lundi, 06 avril 2015 18:01

France: le PS entre dans une période de turbulences

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J-6 avant le dépôt des motions, ces textes d'orientation sur lesquels les militants doivent voter pour le congrès du PS sont attendus au plus tard vendredi soir pour une présentation samedi en Conseil national.

C'est l'époque des tractations secrètes des réunions qui s'éternisent, et des piques assassines distillées à la presse, rivalités et alliances inédites. Chaque chapelle socialiste avance ses pions.

L'aile gauche a pris de l'avance, les courants rivaux ont réussi à se mettre d'accord sur une motion commune, mais on ne sait toujours pas si l'ancien ministre de l'Education, Benoît Hamon, sera leur chef de file.

La motion qui espère être largement majoritaire a déjà un chef déjà désigné : le Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis. Son texte, espère-t-il, va rallier large, très large : de l'aile droite du PS à certains amis de Martine Aubry. Quant à l'attitude de la maire de Lille, c'est la grande inconnue. Toutes les options sont ouvertes, dit son entourage.

Une aile gauche frondeuse, une direction à la recherche d'une synthèse et un personnage clé qui fait durer le suspense : un scénario bien connu chez les socialistes. Mais un spectacle qui intéresse de moins en moins : le nombre de militants est au plus bas et les électeurs les départementales l'ont encore montré, de plus en plus souvent aux abonnes absents.

Quel rôle pour Martine Aubry ?

« Il ne faut surtout pas réveiller l'ours qui dort », c'est la phrase qui revenait en boucle quand on interrogeait ces derniers mois les proches du président sur sa meilleure ennemie : Martine Aubry.

Quasi silencieuse sur les premières années du quinquennat Martine Aubry laissait filtrer, de temps à autre, tout le mal qu'elle pense de la politique du gouvernement. Va-t-elle aller jusqu'au bout de ses critiques et tenter de peser sur le congrès du PS avec pour objectif d'infléchir la politique menée ? C'est la seule carte qui lui reste à jouer dans ce quinquennat, tant il semble impossible que la maire de Lille entre au gouvernement. Pas sûr qu'elle veuille la jouer.

Même ses amis se répartissent pour l'instant entre trois options : rejoindre la gauche du parti, signer une motion à vocation majoritaire avec le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis ou bien monter en première ligne avec le dépôt d'un texte sur son nom. Pour l'instant, personne au PS ne sait ce que la maire de Lille a en tête. Pas sûr qu'elle le sache elle-même : au congrès de Reims, en 2008, son premier lieutenant avait déposé sa candidature à la toute dernière minute.

Rfi

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Le Congo-Brazzaville est de plus en plus sur la voie d'un référendum constitutionnel. Le chef de l'Etat Denis Sassou-Nguesso était invité jeudi sur la BBC. Il a déclaré qu'il fallait un dialogue politique entre les partis et qu'après ce dialogue, il fallait un référendum sur l'avenir de la Constitution. Or, dans son discours de Nouvel An, le président avait précisé que la consultation du peuple n’aurait lieu que si - et seulement si - le dialogue échouait. Une position qu'il avait rappelée début mars à Bruxelles. Ce glissement sémantique rapproche donc le pays d'une réforme constitutionnelle. Projet que l'opposition voit comme une tentative de M. Sassou-Nguesso de se maintenir au pouvoir, alors qu'avec les textes en vigueur, il n'a pas le droit de se présenter à la présidentielle de 2016, à cause de la limite d’âge et du nombre de mandats. Le chef de l'Etat semble ainsi avancer ses pions depuis que le débat a émergé il y a plusieurs années.

Tout est parti de l'émergence du fils du président, lorsque Christel Sassou-Nguesso fut élu député, puis a lancé une série d'opérations humanitaires. Craignant une succession dynastique, l'opposition s'interpose en 2013. C'est alors que l'idée d'une réforme constitutionnelle émerge, notamment en mars 2014, par la voix du ministre des Affaires foncières Pierre Mabiala, lors d'une rencontre entre des Sages et Denis Sassou-Nguesso à Dolisie.

Le Parti congolais du travail (PCT) prend ensuite le relais et commence à militer en faveur du projet. « Le président n'aime pas prendre les devants. Il envoie souvent des éclaireurs. Il a donc laissé son parti en première ligne pour prendre la température », explique un bon connaisseur de la politique congolaise.

En août 2014, le chef de l'Etat sort du bois, notamment à Washington, où il parle d'un référendum. Dès lors, une bataille juridique s’engage avec l'opposition. « Les articles sur la limitation des mandats et de l'âge des candidats sont intouchables. On peut réformer le texte fondateur, mais changer ces deux articles serait un coup d'Etat constitutionnel », explique Maître Malonga, de la Convention des républicains.

Une majorité divisée

En fin d'année, le PCT, réuni en Comité central, se prononce officiellement pour la rédaction d'une nouvelle Constitution. Dès lors, partis et organismes politiques de tous bords prennent position un à un. La majorité se divise sur la question. Certains mouvements et non des moindres, comme le MCDDI, le RDPS ou encore le RDD s'opposent au projet.

Des personnalités du PCT lui-même, comme l'ex-ministre de la Défense Charles Zacharie Bowao, prennent position contre. « Nous ne sommes pas affaiblis. On tronque les faits. Notre alliance regroupe plus de 40 partis. La plupart ont signé notre demande. Certains consultent encore leurs bases. Donc c'est un processus », s'insurge Pierre Ngolo, secrétaire général du PCT.

L'opposition, elle, se renforce et crée une coalition d'au moins 45 personnalités, avec les leaders de l'UPADS, l'UPRN, ou le PSDC. « Une illusion de cohésion », juge Pierre Ngolo. Il n'empêche, l'idée d'un dialogue national fait son chemin, mais l'opposition craint un piège et veut des garanties. « Nous ne sommes pas contre le dialogue, mais uniquement sur la gouvernance électorale, les questions de commission et de fichier, la préparation du scrutin de 2016. Pas question de parler d'une réforme constitutionnelle ou de référendum», explique le député Guillaume Foutou de l'UPADS.

Le silence du président

Tout le monde est désormais pendu aux paroles de Denis Sassou-Nguesso. Le chef de l'Etat est muet sur un quelconque calendrier du dialogue, tout comme sur son éventuelle candidature en 2016. « Un dialogue, ça se prépare. L'opposition ne peut pas imposer un calendrier. Mais le président est dans la constance. Il a toujours privilégié la concertation », indique Pierre Ngolo.  

« Le président reste prudent, mais il devra bien prendre position. Car le temps passe et on se rapproche des élections. Il ne s'exprime pas dans les médias suivis par les Congolais. Il les évite car il sait que son projet crée la défiance », déclare l'opposant Clément Mierassa, du PSDC. « Rester dans le flou est un choix. Sa stratégie, c'est de retarder le plus possible et de nous prendre de court, en mettant toute le monde au pied du mur », ajoute Omer Defoundoux, vice-président de l'Union pour le Progrès.

Selon ce dernier, Denis Sassou-Nguesso est pour l'instant coincé à cause des Jeux africains organisés au Congo en septembre prochain. « Il fera le gros dos et annoncera le référendum après », croit savoir l'homme politique, alors que d'autres personnalités avancent le même argument, mais avec l'organisation du Festival panafricain de musique en août à Brazzaville.

La peur des troubles

En cas d'annonce d'un référendum, des soubresauts ne sont pas à exclure. Et des débordements à l'approche ou en marge d'un rendez-vous continental nuiraient à l'image du pays. « Après les pillages et les violences durant la dernière CAN de football, les autorités ont vu qu'une frange de la population était vraiment excédée », confie une bonne source.

Cela n'a pas empêché le chef de l'Etat d'évoquer encore le référendum jeudi dernier. Est-ce à nouveau un test, pour à nouveau évaluer les réactions ? « Pour moi, c'est surtout un message direct à l'opposition. Soit elle vient dialoguer sur la réforme constitutionnelle et chacun négocie, soit elle refuse, et le référendum sera de toutes façons organisé », ajoute la même source.

Selon un spécialiste du Congo, le président Sassou craindrait toutefois la pression internationale, notamment celle de la France. Le président Hollande a d'ailleurs plusieurs fois appelé au respect des constitutions, faisant allusion plus ou moins directement au Congo, comme au sommet de la Francophonie de novembre. « Comme pour son fils, si Sassou voit que la pression est trop forte, il reculera. Il n'aime pas être dos au mur », croit savoir ce spécialiste.

Rfi

 

A l'écoute de Seynabou BEYE, jeune sénégalaise, bardée de diplômes qui prépare son retour au Pays natal en travaillant en France.
Elle est là, elle a décidé de se livrer aux lecteurs de ichrono, elle sait être prudente, comme ce félin qui ne saute pas de façon inconsidérée. Le moment doit être opportun pour se livrer. Ichrono comme à son habitude aime prendre le parti de la jeunesse qui se bat, cette jeunesse africaine en général et sénégalaise en particulier qui est excellente dans des domaines économiques importants. Que dire, oui les jeunes mais surtout ces jeunes filles qui partent loin, qui quittent la famille pour aller chercher le savoir. Amoureuse de son pays, de sa culture, enracinée dans ses valeurs traditionnelles mais ouverte au monde, bref voici le parcours de cette jeune sénégalaise ; au teint senghorien, noir d'ébène ; qui pose un regard critique et plein d'espoir sur le Sénégal, les vertus, le travail, la jeunesse ici et ailleurs,la religion, les moeurs, et l'avenir. Le verbe est haut frappé par une argumentation qui ne laisse personne insensible, voici Nabou :

1-Bonjour nabou, Seynabou BEYE que pouvez-vous nous dire sur votre personne ?

 Je m'appelle Seynabou Beye comme tu le sais déjà, j'ai fait mes études primaires à Diamaguène dans la banlieue dakaroise ou je suis née, d'ailleurs dans une famille modeste et c'est une fois le certificat de fin d'études primaires obtenue que je fus orientée à Rufisque pour le cycle secondaire, car à cette période y'avait pas encore à Diamaguène un grand lycée pour accueillir les gens de la localité (dans les années 2000), en plus n'y avait pas beaucoup de gens de mon âge qui fréquentait l'école à cette époque dans ce quartier.
J'ai eu mon Bac au lycée Abdoulaye Sadji, et c'est par la suite que je fus orientée en droit à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar ou j'ai passé deux ans mais j'ai vite compris que je n'avais pas fait le bon choix même si j'aimais bien le droit.
Et c'est au courant de ma deuxième année à l'UCAD ' Université Cheikh Anta DIOP de DAKAR) que j'ai commencé à m'intéresser aux concours car je n'avais pas les moyens de me payer une formation dans les Ecoles ou Instituts de formation à Dakar (Centre-ville Plateau) ou j'habitais désormais avec mon frère et mes deux petites sœurs.
Je fus admise en 2007 au concours d'État du centre de formation professionnelle et commerciale CFPC Delafosse en BTS Commerce international que j'ai obtenu en 2009.
Je n'avais pas envie d'arrêter en si bon chemin surtout que je sentais que j'avais trouvé ma voie après ces deux années enrichissantes au CFPC. J'ai eu un professeur de Douane et logistique Mr Bassène Alain qui m'a donné envie de continuer et de travailler dans ce domaine.
Je me suis inscrite l'année d'après (avec le soutien de ma mère (veuve) et d'un cousin), c'était des cours du soir ce qui fait que le matin j'allais au port autonome de Dakar travailler pour payer mes Etudes car j'ai jamais voulu dépendre de personne.
Durant mon stage en deuxième année de BTS au Port Chez Transit Moderne du Sénégal j'ai appris le processus de dédouanement des marchandises et le matin au port j'essayais de trouver des gens ( baol-baol) qui voulaient sortir des conteneurs ou des dossiers mais qui ne maîtrisaient pas le processus et c'est comme ça que je me faisais de l'argent pour payer ma formation et parfois quand j'avais du mal j'avais un très bon cousin et frère qui me dépanner.
Je parle l'Anglais, le Français, l'Espagnol et le Wolof.

2-Pourquoi avoir décidé de migrer vers la France ?

J'ai décidé de venir en France quand j'étais en licence je sentais que ce diplôme n'équivalait pas à mes aspirations surtout que je me voyais déjà vouloir occuper des postes à responsabilités(j'ai toujours visé la direction du PAD) , de participer au développement de mon pays , de participer au développement de structures se tournant vers l'international , ce qui signifiait pour moi avoir beaucoup plus de connaissances que celles déjà acquises au Sénégal , je devais maîtriser les langues du commerce international , me faire une solide expérience dans ce domaine et c'est comme ça que j'ai postulé à l'université de tours qui proposait un master en langues et commerce international et ce master correspondait bien à ce que je recherchais.
La pré-inscription fut validée et c'est comme ça que suis arrivée sans connaitre du monde sur place, ni rien mais je voulais tenter l'expérience car je me disais que c'était la chance de ma vie et qui ne tente rien n'a rien.

3-Est-ce que en tant que jeune fille, il vous a été facile de partir pour vivre seule et travailler en France ?

Ça n'a pas été chose facile je l'avoue, je viens d'une famille modeste, pratiquante et très traditionnelle, c'était la première fois que je quittais mon Sénégal et dans ma famille aussi c'était la première fois qu'une de leur fille, quittait pour partir vivre à l'étranger.
Tout a chamboulé pour moi, je découvrais une nouvelle culture, une nouvelle vie, une éducation différente car on n'a pas la même manière d'enseigner.
Tours est une ville trop bourgeoise et s'intégrer n'a pas été chose facile, il est difficile de se faire des amis quand on est Etranger et qu'on vient juste de débarquer dans un pays peu importe lequel .La France a peur des étrangers et certains français aussi; ce qui veut tout dire.
Les études n'ont pas été un rideau facile à fermer et ce n'est qu'un petit aperçu de ce qui nous attend derrière. Le plus difficile reste le travail. En France tout est fait pour que les étrangers ne travaillent pas ou n'occupent pas certains postes tout ce qui peut t'aider à t'imposer c'est être compétent et avoir une bonne maîtrise et les connaissances et compétences dans ce que tu fais, faut maitriser ton domaine plus que le français si tu veux occuper un poste faut le petit plus. A connaissances et diplômes égaux le français sera pris et ça je l'ai compris très tôt ce qui m'a permis d'essayer de m'améliorer dans tous les domaines.
Maintenant Al hamdoulilah les choses commencent à s'améliorer, j'ai eu la chance de travailler dans de grandes entreprises en France même quand je faisais encore mes études et pour ces compagnies tout ce qui compte c'est la compétence même si au début j'ai galéré avec la préfecture.

4-Vous avez aujourd'hui une grande expertise dans vos compétences, pensez-vous continuer
à travailler en France ou êtes-vous ouverte à des propositions crédibles venant du Sénégal ou d'Afrique ?

Aujourd'hui je travaille comme administratrice des ventes pour la France et l'export, je fais aussi de l'import avec une bonne maîtrise des techniques de financement à l'international, des termes de négociation à l'international et en plus des compétences dans le domaine commercial car j'ai fait un master 2 et un MBA commerce international , je m'occupais et je m'occupe toujours des appels d'offres et des crédits documentaires pour l'entreprise française dans laquelle je travaille, cette polyvalence est dûe à ma formation (premier emploi ) dans une grande entreprise de la place.
Je faisais beaucoup de choses à la fois mais j'apprenais énormément aussi, je passais de la théorie à la pratique et ce fut d'une importance capitale.
Je veux travailler pour mon pays Pape, je sais et je suis consciente que mon pays a besoin de mes compétences, que ça soit au niveau commerce international, négociation, gestion commerciale et tout récemment j'ai eu un dernier diplôme car je me suis engagée à faire une formation en transport maritime pour vraiment maîtriser tous les aspects du commerce international et ainsi répondre au besoin de mon pays.
J'attends des réponses crédibles Pape, j'envoie des CV car je ne compte pas et je ne veux surtout pas travailler toute ma vie pour ce beau pays qui est la France.
Le Sénégal m'a tellement donné, j'ai appris tellement de choses dans mon pays et des choses qui me servent aujourd'hui dans mon travail, j'ai envie de rendre le revers de la médaille.
Le problème c'est que au pays les gens ne reconnaissent pas les compétences ' pas tout le monde je ne veux pas généraliser mais beaucoup), il faut avoir un bras long comme on le dit et quand tu ne l'a pas ça risque d'être difficile mais j'y crois encore pape, je sais que un jour j'aurai une proposition crédible et honnête venant de mon pays.

5-Avec vos compétences pensez-vous créer votre entreprise ou travailler pour une société ?

Je me fais encore de l'expérience, suis en train d'en acquérir mais dans le futur oui je veux bien avoir ma propre boite Pape, j'y pense c'est un projet en cours et comme on le dit souvent on laisse au temps le temps.
Pour le moment j'ai mon travail, j'aimerais bien en trouver un nouveau au Sénégal et derrière créer mon entreprise.


6-Parmi vos collègues qui sont nombreux, vous avez gardé une certaine rigueur dans le choix de vos relations, pourquoi cette prudence, les gens sont-ils aussi faux ?


Tu sais Pape les gens sont fausses je n'aimerais pas généraliser une fois de plus mais il y'a de l'hypocrisie dans le milieu professionnel et beaucoup même. On travaille souvent avec des gens avec qui on ne partage pas certains points et la plus part ne peuvent pas comprendre dans leur tête que tu sois meilleur qu'eux ou elles. Ça crée de la jalousie et je te dis une chose en tant que étranger faut avoir la chose qui fait la différence par rapport à tes collègues sinon tu ne réussiras jamais à t'imposer.
Et quand tu as ce petit plus qui fait tout forcement y'a des mécontents des gens fausses qui sont là que pour te mettre les bâtons dans les roues. Ces gens sont prêts à tout raison pour laquelle je fais un choix bien déterminé dans mes relations.
Je m'impose cette rigueur et il y'a eu des histoires entre nous étrangers et ces gens qu'on côtoie pendant 8 h de notre temps par jour.


7-Vous travaillez en Ile de France et vous rencontrez souvent des jeunes filles issues de l'immigration, quelles réflexions vous viennent en tête vous qui avez une double culture sénégalaise et française ?


Tu sais je n'ai pas envie d'être méchante Pape mais quand je vois mes consœurs parfois dans le bus ou le métro avec certains comportements je me dis que nos parents immigrés ont raté quelque chose de très important qui est l'éducation.
Ces jeunes filles sont en perte de valeur, elles sont perdues dans deux cultures, elles ne connaissent pas la culture africaine, origine de leur parents car elles sont nées ici et ont reçu une éducation de la rue qui est même pas française.
Dans leur tête elles se considèrent comme des françaises et font tout pour l'être tout en sachant qu'elles n'ont pas cette culture française; et on vit en France ne nous leurrons pas et la France ne les considèrent pas comme des français de même que les africains car elles n'ont pas cette culture africaine si magnifique.
Elles ne parlent même pas la langue de leur parents, tu sais en France comme partout dans le monde dans chaque culture y'a du bon comme du mauvais et ces filles ont pris que le mauvais .Elles sont en manque d'identité, elles ne croient pas en elle alors que ça ne doit pas être le cas, elles ont tout pour réussir.
Leurs parents ont tout sacrifié pour elles, mais il faut qu'elles s'en rendent compte et pour cela je pense qu'il leur faudra un retour à la source, c'est important pour ces gens. Le mal se coupe à la racine pape à bon entendeur ...

8-Le Sénégal est en mutations y croyez-vous ? Certains pensent que les gens ne sont pas fiables et c'est comme un système qui freine les jeunes diplômés dans leur volonté de rentrer au pays pour servir.


Le Sénégal est certes en mutation mais il reste énormément de chose à changer et à revoir et surtout au niveau des mentalités. Les gens ne sont pas fiables et beaucoup ne disent pas la vérité. Un sénégalais est capable de te promettre monts et merveilles et une fois que tu te décides à faire quelque chose ou juste à travailler avec lui il disparait de la circulation.
Après beaucoup pensent que si tu viens d'Europe ils peuvent t'arnaquer ou diar sa kaaw comme ils le disent ce qui fait que nous avons peur et ça freine notre volonté de rentrer au pays. Le manque de sérieux de la part de certains sénégalais fait peur aussi, on ne sait jamais ce qu'on va trouver sur place, ce qui fait que nous ne pouvons pas tout lâcher pour de fausses promesses.
Ici on ne nous promet pas des choses impossibles, si ton patron ou quelqu'un d'autre même ne peut pas assumer certaines choses ils te le disent, là au moins c'est clair, tu ne te fais pas des illusions. Mais nous c'est ce dont on est incapable : dire juste qu'on ne peut pas comme ça on ne perd au moins pas notre temps.
Y'a beaucoup de choses à faire, le parcours est encore long.
9-Vous avez une belle peau noire, vous êtes fière de ce que vous êtes, quel message pouvez-vous lancer en direction des TV, des femmes qui se dépigmentent la peau au Sénégal ?
Je commencerais par citer notre très cher Senghor " femme noire, femme nue femme obscure, femme africaine, je chante ta beauté qui passe...tu es belle et séduisante. Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau" quoi dire de plus de ma si belle peau si ce n'est répéter James Brown " say it loud, i am black and proud" j'en suis tellement fière Pape, fière de ma peau, de mes cheveux, de ma culture et de mon histoire et surtout dans ce pays ou j'occupe des responsabilités.
Tu sais lors de mes visites en entreprises je me sens tellement fière d'être la fille à la peau foncée qui dirige les opérations.
Cette couleur de peau est un don du ciel, je n'ai pas besoin de me cacher du soleil quand il fait 30 degrés, ni de mettre des crèmes, ou de rentrer dans des machines pour avoir la peau mate je suis tout ce que l'européenne ou juste la femme blanche recherche et malheureusement beaucoup de mes sœurs ne le savent pas.
Cette peau est mon identité et j'ai un pincement au cœur quand je vois à la télévision sénégalaise des animatrices ou des chanteuses, des gens qui sont sensés transmettre des informations et les bonnes à la population se dépigmenter. On ne doit même pas les laisser parler car elles ne font pas la promotion de notre culture, ni de notre pays.
Tu sais pour moi se dépigmenter représente un manque de confiance, d'estime en soi et d'identité, c'est des complexes, ces gens sont malades, elles souffrent d'un complexe d'infériorité et elles pensent que la dépigmentation peut les soigner.
On ne doit même pas donner la parole à ces femmes et au Sénégal c'est elles qui ont la côte, ne soyons pas surpris quand on voit que la dépigmentation augmente et surtout chez les jeunes.
Ces filles n'ont pour référence que les animatrices et chanteuses et c'est des gens qu'on nous force à voir tous les jours. Et le comble maintenant c'est des pubs ou des jeux qui te permettent de gagner des produits pour éclaircir à la peau qu'on voit mais où va le Sénégal.

Ce manque d'identité et de conscience est-elle devenue collective ?

Et je vais te dire une chose, tu ne verras jamais une intellectuelle se dépigmenter, ces femmes qui se disent intellectuelles et qui le font ne le sont même pas, les 3/4 n'ont pas fait des études poussées. Elles ne savent pas les risques encourus.
C'est moche, sale et même pathétique.

10-Seynabou ; à quand ce retour au pays avec vos lourds bagages intellectuels, cette expérience dans de grandes boîtes cotées en bourse ?


Pour bientôt Pape j'attends juste des offres crédibles, j'ai tellement envie de participer au développement de ce pays, tu sais je suis du genre à croire que même sans bras long, je me ferais connaitre un jour grâce à mes compétences et ce jour le marché sénégalaise sera vraiment ouvert à moi, je crois au développement de ce pays et je sais qu'il y'a des gens honnêtes qui savent que seul le travail paie. Je veux juste une proposition sérieuse et je te promets je plierais bagages.
11-Il y a une profusion de télé-réalité au Sénégal, regardées par beaucoup de gens, jeunes et moins jeunes ; qu'en pensez-vous ?
Tu sais y a de plus en plus de télé-réalité chez nous un « café avec » ; « double vie » pour ne pas tout citer.
Ces films ou séries ne reflètent pas du tout la vie sénégalaise, gnou né dagnou gnou yaar si KERSA FOULA, DIOM.
Quand on voit que dans ces téléfilms tout tourne autour e la mafia' crimes ' corruptions je me demande où se réalise ce film.
Ce n'est certainement pas dans mon pays, on nous montre des femmes qui sont à moitié nues, matérialistes, je ne dis pas qu'il n'y a pas des femmes matérialistes chez nous mais gni am diome gno gui fa batay.
On nous montre des gens mais qui ont une vie à l'européenne ; drogue, sexe ; argent et ce sont nos enfants qui rêvent tellement d'une vie meilleure qui regardent ça tout en se disant dans leurs têtes je veux être ce personnage : il faut être vigilant face aux images.
Certes on voit aussi parfois qu'il y a des personnages qui incarnent certaines valeurs de notre vie mais on ne les montre pas trop souvent ou juste le réalisateur ne met pas trop l'accent la dessus.
Ces séries doivent juste être revues et corrigées, il faut certes du rêve mais il vaut mieux montrer aux sénégalais la réalité, qu'on nous montre ce qui se passe au pays.
Le comble pape ; ce sont ces marabouts waratekats/ prêcheurs, qui la plus part ne cherchent que la popularité. Ils sont les premiers à faire ce qu'ils interdisent.
Pourquoi ils ont autant de pouvoir au pays? Moi je pense que c'est parce qu'on est juste en perte de repères et chaque charlatan essaye de se faire un nom et indiquant une voie autre que celle dictée dans le coran ou autre livre saint.
Le tri doit être fait par rapport aux émissions et aux personnes qui les présentent c'est hallucinant le nombre de waratekats et le pire c'est qu'ils ont un public bien ciblé. Pour ces gens leur cible devrait être la jeunesse (car les personnes âgées font déjà ce qu'ils demandent) et plus il y a de waratekats, plus la jeunesse se perd, il faudrait qu'ils s'arrêtent un moment pour faire une auto-critique et qu'ils se posent des questions à savoir s'ils n'ont pas failli à leur mission?
On ne touche certes pas à la religion au Sénégal mais il faudrait qu'on se pose énormément de question, je pense qu'on a beaucoup à faire dans ce domaine.

12-Pour une fille qui a quitté ses parents pour la France et l'étranger quels sont les pièges à éviter quand on sait qu´on est loin et seul donc totalement libre ?

La France c'est le pays de la liberté avec un grand L je dis et ce n'est pas pour rien qu'ils ont la liberté comme devise.
Ce n'est pas facile Pape, il faut être forte dans sa tête pour tenir et ne pas céder aux tentations ce qui revient aussi à un problème d'éducation. Niit loulou Def dakh kouko kham djeguewouko rek da fée môme la djiko wowone.
La première année est supère difficile ; c'est la plus difficile au fait, on part du pays avec l'idée que dès qu'on arrive tout va être rose pour nous et souvent on est déçu car ce n'est pas le cas. On commence à rencontrer les difficultés déjà à l'inscription, le logement et .... Et en ce moment on peut céder à tout si on ne croit pas en soi et aux valeurs/vertus éducatives.
La tentation est grave et on nous fait croire qu'on est en Europe on peut vivre comme les gens qui y vivent sauf que dagnou am ay réalité chez nous, dagnou gnou yaar si dîné ak ngoor.
Il faut être croyant ou croyante avoir de la foi et croire en soi, en ses capacités à gérer toute situation pour s'en sortir. Faut pas trop aimer la facilité, il faut savoir se battre donner le meilleur de soi pour s'en sortir et un jour regarder ses enfants, ses parents, ses amis sans se dire dans sa tête je ne vous direz jamais comment j'en suis arrivé là.
Être libre ne veut pas dire faire des folies et être loin n'est pas synonyme de laisser aller.
C'est quand on est loin qu'on doit montrer qu'on est une battante peu importe la situation, c'est quand on est libre qu'on doit montrer qu'on est mâture et responsable.
L'Europe est la porte de toutes les tentations et notre éducation est le frein à ces tentations.
Éviter les mauvaises fréquentations, la facilité, ne pas être complexé et être fier de ce qu'on est, croire en soi, adopter les bonnes manières et attitudes des européens, garder sa culture et ses traditions avec une ouverture d'esprit restent les bases pour éviter les pièges que nous offre la liberté.


13-Si vous avez quelque chose à ajouter


Merci à vous Pape, vous ne pouvez pas le savoir mais vous avoir connu en Ile de France reste la chose la plus merveilleuse qui m'est arrivée.
Jamais je n'ai vu une personne aussi sympathique et disponible que vous en France.
Parfois le temps me manque mais j'ai toujours une petite pensée pour vous.
A très bientôt.

Seynabou BEYE dite Nabou cadre dans une grande entreprise française qui officie dans le matériel médical.

Encore une joie d'avoir écouté et dressé le portrait de Nabou BEYE jeune cadre sénégalaise, qui force le respect et qui mérite d'être encouragée et suivié.

ichrono.info Pape B CISSOKO   Pour nous contacter aller à la rubrique contact . N'hésitez pas à tranférer nos liens, ce qui nous appartient est à vous, c'est à partager sans limite.

Le Tribunal arbitral du sport (TAS), juridiction indépendante basée à Lausanne, a annulé en grande partie ce 2 avril les sanctions prises par la Confédération africaine de football contre le Maroc. Les Marocains avaient refusé d'organiser la CAN 2015 aux dates prévues, par peur d’Ebola. Le TAS autorise donc l'équipe marocaine à disputer les Coupes d’Afrique des nations 2017 et 2019 dont elle avait été exclue.

C’est un énorme camouflet pour la Confédération africaine de football (CAF) et une grande bouffée d’oxygène pour le foot marocain. Le Tribunal arbitral du sport (TAS), une instance indépendante basée en Suisse, a annulé la majeure partie des sanctions prises par la CAF à l’égard du Maroc, dont la principale : l’exclusion de l’équipe nationale marocaine des éliminatoires des CAN 2017 et 2019.

« La suspension de l’équipe nationale A de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) de toute participation aux deux prochaines éditions de la Coupe d’Afrique des nations, en 2017 et 2019, est annulée, et l’amende réglementaire infligée à la Fédération royale marocaine de football est réduite à 50 000 dollars US » au lieu d’un million de dollars, souligne un communiqué du TAS. La FRMF échappe également à une autre amende de 8 millions d’euros réclamée « en réparation de l'ensemble des préjudices matériels subis par la CAF ».

Une sanction pas proportionnée selon le TAS

Pour rappel, la Confédération avait exclu les Marocains des Coupes d’Afrique des nations 2017 et 2019 de football le 6 février dernier, parce qu’ils avaient refusé d’organiser l’édition la CAN 2015 aux dates prévues (17 janvier-8 février). Les autorités marocaines avaient en effet demandé plusieurs fois le report de la compétition par peur du virus Ebola qui sévit en Afrique de l’Ouest. La CAF avait finalement délocalisé le tournoi – remporté par la Côte d’Ivoire – en Guinée équatoriale et disqualifié les Lions de l’Atlas marocains de la CAN 2015.

Le TAS, poursuit le communiqué, a considéré que « l’exclusion de l’équipe A du Maroc des deux prochaines éditions de la CAN n’était pas expressément prévue par les règlements en vigueur au moment du retrait de l’organisation de la CAN 2015 et en tous les cas, au vu des circonstances de l’affaire, n’était pas proportionnée à la faute de la FRMF ; les arbitres (du TAS) ont également pris en considération le fait que l'équipe A du Maroc avait déjà été exclue de la CAN 2015 et que la FRMF devait supporter les dommages financiers que cette exclusion lui avait causé ».
La réaction de l’attaquant Aatif Chahechouhe, international marocain qui évolue en Turquie à Sivasspor :

« C’est une bonne décision de la part du TAS. C’était trop cruel pour le Maroc. Aujourd’hui c’est une satisfaction autant pour les joueurs que pour le public. On n’avait juste demandé le report de la CAN et on s’est retrouvé avec des sanctions très lourdes. Cela aurait été un drame, car il y a une bonne génération qui arrive pour le Maroc. Depuis la première décision, on ne s’est pas arrêté de travailler. On a voulu continuer dans l’espoir que les choses s’arrangent. La CAN 2017 va nous aider pour les qualifications de la Coupe du Monde 2018. Nous avons une bonne équipe, un bon staff et maintenant j’espère que tout va bien se passer pour nous. On n’est pas mort et c’est une bonne chose. On va s’appeler entre nous pour en parler et de toute façon, on est déjà tous content. Pour nos joueurs qui jouent dans de grands clubs comme Mehdi Benatia (Bayern Munich), c’est une très bonne chose. Pour eux, la CAN c’est une belle compétition. Je suis heureux. »

Propos recueillis par Farid Achache

La réaction de la Confédération africaine de football par l’intermédiaire de son porte-parole Junior Binyam au micro de RFI :

« C’est une décision de justice qui a un contenu que chacun peut comprendre. Elle n’appelle pas de commentaire particulier. Une réunion du comité exécutif de la CAF est prévue le 5 avril au Caire et on évoquera certainement ce sujet et les médias seront informés de la suite que le comité exécutif entend donner à cette affaire. Le Maroc a saisi le tribunal de commerce de Paris pour la sanction financière et nous attendons la décision. »

Ce jeudi, dans toute la France, les nouveaux élus de chaque conseil départemental se sont réunis pour élire leur président. Après une large victoire de la droite au deuxième tour des départementales le 22 mars, ce « troisième » tour définit précisément l’orientation politique qui régira chaque département pendant 3 ans. Si les présidences de départements ont changé majoritairement de couleur politique, elles ne se sont en revanche guère féminisées. Neuf femmes seulement sont aujourd’hui à la tête d’un conseil départemental.

Pas de grande surprise pour ce « troisième » tour dans les départements. Lorsqu’une formation politique ou une alliance de partis a réuni plus de 50 % des sièges, le président du conseil départemental est élu à la majorité absolue. Mais dans quelques départements, les forces politiques droite-gauche étaient au coude à coude, faisant parfois le jeu des partis minoritaires en nombre de sièges, ou poussant le mode de scrutin jusqu’à son dernier stade. Pour exemple, dans le Vaucluse aucun candidat n’a obtenu la majorité absolue au cours des deux premiers tours de scrutin et la majorité relative au dernier tour. Du coup, c’est le candidat UMP Maurice Chabert, 71 ans, qui l’a emporté au bénéfice de l'âge.

Autre point particulier: la parité homme-femme n'est toujours pas respectée lors de ce « troisième » tour. A peine 9 femmes occupent ce poste à l’issue des élections de 2015. Or, parmi les 4 108 conseillers départementaux élus les 22 et 29 mars, la moitié sont des femmes à la faveur du nouveau mode de scrutin « binominal mixte à deux tours ». Mais pour le « troisième » tour, qui désigne la plus haute fonction du conseil départemental, aucune règle n’a été fixée concernant la parité homme-femme. Avant ces élections seulement 6 femmes étaient à la tête d’un conseil général (appelé désormais conseil départemental).

Découvrez, ci-dessous, la carte du 3e tour des élections départementales 2015, avec les étiquettes politiques des présidents et la présence des femmes parmi les élus et comparez plus bas avec la carte de la situation avant ces élections.

NB : Les 22 et 28 mars 2015, les Français se sont rendus aux urnes pour élire les membres de 98 conseils départementaux auxquels s’ajoutent le Conseil de Paris et le Conseil de la métropole de Lyon, qui cumulent les fonctions de conseil municipal et de conseil départemental et n’ont donc pas fait parti de ce scrutin. Idem pour les conseils généraux de Martinique et de Guyane qui seront remplacés par les Assemblées de Martinique et de Guyane en décembre 2015.

 
RFI
 
 

Il n’y a jamais eu autant de jihadistes dans le monde. C’est la conclusion d’un rapport de l’ONU rendu public ce jeudi 2 mars. Sur les 25 000 combattants étrangers recensés par les experts des Nations unies, un très grand nombre sont partis pour rejoindre les rangs de l’organisation Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie. Mais la multiplication des zones de crises renforce la tendance et l’offensive internationale contre le groupe Etat islamique en Irak ne semble pas tarir ce flot continu.

Selon ce rapport présenté la première fois en février 2015 aux Etats membres du Conseil de sécurité de l’ONU, plus de 25 000 combattants issus d’une centaine de pays ont rejoint les rangs de l’Etat islamique, d’al-Qaïda ou d’autres groupes jihadistes. Leurs destinations : la Syrie, l’Irak, mais également le Yémen, le Pakistan, la Somalie ou encore la Libye.

Les nombreuses zones de crise au Moyen-Orient et en Afrique ont entrainé une augmentation de 71% du nombre de combattants étrangers, s’alarment les experts de l’ONU. Sans surprise, ce sont la Syrie et l’Irak qui attirent la grande majorité des aspirants jihadistes. Au point que les experts de l’ONU parlent de ces deux pays comme des « écoles de perfectionnement des extrémistes », à l’image de ce qui se passait en Afghanistan dans les années 1990. L’Afghanistan reste d’ailleurs une destination qui attire des centaines d’entre eux, tout comme la Somalie le Yémen et la Libye.

Un très grand nombre des combattants étrangers vient d’Afrique du Nord : la Tunisie et le Maroc en tête mais aussi de France, de Russie et d’Australie. Mais d'après l'ONU, les Maldives, la Finlande, et même Trinidad et Tobago sont devenus des zones de départ. Un fait qui met en lumière l'efficacité du recrutement des filières jihadistes, toujours très présentes sur les réseaux sociaux. D'ailleurs, les recrues sont de plus en plus jeunes, s'alarme l'ONU qui a déjà demandé aux Etats de pénaliser les départs. La Turquie, pays de transit habituel vers la Syrie, a ainsi expulsé plus de 1 200 combattants étrangers de son territoire.

Si les pays engagés dans la coalition internationale contre l'Etat islamique fournissent un grand nombre de combattants jihadistes, il n'est pas sûr à l'inverse que les défaites militaires des jihadistes ont eu pour effet de réduire le flot des combattants. L'ONU préconise donc d'agir pour prévenir la radicalisation des jeunes dans les pays de départ.

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Au Kenya, le siège des locaux est pratiquement terminé, selon le ministère de l'Intérieur qui annonce que l'assaut a fait au moins 70 morts et près de 80 blessés. L'attaque a pris par surprise le campus universitaire de Garissa, dans l'est du pays, à l'aube. Elle a été rapidement revendiquée par les islamistes somaliens des shebabs. La prise d'otages s'est prolongée jusqu'en fin de journée puis les forces de l'ordre ont lancé une opération de «nettoyage» final.

Article régulièrement mis à jour

Le ministre de l'Intérieur a annoncé un assaut sur les preneurs d'otages vers 19h30 heure locale (17h30 TU), annonçant qu'environ « 500 étudiants sont recensés vivants » mais confirmant la mort d'au moins 70 d'entre eux. Ce bilan fait de cette prise d'otage la pire attaque sur le sol kényan depuis l'attaque contre l'ambassade américaine de Nairobi en 1998.

Le ministre de l'Intérieur, Joseph Nkaissery, reste encore prudent sur d'éventuels assaillants toujours à l'intérieur. Un peu plus tôt, il avait désigné Mohamed Kuno, un ancien professeur de la ville, comme commanditaire et organisateur en chef de la prise d'otage, offrant une récompense pour son arrestation

Le porte-parole du groupe islamiste, Cheikh Ali Mohamud Rage, avait déclaré ce jeudi matin que « le Kenya est en guerre avec la Somalie » et ses hommes en mission pour « tuer ceux qui sont contre les shebab », avait-il ajouté.

L’attaque lancée à l'aube sur University College avait pour but de prendre en otages des étudiants chrétiens, les assaillants ayant affirmé séparer les musulmans pour les relâcher. 50 personnes ont été libérées. Le nombre d'étudiants retenus en otage reste indéterminé.

Les premiers blessés ont été évacués par hélicoptère et la Croix Rouge a dépêché un avion sur place pour transporter les blessés graves vers la capitale, Nairobi.

«  La prise d'otage s'est poursuivie toute la journée et les forces de sécurité nationale ont pris en main la situation. De notre côté, nous ne pouvons toujours pas confirmer le nombre d'étudiants retenus en otages. Lorsque l'attaque a commencé, les centaines d'étudiants étaient sur le campus. Et puis tôt le matin, 50 étudiants ont été libérés par les preneurs d'otages. Nous ne pouvons qu'espérer que le nombre d'otages n'est pas trop élevé... Mais bien sûr, dans le cas contraire, nous faisons tout pour être prêts à répondre à l'urgence, en termes de soins médicaux et d'évacuation vers Nairobi », a déclaré, à RFI, Arnolda Shiundu, porte-parole de la Kenyan Red Cross.

« Je peux confirmer que 65 blessés ont déjà été amenés à l'hôpital de Garissa dont 4 dans un état critique ; et la plupart des blessés avaient été atteints par balle. Nous avons envoyé un avion de Nairobi avec quatre médecins à bord. Les blessés sont amenés à l'hôpital de Garissa pour être pris en charge et toute personne qui a besoin de soins plus complexes est transférée par la Croix Rouge kenyane vers Nairobi », a ajouté la porte-parole de la Kenyan Red Cross.

MSF a également annoncé avoir envoyé une équipe comptant notamment un médecin et trois infirmiers.

La police et des renforts militaires ont cerné la ville de Garissa, régulièrement ciblée par des attaques du groupe somalien des shebabs en raison de sa position stratégique, proche de la frontière somalienne, à la fois facile d’accès et utile pour leur ravitaillement.

Les condoléances du président kényan

Le président Kenyan avait critiqué les pays qui ont placé le Kenya en zone rouge pour les voyageurs - une consigne qui cause beaucoup de tort à l'industrie politique du pays - mais ce nouvel attentat a contraint Uhuru Kenyatta à une allocution devant les caméras. Il a présenté ses condoléances aux familles et annoncé le recrutement et la formation de dix mille soldats.

« J’ai la tristesse de faire part à la nation d’une attaque terroriste à l’université de Garissa. Les terroristes ont tué et blessé des gens, et ils retiennent des otages. Au nom du gouvernement, je tiens à présenter mes condoléances aux familles de ceux qui ont péri dans l’attaque. Nous continuerons de prier pour le prompt rétablissement des blessés et la libération des otages. Je souhaite aussi assurer à la nation que mon gouvernement a pris toutes les mesures de déploiements nécessaires dans la zone affectée. Je souhaite profiter de cette opportunité pour encourager les Kényans à garder leur calme alors que nous nous efforçons de résoudre cette crise. Je les encourage aussi à transmettre aux autorités les informations en leur possession sur les menaces qui pèsent sur notre sécurité. J’appelle tout le monde à la plus grande vigilance en ces moments où nous confrontons notre ennemi pour le mettre à terre », a déclaré le président kényan.

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Elu à la tête du Nigeria le 31 mars 2015, le nouveau président nigérian hérite d’un pays inquiet, enlisé dans des difficultés quasi-insurmontables. Durant sa campagne, Muhammadu Buhari a promis de s’attaquer aux problèmes à bras le corps et surtout de satisfaire les nombreuses attentes sociales de ses concitoyens. Aura-t-il les moyens de ses ambitions ?Avec sa première alternance démocratique en cours, le Nigeria vit un moment historique de son existence. Depuis son accession à l’indépendance en 1960, cette ancienne colonie britannique a connu une guerre civile (1967-70) avec plus d’un million de morts, six coups d’Etat et 28 ans de régime militaire.

L’entrée en vigueur en 1990 d’une nouvelle Constitution a jeté les bases d’une démocratie parlementaire et a favorisé l’élection du premier président civil en la personne d’Olusegun Obasanjo, fondateur du premier grand parti politique digne de ce nom, le Parti démocratique populaire (PDP). Au terme de quinze années de règne sans partage du PDP, les Nigérians assistent aujourd'hui à un nouveau tournant de leur vie politique, avec l’élection à la présidence d’un candidat; issu cette fois, de la coalition des partis de l’opposition.

Malgré cette leçon de démocratie, le Nigeria, première puissance économique et démographique de l’Afrique, « reste un géant aux pieds d’argile et le nouveau pouvoir devra réaliser des travaux d’Hercule pour répondre aux aspirations de sa population », a écrit le spécialiste du continent noir Philippe Hugon dans une tribune libre sur le site de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). En effet, le président-élu, l’ex-général Muhammadu Buhari hérite d’un pays miné par de graves problèmes de sécurité, d’inégalités économiques, de corruption et de divisions ethniques et religieuses. Les défis qui attendent le nouveau président sont nombreux. Le succès de son quinquennat dépendra largement de sa détermination à relever ces défis sous peine de voir de possibles crises envahir le pays, comme cela a été le cas au cours des dernières années.

    Boko Haram

La campagne électorale a été dominée par la question de la sécurité qui a constitué, on s'en souveint, la principale cause du report des élections devant initialement se tenir le 28 février. Cet épineux dossier sécuritaire concerne notamment la lutte contre le redoutable groupe terroriste Boko Haram qui sévit dans le nord-est du Nigeria depuis 2009. Les atrocités commises par cette secte d’obédience islamiste, et sa répression aveugle par l’armée, ont fait au moins 13 000 morts et plus de 1,5 million de déplacés. Le président sortant Goodluck Jonathan, candidat malheureux à sa réélection, a été très critiqué, au Nigeria comme à l’étranger, pour son incapacité à stopper l’avancée meurtrière de ces terroristes. C’est seulement récemment que l’armée nigériane a lancé, avec l’appui du Tchad notamment, une offensive militaire décisive contre eux, mais ces avancées arrivant trop tard ont peu profité au sortant.

Muhammadu Buhari qui a échappé à une attaque du groupe terroriste sur un convoi où il se trouvait en juillet dernier, s’est juré d’éradiquer Boko Haram. Soucieux de sauvegarder la souveraineté nationale, il a qualifié d’« humiliante » la nécessité pour le Nigeria de faire appel à des armées des pays voisins pour progresser dans la lutte contre Boko Haram et a promis de donner aux militaires nigérians les moyens financiers et logistiques nécessaires pour vaincre les islamistes. Buhari veut surtout que « le Nigeria retrouve son rôle de pays stabilisateur dans la sous-région ouest-africaine ». Dans sa première allocution depuis son élection, le président élu a confirmé sa volonté de «débarrasser la nation de la terreur» du groupe islamiste.

    Inégalités économiques

Pour de nombreux observateurs, l’émergence du phénomène Boko Haram est étroitement liée à la misère sociale qui sévit dans le Nigeria, notamment dans le Nord, complètement laissé à l’abandon par le pouvoir. Ce sont les jeunes désoeuvrés, plongés dans le chômage, qui viennent grossir les rangs du groupe terroriste, se laissant progressivement contaminer par ses idéologies radicales et intégristes. Plus de quarante millions de jeunes Nigérians sont sans emploi et plus d’un tiers de la population se trouve dans une situation de précarité. D’après les institutions internationales, plus de 60% de la population nigériane vit sous le seuil de la pauvreté.

Les inégalités économiques risquent de se creuser davantage à cause de la chute récente des cours mondiaux du pétrole dont l’économie nigériane est structurellement dépendante. Le Nigeria est le premier producteur d’Afrique d’or noir qui représente 70% des recettes de l’Etat. Le défi dans ce domaine pour le nouveau pouvoir consistera à diversifier l’économie en investissant dans des secteurs générateurs d’emplois.

Les Nigérians qui ont voté pour Muhammadu Buhari espèrent un réel changement. Ils s’attendent à sentir les conséquences de son arrivée sur leur quotidien rapidement, notamment pour la fourniture en électricité, mais aussi en matière de création d’emplois. Sur ce chapitre économique, le nouveau président est condamné à décevoir, d’autant qu’il a peu développé son programme économique durant la campagne et cela constitue un de ses points faibles.

    Corruption

« La corruption n’aura pas de place dans mon administration », n’a cessé de marteler le candidat Buhari. Dans un pays comme le Nigeria où la corruption est endémique et reste la grande préoccupation des électeurs, comment s’étonner que les candidats présidentiels en aient fait l’axe thématique de leur campagne ? Corruption et détournements se trouvent à tous les étages du pouvoir. Les secteurs les plus touchés sont l'armée et l'industrie pétrolière. Si les soldats nigérians ont opposé une faible résistances aux islamistes de Boko Haram, c'est parce qu'ils sont  mal armés et mal équipés. L'essentiel du budget militaire est détourné avant d'arriver sur le terrain, affirme un rapport du Chatham House, équivalent britannique de l'IRIS. Selon les observateurs, la corruption n’a fait que s’étendre pendant les années Goodluck Jonathan. Ce dernier a souvent été accusé par les médias d’être impliqué dans des affaires financières louches, dont un scandale de plusieurs milliards de dollars au sein de la compagnie pétrolière nationale.

Buhari, pour sa part, jouit d’une solide réputation d’incorruptible. Mais pourra-t-il empêcher ses alliés réunis dans la coalition qui l’a fait élire, de puiser dans les caisses de l’Etat et de céder aux nombreuses tentatives de corruption.

    Diversité ethnique et religieuse

Cinquante-cinq ans après l’indépendance, le Nigeria reste encore profondément divisé entre ses grands groupes ethniques et linguistiques, dont les trois principales sont les Haoussa (nord) en majorité musulmans, les Ibo (sud-est) en majorité chrétiens et les Yorouba (sud-ouest). A la fracture ethnique s’ajoute la fracture religieuse qui sépare le Nord qui est majoritairement musulman et le Sud à dominante chrétienne, plus prospère et où se trouvent l’industrie pétrolière. Cela dit, les  partis politiques sont très mélangés. Que ce soit dans le camp de Muhamamdu Buhari ou dans celui de son adversaire Goodluck Jonathan, les équipes sont composées aussi bien de chrétiens que de musulmans.

L'émergence de Boko Haram et de son idéologie intégriste n'est pas étrangère à la ressurgence des tensions intercommunautaires en politique. Originaire du Nord et de confession musulmane, Buhari a été parfois caricaturé par ses détracteurs comme un fanatique religieux prêt à imposer la charia dans tout le pays. Le président élu mise sur son colistier Yemi Osinbajo, pasteur chrétien et ancien procureur général de l'Etat de Lagos, pour l'aider à jeter des passerelles entre le Nord qui l'adule et le Sud qui doute de sa capacité de s'élever au-dessus des clivages interconfessionnels.

L’Onusida annonce un objectif ambitieux pour la période 2016-2021 : mettre fin à l’épidémie du Vih d’ici 2030. Depuis hier et jusqu’à ce soir, des hommes politiques, des professionnels de santé et la Société civile se rencontrent à Dakar pour la consultation régionale de l’Onusida pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

 
Depuis hier, à Dakar, la Direction régionale de l’Onusida discute des méthodes à employer pour endiguer l’épidémie du Vih d’ici 15 ans. L’organisation espère des résultats probants pour 2030 : aucune infection, aucun décès et aucune discrimination liés au virus du Sida. «Il n’y a pas d’arme fatale pour supprimer le Vih, mais il existe des outils pour le contrôler», explique Mamadou Diallo, directeur du bureau régional Afrique de l’Ouest et du Centre de l’Onusida. Selon lui, «il n’est pas possible de faire disparaître le Sida, mais on peut au moins endiguer la propagation du virus».
 
La stratégie des trois 90
Pour cela, une méthode radicale a été évoquée : la stratégie du 90-90-90. L’organisation souhaite que 90% de la population mondiale soient dépistés d’ici 2020, que 90% des personnes diagnostiquées séropositives prennent un traitement et 90% des personnes sous traitement ne puissent plus transmettre le virus. Aujourd’hui, 80% des Sénégalais n’ont pas effectué de tests de dépistage et 30% des Sénégalais diagnostiqués séropositifs n’ont pas de traitement.
 
Afin d’atteindre cet objectif rapidement, l’Onusida met en avant trois méthodes. La première consisterait à multiplier les missions d’information sur le terrain, en lien étroit avec les associations et les collectivités locales pour avertir la population. Dans un deuxième temps, l’organisation préconise d’augmenter le nombre de tests de sérologie. La dernière solution, pour accélérer la lutte contre le virus, serait de produire les antirétroviraux directement au Sénégal. Cela permettrait de réduire le coût du traitement et d’améliorer l’accès aux soins pour les personnes les plus défavorisées. «Le Sénégal serait un bon candidat», estime Luiz Loures, directeur adjoint de l’Onusida. «Ici, il y a une bonne production pharmaceutique et de bonnes compétences en matière de santé.»
 
«Il faut appliquer au Vih ce que le Sénégal a fait avec Ebola»
Pour le ministre ghanéen de la Protection sociale et des droits humains, John Alexander Ackon, le financement de ces mesures risque d’être compliqué car «Ebola a mobilisé beaucoup de moyens». Mais selon lui, «cela n’empêche pas d’investir pour se battre contre le sida».
Safiatou Thiam, directrice du Conseil national de la lutte contre le Sida (Cnls), propose de prendre le Sénégal en exemple : «Il faut appliquer au Vih, ce que le Sénégal a fait avec Ebola. Toutes les dispositions ont été prises et le travail a été si efficace qu’aucun cas n’a été enregistré dans le pays alors que les frontières sont restées ouvertes.»

Il n’y a pas de statistiques officielles, mais les élèves ont succombé à la tentation du chanvre indien. Dans certains lycées dakarois, ils grillent leurs joints devant les portails de leurs établissements. Comme si de rien n’était. Pis, le trafic s’instaure au vu et au su de tout le monde. Impuissante, l’administration essaie de mettre en place des garde-fous pour dissuader les potaches déjà accros à la substance. Conscients du danger, certains essaient de se remettre dans le droit chemin en retrouvant leur lucidité. Ce n’est pas toujours évident. Ceux qui ont déjà franchi la ligne rouge recherchent encore des issues dans un pays qui manque d’infrastructures curatives.

Il est 8 h. Des lycéens s’agglutinent devant le portail de leur établissement situé dans un quartier huppé de Dakar. Sur un coin de rue en face de leur lycée, ils convergent vers un marchand de café pour avoir leur dose matinale de caféine et de nicotine. Ils sont heureux comme des mômes dans ce coin pollué par l’odeur du chanvre indien. Le premier pétard est allumé et fait sa tournée entre des mains expertes. Insouciants, ils se plaisent dans leur paradis artificiel. Alors que leurs camarades ont fini de vider leur cartable en classe, certains s’attardent pour obtenir leur dose avant de rejoindre leurs professeurs. «Moi, je fume à peu près trois fois par jour, après chaque repas», avoue un lycéen adossé sur le mur en face de l’établissement. Au Sénégal, l’usage du chanvre indien ne semble pas être en déclin. Alors que le marché est en expansion dans les collèges et les lycées dakarois.
En cette matinée frisquette, la capitale est bruyante de mouvements de personnes qui vont à l’assaut d’une journée naissante. Mais, Karim (nom d’emprunt) et ses copains ne s’embarrassent pas des va-et-vient des inconnus qui traversent la rue. Elève en classe de seconde S2, le bonhomme assume sa dépendance à la drogue. Sans ciller, il assume : «J’ai commencé à fumer quand j’avais 12 ans. Il y avait des problèmes dans la famille, et mes parents ont divorcé, c’est ça qui m’a poussé à fumer.» Après avoir conjugué au passé ses problèmes familiaux, il grille maintenant ses joints pour convenance personnelle. Il dit : «Maintenant, je fume parce que ça m’aide à me détendre et à soulager le stress de la journée.» Ce geste n’est plus banal dans les lycées dakarois. Karim avoue que les 3/4 de ses camardes fument régulièrement du cannabis.

«3/4 de mes camarades de classe fument du cannabis»
Cette affirmation fait tressaillir de peur dans ces établissements où la régulation sociale est inexistante. Car, la consommation ne connaît pas des instants de répit. Situé sur une avenue très fréquentée de Dakar, un autre lycée cristallise les attentions. Depuis plusieurs années, une réputation sulfureuse précède ses résultats scolaires. Le lieu de rendez-vous est connu : les élèves se retrouvent sur le terrain de sport qui attire des lycéens et des étudiants des écoles de formation qui trouvent ici un réseau de trafiquants qui les alimente. Comme si de rien n’était. Et ils fument sans se cacher.
Le long des murs surplombés par le feuillage des manguiers et d’un grand baobab, des élèves et des habitants du quartier se retrouvent pour partager des joints. Alors qu’un poste de police est à quelques dizaines de mètres. Impuissants, les professeurs d’éducation physique, qui utilisent le terrain, observent la scène. Ils sont stupéfaits par autant d’audace. Réunis pour le repas de midi, les enseignant expliquent que le terrain est «devenu une plaque tournante pour le trafic du chanvre indien». Christian Mendy, qui sert dans ce lycée depuis 24 ans, dénonce l’impunité qui entoure le trafic et la consommation du chanvre dans ces lieux. Il cache mal son désespoir : «Nous qui faisons nos cours ici, on voit que le trafic se fait sous nos yeux. Les administrateurs sont là, voient tout, mais ferment les yeux. Ils n’admettront jamais que leurs élèves fument. Quant à la police, à part une ou deux descentes, elle n’a rien fait pour empêcher le commerce qui se fait à ciel ouvert.»
Aujourd’hui, le phénomène est en train de faire des ravages chez les lycéens. Il est vrai qu’il n’existe pas de statistiques fiables ni des programmes de sensibilisation chez les jeunes qui... grillent leur destin. Bocar (nom d’emprunt), élève en Terminale L, assume être accro à la drogue même s’il a tendance à baisser sa consommation. «Mais, depuis que je suis en Terminale, j’ai beaucoup réduit ma consommation», dit-il. Pourquoi ? «J’ai vu sur Youtube, des vidéos qui montrent que tu perds des neurones quand tu fumes... Ce sont ces vidéos qui m’ont aidé à beaucoup réduire ma consommation», constate-t-il.

«Je fume trois fois par jour»
Malgré la répression, la modicité du prix (500 ou 1000 F Cfa) et l’accessibilité de la substance favorisent le trafic. L’incinération de quatre tonnes de chanvre indien récemment, n’arrive pas à cacher la fâcheuse réalité. «Aujourd’hui, le chanvre indien se trouve facilement dans tous les quartiers de la capitale», regrette un autre élève. Par contre, le potache explique qu’à part quelques interventions mineures de certaines Ong, son lycée n’a jamais vraiment organisé des séances de travail sur la consommation et l’impact du cannabis sur la santé.
Au lycée Yalla Suur-En, le directeur Malick Anne essaie de dissuader la consommation de drogue dans son établissement. Il reconnaît, néanmoins, qu’il n’est pas facile de contrôler les élèves. «Ici, la consommation est strictement interdite et les élèves associés à ces activités sont blâmés. Mais le problème, c’est que l’essentiel de la consommation se passe à l’extérieur de l’école, dans les rues des quartiers qui entourent le lycée», dit Malick Anne. A ses yeux, la montée de la consommation chez les élèves s’explique par le manque de sensibilisation et la faiblesse des efforts consentis par le gouvernement sénégalais. «Si on mettait autant de moyens pour une sensibilisation sur le chanvre indien que sur le virus Ebola, on pourrait voir de vrais résultats. Je n’ai jamais vu le gouvernement faire de la sensibilisation dans nos écoles. Même dans notre école, il n’y a pas de programme de sensibilisation. Je demande à mes professeurs de parler de sensibilisation, mais elle doit être générale», explique-t-il. En attendant, les élèves ne ralentissent pas la cadence...

Le Quotidien.sn

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