Dans trois ans et neuf mois, l’autoroute Ilaa Touba qui relie la cité religieuse à la capitale du rail sera fonctionnelle. Mais le chef de l’Etat veut que l’entreprise chargée des travaux accélère la cadence pour réduire les délais de cet ouvrage dont les fondations seront plus solides.

A combien se chiffre le montant réel du financement de l’autoroute Ilaa Touba ? Cette interrogation est d’autant plus légitime que ni le chef de l’Etat encore moins l’Agence des travaux et de gestion des routes (Ageroute) n’ont à ce jour donné aux Sénégalais les vrais chiffres. Si Macky Sall a choisi de faire l’impasse sur le budget de l’autoroute, tel n’est pas le cas pour l’Ageroute,  qui dans les prospectus distribués lors de la cérémonie officielle de pose de la 1ère pierre, a parlé de «montant global d’environ 418 milliards dont 52, 6 milliards de francs Cfa financé par l’Etat et 365,4 milliards de francs Cfa par les bailleurs». Ce projet qualifié par le chef de l’Etat Macky Sall comme étant le plus grand projet du Pse est composé de travaux proprement dits y compris la fourniture et les installations des équipements de péage à 812 millions de dollars Us, soit environ 406 milliards de francs Cfa, l’assistance à la maîtrise d’ouvrage y compris les travaux de contrôle de la qualité des travaux à 7 milliards de francs et de la libération des emprises chiffrée à 5 milliards. Pour la libération des emprises, environ 1100 personnes seront affectées par le projet, renseigne l’Ageroute, lors de la cérémonie de pose de la 1ère pierre que le chef de l’Etat a effectué conjointement samedi dernier avec le khalife général des mourides Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké, qui a béni les travaux avant de se retirer. Lors de cette cérémonie, le président de la République a demandé à l’entreprise chinoise Crbc d’accélérer la cadence pour «réduire au maximum les délais de 45 mois annoncés pour la finition des travaux»

Macky Sall vante Ilaa Touba
A Touba où il est arrivé après 12h, le chef de l’Etat, qui a eu droit à un bain de foule, a remercié le khalife général des mourides venu procéder avec lui au lancement officiel des travaux de l’autoroute Thiès-Touba, qu’il a dénom­mée Ilaa Touba. Pour Macky Sall, cette présence du guide religieux témoigne de son adhésion à ce projet. «Elle exprime vos attentes légitimes quant à ses impacts positifs sur votre vécu quotidien. Elle traduit, enfin, nos aspirations communes à un Sénégal meilleur pour tous. Nous posons aujourd’hui un jalon particulièrement important du Plan Sénégal émergent. Jamais dans l’histoire des Nations, il n’y a eu de développement sans infrastructures qui permettent la mobilité des personnes ainsi que le commerce des biens et services», déclare le Président Sall. Avant de revenir sur les objectifs du Pse : «Je rappelle que l’un des objectifs stratégiques du Pse est de doter notre pays d’infrastructures de qualité, qui relient nos terroirs, valorisent leurs potentialités, stimulent la croissance et favorisent notre développement économique et social.  La finalité du Pse est de bâtir un réseau interconnecté sur l’ensemble du territoire pour créer une dynamique de pôles d’activités économiques, agropastorales, minières, touristiques et halieutiques ;de désenclaver les zones à fortes potentialités économiques et faciliter l’accès des populations aux services sociaux de base, comme l’école et les structures de santé ; de renforcer l’attractivité et la compétitivité de l’économie nationale, ainsi que son ouverture au marché sous régional et aux échanges avec l’extérieur ; enfin de définir une meilleure politique d’entretien pour que le patrimoine routier  garde un niveau de qualité durable et compatible avec l’intensité du trafic. Je suis très heureux, donc, de jeter les bases de ce projet routier, le plus grand de notre histoire, dans le cadre du Plan Sénégal émergent.»
Revenant sur l’autoroute Ilaa Touba et son importance, le Président Sall dira : «En reliant Dakar-Thiès et Touba aux autres régions du Sénégal, cette infrastructure  longue de 115 km remplira une vocation multidimensionnelle.  Elle sera un instrument d’intégration nationale, un outil de  développement économique et social, et un facteur de réduction du temps de trafic et de sécurisation du transport. Ilaa Touba participera ainsi à la densification du réseau routier national, déjà enrichi de la route Linguère-Matam, et de  l’axe Touba-Dahra-Linguère, dont les travaux vont bientôt démarrer.  En facilitant la connexion avec d’autres axes routiers, ce projet suscitera l’émergence de nouvelles zones de production et d’activités économiques diverses. Voilà pourquoi il a nécessité des études minutieuses, sur presque deux ans, pour en mesurer les enjeux, définir les contours, évaluer les retombées et  maîtriser les impacts, sur l’environnement et le vécu quotidien des populations.» Le tracé de l’autoroute selon le Président, a également été conçu de façon à assurer la fluidité du trafic entre toutes zones traversées, jusqu’à Dakar, via l’Aéroport international Blaise Diagne et le Pôle urbain de Diamniadio.  «Nous avons, en outre, sécurisé une bande d’extension potentielle de l’autoroute à 2x3 voies pour tenir compte de la densité future du trafic. Ce projet contribuera aussi à la création de plusieurs milliers d’emplois pour les jeunes. Il offrira un portefeuille élargi de marchés pour les petites et moyennes entreprises (Pme) sénégalaises et de nouvelles opportunités d’affaires pour le secteur privé national.  Enfin, la réalisation de l’autoroute permettra d’effectuer le magal dans de meilleures conditions de confort et de sécurité routière. Ainsi, la pertinence de ce projet est évidente car en dehors des avantages cités, son taux de rentabilité est estimé à hauteur de 29%. Cette autoroute, comme toutes celles répondant aux mêmes normes, va générer ses propres ressources pour assurer son entretien et garantir sa pérennité, avec un tarif de péage qui tiendra dûment compte du pouvoir d’achat des usagers. Je dois préciser que ce projet constitue en réalité la première phase de la route d’intercon­ne­xion­avec­les cor­ridors menant vers l’Est, le Nord et le Sud du pays», dit-il.

le quotdien.sn

Le West african network for tuberculose, Sida et malaria (Wanetam) a entamé sa deuxième phase d’activités avec un financement de 1,5 million d’euros, soit près de 985 milliards de francs, dans le but de trouver des médicaments pour combattre le palu, la tuberculose et le Sida.

De nouvelles ambitions riment toujours avec des moyens importants. C’est la lecture qu’on peut avoir de l’élargissement du réseau Wanetam et de l’appui financier, qui va avec et annoncé par l’Union européenne. Au regard de son bilan positif, relativement à l’exécution des programmes dans sa première phase, le Wanetam va en effet bénéficier sur 10 ans, d’un financement de presque 1,5 milliard d’euros, soit près de 985 milliards, pour booster les recherches cliniques sur le Sida, la tuberculose et le paludisme, se félicite le Professeur Souleymane Mboup, coordonnateur du Wanetam. Ainsi, de nouvelles générations de médicaments contre le paludisme, la tuberculose et le Sida restent les priorités du West african network for Tb, Aids, Malaria (Wa­netam), a affirmé Pr Souleymane Mboup, à l’occasion d’une conférence de presse animée vendredi dernier et qui fait suite à la réunion stratégique annuelle, tenue les 8 et 9 janvier derniers à Dakar, par le réseau Wane­tam. «L’Union européenne, qui a financé les cinq premières années du programme, a décidé de reconduire pour 10 ans la seconde phase avec des financements extrêmement importants de l’ordre 1,5 milliard d’euros, en attendant d’autres contributions», a indiqué le Professeur Mboup.

Le but de la rencontre de Dakar a été de faire le bilan sur les cinq dernières années d’activités de Wane­tam, mais aussi de dégager des perspectives, préparer de nouveaux challenges et trouver de nouveaux partenaires. Car, a encore indiqué Pr Sou­leymane Mboup, le Wanetam va s’élargir dans d’autres pays et intégrer d’autres maladies dites négligées comme la bilharziose, l’onchocercose, les maladies diarrhéiques, respiratoires.
En termes de bilan, il dit : «Nous avons formé 400 personnes dans les domaines de la  tuberculose, du Sida et du paludisme. Il y a aussi eu un renforcement de capacités, d’infrastructures, d’équipements pour permettre aux chercheurs de bien mener leurs recherches.»
Ce partenariat financé dans sa majorité par l’Europe pour faire des recherches concerne sept instituts d’Afrique, et va renforcer des capacités des chercheurs pour mener des essais cliniques en Afrique en respectant l’éthique, les bonnes pratiques des laboratoires entres autres. Cependant, indique Mme Touré, les recherches doivent être définies et orienté vers les problèmes de nos pays.
Le choix du Sida, du paludisme et de la tuberculose s’explique par leur taux élevé de mortalité chez la population. «Il est trop tôt pour mesurer les retombées de la première phase du Wanetam mais, ce programme a permis de réduire le traitement sur la tuberculose, de simplifier celui sur le Sida entre autres», ont signifié les membres du Wanetam.

lequotidien.sn

lundi, 12 janvier 2015 18:39

Attentats en France: solidarité aussi en Afrique

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Sur le continent africain, des milliers de personnes ont aussi tenu dimanche 11 janvier à dire leur solidarité avec la France endeuillée par les deux attentats qui ont frappé son sol la semaine dernière, de Bujumbura à Dakar.

En Afrique, 200 à 300 personnes ont manifesté à Bujumbura, capitale burundaise. Il y a trois jours déjà, les principales stations de radio de Burundi, publiques et privées, avaient observé trois minutes de silence en hommage aux journalistes de Charlie Hebdo, assassinés à Paris.

Les organisations de professionnels des médias du Burundi ont appelé à une manifestation silencieuse dimanche devant l’ambassade de France, en plein centre-ville de Bujumbura. Quelque 300 personnes ont répondu à l’appel : beaucoup de Burundais, des dizaines d’Européens, des jeunes et des vieux, avec des pancartes « Je suis Charlie ». L’ambassadeur de France, sorti devant de cette foule silencieuse et grave, a été le premier à prendre la parole. « Bien sûr, c’est la France qui a été attaquée, mais votre mobilisation montre que ce n’est pas la France seule. C’est la liberté d’expression, c’est la liberté d’opinion, la liberté tout court », a déclaré Gerrit van Rossum.

Des journaux sénégalais, ici Le Quotidien, avaient témoigné leur soutien aux journalistes de Charlie Hebdo assassinés.AFP/Seyllou Diallo

Alexandre Niyungeko, le président de l’UBJ, le syndicat qui regroupe les journalistes burundais, lui a répondu au nom des organisateurs de cette manifestation pour « un refus de la violence, pour la liberté d’opinion », a-t-il lancé, avant de remettre à l’ambassadeur de France une carte noire toute simple. « Nous disons que nous sommes tous des Charlie et que le monde des professionnels des médias burundais partage le deuil des confrères et du peuple français », a confié Alexandre Niyungeko.

Puis la foule très émue a observé une minute de silence avant que l’ambassadeur de France au Burundi n’ouvre ses portes exceptionnellement pour que quelques personnalités présentes, les anciens présidents Pierre Buyoya et Sylvestre Ntibantungaya notamment, signent dans le registre des condoléances. La foule s’est enfin dispersée dans le silence après une heure de communion. « C’est comme si j’étais à Paris, à manifester avec tous les autres », confie un Français présent.

En Côte d'Ivoire

Environ 500 personnes, Français, Franco-Ivoiriens et Ivoiriens, se sont rassemblés devant le consulat de France à Abidjan dimanche, à l'initiative des élus consulaires. Parmi les personnes présentes, des personnalités de l'opposition pro-Gbagbo, la ministre de la Communication qui représentait le gouvernement, des ambassadeurs de l'Union européenne (délégation de la Commission eduropéenne, Grande-Bretagne et Allemagne), etc. « Je suis très émue de ce qui s'est passé, confie à RFI une Ivoirienne présente, et c'est ensemble qu'il faut dire non au terrorisme. »

« J'ai trouvé cela extrêmement touchant que des Ivoiriens soient venus aujourd'hui » Ecoutez le reportage de notre correspondante à Abidjan et les témoignages croisés des Français et Ivoiriens présents. 12/01/2015 - par Maureen Grisot écouter

Alassane Ouattara, le président ivoirien, avait envoyé un télégramme de condoléances vendredi dernier et il était ce lundi matin à la résidence de l’ambassadeur de France pour signer le registre de condoléances. L’occasion pour le chef de l'Etat de s’exprimer sur la lutte contre le terrorisme : « Je pense qu’il faut être organisé, que les services de renseignements soient renforcés partout dans le monde. Il faut un échange d’informations à ce sujet et aussi être intraitable, parce que ce sont des cas de violations des droits humains. Eliminer des personnes tout simplement pour leur opinion est inacceptable. Donc, il faut une plus grande concertation de chefs d’Etat, mais également de tous les peuples parce que nous sommes tous concernés par ces actes de terrorisme. Tout près de nous, nous avons le cas du Nigeria avec Boko Haram qui fait des dizaines, des centaines de morts quasiment toutes les semaines. Nous, nous sommes engagés dans la lutte contre le terrorisme et nous continuerons ».

Au Sénégal

Au Sénégal, pas de bougie ni de marche citoyenne, mais à l’ambassade de France un rassemblement a été organisé dimanche. Autour d’un cahier de condoléances, les quelques personnes présentes, essentiellement des Français, sont venues exprimer leur soutien et leur désolation après l’attaque qu’a subi le journal Charlie Hebdo. « Ce n'est pas parce que j'ai caricaturé quelqu'un que je lui ai manqué de respect, s'indigne ce Dakarois, il n'a fait qu'apporter un point de vue ! »

« Tout sauf le silence, il faut que l'on parle ! J'ai l'impression que le cercle des poètes disparus s'est agrandi »Reportage de notre correspondante à Dakar devant l'ambassade de France 12/01/2015 - par Coralie Pierret écouter

Au Gabon

Au Gabon, le pouvoir et l’opposition radicale ont tenu à manifester, chacun de leur côté, leur solidarité avec la France dimanche après-midi alors que le président Bongo était à Paris aux côtés de François Hollande. C’est d’abord le ministère des Affaires étrangères, à travers son porte-parole, qui a publié un message de condoléances. « Le Gabon condamne le terrorisme sous toutes ses formes, il saisit cette occasion pour exprimer sa solidarité à tous les pays victimes du terrorisme à travers le monde », a déclaré Astrid Ngningone.

Les dirigeants de l’opposition ont ensuite formé une chaîne humaine et entamé une marche silencieuse encadrée par la police. « Nous sommes Charlie », pouvait-on lire sur un petit carton brandi à côté des pancartes et banderoles hostiles au président Ali Bongo. Seuls les leaders sont entrés dans la mission diplomatique où les attendait le tout nouvel ambassadeur de France au Gabon, Dominique Renaux. A la sortie de l’entretien Zacharie Myboto, président du front de l’opposition, s’est adressé à la presse. « Nous sommes donc venus pour condamner ce qu’il s’est passé en France parce que c’est absolument inadmissible. Nous ne souhaitons pas justement que cela se produise un jour au Gabon. » De nombreux marcheurs affirment être venus revendiquer la liberté de la presse et la liberté de manifester au Gabon.

Les revues de presse africaine et française du 12 janvier

A Abidjan aussi il y avait des Charlie ce dimanche 11 janvier 2015.

Rfi

Les élus locaux ont lancé, à l’occasion de l’Assemblée générale constitutive de l’Association des départements du Sénégal, un appel à des moyens suffisants pour les Collectivités locales. Le ministre en charge de la Gouvernance locale, qui assure que l’Etat est dans cette «dynamique», les invite aussi à «plus de responsabilité» dans leur gestion.

Doter les Collectivités locales de ressources financières nécessaires leur permettant d’assumer pleinement leurs responsabilités. C’est le plaidoyer de l’Association des départements du Sénégal lancée samedi lors de son Assemblée générale constitutive. Selon le président de l’Association des élus locaux (Ael), l’Acte 3 de la décentralisation doit «apporter des réponses par rapport aux insuffisances constatées lors de la mise en œuvre de l’Acte 2, notamment l’insuffisance des ressources financières». Alé Lô rappelle que «l’Etat avait transféré des responsabilités alors que les moyens étaient insuffisants». Il dit : «Nous sommes des démembrements de l’Etat et le Sénégal émergent passera nécessairement par des communes et des départements émergents.»

Pour répondre à cette doléance, le ministre de la Gouvernance locale, du Développement et de l’Aménagement du territoire, qui a présidé cette rencontre, a tenu à rassurer les élus locaux. D’après Me Oumar Youm, l’Etat est dans la dynamique de répondre à cette faiblesse de la politique de décentralisation. «Depuis 2012, les Collectivités locales ont reçu d’année en année beaucoup de fonds, plus d’écoute, plus de moyens du côté de l’autorité centrale. Le budget des Collectivités locales a connu une augmentation au niveau des fonds de dotation, des fonds d’équipements avec un montant qui avoisine 6 milliards de F Cfa, dépassant le taux de 5,5% qui est le taux légal à affecter aux Collectivités locales», explique-t-il. M. Youm annonce que «la conviction du chef de l’Etat est d’augmenter de plus en plus le budget et d’asseoir un taux de 15% sur l’assiette fiscale de la Tva.»
Cependant, le ministre a appelé les élus locaux à «plus de responsabilité» dans la gestion des fonds alloués aux Collectivités locales, notant que des approches «clientélistes» ont été souvent constatées même dans le recrutement. «Il faut avoir, au-delà des élus, des managers qui vont gérer ces appareils comme on gère des entreprises en ayant en tête que la gestion et étant assujettis à des résultats et des performances», a-t-il recommandé. Embouchant la même trompette, Alé Lô estime qu’il faudra, dans «l’intérêt des populations, gérer en toute transparence en mettant en place des budgets participatifs avec des résultats». Le président des élus locaux a expliqué que «l’objectif, c’est d’arriver à 15 ou 20% du transfert de la Tva de façon progressive (…)».

lequotidien.sn

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Faure Gnassingbé, le chef de l'Etat togolais était l'un des six présidents africains à défiler aux côtés de François Hollande hier, au cours de la Marche Républicaine de Paris, suite au double attentat de la semaine passée qui a fait dix-sept morts. Une présence que l'opposition togolaise a très peu appréciée.

« J’ai beaucoup hésité [à venir], expliquait hier le président togolais à RFI. Deux choses m’ont finalement déterminé : la première, c’est l’extraordinaire mobilisation du peuple français dans plusieurs villes, des mobilisations spontanées, des citoyens, du petit peuple. Il est évident que tout le monde est touché, ressent la douleur du peuple français. Et pour moi qui ai vécu dans ce pays pendant plus de dix ans, j’ai compris que la France était touchée, qu’il y avait une douleur, qu’il y avait un désir de rester debout face à l’événement. La France est un pays ami. Quand on a un ami, dans les moments douloureux comme ça, il faut être à côté ».

Seconde raison à la présence du président togolais, le nécessaire front commun à constituer contre le terrorisme dans une région où précisément sévit le terrorisme. Faure Gnassingbé l'a expliqué à RFI. Mais l’opposition au Togo a peu apprécié la présence de Faure Gnassingbé à Paris. Le porte-parole de l'ANC, L'Alliance nationale pour le changement parle d'insulte faite au peuple du Togo.

« Nous sommes scandalisés d’apprendre que Faure Gnassingbé, qui refuse la liberté même de manifester dans son pays et la liberté de la presse - Rappelez-vous que l’on a interdit plusieurs radios à Lomé, [que l’] on a des pressions sur des journalistes, pas plus tard que la semaine dernière, on a insisté auprès de certaines radios pour que les leaders de l’opposition ne puissent pas intervenir ; que Faure Gnassingbé aille manifester pour la liberté de la presse dans un pays étranger est un scandale pour nous. C’est totalement inadmissible et cela montre la duplicité de ce régime. Et qu’il aille défiler, marcher pour soutenir la liberté de la presse en France, je crois que c’est une insulte à l’intelligence du peuple togolais » s’indigne Eric Dupuis.

Rfi

Il est 15 h 30, place Léon Blum à Paris, quand au loin retentissent la première Marseillaise et les premiers applaudissements. Le cortège engage sa marche, scandant «Charlie ! Charlie !». Au balcon sur le boulevard Voltaire, des riverains ont accroché des pancartes «Je suis Charlie», et des panneaux «Laïcité». Dans le ciel tourne un hélicoptère.

Le premier cortège s’avance, celui des familles et des proches des victimes. Certains arborent un bandeau blanc «Charlie» autour de leur tête. D’autres sont coiffés d’une kippa. Au premier rang, les membres survivants de l’équipe de Charlie Hebdo se tiennent par la main. Tous sont très émus : Patrick Pelloux, en larmes, Luz, Coco et les autres… Des encouragements tombent des immeubles du boulevard.
Vingt mètres derrière ce groupe composé d’une centaine de personnes s’avance l’impressionnant cortège des chefs d’Etat. La photo a des airs de sommet international. Au premier rang, François Hollande bras dessus bras dessous avec Angela Merkel, la Chancelière allemande. Les deux échangent quelques mots, la mine grave. Le Président de la France salue d’un geste de la main les personnes aux fenêtres.
Matteo Renzi, David Cameron, Mariano Rajoy… pas un grand chef d’Etat européen ne manque à l’appel. Benyamin Nétanyahou, Premier ministre d’Israël, Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, font également partie de la première ligne. A quelques mètres, Manuel Valls, Nicolas Sarkozy et plusieurs dignitaires étrangers se pressent.
Arrivé devant la mairie du 11e arrondissement, le cortège marque une pause et observe une minute de silence. Le moment de faire une pho­to de famille solennelle. L’ensemble du gouvernement est là, ainsi que d’autres grandes figures de la gauche, comme Lionel Jospin, Michel Rocard et Jack Lang.
L’instant est fugace. Bientôt le cortège officiel se disperse. François Hollande va saluer familles et proches des victimes. Les chefs d’Etat regagnent leurs véhicules et quittent les lieux, laissant la place au cortège des personnalités politiques (Mar­tine Aubry, Jean-Christophe Cam­ba­délis, Jean François Copé, Jean-Michel Baylet, François Baroin, Valérie Pécresse, Hervé Morin, etc.)

Lemonde.fr

 

Robert Castel, sociologue, auteur de "la Discrimination négative", est mort mardi 12 mars à l'âge de 79 ans. Nous republions aujourd'hui ce texte donné au Nouvel Observateur en 2007. (Sipa)
Robert Castel, en 2007, évoquait dans «l'Obs» la situation des banlieues françaises, deux ans après les émeutes.

L'exil intérieur des jeunes de banlieue
A l'automne 2005, les banlieues françaises furent le théâtre d'émeutes urbaines. En dépit de cet électrochoc national, rien n'a vraiment changé dans les banlieues. Les jeunes «issus de l'immigration» y sont toujours «assignés à résidence», tels des «étrangers de l'intérieur». Les jeunes de banlieue accumulent les mêmes contre-performances sociales: échecs scolaires, absence d'avenir professionnel, galères quotidiennes et recours aux combines de l'économie souterraine.
L'étiquette tenace de l'inutilité sociale et de la dangerosité leur colle à la peau. La discrimination négative les frappe durement. Etre discriminé négativement, c'est être assigné à un destin sur la base d'une caractéristique que l'on n'a pas choisie, mais que les autres vous renvoient sous la forme d'un stigmate.
Leur problème majeur est celui de la reconnaissance. On refuse une citoyenneté effective à ces jeunes, pauvres, presque toujours d'origine étrangère et pourtant pour la majorité d'entre eux de nationalité française. Ces jeunes des quartiers ne sont pas totalement en dehors de la société (la cité n'est pas un ghetto) mais ils ne sont pas non plus dedans, puisqu'ils n'y occupent aucune place reconnue.
Leur exil est un exil intérieur qui les conduit à vivre en négatif leur rapport aux valeurs qu'est censée incarner la société française. Leur situation est paradoxale: ils sont citoyens, inscrits dans le territoire français, et néanmoins ils subissent un traitement différentiel et discriminant qui les disqualifie.
Un «Sud» en plein Nord
Qu'on ne s'y trompe pas. Les problèmes de la périphérie sont aussi les problèmes centraux de la société française. Braudel montrait déjà que le capitalisme marchand fonctionnait dans une relation asymétrique d'un centre à ses périphéries. Les périphéries aujourd'hui vont jusqu'aux plus lointaines frontières de l'économie-monde, mais s'installent aussi au sein des Etats-nations. Les marges sont au coeur de la nation et on pourrait ainsi dire que les banlieues, c'est notre «Sud» à nous. S'y condensent insécurité sociale - taux de chômage extrêmement élevé - et, il faut avoir le courage d'en parler, exacerbation de la question raciale.
La République, en contradiction avec ses propres principes, paraît incapable d'intégrer ces jeunes Français qui se vivent comme les indigènes de la nation, comme s'il y avait toujours une marque, une trace d'une immigration lointaine qui pèse toujours sur eux. Les immigrés italiens ou polonais du début du siècle dernier se sont intégrés en une génération. Cela n'a pas toujours été facile, mais la République a su faire son travail.
En France, les quartiers dits «sensibles» - ils concernent près de 5 millions d'habitants - ont été l'objet depuis le début des années 1980 d'un traitement social continu grâce à la «politique de la ville». Il est donc faux de dire que ces quartiers ont été laissés totalement à l'abandon. La puissance publique est présente en banlieue sous de multiples formes. Il n'y a pas en France de ghettos de type nord-américain et le périphérique qui sépare Paris de ses banlieues n'est pas une frontière. Le rêve de promotion sociale n'est pas formellement interdit aux jeunes issus de l'immigration. La France n'est pas une société de castes ou d'apartheid. Mais trop d'espoirs, tels ceux portés par la «marche des beurs pour l'égalité» de 1983, ont été déçus.
La première insécurité est sociale
Une démocratie doit certes assurer l'ordre public et la paix civile, mais aussi l'ordre social. L'Etat mobilise en banlieue l'essentiel de ses pouvoirs régaliens - la police et la justice - pour lutter contre l'insécurité civile et la délinquance, mais laisse entre parenthèses l'autre aspect de l'insécurité: l'insécurité sociale. Il existe ainsi une tension, une contradiction entre l'affirmation de l'autorité sans faille de l'Etat répressif et son slogan de «tolérance zéro», et un laxisme de l'Etat face à la dégradation de la condition sociale de catégories populaires. Les jeunes des cités sont ainsi les cibles privilégiées de la volonté de l'Etat à manifester son autorité et en même temps les oubliés de la République sociale.
Les émeutes de novembre 2005 ont été une révolte du désespoir. Les émeutiers, qui n'étaient inspirés ou guidés ni par les gauchistes ni par les islamistes, avaient le sentiment de ne plus avoir de place ni d'avenir dans notre société. Il est bien sûr injustifiable de brûler des écoles, mais encore faut-il avoir l'honnêteté de reconnaître que l'école ne remplit pas dans ces quartiers le mandat d'égalité qui est le sien. L'échec scolaire entraîne l'échec professionnel. Les jeunes s'insurgent contre les discriminations dont ils sont victimes pour l'emploi ou le logement. C'est déjà un malheur d'être chômeur, mais pourquoi faut-il que s'y ajoute un sentiment d'injustice parce que, lors d'un entretien d'embauche, on a été éliminé sur la base de son nom ou de sa couleur de peau ? Le cumul des handicaps rend ainsi explosive la question ethnique et raciale.
Une dynamique de séparation ethnique
A l'automne 2005, la France n'a pas été à feu et à sang. Mais, visiblement, l'avertissement et ce cri de désespoir collectif n'ont pas été entendus. Le moment de peur passé, on s'est soulagé en se disant qu'au fond la France peut vivre avec quelques explosions urbaines de temps à autre. C'est encore oublier que les marges concernent directement le centre. Pourquoi y a-t-il aujourd'hui une telle stigmatisation de la religion musulmane alors que 5 millions de musulmans vivent en France ? Ce soupçon permanent d'islamisme radical dirigé contre cette communauté, dans un contexte de guerre au terrorisme, empoisonne l'atmosphère et sonne comme une condamnation collective.
Les enquêtes sociologiques montrent pourtant fort bien que plus de 80% des jeunes musulmans ont un rapport assez distant avec leur religion. Leur stigmatisation globale ne peut qu'accélérer le développement du communautarisme qui mettrait en danger l'unité de la nation. Actuellement, les banlieues ne sont pas encore des territoires ethniques, mais elles s'ethnicisent de plus en plus. Pourtant, on confond problèmes ethniques et problèmes avant tout sociaux.
D'où la tentation pour ces populations stigmatisées de retourner le stigmate, de s'affirmer arabe, noire ou musulmane, à défaut de pouvoir être reconnues comme membres à part entière de la nation française. Force est de constater qu'une dynamique de séparation est en train de s'installer et que se creuse progressivement une distance entre ces populations marquées par leur origine ethnique et le reste de la société française.
Menace de sécession
La France est devenue un pays pluriculturel et pluriethnique. Il le sera de plus en plus. Il faut apprendre à accepter cette réalité. Il est donc gravissime que la République ne soit plus capable d'intégrer des gens qui ont un héritage culturel différent. Le Breton de souche que je suis est reconnaissant à la République. Grâce à elle, la Bretagne s'est modernisée tout en restant fidèle à elle-même.
Pourquoi la République ne saurait-elle pas faire, comme elle l'a réussi pour de farouches Bretons, la même chose pour des gens dont la seule tare serait que leur père ou leur grand-père soient venus des anciennes colonies ? Quand on parle de jeunes de la «troisième génération», on en vient ainsi, comme le dit Etienne Balibar, à fabriquer «une catégorie sociale juridiquement et humainement monstrueuse, qui est la condition héréditaire d'immigrant». Immigré une fois, immigré toujours, de génération en génération, quelle que soit la nationalité acquise.
Cette coagulation de discrimination raciale et de dislocation sociale fait peser sur l'ensemble de la société une menace de sécession. Ce n'est qu'en restaurant les conditions d'exercice d'une pleine citoyenneté politique et sociale que l'on pourra la conjurer.
La banlieue ne peut être abandonnée à elle-même parce que s'y jouent des défis qui concernent notre avenir commun. Il n'y a pas de fatalité à la dérive des banlieues. Depuis une vingtaine d'années, chercheurs et sociologues ont fait d'innombrables études de terrain et tiré à maintes reprises la sonnette d'alarme. Ce ne sont que des diagnostics. Les politiques ont tardé à expérimenter des remèdes. Le calme actuel est trompeur. Plus que jamais, les banlieues sont le chantier prioritaire.
Propos recueillis par Gilles Anquetil http://bibliobs.nouvelobs.com

 

Lassana Bathily, employé d'Hyper Cacher

L'homme, salarié de l'épicerie, a sauvé plusieurs otages en les cachant dans une chambre froide.
Il s'appelle Lassana Bathily et c'est un héros. Depuis que son nom est connu, les hommages inondent les réseaux sociaux.
Lassana Bathily est d'origine malienne et musulman. Vendredi, à l'heure où Amedy Coulibaly rentre dans l'épicerie Hyper Casher de la Porte de Vincennes, il est en train de travailler, comme tous les jours.
Dans la panique, plusieurs clients du magasin cherchent où se cacher. Ils soulèvent alors une trappe et se précipitent au sous-sol de l'épicerie. L'employé leur ouvre alors le congélateur. Voici le récit qu'il a fait de la scène, à RTL :
Quand ils sont descendus en courant, j'ai ouvert la porte du congélateur. Il y a plusieurs personnes qui sont rentrées avec moi. J'ai éteint la lumière, j'ai éteint le congélateur. Quand j'ai éteint la chambre froide, je les ai mis dedans, j'ai fermé la porte, j'ai dit : vous restez calmes là, moi je vais sortir."
Quand il a pu s'échapper de l'épicerie il a été cueilli par les forces de l'ordre puis menotté pendant 1h.
Il n'avait pas peur pour lui, parce qu'il était sûr de lui. C'est lui qui a aidé la police à mieux cerner la configuration de l'épicerie, les plans, là où était le terroriste, les otages, etc, ne l'oublions pas.
Dans cette épicerie où il travaillait il n'y a jamais eu de problème pour sa religion. Il faisait ses prières dans un recoin de l'épicerie sans ce que cela soit un problème.
Vivent les relations inter religieuses.

samedi, 10 janvier 2015 17:31

A la Une: Saïd Kouachi se serait rendu au Yémen

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Suspecté d'avoir commis l'attentat contre Charlie Hebdo, celui-ci se serait rendu au Yémen en 2011. C'est un responsable américain qui a donné cette information reprise d'ailleurs par toute la presse nord-américaine ce matin. Si aucune précision n'a été donnée concernant la période exacte durant laquelle Saïd Kouachi était au Yémen, on sait en revanche qu'il a été formé au maniement des armes par un membre d'AQPA, c'est à dire la branche d'al-Qaïda dans la péninsule arabique.

Selon le New York Times, Saïd Kouachi s'est rendu au Yémen, comme de nombreux autres jeunes Occidentaux, suite aux appels répétés d'un certain Anwar al-Awlaki, prédicateur américain d'ascendance yéménite qui appelait régulièrement à attaquer l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo. Cet imam américain, considéré comme l'idéologue en chef d'AQPA, a été tué par une frappe de drone en septembre 2011.

Selon un autre responsable américain qui ne souhaite pas être identifié, les frères Kouachi étaient « depuis des années » sur la liste noire américaine du terrorisme, ils étaient donc surveillés. Saïd et Chérif Kouachi étaient également sur la no fly list, c'est-à-dire la liste des personnes interdites de vols au départ ou à destination des Etats-Unis.

La presse américaine scrute la traque lancée contre les deux auteurs présumés de l'attentat de Charlie Hebdo

Il n'y a qu'à voir les Une des différents journaux. Toutes ont au moins une photo des événements qui secouent la France depuis plus de 48 heures maintenant. Le New York Times qui met en Une cette information concernant le voyage de Saïd Kouachi au Yémen, publie également une grande photo où l'on voit les membres du Raid, l'unité d'élite de la police nationale française, dans les rues de la petite localité de Corcy, dans le département de l'Aisne, où durant des heures hier et la nuit dernière, les forces de l'ordre ont minutieusement recherché les deux suspects.

L’autre grand quotidien national, le Washington Post, a également choisi cet angle et publie en médaillon les photos des deux frères Kouachi. Un autre journal, le Daily News, a choisi une photo choc. C’est le moins que l’on puisse dire. Une seule photo qui fait toute la Une de ce quotidien. On y voit un bureau dans les locaux de Charlie Hebdo, avec du sang un peu partout et cette précision : exclusivité mondiale. Une photo, que seul un tabloïd peut publier avec un titre également choc : « dans l’horreur sanglante du magazine parisien ».

Au Canada, là aussi on suit la traque en direct

Tous les sites des journaux canadiens, francophones ou anglophones, suivent l’évolution de la situation. Le quotidien francophone La Presse publie cette information sous ce titre : « Plusieurs sites internet français piratés ». Selon le journal, « les sites web de plusieurs municipalités et entreprises liées au département du Val-d'Oise, à une trentaine de kilomètres au nord de Paris, ont été piratés hier soir pour faire place à des pages visiblement liées au groupe État islamique (EI) ».

Une information confirmée par la suite puisque sur le site internet du conseiller régional d’Ile-de-France, Eric Coquerel, on peut en effet lire des messages du groupe Etat islamique. Le quotidien La Presse a également sa Une entièrement consacrée à la traque. Une grande photo sur fond noir : un policier du FIPN, la force d'intervention de la police nationale, agenouillé, avec un fusil à lunette bien calé entre ses mains et un titre : « La France sur le qui-vive ».

Dans le reste du continent, la presse est sur la même longueur d’onde

Toute la presse sud-américaine suit l'évolution de la situation sur place avec des réactualisations constantes. Par exemple le site internet du quotidien argentin Clarin consacre près de la moitié de sa page de garde à cette affaire avec un live sur l'avancée de la traque qui redirige l'internaute vers des sites français, la mise en ligne de nombreux témoignages, des encadrés sur les caricatures, sur les filières jihadistes. Bref une couverture très exhaustive.

On retrouve le même type de couverture sur les sites des quotidiens chiliens El Mercurio et La Tercera. En Colombie, le journal El Espectador a choisi de dresser les portraits des grands caricaturistes décédés lors de cet attentat. Là aussi, toute une série d'articles avec des portraits des cinq grands caricaturistes tués « victimes de l'anti-humour », selon El Espectador. Le journal revient également sur le parcours des deux frères Kouachi et le voyage de Saïd au Yémen, avant d'évoquer dans un autre article la suite pour l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, qui a annoncé qu'un numéro sortirait la semaine prochaine à un million d'exemplaires. Mexique, Brésil, Pérou et presque tous les pays non-mentionnés suivent ces événements et sont solidaires des médias français et de la France en général.

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Depuis le massacre perpétré à Paris à la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo, mercredi 7 janvier, l'émotion reste vive, parrticulièrement en Afrique. Nos correspondants dans les capitales ouest-africaines étaient présents aux nombreux rassemblements de soutien. A noter que le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé sa présence à Paris pour la marche républicaine ce dimanche.

■ A Dakar (Sénégal)

Pour exprimer sa solidarité au peuple et au gouvernement français, le président sénégalais Macky Sall s’est rendu à l’ambassade de France à Dakar vendredi après-midi. Macky Sall a signé le registre des condoléances, en présence de la presse dont notre correspondante à Dakar, Carine Frenk.

Dans la salle des droits de l’homme où l’on célèbre les mariages, un registre est posé sur la table. Le président sénégalais Macky Sall écrit ces quelques mots : « Je présente mes condoléances émues au peuple ami et au gouvernement français suite aux attentats barbares contre Charlie Hebdo et les populations civiles innocentes à Paris. Le Sénégal par ma voix réaffirme son engagement et sa détermination sans faille dans la lutte contre le terrorisme international ».

Un geste important pour le chef de l’Etat sénégalais : « Le terrorisme est devenu une internationale de la terreur. Aucun pays n'est épargné. C'est la raison pour laquelle ce n'est pas par la peur que cette question doit être traitée, il faut une véritable synergie de tous les Etats, il faut un véritable combat, que ce soit en Irak, en Syrie, en Libye, dans le Sahel et partout ailleurs, aujourd'hui à Paris, hier au Canada, en Australie... La sphère mondiale est touchée. Il faut une action internationale déterminée, il faudra des soldats au sol partout au cela est nécessaire. Il faut que les Etats réagissent de façon appropriée ».

« On ne peut pas au nom de l’islam faire cette barbarie, ajoute le président Macky Sall. Il faut éviter de tomber dans le piège qui consiste à opposer les religions. »

 
Vendredi 9 janvier, à Dakar, le président sénégalais Macky Sall signe un livre de condoléances et adresse un message de soutien à la France, après la tuerie au magazine Charlie Hebdo.Carine Frenk / RFI

A Bangui (Centrafrique)

« Nous sommes choqués. » Le deuxième vice-président de la Communaité islamique de Centrafrique, Akhmed Deliris, ne prend pas de détour pour condamner la tuerie de Charlie Hebdo. Les musulmans du PK5 se sont rendus en délégation à l'ambassade de France ce vendredi après-midi pour exprimer au peuple français leur sympathie. « Au nom de tous les musulmans centrafricains, poursuit Akhmed Deliris. Nous condamnons cet acte odieux et barbare. Nous présentons toutes nos condoléances à la famille des victimes et à tout le peuple français. Cet acte est contraire à la religion musulmane, l'islam ne nous a pas demandé cela. Ceux qui ont posé cet acte-là, n'engagent qu'eux-mêmes et non les musulmans ».

A Antananarivo (Madagascar)

« C'est inhumain ce qui s'est passé. Je suis musulman, j'habite dans un pays accueillant, nous n'avons jamais eu de problèmes entre nous ici. La religion, c'est individuel ». A l'image de beaucoup d'autres, cet expatrié français à Madagascar ne cache pas son indignation.

Les autorités malgaches ont exprimé leur solidarité et leur soutien à la France suite aux attaques terroristes de ces derniers jours. Dans la communauté française de la Grande Ile, l'émotion est immense. Madagascar compte 25 000 ressortissants hexagonaux, c'est la plus grande communauté française d'Afrique subsaharienne. Vendredi, un moment de recueillement a été organisé à la résidence de l'ambassadeur à Antananarivo. « Je suis venu, explique cet homme, car il me semble très important qu'on puisse se retrouver entre Français pour partager notre émotion face à l'horreur qui attaque notre pays et pour défendre les valeurs auxquelles on croit, et la première d'entre elles, la liberté ». « Même quand on vit loin de la France longtemps, on reste Français », confie un autre. Sa voisine ajoute : « On sent que ce sont nos valeurs qui sont attaquées. J'ai très peur d'un repli sur nous-mêmes. Ce serait la pire des choses ».

Ce monsieur a accroché un badge « Je suis Charlie » « par solidarité tout simplement, comme des millions de personnes dans le monde. L'éloignement ne change rien à ce qu'on peut ressentir ».

A Alger (Algérie)

La stupeur, mais aussi « l'inquiétude et la lassitude », sont les sentiments qui dominent à Alger, rapporte notre correspondante sur place. Les Algériens revoient le spectre des années noires. Les images ont tourné en boucle sur les chaînes algériennes qui ont « cassé l'antenne », c'est-à-dire bouleversé leurs programmes. Pour les Algériens, rapporte encore la journaliste de RFI, la France représentait un territoire de sécurité. Personne n'avait imaginé que l'on pouvait être attaqué à Paris.

Rabat (Maroc)

Au moins 500 personnes se sont rassemblées vendredi soir à Rabat devant les locaux de l’AFP, pour un sit-in de deuil et de solidarité avec Charlie Hebdo. Unanimes, les Marocains présents ne se reconnaissent pas dans la religion revendiquée par les terroristes et qui les « déshonore ».

Ce sont des monstres, des barbares, qui essaient d'opposer les Français entre eux, d'opposer les étrangers entre eux ; ce type de manifestation montre bien que la France et le Maroc sont unis

Le Maroc sous le chocHabitants de Rabat et ambassadeur de France au Maroc

■ Guinée

A Conakry, la Maison de la Presse a appris avec consternation la tuerie survenue chez Charlie Hebdo. En ces circonstances douloureuses, la presse guinéenne présente ses condoléances les plus attristées aux hommes de médias français, aux parents et proches des défunts, à l’ambassade de France en Guinée et à tout le peuple français.

La Maison de la Presse réaffirme aussi son soutien à la presse française, engagée plus que jamais dans le même combat : la défense de sa liberté. Le jour où il n'y a plus de place pour l'humour, c'est qu'on est en « dictature », dit Sanassé Diané, présidente de la Maison de la Presse en Guinée : « Nous sommes solidaires dans le combat qu'ils [les salariés de Charlie Hebdo] portaient vis-à-vis de la liberté d'expression. C'est ce à quoi nous aspirons, en Afrique, en particulier en Guinée. Sans elle, nous n'avons pas de démocratie. C'est un combat que les journalistes guinéens mènent tous les jours. Un combat de responsabilité, un combat difficile, dans l'honneur de ce qui fait ce métier, c'est-à-dire sa déontologie. Les pays où l'on ne peut plus rire s'apparentent à une dictature. »

Rfi

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