mercredi, 14 janvier 2015 10:33

Comment vivent les islamistes radicaux regroupés à Fresnes

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Manuel Valls veut généraliser d'ici la fin de l'année des quartiers spécifiques au sein de certains établissements pénitentiaires pour regrouper les détenus radicalisés. Une expérimentation est déjà en cours à Fresnes. Sophie Parmentier suit cette expérience depuis plusieurs semaines. Et elle a pu se rendre plusieurs fois de manière exceptionnelle dans cette partie de la prison.
Au premier étage de la première division sud de la prison de Fresnes, une vingtaine de détenus considérés comme des islamistes radicaux sont presque tous regroupés. Ils sont incarcérés dans le cadre d'affaires en lien avec le terrorisme islamiste. Une dizaine de ces détenus rentrent de Syrie. Les deux tiers d'entre eux attendent leur procès. Ils sont regroupés dans des cellules voisines. Des cellules aux petites portes de bois. Ces détenus sont parfois plusieurs dans une même cellule. Il y a jusqu'à trois lits superposés dans ces cellules de 9 mètres carrés. "Ainsi, il n'y a aucun matelas au sol", précise le directeur de la prison, Stéphane Scotto, qui est d'ailleurs à l'origine de cette expérimentation lancée, il y a tout juste trois mois. Ces détenus sont donc regroupés, les uns à côté des autres, mais ils ne sont pas isolés des 600 autres détenus qui sont dans le même bâtiment. Il faut savoir qu'à Fresnes, il y a d'autres bâtiments, d'autres quartiers hommes et femmes.
Dans la première division sud, depuis le début du regroupement de ces islamistes radicaux, un seul détenu est à l'isolement en permanence. Selon nos informations, il s'agit de Flavien Moreau, le premier djihadiste condamné depuis son retour de Syrie. Il a été condamné en novembre dernier à sept ans de prison, par le tribunal correctionnel de Paris.
A part lui, tous les autres détenus dits radicalisés ne sont pas donc pas totalement isolés, mais les fenêtres de leurs cellules ne donnent pas sur les autres bâtiments. C'est donc plus difficile pour eux de lancer des appels à la prière, selon le directeur.

Comment vivent les islamistes radicaux regroupés à Fresnes - enquête Sophie Parmentier
L'idée de l'expérimentation pour éviter le prosélytisme
 
C'est donc lui, Stéphane Scotto qui a eu l'idée de cette expérimentation. L'idée a germé peu à peu dans son esprit. A l'été 2014, il n'y avait à Fresnes qu'une douzaine de détenus déjà condamnés pour des affaires de terrorisme en lien avec une pratique radicale de l'islam. A l'automne 2014, de douze, ils sont passés à 20, et ils ont commencé à exercer une pression sur les autres détenus de la prison. Des détenus qui pratiquent dans leur immense majorité un islam modéré, ont commencé à se plaindre et à s'inquiéter de la pression exercée par les radicaux, assure le directeur. Par exemple, des détenus modérés disaient qu'ils ne pouvaient plus prendre leurs douches nus, ou alors que les radicaux voulaient les obliger à faire leurs prières cinq fois par jour. Ou encore les radicaux les auraient forcés à retirer de leurs cellules des photos féminines.
En décidant le regroupement des détenus radicalisés, le directeur a avant tout voulu protéger les autres détenus, et éviter le prosélytisme. Ce qui est très clair c'est que la décoration des cellules des détenus radicalisés est très différente des autres. Lors de ma première visite à Fresnes, il y a quelques semaines, j'ai pu visiter une cellule occupée. Le détenu n'était pas à l'intérieur à ce moment-là. Mais j'ai pu constater que sur les murs blancs décrépits, il n'y avait aucune décoration, juste une petite feuille scotchée, qui donnait les heures de la prière. J'ai pu comparer avec une autre cellule dite banale, qui elle, était couverte de posters de grosses cylindrées ou de femmes dénudées.
 
Les détenus radicalisés regroupés ont-ils un traitement à part ?
 
Cette vingtaine de détenus considérés comme islamistes radicaux, mis à l'écart des autres détenus, ne sont pas pour autant totalement coupés du reste de la détention. Il y a simplement des règles différentes, pour eux. Ils n'ont pas les mêmes heures de promenade que les autres détenus. Ils sont aussi à part pour les activités sportives à l'extérieur. Mais pour le sport intérieur, la musculation, ou pour les activités scolaires ou culturelles, ils peuvent être mélangés aux autres détenus, mais ils sont surveillés de très près par l'administration pénitentiaire.Le directeur de Fresnes insiste en tout cas sur l'importance que tous les détenus aient accès à toutes les activités. Et il assure que trois mois après le lancement de cette expérimentation, le climat est pacifié dans la prison, même si des syndicalistes estiment qu'ils manquent de moyens et de formations pour surveiller correctement ces détenus radicalisés.
 
C'est cette expérimentation à Fresnes qui pourrait être étendue à d'autres centres pénitentiaires français
 
La ministre de la Justice, Christiane Taubira, s'est rendue à Fresnes mardi en fin d'après-midi, juste après le discours de Manuel Valls. Elle a bien insisté sur le fait qu'il fallait encore quelques dernières évaluations, avant de généraliser cette expérience. La garde des Sceaux veut surtout mettre en place très rapidement, dans les prochains jours, un programme de déradicalisation dans les prisons, avec des psychologues, des aumôniers spécialement formés. A Fresnes, pour 2 700 détenus, il n'y a à ce jour que deux aumôniers musulmans, un homme et une femme, et un troisième devrait arriver très prochainement, dans le cadre du renforcement crucial des aumôniers, lancé depuis des mois par Christiane Taubira.

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Cinq millions d'exemplaires seront finalement imprimés, a annoncé le distributeur, à raison de 500.000 exemplaires par jour. 700.000 exemplaires ont déjà été livrés mercredi matin et l'Union nationale des diffuseurs de presse a annoncé que le numéro de Charlie Hebdo était épuisé dans les 27.000 points de vente de presse en France.

La Une du journal, on la connaissait depuis lundi soir - le prophète Mahomet qui tient une pancarte "Je suis Charlie". Ce que l'on ignorait, c'était tout le reste... Au fil des pages on croise donc Jésus, Soeur Emmanuelle, le pape, des rabbins, des imams, des enfants de choeur - dessinés, caricaturés, moqués toujours. Il y a aussi des politiques qualifiés de clowns, des apprentis djihadistes comparés à des étudiants qui partent en Erasmus en Syrie.

L'équipe avait promis que l'esprit Charlie serait bien là, elle a tenu parole. La dernière page, féroce, est consacrée aux terroristes encagoulés - moqués, méprisés. Après la visite au journal, la mort à l'imprimerie : "j'ai peur que ça fasse un peu intello" lance un des frères Kouachi, allongé dans un bain de sang. Et dans un coin on voit la mort qui se marre en lisant Charlie Hebdo et qui lance : "moi aussi je m'abonne !". Bref, Charlie fidèle à lui-même : jamais l'humour ne disparaît derrière l'hommage.
Dans au moins 20 pays, et en cinq langues

Cinq millions d'exemplaires seront au final imprimés, a annoncé le distributeur, les Messageries Lyonnaises de Presse - qui parlait auparavant de trois millions. Car les 700.000 exemplaires livrés mercredi matin de ce que la rédaction appelle "le numéro des survivants", ont été très vite vendus. L'Union nationale des diffuseurs de presse a annoncé que le numéro de Charlie Hebdo était épuisé dans les 27.000 points de vente de presse en France.

Ces cinq millions "seront distribués à raison d'environ 500.000 exemplaires par jour, ce qui permettra à tous les kiosques qui le demandent d'être réapprovisionnés", explique la présidente des MLP, Véronique Faujour.

Le Monde

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Souleymane Ndéné Ndiaye a officiellement déclaré, hier, sa candidature à la succession de Wade et à la prochaine Présidentielle. Une déclaration qui intervient après l’annonce du congrès du Pds par Wade le 8 août prochain. Lecture d’une candidature.

Pour la succession de Wade à la tête du Pds et la candidature en 2017, il y aura des débats. Et peut-être aussi des dégâts. Le Secrétaire général du parti a annoncé la tenue du congrès le 8 août 2015 lors de son «discours à la Nation» le 31 décembre dernier, depuis Paris. Une annonce qui sonnait comme un appel à candidatures. Mais Wade voudrait-il ne pas être surpris en titillant les projets de certaines «têtes brûlées» ? Tout semble indiquer qu’il sondait les potentiels adversaires de son fils, proclamé par nombre de responsables libéraux et surtout son entourage, secrétaire général du Pds et candidat contre Macky. N’est-ce pas le père qui avait vu le fils «au second tour» avec son successeur ? Si Souleymane Ndéné Ndiaye n’a jamais caché ses intentions de prendre le parti et de faire face à son «ami» Macky Sall à la prochaine Présidentielle, il reste que sa sortie, hier, à Kaolack, sur Rfm, est encore plus nette. «Je suis le candidat le mieux placé, c’est clair, parce que j’ai été le dernier Premier ministre de Abdoulaye Wade et je pense que je suis le mieux connu au Pds. Si vous faites le tour de tous les responsables du Pds, il n’y en a pas un qui ait accumulé autour de son nom le nombre de voix que j’ai obtenues pendant les dernières élections locales. Donc, cela coule de source», argumente-t-il.

Silence sur Karim, Oumar Sarr son adversaire
L’ancien maire de Guinguinéo écarte Karim qui n’a même pas été candidat. Dans la nuée de potentiels candidats à la succession de Wade et à la Présidentielle, il y en a un qui, de part son statut de coordonnateur et de numéro 2 de fait du parti, n’en rêve pas moins d’abattre ses cartes. Mais celui qui fut directeur de campagne du candidat des Fal2012 minimise la force du maire de Dagana. Il dit : «Demandez à Oumar Sarr qui est son candidat. Il vous dira que c’est Souleymane Ndéné Ndiaye, c’est la vérité. Je connais mieux le Sénégal que lui et je suis plus connu que lui.» Ainsi dit, Ndéné fait de Oumar Sarr un adversaire en refaisant le décompte des Locales. «Personne parmi les candidats du Pds aux Locales n’a recueilli plus de 22 mille 704 voix», ajoute-t-il. Soit ! Le pari du «lion du Walo»- «si je perds je démissionne»- était quand même osé tant il n’était pas évident de ravir la vedette à la forteresse Benno bokk yaakaar au pouvoir. Mais Sarr rempilera tout de même, même s’il a perdu le département. Sous ce rapport, Jules Ndéné ne peut se glorifier de son score, l’objectif étant, in fine, d’être le président du Conseil départemental de Kaolack. Un échec !

Le wax waxeet de Jules
Lorsque Aïda Mbodj réclamait une «dévolution démocratique» pour un Pds qui répond de ce qualificatif, elle le disait en connaissance de cause. Et Souleymane Ndéné Ndiaye semble abonder dans le même sens, mais avec une tournure assez diplomatique : «Il ne faut pas se faire d’illusion. C’est lui (Wade) qui choisira le candidat. Quoi qu’on puisse dire, le parti est démocratique, mais il appartient à Abdoulaye Wade. Que quelqu’un d’autre me prouve le contraire !» C’est que lui-même avait déjà prouvé le contraire il y a quelques semaines seulement. Invité de l’émission Sen jotay de Sen Tv, il avait déclaré, répondant au porte-parole du Pds qui réclamait un congrès extraordinaire pour faire de Karim le candidat du parti en 2017 : «Lui-même (Babacar Gaye) sait que ce qu’il a dit n’est pas logique parce que le candidat du parti est choisi par un congrès et il n’y en a pas encore. Abdoulaye Wade ne peut choisir ni son fils ni personne d’autre.» Le voilà qui avoue aujourd’hui encore : «Quand on veut le parti, on doit être en bons termes avec Abdoulaye Wade et je fais tout pour que ce soit le cas entre lui et moi, pour que je puisse prendre le parti et qu’il me désigne comme son candidat.»

Un perdant en puissance
Si c’est cette carte de l’entente avec wade qui doit jouer, alors là, Jules Ndéné a perdu avant l’heure. Puisque naturellement, Abdoulaye Wade est plus qu’en de bons termes avec son fils qui croupit en prison pour enrichissement illicite présumé. Les chances de l’ancien Premier ministre sont minimes. Ses «frères» ne ratent pas l’occasion de chanter : «Il s’est auto-exclu de la succession.» Dans les salons libéraux, l’on retient que Jules a «abandonné» le parti en enlevant son écharpe de député, en choisissant l’Angleterre pour «ses études» au détriment d’un parti «encore fragile» et loin des manifestations pour la libération des «otages politiques». Mais pour eux, le nouveau militant de Kaolack est «à la marge» des activités du Pds par le seul fait de ne pas assister aux réunions du Comité directeur. Lui assimile ces réunions à des «Assemblées générales». Si Souleymane Ndéné Ndiaye ne peut jouer au «fair-play» comme le recommande Wade aux éventuels perdants, il devra sans doute être plus concret que ce qu’il avait laissé entendre dans un entretien avec L’Observateur. «Pour l’instant, mon souhait, c’est d’obtenir que le Pds m’investisse comme son candidat à l’élection présidentielle de 2017. Si mon parti décide autrement, je verrai justement quelle conduite adopter», avait-il dit.

Ndéné à contre-courant de Wade
Dans son «message à la Nation», le Président Wade rassurait pourtant ceux qui lui prêtent des intentions de vouloir parachuter son candidat : «Tout le monde dit que j’ai un candidat. On m’accuse à tort. Il y aura un congrès en bonne et due forme, chargé de désigner le futur candidat. Il y aura un processus qui va partir de la base au sommet pour le renouvellement des instances du parti. Ce sera un processus démocratique puisque des élections vont se tenir à l’échelon des communautés rurales et des départements où les militants vont choisir librement, après vote, le secrétaire général et le futur candidat du parti pour la prochaine Présidentielle.» C’est là justement que l’ancien Premier ministre ne parle pas le même langage avec le Pape du sopi.

lequotidien.sn

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Le Front patriotique pour la défense de la république (Fpdr) dresse un bilan relativement «négatif» des trois années de gouvernance du régime de Macky Sall. En conférence de presse organisée hier, lundi 12 janvier, à la permanence du Parti démocratique sénégalais (Pds), Mamadou Diop Decroix et compagnie ont déploré le «grand fossé » entre les promesses et les réalisations de Macky Sall depuis 2012. Ils ont ainsi annoncé des actions de masse pour amener le chef de l’Etat à respecter ses engagements vis-à-vis du peuple sénégalais.
 
Près de deux semaines après la sortie du chef de l’Etat sur la situation nationale, lors de son adresse à la nation du 31 décembre, c’est au tour du Front patriotique pour la défense de la république (Fpdr) de passer en revue les grandes questions qui ont pu préoccuper et agiter le quotidien des Sénégalais au cours de l’année écoulée. Lors d’une conférence de presse tenue hier, lundi 12 janvier à la permanence Oumar Lamine Badji du Parti démocratique sénégalais (Pds), Mamadou Diop Decroix et compagnie ont pris le contrepied du discours de fin d’année du président de la République.
 
Pour ces membres de l’opposition, «le Sénégal, globalement, n’est pas encore, tant s’en faut, dans la trajectoire du mieux-être, de plus de libertés et de plus de sécurité pour ses populations». Qui plus est, selon eux, le bilan des trois ans de gouvernancede Macky Sall à la tête du Sénégal est relativement «négatif», contrairement à ce que veut faire croire le chef de l’Etat. Pour Decroix et cie, un «grand fossé sépare les promesses et réalisations de Macky Sall depuis son accession à la tête du pays.
 
«Dans trois mois, le Président Sall bouclera trois (3) ans à la tête de l’Etat sans pouvoir apporter le moindre début de réponse à aucune des demandes pour lesquelles les Sénégalais l’avaient élu.  Ses sempiternels discours/promesses n’amusent même plus la galerie. S’agissant de son dernier slogan, «le temps de l’action», il résume à lui tout seul le bilan d’échec de ses trois années de gouvernance.
 
Autrement dit, depuis trois ans que Macky Sall est à la tête de notre pays, c’est seulement maintenant qu’est venu le temps de l’action. Les Sénégalais jugeront, ou du moins, ils ont déjà jugé et se sont détournés», a expliqué le coordonnateur du front, Mamadou Diop Decroix. Avant d’ajouter par ailleurs que «Macky Sall compte gouverner et obtenir un deuxième mandat sur la base de simples promesses, exactement comme il l’a fait en 2012 alors qu’il ne gérait pas l’Etat».
 
ABSENCE DE CAP DE MACKY
 
Poursuivant son propos, le leader de Aj/Pads And-Jëf a souligné par ailleurs avoir constaté une absence totale de vision du chef de l’Etat et de son gouvernement dans la gestion de certains dossiers comme celui de la Casamance, la dette publique du Sénégal, l’agriculture, la pêche, l’école, voire l’emploi. Il en est de même, selon lui, pour ce qui concerne le transport, le front social, les bourses familiales et la couverture maladie universelle ou encore les malades mentaux errants, le soutien à l’économie et la bonne gouvernance.
 
 «En décembre 2014, tandis qu’il déclarait encourager les facilitateurs du dialogue avec le Mfdc à poursuivre leurs louables efforts, pour bâtir, sur le socle des progrès appréciables déjà réalisés, les fondements d’une paix durable en région naturelle de Casamance », Salif Sadio, un des leaders les plus influents du maquis accusait Macky Sall de vouloir anéantir son mouvement. Où sont donc les progrès notables déjà réalisés ?», s’est questionné Mamadou Diop Decroix. Et le responsable politique de marteler que «le Front exige la lumière sur la situation en Casamance. Après trois décennies de silence, on négocie, les Sénégalais veulent enfin savoir».
 
Lors de ce face-à-face avec les journalistes, le Fdpr a également interpellé le chef de l’Etat sur les 30.000 ha de domaines agricoles communautaires (Dac) promis en décembre 2013 ainsi que les 1000 tracteurs pour la modernisation de l’agriculture comme les 70.000 emplois/an promis dans le programme Yoonu Yokkuté. «En 2013, alors que nous devrions être à 140.000 emplois créés, nous nous sommes retrouvés plutôt avec 376 entreprises fermées.  Ce qu’évidemment, les maigres recrutements dans la fonction publique et l’Agence de la sécurité de proximité ne pouvaient combler», a soutenu le coordonnateur du front.
 
Pour lui, le chef de l’Etat doit respecter ses engagements vis-à-vis du peuple sénégalais dans le cadre du programme Yoonu Yokkuté dont on n’entend même plus parler.«A l’époque, il avait fait des promesses au peuple sénégalais. Alors, il faudrait qu’il les respecte en donnant de l’emploi aux jeunes, en développant l’agriculture, en gérant la crise scolaire»

Sudonline

mardi, 13 janvier 2015 09:54

Cristiano Ronaldo remporte son troisième Ballon d’or

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Le Portugais Cristiano Ronaldo a remporté le Ballon d’or 2014, récompensant le meilleur footballeur du monde de l’année écoulée. Il devance Lionel Messi et Manuel Neuer, finalistes à ses côtés. Cette troisième victoire le place désormais au sommet de l'histoire du trophée, à une longueur de Messi.

On l’attendait, on le subodorait, on osait presque l’annoncer à l’avance tant ce sacre était prévisible, évident. Le Portugais Cristiano Ronaldo a donc remporté, lundi à Zürich, son troisième Ballon d’or, après 2008 et 2013. Désigné meilleur joueur par un collège composé de sélectionneurs et capitaines d’équipes nationales ainsi que de journalistes, le joueur du Real Madrid a devancé l’Argentin Lionel Messi (2e), qui espérait un cinquième sacre, et le gardien de but allemand Manuel Neuer (3e).

A l’issue de la remise du trophée par Thierry Henry, Ronaldo s’est montré détaché tout en lançant un clin d’œil à son grand rival du FC Barcelone : « Je ne pensais pas remporter ce petit ballon trois fois, mais pourquoi ne pas rattraper Messi ? Cela ne m’empêche pas de dormir, mais j’aimerais entrer dans l’histoire du football comme étant le meilleur et je fais mon chemin. »

Ronaldo rejoint Cruyff, Platini et Van Basten

Son triomphe, Cristiano Ronaldo le doit uniquement à ses performances en club. 2014 a en effet été marquée par la 10e victoire du Real Madrid en Ligue des champions, une performance inédite à laquelle l’attaquant a largement contribué en établissant un nouveau record de buts en une saison dans la compétition (17). Egalement meilleur buteur du championnat d’Espagne (31 buts), Ronaldo a toutefois complètement raté son Mondial avec la sélection portugaise, éliminée dès le premier tour après une entrée en lice catastrophique face à l’Allemagne (0-4).

Les responsables politiques et le monde du football portugais ont salué lundi avec enthousiasme l'attribution d'un troisième Ballon d'or à leur compatriote. « Ce trophée est la reconnaissance de votre excellent niveau sportif, de la détermination et du dévouement qui ont marqué votre parcours de footballeur », a notamment écrit le président de la République Anibal Cavaco Silva dans un message adressé à la star et publié sur le site de la présidence.

En allant à un joueur surdoué et parfois personnel, qui brille plus qu’il ne fait briller les autres, et dont l’immense talent peine toujours à faire du Portugal une grande nation dans le concert du football, le Ballon d’or confirme sa tendance à récompenser des artistes aux statistiques affolantes. Une catégorie dans laquelle le gardien de but Manuel Neuer, deuxième du classement final, n'entre pas malgré des qualités hors normes qui ont joué un rôle immense dans la conquête par l'Allemagne de la Coupe du monde cet été au Brésil.

Avec ce troisième trophée, Cristiano Ronaldo rejoint au palmarès Johan Cruyff, Michel Platini et Marco Van Basten. Seul Lionel Messi, avec quatre Ballon d’or, a fait mieux. Entre le Portugais et l'Argentin, la lutte continuera en 2015. On ne voit guère qui pourrait les empêcher de se disputer à nouveau la célèbre récompense l'an prochain...

Le palmarès complet des récompenses de la Fifa pour l’année 2014

Ballon d’Or :
Cristiano Ronaldo (POR)

Joueuse mondiale de l’année :
Nadine Kessler (ALL)

Prix du fair-play de la Fifa :
A tous les bénévoles des tournois Fifa en 2014

Prix Puskás du plus beau but de l’année :
James Rodriguez (COL)

Entraîneur de l'année pour le football masculin :
Joachim Löw (ALL)

Entraîneur de l'année pour le football féminin :
Ralf Kellermann (ALL)

Prix du président de la Fifa :
Hiroshi Kagawa, journaliste japonais

Onze de l’année :
Gardien : Manuel Neuer (ALL) – Défenseurs : Philipp Lahm (ALL), Sergio Ramos (ESP), Thiago Silva (BRE), David Luiz (BRE) – Milieux : Andrès Iniesta (ESP), Toni Kroos (ALL), Angel Di Maria (ARG) – Attaquants : Cristiano Ronaldo (POR), Arjen Robben (HOL), Lionel Messi (ARG)

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Plus de quinze villages voisins attaqués en quelques jours, « des centaines de corps jonchant le sol » décrits par les rares survivants à avoir atteint des villes de la région : autour de Baga, dans l’extrême nord-est du Nigeria, un massacre d’une ampleur inédite vient d’être commis en l’espace de plusieurs jours par les insurgés de Boko Haram. Lire aussi : Cent morts dans l'attaque d'une ville du Nigeria par Boko Haram Le temps n’est pas encore à l’exactitude des chiffres, mais à la prise de conscience que cette série d’attaques vient d’annihiler une agglomération, Baga, et des villages voisins dans un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres, alors que la ville est le siège d’une force régionale, la MNJTF (Multinational Joint Task Force, force multinationale conjointe). A Baga, la MNJTF devait coordonner la réponse militaire du Nigeria avec celle du Niger et du Tchad voisins contre Boko Haram, dont les actions dans cette vaste zone frontalière se sont intensifiées et durcies au cours de l’année écoulée. Le Tchad voit les actions de Boko Haram se rapprocher dangereusement du point où son sol sera bientôt frappé à son tour. La capitale tchadienne, N’Djamena, n’est qu’à quelques heures de route de cette zone. Vagues d’assassinats A Baga, la MNJTF (il ne se trouvait à ce moment que des soldats nigérians dans la base) n’a pas pu empêcher un massacre d’une ampleur inédite. Amnesty International estime qu’il s’agirait de « l’acte le plus meurtrier dans une série d’attaques de plus en plus atroces menées par le groupe ». Même si d’autres sources évoquent plus prudemment un nombre de victimes s’établissant à « plusieurs centaines », l’ampleur de ces tueries est considérable. Elle découle d’abord d’une organisation méthodique de la violence, mélange d’exécutions et de destructions systématiques, si complètes du reste qu’il a fallu que les assaillants s’y prennent à plusieurs fois pour « raser à 90 % » Baga, comme l’ont rapporté des survivants à Maiduguri (200 kilomètres de marche) au journal Daily Trust, qui ont dû laisser derrière eux des blessés agonisants et enjamber des monceaux de cadavres. La première attaque avait eu lieu samedi 3 janvier. Déjà, des vagues d’assassinats, des destructions. Boko Haram s’empare alors de la base de la MNJTF. L’objectif est de première importance. La proximité de Baga avec le lac en fait un endroit stratégique. Boko Haram contrôle certaines des îles du lac, et des convois d’armes qui ont transité par le Tchad, en provenance de Libye, ont sans doute emprunté des itinéraires passant dans cette région. De plus, c’est de là que la réponse militaire régionale est supposée trouver un point d’ancrage. Le Tchad étudie de très près les possibilités d’intervention contre Boko Haram dans la zone frontalière avec le Nigeria et le Cameroun. Frapper cette base, pour les insurgés, est donc un signal de défi à l’adresse des pays de la région. Boko Haram menace aussi le Cameroun, et son président, Paul Biya, d’une intensification de la guerre sur son sol. Certains de leurs hommes se trouvent sur le territoire nigérien. Autant de menaces pour les pays voisins. La base de Baga aurait dû être l’un des éléments de réponse militaire, même si le Cameroun n’est pas associé à cette unité. Soldats nigérians piégés Mais Baga est aussi un cul-de-sac. La fin des routes. Et un piège, donc, pour les soldats nigérians, qui se sont trouvés face à plusieurs centaines d’insurgés, arrivés à leur façon habituelle sur des pick-up, des petits camions et des nuées de motos. Les 7 et 8 janvier 2014, une nouvelle vague d’attaques était menée. Une partie de la population des environs a fui. Certains, à pied, ont pris la direction de Maiduguri, où ils ne sont arrivés que quelques jours plus tard. D’autres ont tenté de traverser le lac Tchad. Plus de 20 000 personnes semblent arrivées sur l’autre rive. Mais dans un mouvement désespéré, des personnes se sont noyées, y compris des soldats. Des fuyards en nombre inconnu se trouveraient encore sur des îles, sans provisions, exposés au froid de cette saison, aux moustiques. Vendredi 9 janvier, un autre groupe de combattants djihadistes attaquait cette fois Damaturu, dans l’Etat voisin de Yobe. A environ 200 kilomètres : une broutille pour les groupes de Boko Haram, très mobiles sur les anciennes pistes séculaires, qui passent à travers la brousse. La ville carrefour a été attaquée à plusieurs reprises au cours des années passées. La dernière fois, c’était il y a quelques semaines, et il y a eu plus de cent morts, dont 38 policiers tués dans leur caserne investie à la sortie de la ville, malgré ses protections et ses systèmes de défense qui la faisaient ressembler à un petit fort. « L’attaque sur la ville par ces chiens et leurs méfaits depuis le 3 janvier devraient convaincre tous les gens bien intentionnés à travers le monde que Boko Haram représente le mal que nous devons éliminer tous ensemble », estime leporte-parole des forces armées Damaturu demeure une cible : la ville est suffisamment importante (50 000 habitants, des banques, des commerces, plusieurs camps militaires) pour constituer une belle prise en cas de victoire. Mais pas trop grosse, pour ne pas entraîner l’échec à coup sûr. Car les forces de Boko Haram, loin de pouvoir compter sur une efficacité éprouvée, n’ont pour elles que leur nombre (elles attaquent désormais en masse), leurs armes contre des civils, et surtout la faiblesse des forces armées, démoralisées, infiltrées, affaiblies par la corruption. Là où les soldats (parfois dos au mur, comme aux portes de Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno) résistent, Boko Haram ne passe pas. La secte a perdu sans doute plus de cent hommes dans sa dernière attaque de Damaturu. Vendredi 9 janvier, ils ont encore échoué. Ces revers ne peuvent cependant dissimuler la réalité d’une extension du territoire sous contrôle, ou sous la menace, des djihadistes. La vaste région frontalière du Cameroun, mais aussi celle proche du Niger, ou encore le triangle aride au nord de Maiduguri : toutes ces régions sont devenues le fief des insurgés, qui y frappent lorsqu’ils le souhaitent, même s’ils ne « tiennent » pas la plupart des agglomérations. Un nombre croissant de villes prises Monguno, à 60 km, a été déjà attaquée de manière terrible en 2013. De même que la ville de Dikwa. Selon nos sources, des bastions importants pour Boko Haram se trouvent juste à proximité, parfois dans de petites agglomérations : vers Adjibo, par exemple. Un « Boko Haram Land » est en voie de constitution, où les militaires nigérians, quand ils n’ont pas fui, vivent encerclés dans leurs bases, ne se déplaçant qu’en lourds convois, incapables de porter secours aux populations. Il y a pire : les actes de vengeance des soldats ou de leurs alliés des milices locales. En avril 2013, des soldats subissent une attaque légère près de Baga et perdent un homme. En représailles, ils brûlent 2 000 maisons, comme les clichés satellite de Human Rights Watch, coïncidant avec les déclarations des survivants, l’ont prouvé. Les forces gouvernementales avaient alors tué 193 personnes. Cette foi, c’est Boko Haram qui a « puni » Baga, de la plus terrible façon. L’armée y perd son âme et le soutien des populations. Les insurgés tiennent le pays par la terreur. C’est avec ce genre de massacre que Boko Haram, courant 2014, a poursuivi sa politique de conquêtes territoriales. Un nombre croissant de villes sont désormais « tenues », même si les destructions et les tueries en ont vidé le plus clair de la population, afin de donner corps à la décision de son chef, Abubakar Shekau, de constituer un « califat » à partir de Gwoza, vers la frontière avec le Cameroun. La partie sud du Nigeria a vécu dans l’idée pernicieuse que Boko Haram était un phénomène naturellement circonscrit, le fruit du Nord, et plus encore celui des trois Etats du Nord-Est (Borno, Adamawa, Yobe). Il a fallu plus d’une semaine aux responsables militaires pour aborder, publiquement, la question du massacre de Baga. Ce que le porte-parole des forces armées, le général major Chris Okulade, a finalement dit samedi soir, est révélateur : « L’attaque sur la ville par ces chiens et leurs méfaits depuis le 3 janvier 2015 devraient convaincre tous les gens bien intentionnés à travers le monde que Boko Haram représente le mal que nous devons éliminer tous ensemble, plutôt que de critiquer les personnes qui essayent de les contrer. » Abuja, la capitale, a été frappée à plusieurs reprises par des attentats-suicides. Lagos, la capitale économique, a subi une tentative similaire. Mais l’indifférence du sud du pays vis-à-vis de ce lointain nord mis à feu et à sang n’a pas encore été brisée par la force des chiffres : selon le Council on Foreign Relations (CFR), plus de 10 000 personnes auraient été tuées dans le cadre de l’insurrection (par les insurgés, les forces de l’ordre ou leurs auxiliaires des milices locales) en 2014. Le Monde.fr

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Malgré ses désaccords passés avec le journal satirique sur son traitement de l’islam, Abdelkrim Branine, rédacteur en chef de Beur FM, a témoigné dès mercredi son soutien à Charlie Hebdo. Quelques heures après le drame, il a participé à une soirée « contre la haine, pour la liberté », organisée au siège de Mediapart. Se définissant comme musulman à la tête d’un média laïc dont une part importante du public est de culture musulmane, il disait alors toutefois craindre le risque d’amalgame visant les musulmans. Vendredi soir, l’animateur de l’émission « Les Z’informés » s’indignait sur Twitter, à propos de la marchedu 11 janvier, de « la plus grande récupération politique de l'histoire de l'humanité ».

Vous êtes finalement allé à la manifestation, avez-vous dépassé vos réticences ?

Oui. Il y a eu une tentative de récupération écœurante : quand on voit défiler le premier ministre israélien, qui est un criminel de guerre, ou les dirigeants du Gabon, de Turquie ou Orban, le premier ministre hongrois... Mais ces politiques ne sont pas restés longtemps à la manifestation. Et finalement, l’engouement populaire a pris le dessus. C’était tellement énorme. On ne va pas se mentir : c’était très beau, c’était historique. Ça donnait des frissons.

Quel a été l’état d’esprit des musulmans que vous connaissez ou du public de Beur FM ?

Avant la manifestation, certains avaient d’abord une préoccupation sécuritaire : ils avaient peur pour leur intégrité physique. Ce n’est pas un fantasme, il y a eu des dizaines d’atteintes à des mosquées ou de personnes depuis mercredi. Et certains ont peur : mes parents m’ont appelé pour me dire de ne pas aller au bureau, je les ai dissuadés d’aller à la mosquée vendredi et mes beaux-parents retraités préfèrent retarder leur retour d’Algérie en France...

Avez-vous senti d’autres arguments dans votre public ?

Certains avaient l’envie d’aller défiler mais ne voulaient pas avoir une étiquette sur le front « musulman gentil » ou « musulman non-terroriste » et refusaient d’avoir à se justifier. Se désolidariser de quelque chose, c’est aussi s’accuser.

Quels musulmans avez-vous vu faire le choix de finalement manifester ?

Beaucoup ont choisi d’y aller au dernier moment. Il y avait des anciens, qui ne sont pas nés en France et sont plus habitués à raser les murs. Mais des jeunes aussi ont défilé : j’ai suivi la mobilisation d’un groupe qui s’est préparé depuis jeudi et s’est organisé notamment autour de leaders associatifs importants comme Mohamed Mechmache d'AC le Feu, Sihame Assbague de Stop le contrôle au faciès ou Adil El Ouadeh des Indivisibles [association qui dit lutter « grâce à l’humour et l’ironie, contre les préjugés ethno-raciaux »].

Dans des reportages, on a entendu des personnes qui estimaient que « Charlie Hebdo » avait cherché les représailles en caricaturant Mahomet ou qui disaient simplement « Je ne suis pas Charlie » : qu’en pensez-vous ?

C’est une question importante et l’heure est grave, il faudra avoir en France plusieurs débats. Pour la petite minorité de crapules qui disent que Charlie Hebdo a pu mériter ce qui est arrivé, je laisse faire la justice. Ceux qui disent « Je ne suis pas Charlie » le font parfois de façon maladroite, mais il faut les écouter. Il ne faut pas faire de chantage intellectuel et dire comme le président George W. Bush « vous êtes avec nous ou contre nous ». Ils veulent simplement dire qu’ils n’étaient pas d’accord avec Charlie Hebdo, sa manière de traiter l’islam et les musulmans.

Plus que le fait, réputé sacrilège, de caricaturer le prophète Mahomet, c’est un dessin le montrant avec une bombe dans son turban qui a choqué [en fait un dessin du quotidien danois Jyllands-Posten, republié en 2006]. Il s’apparentait à de l’islamophobie en liant islam et terrorisme. Mais ces désaccords, dans le cas de la tuerie qui a touché Charlie Hebdo, ne comptent pas. Et on n'a pas besoin de dire « Je suis Charlie » pour partager la peine des familles.

Beaucoup de médias et personnalités ont appelé à éviter les amalgames entre les tueurs et les musulmans : les craignez-vous quand même ?

Ces messages sont nombreux et positifs. Même si certains en parallèle veulent mettre en place une forme de chantage et instrumentaliser ce drame contre ceux qui luttent contre l'islamophobie. Je pense par exemple à Jeannette Bougrab, qui a estimé sur BFMTV que l'association des Indigènes de la République avait une « responsabilité » dans l'attaque de mercredi contre Charlie Hebdo.

Avez-vous entendu des débats sur Dieudonné, qui est visé par une enquête pour apologie du terrorisme mais se proclame « pas différent de Charlie » ?

Oui. Certains pensent qu'il y a deux poids et deux mesures entre la politique appliquée à Dieudonné et celle réservée à Eric Zemmour, par exemple. Mais ces derniers jours, je les ai relativement peu entendus. Des gens avec lesquels je m'écharpe sur Dieudonné – qui sur les juifs ne fait plus rire et s'est allié avec l'antisémite Alain Soral – se sont peu exprimés. Je pense que certains d'entre eux, quand il a dit qu'il se sentait « Charlie Coulibaly », ont pensé qu'il abusait. Qu’il cherchait à faire du buzz sur cette affaire.

Comment envisagez-vous l'après 11-janvier ?

Il y a beaucoup de thèmes : il faut se battre contre les discriminations et les injustices dont se nourrissent les gens comme ceux qui commettent des attentats. Par ailleurs, à propos de la communauté juive, il revient aussi à la population qui vit dans les mêmes quartiers qu'elle de la rassurer : il faut qu'on se parle. Le mot d'ordre #jewsandarabsrefusetobeenemies [« juifs et arabes refusent d’être ennemis »], né à l'été 2014 en lien avec le conflit israélo-palestinien, doit devenir plus qu'un hashtag sur Twitter.

Un obstacle au dialogue est le profil des leaders des communautés : côté musulmans, ils ont un gros déficit de légitimité et restent liés à l'islam consulaire, lié au pays d'origine, système avec lequel il faudrait en finir. Côté juif, les leaders sont très à droite et représentent plus Israël que les juifs de France. Cela importe le conflit israélo-palestinien en France. Il faut dépasser cela .

Le Monde.fr

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Ce lundi 12 janvier, Boko Haram a essuyé un cuisant revers lors d’une incursion contre une position de l'armée camerounaise dans la région de Kolofata, dans l'extrême nord du pays. Les jihadistes, venus en nombre du Nigeria voisin, avaient pour cible un camp militaire tenu par des militaires camerounais. L'assaut s'est soldé par 143 morts côté Boko Haram et un soldat camerounais tué, selon le gouvernement.

Les chiffres officiels font état de 143 islamistes tués. Un important arsenal de guerre a été saisi, comprenant notamment des fusils d’assaut de différentes marques, des armes lourdes, des munitions de tous les calibres, et des terminaux de transmission.

Le ministre de la Communication, qui signe le communiqué au nom du gouvernement, précise que c’est de loin la plus lourde perte subie par la secte islamiste depuis qu’elle a entrepris ses attaques contre le Cameroun. L’assaut de Kolofata est intervenu à 6h30 (heure de Yaoundé), précise le porte-parole du gouvernement. Les assaillants, profitant de la brume, ont essayé de prendre par surprise les forces de défense camerounaises qui y tiennent un camp.

Les combats qui s’en sont suivi ont duré plus de cinq heures, et les jihadistes neutralisés sont retournés en débandade vers la frontière avec le Nigeria. Le bilan fait état, côté Cameroun, d’un soldat mort et de quatre autres blessés. Quelques photos particulièrement effroyables des combats ont été diffusées sur les réseaux sociaux.

Troisième attaque depuis juillet

Cela fait trois fois depuis juillet que la ville de Kolofata est attaquée. La dernière attaque remontait tout juste au lundi 5 janvier dernier. RFI a réussi à joindre un fonctionnaire de Kolofata. Il avait déjà mis sa famille à l'abri après l'attaque sanglante de juillet. Mais cette fois-ci, il a lui-même plié bagage pour venir se réfugier à Maroua, plus au sud. Il témoigne de ces événements tragiques :

« J'étais dans ma chambre et à 6h44, j'ai commencé à entendre des coups de feu [...] Finalement, ça a perduré et c'est devenu un brasier de tirs terribles. J'ai vécu ce calvaire, ainsi que tous ceux qui étaient encore dans Kolofata, pendant une heure et 26 minutes. On se demandait quand tout cela allait finir et ce qu'il  se passait. »

« Finalement, j'ai appelé un peu partout, explique-t-il, et on m'a dit que les Boko Haram étaient arrivés et qu'ils avaient attaqué la base militaire. Ils ont voulu pénétrer en ville, mais comme la base militaire est juste au-dessus de Kolofata, donc du côté nord, ils ont été stoppés net. Je crois qu'il y a eu aussi un renfort, venu de la ville de Maroua. La population a fui. Presque tout le monde est parti. Ceux qui vont vivre à Kolofata, ce sont des vieillards qui ne savent plus où aller, ni quoi faire. »

■ Témoignage

L'archevêque de Jos, ville nigériane régulièrement touchée par des affrontements confessionnels, juge que la communauté internationale n'en fait pas assez pour lutter contre Boko Haram. Ignatius Kaigama plaide pour que le concert des nations s'inspire de la mobilisation entrainée par les attaques ayant frappé la France depuis mercredi dernier. Pour l'homme d'Eglise, les évènements camerounais démontrent que toute la région est menacée. Ci-dessous, son appel sur les antennes de RFI :

« Cela démontre à quel point la situation est grave. Mais aujourd'hui, cela ne touche pas seulement le Nigeria ; les pays voisins aussi. Et là-bas, ils vont faire la même chose qu'ici. C'est pour ça que nous appelons à des efforts concertés pour régler cette question de Boko Haram. Là, ils s'en prennent au Cameroun, ensuite ce sera le Tchad ou le Niger. Bref, tous les pays voisins... Et quand ils en auront fini avec ces pays-là, ils iront sûrement au-delà. Donc, nous appelons à ce qu'une solution efficace soit trouvée, qui doit être mise en œuvre d'abord par le Nigeria, mais ensuite le soutien de la communauté internationale est nécessaire. »

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La recherche peine à innover dans le domaine des antibiotiques depuis au moins deux décennies. L’annonce de recherches prometteuses sur une nouvelle classe de ce type de médicament suscite bien des espoirs à un moment où les résistances aux antibiotiques deviennent vraiment préoccupantes. Chaque année 700 000 personnes meurent dans le monde faute d'un traitement efficace.

Les chercheurs l’ont baptisé « teixobactin » et alors qu’il n’est pas encore sorti des éprouvettes, ce nouvel antibiotique suscite un immense intérêt. Il faut dire que le dernier médicament vraiment nouveau appartenant à cette classe de médicaments remonte à 1962. Depuis, les laboratoires n’ont créé que des dérivés de ce dont on disposait déjà. Et les investissements ne sont plus en première ligne dans ce type d’antimicrobiens tout simplement parce qu’ils ne sont plus aussi rentables.

10 millions de morts par an
 
Alors on comprend mieux ainsi pourquoi le teixobactin, qui peut venir à bout d’infections graves chez les souris disent ses découvreurs, suscite tant d’attentes. C’est Kim Lewis, professeur à la Northeastern University aux Etats-Unis, qui a déposé le brevet de la nouvelle molécule. Le chercheur américain s’est associé à des scientifiques allemands de l’université de Bonn et à des Britanniques de la société Selcia pour mener à bien ces recherches novatrices.
 
Les premiers résultats de leurs travaux viennent d’être publiés dans la revue scientifique Nature où les scientifiques décrivent l’action du teixobactin sur des souris face à des bactéries comme le Clostrodium difficile, le staphylocoque doré ou le Mycobacterium tuberculosis. Autant de microbes qui ont développé de solides résistances aux antibiotiques classiques et qui les rendent de plus en plus compliquées et coûteuses à éradiquer aujourd’hui.
 
Selon le professeur Kim Lewis, le teixobactin « ébranle des idées reçues tenaces chez les scientifiques et augure de grandes promesses pour traiter une série d’infections menaçantes. D’ici cinq à six ans, estime-t-il, il pourrait devenir le premier membre d’une nouvelle classe d’antibiotiques ».
 
Et il y a urgence à ce que ce soit vrai si on se réfère au rapport britannique dans lequel des experts s’inquiètent de voir la résistance aux antibiotiques causer « 10 millions de morts par an » dans le monde en 2050. Tout aussi préoccupée, la ministre française de la Santé Marisol Touraine a lancé en septembre 2014 un groupe de travail « pour la préservation des antibiotiques » alors qu’aux Etats-Unis, Barack Obama signait un décret au même moment pour mieux combattre les résistances des bactéries.
 
Une molécule naturelle
 
Pour développer le teixobactin, les chercheurs sont parvenus à mettre au point un dispositif très innovant, une puce à multicanaux. Cet « iChip » leur a ainsi permis de mettre en culture dans le sol des bactéries qui y avaient été prélevées, ce qui était irréalisable jusque-là avec ces organismes. Après quelques semaines, les colonies de micro-organismes ainsi produites ont été testées, cellule par cellule, sur des plaques recouvertes de staphylocoques dorés afin de vérifier une éventuelle action antibiotique.  Vingt-cinq antibiotiques ont ainsi été identifiés dont le teixobactin s’est avéré le plus prometteur suite aux tests réalisés sur des souris infectées par différentes bactéries.
 
Cette molécule naturelle détruit les bactéries en attaquant leur paroi cellulaire et ce mode d’action est particulièrement intéressant dans le cas par exemple du staphylocoque doré, doté d’une membrane épaisse. Utilisé depuis les années 1950, la vancomycine qui est souvent l’antibiotique de l’ultime recours agit de même, mais ce médicament est également concerné par des résistances depuis les années 1980. Quant au teixobactin, ses découvreurs pensent que ses caractéristiques le mettront à l'abri des résistances pour plusieurs décennies.

Comme à chaque fois qu’on découvre une nouvelle molécule, le passage du laboratoire au marché est plus ou moins long. Dans le cas du teixobactin, le professeur Kim Lewis estime qu’environ deux ans seront nécessaires avant les premiers essais sur l’homme, une fois terminées les opérations destinées à assurer la stabilité du produit et à améliorer ses propriétés pharmaceutiques. Ensuite, si tout va bien, la commercialisation pourrait intervenir d’ici « cinq à six ans » espère le chercheur un rien optimiste.

lundi, 12 janvier 2015 19:39

A la Une: Paris, capitale mondiale anti-terroriste

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« Paris se transforme en capitale mondiale de lutte contre le terrorisme », titre O Globo. Selon le journal brésilien, la France a connu hier une mobilisation sans précédent. « Jamais les potaches de Charlie Hebdo, n’auraient imaginé faire descendre dans les rues plus de trois millions de personnes », écrit pour sa part le journal québécois Le Devoir. « Quatre jours à peine après la tuerie de Charlie Hebdo et deux jours après la prise d’otages dans une épicerie juive, une marée humaine sans précédent a submergé la France d’est en ouest et du nord au sud. Aucune ville ni aucun village ne semblent avoir échappé à cette mobilisation historique digne de la Libération ». Et Le Devoir de conclure : « Ni après le 11-Septembre ni après les attentats de Madrid, on n’avait assisté à une telle mobilisation ».

La presse relève surtout l’émotion palpable dans les rues de Paris et d’autres villes en France. « En ce dimanche, beaucoup de larmes ont coulé », raconte le journal El Universal, des larmes qui témoignent d’une France « endeuillée après les attaques sanglantes de la semaine dernière. Mais les manifestants montraient aussi une certaine détermination à ne pas céder face à l’intolérance et au fondamentalisme ». Et El Universal de citer quelques slogans entendus comme : « Je suis Français et je n’ai pas peur », ou encore « Que l’encre coule et pas le sang ».
 
« United in outrage »
 
« Uni dans l’indignation », titre pour sa part le New York Times. « Il est important que la première réponse à ces attentats, avant toute réflexion politique ou sécuritaire, ait été de se réunir dans un grand rassemblement pour montrer sa colère et sa solidarité. Rien qu’en descendant massivement dans la rue, les manifestants ont fait savoir leur conviction, partagée par tous : Charlie Hebdo exerce un droit fondamental en démocratie, celui de la liberté d’expression ».  
 
Ce message a été véhiculé par des « chrétiens, athées juifs et musulmans », renchérit le Washington Post. Malgré cette manifestation d’unité et de solidarité, les attaques terroristes ont provoqué un certain malaise, poursuit le journal, citant les déclarations du ministre de la Justice Eric Holder. « L’idée qu’un loup solitaire puisse commettre des attentats aux États-Unis me fait passer des nuits blanches ». Le Washington Post relève aussi l’appel des autorités israéliennes, qui somment les juifs d’Europe de « fuir l’antisémitisme ».
 
D’autres journaux américains notent un absent de marque parmi les chefs d’État et de gouvernement qui ont défilé hier à Paris : le président américain. « Barack Obama n’est pas Charlie », écrit le site d’information Politico en français. Au moins il ne l’était pas ce week-end, précise-t-il. La décision du président de ne pas venir à Paris suscite des critiques. « Ce n’était pas un problème d’agenda, car il n’avait rien prévu ce week-end », note Politico en évoquant un éventuel risque de sécurité. « Les services secrets, explique le site d’information, ne laissent pas marcher le président à l’air libre dans les endroits qu’ils n’ont pas passés eux-mêmes au peigne fin ». Quoi qu’il en soit, pour le tabloïd new-yorkais Daily News, l’absence de Barack Obama et de tout haut responsable du gouvernement américain à la marche républicaine hier à Paris est tout simplement « shameful », honteuse.  
 
Haïti, 5 ans après le séisme
 
Pour évoquer cette catastrophe et ses conséquences, Le Devoir donne la parole à un poète, le québéco-haïtien Rodney Saint-Eloi. Selon lui, il y a eu un « avant » et un « après » séisme. « L’ avant fait d’un sentiment de désespoir envers Haïti, envers les hommes et les femmes, par les politiciens, l’environnement, la méchanceté humaine, la destruction ». Après le séisme, raconte-t-il, « est née en moi l’idée qu’on peut rallumer la lumière, qu’on peut passer d’une violence extrême à un combat plus doux ». Aussi dévastateur fût-il, le séisme a été l’occasion d’un « ressaisissement », d’un sursaut qui peut contribuer à ce qu’il appelle, dans son langage poétique bien à lui, une « remontée en humanité ».
 
« La reconstruction du pays est toujours en cours », constate le Miami Herald, en faisant état de quelques avancés. « De nouvelles routes et d’hôtels ont été construits. Le système de santé s’est amélioré et le nombre de personnes vivant dans des abris de fortune a fortement diminué », écrit le Miami Herald. Malheureusement, poursuit le quotidien, la vie politique elle n’a pas changé. Elle reste aussi toujours aussi « contrariante ». À la veille du 5e anniversaire du séisme, les politiques haïtiens tentent d’éviter une crise profonde.
 
Mais Michel Martelly peut désormais compter sur le soutien des Américains. Selon le site Haïti Libre, « les États-Unis sont aux côtés du président, même en cas d’échec de l’accord tripartite signé en décembre dernier ».  Cet accord prévoit entre autres la prolongation du mandat du Parlement, jusqu’en avril 2015 pour les députés et jusqu’en septembre pour les sénateurs.

Rfi

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