Les organisations des médias dont l'Association des médias en ligne de la RDC, l'Union nationale de la presse du Congo, Journaliste en danger et d'autres experts juristes se sont réunis à Kinshasa pour analyser l'arrêté du ministère congolais de la Communication et des médias sur les médias en ligne. Un arrêté qui inquiète la profession.
Les conséquences de l’application de cet arrêté risquent d’étouffer ces médias en ligne et de restreindre davantage des espaces d’expression et de liberté que constituent ces médias aujourd’hui. Les médias en ligne constituent les principales sources d’information et des espaces d’expression parce qu’ils abordent toute sorte d’information pour le public et ils accordent aussi du temps et de l’espace pour les acteurs politiques qui ont besoin de s’exprimer aujourd’hui, surtout que nous, nous approchons des échéances politiques qui sont majeures.

vendredi, 22 juin 2018 12:03

Election en Turquie: Erdogan peut-il perdre?

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En Turquie, un peu plus de 56 millions d’électeurs sont appelés ce dimanche 24 juin aux urnes, pour des législatives à un seul tour, et le premier tour de la présidentielle. Un vote avancé de 16 mois et une campagne à l’image du pays : sous contrôle et sous tension. Depuis la tentative manquée de coup d’Etat en juillet 2016, le pays est secoué par de vastes purges, des milliers d’arrestations et de détention.

De notre envoyée spéciale à Istanbul,

Stands et camions avec musique à fonds, meetings parfois 5 fois par jours, la campagne électotale turque sature tout l'espace public. Un seul candidat surtout : lampadaires, balcons, panneaux publicitaires son visage s’étale à tous les coins de rues et à la télévision aussi où l’écrasant essentiel du temps d’antenne lui est consacré. Bref, Recep Tayip Erdogan est partout. Mais aux commandes du pays depuis 16 ans, le président est fatigué. Il se répète dans ses discours, tourne en rond. Une panne de prompteur lors d’un discours et c’est le silence : impossible désormais pour lui d’improviser.

Le président qui était le seul jusqu’ici à électriser les foules affronte aussi parmi tous ses adversaires, et c’est la première fois, une figure capable de lui tenir tête et de le défier dans la joute oratoire. Tout le pays suit désormais son ping pong verbal à distance avec Muharrem Ince, et c’est souvent musclé. « pauvre type » attaque un jour le président, réponse du candidat du vieux parti kémaliste : « il vaut mieux être un pauvre type qu’un corrompu ». Tabou levé dans un pays où l’insulte au président peut conduire à la prison.

Le visage de Recep Tayyip Erdogan s’étale à tous les coins de rues.REUTERS/Stoyan Nenov

Les électeurs peu diserts

Violence verbale chez les candidats, tension chez les électeurs : une société si polarisée désormais que l’échange entre pro et anti Erdogan se résume de plus en plus à des menaces. Mais ce qui résonne le plus fort dans le pays, c’est le silence des électeurs. Suivre un candidat de l’opposition en campagne, c’est enchaîner les serrages de main et les distributions de tracts et attendre que la discussion s’engage, le plus souvent sans succès. Certes, on peut sans grande difficulté évoquer avec les passants la crise économique qui fait sentir ses premiers effets et qui a motivé, disent les observateurs, l’avancement de la date des élections de près d’un an et demi. Le chômage augmente, environ 10% désormais, la livre turque bat des records à la baisse, l’inflation à deux chiffres ampute le pouvoir d’achat et ralentit l’activité des entreprises et des petits commerces. Mais de là à conclure que la réussite économique qui avait tant porté le président Erdogan lui coûtera des points dans les urnes.. difficile à dire. C’est un critère de vote, mais c’est loin d’être le seul.

Au fonds de sa boutique un commerçant du centre d’Istanbul accepte de livrer ce qui le préoccupe : « le gouvernement actuel s’est bien débrouillé au début, l’économie est revenue sur les rails, le pouvoir a su investir dans les services publics comme les hôpitaux, mais la moitié du pays en ce moment n’est pas contente du tout. Bien sûr la stabilité politique, la plupart du temps, ça veut dire stabilité économique. Mais je suis sûr que si on levait l’état d’urgence (ndlr : renouvelé 7 fois depuis avril), ça améliorerait l’état de l’économie. Moi, je suis un citoyen banal, l’état d’urgence ne m’impacte pas et quoiqu’il arrive je m’en sors à la fin du mois. La crise ne m’a pas affecté. Mais quand j’ai réfléchi aux élections, à mon bulletin de vote, j’ai pensé au bien de mon pays, à son avenir. Le fait est qu’il n y a plus aucune confiance dans la justice, et que quand on sort de chez soi, quand on prend le métro ou le bus, on ne voit plus aucun sourire sur les visages.  Ca me rend très triste, très malheureux et c’est ça qui va motiver mon vote. Je vais voter pour la personne qui mettra l’argent au service du pays, et aussi pour quelqu’un qui ne va pas étouffer le peuple ». Un réquisitoire sévère contre le pouvoir mais à l’abri des oreilles indiscrètes et des passants qui flanent dans le climat moite, chaud et orageux de ce début de vacances scolaires.

Une chape de plomb sur la Turquie

Pour Kadri Gürsel, journaliste à éditorialiste critique du pouvoir au quotidien Cumhuriyet (il a déjà fait 11 mois de prison), depuis la répression qui a suivi la tentative ratée de coup d’état en juillet 2016, le pays vit désormais sous une chape de plomb : « il y a une spirale de la peur dans la société, c’est une tendance bien établie. Les gens ont peur de s’exprimer, seuls un quart des turcs déclarent avoir le courage ou l’intention de s’exprimer sur les réseaux sociaux. L’environnement où les gens se sentent le plus libre, c’est en famille. Les gens se referment. Il y a une paranoïa qui augmente. Est-ce qu’ils ont peur de l’opposition ? Est-ce que ça vous paraît logique ? non, ça ne me paraît pas logique ».

Le pari risqué de Recep Tayip Erdogan

« Pas logique » : ça l’est en tout cas pour la partie de la société opposée au président. Car il y a aussi dans le pays encore une adhésion à la personnalité et à la politique du président Erdogan. Un soutien qui va bien au-delà des militants de l’AKP qui applaudissent quand le président-candidat qualifie l’alliance des partis d’opposition de « terroristes » ou les électeurs qui pourraient se détourner de lui de lui de « mécréants ». Une partie de la classe moyenne à la fois conservatrice sur les questions de religion et demandeuse de stabilité s’interroge mais n'a pas forcément décidé, dit l’universitaire Ali Bayramoglu, de retirer son soutien au pouvoir : « si Recep Tayip Erdogan gagne depuis si longtemps les élections, c’est qu’il a ouvert les places dans le système aux croyants. Ils ont eu le droit de faire des études universitaires avec le voile, d’être fonctionnaires. Il y a eu partage du pouvoir politique et économique. Les électeurs vont voter sur ce contexte : pour les séculaires, contre l'autoritarisme, la personnalisation du pouvoir, pour les conservateurs le motif le plus important c’est : 'même si je n’aime pas Erdogan, s’il perd, moi aussi je perds' ».

Le soutien à l’homme fort de la Turquie depuis 16 ans se fissure, mais impossible de savoir à quel point et surtout dans quelle mesure cela se traduira dans le vote dimanche. Reste qu’aujourd’hui personne dans ce pays soumis à une forte pression et à une polarisation exacerbée n’imagine Recp Tayip Erdogan perdre totalement le pouvoir. Etre contraint à un second tour et perdre la majorité à l’assemblée serait déjà perçu comme une très grande défaite. Surtout que dans cette toute dernière ligne droite, les rumeurs les plus folles au sujet de l’organisation d’une fraude électorale circulent. Au fond tout se passe comme si l’enjeu de ce double scrutin était surtout d’évaluer le niveau d’influence perdu par le président.

RFI

Ce 22 juin 2018, le Palais des Congrès de Paris accueille la toute première édition du Forum des Diasporas africaines. Organisée par des clubs de réflexion et des associations africains, en collaboration avec l’Institut de Prospective économique du Monde méditerranéen (Ipemed) et le magazine du commerce international Classe Export, cette rencontre invite les participants venus du monde économique et politique à réfléchir sur le rôle central que les diasporas africaines seront appelées à jouer dans le partenariat économique euro-africain renouvelé.

« Avec 8,5 millions de personnes réparties dans toute l’Europe, dont 3,5 millions en France, nous représentons un potentiel humain et économique hors du commun. Parce que nous avons grandi un pied ici, un pied là-bas, nous sommes empreints d’une double culture qui caractérise nos appartenances identitaires multiples, européennes et africaines : un atout pour relier nos deux mondes et mettre en commun des représentations de valeur solidaire… »

Ainsi commence la tribune publiée dans le quotidien Le Monde par le collectif d’associations franco-africaines qui organise, ce 22 juin 2018, un Forum inédit des diasporas africaines, à Paris. Longtemps reléguées à l’invisibilité et l’insignifiance, les diasporas africaines de France et d’Europe se proposent désormais de s’organiser, mobiliser et compter dans la vie publique pour, comme elles l’écrivent, « accélérer l’intégration des deux continents ». « Le moment est venu de mettre les diasporas au cœur du co-développement euro-africain », affirme Jean-Louis Guigou de l’association Ipemed qui pilote le Forum des diasporas africaines en collaboration avec Classe Export, le bimestriel francophone du commerce international.

« Depuis le 21 novembre dernier, lorsque l’Elysée a confirmé son parrainage pour cet événement, nous travaillons d’arrache-pied pour rapprocher les points de vue des membres du conseil d’orientation du Forum des diasporas, explique pour sa part Marc Hoffmeister, éditeur de Classe Export. Ce dernier ne tarit pas d’éloges sur la créativité et le dynamisme de la jeune génération de Franco-Africains avec lesquels ils ont monté le projet. « Leurs compétences seront un atout, ajoute-t-il, pour la mise en œuvre de la nouvelle vision du partenariat économique entre l’Afrique et la France que les dirigeants français veulent promouvoir depuis l’élection à la présidence d’Emmanuel Macron. »

De l’arrimage au « mariage »

Une vision que partage à 100% Jean-Louis Guigou, initiateur du projet du Forum des diasporas africaines et fondateur de l’Ipemed, un think-tank qui œuvre pour le rapprochement des pays de l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe. L’homme cite de mémoire les propos tenus par le président Macron, le 29 août 2017, devant les ambassadeurs de France : «  la stratégie que je veux mettre en œuvre consiste à créer un axe intégré entre l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe… Nous devons arrimer ensemble, enfin, les continents européen et africain, à travers la Méditerranée, le Maghreb restera pour cela une priorité centrale pour la France… C’est en Afrique que se joue largement l’avenir du monde  ».

Jean-Louis Guigou va plus loin. Il n'hésite pas de parler de « mariage  » entre les deux continents pour mieux faire face aux défis des ensembles géo-économico-politiques en train de se mettre en place à travers le monde. « Je suis, confie-t-il, un militant forcené de la régionalisation de la mondialisation. C’est d’ailleurs ce qui est en train de se passer d’une part en Asie avec la Chine et autres dragons et tigres de la sous-région et avec les deux Amériques d’autre part. Sans la mise en place d’un axe Afrique-Méditerranée-Europe fort, l’Europe sera étouffée par le G2 sino-américain. Il y va de notre indépendance économique et de notre survie en tant que civilisation ». Pour Guigou, il n’y a pas de doute, «  ce sont les diasporas africaines qui seront les acteurs privilégiés de l’intégration euro-africaine » qu’il appelle de tous ses vœux. « Avec un pied au Nord et l’autre au Sud, ils sont plus à même que n’importe qui d’autre, croit-il, de susciter un désir d’Europe en Afrique et un désir d’Afrique en Europe, en réconciliant les anciens colonisés avec leurs anciens colonisateurs ».

La tribune que le fondateur de l’Ipemed a signé avec 18 autres personnalités dont la plupart des binationaux, ne dit pas autre chose lorsqu’elle affirme : « Les diasporas africaines sont créatrices de valeurs au Nord mais aussi au Sud. Au-delà du soutien économique à leurs pays d’origine, elles représentent un énorme potentiel pour les pays d’accueil en offrant des horizons nouveaux en termes de modes de production, de consommation et d’échange, de nouveaux marchés, en ressources humaines et en brassage des cultures favorisant la cohésion sociale ».

De l’invisibilité à l’émergence

Or la diaspora africaine n’a pas toujours eu bonne presse. Les Africains sont arrivés en France à la faveur de la colonisation, d’abord en tant que tirailleurs pour combattre les ennemis de la « mère-patrie » durant les grandes guerres, puis en tant qu’étudiants, enfin en tant que travailleurs pendant les premières décennies postcoloniales. Ils ont été ouvriers à la chaîne que la France des Trente Glorieuses était allée chercher aux fins fonds du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne pour faire tourner ses usines. Ils ont aussi été - et beaucoup le sont encore - balayeurs, éboueurs, préposés à des tâches subalternes. A ce titre, ils font partie d’une communauté noire invisible, victime de l’arrogance de leur société d’accueil. Bien qu’elles soient essentiellement composées de descendants de ces premiers arrivants, les diasporas africaines en Europe aujourd’hui ont gagné en visibilité à cause du haut niveau d’études et de compétences des nouvelles générations, formées en Occident, qui sont arrivées sur le devant de la scène.

Le Forum des diasporas africaines de France le 22 juin 2018 au Palais des Congrès à Paris. © DR

Combien sont-elles ? Selon l’Union africaine qui qualifie les diasporas africaines comme la « sixième région du continent », celles-ci se répartissent de la manière suivante : 112,65 millions de personnes en Amérique latine, 39,16 millions en Amérique du Nord, 13,65 millions aux Caraïbes et 3,51 millions en Europe. Les principaux pays d’accueil en Europe sont la France (à hauteur de 55%), le Royaume-Uni et l’Italie, suivis de l’Allemagne, la Belgique, le Portugal et les Pays-Bas.

Au poids démographique des diasporas africaines, s’ajoute le poids économique grandissant, comme en témoignent les transferts de fonds effectués par les migrants et les binationaux africains vers leurs pays d’origine. Selon l’African Institute for Remittances, ce montant s’élevait à 65 milliards de dollars pour l’ensemble du continent en 2017 contre 44,3 milliards en 2007. Qui plus est, cette somme dépasse l’aide publique au développement versée par les pays développés à l’Afrique, mettant en exergue le rôle fondamental désormais des diasporas africaines dans le développement du continent. Les experts soulignent toutefois que ces transferts de fond sont généralement affectés aux besoins quotidiens tels que soins, santé, scolarité, logements. Elles ne sont pas investies dans l’économie à travers la création d’entreprises ou encore le financement d’infrastructures.

Un autre problème que soulève la question de transferts de fonds par des particuliers vers le continent est celle des frais d’envoi qui restent plus importants en Afrique que dans le reste du monde puisqu’ils s’élèvent en moyenne à 10% de la somme envoyée. Ce chiffre atteint 14,6% en Afrique australe.

La grammaire du co-développement

Comment la manne financière des diasporas peut être mieux orientée pour que les économies africaines puissent en profiter ? Comment contraindre les deux grosses multinationales de transfert d’argent, à savoir le groupe Western Union et  Money Gram, via lesquelles l’essentiel des opérations de transfert d’argent vers l’Afrique sont effectuées, à pratiquer des taux plus justes sur le continent ? Telles sont quelques-unes des questions qui seront évoquées pendant les deux conférences et les quatre tables rondes qui ponctueront le premier Forum des Diasporas africaines qu’accueillera Paris ce 22 juin.

Au cœur des débats, rappelle Jean-Louis Guigou, « le nouveau rôle des diasporas africaines dans un paysage politique et économique remodelé par la mondialisation ». « Tout au long de cette journée, prévient l'organisateur, notre objectif sera de trouver les modalités d’un co-développement partagé entre la France et l’Afrique et au-delà entre l’Europe et l’Afrique, dont seul les familiers des deux régions, comme le sont les binationaux des deux continents, connaissent la grammaire  ».

RFI

Des supporters sénégalais se sont distingués après la victoire face à la Pologne en nettoyant leurs tribunes, au Stade du Spartak Moscou. Mais lors du prochain match, le 24 juin à Ekaterinbourg, ils feront face aux fans japonais, champions du monde en la matière…

De notre envoyé spécial à Moscou et à Kalouga,

Si les footballeurs sénégalais ont séduit en battant la Pologne 2-1, dans le groupe H de la Coupe du monde 2018, leurs supporters se sont aussi taillé une jolie réputation, le 19 juin dernier. Dans une vidéo devenue virale, on voit en effet certains d’entre eux nettoyer les tribunes du stade du Spartak Moscou. Un geste assez rare dans le monde du ballon rond où les spectateurs (et les journalistes…) sont plutôt habitués à laisser des monceaux de déchets derrière eux.

« Nous avons accueilli avec beaucoup de satisfaction et beaucoup de fierté cette action parce qu’elle n’est pas commune au Sénégal, souligne Saer Seck, le premier vice-président de la Fédération sénégalaise de football. Les supporters sénégalais savent parfaitement qu’ils sont à la Coupe du monde, qu’ils sont les porte-drapeaux et les ambassadeurs du Sénégal, et ce qu’ils se trouvent dans les stades ou dans les rues ».

« Une image que l’on n'a pas l’habitude de voir dans nos stades »

Youssouph Bodian, journaliste pour la radio RFM, a, lui aussi, été surpris lorsqu’il a visionné la scène. « Ce n’est pas une image que l’on a l’habitude de voir dans nos stades, explique-t-il. Chez nous, ils sont nettoyés par le personnel. Les gens sont plutôt habitués à laisser leurs ordures sur place. C’est une première pour nous de voir des supporters sénégalais se préoccuper de leur environnement ».

Youssouph Bodian salue en tout cas également l’initiative : « C’est peut-être le début de quelque chose. Peut-être qu’ils vont le refaire lors du deuxième et du troisième match et y prendre goût. Et lorsqu’ils rentreront au Sénégal, peut-être que d’autres vont suivre. »

Une habitude du football japonais

Novices dans cette nouvelle discipline, les supporters sénégalais sont par ailleurs loin de partir favoris face à leurs homologues japonais, le 24 juin prochain à Ekaterinbourg. Les fans des « Samurai Blue » se prêtent en effet avec grâce et abnégation à cet exercice depuis la première Coupe du monde du Japon, en 1998.

Rien d’étonnant dans un pays où les écoliers nettoient souvent eux-mêmes leurs salles de classe. Mais c’est devenu quasiment systématique, si l’on en croit Yuya Kozaki, journaliste pour la chaîne NTV Japan. « ça fait à peu près dix ans que les fans de l’équipe nationale nettoient leurs places. Ceux qui assistent aux matches de J-League [la première division japonaise, Ndlr] le font aussi, explique-t-il. J’ai l’impression que c’est quelque chose qui concerne surtout le football. Après les matches de rugby aussi, ça se passe de cette manière-là, même si on voit surtout ça dans le foot ».

« Les Japonais sont assez forts, en matière de nettoyage »

Yuya Kozaki émet une hypothèse sur l'origine du phénomène : « Lors d’un match de Coupe du monde, les Japonais ont laissé un stade pas très propre. Ça a fait des vagues au Japon. On en a parlé dans les médias pour souligner que ce n’était pas bien. Du coup, les supporters ont pris ces critiques au sérieux et maintenant ils se comportent bien ! »

Ils seront même imbattables en matière de propreté, assure Yuya Kozaki. « Les Japonais sont assez forts, en matière de nettoyage, rit-il. Ils ne vont pas nettoyer que leurs propres places au stade, mais aussi celles des autres spectateurs autour d’eux. Je suis sûr qu'ils vont battre les supporters sénégalais ! »

REUTERS/Christian Hartmann

L'équipe de France a battu le Pérou 1-0, grâce à un but de Kylian Mbappé, pour son deuxième match de poule dans la Coupe du monde 2018. Cette nouvelle victoire lui ouvre les portes des huitièmes de finale. Son adversaire du jour est en revanche déjà éliminé.

C’est fait ! C’est déjà fait ! La France a validé son billet pour les 8e de finale de la Coupe du monde après une deuxième victoire d’affilée, contre le Pérou à Ekaterinbourg (1-0) jeudi 21 juin.

Le début de match est marqué par l’envie et la vivacité des Péruviens, poussés par 20.000 supporteurs qui ont pris place dans le stade. Il faut dire qu’avec une défaite dans la besace face au Danemark lors de la première journée, les Incas ont besoin d’au  moins un point pour garder l’espoir.

Une fois le premier orage passé, les Bleus se mettent en action. Le premier tir français est l’œuvre de Griezmann qui dévisse dans un angle fermé (11e). Puis Pogba place une frappe lointaine qui frôle le montant droit de Gallese, le portier sud-américain (12e). Deux minutes plus tard, une tête croisée de Varane sur corner passe de peu à côté. Dans la foulée, une volée de Griezmann sur une remise de Giroud est repoussée par les genoux de Gallese.

Comme un reflux, le Pérou reprend sa domination après la 20e minute, mais à la différence des Français ne parvient à inquiéter Hugo Lloris qu’une fois, par Guerrero, qui élimine Umtiti pour s’ouvrir le chemin du but (31e). Le gardien et capitaine français, qui fête sa 100e sélection en bleu, réalise un très bel arrêt.

Mbappé dans l’histoire

Le tournant du match intervient à la 34e minute, lorsque Mbappé ouvre la marque en reprenant à bout portant un ballon dévié par un défenseur péruvien sur un tir de Giroud (1-0). Avec cette réalisation, Kilyan Mbappé devient, à 19 ans, le plus jeune buteur français de l’histoire dans une phase finale de Coupe du monde. La fin de la première période est compliquée pour le Pérou qui peut s’estimer heureux de ne pas encaisser de but supplémentaire.

En seconde mi-temps, malgré l’entrée de Farfan, très entreprenant, et une superbe frappe de 25 mètres d’Aquino qui touche l’angle droit de la cage de Lloris (50e), les Français jouent plus libérés et proposent d’abord quelques belles combinaisons. Paul Pogba est dans un bon jour sur son côté gauche et Olivier Giroud se montre très précieux dans le jeu dos au but.

En face, l’équipe péruvienne, vive et technique, a du mal à se mettre en position de marquer. A l’heure de jeu, les Incas ont le monopole du ballon et vont faire trembler les filets de Lloris… mais le ballon repris dans les airs par Farfan dans un angle fermé est passé à l’extérieur (73e). Le gardien français rassure tout le monde à la 87e en captant un coup franc lointain bien cadré par Guerrero. Les Bleus auront beaucoup subi, ils auront parfois plié mais ils n’auront jamais rompu !

Qualifiée pour les huitièmes de finale, la France jouera la première place du groupe mardi 26 juin face au Danemark. Le Pérou, pour sa part, jouera pour l’honneur le même jour face une équipe d’Australie qui peut encore espérer franchir le premier tour.

RFI

Les représentants qui devaient adopter ce jeudi un projet de loi clé sur l’immigration auquel le président tient par-dessus tout, ont finalement reporté leur vote à la semaine prochaine. Et, malgré un décret présidentiel, la Maison Blanche est toujours empêtré dans la crise qui secoue le pays au sujet de la séparation des familles de migrants.

Avec notre correspondante à Washington, Anne Corpet

Malgré ses tweets enflammés contre les démocrates et ses rencontres avec les élus, le président américain n’est toujours pas parvenu à ses fins au Congrès.

Le vote clé, censé apporter le financement du mur à la frontière et des restrictions à l’immigration légale auxquelles Donald Trump tient tant, a été reporté après le rejet d’un premier texte porté par les plus conservateurs. Les républicains sont très divisés, et ont voulu se donner une chance supplémentaire de se réconcilier avant de voter.

Le texte doit, outre une réforme globale de l’immigration dont ne cesse de parler Donald Trump, inscrire dans la loi l’interdiction des séparations de familles de migrants. Malgré la signature mercredi de son décret, le président n’a pas réussi à clore ce chapitre controversé. Les critiques continuent de fuser.

ANALYSE
Une des mesure proposées, c'est que les demandes d'asiles soient examinées et que la décision soit rendue en 14 jours. C'est juste impossible de préparer correctement une demande d'asile dans un délai de 14 jours.
Melissa LopezDirectrice du centre diocésain de services aux migrants et réfugiés 22/06/2018 - par Juliette Gheerbrant
Écouter

Démocrates et associations de défense des droits de l’homme s’insurgent contre l’abolition de la limitation de durée des séjours en centre de rétention pour les familles : elle est actuellement fixée à vingt jours, mais Donald Trump souhaite que parents et enfants restent détenus pendant toute la durée de l’examen de leur situation judiciaire.

Le sort des 2342 enfants qui ont déjà été séparés de leurs familles inquiètent aussi beaucoup outre-Atlantique. Les retrouvailles avec leurs parents ne s’annoncent pas faciles.

Les familles ont été dispersées sans réelle coordination entre les services et beaucoup de parents ignorent tout simplement où se trouvent leurs enfants. La Maison Blanche assure cependant qu’elle souhaite la réunion de ces familles.

Ce que redoute Melissa Lopez, avocate et directrice du Centre diocésain de services aux migrants et réfugiés à El Paso, à la frontière avec le Mexique, c’est que l’on enferme désormais des familles entières. « Ce que le gouvernement va faire pour réunir les 2342 familles qui ont déjà été séparées, à mes yeux ce n’est pas clair. […] Et je tiens à dire qu’on ne doit pas mettre en détention des gens qui viennent chercher asile dans ce pays,  c’est une forme de punition, à but dissuasif, et c’est inacceptable. »

Déplacement polémique pour Melania Trump

Melania Trump a été envoyée en première ligne ce jeudi : elle est allée au sud Texas dans un centre de rétention pour mineurs. La Première dame a demandé comment elle pouvait venir en aide à ces enfants pour qu’ils puissent au plus vite retrouver leurs familles.

Enfants séparés aux Etats-Unis: Melania Trump envoyée à la frontière mexicaine

L’opération de communication a cependant été escamotée par une faute de goût manifeste : Melania Trump portait pour cette visite une veste sur le dos de laquelle était écrit « je n’en ai vraiment rien à faire... et vous ? » en grandes lettres blanches. Son porte-parole a assuré qu’il s’agissait d’une simple veste et qu’il ne fallait pas s’attarder sur le slogan.

Mais le président l’a contredit : Donald Trump a affirmé sur Twitter que c’était un choix vestimentaire délibéré de son épouse et que le message s’adressait aux médias.

REUTERS/Kevin Lamarque

 

La procureure générale de la cour d'appel de Paris Catherine Champrenault alerte sur l'augmentation des faits de "proxénétisme des cités", touchant de jeunes femmes, parfois mineures, et appelle à la "vigilance" notamment des parents, dans une tribune publiée dimanche dans Le Parisien.

La procureure générale de Paris alerte sur «la prostitution des cités» Par Le Figaro.fr


« Faire l'amour comme des canards (trop vite) et les grossesses non désirées. L'amour est une chose sérieuse et le multimédia ne donne pas une vraie image de la réalité ( porno, hard sexe, déviance, brutalité,  soyons vigilants et chacun sa méthode pour parler à sa progéniture; etc )
Dans nos cités nous avons des parents qui autorisent les sorties aux garçons et interdisent aux filles de sortir au nom de la chasteté ou de la préservation. Ces jeunes filles qui une fois sortie veulent profiter de l'instant présent et font un rapide tour dans la cave ou local isolé pour assouvir un désir sexuel afin de se sentir exister. Et il faut ajouter sans protection ; conséquences MST, sida et autres maladies. On voit souvent des triples peines ; jeune âge, MST-SIDA+ grossesse...L'éducation sexuelle est nécessaire sinon c'est à travers les smartphones que nos enfants vont découvrir des images faussées et augmentés de la réalité. P B CISSOKO »


• Par Le Figaro.fr avec AFP


La procureure générale de la cour d'appel de Paris Catherine Champrenault alerte sur l'augmentation des faits de "proxénétisme des cités", touchant de jeunes femmes, parfois mineures, et appelle à la "vigilance" notamment des parents, dans une tribune publiée dimanche dans Le Parisien.


Banalisation à l'extrême de l'acte sexuel


"Depuis quelques années, aux côtés des réseaux criminels étrangers de traite d'êtres humains, les affaires portant sur des faits de proxénétisme des cités se multiplient", écrit Catherine Champrenault.
"L'Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRTEH) a noté de très fortes augmentations de la prostitution des mineurs depuis 2014", poursuit la procureure générale. "Elle procède à la fois d'une avidité pour l'argent et d'une banalisation à l'extrême de l'acte sexuel exacerbée par l'explosion de la pornographie", analyse-t-elle.
Début avril, le tribunal correctionnel de Créteil a condamné plusieurs hommes à des peines allant de deux à six ans d'emprisonnement pour avoir prostitué des jeunes filles rencontrées dans leur quartier et qu'ils présentaient comme leurs "copines".


Ces jeunes filles, droguées à la cocaïne, enchaînaient à leur profit jusqu'à 300 passes par mois dans des hôtels d'Ile-de-France. L'une des jeunes victimes a déclaré rapporter jusqu'à 48.000 euros par mois.


Cadances de plus en plus «pressantes»


"L'activité, considérée comme lucrative et peu complexe, attire des jeunes qui entretiennent des situations d'ambiguïtés amoureuses laissant aux jeunes filles l'illusion de croire qu'elles ne sont pas des prostituées et aux garçons, qu'ils ne sont pas leurs proxénètes", rapporte Mme Champrenault.


"Les cadences se font plus pressantes et l'entreprise, initialement consensuelle, se transforme en un rapport d'asservissement pervers", décrit la procureure générale, qui évoque une "descente aux enfers".
Pourtant, "les bancs des parties civiles sont clairsemés", les plaintes des victimes étant rares. "Le parquet endosse la responsabilité de poursuivre les délinquants sans que la plainte de la victime ne soit indispensable, même si elle est préférable", explique la procureure générale.


Elle insiste sur l'importance de "l'accompagnement personnalisé des victimes" et appelle à "la vigilance de tous, et notamment des parents". Un des défis est de "déconstruire auprès des jeunes filles l'image d'une prostitution anodine".


À Paris, "où plusieurs dossiers de proxénétisme de cité ont déjà prospéré, une information judiciaire vient d'être ouverte contre un site de petites annonces", souligne la procureure générale.
Le parquet a ouvert une information judiciaire contre X pour "proxénétisme aggravé" après une enquête préliminaire sur des soupçons de prostitution déguisée dans les petites annonces du site internet Vivastreet.

Les étudiants drépanocytaires demandent beaucoup plus d’assistance. Hier, lors de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre la maladie, l’Union universitaire de lutte contre la drépanocytose (Uuld) a organisé un panel là-dessus. Entre autres recommandations, la sensibilisation, une bonne alimentation, riche et variée, la surveillance de sa température, la consultation régulière d’un médecin sont conseillées.

Hier, la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose a été célébrée au Sénégal comme partout ailleurs dans le monde. L’Union universitaire de lutte contre la drépanocytose (Uuld) a organisé un panel de sensibilisation sur la maladie. Un moment pour les étudiants de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar vivant avec la maladie pour parler de leurs conditions d’études. Khadija Dé, présidente de l’Uuld, constate avec amertume que «c’est difficile pour les étudiants de suivre les cours et d’habiter dans les chambres du campus social, parce que ce n’est pas évident avec les conditions, c’est serré alors que les drépanocytaires ont besoin d’air». Selon elle, parmi les 300 membres que compte l’association, seuls environ 100 ne sont pas drépanocytaires. Et d’après la panéliste, Ndèye Fatou Bâ, le taux de prévalence de cette maladie héréditaire est de 10% au Sénégal.
Parlant du comportement d’un drépanocytaire pour mener une vie active, elle a recommandé ses camarades à éviter l’alcool et le tabac qui sont nocifs, dit-elle, «diminuent le taux de l’oxygène dans le sang» et cause la déshydratation. Mme Bâ, par ailleurs présidente de la commission scientifique de l’Uuld, a conseillé les uns et les autres à bannir le sport compétitif. «Il faut veiller à ne jamais manquer d’oxygène, donc éviter les endroits mal aérés, les hauteurs de plus de 1 500 m et les voyages en avion pas ou mal pressurisés», demande-t-elle. Toujours par rapport aux bonnes habitudes à avoir, Ndèye Fatou Bâ a invité les drépanocytaires à beaucoup boire, environ 3 litres d’eau par jour, avoir une bonne alimentation, riche et variée, surveiller leur température, voir régulièrement un médecin. L’étudiante en biologie a aussi exhorté les malades à bien se laver le corps et les dents pour éviter les microbes provoquant des infections, se donner et respecter une bonne hygiène de vie.
Par ailleurs, la présidente de la section Ucad a rappelé que «l’Uuld, créée en mars 2008, a depuis lors comme vocation première de venir en aide aux étudiants drépanocytaires sur le plan pédagogique mais aussi et surtout sur le plan social, et éventuellement sur le plan professionnel. Nous avons davantage besoin d’être appuyés et soutenus car la drépanocytose est une maladie aussi douloureuse que coûteuse».
Ayant besoin d’assistance aujourd’hui plus que jamais, Khadija Dé a lancé un appel aux autorités, particulièrement le ministère de la Santé et de l’action sociale mais également aux bonnes volontés.
Une minute de silence a été observée à la mémoire de Issa Baldé, Ibrahima Clédor Bodian, Abdoulaye Dieng et Mass Dia, tous des membres de l’Uuld emportés par cette maladie qui tue à petit feu. Une exposition sur les symptômes et autres informations sur la drépanocytose a été faite.

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Exilé au Qatar depuis deux ans, Karim Wade voit les obstacles se multiplier sur la route de sa candidature à l’élection présidentielle, en février 2019. De la modification du code électoral à la question de sa supposée nationalité française, passage en revue des principales difficultés susceptibles de l’empêcher de concourir à la magistrature suprême.

« Ma détermination est intacte pour affronter [Macky Sall] dans des élections qu’il essaie déjà de vous voler en espérant pouvoir choisir les candidats qui pourront l’affronter », déclarait Karim Wade, le 15 juin, dans un communiqué au vitriol diffusé à l’occasion de la Korité. Une « détermination intacte » mais des obstacles juridiques bien réels, depuis la condamnation de l’ancien ministre à une peine de six ans de prison pour enrichissement illicite, en mars 2015.
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En témoignent les déclarations du ministre de la Justice Ismaïla Madior Fall, le 10 juin, sur les ondes de la TFM, à propos d’une candidature de Karim Wade : « La loi prévoit que si un citoyen est condamné à cinq ans d’emprisonnement au moins, il perd ses droits civils et politiques. » En d’autres termes, la condamnation de l’intéressé par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) l’empêcherait d’être candidat.
Modification du code électoral

Le garde des Sceaux a-t-il dit vrai ? Dans le code électoral sénégalais figure effectivement l’article L. 31, qui interdit de s’inscrire sur les listes électorales, pendant une durée de cinq ans, toute personne condamnée « pour l’un des délits passibles d’une peine supérieure à cinq ans d’emprisonnement » – ce qui pourrait donc être le cas de Karim Wade. Mais rien n’indique pour autant que cela empêcherait ladite personne de se porter candidat à un scrutin présidentiel.

La donne a changé avec l’adoption par le Parlement, ce 18 juin, d’un projet de loi portant modification du code électoral. Ce texte oblige en effet tout candidat à être inscrit au préalable sur les listes électorales. Une position défendue par Aymérou Gningue, le chef du groupe parlementaire de la coalition Benno Bokk Yakaar (BBY) : « Comment pourrait-on être candidat sans être électeur ? Je suis moi-même maire d’une commune, et il me paraît normal que l’édile y soit aussi électeur. »

Dans une vidéo diffusée le 16 avril dernier, Karim Wade avait mis en scène sa demande d’inscription sur les listes électorales à l’ambassade du Sénégal au Koweït. Souriant, il y exhibait le récépissé signé par le président de la commission administrative. « Sa demande est actuellement examinée à Dakar », indique à Jeune Afrique une source à l’ambassade de Koweït City. En l’occurrence, cet examen dépend de la Direction de l’autonomisation des fichiers, au ministère de l’Intérieur, qui est chargée de l’actualisation du fichier électoral.
Karim Wade figurera-t-il sur les listes électorales ?

Cité par l’Agence de presse africaine (APA), le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye a fait référence à l’opposant, ce 18 juin, alors qu’il défendait devant les députés le projet de loi portant révision du code électoral. « Quand on a sa carte d’électeur, c’est qu’on est inscrit sur les listes électorales, a-t-il déclaré. Mais Karim [Wade] ne s’est pas inscrit sur les listes. Il a juste fait la demande pour y figurer. »

Son nom y figurera-t-il ? À en croire Doudou Ndir, président de la Commission électorale nationale autonome (Cena), l’heure de vérité approche. « Les listes électorales provisoires doivent être publiées très prochainement, peut-être début juillet, explique-t-il. Il y aura ensuite une phase contentieuse avant la consolidation et la publication de la liste définitive. »
« Débusquer les traîtres »

Dans un communiqué diffusé le 12 juin, le Parti démocratique sénégalais (PDS, opposition) estimait quant à lui que « rien, ni dans la Constitution ni dans aucune autre loi, n’interdit à notre candidat de se présenter à la prochaine élection présidentielle, et encore moins un jugement prononcé par Macky Sall [celui de la CREI] qui viole l’ordre public international. »

« Toute tentative de priver le peuple [du droit de choisir son prochain président] sera considérée comme une trahison et le PDS se réservera le droit de débusquer les traîtres pour leur réserver le sort qu’ils méritent », assénait le parti d’Abdoulaye Wade.

Autre difficulté en travers de la candidature du fils de l’ancien président sénégalais, que ne manque pas de soulever le camp au pouvoir : l’amende de 138 milliards de francs CFA (soit 215 millions d’euros) infligée par la CREI dans son jugement de mars 2015.

Gracié par le président Macky Sall en juin 2016, libéré de la prison de Rebeuss et exilé depuis au Qatar, Karim Wade est cependant toujours redevable de cette somme à l’État sénégalais. « Les sanctions financières contenues dans la décision de justice du 23 mars 2015 et la procédure de recouvrement déjà engagée demeurent », précisait ainsi le décret de grâce signé par Macky Sall.
« Une forme de marchandage »

Que se passerait-il en cas de retour de Karim Wade sur le sol sénégalais ? Comme le soulignait Jeune Afrique dans son numéro daté du 11 juin, le président Macky Sall a une idée très précise quant au sort qui serait réservé au candidat déclaré du PDS. « Si Karim Wade ne paie pas son amende, on exécutera la contrainte par corps », a-t-il ainsi affirmé à l’un de ses proches. En d’autres termes, l’opposant en sera quitte pour un nouveau séjour derrière les barreaux en cas de non paiement. Une position déjà exprimée publiquement par Seydou Guèye, le porte-parole du gouvernement, qui assurait récemment que Karim Wade ne bénéficierait d’aucun traitement de faveur.

« On pourrait résumer leur position ainsi : si Karim Wade les laisse en paix, il n’aura pas à craindre la prison, estime Babacar Gaye, le porte-parole du PDS. Il y a une forme de marchandage de la part du pouvoir.  »
Quid de sa nationalité française ?

Face au mutisme du principal intéressé, difficile de dire si Karim Wade a répudié sa nationalité française. C’est pourtant l’une des conditions de sa participation à l’élection présidentielle au Sénégal – la Constitution dispose en effet que « tout candidat à la présidence de la République doit être exclusivement de nationalité sénégalaise ».

Pour se défaire de sa nationalité française, le demandeur doit faire jouer l’article 23-4 du Code civil français, qui permet la « libération des liens d’allégeance envers la France ». La demande est alors transmise pour examen à la sous-direction de l’accès à la nationalité française (SDANF), qui dépend du ministère de l’Intérieur.

Sur le site du ministère, une note précise « qu’en moyenne annuelle, calculée sur la période comprise entre 2012 et 2014, 156 demandes de libération des liens d’allégeance ont été déposées et ont donné lieu, dans 90 % des cas, à une décision favorable ».

D’après un juriste au fait de ces questions, « le gouvernement, au cours de l’instruction, s’attachera à vérifier que Karim Wade manifeste une volonté d’expatriation, ce qui peut poser problème si l’intéressé possède des propriétés et une résidence en France ».

« Quoi qu’il en soit, le gouvernement dispose d’un pouvoir de décision discrétionnaire. Mais s’il rejette la demande de perte de la nationalité française, sa décision doit être motivée », ajoute-t-il.

Jeune Afrique

Le Conseil constitutionnel est habilité à effectuer le contrôle des signatures des parrains des différents candidats à la prochaine présidentielle, conformément aux dispositions de la loi Constitutionnelle en son article L29, tout comme du Code électoral aux articles L115 et L116. Ces éclairages sont des experts électoraux, en l’occurrence Ndiaga Sylla et Valdiodio Ndiaye, qui ont néanmoins formulé des craintes quant aux moyens techniques dont dispose ladite Institution juridique pour effectuer cette tâche, non sans lancer des appels aux différents acteurs.
 
Le débat juridique soulevé sur la constitutionnalité du contrôle des listes des parrains des candidats à la prochaine présidentielle par le Conseil constitutionnel, ne s’estompe toujours pas, dès lors que l’opposition regroupée autour du Front démocratique et social de résistance nationale (Fdsrn) compte déposer un recours auprès cette juridiction. Cette fois-ci, ce sont les experts électoraux, notamment Ndiaga Sylla et Valdiodio Ndiaye qui ont apporté leur contribution à ce débat. Interrogé par la rédaction, Ndiaga Sylla précise d’emblée que les dispositions de la Constitution et celles du Code électoral permettent au Conseil constitutionnel de recevoir et de contrôler les listes des parrains des candidats. A son avis, l’article 29 de la Constitution, repris par les articles L115 et L116 du Code électoral, disposent clairement que «les candidatures à l’élection présidentielle sont déposées auprès du greffe du Conseil constitutionnel». Poursuivant, M. Sylla renseigne que les articles précités du Code électoral indiquent que «maintenant, la liste des parrains est un élément du dossier de candidature». Donc, étant entendu que la liste des parrains fait partie des éléments du dossier à déposer auprès du greffe, il en conclut «qu’il doit revenir au Conseil d’examiner ces signatures». Même s’il dit comprendre les inquiétudes de l’opposition, il reste formel qu’en vertu des dispositions de la Constitution concernant la présidentielle, les partis politiques, tout comme la Cena, ne peuvent pas siéger au niveau de la commission en charge de contrôler les signatures au Conseil constitutionnel. Pour cause, il indique que ladite institution est «une juridiction», contrairement à la commission mise en place par le ministère de l’Intérieur, concernant la réception des listes pour la députation.   


Un avis que semble corroborer son collègue, Valdiodio Ndiaye, membre du Collectif des organisations de la société civile pour les élections (Cosce). Faisant la genèse des nombreuses initiatives des membres de la société civile dans la recherche de consensus sur le processus électoral, M. Ndiaye rappelle que des propositions ont été faites allant dans le sens de créer une commission qui regrouperait l’ensemble des représentants des candidats, avec des moyens technologiques plus ou moins avancés, pour procéder au contrôle du parrainage. Une demande qui s’est vu apposer par les dispositions constitutionnelles présentes dans le Code électoral qui disent que «seul le Conseil constitutionnel est habilité à recevoir les dossiers de candidature». Cela, dans la mesure où le parrainage fait partie des éléments du dossier.


Toutefois, il signale qu’en l’état, «le Conseil constitutionnel n’a pas les aptitudes techniques pour contrôler le parrainage». D’où, à son avis, la nécessité de «donner les moyens au Conseil constitutionnel d’avoir un dispositif interne de contrôle du parrainage». De son côté, Ndiaga Sylla trouve une autre formule, notamment celle de confier la réception et le traitement des listes des parrains au ministère de l’Intérieur. Ledit ministère allait pouvoir créer une commission qui regrouperait tous les représentants des candidats et pourrait délivrer une attestation aux candidats. Ce qui supposerait que, parmi les éléments du dossier à déposer auprès du greffe, il n’y aurait pas la liste des parrains, mais plutôt l’attestation fournie par le ministère de l’Intérieur. A titre d’exemple, il cite le dépôt des cautions au niveau de la banque à la présidentielle, suivi d’une quittance délivrée par la Caisse des dépôts et consignations.


Les experts électoraux appellent, tout de même, au consensus de tous les acteurs autour de ces questions de processus électoral. Valdiodio Ndiaye lance pour autant un «appel, et à l’opposition et à la majorité, avec une insistance particulière au président de la République qui a le devoir de rassurer les acteurs pour un dialogue inclusif». Il pense qu’il faut aller au-delà des contingences politiques pour se parler, afin d’éviter les situations conflictuelles. C’est pour cela qu’il préconise que les uns et les autres mettent de côté l’analyse juridique pour une analyse politique de la question.

Sudonline

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