Après l'interdiction de la mini-jupe, du défrisage des cheveux, du vernis à ongle dans les écoles, la ministre burundaise de l'Eduction s'attaque à un nouveau chantier dans le cadre de la moralisation de la société. Il y a une dizaine de jours, elle a sorti une circulaire qui interdit désormais aux jeunes filles enceintes de réintégrer leur école qu'elle soit publique ou privée (et du primaire au lycée) après la naissance de l'enfant. Une mesure qui suscite une levée de boucliers de la part de nombreuses ONG qui dénoncent un recul et une décision qui pénalise les victimes. Mais la directive serait venue, selon une information RFI, directement du chef de l'Etat.

L'injonction est venue du propre chef de cabinet du président burundais, selon une correspondance datée de fin mai et qui est parvenue à RFI. Il ordonne à la ministre de l'Education au nom du président Pierre Nkurunziza d'interdire désormais la réintégration dans les écoles publiques ou privées, primaire, collège ou lycée, d'une fille « victime de grossesse » « ou de la contraindre au mariage ». Cette mesure s'applique également « au garçon auteur de la grossesse ».

Seule possibilité qu'il leur est offerte pour assurer leur avenir : faire une école des métiers ou suivre une formation professionnelle. Message entendu, la ministre de l'Education Janvière Ndirahisha a repris quasi mot-à-mot il y a quelques jours l'injonction présidentielle dans une directive envoyée aux responsables de l'enseignement de toutes les provinces du pays pour qu'elle soit mise en application à la prochaine rentrée scolaire.

Mais la décision passe mal, d'autant plus que le sujet fait débat depuis des années au Burundi.

Les organisations de défense des enfants alertent depuis des années sur les chiffres « alarmants » de jeunes filles âgées de 12 à 18 ans du primaire et du secondaire qui tombent enceinte chaque année, environ 1700 rien que l'année passée. Le gouvernement s'en est même ému publiquement, à plusieurs reprises.
Plusieurs ONG locales sont donc montés au créneau pour demander au pouvoir burundais à revenir sur une mesure qui « sanctionne des victimes » et viole le droit international et national.

Mais silence radio du côté des autorités, la ministre de l'Education et son porte-parole refusent de s'exprimer sur le sujet.

RFI

La France, qui avait été éliminée à ce stade de la compétition par l’Allemagne au Brésil en 2014, va cette fois tenter de se hisser en demi-finale. Pour atteindre le dernier carré de la Coupe du monde, les tricolores devront « se sublimer » pour enfin battre l’Uruguay ce vendredi 6 juillet dans le stade de Nijni Novgorod. Avec ou sans Edinson Cavani, le joueur vedette des Celestes incertain pour la rencontre.

Avec notre envoyé spécial à Nijni Novgorod,

Après un match de référence face à l’Argentine, la France s’attaque à un autre pays sud-américain, l’Uruguay. Et la grande question qui se pose à la veille de cette confrontation : Edinson Cavani sera-t-il sur le terrain ?

Le joueur du Paris-Saint-Germain s’est blessé en huitième de finale contre le Portugal, après avoir inscrit le doublé qui a éliminé Cristiano Ronaldo. L’ancien joueur de Naples s’est entraîné seul à la veille de ce quart de finale.

Luis Suarez, une grenade à dégoupiller 06/07/2018 - par Christophe Jousset
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Mais comme l’indique Didier Deschamps, le sélectionneur des Tricolores, la Celeste a de quoi faire avec Cristhian Stuani, attaquant de Girona, en Espagne. L’homme a inscrit 21 buts en 33 matchs cette saison en Ligue 1.

« Je prépare mon équipe dans le cas où Cavani est là, mais je sais qu’il y a d’autres options possibles, avance Deschamps. Cavani, c’est le top mondial, on le connaît. Mais s’il n’est pas là, cela ne change pas le visage de l’Uruguay », insiste le technicien français.

Face à l’Uruguay, la France affiche un bilan pas très favorable. Lors des quatre dernières confrontations, les Bleus ont perdu une fois (1-0) et fait trois matchs nuls sans aucun but marqué.

Didier Deschamps se veut prudent 06/07/2018 - par Antoine Grognet
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Contre un bloc défensif, le Français Kylian Mbappé pourrait-il renouveler sa prestation (deux buts) face à l’Argentine ? « C’est très bien ce qu’il a fait contre l’équipe de Lionel Messi. C’est une bonne caisse de résonance, mais il s’est remis au travail », note Deschamps.

Depuis le début de la compétition, l’Uruguay n’a encaissé qu’un seul but. De quoi envisager une séance de tirs au but ? Avant de penser aux penaltys, « il y a 90 minutes à jouer et des prolongations. Il faut se sublimer pour passer en demi », explique le capitaine Hugo Lloris.

« L’Uruguay, c’est un 4-4-2 compact, où ils défendent tous ensemble. Ce sera totalement différent que face à l’Argentine, ce sera un match chiant », prévenait déjà Antoine Griezmann en conférence de presse, dimanche 1er juillet.

FRANCK FIFE / AFP

Emporté par une vague de scandales retentissants, le directeur de l’Agence américaine pour la protection de l’environnement (EPA) démissionne. Depuis sa nomination, Scott Pruitt, un climato-sceptique, a dépensé des sommes considérables pour assurer le confort de sa fonction aux frais du contribuable. Le président américain a annoncé sur Twitter avoir accepté sa démission.

Avec notre correspondante à Washington,  Anne Corpet

« Scott a réalisé un travail exceptionnel et je lui en serai toujours reconnaissant », écrit Donald Trump, sur Twitter comme d'habitude, sans faire mention de la série de scandales qui ont conduit le directeur de l’Agence de protection de l’environnement, arrivé avec lui en janvier 2017, à rendre son tablier.

« Les attaques implacables contre moi et ma famille sont sans précédent et ont eu un impact considérable sur nous tous », constate pour sa part Scott Pruitt dans sa lettre de démission. Le républicain était visé par une dizaine d’enquêtes. Sa position n’était plus tenable malgré la protection du président.

Depuis l'arrivée à la tête de l’Agence de protection de l’environnement du procureur général de l'Oklahoma, quasiment pas une semaine ne s’était écoulée sans qu’une nouvelle affaire ne survienne. Liens douteux avec les lobbyistes, train de vie somptueux, utilisation de fonds publics à des fins personnelles...

Probablement un autre climato-sceptique pour remplacer Scott Pruitt

La liste des scandales est interminable. Scott Pruitt a dépensé trois millions de dollars d'argent public pour assurer sa sécurité et le confort de sa fonction, avec parfois des choix étranges aux frais du contribuable. Par exemple l'installation d'une cabine téléphonique sécurisée dans ses bureaux pour 43 000 dollars.

Son bilan se résume en une ligne : détruire un maximum de réglementations instaurées sous l’administration Obama pour protéger l’environnement. Avant sa nomination, M. Pruitt était l'un des plus efficaces lobbyistes du secteur pétrolier, et l'un des plus farouches soutien du retrait de l'accord de Paris.

Son départ ne signifie pas que cette politique va cesser. Son adjoint, qui lui succède en attendant la nomination d'un nouvel administrateur, est aussi un ancien lobbyiste : il a longtemps représenté l'industrie du charbon dans la capitale fédérale, Washington. Et comme Scott Pruitt, c'est un climato-septique.

RFI

Le coup d’envoi des quarts de finale de la Coupe du monde approche. L’une des affiches les plus alléchantes opposera la Belgique au Brésil à Kazan. Des Diables rouges revenus de très loin, car menés 2-0 face au Japon en huitièmes à 20 minutes de la fin. Ils sont parvenus à renverser la vapeur et à l’emporter 3-2 au terme d’un match magnifique et surtout grâce au coaching de leur sélectionneur, Roberto Martinez.

Remercier l’entraîneur après une rencontre ? A Rostov, lundi dernier lors de Belgique-Japon (3-2), ce fut un reflexe pour Nacer Chadli, l’homme qui a donné la victoire aux Diables Rouges dans les tout derniers instants de la rencontre. Sorti du banc quand les choses se sont compliquées, il a été déterminant tout comme Marouane Fellaini, auteur du but de l’égalisation.

Roberto Martinez, leur sélectionneur, a de nouveau marqué des points. Son coaching a permis à la génération dorée belge de s’offrir enfin un match référence et d’éviter un nouveau fiasco. La défaite, le jeune technicien de 44 ans ne l’a pratiquement jamais connue sur le banc des Diables rouges.

Son bilan pour l’instant : 18 succès en 24 matchs et un seul revers face à l’Espagne en septembre 2016 (2-0) à l’occasion de ses débuts. L’Espagne, son pays natal. Mais le footballeur et l’entraîneur Martinez se sont construits en Angleterre.

Contingent « anglais »…

C’est à Swansea puis à Wigan qu’il établit sa réputation de manager. A la clé : une prestigieuse Coupe d’Angleterre en 2013 avant de prendre les rênes d’Everton, l’autre club de Liverpool, pendant trois saisons.

L’Angleterre, ça tombe bien : 12 Diables rouges sur les 23 présents en Russie évoluent en Premier League. Le tacticien ambitieux fait pratiquer à ses talentueux joueurs un football offensif. Avec déjà 12 buts, les coéquipiers d’Eden Hazard possèdent la meilleure attaque de cette Coupe du monde.

Mais tout n’est pas parfait et certains choix de Martinez continuent d’interroger comme contre le Japon où son équipe a paru manquer d’inspiration, à l’image du chef d’orchestre Kevin de Bruyne. La défense à trois s’est montrée très fragile face au Japon et certains éléments semblent évoluer contre-nature comme Ferreira Carrasco perdu sur son côté gauche.

A l'heure de faire face au Brésil, Martinez serait bien inspiré de trouver la clé pour se qualifier en demi-finale de Coupe du monde pour la première fois depuis 1986.

COUPE DU MONDE 2018

QUARTS DE FINALE

Q1 : FRANCE – URUGUAY ► Vendredi 6 juillet à 14h à Nijni Novgorod
Q2 : BRESIL – BELGIQUE ► Vendredi 6 juillet à 18h à Kazan
Q3 : SUEDE – ANGLETERRE ► Samedi 7 juillet à 14h à Samara
Q4 : RUSSIE – CROATIE ► Samedi 7 juillet à 18h à Sotchi

DEMI-FINALES

D1 : VAINQUEUR Q1 – VAINQUEUR Q2 ► Mardi 10 juillet à 18h à Saint-Pétersbourg
D2 : VAINQUEUR Q3 – VAINQUEUR Q4 ► Mercredi 11 juillet à 18h à Moscou

MATCH POUR LA 3 PLACE

PERDANT D1 – PERDANT D2 ► Samedi 14 juillet à 14h à Saint-Pétersbourg

FINALE

VAINQUEUR D1 – VAINQUEUR D2 ► Dimanche 15 juillet à 15h à Moscou

REUTERS/Hannah McKay

Dakar 4 juil (APS) - Le président de l’’Alliance en faveur de la loi sur la CMU’’ (Couverture maladie universelle), Justin Tine, a jugé, mercredi, ‘’nécessaire de lancer une série d’activités impliquant les parlementaires’’, pour qu’ils comprennent ‘’les enjeux de cette politique sanitaires et les difficultés auxquelles les gens sont confrontés’’.

 
‘’On a jugé nécessaire d’apporter une contribution non pas individuelle en tant qu’organisation individuelle pour soutenir cet effort consolidé par les mutuelles de santé, car nous devons le renforcer et faciliter le dialogue pour sa pérennisation ‘’, a dit M. Tine, lors d’un atelier sur la CMU, organisé avec la commission ’’Santé, affaires sociales et solidarité nationale de l’Assemblée nationale.
 
Il a expliqué que c’est pour cette raison que ‘’l’Alliance a jugé également [nécessaire] de lancer cette série d’activités, en impliquant les parlementaires, pour qu’ils comprennent les enjeux de cette politique sanitaires et les difficultés auxquelles les gens sont confrontés’’.
 
Il s’agit aussi de faire en sorte qu’’’ils soient préparés à apporter leur contribution majeure et substantielle dans cette discussion qui pourrait dériver vers un cadre beaucoup plus organisé sur le plan juridique mais aussi à travers une loi’’.
 
Selon lui, ‘’l’Etat du Sénégal a pris une initiative noble en ayant le courage de lancer un programme qui vient consolider des actions communautaires dans les années 90 à travers les initiatives de certains villages de mettre en place des mutuelles de santé’’.
 
‘’Il me semble important, en tant que parlementaire, de porter le plaidoyer à l’endroit de la population mais aussi à l’endroit de l’autorité et des partenaires stratégique, pour qu’ils puissent encore doter de moyens la CMU’’, a souligné la présidente de la commission Santé, affaires sociales et solidarité nationale de l’Assemblée ntionale, Aminata Guèye.
 
Elle a rappelé que l’objectif de cette rencontre était ‘’d’outiller les parlementaires que nous sommes et de mettre à notre portée le maximum d’informations à propos de la CMU’’.
 
Elle estime que ‘’c’est un programme très ambitieux de la part de l’Etat et en tant qu’élus du peuple, nous avons le devoir et l’obligation de relayer les informations mettant le focus sur la sensibilisation à la plus basse échelle dans les conseils de quartier avec les organisations communautaires, pour qu’elles comprennent la loi’’.
 
‘’Il s’agit de comprendre et d’apporter des amendements quand la loi passera à l’Assemblée nationale, s’ils [s’avèrent] nécessaires ‘’, a-t-elle précisé.

DS/ASG/OID

Rejointe dans le temps additionnel, l'Angleterre est venue à bout de la Colombie grâce à la séance de tirs au but (1-1, 4-3 t.a.b.) ce mardi 3 juillet à Moscou. Les « Trois Lions » joueront leur quart de finale face à la Suède. Ils n'avaient pas atteint ce stade de la compétition depuis 2006 en Allemagne.

Moscou, envoyé spécial

Sauvés par une transversale lors de la séance de tirs au but, les Anglais ont tremblé face aux Colombiens. A Moscou, dans le stade du Spartak, les Blanc et bleu marine ont certainement joué leur match le plus important de la décennie. Car ce soir, face aux coéquipiers de Radamel Falcao privés de James Rodriguez, il s'agissait non seulement d'accéder aux quarts de finale, mais également de mettre un terme à des années de contre-performances.

Depuis son dernier quart de finale disputé en 2006, l’Angleterre enchaîne les loupés avec régularité… Humiliés en huitième de finale par l'Allemagne (4-1) en 2010, derniers de leur groupe en 2014 au Brésil, sans aucune victoire, les Anglais ont désormais la chance de faire briller une nouvelle génération de joueurs.

Yerry Mina remet remis les deux équipes à égalité

On retiendra du match de ce soir qu’Harry Kane a inscrit son sixième but lors de ce Mondial en Russie à la faveur d’un penalty (57e). Mais aussi que Les « Trois Lions » n’ont pas su gérer leur avance et se sont faits rattraper dans les arrêts de jeu après un but du défenseur colombien Yerry Mina (94e+4). Avec sa troisième réalisation dans le temps additionnel en Coupe du monde, le Barcelonais a forcé les Anglais à jouer les prolongations.

C'est finalement Eric Dier (Tottenham) qui a transformé le tir au but de la victoire. Absent de la feuille de match, James Rodriguez a rejoint en larmes ses coéquipiers après l’élimination.

Sur les sept prolongations anglaises depuis 1966, trois étaient allées jusqu'aux tirs au but. L'Angleterre avait échoué à chaque fois (Allemagne en 1990, Argentine en 1998 et Portugal en 2006). Face à la Colombie, le scénario cauchemardesque ne s’est pas reproduit.

Plus de trente minutes après la fin de la rencontre, les supporters anglais étaient encore dans l’enceinte du Spartak, salués par plusieurs joueurs. Avec un tableau complètement dégagé depuis que l'Espagne, ex-grandissime favori, a été écartée de la route de la finale par la Russie, les coéquipiers d'Harry Kane deviennent désormais des outsiders crédibles.

La réaction de José Pekerman, sélectionneur de la Colombie : « Il y a de nombreuses situations où l'on avait l'impression qu'il fallait siffler quelque chose. Cela n'enlève rien au fait que l'Angleterre a une très bonne équipe et que la Colombie a prouvé qu'elle était une équipe avec de nombreuses vertus : courageuse, équilibrée, bien que nous manquions peut-être d'une certaine profondeur. »

La réaction d'Eric Dier, milieu de l'Angleterre, auteur du tir au but décisif : « Se faire renverser à la fin comme ça nous est arrivé avec ce but dans le temps additionnel, c'est dur de s'en remettre. Mais nous l'avons fait. On était prêt pour ça. On savait ce qu'on avait à faire, on est resté calme, on a respecté le plan, on n'a jamais paniqué jusqu'au bout. On savait que si cela devait aller aux tirs au but, il fallait aller aux tirs au but. On était prêt. »

REUTERS/Christian Hartmann

mercredi, 04 juillet 2018 08:02

RDC: l’ONU se penche sur les crimes commis dans le Kasaï

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Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies s’est réuni mardi 3 juillet à Genève et parmi les dossiers examinés : la situation dans les Kasaï, en République Démocratique du Congo. Une réunion intervenue une semaine après la remise par des experts de l’ONU d’un rapport sur les crimes commis lors du cycle de violences et de répression entre 2016 et 2017, dont certains peuvent être qualifiés de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

Les experts des Nations unies le reconnaissent volontiers, leur rapport « n'est pas complet ». 5 mois d'enquête, 3 visites sur le terrain et quelque 500 témoins et victimes interrogés ne suffisent pas pour faire un tableau exhaustif des violences commises dans le Grand Kasaï pendant plus d'un an. L’objectif était seulement « de peindre de façon juste et neutre les phénomènes qui se sont produits, à grands traits », explique Luc Côté, l’un des auteurs du rapport.

Mais selon les experts, les crimes listés permettent de confirmer un niveau de violence extrêmement élevé dans le Kasaï et l'existence de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité commis par les forces armées de la République démocratique du Congo pour beaucoup, mais aussi par les milices, notamment les Kamuina Nsapu.

La volonté de nuire mais aussi un certain niveau d'organisation se retrouvent toutefois chez l'ensemble des auteurs de violence, affirment les experts. Ils citent pour exemple les opérations de porte-à-porte, véritable campagne de terreur, avec viols et pillages menés par l'armée. Et, du côté des Kamuina Nsapu, les centaines d'enfants recrutés de force, obligés de décapiter leurs victimes.

Des poursuites judiciaires qui se font attendre

Les experts disent avoir voulu constituer une base de données pour que le Congo puisse lancer des poursuites. Des poursuites qui tardent à se mettre en place, ont regretté de nombreux pays membres du Conseil des droits de l'homme aujourd'hui.

Les experts souhaitent à présent savoir « ce qui va être fait par les autorités congolaises pour améliorer l’efficacité, la capacité du système de justice en place, pour avoir des résultats ». Le Canadien Luc Côté, l'un des trois experts, espère donc que le Conseil des droits de l’homme de l’ONU se concentre sur la surveillance du suivi judiciaire au Congo, qu'il « regarde ce qui se passe au niveau de la justice ».

Car les poursuites tardent à se mettre en place, ont regretté de nombreux pays membres du conseil des droits de l'homme ce mardi.

Luc Côté, l'un des trois experts de l'ONU sur la situation dans la région du Kasaï
04-07-2018 - Par Léa-Lisa Westerhoff
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02:27

Bacre Waly Ndiaye, le président de l'équipe d'experts internationaux signataires ud rapport, déplore lui aussi « le manque de progrès dans les procès judicaires en cours ». « Un problème d’impunité subsiste au regard de l’ampleur et de la gravité des crimes commis au Kasaï », juge-t-il. « Les informations recueillies par l’équipe montrent que les auteurs présumés des violations et crimes font rarement l’objet de poursuites judiciaires ».

C'est pourquoi les trois experts attribuent « une grande place aux recommandations judiciaires [...] pour que les auteurs et commanditaires des crimes odieux soient jugés ». Bacre Waly Ndiaye appelle également de ses vœux « un processus de justice transitionnelle visant à établie la vérité et à apporter réparation aux victimes afin d’assurer la réconciliation ».

« L’impunité est une pandémie en RDC »

Mais pour de nombreuses ONG, demander à la RDC d'entamer des poursuites est inutile. Jean-Mobert Nsenga, chercheur sur la RDC pour Amnesty International rappelle que « ce ne sont pas les premiers faits graves documentés en RDC ». Il juge que « l’impunité est une pandémie en RDC » et qu’en conséquence « répéter la même chanson » ne sert à rien, que « c’est quelque chose qu’on entend depuis vingt ans ».

Il demande à la communauté internationale de prendre ses responsabilités et de s’assurer que tous les auteurs de « violations graves des droits de l’Homme et les crimes internationaux, y compris au plus haut niveau de forces de sécurité et des autorités politiques, répondent de leurs actes ».

« Sur douze cas parmi les plus graves qui ont été documentés parmi les Nations unies, il y a eu seulement un début d’investigation et de procès dans deux cas. Et même dans ces deux cas, seulement des officiers de petit rang ont été condamnés. La Cour militaire n’a jamais regardé à travers la chaîne de commandement où se situaient d’éventuelles responsabilités », regrette le chercheur.

La ministre des droits de l’homme congolaise, Marie-Ange Mushobekwa, a reconnu la lenteur des procédures, notamment pour les deux experts de l’ONU tués, mais elle affirme que c’est pour mieux préparer le dossier d’instruction. D’après elle, la justice congolaise a besoin d’un peu de temps, mais elle promet que tous ceux qui se sont rendus coupables de crimes seront poursuivis.

Cette responsable politique a également demandé que le mandat des experts du Haut-commissariat aux droits de l’Homme soit prolongé d’un an, afin qu’ils puissent compléter leur enquête. Une résolution pour statuer sur cette demande doit être adoptée rapidement par les Etats membres.

RFI

Le Parti démocratique sénégalais entend réagir après l’exclusion de Karim Wade des listes électorales. Un rejet qui prive le fils d’Abdoulaye Wade de la possibilité de se présenter à la prochaine élection présidentielle, puisque le fait d'être électeur est désormais un sésame obligatoire pour candidater. La direction générale des élections a indiqué avoir appliqué le code électoral, qui interdit l'inscription sur les listes à toute personne condamnée à une peine de 5 ans de prison ou plus. Or, Karim Wade a été condamné à 6 ans de prison pour enrichissement illicite.

Sonnés, peut-être mal préparés, les leaders du PDS, pourtant habitué à réagir au quart de tour, ont cette fois mis une journée pour se faire entendre. Babacar Gaye, le porte-parole du parti, estime que Macky Sall utilise « les moyens de l'État » pour éliminer ses adversaires politiques.

« Le président Macky Sall poursuit son dessein d’être élu pour un deuxième mandat en écartant systématiquement tous ses challengers, en l’occurrence Karim Wade », affirme l’homme politique d’opposition. Il accuse l’actuel chef d’État d’utiliser « les moyens de l’Etat, les ressources de l’État, de la police, de la gendarmerie, de la justice et même du ministère de l’Intérieur ».

« Macky Sall doit dégager »

Au sein du PDS, deux contre-attaques se mettent en place. La première est juridique, les avocats de Karim Wade ont 15 jours pour déposer leur recours. La seconde est politique, explique Babacar Gaye, qui refuse de préciser, mais estime que tout dialogue avec Macky Sall est définitivement rompu.

Il « pense qu’il est trop tard pour parler de solution de main tendue ». Pour lui, « Macky Sall doit dégager parce que, aujourd’hui, il est en train de constituer un danger pour notre démocratie, notre République. Les Sénégalais souhaitent aujourd’hui reconsidérer le choix qu’ils ont fait en 2012 et, peut-être, créer les conditions d’une réforme profonde de nos institutions pour que jamais on ne vive des situations pareilles ».

Le PDS dispose donc d'un délai très court pour réagir. Et se retrouve virtuellement, à 7 mois du premier tour de la présidentielle, sans candidat.

Après son passage en Mauritanie, lors du 31e sommet de l'Union africaine, le président français Emmanuel Macron est arrivé ce mardi 3 juillet à Abuja, la capitale fédérale du Nigeria, où il a été reçu par son homologue nigérian Muhammadu Buhari. Puis il a surpris, en se rendant au night-club New Afrika Shrine, ouvert en 2000 par le fils du célèbre musicien Fela Kuti.

La longue discussion entre Muhammadu Buhari et Emmanuel Macron a été marquée par trois grands sujets. La lutte contre Boko Haram, d'abord. Dans la continuité de la politique menée par François Hollande, Emmanuel Macron va soutenir l'action de l'armée nigériane, notamment en matière de renseignement.

Ensuite, sur le plan du développement économique, l'Agence française de développement va engager 75 millions d'euros pour l'adduction d'eau à Kano, la grande ville du nord du pays. Elle va également engager 200 millions de dollars pour l'amélioration des transports urbains à Lagos, une mégalopole de 20 millions d'habitants.

Enfin, il a été question de développement culturel. A Lagos, Emmanuel Macron lancera l’organisation de la saison « Les Afrique/s en France », qui se tiendra dans l'Hexagone en 2020. Le Nigeria y sera à l'honneur avec ses musiciens, ses cinéastes ou encore ses créateurs de mode.« Une occasion pour retrouver des lieux qui m'ont beaucoup marqué »

Un choix affectif - c'est au Nigeria que M. Macron a effectué son stage de jeune énarque, il y a quinze ans -, mais surtout stratégique. Cela répond à l'agenda qu'il s'était fixé lors de son discours de Ouagadougou en novembre dernier. Pour rapprocher la France de l'Afrique, le président français déploie en effet une stratégie non seulement économique, mais également culturelle.

Mardi soir, à Lagos, Emmanuel Macron est monté sur la scène du Shrine, le temple musical de Fela Kuti, pour rendre hommage non seulement à la création musicale, mais aussi à l'industrie du cinéma, qui a créé quelque 300 000 emplois au Nigeria, soit presque autant que le pétrole. Et ainsi, illustrer sa stratégie.

« Je le dis sur le ton de la boutade, c'est une occasion pour retrouver des lieux qui m'ont beaucoup marqué. Ensuite, c'est aussi reconnaître pleinement le rôle que le Shrine a joué et joue dans l'histoire culturelle du Nigeria, mais aussi plus largement de l'Afrique », a confié le président français.« Ça n'a étonné personne quand je suis allé au Albert Hall »

« Le premier Shrine a été un lieu culturel, politique, extrêmement fort au moment de l'indépendance du Nigeria, et Fela Kuti a créé à lui seul un genre musical, mais a su créer aussi la présence et la vitalité d'une société civile contestataire », a rappelé Emmanuel Macron, y voyant « quelque chose d'assez unique en Afrique ».

« Le nouveau Shrine a été ensuite ouvert, un lieu de vitalité musicale, de créativité », a alors expliqué le chef de l'Etat français, visiblement ravi de retrouver les lieux qu'il avait fréquenté à ses 24 ans, en 2002, et s'amusant à exquiver la question d'une journaliste nigériane qui lui demandait des détails sur ses venues de l'époque. « Tout ce qui est arrivé au Shrine doit rester dans le Shrine », a-t-il plaisanté.

Nous, ça nous surprend qu'un président français aille au Shrine, mais ça n'a étonné personne quand je suis allé au Albert Hall, ou si j'allais au Met ou autre. Les grands lieux de la culture occidentale, ça n'étonne pas si un président y va, mais ça paraît absurde qu'on aille dans un lieu de grande culture africaine. C'est aussi ça que nous devons changer. »

■ Confidences sur le G5 Sahel

Lors de son étape à Abuja, M. Macron a tout de même parlé politique avec ses hôtes. Mais visiblement, ce n'était pas la priorité de sa visite. En revanche, plus tôt dans l'avion qui le menait de Nouakchott à Abuja, il s'est laissé aller à quelques confidences sur la stratégie à venir du G5 Sahel. La veille au soir, il avait rencontré les chefs des Etats de cette coalition contre le terrorisme au Sahel.

Après l'attentat mené vendredi dernier contre le quartier général du G5 Sahel à Sévaré, au centre du Mali, ces chefs d'Etat souhaitent provoquer un choc psychologique et remplacer tout le commandement de Sévaré. Selon Emmanuel Macron, le général Didier Dacko lui-même pourrait être remplacé.

Le président français a également dévoilé le calendrier opérationnel du G5 Sahel. Dans les trois mois qui viennent, la livraison des armes lourdes devrait être terminée d'ici la fin du mois d'août. Après la saison des pluies, en octobre, devraient commencer de nouvelles opérations antijihadistes, notamment sur le fuseau centre.

Par RFI

Aps) – Des députés de l’Assemblée nationale, qui séjournent depuis dimanche à Ziguinchor, se sont dits rassurés par les autorités militaires de la zone militaire n°5 sur la ‘’tendance d’accalmie’’ en Casamance où la situation sécuritaire est ‘’sous contrôle’’, a appris lundi l’Aps.
 
Composée de 25 parlementaires, des conseillers du président de l’Assemblée nationale et de la directrice de la communication de l’institution parlementaire, cette délégation a été reçue lundi par le gouverneur de Ziguinchor, Guédj Diouf. Membres de la Commission défense et sécurité et de la Commission des lois, de la décentralisation, du travail et des droits humains, ils ont tenu une séance de travail avec le gouverneur autour des ‘’riches potentialités économiques de la région, des défis sécuritaires et des enjeux économiques de la filière anacarde’’.

‘’Nous nous félicitons de cette mission menée par des députés pour s’imprégner des défis sécuritaires en Casamance, mais aussi des défis économiques dans la zone. L’Assemblée nationale doit aussi se féliciter du courage des autorités pour faire transporter les noix de cajou par des bateaux à grand tirant d’eau’’, a déclaré Gueji Diouf. Après cette rencontre avec le gouverneur, la délégation a rendu visite au commandement de la zone militaire numéro 5, où elle a été reçue par le Colonel Khar Diouf, en présence de Ute Bocandé, de la Fondation Konrard Adenauer, partenaire de cette mission parlementaire à Ziguinchor. ‘’Ici, nous sommes les garants de la sécurité des personnes et des biens.

En Casamance, la tendance est à l’accalmie malgré quelques regains de tension et quelques phénomènes récurrents amplifiés par des effets médiatiques’’, a rassuré le commandant de la zone militaire numéro 5, Khar Diouf. La situation (sécuritaire) est sous contrôle. Il n’y a rien d’inquiétant’’, a poursuivi le Colonel Diouf après être briefé sur les objectifs de cette mission, dont le thème principal tourne autour de la ‘’Sécurité dans les zones frontalières’’.

SudOnline

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