : «Nous ne pouvons pas construire le pays sans les entreprises privées.»

lequotidien.sn

Le premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis a jugé samedi que "l'heure avait sonné" d'affronter "deux ennemies" : "l'hégémonie réactionnaire" et "la thatchérisation de la droite". "L'heure du réveil a sonné, le réarmement idéologique s'impose. Pour affronter deux ennemies : l'hégémonie réactionnaire mais également la thatchérisation de la droite", a lancé M. Cambadélis, devant quelques centaines de militants et délégués réunis à la clôture des États généraux des socialistes à Paris.

"Fillon a avalé tout cru la ligne du FN sur l'immigration"

"À défaut de trouver un programme, l'ex-président [Nicolas Sarkozy] a trouvé un surnom : Abrogator", a-t-il estimé, en référence aux intentions de l'ex-chef de l'État d'abroger plusieurs lois socialistes. "Mais ne croyez pas qu'Alain Juppé est loin. Il avance masqué, il vient de résumer son programme à Dakar en estimant que la supériorité des Chinois réside dans le fait qu'ils travaillent 7 jours sur 7 à la différence des Français [...]. Quant à M. Fillon, c'est simple : il a avalé tout cru la ligne du FN sur l'immigration."

"Tous défendent un projet thatchérien d'une violence inouïe contre notre modèle social et républicain", a estimé le patron du PS, qui a réitéré sa proposition de débattre avec M. Sarkozy : "Où vous voulez, quand vous voulez." Autre ennemi à ses yeux : "La nouvelle hégémonie culturelle du bloc réactionnaire anti-républicain", dans un contexte de "zemmourisation" des esprits. Cet ennemi "redoutable [est] déjà en ordre de bataille pour 2017", a-t-il dit au sujet du Front national - "cette petite PME familiale aux ramifications internationales" et de sa "championne toute désignée : Marine Le Pen" et sa "ligne politique toute tracée : le souverainisme xénophobe".

"La gauche, si elle se divise, elle dévisse"

Le député de Paris a réclamé à la présidente du FN de "publier les refus des banques françaises" et "européennes" de lui octroyer des prêts, lançant : "Vous mentez et prenez les Français pour des idiots." "Vladimir Poutine vous finance parce que vous êtes un pion dans sa stratégie pour faire éclater l'Europe", selon lui. À moins de quatre mois des élections départementales mais aussi faisant allusion à 2017, le premier secrétaire a lancé : "Sans unité, la défaite de la gauche est garantie..." "Nous n'avons pas le droit à l'échec."

"La gauche, si elle se divise, elle dévisse", a-t-il dit, prévenant : "Un effondrement du PS ne serait pas un moment de recomposition de la gauche mais de sa décomposition et de sa marginalisation."

Selon lui, la charte adoptée par le PS "porte en elle une nouvelle social-démocratie, une autre gauche de gauche, c'est-à-dire une autre vision du progrès". Ses "valeurs" sont aussi "un territoire commun avec nos partenaires".

Le texte a "permis de nous rassembler pendant ces derniers mois", une unité qui "permet de peser sur la fin du quinquennat et de peser sur les contours du prochain", selon lui.


Un documentaire-choc diffusé récemment à la télévision allemande révèle un dopage généralisé dans l’athlétisme russe. Alors que l'IAAF (Fédération internationale d'athlétisme) a immédiatement diligenté une enquête, le Comité international olympique annonce qu’il se montrera intraitable si les faits étaient avérés.

Si les accusations de dopage généralisé des athlètes russes venaient à être prouvées, le Comité international olympique (CIO) réagirait conformément à sa politique « zéro tolérance », a annoncé samedi son président, l'Allemand Thomas Bach.

« Etant donné la gravité des accusations, la responsabilité du CIO est de respecter le droit de chaque personne à se défendre. Nous respectons l'enquête menée par l'IAAF (Fédération internationale d'athlétisme) et nous n'interférerons pas », a déclaré M. Bach. « Si ces accusations venaient à être prouvées par la commission d'éthique de l'IAAF, alors le CIO réagirait conformément à sa politique zéro tolérance », a-t-il ajouté.

Documentaire explosif

La commission exécutive du CIO, actuellement réunie à Monaco, a appelé vendredi à une enquête rapide à la suite des accusations de dopage généralisé des athlètes russes, portées dans un documentaire de la télévision allemande. Diffusé le 3 décembre sur la chaîne publique ARD, ce documentaire intitulé « Dopage confidentiel : comment la Russie fabrique ses vainqueurs » dresse, témoignages de sportifs à l'appui, un portrait sévère de l'athlétisme russe, présenté comme gangrené par un dopage et une corruption massifs.

Parmi les témoignages figurent ceux de l'athlète russe Julia Stepanova, spécialiste du 800 m, actuellement suspendue pour dopage, et de son époux, Vitali Stepanov, qui a travaillé entre 2008 et 2011 pour l’Agence russe antidopage. « On ne peut pas atteindre ses objectifs sans se doper. Tu dois te doper, c'est comme ça que ça marche en Russie », dénonce Vitali Stepanov. « Quand un sportif se fait pincer, on le jette et on en prend un autre », poursuit son épouse. Le couple a dû quitter la Russie après avoir témoigné dans ce film.

Réplique russe

De son côté, la marathonienne Lilia Schobuchova, elle aussi actuellement suspendue pour dopage, affirme comment, pour pouvoir participer aux JO de Londres, elle a dû payer 450.000 euros. Une somme qui lui aurait été exigée par l’entraîneur Alexeï Melnikov pour trafiquer ses échantillons de sang prélevés entre 2009 et 2011 et jugés suspects par l'IAAF.

De côté des institutions russes, si l’Agence russe antidopage a annoncé qu'elle ouvrait une enquête sur ces accusations, la Fédération russe d'athlétisme étudie, elle, toutes les options ouvertes par les législations russe et allemande pour défendre ses droits, y compris l'engagement de poursuites judiciaires adaptées à l'encontre des allégations formulées dans le documentaire d’ARD qu’elle considère diffamatoires à son égard. La fédération « considère le film qui a été diffusé sur la chaîne ARD comme une provocation visant à ébranler le sport russe », indique un communiqué signé de son président Valentin Balakhnichev.

Le ministre allemand de l'Intérieur Thomas de Maizière a déclaré samedi vouloir faire adopter d'ici la fin du premier semestre 2015 un projet de loi prévoyant jusqu'à trois ans de prison pour les sportifs coupables de s'être dopés.
Le texte ne va concerner que les sportifs de haut niveau allemands, soit environ 7.000 athlètes qui figurent sur les listes de l'agence antidopage nationale (Nada).
Outre les peines d'emprisonnement, l'article 4 de ce texte prévoit des amendes ainsi que la confiscation des prix éventuels reçus lors de performances accomplies grâce au dopage. Enfin, le texte doit simplifier l'échange d'informations entre les parquets, les tribunaux et la Nada.

samedi, 06 décembre 2014 20:21

Burkina Faso: l’ADF-RDA demande pardon aux Burkinabè

Poster par
Évaluer cet élément
(0 Votes)

L’Alliance pour la Démocratie et la Fédération - Rassemblement démocratique africain (ADF-RDA) sort de son silence depuis l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre dernier. Les responsables du parti ont demandé pardon aux jeunes, aux Burkinabè et à leurs militants pour l’erreur commise en soutenant le projet de modification de la Constitution, qui aboutit à la chute du régime Compaoré, fin octobre.

C’est véritablement une opération repentance, un appel au pardon qu’ont lancé les responsables de l’ADF-RDA. « C’est une conférence de pardon et de réconciliation entre l’ADF-RDA et l’ensemble des Burkinabè », a d’ailleurs déclaré en ouverture Mamadou Diao Koné, le premier vice-président du parti.

Le choix de l’ADF-RDA de soutenir l’ancien parti au pouvoir dans son projet de modification constitutionnelle avait ravivé la colère des Burkinabè. Nombreux observateurs et analystes estimaient qu’un refus du parti aurait évité cette crise.  

Et « en décidant finalement de soutenir le projet de modification de l’article 37 de la Constitution, l’ADF-RDA a commis une erreur politique », a reconnu Mathieu Hien président des cadres libéraux du parti de l’Eléphant.

« Disponibilité »

En toute humilité et tant qu’acteur de la vie politique nationale, le parti reconnait et assume sa part de  responsabilité dans la situation ayant conduit à l’insurrection populaire. L’ADF-RDA présente donc « ses sincères excuses à tous les jeunes du Burkina Faso », selon Mathieu Hien le président des cadres libéraux du parti, et leur adresse ce message : « Vous avez fait preuve de maturité et de responsabilité en démontrant que l’avenir de ce pays est entre vos mains. »

Selon les responsables de l’ADF-RDA, cette rencontre se veut une main tendue à tous les Burkinabè et à tous les démocrates. En outre, dans le cadre du processus de transition, le parti souhaite apporter sa contribution à l’œuvre entreprise par le président Michel Kafando et son équipe.

« Nous réaffirmons notre disponibilité à œuvrer aux côtés des organes de la transition et de tous nos frères burkinabè civils et militaires pour l’approfondissement de notre processus démocratique », a fait savoir Mamadou Diao Koné, le premier vice-président, l’ADF-RDA.

C'est une première. L'Union africaine a lancé le 3 décembre un partenariat avec une série d'opérateurs téléphoniques privés. L'objectif est de lutter contre Ebola à travers un vaste système de SMS payants valables dans 44 pays du continent africain.

La lutte contre Ebola passe aussi par le SMS. Les clients souhaitant apporter une contribution financière devront composer le numéro 79.79. Ils n'auront ensuite qu'à envoyer le message «Stop Ebola » puis choisir un montant. Pour Olawale Maiyegun, directeur des Affaires sociales à l'Union africaine, l'appel au secteur privé était logique.

« Ebola touche gravement les économies et la main-d'œuvre. Donc il semblait indispensable de solliciter les entreprises pour qu'elles s'engagent dans la bataille. Je ne sais pas combien d'argent nous récolterons. Mais vu le boom des télécommunications en Afrique, le potentiel est énorme. »

Le système de SMS s'étendra jusqu'à fin février. Les dons s'ajouteront aux 36 millions de dollars de dons récoltés ces derniers mois dans le secteur privé par l'Union africaine. Olawale Maiyegun explique que l'initiative SMS servira d'abord à l'envoi de personnel médical dans les pays touchés.

« La communauté internationale a fourni beaucoup d'infrastructures et d'équipement. Mais il y a un manque criant de main-d'œuvre formée. Nous avons déjà envoyé des volontaires. Mais nous voulons monter en puissance. Ces gens aideront auprès des malades, mais certains seront aussi chargés de renforcer les systèmes de santé qui se sont en grande partie effondrés. Pour que, lorsqu'Ebola sera vaincu, ces pays soient mieux préparés à l'arrivée des prochaines épidémies. »

L'Union africaine compte envoyer un millier de médecins, infirmiers ou encore laborantins d'ici les prochaines semaines en Guinée, Liberia et Sierra Leone.

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Le projet de réforme constitutionnelle a-t-il été abandonné en RDC ? Ce projet prévoyait une réforme des modes de scrutin selon le gouvernement. L'opposition craint qu'il serve de cheval de Troie pour une réforme de la limite du nombre de mandats présidentiels et permette ainsi à Joseph Kabila de se maintenir. Que devient ce projet ?

Des trois projets concurrents déposés à l’Assemblée nationale, le bureau a choisi celui du député de l’opposition Delly Sessanga, étoffé avec certaines des propositions faites par le gouvernement, a expliqué à RFI Aubin Minaku.

Le président de l’Assemblée nationale n’a pas formellement affirmé que le projet de révision constitutionnel a été retiré. La loi proposée par l’opposant Sessanga serait inspirée du concept d'ivoirité (être de père et de mère congolais) pour écarter certains candidats qui gêneraient y compris dans la majorité.

Cependant dans la même majorité, on s’inquiète : les dissensions sont fortes, des journalistes doutent même de la tenue des élections en 2016.

L’attentisme de la CENI, du gouvernement et du président de la République lui-même crée un sentiment de flottement. Pour certains observateurs, le vent du Burkina Faso y serait pour quelque chose.

samedi, 06 décembre 2014 19:43

Gabon: un Congrès pour l'alternance à Paris

Poster par
Évaluer cet élément
(0 Votes)

Plusieurs dizaines d'opposants gabonais sont à Paris jusqu'au dimanche 7 décembre. A l'initiative de la Convention de la diaspora gabonaise de France, les représentants de formations d'opposition, de la société civile ou encore des syndicats sont réunis depuis ce samedi matin dans un Congrès pour l'Alternance. Objectif : échanger des idées, des contacts et définir une stratégie pour contrer le président Ali Bongo et son parti le PDG.

Répression, gabegie, mauvaise gouvernance : au premier jour, l'opposition a égrainé une longue liste de griefs contre le pouvoir. Mais la polémique du moment était dans tous les esprits : l'adoption supposée du président Bongo et son origine étrangère.

Luc Bengone Nsi, candidat à la présidentielle de 2009, avait porté plainte à l'époque sur cette question. « Ali Bongo s’est fait établir un faux acte de naissance, assure Luc Bengone Nsi. Les gens ont voulu en faire un secret d’Etat. Non, on ne peut pas faire un secret d’Etat à ce niveau : Ali Bongo pour nous ne doit pas être là où il est ».

« Si le Burkina l'a fait... »

Ex-hauts responsables et ministres participent. Ainsi, certains craignent un risque de divisions interne. Marc Ona, coordonateur du mouvement citoyen « ça suffit comme ça » met en garde. « On leur a demandé de taire leurs égos. Les égos vont apparaître quand on aura mis le système dictatorial de Bongo dehors. Tant que l’animal n’est pas à terre, ce n’est la peine d’aiguiser les machettes pour le dépecer ! »

Membre du Front Uni, Pierre-André Kombila pense lui que, si rien ne marche, l'exemple burkinabé pourrait se répéter au Gabon. « Il faut que nous puissions mettre hors d’état de nuire tout le système PDG comme nos amis ont réussi à le faire au Burkina… aujourd’hui ils ont tous les moyens de la République : l’argent de la République, les armées de la République… Si le Burkina l’a fait pourquoi le Gabon ne pourrait-il pas le faire ? »

Le Congrès se terminera par la signature d'une charte commune. Reste à savoir s'il s'agit d'un texte pour rien, ou s'il sera suivi d'effet en consolidant l'union face au pouvoir.

Page 193 sur 195

logotwitterFacebook