Le président turc Recep Tayyip Erdogan a été accueilli mardi 7 avril par son homologue iranien Hassan Rohani pour une visite officielle d'une journée, mais contrairement à ses récents propos il a soigneusement évité la question du Yémen pour ne parler que de l’économie. « Nous pensons tous deux qu'on doit voir le plus rapidement possible la fin de la guerre, qu'un cessez-le-feu complet soit instauré et que les attaques cessent » contre le Yémen, a déclaré Hassan Rohani dans une déclaration commune.

Avec notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi

La Turquie et l'Iran sont d'accord pour arrêter la guerre au Yémen et encourager une solution politique, a déclaré le président iranien Hassan Rohani devant son homologue turc. Il a aussi demandé l'arrêt des frappes de la coalition menée par l'Arabie saoudite contre le Yémen. Mais le président Erdogan a évité d'évoquer le sujet.

L'Iran, qui soutient les rebelles Houthis au Yémen, a condamné les frappes de la coalition arabe menée par l'Arabie saoudite, pourtant soutenue par la Turquie. Hassan Rohani a également affirmé qu’il fallait lutter contre l’instabilité, l’insécurité et la guerre dans toute la région. La Turquie et l'Iran s'opposent également sur la Syrie. Téhéran est le principal allié régional du président Bachar el-Assad alors qu'Ankara soutient la rébellion.

Le président Erdogan a surtout parlé des échanges commerciaux économiques. Il a souhaité que le volume des échanges commerciaux atteigne les 30 milliards de dollars en 2015. Mais pour la Turquie il faut un rééquilibrage du commerce bilatéral trop favorable à l'Iran. Il a surtout demandé une baisse du prix du gaz. « Le gaz que nous achetons à l'Iran est le plus cher. Si le prix baisse, nous pourrons en acheter plus », a déclaré le président turc. Il a également souhaité une coopération plus vaste dans tous les domaines, notamment l'achat d'électricité à l'Iran.

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La découverte de la fosse commune de Maluku, où 421 personnes ont été inhumées de nuit dans un cimetière le 19 mars dernier, relance les questions sur les morts de la répression de janvier dernier en République démocratique du Congo. Les autorités provinciales ont réitéré leur explication : il s’agit des corps d’indigents des morgues de Kinshasa.

Devant la polémique qui enfle autour de ce qu’il est désormais convenu d’appeler l’« affaire de la fosse commune de Maluku », les autorités provinciales ont convoqué la presse, mardi 7 avril, pour livrer, à nouveau, leur version des faits. Des autorités qui se sont voulues rassurantes.

L’enterrement collectif qui a eu lieu dans la nuit du 19 mars dernier dans une fosse commune de Maluku, à une centaine de kilomètres du centre-ville de Kinshasa, n’est pas le premier. Il s’agit d’une opération « courante » destinée à désengorger la morgue de Kinshasa dont la capacité se limite à 300 personnes, affirment les autorités provinciales. Ce serait la quatrième opération de ce type menée en moins d’un an.

« On n'a rien à cacher »

Et si l’opération a été menée en pleine nuit, c’est « pour des raisons d'hygiène et de commodité », assure le ministre provincial, Emmanuel Akwety. Selon lui, les corps étaient déjà en état de décomposition. Quant au choix du cimetière de Maluku, une localité située à plus de 100 kilomètres du centre-ville, il s’explique par le fait que le cimetière où les autres enterrements collectifs ont eu lieu était fermé pour travaux, affirme le gouvernement provincial.

Selon Robert Luzolanu Mavema , le gouverneur par intérim, il n’y a « rien à voir » entre l’affaire de la fosse commune de Maluku et les personnes tuées lors des évènements des 19, 20 et 21 janvier dernier à Kinshasa, lors du débat au Parlement. « On n'a rien à cacher. On a répertorié 17 victimes lors des événements du 19, 20 et 21 janvier. Et sur les 17 on a pu en enterrer 15. Les deux autres restent au camp Kokolo. C’est tout », affirme Robert Luzolanu Mavema.

Humans Richt Watch plaide pour une exhumation des corps

Pourtant, jusqu'à présent, les autorités parlaient de 27 personnes tuées au cours de ces manifestations. L'organisation Human Rights Watch, elle, en dénombre 10 de plus. Surtout, plusieurs familles n'ont toujours pas récupéré la dépouille de leur enfant tué lors de ces journées de janvier. Autant d'éléments qui font planer le doute sur l'identité des personnes enterrées à Maluku. « Nous pensons qu'il reste encore beaucoup de questions sans réponse autour de cette fosse commune », juge Ida Sawyer, chercheuse à la division Afrique de HRW. « Le gouvernement doit conduire une enquête crédible pour faire la lumière sur cette affaire, notamment sur l'identité des personnes enterrées », insiste-t-elle.

La chercheuse se dit dubitative devant la thèse avancée par les autorités provinciales - un enterrement d'indigents : « le nombre est énorme pour un enterrement au milieu de la nuit, dans une seule fosse. Bien sûr, c'est possible que ce soit des cadavres abandonnés par les familles ou des bébés mort-nés. Pourtant des gens cherchent encore les victimes de janvier. Elles sont peut-être à Maluku. Et si, pour savoir, il faut exhumer les corps, alors faisons-le. »

En attendant, l'enquête judiciaire sur la fosse commune de Maluku continue. Un député de l'opposition a également introduit une question orale à l’Assemblée sur la fosse commune de Maluku. Question qui pourrait être abordée lors de la prochaine plénière à l'Assemblée nationale congolaise, ce jeudi 9 avril.

La réduction du mandat du président Macky Sall de 7 à 5 ans fait toujours débat au Sénégal. Le président sénégalais a pourtant assuré qu'il organiserait un référendum en mai 2016, conformément à sa promesse électorale. Mais dans son propre parti l'APR, cette décision ne fait pas l'unanimité et des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent contre cette réforme.

Avec notre correspondante à Dakar, Carine Frenk

Sur sa candidature pour un troisième mandat, Abdoulaye Wade avait dit ces mots en wolof : « Ma waxoon, waxeet » - « je l'avais dit, je me dédis ». Aujourd'hui encore cette phrase est dans tous les esprits. Et au Sénégal, on s'interroge : Macky Sall se dédira-t-il, lui aussi ? Plusieurs responsables de son parti l'Alliance pour la République (APR) le lui demandent en tout cas.

Des partisans du dédit au gouvernement et à l'Assemblée

Le premier et le plus tonitruant est Moustapha Cissé Lo, vice-président de l'Assemblée nationale. Pour lui, « le président de la République doit poursuivre son mandat jusqu'en 2019, comme l'exige la Constitution. Il ne peut ni réduire, ni allonger son mandat en cours de route ».

Me Omar Youm, porte-parole du gouvernement, vient lui emboîter le pas. « Sur le plan économique, politique, constitutionnel, ce n'est pas justifiable », déclare l'avocat. « On voit certes la noblesse du symbole, mais dans la mise en oeuvre, c'est très risqué, car Macky Sall est élu pour sept ans. S’il est à l'initiative de ce référendum, cela pourrait être pris comme une démission implicite et cela pose des problèmes juridiques et politiques. »
Toutefois, le ministre précise qu'il s'exprime en son nom personnel, sans être téléguidé par qui que ce soit. « Je le dis en tant que responsable politique et sans calcul. C'est un appel à la prudence, un appel au débat au sein de la majorité », affirme-t-il.

Rfi

Le visa payant pour l’entrée au Sénégal sera supprimé à compter du 1er mai 2015, a annoncé vendredi soir le chef de l’Etat, Macky Sall, lors de son adresse à la Nation pour le 55 ème anniversaire de l’accession du Sénégal à l’indépendance. Une annonce qui sonne comme une abdication face aux nombreuses complaintes des occidentaux, principalement des Français.Cette mesure annoncé en prélude à la célébration de l'Indépendance du Sénégal appelle un certain nombre de questions. Il est inopportun d'annoncer cette mesure aux Sénégalais, si fiers de la réciprocité du visa, au moment où notre pays célèbre l'accession à la souveraineté. Pourquoi Macky Sall a choisi de faire cette annonce au moment où le Sénégal célèbre son accession à la souveraineté? Pour le symbole, c'est une annonce désastreuse. Certains Sénégalais, fiers de leur indépendance, l'ont pris comme une insulte à leur patriotisme et à la mémoire des nombreux jeunes sénégalais victimes de l'immigration clandestine. Attirer des touristes est-il plus important que la fierté des Sénégalais?

Est-il normal que des gens puissent venir au Sénégal sans visa et que les Sénégalais font face à des tracasserie au moment de se rendre dans leur pays?
Macky Sall et ses conseillers semblent oublier que des milliers de personnes meurent chaque année dans l'immigration clandestine à cause de la difficulté à avoir le visa des pays occidentaux .

 

 

On peut s’attendre à un déploiement de forces Armées sénégalaises au Yémen. Le Président Macky Sall a donné sa parole au roi Salman pour se joindre à la coalition internationale qui est en train de se mettre en place pour combattre les groupes chiites qui ont pris le pouvoir au Yémen.

L’Armée sénégalaise va retourner en Arabie Saoudite. C’est l’expression que le chef de l’Etat compte donner à la solidarité avec le royaume wahhabite engagé dans la traque des rebelles chiites au Yémen. De retour à Dakar hier soir, Macky Sall s’est désolé «du renversement du pouvoir légitime par un groupe armé». En faisant siennes les préoccupations de Riyad, le président de la République a fait part au roi Salman, installé il y a à peine trois mois après le décès du Roi Abdallah, de sa «solidarité totale» dans cette perspective. «Comme nous l’avons fait au Congo (Kin­shasa), en Côte d’Ivoire, en Guinée Bissau au Mali…, nous allons apporter notre solidarité…», a-t-il assuré dans une tonalité diplomatique. Dans ces pays cités comme exemples, le Sénégal dispose de soldats qui opèrent sous la bannière des Nations-Unies. Macky Sall trouve sa contribution d’autant plus fondée qu’il s’agit pour lui de «sécuriser les lieux saints de l’Islam». Selon le Président Sall, le chef d’Etat-major général des armées, Mamadou Sow, qui était de la visite d’Etat, a eu un entretien avec les autorités saoudiennes, notamment le ministre de la Défense. L’Arabie Saoudite, dit-il, a invité le Sénégal à se joindre à la coalition internationale qu’elle a mise en place pour combattre les rebelles yéménites.

Souvenir de l’opération «Tempête du désert»
L’information a été d’ailleurs véhiculée dans la journée par l’agence saoudienne de presse. La dépêche n’a pas tardé à faire le tour des pays arabes. Devant les religieux qui l’ont accompagné en terre sainte musulmane, Macky Sall annonce qu’il va revenir sur les détails en Conseil des ministres. Si la décision se matérialise, ce serait la deuxième fois que les Jambaar seront envoyés dans ce pays. L’on se rappelle de l’opération «Tempête du désert» communément appelée Guerre du Golfe, lancée le 17 janvier 1991 par les Etats-Unis contre le régime de Sadam Hussein. Ce dernier avait envahi le Koweït. Le Président Abdou Diouf avait dépêché un contingent composé de centaines de soldats en Arabie Saoudite. Le crash d’un avion trans­portant des militaires sénégalais de retour d’un pèlerinage à la Kaaba avait fait 92 morts et plusieurs bles­sés. Mais, cette décision risque de provoquer une fracture avec Téhé­ran. Car l’Iran soutiendrait les rebelles qui ont renversé le pouvoir à Sana.

Questions autour d’une diligence
Par ailleurs, cette diligence du chef de l’Etat sénégalais à répondre à la demande saoudienne risque d’avoir un effet sur les relations diplomatiques avec certains pays africains qui mènent actuellement la guerre à des sectes islamistes comme Boko Haram. Dakar a évité d’engager son armée dans le contingent de 7500 soldats retenus par l’Union africaine pour combattre Boko Haram au Nigeria et au Cameroun. Au début de la crise malienne, le Président sénégalais avait refusé d’envoyer un bataillon, arguant que son armée est «très sollicitée par la Communauté internationale», alors qu’elle doit ré­pondre à des obligations intérieures en matière de sécurité. Finalement, il a autorisé le déploiement de 640 soldats et de quelques centaines de gendarmes et de policiers. Macky Sall n’avait pas non plus donné une suite à une demande d’envoi de troupes sénégalaises en Centra­fri­que. Ce n’est que récemment que 140 policiers casques bleus sénégalais ont été déployés à Bangui.

lequotidien.sn

Au Yémen, les combats concentrés dans le sud du pays ont fait plus de 140 morts ces dernières 24h. Au 13e jour de l’intervention de la coalition menée par l’Arabie saoudite la situation humanitaire du pays inquiète les ONG. La Russie est « déçue » par l’intervention de la coalition arabe a déclaré Sergeï Lavrov à la presse. Lundi, le chef de la diplomatie russe s’est entretenu avec son homologue saoudien. Il a insisté sur la nécessité de renouer le dialogue sous l’égide de l’ONU. Mais sur le terrain, il n’est pour l’instant pas question d’arrêter les combats.

Moscou a de nouveau appelé à un cessez-le-feu au Yémen lundi après avoir réclamé devant le Conseil de sécurité de l’ONU le weekend dernier, une pause dans la campagne de frappes de la coalition menée par l’Arabie saoudite.

Interrogé à ce sujet lors d’un point presse, le général Ahmed Assiri, porte-parole de la coalition, a laissé entendre que le répit n’était pas à l’ordre du jour :

« Les discussions politiques, ce qui se passe au niveau du Conseil de sécurité, je laisse les hommes politiques le commenter. Pour le moment, nous avons une campagne militaire qui est en cours. Si on a une directive politique claire en ce qui concerne l’arrêt des opérations, les militaires feront en sorte de le réaliser. Mais pour le moment la campagne continue pour atteindre nos objectifs. »

Des objectifs qui sont avant tout militaires et tentent d’épargner les civils expliquent le général. Mais en moins de deux semaines, le conflit a fait au total plus de 500 morts, dont 62 enfants, et 1 700 blessés selon la responsable des opérations humanitaires de l'ONU. A ce jour aucune aide humanitaire n’a pu être acheminée dans le pays.

Feu vert pour l’envoi d’aide humanitaire, mais incapacité sur le terrain

Le Yémen s'enfonce dans le chaos, après 12 jours de raids aériens menés par la coalition arabe qui vise les rebelles houthis. Dimanche, l'Arabie saoudite, à la tête de cette coalition, a autorisé le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à acheminer de l'aide humanitaire au Yémen. Une mission irréalisable pour l'instant, car il est pratiquement impossible de faire atterrir des avions au Yémen comme l’explique Sitara Jabeen, la porte-parole du CICR à Genève. Elle détaille les besoins sur place et la nature de l'aide que l'organisation tente actuellement de faire parvenir dans ce pays.

« Nous avons 48 tonnes de matériel médical prêtes à partir. Elles se trouvent à plusieurs endroits : Amman en Jordanie, Genève... Et nous avons aussi une équipe chirurgicale de quatre personnes qui se trouve actuellement à Djibouti. Le besoin humanitaire le plus urgent aujourd'hui au Yémen, c'est le matériel médical, les médicaments et des équipements spécifiques dont les hôpitaux ont besoin pour soigner les blessés. Nous avons ces 48 tonnes de matériel et de médicaments, qui représentent ce dont ils ont besoin en priorité. Il y a aussi des kits de purification d'eau... Voilà ce que nous essayons d'acheminer. Avec comme urgence la nécessité d'approvisionner les hôpitaux en médicaments et en équipements chirurgicaux... »

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Après le week-end pascal, les étudiants de la faculté de droit de Nairobi commencent à rentrer sur leur campus. Les conversations tournent évidemment autour du drame de Garissa d'autant que l’un des tueurs identifiés par les autorités — Abdirahim Abdullahi — a été diplômé de cette faculté de droit.

Des affiches sont collées sur les murs de l’Université, sur les portes des dortoirs. Les étudiants de la faculté de droit sont sur le point d’élire leurs représentants. Il y a tout juste deux ans, Abdirahim Abdullahi était parmi eux et Gérald Kiti, l’actuel représentant des étudiants, faisait pour la première fois campagne.

« Pendant la campagne, il m’a promis que Kiti, ça veut dire fauteuil en swahili, que Kiti aurait le Kiti, que je gagnerai l’élection. Il m’a dit : ne t’inquiète pas. Tu es mon frère, moi, je vote pour toi. C’était vraiment un gars sympa, je n’ai pas compris comment ça a pu mal tourner », s’interroge-t-il.

Pour Ahmed, un autre étudiant du campus, Abdirahim Abdullahi était loin d’être de la graine de terroriste à l’époque : « Faire la fête comme ça, quand on est musulman, on ne devrait pas le faire. Mais lui était détendu avec ça, il faisait toute sorte de choses comme ça. Donc de tous les étudiants, c’est le dernier que j’imaginais faire ça. »

En 2013, Abdirahim Abdullahi est diplômé. Il finit deuxième de sa classe. Tout le monde s’imaginait qu’il aurait un brillant avenir. Au-delà de la question de savoir comment il a pu en arriver à tuer des étudiants dans une université à l’autre bout du pays, Mary, future avocate, a des inquiétudes beaucoup plus pragmatiques. « C’est un étudiant qui a passé quatre ans ici, il connaissait tous les recoins de cette faculté. Qu’est-ce qui pourrait se passer ici si toutes ces informations, il les a donnés aux shebabs », s’inquiète la jeune femme.

Pour Gérald Kiti, il est essentiel que les actuels candidats au poste de représentant des étudiants débattent de la question de la sécurité. En effet, en quelques minutes, lui et sa voisine de chambre, Mary, imaginent plusieurs scénarios catastrophes qui pourraient coûter la vie à des centaines d’étudiants sur ce campus.

J’ai été totalement surpris par cette nouvelle. C’est quelqu’un que je connaissais. Quand j’ai pour la première fois fait campagne pour le poste de représentant des étudiants, il m’a promis de me donner son vote. Il m’a même aidé à faire mon slogan de campagne. C’était un mec cool. Donc je ne sais pas ce qui s’est passé, quand est-ce que ça a pu mal tourner. Il n’est pas très religieux, certainement pas un extrémiste. C’est un gars posé. Un étudiant normal, quoi ! Il allait à la bibliothèque, il faisait tout ce que les étudiants font. Il se promenait toujours en costard, des costumes trop bien. Il était facile d’accès, très arrangeant. C’était vraiment très difficile d’imaginer qu’il puisse devenir un jour un terroriste. C’est pour ça que je pense qu’il n’a dû rejoindre les shebabs qu’après l’université. Ou peut-être juste avant de partir, mais c’était vraiment imperceptible. La dernière fois que je l’ai vu, c’était en 2013. Je m’en souviens bien, c’était pour ma première campagne. Pour être à l’université de Nairobi, il faut être brillant. Surtout qu’il avait décroché une bourse d’Etat. Oui, c’était un mec brillant. Il a quand même fini deuxième de sa classe. C’est quelqu’un qui me semblait plein de vie, le fait même que quelqu’un comme lui puisse devenir un terroriste est incompréhensible.
Gérald Kiti, ancien camarade d'Abdirahim Abdullahi 07/04/2015 - par Sonia Rolley écouter

C'est vraiment choquant ce qui s'est passé, et en particulier quand des photos des étudiants tués ont été rendues publiques. Ça ressemble exactement à nos locaux ici. D'un seul coup, ça devient très proche de vous, vous vous dites, ce genre de truc, ça peut arriver, ça peut arriver à tout le monde. Depuis que la fusillade a eu lieu, on discute de ça, mais on essaie de se concentrer sur les aspects juridiques. Le plus choquant, c'est que l'un des tueurs était avocat. Et puis quelqu'un aurait dû remarquer quelque chose. Quelque chose a dû changer. J'ai vu sa photo, on dit que c'était quelqu'un d'ouvert, de cool, qui sortait avec ses amis. Mais quand même d'habitude quand quelque chose comme ça arrive, ça n'arrive pas du jour au lendemain. Il devait y avoir des signes, je m'intéresse à la psychologie. Quelqu'un ne change pas du jour au lendemain. Il a peut-être arrêté d'écouter un certain type de musique ou de sortir avec certaines personnes ou il a commencé à parler de telle ou telle idée. Je ne sais pas, moi. A un moment, quelqu'un aurait dû faire quelque chose, parler aux autorités.

Jean-Pierre Marcelli, directeur du département Afrique subsaharienne de l’Agence française de développement (Afd) et Amadou BA, ministre de l’Economie, des finances et du plan, signeront ce vendredi, deux conventions de financement d’un montant total de 19,5 milliards de francs Cfa destinés à deux secteurs prioritaires du Plan Sénégal émergent (Pse) que sont l’agriculture et la santé.

L’Agence française de développement (Afd) entend contribuer aux objectifs du Plan Sénégal émergent (Pse). Le directeur du département Afrique subsaharienne de cette institution, Jean-Pierre Marcelli, en visite au Sénégal et Amadou Ba, ministre de l’Econo­mie, des finances et du plan, procéderont aujourd’hui, à la signature de deux conventions de financement, indique un communiqué. D’une somme de 13 milliards de francs Cfa, la première convention concerne le «projet d’appui à la promotion des exploitations familiales dans la région de Matam, avec la réalisation d’aménagements hydroagricoles et le désenclavement de plusieurs villages et de zones de production, afin de renforcer la résilience des exploitations familiales et d’atteindre les objectifs de l’autosuffisance en riz du Sénégal». La seconde convention, d’un montant de 6,5 milliards de francs Cfa, est pour «l’amélioration  de la santé de la mère, de l’enfant et des adolescents dans les régions de Kolda et Sédhiou. Ce projet permettra d’améliorer les conditions d’accouchement au niveau des postes et des centres de santé. Il contribuera également à renforcer le système de prise en charge des urgences obstétricales en créant ou en mettant à niveau des blocs opératoires, et en rendant opérationnel un Samu à l’échelle des deux régions». Soit un volume total de 19,5 milliards de francs Cfa pour le développement agricole de Matam et la santé dans la région naturelle de la Casa­mance.

«96,2 milliards de francs Cfa d’engagements par an depuis 2010»
Pour rappel, mentionne le document, «depuis 2000, l’Afd a engagé 1,2 milliard d’euros (environ 786 milliards de francs Cfa) au Sénégal et a enregistré une forte croissance de ses financements au cours des 5 dernières années avec 737 millions d’euros (482,7 mil­liards de francs Cfa) engagés sur la période, soit en moyenne 147 millions d’euros (96,2 milliards de francs Cfa) d’engagements par an depuis 2010. L’Afd devrait contribuer au  programme d’actions prioritaires du Pse, sur la période d’exécution du Document cadre de partenariat signé entre la France et le Sénégal (2014-2017) à hauteur de 400 millions d’euros (262 milliards de francs Cfa) en prêts souverains, qui correspond à un niveau d’engagement de 100 millions d’euros (65,5 milliards de francs Cfa) par an». A ce montant, note le communiqué, «s’ajouteront les aides projets en subvention et les interventions du Groupe en non souverain et auprès du secteur privé et financier».
Grâce à ces financements, plusieurs infrastructures ont été réalisées au Sénégal. Et pour s’en en­quérir, Jean-Pierre Marcelli se rendra sur le terrain. Selon le communiqué, «il visitera les aménagements hydroagricoles réalisés dans le cadre du projet de promotion du partenariat rizicole dans le Delta du fleuve Sénégal financé par l’Afd et l’Union européenne à hauteur de 8,7 milliards de francs Cfa». Le directeur du département Afrique subsaharienne «se rendra dans le quartier de Pikine Irré­gulier Sud, bénéficiaire d’un projet de restructuration urbaine et d’appui à la lutte contre les inondations, corollaire au programme autoroutier auquel l’Afd a contribué à hauteur de 40 milliards de francs Cfa». Aussi, informe-t-on, M. Marcelli «se déplacera à Saint-Louis pour échanger avec les différents acteurs du Programme de développement touristique de la région auquel l’Afd contribue à hauteur de 16 milliards de francs. Il se déplacera à la baie de Hann, site du projet emblématique de dépollution de la baie de Hann que l’Afd soutient à hauteur de 19,6 milliards de francs et dont les travaux devraient débuter fin 2015 et sur le site de construction de la future station de traitement d’eau potable de K.M.S 3 (Keur Momar Sarr) que l’Agence prévoit de financer partiellement».

lequotidien.sn

Les autorités, pour la réussite et la pérennisation de la Couverture maladie universelle (Cmu), ont toujours insisté sur l’adhésion  des populations aux mutuelles de santé avec une participation à hauteur de 50% par personne. Malgré les efforts qui sont faits, le financement pose toujours problème, d’où, d’après l’Institut panafricain pour la citoyenneté, les consommateurs et le développement (Cicodev), la nécessité de développer de nouveaux mécanismes de financement.

Dans le but d’explorer les voies par lesquelles on peut trouver de nouveaux mécanismes de financement pour l’adhésion des populations à la Couverture maladie universelle (Cmu), l’Ong Cicodev a mis en œuvre un programme dans le but de contribuer à la pérennisation de cette politique publique. La Cicodev qui, dans le cadre d’un programme pour la pérennisation de la Cmu, a eu des contacts avec les populations à travers des réunions publiques d’information, d’enquêtes-observations mensuelles sur l’effectivité de la mise en œuvre de la Cmu, a fait une restitution des pratiques et bons exemples sur les moyens de financement qui favorisent l’adhésion des populations à ce programme. Selon le directeur exécutif de Cicodev, Amadou Kanouté, des mécanismes de financement et des expériences adaptés aux capacités des populations ont été remarqués lors de cette enquête menée sur le terrain. «Pour pouvoir adhérer aux mutuelles de santé, des populations nous disaient que 3 500 F Cfa par personne, la somme est modique mais quand vous multipliez cette somme par 5, 10 personnes dans une famille. Cela peut être lourd. Pendant que les gens exprimaient les doutes par rapport à leur capacité contributive, d’autres étaient en train de nous parler de nouveaux moyens», a-t-il expliqué. Poursuivant ses explications en ce qui concerne ces mécanismes de financement, M. Kanouté soutient que dans une localité, des populations ont eu à travailler avec des gens qui ont en charge des forages «pour mettre une petite marge supplémentaire sur le coût de l’eau qui va permettre de couvrir les ménages».

Les propos du directeur exécutif de la Cicodev sont confortés par les témoignages qui ont été faits lors du panel. D’après le représentant du président des Oulémas mandingues, Cheikh Dramé, au sein de leur communauté, des terres ont été mises à la disposition des talibés en leur demandant de les exploiter, afin d’avoir des revenus qui seront reversés à la mutuelle de santé. Parlant de l’exemple de la mutuelle de santé du Cap-Vert mise en place par la collectivité léboue, son représentant, Pr Oumar Ndir, soutient que son originalité réside dans le fait que sa création a été portée par les structures traditionnelles. A l’en croire, les 12 Penc ont pu s’approprier cette politique publique. «Les Penc se sont beaucoup investis dans ce projet, parce que chacun a donné 100 000 F et la collectivité léboue a mis à notre disposition, le local», a-t-il expliqué.

Participation des collectivités locales à la CMU
Lors de cette cérémonie, le maire de la commune de Yoff a fait savoir qu’au sein de sa municipalité, un dispositif est en en train d’être mis en œuvre pour faire participer la collectivité locale à la Cmu. D’après Abdoulaye Diouf Sarr, Yoff va mettre en place une mutuelle de santé pour faciliter l’adhésion des populations à ce programme. «On a un partenaire qui va participer à hauteur de 10 millions, la commune va participer à hauteur de 5 millions. Les revenus de la pêche (activité pratiquée dans cette commune) vont être orientés vers l’adhésion des populations à la mutuelle. Notre objectif est de mobiliser 20 millions qui vont faciliter 5 000 adhésions », a-t-il déclaré. Pour Abdoulaye Diouf Sarr, ce dispositif est une expérience-pilote de l’adhésion d’une collectivité locale à la Cmu. «Le local a été trouvé dans les semaines à venir, on va inaugurer la mutuelle», a-t-il informé.
Le ministre de la Santé et de l’action sociale, qui a présidé cette rencontre, a encouragé la réflexion sur des «financements innovants». D’après Awa Marie Coll Seck, l’Etat a déjà mis beaucoup de moyens dans la Cmu mais les besoins de financement restent encore importants. D’où, pour le ministre de la Santé, l’importance de l’implication des collectivités locales dans cette politique.
Mme Seck a aussi profité de cette occasion pour faire le bilan de la Cmu lancée en 2013 qui, d’après elle, avait la lourde tâche d’assurer la couverture maladie de 80% de la population. «Nous devons reconnaître qu’il y a des résultats concrets. Plus de 3 375 mutuelles de santé réparties dans plusieurs départements ont été créés. On peut parler d’un million 200 mille enfants qui ont été consultés gratuitement, etc. Les résultats sont importants», a-t-elle souligné.
Pour Awa Marie Coll Seck, il y a un dynamisme, et il y aura une plus grande flexibilité et efficacité avec la nouvelle agence de la couverture maladie universelle mise en place. «Les bonnes pratiques permettent d’aller plus vite et de toucher le maximum de personnes. Il faut que nous puissions échanger, que les autres évitent les erreurs qui ont été faites, c’est ça qui nous permettra d’avancer vite», a-t-elle indiqué.

lequotidien.sn

Souleymane Ndéné Ndiaye s’est vraiment lâché, mercredi, à l’émission Faram facce de la Tfm. En wolof bien sûr. L’ancien Premier ministre ne confirme pas la thèse du forcing de Wade pour se maintenir au pouvoir. Mais au moins, il révèle que le candidat sortant a rêvé de voir son adversaire au second tour, Macky Sall, se désister. Le désormais ex-responsable du Pds revient également sur la médaille que son «ami» lui a accrochée lundi dernier. Macky Sall a failli rire de la mine sérieuse et solennelle de Ndéné. C’aurait été sûrement un croustillant li­vre-mémoires épicé de petits secrets du Palais avec Wa­de, d’anecdotes et de coulisses de la Présidentielle de 2012.

Macky à l’Assemblée : «Souleymane, je ne démissionne pas ; je vais me battre»
«J’ai dit à Macky : Saches que le Président Wade n’a plus confiance en toi. Il paraît que tu as convoqué Karim Wade à l’Assemblée nationale. Le Président est fou furieux. Je te conseille de rendre le tablier, faute de quoi, je peux t’assurer que tu feras face à un orage qui va te dévaster. Il m’a dit : «Ah oui ?» Je lui ai dit : «Bien sûr ! Appelle ton directeur de cabinet Mahammad Dionne et demande-lui de te faire une lettre de démission et de la déposer au Palais.» Il m’a dit : «Je te répondrai.» Et puis je suis reparti avec Awa Diop que j’avais voulu faire témoigner cet échange. Une semaine plus tard, on s’est retrouvés tous les deux à l’aéroport. Il m’a dit : «Souleymane, je ne démissionne pas ; je vais me battre.» J’ai dit : «Tant pis, c’est ton droit !» Donc, des gens sont allés dire au Président Wade que Macky a convoqué Karim à l’Assemblée nationale pour lui faire parler wolof, pour l’humilier. Et le Président y a cru. Quelques jours avant l’exclusion (sic) de Macky Sall, lors de la présentation de vœux des corps constitués, tous les députés ont refusé d’être derrière Macky Sall parce qu’ils ne le reconnaissent plus comme président de l’Assemblée nationale. Seuls Pape Samba Mboup et moi avions eu le courage de lui serrer la main et de lui faire une accolade. Mboup a sauté pour les traiter de tous les noms. Il leur a dit : «Ce que vous faites ne vient pas de Abdoulaye Wade ; vous êtes des hypocrites !» Pape Samba Mboup m’est témoin. Donc voilà, ils l’ont poussé à bout.

«Mon texto à Macky»
Au premier tour de 2012, on m’a prêté d’avoir appelé Macky Sall pour le féliciter. En fait, ce qui s’est passé, c’est que Serigne Mbacké Ndiaye avait déjà proclamé des résultats le jour du scrutin, vers minuit (Ndlr : donnant Wade 51%). A la suite de cela, j’ai entendu Macky Sall faire une déclaration violente. Alors, le lendemain, j’appelle Farba Ngom pour lui demander de me passer un autre numéro de Macky Sall puisque celui que j’avais était sous boîte vocale. Je lui envoie un texto et il m’appelle. Je lui dis : «J’ai entendu ta sortie musclée. Je tiens à te dire que ce que Serigne Mbacké Ndiaye a dit n’engage que lui. Donc, si tu veux gagner, ne fais plus ce genre de réactions.»

Quand Wade rêvait du désistement de Macky au second tour
Le lendemain matin, le Président Wade m’a appelé. Il me dit : «Tu es où ?» Je lui réponds : «Je suis chez moi.» Il poursuit : «Bon, je suis au stade de réflexion... J’avais promis aux Sénégalais de ne pas faire moins que Abdou Diouf parce des faucons l’avaient poussé à se maintenir mais il m’avait quand même appelé pour me féliciter. Si les tendances actuelles se confirment, je pourrais me retrouver avec Macky Sall au second tour. Et moi, j’ai juste quelques projets à finir. La Constitution dispose, en effet, qu’après la proclamation des résultats officiels du premier tour par le Conseil constitutionnel, si l’un des candidats se désiste, l’autre est proclamé élu. Donc, je voudrais en discuter avec Macky pour voir s’il acceptera de se désister.» Je lui ai dit : «Je peux le faire venir tout de suite au Palais.» Il me dit : «Non, rejoins moi et on en discute d’abord.»

Wade à Karim et Pape Diop : «Laissez-nous un peu ; nous parlons des affaires d’Etat»
C’est ainsi que j’ai appelé Macky pour lui dire de ne plus tenir des déclarations incendiaires puisque nous cherchons à pacifier la suite du processus électoral. Et puis, les gens peuvent dire au Président : «Macky Sall est en train de t’attaquer et Souleymane Ndéné Ndiaye te demande de te désister.» Une fois au Palais, devant Pape Diop et Karim Wade, le Président dit : «Macky va se désister.» J’ai dit : «Non Président, il ne peut pas le faire puisqu’il est votre challenger. Et puis vous avez dit que vous ne voulez pas faire moins que Diouf.» C’est comme ça qu’il a enterré cette option. Puis, il dit à Pape Diop et à Karim : «Laissez-nous un peu ; nous parlons des affaires d’Etat.»

Macky à la décoration de l’ex-Pm : «Souleymane, sa sérieux bi daf may reetaan loo»
Dieu sait que ma décoration par le Président n’a aucun lien avec l’annonce de mon départ du Pds. C’est l’Amiral Sall de la Chancel­lerie qui m’a appelé un jour pour m’informer que le chef de l’Etat a décidé de vous élever, en même temps que d’autres personnalités, au rang de Grand Croix dans l’ordre national du Lion. Et ce qui a été fait lundi. (…) Quand le Président m’accrochait la médaille, il était presque sur le point de rigoler. Il me dit : «Non, Souleymane, sa sérieux bi daf may reetaan loo (Ton sérieux me fait rire).» Et je lui ai répondu : «Mais qu’est-ce que tu veux ? Tu veux que je m’esclaffe ? Il faut que je sois sérieux quand même.» Pour lui, je ne devais pas afficher une telle mine parce que j’ai en face de lui un ami. Il m’a d’ailleurs dit, sur un air taquin : «Je vais battre les faux candidats-là.» On a rigolé et puis c’est tout.»

Avec Tfm

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