Condamné à cinq ans de prison en première instance pour escroquerie. Mercredi matin, ils ont quitté la salle d'audience en signe de protestation. La raison de leur colère ? Le juge n'a pas donné suite à leur demande d'annuler la procédure, requête qui s'appuyait sur les violations du droit de la défense reconnues fin juin par la Cour de justice de la Cédéao.

« Une justice expéditive pour rendre inéligible Khalifa Sall à l'élection présidentielle de février prochain. » C'est en ces termes que les avocats du maire de Dakar justifient leur décision de quitter le prétoire.

Mercredi, le juge Demba Kandji n'a pas donné suite à leur requête d'annuler la procédure. Une demande qui s'appuyait sur des violations du droit de la défense reconnues fin juin par la Cour de justice de la Cédéao.

Pour les défenseurs de l'édile, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. « Nous refusons toute connivence avec la cour », explique Me Seydou Diagne.

Du côté des avocats de l'Etat, on se dit « nullement gênés » par ce boycott qui d'ailleurs n'a pas empêché le procès de se poursuivre. « Ils savent au fond qu'ils sont coupables », ajoute Me Baboucar Cissé.

Démarré début juin, le procès en appel de Khalifa Sall se déroule dans une ambiance tendue et donne lieu à sept mois de la présidentielle à de vifs débats au sein de la classe politique.

RFI

Le Haut Comissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH). Les rapports sur les abus des séparatistes anglophones se multiplient. Les témoignages de violations des droits de l'homme des forces de l'ordre sont de plus en plus nombreux dans les deux régions anglophones et dans l'extrême nord du pays où une vidéo a récemment été publiée, montrant de présumés soldats exécuter à bout portant deux femmes et leurs deux enfants.

Les vidéos et les rapports se succèdent, tous témoignent de nombreux abus et d'exactions au Cameroun. Ils préoccupent le Haut Comissariat des Nations unies aux droits de l'homme.

« On reçoit beaucoup d'allégations de violations des droits de l'homme dans la partie nord-ouest et sud-ouest du pays, de la part des forces gouvernementales, on reçoit des allégations de tueries de civils, d'usage excessif de la force, d'incendies de maisons, de détentions arbitraires et de cas de torture, explique Julie de Rivero, du département Afrique de l'agence onusienne. Et d'autre part, on reçoit aussi beaucoup d'allégations, d'abus commis par des éléments armés dans cette zone, c'est-à-dire spécialement des assassinats ciblés contre la police ou les autorités locales ainsi que des destructions d'écoles par ces éléments armés. Sur l'extrême nord du Cameroun, on a été interpellés par une vidéo justement des forces de sécurité qui auraient exécutés deux femmes et deux enfants. »

Le HCDH a fait des demandes répétées pour se rendre sur le terrain et enquêter, surtout dans les deux régions anglophones. Sans succès. « Nous aimerions réaliser des enquêtes pour aider les autorités à répondre à cette situation en respectant les cadres des droits de l'homme. Mais jusqu'à maintenant, on n'a pas reçu d'avis favorable pour pouvoir mener ces enquêtes », déplore Julie de Rivero.

L'agence onusienne étudie donc d'autres moyens pour enquêter sur ces faits, à distance grâce notamment aux nouvelles technologies.

RFI

mercredi, 25 juillet 2018 08:12

A la Une: les candidats mystères en RDC

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À six mois maintenant de l’élection présidentielle, les Congolais se posent toujours la question : qui sera le candidat de la majorité présidentielle ? Joseph Kabila va-t-il passer outre la constitution ou bien va-t-il désigner un dauphin ? L’opposition, elle, va-t-elle se mettre d’accord sur un candidat unique ? Et dans ce cas, qui ?

Ce qui est sûr, pointe le site congolais Cas-Info, c’est que la course à la présidentielle démarre ce mercredi. En effet, « la Commission Electorale Nationale Indépendante, la CENI, a confirmé hier l’ouverture des Bureaux de Réception et de Traitement des Candidatures pour le début de dépôt des dossiers de candidats présidents de la République et députés nationaux, ce mercredi 25 juillet. »

« C’est parti », s’exclame Le Potentiel à Kinshasa. « Cette opération de traitement des candidatures, qui s’étendra jusqu’au 8 août, sonne l’heure de vérité. En effet, l’Opposition croit encore en la possibilité d’une candidature unique qui lui permettrait de tenir face à son redoutable adversaire dans un scrutin à un tour. C’est donc le moment favorable pour ceux qui appellent à l’alternance de se surpasser, estime le quotidien kinois, et de taire leurs ambitions démesurées afin de ne pas prêter le flanc à l’adversaire. De son côté, la Majorité au pouvoir n’a pas encore dévoilé le nom de son candidats. Le suspense reste entier après le récent discours du chef de l’État – autorité morale de la MP – devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès. »

Katumbi et Bemba : le retour ?

Du côté de l’opposition, deux nouveautés : le retour au premier plan de Moïse Katumbi et de Jean-Pierre Bemba…

Moïse Katumbi, qui est toujours en exil, va-t-il rentrer au pays et pouvoir se présenter ? Cela en prend le chemin. Pour l’avocat parisien de l’opposant, maître Eric Dupond-Moretti, en effet, les accusations de double nationalité, congolaise et italienne, contre son client, ne tiennent pas. Et il affirme en avoir preuve de la part des autorités italiennes. Quant aux deux autres affaires dans lesquelles Katumbi serait impliqué, l’avocat parisien les qualifie de « bidons ».

« Reste donc à savoir quand et comment aura lieu le retour de Moïse Katumbi ?, s’interroge le site Afrikarabia, spécialisé sur la RDC. Car le temps presse. La course contre la montre a déjà commencé pour le dépôt des candidatures de la présidentielle. La clôture est fixée au 8 août prochain et un autre poids lourd de l’opposition a déjà annoncé son retour à Kinshasa pour le 1er août, relève Afrikarabia. Il s’agit de Jean-Pierre Bemba qui doit lui aussi déposer sa candidature pour les prochaines élections. Il reste donc 15 tout petits jours à Moïse Katumbi pour gagner son pari du retour. Après, il sera trop tard pour jouer les premiers les rôles dans le scrutin présidentiel du 23 décembre. »

Hier, Jean-Pierre Bemba a donné une conférence de presse à Bruxelles. L’opposant a confirmé qu’il souhaitait rentrer dès le 1er août à Kinshasa. Et se présenter à la présidentielle.

« Jean-Pierre Bemba, précise le site congolais Actualité.CD, a présenté son programme, un projet de société de 200 pages élaboré alors qu’il était incarcéré. (…) Il a également déclaré qu’il serait prêt à se désister au profit de celui qui serait choisi dans l’opposition comme candidat unique. 'On n’a pas beaucoup de temps, a poursuivi Jean-Pierre Bemba. J’espère rentrer au pays d’ici au 1er août. J’espère rencontrer les opposants. Nous n’avons pas le droit pour ce pays et pour ce peuple de nous diviser'. »

Un deal ?

Dans la presse ouest-africaine, on est plutôt sceptique quant à une candidature finale de Bemba…

Pour L’Observateur Paalga au Burkina, « on ne voit pas comment les autres fauves de la faune politique congolaise, comme Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe et Moïse Katumbi, qui ont tenu la maison pendant ces longues années de braise, pourraient s’effacer pour dérouler le tapis rouge au messie Bemba de retour. »

« Bemba aurait-il passé un deal avec Kabila ? », s’interroge pour sa part Ledjely en Guinée. Deux raisons à cela, avance le site guinéen : « de la part de l’ex-détenu de la Haye, les dénonciations du régime de Kabila se limitent au service minimum. Comme tous les autres opposants, il se prononce certes pour le départ de l’actuel président. Mais il le fait avec peu de fermeté. Ensuite, il y a qu’à la différence de Moïse Katumbi dont Kinshasa a fait sa bête noire, Jean-Pierre Bemba n’a eu aucune difficulté à se procurer le passeport diplomatique qui lui garantit le retour dans son pays. C’est dire donc qu’il refoulera le sol congolais avec d’une certaine façon la bénédiction de Kabila. »

JOHN WESSELS / AFP

Alors qu'il ne s'est toujours pas exprimé publiquement depuis le début de l'affaire Benalla, Emmanuel Macron a pris la parole ce mardi 24 juillet devant des élus de la majorité LREM-MoDem et plusieurs membres du gouvernement réunis à la Maison de l'Amérique latine, à Paris. Près d'une semaine après l'éclatement de l'affaire Benalla, Emmanuel Macron est venu regonfler le moral des troupes, sans la présence de la presse.

Selon des propos rapportés par des députés présents, Emmanuel Macron dit avoir ressenti les « actes du 1er-Mai » d'Alexandre Benalla comme « une trahison ».

Mais alors que quelques heures plus tôt, devant l'Assemblée nationale, son directeur de cabinet Patrick Strzoda et le Premier ministre Edouard Philippe l'exonéraient, le chef de l'Etat revendique sa responsabilité. « Ça n'est pas la République des fusibles, la République de la haine. On ne peut pas être chef par beau temps et vouloir s'y soustraire lorsque le temps est difficile. S'ils veulent un responsable, il est devant vous. Qu'ils viennent le chercher. Je réponds au peuple français », a-t-il déclaré, sans qu'on sache qui ce « ils » désignait.

« La République exemplaire n'empêche pas les erreurs. S'ils cherchent un responsable, le seul responsable, c'est moi et moi seul. C'est moi qui ai fait confiance à Alexandre Benalla. C'est moi qui ai confirmé la sanction », a poursuivi le président, toujours selon des propos rapportés. Devant la commission des Lois ce mardi après-midi, Patrick Strzoda avait affirmé avoir pris la décision de suspendre M. Benalla lui-même sans en référer au président de la République, en déplacement en Australie.

« Personne dans mon cabinet n'a jamais été soustrait aux lois de la République. Jamais », a aussi assuré Emmanuel Macron, qui s'est exprimé pendant « une bonne demi-heure » devant « beaucoup » de monde, selon un élu. Le chef de l'Etat intervenait à la Maison de l'Amérique latine devant des élus et membres du gouvernement, dont le Premier ministre Edouard Philippe, réunis pour un pot de fin de session parlementaire des députés de la majorité LREM-MoDem.

Alexandre Benalla n'a jamais détenu de codes nucléaires. Alexandre Benalla n'a jamais occupé un 300 m² à l'Alma. Alexandre Benalla n'a jamais gagné 10 000 euros. Alexandre Benalla lui non plus n'a jamais été mon amant, ces choses qu'on a entendues ces derniers jours...
Emmanuel Macron évoque le personnage Alexandre Benalla 25/07/2018 - par BFM
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Puis, toujours aux côtés des membres du gouvernement, et après l'avoir salué pour son « engagement », Emmanuel Macron a lâché Alexandre Benalla, qui était l'un de ses proches depuis sa campagne présidentielle victorieuse : « Ce qui s'est passé le 1er mai a été pour moi une trahison » a déclaré le président.

Selon un sondage publié ce mardi, 75 % des Français souhaitent que le président de la République sorte publiquement de son silence au sujet de l'affaire Benalla, du nom de son collaborateur filmé en train de molester des manifestants lors de la fête du Travail à Paris. « Emmanuel Macron parle à Emmanuel Macron. La République de l'entre-soi », a réagi le chef de file des sénateurs Les Républicains Bruno Retailleau, en échos à Eric Ciotti pour qui le chef de l'Etat « préfère s'expliquer dans l'entre-soi de sa petite caste plutôt que de donner les explications qu'attendent les Français ».

GONZALO FUENTES / POOL / AFP

Le Groupe de sécurité du président de la République, court-circuité par un personnage sulfureux ? Adjoint au chef de cabinet du président de la République, Alexandre Benalla, actuellement dans l'œil du cyclone pour sa bavure lors du défilé du 1er-Mai, et pour son rôle obscur à l'Elysée, semble s'être mêlé de la sécurité d'Emmanuel Macron depuis son élection. Une prérogative des hommes du GSPR.

Depuis l'ascension d'Emmanuel Macron, Alexandre Benalla était adjoint au chef de cabinet du président. Mais son rôle exact à l'Elysée reste flou. Pas plus tard que le 16 juillet dernier, deux mois après sa bavure à la fête du Travail, il était encore photographié dans le bus de l'équipe de France, de retour de Russie, juste devant Didier Deschamps. Certains ont évoqué un rôle prépondérant dans la sécurité du chef de l'Etat. Un rôle, une proximité, perceptibles lors de certains déplacements.

« Sa proximité avec le président n’était pas forcément liée non plus à sécurité, précise Alain Le Caro, qui a fondé le GSPR en 1982 sous Mitterrand. Elle pouvait être liée au rôle qu’il jouait officiellement au sein de l’Elysée, adjoint au chef de cabinet, sans pour autant entrer dans le champ d’intervention du GSPR. Et j’ose espérer qu’il en était ainsi. Car ce serait une faute grave, à mon avis, que de laisser plusieurs origines différentes de sécurité autour d’un même président. »

S'occuper de la sécurité du chef de l'Etat, « ça n’a rien à voir »

C'est au service d'ordre du PS que M. Benalla s'est formé aux métiers de la sécurité. Outre Montebourg et Aubry, il a notamment fait partie du service d'ordre du candidat Hollande en 2012. Sauf que protéger un candidat, ce n'est pas protéger un président. C'est l'avis du fondateur du GSPR. « Ce n’est pas là qu’on apprend la sécurité présidentielle. On fait du service d’ordre, mais on ne fait pas de sécurité présidentielle », considère Alain Le Caro, interrogé par RFI.

S'occuper de la sécurité du chef de l'Etat, « ça n’a rien à voir, c'est quelque chose de plus profond », estime l'auteur de Les mousquetaires du président. « Ce sont des techniques qui s’apprennent, on met des années pour cela et il y a, au sein du service, différentes spécialités, différentes spécialisations, qui permettent d’assurer une sécurité totale et qui nécessitent pour celui qui la commande, d’être investi de toutes ces connaissances. Ce que n’a pas M. Benalla, a priori. »

Aux yeux d'Alain Le Caro, le GSPR est l'unité chargée de protéger Emmanuel Macron, point. Toute interférence est potentiellement dangereuse. « Ça ne peut pas fonctionner. Ça ne peut pas fonctionner sur le plan de la sécurité, au niveau de l’efficacité. Si on a plusieurs responsables et si on a plusieurs services qui se superposent, en cas d’intervention, c'est contreproductif. Ça peut même attirer des incidents », estime l'ancien commandant de la sécurité de François Mitterrand.

Le préfet assume le port d'arme, parce que l'Elysée l'a demandé

Lors de son audition, lundi, le préfet de police Delpuech a dit avoir croisé M. Benalla lors de plusieurs déplacements présidentiels. Comme au Salon de l'agriculture. Il déclare lui avoir remis une autorisation de port d'arme en octobre 2017, à la demande de l'Elysée, pour ses « fonctions liées à la sécurité » : « Dès lors que l'Elysée avait relayé auprès de moi cette demande, sans faire pression, en me laissant le soin d'apprécier et d'apprécier seul, j'assume cette responsabilité. »

Lors de la campagne 2017, en marge d'une visite à l’usine Whirl­pool d'Amiens, Emmanuel Macron avait exprimé son besoin de ne pas se sentir prisonnier d'un système de sécurité trop lourd : « Les mecs de la sécu­rité, ce n’est pas eux qu’il faut écou­ter (…) Il faut prendre des risques, aller au cœur de la bête à chaque fois. Parce que si vous écou­tez les mecs de la sécu­rité, vous finis­sez comme François Hollande. Peut-être que vous êtes en sécu­rité, mais vous êtes morts. »

REUTERS/Pascal Rossignol

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb et le préfet de police de Paris Michel Delpuech ont répondu ce lundi 23 juillet aux questions des députés de la commission des Lois de l'Assemblée nationale chargée de faire la lumière sur l'affaire Benalla.

Gérard Collomb et Michel Delpuech se défendent de tout manquement. Pas question pour eux de servir de fusible dans une affaire qui, d'après eux, ne les concerne pas.

Chacun leur tour, le ministre de l'Intérieur et le préfet de police de Paris ont été passés sur le gril des députés de la commission des Lois qui cherchent à comprendre comment Alexandre Benalla, ce proche collaborateur d'Emmanuel Macron, s'est retrouvé à frapper des manifestants aux côtés des CRS lors de la fête du Travail. Et surtout pourquoi personne n'a saisi la justice après avoir eu connaissance des faits. Car l'article 40 du Code de procédure pénal est clair : tout fonctionnaire ayant connaissance d'un délit doit en informer le procureur de la République.

Collomb et Delpuech se dédouanent

Premier à être interrogé, Gérard Collomb a d'abord affirmé ne pas avoir été prévenu par avance de la présence de M. Benalla comme observateur avec la police lors des manifestations du 1er-Mai, et avoir été informé des faits de violence dès le lendemain. Aussitôt, a-t-il déclaré sous serment, il s'est assuré que la préfecture de police et le cabinet de la présidence de la République avaient été destinataires de l'information. C'était à eux d'agir, a estimé le ministre. « C'est la règle pour tous les manquements », a-t-il assuré.

→ (RE)LIRE : Affaire Benalla: Gérard Collomb charge le préfet de police et l'Elysée

Deux heures plus tard, assis à la même place, le préfet de police s'est à son tour dédouané. Après avoir appris l'existence d'une vidéo attestant du dérapage du proche du président, Michel Delpuech dit avoir contacté le ministère de l'Intérieur, qui lui aurait répondu être « déjà en liaison » avec la présidence de la République. Dès lors « il était établi pour moi que le sujet Benalla était traité par l'autorité hiérarchique dont il dépendait », a-t-il indiqué.

Michel Delpuech s'est également défendu d'avoir lui-même autorisé la présence de Benalla aux côtés des forces de l'ordre ce 1er mai. « Je n'ai jamais été sollicité par qui que ce soit dans ce sens », a-t-il assuré. Selon lui, c'est là encore l'Elysée qui aurait décidé d'intégrer Alexandre Benalla en demandant directement à la division qui gérait la sécurité de la manifestation, sans passer par lui. Pour lui, ces liens entre certains collaborateurs de l'Elysée et des gradés des forces de l'ordre relèvent du « copinage malsain ».

→ (RE)LIRE : Affaire Benalla: le préfet de police de Paris dénonce un «copinage malsain»

La version du pouvoir un peu plus malmenée

Troisième à être interrogé ce lundi par la commission d'enquête, le directeur de l'ordre public et de la circulation (DOPC), Alain Gibelin, est allé dans le même sens que son supérieur. « Alexandre Benalla ne bénéficiait d'aucune autorisation de la préfecture de police pour être sur cette manifestation » en tant qu'« observateur », a-t-il répété. Ce haut-gradé, chargé notamment de la gestion des opérations de maintien de l'ordre lors des grandes manifestations, contredit ainsi la version livrée par le porte-parole de l'Élysée Bruno Roger-Petit qui, jeudi, affirmait que M. Benalla bénéficiait d'une autorisation en tant qu'« observateur ».

L'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron a également assuré ce lundi, dans un communiqué de ses avocats, avoir « été invité » par la préfecture de police de Paris. Mais d'après Alain Gibelin, cette invitation avait été accordée, sans en référer à sa hiérarchie, par l'un des trois cadres de la police soupçonnés d'avoir transmis à Alexandre Benalla des images de vidéosurveillance tournées au moment des faits et mis en examen dimanche.

Questionné par la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, M. Gibelin a également reconnu qu'Alexandre Benalla était présent à des réunions entre ses services et l'Elysée entre le 4 et le 19 mai, période pendant laquelle l'adjoint au chef de cabinet d'Emmanuel Macron était censé être sous le coup d'une mise à pied de quinze jours.

Les regards braqués vers l'Elysée

Tous les regards se tournent désormais vers le sommet de l'Etat. Le directeur de cabinet de la présidence Patrick Strzoda, celui qui, précisément, était censé avoir sanctionné Alexandre Benalla, doit à son tour être entendu ce mardi. Le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler est prévu jeudi. Mais pour certains élus de l'opposition, Emmanuel Macron doit lui-même être convoqué par la commission d'enquête de l'Assemblée.« Je pense que Collomb est démissionné d'office. Il ne peut plus être cru par personne. Ni par les policiers qui comme vous l'avez vu ont très mal pris cette espèce d'inversion des responsabilités, ni par le président de la République qui vient de se rendre compte que M. Collomb était prêt à le lâcher en audition ni par nous, parlementaires, qu'il a refusé de rencontrer plus tôt », a déclaré plus tard sur LCI le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon.

L'ancien candidat à la présidentielle et fondateur du mouvement Génération-s Benoît Hamon a de son côté posté sur Twitter une vidéo où il demande que les commissions d'enquête de l'Assemblée et du Sénat convoquent « le président de la République ». « Parce que c'est bien autour de lui que tout se joue », estime-t-il.

« Depuis le début, c'est un peu la course à l'échalote, a réagi la députée En Marche Naïma Moutchou. Après avoir demandé la convocation, séance tenante, du ministre de l'Intérieur, du Premier ministre, la constitution d'une commission d'enquête, la motion de censure, la destitution du président de la République, on entend tout. »

Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a quant à lui qualifié de « tribunal politique » la commission d'enquête parlementaire de l'Assemblée nationale. « Quand vous avez dès ce matin, avant même que les auditions ne se soient déroulées, le co-rapporteur, Guillaume Larrivé, qui explique qu'on a affaire à une milice parallèle, à une organisation souterraine, et que c'est une affaire d'Etat, moi je m'interroge sur la déontologie de cette commission », a-t-il déclaré sur LCI.

Quelles options pour Macron ?

Depuis les révélations du Monde mercredi 18 juillet, le chef de l'Etat reste quant à lui muet. Il s'est contenté de faire savoir dimanche via son entourage, à l'issue d'une réunion à l'Elysée, qu'il considérait les faits reprochés à son ex-collaborateur « inacceptables » et qu'il n'y aurait « pas d'impunité ». Le président a par ailleurs annoncé qu'il n'assisterait pas à une étape du Tour de France mercredi dans les Pyrénées. « Rien à voir » avec l'affaire Benalla, a affirmé son entourage.

On peut cependant en douter. En pleine crise, Emmanuel Macron ne pouvait pas donner l'impression de ne pas prendre la mesure des événements en se rendant sur les routes ensoleillées du Tour comme si de rien n'était.

Les propos tenus en privé dimanche soir par le chef de l'Etat et rapportés par son entourage, selon lesquels il serait déterminé « à établir la vérité », ne pourront suffire à calmer les esprits et à lui permettre de se dégager de toute responsabilité aux yeux des Français. Emmanuel Macron va devoir aller plus loin. En s'exprimant publiquement ? Certainement. Il a fait savoir qu'il le ferait en temps utile. Mais peut-être pas avant d'avoir pris des décisions concrètes et trouvé un fusible. Reste à savoir qui.

Le scandale avait enflammé l'Allemagne bien avant le début de la Coupe du monde en Russie, et il n'a sans doute pas arrangé les affaires de la Mannschaft, éliminée précocement après des défaites contre le Mexique et la Corée du Sud. Sommé de faire montre de loyauté, le footballeur Mesut Özil, qui s'était laissé prendre en photo avant la compétition aux côtés du président du pays de ses parents, la Turquie, a annoncé dimanche 22 juillet qu'il mettait entre parenthèses sa carrière internationale.

C'est une photo qui a complètement changé les rapports de Mesut Özil avec sa sélection et son pays. Le 15 mai dernier, le meneur de jeu d'Arsenal et de la Mannschaft, avec son coéquipier Ilkay Gundogan, posent en compagnie de Recep Tayyip Erdogan, alors en pleine campagne pour sa réélection à la présidence turque. Des clichés de deux stars allemandes d'origine turque, réutilisés à des fins électorales avant le scrutin du 24 juin, finalement remporté par le chef de l'Etat.

Champion du monde en 2014 avec l'Allemagne, numéro 10 de sa sélection, Özil avait alors subi un flot de critiques. Il s'était d'abord excusé mais cette polémique a peut-être fini par influer sur ses performances, jugées décevantes lors du Mondial, comme celles de ses coéquipiers. En tout cas, le joueur n'a pas digéré les attaques, qui n'ont forcément pas cessé depuis l'élimination des Allemands au premier tour du tournoi (la plus grosse désillusion de l'histoire de cette équipe).

Sur son compte Twitter, l'élégant meneur d'Arsenal a expliqué qu'il ne jouerait plus pour l'Allemagne aussi longtemps qu'il ressentirait « du racisme et du manque de respect à son égard ».

Ce n'est donc pas un choix sportif de sa part. Il cible notamment Reinhard Grindel, le président de la Fédération, qui ne l'a pas soutenu. Et d'expliquer : « Je suis Allemand quand nous gagnons, mais un immigré quand nous perdons », qualifiant M. Grindel d'incompétent.

Erdogan avec Gündogan, Ozil et Tosun, à Londres le 13 mai 2018.Kayhan Ozer/Presidential Palace/Handout via REUTERS

« Mes racines ancestrales recouvrent plus qu'un seul pays »

Sur le fond, Özil assume totalement. Il explique que cette photo avec le président Erdogan n'était qu'une marque de « respect envers la plus haute fonction du pays de (ses) parents », et qu'il la referait. « Comme beaucoup de gens, mes racines ancestrales recouvrent plus qu'un seul pays. J'ai certes grandi en Allemagne, mais mon histoire familiale a ses racines solidement basées en Turquie. J'ai deux coeurs, un allemand et un turc », plaide le joueur de 29 ans.

« Je suis conscient que la photo a causé d'énormes réactions dans les médias allemands, mais alors que certaines personnes peuvent m'accuser de mentir ou d'être malhonnête, la photo que nous avons prise n'avait aucune intention politique », considère l'international aux 92 sélections tout de même. Après le tournoi, le manager de l'équipe, l'ancienne star Oliver Bierhoff, était allé jusqu'à affirmer qu'il « aurait fallu envisager de se passer d'Özil » pour ce Mondial.

Né dans l'ancien bassin minier de la Ruhr, région qui compte de nombreux Turcs ou personnes d'origine turque depuis les années 1960, Mesut Özil quitte donc la sélection nationale après avoir été l'un des grands artisans de son cinquième titre de champion du monde en 2014 au Brésil. Tout en laissant la porte ouverte, il tire sa révérence sur une note amère, entre l'élimination et cette polémique. « Je ne me sens plus le bienvenu », conclut-il dans son communiqué.

■ Réactions en Allemagne, et bien sûr en Turquie

Il n'aura fallu que quelques heures après la publication des quatre pages d'explications de Mezut Özil sur les réseaux sociaux, avant que plusieurs ministres turcs s'expriment sur Twitter. Le ministre des Sports a de nouveau partagé la photo de l'international allemand avec le président Recep Tayyip Erdogan, précisant : « Je soutiens pleinement la position honorable de notre frère Mesut Özil. » Quant au ministre de la Justice, il a eu ce commentaire : « Je le félicite, il a marqué le plus beau but contre le virus du fascisme. »

Les autorités turques s'étaient emparées du sujet dès le début de la polémique en Allemagne. Pour le porte-parole du président turc Ibrahim Kalin, « quel dommage pour ceux qui se disent tolérants et multiculturalistes ! » De son côté, Angela Merkel a réagi sobrement. La chancelière avait défendu le joueur. Elle déclare ce lundi, via sa porte-parole : « Mesut Özil a beaucoup fait pour l'équipe nationale. Il a désormais pris une décision qui doit être respectée. » Mais la Fédération allemande de football (DFB) rejette les accusations de racisme.

Kayhan Ozer/Presidential Palace/Handout via REUTERS

Le dirigeant chinois Xi Jinping est arrivé à Dakar samedi 21 juillet, en milieu d'après-midi, pour une visite d'Etat de deux jours. Il a été accueilli sur le tarmac de l'aéroport militaire par son homologue Macky Sall, accompagné pour l'occasion du gouvernement sénégalais au grand complet. Avant une séance de travail entre les deux chefs d’Etat à la présidence, qui a débouché sur plusieurs accords.

C’est précédé de l’escadron monté de la gendarmerie sénégalaise et acclamé par la foule massée sur le bas-côté, que le cortège de Xi Jinping arrive au Palais présidentiel, à Dakar.

Au programme de la rencontre avec son homologue Macky Sall qui l’accueille samedi en fin d'après-midi : un entretien à huis clos et la signature d’accords dans des domaines allant de la justice aux infrastructures, en passant par l’aviation civile.

A la sortie de la séance de travail, devant la presse, le président sénégalais affiche sa satisfaction : « En plus de cette coopération officielle, nous allons aussi promouvoir les investissements directs entre nos deux pays en facilitant la collaboration entre les secteurs privés chinois et sénégalais ».

Xi Jinping, qui se déplace avec une importante délégation d’hommes d’affaires a redit tout son intérêt pour le continent africain. « Chaque fois que je viens en Afrique, je peux pleinement mesurer le grand dynamisme de ce continent et je peux sentir profondément l’aspiration du peuple africain à une vie meilleure », affirme le secrétaire général du Parti communiste chinois. « J’ai le vif sentiment que ce continent recèle un énorme potentiel de développement et qu’il est promis à un avenir radieux. »

C’est la première visite du président chinois en Afrique de l’Ouest et au Sénégal, où la Chine finance déjà pas moins d’une quarantaine de programmes, et notamment le plus important projet routier du pays.

Les Dakarois attendent près du palais présidentiel l'arrivée du présidnet chinos Xi Jinping, le 21 juillet 2018. © REUTERS/Mikal McAllister
REUTERS/Mikal McAllister

Le président chinois est en tournée sur le continent africain, pour sa première visite à l’étranger, depuis sa réélection en mars dernier. Xi Jinping s'est d'abord rendu à Dakar, au Sénégal, où il est arrivé hier et d'où il est parti aujourd'hui pour le Rwanda. Après avoir signé des accords économiques, samedi, dans le domaine de la technologie, la justice ou encore l'aéronautique, il a inauguré, ce dimanche 22 juillet, aux côtés de son homologue, Macky Sall, la toute nouvelle arène de lutte du pays, financée et construite par la Chine. Il s’agit d’une infrastructure qui faisait défaut au Sénégal où la lutte est pourtant importante.

Abrités du soleil ardent par une tente en plastique rouge, les couples présidentiels sénégalais et chinois font face au nouvel ouvrage, à savoir une arène de plus de 20 000 places, aux couleurs du Sénégal. Son terre-plein de sable accueillera bientôt des combats de lutte, sport traditionnel du pays qui donne lieu à des matchs spectaculaires et extrêmement populaires.

La remise de clé, par Xi Jinping à Macky Sall, de cette infrastructure financée et bâtie par les Chinois se veut le symbole du partenariat « gagnant-gagnant » entre les deux pays, pour reprendre un terme cher aux discours officiels.

Dans le gradin réservé aux anciennes gloires de la lutte, Pape Diop «Boston», ancien champion d’Afrique, est tout ému.

« Nous l’avons attendu pendant des années, des années et des années. Je suis donc très fier d’avoir ce bijou, très fier de regarder cette coopération entre la Chine et le Sénégal ; entre les deux présidents », se réjouit-il.

A quelques mètres, Massamba, du Collectif des fans clubs de la Lutte, est également conquis.

« Nous sommes vraiment très contents des Chinois parce que c’est un rêve réalisé ! Nous espérons que nous allons venir ici, avec discipline, et que les autorités auront beaucoup de rigueur pour l’entretien, pour plus de durabilité », espère Massamba Dieye.

La cérémonie s'est achevée par une parade de lutteurs. C’était aussi la dernière étape de cette visite, la deuxième d'un dirigeant chinois au Sénégal, en près de 10 ans.

RFI

Le pays traverse des crises dans tous les secteurs d’activité, sans oublier le net recul des libertés publiques et le manque d’indépendance de la justice. C’est le sombre tableau peint par l’ancien Premier ministre du président Wade, Hadjibou Soumaré, candidat à la présidentielle prochaine. L’ex-président de la Commission de l’Uemoa qui a déclaré officiellement sa candidature hier, dimanche 22 juillet, dit répondre aux interpellations des Sénégalais.
 
C’est maintenant officiel. L’ex-président de la Commission de l’Uemoa, ancien Premier ministre (Pm) d’Abdoulaye Wade de 2007 à 2009, est candidat à la succession du président Macky Sall, en 2019. Hadjibou Soumaré a présenté de manière officielle sa candidature hier, dimanche 22 juillet, dans une salle du Grand Théâtre de Dakar archicomble de militants, sympathisants et souteneurs. Pour justifier son engagement politique, le technocrate laisse entendre que «les Sénégalais nous interpellent». Dressant un tableau sombre du pays sous le régime actuel, il dira sans fioritures que «le constat est largement partagé». Ce constat, à son avis, est que «notre pays n’avance pas dans la réduction de la pauvreté. Il n’avance pas, alors même que nos libertés reculent, nos institutions s’affaiblissent, notre diplomatie perd de son influence».

Se voulant plus clair, l’ancien Pm du président Wade a passé au peigne fin tous les secteurs. Sur la situation du pays, il dit constater «la montée des inquiétudes», après plusieurs années d’observation. Critiquant à cœur joie la gestion actuelle du pouvoir, il dira : «je vois les difficultés que beaucoup de familles éprouvent encore pour se nourrir correctement. Je constate la crise dans beaucoup de secteurs de la société. Je note les interpellations sur le recul des libertés publiques et le manque d’indépendance de la justice. J’entends la colère des étudiants, ainsi que celle de nombreux jeunes sans emploi et sans espoir». Ce qui est, à ses yeux, «simplement inacceptable pour le Sénégal, pour un pays qui a toujours été à l’avant-garde sur notre continent».

S’offusquant ainsi de l’incapacité des acteurs politiques de «pouvoir garantir les besoins de base des populations», élection après élection, M. Soumaré trouve par conséquent «qu’il est urgent d’agir pour construire notre avenir commun et celui de nos enfants, car nous sommes aujourd’hui confrontés à l’urgence absolue du moment». Se voulant optimiste pour avoir constaté que «les Sénégalais sont prêts à s’engager pour un avenir meilleur», il a lancé un appel à toutes les forces vives de la Nation pour redresser le pays. Dans son invite, Hadjibou Soumaré qui était Pm lors des Assisses nationales, en 2008, a fait un clin d’œil au peuple des Assises pour la relecture des recommandations issues de ces concertations, mais dans un «dialogue inclusif et consensuel».

Sud Quotidien

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