Le ministre en charge du Plan Sénégal émergent, Abdou Aziz Tall, était hier au Conseil économique, social et environnemental (Cese) aux côtés du Dg du Bureau opérationnel de suivi du Pse (Bosse), Ibrahima Wade, pour exposer sur l’état d’avancement des 27 projets et 17 réformes prioritaires du Pse. Ainsi, M. Wade annoncera qu’une première vague de 14 projets et 5 réformes a été lancée.

Le Plan Sénégal émergent (Pse) est en bonne voie. C’est du moins ce que l’on peut retenir du passage du ministre en charge du Pse et du Directeur général du Bureau opérationnel de suivi du Pse (Bosse) devant le Conseil économique, social et environnemental (Cese), hier. «Nous sommes dans les délais. Nous sommes dans la phase de préparation, ensuite il y a aura la phase d’exécution. Nous sommes en phase avec l’agenda que nous nous étions fixé au départ», a fait savoir le ministre Abdou Aziz Tall. Dans son exposé, le Dg du Bosse, schéma à l’appui, a avancé que sur les 27 projets et 17 réformes prioritaires du plan, une première vague de 14 projets et 5 réformes a été lancée. D’après Ibrahima Wade, «sur les 14 projets, 12 chefs de projet ont été recrutés». Ce sont les projets du Fer de Falémé et Dakar médical city qui ne sont pas encore pilotés. «Neuf projets sont en phase d’étude et quatre projets sont déjà en phase d’exécution», a-t-il informé. Ainsi l’habitat, l’agriculture, l’électricité et le corridor céréalier connaissent un début de réalisation. «J’aurais même pu ajouter le parc industriel et Pointe Sarène qui va faire l’objet de contrats de performance», a partagé M. Wade. Se faisant plus précis, il a souligné que «six projets sont presque déjà en phase d’opération et un projet en phase d’exploitation, c’est le projet Zircon».En ce qui concerne les réformes, le Directeur général du Bosse a expliqué que les travaux sont très avancés pour le projet de parc industriel intégré. «Nous sommes extrêmement avancés et les études sont menées pour lancer très prochainement le premier parc industriel qui est à Diamniadio», a-t-il confié. Sur le volet habitat, il a rappelé que le Pôle urbain de Diamniadio est en phase de sortie de terre et que la Cité de l’émergence a fait l’objet de pose de première pierre. Pour mesurer les avancées de ces programmes, un système de compte à rebours a été installé sur le site qui doit accueillir la cité de l’Emergence, à l’ancienne gare routière «Pompiers». «Depuis la phase de démarrage jusqu’à la phase d’exploitation, il y a toujours un système de compte à rebours qui permet de voir qui a fauté qui est en retard pour permettre de faire des ajustements éventuellement», a-t-il rassuré. Aux conseillers soucieux des projets d’agriculture, Abdou Aziz Tall a assuré qu’un accent particulier est mis sur l’agriculture et l’élevage. L’objectif, a-t-il rappelé, est d’avoir un accroissement de la production et de la productivité des céréales tels que le riz et le maïs. Diminuer les importations de riz et de maïs, c’est réduire le déficit de la balance commerciale, a-t-il déclaré en soulignant que les sommes économisées peuvent être réinvesties dans des secteurs créateurs d’emplois.

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Macky Sall a été accueilli par une marée humaine jeudi, à Touba, et sans huées, comme l’avait voulu le khalife général des mourides. Le ndigël refait surface, mais seulement sous son angle religieux. Qu’en sera-t-il des retombées électorales dont rêve tout politique ?

L’accueil populaire que Touba a réservé au Président Macky Sall jeudi est lu comme le fait du ndigël du khalife qui avait appelé ses disciples à recevoir un hôte avec les honneurs comme l’avait recommandé Cheikh Ahmadou Bamba. C’est sans doute le cas. Un respect de la consigne à la lettre, tout comme un respect à l’interdiction de huer Macky Sall et tout autre hôte de Touba. Cela dit, il convient de faire une lecture de cette foule à une seule couleur, celle religieuse, même s’il y a eu une forte dose politique à travers quelques pancartes brandies par des soutiens du Président.

Il y a fort longtemps, nombre d’observateurs avaient «tué» le ndigël. Alioune Badara Diop, chercheur à l’Ucad, avait vu juste quand il déclarait en 2012 dans Walf Grand Place : «Dire que le ndigël est révolu, c’est aller vite en besogne.» Lors de la restitution d’une étude sur le système électoral sénégalais, organisé par Enda Diapol, il ajoutait : «Il est prématuré de décréter la fin des ndigël politiques (consignes de vote), parce qu’il est conjoncturel (…) Un khalife donne le ndigël dans des circonstances particulières. Donc, on ne peut pas préjuger de ce que demain sera.» Qu’en est-il aujourd’hui ?

Ndigël religieux ou politique ?
L’accueil de Macky Sall est-il religieux ou politique ? Sous l’angle de la visite présidentielle en prélude au grand magal prévu jeudi prochain, l’on est du domaine religieux. Et le khalife l’a rappelé : «Je demande aux talibés de réserver un accueil chaleureux à Macky Sall, un fils, un talibé, un hôte de marque qui vient en visite à Touba.» Là c’est le principe et le précepte du Guide des mourides qu’il appelle à perpétuer. Les politiques peuvent récupérer cette faveur et la politiser ; c’est de bonne guerre. Mais il serait exagéré d’en déduire que Touba «vote» Macky Sall avant l’heure, au sens d’un soutien politique.
Il convient de faire la part des choses, comme l’ont parfaitement fait les chercheurs Donal Cruise O’Brien, Momar Coumba Diop et Mamadou Diouf par exemple, qui distinguent le ndigël électoral de celui religieux. Dans La construction de l’Etat au Sénégal, les trois auteurs écrivaient, analysant la Présidentielle de 1988 et le ndigël de Serigne Abdou Lahat Mbacké : «On constate que c’est le moment où commence le refus du ndigël électoral chez les disciples mourides, mais aussi le début de la fin du régime socialiste qui interviendra à l’occasion des élections présidentielles de février-mars 2000.»
Et dans Le Sénégal sous Abdou­laye Wade : le Sopi à l’épreuve du pouvoir, Momar Coumba Diop et Cie ajoutaient : «La leçon à tirer de ces événements (ndigël de 1988) est qu’il existe, au sein de la confrérie, un groupe qui peut désobéir au khalife quand il sent ses intérêts menacés.» Intérêts économiques aussi comme l’affaire du paiement du fisc à Touba à la fin des années 1990.

La course pour le ndigël
Il apparaît dans le discours du porte-parole du khalife qui répondait à Macky Sall jeudi que Touba s’est faite une religion : Tous traités à égale dignité. Lorsque Cheikh Basssirou Abdou Khadre, au nom du khalife, dit à l’endroit du chef de l’Etat : «Le khalife n’a qu’une seule ambition, c’est de faire tout  pour la réussite de l’œuvre de Serigne Touba. Il a vu que depuis que vous êtes élu à la Magistrature suprême, vous ne cessez d’œuvrer pour la modernisation de Touba. En attestent les projets d’envergure… (comme) le projet Thiès-Touba (qui) montre, si besoin en était, que vous considérez Serigne Touba. Nous faisons sienne (l’œuvre de Serigne Touba) ce que disait Serigne Abdou Lahad à savoir si une personne fait des choses visibles pour vous, il faut la remercier vivement pour que nul n’en ignore. Nous vous remercions et prions que tous les projets que vous avez pour le Sénégal soient couronnés  de  succès.» C’est une bonne note et un appel passif à soutenir Macky Sall. Mais il faudra aussi relativiser, car cela n’aurait pas été évident dans un contexte électoral où Touba, conscient de la portée de tels messages, préfère prier pour tous les candidats. On se souvient encore qu’au second tour de la Présidentielle de 2012, le candidat sortant, mis en doute par Macky Sall, avait réservé son premier jour de campagne à Serigne Cheikh Sidy Makhtar. «Je suis musulman, mais j’ai choisi ma voie qui est le mouridisme. (…) Je sais que le pouvoir que je détiens vient de Touba. C’est pourquoi je privilégie Touba sur tout. (…) Voilà pourquoi je suis venu m’en référer à vous qui l’incarnez avant d’entamer la campagne pour le second tour», avait-il dit devant le khalife. Il n’y a pas eu un retour sur… allégeance, comme sur un investissement massif dans les projets de la ville de Cheikh Ahmadou Bamba. Les appels du pied, de façon récurrente et ostentatoire, n’y ont rien fait. Le porte-parole du khalife n’a dû lâcher que ceci : «Le khalife est conscient des réalisations que vous avez faites au Sénégal. Il priera pour vous, comme vous l’avez sollicité, afin que vos entreprises soient couronnées de succès. Les talibés con­vaincus qui travaillent en toute sincérité pour Serigne Touba verront, par la grâce de Dieu, leurs vœux exaucés, et nous espérons que ce sera le cas.» Lénifiant, mais pas suffisant pour une réélection.

«Réconciliation» n’est pas reconquête
Partant de ceux qui huaient le Président Sall aux Hlm, à Keur Nganda, l’on peut dire que ce sont des disciples opposés à son régime et à sa politique. Partant de la tradition mouride, et de son hospitalité héritées du Guide, il s’agit d’un «simple» ndigël religieux. «Sim­ple» pour les politiques qui rêvent tous d’un ndigël politique, mais surtout électoral encore peu évident.
Qu’est-ce que Wade et Macky Sall n’ont-ils pas fait pour obtenir ce qu’ils croyaient être la déterminante de leur élection en 2012 ? Qui ne se souvient pas de la course-poursuite entre les deux candidats arrivés au second tour, qui se bousculaient à Tawfekh, alors que Serigne Sidy Makhtar Mbacké avait choisi de se consacrer à sa retraite spirituelle ?
Cette consigne religieuse exécutée peut-elle se prolonger jusque dans le jeu électoral ? Pas si sûr. C’est tout de même dopant pour un homme à qui on prêtait une «distance» avec Touba, facteur qui aurait pesé dans la balance des Lo­cales du 29 juin dernier, avec une marrée bleue du Pds qui contrôle quasiment tout le Baol. «Ré­con­ciliation» avec Touba oui. Mais pas forcément une reconquête ?

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Le président Macky Sall a découvert lors de sa dernière visite à Brazzaville, la ferme du Président Congolais, où étaient élevées des vaches de la race Taurin ndama ramenées du Sénégal et introduites dans cette belle demeure par un homme passionné d’élevage et de curiosité pour cette espèce dite trypanotolérante. Denis Sassou Nguesso a sans doute émerveillé le président sénégalais en lui faisant visiter ce ranch. Mais sûr qu’il lui aussi donné des idées. Car l’amélioration des races n’est pas une donnée nouvelle au Sénégal. Mais, qui le savait en dehors des spécialistes et des gens comme Pape Seck, cet éleveur qui travaille du coté de Bargny et tous ces anonymes qui se battent seuls dans leur domaine sans l’aide d’un mécène du privé, d’une banque ou de l’Etat.
 
Et pourtant,  ici, au Sénégal, il a été mis sur pied depuis le début de la décennie 1970-80, un programme de sélection du taurin Ndama (né exactement en 1972) avec la constitution entre mars 1972 et octobre 1974 du noyau de fondation composé de 123 génisses et 8 taureaux. Ces animaux ont été achetés auprès des éleveurs traditionnels de la région de Casamance et du Sénégal oriental. A la fin de l’année 1980, ce troupeau comportait 362 têtes. Le critère de sélection était représenté par la croissance pondérale. Les veaux sont sevrés à l’âge de 6 mois et sont ensuite séparés suivant le sexe.
 
Les femelles rejoignent le lot de génisses jusqu’à l’âge de 18-23 mois où la sélection est faite pour les génisses devant entrer en reproduction. Les animaux non retenus sont réformés. Pour les mâles, ils sont mis dans un lot de pré-testage collectif jusqu’à 18 mois où la sélection est faite. Les meilleurs sujets (une dizaine environ) sont choisis pour subir le pré-testage individuel jusqu’à l’âge de 24 mois, âge auquel la sélection des futurs géniteurs est faite. Les sujets les plus performants (2 à 3) sont retenus comme géniteurs de remplacement pour le noyau du Centre de recherches zootechniques et les autres sont mis en cession pour les troupeaux villageois.
 
 Ce schéma de sélection a fonctionné juste qu’en 1992 où un schéma avec ouverture du noyau de sélection du centre à des gènes extérieurs venant des troupeaux villageois a été testé. Les raisons de ce changement venaient du fait que la base de sélection du noyau était trop faible pour assurer un progrès génétique et éviter la consanguinité au niveau du troupeau. L’introduction d’animaux venant des troupeaux villageois permettait d’augmenter la base de sélection et ainsi de réduire l’accumulation de la consanguinité. Le test conduit en 1992-1993 a permis, après un dépistage de vaches ‘’exceptionnelles’’ sur la base de la production laitière, de transférer une cinquantaine de vaches au niveau Crz. Ces vaches ont été inséminées avec de la semence récoltée au niveau des taureaux du centre et retournées dans leur troupeau d’origine. Les produits issus de ces vaches devraient être transférés au Centre de recherche pour un test de croissance. Les résultats et enseignements obtenus de ce test indiquent que le dépistage des vaches au niveau de troupeaux villageois et sur une large échelle était possible ; mais le recrutement de vaches ‘’exceptionnelles’’ et le transfert au noyau du Crz était plus problématique. Les éleveurs  n’étant pas disposés à mettre à la disposition du centre leurs meilleures femelles. Les dépistages de vaches ont continué jusqu’en 1996 avec transfert de vaches pour être saillies au niveau du centre et retour dans les troupeaux villageois. Le nombre de produits issus de ces vaches n’est pas connu et il n’y a jamais eu de transfert des produits mâles pour testage.
 
Ainsi, le système de sélection à noyau ouvert n’a en fait jamais été opérationnalisé puisqu’il n’y a jamais eu de transfert d’animaux ayant contribué à la reproduction du noyau de sélection.
 
Au début, il y a eu le Progebe
 
Le Projet de gestion durable du bétail ruminant endémique en Afrique de l’Ouest (Progebe)  est né de la volonté des pays de la sous-région (Gambie, Guinée, Mali et Sénégal) de conserver le bétail trypanotolérant qui vit dans les zones subhumides et humides de ces pays.  Ce bétail composé de bovins Ndama, de moutons Djallonké et de chèvres naines, est adapté à cet écosystème particulier où sévit la mouche Tsé tsé vecteur de la trypanosomose animale qui empêche les races de ruminants sahéliens de se développer dans ces zones. La stratégie de conservation du bétail trypanotolérant repose sur deux piliers : la préservation de l’habitat naturel de ce bétail et l’amélioration de sa production et de sa productivité accompagnée d’un meilleur accès au marché.
 
La préservation de l’habitat naturel du bétail trypanotolérant est réalisée grâce à des efforts de lutte contre les feux de brousse qui constituent un fléau majeur de dégradation des ressources naturelles et de perte de biodiversité, les déboisements abusifs pour la recherche de terres de cultures et l’exploitation du bois de chauffe ou d’œuvre.  La mise en œuvre de ces actions de  contre les péjorations de l’environnement implique un engagement et une implication active des communautés pour asseoir un modèle de gestion durable des ressources naturelles. Ainsi, des plans d’occupation et d’affectation des sols (Poas) ont été  élaborés et mis en place au niveau des communautés rurales où intervenait le projet.   
 
La préservation des écosystèmes par une meilleure gestion des ressources naturelles devrait aussi assurer au bétail une disponibilité alimentaire moins aléatoire surtout durant la saison sèche. L’élevage du bétail trypanotolérant a été longtemps dominé par un mode de production extensive où l’exploitation des parcours naturels constitue la base de l’alimentation. Ces systèmes de production animale plus ou moins intégrés à l’agriculture, ont été essentiellement fondés sur l’exploitation de l’adaptation des animaux à ces écosystèmes. En plus de la trypanotolérance, le bétail présente également à des degrés divers des résistances contre les endoparasites (moutons Djallonké), la dermatophilose (bovins Ndama) et dispose de capacités à valoriser des fourrages grossiers et pauvres. La taille réduite de son format constitue également un atout en cas de rareté des ressources alimentaires.
 
L’amélioration de la production et de la productivité de l’espèce est réalisée à travers un meilleur accès aux services de santé animale, aux pâturages et à l’eau et à des géniteurs améliorés. La qualité génétique du bétail et l’amélioration de ses conditions d’élevage constituent les fondements d’une meilleure attractivité et valorisation du bétail pour assurer sa conservation.  Ainsi, le Progebe en partenariat avec l’Institut sénégalais de recherche agricole (Isra) à travers le Centre de recherches zootechniques de Kolda (Crz-K) a entrepris des actions visant la revitalisation du programme de sélection du taurin Ndama.
 
Ce programme de relance initié en fin 2009 avec le repeuplement du noyau de sélection du Crz a nécessité la participation des éleveurs de la zone d’emprise du Crz (villages situés sur une rayon de 10 à 15 km autour du centre) qui ont apporté leur concours en acceptant de mettre à la disposition du Crz des vaches.
 
L’AMÉLIORATION GÉNÉTIQUE - UN SUCCES ACQUIS GRACE A LA RECHERCHE
 
On l’oublie souvent, mais on fait encore de la recherche en Afrique et au Sénégal. Les activités développées pour reconstituer le noyau de sélection et sa gestion ont permis :
• à travers des visites d’échanges au niveau du Crz-K, d’informer et de sensibiliser les éleveurs de la zone d’emprise et ceux des sites d’intervention du Progebe, sur le programme de sélection ;
• de redémarrer un contrôle de performances et d’identifier sur les animaux mâles qui étaient dans le centre avant le programme de relance, des géniteurs à diffuser. Quatorze jeunes géniteurs ont été ainsi disséminés dans les troupeaux de la zone d’emprise et dans les sites du projet;
• un lot de 24 jeunes taurillons nés depuis la relance est actuellement en phase de testage sur la croissance pour produire de futurs géniteurs. Le principal défi est la consolidation et la pérennisation des premiers résultats et acquis du programme de sélection.
 
En effet, le Progebe qui a accompagné et appuyé l’Isra et les éleveurs dans cette phase de relance, devrait finir en octobre 2014. L’amélioration génétique étant une opération qui doit se faire dans la durée, il s’agira alors que l’Isra, le service de l’élevage et les éleveurs avec éventuellement d’autres partenaires prennent le relai.
L’implication des éleveurs dans la gestion du programme de sélection devra s’affirmer davantage pour une meilleure appropriation et pilotage du programme. Le renforcement des capacités organisationnelles de la Coopérative des sélectionneurs de Ndama devra être poursuivi afin qu’elle puisse assumer pleinement la prise en charge à terme de la gestion du noyau de sélection avec l’appui technique de l’Isra et des services de l’élevage.
 
LIGNES DE FORCES  - CELEBRONS LE GENIE SENEGALAIS DE L’ALIMENTATION
 
La Sillicon Valley, une invention humaine que les extraterrestres n’ont pas laissée à l’Amérique pour les beaux yeux de ses hommes et de ses femmes. Pour la génération d’avant, actuelle et d’après, il aura fallu inventer cet espace. Aujourd’hui, tout le monde en parle et l’imite. Que devons-nous faire pour sortir notre agriculture et l’élevage de la situation d’abandon sinon de résignation dans laquelle on les a laissés. Depuis quelques années, les mots à la mode : l’émergence et le développement.
 
Or, en fouillant dans les textes, dans les archives nationales de l’agriculture et de l’élevage et en allant regarder dans les vieilles bibliothèques des institutions de recherche, on se sera encore étonné de ne trouver que de la vieille paperasse qui ne demande qu’à être réactualisée.  Alors qu’on aurait pu le faire depuis longtemps en remettant au goût du jour, grâce à la magie de l’informatique, certaines de nos trouvailles scientifiques, techniques et technologiques tout comme tous les projets porteurs des années 50-60-70 jusqu’au début de la décennie 2000.  La Sillicon Valley, mon exemple du jour, n’est pas une invention tombée ex. Nihilo, du ciel. Ces hommes et femmes qui l’ont conçue et aménagé dans la forêt californienne, en ont fait l’espace le plus adapté aux innovations en tout genre, d’un monde devenu fou et avide de progrès.
 
Alors, ne pourrait-on pas, pendant qu’on s’époumone derrière des milliards volés par les uns et cachés par les autres, mettre tout cet argent au service d’un certain désir d’avenir pour le Sénégal ? Question de fond ! Question de vie ! Des milliards qui fuient, un président qui dit en disposer au moment où l’Isra qui vient de finir ses journées scientifiques pour l’année 2014, a un mal fou à répondre à nos besoins d’alimentation. Le débat de fond du mandat de Macky Sall est aussi autour de ces questions.
 
Dire qu’il existe un génie sénégalais ne servirait à rien. On le sait. Ce génie, il existe depuis toujours, mais, c’est notre peur à affronter l’avenir, ce fatalisme des faux devins qui voient ou non, la pluie, qui pose problème. Produire du riz en quantité est devenu une expression politique. Mais, pourquoi ne parle-t-on pas de produire du bétail en qualité et en quantité ? Les foires se multiplient et celles de Dakar, même ramenée à un an d’intervalle, n’est qu’un espace de vente de produits qu’on connaît. On doit réinventer ce grand marché avec plus d’ambition et de créations.
 
Le génie sénégalais a besoin d’autre chose à créer et à offrir. C'est-à-dire, la promotion des initiatives destinées à booster la qualité de ce que nous produisons et exposons tous les jours dans les marchés pour notre nourriture. En la matière, le Président de Slow Food international, Carlo Petrini qui a promis une prochaine visite au Sénégal, a donné le ton sur l’incapacité du monde à recycler et explorer toutes les productions que la terre lui offre. Selon lui, il existerait 7000 espèces végétales dans le monde ; or, à l’en croire, l’humanité ne consommerait que quelque 700 unités de ce vaste ensemble. Voilà un défi de taille que la recherche de la promotion du savoir indigène et du savoir faire des chercheurs, devrait aider à exhumer des tiroirs cachés de la science.
 
Le travail devrait commencer très tôt si on veut aider la prochaine génération à garder le fil de la pensée de l’émergence et du développement du pays que les actuels décideurs cherchent à promouvoir. Cela passe par ce petit chemin qu’il faudra quoiqu’il arrive, emprunter un jour. Et très vite…
 
LES PAGES INITIATIVES
 
Cette rubrique « Initiatives » a été conçue pour aller à la rencontre de ceux qui osent.  Elle devrait encourager également une nouvelle manière de voir la vie des gens qui travaillent loin des turpitudes politiques qui ne résument pas, à elles seules, ce qui passe dans le pays.
 
La rubrique voudrait être perçue comme un cadre d’innovations qui va faire la synthèse de ce qui se fait réellement en matière d’efforts de développement au Sénégal. De la recherche dans tous les domaines aux petites inventions, elle abordera toutes les questions liées au design, à la couture, la mécanique, la petite agriculture, l’élevage avec l’embouche ovine, bovine et caprine, la reconversion des séniors, la formation, l’encadrement des jeunes, les Petites et moyennes industries,  etc.) La question est pour nous, d’accompagner le progrès où qu’il se trouve.
 
Loin des pages classiques, la rubrique « Initiatives » sera aussi un espace de débat sur les résultats concrets et visibles obtenus en matière de recherche. Elle sera composée de petits reportages partout où l’on trouvera des pratiques innovantes avec de temps à autre, l’éclairage d’un spécialiste.

L’info fait tressaillir de peur : Les Hlm hébergent le plus grand nombre  de drogués dans la capitale. Les statistiques, fournies par la Coalition communautaire antidrogue des Hlm (Cocan), appuyée par les autorités sénégalaises et une Ong américaine spécialisée dans ce domaine, montrent que le mal est très profond : 83 % des jeunes âgés entre 15 et 19 ans touchent à la marijuana ou à la cocaïne. Sidérées par la situation, les populations s’engagent à inverser la tendance. Surtout que le quartier a été mis sur la liste rouge du ministère de l’Intérieur.

Cela relève presque de l’improbable : Les Hlm ont le taux le plus élevé de drogués dans la capitale. Depuis quelques temps, cette commune est mise sur la liste rouge par le ministère de l’Intérieur qui fait le classement des zones les plus exposées à la consommation des stupéfiants. Les statistiques font froid dans le dos : 83 % des jeunes de cette localité, situés dans la tranche d’âge comprise entre 15 et 19 ans, s’adonnent à la drogue. Si les 10% des jeunes fument la marijuana, les 5% se livrent à la cocaïne. Et les autres touchent à d’autres stupéfiants. Cette situation est surtout favorisée par la proximité avec les trafiquants qui ont élu domicile dans ce quartier situé dans le ventre mou de la capitale. L’information est contenue dans un rapport qui a fait l’objet d’une restitution mercredi et jeudi à l’église des Hlm, organisée par la Coalition communautaire antidrogue des Hlm (Cocan) dont le président est Ab­dou­laye Guèye en partenariat avec l’Ong américaine, la Communauté antidrogue des coalitions américaines (Cocad) avec à sa tête Benoît Dagadu. «Hlm est sur la liste rouge au niveau du ministère de l’Intérieur. La plaie est profonde. A chaque coin de rue, on retrouve des trafiquants», témoigne Ama­dou Jean Guèye, chef de quartier des Hlm 2 et 3.

Hlm sur la liste rouge du ministère de l’Intérieur
Mais, les trafiquants sont traqués de jour et de nuit : Selon la police des Hlm, citée par le rapport, «10 consommateurs de cannabis et 4 trafiquants ont été arrêtés au cours des 30 derniers jours et 30 consommateurs et 6 trafiquants dans les 12 derniers jours». Ce n’est pas seulement les garçons qui usent de la drogue. La consommation se féminise avec les filles qui s’en enivrent à cœur joie au niveau de la commune des Hlm. «Des filles fumant du chanvre indien ont été arrêtées la fois passée», raconte Abdoulaye Guèye, le président du Cocad Hlm. Elle est favorisée toujours, selon l’enquête par le chômage, la promiscuité et la mauvaise fréquentation des jeunes, si l’on  s’en tient aux informations issues de l’enquête réalisée par les relais formés par le Cocan en partenariat avec l’Ong américaine.
Abdoulaye Guèye juge que l’heure est venue pour réagir face à ce fléau. «Nous ne devons pas croiser les bras, si la consommation de la drogue a pris des proportions chez les jeunes aux Hlm, c’est que les gens ont fait de la drogue un sujet tabou. Catastrophique ! Il ne faut pas se voiler la face. Si tu veux régler un problème, il faut le régler à la racine. J’ai été sidéré. J’ai eu honte. J’ai eu des frissons», constate, avec force,  le président de Cocad Hlm. «Nous voulons amener les personnes responsables à parler de la drogue. Parce que si on n’en parle pas, nous n’allons pas trouver des solutions. Tous ceux qui sont dans les foyers sont confrontés à ce fléau. Nous le vivons au plus profond de nous-mêmes», ajoute Abdoulaye Guèye. «Aujourd’hui, les gens se droguent sans gêne. C’est là où ça devient dangereux. A ce moment, nous sommes plus nombreux que ceux qui fument. Mais imaginons s’ils deviennent plus nombreux que nous. Ce serait dans ce cas catastrophique. Il faut prendre le taureau par les cornes», renchérit-il.
Fatoumata Diouf Guèye, 2e adjoint au maire des Hlm, souligne que la drogue est un fléau  qui est loin de se ralentir au niveau des Hlm. La mairie de la localité compte appuyer le Cocad Hlm dans la lutte contre la drogue en apportant son soutien sur tous les plans, si on se fie aux assurances de la 2e adjointe au maire. Un plan d’action sera déroulé par l’association pour réduire le taux de l’usage de la drogue chez les jeunes. C’est ce que compte faire en 2015 la Cocan Hlm. S’activant depuis 1992 dans la lutte contre la drogue, l’Ong américaine, la communauté antidrogue des coalitions américaines (Cocad) et la coalition communautaire antidrogue des Hlm (Cocan) ont du pain sur la planche.

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La coalition Benno Siggil Senegaal (mouvance présidentielle) se méfie de Me Wade et elle l’a clairement affiché hier, vendredi. En conférence de presse organisée à la permanence de l’Afp, Maguette Thiam du Pit et cie ont invité les autorités à prendre très au sérieux les interpellations de l’ancien président de la République. Pour contrer ce dernier d’ailleurs, la conférence des leaders de la coalition Bss a demandé au Chef de l’Etat à publier tout document pouvant édifier les Sénégalais sur les dossiers Petro Tim et Arcelor Mittal.
 
Si le gouvernement de Macky Sall semble pour le moment accorder peu de crédit aux interpellations de Wade (lors du meeting du 21 novembre), du côté de la coalition Benno Siggil Senegaal (Bss-mouvance présidentielle), tel n’est pas le cas. On prend très au sérieux les déclarations du secrétaire général national du Parti démocratique sénégalais (Pds). Face à la presse hier, vendredi 5 décembre, dans les locaux de l’Alliance des forces de progrès (Afp), la conférence des leaders de ladite coalition qui avait soutenu la candidature de Moustapha Niass au premier tour de la présidentielle de 2012, a tenu à attirer l’attention de Macky Sall et son régime sur la capacité de nuisance du ténor des opposants de la scène politique sénégalaise. Mieux, ces leaders ont invité le gouvernement a donner suite aux interpellations du Pape du Sopi sur les dossiers Petro Tim et Arcelor Mittal.
 
Précisant que leur déclaration n’est pas «une prise de position, mais un avis citoyen, républicain basé sur la traçabilité des faits et des actes posés par le gouvernement», Mamadou Berthé, entouré de Maguette Thiam du PIT et de Ma Ibou Badiane, a été le premier à lancer l’avertissement. «Il ne faut prendre les propos de Wade à la légère. Les membres et sympathisants doivent les prendre très au sérieux, compte tenu du contexte de leur tenue, fait d’une conjoncture économique et sociale difficile. Le gouvernement doit réagir».
 
Embouchant la même trompette, Ma Ibou Badiane a précisé que «Wade dou waxantou» («Wade tient à sa parole» en langue wolof). Et de renchérir : «Nous avons pratiqué Wade. Le professeur Maguette Thiam le connait bien ; le Parti de l’indépendance et du travail (Pit) faisait partie des premiers alliés du Pds. Moi, j’étais militant du Pds… Ceci pour dire qu’on connait bien l’homme, c’est lui qui nous a formés…
 
Nous savons donc de quoi il est capable. Quand Wade parle, il faut répondre. Si vous ne répondez pas, il fonce », prévient-t-il. « C’est ça sa logique et Wade «dou waxantou».
Au regard de ces diverses considérations, la conférence des leaders de BSS exhorte donc le Chef de l’Etat à faire publier tout document pouvant édifier les Sénégalais sur l’imposture qui est devenue une «arme privilégiée» par l’opposition. «Nous savons qu’il est de tradition, de traiter ces questions-là dans la durée. Mais nous estimons cette fois, qu’il faudra que cela se fasse dans des délais relativement courts. Qu’on donne toutes les informations dont l’Etat dispose, pour clarifier ce point et informer objectivement l’opinion sur les tenants et les aboutissements de ce dossier. C’est ça le point de vue de Bss».

Sur la place de la mairie de Sébastopol, le grand port de Crimée dans l'est russophone de l'Ukraine, lundi 24 février, un colosse blond au visage rougi, essoufflé, pantelant, fend la foule. « Où est-ce qu'on s'inscrit pour la milice ? » demande-t-il.  On indique à Alexeï Nitchik un stand où on s'enregistre prestement dans  les brigades d'autodéfense créées ici samedi 22 février pour « défendre la ville », en miroir inversé de celles de Kiev et de l'ouest révolutionnaire.

Alors que l'Ukraine n'a pas encore de premier ministre, que l'autorité du pouvoir central reste à s'affirmer, un vide politique s'est creusé dans les provinces de l'Est. A Sébastopol, peuplée en majorité de Russes et atterrée par le « coup d'Etat » de Kiev, une foule a pris l'hôtel de ville lundi, quelques heures après  que M. Nitchik a rejoint la milice. Elle y a forcé l'installation d'un  nouveau maire lundi soir. La police de la ville, à peine visible autour de la foule, a laissé faire.

Le précédent maire de Sébastopol avait démissionné et quitté la ville après la débandade du pouvoir central. Son poste est sensible. La ville abrite la flotte de la mer Noire de l'armée russe. L'un des premiers gestes de M. Ianoukovitch après son arrivée au pouvoir, en 2010, avait été d'en renouveler le bail, qui court jusqu'en 2042. Pour ces raisons, le principal administrateur de Sébastopol n'est pas élu par ses habitants, mais nommé directement par la présidence.

[B]« KIEV A ÉTÉ PRISE PAR DES GROUPES FASCISTES »[/B]

Or, de présidence « il n'y en a plus », déclarait  lundi devant la mairie, Guennadi Bassov, patron du Bloc russe (Rousski  Blok), un groupe radical qui milite pour le rattachement de la Crimée à  la Russie, et qui trouve dans les événements actuels une audience inédite. « Kiev a été prise par des groupes fascistes, des gens en armes qui sont déjà arrivés à Kharkiv et à Donetsk », les grandes villes de l'Est, « et qui viendront chez nous si nous ne faisons rien », prévient-il.

Ce discours fait écho aux prises de position de Moscou,  lundi 24 février, après le rappel de son ambassadeur à Kiev. Vladimir  Poutine est resté muet sur l'Ukraine. Mais les autres messages, vers  l'intérieur et l'extérieur, étaient limpides. A Moscou, sept  manifestants ont été condamnés à des peines allant jusqu'à quatre ans de  prison, pour avoir protesté la veille de l'investiture du président russe, le 6 mai 2012. Poutine a laissé le premier ministre, Dmitri Medvedev, exprimer les « doutes sérieux » de Moscou sur la légitimité du pouvoir central à Kiev. « Si on considère que des gens qui se baladent dans Kiev avec des masques et des kalachnikovs sont le gouvernement, alors il nous sera difficile de travailler avec un tel gouvernement », a-t- il dit.

Lire aussi : L'UE se mobilise pour éviter la faillite de l'Ukraine

Cette déclaration, à Sébastopol, a suscité un grondement de  soulagement parmi les manifestants. Mais derrière les déclarations  outrées des responsables russes, la position du Kremlin semble retenue.  De la butte qui domine le centre-ville  de Sébastopol, où siège une partie de l'état-major de la flotte russe,  pas un bruit n'a filtré lundi, alors que la ville se rebellait contre  les autorités de Kiev.

La rébellion, le conseiller municipal Guennadi Bassov et quelques autres l'ont lancée samedi, sur  la place de l'Amiral-Nakhimov, défenseur de la ville durant le siège  franco-britannique de la guerre de Crimée. Quelque 3 000 personnes ont  accueilli en héros un groupe de Berkout (forces antiémeutes), revenus  défaits de la bataille de Kiev. Dimanche, une dizaine de milliers de  personnes s'y rassemblaient de nouveau. Des brigades d'autodéfense ont  été formées. La foule a élu à main levée son nouveau maire.

[B]UN MAIRE ÉLU À MAIN LEVÉE
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L'élu est un industriel originaire de la ville, Alexeï  Tchaly. L'homme réside à Moscou, où il a établi le siège de sa  compagnie, Tavrida electrics, spécialisée dans l'outillage électrique et  active dans une vingtaine de pays. Sa première intervention politique  remarquée en Crimée remonte à fin novembre. Il louait alors la décision  de Viktor Ianoukovitch de renoncer à signer l'accord d'association avec l'Union européenne pour se rapprocher de la Russie, qui sans cela, disait-il, eut fermé son marché aux industries de Crimée.

Lirenotre reportage : Les Ukrainiens russophones remettent l'uniforme de l'Armée rouge

Son élection par une foule en colère n'a rien de légal, mais  l'occupation par les manifestants anti-Ianoukovitch des bâtiments  administratifs de Lviv, à l'ouest, en réplique sismique de Maïdan, ne  l'était guère plus. Le lendemain, M. Tchaly parlementait donc avec les  fonctionnaires de la mairie, afin d'établir son autorité. Guennadi Bassov, lui, barrait la porte du bâtiment avec une centaine d'hommes. Il y avait là quelques « loups gris », ces motards avec lesquels s'affiche volontiers le président russe Vladimir Poutine, très actifs en Crimée.

« Les nationalistes ukrainiens vont tout faire pour effacer notre culture, notre histoire », estime Galena Pirojenko, libraire en centre-ville et venue attendre, sous les fenêtres du conseil municipal, que les élus se prononcent sur la candidature de M. Tchaly. Mme Pirojenko, 57 ans, ne vend que des livres russes – elle estime que personne n'aurait l'idée ici de lui acheter un ouvrage en ukrainien. Elle n'a pas supporté de voir le Parlement abolir, samedi, la loi sur les langues régionales, qui accordait au russe un statut de langue officielle dans l'Est et le Sud. « Nous étions un grand peuple. Aujourd'hui nos enfants sont déjà à moitié illettrés, ils parlent mal le russe », se désole-t-elle.

Comme l'est industriel et russophone de l'Ukraine, la Crimée  ne craint pas la domination russe : elle existe simplement. Les Russes  représentent ici quelque 60 % de la population,  pour 2 millions d'habitants. Du règne de l'impératrice Catherine II  jusqu'en 1991, la péninsule a fait partie de la Russie. Alors, quand  Galena Pirojenko veut expliquer sa peur, immense, de la révolution de Kiev, ses nuits passées sur Internet à zapper des images d'émeutes diffusées par les télévisions russes à celles des  chaînes ukrainiennes, ses journées accrochées au poste, dans sa  librairie, à la radio Svoboda (Radio Free Europe), elle parle d'abord d'histoire. Du « cadeau » fait par Nikita Khrouchtchev, de la Crimée russe à l'Ukraine en 1954. Du refus de Boris Eltsine de reprendre la péninsule après l'éclatement du bloc soviétique. Des « vingt ans d'humiliations » subies depuis.

[B]LA CRAINTE DU DÉSORDRE[/B]

Cependant, parmi ces manifestants, c'est plus la crainte des  désordres qu'on évoque qu'un désir de retour dans le giron de la  Russie, porteur d'infinies complications. C'est le cas pour Vladimir  Martinienko, 63 ans, ancien responsable du Parti communiste local et possesseur depuis 1991 de 5 hectares de terres à Sébastopol. M. Martinienko avait commencé à y construire une zone industrielle. Il dit avoir été victime d'un raid, téléguidé par un fonctionnaire du Parlement de Kiev, qui l'a forcé à céder le lieu, quelques années plus tard, sous la menace de « petites frappes » armées. Après treize ans de batailles en justice, M. Martinienko a récupéré son bien en 2011. « La justice avait recommencé à fonctionner sous Ianoukovitch », se félicite-t-il. Il n'avait besoin que d'investisseurs, disposait de  bons appuis. Et voilà que la révolution lui est tombée sur la tête. Il  manifestait dimanche pour M. Tchaly et « la stabilité ».

Lundi soir, il a fallu tordre le bras des conseillers municipaux pour obtenir cela. Certains, par crainte de Kiev, par légalisme, avaient refusé de voter l'investiture. Ils ont été sommés par la foule, plusieurs milliers de  personnes à peine encadrées par quelques policiers en fin de journée, de  voter de nouveau. Ils ont plié. Entre-temps, des officiers de police avaient commencé à patrouiller dans le centre-ville, à bonne distance de la mairie.

Le Monde.fr

mardi, 25 février 2014 12:45

Méningite : 3 décès suspects à Nice

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Décédés en fin de semaine, les trois hommes présentaient des symptômes propres à cette maladie. Deux d'entre eux vivaient dans la même famille.

Trois jeunes hommes présentant tous des symptômes de méningite sont décédés en fin de semaine à Nice, a indiqué mardi l'agence régionale de santé (ARS). "On peut considérer qu'il s'agit de trois cas de méningite", a indiqué Marie-Claude Dumont, conseillère médicale du directeur de l'ARS en région Paca. Une personne de 22 ans est décédée samedi d'une méningite à méningocoque B. Le jeune homme résidait de longue date à l'hôpital psychiatrique de Sainte-Marie à Nice et n'avait aucun lien avec les deux autres victimes.

Ce type de méningite hautement pathogène se transmet uniquement par la salive et tout l'entourage de la victime a été traité préventivement par antibiotiques. Dimanche, un homme de 29 ans est décédé d'une méningite, cette fois à l'hôpital L'Archet de Nice. Une autopsie doit encore préciser mardi le typage de cette méningite, "probablement à méningocoque C" (pour lequel existe un vaccin). Son beau-frère de 22 ans, avec qui il avait été en contact, était décédé vendredi à son domicile "dans un contexte infectieux qui permet de penser qu'il y a une forte suspicion de méningite". Toutefois, la famille n'a pas souhaité procéder à une autopsie, précise l'ARS.

Le Point.fr

 La République centrafricaine est aussi appelée « La Centrafrique ». Ce pays recouvre le territoire que les colons français appelaient l’Oubangui-Chari et a fait partie de l'Afrique équatoriale française (AEF) de 1910 à 1960. C’est un pays d’environ 4,500 millions d’habitants, répartis sur un territoire d’une superficie d'environ 627.000 km². Il est entouré par le Cameroun à l'ouest, le Tchad au nord, le Soudan au nord-est, le Soudan du Sud à l'est, la République démocratique du Congo (RDC) et la République du Congo au sud. Après l’accession à l'indépendance en 1960, la Centrafrique a connu différents régimes autoritaires à sa tête, en commençant par celui d’un capitaine de l’armée française Jean-Bedel Bokassa, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat, le 31 décembre 1965. Il s’autoproclame maréchal-président, puis président à vie, puis empereur de Centrafrique en 1976, avec la complaisance du président Valéry Giscard d’Estaing. Mais en septembre 1979, un soulèvement populaire, accompagné par l’opération « Barracuda » menée par l’armée française, pousse Jean-Bedel Bokassa à l’exil et à son installation en France ; celle-ci n’avait pas apprécié son rapprochement avec le colonel Muhammar Khadafi, président de la Libye, menant une politique de déstabilisation de son pré-carré au Tchad. Bokassa avait arraché le pouvoir à son cousin David Dacko qui avait dirigé ce spacieux pays après l’indépendance à la suite du père de l’indépendance Barthélémy Boganda, décédé dans des conditions non encore élucidées en 1959.

Le pays devient la « République centrafricaine » le 1er décembre 1958 et proclame son indépendance le 13 août 1960 en adoptant le sango comme langue nationale d’unification du pays, à côté du français adopté comme langue officielle. Le premier chef de l'État, Barthélemy Boganda, est ainsi considéré comme le père de la nation centrafricaine. Auparavant Parlementaire à Paris, il demande le maintien de tous les droits français au peuple d'Afrique équatoriale française. Il prône également depuis longtemps l’indépendance des colonies en leur proposant la création d'un État d’Afrique centrale unique, regroupant Gabon, Congo, Cameroun et République centrafricaine. La France, qui se débat avec le problème algérien, n’est pas de cet avis à cette époque des indépendances car trop de grandes puissances en Afrique entameraient sa puissance. La multiplication des micro-Etats est une stratégie de domination pour garder la main sur ses anciennes colonies. Pourtant, déjà visionnaire, Barthélémy Boganda considère cette union comme la seule solution permettant d'éviter l'éclatement de la région en territoires trop petits, non viables, et sans rôle à jouer sur la scène internationale. Opportunément pour la France, il meurt le29 mars 1959, peu après son élection. C’est David Dacko qui lui succède à la présidence d’un Etat quasi vide, mais qui reste sous contrôle et soutien administratifs de la France, jusqu’à son renversement par Bokassa.

 

I-             Les crises centrafricaines sont très anciennes

La mort du visionnaire Barthélémy Boganda signe la première crise d’un Etat à peine né. En divergence de stratégie avec la métropole (constitution d’un seul pays en Afrique équatoriale française, transferts de droits français aux africains après l’indépendance), le premier dirigeant centrafricain perd la vie avant l’indépendance. David Dacko est docile, coopératif avec la France, sans envergure de contestataire. Il est appelé à coopérer avec l’ancien capitaine de l’armée française, Jean—Bedel Bokassa, promu colonel par la France pour créer et encadrer une armée d’un nouvel Etat centrafricain. Mais le 31 décembre 1965, le général Bokassa s’empare lui-même du pouvoir et se constitue en dictateur jusqu’à s’autoproclamer « Empereur de Centrafrique » en 1976 et veut s’émanciper de la France. Et en septembre 1979, la France sonne la fin de la partie et le jeu est terminé pour Jean-Bedel Bokassa. Après son départ, David Dacko est reconduit à nouveau par la France à la tête pays jusqu’au 1er septembre 1981, avant d’en être chassé par le coup d’Etat du général André Kolingba, qui s’installe confortablement dans le fauteuil du pouvoir à Bangui jusqu’aux premières élections multipartites en 1993. Ces élections ferment temporairement la parenthèse des aventures militaires sur dix ans, avec l’élection d’un civil Ange-Félix Patassé à la présidence. Mais le 15 mars 2003, après quelques tentatives ratées, notamment en 2001, le général François Bozizé parvient à s’emparer du pouvoir par un coup d’Etat arrangé entre le Tchad et la France.

Cependant, cette accession à la présidence de François Bozizé est violemment contestée par les Centrafricains qui venaient de respirer l’air de la démocratie et une première guerre civile est lancée par plusieurs rébellions. Elle ravage le pays entre 2004 et 2007. Un accord de paix est négocié à la hâte proposant notamment un programme DDR et les financements internationaux pour la reconstruction du pays. Mais les rebelles dénoncent le non-respect de ces accords par le président Bozizé et son entourage ; ils reprennent les armes au début de décembre 2012. Malgré l’accord de Libreville en janvier 2013 instituant le partage du pouvoir entre le président François Bozizé, « autorisé » à diriger le pays jusqu’aux élections de 2016, et le Premier ministre Nicolas Tiangaye, représentant l’opposition démocratique dans un gouvernement de transition, les rebelles de la Séléka poursuivent la deuxième guerre civile des rébellionsen Centrafrique sous le même président François Bozizé, jusqu’à sa sortie par un coup d’Etat du 24 mars 2013. Pourtant, des simulacres d’élections l’avaient reconduit en 2005 et en 2010. Mais l’accord de paix n’avait rien arrangé et la situation sécuritaire du pays avait commencé à se dégrader dès le constat d’échec du programme DDR (Démobilisation-Désarmement-Réintégration) en 2007-2008, ainsi qu’une pauvreté croissante poussant de plus en plus de Centrafricains dans la misère. Les financements alloués à cet effet ont disparu dans les coffres des dignitaires du pouvoir et la pauvreté s’est littéralement commuée en misère absolue à travers tout le pays. L’Etat s’est décomposé, l’armée professionnelle a progressivement disparu au profit d’une armée politico-militarisée (armée plus de miliciens militants pour le pouvoir que de militaires, une situation chronique connue depuis l'arrivée au pouvoir par Ange-Félix Patassé en 1993)  occupée par des troupes claniques, régionalisées et politisées proches du président Bozizé, sa famille et ses proches, comme cela s'était produit tout au long de la présidence de Angle-Félix Patassé (1993-2003). L’administration s’est décomposée, les institutions de la nation centrafricaine se sont affaissées, l’armée s’est affaiblie et l’insécurité s’est accrue.

 C’est dans ce contexte que de nouvelles troupes, sous l’appellation « Séléka », composées de groupes hétéroclites de Centrafricains, de Tchadiens et de Soudanais, mélangeant des Islamistes fondamentalistes radicaux et des Musulmans modérés mais tous attirés par les gains financiers pour l’essentiel, ont fait mouvement en début décembre 2012 pour prendre le pouvoir à Bangui. L’ « armée fantôme de la Centrafrique » des FACA, formée des proches ethniques et régionalistes du pouvoir de Bozizé pour partager les maigres ressources du pays, est rapidement défaite et vaincue sans avoir véritablement engagé les combats. Le 24 mars 2013, un homme encore inconnu Djotodia, musulman mais communément se prénommant Michel, s’autoproclame « président de Centrafrique » avec ces troupes à majorité musulmanes et étrangères. Mais de nombreuses exactions commises par les miliciens de la Séléka, au cours de leur avancée du nord – nord-est de Centrafrique vers la capitale Bangui en plein sud du pays, intensifient et généralisent l'insécurité dans toute la Centrafrique. C’est ainsi que des milices chrétiennes d'auto-défense, les anti-balaka se forment pour pallier à l’impuissance criante du nouveau pouvoir à instaurer la sécurité. Pire encore, des éléments extrémistes au sein du pouvoir, proches de Michel Djotodia, alimentent et entretiennent les massacres dans le pays. La dissolution des  milices séléka ne fait qu’amplifier la tragédie et les malheurs. Le conflit débouche sur une situation qualifiée de « pré-génocidaire » selon la France, les États-Unis, l’ONU et de nombreuses organisations humanitaires internationales sur le terrain. Les crises sécuritaire, sanitaire, alimentaire, médicale et politique se superposent dans un pays déjà à terre. En septembre 2013, le pays ne compte que sept chirurgiens alors que la seule capitale Bangui possède plusieurs hôpitaux dont l’hôpital de l'Amitié et l’hôpital communautaire. La plupart des centres de santé sont fermés, en raison de l’insécurité généralisée, et 60% des écoles sont également fermées. La Centrafrique, déjà dotée d’un Etat et des institutions déliquescents, n’a même plus d’Etat, plus d’administration, plus de justice, plus d’institutions, plus d’armée… plus rien. C’est une véritable coquille vide du point de vue de l’exercice du pouvoir. Des populations fuient en masse par centaines de milliers vers les camps de déplacés sous protection des Humanitaires, vers Bangui pour échapper aux massacres dans les villages éloignés ou par dizaines de milliers vers les pays voisins au Cameroun à l’ouest et en République démocratique du Congo au sud. La France parvient à obtenir la résolution des Nations-Unies autorisant l’usage de la force pour ramener la sécurité dans le pays, protéger les populations civiles prises entre les feux croisés des miliciens séléka et des anti-balaka, et désarmer les belligérants.

 Aussi, le 5 décembre 2013, cette résolution de l'ONU permet à la France d'envoyer des troupes armées en République centrafricaine sous le code opération « Sangaris ». Mais le pouvoir inexistant du tandem Michel Djotodia (président) et Nicolas Tiangaye (Premier ministre) continue d’alimenter les massacres à grande échelle malgré la présence des troupes françaises de Sangaris et africaines de la MISCA (Mission internationale de soutien à la Centrafrique). Des protestations de la « communauté internationale » et des Centrafricains poussent le président autoproclamé de transition Michel Djotodia et son premier ministre Nicolas Tiangaye à la démission forcée le 10janvier2014, lors d'un sommet extraordinaire des Chefs d’Etat de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC). Le Conseil national de transition, pourtant lui aussi installé auparavant par le tandem Michel Djotodia-Nicolas Tiangaye, est sommé de trouver une nouvelle équipe de transition. Ainsi, le 20 janvier 2014, ce Conseil national de transition élit Catherine Samba-Panza comme chef de l'État de transition de la Centrafrique. Cette transition est destinée à ouvrir les élections générales libres, transparentes et multipartites dans un délai  d’un an au plus tard.

 

2- La position géostratégique de la Centrafrique

La situation géographique de Centrafrique en fait un maillon faible au cœur du continent africain mais au carrefour des territoires à dominante musulmane au nord (par le Tchad) et au nord-est (par le Soudan), et des terres chrétiennes au sud (République démocratique du Congo et République du Congo). Au sud-est, les territoires ont été colonisés par la LRA (Lord Resistance Army, une rébellion venue de l’Ouganda), alors que le sud a été longtemps un terrain de repli militaire des combattants et des multiples rébellions sévissant en République démocratique du Congo. Tous ces mouvements rebelles ont toujours prospéré en Centrafrique, compliquant le contrôle de cet énorme territoire plus vaste que la France (environ 627.000 km²) et provoquant des guerres civiles et des rébellions à répétition depuis le départ de Bokassa en septembre 1979.

La Centrafrique est également une terre riche habitée par des populations pauvres. Les richesses naturelles de Centrafrique sont assises sur le bois poussant dans les savanes et la forêt équatoriale, le potentiel touristique grâce à la grande étendue de ses parcs d’animaux, l’uranium, l’or, le diamant, le potentiel d’énergie hydroélectrique et bientôt le pétrole. L’activité minière (notamment pour l’or et le diamant) devrait constituer une importante ressource de la Centrafrique. Mais la production officielle — principalement artisanale — de diamants alluvionnaires de très bonne qualité de joaillerie s'établirait à environ 500.000 carats par an, alors que la production réelle serait estimée au double environ. La Centrafrique a donc attisé l’appétit des contrebandiers, des criminels et des brigands qui prospèrent sur les crises à répétition pour capter cette richesse. Le pouvoir n’est jamais parvenu à réguler ce secteur minier pour créer une industrie locale afin de valoriser ses ressources. D’une façon générale, même quelques industries nées au cours des années 1970 (industries légères agroalimentaires, manufactures de tissus, de chaussures…) ont disparu. Il ne subsiste plus qu’une production locale de bière et une modeste transformation d’aluminium, employant une petite dizaine de milliers de salariés. Les crises politico-militaires ont régulé la pauvreté vers la misère pour les populations en Centrafrique.

 La position géographique au milieu de la forêt équatoriale, doublée d’une pauvreté et de l’incompétence chronique des dirigeants, occasionne souvent d’importantes inondations en raison du manque d'entretien des fleuves et d’importants débits d’eau qu'engendre la saison des pluies équatoriales. Par ailleurs, malgré la déforestation dans les zones de brousse où les paysans utilisent le bois pour la cuisson de leur nourriture et les constructions sommaires des habitations, la forêt gagne sur la savane ; ce qui est un cas exceptionnellement rare dans le monde. Néanmoins, des efforts doivent être poursuivis pour la protection de la faune et de la flore pour l’équilibre écologique et la biodiversité rare de cette région équatoriale. En effet, on trouve en Centrafrique une flore et une faune très diversifiées ; notamment une population d’éléphants de forêt d’Afrique, visibles par troupeaux de plusieurs dizaines de membres, notamment dans les salines de Bayanga. Mais ces animaux sont en situation de fragilité en raison du braconnage pour l'ivoire et de la consommation importante de viande de chasse. Le tourisme reste alors encore inexistant, autant du fait de la faiblesse des dispositifs d'accueil, des infrastructures de communication, que de l'insécurité permanente dans le pays. Le retard du développement se lit également dans l’état des routes dans des provinces en Centrafrique. Elles sont trop dégradées et restent archaïques sans mesure de sécurité routière adéquate, d’entretien ou de renouvellement des chaussées. Il convient de noter également des difficultés de transport urbain et interurbain (dans Bangui la capitale et de Bangui vers les provinces). En 2010, l’Etat s’est réveillé pour créer un réseau de transport urbain sous l’appellation SONATU, exploitant les transports urbains à Bangui et dans ses environs, mais le pouvoir a dû constituer une société d’État avec un très modeste capital social de 480 millions de francs CFA (soit 732.090€) et une flotte de cent autobus de fabrication indienne offerts en dotation par une société indienne Jaguar. Enfin, pour une ensemble de 627.000 km², la Centrafrique ne dispose principalement que d’un modeste aéroport de Bangui, l'aéroport Bangui M’poko.  

 S’agissant de la climatologie et de la situation géographique naturelle de la Centrafrique, la température moyenne relevée à Bangui, la capitale, avoisine 26°C. L’humidité est entretenue par une pluviosité abondante de 5mm (en période de saison sèche) jusqu’à 226 mm (en période de pluie). De par sa situation géographique, sa climatologie et le manque d’infrastructures industrielles, l'agriculture représente plus de 55 % du PIB. Les principales cultures sont alors le manioc (cassave), les bananes, le maïs, le café, le coton et le tabac. Cependant, les progrès de l’agriculture ne profitent qu’à certains grands exploitants disposant des moyens mécanisés. Les paysans ne bénéficient pas de formation adéquate, travaillent toujours « à la houe », sans mécanisation, ni attelage, ni utilisation des moyens de traitement des parasites ; ils sont exposés à de faibles productions et souvent de qualité moyenne.

L'exploitation forestière contribue également très largement au PIB, avec d'importantes essences en bois tropicaux. Depuis les temps coloniaux, la Centrafrique exploite l'hévéa pour son latex. Aujourd'hui, ces essences sont de plus en plus diversifiées. Les moins nobles sont transformées localement par une petite industrie de contreplaqués, tandis que les plus précieuses sont exportées sans transformation, sous forme de grumes. La Centrafrique, comme de nombreux autres pays de l’Afrique centrale, ne valorise donc pas industriellement ses ressources agricoles et forestières.

La Centrafrique est un pays très pauvre qui n’a véritablement pas de villes en dehors de la capitale de Bangui. Celle-ci concentre aujourd’hui près de 25% de la modeste population estimée à 4,5 millions d’habitants. Les autres dix bourgades comprennent entre 20.000 habitants pour Bimbo et 50.000 habitants pour Berbérati, la deuxième ville du pays. La Centrafrique est donc un immense territoire dont une grande partie est vide de population. L’organisation administrative du pays s’articule autour de sept régionsquatorze préfectures (Bamingui-BangoranBasse-KottoHaute-KottoHaut-MbomouKémoLobayeMambéré-KadéïMbomouNana-MambéréOmbella-M'PokoOuakaOuhamOuham-PendéVakaga)deux préfectures économiques (Nana-Grébizi et Sangha-Mbaéré)71 sous-préfectures et 175 communes, dont six communes d’élevages, et environ 10.000 villages ou quartiers de villes. La ville de Bangui, la capitale, est  dotée d’un statut spécial de septième région et de commune urbaine avec 8 arrondissements. Une décentralisation sur 627.000 km² (soit 1,14 fois la superficie de la France) d’une population équivalant à 1,8 fois seulement la population de la ville de Paris, ne sera pas une affaire simple. La Centrafrique a donc un urgent besoin de population pour rentabiliser ses ressources naturelles. Il convient de constater également que de crises en crises depuis  la destitution de Jean-Bedel Bokassa en septembre 1979, l’insécurité et la pauvreté croissantes ont poussé une part importante de près de 40% (selon le recensement général de la population et de l’habitat de 2003) à fuir la campagne pour les modeste zones urbaines.

3- Le piège religieux instrumentalisé par la Séléka au pouvoir

Selon le recensement général de la population et de l’habitat de 2003, effectuée sur une population d’environ 3,8 millions d’habitants, la répartition des croyances serait la suivante : les Chrétiens représentent 80,3% (dont les Protestants estimés à 51,4% et les Catholiques à 28,9%). Les Musulmans représentent 10,1% et les animistes ou autres croyances traditionnelles constituent 9,6% de la  population. Aujourd’hui, ces estimations n’ont pas beaucoup varié, mais les experts, notamment américains, estimeraient la population musulmane à environ 15% de la population. Dans tous les cas, ils sont loin de constituer une majorité, d’autant que dans ce recensement des « experts » qui se fonde sur les populations résidant en Centrafrique, il y a un mélange entre les Etrangers installés en Centrafrique (Soudanais et Tchadiens majoritairement musulmans) et les ressortissants de Centrafrique. Ce qui conduit à se rapprocher du RGPH de 2003, avec une estimation raisonnable de 10% de Centrafricains ayant adopté la confession islamique. La coalition séléka arrivée au pouvoir par le coup d’Etat du 24 mars 2013 a donc surestimé la représentativité de l’Islam en Centrafrique afin de justifier son plan d’islamisation du pays. Victimes des massacres perpétrés par les Islamistes fondamentalistes radicaux  au sein de la Séléka, refusant la domination du pouvoir et des orientations islamistes de l’équipe de Michel Djotodia, avides de revanche contre des troupes rebelles qui avaient défait la modeste armée centrafricaine des FACA, constatant que la majorité des troupes Séléka installées au pouvoir et dans la nouvelle armée nationale sont des Etrangers attirés par le pouvoir et l’argent en Centrafrique en y faisant régner la terreur, quelques anciens militaires des FACA, proches du président déchu François Bozizé et des partis politiques partenaires, ont mobilisé les Jeunes pour combattre les rebelles Séléka, les troupes de Michel Djotodia et mener des représailles violentes contre les Musulmans en Centrafrique considérés comme des complices des rebelles Séléka. Les raisons de la haine étant trouvées, les cibles souvent innocentes et étrangères aux racines du conflit politico-militaro-crapuleux en Centrafrique étant identifiées, les Anti-balaka (ant-machettes mais massacrant les populations civiles à la machette !) se sont mis à l’œuvre. Les anti-balaka, sous contrôle des anciens militaires de l’armée de François Bozizé, ont massivement recruté dans les milieux de la jeunesse, profitant d’une situation d’abandon du pouvoir évanescent et de 60% des écoles fermées à la rentrée scolaire de septembre 2013. Michel Djotodia et ses troupes ont allumé le feu de « la haine confessionnelle » et ils ont été incapables de l’éteindre. L’incendie a alors ravagé tout le pays ; ils devraient en répondre devant la justice internationale. Mais les anti-balaka qui poursuivent les massacres contre les Musulmans dans le pays devraient également répondre de leurs actes de barbarie devant la justice. L’une des erreurs d’inexpérience du pouvoir de transition de Madame Catherine Samba-Panza a été de remettre en circulation les militaires des anciennes FACA. Des soldats vaincus, démoralisés, abandonnés à eux-mêmes dans le dénuement, ne percevant plus de salaires depuis six mois reprennent les armes pour défendre le pays. Au lieu de passer par la case « camp d’entraînement et de redressement » pour un grand nombre d’entre eux, ils sont lâchés dans la population. La plupart ont perdu aussi leurs proches, leurs collègues, leurs familles dans les massacres des séléka. Le premier réflexe de ces hommes, réarmés et réinjectés dans la défense nationale, est la vengeance. Une vengeance aveugle sur toute personne soupçonnée de participation aux exactions de la Séléka ou de complicité avec les Séleka. D’où des lynchages aveugles, hors de toute déontologie militaire et de toute discipline qui sied à une véritable armée nationale. Au début de cette année 2014, après la désignation du gouvernement de transition sous la présidence de Madame Catherine Samba-Panza, les violences se poursuivent. La fracture ouverte par les Islamistes emmenés par Michel Djotodia reste ouverte. Les miliciens Séléka (se définissant comme défendant les Musulmans) s'opposent aux miliciens Anti-balaka (se définissant comme défendant les Chrétiens). Certains anciens FACA battus et démoralisés par la Séléka retrouvent du souffle et se joignent aux Anti-balaka. Le désarmement de ces groupes armés est compliqué par le sentiment d'impossibilité de se défendre pour les tenants de chaque camp, en cas d'attaque du camp adverse. La communauté internationale a proposé de ne trouver sur le terrain que des soldats internationaux (Français, Européens, Africains), les seuls autorisés à assurer la sécurité et l'ordre, y compris par la force du feu. Mais le pouvoir de transition, sans s'assurer du contrôle de l'efficacité et de la discipline des anciens FACA, les ressorts, les réhabilite et les renvoie dans la nature. Ils risquent ainsi de renforcer les miliciens anti-balaka ou les miliciens séléka, et compliquer davantage les opérations de désarmement initiées par les troupes internationales sous le contrôle de l'ONU.

4- Vers la refondation d’une nouvelle Centrafrique

La crise qui s’intensifie malgré la présence de 1.600 militaires français (auxquels on pourrait ajouter les troupes des forces spéciales et du renseignement militaire) et les 6.000 militaires des forces africaines présentes sur le terrain. Le pays est très vaste et les populations bougent de Bangui vers les provinces et des provinces vers Bangui. Pour encadrer efficacement la sécurité à Bangui et dans les zones de tension en provinces, il convient de disposer des troupes bien entraînées, bien équipées, bien coordonnées, et plus importantes en nombre. La France vient de relever ses effectifs à 2.000 militaires combattants en charge de ramener, par la force s’il le faut, la paix et la sécurité en Centrafrique, de participer au désarmement et d’apporter le soutien de la France aux forces africaines de la MISCA. Les autres pays de l'Union européenne devraient également apporter leur soutien de 1.000 hommes en armes au minimum pour compléter le dispositif français. Ainsi, l’Union européenne aura apporté sa contribution attendue d’au-moins 3.000 hommes indispensables au retour à la paix et à la sécurité durables dans ce pays. La complication de la situation sur le terrain pourrait conduire à plus d’effectif, mais l’on peut considérer que, en raison de la faible population à protéger malgré l’énorme étendue du territoire, ces effectifs européens devraient remplir leur mission.


S’agissant de la participation des Etats africains, ceux-ci devraient réunir au-moins 8.000 hommes. Il n’est pas souhaitable que les Européens soient plus nombreux pour mener des opérations de pacification et de sécurisation de la Centrafrique, car il est impérativement du devoir des Etats africains d’accroître les capacités d’intervention sur leurs propres territoires. L’Europe apporte son soutien, mais elle ne doit pas se substituer aux efforts des Africains eux-mêmes. La France qui dispose d’environ 6.000 hommes sur l'ensemble du continent africain n’a plus d’autres réserves pour rallonger les effectifs en Centrafrique. Or elle ne peut pas déshabiller totalement le Mali, le Tchad, Djibouti, le Cameroun, et d’autres positions stratégiques de projection car les crises en africaines ne sont pas terminées. L’on sait que les opérations de type « Mali » en 2013 ou de type « Centrafrique » actuellement vont se multiplier dans de nombreux autres pays fragiles en Afrique dans les temps qui viennent. Les fondamentalistes islamistes radicaux, financés par quelques groupuscules idéologisés du Jihad dans des pétromonarchies du Moyen-Orient, ont trouvé un terrain d’entraînement en Afrique avant d’envahir l’Europe. Déjà Boko Haram, une nébuleuse d’intégristes musulmans sévissant au nord du Nigéria, vient de publier un communiqué en Tchétchénie pour déclarer la guerre afin de venger le sang des Musulmans en Centrafrique. Un étrange comportement des Africains, qui prétendent aimer leurs frères en Afrique, et qui ont besoin d’aller dans les fins fonds de la Russie pour envoyer des menaces de mort aux Africains ! Et si, comme les Anti-balaka, les Chrétiens ouvraient les vengeances massives pour le sang des leurs, on entrerait dans un cercle vicieux sans fin. Il appartient aux Etats d'arrêter ces folies et ces barbaries.  L’Afrique a alors besoin de se constituer une véritable armée anti-terroriste et de résolution des crises par la force militaire. Les 8.000 à 10.000 hommes, recrutés dans des pays bien organisés et entraînés aux combats depuis de longues années (Burundi, Rwanda, Ouganda, Kenya, Tanzanie, Éthiopie, Angola, etc.) pourront ainsi former le noyau de la « Force Africaine d’Intervention rapide » dans des crises politico-militaro-islamistes en Afrique. Et s’il y a un besoin d'accroissement des effectifs en Centrafrique, il appartient aux Africains eux-mêmes d’y répondre : c’est une occasion d’entraînement pour la future force africaine d’intervention rapide, en Afrique et dans le reste du monde. L’Afrique ne peut exister dans la mondialisation qu’à travers sa propre contribution à la sécurité et à la stabilité du monde. Les Etats-Unis, qui ont sous-traité la sécurité en Afrique et la lutte contre le terrorisme sur ce continent à la France et aux Africains eux-mêmes, fournissent les avions de transport de troupe, les ravitailleurs aériens, les drones de contrôle et de renseignement, les informations issues de leur propre dispositif mondial de renseignement et une grande partie du financement des opérations. Il convient de rappeler que les Etats-Unis fournissent 25% du budget de maintien de la paix des Nations-Unies dans le monde, quand l'Europe apporte 40% et le Japon complétant avec 15%, soit 80% du financement venant des puissances industrielles historiques. L'on sait également que la sécurité de l’Afrique est indispensable à celle de l’Europe, qui constitue la prochaine étape du terrorisme international… par ailleurs, tout déséquilibre sécuritaire ou économique en Afrique se répercute en Occident (Europe et Amérique du Nord) par des vagues de réfugiés et par les pertes des activités économiques occidentales en Afrique. Celle-ci est devenue le cœur et la principale réserve des ressources naturelles d'approvisionnement des industries dans le monde.
Enfin, le volet politique devrait rapidement se mettre en mouvement pour accompagner les efforts militaires et asseoir une solution longue à cette tragédie centrafricaine, dont nous connaissons tous les origines et les auteurs depuis bien longtemps. Les blessures ont été très profondes et la fracture interconfessionnelle est trop ouverte pour procéder à des élections générales sans passer par la thérapie générale des Centrafricains. La Centrafrique ne fera donc pas l’économie d’une conférence nationale souverain pour « vider le sac de la haine » avant de repartir sur de nouvelles bases plus solides. Elle devrait se doter d’un « Haut-Commissariat à la Réconciliation et à la Réhabilitation », autonome, indépendant, dirigé par des personnalités compétentes, libres de toutes les injonctions politico-militaires, et intégrant les représentants politiques, religieux, sociaux, des Jeunes et de tous les acteurs des couches de la société centrafricaine. Ce Haut-Commissariat serait chargé d’apporter des pistes de solutions de sécurité et de paix durables avant l’ouverture des élections générales et accompagnerait le refondation de la nouvelle Centrafrique. Interlocuteur des bailleurs extérieurs, des organisations d’experts en réconciliation, des organes spécialisés des Nations-Unies, des organisations nationales et internationales des droits de l’homme, ce Haut-Commissariat serait ainsi le dispositif central de la renaissance d’une nouvelle Centrafrique. En cas d'échec de cette initiative intégrant tous les Centrafricains à la recherche d'une solution interne durable à leurs crises à répétition, une dernière carte serait le recours à la mise sous tutelle internationale effective de la Centrafrique.

  Emmanuel Nkunzumwami Analyste politique et économique

Auteur de "Le Partenariat Europe-Afrique dans la mondialisation" Ed. L'Harmattan, 2013.

mardi, 25 février 2014 12:37

Mali: retour inquiétant des jihadistes dans le Nord

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Dimanche soir, des hommes armés sont entrés à Bamba dans le nord du Mali en tirant des coups de feu en l'air, visiblement pour effrayer la population. Ces dernières semaines, les actes violents se multiplient dans la région et visiblement les jihadistes reprennent possession des zones et de lieux abandonnés en 2013.

« Il y a des missions, elles n'ont jamais cessé, mais pas dans la zone citée », si ce responsable de l'état major français dément toute opération en ce moment dans le massif du Tigharghar, un cadre du ministère malien de la Défense est plus précis : « Il n'y a pas de troupes au sol, mais un survol permanent et des missions d'écoutes, car il y a actuellement une forte résurgence des activités des jihadistes dans le massif ».

Réorganisation

Selon les informations de RFI, combattants d'Ansar Dine et d'Aqmi se réorganisent. « Ces dernières semaines, ils se déplacent essentiellement en moto, ils sont revenus dans l'ancien fief d'Abou Zeid, la vallée et le village d'Amététaï, explique une source locale qui ajoute qu'ils ont menacé les familles : soit vous êtes avec nous, soit vous partez. Certains clans ont décidé de fuir vers l'Algérie ».

Discrétion

La réinstallation des jihadistes dans la région se fait en toute discrétion. « Ils ont des observateurs pour suivre les mouvements des Français, ils n'utilisent plus les téléphones satellites, raconte une source militaire malienne qui conclut qu'ils sont dans l'Adrar, mais aussi vers Taoudeni, les soldats français ne peuvent pas intervenir rapidement dans cette zone trop éloignée. Des interventions sont prévues, car dans quelques semaines, la saison chaude empêchera alors tout déplacement ».

Rfi
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C'est ce mardi 25 février que le Parlement votera la prolongation ou non de la mission Sangaris en Centrafrique. L'intervention militaire française a été déclenchée le 5 décembre 2013. François Hollande avait promis qu'elle serait rapide, mais l'insécurité et le chaos régnant à Bangui ont rendu la situation plus complexe que prévu.

Intervenir en RCA, l’idée était dans les cartons depuis le printemps 2013, mais à cette époque l’armée française était très occupée au Mali. Il faudra attendre l’automne et le feu vert des Nations unies. « Les Nations unies vont être saisies d’une résolution à l’initiative de la France, et il y aura une deuxième résolution », affirme Jean-Yves Le Drian, le ministre français de la Défense. A Paris, on parle alors d’un millier d’hommes et de quatre à six mois de mission de sécurisation, avant de passer le relais aux forces africaines et à l’ONU. Mais les choses se précipitent. Le 5 décembre, la France doit intervenir sans plus tarder après un déchaînement de violence à Bangui qui fait près de 500 morts en quelques jours.

Aqmi menace la France pour son intervention en Centrafrique

A ce stade, 1 600 Français sont déployés. Le 9 décembre, l’armée de terre enregistre ses premiers morts durant les opérations de désarmement. Le président François Hollande se rend à Bangui : « Antoine et Nicolas sont morts pour la France », dit-il. Ex-Seleka, anti-balaka, à Bangui, personne ne veut déposer les armes. Deux mois seront finalement nécessaires pour ramener un semblant de calme. Mais après le départ forcé de certains miliciens musulmans, les anti-balaka tentent d’imposer leur loi. 400 Français sont finalement envoyés en renfort, 200 viennent du Tchad. Officiellement, les effectifs français passent à 2 000 hommes. Sangaris se déploie enfin en région. La force africaine Misca atteint 6 000 hommes. L’Europe se prépare à déployer un millier d’hommes au total à partir du mois de mars.

En France, l'heure est maintenant au vote du Parlement, prévu par la Constitution pour les opérations extérieures qui se prolongent au-delà de quatre mois. Celle de RCA ayant débuté le 5 décembre, la consultation parlementaire aurait donc dû intervenir fin mars ou début avril prochain. Mais les travaux des Chambres seront suspendus à cette période, en raison des élections municipales. Alors, le vote tombe maintenant. Certes, la discussion devrait aboutir à un prolongement de l'opération. Mais elle s'annonce animée, en raison des difficultés sur le terrain. C'est à droite que l'on attend les critiques les plus fortes.

L’opération militaire française en Centrafrique a démarré

Bien sûr, l'opposition ne remet pas en cause le fondement de l'opération. Mais elle fustige des erreurs d'appréciation. L'Elysée avait parlé d'une opération courte et d'un contingent limité. Or, 1 600 hommes, « c'était insuffisant et nous le savions », avance le député centriste Philippe Folliot. « Et nous savons aussi, dit-il, que nous sommes en Centrafrique pour longtemps. » Son collègue UMP Pierre Lellouche se montre encore bien plus dur, parlant d'une « lourde erreur des services de renseignement » et d'une décision d'engagement des troupes « très improvisée ». « Nos soldats, argumente-t-il, sont pris dans une épuration ethnique qui ne dit pas son nom. »

Que voter ? Les parlementaires UMP sont loin d'être unanimes. Leurs suffrages devraient se partager entre l'abstention, le vote « contre » et le vote « pour » la prolongation de l'opération. Alors que dans la majorité aussi, on émet aussi quelques inquiétudes, à l'instar du socialiste Jean-Paul Bacquet, de retour d'une mission parlementaire à Bangui, et qui estime que l'on est « en train de conduire les soldats français à la limite de l'épuisement ». Mais réserves ou pas, les socialistes voteront bien sûr en bloc la reconduction de Sangaris.

Rfi

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