Monsieur le Président de la République,

Comme beaucoup de Sénégalais, vous avez dû remarquer, que les bus de Dakar Dem Dik (DDD), les arrêts de ces cars de transports publics, l’aéroport Léopold Sédar Senghor et la clôture du King Fahd Palace sont repeints aux couleurs (marron beige), celles du parti APR dirigé par le Président de la République.

Ces pratiques foncièrement antirépublicaines, constituent une agression flagrante aux valeurs de la République et aux citoyens Sénégalais.

Il s’agit, en outre, d’une atteinte grave aux principes d’égalité des partis politiques devant les supports publics pour leur propagande.

Ces pratiques heurtent, en même temps, la conscience de tous ceux qui sont attachés à la neutralité de l’Etat, qui est l’incarnation de la Nation.

Pour ces raisons, je déplore fortement ces pratiques incompréhensibles et inacceptables dans une République normale où la Démocratie, la liberté, l’égalité des citoyens devant le service public, sont du domaine du sacré.

J’ai tenu à m’adresser à votre Excellence publiquement pour lui demander, de tout mettre en œuvre, pour faire mettre un terme à ces pratiques, aux antipodes des valeurs communes aux citoyens du pays.

Que les tous les édifices publics soient peints ou repeints avec une couleur neutre que les citoyens reconnaîtront comme telle.

En vous remerciant de votre attention, je vous prie d’agréer, à l’assurance de ma très haute et respectueuse considération.

Fait à Dakar le 07 Mars 2015

Monsieur Djibo Leyti KA
Secrétaire général de l’Union pour le Renouveau Démocratique. (URD)

Le « sexe » est devenu ambiant et omniprésent dans l’espace médiatique et, par ricochet, dans l’univers mental des Sénégalais. Il est partout ! Il fait tout ! Le mythe de la « femme-objet », symbole du fantasme le plus extravagant de l’homme est devenu le cristallin de toutes les chaines de télévision. Matin, midi, le soir : les belles filles sont devenues le symbole de l’ornement érotique d’un vide médiatique très profond. Il y en a qui ont tout bonnement compris que la télévision pouvait être un espace et un moyen de sublimation de leurs tendances de « filles de joie » et en tirent le maximum de profit. La nudité (ou ce qui le symbolise) est devenue un objet commercial : c’est la publicité de la sensualité. Par publicité, nous entendons ici l’action de rendre public, populaire, commun : les filles de la télé ne se gênent plus, par exemple, de s’asseoir juste pour mettre en valeur leurs cuisses et leur poitrine. Les atours de la femme, ses lèvres, sa poitrine, etc. sont zoomés par les caméras, comme pour signifier que les tabous sont archaïques et incommodants pour la femme moderne. La permissivité et le dévergondage ont atteint des proportions incommensurables sans que les prétendus organismes de régulation de l’audiovisuel (dont l’existence est devenue superflue) n’opposent la moindre critique.

Dans le recrutement et le traitement salarial du personnel de télévision, la beauté féminine est devenue le premier critère de sélection, la compétence en termes de superficialité et de folklore est le deuxième critère ; et le professionnalisme n’est qu’une contingence. Le sexe a donc pris le pouvoir à la télé et les Sénégalais découvrent la télé-sexualité. Les séries de téléfilms sans âme sont le prétexte pour montrer la sensualité et domestiquer ainsi le désir des Sénégalais d’abord et leur esprit ensuite. La faculté critique est de plus en plus dépossédée aux citoyens ingénieusement transformés en « télé-citoyens » : la cité est d’abord dans la télé avant d’être dans la réalité objective.

La façon dont la cité et ses problèmes doivent être vécus est également enrégimentée selon des standards propres aux producteurs télé qui sont devenus également des producteurs de conscience. Sous la forme d’un divertissement ininterrompu, la sensualité, le lyrisme féminin et le spectacle (tous moyens du fric) sont devenus les axes essentiels de la production télévisuelle. « J’incarne l’obscénité, donc j’existe », « j’exhibe mon intimité, donc je suis », « je me dévergonde, donc je suis » : telles sont aujourd’hui les formules du prototype du vedettariat sénégalais. Peu de gens savent que le port du bikini sur les plages est contemporain à une révolution de la sexualité consistant à faire du sexe un des moteurs de la société de consommation.

En banalisant la femme de cette façon on a réussi à exciter les fantasmes et à fouetter le désir d’accumulation, puis le désir de la consommation qui garantit la satisfaction du désir d’être reconnu (c’est-à-dire de ressembler aux modèles standards du show-biz et de télé-business). La consommation « sans répit » à laquelle nous sommes assujettis par la diversité et l’attirance des produits ne nous donne plus le temps de vraiment aimer. L’amour est dénaturé parce qu’artificiellement produit par le biais du virtuel et de la machine en général. Notre société est tellement médiatisée, informatisée et mécanisée que nous adoptons des attitudes de plus en plus mécaniques, nous éprouvons des sentiments de plus en plus artificiels.

La surabondance de l’information sur le sexe, la sexualisation outrancière de l’amour qui en résulte, sa banalisation, la précocité avec laquelle on est instruit de ces chose : tout ceci concourt à abrutir l’amour. Sur ce point précis, il faut dire que davantage l’homme enregistre du progrès, plus il dégénère sur le plan strict de l’amour pur. Notre époque est justement celle où l’amour se résume à trois choses liées : sexe, spectacle et argent. L’imbrication de ces trois choses élague progressivement la dimension morale contenue dans l’amour. Aussi, au défunt amour platonique a succédé un simple amour charnel qui se monnaie comme toute marchandise et dont le culte est quotidiennement fait à la télévision par le biais des téléfilms.

L’amour est donc profondément en crise et la prolifération des téléfilms sur l’amour en est l’illustration parfaite. L’amour constamment ruiné par la mécanisation et par l’informatisation des relations interhumaines : il est dès lors désespérément recherché dans la fiction, compensé dans le virtuel. Le danger des téléfilms réside d’ailleurs dans le fait qu’ils constituent une propédeutique silencieuse à un amour tel que voulu et conçu par la société de consommation. Ainsi, ce qu’il faut dire, ce qu’il faut faire, la manière dont on doit s’habiller, celle dont il faut recevoir de la visite chez soi, tout est exposé par le canal du petit écran pour façonner le nouvel homme. La propédeutique de l’amour distillée à travers les téléfilms a tellement truqué l’amour, avec un romantisme robotique, qu’on en est arrivé à un stade où on aime « l’amour » à la place des personnes.

La personne humaine n’est plus à proprement parler l’objet de l’amour, ce qui est aimé chez elle est désormais la chose qui lui appartient le moins, c’est-à-dire les artifices romantiques qui lui sont inculqués par la télévision. L’envoûtement par les téléfilms et par la téléréalité n’a pas encore révélé toute l’étendue de son péril sur l’humanité de l’amour et sur la liberté. La dépossession de l’homme moderne n’a rien de comparable dans l’histoire de l’aliénation du genre humain, car dès qu’on commence à trouver des raisons et des formes définies à l’amour, ce n’est plus à proprement parler de l’amour. Il ne saurait y avoir d’exemple d’amour : un modèle d’amour n’est pas un amour, le mimétisme dans l’amour tue l’amour.

L’amour est authentique ou n’est pas, chaque amour est vécu dans la tendresse (personnelle), dans le risque (personnel) de la frustration, de l’échec, de l’abîme ou du bonheur. Dès qu’on commence à codifier l’amour au contraire, c’est-à-dire à lui trouver des canevas d’expression, on le vide de sa substance naturelle ; or c’est précisément à ce niveau que la société de consommation est redoutable : la miniaturisation abusive de l’espace et des produits, celle de la pensée (par le biais du logo et du credo), ont fini par tuer la spontanéité de l’homme pour faire de celui-ci un robot.

Ainsi dans le domaine de l’amour, les clichés d’amour que nous consommons à travers les téléfilms nous ont transformés en de simples guignols de l’amour. Quand l’amour peint à travers les téléfilms devient le miroir devant lequel l’amour réel doit s’ajuster et se réajuster, c’est assurément le comble de la comédie dans l’amour. Le prosaïsme et la superficialité de certains feuilletons télévisés produisent chez nos enfants des comportements d’une obscénité révoltante. Tout obéit à une logique de restitution mécanique de comportements « consommés » sans discernement avec une intempérance telle, que cela s’est traduit par une sorte d’ « indigestion » psychique. Alors il ne faut pas se plaindre du fait que les mariages deviennent de plus en plus éphémères et connaissent des fins dramatiques : l’amour qui les fonde est inhumain, inauthentique.

La mécanique amoureuse qui règne actuellement dans nos cœurs ne peut pas être une base solide d’une relation aussi sacrée et aussi subtile que le mariage. Á force de chercher le romantisme on a simplement mis la charrue avant les bœufs : le romantisme ne doit ni ne peut être la cause de l’amour. C’est l’amour qui doit devenir romantique et non le romantisme amour. Le romantisme n’est pas une fin. De ce point de vue les téléfilms nous causent beaucoup de tort, car ce qu’ils nous apprennent en fin de compte n’est pas de l’amour, c’est du romantisme, de l’amour caricaturé, ensevelis sous des couches de frivolité extrêmes.

Ainsi sur la « tombe » de l’amour, on a édifié des stèles magnifiant la gloire de la rapacité pour l’argent et du mensonge sentimental. Tel est donc le triste sort de l’amour dans le cœur d’hommes devenus esclaves de deux de leurs artifices les plus dangereux : la télévision et l’argent. Après avoir tué le sport (par la mafia et le sponsoring « nébuleux » et l’esprit (par les jeux de l’esprit primés), l’argent a parasité l’amour. La télévision quant à elle, en plus de servir de relais à toute cette mascarade, travaille toujours à dénaturer l’amour en le peignant sous une forme tellement romantique qu’il devient ridicule.

Les séries télévisées, le divertissement magico-sportif qu’on appelle lutte sénégalaise et les téléfilms sénégalais sont des moyens indirects de contrôler les citoyens en les fixant dans le sensationnel et le superficiel. Ainsi, à force de confier leurs rêves à la télévision, nos compatriotes ont fini par devenir les apprentis de leurs propres fantasmes au lieu de faire face objectivement et efficacement à la réalité. Consommateurs d’un langage puéril, extravagant et superficiel, les Sénégalais sont aujourd’hui des imitateurs et non des créateurs.

La consommation asservit et dépossède l’individu de sa liberté en lui faisant croire qu’il consomme librement. C’est ainsi que les nouvelles divinités sénégalaises sont devenues Eros (dieu du désir ou de l’amour dans la mythologie grecque), Fortune (divinité qui présidait aux aléas de la destinée humaine, et qui distribuait les biens et les maux selon son caprice) et Spectacle : cette trinité a pour prophète la célébrité et pour apôtres les animateurs télé et les journalistes. Après avoir réussi à s’imposer comme directeurs de nos désirs, les médias sont devenus les directeurs de nos cœurs et de nos consciences. Mais qu’est ce qui se joue derrière la scène de l’obscénité médiatique ? Nos compatriotes comprennent-ils suffisamment l’enjeu de cette course effrénée et éhontée vers l’audimétrie par l’omniprésence du sexe ? (A suivre).

Alassane K. KITANE

mercredi, 08 avril 2015 08:16

Coupe de France: Auxerre de retour en finale

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Pensionnaire de Ligue 2, l’AJ Auxerre a créé la surprise mardi en éliminant à domicile le tenant du titre, l’En Avant Guingamp, en demi-finale de la Coupe de France (1-0). Les Bourguignons rencontreront le 30 mai au Stade de France le PSG ou Saint-Etienne qui s’affrontent mercredi soir.

Dix ans que les supporteurs auxerrois attendaient cela. Dix longues années durant lesquelles ils ont connu tant de hauts et de bas. Mais grâce à la victoire de Sébastien Puygrenier et des siens, les Bourguignons vont retrouver le Stade de France, une décennie après la quatrième Coupe de France de leur histoire décrochée face à Sedan, alors pensionnaire de Ligue 2.

Le Petit Poucet, cette fois-ci, changera de camp. Sevré de matchs de haut-niveau depuis la descente de l’AJA et les remous internes qui ont précipité le club centenaire en deuxième division au printemps 2012, le public de l’Abbé-Deschamps a pu à nouveau rugir de plaisir mardi soir, quatre ans après avoir accueilli aux bords de l’Yonne le Real Madrid, l’Ajax Amsterdam et le Milan AC lors de la dernière participation d’Auxerre à la Ligue des Champions. Une autre époque.

Après avoir lutté jusqu’à la dernière journée la saison passée pour assurer son maintien au deuxième échelon national, l’AJA retrouve donc les sommets grâce à son succès, à domicile, face au tenant du titre, l’En Avant Guingamp. Héroïques et réduits à dix après l’expulsion de Jamel Aït Ben Idir à la 73e, les joueurs de Jean-Luc Vannuchi, 8èmes de Ligue 2, ont défendu chèrement leur court avantage acquis dès la 15e par Frédéric Sammaritano. Avant de fêter cette qualification avec leurs supporteurs qui n’ont pas hésité à envahir la pelouse à la fin de la rencontre.

Paris sans Motta, David Luiz, Lucas et Cavani

L’autre demi-finale oppose mercredi soir le PSG à Saint-Etienne au Parc des Princes. Après le succès de ses joueurs arraché à Marseille dimanche (3-2), Laurent Blanc n’aura pas l’occasion de se creuser longuement la tête pour trouver une équipe à aligner. Légèrement touché à la cuisse au Vélodrome, Edinson Cavani rejoint sur la longue liste des blessés Thiago Motta et David Luiz, sortis eux-aussi prématurément lors de ce « classico ». Le Brésilien Lucas, dont le retour était espéré après deux mois d’absence, verra également cette rencontre des tribunes, pas encore complètement remis d’une opération aux adducteurs. Seule satisfaction pour l’ex-sélectionneur des Bleus : Yohan Cabaye va signer son retour après quatre semaines d’indisponibilité. Christophe Galtier, son homologue stéphanois, pourra compter de son côté sur Max-Alain Gradel, Romain Hamouma et Jérémy Clément, absents la semaine dernière en championnat.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a été accueilli mardi 7 avril par son homologue iranien Hassan Rohani pour une visite officielle d'une journée, mais contrairement à ses récents propos il a soigneusement évité la question du Yémen pour ne parler que de l’économie. « Nous pensons tous deux qu'on doit voir le plus rapidement possible la fin de la guerre, qu'un cessez-le-feu complet soit instauré et que les attaques cessent » contre le Yémen, a déclaré Hassan Rohani dans une déclaration commune.

Avec notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi

La Turquie et l'Iran sont d'accord pour arrêter la guerre au Yémen et encourager une solution politique, a déclaré le président iranien Hassan Rohani devant son homologue turc. Il a aussi demandé l'arrêt des frappes de la coalition menée par l'Arabie saoudite contre le Yémen. Mais le président Erdogan a évité d'évoquer le sujet.

L'Iran, qui soutient les rebelles Houthis au Yémen, a condamné les frappes de la coalition arabe menée par l'Arabie saoudite, pourtant soutenue par la Turquie. Hassan Rohani a également affirmé qu’il fallait lutter contre l’instabilité, l’insécurité et la guerre dans toute la région. La Turquie et l'Iran s'opposent également sur la Syrie. Téhéran est le principal allié régional du président Bachar el-Assad alors qu'Ankara soutient la rébellion.

Le président Erdogan a surtout parlé des échanges commerciaux économiques. Il a souhaité que le volume des échanges commerciaux atteigne les 30 milliards de dollars en 2015. Mais pour la Turquie il faut un rééquilibrage du commerce bilatéral trop favorable à l'Iran. Il a surtout demandé une baisse du prix du gaz. « Le gaz que nous achetons à l'Iran est le plus cher. Si le prix baisse, nous pourrons en acheter plus », a déclaré le président turc. Il a également souhaité une coopération plus vaste dans tous les domaines, notamment l'achat d'électricité à l'Iran.

La découverte de la fosse commune de Maluku, où 421 personnes ont été inhumées de nuit dans un cimetière le 19 mars dernier, relance les questions sur les morts de la répression de janvier dernier en République démocratique du Congo. Les autorités provinciales ont réitéré leur explication : il s’agit des corps d’indigents des morgues de Kinshasa.

Devant la polémique qui enfle autour de ce qu’il est désormais convenu d’appeler l’« affaire de la fosse commune de Maluku », les autorités provinciales ont convoqué la presse, mardi 7 avril, pour livrer, à nouveau, leur version des faits. Des autorités qui se sont voulues rassurantes.

L’enterrement collectif qui a eu lieu dans la nuit du 19 mars dernier dans une fosse commune de Maluku, à une centaine de kilomètres du centre-ville de Kinshasa, n’est pas le premier. Il s’agit d’une opération « courante » destinée à désengorger la morgue de Kinshasa dont la capacité se limite à 300 personnes, affirment les autorités provinciales. Ce serait la quatrième opération de ce type menée en moins d’un an.

« On n'a rien à cacher »

Et si l’opération a été menée en pleine nuit, c’est « pour des raisons d'hygiène et de commodité », assure le ministre provincial, Emmanuel Akwety. Selon lui, les corps étaient déjà en état de décomposition. Quant au choix du cimetière de Maluku, une localité située à plus de 100 kilomètres du centre-ville, il s’explique par le fait que le cimetière où les autres enterrements collectifs ont eu lieu était fermé pour travaux, affirme le gouvernement provincial.

Selon Robert Luzolanu Mavema , le gouverneur par intérim, il n’y a « rien à voir » entre l’affaire de la fosse commune de Maluku et les personnes tuées lors des évènements des 19, 20 et 21 janvier dernier à Kinshasa, lors du débat au Parlement. « On n'a rien à cacher. On a répertorié 17 victimes lors des événements du 19, 20 et 21 janvier. Et sur les 17 on a pu en enterrer 15. Les deux autres restent au camp Kokolo. C’est tout », affirme Robert Luzolanu Mavema.

Humans Richt Watch plaide pour une exhumation des corps

Pourtant, jusqu'à présent, les autorités parlaient de 27 personnes tuées au cours de ces manifestations. L'organisation Human Rights Watch, elle, en dénombre 10 de plus. Surtout, plusieurs familles n'ont toujours pas récupéré la dépouille de leur enfant tué lors de ces journées de janvier. Autant d'éléments qui font planer le doute sur l'identité des personnes enterrées à Maluku. « Nous pensons qu'il reste encore beaucoup de questions sans réponse autour de cette fosse commune », juge Ida Sawyer, chercheuse à la division Afrique de HRW. « Le gouvernement doit conduire une enquête crédible pour faire la lumière sur cette affaire, notamment sur l'identité des personnes enterrées », insiste-t-elle.

La chercheuse se dit dubitative devant la thèse avancée par les autorités provinciales - un enterrement d'indigents : « le nombre est énorme pour un enterrement au milieu de la nuit, dans une seule fosse. Bien sûr, c'est possible que ce soit des cadavres abandonnés par les familles ou des bébés mort-nés. Pourtant des gens cherchent encore les victimes de janvier. Elles sont peut-être à Maluku. Et si, pour savoir, il faut exhumer les corps, alors faisons-le. »

En attendant, l'enquête judiciaire sur la fosse commune de Maluku continue. Un député de l'opposition a également introduit une question orale à l’Assemblée sur la fosse commune de Maluku. Question qui pourrait être abordée lors de la prochaine plénière à l'Assemblée nationale congolaise, ce jeudi 9 avril.

La réduction du mandat du président Macky Sall de 7 à 5 ans fait toujours débat au Sénégal. Le président sénégalais a pourtant assuré qu'il organiserait un référendum en mai 2016, conformément à sa promesse électorale. Mais dans son propre parti l'APR, cette décision ne fait pas l'unanimité et des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent contre cette réforme.

Avec notre correspondante à Dakar, Carine Frenk

Sur sa candidature pour un troisième mandat, Abdoulaye Wade avait dit ces mots en wolof : « Ma waxoon, waxeet » - « je l'avais dit, je me dédis ». Aujourd'hui encore cette phrase est dans tous les esprits. Et au Sénégal, on s'interroge : Macky Sall se dédira-t-il, lui aussi ? Plusieurs responsables de son parti l'Alliance pour la République (APR) le lui demandent en tout cas.

Des partisans du dédit au gouvernement et à l'Assemblée

Le premier et le plus tonitruant est Moustapha Cissé Lo, vice-président de l'Assemblée nationale. Pour lui, « le président de la République doit poursuivre son mandat jusqu'en 2019, comme l'exige la Constitution. Il ne peut ni réduire, ni allonger son mandat en cours de route ».

Me Omar Youm, porte-parole du gouvernement, vient lui emboîter le pas. « Sur le plan économique, politique, constitutionnel, ce n'est pas justifiable », déclare l'avocat. « On voit certes la noblesse du symbole, mais dans la mise en oeuvre, c'est très risqué, car Macky Sall est élu pour sept ans. S’il est à l'initiative de ce référendum, cela pourrait être pris comme une démission implicite et cela pose des problèmes juridiques et politiques. »
Toutefois, le ministre précise qu'il s'exprime en son nom personnel, sans être téléguidé par qui que ce soit. « Je le dis en tant que responsable politique et sans calcul. C'est un appel à la prudence, un appel au débat au sein de la majorité », affirme-t-il.

Rfi

Le visa payant pour l’entrée au Sénégal sera supprimé à compter du 1er mai 2015, a annoncé vendredi soir le chef de l’Etat, Macky Sall, lors de son adresse à la Nation pour le 55 ème anniversaire de l’accession du Sénégal à l’indépendance. Une annonce qui sonne comme une abdication face aux nombreuses complaintes des occidentaux, principalement des Français.Cette mesure annoncé en prélude à la célébration de l'Indépendance du Sénégal appelle un certain nombre de questions. Il est inopportun d'annoncer cette mesure aux Sénégalais, si fiers de la réciprocité du visa, au moment où notre pays célèbre l'accession à la souveraineté. Pourquoi Macky Sall a choisi de faire cette annonce au moment où le Sénégal célèbre son accession à la souveraineté? Pour le symbole, c'est une annonce désastreuse. Certains Sénégalais, fiers de leur indépendance, l'ont pris comme une insulte à leur patriotisme et à la mémoire des nombreux jeunes sénégalais victimes de l'immigration clandestine. Attirer des touristes est-il plus important que la fierté des Sénégalais?

Est-il normal que des gens puissent venir au Sénégal sans visa et que les Sénégalais font face à des tracasserie au moment de se rendre dans leur pays?
Macky Sall et ses conseillers semblent oublier que des milliers de personnes meurent chaque année dans l'immigration clandestine à cause de la difficulté à avoir le visa des pays occidentaux .

 

 

On peut s’attendre à un déploiement de forces Armées sénégalaises au Yémen. Le Président Macky Sall a donné sa parole au roi Salman pour se joindre à la coalition internationale qui est en train de se mettre en place pour combattre les groupes chiites qui ont pris le pouvoir au Yémen.

L’Armée sénégalaise va retourner en Arabie Saoudite. C’est l’expression que le chef de l’Etat compte donner à la solidarité avec le royaume wahhabite engagé dans la traque des rebelles chiites au Yémen. De retour à Dakar hier soir, Macky Sall s’est désolé «du renversement du pouvoir légitime par un groupe armé». En faisant siennes les préoccupations de Riyad, le président de la République a fait part au roi Salman, installé il y a à peine trois mois après le décès du Roi Abdallah, de sa «solidarité totale» dans cette perspective. «Comme nous l’avons fait au Congo (Kin­shasa), en Côte d’Ivoire, en Guinée Bissau au Mali…, nous allons apporter notre solidarité…», a-t-il assuré dans une tonalité diplomatique. Dans ces pays cités comme exemples, le Sénégal dispose de soldats qui opèrent sous la bannière des Nations-Unies. Macky Sall trouve sa contribution d’autant plus fondée qu’il s’agit pour lui de «sécuriser les lieux saints de l’Islam». Selon le Président Sall, le chef d’Etat-major général des armées, Mamadou Sow, qui était de la visite d’Etat, a eu un entretien avec les autorités saoudiennes, notamment le ministre de la Défense. L’Arabie Saoudite, dit-il, a invité le Sénégal à se joindre à la coalition internationale qu’elle a mise en place pour combattre les rebelles yéménites.

Souvenir de l’opération «Tempête du désert»
L’information a été d’ailleurs véhiculée dans la journée par l’agence saoudienne de presse. La dépêche n’a pas tardé à faire le tour des pays arabes. Devant les religieux qui l’ont accompagné en terre sainte musulmane, Macky Sall annonce qu’il va revenir sur les détails en Conseil des ministres. Si la décision se matérialise, ce serait la deuxième fois que les Jambaar seront envoyés dans ce pays. L’on se rappelle de l’opération «Tempête du désert» communément appelée Guerre du Golfe, lancée le 17 janvier 1991 par les Etats-Unis contre le régime de Sadam Hussein. Ce dernier avait envahi le Koweït. Le Président Abdou Diouf avait dépêché un contingent composé de centaines de soldats en Arabie Saoudite. Le crash d’un avion trans­portant des militaires sénégalais de retour d’un pèlerinage à la Kaaba avait fait 92 morts et plusieurs bles­sés. Mais, cette décision risque de provoquer une fracture avec Téhé­ran. Car l’Iran soutiendrait les rebelles qui ont renversé le pouvoir à Sana.

Questions autour d’une diligence
Par ailleurs, cette diligence du chef de l’Etat sénégalais à répondre à la demande saoudienne risque d’avoir un effet sur les relations diplomatiques avec certains pays africains qui mènent actuellement la guerre à des sectes islamistes comme Boko Haram. Dakar a évité d’engager son armée dans le contingent de 7500 soldats retenus par l’Union africaine pour combattre Boko Haram au Nigeria et au Cameroun. Au début de la crise malienne, le Président sénégalais avait refusé d’envoyer un bataillon, arguant que son armée est «très sollicitée par la Communauté internationale», alors qu’elle doit ré­pondre à des obligations intérieures en matière de sécurité. Finalement, il a autorisé le déploiement de 640 soldats et de quelques centaines de gendarmes et de policiers. Macky Sall n’avait pas non plus donné une suite à une demande d’envoi de troupes sénégalaises en Centra­fri­que. Ce n’est que récemment que 140 policiers casques bleus sénégalais ont été déployés à Bangui.

lequotidien.sn

Au Yémen, les combats concentrés dans le sud du pays ont fait plus de 140 morts ces dernières 24h. Au 13e jour de l’intervention de la coalition menée par l’Arabie saoudite la situation humanitaire du pays inquiète les ONG. La Russie est « déçue » par l’intervention de la coalition arabe a déclaré Sergeï Lavrov à la presse. Lundi, le chef de la diplomatie russe s’est entretenu avec son homologue saoudien. Il a insisté sur la nécessité de renouer le dialogue sous l’égide de l’ONU. Mais sur le terrain, il n’est pour l’instant pas question d’arrêter les combats.

Moscou a de nouveau appelé à un cessez-le-feu au Yémen lundi après avoir réclamé devant le Conseil de sécurité de l’ONU le weekend dernier, une pause dans la campagne de frappes de la coalition menée par l’Arabie saoudite.

Interrogé à ce sujet lors d’un point presse, le général Ahmed Assiri, porte-parole de la coalition, a laissé entendre que le répit n’était pas à l’ordre du jour :

« Les discussions politiques, ce qui se passe au niveau du Conseil de sécurité, je laisse les hommes politiques le commenter. Pour le moment, nous avons une campagne militaire qui est en cours. Si on a une directive politique claire en ce qui concerne l’arrêt des opérations, les militaires feront en sorte de le réaliser. Mais pour le moment la campagne continue pour atteindre nos objectifs. »

Des objectifs qui sont avant tout militaires et tentent d’épargner les civils expliquent le général. Mais en moins de deux semaines, le conflit a fait au total plus de 500 morts, dont 62 enfants, et 1 700 blessés selon la responsable des opérations humanitaires de l'ONU. A ce jour aucune aide humanitaire n’a pu être acheminée dans le pays.

Feu vert pour l’envoi d’aide humanitaire, mais incapacité sur le terrain

Le Yémen s'enfonce dans le chaos, après 12 jours de raids aériens menés par la coalition arabe qui vise les rebelles houthis. Dimanche, l'Arabie saoudite, à la tête de cette coalition, a autorisé le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à acheminer de l'aide humanitaire au Yémen. Une mission irréalisable pour l'instant, car il est pratiquement impossible de faire atterrir des avions au Yémen comme l’explique Sitara Jabeen, la porte-parole du CICR à Genève. Elle détaille les besoins sur place et la nature de l'aide que l'organisation tente actuellement de faire parvenir dans ce pays.

« Nous avons 48 tonnes de matériel médical prêtes à partir. Elles se trouvent à plusieurs endroits : Amman en Jordanie, Genève... Et nous avons aussi une équipe chirurgicale de quatre personnes qui se trouve actuellement à Djibouti. Le besoin humanitaire le plus urgent aujourd'hui au Yémen, c'est le matériel médical, les médicaments et des équipements spécifiques dont les hôpitaux ont besoin pour soigner les blessés. Nous avons ces 48 tonnes de matériel et de médicaments, qui représentent ce dont ils ont besoin en priorité. Il y a aussi des kits de purification d'eau... Voilà ce que nous essayons d'acheminer. Avec comme urgence la nécessité d'approvisionner les hôpitaux en médicaments et en équipements chirurgicaux... »

Après le week-end pascal, les étudiants de la faculté de droit de Nairobi commencent à rentrer sur leur campus. Les conversations tournent évidemment autour du drame de Garissa d'autant que l’un des tueurs identifiés par les autorités — Abdirahim Abdullahi — a été diplômé de cette faculté de droit.

Des affiches sont collées sur les murs de l’Université, sur les portes des dortoirs. Les étudiants de la faculté de droit sont sur le point d’élire leurs représentants. Il y a tout juste deux ans, Abdirahim Abdullahi était parmi eux et Gérald Kiti, l’actuel représentant des étudiants, faisait pour la première fois campagne.

« Pendant la campagne, il m’a promis que Kiti, ça veut dire fauteuil en swahili, que Kiti aurait le Kiti, que je gagnerai l’élection. Il m’a dit : ne t’inquiète pas. Tu es mon frère, moi, je vote pour toi. C’était vraiment un gars sympa, je n’ai pas compris comment ça a pu mal tourner », s’interroge-t-il.

Pour Ahmed, un autre étudiant du campus, Abdirahim Abdullahi était loin d’être de la graine de terroriste à l’époque : « Faire la fête comme ça, quand on est musulman, on ne devrait pas le faire. Mais lui était détendu avec ça, il faisait toute sorte de choses comme ça. Donc de tous les étudiants, c’est le dernier que j’imaginais faire ça. »

En 2013, Abdirahim Abdullahi est diplômé. Il finit deuxième de sa classe. Tout le monde s’imaginait qu’il aurait un brillant avenir. Au-delà de la question de savoir comment il a pu en arriver à tuer des étudiants dans une université à l’autre bout du pays, Mary, future avocate, a des inquiétudes beaucoup plus pragmatiques. « C’est un étudiant qui a passé quatre ans ici, il connaissait tous les recoins de cette faculté. Qu’est-ce qui pourrait se passer ici si toutes ces informations, il les a donnés aux shebabs », s’inquiète la jeune femme.

Pour Gérald Kiti, il est essentiel que les actuels candidats au poste de représentant des étudiants débattent de la question de la sécurité. En effet, en quelques minutes, lui et sa voisine de chambre, Mary, imaginent plusieurs scénarios catastrophes qui pourraient coûter la vie à des centaines d’étudiants sur ce campus.

J’ai été totalement surpris par cette nouvelle. C’est quelqu’un que je connaissais. Quand j’ai pour la première fois fait campagne pour le poste de représentant des étudiants, il m’a promis de me donner son vote. Il m’a même aidé à faire mon slogan de campagne. C’était un mec cool. Donc je ne sais pas ce qui s’est passé, quand est-ce que ça a pu mal tourner. Il n’est pas très religieux, certainement pas un extrémiste. C’est un gars posé. Un étudiant normal, quoi ! Il allait à la bibliothèque, il faisait tout ce que les étudiants font. Il se promenait toujours en costard, des costumes trop bien. Il était facile d’accès, très arrangeant. C’était vraiment très difficile d’imaginer qu’il puisse devenir un jour un terroriste. C’est pour ça que je pense qu’il n’a dû rejoindre les shebabs qu’après l’université. Ou peut-être juste avant de partir, mais c’était vraiment imperceptible. La dernière fois que je l’ai vu, c’était en 2013. Je m’en souviens bien, c’était pour ma première campagne. Pour être à l’université de Nairobi, il faut être brillant. Surtout qu’il avait décroché une bourse d’Etat. Oui, c’était un mec brillant. Il a quand même fini deuxième de sa classe. C’est quelqu’un qui me semblait plein de vie, le fait même que quelqu’un comme lui puisse devenir un terroriste est incompréhensible.
Gérald Kiti, ancien camarade d'Abdirahim Abdullahi 07/04/2015 - par Sonia Rolley écouter

C'est vraiment choquant ce qui s'est passé, et en particulier quand des photos des étudiants tués ont été rendues publiques. Ça ressemble exactement à nos locaux ici. D'un seul coup, ça devient très proche de vous, vous vous dites, ce genre de truc, ça peut arriver, ça peut arriver à tout le monde. Depuis que la fusillade a eu lieu, on discute de ça, mais on essaie de se concentrer sur les aspects juridiques. Le plus choquant, c'est que l'un des tueurs était avocat. Et puis quelqu'un aurait dû remarquer quelque chose. Quelque chose a dû changer. J'ai vu sa photo, on dit que c'était quelqu'un d'ouvert, de cool, qui sortait avec ses amis. Mais quand même d'habitude quand quelque chose comme ça arrive, ça n'arrive pas du jour au lendemain. Il devait y avoir des signes, je m'intéresse à la psychologie. Quelqu'un ne change pas du jour au lendemain. Il a peut-être arrêté d'écouter un certain type de musique ou de sortir avec certaines personnes ou il a commencé à parler de telle ou telle idée. Je ne sais pas, moi. A un moment, quelqu'un aurait dû faire quelque chose, parler aux autorités.

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